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mardi 11 septembre 2018

Suisse: les autorités et les cigarettiers veulent interdire la vape aux fumeurs mineurs pour continuer de leur vendre des cigarettes

Interdire la vape aux mineurs pour mieux continuer de leur vendre des cigarettes. L'accord de dupes de la table-ronde des autorités et des cigarettiers a été rejeté par l'Association Suisse des professionnels indépendants de la vape (SVTA). Elle annonce réviser son code de conduite pour autoriser la vente aux fumeurs de plus de 16 ans de produits de vapotage sans nicotine afin de leur donner une chance de quitter les cigarettes.

Edit 14H pour préciser: Visiblement beaucoup de lecteurs suisses ne savent pas qu'aucune législation fédérale n'interdit la vente de cigarettes aux mineurs. Certains cantons fixé un âge limite de vente à 16 ans, d'autres à 18 ans et certains aucune. Genève est dans ce dernier cas, le Conseiller d'Etat Mauro Poggia a annoncé préparer une loi cantonale pour cela, non pas contre le tabagisme adolescent galopant, mais en raison de l'arrivée du vapotage et de la vente légale de cdb. Sic ! 

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a pris grand soin d'exclure les usagers de sa table-ronde sur le vapotage en juin. Organisée sous la pression conjointe du lobby cigarettier et de l'anti-tabac Joachim Eder,  l'administration avait convié cigarettiers, grande distribution et aussi des professionnels de la vape indépendants. Rien n'avait filtré jusque-là de cette rencontre dont le but avoué était d'imposer un âge limite de vente des produits de vapotage.

La table-ronde est un échec

Suite à l'abrogation de sa prohibition illégale par le Tribunal administratif fédéral (TAF) fin avril, l'administration est dépassée par une situation qu'elle a pourtant provoqué par dix ans d'incompétence sur le sujet. Son unique obsession est d'assimiler le vapotage au tabac dans sa future loi LPTab. Mais trois mois après la table-ronde, son échec est consumé. "Aucun accord n'a pu être trouvé avec l’industrie du tabac", révèle le communiqué de la Swiss Vape Trade Association (SVTA).

Interdire la vape pour mieux vendre des cigarettes

"Afin de renforcer et d’étendre la protection des mineurs, la SVTA a demandé à la table ronde de l’OSAV qu’une limite d’âge de 18 ans soit également introduite pour les produits du tabac (cigarettes, cigares, etc …). Malheureusement, nous nous sommes trouvés en opposition avec l’industrie du tabac sur le sujet", explique l’association des professionnels de la vape. En dehors de la vape indépendante, seule la chaîne de détaillants Coop a appuyé la proposition. En version décryptée: les cigarettiers et leurs alliés veulent interdire la vente des produits de vapotage pour mieux continuer de vendre des cigarettes aux ados.

Ou donner une chance aux fumeurs

"Par conséquent, un consensus à la table ronde n’est pas possible", déclare Rachel Jossen, membre du comité de la SVTA. L'association annonce donc réviser son code de conduite de manière unilatérale. Elle engage ses membres à ne pas vendre de produits de vapotage nicotinés aux moins de 18 ans, mais autorise la remise "de liquides exempts de nicotine aux fumeurs de plus de 16 ans dans un but de réduction des risques", explique Rachel Jossen. 

Objectif clair de la filière du vapotage, donner une chance aux mineurs, à qui les cigarettiers vendent des cigarettes, de pouvoir sortir du tabagisme"L’objectif est de donner aux adolescents le choix entre consommer des cigarettes mortelles et le vapotage au moins 95% moins nocif".

Génération sacrifiée

En Suisse, 14,3% des adolescents de 16 ans sont déjà fumeurs, dont la moitié au quotidien, selon le monitorage officiel de 2016. Un taux qui explose à près de 40% pour la génération des jeunes adultes de 18-25 ans actuels ayant grandi dans les années de prohibition du vapotage nicotiné. Tandis que le tabagisme des jeunes adultes a chuté à 10% aux Etats-Unis, invalidant sans discussion possible la réalité de la théorie de la passerelle. Les exemples britannique et parisien confirment que le vapotage provoque plutôt une chute accélérée du tabagisme des jeunes. Ce qui n'empêche pas les médias de vendre du sensationnalisme bidonné sur la question.


dimanche 9 septembre 2018

[bref] Effet vape ? Le tabagisme des 18-24 ans américains chute à 10%

Ils avaient entre 12 et 18 ans en 2011 au moment de l'apparition massive du vapotage. Six ans plus tard, les jeunes adultes, issus de la première génération d'adolescents de l'ère de la vape, sont à 90% non-fumeurs. Selon les derniers chiffres de l'enquête nationale de santé (NHIS), le tabagisme des 18 à 24 ans américains a chuté à 10,4% en 2017. Presque moitié moins qu'en 2011. Spécialiste attentif à la question, le Pr Brad Rodu, de l'Université de Louisville (USA), met en lumière que 85,7% des jeunes adultes n'ont jamais fumé. Y a t-il un effet préventif  de la vape? En tout cas, 13% des jeunes ont essayé ou utilisé un moment le vapotage, sans devenir vapoteur au long cours et encore moins fumeur. Tandis que 2,7% sont actuellement vapoteurs exclusifs. 5,1% des jeunes adultes sont déjà ex-fumeurs : 0,8% vapotent et 2,1% ont vapoté. 
Les données de l'enquête NHIS sur les 18-24 ans américains analysées par le Pr Brad Rodu

Quatre fois moins de jeunes fumeurs aux US qu'en Suisse

Pour le Pr Brad Rodu, le vapotage joue un rôle indéniable dans la chute du tabagisme des jeunes américains. Ces données contredisent une nouvelle fois l'hystérie médiatique affirmant sans fondement que le vapotage encourage le tabagisme chez les jeunes. La chute du tabagisme des adolescents et des jeunes adultes américains est incompatible avec un hypothétique soi-disant effet passerelle du vapotage vers le tabagisme. Au contraire, cette dégringolade semble plutôt indiquer un effet préventif de l'expérimentation du vapotage qui évite à des jeunes d'expérimenter les cigarettes. En contraste, chez les jeunes Suisses de 18-25 ans, ayant grandi dans le contexte de prohibition et de dénigrement du vapotage (2009-2018), le tabagisme s'est maintenu à plus de 36,5%, selon les données officielles de 2016


vendredi 7 septembre 2018

[bref] La nicotine en patch semble améliorer la dépression des personnes âgées selon une étude pilote

Une étude pilote a suivi 15 personnes, âgées de plus de 60 ans souffrant d'un trouble dépressif majeur, qui ont utilisé des patchs de nicotine dosés jusqu'à 21 mg chaque jour pendant 12 semaines. Publiée dans le Journal of Clinical Psychiatry la semaine dernière, la recherche du Vanderbilt University Medical Center se montre encourageante. 13 des 15 participants ont eu une bonne réponse clinique avec une amélioration de leur état, dont 8 ont complètement guéri de leur dépression. "Dans l’ensemble, presque tout le monde a montré une amélioration de son humeur. Nous avons observé une amélioration, que le patch ait été ajouté à un antidépresseur ou utilisé seul", explique le Pr Warren Taylor, professeur de psychiatrie à l'Université située à Nashville (USA). 

Des amélioration constatées après 3 semaines

Des améliorations ont été constatées dés la troisième semaine, et les épisodes d'apathie et de ruminations se sont réduits chez les patients. "Cependant, les améliorations de la mémoire sont moins claires. Nous avons vu des changements dans les mesures de test isolées, mais pas un changement aussi net que pour l'humeur", poursuit le chercheur. 

La dépression "tardive" chez les personnes âgées se caractérise par une faible réponse aux médicaments antidépresseurs et souvent par des problèmes de mémoire. "Environ la moitié des personnes traitées pour une dépression tardive ne répondent pas aux traitements initiaux", précise l'article de la Vanderbilt University sur l'étude. Jusqu'ici des petits essais ont montré des effets positifs des patchs de nicotine chez des adultes non-fumeurs en dépression, précise le site universitaire. 

Il reste beaucoup d'inconnus sur le sujet

"Dans certains cas de personnes âgées en dépression, même avec un traitement antidépresseur efficace, la mémoire peut continuer à s'aggraver et à évoluer vers la maladie d'Alzheimer ou un autre type de démence. Nous cherchons un traitement qui pourrait aider à la fois la dépression et la mémoire", explique le Pr Warren Taylor. 

Cependant, il avertit que les personnes souffrant de dépression ne devraient pas commencer à s'auto-médicamenter avec des patchs à la nicotine et encore moins des cigarettes. "Les patchs se trouvent dans le commerce, mais il reste beaucoup de questions. Nous devons voir s'ils sont vraiment bons, s'ils aident les gens sur le long terme et quels sont les risques que nous ne connaissons pas. Nous pensons que les patchs peuvent être plus sûrs que les cigarettes, mais nous ne savons pas ce qui se passe lorsque les non-fumeurs les utilisent à long terme. Et ça va prendre du temps".

Le Dr Paul Newhouse, co-auteur de l'étude en question, avait présenté ses recherches cet été au Global Forum on Nicotine de Varsovie:


jeudi 6 septembre 2018

[bref] En Australie, les autorités interdisent même une tombola de soutien pour l'Association de réduction des risques ATHRA

La loterie mettait en jeu 160 prix à gagner, mais elle a été interdite par les autorités australiennes du New South Wales. Pour soutenir l'Association de réduction des risques liés au tabac Australienne (ATHRA), 66 magasins de vape ont organisé une tombola dont la vente de billets devait être intégralement reversée à l'ATHRA. Les autorités du New South Wales n'ont pas apprécié cette manière de dénicher des fonds en soutien à l'association de charité sans financement de lobbys cigarettiers, pharmaceutiques ou d'affairistes milliardaires spéculant sur l'avenir du marché du cancer. 

L'ATHRA conteste notamment la politique de prohibition du vapotage nicotiné en Australie. "Le service Fair Trading du New South Wales déclare que les organisateurs - qui avaient ouvert le tirage au sort à tous les Australiens - ont enfreint la loi sur les loteries de l’Etat parce qu’ils n’avaient pas obtenu de permis, dépassé la limite de prix et offert des prix prohibés", rapporte le Sydney Morning Herald ce matin. Les "prix prohibés" concernent quelques lots à gagner de liquides avec nicotine, illégaux en Australie tandis que les cigarettes sont en vente libre bien qu'aux prix les plus élevés au monde.

Pas de tombola de soutien, mais des taxes sur les cigarettes

Craigh Jackman, du magasin Vape4Life, à l'origine de l'initiative de la tombola de soutien s'excuse auprès des participants qu'il est en train de contacter et de rembourser. "Les gens qui ont acheté des billets sont déçus de l'annulation de la tombola, mais beaucoup d’entre eux ont décidé de faire don de leurs billets à l’association, ce qui est formidable", précise t-il au quotidien de Sydney. 

L'association ATHRA, qui compte notamment le Pr Colin Mendelsohn, le Dr Joe Kostedrich ou le Dr Alex Wodak dans ses rangs, milite pour le droit à l'accès aux outils nicotinés de réduction des risques en Australie. La légalisation du vapotage nicotiné est une des principales revendications dans un contexte où le tabagisme stagne depuis 2013, malgré les hausses répétées du prix des cigarettes. Le 1er septembre, une nouvelle hausse de 12,5% a porté le prix du paquet de la marque la plus vendue autour de 27 $aus, soit environ 16,70 € ou 19 Fs. 

Depuis 2013, le tabagisme stagne autour de 15% en Australie

"L'augmentation des taxes sur le tabac est une stratégie éprouvée pour réduire les taux de tabagisme mais elle semble subir un effet décroissant à ces niveaux stratosphériques. Une population de fumeurs très dépendants continuent de fumer quel que soit le prix", explique le Pr Colin Mendelsohn, de l'ATHRA, dans un article pour News Australia

"En dépit des augmentations de prix annuelles, le tabagisme en Australie n’a pas baissé de manière significative de 2013 à 2016, selon les statistiques officielles. Le tabagisme adulte a même augmenté de 13,5% à 15,1% entre 2015 et 2016 en Nouvelle-Galles du Sud, et la consommation nationale de cigarettes a augmenté en 2017 pour la première fois en dix ans, selon les comptes nationaux", constate le professeur de santé publique favorable à intégrer une approche de réduction des risques dans le domaine pour sortir de cette politique de l'échec.

Violent accroissement des inégalités sociales de santé

Le tabagisme frappe particulièrement les groupes sociaux les plus démunis, qui sont en proportion plus du double à fumer et ont beaucoup plus de difficultés à arrêter bien qu'ils tentent tout autant que les fumeurs aisés. "Pour ceux qui ne peuvent pas arrêter, les impôts élevés sont régressifs, punitifs et augmentent les difficultés financières et les inégalités en matière de santé. Un fumeur quotidien à Newstart dépense 68% de son revenu annuel pour fumer, ce qui lui laisse très peu pour la nourriture, le logement et d’autres produits de première nécessité", souligne Colin Mendelsohn. Alors que 70% de ces fumeurs tentent d'arrêter mais échouent pour la plupart faute d'aides, l'ATHRA soutient de leur laisser l'opportunité de passer au vapotage, qui réduit d'au moins 95% les méfaits par rapport aux cigarettes.

"La hausse des prix des cigarettes d'aujourd'hui pourrait être bénéfique si elle déclenche un passage au vapotage. Outre les avantages pour la santé, les dispositifs de vapotage sont beaucoup moins chers que les produits du tabac et soulageront le stress financier et les privations engendrés par les prix exorbitants du tabac pour les fumeurs dépendants et à faible revenu", conclue le Dr Colin Mendelsohn. A défaut de pouvoir opter pour le vapotage nicotiné, la hausse de prix condamne les fumeurs pauvres ne réussissant pas à arrêter de fumer à la paupérisation et à se priver, y compris sur la qualité de son alimentation, et augmente ainsi les dommages pour la santé.


lundi 3 septembre 2018

[bref] Arrêter de fumer à l'aide de la vape: la plus grande étude clinique au monde a démarré en Suisse

L'émission d'actualité 10 vor 10 de la télévision suisse-alémanique (SRF) l'a annoncé ce 31 août. La plus vaste étude sur l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage à ce jour est lancée en Suisse. Depuis juillet, les premiers volontaires sont reçus à l'Institut de médecine de premiers recours de Berne. A l'automne, des romands commenceront. En tout, plus de 1'200 fumeurs volontaires tentant d'arrêter de fumer seront suivis durant six mois. L'étude ESTxENDS - pour Efficacy, Safety and Toxicology of Electronic Nicotine Delivery Systems -  va comparer un groupe "témoin", recevant des conseils de professionnels de santé, aux participants munis d'une vapoteuse rechargeable, de liquides nicotinés et également conseillés. Des check-up et des analyses de sang et d'urines traceront l'évolution des niveaux toxicologiques des différents participants sur la durée. "De plus en plus de patients passent de la cigarette au vapotage", déclare le Dr Reto Auer, qui avait présenté le projet d'étude à la dernière VapeCon de Bienne en mai dernier.

Etude indépendante

Le professeur de médecine familiale a lancé l'étude pour lever les doutes sur deux aspects. "Actuellement, comme médecins généralistes, nous pouvons difficilement donner des réponses précises à nos patients sur la dangerosité du vapotage et sa capacité pour aider à arrêter de fumer. Nous voulons examiner cela attentivement", explique le Dr Reto Auer au micro de la SRF. Les résultats de l'étude, financée par le Fonds national Suisse de la recherche scientifique (FNS) en toute indépendance des industries du tabac et de la pharmaceutique, devraient être publiés d'ici deux ans. De son côté, le Dr Karl Klinger semble vouloir nier le principe même de la réduction des risques qui pourrait être mesurée sur les vapoteurs ayant arrêté de fumer dans l'étude.

La fin de la prohibition amène des fumeurs au vapotage

En parallèle à cette recherche scientifique, 10 vor 10 fait état de l'essor rapide du vapotage en Suisse depuis la fin de la prohibition de vente des liquides nicotinés. Au printemps, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a invalidé cette mesure arbitraire et infondée de l'administration. "Comme les liquides contenant de la nicotine sont désormais légaux, de nouveaux clients osent venir. La stigmatisation de la clandestinité s'est envolée", explique Tiziana Puppo, du magasin Vape-Heaven d'Uster dans le canton de Zurich. 

Le Dr Reto Auer le 19 mai 2018 à Bienne sur l'étude ESTxENDS:


dimanche 2 septembre 2018

Fin de la consultation européenne le 3 septembre: ma contribution pour l'abolition des taxes anti-vape


La consultation publique ouverte par la Commission Européenne sur le projet de surtaxe des produits de vapotage, ainsi que des taxes d'accise sur le tabac, se clôt demain le 3 septembre. Leur questionnaire prend quelques minutes à répondre. Il m'a semblé nécessaire de préciser certaines choses impossible à exprimer dans le cadre des questions de la Commission Européenne. Voici le texte que j'ai joint en complément à titre personnel.


Les taxes anti-vape sont sanitairement, socialement et économiquement des monstres : il est urgent d’y mettre fin dans l’Union Européenne.

Depuis l’introduction de la taxe anti-vape en Italie, le nombre de fumeurs a augmenté de plus d’un million, passant au dessus des 12 millions, tandis que le nombre de vapoteurs s’est écroulé à peu près d’autant, selon les données de l’Istituto Superiore de la Sanità. Cette catastrophe de santé publique s’accompagne d’un écroulement d’un secteur qui employait des dizaines de milliers d’employés, la perte de revenu de la TVA sur les produits de vapotage pour l’Etat et à terme une augmentation des coûts sociaux liés aux maladies du tabagisme est inéluctable. Le bilan de cette taxe est indubitablement une catastrophe pour la population et pour le tissus économique local. Le principal bénéficiaire en est le lobby pharmaceutique qui pérennise son marché des maladies liées au tabagisme.

Les autres pays de l’Union Européenne ayant introduit une taxe anti-vape depuis suffisamment de temps pour avoir du recul, illustrent les mêmes tendances. Au Portugal, la taxe anti-vape a tué dans l’œuf le développement du vapotage tandis que la prévalence tabagique n’a pas évolué depuis près de dix ans. En Grèce, la taxe anti-vape a soutenu un taux de tabagisme record et impulsé un vaste marché noir des produits de vapotage

Le vapotage est une solution de sortie du tabagisme

Le marché noir n’est pas une solution optimale pour les consommateurs en faisant perdre du contrôle sur la qualité des produits. Mais face à des mesures prohibitives, il reste une solution de sauvegarde d’un moyen de réduction des risques face aux cigarettes. Cependant, il augmente les risques de ventes sans contrôle d’âge. En l’état actuel au niveau européen les études britanniques, ainsi qu’à plus petite échelle celle menée par le Pr Bertrand Dautzenberg dans la population parisienne, montre que le vapotage accélère la chute du tabagisme des adolescents et ne constitue aucunement une passerelle vers celui-ci. Le discours du lobbyiste anonyme M. McK., lié au conglomérat de l’affairiste Michael Bloomberg, utilise des données du contexte américain, traitées de manière douteuse, qui ne sont ni pertinentes ni fiables pour la situation européenne.

Bien que le lobby de la maladie inonde les médias de fake news et de junk science afin de produire le doute dans la population, la réduction des risques du vapotage par rapport aux cigarettes est claire. Sans monoxyde de carbone ni goudrons générés, la consommation de vapotage induit pour ses usagers des niveaux de toxiques équivalents à ceux des substituts nicotiniques sur lesquels nous avons 40 ans de recul. Plus de 7,5 millions d’européens ont déjà choisi d’arrêter de fumer et 9 millions ont réduit leur consommation de cigarettes à l’aide du vapotage, selon les données de l’Eurobaromètre 2017


Le vapotage n’est pas un produit du tabac, il est un mode de consommation sans combustion. Il pourrait s’appliquer à de multiples substances à l’avenir. Le pousser de force dans la case des produits tabagiques est une manière de livrer le produit et ses consommateurs aux lobbys en place. Ce conservatisme d’économie-politique est voué à passer aux poubelles de l’histoire par l’évolution sociale initiée par ce mode de consommation et ses usagers. Il est inquiétant que la consultation conçue par la Commission Européenne soit incapable d’anticiper ce mouvement et apparaisse comme un questionnaire conçu au siècle passé par rapport aux réalités des pratiques de la population.

S’attaquer au vapotage est une mesure anti-sociale

Outre la réduction des risques sanitaires, le vapotage permet aux fumeurs s’y convertissant d’alléger la part de leur budget consacrée aux taxations régressives socialement des produits du tabac. L’augmentation de ces taxes a accru les inégalités sociales de santé alors que les classes défavorisées et vulnérables ont une prévalence tabagique nettement supérieure à la moyenne, tout en étant aussi nombreux à essayer de s’en sortir mais avec un taux d’échec beaucoup plus important. Les mesures de réduction des risques apparaissent comme des solutions alternatives bien plus bénéfiques que les politiques de stigmatisation contre-productives sur ces groupes sociaux. 

Le vapotage se présente comme un des moyens privilégiés pour soutenir une politique de santé publique responsable à l’opposé de l’orientation autoritaire et anti-sociale promue par les groupes néo-puritains, les lobbys pharmaceutiques et cigarettiers (Arte, Vox Pop, 14 mars 2016). Cette question de vie quotidienne préoccupe une part importante de la population, d’autant plus qu’elle concerne aussi les proches des fumeurs. La posture archaïque hostile à l’encontre d’une approche de réduction des risques sur la question du tabagisme, qui prévaut en soubassement des questions posées par cette consultation, mine de manière latente la cohésion sociale et la crédibilité des institutions.

Le rejet de la réduction des risques par les élites nourrit le rejet des élites par la population

Il est très inquiétant à ce sujet que la Commission Européenne refuse de s’intéresser objectivement au sujet, notamment par les multiples blocages du Commissaire lituanien Andriukaitis. Son mépris affiché envers les études scientifiques indépendantes et sérieuses, notamment du Public Health England et du Royal College of Physicians, ainsi qu’envers le public dans les médias et sur les réseaux sociaux est inacceptable. Certes, son pays a une lourde dette historique et des intérêts encore actuels à maintenir le tabagisme. Mais la politique de santé publique européenne ne peut être réduite aux vieilles méthodes de Komintern. 

Si la politique européenne sur le vapotage n’a pas été le sujet prédominant du débat sur le Brexit, elle était tout de même mentionnée comme un sujet influençant leur vote sur le sujet par un tiers des vapoteurs, qui étaient près de 2,5 millions au Royaume-Uni à ce moment-là. En Italie, la décision en décembre 2017 de renforcer les mesures anti-vape, accompagnées de taxes allégées pour les produits des cigarettiers, n’a probablement pas adouci la cuisante défaite du Parti Démocratique aux élections suivantes.

Comme vous le savez, 16 organisations européennes de défense des usagers de moyens de consommation de nicotine à risque réduit ont appelé à participer à cette consultation. Une réaction prédominante des usagers de vapotage, exprimée notamment sur les réseaux sociaux, a été le refus de participer à cette consultation jugeant inutile de perdre du temps, estimant que leurs avis ne seraient pas pris en compte, que la bureaucratie européenne ne s’intéresse qu’aux gains financiers à court terme et qu’elle défend avant tout les intérêts des grands lobbys. 

Le fait que cette consultation n’ait pas intégré d’option pour éliminer toute surtaxe contre le vapotage alors que 89,88 % des répondants à la consultation de 2016 s’opposaient à toute surtaxe nourrit cette perte de confiance à l’égard de la Commission Européenne. Un grand nombre pense que le marché noir sera un recours face à des taxations exagérées. 

Surtaxer un produit de réduction des risques permettant à des millions de fumeurs d’arrêter de fumer ou de réduire leur consommation de cigarettes n’a pas de fondement éthique. Justifier cette surtaxe au titre des taxes comportementales contre les « pêchés » mine la crédibilité des motivations de celles-ci et des défenseurs de ces taxes. Punir financièrement l’arrêt du tabagisme est un message insensé du point de vue de la santé publique. 

Choisir le progrès plutôt que l’obscurantisme

Pour ma part, j’ose encore espérer que la politique européenne devienne mature et responsable sur le sujet, en privilégiant d’accompagner un mouvement technique et social pour le meilleur plutôt que de tenter de protéger le statu-quo d’un monde tabagique en voie d’obsolescence. Le vapotage est un moyen de consommation à risque réduit qui va éliminer la fumée, réduisant ainsi drastiquement les maladies liées à ce mode de consommation que ce soit pour la nicotine ou d’autres substances, telles que les cannabinoïdes. La consommation de nicotine, tout comme des cannabinoïdes, ne disparaîtra pas. Le croire est de l’ordre d’un mauvais fantasme dystopique. Freiner cette mutation techno-sociale par des taxes injustifiées fait apparaître les instances européennes pour des organisations arriérées et insensibles aux besoins actuels de la population.

Anticiper et accompagner le développement des entreprises de vapotage enracinées dans le tissu économique local devrait être l’axe de réflexion des instances économiques européennes. Les surtaxes du vapotage s’opposent à une telle politique de développement en favorisant le maintien du tabagisme, le développement du marché noir et des achats hors de l’Europe. Soutenir le report modal des fumeurs vers le vapotage serait bénéfique pour la santé publique et les budgets liées à ces dépenses, favoriserait un ré-équilibrage du poids des taxes régressives et des inégalités de santé pour les classes défavorisées et les groupes sociaux vulnérables, et donnerait un signal positif à la population sur l’attention à son propos de la Commission Européenne. 

Il n’y a qu’une décision viable dans ce dossier: mettre fin aux surtaxes contre le vapotage dans l’Union Européenne.

Avec mes salutations cordiales.

Genève, le 31 août 2018
Poirson Philippe

Membre du comité des associations Helvetic Vape et Sovape. Sans lien d’intérêt financier avec les industries déontologiquement douteuses de la pharmaceutique et du tabac, ni pour raison d’indépendance dans mon domaine d’action avec quelconque entreprise de vapotage.


samedi 1 septembre 2018

[Bref] Près de 40% de croissance de la vape indépendante en Allemagne cette année

Près de 40% de croissance en 2018. Le marché de la vape indépendante en Allemagne devrait atteindre 400 millions € de chiffre d'affaires, selon la Bündnis für Tabakfreien Genuss (BfTG). Créée en 2015, l'Alliance pour le plaisir sans tabac est l'association des professionnels du vapotage indépendants en Allemagne. L'estimation s'appuie sur une enquête auprès de plus de 100 entreprises de vape indépendantes. La BfTG prévoit que le secteur devrait continuer de progresser en 2019 de 25% pour atteindre 500 millions €.

Cet optimisme s'appuie notamment sur le niveau élevé de fumeurs se convertissant rapidement au vapotage. L'association souligne que l'Allemagne compte près de deux millions de vapoteurs, selon les statistiques officielles. "Le vapotage est un marché en forte croissance en Allemagne. De plus en plus de fumeurs réalisent le potentiel de la vape", s'enthousiasme Dustin Dahlmann, président de la BfTG. Réduction des risques par rapport aux cigarettes et amélioration de la santé pour les fumeurs, diversité des produits, notamment des goûts, et économie du coût par rapport au tabac sont les motivations du passage à la vape des fumeurs. 

Ne pas nuire

Les ventes progressent au détriment du tabac mais les autorités allemandes pourraient mieux soutenir ce changement, estime le responsable de l'association des entreprises de vape indépendantes. "Il y a encore un grand besoin d'action de la part des politiciens. La réglementation politique ne doit pas limiter la disponibilité du produit. Parce que cela empêcherait qu'encore plus de fumeurs arrêtent leur consommation de tabac en passant au vapotage", explique Dustin Dahlmann, inquiet des projets de taxe anti-vape, notamment de la Commission Européenne, et d'une possible interdiction de la publicité en Allemagne.

Les entreprises du secteur emploient en moyenne huit personnes selon les données de l'enquête de la BfTG. La part de la distribution chez les détaillants physiques a fortement progressé pour atteindre 42%, tandis que 37% des vendeurs combinent magasins physiques et ventes par internet. La vente exclusive par internet s'est réduite à 21% des vendeurs. En contraste du chiffre d'affaires de 400 millions € annoncé par le secteur indépendant, l'institut Nielsen évaluait les ventes de produits de vape en magasins non spécialisés (kiosques notamment) à 33 millions € en 2017 en Allemagne. 


jeudi 30 août 2018

Vape et crise cardiaque: une nouvelle Glantzerie reprise par les médias de caniveau

"Avez-vous déjà eu les cheveux mouillés? Avez-vous déjà utilisé, ne serait-ce qu'une fois dans votre vie, un sèche-cheveux?" Si vous répondez oui à ces deux questions, faut-il en déduire que les sèche-cheveux provoquent les cheveux mouillés? A juste titre, cela parait absurde. C'est pourtant une inférence similaire entre vapotage et infarctus que fait le "professeur" Stanton Glantz, ingénieur en aviation reconverti dans la lutte anti-tabac à l'Université de San-Francisco (UCSF). Publiée dans l'American Journal of Preventive Medicine (AJPM) et reprise un peu partout par les médias mainstreams, son "étude" affirme que vapoter augmente par deux le risque d'avoir eu un infarctus. 

Vapoter peut-il causer un infarctus survenu dix ans avant ?

Pourtant, l'infarctus des personnes enquêtées peut avoir eu lieu avant tout vapotage de leur part. Les données de l'enquête nationale de santé américaine (NHIS) des années 2014 et 2016 ont été traitées en suivant une erreur entre corrélation et causalité du niveau qu'un étudiant de première année apprend à éviter. L'équipe de Stanton Glantz a simplement croisé les réponses de l'enquête NHIS aux questions: "Un médecin vous a t-il déjà dit que vous avez eu un infarctus?", "Avez-vous déjà utilisé ne serait-ce qu'une fois, une e-cigarette?" et si oui "l'utilisez-vous quotidiennement, parfois ou plus du tout?"

Si le questionnaire permet de recouper les utilisateurs actuels et les anciens vapoteurs, il ne permet absolument pas de savoir quand le problème cardiaque est survenu dans la vie des enquêtés. Avant ou après qu'ils soient passé au vapotage, on n'en sait rien. Même s'il est survenu après leur passage à la vape, rien ne permet de dire que ce ne serait pas une conséquence de leur tabagisme précédent, dont l'impact sur les problèmes cardiaques est établi. 

"Il est difficile de savoir comment l’utilisation de cigarettes électroniques à court terme pourrait avoir les mêmes effets sur la santé que le fait de fumer des cigarettes pendant dix ans. Une manière plus efficace et plus appropriée de déterminer si le vapotage augmente le risque de crise cardiaque serait de suivre des utilisateurs n’ayant jamais fumé à long terme pour établir la séquence des événements et déterminer s’il existe un risque indépendant du tabagisme actuel ou passé. Malheureusement, cela n’a pas été fait ici", commente le Pr Lion Shahab, de l'University College de Londres sur le Science Media Centre et repris en français par le fil d'actu de la Fivape.

Y a t-il un risque d'épidémie de Glantzing chez les jeunes?

Pourtant, sans aucune précaution, Stanton Glantz affirme à la presse que l'étude prouve que le vapotage augmente le risque cardiaque. Aucun média n'a tenu compte des critiques des scientifiques, déjà faites en mars et renouvelée à présent, à ce torchon. C'est ce qu'on appelle dans le domaine une "glantzerie", ou chez les anglophones du "glantzing", action de manipuler des chiffres pour servir un discours prédéterminé. Que Stanton Glantz, poursuivi par ailleurs pour discriminations racistes, harcèlements sexuels et fraudes académiques par des étudiantes d'une quarantaine d'années ses cadettes, soit un faussaire n'est plus une surprise. Qu'une revue publie un papier aussi grossièrement ridicule et que les journalistes reprennent comme des poules sans tête cette énormité est toujours aussi affligeant. 

mercredi 29 août 2018

L'Inde, grande nation du tabac, annonce la prohibition du vapotage

"L'Inde a choisi de criminaliser le vapotage. Une mesure régressive basée sur une mésinformation, de la peur et le refus de prendre en considération la science. Elle va coûter des millions de vies au pays". Le tweet de l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) semble désabusé après des mois de lutte pour faire reconnaître le droit à l'accès au moyen de réduction des risques en Inde. En pièce jointe, l'avis du Ministère de la santé sur les produits de vapotage et les cigarettes chauffées, que les autorités indiennes ne différencient pas.  Le document officiel publié hier demande aux Etats indiens "d'empêcher la vente (y compris en ligne), la production, la distribution, la vente, l'importation et la publicité" des produits de vapotage et assimilés. L'avis du Ministère reproche au vapotage de délivrer de la nicotine. Bien que les produits nicotinés, dont les cigarettes, les bidies et le tabac oral local extrêmement nocifs, sont en vente libre et massivement produits en Inde.

L'Inde rejoint la Corée du Nord, la Thaïlande et le Brésil

Le Ministère de la santé appuie aussi son avis de prohibition sur le fait que les six Etats indiens, producteurs de tabac, ainsi que trente pays récemment mis en avant par le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS ont déjà interdit le vapotage. L'Inde rejoint ainsi les autres grandes nations productrices de tabac comme le Brésil, la Thaïlande et l'Indonésie, ainsi que les dictatures totalitaires comme la Corée du Nord et une série de régime religieux du moyen-orient dans le camp des pays prohibitionnistes du vapotage. L'Inde est parmi les grand producteurs mondiaux de tabac et instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production locale. L'Indian Tobacco Company détient 80% du marché intérieur des cigarettes. Près de 270 millions d'indiens consomment un des produits de tabac, dont près de 120 millions de fumeurs. Il y aurait près d'un million de décès liés à une maladie provoquée par le tabagisme par an en Inde [édité].

Combien de morts au crédit de la FCTC de l'OMS ?

Le rôle du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS, dont le sommet bisannuel COP 8 se tiendra la première semaine d'octobre à Genève, dans cette décision violant le devoir de réduction des risques de sa convention (art. 1.d) est affligeant. La complicité silencieuse des délégations des pays démocratiques, notamment celles européennes et britanniques, sur les agissements contraires aux droits humains et en violation de la convention qu'il est sensée défendre du secrétariat de la FCTC n'est plus acceptable. Cette décision catastrophique pour la santé publique en est un nouvel épisode.

L'avis du Ministère de santé d'Inde publié hier:


jeudi 23 août 2018

Le Trésor britannique enterre le projet de surtaxe anti-vape au Royaume-Uni

Le Trésor britannique a déjà enterré le projet d'une surtaxe anti-vape, qui se serait ajoutée à l'actuelle TVA à 20%. "Je suis d'accord que les produits de vapotage ont un rôle à jouer dans la réduction du tabagisme", annonce Robert Jenrick, secrétaire du Trésor. Dans sa lettre à l'association professionnelle UKVIA, le porte-parole du Trésor écarte le projet d’introduire une surtaxe sur les produits de vapotage, tout en reconnaissant qu'elle a été à l'agenda des mesures évaluées par les Ministres. Tandis que les médias francophones passent sous silence le projet de la Commission Européenne de taxe contre la vape visant à protéger les ventes de cigarettes de cette "concurrence déloyale", l'idée du Trésor britannique d'imiter ses homologues de Bruxelles a soulevé un tollé ces dernières semaines au Royaume-Uni. 

Aussi bien les libéraux, "par nature" anti-taxe, que les partisans de taxes comportementales se sont opposés à ce projet saugrenu. "Le vapotage est un des moyens les plus efficaces pour arrêter de fumer. Le gouvernement doit financer plus de recherche et éventuellement en distribuer gratuitement dans les Services de santé (NHS). Cela peut permettre d'économiser de l'argent sur le traitement du cancer, etc. Je ne pense donc pas que le surtaxer soit une bonne idée", déclare Vicky Foxcroft, députée travailliste de Lewisham Deptford. Tandis que Chris Snowdon, du libéral Institute of  Economic Affairs, estimait qu'une taxe sur le vapotage reviendrait à vouloir taxer les vélos pour prévenir l'obésité.

"Une taxe sur le vapotage tuerait des gens"

"En tant que législateurs, nous utilisons souvent le système de taxation pour inciter le public à adopter des modes de vie plus sains, d’où les «taxes sur le péché» [comportementales] sur les cigarettes, l’alcool et le sucre. Que vous soyez ou non d'accord avec le principe que le gouvernement s'engage dans une économie comportementale, une "taxe sur la vape" aurait un impact régressif sur la santé publique", explique Mary Glindon, députée travailliste dans le journal City AM du 8 août"Il est important que nous poursuivions des politiques efficaces de réduction des risques. Une taxe sur le vapotage irait à l'encontre de cet objectif"

Même du côté du parti du gouvernement, des conservateurs se sont distingués du projet. "Une taxe sur le vapotage tuerait des gens", s'est offusqué Mark Wallace dans le Conservative Home, avant d'insister: "elle pénaliserait les personnes qui arrêtent de fumer et aurait probablement pour effet de dissuader certaines personnes de le faire. Des gens en mourraient et la santé publique - cette cause pour laquelle le même Trésor dépense beaucoup d'argent - en souffrirait".

Dans la sphère de la santé publique, le Pr Robert West, directeur des recherches sur le tabac à l'University College de Londres (UCL), avait dénoncé dans le Times "une stratégie à très haut risque du point de vue de la santé publique". Mené avant l'annonce de projet de taxe mais publié la semaine dernière, le rapport de l'enquête parlementaire sur les opportunités offertes par le Brexit concernant le vapotage a nourri le rejet d'une taxe punitive contre l'outil de réduction des risques.

La New Nicotine Alliance, l'association des usagers de produits nicotinés à risque réduit, s'est réjouit de l'abandon du projet de sanction financière contre les vapoteurs "contraire à l'éthique". Le projet européen reste de son côté d'actualité...



mercredi 22 août 2018

Taxes européennes anti-vape: combien de citoyens empêchés de participer à la consultation d'ici le 3 septembre?

La semaine dernière, la consultation publique européenne sur le projet de révision des taxes tabac était de nouveau inaccessible. Ouverte jusqu'au 3 septembre, la procédure où le public peut s'exprimer, dans un cadre très limité et orienté, notamment sur le projet de la Commission Européenne d'un taux plancher de taxes anti-vape était déjà indisponible début juillet. Comme lors du premier épisode, les citoyens ont signalé le problème sur les réseaux sociaux, probablement sans pouvoir contacter la Commission dont le mail de contact, à l'adresse peu intuitive taxud-unit-c2@ec.europa.eu, est sur le dit site indisponible. En plus d'être agendée en plein été, la participation est donc à nouveau freinée par cette indisponibilité. 

La Commission nous avait répondu "ne pas avoir remarqué de problème particulier" à propos des dénis d'accès en juillet. Elle ne nous a pas répondu pour le moment sur ce nouvel épisode d'inaccessibilité de la consultation. Dans sa première réponse, elle écartait a priori toute idée de prolongation de la consultation en dépit de ces problèmes d'accès, en plus de la période de vacances d'été.

Plus de 45'000 opposants aux taxes anti-vape

En parallèle, plus de 45'000 personnes ont paraphé la pétition contre les taxes anti-vape en Europe. Seize associations de défense du vapotage et de la réduction des risques ont eu la bonne inspiration de faire cette pétition qui pourra faire office de "contrôle" par rapport à la participation à la consultation publique de la Commission européenne. Les associations recommandent de répondre à la consultation également. L'association francophone Sovape notamment a publié une aide pour les citoyens en ce sens. 

Le projet de la Commission pourrait imposer un niveau plancher de taxe anti-vape à l'ensemble des pays de l'Union Européenne. Les défenseurs du tabagisme font valoir que le vapotage constitue "une concurrence déloyale" par rapport aux cigarettes, qui sont extrêmement plus nocives, moins variées et moins agréables à consommer. Par exemple, Martin McKee, lobbyiste anti-vape, assure de l'efficacité des taxes punitives pour réduire l'attrait des produits soumis à ces surtaxes, dans l'avis qu'il a rédigé pour l'EUPHA.

Les partisans d'une politique de santé publique efficace contre le tabagisme s'opposent par contre à des taxes punitives contre les personnes tentant ou ayant arrêté de fumer à l'aide du vapotage. "Il est clair que le vapotage aide à arrêter de fumer les gens qui ne sont pas aidés par d'autres moyens. Si nous dissuadons les gens de l'utiliser en augmentant le prix, alors moins de gens vont les utiliser et il y aura plus de fumeurs", estime le Pr Robert West, directeur des recherches sur le tabac à l'University College de Londres, dans le Times.

Des taxes qui favorisent le tabagisme, le marché noir, Big Tobacco et Big Pharma

L'Italie a implanté une taxe de 4 € plus la TVA par fiole de 10 mL en 2015. Le nombre de vapoteurs a fondu d'un million depuis, tandis que ses fumeurs sont passés de 11 millions à plus de 12 millions. Son secteur des entreprises de vape indépendantes est malmené avec une épidémie de faillites. Le gouvernement actuel a fait passé en urgence un moratoire du prélèvement des taxes pour éviter la faillite des dernières entreprises indépendantes, tandis qu'il prépare une réforme pour notamment abroger cette taxe. En sabotant le marché légal du vapotage, cette taxe a fait fondre les revenus liés à la TVA sur ce secteur pour l'Etat italien.

En Grèce, qui détient le record de tabagisme européen avec 36% de fumeurs, les PME locales de vape ont été contraintes de passer au marché noir suite à l'imposition d'une taxe sur la vape en janvier 2017. La principale entreprise de vape Nobacco a signé un partenariat avec le cigarettier BAT pour résister financièrement et exige à présent que le gouvernement traque et réprime les entreprises indépendantes poussées au marché noir.

Les exemples de la Hongrie, du Portugal ou de l'Estonie ne sont pas plus réjouissants. Dans tous les pays sur lesquels on a un peu de recul après la mise en place de taxe anti-vapoteurs, les constats sont similaires. Les taxes anti-vape favorisent le tabagisme, le marché noir et les achats à l'étranger, mine le secteur des entreprises indépendantes du vapotage et contribue à réduire l'offre et la concurrence sur le secteur. Les ventes légales s'écroulant, les revenus par la TVA s'en trouvent réduits pour les Etats sans que la surtaxe ne compense ces pertes. Les principaux bénéficiaires de cette politique répressive contre les usagers de moyens de réduction des risques sont essentiellement les vendeurs de médicaments pour traiter des maladies liées au tabagisme.

Épidémie de taxation punitive

La précédente consultation européenne sur le sujet de taxe anti-vape avait vu 89,88% des participants s'opposer à toute taxe punitive contre les usagers de l'outil de réduction des risques. La Commission Européenne n'a pour autant pas jugé utile de tenir compte de cet avis général pour proposer l'interdiction de taxe au niveau européen dans sa nouvelle consultation. Malgré les premiers exemples catastrophiques, le virus de taxation punitive anti-vape se répand en Europe où plusieurs pays ont implémenté ces derniers mois. Quatorze pays de l'UE désormais ont ou ont prévu une surtaxe contre les vapoteurs.


lundi 20 août 2018

[Bref] La Commission Européenne veut prolonger ses pouvoirs délégués sur les produits de vape jusqu'en 2024

"La délégation de pouvoir est tacitement prorogée pour des périodes d’une durée identique, sauf si le Parlement européen ou le Conseil s’oppose à cette prorogation trois mois au plus tard avant la fin de chaque période". Publié le 8 août, le rapport de la Commission Européenne sur sa délégation de pouvoirs concernant les produits de tabac et produits connexes, à savoir notamment le vapotage, rappelle la disposition de la directive (TPD - art. 27 §2) lui conférant pour cinq ans supplémentaires ses pouvoirs délégués, sauf si le parlement ou le Conseil réagissent d'ici trois mois avant l'échéance du 19 mai prochain. Les pouvoirs délégués de la Commission s'étendraient ainsi jusqu'au 19 mai 2024, comme le souligne le site italien SigMagazine qui a repéré la nouvelle

Message anti-vape absurde jugé "approprié et efficace"

Parmi ces dispositions, deux concernent la possibilité pour la Commission d'intervenir sur les produits de vapotage. L'interdiction au niveau européen de produits de vape ayant fait l'objet d'interdiction dans au moins trois pays membres (TPD art. 20 §11) et la révision possible des mises en garde "sanitaires" sur les produits (TPD art. 20 §12). Pour le premier cas, "les conditions nécessaires (interdiction de ces produits pour des raisons dûment justifiées au titre de l’article 20, paragraphe 11, dans au moins trois États membres) n’étaient pas réunies. La Commission n’a donc pas encore exercé ce pouvoir délégué". Concernant les messages absurdes et anxiogènes contre la nicotine sur les produits de vape, y compris ceux qui n'en contiennent pas, la Commission estime "que le message actuel est approprié et efficace. La Commission n'a donc pas encore exercé ce pouvoir délégué".

Système de tracking controversé adopté

La Commission a exercé ses pouvoirs à propos de deux dispositions concernant les produits de tabac. Elle a adapté la bibliothèque d'images des avertissements sur les paquets de tabac. Et elle a surtout discrètement fait passer, le 15 décembre 2017, le règlement délégué (UE) 2018/573 relatif "aux éléments essentiels des contrats de stockage de données devant être conclus dans le cadre d’un système de traçabilité des produits du tabac". Avec la complicité silencieuse des organisations européennes "anti-tabac" subventionnées par la Commission elle-même, ce règlement confie aux cigarettiers de choisir et payer les sociétés chargées de stocker les données du suivi. Younous Omarjee, eurodéputé de la liste France Insoumise, a dénoncé le manque d'indépendance qui pourrait s'ensuivre de ce règlement. 


vendredi 17 août 2018

Brexit: les députés britanniques veulent libérer la vape de la loi tabagique made in EU

"Le Gouvernement rate une opportunité avec le vapotage". Publié ce matin, le rapport parlementaire britannique pointe les freins à la sortie du tabagisme grâce au vapotage à cause de restrictions contre-productives et infondées imposées par Bruxelles. Mais, le Brexit s'offre comme une chance de sortir du carcan tabagique européen pour le Royaume-Uni. "Fumer reste une crise sanitaire nationale et le gouvernement devrait envisager des moyens novateurs de réduire le taux de tabagisme", déclare Sir Norman Lamb, qui a dirigé les travaux du Comité science et technologie. "Vapoter est moins nocif que fumer, mais les politiques et les réglementations actuelles ne le reflètent pas suffisamment", insiste l'ancien Ministre aux affaires sociales.

Le vapotage un instrument d'arrêt tabagique trop souvent négligé

Le Comité, composé de onze députés des différents partis, propose une série de recommandations basée sur plus d'une centaine de rapports écrit et les entrevues de 25 témoins, spécialistes de santé publique, usagers et industriels [add. les séances sont aussi sur Youtube]. Là où la Commission Européenne agit dans l'opacité des coulisses bruxelloises hantées de milliers de lobbyistes, les députés britanniques ont procédé en toute transparence, chaque entrevue filmée et transcrite étant accessible sur leur site. Avec une réduction des risques évaluée par les organismes de santé publique britanniques à au moins 95% que les cigarettes, le vapotage est "instrument pour arrêter de fumer trop souvent négligé", estime le Comité.

"Le Comité a constaté que le vapotage ne constitue pas une «passerelle», y compris pour les jeunes non-fumeurs, vers le tabagisme conventionnel et ne présente pas de risque significatif par inhalation passive", résume le communiqué du parlement. "Cette théorie de la passerelle ne tient tout simplement pas la route", déclare Sir Norman Lamb au Guardian, "les jeunes essayent, mais le nombre qui l'utilise régulièrement est minuscule". Comme l'a démontré la plus grande enquête au monde actuelle sur plus de 60'000 jeunes et le vapotage.

Les taxes anti-vape sont un scandale de santé publique

Au Royaume-Uni, le tabagisme, aussi bien chez les adolescents que les adultes, a chuté de près d'un quart depuis 2011, mais la baisse a ralentit depuis l'implémentation des directives européennes en 2016. Près de 900'000 adultes ont arrêté de fumer avec le vapotage puis arrêté de vapoter et 1,5 millions vapotent exclusivement après avoir arrêté de fumer, selon les données de l'office national des statistiques (ONS). Tandis que 1,4 millions vapotent et fument encore, dont la moitié déclare vapoter avec l'objectif d'arrêter de fumer.

Les projets de taxes anti-vape, qui fourmillent aussi bien à la Commission Européenne qu'au Trésor britannique, sont critiqués par le rapport parlementaire. Dans le quotidien City AM, Daniel Pryor, du think tank liberal Adam Smith, renchérit: "La plupart des gens de tous bords politiques préviennent qu'une taxe sur le vapotage provoquerait un véritable tollé". Une pétition européenne a dépassé les 40'000 signatures contre le projet de la Commission Européenne en consultation publique jusqu'au 3 septembre.

Urgence à abolir la limite trop basse du taux de nicotine

Pour le Comité parlementaire, l'urgence est de réviser les limitations européennes du taux de nicotine de 20 mg/mL maximum, et de la contenance des atomiseurs à 2 mL. "La limite du taux de nicotine des recharges devrait être revue car les gros fumeurs peuvent être désavantagés pour arrêter avec des taux trop faibles - et la restriction de la taille des réservoirs ne semble pas être fondée sur des preuves scientifiques et devrait donc être réexaminée de toute urgence", soulignent les conclusions du rapport.

Autre restriction imposée par Bruxelles favorisant le maintien du tabagisme, le Comité parlementaire britannique conteste l'interdiction d'informer le public sur la réduction des risques du vapotage. "L'interdiction d'informer des avantages relatifs pour la santé de cesser de fumer et d'utiliser le vapotage a empêché les fabricants d'informer les fumeurs des avantages potentiels et devrait être examinée pour déterminer les possibilités de changement après le Brexit", recommandent les députés.

Rompre avec les peurs infondées

Le Comité regrette de manière générale le manque de proportionnalité des règlements en rapport avec les faibles risques du vapotage: "Il doit y avoir un débat plus ouvert sur la manière dont le vapotage est traité dans nos lieux publics, afin d’aider à trouver une solution qui au moins commence par des preuves plutôt que par des idées fausses de leurs effets sur la santé". Il déplore aussi l'insuffisance d'engagement en faveur du vapotage des Services de santé national (NHS), en particulier pour le groupe très vulnérable des personnes soufrant de troubles psychiques. "Les personnes ayant des problèmes de santé mentale sont presque 2,5 fois plus susceptibles de fumer que la population générale. Il est vraiment choquant qu'un tiers des services de santé mentale du NHS interdisent le vapotage", déclare Sir Norman Lamb.

Appel à évaluer la question du snus

Le Comité appelle également à profiter du Brexit pour ré-évaluer le dossier du snus, produit interdit par l'Union Européenne sauf en Suède. Ce tabac en sachet à suçoter est pauvre en nitrosamines, des toxiques cancérigènes présents dans la cigarette et les autres tabac oraux. En renouant avec ce produit traditionnel, les suédois sont sortis massivement du tabagisme, qui ne concerne plus que 5% de la population adulte selon l'Eurobaromètre 2016. Les maladies liées au tabagisme ont suivi la même chute depuis les années 1990'.

Un programme d'action bienvenu

"Bien que le rapport puisse être perçu par certains comme radical dans la recommandation de mesures visant à faciliter l’utilisation du vapotage, du point de vue d’un scientifique travaillant sur le terrain, la traduction des données probantes dans un programme d'action est bienvenu. J'espère qu'il aura un impact majeur sur l'évolution de la politique", déclare le Pr Robert West, directeur des études sur le tabac à l'University College de Londres et spécialiste de renommée mondiale sur le sujet, dans le Guardian. Le Public Health England aussi salue un rapport qui épouse ses analyses.

De son côté, Chris Snowdon, auteur du Nicotine Nanny State Index du très libéral Institute of Economics Affairs (IEA), évite la langue de bois dans une tribune pour le journal City AM ce matin. "Les auteurs du rapport sont trop polis pour le dire aussi franchement, mais en fin de compte, nous devons retourner à la situation du marché du vapotage qui prévalait avant que les politiciens européens ne s'en mêlent". La New Nicotine Alliance (NNA), association d'usagers de moyens de réduction des risques, a accueilli favorablement le rapport "pour son message clair et sans équivoque selon lequel le vapotage et les autres produits de nicotine à risque réduit sont beaucoup plus sûrs que le tabac combustible et devraient être traités comme tels".

Enfin, l'Action on Smoking and Health (ASH), principale organisation anti-tabac, souligne la proposition du Comité de soutenir l'homologation de vaporette médicale. "Les entreprises qui obtiendraient des licences médicales bénéficieraient de la disponibilité de leurs produits sur ordonnance. Mais les entreprises qui restent sur le marché des "produits de consommation "devraient également en bénéficier. Les produits homologués rassureraient les fumeurs et les professionnels de santé sur le fait que le vapotage est moins nocif que le tabagisme, encourageant ainsi davantage de fumeurs à changer", déclare Hazel Cheeseman, de l'ASH UK, au site Planet of the Vapes