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vendredi 20 juillet 2018

En Italie, un amendement veut abolir la catastrophique taxe anti-vape et libérer la vape du Monopole

L'amendement AC 924, déposé par la Lega, pourrait libérer le vapotage italien de l'absurde carcan dans lequel l'a plongé les précédents gouvernements. Le texte déposé le 12 juillet propose l'abrogation de l'article 62-quater du décret n°504, qui stipule "un impôt de consommation sur les produits succédanés des produits à fumer". Autrement dit, la taxe anti-vape de 4€ la fiole de 10 mL sauterait. Le point c) de l'amendement propose l'abrogation de la main mise du Monopole du tabac (AAMS) sur le vapotage. La vente par internet redeviendrait légale, à l'exception des achats transfrontaliers qui resteraient interdits en vertu d'un article de la directive européenne (TPD) qui permet cette interdiction sans la rendre obligatoire. "En résumé, le marché de la vape redeviendrait libre", synthétise Stefano Caliciuri, du site spécialisé Sig Magazine qui annonce la nouvelle.


Échec financier et désastre sanitaire de la taxe

Le Comité des Finances a déjà validé l'amendement. Il estime que la perte des taxes anti-vape sera facilement compensée par la hausse de volume de celles de la TVA avec une relance de ce marché. En d'autres termes, financièrement la taxe anti-vape est un bide total. Le nombre de vapoteurs a décru de 2 millions en 2016 à 1,1 millions en 2018 selon les statistiques de l'institut Supérieur de la Santé (ISS). Une large part des survivants a recourt au marché parallèle pour éviter l’assommoir de la taxe anti-vape. Échec pour les finances de l'Etat, mais aussi de santé publique. En parallèle de la chute du nombre de vapoteurs, c'est le nombre de fumeurs qui a explosé ces trois dernières années en Italie. Effet de vase communicant assez clair: près d'un million de vapoteurs en moins pour près d'un million de fumeurs en plus.

Une victoire de la mobilisation de la vape

L'amendement va passé en Commission puis être présenté à la Chambre ce mardi 24 juillet, avec de possibles modifications des élus. Son parcours législatif l'emmènera ensuite au Sénat. Le texte est donc encore loin d'être scellé, mais la promesse d'une libération du vapotage en Italie se dessine plus concrètement. A la fin de l'année passée, une pétition rassemblant plus de 80'000 signataires et des manifestations s'étaient élevées contre les dispositions anti-vape. Une mobilisation qui a permis d'attirer l'attention d'une partie du monde politique. Le monde de la vape italien est sur le point de récolter les fruits de ce travail politique. "Encourager et libéraliser le marché de la vape signifie aider à faciliter la transition du tabac traditionnel vers le vapotage, avec des économies conséquentes en termes de dépenses de santé", souligne Stefano Caliciuri.

La nouvelle menace d'une taxe européenne

Mais à présent, la Commission Européenne envisage d'introniser une taxe anti-vape. Comportant le risque de plonger tous les pays de l'Union Européenne dans une situation régressive similaire à celle vécue ces dernières années en Italie. Le succès qui s'esquisse de la mobilisation italienne, acquis difficilement et lentement, fait figure d'exemple sur l'utilité de mener ces luttes. Et de les mener en ayant à l'esprit qu'elles sont de longue haleine.


jeudi 19 juillet 2018

[Bref] Près de 70% des vapoteurs ont arrêté de fumer en Espagne

En Espagne, 69,8% des vapoteurs ont arrêté de fumer, tandis que 26,5% ont réduit leur consommation de cigarettes.  La plus grande enquête à ce jour sur le profil des vapoteurs en Espagne, menée par le cabinet Sigma Dos, leader espagnol d'enquête de population, pour l'Union des Promoteurs et Entrepreneurs de Vape (UPEV), a été publiée hier dans divers médias de santé, tels que Acta Sanitarias et Info Salus. La moitié des vapoteurs interrogés ressentent des améliorations de respiration, tandis qu'un tiers a constaté la disparition de la toux du fumeur. 22% rapportent des améliorations de santé générale depuis qu'ils vapotent. Enthousiastes, ils sont 84,3% à penser que le vapotage est la méthode la plus efficace pour se substituer en nicotine. Près de la moitié se réjouit que le vapotage ne laisse pas d'odeur incrustée sur les vêtements ou dans les habitations et une part similaire déclare que leur entourage apprécie aussi la disparition de la fumée avec le vapotage. 

Concernant leur achats, 96,7% déclarent s'approvisionner principalement dans des boutiques spécialisées, suivi des magasins en ligne, dont les achats sont limités à des enseigne espagnoles. Dans un pays où le vapotage a pâti d'une énorme fakenews en 2014 brisant son essor, 54,2% des vapoteurs interrogés expliquent que la réaction qu'ils rencontrent en public est la curiosité, 22% l'indifférence et 5% ont ressenti des réactions hostiles. "Cette étude offre enfin une image fiable du comportement du vapoteur en Espagne. Elle balaie certains mythes, tels que l'exclusivité du double usage vape et cigarette, et elle montre que le vapotage est une alternative efficace aux cigarettes conventionnelles", se réjouit Arturo Ribes, président de l'UPEV. A deux mois du Sommet THR Spain 2018 organisé par Anesvap, l'association des vapoteurs, à Barcelone, il insiste: "Les autorités sanitaires doivent écouter les utilisateurs, reconnaître les preuves scientifiques et mettre en avant le vapotage afin que nous puissions travailler ensemble en faveur de la réduction des dommages liés au tabagisme".


mercredi 18 juillet 2018

[Bref] Pfizer offre 300'000 $ à qui veut faire de la propagande anti-réduction des risques

300'000$ pour des programmes d'éducation ciblés sur l'aide aux fumeurs. Fantastique! L'appel à candidatures pour une subvention de Pfizer, la grande firme pharmaceutique, parait formidable à prime abord. C'est en lisant les détails qu'on déchante et que son véritable objectif apparaît. "Nous avons l'intention de soutenir des programmes visant à accroître les connaissances des professionnels sur l'importance de l'abstinence tabagique complète à l'opposé des stratégies de réduction des risques pour les fumeurs motivés à arrêter", stipule l'appel d'offre de Pfizer ouvert aux Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Espagne et Japon. Toute l'annonce s'axe sur l'opposition aux approches de réduction des risques, c'est-à-dire "les mesures prises pour réduire les risques pour la santé associés à l'utilisation de tabac fumé" et tout particulièrement le vapotage et les cigarettes chauffées, précise Pfizer.

Les organismes intéressés à toucher leur part des 300'000$ pour faire de la propagande contre la réduction des risques et saboter l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage ont jusqu'au 28 août pour soumettre leur demande à Pfizer. La New Nicotine Alliance (NNA) britannique n'a pas déposé de dossier. Par contre, elle a envoyé un courrier pour dénoncer l'opposition stérile et infondée de Pfizer entre abstinence aux cigarettes et réduction des risques. "Malgré le fait que l'appel d'offre déclare que «Pfizer n'a aucune influence sur aucun aspect des projets», il est clair que Pfizer tente d'influencer les projets avant même qu'ils ne commencent en fournissant une description aussi trompeuse de l'objet à traiter", s'agace Sarah Jakes, présidente de l'association NNA. A priori, peu de chance que la NNA touche un chèque de Pfizer. Par contre, on sait quoi penser de l'éthique et du professionnalisme de ceux qui encaisseront.


mardi 17 juillet 2018

Le Juul effect: les investisseurs ont perdu la foi en Big Tobacco

"Il est surprenant de voir une industrie aussi solide et rentable être liquidée comme cela en seulement six mois, mais la réaction des investisseurs montre clairement que les actions des cigarettiers ne sont plus la valeur sûre qu'elles étaient depuis des générations". L'analyste Jeremy Bowman ne mâche pas ses mots sur Motley Fool, le site d'information financière. Son article fait écho à l'alerte du cabinet S&P Global la semaine dernière sur les actions des trois principaux cigarettiers.  Les cours de Philip Morris, Altria et British American Tobacco ont chacun perdu près de 20% de leur valeur sur les six premiers mois de l'année et  n'ont pas récupéré de leur crash du printemps.

Bloomberg black-out

Ce crash le 19 avril dernier a été provoqué par la publication d'une des analyses financières les plus importantes de l'année, bien que toute la presse liée à l'oligarque Michael Bloomberg a choisi de la passer sous silence. Pourtant, celui dont Forbes estime la fortune à 50 milliards $ en 2018, a bâti sa richesse sur l'information financière. Mais Michael Bloomberg est également parti en guerre contre la réduction des risques, et en particulier contre le vapotage. Il a annoncé en mars, dans un article qu'il a commandé au Guardian, avoir investi un milliard dans sa croisade. 

Aux Etats-Unis, seul John Cramer du show Mad Money sur CNBC a parlé sur un média grand public de l'analyse de Citi Group qui a mis le feu aux poudres de Wall Street. "La vaporette JUUL a commencé d'écrouler l'industrie cigarettière américaine", titre le rapport dirigé par Adam Spielman, qui ne se trouve pas en accès public mais dont nous en avions relaté les principaux points. La chute de 6% des ventes de cigarettes sur le premier trimestre de l'année s'est accompagnée de la poursuite de l'assaut de la Juul du marché des détaillants des produits de vapotage. Le pod rectangulaire aux sels de nicotine a pris plus de la moitié de ce canal, qui représente un cinquième des ventes globales de produits de vape aux Etats-Unis. Ce réseau de distribution était jusque-là la chasse gardée des produits des cigarettiers. 

Les actions de Big Tobacco soldées

Les investisseurs ne s'y sont pas trompés, les cours des Big Tobacco se sont effondrés dés la publication du rapport de Citi Group. Trois mois après, en dépit du black-out des médias liés à Bloomberg, les réseaux d'information financière indépendants discutent encore de cette nouvelle donne. "Les actions des cigarettiers ont été liquidées cette année en grande partie parce que les fabricants de cigarettes auraient du mal à faire la transition vers les nouvelles technologies", analyse Jeremy Bowman sur Mottley Fool. En particulier, la cigarette chauffée Iqos de Philip Morris ne convint pas beaucoup de consommateurs de 36 des 38 pays où elle se trouve, à part au Japon et en Corée du Sud.

La baisse générale des ventes de cigarettes force une transition des cigarettiers vers le vapotage ou de produits directement concurrents. C'est un fait mis à jour par le mouvement de la vape: une large partie des fumeurs aspire à des produits à risques réduits, comme le souligne Oliver Kershaw, fondateur de l'ECig Forum, dans une série de tweets. Du côté des financiers, "l'inquiétude suscitée par la transition vers le vapotage est qu'un petit concurrent pourrait battre les géants du tabac. Cela semble déjà se produire avec Juul, le fabricant de vape à la croissance la plus rapide aux Etats-Unis", résume l'analyste Jeremy Bowman.

Campaign for Tobacco-Free Kids à la rescousse des cigarettiers

Outre qu'il met en grande difficulté les cigarettiers, l'essor de la Juul a déclenché une campagne hystérique à son encontre. Au moins en apparence, ce ne sont pas les cigarettiers qui la mènent mais des organisations soi-disant anti-tabac dont la puissante Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK). Notoirement lié à Michael Bloomberg et ayant décroché le gros lot en négociant en secret avec Philip Morris un règlement à l'amiable du procès de 1998, Matt Myers, leader de CTFK, a désormais fait de la Juul sa cible principale. 

Alors que le taux de tabagisme adolescent s'est effondré de moitié depuis 2011, la part des ados a avoir expérimenté le vapotage s'est réduit depuis 2015, date de l'apparition de la Juul. Pourtant, celle-ci est accusée de propager une "épidémie de juuling chez les lycéens". En boucle, les médias, y compris français, répètent ce mantra, l'illustrant régulièrement d'images de spots TV anti-vape mettant en scène des jeunes recrutés spécialement pour l'occasion par un cabinet de marketing. Un classique de discours auto-référentiel narcissique où les médias montrent leur propres reflets en guise de preuves. 

La coalition des conservateurs du tabagisme

Le lynchage médiatique de la Juul pourrait prolonger les bonnes affaires des cigarettiers et des autres lobbys vivant sur le dos des fumeurs en ralentissant l'essor du pod. Comme le croquait, lors du dernier Global Forum on Nicotine, David Sweanor, professeur de droit à l'Université d'Ottawa: "Nous avons de nouveau là un exemple de la vieille alliance entre puritains et trafiquants [baptists and bootleggers coalition]".

Du point de vue de la réduction des risques, la Juul constitue un produit très intéressant comme en témoigne sa saignée du tabagisme américain. Cependant, la prise d'une grande part du marché par un seul produit, même indépendant des Big Tobacco, fait courir le risque d'une concentration réduisant la diversité et le pouvoir de choix des consommateurs. Le gel des innovations sur le marché américain provoqué par la réglementation de la FDA favorise malheureusement une telle évolution.



dimanche 15 juillet 2018

[Bref] Le Tages Anzeiger anticipe un développement du vapotage en Suisse

L'édition dominicale du Tages anzeiger consacre une page à la prochaine expansion du vapotage en Suisse. Fin avril, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a cassé la prohibition illégale imposée par l'administration fédérale. "Jusqu'à présent, principalement les petits fournisseurs du secteur du vapotage étaient actifs. La nicotine pour les liquides était disponible dans les boutiques en ligne étrangères ou sous le comptoir de vente. Mais avec la nouvelle situation juridique, les gros commerçants flairent la bonne affaire", annonce Eric Bürgler du Tagi.  

"Nous prévoyons d'inclure des cigarettes-électroniques et des liquides contenant de la nicotine dans notre gamme", confirme un porte-parole de la chaîne de supermarchés Coop. Les concurrents de Denner observe la situation attentivement. Valora, qui déteint la chaîne de kiosques Naville, a déjà franchi le pas avec des produits de l'entreprise suisse Insmoke. En Allemagne, la chaîne offre des produits de vapotage depuis plusieurs années. Au hit-parade des liquides, ce sont les arômes After-eight et cheesecake les plus populaires. 

Près de deux millions de fumeurs à sortir du tabagisme

Le Tages Anzeiger anticipe une belle croissance du secteur. Avec plus de 25% de fumeurs, la Suisse a réussi à maintenir son taux de tabagisme avec la prohibition arbitraire du vapotage nicotiné depuis 2009. Tandis qu'au Royaume-Uni, près de 6% de la population est passé de la cigarette au vapotage observe le quotidien zurichois. "Le secteur bénéficie des recommandations du ministère de la Santé britannique. Celui-ci conseille fortement aux fumeurs de passer au vapotage car il est significativement moins nocif que les cigarettes traditionnelles", souligne le journal. 

Une situation qui contraste fortement avec la protection de la situation actuelle par les lobbys anti-vape en Suisse. "Selon Thomas Beutler de l'Association de prévention du tabagisme en Suisse (AT-Suisse), il n'existe pas d'étude significative à long terme sur les effets négatifs du vapotage sur la santé", mentionne la Tages Anzeiger.

Que va faire Big Tobacco ?

Du côté d'Insmoke, Stefan Meile se réjouit des perspectives de développement. Mais il reste sur ses gardes. "Les grandes compagnies de tabac vont bientôt apporter leurs e-cigarettes sur le marché suisse, avec un budget marketing élevé", prévient le président de l'Association indépendante des professionnels de la vape suisse (SVTA). Un porte-parole de Japan Tobacco confirme travailler sur le dossier. En Allemagne, le cigarettier genevois a opté pour une stratégie de dénigrement contre le vapotage, y compris par campagnes publicitaires.

Alors qu'aucune restriction sur l'âge de vente des cigarettes n'existe au niveau fédéral, l'administration a convoqué une table-ronde le 6 juillet dernier pour restreindre la vente des produits de vapotage. Les professionnels indépendants de la vape étaient bien isolés au milieu des lobbyistes des cigarettiers à ce meeting de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et vétérinaire (OSAV), qui a évité d'y convier les représentants des vapoteurs. Selon le Tages Anzeiger, aucun résultat n'est ressorti de la réunion. "Ils veulent se revoir en septembre".


[Bref] Consultation européenne de taxes anti-vape: quelques infos (2)

En été et sans couverture médiatique, la pétition lancée par les associations de vapoteurs et des droits à la réduction des risques a dépassé les 20'0000 signataires. Le mouvement devrait s'amplifier avec la diffusion de l'appel sous forme papier dans les bons lieux de vape. Sur les réseaux sociaux aussi, le soutien à l'appel est un bon indice de la qualité d'un groupe ou d'une page dédiée au vapotage. Signe d'intérêt pour l'actualité de la vape et indice d'honnêteté. Ne le cachons pas, on est un peu choqué de voir dans certains pays déjà taxés, des admins censurer l'appel des associations pour ne pas faire d'ombre à leur bizness au noir. 

Le développement d'un marché noir est une des conséquences directes des taxations prohibitives que la Commission envisage d'étendre à toute l'Union Européenne. L'autre est le retour au tabagisme d'une partie des vapoteurs. En Italie de 2016 à cette année, l'ISS compte  un million de vapoteurs en moins et un million de fumeurs en plus. L'attaque contre la vape dépasse le cadre des seuls vapoteurs, c'est une attaque de santé publique.

Mobilisation anti-vape

A ce titre, les lobbys liés aux intérêts pharmaceutiques s'organisent pour pousser la taxe contre le vapotage. Martin McKee, influent lobbyiste anti-réduction des risques, a réussi à imposer une prise de position à l'Eupha, le réseau d'organisations de santé publique dont il était le directeur jusqu'à peu. "EUPHA soutient totalement les mesures pour décourager l'usage du tabac et des nouveaux produits tels que les e-cigs et les cigarettes de tabac chauffé, y compris le vapotage et la Juul", souligne son communiqué du 9 juillet. A noter que la vaporette Juul n'est pas en vente dans l'Union Européenne. Edit: elle va être mise sur le marché britannique à partir du 19 juillet. /

"L'argument souvent utilisé contre les taxes sur les péchés est que ces taxes sont régressives, ce qui signifie qu'ils forcent les revenus les plus faibles à payer relativement plus d'impôts, mais c'est une erreur", affirme le communiqué de la direction de l'Eupha. Bien que de nombreux travaux d'économistes, comme celui de Raphael Geoffroy sous la direction de Thomas Piketty, ont démontré que les taxes tabac frappent plus les classes populaires que les classes aisées. 

Pour rappel, Martin McKee s'était illustré pour avoir coordonné une campagne de diffamation mensongère contre le Pr David Nutt et d'autres défenseurs de la réduction des risques, notamment à travers les médias appartenant à Ruppert Murdoch, pourtant dénoncé comme lié d'intérêt avec les cigarettiers par le milieu anti-tabac.


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Blocage des serveurs de la consultation européenne

Plusieurs participants se sont étonnés de ne pas pouvoir répondre à la consultation européenne. Plusieurs jours, les serveurs étaient "indisponibles". Nous avons envoyé un courrier à la responsable de la consultation pour la Commission Européenne sur le sujet. Nous attendons sa réponse. L'association des vapoteurs en Allemagne IG-ED s'est aussi émue de la situation et annonce étudier la possibilité de demander une prolongation de la consultation.


vendredi 13 juillet 2018

Valais: servir patates, tomates ou aubergines aux mineurs sera t-il bientôt interdit ?

Le mélange entre influence et incompétence peut engendrer des situation cocasses. En modifiant la loi pour interdire "la vente et la remise de produits nicotinés" aux moins de 18 ans, le 14 juin dernier, le Grand Conseil valaisan ne semble pas s'être inquiété de la question des légumes de la famille des solanacées. Patates, tomates, aubergines, poivrons et piments notamment sont des solanacées. Particularité? Toutes les plantes de cette famille, y compris ces légumes, contiennent naturellement de la nicotine. En concentration plus faible que dans le tabac, mais ils en contiennent. Suffisamment pour qu'on détecte un effet bénéfique d'un régime alimentaire riche en solanacées, notamment en poivrons, pour prévenir le risque de maladie de Parkinson par exemple.

50'000 FS d'amende si l'on sert des tomates à un ado ?

En interdisant de donner ou vendre des produits nicotinés à des mineurs, les autorités valaisannes semblent, au moins de manière formelle, avoir interdit aux parents, cantines, restaurants, etc. de servir ces légumes aux enfants et adolescents à partir du 1er janvier prochain. En cas d'infraction, les personnes ayant remis des produits nicotinés à des mineurs risqueraient une amende allant jusqu'à 50'000 Fs. Avec la même perspicacité, cette modification de loi interdit aussi la vente et la remise de "cigarette-électronique" aux mineurs, sans que l'on sache ici non plus ce que cela recouvre précisément.

Une politique pour conserver le tabagisme adolescent

En Suisse, le tabagisme adolescent stagne à près de 16%, tandis que dans les pays où le vapotage a pu se développer, il s'est écroulé. Aux Etats-Unis, de 15,8% en 2011, il ne touche plus que 7,6% des adolescent en 2017. Dans la région parisienne, le suivi de Paris Sans Tabac montre la même évolution. Au Royaume-Uni, la vape a aussi accéléré la dénormalisation du tabagisme chez les jeunes. La très large majeure partie des adolescents qui expérimentent le vapotage, le font sans nicotine. La part qui vapotent régulièrement avec nicotine est quasi-exclusivement déjà fumeurs.

Les autorités valaisannes s'apprêtent donc à priver au niveau légal leurs adolescents d'un moyen d'éviter de fumer et, avec surréalisme, d'une série de légumes très courants tels que les patates, les tomates et les aubergines. Tout cela sur la base de mauvais conseils de lobbyistes puritains préférant conserver le vieux tabagisme, tout en prétendant l'inverse, que donner une quelconque marge de manœuvre à une approche de réduction des risques.

La transgression des ados pour sortir de la société tabagique?

On peut imaginer que l'interdiction valaisanne de légumes nicotinés aux mineurs sera de facto impossible d'application. Les interdictions contre le vapotage auront peut-être le mérite paradoxal d’exciter curiosité et envie de transgression des adolescents valaisans. Avec des lois aussi ridicules et arriérées, il y a peu de chance que les messages de santé publique ne regagnent quelconque crédibilité aux yeux des jeunes.


lundi 9 juillet 2018

[Bref] En Italie, le Monopole du tabac menace de bloquer un forum de vapoteurs

Depuis décembre dernier, l'Agence des Douanes et du Monopole du tabac (AAMS) bloquent des sites internet pour "violation constatée d'offre de tabac ou de produits liquides d'inhalation sans combustion". Autrement dit, des sites de vente de tabac ou de liquide de vape, y compris sans nicotine, en vertu du décret lui octroyant le monopole de distribution et en interdisant la vente à distance. Jusque-là, les listes publiées régulièrement visaient effectivement des boutiques de vapotage en ligne. Mais la dernière parue sur le site du Monopole le 4 juillet annonce le futur blocage de deux sites faisant office de blogs et forums de discussion dans les 15 jours "à partir de la publication de ce communiqué, si l'offre interdite n'est pas enlevée". 

Le premier consacré à des produits de tabac se nomme Rolling Tobacco, le second Svapo.it regroupe près de 45'000 vapoteurs. Sur celui-ci, dans la rubrique dédiée à des boutiques en ligne, nous n'avons constaté aucune offre de liquide. Le document du Monopole ne dit pas quelle "offre interdite" précise doit être enlevée pour chacun des sites visés. "À la suite de signalements reçus à ce bureau, il a été constaté la présence sur les sites web répertoriés d'offre interdite", se borne à expliquer le Monopole pour justifier ce qui s'apparente à une condamnation sans appel possible. Parmi les sites listés, la boutique en ligne Svapem.it est déjà offline.

Des descentes policières au même prétexte ont eu lieu, notamment en mars à la Vapor Expo de Forlì, alors que le vendeur faisait payé 5€ ses liquides pour couvrir les frais de taxes (taxe anti-vape et la TVA dessus) sans bénéfice pour lui. Opération commerciale qui n'a rien d'illégale mais dont le prix n'était pas assez élevé au goût des autorités italiennes.

Essor du tabagisme

Le contrôle de la distribution des liquides de vapotage a été remis à l'Administration des Douanes et du Monopole suite aux rentrées fiscales jugées décevantes les années précédentes. Des 115 millions € escomptés, la surtaxe de 4 € par fiole de 10 mL n'a rapporté à l'Etat que 4 millions € en 2016. Trop peu aux yeux des gouvernants qui ont imposé le régime du Monopole aux liquides de vapotage, en interdisant aussi la vente par internet. Depuis l'instauration des taxes, le secteur est en récession et les statistiques de l'Instituto Superiore di Sanità (ISS) montre un recul du nombre de vapoteurs accompagné d'une hausse des fumeurs, repassés au dessus de la barre des 12 millions cette année en Italie. 

Le modèle italien appliqué à l'Europe ?

Le Commissaire européen à la santé, le lituanien Vyrtenis Andriukaitis, avait évoqué en novembre au site Euractiv la possibilité d'un durcissement similaire au niveau de l'Union Européenne. Depuis, la Commission des taxes a lancé une consultation publique jusqu'au 3 septembre envisageant d'imposer une surtaxe minimale contre la vape à l'ensemble des pays. Une mobilisation lancée par 16 organisations d'usagers et de réduction des risques appellent à répondre à la consultation et signer une pétition en ligne s'opposant à une telle surtaxe. Pour le moment, en plein été, la mobilisation reste faible avec seulement un peu plus de 16'000 signatures collectées en dix jours.




dimanche 8 juillet 2018

[Bref] USA: cyber-attaque massive contre la consultation de la FDA sur les arômes de vape

Plus de 250'000 faux commentaires postés par un bot
Au moins 255'000 faux commentaires ont été postés les 8, 9 et 10 juin par un script automatique sur la consultation publique ouverte par la Food and Drug Administration (FDA) à propos des arômes de vapotage. Le 11 juin, les serveurs de la consultation ont été assaillis au point de forcer les autorités américaines à mettre en veille l'accès à la plateforme. "Une source interne de la FDA estime que ce 'spamming' massif de plus d'un quart de millions de faux commentaires est "extraordinaire" et "sans précédent" ", révèle Regulator Watch. Selon un responsable de la procédure, contacté par la chaîne pure player, au moins 60% des plus de 425'000 contributions ont été postées par un logiciel 'bot' et contiennent des prises de position pour l'interdiction totale des arômes de vapotage. Le script modifie les textes soumis, mais la récurrence de phrases types provenant de la déclaration de l'organisation Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK) est manifeste, selon les informations de Reg Watch qui s'est procuré trois des quatre modèles types bombardés par le script. Au moment d'écrire ce billet, Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK) n'avait pas réagit à la nouvelle.

A noter que la Juul, un pod contenant des liquides à 50 mg/mL de sels de nicotine, est prise en bouc-émissaire par l'attaque organisée, bien que depuis sa mise sur le marché le tabagisme connait une chute sans précédent et le vapotage recule chez les adolescents américains. Ses ventes représentent environ 10% du marché du vapotage global aux Etats-Unis, avec une part de 60% du marché de détail (de type kiosques). Sa popularité croissante a entraîné une chute inattendue de près de 6% des ventes de cigarettes au premier trimestre 2018, faisant craindre au monde financier l'explosion de l'industrie cigarettière américaine.

La consultation publique invalidée à cause de l'attaque ?

Carl Phillips avait déjà tiré la sonnette d'alarme le 25 juin sur des anomalies de la consultation de la FDA. "Le nombre phénoménal de commentaires indique qu'il doit y avoir actuellement une campagne active", expliquait alors le chercheur dans le Daily Vaper, sans se douter de la nature de cyber-attaque révélée par Reg Watch. "L'opération a failli faire tomber les serveurs fédéraux et a inondé le réseau interne au point qu'il est devenu presque impossible à la FDA de traiter les soumissions. Cette attaque massive remet en cause la crédibilité du processus de consultation publique", explique Brent Stafford de Reg Watch. De leur côté, les autorités fédérales ont ouvert une enquête sur la validité des soumissions et de l'ensemble du processus de consultation. C'est peut-être là le véritable objectif de cette attaque grossière: faire annuler le processus de consultation publique et réduire au silence les témoignages du public.

La vidéo de l'émission de Reg Watch de ce 7 juillet:


vendredi 6 juillet 2018

24 Heures refait le coup du vendeur fantôme de vaporette à un enfant, pour servir le Sommet Etat & Tabac contre la vape

Le jour même où l'administration convie l'industrie cigarettière pour "réguler" le vapotage en Suisse, le quotidien lausannois 24 Heures nous refait le coup du vendeur fantôme de vaporette à un enfant. Six mois après le bidonnage de la Liberté, le quotidien de Tamedia annonce en titre de Une qu'un garçon de 10 ans a acheté "une vapoteuse en toute légalité". Le journaliste s'appuie sur le récit d'un papa anonyme sans jamais aller vérifier ses dires auprès du vendeur indélicat soi-disant de Morges. Pourtant le journaliste précise que l'enfant aurait indiquer l'endroit de l'achat. Je n'ai jamais vu un journaliste agir de cette manière: enregistrer un témoignage accusant une partie et ne pas essayer de contacter cette partie accusée. Or, comme lors de l'affaire de la pseudo-vente à Fribourg de la Liberté, aucune vérification n'est faite. Sic ! Pourtant, le code de déontologie du Conseil de la presse Suisse précise en directive (3.1) que "l‘acte premier de la diligence journalistique consiste à s‘assurer de l‘origine d‘une information et de son authenticité".

Lors du précédent buzz, la Liberté avait été incapable de me confirmer l'existence d'un vendeur et une équipe, dépêchée spécialement à Fribourg dans ce but et très motivée, de la RTS n'avait pas réussi à retrouver ce mystérieux vendeur fantôme. Cela n'avait pas empêché la chaîne nationale de diffuser un reportage à charge sur "cette histoire" sans sujet. D'autres opérations médiatiques similaires de "vente fantôme" laissent à penser à un nouvel épisode d'une technique de communication bien éprouvée. 24 Heures y ajoute le buzz de la pseudo étude mensongère sur les souris et quelques assertions sans fondement de lobbyistes pour livrer son article à sens unique.

24 Heures au service du Yalta Etat-Tabac

L'article du jour, à sens unique, prend une saveur particulière puisqu'il est publié le jour même que l'administration fédérale organise son Yalta de la vape, sous l'impulsion de lobbyistes de la pharmaceutique, de connivence avec les grands cigarettiers conviés et quelques représentants isolés de l'industrie indépendante du vapotage. Aucun représentant des usagers n'a été contacté. L'objectif de ce sommet de l'Etat et du tabac: restreindre les ventes de vapotage. Le prétexte: le risque de vente à des mineurs. alors que près de 16% sont fumeurs en Suisse. Un taux stable durant les années de prohibition du vapotage commencée en 2009 (et non 2015 comme l'invente le journal vaudois). 

Les comptes du tabagisme adolescent caché en Suisse

Dans la même période, les parts de fumeurs chez les adolescents américains et britanniques a été divisé de moitié sous l'impact du vapotage. En France, le suivi Paris Sans Tabac rapporte le même phénomène de ringardisation du tabagisme sous l'effet des vaporettes. Sur les données récoltés avant les législations en interdisant la vente aux mineurs, les trois quarts des quelques 20% d'adolescents expérimentant le vapotage le faisaient sans nicotine. Un moyen d'essayer, de "jouer à", pour les ados sans risque de dépendance. Le 1,7% des ados américains vapotant régulièrement avec nicotine étaient pour la quasi totalité (9/10) déjà fumeurs. En bref, là où le vapotage s'est développé, le tabagisme des jeunes a dégringolé. En Suisse, il s'est maintenu. 

Conserver la situation propice au tabagisme est bien l'objectif de la plupart des acteurs poussant à ce sommet anti-vape Suisse, alors même que la vente de cigarettes est autorisée aux mineurs au niveau fédéral. On y retrouve donc une administration encaissant plus de 2,2 milliards Fs par an en taxe tabac, et faisant l'économie de plus de 15% de retraites non versées aux morts prématurées du tabac, l'industrie cigarettière, et la pression des petits soldats du lobby du cancer qui veulent "soumettre la cigarette électronique au même cadre légal que les produits du tabac". Aujourd'hui les jeunes qui avaient 16 ans au moment de la prohibition du vapotage en Suisse en 2009, ont 25 ans. Ils sont 38% de fumeurs en suisse romande, selon les statistiques officielles. C'est la défense de ce statu-quo, favorable au tabac, à la pharma et à l'Etat, au détriment de la population qui se joue aujourd'hui et pour lequel le journal vaudois a déployé ce grossier enfumage émotionnel.


jeudi 5 juillet 2018

Consultation européenne sur le projet de taxe anti-vapoteurs: quelques infos [MàJ]

Lancée vendredi dernier, la mobilisation contre le projet de taxe anti-vapoteurs de la Commission Européenne prend de l'ampleur. Du côté italien, où une surtaxe de 4€ par fiole a déclenché une baisse du nombre de vapoteurs accompagnée d'une hausse des fumeurs, la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF) relaie l'appel des 16 associations d'utilisateurs. De même en France, la Fédération Addiction, des professionnels socio-sanitaires du domaine des addictions, soutient également le refus de taxation punitive contre les personnes évitant de fumer à l'aide du vapotage. L'appel des 16 associations européennes est désormais aussi traduit en hollandais, allemand et espagnol, s'ajoutant à l'anglais, l'estonien, le français et l'italien.
PS : Sovape a édité un flyer à télécharger, imprimer et diffuser pour ceux qui en ont la possibilité:
https://www.sovape.fr/wp-content/uploads/2018/06/NOTAX-Flyer-UE.pdf

Filtrage informatique des contributions

Une autre information nous vient d'une cadre de la Commission Européenne. "Après la consultation, toutes les contributions seront soigneusement analysées à l'aide d'outils informatiques afin de filtrer les contributions identiques ou les contributions en double. Ces outils utilisent des techniques avancées qui permettent également l’agrégation des contributions à partir des commentaires reçus", explique cette Conseillère juridique et fiscal de la Commission Européenne dans un courrier électronique à un citoyen. Ces précisions viennent en réponse à une remarque concernant la possibilité de soumettre plusieurs contributions, que la Commission n'encourage pas mais contre laquelle elle ne veut pas mettre en place de système qui risquerait de décourager d'autres participants, selon les explications de la bureaucrate européenne.

Une conséquence pratique à retenir de cette information est que l'envoi de commentaires 'copiés/collés' n'est pas très utile. Comme l'indique Sovape dans sa petite aide, mieux vaut expliquer son analyse dans ses propres termes. A noter que l'Aiduce a ouvert une discussion avec ses membres sur le sujet. Mais au-delà des réponses, leur traitement pose question. Quelle grille d'analyse sera utilisée par les logiciels informatiques de la Commission européenne pour faire ce tri "mécanique" préalable? A la lecture de la consultation apparaît clairement que l'option d'une politique de réduction des risques cohérente est totalement absente des postulats idéologiques de la sphère dirigeante européenne. Comment les outils informatiques pourraient découvrir les expressions de cette option si les programmeurs européens ne l'ont pas même prise en considération* ? 

Faire entendre la réduction des risques

Au vu de l'incompréhension par la Commission des résultats de la consultation précédente, où 89,88 % des contributions exprimaient le besoin d'une stratégie cohérente de réduction des risque sur le sujet, on peut s’inquiéter du mur de surdité qui entoure les bureaucrates européens. A ce titre, la pétition lancée par les associations d'utilisateurs prend tout son sens pour faire surgir publiquement cet angle mort de la consultation.

PS à 19h le 5-07-2018: le site pour la consultation de la Commission Européenne semble en rade actuellement...

*Pour les amateurs de philosophie, le problème est similaire à "la chambre chinoise" de John Searle. Un programme peut simuler la compréhension, mais il n'en comprend pas la signification. Corollaire, si un champ de sens n'a pas été implanté par le programmeur, il ne sera pas pris en considération par le logiciel.

Plus de deux millions d'anglais ont arrêté de fumer à l'aide de la vape mais la TPD freine le mouvement

Plus de 2,3 millions des britanniques adultes, dont 2 millions d'anglais, ont quitté la cigarette à l'aide du vapotage. 900'000 d'entre eux, dont 770'000 anglais, ont arrêté de fumer puis aussi arrêté de vapoter. Tandis que 1,4 millions sont devenus vapoteurs exclusifs. Parmi les 7,4 millions de fumeurs britanniques, 1,4 millions vapotent aussi, dont la moitié dans le but d'arrêter de la cigarette. La part des adultes fumeurs au Royaume-Uni est passé de 20,2% en 2011 à 15,1% en 2017, selon les dernières données de l'Office National des Statistiques (ONS) publiées hier. Soit une chute de plus d'un quart de la part de fumeurs en six années.

  • 15,1% des adultes britanniques sont fumeurs, soit 7,4 millions de personnes, en 2017
  • 2,3 millions de britanniques ont arrêté de fumer à l'aide du vapotage, dont 900'000 ont ensuite arrêté de vapoter, depuis 2011
  • 5,5% de la population vapotent, soit 2,8 millions de vapoteurs dont 51% ont arrêté de fumer
  • Parmi les 1,4 millions 'double-usagers' de cigarette et vapotage, la moitié déclare utiliser le vapotage dans l'objectif d'arrêter de fumer
  • La hausse du vapotage et la chute du tabagisme se sont ralenti depuis l'entrée en vigueur des directives européennes au Royaume-Uni en 2016. Une Commission parlementaire étudie les modifications possibles de la réglementation à la faveur du Brexit

Frein européen à la sortie du tabagisme

Ces données confirme l'impact majeur du vapotage. Mais l'entrée en vigueur en 2016 de la transposition de la directive européenne (TPD), qui notamment limite le taux de nicotine à 20 mg/mL, la contenance des fioles à 10 mL et celle des atomiseurs à 2 mL, a fortement freiné l'élan de sortie du tabagisme britannique. Entre 2016 et 2017, la part de fumeurs âgés de plus de 16 ans a même augmenté de 16,1% à 16,8%, tandis que la part de vapoteurs a très légèrement régressé de 5,6% à 5,5%.

"Outre la mauvaise publicité que subit encore le vapotage, le règlement de la TPD en interdisant la vente d' e-liquides nicotiné à plus de de 20 mg/mL, rend difficile pour de nombreux fumeurs de passer au vapotage", explique Diane Caruana, journaliste spécialisée sur Vaping Post, précisant que " l'interdiction des doses de nicotine supérieures à 20 mg/ml met un obstacle à la première étape du voyage d'un fumeur vers une vie sans fumée". On estime que de 20% à 30% des fumeurs ont besoin de liquide plus concentré que 20 mg/mL de nicotine pour se passer définitivement de cigarette. Ces derniers mois, l'arrivée des liquides aux sels de nicotine offre une option supplémentaire intéressante pour cette catégorie de fumeurs, mais la limite trop basse de nicotine dans l'Union Européenne en réduit l'intérêt.

L'arbitraire des directives européennes

Les travaux de la Dr Lynne Dawkins, du Centre for Addictive Behaviours Research de l'Université de Londres Sud, mettent en lumière un autre effet négatif à cette limite, imposée sans fondement scientifique. "Il n'y a aucune justification à cette limite. Elle a été prise de manière arbitraire. Il n'y a pas de preuve d'augmentation des méfaits de la nicotine pour les niveaux supérieurs à 20 mg/ml. Or nous avons constaté que lorsque les usagers réduisent le taux de nicotine, ils compensent en consommant plus de liquide. C'est coûteux financièrement, et cela peut avoir un coût pour la santé en augmentant l'exposition", avait argumenté en février la chercheuse spécialiste de la nicotine devant la Commission parlementaire étudiant une réforme de la réglementation sur le vapotage à la faveur du Brexit.

"Beaucoup de fumeurs sont dissuadés d'essayer de passer au vapotage par des restrictions arbitraires de la TPD, ainsi que les articles irresponsables et inexacts sur les risques pour la santé. Beaucoup d'entre eux risquent de continuer de fumer. Il semble que le nombre de fumeurs qui passent à la vape soit en train de plafonner au Royaume-Uni", alertait aussi Sarah Jakes, présidente de la New Nicotine Alliance UK (NNA), au site Register fin février. Les statistiques publiées hier confirment cette inquiétude.

Le défi des inégalités sociales de santé 

Autre inquiétude, celle-ci exprimée par les autorités, le creusement des inégalités sociales de santé liées au tabagisme. "Pour évaluer l'ampleur de l'iniquité, nous avons calculé la probabilité d'être fumeur entre travailleurs routinier et manuel en comparaison de ceux qui occupent des postes de management et les emplois intermédiaires. Les résultats montrent que les travailleurs manuels et de routine en Angleterre étaient 2,27 fois plus susceptibles d'être fumeurs que les autres professions en 2012, mais que l'écart s'est considérablement creusé depuis avec un ratio de 2,44 en 2017", explique le compte-rendu de l'Office of National Statistics (ONS). Les raisons et les moyens de répondre à ce défi social sont encore à déterminer. 

Plusieurs présentations au dernier Global Forum on Nicotine, dont celle de la sociologue Frances Thirlway que nous avions interviewé sur ses travaux précédents en 2016, ont abordé le sujet. Cette question est probablement le défi le plus intéressant à relever aujourd'hui pour l'approche de réduction de risque. Tandis que le camp conservateur tabagique se cantonne a faire reposer la faute sur les usagers "pervertis" et vouloir leur rendre la tâche plus difficile par des taxes, des limitations matérielles et d'autres interdictions...


lundi 2 juillet 2018

[Bref] Le 1er Sommet de la vape espagnol le 19 septembre à Barcelone

Elles en rêvaient depuis cinq ans. Anesvap, l'association espagnole des vapoteurs, et M.O.V.E., l'organisation médicale soutenant le vapotage, organisent le premier sommet de la vape hispanique le 19 septembre à Barcelone. "Pour la première fois dans notre pays, se réuniront les plus grands experts de la science mondiale sur la réduction des risques grâce au vapotage afin de présenter les faits à la société, aux autorités sanitaires,  politiciens et médecins, associations médicales et médias espagnols", annonce le site d'Anesvap. Au programme,  le Dr Konstantinos Farsalinos, le Pr Riccardo Polosa, le Pr Gerry Stimson, la Pr Linda Bauld, le Pr Bernd Mayer, le Dr Attila Danko, le Pr Miguel de la Guardia et le scientifique français Jacques Le Houezec ont déjà confirmé leur venue. "Très bientôt, le site officiel du congrès sera lancé, où vous trouverez toutes les informations à ce sujet", précise l'annonce. L'événement sera entièrement autofinancé par les associations. Elles lancent un appel aux dons, toute aide est bienvenue.


Depuis le 1er juillet, une taxe anti-vape en Suède basée sur une équivalence ridicule

C'est au tour des vapoteurs suédois de se prendre 1,90 € de surtaxe dans la fiole depuis ce 1er juillet. Deux couronnes (SEK) par mL de liquide, ainsi que sur la base nicotinée sans arôme au statut différent dans la réglementation suédoise, seront prélevés. Soit 1,90€ par fiole de 10 mL. Lors de l'élaboration de la loi, des parties prenantes ont tenté d'alerter de son absurdité. La New Nicotine Alliance, association des usagers de produits nicotinés à risque réduit, notamment a fait parvenir ses remarques. "La NNA (Suède) voit de graves lacunes dans l'analyse d'impact sous-jacente à la proposition du ministère des Finances", explique l'association à l'époque. "La protection de la santé publique est définie comme l'objectif principal de cette taxe. Néanmoins, l'enquête manque d'information sur la manière dont d'autres États utilisent le vapotage pour réduire les dommages du tabagisme. Ici, nous voulons accorder une attention particulière à la Grande-Bretagne, qui est particulièrement progressiste dans l'intégration du vapotage pour l'arrêt tabagique et la minimisation des dommages", souligne alors sur le fond l'association.

Parmi ses incohérences, cette taxe "nicotine" frappe indistinctement tout liquide nicotiné quel que soit son taux. Effet probable, elle va inciter les vapoteurs à acheter des liquides sans nicotine, pour les renicotiner ensuite. L'astuce a été largement utilisé par les citoyens suisses face à la prohibition et, d'après un témoignage, se généralise au Portugal pour lutter contre la taxe prohibitive anti-vape. La méthode permet de contourner les incitations d'Etat au maintien dans le tabagisme, mais évidemment elle n'est pas la plus confortable ni la plus sûre. En matière de protection de la santé, on a vu plus intelligent qu'une taxe incitant à fumer ou à bricoler soi-même ses produits.

10 mL = 100 cigarettes !?!

Mais le plus point le plus ridicule de l'élaboration de la taxe est l'équivalence aberrante qui a présidé à la fixation du montant de la taxe anti-vape. "Le bouquet", explique un magasin de vape de Malmö, "c'est que le projet de loi considère que 10 mL de liquide de vapotage correspond à 100 cigarettes". Une équivalence aussi ridicule et malveillante que celle en vigueur en Italie. "Cette affirmation manque à la fois de réalisme et de quelconque base scientifique. Nous n'avons rien compris, mais nous avons finalement réalisé que depuis que ce projet de loi a été produit par le ministère des finances, ils n'ont vu que des chiffres, et ont fait leur propre correspondance de nicotine: - 100 cigarettes à 1 mg de nicotine par cigarette = 100 mg de nicotine - 10ml de liquide à 10mg/mL = 100 mg de nicotine", décryptent les vapoteurs désabusés.

A savoir que ce chiffre de 1 mg de nicotine par cigarette, obtenu avec des 'machines à fumer', est un mensonge. En réalité, une cigarette contient de 8 à 20 mg de nicotine. Le fumeur en extrait plus ou moins selon sa manière de fumer ensuite. La taxe "nicotine" suédoise ne tenant pas compte du taux de nicotine des liquides taxés, la cohérence de cette justification par une équivalence est passablement abscons. Ou un prétexte grossier pour taxer sans aucune raison de santé publique. Malgré les remarques lors de la consultation publique, les autorités suédoises n'ont rien modifié. "Nous avons supposé que le Ministère des finances allait corriger son erreur. Que s'est-il passé ? Absolument rien...", déplore le message sur facebook du magasin suédois. 

Abolir les taxes qui punissent ceux qui évitent de fumer ?

Dés le 1er juillet, les vapoteurs suédois paieront donc 1,90 € de surtaxe sur leur fiole de liquide nicotiné. Un espoir leur reste lors de la révision de la loi prévue à la fin de l'année... A moins qu'une mobilisation force une exemption de taxe pour les produits de vapotage à l'échelle européenne. La question est pressante d'autant plus, qu'après la taxe anti-vapoteurs les ligues puritaines visent à présent aussi le Snus, un produit de tabac oral traditionnel local dont la préparation par étuvage inhibe le développement des nitrosamines spécifiques au tabac. Dans le quotidien suédois GP le 29 juin, Helen Stjerna, secrétaire générale de génération non-fumeur, exige l'interdiction des arômes pour la vape et le snus et l'augmentation des taxes contre les vapoteurs et les utilisateurs de snus, amalgamant ces produits à risque réduit aux cigarettes.

En réaction, Patrick Strömer, secrétaire général de l'Association professionnelle du snus suédois, s'interroge sur le sens des responsabilités d'Helen Stjerna. "La stratégie de répandre des mythes et d'ignorer les faits avérés renforce peut-être sa propre conviction, mais cela contribue peu à un débat constructif sur les alternatives aux cigarettes pour encourager les 800.000 Suédois qui fument encore à examiner leur choix", s'agace t-il en réponse dans GP. Les suédois ont réussi à baisser massivement leur tabagisme depuis les années 1990', pour atteindre 5% de fumeurs au quotidien en 2017 selon l'Eurobaromètre. Les courbes de maladies liées au tabagisme ont suivi la chute de la consommation de cigarettes, tandis que la part d'usagers de Snus atteint environ 15% de la population adulte actuelle. Le mouvement de la population suédoise est remarquable. Après cette taxe anti-vapoteurs, le Snus paiera t-il à son tour son efficacité à réduire le tabagisme?

(merci à Jennie pour ses conseils, les éventuelles erreurs m'incombent)

dimanche 1 juillet 2018

Malgré l'été, les associations européennes sonnent la révolte contre les taxes punitives anti-vapoteurs

La Commission européenne aurait voulu éviter une participation trop importante, qu'elle aurait placé la consultation publique sur le projet de taxe tabac anti-vape en plein été. C'est ce qu'elle a fait. Les défenseurs d'approches de réduction des risques face au tabagisme se laisseront t-ils griller par l'astuce estivale ?

Ils ont jusqu'au 3 septembre pour donner leur réponse à la consultation. En français, l'association Sovape diffuse une aide en ce sens. Avec 15 autres organisations européennes*, elle lance également une pétition en ligne pour dire stop au projet de taxe anti-vape, qui pourrait en augmenter de 20%, 50% ou 100% le prix de vente. Ce même projet à l'échelle européenne avait déjà essuyé un refus clair et net de 89,9% des participants en 2017. Cette fois, les organisations se sont associées, première petite victoire, et elles ne se limitent pas à rejeter une taxe plancher minimale. Les défenseurs des droits des usagers de produits nicotinés à risque réduit suggèrent "de bannir toute accise sur le vapotage dans l’Union Européenne".

Bannir toute surtaxe de la vape en Europe

"La vape ne contient pas de tabac et surtout ne se consume pas. Le vapotage ne produit pas de fumée, pas de monoxyde de carbone, pas de goudrons ; vapoter réduit d’au moins 95 % les dommages à la santé par rapport à fumer des cigarettes. Les produits de vapotage ne sont pas des produits du tabac, ses usagers ne doivent pas subir de taxe punitive injustifiée", argumente le texte de la pétition lancée en plusieurs langues (anglais, estonien, français, italien pour le moment...). Au lieu de rester défensives et d'abandonner la population des pays hostiles au "droit à l’accès aux outils de réduction des risques, y compris pour les plus défavorisés", les groupes de défense des usagers ont choisi de contre-attaquer.

"La fiscalité anti-vape protège in fine le tabagisme, comme le montrent les effets sur la population des pays ayant déjà mis en place une telle taxe : Italie, Portugal, Grèce, Hongrie", énumèrent les associations. Pays précurseurs de fiscalité anti-vapoteurs en Europe, l'Italie a relancé son tabagisme, avec une nette baisse du vapotage à coup de 4€ de surtaxe par fiole, tandis que le Portugal conserve un taux de 26% de fumeurs depuis une décennie, avec une vape d'abord surtaxée de 6 € pour 10 mL, révisée à 3 € depuis 2017. Le constat des effets favorisant le tabagisme de ces politiques de taxation punitive contre les vapoteurs est affligeant. Ayant aussi suivi cette voie de répression taxative contre les vapoteurs, la Grèce et ses 37% de fumeurs ou la Hongrie et son explosion de vente de tabac à rouler le confirment.

Épidémie européenne de taxes contre la sortie du tabagisme

Ces exemples cancérigènes n'ont pas empêché une épidémie de taxation ces derniers mois, touchant désormais quatorze pays de l'Union Européenne. Pour la plupart, trop récents pour avoir des retours statistiques sur leurs effets. Pourtant, à l'opposé et de manière exemplaire, les britanniques et, depuis 2016, les français réussissent à faire reculer leur tabagisme sous l'impact du vapotage, bien que freiné par certaines limitations européennes. Ajouter un frein financier supplémentaire signifierait le sabotage de ce mouvement de réduction du tabagisme pour se calquer sur les fumeux modèles italiens et grecs.

Dans ces conditions, l'enjeu politique de la consultation devient clair: la Commission va t-elle niveler par le bas l'Europe vers une politique régressive, au mépris de la santé publique en privilégiant une taxation inique et favoriser le maintien du tabagisme? Ou veut-elle porter un projet progressiste tirant les pays les plus rétrogrades vers une politique de réduction des risques et de recul du tabagisme ? Taxe anti-vape ou politique de réduction des risques cohérente ?
Les citoyens vont-ils réagir aux projets de taxe de la Commission Européenne
contre ceux qui évitent de fumer avec la vape ?


Santé publique ou fric ?

Une des options à la question 29 de la consultation illustre une orientation envisagée par la Commission: "Les cigarettes électroniques sont essentiellement des produits de substitution aux cigarettes traditionnelles et devraient donc être traitées de la même manière afin de garantir une concurrence loyale". En clair, protéger le tabagisme et ses faramineux gains financiers pour les Etats, les cigarettiers et les pharmaceutiques, de la concurrence du moyen d'en sortir. Les Etats doivent-ils capitaliser sur les cadavres des 700'000 décès annuels liés au tabagisme estimés en Europe ou donner leur chance aux fumeurs avec un accès le plus libre possible à un moyen à risque réduit? Une question sur laquelle les citoyens vont devoir se mobiliser cet été s'ils ne veulent pas être condamnés à l'empire du cancer européen.

En plus de la relance du tabagisme à court terme, un autre effet, constaté dans les pays ayant adopté une taxe anti-vape, est la destruction de la filière spécialisée indépendante. Les sites et boutiques dédiées en premier lieu, les PME de vape dans la foulée. Adopter un tel régime permet non seulement de maintenir à bout de bras encore quelques années le tabagisme, mais prépare aussi le terrain à une reprise en main du marché de la vape par des multinationales. On laissera le lecteur imaginer qui sont les candidats susceptibles. Cela donne peut-être une idée pour qui roulent réellement les pro-taxes anti-vape, y compris lorsqu'ils habillent leurs discours de pseudo arguments sanitaires. 

Répression taxative, régression sociale

Les taxes sur le tabac sont connues pour être régressives. Autrement dit, elles frappent plus durement les pauvres que les classes aisées. Et ceci de manière redoublée. D'une part, la taxe perçue n'est pas proportionnelle aux revenus mais se fixe sur une consommation captive. D'autre part, le tabagisme est une pratique devenue au fil des années, un marqueur social des groupes défavorisés. Les ouvriers et employés ont des proportions de fumeurs deux fois plus importantes que les cadres supérieurs. Le taux de fumeurs chez les chômeurs est encore plus élevé, ainsi que les personnes souffrant de troubles psychiques. Les groupes stigmatisés, par exemple pour leur orientation sexuelle, ont également des parts significativement plus importantes que la moyenne.

Les effets de régulation de l'humeur de la nicotine expliquent, au moins en partie, cette tendance des groupes sociaux soumis à des stress liés à leurs condition de vie. Sans outil efficace de réduction des risques à disposition, la part de fumeurs des groupes défavorisés économiquement est aussi nombreuse à tenter d'arrêter que celle des classes favorisées, mais échouent deux fois plus souvent. Le suivi du Smoking Toolkit Survey (STS) montre que l'essor du vapotage, utilisé désormais par environ 35% des fumeurs qui tentent d'arrêter de fumer en Angleterre, a augmenté globalement les réussites de ces tentatives, passées en moyenne de 13,4% en 2010 à 19,8% en 2017. Cette augmentation concerne en priorité les personnes avec un statut socio-économique plus bas, dont le taux de succès à été multiplié par 1,66, selon le calcul des Prs Robert West et Jamie Brown.

Environ 35% des tentatives d'arrêts tabagiques anglaises se font avec la vape et 27% en France, impulsant dans les deux pays des chutes du tabagisme. La moyenne globale des tentatives à l'aide de la vape est passée de 3,7% à 9,7% dans l'Union Européenne entre 2012 et 2017. Ceci montre à la fois une marge de progression importante pour aider les fumeurs européens qui désirent arrêter, mais aussi que le mouvement prend de l'ampleur inexorablement. D'où probablement la réaction d'une série de gouvernements pour le freiner et compenser les baisses de revenu des taxes tabac. La démonstration de l'avidité des bureaucraties européennes, qui n'envisagent que de taxer sans même songer à des options de soutien, risque de nourrir la méfiance et le décrédibilisation de ses instances sur le dossier du tabagisme.

* Les seize organisations signataires de l'appel à la mobilisation contre le projet de taxe européen: Acvoda (Netherlands), Aiduce (France), Anesvape (Spain), ANPVU (Italy), Cyprus Vaping Association (Cyprus), DADAFO (Denmark), IG-ED (Germany), Initiativ Fräien Damp Lëtzebuerg (Luxembourg), La vape du Cœur (France), NNA Suitsuvaba Eesti (Estonia), NNA Sweden (Sweden), NNA UK (United Kingdom), ÖDC (Austria), Sovape (France), UBV-BDB (Belgium), Villanypára Egyesület (Hungary)


16 organisations européennes appellent à se mobiliser contre le projet de taxe anti-vapoteurs, notamment par une pétition