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mercredi 19 décembre 2018

Première en Suisse: le centre d'aide d'Olten offre des vaporettes pour arrêter de fumer

Une première en Suisse. L'organisme d'aide Sucht Hilfe Ost (SHO) d'Olten intègre une offre gratuite de vapotage, ainsi que des liquides nicotinés, à son programme d'arrêt tabagique à partir de ce mercredi 19 décembre. Tout fumeur de la région de Soleure désirant arrêter la cigarette peut participer à l'opération pilote prévue pour 18 mois. La marche à suivre est très simple, il suffit de s'inscrire et s'engager dans le programme. Une première consultation avec un professionnel du centre détermine le moyen le plus approprié pour le participant. Grande innovation: le vapotage fait désormais partie des options. "Nous facilitons la transition en conseillant et en accompagnant et nous fournissons les dispositifs de vapotage gratuitement", explique Reno Sami, co-directeur général du SHO. Aux côtés des quatre appareils possibles offerts, les liquides de vapotage sont vendus par le centre avec un choix de cinq arômes en trois taux de nicotine. 

Les professionnels formés par un expert de la vape

L'accompagnement des néophytes se veut éclairé. Helvetic Vape a formé spécifiquement les professionnels du centre à l'outil de réduction des risques sans combustion. En professeur à la pointe de la démarche, Phil Scheck, le vloggueur suisse-allemand aux 100'000 followers. Impliqué dans l'élaboration du projet, il assurera le soutien des professionnels au long cours. "Nous sommes particulièrement fiers de participer en apportant notre expertise spécifique à ce programme", précise l'association des vapoteurs dans un communiqué. Son Guide pour se convertir facilement est aussi distribué aux participants.

De son côté, le centre d'aide souligne l'importance de la démarche dans le sillage de l'appel de la Fédération des addictologues en Suisse l'an passé. "Nous voulons et nous devons protéger au mieux les habitants de nos régions contre le cancer du poumon et d’autres maladies pulmonaires évitables", explique Peter Hodel, président de SHO. L'expérience pilote sera examinée par un suivi scientifique pour mesurer le taux de succès et évaluer les points forts et faibles de la démarche novatrice. "Nous sommes dans une approche de réduction des risques. C’est l’une de nos tâches essentielles et nous la prenons très au sérieux", ajoute Peter Hodel.

La première offre d'arrêt tabagique à bas seuil

La gratuité et la facilité d'accès au programme est un élément clef du dispositif d'aide. "Les commentaires montrent qu'il y a un réel besoin. En outre, le coût du vapotage est de 4 à 8 fois inférieur à celui des cigarettes. C’est aussi un argument social fort pour notre tentative", souligne Reno Sami. Jusqu'ici dans le canton de Soleure, la seule offre d'organisme de santé pour arrêter de fumer proposée au public était des cours visant l'abstinence totale de consommation de nicotine de la Ligue Pulmonaire au prix de 190 Fs. Reprogrammation mentale et thérapie cognitivo-comportementale au menu de six séances avec une date d'arrêt fixée par avance. Seule l'appli de Stop-Tabac.ch était à disposition gratuitement des fumeurs soleurois. 

100 Fs la boite de patchs

Arrêter de fumer en Suisse, coûte très cherEn dehors de ces cours, les substituts nicotiniques, tels que patchs ou gommes, sont à prix exorbitants sans remboursement par l'assurance-maladie de base en Suisse. Le Champix est la seule aide couverte, suite à un jugement du Tribunal fédéral de 2011, avec la quote-part de 10% et la franchise à charge des assurés pour le traitement à près de 600 Fs. En bref, dans le canton de Soleure comme dans le reste de la Suisse, les autorités sanitaires bombardent les fumeurs de messages de prévention pour qu'ils arrêtent mais ne leur offrent à peu près rien pour les aider e uniquement sur la base de l'idéologie du 'Quit or die'. 

Le critère du niveau économique est pourtant déterminant dans le tabagisme helvétique. Alors que moins de 10% des membres de la classe privilégiée fument, ce sont près de 50% des chômeurs et plus de 60% des personnes subissant un état dépressif. Les défavorisés ont aussi près de trois fois moins de chance de réussir à arrêter de fumer, selon le suivi Salpadia de 2011. En 1991, cet écart n'était que de 1,3. En vingt ans, les inégalités sociales de santé liées au tabagisme ont explosé en Suisse.

La fin de l'abandon des défavorisés au tabagisme?

Pourtant 61% des fumeurs déclarent espérer arrêter, alors que leur nombre stagne à 27% de la population depuis dix ans, selon l'Enquête Suisse sur la santé. Malgré cela, ou à cause de cela, les autorités sanitaires et politiques n'ont pas esquissé le moindre geste de détente envers une approche plus efficace et souple. Au contraire, elles ont prohibé arbitrairement la vente de vapotage avec nicotine durant neuf ans. Le Tribunal administratif fédéral a mis fin à cette interdiction abusive dénuée de base légale en avril dernier.

C'est aussi une des choses qui rendent possible l'ouverture du programme intégrant le vapotage à l'aide à l'arrêt tabagique à Olten. Cette initiative du Sucht Hilfe Ost qui vient enfin briser ce macabre abandon et ouvre la voie à une sortie du tabagisme en Suisse.


lundi 17 décembre 2018

[Décrypt express] Aucune étude ne montre que la vapoteuse est plus dangereuse que le joint

Petit décryptage express après qu'un ami m'a demandé * mon avis sur un article de Destination Santé. Une étude publiée le mois dernier dans Jama Network Open a mesuré l'effet du Δ9-tetrahydrocannabinol (THC) sur 17 adultes consommateurs très occasionnels sous forme vaporisée ou fumée. Contrairement au compte-rendu du site Destination Santé, repris par le Midi Libre, il ne s'agit ni de vapotage ni de joint. Les participants ont inhalé soit l'aérosol produit par un vaporisateur d'herbe sèche, en l’occurrence le bien connu Volcano (de Storz & Bickel), soit la fumée d'une petite pipe à herbe. L'étude ne montre pas non plus une augmentation de danger puisqu'elle s'est concentrée sur le rendement mesuré dans le taux sanguin et les effets subjectifs ressentis, éventuellement adverses, par les participants. Le résultat est intéressant: la vaporisation est de 40% à 50% plus efficace que par combustion. 

La vaporisation plus efficace que de fumer

"Par conséquent, en maintenant la dose de THC constante, les vaporisateurs semblent être une méthode de libération du cannabis et du THC plus efficace, probablement parce qu'avec les préparations fumées traditionnelles, davantage de THC est perdu à cause de la pyrolyse (combustion) et /ou du sidestream", expliquent les chercheurs de la Johns Hopkins University School of Medicine de Baltimore. Le sidestream est la fumée qui se dégage dans l'environnement entre deux bouffées. Une perte de matière pour le consommateur qui ne se produit pas, ou de manière insignifiante, avec la vaporisation. D'autre part, la pyrolyse est fortement soupçonnée de détériorer les cannabinoïdes par température excessive.

Cannabis déséquilibré

Point important dans le protocole de l'étude, le cannabis utilisé pour les tests avec THC était titré à 13.4% de Δ9-THC, mais seulement 0.03% de cannabidiol (CBD) et 0.8% cannabinol. L'effet d'entourage étudié par le Dr Raphaël Mechoulam, a  montré que le CBD contrecarre certains effets du THC. Avec un ratio entre les cannabinoïdes aussi déséquilibré, l'impact du THC est excessivement fort, comme le montrent les réactions de plusieurs participants que ce soit sous forme vaporisée ou fumée.

Réduire d'un tiers la dose avec la vaporisation

Les mesures sanguines de l'étude montrent des dosages plus élevés de près de 50% avec la vaporisation qu'avec la fumée. Autrement dit, un consommateur peut réduire d'un tiers la dose d'herbe lorsqu'il la vaporise au lieu de la fumer. "Conformément aux résultats pharmacodynamiques, les concentrations quantitatives de THC dans le sang totales étaient plus élevées après l'administration de cannabis vaporisé que fumé et ont montré des différences d'ordre posologique", précise l'étude.

Evidemment, les effets ressentis ont aussi été plus forts. Le mauvais équilibre en cannabinoïdes de l'herbe choisie pour l'étude a provoqué quelques réactions adverses chez les sujets peu coutumiers de consommation forte. L'effet psychotrope du cannabis avec THC se déploie en une dizaine de minutes. En contraste de l'autotitration rapide des usagers de nicotine, les consommateurs de cannabis peuvent se retrouver à avoir pris une dose trop forte, que ce soit en fumant ou en vaporisant. L'expérience et la connaissance des ses réactions préviennent ce genre de problèmes généralement, d'autant plus lorsqu'on n'est pas astreint à consommer une dose prédéterminée pour une étude. 

Attention aux effets plus prononcés de la presse de caniveau

"Les vendeurs et les consommateurs des produits à base de cannabis doivent être conscients que l'inhalation de cannabis avec un vaporisateur pourrait produire des effets de la drogue et une altération des capacités plus prononcés que la méthode traditionnelle de le fumer", concluent les chercheurs. La recherche n'a pas mesuré les toxiques produits par les deux modes de consommation qui constituent dans le cas de la fumée le principal danger. Les risques de perte de capacité inhérente à l'état d'ivresse cannabique sont à apprécier en contexte.

Généralement, ils sont recherchés par les consommateurs mais il devrait être clair qu'ils sont à éviter dans des situations inappropriées. Pour les situations thérapeutiques, l’efficacité est aussi généralement souhaitée. L’équilibre entre les cannabinoïdes est un point clef sur ces questions d’effets.

Nous ajouterons que la lecture de la mauvaise presse, ne prenant pas la peine de lire et de comprendre une étude dont elle rend compte, peut avoir des effets débilitant très prononcés et indésirables dans quelque contexte que ce soit. Et on ne va même pas parler des charognards bénéficiant de subventions par millions € (ce n'est pas une faute de frappe) sautant sur l'article racoleur et stupide pour encourager les fumeurs à le rester.
"Comme pour le tabac, les goudrons issus de la combustion du chanvre sont riches en composés cancérogènes (...). Cependant, les cannabinoïdes eux-mêmes ne sont pas cancérogènes. Une manière évidente de protéger la santé des fumeurs est donc de réduire au minimum la teneur en substances toxiques relatives à la fumée, sans diminuer la teneur en cannabinoïdes", Dale Gieringer, coordinateur de l'association NORML California en 1996.
 *edit: correction de français, pris de doute j'ai lu : http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2017/04/22/37003-20170422ARTFIG00003-apres-que-ne-faites-plus-la-faute.php 

dimanche 16 décembre 2018

[Op] Le parachute, le pervers et le principe de précaution

Depuis quelques décennies, les parachutes sont de plus en plus couramment utilisés. "Cependant, les preuves scientifiques à l'appui de l'efficacité des parachutes sont faibles et les recommandations pour leur utilisation sont principalement basées sur la plausibilité biologique et l'opinion d'experts", avertit un nouvel article publié dans le British Medical Journal (BMJ).

Précédemment, une équipe de chercheurs s'était déjà inquiétée en 2003 de la solidité scientifique en la matière dans un article pour la même revue de référence BMJ. Malgré leur recherche approfondie dans les bases de données de science médicale reconnues, aucun essai contrôlé randomisé en double aveugle portant sur une intervention en parachute n'avait pu être identifié. Autrement dit, la croyance de l'efficacité du parachute ne repose sur aucune étude clinique sérieuse!

La nouvelle étude a tenté de pallier à cette absence de base scientifique par un essai clinique randomisé sur 23 personnes. Le résultat montre qu'il n'y a aucune différence de ratio de risque entre ceux qui ont sauté de l'avion avec un parachute et le groupe témoin placebo, qui portait un sac à dos vide. Il y a eu autant de blessé et de décès dans les deux groupes. Parmi les limites reconnues des auteurs, ils précisent que "nos conclusions pourraient ne pas être généralisées à l'utilisation de parachutes dans des aéronefs évoluant à une altitude ou une vitesse plus élevées". L'essai clinique s'est déroulé d'un avion immobilisé au sol.

Faut-il interdire le parachute?

étude randomisé saut parachute
Arrivé à ce point, le lecteur aura, je l'espère, saisi le caractère satirique, bien que rigoureux, des deux articles du BMJ. Les scientifiques s’arrêteront sur les questions de pertinence et de conditions de validité des études cliniques mises en tension par le sujet. D'autres souligneront le pied-de-nez fait aux journalistes se contentant de lire l'abrégé avant de rédiger des articles racoleurs à côté de la plaque. Mais une question plus politique se dégage en filigrane des deux pièces ironiques. Elle concerne l'à propos du principe de précaution, et en particulier des interprétations dogmatiques érigeant une sorte de culte régressif à celui-ci.

Le parachute serait-il interdit, combattu, limité réglementairement en raison du manque de recul et de preuves scientifiques s'il était découvert de nos jours? Il nous paraîtrait absurde, dans un avion en chute libre, d'en bloquer l'accès par incertitudes sur d'éventuels risques à l'atterrissage. Le bon sens nous invite à donner et utiliser illico les parachutes même si quelques chevilles risquent la foulure. Puis, comme cela s'est passé dans le fil historique, on améliore le dispositif et on informe le public à l'utiliser au mieux. 

La réduction des risques est un principe de précaution

En creux de ces deux articles, se révèle l'absurdité du biais cognitif de craindre et vouloir entraver l’accès d'un moyen de réduction des risques, en raison de sa nouveauté, face à un danger établi de longue date. Pourtant, aujourd'hui nombres d'autorités sanitaires et politiques bloquent autant se peut le parachute du vapotage face au danger du tabagisme. Des millions de personnes décèdent prématurément de maladies liées au fait de fumer chaque année dans le monde. Mais ce n'est pas contre ce danger établi que les autorités brandissent le principe de précaution, c'est contre le moyen évident d'en réduire les risques. Au nom du manque de recul du parachute-vape, elles l'entravent. 

Se faisant, les autorités privilégient la perpétuation de cette chute libre du tabagisme pesant de tout son poids morbide sur plus d'un milliard de personnes dans le monde. Une telle interprétation régressive est une perversion du principe de précaution. Celui-ci n’est pas un principe de statu-quo. Dans l’avion en flamme du tabagisme, la précaution ne peut être que de faciliter l’accès au moyen de réduction des risques sans combustion ni tabac, sans monoxyde de carbone ni goudron, qu’est le vapotage. Et ces manquements là sont beaucoup moins marrants que les satires sur l'absence d'étude clinique du parachute parues dans le BMJ.


lundi 10 décembre 2018

Mic-mac à New-Delhi entre "anti-tabac" indiens et une organisation en sous-marin de Bloomberg

Selon une information exclusive de Reuters, la Société de développement socio-économique et éducatif (SEEDS) s'est vu refuser de mener des activités de "conseils au gouvernement de la ville de Delhi sur les questions de politique anti-tabac". L'organisation SEEDS aurait dissimulé être financée par Bloomberg Philanthropies, le fonds créé par le spéculateur milliardaire Michael Bloomberg, explique Reuters qui s'est procurée une note confidentielle. L'Inde "renforce depuis 2014 la surveillance des organisations non gouvernementales (ONG) financées par des fonds étrangers, affirmant que nombre d'entre elles vont à l'encontre des intérêts nationaux", précise l'agence d'information.

SEEDS derrière l'interdiction du vapotage au Bihar

Deepak Mishra, directeur de SEEDS, affirme à Reuters que son organisation collabore déjà avec deux Etats indiens, sans préciser lesquels. Mais il refuse toute déclaration sur la provenance de ses financements. Selon Reuters, SEEDS aurait malgré tout déjà commencé son travail d'influençage à Delhi. Créée en 2013, SEEDS a un partenariat avec l'Etat indien du Bihar et l'a ouvertement poussé à interdire le vapotage en janvier 2018.

De son côté le responsable du programme de lutte anti-tabac de Delhi, SK Arora a confirmé à Reuters la décision de rejeter l'agrément de collaboration avec SEEDS, la justifiant par le refus de l'organisation de dévoiler ses sources de financement. Au nom de la lutte anti-tabac, SK Arora est connu pour mener une guerre à la fois contre le vapotage et contre les cigarettiers occidentaux. 

Lutte anti-tabac instrumentalisée à des fins de protectionnisme économique

Les cibles de SK Arora ne sont pas choisies au hasard. Le marché des cigarettes est détenu à plus de 80% par des entreprises de tabac indiennes, dont l'Indian Tobacco Company (ITC) appartenant partiellement à l'Etat indien. Près de 250 millions d'indiens consomment du tabac, dont la moitié sous forme de cigarettes. L'Inde est également une des grandes nations productrice de tabac au niveau mondial. En parallèle, le Département de la santé indien a aussi tenté en août d'imposer une prohibition nationale contre le vapotage qui a été invalidée par la Haute Cour de justice de Delhi en novembre dernier. 

Que cache la philanthropie de Bloomberg?

Pour sa part, l'oligarque Michael Bloomberg est aussi un opposant intégral à la réduction des risques et au vapotage face au tabagisme. Il a déclaré investir des centaines de millions $ pour lutter spécifiquement contre le vapotage. Du côté indien, on se méfie de ses activités, mais concernant le tabac. Daté du 3 juin 2016, un rapport classé secret du service de renseignement indien, qui a fuité en 2017, faisait craindre aux autorités locales que "la Fondation Bloomberg ne mène une campagne visant à «cibler» les entreprises de tabac indiennes et à faire pression de manière «agressive» contre le secteur"

La note des renseignements évalue que le tabac rapporte plus de 5 milliards $ de revenus annuels au Gouvernement et fait vivre près de 35 millions d'indiens. Rebecca Carriero, la chargée de comm' de Michael Bloomberg, avait refusé tout commentaire. 

Campaign for Tobacco-Free Kids, blanchisseuse de fonds?

Extrêmement influent auprès de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le milliardaire est soupçonné de défendre ses investissements financiers sous couvert d'actions "philanthropiques". Le rapport des renseignements indiens a mis à jour une partie des circuits financiers par lesquels Bloomberg finance illégalement des organisations, à travers la Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK), une organisation américaine aussi en première ligne pour attaquer et tenter de faire interdire le vapotage aux Etats-Unis.

"Dans l'affaire Bloomberg, la note du ministère de l'Intérieur incluait un graphique montrant comment les fonds transitaient de Bloomberg Philanthropies vers son partenaire, la Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK), qui finançait alors cinq ONG locales enregistrées auprès de la FCRA. Selon la note, ces ONG étaient utilisées par l'organisation caritative Bloomberg pour «des activités de lobbying anti-tabac»", relate Reuters.

Myers, Bloomberg, l'Inde et... l'OMS

Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK) est l'organisation créée et dirigée par Matt Myers, l'homme qui par deux fois a négocié secrètement avec le cigarettier Philip Morris des accords en 1998 et 2008 aux Etats-Unis. Ces arrangements ont assuré sa carrière et la richesse de son organisation. Bien que la Convention anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) interdise formellement de telles pratiques, Matt Myers était présent à sa dernière Convention en octobre dernier à Genève. 

Matt Myers s'est d'ailleurs vanté au New-York Times d'avoir influencer les décisions concernant le vapotage de l'assemblée réunie à huis-clos. Selon nos informations, il a également animé au sein même du Centre accueillant la Convention de l'OMS une after-work party sponsorisée par la firme pharmaceutique Johnson & Jonhson. Cette 8ème édition de la Convention anti-tabac de l'OMS était par ailleurs présidée par l'indienne Preeti Sudan.

Le monde des organismes politiques "anti-tabac" et leurs intérêts croisés est décidément petit. D'un côté le camp qui instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger le tabac local indien, brésilien ou thaïlandais notamment, de la concurrence des cigarettiers occidentaux. De l'autre, la coalition des Big Pharma et des Big Datas, regroupés derrière le milliardaire Bloomberg. Contre le vapotage, les deux camps s'unissent, notamment dans le cadre de la Convention anti-tabac de l'OMS. Mais comme le montre cette petite histoire de SEEDS, lorsqu'un camp tente de marcher sur le territoire de l'autre, l'union est tout de suite moins sacrée...
La brésilienne Vera da Costa, Secrétaire Générale de la FCTC de l'OMS, l'indienne Preeti Sudan, présidente de la COP8 de la FCTC, et la française Anne Bucher, au nom de la Commission Européenne, lors de la Convention anti-tabac (FCTC) de l'OMS à Genève le 1er octobre 2018.

vendredi 7 décembre 2018

[Media] Quatre ans après, l'arrivée de la Juul ultra-light est-elle un événement ringard?

Depuis plusieurs semaines, les médias mainstreams bombardent la Suisse d'articles sensationnalistes sur l'arrivée de la Juul. Une "tornade" va s'abattre sur le pays selon de la Tribune de Genève, tandis que le gratuit 20 Minuten a publié pas moins de six articles ces 3 dernières semaines sur la vaporette en forme de stick. La RTS, un autre média gratuit mais d'Etat, parle de "fureur" et "des craintes" de l'arrivée de la vaporette californienne.

 3 fois moins dosée qu'aux Etats-Unis

Aucun n'a pris la peine de se renseigner auprès de vapoteurs pour avoir une idée un peu plus éclairée que les fantasmes de politiciens en mal de buzz. Deux articles ont tout de même donné la parole à Jonathan Green, directeur Juul suisse. La NZZ commente tant et si bien que l'on ne sait pas ce qui appartient au représentant de Juul ou à la plume du journaliste.

Le 20 Minuten est plus clair précisant que la version vendue en Suisse est dosée à 17 mg/gr de nicotine*. Très loin donc de la version originale américaine concentrée à 59mg/ml (5% du poids). L'une et l'autre en sels de nicotine, c'est à dire de la nicotine extraite à laquelle est ajoutée un acide organique, comme l'explique le site de Stop-Tabac.ch.

*note : 17 mg/gr de nicotine soit 20mg/ml, édité grâce à Claude ;)

Le light reste dans l'obscurité

Y a t-il un intérêt à un produit ultra light dosé au tiers de sa version US? Celle-ci s'est montrée efficace pour tirer hors du tabagisme des fumeurs parce qu'elle est équilibrée entre un volume faible de vapeur et une concentration suffisante en nicotine. En version édulcorée, les utilisateurs de Juul ne vont-ils pas surconsommer pour compenser cette légèreté en nicotine, comme cela avait été imposé par les cigarettiers et les autorités de santé aux fumeurs avec les cigarettes lights? Sur ce point aussi, beaucoup de bruit et de fureur pour aucune information éclairante dans les médias conventionnels.

Beaucoup de bruit pour peu de vapeur

Mais, surprise positive hier avec un article de Nau, média en ligne suisse-allemand. Alexandra Aregger a fait le boulot basique de journaliste: elle a interviewé quelqu'un qui connait la question. Phil Scheck, vloggueur depuis sept ans et approchant les 100'000 abonnés, est un vapoteur expérimenté. "L'expert en vapotage trouve le battage médiatique autour de Juul injustifié", résume la journaliste.

"Phil Scheck a testé la Juul devant notre caméra: "C'est une vaporette comme il en existe des milliers d'autres." Son enthousiasme est limité. Parce que: "C'est très limité, ce n'est pas puissant, mais c'est beaucoup de marketing exploité", poursuit l'article accompagné d'une vidéo aux intonations "Schwyzerdütsch". "Il existe de bien meilleurs appareils sur le marché en Suisse", précise 'PhilGood'.

Un vieux produit plutôt dépassé

Quatre ans après sa sortie aux Etats-Unis, pays où tout développement technologique du vapotage a été gelé par la Food and Drug Adminsitration (FDA) à la date d'août 2016, la Juul apporte t-elle quelque chose dans cette version ultra-light? En appareil d'appoint discret pour des vapoteurs déjà sevrés? Peut-être... Mais comme le fait remarquer le Vaping Post dans son interview des représentants de Juul, lancée en France avec quelques jours de retard sur la Suisse, l'offre est déjà pléthorique sur ce segment. 

Avec notamment des appareils plus intéressants en étant rechargeables, ce qui laisse plus de maîtrise à l'usager pour choisir ses liquides (en goût et en dosage nicotinique). Reste le design de l'appareil. Ou pas.
Quand la page facebook pour ados du CHUV fait la promo d'un produit, ça sent le hasbeen

L'effet médiatique et de distribution

Le point positif pourrait être le réseau de distribution des kiosques Valora où va se trouver la Juul. De quoi offrir à des fumeurs rétifs ou éloignés de vapeshops l'opportunité à portée de main d'essayer un produit très simple d'usage. Peut-être ce premier test les amènera à chercher un produit plus efficace en magasin spécialisé ensuite? Le fameux effet commercial "du missionnaire" amenant les fumeurs à découvrir le nouveau mode de consommation à risque réduit de la nicotine. 

Commerce ou réelle mission anti-tabac ?

Reste la question qui dérange. Pourquoi Juul a décidé de ne pas commercialiser en Suisse la version américaine dosée correctement de son produit? Rien de formel ne l'empêche. Aucune décision administrative n'a été déposée par les autorités et contrairement à ce que prétend l'administration, le jugement du Tribunal administratif fédéral a abrogé la prohibition pour "faute grave", sans se prononcer sur la question du principe du Cassis de Dijon. Autrement dit, il n'y a aucune raison d'imposer aux Suisses la directive TPD dictée par les lobbys à l'Union Européenne. 

En suivant les préférences europhiles de l'administration, en dépit de l'absence de décision administrative qui serait contestable en justice le cas échéant, la marque américaine a clairement choisi de ne pas entrer en conflit avec celle-ci. Conflit qu'elle a probablement estimé peu profitable pour son image de marque. Mais qui laisse les fumeurs suisses avec un ersatz de Juul. 

Un choix politico-commercial peu raccord avec la mission prétendue et répétée à chaque interview des représentants de Juul d'aider un maximum de fumeurs à sortir du tabagisme. "Pour conduire les fumeurs vers des alternatives, la solution paraît évidente: élaborer une vaporette générant autant de satisfaction qu’une cigarette", expliquait James Monsees, cofondateur de Juul, lors d'une conférence TedX à Bruxelles en 2013. Difficile de croire que cette Juul allégée puisse le faire.

lundi 3 décembre 2018

Italie, Carmine Canino: « Avec l’ANPVU, nous avons lutté jusqu’au bout pour au moins obtenir une forte réduction des taxes »

Carmine Canino, Président de l'Association Nationale Pour les Vapoteurs Unis (ANPVU), fait le point dans le bref entretien qu'il nous a accordé sur le rôle de son organisation dans les récentes modifications de loi sur le vapotage, et les perspectives qu'elles ouvrent en Italie. Après des années très difficiles, le vapotage va y bénéficier d'un énorme bol d'air frais: la baisse des surtaxes sur les liquides et l'autorisation de la vente par internet ont été entérinées par la majorité de coalition de la Lega et du Mouvement 5 étoiles (M5S) au Sénat la semaine dernière

Taxe divisée par 5 pour les liquides avec nicotine et par 10 sans nicotine

Dans les premiers jours de 2019, les surtaxes sur les liquides avec nicotine passeront de 4€ (+ TVA) à 80 cts (+ TVA) par fiole de 10 ml. Les liquides sans nicotine restent taxés, mais de 4 cts prélevés par ml, soit dix fois moins qu'actuellement. Interdite par le Gouvernement précédent depuis le 1er janvier, la vente à distance sera de nouveau autorisée, mais seulement à l'intérieur des frontières italiennes pour les magasins disposant d'un dépôt fiscal.

"L’Italie était un des pionniers dans la diffusion du vapotage en Europe grâce à la recherche, à la production et à la commercialisation de liquides de première qualité fabriqués en Italie", nous rappelle Carmine Canino, Président de l'Association Nationale Pour les Vapoteurs Unis (ANPVU). Née au début d'année, son organisation a comblé une lacune certaine de représentation des usagers en Italie. Ils en avaient bien besoin devant les mauvais traitements infligés ces dernières années par les Gouvernements.

"L’Italie, avec la Grèce, représentait la fleur de l'artisanat européen en matière de vapotage. Tout cela jusqu’à ce que les différents gouvernements successifs ont décidé qu’il était nécessaire de s’opposer à ce monde, qui devait probablement en déranger beaucoup. Et voici alors que les premières taxes absurdes, injustes et absolument injustifiables, ont accompagné les campagnes d’informations négatives trompeuses et tendancieuses", poursuit le défenseur des utilisateurs du moyen de réduction des risques.

La vape italienne était au bord du précipice

A la demande sonnante et trébuchante des buralistes, une motion de méga taxe anti-vape est votée au Sénat fin 2013. La suite enchaîne des démêlés de pire en pire, avec notamment la mise sous tutelle de l'Administration des Monopoles (AAMS) et l'interdiction de vente online décrétées fin 2017. Entre temps, Matteo Renzi, Premier Ministre d'alors, avait joyeusement inauguré des usines de Philip Morris alors que sa fondation a reçu des fonds du cigarettier durant sa campagne électorale, comme l'a rappelé le site SigMagazine. Ces derniers mois, la bataille a été rude pour remettre en cause les différentes mesures anti-vape.

En définitive, les surtaxes ne sont pas abolies mais très fortement abaissées, la tutelle de l'Administration des Monopoles (AAMS) n'est pas levée mais la vente par internet à l'intérieur des frontières est rétablie. Sans être parfaits, les progrès sont forts et permettent de retrouver de l'optimisme pour une vape italienne qui était au bord de l'asphyxie. "Aujourd'hui, nous espérons écrire un nouveau chapitre de la vape italienne", se réjouit Carmine Canino. Entretien mené en italien, traduit par nos soins.

  •  Le Sénat a approuvé les modifications de loi sur le vapotage la semaine dernière. Qu'est-ce que cela va changer pour les vapoteurs en Italie? 
Carmine Canino: En tant qu’ANPVU, avec le soutien fort d'INNCO, le réseau international des associations d'usagers, et d'autres associations italiennes indépendantes de producteurs, de distributeurs et des magasins d'Ecigs, nous avons lutté jusqu’au bout pour au moins obtenir une forte réduction de la taxe sur les e-liquides contenant de la nicotine, la détaxation et la sortie du régime des Monopoles (AAMS) des e-liquides sans nicotine et la reprise des ventes en ligne. Nous sommes à moitié satisfaits du résultat que nous avons obtenu. Selon moi, il va générer une reprise du secteur. Mais nous n'abandonnerons pas et nous nous battrons pour obtenir d'autres résultats importants, qui tiennent à cœur aux vapoteurs italiens.

  • Cette réduction massive de la surtaxe du vapotage constitue-t-elle une reconnaissance des effets néfastes de la politique anti-vapotage précédente?
Carmine Canino: Comme je l'ai dit, nous sommes contents de l'indéniable forte réduction de la taxe sur les liquides avec nicotine. Cela constitue sans aucun doute un bon résultat et c'est aussi la reconnaissance naturelle par le Gouvernement et les Institutions de la réduction établie des risques du vapotage par rapport au tabac brûlé. Mais notre bataille va continuer pour obtenir une détaxation complète et une sortie du régime des monopoles d’État des e-liquides sans nicotine. 

En tant que chimiste pharmaceutique, notre directeur scientifique, le Dr Fortunato Francia, a déjà structuré des projets scientifiques qu'il réalisera avec la collaboration du nouveau Centre de recherche sur la réduction des risques (CoEHAR) dirigé par le Pr Riccardo Polosa de l'Université de Catania. L'enjeu est d'étudier le rôle des liquides de vapotage, notamment ceux sans nicotine, dans une perspective de santé publique. Parallèlement, un projet impliquant le corps médical italien, en particulier les médecins généralistes, est à l’étude, à travers la mise en place d’un programme d’information médicale scientifique sur les vaporisateurs personnels, toujours organisé par la direction scientifique de l’ANPVU et le Pr Riccardo Polosa.

  • L'ANPVU a été créée relativement récemment. L'existence d'une association représentative des vapoteurs a-t-elle joué un rôle dans le changement de politique?
Carmine Canino: Je pense vraiment que oui: l'association ANPVU est aujourd'hui la seule voix libre des consommateurs italiens et donc sans conflit d'intérêts. Notre objectif principal est de protéger et de promouvoir la qualité et la sécurité des produits de vapotage vendus en Italie et de contrôler le bien-fondé des politiques gouvernementales en matière de vapotage. Il est clair que notre association, précisément pour ces raisons, a eu une influence positive sur les nouveaux choix du gouvernement en matière de taxation des e-liquides. 

  • Après cette longue bataille, l’association a t-elle déjà fixé de nouveaux objectifs?
Carmine Canino: Le défi de l'ANPVU, qui entretient une étroite collaboration fructueuse avec les associations les plus représentatives du secteur, telles que la COIV, l'ANAFE et UNIECIG, ainsi que la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF), consistera certainement à promouvoir l'utilisation du vapotage comme instrument alternatif et moins nocif que le tabagisme. Et viser également à une classification correcte des instruments de réduction des risques en Italie. 

Nous continuerons à nous battre pour l'élimination de la mini-taxe sur les bases neutres, la sortie de l'AAMS et l'accès libre à la vente en ligne (et pas seulement pour ceux qui disposent d'un dépôt fiscal). Ainsi que de solliciter une coopération avec les institutions de santé, qui jusqu'à ce jour malheureusement manque beaucoup.

L'ANPVU, la COIV, UNIEcig et la LIAF ont défendu ensemble le vapotage avec une pleine page achetée dans les principaux quotidiens du pays le mois dernier

dimanche 2 décembre 2018

[Rumeur] Malaise chez Juul après les rumeurs de négociations avec Altria (Philip Morris USA) ?

Le Wall Street Journal (WSJ) a lancé le pavé dans la mare ce mercredi. Altria (Philip Morris USA) négocierait une entrée dans le capital de Juul Labs. Officiellement, les deux entreprises ont refusé tout commentaire aux médias. Cependant Kevin Burns, le Directeur de Juul Labs, a jugé opportun d'envoyer un mail à ses employés confirmant "l'intérêt important" de possibles d'investisseurs tout en qualifiant l'information du WSJ de "spéculation médiatique". Au sein des employés de la start-up de vapotage, les réactions oscillent entre incrédulité et colère, selon les informations exclusives du média Axios qui s'est procuré des échanges de mails internes. 

Un "pacte avec le diable" ?

"Parmi les employés qui ont cru à l'information [du WSJ], l'inquiétude porte principalement sur la manière dont Juul ferait un "marché avec le diable". Ce serait contraire à sa mission d'aider les fumeurs à quitter les cigarettes combustibles, explique l'un d'eux, rendant ainsi difficile de continuer pour les employés actuels et le recrutement de nouveaux", révèle Dan Primack pour Axios. D'autres employés de Juul pensent que la rumeur lancée par le Wall Street Journal est une opération de comm' d'Altria pour faire remonter ses cours boursiers

Altria insisterait depuis le début de l'année

Du côté du cabinet de conseils financiers Wells Fargo, la spécialiste du domaine Bonnie Herzog estime la rumeur de l'intérêt d'Altria fondée. Avec précaution, elle suppose que le cigarettier pourrait investir de 4 à 7 milliards $ pour acquérir de 30 à 40% du capital de Juul Labs. Un bon choix stratégique pour Altria estime l'analyste, au vue de l'écroulement des ventes de cigarettes.

Pour Axios, qui évoque aussi une offre de l'ordre de 5 milliards $, les propositions d'Altria auraient commencé au début de l'année. "Juul a rejeté la proposition initiale, mais Altria a persisté, revenant régulièrement à la charge avec des offres plus élevées", précise le média qui se veut pointu. 

Campagnes fédérales anti-Juul

Entre temps, l'administration Trump a déclenché des campagnes très agressives contre la Juul, accusée de provoquer rien de moins qu'une "épidémie" et une "tragédie". Scott Gottlieb, le Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA), a parachevé cette campagne en annonçant début novembre un plan de mesures contre la vente des arômes de vapotage autres que tabac et menthol dans les kiosques. 

Altria puis Juul avaient anticipé de quelques jours cette annonce en arrêtant d'eux-mêmes de fournir les commerces physiques en recharges de liquides autres que tabac et menthol. Ainsi qu'un système de contrôle serré de l'âge pour interdire les ventes en ligne de pods de Juul aux moins de 21 ans.

Arrivée de la Juul en Suisse

Ces événements influencent évidemment l'estimation de la valorisation de Juul Labs dans d'éventuelles négociations. Tout cela reste très opaque et sensible. D'autant plus que l'entreprise de vape californienne cherche à se développer en Europe. Après un lancement en Angleterre, la Juul va se trouver très prochainement dans les rayons de la chaîne de kiosques Valora, qui compte plus d'un millier de points de vente en Suisse. 

Dans la NZZ de dimanche dernier, Jonathan Green, directeur de Juul Suisse, précise avoir signé le 14 novembre le codex de la Swiss Vape Trade Association (SVTA), l'association des professionnels de vape. Il s'engage à ne pas vendre de Juul, y compris par internet, aux mineurs.

Bien qu'il ne soit pas très clair ce qui relève des commentaires du journaliste de la NZZ, dont on connait l'orientation, il semble confirmer que la Juul commercialisée en Suisse sera la version ultra-light européenne. Un produit qui dans cette configuration se distingue peu de ce qui existe déjà sur le marché. Où des produits similaires mais non propriétaires, pouvant être rechargés en liquide, évitent au consommateur d'être captif du système de capsules "à la Nespresso".

samedi 1 décembre 2018

Projet de Loi tabac 2 : Berset refait la même merde


L'avant-projet n'était pas brillant, le projet de loi signé Alain Berset est pire. Le journal télévisé de la RTS n'en a retenu que l'interdiction de vente des cigarettes aux moins de 18 ans, un point acquis de longue date. Dans le Courrier, le Pr Jean-François Etter, de l'Institut de Santé Globale, qualifie de "caricatural" à quel point le projet de loi sert les intérêts cigarettiers.

En fait, la nouvelle version du projet de loi tabac (LPTab 2) d'Alain Berset ressemble au premier projet, rejeté par le parlement en 2016, mais avec des restrictions super lights de publicité pour le tabac. Seule autre différence notable, positive celle-ci, la légalisation du Snus qui serait effective à son entrée en vigueur au mieux en 2022, alors que le parlement a voté une motion en ce sens en 2012.

L'absence de nouveauté, c'est surtout la reconduction de l'amalgame du vapotage au tabagisme sur à peu près tous les aspects, avec quelques fumisteries rhétoriques pour la forme. Autrement dit, son refus d'intégrer la réduction des risques pour protéger efficacement la santé publique face au tabagisme. En catégorisant le vapotage comme "produit nocif", le Conseiller fédéral ouvre grande la porte au n'importe quoi en matière de qualité et de sécurité des produits de vape, actuellement régis et protégés par la Loi sur les denrées alimentaires (LDAi).

Le projet de loi veut transformer la vape en "produit nocif"

L'article 7 du projet de loi prévoit d'autoriser d'ajouter n'importe quel additif au produits du tabac et du vapotage, hors d'une petite liste de 25 substances interdites. Ceci sans le signaler sur les paquets de cigarettes, ce qui a de faux-air de tromperie du consommateur avec la complicité des autorités. Les vapoteurs devraient être un peu mieux informés avec une notice obligatoire.

Autant dire que voir les produits de vape être mis sous la coupe d'une telle réglementation est extrêmement inquiétant. D'autant plus avec le label imposé de "produit nocif" qui laisse les producteurs libres d'à peu près n'importe quoi et les consommateurs sans ressource pour se défendre... Maigre progrès, les bouchons de sécurité seraient imposés aux fioles de liquides, ce qui est déjà le cas en pratique.

Cette destruction du niveau de protection des consommateurs s'accompagne d'une détérioration de leur liberté de choix: les fioles de liquides seraient limitées à 10 ml, et le taux maximum de nicotine à 20 mg/ml.

La limitation à de mini fioles augmente plutôt le risque d'accident avec les enfants en bas-âge, dont les mains menues prennent plus facilement de petits objets. Même Mickael Anderegg, le préposé de l'Office fédérale de la santé publique (OFSP) à la rédaction de l'avant-projet, avait exclu cette limite "absurde".

Berset nous refait le coup du light

La limite à 20 mg/ml de nicotine exclut pour sa part près de 30% des fumeurs de pouvoir sortir du tabagisme avec ce vapotage light. Elle tend à pousser les usagers à la surconsommation et ne repose sur aucune étude scientifique. Le Royaume-Uni, un des rares pays a avoir une véritable politique efficace de santé publique face au tabagisme, réfléchit à réviser et se libérer de cette limite à l'occasion du Brexit.

Bien que sans tabac, sans combustion, sans monoxyde de carbone ni goudrons, et même lorsqu'il est sans nicotine, le vapotage est inlassablement amalgamé au tabagisme dans le projet de loi, au point d'assimiler les vapoteurs aux fumeurs.

La réduction des risques sacrifiée par Berset

La liberté des tenanciers d'établissements publics d'interdire ou tolérer le vapotage serait aussi abrogée. L'interdiction de vapotage dans les lieux publics serait obligatoire, y compris pour les magasins de vape, les espaces d'aide ou d'entraide à l'arrêt tabagique. Aucun aménagement n'est prévu. Ce qui condamnerait les possibilités de son utilisation comme outil de réduction des risques. Les néophytes ne pourraient plus recevoir d'instructions pratiques, ni essayer matériel ou liquide.

Dans ces conditions, que ce soit en magasin ou dans des espaces d'aide à l'arrêt tabagique, aider des fumeurs à arrêter avec le vapotage relèverait de la mission impossible. Les accidents par mésusages liés à l'absence d'instruction pratique seraient une conséquence plus que prévisible de ce projet de loi.
 


Aux Etats-Unis, la génération des 18 à 24 ans qui a connu le vapotage adolescent compte 13% de jeunes ayant évité le tabagisme grâce au vapotage occasionnel et environ 3% ayant arrêté de fumer à son aide et 2,7% de vapoteurs exclusifs. Il reste 10,4 % de fumeurs, contre près de 38% en Suisse au même âge
Les mineurs seraient privés d'alternative à risque réduit y compris sans nicotine. Cependant, les cigarettes seraient (enfin) interdites de vente aux mineurs, avec les lacunes que l'on connait à cette mesure. Depuis sept ans qu'il est en poste, le bilan de la politique du Conseiller fédéral en matière de tabagisme est son maintien à plus de 25% des 15 à 18 ans et près de 40% des jeunes adultes en Suisse.

Un bilan probablement négatif en terme de santé publique

Le rapport d'évaluation du cabinet BASS analysait que l'un des rares effet concret pour faire baisser le tabagisme du projet de loi aurait été la légalisation du vapotage nicotiné. Depuis, le Tribunal administratif fédéral a abrogé la prohibition illégale qu'avaient institué abusivement les services d'Alain Berset.

Le principal moteur de la réduction du tabagisme que prévoyait le BASS est effectif désormais sans la loi Tabac Berset. De manière étrange, la mise à jour du rapport du BASS déclare ne pas tenir compte de l'abrogation de la prohibition, laissant ainsi au bénéfice du projet de loi les effets positifs de la légalisation du vapotage nicotiné.

En l'état, contrairement à ce que prétend le message du Conseiller fédéral, il est probable que ce projet de loi ait plutôt un impact négatif en entravant l'accès au vapotage, en réduisant la protection de ses consommateurs et surtout en assassinant la possibilité de politiques de réduction des risques. La légalisation du snus et l'interdiction de vente du tabac aux mineurs restent des points positifs.

Berset confirme être égal à lui-même

En résumé, le projet de loi du Conseiller fédéral se moque de la demande du parlement de différencier les produits du vapotage des produits du tabac, ignore le principe de réduction des risques - un des piliers de la stratégie nationale addictions (2017-2023) - et méprise sans vergogne les avis exprimés par le public concerné lors de la consultation publique.

On ne peut pas être vraiment surpris du Conseiller fédéral, de la défense du tabagisme en Suisse contre le vapotage ces dernières années, de profiter de ce projet de loi pour en détériorer les conditions et la qualité et repousser les vapoteurs dans le monde du tabac.

Fidèle à lui-même, le politicien entend sacrifier une vision d'avenir avec la réduction des risques pour concilier les intérêts malsains des cigarettiers et des pharmaceutiques et calmer les puritains en leur offrant le scalp facile des vapoteurs, victimes expiatoires de substitut pour la haine anti-fumeurs des principaux lobbyistes de ce clan.

Aux vapoteurs de se faire entendre

En 2016, les auditions en Commission santé du Conseil des États de l'association des vapoteurs Helvetic Vape et des professionnels SVTA avaient permis d'attirer l'attention des élus sur la nécessité de différencier les produits de vapotage et les produits du tabac. Alain Berset n'a pas réellement respecté cette demande du parlement, en jouant sur les mots dans son nouveau projet de loi.

Mais le projet a encore tout un chemin parlementaire a effectué, en commission et en chambres, avant d'être loi. De quoi laisser l'espoir soit d'un nouveau rejet, soit de modifications substantielles. De toute évidence, sous l'influence de lobbyistes d'ultra-droite puritaine, le camp "anti-tabac" préfère trucider facilement le vapotage plutôt qu'une difficile lutte sur la question du tabac. Dans ce contexte, les vapoteurs sont-ils prêts à se mobiliser pour être entendus ?

Le vapotage invente l'arrêt bienveillant pour prévenir la rechute tabagique

avant la rechute, ça faisait mal...
"Avant, un petit écart entraînait presque toujours une rechute totale dans le tabagisme, et les gens se sentaient en échec d'avoir trébuché. Mais ça, c'était avant que les gens ne commencent à passer au vapotage", explique la Dr Caitlin Notley, de l'Université d'East Anglia, au site Eurekalert. Son enquête, menée avec Emma Ward, la Pr Lynne Dawkins, le Pr Richard Holland et Sarah Jakes, Présidente de la New Nicotine Alliance (NNA), ouvre le champ d'une approche compréhensive de l'arrêt tabagique.

Nourrie d'entretiens auprès de 40 vapoteurs, l'étude publiée dans la Drug and Alcohol Review en accès libre explore comment les vapoteurs vivent les moments de rechute après avoir arrêté de fumer. "L'analyse révèle que fumer est perçu de manière différente lors d'arrêt avec le vapotage que lors d'autres tentatives précédentes. Avoir l'option agréable de vapoter signifie qu'un retour complet au tabac n'est pas inévitable", soulignent les auteurs.

Quitter le carcan du dogme de l'aliénation

Pour approcher le thème, les chercheurs se sont penchés sur les significations de ce qu'est une rechute, selon l'approche orthodoxe et en contraste celle des protagonistes vapoteurs. Du côté des traités théoriques, "la rechute peut être définie comme un incident ponctuel (une seule «bouffée») ou un certain nombre de cigarettes fumées". Ces approches quantifient le tabagisme et énoncent un ensemble de facteurs de risques pour créer une armature médicale.

rechute tabagique médicalisée"Cette approche médicalisée suppose l'usage du tabac comme une déficience, positionnant l'individu comme être potentiellement vulnérable à la dépendance". En réponse à un échec ou une rechute, le patient se voit proposer "un «traitement» pour sa dépendance".

Ce paradigme conçoit le fumeur ou la personne en rechute comme un être perverti, possédé, rendu étranger à lui-même en proie à la compulsion. "La compréhension théorique de la rechute du tabagisme est sous-développée et bénéficierait d'une mise à jour", estime l'équipe britannique.

Ouvrir le champ des possibles

En contraste de l'orthodoxie médicalisée, l'étude menée à travers des entretiens ambitionne de renouveler la compréhension du phénomène en partant du vécu des personnes. "Une approche qualitative était particulièrement appropriée dans ce contexte, où la théorie existante est dépassée" devant l'essor du vapotage, précisent les chercheurs. Une bonne partie des vapoteurs déclarent ne pas se permettre de fumer la moindre cigarette.

Mais près de la moitié des personnes interrogées ont expliqué avoir eu au moins un épisode de rechute tabagique. Souvent en contexte de sociabilité. "Même maintenant, je sors encore et je fume au pub", témoigne un des participants. Les défaillances du matériel est une autre situation piégeuse. Justifiables par les circonstances, ces écarts peuvent être circonscrits à de simples erreurs ponctuelles par la personne afin de préserver l'estime de soi.

Les cas de défis d'ex-fumeurs

Une série de cas paraissent nouveaux aux chercheurs: ceux où les protagonistes ont volontairement fumer "pour voir ce qu'il en est". "J'étais très confiant, alors je ne me sentais pas du tout en danger de rechuter. Je pense que cela fait partie de ce qu’il en est vraiment, c’était une sorte de case à cocher pour dire 'oui, ce n’est pas un problème' ", explique un participant.

Malgré cette défiance à l'ancien tabagisme, plusieurs témoignages rapportent avoir senti un malaise moral, mais aussi un dégoût physique après avoir fumé. "J'ai parfois pris des cigarettes durant ces trois dernières années et ce sont les choses les plus dégoûtantes, absolument horribles. Tu sais, j'ai fumé parfois une cigarette juste par curiosité"

L'éclosion du plaisir

Ces sortes de tests de résolution s'appuient sur une balance des plaisirs épanouis au fil du temps. "Je fumais une cigarette avec un verre, la vape ne semblait pas suffire. Mais cela a changé progressivement. Maintenant je peux sortir et vapoter toute la nuit", rapporte un protagoniste. Tandis qu'un autre explique avoir compris toute la richesse de la palette des arômes après avoir été obsédé par la recherche du goût tabac à ses débuts.

L'arrêt par inadvertance

Cette conversion de mode de consommation se déroule, au moins parfois, en l'absence de pression disciplinaire. "C’est arrivé peu à peu, ce n’était pas un effort conscient, c’était par effet secondaire du vapotage que j'ai arrêté de fumer, car je n'avais pas prévu d'arrêter, c'est juste arrivé", déclare un vapoteur.

Dans ce contexte, les chercheurs suggèrent que l'utilisation conjointe de cigarette et de vapotage "peut être comprise moins comme un phénomène de dépendance physique que comme un changement d’identité sociale". Des situations de transition, estiment les chercheurs. "Nous avons définies ces personnes comme des 'sliders' vers l'abstinence du tabagisme plutôt que des 'switchers'. Cependant, d'autres membres de notre échantillon se sont considérés très fermement comme des 'vapoteurs' ".

Sortir de l'échec programmé: le droit de trébucher

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Au-delà des différents types, les chercheurs soulignent "les aspects spécifiques au vapotage, tels que l’odeur, le plaisir sensoriel d’inhaler des vapeurs et l’action du vapotage", agissant en protection contre les rechutes. "Dans les pays où les politiques l'autorisent, le vapotage est une alternative au tabagisme viable et même préférable pour beaucoup, ce qui permet de minimiser le sentiment d'échec lors de rechutes ponctuelles", appuient-ils pour inviter à sortir du cercle vicieux de l'échec induit.


"Le concept "d'erreur permise" [lapse permissive] implique une démarche "hors pression" pour pardonner "l'écart" occasionnel. Cela peut réduire la pression qui contraint progressivement les personnes à maintenir l’abstinence de fumer", oppose l'équipe de recherche à la classique rechute complète aspirée par le sentiment d'échec et la déchéance de l'estime de soi. "Une erreur permise permet de petits écarts, ce qui crée probablement moins de dissonance cognitive et signifie qu'une rechute totale n'est pas inévitable".

jeudi 29 novembre 2018

[Bref] Après Bâle, les évangélistes anti-vapes s'attaquent au canton de Berne





La coalition des baptistes et des dealers contre la réduction des risques

Après Bâle la semaine dernière, ce sont les parlementaires du Grand Conseil du canton de Berne qui viennent de voter une motion des évangélistes pour demander à leur Conseil d'Etat "d'assimiler le vapotage au tabagisme" et prendre des mesures de restrictions et d'interdictions, selon le journal Bund. Comme pour d'autres cantons, les médias présentent le prétexte de la protection des jeunes pour justifier le vote. En réalité, l'objectif du lobby puritain est de rendre impossible aux médecins, tabacologues, addictologues et aux groupes d'entraide autogérés de pouvoir utiliser le vapotage comme outil de réduction des risques pour l'arrêt tabagique.

La reconquista puritaine

Le motionnaire Ruedi Löffel, du Parti Évangélique Populaire, pense que ses exigences peuvent être très rapidement mises en oeuvre par ordonnance, explique t-il à la radio SRF-1. Les détails de la motion ne sont pas accessibles actuellement. Des motions anti-vape ont aussi été déposées dans les deux cantons de Bâle et à Zurich, où le Conseil d'Etat s'est cependant prononcé la semaine dernière contre la mise en place d'une législation prématurée pour assimiler l'outil de réduction des risques au tabagisme.

Côté romand, un projet de loi du Conseil d'Etat genevois vise à assimiler le vapotage au tabagisme, et ainsi éliminer à la fois la scène de la vape indépendante et son usage dans l'aide à l'arrêt tabagique. Dans le canton de Vaud, une motion similaire a été transformé en postulat, laissant au Conseil d'Etat plus de latitude pour apprécier la situation. Au Valais, une modification de loi a interdit la vente de "cigarette-électronique" aux mineurs, sans assimiler le vapotage au tabagisme.

L'objectif est de rendre impossible l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage

L'assimilation du vapotage au tabagisme interdirait de manière pratique, et très probablement au niveau juridique, la possibilité pour les organismes d'aide au sevrage tabagique, qu'ils soient officiels ou autogérés, de pouvoir utiliser le vapotage comme outil. Le positionnement de Ruedi Löffel dans le paysage du domaine, membre de la Croix-Bleue bernoise, éclaire le véritable objectif masqué du camp puritain contre les approches de réduction des risques dans le champ.

Alors qu'une très large majorité des responsables de santé de cantons et des villes sont en faveur d'intégrer la réduction des risques face au tabagisme, le coup de force concerté dans différents cantons du lobby puritain tente de prendre de vitesse et tuer dans l’œuf le développement d'aides à l'arrêt tabagique.

La coalition pour maintenir de force le tabagisme

En Suisse, 61% des deux millions de fumeurs déclarent espérer arrêter de fumer. Aucune aide sérieuse ne leur est proposée hors abstinence et Champix. Les liquides nicotinés étaient interdits de vente par l'administration fédérale durant neuf ans. Le Tribunal administratif fédéral a abrogé cette prohibition illégale en avril dernier.  Cette politique a permis de maintenir le tabagisme depuis dix ans à plus de 27%, générant des milliards de coûts pour la population, empochés par les industries de la pharmaceutique, du tabac et le Département de l'intérieur.

Pour sa part, le Fonds national de prévention du tabagisme gagne environ 14 millions Fs par an au prorata des ventes de cigarettes. Il avait tenté d'empêcher une étude sur un produit de Philip Morris en bloquant son financement. Etude qui a finalement été publiée au grand dam du cigarettier vaudois.

Le droit d'éviter de fumer attaqué de nouveau

La coalition des cigarettiers et de certains soi-disant "anti-tabac" en Suisse n'est pas chose nouvelle. En 1991, Peter Hess, du parti Démocrate-Chrétien, a fait interdire le snus, produit à risque réduit, avec le soutien des organisations anti-tabac. Il s'est révélé par la suite que le parlementaire siégeait en secret à l'administration d'une filiale de British American Tobacco (BAT).

A l'opposé de l'approche conservatrice protégeant de fait la vente unique de cigarettes, des voix s'élèvent pour soutenir le droit de choisir des produits à risque réduit en Suisse. La Fédération des professionnels socio-sanitaires du domaine des addictions a crevé le mur de silence l'an passé en prenant position pour "changer la politique tabac". Nul besoin de grande connaissance politique pour comprendre que l'offensive actuelle des conservateurs visent à saboter ce mouvement d'aide aux fumeurs à se sortir du tabagisme.

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