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samedi 20 janvier 2018

[Express] Tunisie: le monopole du tabac (RNTA) reçoit l'association des vapoteurs (ACEAF)

Le dialogue est enfin noué. Ce mardi 16 janvier au matin, Khaled Haddad, président de l'Association de la Cigarette Electronique pour Arrêter de Fumer (ACEAF), a été auditionné deux heures par Sami Ben Jannet, directeur général de la Régie Nationale du Tabac et des Allumettes (RNTA). Celle-ci détient le monopole de la distribution des produits de vapotage en Tunisie depuis un arrêté ministériel de 2014. Mais dans les faits, la RNTA ne distribue pas de produits, laissant les vapoteurs devoir passer par des filières hors légalité.

Propositions et état des lieux

L'ACEAF a présenté plusieurs propositions au directeur de la RNTA pour sortir de l'impasse actuelle. "Le directeur de la RNTA a exprimé sa volonté de résoudre la crise dans les plus brefs délais. Par ailleurs, Sami Ben Jannet a demandé à l'ACEAF de lui remettre un rapport détaillant la situation actuelle du marché du vapotage", rapporte Jawhara FM. L'ACEAF regroupe à présent les données pour préparer ce rapport rapidement.

Une situation urgente

En effet, les choses pressent. Fin novembre, les douanes avaient saisi et intimé l'ordre de fermer à plusieurs boutiques de vape à Tunis. Rendant la situation intenable, comme nous en a témoigné un vapoteur tunisien il y a quelques jours. Le site tunisien d'information Webdo est explicite: "Depuis [ces fermetures], beaucoup d’adeptes de la cigarette électronique, dans l’impossibilité de s’approvisionner, se sont remis à la cigarette classique". L'ACEAF a lancé récemment une pétition pour attirer l'attention des autorités sur la situation.

Dans un reportage de Hannibal TV diffusé la semaine passée, des vapoteurs témoignent de leur arrêt des cigarettes à l'aide du vapotage et de la situation ubuesque actuellement en Tunisie. Le dialogue initié entre l'ACEAF et les autorités donne l'espoir d'une amélioration de son traitement pour offrir une opportunité de sortir du tabagisme aux nombreux fumeurs tunisiens.





mercredi 17 janvier 2018

La RTS communique l'unique véritable Vérité sur la vape et les enfants à Fribourg

Ne vous laissez pas abuser, toute ironie dans les propos suivants serait purement fortuite. Après son illuminant reportage sur le vapotage et les enfants à Fribourg, la Radio Télévision Suisse (RTS) communique l'officielle, unique et éternelle véritable vérité sur le vapotage. "Le grand problème c’est que pour l’heure les liquides tombent sous le coup de la loi sur les produits usuels et non pas sous le coup de la loi des produits pharmaceutiques", explique avec une précision chirurgicale Alain Hertig. L'éclairé Rédacteur-en-chef adjoint de la section Actualité de la RTS répond ainsi par mail à quelques brebis égarées du public romand prises de doutes devant le sujet de la RTS. 

Mais point de doute à avoir. L'absence de fait d'actualité ne peut faire vaciller la flamme du téléjournal pour offrir dans sa bienveillance la pure objectivité transcendante. "Dans le 19.30, nous avons diffusé un reportage sur le vapotage, précisant que pour l’instant l’e-cigarette sans nicotine pouvait être vendue à des mineurs", assure courageusement le Rédacteur-en-chef Alain Hertig à ses auditeurs ébaudis de tant de justesse et de précision dans la révélation de la pure vérité.

A raison nos vaillants soldats de la liberté d'expression fédérale ont bravé les frimas de l'époque pour interroger le vénérable Dr Chung-Yol Lee, détenteur des éclairs de la pensée de la doctrine de Stanton Glantz. Alain Hertig, soucieux de faire saisir la didactique profonde du médecin cantonal fribourgeois à sa population, reprend le propos dialectique. "Il y a aussi la «renormalisation» de la fumée car éventuellement des jeunes qui n’auraient jamais fumé en commençant par les cigarettes électroniques reprennent les cigarettes traditionnelles", révèle le Rédacteur-en-chef adjoint. Des enfant qui n'ont jamais fumé pourraient reprendre la cigarette. Et des vapopervers ne voudraient rien faire face à cette diablerie ! Heureusement, la RTS veille à la pluralité intégrale de l'information unique et lumineuse.

Fausse nouvelle même pas vraie

Et cette oeuvre éclairante s'exerce malgré des tentatives malveillantes et retorses de déstabilisation de la Radio Télévision Suisse. En effet, selon une autre source, une fakenews circulerait sur les réseaux sociaux. Là aussi, Fribourg, enfants et vapotage sont au cœur du sujet. "Une horde de vapoteurs dévorent en ce moment même des enfants en ville de Fribourg. Déchaînés, ils attaquent sauvagement bébés, chiots et chatons, semant la terreur", répand sur internet cette fausse nouvelle surmontant une photo d'un acte barbare semblant avoir été prise dans les rues fribourgeoises.

Pour l'honneur et la sauvegarde de la sécurité et de l'intégrité de la population, la RTS mène discrètement l'enquête sur les réseaux sociaux. Connaissant bien son public, les journalistes s'inquiètent que cette fausse nouvelle pas vraie ne soit prise au sérieux par mégarde. D'autant plus qu'elle intervient après une autre affaire concernant les enfants et le vapotage à Fribourg. Heureusement d'après un résident sur place, la cité au bord de la Sarine n'a pour l'heure pas été prise de mouvement de panique.

P.S. Je compatis avec mes amis qui essaient d'argumenter contre No Billag que la RTS est garante de la pluralité d'opinions et de qualité d'information. Vous n'êtes pas aidés. Bisous. 


Italie: une erreur dans la loi anti-vape laisse la vente par internet de liquides sans nicotine dans un vide juridique

L'incompétence des élus va t-elle finalement sauver un petit bout des droits des vapoteurs en Italie ?  C'est le scoop déniché par Stefano Caliciuri de SigMagazine. "Une faille dans l'ordonnance législative pourrait remettre en question la législation sur le vapotage", révèle le site italien SigMagazine. En cause, l'absence de sanction prévue en cas de vente à distance de liquide sans nicotine. "La règle juridique ne sanctionne pas la vente en ligne de liquides sans nicotine. La jurisprudence la définit donc comme imparfaite: elle ne trouve pas d'application pratique", explique le journaliste Stefano Caliciuri. Ce vide juridique n'enlève pas l'interdiction de vente à distance de liquides sans nicotine, mais ne permet pas de la sanctionner.

"C'est comme si cette interdiction n'existait pas"

La loi de finance adoptée, à la hâte et sans grande compétence par les élus en fin d'année, a prévu l'interdiction de vendre à distance quelconque liquide à vapoter, avec ou sans nicotine. Mais en oubliant d'établir une sanction si l'obligation n'est pas respectée dans le cas de vente à distance de liquide sans nicotine. "C'est comme si cette interdiction n'existait pas. Si le législateur veut y remédier, il devra intervenir avec une mesure de rang égal ou supérieur", précise un fonctionnaire des bureaux législatifs de la Chambre des députés au site SigMagazine. 

La taxe prohibitive toujours en vigueur

Selon la jurisprudence, une simple circulaire de l'administration ne suffit pas. Les députés italiens devront plancher de nouveau sur l'arsenal législatif pour le modifier. Un petit coup de chance inattendu pour les vapoteurs italiens, notamment ceux éloignés des centres urbains, qui devraient pouvoir continuer d'accéder ainsi à des liquides. Mais probablement à des tarifs prohibitifs, la taxe anti-vape assassine de 0,4€ par ml, hors TVA, restant par contre toujours d'actualité.


Etude américaine: La lutte anti-tabac a t-elle déniché son point S avec la vape ?

Le "sweet spot", cette zone optimale de confort, s'offre à la lutte anti-tabac. A condition que celle-ci s'ouvre à la minimisation des méfaits. Selon la thèse de six pointures américaines de santé publique, publiée en accès libre sur le site de l'Annual Review of Public Health, le vapotage constitue ce 'point S' entre la minimisation des méfaits, l'attraction du public concerné et la satisfaction, qui comprend sa part de risque dépendogène. "Les substituts nicotiniques (NRT) ne sont pas utilisés par grand monde. Ni attrayants ni satisfaisants, ils sont peu susceptibles de remplacer les cigarettes au niveau de la population. Minimiser les méfaits tout en ayant un impact net sur la santé de la population exige que les produits concurrencent efficacement le tabagisme pour le remplacer. Ainsi, le sweet spot, où se trouvent les produits alternatifs de délivrance de nicotine (ANDS), est constitué par une attraction et une satisfaction élevées mais de faible toxicité", expliquent les Prs David Abrams, Allison Glasser, Jennifer Pearson, Andrea Villanti, Lauren Collins et Raymond Niaura. La 'special guest star' au centre de ce sweet spot est, évidemment, la vape.

L'exigence de perfection absolue est contre-productive

L'opportunité de "briser 120 ans de prédominance de la cigarette" peut sauver des millions de vies selon les auteurs provenant de quatre universités américaines. Pour les seuls Etats-Unis, 6,6 millions de décès prématurés peuvent être évités et 86,7 millions d'années de vie gagnés grâce au vapotage dans les dix ans à venir selon une étude publiée en octobre dernier dans la revue Tobacco Control"La voie la plus sûre est d'arrêter de fumer ou, mieux, de ne jamais commencer. Mais une approche de minimisation des méfaits reconnaît que l’exigence de perfection absolue est souvent contre-productive. Lorsqu'un comportement nuisible ne peut être éliminé, nous pouvons tout de même réduire considérablement les conséquences néfastes pour la santé", pointent les experts de santé publique. 

L'argument de principe est simple: les méfaits sanitaires du tabagisme résident de façon majeure dans la fumée. Il s'agit d'éliminer monoxyde de carbone, goudrons et la majeure part des toxiques se dégageant de la combustion et pyrolyse du tabac. En contraste, la nicotine elle-même n'est pas nocive aux doses prises à travers ses différents modes de consommation. Avec l'apparition de nouveaux modes d'usage à méfaits réduits, la diabolisation de la nicotine est devenue nuisance de santé publique. 

Repenser les usages de la nicotine

La peur cultivée de manière absurde à son encontre pousse les fumeurs à des tentatives vaines de sevrage à la dure se soldant le plus fréquemment par la rechute dans la cigarette. Il s'agit de découpler consommation de nicotine et fumée pour éliminer le fléau de cette dernière. "Recadrer l'usage social de la nicotine vers l'objectif d'une minimisation des méfaits est une opportunité extraordinaire pour renforcer l'impact des efforts de lutte anti-tabac", expliquent les universitaires. Autrement dit, le public doit ne plus être condamné, par des réglementations défavorisant le vapotage face aux cigarettes et une mésinformation obscurantiste, à fumer pour consommer de la nicotine. 

En ce sens, l'étude menée par le Pr David Abrams, de l'Université de New-York, souligne l'importance non seulement d'une réduction des risques mais, plus radicalement, d'une minimisation des méfaits. "Quand un consommateur ne veut ou ne peut pas arrêter toute consommation de nicotine, alors la minimisation implique de viser l'élimination complète de l'exposition au tabac fumé en le remplaçant par l'utilisation de nicotine sous formes moins nocives sans combustion ", précisent-ils. Se plaçant dans la descendance du Pr Michael Russell - qui déclarait en 1976 "les gens fument pour la nicotine mais meurent des goudrons" -, les auteurs développent le lignes directrices d'une stratégie d'une telle minimisation des méfaits pour la consommation de nicotine.

Entrons dans la troisième dimension

Dans la perspective de mettre en jeu les modes de consommation, les auteurs proposent de s'appuyer sur ce point doux à l'intersection des trois dimensions pilotant la question. Si quelques débats d'arrière-garde se poursuivent sur la base d'études malmenées, la réduction massive des risques et dommages induit par la consommation de vapotage en place de cigarette ne fait plus de doute pour les chercheurs sérieux. Experte mondialement reconnue sur le sujet, la Pr Linda Bauld délivrait un message très clair en ce sens pour la nouvelle année.

La satisfaction en est la dimension rendue la plus complexe par l'entremêlement moral aux notions de santé. Le plaisir de la consommation de nicotine renvoie à la fois à ses vertus psychoactives améliorant l'attention, la concentration, la mémoire et l'humeur, mais induit également un risque dépendogène, lié à ce plaisir même. Ce risque pour la nicotine, hors du tabac qui lui est extrêmement addictif, est similaire à la caféine. Après 40 ans de vente, peu de consommateurs, sans passé tabagique, sont devenus accros aux gommes nicotinés. "Un certain degré de satisfaction, de bénéfices résultant de sa consommation, et même de dépendance aux systèmes alternatifs de délivrance de nicotine (ANDS) beaucoup moins nocifs peut être acceptable pour la société comme moyen d'accélérer la sortie du tabagisme et ses méfaits massifs attendus - in extenso, l'usage récréatif de nicotine propre est similaire à l'acceptation sociale de l'usage d'alcool ou de cannabis par les adultes, plutôt que la prohibition de toutes formes de nicotine en raison de son potentiel addictif -", argumentent les chercheurs.

Sweet Vape Sweet

Ce sweet spot est le mieux incarné aujourd'hui par le vapotage, notamment par l'adhésion et la satisfaction des usagers. Cette révolution douce, portée par des millions d'usagers, appelle une réorganisation sociale pour la soutenir et en favoriser l'impact positif de santé publique. Les auteurs conceptualisent un système intégré pour "optimiser les bénéfices pour la population sur les méfaits". En somme, il s'agit d'ouvrir au maximum la porte au passage des fumeurs vers le vapotage, ou d'éventuels autres moyens de consommation de nicotine à méfaits très réduits, tout en refermant celle vers les cigarettes.

Prise de risques et jeunes: l'utopie illusoire de la pureté

Les spécialistes de santé publique relèvent deux challenges particuliers qui se posent à cette politique de transfert modal de consommation de nicotine. La question des jeunes et du vapotage est le point sensible touchant la fibre morale et émotionnelle du public. Pourtant, là aussi la solution simpliste de l'interdit s'avère souvent contre-productive. "La prise de risque à l'adolescence est normative et résulte d'un effet de compétition dans le cerveau entre le réseau socio-émotionnel fort et le réseau cognitif de contrôle encore immature. Une prise de risque précoce avec un produit du tabac ou de nicotine, comme le vapotage, peut résulter de récompenses sociales ou émotives de l'essai d'un produit, comme l'approbation des pairs ou l'amélioration de l'humeur. Ainsi, éliminer toute expérimentation peut ne pas être un objectif réaliste, tout comme il ne l'a pas été pour les cigarettes", expliquent les scientifiques.

Les études existantes montrent que l'utilisation actuelle de la vape par les jeunes consiste pour une grande part d'entre eux à l'essayer sans l'adopter à long terme. Plus de 70% des jeunes vapoteurs américains vapotent sans nicotine, tandis que le tabagisme s'écroule chez ces adolescents. Or, si les anti-vape s'inquiètent du surnommé 'effet passerelle' du vapotage vers le tabagisme, peu ont porté leur attention sur la transition en sens inverse. Pourtant, 87% des adolescents américains usagers de vapotage avaient déjà consommé un produit du tabac auparavant. "Bien que la société doit rester vigilante et surveiller les tendances dans les usages des jeunes, les peurs des dommages dus à l'effet passerelle semblent exagérées et peu susceptibles de miner les avantages, potentiellement beaucoup plus importants, de décourager le comportement tabagique dans l'ensemble de la population", soulignent-ils.

L'objection ridicule du vapotage, frein à l'arrêt tabagique

Le second challenge à relever pour le vapotage est sa capacité à véritablement faire sortir les fumeurs de la cigarette. Certains théoriciens anti-vapotage prétendent qu'au contraire, la vape inhiberait l'arrêt tabagique. Les auteurs répondent à l'argument, avec plus de sérieux que je n'en suis capable, tant cela me parait être un délire de théoricien fumeux déconnecté de la vie concrète. Passant en revue les études sur le sujet, ils notent n'avoir "connaissance d'aucune preuve indiquant que le vapotage a contribué à réduire l'intérêt à cesser de fumer, ni ralenti le taux de cessation ou favorisé la rechute en grand nombre d'anciens fumeurs à long terme qui avaient cessé de fumer depuis cinq ans ou plus. Dans les enquêtes, les utilisateurs de vapotage indiquent de manière consistante que, pour la plupart fumeurs [au moment de leur adoption ou essai de la vape], l'abandon de la cigarette est la raison majeure de l'utilisation de la vape, et ceci même chez les jeunes".

Maximiser le flux du tabagisme vers le vapotage

Dans leur conclusion, les six chercheurs appellent à une refonte de la politique sur le tabagisme vers une politique favorisant les moyens de consommation de nicotine à méfaits réduits au détriment des cigarettes. "Le principal défi consiste à mettre en œuvre des politiques qui maximisent le flux du tabagisme vers l'utilisation de produits plus sûrs ou vers aucun usage. Un équilibre peut et doit être trouvé pour protéger les jeunes sans décourager les usages de nicotine par les fumeurs qui ne peuvent ou ne veulent pas arrêter leur consommation", mettent en exergue les auteurs. Ils avancent trois axes politiques: 1) élaborer un cadre réglementaire axé sur la réduction du tabagisme ; 2) permettre au public d'avoir des informations claires et inciter l'adoption des options à méfaits réduits de consommation de nicotine ; 3) permettre l'innovation et réglementer de manière différenciée les produits en fonction de leur niveau de risque.

Vue de Suisse, ces propositions rappellent celles de la prise de position de la Fédération des professionnels des addictions en novembre dernier. Les auteurs américains aussi insistent sur la nécessité d'un virage pragmatique en faveur de la santé publique. "La minimisation des méfaits est une approche pragmatique qui peut compléter la lutte antitabac actuelle aux efforts éprouvés de prévention et de cessation. Son objectif principal est de déplacer toute la population de fumeurs de produits du tabac toxiques brûlés vers l'usage exclusif de produits beaucoup plus sûrs rapidement et le plus tôt possible dans leur carrière individuelle de fumeur".

Les lausannois n'auront pas de bar Philip Morris

Depuis septembre 2016, Philip Morris essayait d'ouvrir un troquet dédié à l'Iqos dans le quartier du Flon à Lausanne. Le cigarettier annonce l'abandon du projet, "afin de répondre au succès que ce produit connaît auprès des fumeurs adultes depuis plusieurs mois dans la capitale vaudoise et son agglomération", explique un porte-parole de la firme lausannoise à la Tribune de Genève. Le Conseil d'Etat vaudois avait refusé, en février 2017, d'autoriser l'usage de la cigarette Iqos au sein du bistrot. Malgré un recours déposé dans la foulée et encore pendant au Tribunal cantonal, ainsi qu'une autorisation de la commune de Lausanne d'ouvrir le "Flagship store", le cigarettier change ses plans. Pourtant, le chef du Département de la santé du canton proposait la semaine dernière encore un compromis vaudois. "Il serait raisonnable de simplement intégrer un fumoir au projet", expliquait Pierre-Yves Maillard au quotidien lausannois le Temps.

Depuis sa sortie en août 2015, les lausannois semblent les seuls suisses à apprécier la cigarette Iqos. Sa part de marché dans la capitale vaudoise est "déjà plus de quatre fois supérieure à la moyenne nationale", selon Philip Morris. Se consumant en 12 bouffées, la cigarette vaudoise ne délivre que 70% de la dose de nicotine que celle moyenne d'une cigarette conventionnelle, selon une étude indépendante. Le consommateur d'Iqos n'a aucune maîtrise du processus et doit se contenter de cette dose réduite, ou fumer une autre cigarette. Contrairement à ce que prétend une démarcheuse de Philip Morris interrogée par le Temps, la fumée de l'Iqos dégage du monoxyde carbone et l'ensemble des toxiques d'une cigarette conventionnelle mais en nettement moindre quantité, selon les mesures d'une équipe de l'Université de Lausanne.


mardi 16 janvier 2018

Pétition pour la légalisation immédiate de la vente de vape nicotinée en Suisse

"Nous faisons appel à votre humanité. Changez cette situation, vite !" Lancée par Ric Daniel, commerçant vapoteur suisse-allemand, la pétition approche les 1'500 signatures après 24 heures. Son exigence: la liberté de commerce immédiate des liquides nicotinés de vapotage. Une revendication portée de longue date par les usagers, qui avait déjà fait une vente sauvage de liquides nicotinés à Berne en mai 2015. La Suisse est le dernier pays européen à pratiquer la prohibition par la seule volonté de l'administration fédérale à qui cette pétition en allemand s'adresse afin que cesse ce "scandale sanitaire et économique". La prohibition actuelle repose sur une décision administrative contestée au Tribunal Administratif Fédéral (TAF) depuis décembre 2015. Sans verdict jusque-là. Pourtant, l'Office Fédérale de la Santé Publique (OFSP) reconnait la minimisation des méfaits par le vapotage contre le tabagisme. Mais les autorités sanitaires, sous la tutelle d'Alain Berset, refusent toute légalisation avant l'assimilation du vapotage au tabagisme dans leur future loi sur les produits du tabac (LPTab), qui pourrait être effective d'ici juin 2022 au plus tôt. 

Des options pour une légalisation immédiate

Le lancement annoncé d'une initiative populaire pour l'interdiction de la publicité des produits du tabac, qui pourrait englober le vapotage, risque d'interférer sur l'avancement du projet de loi. Pourtant, des solutions s'offrent aux autorités pour légaliser sans délai le vapotage avec nicotine, comme le soulignait l'association des usagers Helvetic Vape en décembre 2016 déjà. L'accès légal, local et simple au vapotage nicotiné pourrait permettre aux fumeurs dépendants une sortie du tabagisme et de ses dommages sanitaires. Ric Daniel suggère trois options de légalisation immédiate pour les autorités. 

La première consiste en une modification de l'ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels (ODAIOUs), la seconde en un simple changement de la décision administrative de l'Office de la Sécurité Alimentaire et Vétérinaire (OSAV) contestée au TAF et la troisième propose un article de transition dans l'attente d'une loi spécifique prenant en charge le vapotage. Loi qui pourrait être éventuellement la LPTab, si le Conseiller Fédéral Alain Berset convainc le parlement de changer son opinion exprimée en décembre 2016 et de finalement assimiler le vapotage au tabagisme. Cela pourrait aussi être une autre loi plus intelligente et moderne.

Les cigarettes sont-elles une garantie de protection de la population selon l'OSAV ?

Egalement recourant au TAF contre la décision administrative de prohibition, Ric Daniel souligne que "devant le tribunal, l'OSAV a affirmé que la protection de la population n'était pas garantie" en cas de légalisation des liquides nicotinés. Avec plus de 25% de fumeurs et près de 10'000 décès prématurés par an liés au tabagisme, la garantie de protection de la population par les services d'Alain Berset est sujet à caution en l'état. "Le coût annuel du traitement des maladies liées au tabagisme est estimé à 1,7 milliards FS et plus de 3,9 milliards de coûts sur l'économie", souligne le pétitionnaire. 

Sur le sujet même du vapotage, la marginalisation artificielle et entretenue des usagers les poussent à des prises de risques évitables, bien qu'aucun incident n'a été à déplorer jusque-là. Au lieu d'adopter des mesures pour protéger les consommateurs, tels que des bouchons de sécurité et de l'information éclairante, les autorités sanitaires jouent la carte du pourrissement de situation. Une mise en danger artificielle des usagers et une privation de solution pour les millions de fumeurs suisses incompréhensible éthiquement.

Une situation dénoncée par les professionnels de terrain

La prise de position de la Fédération des professionnels des addictions dénonce aussi cette situation de non-assistance à fumeurs en danger. "Le vapotage doit être reconnu comme instrument de réduction des risques, la vente de liquides nicotinés doit être autorisée et le passage de la fumée au vapotage est à encourager auprès des fumeurs", réclament ensemble Fachverband Such, le Groupe Romand d'Etudes sur les Addictions (GREA) et Ticino Addiction. Du côté des tabacologues de terrain, des voix pressent aussi pour une prise en considération du vapotage. Le Dr Jean-Paul Humair, des Hôpitaux de Genève, le Pr Jacques Cornuz, de la Policlinique de Lausanne, ou le Pr Jean-François Etter, de Stop-Tabac.ch, sont intervenus en ce sens dans les médias.

A l'opposé les lobbys pharmaceutiques et cigarettiers profitent à plein du maintien du tabagisme. Novartis et Roche ont axé leur stratégie de développement pour la décennie à venir sur "le marché porteur du cancer", selon la Tribune de Genève. Tandis qu'après la cigarette Iqos de Philip Morris, c'est au tour de BAT de tenter de profiter de la mise hors-jeu du vapotage pour lancer sa cigarette chauffée Glo. Par ailleurs selon une logique très nébuleuse, l'OFSP a autorisé la cigarette-électronique Ploom de Japan Tobacco, dont le siège mondial hors Japon est situé à Genève.


lundi 15 janvier 2018

Suisse romande: un article douteux de la Liberté orchestre une vindicte médiatique contre le vapotage

Cela ressemble à s'y méprendre à un faux témoignage monté de toutes pièces pour l'occasion. Un soi-disant enfant de douze ans aurait acheté une vapoteuse à Fribourg, selon le journal local la Liberté dans son édition de vendredi. Reprise par 20 Minutes puis le journal télévisé de la RTS, l'affaire soulève immédiatement une vague d'insultes et d'indignation à l'encontre des vapoteurs, coupables de chercher à pervertir les enfants aux yeux de la vindicte. Finement enroulé autour de ce soi-disant fait divers à la forte charge émotive, le montage en épingle sert sur un plateau la parole aux tenants romands de la ligne anti-vapotage. De l'hypothétique enfant perverti, le discours huilé glisse à une stigmatisation de la minimisation des méfaits, le vapotage comme oeuvre perverse par nature. 

Dans la lucarne télévisuelle, les éléments de langage clefs de "toxicité" et "renormalisation" évacuent toute appréciation rationnelle du rôle du vapotage face au tabagisme adolescent. Pourtant, les faits et les connaissances invitent à une réflexion plus sereine et intelligente sur ce sujet de santé publique essentiel. Mais comme le montre l'autopsie de cette histoire de comm', le clan anti-vape suisse a choisi de tuer dans l’œuf la possibilité d'un débat. La prestation hautement ridicule de Macé Schuurmans sur le plateau de 10vor10 fin novembre n'est peut-être pas étrangère à ce choix stratégique de la haine et de la peste émotionnelle des ultra-puritains anti-tabac contre le vapotage. A défaut d'argument de raison, ils ont décidé de répandre la peur. Au vu du calendrier des échéances politiques suisses sur le sujet à venir, il est peu probable que cet enfumage soit le dernier.

Le fantasme de la liberté

L'affaire démarre vendredi matin avec un article de la Liberté, le quotidien de Fribourg. Anne Rey-Mermet prétend qu'un enfant "de douze ans est rentré à la maison avec une cigarette électronique. Avec ses copains, le garçon a pu s'en procurer une sans problème dans un magasin". Étonnamment, la journaliste ne précise ni le magasin, ni n'interroge le commerçant sur les circonstances de cette vente. Anne Rey-Mermet n'évoque pas non plus de discussion avec l'enfant ni ses copains. La source de cette présumée vente de vapoteuse serait la maman, laissée anonyme dans l'article.

Cours de journalisme: illustrer l'expression "prendre quelqu'un pour un con". Merci M. Gumy.

Surpris par le récit sans conditionnel, mais sans élément probant l'étayant non plus, de cette invraisemblable vente collective à des enfants de produits de vapotage, nous avons contacté la rédaction de la Liberté. En réponse à nos interrogations, Serge Gumy, rédacteur en chef de la Liberté, botte en touche. "Je suis au regret de ne pouvoir accéder à votre demande", refuse le rédacteur en chef. Précisant que la matriarcale source de l'information "existe, en chair et en os". Ce que nous n'avions pas mis en doute dans nos questions. 

Not your first affair

Nos doutes sur la véracité de l'histoire n'ont par contre rien trouvé pour être levés dans la réponse de Serge Gumy. Des doutes titillés par une précédente histoire étonnamment similaire que les médias suisse-allemands, moins complaisants avec ce genre d'enfumage ou plus compétents que leurs homologues romands, avaient refusé de répandre. Serait-il possible qu'il y ait une épidémie de ventes de vapoteuses à des enfants d'une dizaine d'années sans que les journalistes ne s'intéressent aux vendeurs présumés ? Vraiment... en Suisse ?

C'est pourtant un moyen simple de lever le doute. Vérifier la véracité d'un récit par recoupement de faits ou de témoignages est le b-a-ba du journalisme. Fribourg n'a pas profusion de magasin de vapotage, la tâche n'est pas compliquée. La journaliste de la Liberté pouvait aller voir le commerçant et l'interroger sur les circonstances de cette abracadantesque vente à une ribambelle d'enfants. Étaient-ils accompagnés d'adultes ? Ont-ils reçu les explications adéquates à l'usage de la vape tels qu'ils sont prodigués dans tout magasin sérieux du domaine ? Mais rien. Pas de question, pas de recherche. Rien dans l'article de la Liberté. Rien dans sa reprise par 20 Minutes. Pas même l'idée de tenter de vérifier n'est évoquée. Pourtant ce réflexe de journaliste, Caroline Regidor de la RTS (télé romande) l'a eu tout comme moi.   

Révélation, mais de quoi au juste ?

Ainsi vendredi après-midi, la journaliste s'en va interroger le magasin de vape de Fribourg ChezSmoke. Et ô surprise, ou pas... Le magasin n'a jamais vendu de vapote ni à une bande de gamins de douze ans ni même à un seul. A défaut d'aveux d'actes plus crapuleux, elle réussit tout de même a arracher un bout de phrase, bien découpé au montage, de la vendeuse suggérant la nocivité du vapotage. Mais on le notera, la RTS prend bien garde de ne pas reprendre les affirmations de la Liberté sur cette fantasmatique histoire d'une vente de produits de vapotage à une bande d'enfants.




L'introduction du sujet par le présentateur en devient assez ridicule en parlant de "révélation" du journal la Liberté à propos de la vente de vape sans nicotine. Le fait est connu depuis 2009 suite à la lettre n°146 de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) à ce sujet. Il n'y a rien de nouveau dans le reportage de la RTS. 

Sans objet d'actualité, le téléjournal livre tout de même la parole à une succession de militants anti-vape, sans les présenter en tant que tels. Dans du fief d'Alain Berset, le médecin cantonal Chung-Yol Lee déroule le message alarmiste des méfaits du vapotage. Disciple et ancien élève de Stanton Glantz, fameux et fumeux militant anti-réduction des méfaits californien, le médecin cantonal fribourgeois récite le dogme de la toxicité du vapotage, sans évoquer la moindre échelle de risque (sic!), et du danger de "renormalisation" du tabagisme à cause de la vape. Rien d'étonnant, le discours de rigueur du clan anti-vape. 

Le service d'information de la RTS n'en est pas à son coup d'essai en matière de lynchage du moyen de réduire les méfaits du tabagisme. La chaîne romande est allé jusqu'à être le seul média d'importance en Suisse a boycotter la prise de position de la Fédération des professionnels des addictions sur le sujet en novembre dernier!


Peste émotionelle

Aucun des médias n'a jugé opportun de donner la parole aux défenseurs de l'approche de minimisation des méfaits à l'aide du vapotage contre le tabagisme, ni à l'un des nombreux tabacologues qui s'en servent pour aider des fumeurs à s'en sortir, ni à un représentant des usagers. En somme, la pensée unique et la peur pour tout argument sur un des débats de santé publique les plus importants par l'ampleur de son impact potentiel. Au lieu d'un débat et d'une réflexion, la RTS suggère au public romand le fantasme du pervers vapopédophile rodant dans nos rues. La peur est sans conteste, la plus efficace des pestes émotionnelles pour tuer toute intelligence politique.

Pourquoi inventerait-on des enfants de 12 ans ?

Implanter dans le public l'image d'enfants vapoteurs est une lubie du camp anti-vapotage depuis quelques années déjà. En 2015, Pfizer lançait sur les réseaux sociaux un clip mis en scène à la manière d'un plateau télé où un présentateur et un "médecin" recueillaient les témoignages d'enfants d'une dizaine d'années. Les dialogues récités mécaniquement et manquant singulièrement d'authenticité n'avaient pas aidé le film de la multinationale pharmaceutique a suscité autre chose que des quolibets sur twitter. Le vendeur de Champix semble avoir retiré son clip depuis - du moins, je ne l'ai pas retrouvé. A présent, Tiffany Casting, une boite de publicité, recrute sur Facebook des "enfants de 13 ans" en vue de les faire vapoter dans des spots télé anti-vapotage en Californie, comme l'a révélé Jim McDonald du site spécialisé Vaping360. 

L'enjeu de ce type de construction médiatique est évidemment de toucher la corde émotionnelle du public et inhiber ainsi une réflexion. Vieille technique de manipulateur, pour couper court à un argumentaire, évoquer une image effrayante - "si on vous suit, on va dans le mur" - qui bloque la capacité de réfléchir des auditeurs. Mais au-delà de l'astuce, l'enjeu de la manœuvre est d'interdire le débat sur le rôle possible du vapotage contre le tabagisme parmi la population des jeunes. Il y a pourtant de quoi débattre.

Sans la vape, les ados n'essayeraient rien ou essayeraient-ils de fumer?

Deux interprétations contradictoires à l'essor du vapotage chez les adolescents s'opposent dans les revues scientifiques. La première vient de Stanton Glantz, le maître à penser du médecin cantonal fribourgeois. Elle consiste à dire que le vapotage amène des jeunes à fumer. Il a publié la semaine dernière une étude portant sur 10'000 jeunes non fumeurs à l'origine. Sur 255 ados qui avaient expérimenté le vapotage, un an plus tard, onze - soit 4,3% - ont fumé au moins une cigarette dans le mois précédent le contrôle. Du côté de ceux qui n'avaient rien expérimenté au départ, ils étaient 2% (175) à avoir fumé au moins une cigarette dans le mois précédent le contrôle. L'anti-vape californien en conclut que le vapotage double le risque de devenir fumeur. 

Mais cette interprétation postule implicitement que si la vape n'existait pas, ces jeunes n'auraient rien essayé. Or, on peut aussi postuler qu'en l'absence de vapotage, ils auraient directement essayé de fumer. Et on sait, par exemple avec cette récente étude, que dans ce cas-là, plus des deux-tiers finissent par devenir fumeurs réguliers. D'un côté, une interprétation imagine que si les 255 ados n'avaient pas pu vapoter, seuls 5 au lieu de 11 auraient fumé, de l'autre on peut penser que sans vapotage les 255 ados auraient directement essayé la cigarette et environ 175 d'entre eux seraient devenus fumeurs réguliers (au ratio de 68,9% établi par l'étude publiée dans Nicotine & Tobacco Research suscitée). 

La réalité est complexe, au sens d'hétérogène, et contient probablement des cas illustrant les deux interprétations. Mais il y a de sérieux indices qui font penser que l'hypothèse d'une prévention primaire spontanée des ados par le vapotage est plus massive que l'effet passerelle vers le tabagisme allégué par les anti-vape. L'accélération de la chute du tabagisme dans les pays où le vapotage est répandu, y compris chez les ados, comme aux Etats-Unis et au Royaume-Uni est une indication impressionnante, sans être une preuve formelle, en sa faveur. Si le vapotage était la passerelle vers le tabagisme dont l'accusent les anti-vape, alors le tabagisme adolescent aurait dû relativement augmenté par rapport à l'époque précédent son apparition. Or on constate une chute accélérée du tabagisme adolescent.

De l'utilité idéologique de l'enfant de douze ans

Avec cette opposition entre les deux explications scientifiques, on comprend toute l'utilité idéologique de créer la figure de "l'enfant vapoteur de douze ans". Si les médias présentent des ados de 16 ans ou 17 ans qui vapotent, il apparaît évident qu'ils esquivent le tabagisme, parfois même dans une démarche de sevrage. En faisant croire à des enfants vapoteurs, les médias créent une représentation sensible de "l'effet passerelle" du vapotage préalable au tabagisme. Pourtant en discutant avec des ados, le phénomène de le la prévention primaire spontanée et autogérée se saisit aisément.

Trois types de raisons, généralement entremêlées, peuvent amener des jeunes à fumer. Le goût de l'expérimentation et de la découverte de sensation, des facteurs psychosociaux, tels que l'exemple parental ou le stress, et enfin la pression sociale des pairs. Le dogme pro-abstinence ne vise que la pression sociale en cherchant à "dénormaliser" le tabagisme pour que la pression inverse s'exerce. Cela marche bien pour les enfants de classes supérieures, possédant un fort capital social et une image exemplaire à préserver. Mais cela se révèle contre-productif chez les dominés, qui au contraire se reconnaissent dans les pratiques non conformistes. 

L'attaque contre la réduction des méfaits vise les groupes sociaux les plus démunis

Fumer est ainsi devenu ces trente dernières années un acte de pauvres et de groupes sociaux marginalisés - minorités ethniques ou d'orientation de sexualité - et de manière générale des personnes soumises à un stress social. Le vapotage se présente comme un moyen de "donner le change" à la pression sociale des pairs, sans tomber dans l'addiction rapide du tabac. Ustensile d'expérimentation, il peut être abandonner après quelques mois, au contraire de l'addictive cigarette. Il permet aussi, pour ceux qui le veulent, de bénéficier des vertus psychoactives de la nicotine contre le stress, avec un risque dépendogène similaire à la caféine. Et évidemment, à ceux déjà fumeurs d'essayer de changer leur mode de consommation, à l'instar de fumeurs adultes. Car rappelons que, aussi étranger que cela semble être à l'esprit des anti-vape et des médias romands, le tabagisme adolescent existait avant le vapotage. Mais de plus, il existe encore massivement. Un fait que l'alarmisme sensationnaliste de la Liberté et de la RTS pousse dans l'ombre.

Le masquage d'un échec

C'est cet échec sanglant de la conception dominante d'une prévention uniquement pro-abstinence que veulent masquer ses tenants en braquant les caméras sur la peur d'une perversion fantasmée du vapotage. Même si la prestation confondante de Macé Schuurmans sur le plateau de 10vor10 a été un révélateur limpide sur ce point, l'appel à la haine et la peur n'est pas seulement la marque d'un manque d'argument. Il est aussi le masque pour dissimuler l'échec de leur approche étroite.

De 2008 à 2016, les néo-anti-vape ont dicté le contenu du Plan de réduction du tabagisme en Suisse. Abstinence pour seul horizon, stigmatisation pour seul doctrine. Ce "plan" n'a pas fait baissé le taux de fumeur d'un iota. Rien. Nada. Il n'y a aucun autre domaine où les responsables d'un tel bilan n'auraient aucun compte à rendre. Pourtant, cette faillite se chiffre en milliers de morts, en millions de malades et en milliards de francs de frais de santé pour la population. Et en récompense, la RTS continue de leur donner en exclusivité la parole. 

Plus que quelques ados qui vapoteraient au lieu de fumer, ce que craignent ces responsables est le dévoilement de leur discrète incompétence chronique depuis des années. C'est là leur véritable angoisse. Le vapotage n'est pas seulement un outil de minimisation des méfaits pour remplacer les modes de combustion  (et de pyrolyse est-on obligé d'ajouter pour éviter les mauvais jeux de mots d'un cigarettier vaudois). Il change le jeu de la conception de cette problématique de santé publique. Il est un révélateur de l'anachronisme néfaste de ces gens. Dans vingt ans, le puritanisme aura disparu de ce champ. Mais aujourd'hui ses tenants, qui ont construit leur carrière sur ses dogmes, s'accrochent.

Les peurs intégristes

Lorsque les ceintures de sécurité sont apparues, des voix ont hurlé qu'elles provoqueraient plus de morts en poussant les automobilistes à braver les risques, enivrés de la perte de conscience du danger et du faux sentiment de sécurité des dites ceintures. Pendant des décennies les Etats, dont la Suisse et la France jusqu'en 1987, ont interdit la publicité et l'information sur les préservatifs. A la levée de la censure, les intégristes hurlaient que cela allait accélérer l'épidémie de VIH en poussant la population à copuler à tout va, perdant tout sens de la mesure des risques dans une orgie de luxure. Aujourd'hui, le vapotage est le nouveau diable qui fait trembler les esprits doctrinaires et étriqués. Dans vingt ans, on rira du contenu du reportage de la RTS de vendredi soir. 

Mais à court terme, les tenants du vieux réflexe puritain vont poursuivre leur entreprise de sabotage. Il est plus que symptomatique que ce montage médiatique intervienne à quelques semaines du lancement de l'initiative "contre la publicité des produits du tabac". Au vu du contenu des motions déposées au Conseil national et de cette nouvelle démonstration médiatique, il devient plus clair que le véritable objectif est moins d'interdire la publicité des cigarettes, déjà prohibée dans la plupart des cantons, que de créer un arsenal pour censurer les groupes d'entraide de vapotage sur internet. 

Le choix nauséabond

Leur stratégie est visiblement d'attaquer en priorité le vapotage. L'épandage de la peur ce week-end, la calomnie mensongère de scientifiques précédemment, sont les premières escarmouches. Les méthodes sont puantes. La tactique politicienne de désigner un bouc-émissaire à la vindicte populaire est un choix nauséabond. Il n'honore pas les personnes qui se rallieront à de telles méthodes. Mais c'est une démarche également fragile à terme. Passé l'effroi émotionnel, quelle sera la réaction du public ?

La réponse n'est pas donnée d'avance. Une partie de celle-ci est dans les mains des acteurs impliqués. L'attaque médiatique de ce week-end est un casus belli. Une déclaration implicite de guerre aux vapoteurs, aux défenseurs d'approches de réduction des risques, aux tabacologues qui veulent pouvoir utiliser le vapotage dans leur arsenal d'aides, aux fumeurs qui voudront peut-être un jour s'en aider pour arrêter de fumer. Une agression envers tous ceux qui font passer le libre choix avant la censure et les logiques de peur. 


jeudi 11 janvier 2018

Pas de taxe anti-vape de l'Union Européenne avant 2019, selon une fuite au Stuttgarter Nachrichten [MàJ]

Il ne devrait pas y avoir de taxe anti-vape au niveau européen avant 2019. Le Stuttgarter Nachrichten (StN) a eut accès en primeur au rapport sur le sujet de la Commission Européenne (DG TAXUD). "Selon nos informations, la Commission Européenne se prononcera vendredi contre l'introduction d'une taxe sur les liquides à vapoter à l'échelle de l'Union Européenne", explique Markus Grabitz, correspondant à Bruxelles du quotidien allemand. Une taxe anti-vapoteurs serait prématurée pour les experts européens, qui avaient repoussé la parution de ce rapport. Le soucis de la santé publique semble avoir été pris en compte. En regard de la réduction des méfaits du vapotage par rapport au tabagisme, la Commission préconise "une approche prudente" en matière fiscale. La Commission souhaite attendre la révision de la directive sur la taxation des produits du tabac en 2019 pour remettre le sujet sur la table. "Il est difficile de prédire la manière dont le marché va se développer à l'avenir", estime la DG TAXUD.

89,88%

Si le scoop du StN se confirme demain, ce serait une victoire du camp des vapoteurs et des défenseurs des approches de réduction des méfaits face au tabagisme. 89,88% des participants avaient signifié leur opposition à une taxe anti-vape lors de la consultation publique fin 2016. Cependant, les risques de taxation au niveau national par les Etats membres de l'Union Européenne (UE) ne sont pas écartés. 

Risque de taxes au niveau national

Au contraire, neuf pays ont déjà mis en place des taxes contre l'outil de sortie du tabagisme, dont le Portugal, la Grèce et la Roumanie, selon le journal allemand. Exemple récent et particulièrement dramatique, l'Italie impose une taxe d'accise de 0,40€ pour chaque millilitre de liquide à vapoter nicotiné ou non. Soit plus de 4€ d'accise en plus de la TVA par fiole de 10 ml, alors que les cigarettes pour la Glo de BAT (0,77€ par paquet) et celles pour Iqos de Philip Morris (1,27€ par paquet) bénéficient de tarifs ultra-lights. En prévision du combat au niveau allemand, Dac Sprengel, président de l'Association indépendante des producteurs de vapotage (VdeH), déclare qu'une "taxation équitable et basée sur le niveau de réduction des méfaits devrait amener le vapotage a être bien moins imposé que les Iqos".

Mise à jour 13-01-2018 : Le rapport de la DG TAXUD a été publié vendredi soir. Ses grandes lignes correspondent aux informations qu'en avait donné le journal allemand. Il est disponible à:
https://ec.europa.eu/taxation_customs/sites/taxation/files/report_excise_duty_manufactured_tobacco_12012018_fr.pdf
Extrait de l'article de l'AFP "L'UE écarte pour l'instant l'idée d'une taxe sur les e-cigarettes" sur le site du Revenu qui précise que : "L'exécutif européen "a conduit une évaluation approfondie et décidé de ne pas soumettre de proposition législative pour réviser les règles sur le droit d'accises appliqué au tabac", a expliqué à l'AFP Vanessa Mock, porte-parole de la Commission. (...) 
Les changements d'habitude, avec ce basculement observé de fumeurs vers de nouveaux produits, n'ont entraîné à ce stade qu'une perte de droits d'accises de 2 milliards d'euros au sein de l'UE, soit "moins de 2,5%" du total des droits perçus, selon une estimation de la Commission.(...) 
A l'heure actuelle, neuf pays de l'UE (Italie, Portugal, Roumanie, Slovénie, Lettonie, Hongrie, Finlande, Grèce et Croatie) ont instauré de leur propre chef des taxes sur la cigarette électronique, selon le décompte de la Commission"



mercredi 10 janvier 2018

La Tunisie sous le monopole du tabac: la colère face à la répression des vapoteurs

"L'Etat veut conserver ses fumeurs. C'est la raison pour laquelle il interdit la commercialisation libre du vapotage". En Tunisie, la vente de produits de vape est soumise au monopole de la Régie Nationale des Tabacs et Allumettes (RNTA) depuis un arrêté ministériel de mai 2014. Une situation contestée par une nouvelle pétition en ligne lancée il y a quelques jours par l'Association de la Cigarette Electronique pour Arrêter de Fumer (ACEAF). Et pour cause. Ce monopole est synonyme de pénurie organisée. "La RTNA a le monopole mais ne fait aucun effort pour satisfaire les besoins des vapoteures. Que ce soit pour les liquides ou le matériel", explique notre témoin tunisien Ryad Bahri, qui a arrêté de fumer après 15 ans de tabagisme à l'aide du vapotage depuis juin. Effet classique face aux situations de quasi-prohibition, des ventes hors du monopole se sont multipliées pour répondre à la demande croissante pour le moyen de sortir du tabagisme. Fin novembre, les douanes tunisiennes sont passées à l'offensive. 

Série de rafles fin novembre

Elles ont multiplié les rafles dans les boutiques et saisi le matériel. "Tout comme House of Vapes, d’autres boutiques ont reçu la visite des douaniers et ont dû baisser rideau pour les mêmes raisons, à savoir l’absence de factures", explique le site d'info tunisien Webdo le 29 novembre. L'absence de facture découle du refus des autorités de délivrer des autorisations de vente aux magasins de vapotage. Cercle pervers, les commerçants sont contraints par le monopole de la RTNA à une forme de marché gris, que les douanes viennent ensuite réprimer. 

Coïncidence ou non, les descentes se déroulent quelques jours avant un sommet les 6 et 7 décembre à Tunis du bureau anti-tabac (FCTC) de l'organisation Mondiale de la Santé (OMS). Dans un pays où le tabagisme galope aussi allègrement que les vendeurs de cigarettes du marché noir, la date des rafles anti-vapes ressemblent à s'y méprendre à une sorte d'opération de comm' des autorités pour donner le change à la jet-set de l'OMS. Phénomène récurrent, de la Thaïlande à la Corée du Nord, de la Turquie à Singapore, etc., là où l'OMS passe, les vapoteurs sont poussés à reprendre le tabagisme par les autorités locales.

Tabagisme galopant sous l'emprise du monopole

Pourtant les tunisiens n'ont pas besoin de ces coups de poignard contre le vapotage. Selon les statistiques officielles, 45% des hommes adultes et 3% des femmes fument. Chiffre effrayant de la même enquête de 2016, 20% des jeunes dés 11 ans, des deux genres confondus, seraient déjà fumeurs. Un tabagisme mis à profit par la RTNA, entreprise publique sous la tutelle du Ministère des finances comme l'explique son site. L'entreprise n'a évidemment aucun intérêt à aider les fumeurs à s'en sortir avec le vapotage. Malgré tout, la vape s'est développée comme dans de nombreux pays.

Pour le droit de choisir d'arrêter de fumer

L'Association de la Cigarette Electronique pour Arrêter de Fumer (ACEAF), créée il y a une année, évalue à plus de 20'000 le nombre de vapoteurs tunisiens. Pour les défenseurs du moyen à méfaits réduits pour sortir du tabagisme, les actions des douanes contre les magasins de vape risquent de repousser des milliers de vapoteurs dans la cigarette. L'association presse, dans une pétition en arabe, le Gouvernement de légaliser le commerce indépendant du vapotage pour offrir "le droit de choisir cette alternative à l'efficacité évidente pour cesser de fumer"

Signe que le vapotage marchait plutôt bien en Tunisie, le site d'info Webdo faisait état d'une trentaine de boutiques de vapotage pour la seule ville de Tunis avant la vague de répression. Mais celle-ci a littéralement asséché les vapoteurs. "Actuellement, la communauté des vapoteures est pour ainsi dire à sec. Il n'y a plus de produit disponible", nous explique notre témoin Ryad Bahri.

Mise au sec des vapoteurs

Au delà de la question du vapotage, la Tunisie vit actuellement un climat social très houleux. RFI rapporte que la population manifeste en masse contre la vie chère, provoquée par des hausses de taxes, l'absence de transparence des dirigeants et de l'administration, coupables pour beaucoup d'une gestion dépassée et inefficace. Depuis plusieurs semaines, le ton monte dans les rues tunisiennes. L'inflation grimpe et le dinar s'est effondré ne valant plus que 34 cts d'euro.

Une situation économique sociale et économique qui rejaillit aussi sur le vapotage. "Avec le taux de change, c'est vraiment cher de commander à l'étranger. Pour avoir un rabais, il faudrait commander groupé mais les douanes saisissent les gros colis. De plus, il faut une carte bancaire internationale, ce qui n'est pas le cas de beaucoup de gens", témoigne Ryad. En l'état, bien difficile pour les vapoteurs de le rester et a fortiori pour les fumeurs de s'en aider pour lâcher les cigarettes. Reflet d'un pays à la dérive, la politique contre le vapotage semble trahir le soucis de protéger des intérêts bien éloignés de celui de la santé publique et de l'intérêt commun. Espérons que les dirigeants tunisiens reviennent à plus de raison et de bienveillance.


mardi 9 janvier 2018

#Infrarouge: Alain Berset répondra t-il de sa politique anti-vape ?

Un double test sur la réalité de la liberté d'expression à la SSR. A quelques semaines de se prononcer sur la redevance pour la télé et la radio nationale, les téléspectateurs suisses seront probablement attentifs aux deux débats télévisés de la semaine d'Alain Berset. Le nouveau Président de la Confédération ouvrira le bal côté romand ce mercredi à Infrarouge, l'émission de débat politique de la RTS. Puis le Conseiller Fédéral du Département de l'intérieur enchaînera vendredi dans Arena, l'émission jumelle de la SRF. Les deux émissions appellent le public à poser ses questions à Alain Berset. Arena le propose sur son site. Pour ma part, j'ai posé la mienne en français sur la page Facebook d'Infrarouge.

Le tabou présidentiel

Le sujet de la réduction des méfaits contre le tabagisme, et ses coûts humains et économiques, sera t-il abordé face au Conseiller Fédéral ? Alain Berset impose que le sujet du vapotage soit tabou lors de ses interviews. La dernière opportunité date du 21 novembre dernier. Le Conseiller fédéral répond ce jour-là en direct sur l'émission Forum de la radio la 1ère. Le même jour, la Fédération des professionnels des addictions publie son appel à une réorientation de la politique sur le tabagisme "et de la compléter avec le pilier de la réduction des risques", explique le communiqué des addictologues. Outil de réduction des méfaits privilégié par les professionnels: le vapotage. Le sujet est traité dans la même émission de Forum. Pourtant, dans un silence assourdissant, aucune question n'est posée sur le sujet du jour au Conseiller fédéral en charge de la santé publique alors qu'il est au micro de la radio ! Éloquent.

La question que j'ai posé via le Facebook d'Infrarouge:
Le tabagisme est la principale cause de morbidité évitable, coûtant près de 10 milliards par an à la population. Depuis 10 ans, les politique conventionnelles pour la réduction du tabagisme échouent totalement en Suisse. Dans la même période les britanniques ont fait reculer de plus de 20 % leur tabagisme en soutenant le vapotage (2,5 millions ont cesser de fumer avec le vapotage dont 1,5 millions continuent de vapoter sans dommage pour leur santé). Le vapotage, comme vous le savez, est reconnu comme moyen de réduction drastique des méfaits (même si des industries concurrentes sèment le doute sur le sujet). De leur côté vos services ont prohibé la vente de liquides nicotinés sans raison solide, entravant ainsi l'arrêt du tabagisme pour des centaines de milliers de suisse. Aux coûts payés par la population correspondent des gains pour les cigarettiers, les pharma qui vendent des médicaments aux fumeurs malades et votre département qui engrange des milliards en taxe et économise sur les retraites à verser. Quelle responsabilité reconnaissez-vous avoir dans ce désastre de santé publique et la part de coût de santé qui grève la population ? Comptez-vous abrogez sans délai, comme vous le pouvez, la prohibition des liquides nicotinés dont l'accès permettraient à des milliers de concitoyens de sortir du tabagisme sans frais pour autrui ? Comptez-vous donner de réels moyens d'intégrer le pilier de la réduction des méfaits sur le tabagisme, qui peut réduire significativement la facture des coûts de santé, plutôt que de poursuivre dans l'impasse bornée du moralisme anti-fumeur qui est un échec patent ? Merci pour vos réponses M. le Conseiller Fédéral, auxquelles la population sera attentive et signes d'une vraie transparence de liberté d'expression sur les canaux de la SSR.
"Un des plus importants débats de santé publique de ces dernières décennies"


Là où Forum s'est tu, l'émission Infrarouge osera t-elle défier ce grand tabou d'Alain Berset sur son orientation anti-vapotage et d'une approche de la réduction des méfaits contre le tabagisme? Un dossier particulièrement pertinent en regard du problème de l'explosion des coûts de santé pour la population, qui va atteindre 10'000 Fs par habitant cette année. Le tabagisme est la principale cause évitable de maladie dans la population en Suisse. Le Plan de réduction du tabagisme 2008-2016 a été un échec total, le taux officiel de fumeurs n'ayant pas évolué sur cette période. La question de l'approche de réduction des méfaits est aux yeux du Pr Jean-François Etter, spécialiste de santé globale à l'Université de Genève, "un des plus importants débats de santé publique de ces dernières décennies". Une telle émission avec le Conseiller fédéral peut-elle faire l'impasse sur le sujet ? 

Liberté d'expression ?

Perpétuer l'omerta sur le sujet livrerait un étrange signal au public concerné. Alors que dans quelques semaines, les électeurs suisses devront se prononcer sur l'initiative No Billag qui veut abolir la redevance. Les défenseurs d'un refus à No Billag assurent notamment que la SSR, qui gère les différentes chaines de télévisons et radio nationales, est un garant de démocratie et de liberté d'expression. Les partisans de l'initiative dénoncent au contraire une télé d'Etat limitant les débats à ce que le pouvoir fédéral tolère.

Il est notable que la liberté de ton diffère entre la chaîne romande, dont la culture d'entreprise a intégré le conformisme suite aux purges politiques de 1971, et son homologue suisse-alémanique. Le traitement du vapotage en est assez révélateur. Alors que le service d'information de la télévision RTS a totalement black-outé la prise de position des addictologues, la SRF a consacré un numéro de son émission phare 10 vor 10 sur le sujet. Une opportunité est offerte à Infrarouge de corriger de manière pertinente cette lacune romande. La question est dans leur main...