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mardi 1 décembre 2020

You Don't Know Nicotine : un documentaire renverse les préjugés sur la nicotine


Depuis ce 1er décembre, You Don’t Know Nicotine est lancé en accès sur Ibex, la plateforme de streaming dont l’abonnement mensuel coûte 5,99 $. Disponible avec des sous-titres Français, il a été visionné le week-end dernier par les 1200 'kickstarters' ayant financé le film. Après A billion lives, le nouveau documentaire d’Aaron Biebert part sur les traces de la substance psychoactive « la plus détestée de la terre ». Pour capturer la réalité de la nicotine, le réalisateur américain nous entraîne dans un grand périple. 

Une enquête qui part de France

En commençant par la France, patrie de Jean Nicot qui a inspiré le nom de la nicotine. Le film débute avec Jacques Le Houezec un autre scientifique français spécialiste de la substance, mais qui nous est contemporain. De producteurs de vapotage en scientifiques, de témoignages d’utilisateurs en micros-trottoirs de passants et d'adolescents, de militantes anti-vape en experts de santé publique, la caméra confronte les points de vue et présente les faits pendant 1 h 35. 

À l’exemple français succède celui des Suédois de plus en plus épargnés des maladies liées au tabagisme au fur et à mesure qu'ils ont troqué la cigarette pour le snus. Créateur du test sur la dépendance tabagique, le Pr Karl Fagerström fait le point. Tandis que depuis Graz en Autriche, le toxicologue Pr Bernd Mayer raconte son enquête, digne d’un roman policier, sur l’évaluation de la dose létale de la molécule.

Les deux Amériques 

De retour aux États-Unis après cette excursion européenne, Aaron Biebert confronte les deux Amériques. D’un côté, l’Amérique puritaine omniprésente des anti-nicotine zealots, où Stanton Glantz fait figure de gourou pour les militantes de Parents Against Vaping (PAVe). De l’autre, les chercheurs scientifiques et experts de santé publique absents des médias à sensation. Une occasion de découvrir les Pr David Abrams et Raymond Niaura, tous deux spécialistes de santé publique sur le tabagisme à la New York University.

Sans dévoiler toute l’intrigue, le témoignage le plus révélateur, et probablement inattendu pour le public profane, est celui du Pr Paul Newhouse. Le spécialiste de neuroscience du Centre Vanderbilt s’est concentré sur les effets de la nicotine sur les troubles cognitifs depuis plus de quarante ans. Une sorte de niche de recherches encore inexplorée, explique-t-il. Ses découvertes restent ignorées alors qu’elles pourraient faire évoluer les traitements des maladies comme l’Alzheimer, le trouble de Parkinson, la maladie de la Tourette ou la dépression tardive. 

La révélation scientifique

Au-delà du potentiel thérapeutique, l’appréhension de la nicotine dans l’usage commun se trouve questionnée par You Don't Know Nicotine. Aux antipodes du documenteur diffusé par Arte en septembre, le documentaire d’Aaron Biebert explore réellement son sujet. Il est la suite logique d’A Billion Lives. Sorti en 2016, son premier documentaire soulevait la question de l’approche de réduction des risques pour sauver le milliard de vies qui seront prématurément fauchées par le tabagisme au cours de ce siècle. 

Ayant gagné en maturité et en profondeur psychologique, le réalisateur aux faux airs de Columbo poursuit l’enquête en se focalisant cette fois sur la substance psychoactive au centre du débat sur le tabagisme et ses approches de réduction des risques. Un documentaire essentiel, à regarder avec attention.

Nouvelle bande-annonce à https://youtu.be/Z-5wnswT5rg

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lundi 30 novembre 2020

Interview sur l'enquête de l'ETHRA : une chance de se faire entendre pour les usagers


2021 se prépare dès maintenant avec l’enquête EU Nicotine Users Survey. L’an prochain, deux révisions de directives de l'Union Européenne (UE) vont concerner le vapotage. La bataille de la TPD aura probablement pour principal enjeu les arômes de vape, tandis que le projet de révision des accises du tabac (TED) pourrait imposer une taxe minimum au vapotage. Avec l’European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA), nous avons lancé un questionnaire destiné aux principaux concernés. Curieux de tout ce qui se passe dans le monde de la vape, James Dunworth m’a questionné. Voici la traduction française de l’interview originale publiée en anglais sur Ashtray Blog. Ouvert jusqu’au 31 décembre, le questionnaire est disponible en 16 langues, dont le français.

Quel est le contexte de l’enquête ?

L’enquête est organisée par l’ETHRA, qui rassemble 22 groupes européens de défense de consommateurs. Nous avons créé l’ETHRA à l’été 2019 afin de coordonner et d’unir nos forces, notamment sur les questions de réglementation européenne et a fortiori en vue de la révision de la directive sur les produits du tabac (TPD). Cette révision de la TPD approche à grands pas, puisque le rapport d’évaluation de la directive actuelle sera présenté par la Commission européenne en mai prochain.

De manière plus inattendue, le 2 juin, les gouvernements européens ont demandé à la Commission européenne des taxes de préparer une révision de la directive sur les accises (TED) afin d’y intégrer les « nouveaux produits », notamment les produits de vape « avec ou sans nicotine ». Les propositions fiscales seront présentées au printemps et pourraient être adoptées d’ici la fin 2021.

Dans ce contexte, nous avons pensé qu’une enquête auprès des consommateurs de nicotine en Europe serait très pertinente.

Quelles informations recherchez-vous ?

Nous cherchons à dresser une « carte » de l’utilisation de la nicotine. Je crois que c’est la première enquête européenne à en couvrir autant d’aspects. Lors de la conception de l’enquête, nous avons essayé de la rendre pertinente pour les différentes situations en Europe tout en respectant un temps raisonnable de 5 à 10 minutes pour y répondre.

L’enquête porte sur l’utilisation de différents produits de nicotine. Afin de limiter la durée de l’enquête, nous nous sommes concentrés sur les cigarettes et les deux produits les plus utilisés par les membres de nos groupes de consommateurs, à savoir les produits de vapotage et le snus. Ces deux produits pourraient faire l’objet d’éventuels enjeux de réglementation lors de la révision de la TPD et de la directive des taxes du tabac (TED).

Les usages des produits de nicotine sont en partie déterminés par les réglementations, tant européennes que locales. À travers l’Europe, l’accès à des produits plus sûrs est variable et les gens peuvent user de moyens de contourner certaines restrictions. L’enquête comporte donc des questions visant à examiner comment les personnes peuvent utiliser les produits différemment en étant soumises à des réglementations différentes.

Notre analyse des données de l’enquête nous permettra d’examiner ces questions. Nous disposerons de données qui seront intéressantes à l’échelle européenne et des données qui nous permettront de mettre en évidence les éventuelles différences entre les pays. Par exemple, nous pourrons comparer la Finlande, qui taxe fortement le vapotage et interdit les arômes d’e-liquides (sauf le tabac), avec des pays plus tolérants. Bien entendu, ces comparaisons ne seront possibles que pour les pays où il y a un nombre suffisant de réponses pour faire une analyse statistique significative.

Qui finance cette enquête - et est-elle indépendante des grandes compagnies de tabac ?

L’enquête est totalement indépendante. Elle n’est pas seulement indépendante des grands cigarettiers, mais aussi de toute industrie. Tout le travail d’élaboration, les traductions et l’analyse future sont et seront effectués sur une base bénévole par des membres d’ETHRA. J’ai assumé le rôle de coordinateur de l’enquête et je n’ai aucun lien financier direct ou indirect avec les industries concernées. Mes revenus proviennent d’une tout autre source.

Le seul coût impliqué est l’abonnement à la plate-forme d’enquête Evalandgo. Celle-ci coûte 50 € par mois et est payée par l’association française à but non lucratif Sovape, qui est membre de l’ETHRA. Sovape est statutairement indépendante de l’industrie du tabac et de l’industrie pharmaceutique. Nous avons opté pour cette plate-forme d’enquête afin de nous assurer que les données ne seront pas utilisées par des entreprises tierces, comme c’est généralement le cas avec les plates-formes gratuites. Elle nous offre également des outils intégrés pratiques et des facilités multilingues.

Donc, pour répondre clairement à ta question, qui est importante : il n’y a aucune implication d’intérêts commerciaux dans cette enquête. C’est pourquoi nous avons besoin d’aide pour partager l’enquête, car nous n’avons pas de budget pour la « pousser » sur les réseaux sociaux.

Quelle a été la réponse jusqu’à présent des vapoteurs ?

Après un peu plus d’un mois, la participation globale a dépassé les 30 000 réponses. C’est un chiffre brut, sans traitement. Nous n’avons aucune expérience préalable à l’échelle européenne, mais je pense que ce chiffre est encourageant pour une enquête qui exige des participants de consacrer un certain temps aux réponses. J’espère que la participation se poursuivra jusqu’à la date de clôture le 31 décembre.

L’enquête a-t-elle livré des résultats importants jusqu’à présent ?

C’est frustrant, mais je ne peux pas répondre à ta question pour deux raisons. Premièrement, donner des indications sur les résultats pourrait influencer les personnes qui vont participer à l’enquête. Deuxièmement, les données actuelles sont brutes et non traitées, elles ne sont pas robustes. Nous traiterons les données une fois l’enquête terminée. Donc, j’espère que les lecteurs du Ashtray Blog me pardonneront, nous devrons attendre jusqu’en 2021 pour obtenir les résultats.

Quelle a été la réponse du Royaume-Uni ?

Elle pourrait être plus importante.

Pourquoi est-il important que les vapoteurs britanniques répondent à cette enquête ?

Les Britanniques ont actuellement une réglementation formatée par la TPD, donc une enquête sur la situation actuelle et les changements possibles les concernent. Des sujets tels que les limites de taille des réservoirs et des fioles de recharge, le taux maximum de nicotine et l’accès au snus pourraient être abordés lors de futures révisions de la législation britannique.

Malgré le Brexit, l’île n’a pas dérivé si loin du continent. En raison de sa proximité avec l’Europe, le Royaume-Uni sera influencé par la réglementation européenne. Le fait de disposer de données comparables peut aider le Royaume-Uni à éviter les mauvaises réglementations en vigueur dans certains pays européens.

Enfin, il s’agit d’une initiative d'utilisateurs. Nous n’avons pas des milliards, nous n’avons pas de lobbyistes professionnels, nous ne possédons pas de médias. Mais nous avons ici l’occasion d’unir nos forces pour faire entendre notre voix et faire respecter nos droits. C'est un geste de solidarité et d’union en répondant à cette enquête qui s’adresse à tous les Européens, y compris ceux qui sont en dehors de l’UE.

Quel impact cette enquête pourrait-elle avoir ?

La motivation initiale de l’enquête est de faire entendre la voix des utilisateurs dans le débat sur la révision de la TPD. Toutefois, l’enquête pourrait avoir d’autres effets. Certains pays, comme la Finlande, n’ont jamais mené d’enquête sur les vapoteurs, et elle sera donc particulièrement utile pour eux. J’espère également que le questionnaire a une touche de dialogue socratique, et qu’il transmet aux participants le message que la réglementation concerne les utilisateurs. Les activistes trouveront les résultats utiles.

Je pense que les professionnels de vape, dont l’écrasante majorité est connue pour être vapoteurs, seront également probablement intéressés. Les professionnels de la santé pourraient être réceptifs à certaines questions, par exemple les données concernant les fumeurs qui voudraient arrêter, mais qui ne réussissent pas. Cela dit, le questionnaire a été conçu pour ne prendre que 5 à 10 minutes à remplir, il ne fournira donc que des indications sur certains points. Peut-être l’enquête inspirera-t-elle aussi des chercheurs pour des enquêtes plus approfondies à l’avenir.

Vous souhaitez aider ? Cliquez ici pour répondre à l’enquête...


mercredi 25 novembre 2020

Mobbing, fichage et diffamation par le Bath TCR de Bloomberg dans Tobacco Control : mon cas exposé

L’histoire a commencé pour moi le 21 février dernier. À Berlin, Ayush Joshi, un chercheur du groupe de recherche sur le tabac (Bath TCR) de l’Université de Bath (UK), me présentait faisant partie d’un réseau d’influence de cigarettiers. Sur l’écran de l’European Conference Tobacco or Health 2020 (ECToH), le graphique où j’apparaissais était relativement incompréhensible. Mais la diffamation était claire. 

Les événements liés au Covid ont retardé ma réaction. En septembre, j’ai écrit au Comité d’éthique de l’Université de Bath, présidé par le Pr C. Eccleston pour signaler les manquements déontologiques de son employé. Entretemps j’avais découvert des traces d’espionnage informatique à mon encontre du même Ayush Joshi, dont la cyber surveillance est la spécialité. Sans être en mesure de dater précisément sa surveillance. D'autres choses étranges restent inexpliquées.

Philip Morris a t-il le monopole de la liberté d’expression?!?

En réaction à mon message, le Comité éthique de l’Université de Bath a fait le mort. Cependant, le 12 novembre, l’article publié dans la revue Tobacco Control par le Bath TCR a retiré le nom de mon blog du graphique remanié. Ce qui n'enlève pas mon fichage sans autre raison que mes opinions et la diffamation préalable. 

Reste aussi l’incroyable assertion de l’article que les personnes ayant exprimé leur opinion sur la politique tabac de l’OMS sur tweeter en octobre 2018, seraient des agents d’un cigarettier. Ceci par amalgame autour d’un graphique aussi ridicule et incompréhensible que sa précédente version berlinoise.

Pourtant les données mêmes de l’article montrent qu’il y a au moins 44 bénévoles sans aucun lien parmi les vapoteurs qu'il incrimine. Je suis un de ceux-là. Pour d'autres personnes concernées, les données sont assez étranges et des réactions à l’article ont déjà souligné l’incongruité de certaines affirmations du papier. Pour une bonne part de ses affirmations, l’article ne donne pas d’éléments permettant de vérifier.

Qui est réellement à la solde d’industries du tabac?

En l'état, je ne peux me prononcer que sur mon cas. Je n’ai pas et je n’ai jamais eu de lien d’intérêt financier avec un cigarettier. Mes revenus proviennent d’une tout autre source, puisque je suis aidé en tant qu’invalide.


Les auteurs de la recherche peuvent-ils en dire autant? Le Bath TCR est directement lié à un organe, dénommée GGTC, sous l’autorité de l’État de Thaïlande. Cette dictature militaire détient le cigarettier nommé Thaïland Autority of Tobacco, ex-Monopole du tabac de Thaïlande. 

Le Bath TCR est également financé par Bloomberg à hauteur de 20 millions $, lui-même en affaire avec l’État d’Inde, détenteur de 28 % du capital du cigarettier ITC. Celui-ci règne en quasi monopole, avec plus de 80 % du marché des cigarettes en Inde. L'Inde est aussi le second producteur mondial de tabac.  

Si on applique les mêmes critères à Bath TCR que celui-ci applique aux organismes ou personnes qu’il incrimine, il n’y a aucun doute qu’il est un "organisme cigarettier" pour utiliser son expression. L'article du Bath TCR est d’autant plus troublant que la COP 8 a été la scène d’un lobbyisme extrêmement agressif des grandes nations tabagiques pour pousser à une interdiction mondiale du vapotage. En particulier, de la Thaïlande et de l’Inde. 

L’OMS sous la pression par 600 tweets de vapoteurs ?

Vouloir faire croire à un effet d’interférence sur l’OMS à travers environ 600 tweets, une fois laissé de côté les retweets et autres évoqués par le Bath TCR, d’une quarantaine de vapoteurs, alors qu’un millier de lobbyistes professionnels étaient réunis en huis clos avec les délégués des pays membres à la salle des Congrès genevoise, a une touche de comique. Le million de morts annuels en Inde et en Thaïlande à cause des cigarettiers l’est moins.

J’ai envoyé ce qui s’appelle une « réponse rapide » à la revue Tobacco Control le 18 novembre. Le critère de publication est une limite de 400 mots. La revue californienne ne l’a pas publié. La voici.

dimanche 22 novembre 2020

Braquage à la Danoise : dépôt du projet de taxe pour "empêcher les fumeurs de passer à la vape"


« Le but de l’introduction de la taxe est de réduire la consommation de vapotage et d’empêcher que l’augmentation des taxes sur les produits du tabac traditionnel n’entraine une consommation accrue de vapotage », explique le Gouvernement danois. Son justificatif pour une taxe de 2 couronnes (Kr) par ml de liquide nicotiné de vape est clair. Pousser les 23% de danois qui fument dans une impasse sans échappatoire pour mieux les racketter. Le projet de modification de la loi sur les accises des produits du tabac a été déposé ce 18 novembre. Le public a jusqu’au 18 décembre pour le commenter dans la procédure de consultation publique

Prix doublé pour les boosters et les liquides d’entrée de gamme

La taxe se monterait à 20 Kr par fiole de 10 ml, sur laquelle s’ajoute une TVA de 25 % au Danemark. Toutes les fioles de liquides nicotinés qui seront encore sur le marché légal seront augmentées de ~3 €30. Les « boosters » sans arômes et les liquides goût tabac ou menthol d’entrée de gamme, actuellement à 25 Kr, doubleront de prix pour atteindre 50 Kr, soit ~7 €. En comparaison, le paquet de cigarettes coûte 55 Kr.

Une loi au goût tabac

L’interdiction prévue de manière concomitante des arômes risque fortement d’entrainer la disparition de liquides plus travaillés et plus chers du marché légal. Car la taxe anti-vape s’inscrit dans un ensemble de mesures du soi-disant plan « tabac » dont j’avais parlé lors de son adoption en décembre dernier. 

Ce plan coordonne la taxe sur la vape à une interdiction des arômes de vape, sauf goût tabac et menthol, l’imposition d’emballages neutres et l’interdiction de visibilité des produits, avec une exception à l’intérieur des seuls vapeshops. Le texte du Gouvernement prévoit l’entrée en vigueur de la taxe au 1er juillet 2022, après un an de délai pour que les entreprises puissent « s’adapter » aux nouvelles dispositions.

Effets secondaires constatés 

Il est difficile de voir comment le Danemark évitera les effets secondaires pervers, constatés en Finlande et en Estonie, de ces mesures. Le Gouvernement ne semble pas s'en être soucié, au point de n'avoir jamais dialogué avec l'association des vapoteurs DADAFO. Un retour au tabagisme d’une partie des 300 000 vapoteurs danois et le recours à des sources parallèles pour ceux qui ne veulent pas mourir pour financer l’État danois sont prévisibles. 

En Finlande, l’entrée en vigueur le 1er janvier 2017 d’une taxe similaire (de 3 €) et de l’interdiction des arômes a entrainé la faillite de 70 % des magasins spécialisés dans l’année. Le taux de tabagisme finlandais est remonté en 2018 au niveau qu’il avait en 2010, à 19 % de fumeurs alors qu’il était descendu à 16 % entretemps. À côté du tabagisme fumé, 6 % de la population finlandaise utilise le snus dont l’importation pour consommation personnelle est autorisée. Sauf lors du confinement en début d’année, ce qui a provoqué du trafic. 

En Finlande, une des pratiques devenues courantes des vapoteurs semble être l’achat d’arômes aux rayons alimentaires, à l’aveugle sur leur sureté pour l’usage en vapotage. Tandis qu’en Estonie, le marché noir a pris en main la vente de liquides de vape. Ces approches pourraient se généraliser à l'Union Européenne à travers les révisions de la TPD et de la directive des taxes TED. Dans cette perspective, l'ETHRA a lancé une enquête en ligne ouverte jusqu'au 31 décembre pour évaluer la situation et les réactions des usagers.


vendredi 20 novembre 2020

Etude de l'INSERM: les ados qui vapotent en premier ont 42 % de risque en moins d'être fumeur quotidien à 18 ans

Les adolescents français qui ont expérimenté en premier le vapotage ont 42 % de risques en moins de devenir fumeurs quotidiens que ceux qui ont d’abord essayé la cigarette. C’est un des principaux résultats d’une nouvelle analyse menée par une équipe de l’INSERM sur les données de près de 44 000 jeunes de 17 à 18 ans interrogés durant la Journée défense et citoyenneté (JDC) du 13 au 25 mars 2017. « Notre objectif est d’estimer l’effet global de l’expérimentation du vapotage avant toute expérimentation de tabac », explique la recherche publiée dans la revue Addiction ce 17 novembre

La conclusion est claire. « Dans l’ensemble, l’expérimentation de la cigarette électronique en premier (par opposition au tabac en premier) a été associée à une réduction du risque de tabagisme quotidien à l’âge de 17-18,5 ans », insiste l'équipe dirigée par le Pr Stéphane Legleye, spécialiste en épidémiologie à l'INSERM. En tenant compte de corrections statistiques, le risque est divisé par 1,72, soit une réduction de 42 % [RR 0.58]. Cette étude confirme les résultats de celle de l’Observatoire français des Drogues et Toxicomanie (OFDT), chroniquée précédemment.

43 % des ados qui essaient la vape, n’essaient jamais de fumer ensuite

Parmi les 44 000 jeunes interrogés, plus de 24 000 avaient fumé ou vapoté au moins une fois dans leur vie. Précisément, 21 701 avaient au moins essayé de fumer et 14 801 essayé le vapotage. Parmi eux, ceux ayant au moins expérimenté les deux étaient au nombre de 12 391. Dans cet échantillon ne comprenant que les jeunes de 17-18 ans ayant expérimenté au moins un des deux produits : 

  • 40 % étaient devenus fumeurs au quotidien [soit ~22 % de l’ensemble des 44 000 jeunes] au moment du questionnaire,
  • tandis que 3 % de l’échantillon [~1,6 % de l’ensemble des 44 000 jeunes] vapotaient au quotidien 
  • et 23 % [~12,5 % de l’ensemble des 44 000 jeunes] au moins une fois dans le mois précédent, ce qui peut correspondre à un vapotage occasionnel festif, 
  • les auteurs ne précisent pas le nombre de fumeurs occasionnels,
  • en moyenne, les jeunes qui ont essayé de fumer en premier l’ont fait à 14 ans, contre 15 ans pour ceux qui ont d’abord essayé la vape.
« Notre premier constat est que 42,9 % des adolescents qui ont fait leurs premières expériences avec la cigarette électronique ne sont jamais devenus des expérimentateurs du tabac (54,4 % et 35,6 % respectivement en “strict” et “inclusif") et que l’expérimentation de la cigarette électronique en premier lieu était associée négativement au tabagisme quotidien ultérieur (RRfull=0,58, 95%CI=[0,54, 0,62]) »

A 18 ans, un ado sur deux qui a essayé de fumer en premier est fumeur quotidien


Pour évaluer le risque statistique corrélé de fumer à 18 ans à l’expérimentation première du vapotage, les chercheurs ont utilisé l’âge d’initiation déclaré. Ils ont fait face à un problème pour 2243 jeunes qui ont essayé les deux produits au même âge. « Pour éviter un biais de mauvaise classification », le calcul principal présenté a partagé ces jeunes pour moitié dans chaque catégorie. En pièce complémentaire, les chercheurs publient les calculs pour les deux cas extrêmes (100 % des 2243 ont commencé l’un ou l’autre).

  • 18 495 jeunes ont d’abord essayé de fumer, 46,3 % (8559 jeunes) sont devenus fumeurs quotidiens au moment de l’enquête ;
  • 5616 jeunes ont d’abord essayé de vapoter, 42,9 % n’ont pas du tout essayé de fumer, 38,4 % ont ensuite essayé de fumer sans devenir fumeur quotidien, et 18,7 % (1049 jeunes) sont devenus fumeurs quotidiens.

Des propensions communes saillantes chez les plus jeunes expérimentateurs

Ils ont ensuite analysé ces chiffres bruts en les corrigeant en fonction d’une liste de différents critères socio-économiques.
« Le ratio de risque mesurant l’association entre l’exposition et le résultat était inférieur à 1 (RRraw=0,59, 95%CI=[0,56 ; 0,62] ; RRfull=0,58, 95%CI=[0,54, 0,62]) (tableau 3), ce qui signifie que les adolescents qui ont expérimenté les e-cigarettes pour la première fois avaient environ 40% de risque en moins de devenir des fumeurs quotidiens au temps de la collecte des données que les personnes qui ont fait leurs premières expériences avec le tabac »

Les chercheurs ont aussi analysé ce risque en fonction de l’âge d’expérimentation du vapotage. Celui-ci est au-dessus de la moyenne pour l’ensemble des jeunes ayant essayé d’abord la cigarette pour ceux qui ont essayé avant leurs 11 ans. Il décroit ensuite fortement. Le faible nombre de jeunes concernés dans l’échantillon invite à prendre avec recul ces ratios, en tenant compte qu’ils sont en regard de la moyenne pour les « primo-fumeurs » de tout âge. 

« Une grande partie des adolescents qui avaient fait leurs premières expériences avec la cigarette électronique ne sont donc jamais devenus des expérimentateurs de tabac. La proportion des expérimentateurs de tabac ultérieurs a diminué de manière continue avec l'âge au moment de l'exposition, de 95% à 11 ans ou moins (n=35/37) à 25,3% à 17 ans (n=(3 203-3 068)/(5 602-5 069)). »

Pourquoi les données françaises sont-elles si différentes des études américaines?

Les chercheurs de l’INSERM semblent être partis du principe que les études américaines prétendant à un effet passerelle de la vape vers le tabagisme sont valables. Ils citent tout de même le travail de méta-analyse d’une équipe de l’Université du Queensland qui a, pour le dire avec retenue, éviscéré ces études. Problèmes majeurs, voire critiques par l’absence de cofacteurs, notamment celui du tabagisme parental ou des amis, biais d’attrition, faiblesse du nombre de cas des échantillons sont notamment reprochés à ces études dans l’analyse publiée dans Addiction en septembre dernier.

Prenant le parti de prendre pour acquis les résultats américains, les chercheurs de l’INSERM soulignent les différences culturelles et réglementaires entre les deux pays comme possibles explications des différences. « Premièrement, en France, le tabagisme est beaucoup plus répandu que dans les pays anglophones, alors que l’inverse est vrai pour l’utilisation de la cigarette électronique », notent-ils.

La théorie des stades

Ils avancent là une théorie historique très mécaniste. « Si l’utilisation de la cigarette électronique peut être considérée comme une nouvelle étape dans “l’épidémie tabagique” [ndt: terme impropre], la France devrait également être à la traîne par rapport aux États-Unis en ce qui concerne l’utilisation des cigarettes électroniques. Dans cette perspective, les adolescents français qui ont été les premiers à expérimenter la cigarette électronique peuvent être considérés comme des pionniers qui ont opté pour un comportement supposé moins nocif et plus attrayant que le tabagisme. L’association entre la e-cigarette et le tabagisme pourrait donc dépendre du stade de l’épidémie atteint par le pays et varier dans le temps ».

Défaut bien connu de ce type de théorie, le présent se trouve expliqué par le futur, ce qui permet toutes les suppositions. Elle a un fort risque d’acte de langage performatif, un effet de prophétie auto-réalisatrice, sous l’aspect d’une explication. Le fait d’adhérer à cette thèse entraine des comportements des décideurs au niveau réglementaire, des services de prévention, etc. qui font advenir ce qu’ils imaginent devoir se produire. 

Un exemple manifeste sur ce sujet a été l’alerte d’Addiction Suisse sur la Juul, annoncée dans les médias comme « l’objet qui fait fureur auprès des ados » à son arrivée en Suisse fin 2018. Rien de mieux pour déclencher un effet de mode en prétendant le prévenir. Puis produire des études aveugles à tout élément déviant de cette explication, et qui aboutissent à tordre les faits pour confirmer l'a priori, comme l'étude défaillante de Zurich publié l'été dernier.

Un impact réglementaire?

Les chercheurs de l’INSERM soulignent, plus ou moins en contrepoint, les différences réglementaires des deux côtés de l’Atlantique. Taux de nicotine limité à 20 mg/ml par la directive européenne TPD (aussi au Royaume-Uni contrairement ce que les auteurs disent par erreur), interdiction de publicité et propagande, qui induit un comportement globalement très hostile des médias, sont notamment évoqués du côté français.

Reste que l’explication la plus évidente est qu’il n’y en a pas à trouver. L’effet passerelle est aussi mythique aux États-Unis qu’ailleurs. L’écroulement indiscutable du tabagisme juvénile américain invalide à la racine ce prétendu effet. Les analyses sérieuses montrent un effet de détournement produit par le vapotage contre le tabagisme des jeunes aux US.

Si les hypothèses d’explication proposées par les auteurs de l’INSERM sont peu convaincantes, la qualité de leur travail d’analyse des données et le courage de publier celui-ci, dans le climat de chasse aux sorcières actuel, sont à saluer. Il est très probable qu’aucun média grand public n’évoquera cette publication. Pourtant une question tabou, même dans le travail publié par Addiction, devrait se poser à partir de ces données.

La question tabou : faut-il abaisser l’âge légal de vente de la vape?

Au lieu de se condamner à répéter la recette américaine, qui en matière de politique de santé publique tient du cauchemar (scandale des opioïdes, gestion catastrophique de la mal-nommée crise Evali, etc.), la réalité n’invite t-elle pas à reprendre le sujet sur d’autres bases que la peur et l’affolement? Cette étude confirme que le « primo-vapotage » est fortement corrélé à une moindre entrée en tabagisme. Selon ses données, ce phénomène bénéficie actuellement en priorité à des garçons, en contraste des filles, ayant plus propension à l’usage "prématuré" de substances psychoactives légales à l’âge adulte, mais moins de celles illicites.

Les conditions semblent indiquer que faciliter le choix de la réduction des risques contre le tabagisme aurait un effet majeur sur les adolescents français. Ne faut-il donc pas abaisser l’âge légal de vente du vapotage par rapport à celui des cigarettes? Le sujet est délicat et mérite réflexion. Mais jusque-là, il est tabou alors que plus d’un quart des adolescents français de 17-18 ans sont déjà fumeurs quotidiens. Un phénomène qui impacte négativement leur santé pour long terme. Le droit à la réduction des risques ne devrait pas être réservé exclusivement aux adultes déjà atteints dans leur intégrité. Le débat doit s’ouvrir.


lundi 9 novembre 2020

Quelles priorités face aux méfaits du tabagisme? L'OMS attend votre avis sur Twitter cette semaine


« Nous voulons vous entendre ! » L’Alliance pour la Convention anti-tabac (FCA) appelle à exprimer nos attentes sur Twitter concernant les priorités de lutte anti-tabac de l’OMS. L’officine invite a accompagner les revendications d’une photo et du hashtag #COP9week. Cette opération se déroule alors que la 9e Conférence des membres de la convention (COP9), qui devait se tenir du 9 au 13 novembre à La Haye aux Pays-Bas, a été annulée en raison de la crise du Covid. L’action sur le réseau social a été lancée dès le 5 novembre par l’organisation financée par le milliardaire Michael Bloomberg.

Le fric ou la santé

Pour la FCA, le mot d’ordre est clair : ils veulent plus d’argent, symbolisé par des $ et des taxes. Mais les bureaucrates bloombergistes ont-ils été bien inspirés de lancer cet appel sur le réseau social? Aux côtés des mots d’ordre conventionnels, les tweets en défense de la réduction des risques se sont mis à fleurir. Les personnes directement concernées semblent avoir un point de vue un peu différent de la FCA.

Rappel du principe de réduction des risques inscrit au 1er article de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac mais bafoué par l’OMS, revendications de respect des droits de l’homme, dénonciations de l’hypocrisie de la politique de l’OMS se multiplient ses dernières heures.

Les concernés se font entendre 

Rebondissant sur l’opportunité rare de pouvoir s’exprimer sur le sujet, les vapoteurs européens notamment interpellent l’OMS Europe — @WHO_Europe — et la Commission européenne — @EU_Commission — qui prépare actuellement l’évaluation de la directive sur les produits du tabac (TPD). Au hashtag #COP9week s’est ajouté celui de #THRworks, pour signifier que « la réduction des risques face au tabagisme, ça marche »

Habitués au huis clos et aux intrigues de coulisses, des membres des organisations liées à la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac s’alertent de « l’interférence de l’industrie du tabac ». Serait-ce le choc d'entendre l'avis des personnes concernées?

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jeudi 5 novembre 2020

L'anti-vape Michèle Rivasi dirige un groupe de travail "informel" de députés européens sur la TPD

Un groupe de travail « informel » au Parlement européen prépare la révision de la directive Tabac (TPD) et fait le forcing pour rédiger son évaluation avec la Commission. Sans transparence sur ses activités, il est dirigé par l’anti-vape Michèle Rivasi, une eurodéputée aux pratiques controversées. Une direction qui condamne par avance l’approche de réduction des risques et tout dialogue avec les usagers et les professionnels de santé de terrain.

Dans l’opacité bruxelloise, un groupe de travail « informel » de parlementaires européens vise « à préparer la révision de la Directive Tabac (TPD) ». Aucun document sur ses travaux, aucun procès-verbal des discussions, ni aucune liste de ses membres ne sont publics. Son activité se passe hors du contrôle citoyen. Un manque de démocratie qui pourrait sembler léger. Sauf que ce groupe manœuvre déjà dans l’ombre à exclure tout débat sur la réduction des risques et imposer des mesures anti-vape.

Derrière son voile « informel », le groupe est dirigé par la controversée Michèle Rivasi, eurodéputée française des Verts et anti-vape affirmée. À ses côtés, Manuel Bompard (France insoumise), Cristian-Silviu Bușoi (Roumanie, Parti libéral), Tilly Metz (Luxembourg, Verts) et Younous Omarjee (France insoumise) semblent également en être membres. Le mystère plane sur l’identité des autres participants.

Add 09-11-2020 17h: L'existence de ce groupe informel est à la fois annoncée sur le site de Michèle Rivasi et dans la lettre aux autorités européennes qu'elle a publié en anglais et français (lien plus-bas). Capture d'écran du site de Michèle Rivasi de ce jour (09 novembre 2020):

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Imposer des mesures anti-vape

L’inquiétude grandit en apprenant qu’à la faveur des restrictions liées au Covid, Michèle Rivasi fait le forcing ces derniers jours pour que son groupe informel rédige l’évaluation de la directive tabac (TPD) avec la Commission Santé, qui doit la présenter d’ici le 20 mai prochain. 

Dans une lettre adressée ce 27 octobre aux autorités européennes, dont Ursula von der Leyen la Présidente de l’Union Européenne, Michèle Rivasi annonce craindre, non sans raison, que "le prisme restrictif du cahier des charges fixé par la Commission, peut aboutir à des rapports permettant d’entériner certains choix préconçus de la Commission". Mais au lieu d'ouvrir un débat, elle annonce vouloir imposer des restrictions anti-vape avant tout examen. 

Elle réclame un « encadrement plus strict des cigarettes électroniques après l’avis de nocivité diffusé par l’Organisation Mondiale de la Santé en juillet 2020 » [note: sans référence, je ne sais pas à quel document de l'OMS se réfère Michèle Rivasi]. Elle prétend que cette mesure, qu'elle assimile à d'autres concernant le lobbying, le marketing des filtres de cigarettes, etc., pourraient « inquiéter les cigarettiers »

Pourtant ce sont les grandes nations du tabac, dont l’Inde et la Thaïlande, associées au lobby des laboratoires pharmaceutiques et un clan d’idéologues puritains pro-abstinence, tous rassemblés autour du réseau Bloomberg qui poussent l’OMS à une position anti-réduction des risques, sans fondement scientifique sérieux et contre l'avis d'experts et d'acteurs de terrain de la lutte anti-tabac. L'OMS Europe a d'ailleurs publié en mai dernier un rapport beaucoup plus tempéré que le rapport Mpower payé par Bloomberg et rédigé par Vinayak Prasad, ex-haut fonctionnaire du Ministère des finances de l'Inde.

Court-circuiter les utilisateurs

La prise d'initiative des associations d'utilisateurs a t-elle hâté l'offensive de la parlementaire? Ouverte jusqu’au 31 décembre, l’enquête EU Nicotine Users Survey a déjà recueilli plusieurs dizaines de milliers de réponses. Forcer des mesures et imprimer une orientation anti-vape dés maintenant, marginaliseraient la voix des associations représentant les 27 millions d’utilisateurs de produits à risques réduits de l’UE, et limiteraient leurs rares possibilités d’interventions citoyennes par la suite. L’expérimentée député européenne sent l’opportunité d’imposer son cadre restrictif et court-circuiter les citoyens défenseurs de réduction des risques. 

Outre les usagers, les professionnels sociaux sanitaires de terrain, sans véritable représentant au niveau européen, risquent aussi d’être ignorés au profit des puissants organismes bureaucratiques liés aux lobbys et au réseau Bloomberg dans la démarche initiée par Michèle Rivasi. Celle-ci met en avant notamment la cellule d'Anna Gilmore de l'Université de Bath, "achetée" - pour reprendre l'expression de Michael Bloomberg lui-même - pour 20 millions $ par le milliardaire américain. 

Les exigences de Michèle Rivasi

Un « encadrement plus strict », Michèle Rivasi l’avait déjà « exigé » le 18 février dernier à une séance entre la commission du parlement sur l’environnement et la santé (ENVI) et la Commission européenne. Son discours était un décalque des éléments de langage anti-vape du réseau Bloomberg. D’où peut-être ses incohérences sur l’état de la réglementation en Europe. 

Car en plus d’une interdiction sans délai des arômes de vapotage, elle exigeait aussi des mesures déjà en place dans la directive actuelle TPD, telles que la restriction de publicité et des avertissements sanitaires sur les emballages, ou relevant de la compétence des États et également déjà en place, comme l’interdiction de vente aux mineurs. 

À sa méconnaissance de la situation réglementaire, elle y avait ajouté l’étalage de sa fameuse orientation scientifique, qu’elle assure ne pas être obscurantiste. « Nous ne savons rien [sic!], ou malheureusement très peu, des effets des additifs chimiques utilisés dans les liquides des e-cigarettes, des résidus de leur combustion [sic!] et de leurs effets combinés », avait-elle clamé au micro de la salle de réunion européenne. Le blog Vap'You avait à l’époque décortiqué point par point son intervention. 

Une personnalité non-obscurantiste pas très claire

Si Michèle Rivasi fait mine d’ignorer les analyses scientifiques du Public Health England, du Royal College of Physicians (UK), de l’Académie nationale de médecine en France, ou des experts allemands de réduction des risques, ce n’est pas chose inhabituelle chez elle. L’eurodéputé verte est une figure de la contestation de la science « officielle ». Critique notamment des vaccins, de la médecine conventionnelle, des ondes et du nucléaire. Bien qu’elle se prétend avant tout contre les lobbys, notamment de la pharmaceutique, elle défend l’industrie de l’homéopathie

Elle ratisse large avec un art consommé du double langage. Exemple la semaine dernière, Michèle Rivasi s’affiche à un colloque anthroposophique sur le traitement du cancer. Puis elle prétend le lendemain ne pas cautionner la médecine anthroposophique. 

Ni anti-vaxx, ni anti-vape, mais tout comme

Michèle Rivasi insiste aussi pour dire ne pas être une anti-vaxx. Pourtant en 2017, elle avait invité Andrew Wakefield pour son film Vaxxed au parlement européen. Projection annulée suite au billet d’un blog, à son tour dépublié sous la pression. La députée avait tout de même organisé une séance en ville en compagnie de l’auteur de la fraude publiée dans le Lancet en 1998 (voir annexe).

Culpabiliser les victimes pour leur dénier le droit à la réduction des risques

On pourrait multiplier les exemples, mais on l’aura compris. Michèle Rivasi n’est pas intéressée par les approches collectives de réduction des risques ni leur capacité à combler les inégalités sociales de santé. Son axe est de surfer sur les angoisses individuelles de l’époque, qu'elles soient ou non fondées. Attiser les doutes pour faire fond de commerce politique. Et cultiver le ressentiment.

Notamment à l’encontre des fumeurs, qu’elle accuse de coûter pas moins de 130 milliards € par an « au détriment des non-fumeurs » en France. Oubliant que ce chiffre farfelu de Pierre Kopp comptabilise pour 115 000 € chaque année de vie perdue par les fumeurs. Des années de vies perdues par les fumeurs morts prématurément donc. Accuser les victimes de mourir pour justifier de leur refuser toute solidarité et politique de réduction des risques est d’un cynisme effarant. 

Pervertir la lutte antitabac en guerre contre la réduction des risques

On l’a vu, avec Michèle Rivasi « le lobby, c’est les autres ». Il semble en être de même dans son engagement sur la TPD. Ses références appuyées à des organismes du réseau d’influence du milliardaire Michael Bloomberg laissent peu de place au doute. Notamment l’organisme STOP, dont le satellite thaïlandais Good Governance for Tobacco Control (GGTC) est un partenariat entre Bloomberg et la Thaïlande, qui détient le monopole du tabac local. Ça se passe de commentaire.

En quelques années, l’affairiste américain a instrumentalisé la cause antitabac au bénéfice de la poursuite de ses propres intérêts politiques, commerciaux et financiers, y compris dans ses affaires avec les grandes nations tabagiques comme l’Inde et la Thaïlande. À coup de centaines de millions $, il a transformé la lutte antitabac en guerre à la réduction des risques, en particulier contre le vapotage

Une volonté politique de tuer toute chance de débat sérieux

Cultiver les angoisses, pousser au ressentiment, se faire championne anti-lobby pour mieux bénéficier du soutien de certains, réussit plutôt bien à Michèle Rivasi. Elle entame son troisième mandat d’eurodéputé. Les médias adorent l’inviter, il y a toujours matière à un petit buzz. Peut-on lui reprocher de continuer ainsi? 

Ce qui interroge est le choix de ses mystérieux collègues de l’avoir parachutée à la tête de ce groupe informel du parlement européen sur la révision de la directive TPD. Est-il raisonnable de livrer la direction d’un groupe informel, qui ne rend compte de rien, sur un sujet de santé publique concernant plus d’un quart de la population européenne à une telle personnalité? 

Qui est derrière cette orientation?

Confier ce poste à une politicienne campée sur une posture de pseudo-pureté condamnant par avance toute possibilité de dialogue contradictoire est synonyme de déni de débat. Ce groupe informel en se rangeant sous les ordres d’une militante ouvertement anti réduction des risques avant tout examen rejette les données, la réalité de terrain et l’expérience des usagers. 

Ce choix est très inquiétant pour les dizaines de millions d’usagers concernés et les milliers de professionnels de santé de terrain, auxquels personne de ce groupe informel ne semble s’intéresser. Une orientation irresponsable politiquement, reflet d'une volonté de tuer toute possibilité de débat sérieux au profit d’une politique spectacle hystérique. 


Annexe : L’affaire Wakefield en bref

« La méfiance croissante vis-à-vis du monde scientifique et médical est en partie liée à la médiatisation de différentes affaires qui ont sapé l’image de la science. La tendance générale à la perte de confiance dans les institutions et les gouvernements est souvent instrumentalisée par de nombreux courants politiques (populisme, fascisme), mais aussi par le mouvement anti-vaccination »
, Brigitte Chamak, l’affaire Wakefield et le mouvement anti-vaccination, dans Neuropsychiatrie de l’enfance et l’adolescence, 2017. 

Pour rappel, qui est Andrew Wakefield que Michèle Rivasi a invité au Parlement européen, avant d’annuler, et organiser la projection de son film Vaxxed à Bruxelles le 9 février 2017? Andrew Wakefield a falsifié en 1998 les résultats d’une étude sur 12 enfants pour affirmer des liens entre la vaccination rougeole-oreillons-rubéole (ROR) et la survenue d’autisme. Brian Deer explique en détail la fraude dans un article pour le BMJ

Engagé initialement pour 55 000 £ par un avocat désirant avoir des "preuves" en vue de gagner un procès contre un laboratoire pharmaceutique, Andrew Wakefield a ensuite touché 400 000 £ d’honoraires supplémentaires. Enfin, lui-même avait déposé un brevet pour un vaccin contre la rougeole, concurrent direct du ROR. Le Lancet a mis douze ans à rétracter l’article frauduleux et Andrew Wakefield a été radié de l’ordre des médecins britanniques. Mais la rumeur du vaccin cause d’autisme court toujours vingt ans après.

Michèle, Rivasi, « normalienne agrégée de sciences naturelles, qui en est à son troisième man­dat d’eurodéputée, est devenue embarrassante pour son parti à force de déclarations hostiles aux vaccins. En 2015, elle esti­mait qu’“aujourd’hui, les vaccins créent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent” », pique le magazine politique Marianne dans un dossier sur les élus écologistes le 7 août dernier.

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mercredi 4 novembre 2020

#MoisSansTabac confiné: l'intérêt de l'entraide en ligne pour arrêter de fumer


Le Mois Sans Tabac 2020 se déroule dans l’ambiance étrange d’un confinement, en raison de l’épidémie de Covid. Cependant en France, les boutiques de vape, considérées comme commerces essentiels, ont le droit d’ouvrir, ainsi que les pharmacies où l’on peut trouver des substituts nicotiniques. Lors du premier confinement au printemps, il n’y a pas eu d’augmentation du nombre de fumeurs en France, même si un quart d’entre eux a augmenté sa consommation de cigarettes en raison du stress. 

Une situation totalement différente de la Belgique qui en interdisant l’ouverture des vapeshops en plus de la vente par internet a précipité des milliers de vapoteurs belges vers la rechute dans le tabagisme. Au printemps, le nombre de fumeurs y a explosé de près de 10 %, selon l’institut Sciensano. Soit 200 000 futurs décès prématurés qui étaient facilement évitables.

Boutiques de vape ouvertes en France

Au contraire, en France il est donc possible de trouver des outils d’aide et les premiers conseils pour arrêter de fumer, comme Jean-Pierre Couteron, addictologue, l'explique à LCI. Au delà du premier geste initial, il est également possible de recevoir le soutien de milliers de pairs aidant via internet tout au long du parcours de défume. Conseils techniques, éclairages sur les effets physiques de l’arrêt de la cigarette, soutien moral se trouvent en ligne. Et cela se révèle particulièrement efficace pour soutenir la démarche d’arrêt.

Vape et entraide : une formule gagnante

Lors de la création en 2017 du groupe Facebook les Vapoteurs #MoisSansTabac, devenu depuis INFO-VAPE, une enquête menée par l’association Sovape a vérifié le taux d’arrêts tabagiques réussis consolidés dans le temps. Près de 38 % des inscrits initiaux ne fumaient plus cinq mois après la fin du Mois Sans Tabac. En comparaison, de 3 à 4 % des fumeurs qui se lancent sans aide ni soutien réussissent à arrêter sur une durée équivalente. 


Ces résultats montrent la puissance de l’aide en ligne par des pairs, accompagnés de professionnels de santé, et spécialisée sur le vapotage. 

Une initiative Suisse en 2016 d’un groupe Facebook tenu par des professionnels de santé, dans le contexte de prohibition des liquides de vapotage nicotinés en Suisse de l’époque, avait abouti à un taux de 13,5 % d’arrêts réussis à cinq mois. L’initiative était pourtant dotée d’un budget sans commune mesure avec l’approche bénévole d’un groupe comme INFO-VAPE.

Différents groupes Facebook et les forums

Au moins deux autres groupes français proposent l’aide à l’arrêt tabagique, en y incorporant la possibilité d’opter pour le vapotage. Le célèbre Je ne fume plus ! et Entraide Tabac : Arrêter de fumer ensemble, mené par Nicolas Govin. 

Santé Publique France créée chaque année des groupes Facebook Mois Sans Tabac par région. D’après l’expérience des années précédentes, la qualité des conseils, l’esprit de bienveillance nécessaire à soutenir l’arrêt, le soutien au libre choix du moyen d’arrêt et le sérieux du suivi peuvent être très variables d’un groupe à l’autre. Rien n’oblige à s’inscrire au groupe de sa région, n’hésitez donc pas à « migrer ».

Si vous préférez d’autres plateformes que Facebook, les forums dédiés au vapotage ont pour la plupart des sections consacrées à l’entraide pour débuter. Les deux principaux forums francophones sont :

Forum-Ecigarette (avec près de 100 000 membres)

Forum Ecigarette-public

Groupe Facebook INFO-VAPE : entraide pour arrêter de fumer à l’aide de la vape 

Groupe Facebook Je ne fume plus! : entraide pour arrêter de fumer tous moyens 

Groupe Facebook Arrêter de fumer ensembles : entraide tous moyens 

Groupe Facebook Mois Sans Tabac


vendredi 30 octobre 2020

Un pas de plus vers une taxe anti-vape en Suisse


Le Conseil national a adopté vendredi une motion proposée par le Conseil des États pour taxer le vapotage. La décision a été prise par 126 voix pour, 42 voix contre et 5 abstentions. Seule une partie du groupe UDC s’y est opposée. Cependant, le Conseil national a ajouté au texte de la motion que la loi Tabac (LPTab) doit être entrée en vigueur pour introduire la taxe anti-vape. L’entrée en vigueur de la LPTab ne devrait pas intervenir avant 2023, selon le rythme qu’adopteront les parlementaires. La modification du texte de la motion fait que le Conseil des États devra le réexaminer. En l’état, le texte ne précise pas le taux d’imposition qui sera appliqué contre le vapotage.

La taxe Japan Tobacco

La motion initiale avait été lancée il y a un an par la Commission Santé du Conseil des États (CSS-E) alors présidée par Joachim Eder. Ce sénateur avait quelques mois auparavant vanté le sens de la responsabilité du cigarettier Japan Tobacco pour son soutien à l’interdiction de vente aux mineurs des produits de vapotage, mais pas des cigarettes.

Punir les ex-fumeurs

Depuis la motion Zanetti en 2011, la loi suisse interdit la taxation du vapotage en raison de l’aide qu’il apporte pour éviter de fumer. La très médiocre étude zurichoise sur les jeunes, que j’ai débunkée il y a deux semaines, a servi de prétexte aux élus pour justifier de voter la future punition taxative contre les personnes qui évitent de fumer à l’aide du vapotage. 

La clause ajoutée par le Conseil national sur l’entrée en vigueur de la loi Tabac pour activer la taxe anti-vape montre cependant que la chambre parlementaire n’est pas dupe. En échange de cette taxe qui protègera de facto les ventes de cigarettes, le Conseil national semble attendre que les cigarettiers ne fassent pas abusivement obstruction à l’avancement de la loi Tabac (LPTab).

mardi 27 octobre 2020

Les taux de toxiques mesurés dans les urines de vapoteurs sont plus proches de non-fumeurs que de fumeurs

Quels niveaux de toxiques mesure-t-on dans les urines de vapoteurs, de fumeurs et de non-fumeurs ? Neuf chercheurs internationaux ont analysé le pipi de différents types de consommateurs américains, britanniques et polonais en 2014. Globalement, les niveaux de composés organiques volatils (COV) des vapoteurs exclusifs sont beaucoup plus proches de ceux des non-fumeurs que des fumeurs.

L’étude, publiée ce 14 octobre en open-access dans la revue Toxics, s’est déroulée en 2014 aux États-Unis (US), au Royaume-Uni (UK) et en Pologne (PL). Elle a comparé l’exposition à la nicotine et à des toxiques, des composés organiques volatils (COV), en mesurant les taux de métabolites dans les urines de fumeurs exclusifs de cigarettes (n = 127), de vapoteurs exclusifs (n = 124), de doubles usagers de cigarettes et vapotage (n = 95) et de non-utilisateurs (ni cigarette ni vape) comme groupe de contrôle (n = 110). 

« Les niveaux urinaires de la plupart des biomarqueurs de toxiques mesurés dans cette étude ne présentent pas de différence significative entre les vapoteurs exclusifs et les non-utilisateurs, à l’exception d’un petit nombre de composés organiques volatils (COV) et de nitrosamines (TSNA). Nos résultats montrent également que, tout en étant exposés à des niveaux élevés de nicotine, les vapoteurs exclusifs à long terme présentent des niveaux de biomarqueurs de toxiques nettement inférieurs à ceux des fumeurs et des doubles usagers », concluent les neuf chercheurs menés par la Dre Danielle Smith, du Centre sur le cancer de Roswell Park.

Écarts minimes entre vapoteurs et non-fumeurs sauf pour trois substances

Les différences entre les fumeurs, y compris les doubles-usagers, et les vapoteurs sont énormes sur la plupart des mesures, notamment les biomarqueurs pour l’acroléine, l’acrylamide, l’acrylonitrile, le butadiène, le crotonaldehyde, le dimethylformamide, le styrène, et le xylène; ainsi que les nitrosamines (TSNA). Tandis que les écarts entre vapoteurs et non-usagers sont minimes, à l’exception selon les auteurs de différences significatives concernant la nitrosamine NNAL et les biomarqueurs pour l’acrylonitrile (CYMA) et le N,N-diméthylformamide (AMCC).

Quelques différences entre vapoteurs polonais et britanniques

En comparant les vapoteurs des trois pays, les vapoteurs polonais présentent des niveaux d’acroléine relativement élevés par rapport aux non-fumeurs, mais également par rapport aux vapoteurs américains et britanniques. Les vapoteurs polonais ont également des niveaux de nicotine sensiblement plus élevés que les autres vapoteurs. 

Les chercheurs n’ont pas de réponse claire pour expliquer cette différence. Ils soulignent les différences  des types d’appareils les plus utilisés entre les trois pays, entre cigalikes à capsule pré-remplie et appareils rechargeables en liquide. Pour rappel, en 2014 l'inventif, mais encore rudimentaire, clearomiseur Stardust était un appareil rechargeable très populaire.

Avant la TPD, des liquides à plus de 20 mg/ml

On peut noter que l’étude s’étant déroulée avant l’entrée en vigueur de la directive européenne TPD, des liquides à plus de 20 mg/ml étaient disponibles en Europe. La segmentation des données a créé une catégorie des utilisateurs de liquide entre 16 et 24 mg/ml, et une autre au-dessus. On ne connaît pas le détail de ceux entre 16 et 20 mg/ml et ceux au-dessus. Chez les vapoteurs exclusifs, près de 55 % des Britanniques et 47 % des Polonais utilisaient un liquide au-dessus de 16 mg/ml dans cette étude de 2014. On ne peut pas être sûr que le panel soit représentatif des vapoteurs de l’époque, le recrutement s’était effectué par petites annonces.

Les doubles-usagers ont des niveaux de toxiques proches de ceux des fumeurs

Concernant les doubles usagers, les résultats montrent des niveaux similaires aux fumeurs pour la plupart des marqueurs de toxiques. Cependant, les taux de nitrosamines et de l’acrylonitrile (CYMA) sont plus faibles chez les vapofumeurs que chez les fumeurs exclusifs. Les doubles usagers fumaient 10 cigarettes par jour en moyenne (dans une fourchette de 2 à 18 cigs/j), contre 15 pour les fumeurs exclusifs (dans une fourchette de 6 à 24 cigs/j).  

« Si l’on considère que les doubles utilisateurs de notre échantillon fumaient globalement moins de cigarettes que les fumeurs exclusifs, nous suggérons que [le niveau plus faible de nitrosamines et d’acrylonitrile] pourrait être en fonction du nombre de cigarettes fumées par jour (CPJ). Cette hypothèse semble être cohérente avec les différences observées dans les niveaux de biomarqueurs chez les doubles utilisateurs des différents pays : les doubles utilisateurs britanniques, qui fumaient plus que les doubles-usagers polonais, ont montré des niveaux statistiquement plus élevés de biomarqueurs d’exposition à plusieurs substances toxiques, dont les nitrosamines NNK, le NAB, le NAT, l’acroléine, l’acrylamide, le benzène, le 1,3-butadiène, le crotonaldéhyde, le cyanure, le styrène et le xylène. Il semblerait donc que certains cas de double usage puissent être associés à une exposition réduite à certaines substances toxiques liées au tabac, en fonction de la fréquence relative de l’utilisation des e-cigarettes par rapport au tabagisme, du nombre de cigarettes fumées et du type d’appareil de vape utilisé », avance l’étude publiée dans Toxics.

Confirmation de la réduction massive des risques

Une recherche publiée en 2017 dans Annals of Internal Medicine avait comparé une sélection similaire de toxiques entre fumeurs, vapoteurs et utilisateurs de substituts nicotiniques. Les vapoteurs exclusifs étaient ceux dont les urines recelaient le moins de toxiques. Plus tôt cette année, une étude de l’Institut Pasteur de Lille a analysé les niveaux de composés organiques volatils des aérosols de vape et de la fumée de cigarette, montrant des niveaux de réduction massifs pour le vapotage par rapport aux cigarettes. Cette nouvelle étude, bien que ses mesures remontent à 2014, confirme une réduction massive de l’exposition aux nitrosamines et aux composés organiques volatils pour les fumeurs qui passent complètement au vapotage. 

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