dimanche 21 juin 2015

Mieux vaut un fumeur mort qu'un vapoteur vivant

Un article de Stefany Gardier pour le Matin Dimanche, nous apprend que la Ligue suisse du cancer préfère laisser mourir les fumeurs du cancer du poumon qu'en faire le dépistage.
Cancer du poumon
Il est celui qui tue le plus: 2000 hommes et 1000 femmes chaque année en Suisse. Paradoxalement, il n’existe pas de dépistage. «C’est un sujet délicat, reconnaît Jakob Passweg, président de la Ligue suisse contre le cancer. Ce cancer est majoritairement lié au tabac. La position actuelle consiste à mettre plus de moyens dans la lutte contre le tabagisme. La société estime qu’il est de la responsabilité des fumeurs de prendre en charge ce risque.» Pourtant des études montrent que l’imagerie par CT-scan permet de dépister tôt ce cancer, dont le pronostic se péjore avec le temps.
Au moins un quart de la population en Suisse (de plus de 15 ans) fume. Plus de la moitié en meurt prématurément. A l'heure où l'Etat désespère de réduire les retraites (AVS), l'élimination en masse de fumeurs, qui auront en part relative beaucoup plus cotisé, avant ou après peu d'années de retraite est une bonne nouvelle financière pour les caisses de l'Etat. Chaque année, aux côtés des 3000 morts par cancer du poumon, 6000 autres meurent de différentes maladies provoquées par le tabagisme. AVC, crise cardiaques, autres cancers, emphysèmes, bronchites etc...


Cet exemple de non assistance à personne en danger par le système de soin illustre la logique de bouc-émissaire en matière de tabagisme. Elle consiste à rendre coupable les victimes et ainsi les abandonner avec la bénédiction du reste de la population, voire parfois des fumeurs eux-mêmes. L'ethnologue René Girard, dans la Violence et le sacré (1972), a analysé le nec le plus ultra de cette politique de domination qu'est la création de bouc-émissaire : réussir à faire culpabiliser les victimes jusqu'à ce qu'elles intègrent le point de vue du pouvoir qui les accuse.

Les cigarettiers ne disent pas autre chose : les fumeurs sont les seuls responsables des méfaits du tabac sur leurs santé. Aujourd'hui tout ce petit monde - cigarettiers, OFSP et pharma - se retrouve uni en Suisse pour prohiber la vape avec nicotine, et ainsi priver les fumeurs d'un moyen efficace de sortir du tabac... Vous l'aurez compris, pour les autorités politiques, sanitaires et économiques du pays, le fumeur est responsable de ne pas avoir la possibilité de se sortir du tabac et il est juste qu'il le paie de sa vie. Présenté en une sorte de justice immanente. Abjecte !

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