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dimanche 8 avril 2018

UCSF: nouvelle plainte contre le Pr Stanton Glantz pour harcèlement sexuel et discrimination raciste

Lundi 26 mars, une nouvelle plainte a été déposée devant la Cour Supérieure du Comté d'Alameda pour harcèlement sexuel, discrimination raciste et des fraudes académiques attenantes contre le Pr. Stanton Glantz, de l'Université de Californie San Francisco (UCSF). Cette fois-ci, la plaignante est une jeune femme d'origine amérindienne révèle le San Francisco Examiner. Après près de trois ans à travailler sous les ordres de Stanton Glantz au Center for Tobacco Control Research and Education (CTCRE) de l'UCSF, son contrat n'a pas été renouvellé en septembre. Tout comme dans une précédente affaire le concernant, le septuagénaire est accusé d'avoir multiplié les gestes et remarques déplacées, les violences verbales et traité de manière discriminatoire la chercheuse d'une quarantaine d'année sa cadette. 

Racisme opportuniste

Une enquête interne de l'Université, bouclée en décembre, confirme le harcèlement sexuel dont la chercheuse a été victime, mais sans examiner le sujet des discriminations racistes à son encontre. Pourtant, un collaborateur du CTCRE témoigne avoir entendu Stanton Glantz hurler à la chercheuse qu'il l'aurait "embauché uniquement parce [qu'elle est] amérindienne". Bien que la jeune femme détienne une expérience préalable de juriste pour un cabinet d'avocat, notamment dans un litige contre l'industrie du tabac. 

Selon la plaignante, Stanton Glantz a utilisé ses origines ethniques pour décrocher des budgets du National Institute of Health (NIH) réservés aux recherches impliquant les minorités amérindiennes. Après que le NIH ait accordé la subvention spéciale, la chercheuse a été "réaffectée à une autre tâche sans pouvoir participer aux projets de recherche prévus sur les politiques concernant les amérindiens", précise le journal californien.

Plagiat et inexactitudes dans les études

Lorsque la plaignante et une autre chercheuse, qui a aussi entamé des poursuites, ont signalé "des inexactitudes et du plagiat dans un article signé d'un autre chercheur sur le sujet des amérindiens, Stanton Glantz aurait été violent verbalement envers les deux femmes selon la plainte déposée", explique le San Francisco Examiner.

L'Université de Californie San Francisco (UCSF) se refuse à tout commentaire sur l'affaire. De son coté, le Pr Stanton Glantz renvoie à ses propres explications sur son blog datant de la précédente plainte en décembre. Il précise au San Francisco Examiner être la victime des deux femmes qui "se sont liguées depuis plus d'un an" contre lui.

Omerta

Le milieu académique, et en particulier le domaine du "tobacco control" - la lutte anti-tabac -, garde le silence sur cette affaire. Pour Carl Phillips, ancien professeur de santé publique écarté pour son soutien à la réduction des risques, cette omerta est un calcul politico-pécunier. Le budget annuel de la team de Stanton Glantz pèse plus de 20 millions $ et ses travaux ont permis de justifier de multiples hausses de taxes contre les fumeurs. Difficile d'imaginer le camp Démocrate torpiller un tel allié à travers les campagnes #MeToo dénonçant le harcèlement des femmes.

Une autre lecture des événements est livré par Dow Patten, l'avocat de la plaignante. Pour le juriste, ces poursuites découlent "d'une culture systémique tolérant le harcèlement sexuel et la discrimination à l'UCSF". L'avocat défend notamment une autre femme, infirmière au Centre de santé des femmes de l'Université, qui se dit victime de harcèlement sexuel, discrimination et de mesures de représailles de son supérieur et de ses collègues.

Le racisme BCBG des universités californiennes 

Ces déclarations font échos, sous l'angle du harcèlement raciste, à l'affaire du Dr Christian Head qui a défrayé la chronique californienne en 2012. Ce chirurgien, seul afro-américain engagé au département médical de l'Université de Californie de Los Angeles (UCLA), avait subi des humiliations à caractère raciste de sa hiérarchie, puis un harcèlement suite à ses plaintes. Une série de photomontages, dont l'un le montrant être sodomisé par un gorille, avait été projeté lors d'une soirée du département. Après qu'il se soit plaint, le photomontage avait été envoyé par mail à l'ensemble de ses collaborateurs. Réaffecté à un autre service, il a alors subit les représailles de sa supérieure Jessica Wang-Rodriguez. 

A bout, il a mis un terme à sa carrière universitaire. On peut voir la vidéo de son témoignage devant un comité du Congrès en 2014. Jessica Wang-Rodriguez a pu sans problème poursuivre sa carrière. Le monde académique californien étant petit, si ce n'est étriqué, on la retrouve à l'origine de la falsification de communication des résultats d'une recherche sur la viabilité de cellules épithéliales avec le vapotage. Ses mensonges avaient généré un buzz mondial alarmiste contre le vapotage durant les fêtes de fin d'année 2015, alors que l'étude montre une énorme réduction des dommages pour les cellules soumises au vapotage par rapport à la fumée de cigarette.

Sujet TV en 2012 sur l'affaire des harcèlements contre le Dr Christian Head à l'UCLA:


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