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mardi 30 octobre 2018

[Bref] Contre les mégots, Genève distribue des cendriers plutôt que des vaporettes

Le matraquage médiatique sur la pollution des mégots de cigarettes a de toute évidence quelque chose de la désignation du bouc-émissaire facile face à l'angoisse écologique généralisée. Depuis le 24 septembre, la campagne anti-mégots de la ville de Genève s'appuie d'ailleurs sur le filon. "Petit voyou" comme accroche, tandis qu'en fond de dessin un fumeur est croqué par des phrases telles que "Pas grave" ou "Pas mon problème". En somme le portrait d'un fumeur antipathique et incivique, dont on se demande comment il peut être inviter à se responsabiliser par une telle adresse. Pour prendre à témoin la population, des compteurs automatiques tournent dans cinq lieux centraux de la ville annonçant le soi-disant nombre de mégots jetés à terre. A l'avenir, la ville veut mesurer plus précisément les déchets des rues avec un système de surveillance "intelligent" par caméra.

A ces mesures publicitaires, la ville de Genève a joint un geste pour permettre aux fumeurs de ne plus jeter leurs mégots à terre. 10'0000 cendriers de poche seront distribués durant l'opération. L'idée de sensibiliser les fumeurs, plutôt que de les stigmatiser, et éventuellement leur offrir une opportunité de passer à un mode de consommation à risque réduit sans mégot tel que le vapotage ne semble pas avoir même effleuré l'esprit des autorités genevoises. A l'opposé d'une approche incitative douce, du type nudge, Guillaume Barazzone, Conseiller administratif de la ville en charge de l’environnement urbain et de la sécurité, rappelle, au micro de la radio RTS, que "à Genève, toute personne qui jette son mégot par terre s'expose à une amende de 100 à 200 Fs".


lundi 29 octobre 2018

[Bref] En Allemagne, les médecins demandent une formation sur l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage

"Une formation spécifique des médecins sur les alternatives modernes telles que le vapotage est souhaitable". Le message délivré par le Dr Christoph Nielen et les Prs Martin Storck et Knut Kröger au Congrès de l'Association allemande d'angiologie (DGG) à Bonn le 20 octobre est clair. "Une nouvelle approche du sevrage tabagique chez les patients atteints de maladie vasculaire est nécessaire", titre le communiqué de presse de la DGG. Les médecins préconisent d'intégrer l'option d'une stratégie de réduction des risques face aux risques liés au tabagisme. 

"Une des principales mesures est la migration des patients à risque de la cigarette vers les vaporisateurs de nicotine modernes. Par exemple, le système de santé britannique les considère déjà comme une alternative au tabagisme", expliquent les trois spécialistes. En Allemagne, les fumeurs sont doublement laissés pour compte: les thérapies d'aide au sevrage ne sont pas remboursées et les alternatives à risque réduit, telles que la vape, ne sont pas recommandées par les organisations de santé. En somme, les autorités sanitaires allemandes exercent une injonction paradoxale aux fumeurs en leur disant d'arrêter mais sans leur donner la possibilité de le faire. 

Malgré ce frein, le vapotage est déjà l'outil le plus utilisé par les fumeurs allemands pour arrêter, dans 9,1% des tentatives selon le monitorage Debra. Bien moins que dans les pays où le vapotage a fait bondir la part d'arrêts réussis, comme l'Angleterre où la vape est employée dans près de 40% des tentatives. Après la présentation des trois experts, un débat a animé la quarantaine de médecins présents. Selon le journaliste Jan Timm, du Medical Data Institute, la discussion a mis en lumière que "les angiologues devraient à nouveau s'impliquer davantage dans l'abandon du tabac". D'où leur demande d'une formation spécifique sur l'arrêt tabagique et la réduction des risques à l'aide du vapotage.


dimanche 28 octobre 2018

Nouveau jeu #******* pour arrêter de fumer: découvre où se trouve le groupe facebook Vape Info Service !

[Titre édité et illustration retirée pour des raisons de blocages - l'humour n'est pas universellement partagé...]

Origami, jeu de la paille et design Castor & Pollux. Volontairement ou non, le ludique s'invite chaque année au Mois Sans Tabac français. Original, novembre 2018 se place sous le signe du jeu de piste. On sent déjà renaître le cœur d'adolescent des aspirants à se libérer de la clope. Leur première mission: découvrir où se trouve le groupe facebook d'entraide à l'arrêt du tabac VAPE INFO SERVICE. Le réseau compte plus de 2'000 inscrits, dont une équipe de modérateurs formés par le tabacologue Jacques Le Houezec. Le neuroscientifique s'est fait une spécialité d'instruire professionnels de santé et de vape à l'accompagnement au sevrage tabagique et spécifiquement l'art du bon usage de la nicotine. Une formation solide financée grâce à une subvention de Santé Publique France.

Le plagiat autorisé, l'information pas trop

Mais pour autant la quête des fumeurs espérant bénéficier de l'entraide de leurs pairs, des professionnels de santé soutenant le groupe et de l'équipe de vapoteurs expérimentés et formés sera moins simple qu'il n'y paraît. Les participants n'auront droit à aucune indication sur le site de Tabac Info Service à propos ni de l'emplacement ni même de l'existence du groupe. Pour corser l'affaire, Vape Info Service ne doit pas même se signaler avec la charte graphique du Mois Sans Tabac. Celle-la même qui a copié le logo de l'action Vapin'Liberty de 2013.

Alors comment les fumeurs espérant de l'aide peuvent-ils s'y retrouver ? Le bouche à oreille, quelques mots chuchotés au détour d'une rencontre fortuite, quelques flyers mauves déposés au coin d'un comptoir de vapeshop ou un post partagé sur les réseaux sociaux. Les indices seront à dénicher à la loupe. Pourtant le groupe Vape Info Service a déjà fait ses preuves. L'an passé, son ancêtre avait pris en charge plus de 4'000 fumeurs, dont la moitié ne fumaient plus à la fin novembre. Cinq mois plus tard ils étaient encore 38% a déclarer ne pas fumer au suivi organisé par l'association Sovape.

Des milliers de fumeurs libérés l'an passé, combien trouveront le chemin cette année ?

Le rapport de Sovape, auquel j'ai participé, insistait tout particulièrement sur la nécessité de "renforcer significativement la place du vapotage dans le Mois Sans Tabac". Une méthode embrassée par un tiers des participants selon François Bourdillon, directeur de Santé Publique France, qui avait été interrogé par France télévision. Six mois après, l'étrange jeu auquel se livrent les autorités françaises, donnant d'une main quelques billets pour former les cadres de l'opération et enlevant, de l'autre, la possibilité de faire connaitre son existence est déconcertant. Signe que le #MoisSansTabac n'est pas le #MoisSansKafka.




Belgique: le Conseil d'Etat rejette le recours des vapoteurs contre l'Arrêté Royal

L'Union Belge pour la Vape (UBV-BDB) a reçu hier l'arrêt du Conseil d'Etat rejetant son recours contre l'arrêté royal du 17 janvier 2017 sur le vapotage. Si le Conseil d'Etat a reconnu l'intérêt des vapoteurs a déposer recours, il n'a pas retenu les griefs des usagers à l'encontre de la loi. Le premier contestait la validité de l'assimilation du vapotage aux produits du tabac. Pour le Conseil d'Etat, l'arrêté royal légifère le vapotage non pas comme tabac mais comme "produit similaire". L'avocat des vapoteurs avait anticipé la réponse en faisant valoir un problème d'égalité de traitement et de discrimination d'un produit très différent du tabac. Le Conseil d'Etat estime que cette question devrait être tranchée par la Cour Constitutionnelle, mais il n'a pas jugé opportun de la saisir (sic!). 

Similaire mais pas identique

"Dans un raisonnement, que l’on peut regretter voire critiquer, le Conseil d’Etat juge, alors qu’en principe il a peu de marge pour se dispenser d’une telle demande, qu’il n’a pas à poser de question préjudicielle à la Cour Constitutionnelle au motif que nous n’exposerions pas en quoi le fait de donner une habilitation au Roi pour réglementer la fabrication et la mise dans le commerce de cigarettes électroniques impliquerait que celle-ci soit soumise à un régime identique à celui du tabac", explique Me Michel Kaiser à ses clients vapoteurs.

Pas de tort démontré

Le second grief des vapoteurs concernait les effets au détriment des consommateurs des entraves au commerce du vapotage, notamment l'interdiction de vente en ligne. Le Conseil d'Etat juge que les recourants n'ont pas apporté d'éléments factuels suffisants pour le démontrer. "Il est vrai que, dans les premiers mois d’application de cette nouvelle réglementation, il était fort difficile d’avoir du recul et de faire la preuve d’un tel élément", reconnait l'avocat. Pourtant l'actualité rattrape ce jugement.

Interdiction de commander au Petit Vapoteur

En effet, à peine le verdict rendu le 12 octobre dernier que la justice a mis en délibéré une plainte contre le magasin en ligne français Le Petit Vapoteur. La chaîne de magasins Alter Smoke lui reprochait ses ventes transfrontalières. "Un jugement du tribunal de commerce vient de nous condamner à ne plus envoyer de commandes aux vapoteurs résidant sur le territoire belge", annonce un communiqué du Petit Vapoteur vendredi dernier.


Altria (Philip Morris USA) fait son 'coming-out' anti-vape

Altria, la scission américaine de Philip Morris, a annoncé jeudi dernier retirer de la vente ses pods MarkTen Elite et Apex et tous ses liquides Green Smoke aux arômes autres que tabac, menthe et menthol. "Bien que nous ne pensons pas que nous avons un problème actuellement avec l'accès ou de l'utilisation par les jeunes de nos produits de vapotage, nous prenons cette mesure parce que nous ne voulons pas risquer de contribuer au problème", a déclaré Howard Willard, directeur d'Altria, lors de la présentation des résultats financiers trimestriels, selon une transcription de FactSet relayée par le Financial Daily.

"Sur la base des informations de la FDA et d'autres*, nous estimons que les produits utilisant des pods contribuent de façon importante à l'augmentation du nombre de vapoteurs chez les jeunes", écrit le patron d'Altria, selon le New-York Times. En réalité, le nombre de lycéens déclarant avoir expérimenté le vapotage a régressé de 16% en 2015 à 11,7% en 2017 selon les statistiques du National Youth Tobacco Survey (NYTS). Sur ces 16% en 2015, seuls 1,7% vapotaient de manière fréquente.
* edit: ajout de la première partie de la phrase, que j'avais tronquée à tort. Merci à Claude pour me l'avoir fait remarquer ;)

Altria tente de torpiller Juul

Personne n'est dupe. Dans le contexte où la Food and Drug Administration (FDA) envisage d'interdire les ou des arômes de vapotage, cette déclaration d'Altria vise à isoler Juul. La start-up indépendante de vapotage a pris une majeure part du marché du retail channel - la distribution en kiosques et magasins non spécialisés - aux produits des cigarettiers. En avril, les analystes de Citi annonçaient que le phénomène allait enterrer l'industrie cigarettière s'il se poursuivait.

Depuis c'est une guerre médiatico-politique sans relâche contre Juul en particulier et le vapotage indépendant en général. Les milieux boursiers, Goldman Sachs notamment, ont accueilli l'annonce d'Howard Willard comme un "élément très positif" pour la valeur des actions d'Altria. "La réponse proactive à une répression réglementaire sur les produits de vapotage qui font appel à des adolescents est un facteur positif pour la position de l'entreprise et met la pression sur son rival Juul", estime le portail financier Market Watch.

Du coté du monde de la vape américainse, on a aussi saisi la manoeuvre. "Contrairement au tabac, les produits de vapotage dépendent des arômes. Le signal envoyé par Altria indique à la FDA que le cigarettier sera ravi de suivre le plan de l'agence visant à limiter la disponibilité et à déporter la vape dans un marché ghettoïsé", commente Jim McDonald, spécialiste du vapotage aux Etats-Unis sur Vaping360.

Coup opportun ou stratégie?

Cette désignation du vapotage comme "problème chez les jeunes" est-elle une réaction opportuniste du cigarettier contre son concurrent ou la manœuvre s'inscrit-elle dans un plan mûrement déployé ? Nous nous posions déjà la question en février de la nature d'un hoax délirant contre la Juul a destination des ados américains: Guerre commerciale, propagande puritaine ou hystérie américaine? La sociologue Amelia Howard, de l'Université de Waterloo (Canada), révèle des documents troublant sur la question (voir son thread en fin d'article).

La chercheuse s'est intéressé à la manière dont le discours du "danger de la Juul" s'est diffusé. "Un élément clef a consisté à coopter des conseillers de soutien aux étudiants, qui sont habitués à avertir les administrateurs, les parents et le public", explique Amelia Howard. Pour toucher ces 'key opinion leaders' du milieu scolaire, Caron a mis au point un programme d'aide aux étudiants, présentés dans plus de 600 écoles. Point sensible: le programme d'aide aux étudiants Caron contient le 'Project connect' financé en totalité par le cigarettier Altria.

Altria diffuse la thèse de la vape comme Grand complot cigarettier !

Cible principale depuis l'an passé du Project connect de Caron à destination du milieu scolaire et financé par Altria: le vapotage. Le listing de hoax affolants habituels est déroulé: de la maladie du pop-corn, aux conversions fausses de la teneur en nicotine entre Juul et cigarettes etc. Point d'orgue de la présentation: la thèse du vapotage comme Grand complot des cigarettiers."Le vapotage a été créé par l'industrie du tabac pour remplacer la perte de ses consommateurs de cigarettes fumées, qui ont fortement décliné avec le temps", explique la présentation de Caron.

Que le cigarettier Altria s'emploie à faire diffuser la thèse du vapotage comme Grand complot des cigarettiers, a quelque chose de sophistiqué en matière de manipulation. De quoi s'interroger, vue d'Europe, sur la confiance que l'on peut accorder à ces nouvelles associations hybrides cigarro-vape, prétendant défendre le vapotage mais créées et financées par des cigarettiers. Tout comme sur la probité de leurs médias "vapoteurs" alternant infos labellisées vape et fakenews alarmistes renvoyant des milliers de personnes vers la cigarette.

jeudi 18 octobre 2018

[Bref] En Thaïlande, les vapoteurs demandent à l'Ombudsman d'intervenir pour faire cesser la répression

Détenir une vaporette en Thaïlande peut vous faire condamner, pour importation d'un objet illicite, à dix ans de prison et une amende d'un million de baths (26'000€). Depuis le 12 décembre 2014, la junte militaire a interdit les produits de vapotage. Depuis des arrestations de vapoteurs bourgeonnent de manière aléatoire au gré des humeurs arbitraires des forces de l'ordre. La presse locale fait parfois l'écho de ses arrestations absurdes, de la vieille dame ayant arrêté de fumer avec le vapotage à la jeune starlette du web contrôlée avec une vaporette dans sa voiture, où même le touriste suisse mal-informé de la situation.

L'Ombudsman saisi de l'affaire

L'Ends Cigarette Smoke Thaïland (ECST), l'association des vapoteurs "pour en finir avec la cigarette fumée", s'est adressé au Directeur du département des droits de l'Ombudsman pour que cette interdiction soit reconsidérée. L'Ombudsman, qui a un rôle de médiateur lors de contentieux entre citoyens et pouvoirs publics, est officiellement entré en matière pour "enquêter sur la légalité de la prohibition du vapotage en Thaïlande".

L'ECST entendu au Ministère du commerce

Dans une situation réglementaire considérée comme la pire au monde par les spécialistes du domaine, l'association des vapoteurs de Thaïlande active les leviers à sa portée pour faire bouger les choses. Le 12 octobre, une délégation de l'ECST était reçu au Ministère du commerce, qui a ouvert un examen sur la question du vapotage depuis le 8 octobre. Les représentants des vapoteurs ont remis entre autres documents, une pétition de plus de 40'000 signatures pour légaliser le vapotage en Thaïlande.

Marit Karunyawat, représentant de l'ECST, fait valoir, dans le journal Asia Times, que régulariser le vapotage serait bénéfique à toutes les parties. Les usagers ne seraient plus en prise avec une répression absurde et arbitraire et ils trouveraient des produits avec plus de sécurité sur leur qualité. Surtout, les fumeurs auraient accès plus facilement à un moyen de réduction des risques reconnu, alors que le tabagisme touche une large part de la population. En régularisant les produits de vapotage, les pouvoirs publics pourraient les réglementer et en contrôler les conditions de vente.

De son côté, Roengrudee Patanavanich, responsable adjoint du Centre de recherche sur la lutte antitabac, reconnait qu'il y a de plus en plus de vapoteurs en Thaïlande et dans le monde. Cependant, selon lui "jusqu'à 30,5% des personnes qui vapotent pensent, à tort, que celles-ci ont un bon parfum, sont sûres et modernes et sans additifs". Seront-ils entendus dans un pays où l'Etat détient le Monopole du Tabac de Thaïlande ?

L'ECST a reçu une réponse d'entrée en matière de l'Ombudsman:

mardi 16 octobre 2018

[Bref] En Allemagne, la désinformation sur la vape maintient-elle les plus défavorisés dans le tabagisme?

Moins de 2% de la population des plus de 15 ans utilisent le vapotage régulièrement en Allemagne, selon le monitorage Allemand Debra mené entre juin 2016 et novembre 2017. Parmi le panel interrogé, seul le quart des vapoteurs ne fumaient pas. "En Allemagne, le vapotage est principalement consommé en "double-usage" avec une consommation de tabac", concluent les chercheurs Daniel Kotz et Sabrina Kastaun dans Bundesgesundheitsblatt. Mais cette tendance générale est très contrastée en fonction des classes sociales. 84,5% des vapoteurs avec un revenu inférieur à 2'000€ mensuels fument encore, tandis que les utilisateurs de vapotage gagnant plus de 5'000€ par mois sont 50% à ne pas fumer. 

La perception du risque est corrélée à la probabilité d'utiliser la vape pour arrêter de fumer

Plusieurs hypothèses se disputent l'explication du phénomène. L'une d'elle est nourrit par une autre étude publiée également la semaine dernière dans le Bundesgesundheitsblatt. Une équipe de l'Institut für Therapieforschung de Munich a analysé l'enquête sur l'usage de substance (ESA) menée auprès de  9'204 personnes en 2015. "Seulement un tiers de la population sait que le vapotage est moins nocif que les cigarettes conventionnelles. La perception du risque est corrélée à l'usage du vapotage pour arrêter de fumer", soulignent les chercheurs menés par la Dr Josefine Atzendorf. 

L'étude confirme en chiffre que la probabilité d'utiliser le vapotage pour cesser de fumer est plus élevée chez les personnes qui savent le vapotage moins nocif que les cigarettes. Mais les personnes avec un niveau scolaire moins élevé sont une nette majorité à ne pas savoir le vapotage moins nocif que le tabac. Encore plus inquiétant, les fumeurs eux-mêmes sont plus nombreux à penser le vapotage plus ou aussi risqué que de continuer de fumer (voir tableau plus bas).

La responsabilité des désinformateurs

Ces données posent la question de la responsabilité des acteurs sanitaires et des médias dans la diffusion d'une culture du doute bénéficiant au maintien du tabagisme. Le remplacement de Martina Pötschke-Langer, après des années de fausses déclarations, par la Dr Ute Mons à la tête de l'influent Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) en 2017 était une première nouvelle appréciable. Mais le climat médiatique reste délétère contre la vape en Allemagne. Les chercheurs Heino Stöver et Dietmar Jazbinsek ont disséqué ce printemps dans Zeit les enjeux qui poussent les lobbys a organisé la désinformation. Même si le marché progresse sensiblement, l'impact du vapotage contre le tabagisme reste nettement en deçà de son potentiel, notamment dans les classes populaires.


[Bref] Suisse: Les HUG recherchent des fumeurs motivés à arrêter pour l'étude sur le vapotage

"Nous recherchons des personnes âgées de 18 ans ou plus qui fument 5 cigarettes ou plus par jour dans les 12 derniers mois, qui sont motivé(e)s à arrêter de fumer et qui résident en Suisse". Dans le cadre de l'étude clinique ESTxENDS, qui va mesurer l'efficacité, la sécurité et la toxicologie du vapotage pour faciliter l'arrêt du tabac, les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) lance cet appel à participants (voir plus bas). 

L'étude se déroule sur six mois, avec deux visites cliniques d'environ une heure, et des entretiens téléphoniques réguliers pour soutenir et conseiller les participants. Par tirage au sort, la moitié recevra une vaporette avec des liquides nicotinés (choix parmi quelques goût et taux de nicotine proposés), tandis que l'autre moitié ne recevra que les conseils et soutiens à l'aide à l'arrêt. Ce groupe aura une petite compensation financière pour son suivi à la fin des six mois de 30 Fs, à défaut d'avoir eu une vaporette.

L'équipe de l'étude menée sur Genève par le Dr Jean-Paul Humair, du Service de Médecine de Premier Recours des HUG, peut être contactée par mail à  etudetabac@hcuge.ch ou au : +41(0) 79 553 09 44. Si vous connaissez des fumeurs susceptibles d'être intéressés et motivés dans la région, faites leur passer le mot...

samedi 13 octobre 2018

Helvetic Vape, cinq ans de lutte et des succès (1): la bataille pour la libération des liquides nicotinés

Bien que la nicotine améliore sensiblement la mémoire, au moins à court terme, le monde de la vape subi aussi ses oublis sous la patine du temps. Pour raviver les couleurs des actions de l'association des vapoteurs en Suisse, nous allons retracer en quelques articles les grands traits de ses cinq ans d'histoire. Helvetic Vape est née en novembre 2013, inspirée de l'exemple d'Aiduce créée quelques mois plus tôt de l'autre côté du Jura. Même objectif de défense des intérêts des usagers des produits de vape, mais dans une situation résolument différente. 

Notamment parce qu'en Suisse, l'administration avait décrété dés 2009 la prohibition de vente des liquides nicotinés. Premier objectif désigné d'évidence pour l'association des vapoteurs: faire tomber cette interdiction. Voici comment Helvetic Vape a gagné la bataille des liquides nicotinés après plus de quatre ans de péripéties.

La libération des liquides nicotinés en Suisse en quelques dates-clefs:
  • 2009: l'administration (OFSP) publie une simple lettre (n°146) interdisant la vente de vape nicotinée en Suisse et limite son importation à titre personnel (révisée en 2010)
  • 8 novembre 2013: fondation de l'association Helvetic Vape
  • 2014: la prohibition règne sans discussion possible en Suisse
  • 24 avril 2015: Helvetic Vape publie un avis de droit du cabinet d'avocats BRS
  • 30 mai 2015: Helvetic Vape distribue des liquides nicotinés à Berne lors de la Vape Mob'. Durant l'été, Insmoke suit son exemple et met en vente des liquides nicotinés
  • 12 novembre 2015: l'administration (OSAV) est forcée de publier une décision administrative concernant son interdiction de vente de liquides nicotinés
  • Décembre 2015: trois recours sont déposés devant le Tribunal administratif fédéral. Celui d'Helvetic Vape est rejeté en raison de son statut d'association de consommateurs
  • 24 avril 2018: le Tribunal administratif fédéral abroge la prohibition en révoquant la décision administrative, jugée gravement défectueuse

Boardwalk empire sur Léman

Début 2014, la vape se popularise aussi en Suisse. Mais la presse raconte alors comment les vapoteurs doivent recourir au marché noir et aux astuces pour passer des liquides nicotinés aux douanes. "Certains en vendent sous le manteau, d’autres font des achats groupés. Dans mon cas, j’avais passé une commande qui faisait 180 ml. Je m’étais trompé, c’est vrai, et la douane a détruit mon paquet", explique Alain Vaucher, premier président d'Helvetic Vape, au journal le Matin en février 2014

Le quotidien vaudois promet que la prohibition va durer encore longtemps. "La législation ne va pas changer de sitôt. Le Conseil fédéral a promis une nouvelle loi sur les produits du tabac, qui sera mise en consultation cet été. Mais déjà, la très influente Commission fédérale pour la prévention du tabagisme veut maintenir l’interdiction de la vente de nicotine en Suisse pour les cigarettes électroniques", assure le même article du Matin en 2014. 

Lutter pour une réduction des risques sans entrave

A Helvetic Vape, on ne l'entend pas de cette oreille. "Je veux me battre pour faciliter au maximum l’accès à la vape. Pour que vaper soit plus facile que fumer. Pour que cela soit diffusé au maximum, sans entraves, sans taxes. Pour que la vape soit reconnue comme une chance formidable d’arrêter l’hécatombe", annonce Alain Vaucher en guise de programme pour l'association. Le premier obstacle à l'accès à l'outil de réduction des risques en Suisse est d'évidence la prohibition. 

De premières tentatives conciliantes de l'association tentent de nouer le dialogue avec les autorités et des organisations du domaine. Réponses paternalistes et condescendantes de la part des autorités sanitaires fédérales. Tandis que des organisations "de santé" se montrent à la limite de l'insulte en refusant de s'abaisser à discuter avec des junkies à la nicotine (sic!). 

L'absence de loi, c'est pas la loi

Du côté des professionnels de la vape, on se montre persuadés des affirmations des journalistes: rien ne peut changer, la loi c'est la loi. Mais les militants de Helvetic Vape ont beau tourner et retourner dans tous les sens les textes de loi, ils ne trouvent pas trace d'une base à cette prohibition décrétée depuis 2009 par une simple lettre n°146 sans valeur juridique de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). 

Pour en avoir le cœur net, l'association mandate le cabinet d'avocat genevois BRS pour un avis de droit sur le sujet. Le détail de l'avis juridique de Maître Jacques Roulet est évidemment complexe, mais la conclusion en est assez simple: cette prohibition n'a pas de base légale. Armée de cet avis de droit, qu'elle a financé seule, et de centaines de fioles de liquide nicotiné confectionnées pour l'occasion, Helvetic Vape provoque les autorités en place publique à Berne en distribuant ouvertement ces fioles lors de la Vape Mob' le 30 mai 2015. 

Des liquides nicotinés à la Vape Mob' 2015

"Selon cet avis de droit, les liquides à vaper contenant de la nicotine peuvent donc être librement importés et distribués en Suisse contrairement à ce que prétend l’OFSP depuis des années. C’est pourquoi Helvetic Vape a décidé de mettre ouvertement en vente, le 30 mai 2015, le premier liquide suisse contenant de la nicotine", déclare Olivier Théraulaz, second président d'Helvetic Vape, sur la Kornhausplatz. La presse en parle, mais les autorités font semblant de rien. L'association n'ayant évidemment pas vocation a devenir une entreprise de vente de liquides de vapotage, le coup semble un one-shot sans lendemain. 

C'est là où il faut saluer l'intelligence et le courage de Stefan Meile, président de la Swiss Vape Trade Association (SVTA) et patron d'InSmoke. Il comprend l'argumentation de l'association des usagers et va s'engouffrer dans la brèche. Il met ouvertement en vente sur son site des liquides nicotinés, forçant ainsi les autorités à réagir. Le chimiste cantonal procède à une vérification et demande une décision en bonne et due forme à l'administration.

Quand il y a une décision administrative, on peut faire recours

L'Office de la sécurité alimentaire et vétérinaire (OSAV) est forcé de publier une décision administrative le 12 novembre 2015. Ouvrant ainsi la possibilité de recourir, dans le délai d'un mois après sa publication. Trois recours sont déposés. Deux par des professionnels, Stefan Meile évidemment et aussi Daniel Rico, de l'entreprise Zodiak. Helvetic Vape en dépose un également

Celui-ci est rejeté par le Tribunal administratif fédéral pour absence d'intérêt digne, tout en précisant l'avoir lu avec attention. Autrement dit, les usagers ne subissant pas d'interdiction de consommer, seuls les vendeurs ont un intérêt à défendre. J'avais trouvé cela contestable, mais l'association a préféré ne pas se lancer dans une bataille juridique coûteuse à l'issue incertaine.

Avril 2018: le Tribunal administratif fédéral abroge la prohibition

Deux ans et demi après le dépôt de ces recours, le Tribunal administratif fédéral (TAF) rend son jugement C-76347/2015 le 24 avril 2018. Il abroge la prohibition de vente des liquides nicotinés, jugée être une "erreur grave" de l'administration. Le TAF n'a pas tenu compte de la défense des deux recourants professionnels, qui s'appuyaient sur le principe du Cassis de Dijon pour demander la légalisation des liquides nicotinés. La raison de l'abrogation de la prohibition est un vice de forme dans la définition du terme de "cigarette-électronique" donnée par l'administration. 

C'est exactement l'argument principal que donnait Helvetic Vape lors de sa conférence de presse du 30 mai 2015. "L’OFSP se fourvoie en considérant que les vaporisateurs personnels et les liquides à vaper constituent une « unité fonctionnelle ». Sur la base de cette considération erronée, cette administration outrepasse ses compétences en créant des règles de droit primaires qui, d’une part interdisent l’importation à titre professionnel et la vente des liquides contenant de la nicotine et, d’autre part limitent les droits des consommateurs à importer ces liquides à titre personnel", détaillait alors Olivier Théraulaz. Trois ans plus tard, le verdict du TAF confirme ce que clamait l'association des usagers.

Un succès pour le droit à la réduction des risques contre le système tabagique

Helvetic Vape n'a pas seulement été initiatrice et moteur de la lutte contre la prohibition des liquides nicotinés en Suisse, elle a également porté l'argument décisif pour son abrogation. Il est regrettable que les autorités se soient montrées incapables d'entendre, de tenir compte et d'avoir simplement l'humanité de prendre en considération la demande de l'association des usagers avant d'être poussées à respecter la loi par le Tribunal administratif fédéral. Mais Helvetic Vape a démontré que la résignation n'est pas la seule option possible face au système tabagique, même en Suisse.


#MeToo Pour 150'000 $, Stanton Glantz achète le silence d'une de ses victimes [MàJ]

Très discrètement, sans annonce, l'Université Californienne de San-Francisco (UCSF) a publié le règlement à l'amiable signé début septembre. L'accord entre l'UCSF et Stanton Glantz d'une part, et la victime, ex-doctorante du Pr Stanton Glantz, d'autre part, s'est soldé pour 150'000 $. La jeune femme s'engage à retirer sa plainte, déposée le 6 décembre dernier, pour harcèlement sexuel, discrimination raciste et violation de la propriété intellectuelle contre le Directeur du Centre de recherche anti-tabac de l'UCSF. L'accord stipule également qu'elle s'engage à ne pas intenter d'autres poursuites pour les faits reprochés dans celle-ci. 

Des décennies de harcèlements

Par contre, l'accord publié ne comporte pas de clause de confidentialité. La victime, qui semble mal vivre cet accord conclu par son avocat, s'est épanchée sur tweeter pour déclarer "son inquiétude pour les autres jeunes femmes qui travaillent avec Stanton Glantz". Elle a évoqué l'existence d'un rapport d'enquête interne de l'UCSF qui confirmerait ses allégations, sans présenter ce rapport. Puis son compte a disparu. Personne ne sait si cela est de sa propre volonté ou contrainte. 

Avant cela, elle avait spécifié dans des échanges sur le réseau social être fermement opposée aux défenseurs de la réduction des risques et du vapotage, comme le rapporte Carl Phillips qui a suivi l'affaire
" Pour tous les vapoteurs et les compagnies de tabac, je suis fermement anti-tabac et anti-vapotage. Je ne me plains de @ProfGlantz seulement à cause de ses décennies de harcèlement sexuel. Donc, si vous êtes pro-nicotine, ne me suivez pas ", un tweet du compte, fermé depuis, de la victime.

Stanton Glantz restitue l'article à son auteure

Concernant la fraude académique, Stanton Glantz s'engage dans l'accord passé à transférer la propriété intellectuelle de l'article nommé TES à sa véritable auteure. "La décision de lui [la victime] permettre de continuer la publication de l'article TES par elle-même n'est en aucune façon une reconnaissance qu'il [Stanton Glantz] a "volé" cet article", précise l'accord au point VI.

Le traitement de la plainte pour des faits comparables d'une autre post-doctorante victime de Stanton Glantz n'est pas connu pour le moment. Au vue du black-out du milieu académique et des médias américains sur cette affaire, l'ingénieur en aéronautique devenu égérie des anti-vapes aux Etats-Unis semble pouvoir garder toute confiance en son impunité.

Mise à Jour 16-10-2018 : Stat et Retraction Watch publient un article confirmant l'existence d'un rapport interne de l'Université de Californie San Francisco (UCSF) sur l'affaire. Ce rapport transmis à la direction de l'UCSF en décembre affirme que Stanton Glantz a créé "un environnement de travail hostile avec du harcèlement sexuel", également contre une autre victime (anonyme dans le rapport). Le rapport demandait à la direction de l'UCSF des mesures pour remédier à ce comportement. Stanton Glantz va devoir suivre des "cours sur le harcèlement sexuel", indique aussi l'article de Stat et Retraction Watch. Il présente également des détails sur le périple de le travail que Stanton Glantz a tenté de s'attribuer alors qu'il a été rédigé par sa victime...


vendredi 12 octobre 2018

En Italie, la majorité essaie t-elle de trahir sa promesse d'abolir la taxe anti-vape ?

"En lisant le premier projet de décret fiscal, nous ne pouvons manquer de constater, avec un regret extrême, l’absence de toute référence à la modification de la taxe actuelle sur les vaporisateurs personnels". Les mots de Carmine Canino, le président de l'Association des vapoteurs en Italie (ANPVU), sentent la colère contenue. Cet été, Matteo Salvini a promis l'abolition de la surtaxe de 4 € par fiole de 10 ml et du régime de distribution par l'Agence des Douanes et des Monopoles (AAMS). Mais aucune trace de réforme ne se trouve dans le texte du Gouvernement déposé au Sénat et sensé la contenir, comme l'a révélé hier le site SigMagazine. Pourtant, un moratoire sur le versement des taxes jusqu'au 19 décembre a été décrété fin septembre, laissant présager de l'arrivée rapide de cette réforme promise. 

Annonce d'une simple baisse de la surtaxe

Mais peut-être que les membres de la majorité ne sont pas tous sur la même longueur d'onde à ce sujet ? La sénatrice Silvana Comaroli annonçait la semaine dernière non plus l'abolition mais une simple baisse de la surtaxe anti-vape. Baisse substantielle tout de même, puisqu'elle réduirait celle-ci de dix fois. "Dans la loi de finances, nous allons changer la taxation du vapotage. L’hypothèse est de le maintenir entre 5 et 10% du montant de la taxe sur le tabac. Ce sera probablement 5%", explique l'élue de la Lega sur la radio Città Aperta. Réaction immédiate de la Coalition des entrepreneurs italiens de vapotage (COIV).
" La promesse était l'abolition de la taxe et la fin du joug de l'AAMS ", Dario Colaianni
"La promesse était l'abolition de la surtaxe et la fin du joug de l'AAMS", rappelle Dario Colaianni, président de la COIV, avant de griffer la sénatrice Comaroli: "Elle déclare pour la première fois que le vapotage est nettement moins nocif que la cigarette, mais elle se contredit dans la foulée pour défendre son asservissement à une surtaxe". D'autres voix du monde du vapotage se sont montrées plus conciliante à l'annonce de la sénatrice. L'assouplissement du taux de surtaxe leur apparaît comme un "moindre mal"

Plus de 12 millions de fumeurs en Italie

Reste que le maintien du principe de taxe punitive et du régime de l'AAMS entravent de facto l'accès au vapotage à de nombreux fumeurs et vapoteurs. L'interdiction de vente sur internet prive d'accès aux produits de vape les personnes hors des centres urbains. Le maintien d'une surtaxe même réduite reste un principe de punition contre les personnes qui évitent de fumer avec le vapotage. Difficile à justifier éthiquement et surtout une publicité négative pour les fumeurs s'interrogeant sur l'arrêt des cigarettes à l'aide du vapotage. 

Tractations en coulisses?

Depuis l'introduction de la surtaxe, le nombre de fumeurs en Italie est reparti à la hausse, dépassant les 12 millions cette année. Tandis que le nombre de vapoteurs s'est écroulé, illustrant le principe de vases communicants. Face à ce désastre économique et sanitaire, une réforme de la réglementation du vapotage est urgente. L'absence de celle-ci dans le texte du décret fiscal est peut-être le signe de tractations en coulisses. Un atermoiement des élus qui réside peut-être dans ce hiatus entre la promesse de libérer la vape de Matteo Salvini, et la volonté de certains élus, comme la sénatrice Comaroli, de la maintenir de manière adoucie dans le carcan tabagique.  


vendredi 5 octobre 2018

#COP8FCTC Le Secrétariat de l'OMS fait un coup de force pour violer le principe de réduction des risques de la Convention-cadre anti-tabac !

Entamées lundi, les discussions au Sommet mondial anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé sont dans une impasse au sujet de la réduction des risques face au tabagisme. D'un côté, les pays favorables à intégrer le vapotage, à l'image du Royaume-Uni qui a réduit d'un quart le nombre de fumeurs depuis 2011 grâce à cet outil. De l'autre les grandes nations productrices de tabac, l'Inde, le Brésil, la Thaïlande notamment, qui veulent prohiber ce moyen d'éviter de fumer. Ce matin, Vera Da Costa, la Secrétaire générale du Secrétariat de la Convention de l'OMS, tente un coup de force inouïe en annonçant à la presse allemande que "l'OMS demande l'interdiction du vapotage". Ceci sans décision de l'assemblée  et contre le principe inscrit dans le texte même de la Convention-cadre, dans son premier article, qui fonde cette réunion des 180 pays et l'Union Européenne. 

Hier, la Framework Convention Alliance, ONG pour ainsi dire "double jumelle" du Secrétariat, appelait les délégués à abandonner le sujet de la réduction des risques dans son bulletin. Un enfumage pour étourdir et endormir les potentiels défenseurs de la réduction de srisques. Ce matin, la brésilienne a eu le champ libre pour lancer son appel à la guerre aux vapoteurs dans la presse. Vera da Costa a donc décidé de son propre chef de remettre en cause le fondement même de cette Convention-cadre, et de déclarer la guerre aux vapoteurs sans accord de l'ensemble des pays membres. 

Vera da Costa abolit de facto l'article 1 de la Convention-cadre anti-tabac !

Dans toute autre organisation, un tel coup de force méprisant les membres de l'organisme se solderait par un scandale et l'exigence de la démission illico de la Secrétaire générale, qui outrepasse définitivement son rôle. Les heures qui viennent nous diront si les pays démocratiques, et notamment le Royaume-Uni qui finance très généreusement l'organisme, sauront mettre le holà à cette dérive ahurissante du Secrétariat de la Convention-cadre anti-tabac de l'OMS. Mais les violations répétées de transparence et des droits des usagers des moyens de réduction des risques du Sommet anti-tabac de l'OMS depuis le début de cette semaine à Genève n'inclinent pas à l'optimisme d'une réaction à la mesure de la dérive...

Voir la vidéo en 4 petites parties (à faire enchainer ;) ) d'une discussion hier de membres d'INNCO à Genève sur le déroulement de la COP8FCTC



jeudi 4 octobre 2018

#COP8FCTC L'OMS a t-elle censuré les images du débat sur le statut d'observateur demandé par INNCO ?

Le bâillon sur la réduction des risques ne sera pas télévisé. Lundi après-midi, le flux du streaming s'est arrêté juste à ce moment-là. Durant les dix minutes du débat et du vote sur l'obtention du statut d'observateur à INNCO, le réseau des organisations de consommateurs de produits nicotinés à risque réduit. Verdict du procès sans témoin: les délégués au 8è sommet mondial "anti-tabac" de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont refusé le statut d'observateur à l'INNCO. "Non seulement la coupure de la vidéo est un exemple flagrant du manque de transparence. Mais c'est aussi la démonstration de la nécessité de la présence des parties concernées non partisanes au cours de la procédure pour garantir le processus démocratique et sa transparence", explique Kim Dabelstein Petersen, de l'association des vapoteurs danois DADAFO, dans le communiqué du jour d'INNCO.

OMS Zéro transparence

Les représentants des vapoteurs espèrent encore récupérer l'enregistrement de la séance dont la retransmission a été coupée. Un vote lors de la séance d'ouverture avait garanti l'accès public par vidéo-streaming des séances. Mais quatre jours après l'incident, le Secrétariat anti-tabac de l'OMS n'a toujours pas tenu cet engagement. "Nous pensons que c'était une ruse pour détourner l'attention du fait qu'interdire le public et l'organisation INNCO rendrait la transparence réelle pratiquement nulle. Le fait que les sessions plénières n’aient toujours pas été chargées sur le site à des fins de contrôle externe, comme convenu et promis, quelle que soit la raison, fait de la transparence un zéro absolu", s'agace l'organisation faîtière qui regroupe 36 associations.

"Nous sommes de vraies personnes"

Quelques représentants des associations de vapoteurs ont pu assister dans le public à la séance d'ouverture durant seulement 3 heures sur la semaine de réunions. "Mais avoir été dans la tribune du public ne suffit pas, INNCO aurait dû bénéficier du statut d'observateur", explique Tomas O'Gorman, de l'association ProVapeo Mexico. Le mexicain, en butte à l'interdiction du vapotage dans son pays, poursuit: "Nous avons besoin de partager nos expériences avec les délégués, de leur montrer que nous ne sommes pas juste un chiffre dans des statistiques ou des tableaux. Nous sommes de vraies personnes et qu'ils décident de notre vie". 

"Le Secrétariat de la Convention de l'OMS et la lutte anti-tabac n'acceptent aucun apport de la société civile et des 1,4 milliards de consommateurs dans le monde. Ceci est totalement inacceptable selon le droit des traités, selon le droit international et selon les principes de fonctionnement de l'ONU et de l'OMS", appuie le communiqué d'INNCO. Face à la tour d'ivoire dans laquelle le Secrétariat anti-tabac de l'OMS a enfermé les délégués avec quelques 1'500 lobbyistes triés, Tomas O'Gorman est dépité: "Les fumeurs méritent d’avoir des alternatives plus sûres, et la Convention anti-tabac de l'OMS veut leur refuser ce droit".

Quelques membres d'INNCO ce midi sur la place des Nations discutent à bâtons rompus du manque de transparence de l'OMS:


lundi 1 octobre 2018

#COP8FCTC Premier jour, première boulette: Anne Bucher, nouvelle DG santé Européenne, croit que la vape est du tabac

"Mais... même si le vapotage ne contient pas de tabac?", insiste le journaliste incrédule. "Oui!", tonne péremptoire Anne Bucher à la conférence de presse de la COP8 anti-tabac de l'OMS. La nouvelle Directrice générale à la santé de la Commission Européenne en est persuadée: la vape, c'est du tabac. Même s'il n'y a pas de tabac. Même s'il n'y a pas non plus de combustion, de dégagement de monoxyde de carbone ni de goudron. C'est du tabac, comme une cigarette. Pour son premier jour en fonction, Anne Bucher nie la distinction faite dans la directive européenne. La française nie aussi allègrement la science, l'évidence et le bon sens des 89% de citoyens ayant participé à la récente consultation de la Commission Européenne. Incompétence obtuse de la nouvelle DG ? Ou peut-être une histoire de climat ?

Climat médiéval 

Du climat, il en a beaucoup été question à l'ouverture ce matin du 8ème sommet mondial anti-tabac COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) durant laquelle Anne Bucher s'est exprimée. Les liens imaginés par les orateurs entre dérèglement climatique et tabagisme étaient pour le moins ésotériques. Mais peut-être faut-il prendre cela au sérieux? Car la COP8FCTC se tient à Genève. Or le climat du jour rappelle furieusement le temps où un autre français, du nom de Jean Calvin, faisait brûler à la même saison Michel Servet pour avoir eu des pensées un peu trop librement exprimées.

Certes, même s'ils ne se cachent pas de détester plus que tout les vapoteurs, les dirigeants de la Convention anti-tabac de l'OMS n'ont pas été jusqu'à user de combustion contre leur liberté. Ils ont simplement accepté la proposition de la déléguée de la Thaïlande d'expulser le public et les médias. La junte militaire thaïlandaise, qui détient le monopole du tabac national, a ses habitudes. A vrai dire, un bon nombre d'autres pays totalitaires ou producteurs de tabac ont trouvé l'idée à leur goût. Seul le Canada a émis le souhait de plus de transparence à l'égard des citoyens. Résultat ? Le public et les médias ont été exclus. Mais un streaming vidéo des séances plénières* est désormais diffusé, en différé de quelques minutes pour censurer en cas de besoin. [*edit: oubli important de ma part, ne sont diffusées que les séances plénières ]
Vera da Costa (Secr, Gale de la FCTC - Brésil), Preeti Sudan (Pres. de la COP8 - Inde) 
et Anne Bucher (DG santé de la Comm. Européenne)

Les marchandages en coulisses entre les délégués des 180 pays membres, plus l'Union Européenne, et les quelques 1'500 lobbyistes autorisés dans le Centre des congrès genevois se feront à l'abri de toute oreille indiscrète. Mais Vera da Costa, la Secrétaire générale du secrétariat anti-tabac, a tenu à préciser en conférence de presse - voir vidéo plus bas - qu'il ne fallait pas penser à un "manque de transparence". Ah ? "C'est pour se protéger des mauvaise influences des cigarettiers", explique la brésilienne. Ce n'est pas ce qui va nous rassurer sur notre impression d'un retour au moyen-âge. Justifier l'opacité pour éviter le magouillage en coulisse... ou comment faire du Machiavel de supermarché. Rideau pour la transparence.

Un peu d'air frais tout de même

Plus tôt dans la journée, 72 courageux experts du domaine ont dit ouvertement, ce que nombre pensent mais n'osent pas déclarer pour ne pas flinguer leur carrière. A savoir que le dogme anti-vape du secrétariat anti-tabac de l'OMS est insensé et contre-productif. Si l'OMS pousse à des réglementations qui entravent la réduction des risques comme le vapotage, "alors ces réglementations peuvent nuire en perpétuant le tabagisme", expliquent t-ils, en anglais ou ma traduction en français.

Plus ironiques, les activistes d'INNCO, le réseau des organisations d'usagers de produits à risque réduit, ont envoyé une lettre de félicitation aux participants de la COP8FCTC pour les excellents résultats financiers des grandes firmes cigarettières, en pleine croissance au fil du déploiement de leurs préconisations. Un troll que le Vaping Post détaille avec le sourire.

Egalement présents sur place, les défenseurs des droits des usagers ont distribué un tract à l'entrée de la Convention anti-tabac dés 7 heures ce matin, puis sur la place des Nations devant le siège des Nations Unies. Il reprend en condensé les éléments de la lettre ouverte envoyée la semaine dernière par INNCO à l'OMS.

Demain en fin de matinée, Harry Shapiro présente son rapport sur l'état de la réduction des risques face au tabagisme, publié par Knowledge Action Change (KAC). Le soir, le Pr Bernd Mayer, toxicologue de l'Université de Graz, fera une conférence au restaurant la Potinière au Jardin anglais (il faut réserver)...

La conférence de presse s'est faite sans streaming qui n'était pas prévu initialement. Mais Frederic Cyrus Roede, de l'organisation Consumer Choice, l'a filmé et partagé en direct sur son compte twitter, où elle est visible en replay.



#COP8FCTC 72 experts internationaux appellent l'OMS à soutenir la réduction des risques

Ce lundi, la 8ème sommet mondial des parties (COP8FCTC) de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT ou FCTC en anglais) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s'ouvre à Genève pour la semaine. Au menu, des discussions à huis-clos entre les délégués des 181 pays, entourés de milliers de lobbyistes choisis par le secrétariat de la convention sur la manière de faire évoluer le traité.

72 experts de renommées mondiale impliqués dans la lutte anti-tabac de longue date ont pris leur plume pour appeler l'OMS et les participants à infléchir la direction prise et s'ouvrir à la réduction des risques. Jusqu'ici sous la direction du secrétariat, qui outrepasse son rôle, la Convention a orienté ses recommandations contre le vapotage, allant jusqu'à prôner la criminalisation des vapoteurs en Asie. A l'opposé, cette lettre au Dr Tedros, directeur de l'OMS, milite pour l'intégration de la réduction des risques dans l'approche de la Convention. Elle est signée d'experts britanniques, américains, français, italiens, grecs, malaysiens, néo-zélandais, mexicains, belges, australiens, suisses, japonais, venezueliens, canadiens, indiens, norvégiens, autrichiens, suédois, tunisiens. 

Ma traduction de la lettre ouverte des 72 experts ci-dessous:

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus 
Directeur général 
Organisation mondiale de la santé 
Avenue Appia 20 
1202 Genève 
Suisse

1er octobre 2018
Cher Dr. Adhanom Ghebreyesus
Innover dans la lutte antitabac: développer la CCLAT pour qu'elle englobe la réduction des risques et des dommages face au tabac
Nous écrivons pour exprimer notre espoir que l'OMS assumera un rôle de premier plan dans la promotion de politiques efficaces et rapides pour la réglementation du tabac et de la nicotine. Dans cette lettre, nous proposons que l’OMS et les parties prenantes adoptent une approche plus positive des nouvelles technologies et des innovations susceptibles d'en finir plus rapidement avec l’épidémie de maladie causée par le tabagisme.
Dans le domaine de la lutte antitabac et de la santé publique, le monde a considérablement évolué depuis la signature de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) en 2003. Il est impossible d’ignorer ou de rejeter l’essor des systèmes alternatifs de délivrance de la nicotine (ANDS). Ceux-ci sont établis et de nouvelles technologies fournissent de la nicotine à l'utilisateur sans combustion de feuilles de tabac ni inhalation de fumée de tabacCes technologies offrent la perspective de gains importants et rapides en matière de santé publique grâce à la 'réduction des risques liés au tabac'. Les utilisateurs qui ne peuvent ou ne veulent pas cesser de consommer de la nicotine ont la possibilité de passer des produits les plus risqués (principalement les cigarettes) à des produits présentant un risque bien moindre que les produits à fumer (p.ex. produits de nicotine propre, tabac sans fumée, vapotage ou tabac vaporisé). Nous croyons que cette stratégie pourrait apporter une contribution substantielle à l'objectif de développement durable (SDG) visant à réduire les décès prématurés dus aux maladies non transmissibles (objectif 3.4 de la SDG).
Le concept de réduction des risques du tabac est consigné dans la définition même de 'lutte antitabac' figurant dans la CCLAT (article 1.d) et nous pensons qu'il doit maintenant être pleinement exprimé dans la CCLAT et par les parties dans leur approche de la mise en œuvre. . À cette fin, nous proposons des principes directeurs pour l’élaboration de la prochaine phase de la lutte mondiale contre le tabagisme, à commencer lors la prochaine Conférence des Parties (COP8, 1-6 octobre, Genève).
  • La réduction des risques du tabac fait partie intégrante de la lutte antitabac . La réduction des risques est une stratégie largement répandue en matière de santé publique (p.ex. VIH, consommation de drogues, santé sexuelle) et elle devrait faire partie intégrante de la lutte antitabac en aidant les fumeurs à cesser de fumer ou leur éviter de commencer, et, en tout cas réduire grandement leur risque.
  • Du point de vue de la santé, la principale distinction entre les produits contenant de la nicotine est de savoir s’ils sont combustibles ou non. Il ne s'agit pas de savoir si ce sont des produits du tabac ou des produits autres que le tabac ou s'ils sont établis ou nouveaux. Le principal objectif de la CCLAT étant la gestion des risques pour la santé, cette distinction devrait faire partie intégrante de la conception et de la mise en œuvre de la CCLAT [1] .
  • La réduction des risques du tabac est favorable et synergique avec les politiques «MPOWER» qui sous-tendent la CCLAT. En offrant aux utilisateurs des options plus diverses pour répondre aux taxes ou à d'autres mesures, la réduction des risques peut améliorer l'efficacité des mesures conventionnelles et atténuer les conséquences préjudiciables involontaires de ces politiques pour les utilisateurs persistants, par exemple l'impact des taxes du tabac sur les personnes qui continuent malgré tout à fumer.
  • Les parties prenantes devraient accorder un poids approprié aux avantages et aux opportunités de la réduction des risques liés au tabacIls ne devraient pas se concentrer exclusivement sur les risques inconnus pour la santé, en particulier lorsque ceux-ci sont des risques mineurs ou improbables. Une occasion perdue d'un gain de santé publique représente un préjudice réel pour la santé publique et devrait être reconnue comme tel.
  • L'adoption par les jeunes de tout produit à base de tabac ou de nicotine exige une stratégie cohérente et adaptable axée sur la réduction des risques actuels et futurs pour les jeunes. Les politiques visant à lutter contre la consommation de nicotine chez les jeunes devraient être fondées sur une compréhension des comportements à risque chez les jeunes, des interactions entre les différents produits (par exemple, pour de jeunes fumeurs le report potentiel vers les produits à faible risque peut être bénéfique), et tenir compte de la balance globale des risques et des avantages pour les adultes et les jeunes découlant des interventions.
  • L'incertitude quant aux effets à long terme ne devrait pas être une raison de paralysieIl est vrai que nous n’aurons pas d’information complète sur l’impact des nouveaux produits jusqu’à ce qu’ils aient été utilisés exclusivement pendant plusieurs décennies - et compte tenu des schémas d’utilisation complexes, peut-être même jamais. Mais nous avons déjà des connaissances suffisantes basées sur les processus physiques et chimiques impliqués, la toxicologie des émissions et les biomarqueurs d'exposition pour être sûr que ces produits sans combustion seront beaucoup moins nocifs que le tabagisme. Nous savons également avec certitude que le produit en place (la cigarette) est extrêmement nocif.
  • La CCLAT et sa mise en œuvre devraient englober une "réglementation proportionnée au risque". Cela signifie que la rigueur de la réglementation ou de la taxation appliquée aux catégories de produits devrait refléter les risques pour la santé. Par exemple, il devrait y avoir des taxes élevées sur les cigarettes, mais des taxes faibles ou nulles sur les produits de vapotage. Il est raisonnable d'interdire toute publicité pour des produits combustibles, mais de placer des contrôles sur la publicité pour les produits non combustibles (pour protéger les jeunes non-fumeurs en particulier) et ainsi de permettre une promotion suffisante pour que les fumeurs puissent encore prendre connaissance des alternatives et soient encourager à commuter vers celles-ci. Cette approche à risque-proportionnée devrait être adoptée de manière transversale à la CCLAT.
  • L'OMS et les Parties de la CCLAT devraient être conscientes et veiller à éviter les conséquences inattendues préjudiciables des interdictions ou d'une réglementation excessiveSi les politiques approuvées par l’OMS rendent les alternatives non-combustibles au tabagisme moins facilement accessibles, moins agréables ou moins acceptables, plus chères, moins conviviales ou pharmacologiquement moins efficaces, ou empêchent l’innovation et le développement de produits nouveaux et améliorés, alors ces réglementations peuvent nuire en perpétuant le tabagisme.
  • Les négociations de la CCLAT devraient être ouvertes à davantage de parties prenantesDe nombreuses parties prenantes, y compris les consommateurs, les médias et les experts en santé publique ayant des opinions favorables à la réduction des risques, devraient faire partie du processus. Nous sommes préoccupés par le fait que la CCLAT ait exclu des points de vue divergents appropriés. Ses délibérations et ses décisions pourraient être plus solides et plus crédibles si ses travaux étaient plus ouverts.
Nous sommes préoccupés par le fait que l’OMS et le Secrétariat de la Convention n’adoptent pas ces principes et, dans de nombreux cas, font le contraire. Nous avons vu la lettre ouverte détaillée qui vous a été envoyée le 3 septembre par le Dr Abrams et al. concernant les risques d'interdiction et de réglementation excessives [2] . Nous recommandons sa lecture à toute personne intéressée par l'avenir de la lutte antitabac.
Nous croyons qu'il est temps que la lutte antitabac adopte la réduction des risques du tabac. Nous espérons que l’OMS et les Parties à la CCLAT feront progresser ce programme lors de cette huitième Conférence des Parties de la CCLAT, à compter d’aujourd’hui. Nous partagerons cette lettre avec les parties prenantes concernées.
Les auteurs de cette lettre confirment n'avoir aucun conflit d’intérêts concernant l’industrie du tabac et aucun problème ne se pose en ce qui concerne l’article 5.3 de la CCLAT.
Cordialement,
David B. Abrams, PhD; Marion Adler, PhD; Jasjit S Ahluwalia, MD, MPH, MS; Sanjay Agrawal, MD, MBChB; Philippe Arvers, MD, PhD; Frank Baeyens, PhD; Shamsul Bahri Mohd Tamrin; Scott D. Ballin, JD; Clive Bates, MA, MSc; Robert Beaglehole, MD, DSc, FRSNZ; Mihi Blair (Ngāti Whātua); Anne Borgne, MD Ron Borland, PhD; Thomas H. Brandon, PhD; John Britton, MD; Dr Jamie Brown, PhD CPsychol; Jean-Pierre Couteron; Sharon Cox, PhD; Kenneth Michael Cummings, PhD; Lynne Dawkins, PhD; Jean-Michel Delile, MD; Allan C. Erickson; Jean-François Etter, PhD; Konstantinos Farsalinos, MD, MPH; Antoine Flahault, MD, PhD; Jonathan Foulds, PhD; Thomas J. Glynn, PhD; Peter Hajek, PhD; Wayne Hall, PhD; Natasha A. Herrera; Martin J Jarvis, DSc OBE; Martin Juneau, députés, MD, FRCPC; Dr.Aparajeet Kar, MD; Leon Kosmider, PhD, PharmD; Lynn T. Kozlowski, PhD; Hiroya Kumamaru, MD, PhD; Christopher E. Lalonde, PhD; Murray Laugesen QSO; Jacques Le Houezec, PhD; William Lowenstein, MD; Karl E Lund, PhD; Bernhard-Michael Mayer, PhD; Olivia Maynard, PhD; Andy McEwen, PhD; Ann McNeill PhD; Klim McPherson, PhD, FMedSci, Hon FRCP; Colin Mendelsohn; Robin Mermelstein, PhD; Faares Mili, MD; Thomas J. Miller; Marcus Munafò, PhD; Raymond Niaura, PhD; Caitlin Notley, PhD; David Nutt, DM, FRCP, FRCPsych, FMedSci, DLaws; Konstantinos Poulas, PhD; Philippe Presles, MD; Lars M. Ramström, PhD; Vaughan Rees, PhD; Steven A. Schroeder, MD; John R. Seffrin, PhD; Lion Shahab, PhD; Rajesh N. Sharan, Ph. D .; Michael Siegel, MD, MPH; Roberto A Sussman, PhD; David Sweanor, JD; Professeur Umberto Tirelli MD; Natalie Walker, PhD; Kenneth Warner, PhD; Alex Wodak; Naohito Yamaguchi, MD; Ben Youdan; 
[pour les titres complets et les affiliations voir le PDF original]
[1]     Nous reconnaissons que des normes de production médiocres et l'inclusion de chaux éteinte (hydroxyde de calcium), noix d'arec et autres ingrédients dangereux dans certains produits traditionnels contenant du tabac tels que le gutka et le paan peuvent rendre ces produits beaucoup plus dangereux que d'autres produits du tabac sans fumée.
[2]     Abrams DB, CD Bates, Niaura RS, Sweanor DT. Lettre au Directeur général de l'OMS, 3 septembre 2018. ( lien vers la lettre )

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