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jeudi 3 octobre 2019

[Article censuré] La fraude de Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée

Nous avons publié le 19 juillet 2019 un article relatant des lettres de deux chercheurs universitaires américains dont l'analyse des données montre que l'étude de Stanton Glantz et Dharma Bhatta parue dans le journal de l'American Heart Association (AHA) affirmant un risque accru du double de crise cardiaque lié au vapotage est frauduleuse. Ces chercheurs avaient écrit au journal pour demandé la rétraction de cette publication frauduleuse. Le Consortium inter-universitaire pour la recherche politique et sociale (ICPSR) a estimé que ces lettres des chercheurs contenaient des données de l'enquête de population sur le tabac et la santé (PATH) qui doivent être restreintes. L'ICPSR exige des auteurs qu'ils "détruisent de manière sécuritaire" tous les documents concernés qu'ils soient sur format papier ou électronique.

Nous avons le plus grand respect pour la vérité et l'information du public, et rien n'indique que la destruction des informations requise n'est justifiée par des erreurs. L'ICPSR utilise une clause de protection des données des personnes enquêtées pour faire censurer cette analyse de la fraude de Stanton Glantz, bien qu'aucun nom ni indice sur l'identité des personnes de l'enquête de population ne soient apparent dans les documents voués à destruction. 

Cependant, nous avons également le respect des personnes et ne désirons pas attirer des ennuis à des chercheurs dont le seul "crime" est d'avoir révélé une fraude. Nous dépublions l'article du 19 juillet 2019 intitulé "La fraude Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée". Nous publions en revanche ce nouvel article titré "[Article censuré] La fraude Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée", qui remplacera également dans l'archive du blog l'article dépublié, bien qu'il ne nous soit plus permis de sourcer les éléments de manière aussi précise et souhaitable qu'auparavant. En complément de cet article, nous conseillons de consulter le blog (en anglais) de Clive Bates, notamment la partie 6, sur les allégations infondées de Stanton Glantz.

[Add à 12h: Par ailleurs, une étude publiée dans Therapeuthic Advances in Chronic Disease le 27 septembre, conclue à l'absence de risque cardiaque accru chez les vapoteurs sur la base de l'analyse des données de la National Health Interview Surveys (NHIS) des années 2016 et 2017 sur près de 60'000 personnes. "Aucune association statistiquement significative n’apparaît entre l'utilisation de cigarettes électroniques et les infarctus du myocarde ou les maladies coronariennes. Les associations entre les facteurs de risque établis, y compris le tabagisme, et les deux types de problèmes étaient remarquablement cohérentes", précisent le Dr Konstantinos Farsalinos, Pr Riccardo Polosa, Fabio Cibella et le Pr Raymond Niaura, auteurs de l'étude. ]

Add à 19h : Le Pr Brad Rodu publie un billet qui revient sur le sujet sur son blog personnel https://rodutobaccotruth.blogspot.com/2019/10/a-false-connection-between-e-cigarettes.html

La révélation de la fraude interdite de communication

On attendra encore longtemps un correctif de l'AFP... Le hoax sur l’accroissement des risques de crise cardiaque à cause du vapotage est démasqué. Mais sa révélation est interdite de communication. Largement relayé par la presse, l'ingénieur Stanton Glantz, de l'Université de San Francisco, a affirmé que la vape double le risque de crise cardiaque. Mais comme cela était soupçonné par de nombreux scientifiques, son étude co-signée avec Dharma Bhatta dans la revue de l'American Heart Association (AHA) est frauduleuse.

Deux chercheurs, à qui il a été interdit le 30 septembre 2019 de communiquer sur le sujet, ont épluché les données brutes de l'enquête Population Assessment of Tobacco and Health (PATH) sur laquelle Stanton Glantz s'est appuyé. Le résultat dont Vapolitique a eu connaissance est que sur les 38 cas de vapoteurs ayant eu des crises cardiaques recensés, 28 d'entre eux les ont eu avant de vapoter, en moyenne plus de dix ans avant. Restent 10 vapoteurs ayant eu des crises cardiaques sur les 25'0000 personnes que comporte l'enquête PATH. Rapporté à l'ensemble des vapoteurs de l'enquête, cette dizaine de cas donne un risque environ trois fois moindre que celui annoncé par l'étude de Stanton Glantz et Dharma Bhatta. Un risque proche des données concernant les ex-fumeurs sur le sujet en général.

Le 11 juillet 2019, une demande officielle de rétraction de l'article frauduleux a été adressée à l'AHA. Les auteurs de cette demande ont désormais l'interdiction par le Consortium inter-universitaire pour la recherche politique et sociale (ICPSR) de rendre publique son contenu, au prétexte de la protection de données personnelles de l'enquête de population PATH. Cette lettre, portée à la connaissance du public par le journal USA Today dans son édition du 19 juillet, a été consultée par Vapolitique. Nous pouvons affirmé que Stanton Glantz et Dharma Bhatta n'ont pas pris en compte dans leur étude l'information détaillée de l'enquête PATH à la fois le moment où les participants ont été informés pour la première fois qu'ils ont eu une crise cardiaque, ainsi que le moment où ces participants ont commencé à utiliser le vapotage.
En résumé, les vapoteurs sont beaucoup moins enclins à avoir une crise cardiaque, et n'ont surement pas le double de risque
En tenant compte de cette chronologie des événements des personnes enquêtées, le calcul des risques de crise cardiaque chez les vapoteurs par rapport au reste de la population donne des chiffres tout à fait différents que ceux avancés par Stanton Glantz. Au lieu d'un risque doublé, on trouve une risque sensiblement réduit de crise cardiaque chez les vapoteurs par rapport à la population en général. Ce qui est concordant avec les données relevées chez les autres ex-fumeurs en général. Les chiffres du calcul ré-effectué par les chercheurs nous sont désormais interdits d'être publiés, bien qu'ils ne présentent aucun violation de données personnelles.

En juillet en réponse, Stanton Glantz a invoqué une analyse secondaire dans l'étude publiée par l'AMA. A la page 9 (tableau S6) de cette analyse secondaire, Stanton Glantz et Dharma Bhatta ont estimé que tout vapoteur ayant eu un infarctus du myocarde depuis 2007 était victime du vapotage. Sur les 16 personnes concernées dans l'enquête, 6 ont eu cette crise depuis 2007 mais plusieurs années avant de se mettre à vapoter. Cette analyse secondaire ne réduit pas les lacunes générales de l'étude, puisqu'elle comporte elle-même de graves erreurs de chronologie entre les événements corrélés.

Ce n'est pas une erreur, c'est un mensonge

Cette analyse secondaire montre que Bhatta et Glantz savaient que de nombreux vapoteurs actuels ont eu une crise cardiaque avant de commencer de vapoter. Leur affirmation publiée dans le journal de l'AHA et très médiatisée que la vape est un facteur de risque accru de crise cardiaque ne tient pas. La demande de rétraction de l'étude au journal de l'AHA avait donc été maintenue, mais cette demande est désormais interdite d'être communiquée au public par le Consortium inter-universitaire pour la recherche politique et sociale (ICPSR) au prétexte de la protection de données personnelles de l'enquête PATH.

Dans un article le 19 juillet du journal USA Today (*) à propos de cette plainte, le Pr Raymond Niaura, de l'Université de New-York, confirme l'absence de rigueur et de preuve des affirmations de Stanton Glantz. Ayant également réanalysé pour vérification des études sur les liens entre vapotage et crise cardiaque, le chercheur conclue: "nous n'avons trouvé aucune relation entre vapotage et crise cardiaque. Nous ne sommes tout simplement pas en mesure de répondre à la question fondamentale de ce qui est survenu en premier".

Le réel danger cardio-vasculaire est le monoxyde de carbone

Une fois dévoilée la fraude de Stanton Glantz et Bathra Bhatta pour gonfler le nombre de vapoteurs, il resterait une dizaine de cas de crises cardiaques de vapoteurs dans le suivi PATH (qui comprend plus de 25'000 américains). D'autres facteurs tout autre que leur vapotage peuvent être impliqués dans ces crises: à commencer évidemment par leur tabagisme passé, comme le soulignait le Pr Carl Philipps sur les recherches à ce propos. En l'état des connaissances, non seulement rien ne prouve un risque accru de crise cardiaque lié au vapotage, mais rien n'indique même qu'il y a une inquiétude à avoir sur cette question. 

Le monoxyde de carbone dégagé en masse par la fumée de cigarette reste le principal facteur de détérioration cardio-vasculaire lié au tabagisme. Il est totalement absent du vapotage. Le message salutaire essentiel à donner aux fumeurs cardiaques reste d'arrêter de fumer. Le vapotage peut aider certains d'entre eux pour quitter la cigarette. Affirmer le contraire est irresponsable et criminel. Les médias qui ont colporté les propos frauduleux de Stanton Glantz se doivent de corriger cette désinformation.

(*) Conflits d'intérêt croisés

USA Today a choisi de dramatiser la nouvelle sous forme d'opposition de personnes entre Stanton Glantz et Brad Rodu. Une large part de l'article concerne les potentiels conflits d'intérêt des deux protagonistes.

D'un côté Brad Rodu, à qui il a été refusé des crédits pour des recherches sur le snus qu'il voulait mener dans les années 1990', a accepté des aides financières de firmes cigarettières. Depuis, les données épidémiologiques en Suède ont confirmé le bien-fondé de ses travaux sur la forte réduction des risques du snus.

Happening contre l'impunité de Stanton Glantz
De l'autre, Stanton Glantz, ingénieur aéronautique, s'est reconverti dans la lutte anti-tabac durant les années 1990' à l'aide de financement des firmes pharmaceutiques telles que Johnson & Johnson. Actuellement, il bénéficie de deux crédits fédéraux de 20 millions $ chacun, l'un du NIH, l'autre pour des recherches anti-tabac et anti-vape de la FDA. Accusé d'harcèlement sexuel et de discrimination raciste par plusieurs de ses étudiantes, il a négocié un arrangement financier pour stopper les poursuites en justice de ses victimes.

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