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jeudi 3 octobre 2019

[Article censuré] La fraude de Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée

Nous avons publié le 19 juillet 2019 un article relatant des lettres de deux chercheurs universitaires américains dont l'analyse des données montre que l'étude de Stanton Glantz et Dharma Bhatta parue dans le journal de l'American Heart Association (AHA) affirmant un risque accru du double de crise cardiaque lié au vapotage est frauduleuse. Ces chercheurs avaient écrit au journal pour demandé la rétraction de cette publication frauduleuse. Le Consortium inter-universitaire pour la recherche politique et sociale (ICPSR) a estimé que ces lettres des chercheurs contenaient des données de l'enquête de population sur le tabac et la santé (PATH) qui doivent être restreintes. L'ICPSR exige des auteurs qu'ils "détruisent de manière sécuritaire" tous les documents concernés qu'ils soient sur format papier ou électronique.

Nous avons le plus grand respect pour la vérité et l'information du public, et rien n'indique que la destruction des informations requise n'est justifiée par des erreurs. L'ICPSR utilise une clause de protection des données des personnes enquêtées pour faire censurer cette analyse de la fraude de Stanton Glantz, bien qu'aucun nom ni indice sur l'identité des personnes de l'enquête de population ne soient apparent dans les documents voués à destruction. 

Cependant, nous avons également le respect des personnes et ne désirons pas attirer des ennuis à des chercheurs dont le seul "crime" est d'avoir révélé une fraude. Nous dépublions l'article du 19 juillet 2019 intitulé "La fraude Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée". Nous publions en revanche ce nouvel article titré "[Article censuré] La fraude Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée", qui remplacera également dans l'archive du blog l'article dépublié, bien qu'il ne nous soit plus permis de sourcer les éléments de manière aussi précise et souhaitable qu'auparavant. En complément de cet article, nous conseillons de consulter le blog (en anglais) de Clive Bates, notamment la partie 6, sur les allégations infondées de Stanton Glantz.

[Add à 12h: Par ailleurs, une étude publiée dans Therapeuthic Advances in Chronic Disease le 27 septembre, conclue à l'absence de risque cardiaque accru chez les vapoteurs sur la base de l'analyse des données de la National Health Interview Surveys (NHIS) des années 2016 et 2017 sur près de 60'000 personnes. "Aucune association statistiquement significative n’apparaît entre l'utilisation de cigarettes électroniques et les infarctus du myocarde ou les maladies coronariennes. Les associations entre les facteurs de risque établis, y compris le tabagisme, et les deux types de problèmes étaient remarquablement cohérentes", précisent le Dr Konstantinos Farsalinos, Pr Riccardo Polosa, Fabio Cibella et le Pr Raymond Niaura, auteurs de l'étude. ]

Add à 19h : Le Pr Brad Rodu publie un billet qui revient sur le sujet sur son blog personnel https://rodutobaccotruth.blogspot.com/2019/10/a-false-connection-between-e-cigarettes.html

La révélation de la fraude interdite de communication

On attendra encore longtemps un correctif de l'AFP... Le hoax sur l’accroissement des risques de crise cardiaque à cause du vapotage est démasqué. Mais sa révélation est interdite de communication. Largement relayé par la presse, l'ingénieur Stanton Glantz, de l'Université de San Francisco, a affirmé que la vape double le risque de crise cardiaque. Mais comme cela était soupçonné par de nombreux scientifiques, son étude co-signée avec Dharma Bhatta dans la revue de l'American Heart Association (AHA) est frauduleuse.

Deux chercheurs, à qui il a été interdit le 30 septembre 2019 de communiquer sur le sujet, ont épluché les données brutes de l'enquête Population Assessment of Tobacco and Health (PATH) sur laquelle Stanton Glantz s'est appuyé. Le résultat dont Vapolitique a eu connaissance est que sur les 38 cas de vapoteurs ayant eu des crises cardiaques recensés, 28 d'entre eux les ont eu avant de vapoter, en moyenne plus de dix ans avant. Restent 10 vapoteurs ayant eu des crises cardiaques sur les 25'0000 personnes que comporte l'enquête PATH. Rapporté à l'ensemble des vapoteurs de l'enquête, cette dizaine de cas donne un risque environ trois fois moindre que celui annoncé par l'étude de Stanton Glantz et Dharma Bhatta. Un risque proche des données concernant les ex-fumeurs sur le sujet en général.

Le 11 juillet 2019, une demande officielle de rétraction de l'article frauduleux a été adressée à l'AHA. Les auteurs de cette demande ont désormais l'interdiction par le Consortium inter-universitaire pour la recherche politique et sociale (ICPSR) de rendre publique son contenu, au prétexte de la protection de données personnelles de l'enquête de population PATH. Cette lettre, portée à la connaissance du public par le journal USA Today dans son édition du 19 juillet, a été consultée par Vapolitique. Nous pouvons affirmé que Stanton Glantz et Dharma Bhatta n'ont pas pris en compte dans leur étude l'information détaillée de l'enquête PATH à la fois le moment où les participants ont été informés pour la première fois qu'ils ont eu une crise cardiaque, ainsi que le moment où ces participants ont commencé à utiliser le vapotage.
En résumé, les vapoteurs sont beaucoup moins enclins à avoir une crise cardiaque, et n'ont surement pas le double de risque
En tenant compte de cette chronologie des événements des personnes enquêtées, le calcul des risques de crise cardiaque chez les vapoteurs par rapport au reste de la population donne des chiffres tout à fait différents que ceux avancés par Stanton Glantz. Au lieu d'un risque doublé, on trouve une risque sensiblement réduit de crise cardiaque chez les vapoteurs par rapport à la population en général. Ce qui est concordant avec les données relevées chez les autres ex-fumeurs en général. Les chiffres du calcul ré-effectué par les chercheurs nous sont désormais interdits d'être publiés, bien qu'ils ne présentent aucun violation de données personnelles.

En juillet en réponse, Stanton Glantz a invoqué une analyse secondaire dans l'étude publiée par l'AMA. A la page 9 (tableau S6) de cette analyse secondaire, Stanton Glantz et Dharma Bhatta ont estimé que tout vapoteur ayant eu un infarctus du myocarde depuis 2007 était victime du vapotage. Sur les 16 personnes concernées dans l'enquête, 6 ont eu cette crise depuis 2007 mais plusieurs années avant de se mettre à vapoter. Cette analyse secondaire ne réduit pas les lacunes générales de l'étude, puisqu'elle comporte elle-même de graves erreurs de chronologie entre les événements corrélés.

Ce n'est pas une erreur, c'est un mensonge

Cette analyse secondaire montre que Bhatta et Glantz savaient que de nombreux vapoteurs actuels ont eu une crise cardiaque avant de commencer de vapoter. Leur affirmation publiée dans le journal de l'AHA et très médiatisée que la vape est un facteur de risque accru de crise cardiaque ne tient pas. La demande de rétraction de l'étude au journal de l'AHA avait donc été maintenue, mais cette demande est désormais interdite d'être communiquée au public par le Consortium inter-universitaire pour la recherche politique et sociale (ICPSR) au prétexte de la protection de données personnelles de l'enquête PATH.

Dans un article le 19 juillet du journal USA Today (*) à propos de cette plainte, le Pr Raymond Niaura, de l'Université de New-York, confirme l'absence de rigueur et de preuve des affirmations de Stanton Glantz. Ayant également réanalysé pour vérification des études sur les liens entre vapotage et crise cardiaque, le chercheur conclue: "nous n'avons trouvé aucune relation entre vapotage et crise cardiaque. Nous ne sommes tout simplement pas en mesure de répondre à la question fondamentale de ce qui est survenu en premier".

Le réel danger cardio-vasculaire est le monoxyde de carbone

Une fois dévoilée la fraude de Stanton Glantz et Bathra Bhatta pour gonfler le nombre de vapoteurs, il resterait une dizaine de cas de crises cardiaques de vapoteurs dans le suivi PATH (qui comprend plus de 25'000 américains). D'autres facteurs tout autre que leur vapotage peuvent être impliqués dans ces crises: à commencer évidemment par leur tabagisme passé, comme le soulignait le Pr Carl Philipps sur les recherches à ce propos. En l'état des connaissances, non seulement rien ne prouve un risque accru de crise cardiaque lié au vapotage, mais rien n'indique même qu'il y a une inquiétude à avoir sur cette question. 

Le monoxyde de carbone dégagé en masse par la fumée de cigarette reste le principal facteur de détérioration cardio-vasculaire lié au tabagisme. Il est totalement absent du vapotage. Le message salutaire essentiel à donner aux fumeurs cardiaques reste d'arrêter de fumer. Le vapotage peut aider certains d'entre eux pour quitter la cigarette. Affirmer le contraire est irresponsable et criminel. Les médias qui ont colporté les propos frauduleux de Stanton Glantz se doivent de corriger cette désinformation.

(*) Conflits d'intérêt croisés

USA Today a choisi de dramatiser la nouvelle sous forme d'opposition de personnes entre Stanton Glantz et Brad Rodu. Une large part de l'article concerne les potentiels conflits d'intérêt des deux protagonistes.

D'un côté Brad Rodu, à qui il a été refusé des crédits pour des recherches sur le snus qu'il voulait mener dans les années 1990', a accepté des aides financières de firmes cigarettières. Depuis, les données épidémiologiques en Suède ont confirmé le bien-fondé de ses travaux sur la forte réduction des risques du snus.

Happening contre l'impunité de Stanton Glantz
De l'autre, Stanton Glantz, ingénieur aéronautique, s'est reconverti dans la lutte anti-tabac durant les années 1990' à l'aide de financement des firmes pharmaceutiques telles que Johnson & Johnson. Actuellement, il bénéficie de deux crédits fédéraux de 20 millions $ chacun, l'un du NIH, l'autre pour des recherches anti-tabac et anti-vape de la FDA. Accusé d'harcèlement sexuel et de discrimination raciste par plusieurs de ses étudiantes, il a négocié un arrangement financier pour stopper les poursuites en justice de ses victimes.

samedi 14 septembre 2019

Spécial JIM - Accidents aux USA avec des produits frelatés: les infos qu'on trouve si on cherche

Ce matin, le Journal International de Médecine (JIM) m'étrille, en la bonne compagnie du Docteur et blogueur Jean-Yves Nau. "Vapolitique (...) n’a pour l’heure pas proposé d’informations complémentaires (voire de rectifications)", pique Aurélie Haroche sur le dossier des décès et malades aux Etats-Unis, liés selon mes informations à des produits frelatés de vapotage. Ce dont semble douter la journaliste spécialisée. Peut-être est-ce une réaction personnelle, mais il me semble étrange de pointer les éventuelles lacunes d'un blog d'un bénévole - en l'accusant à la fois de ne pas avoir publier de nouveau billet sur le sujet et de "matraquer" une information (sic!) -, sans questionner les défaillances d'information des médias professionnels et des autorités sanitaires.

Des faits

Je maintiens que l'AFP a caché au public francophone que dés le 25 juillet, le frère de la première victime décédée avait révélé devant les caméras de Fox6 qu'il utilisait des produits frelatés du marché noir. Cette omission est clairement de la désinformation. Et Aurélie Haroche ne présente aucun élément invalidant cette catastrophe de santé publique que représente la désinformation sensationnaliste des médias mainstreams français sur ce dossier, à l'exception heureuse de Libération.

Mais surtout, depuis mon dernier billet sur le sujet, rien de crédible et pertinent n'a invalidé que la source des accidents est liée à des produits frelatés de vape avec THC provenant du marché noir. Le 9 septembre, la Food and Drug Administration (FDA) a d'ailleurs publié un avertissement aux "consommateurs pour qu'ils prennent soin d'eux-mêmes en évitant les produits de vape au THC" qui au niveau fédéral sont illégaux.

Le Département de Santé de l'Etat de New-York avait précédemment laissé fuiter que les malades avaient pour la quasi-totalité reconnu avoir consommé des produits illicites de vape au THC du marché noir, puis a précisé qu'un additif huileux de vitamine E était probablement en cause, dans la Washington Post. A noter que plusieurs des malades qui n'avaient dans un premier temps pas osé "avouer" avoir consommé ce type de produits illégaux, l'ont ensuite reconnu.

Un peu de logique face à l'idiocracie peut-être ? 

Mais en plus des éléments factuels sur les cas, une réflexion assez simple sur la survenue de problèmes concentrés dans un laps de temps très court par rapport à un produit utilisé depuis 2003 suffit. Le 5 septembre sur son blog, le Dr Konstantinos Farsalinos a présenté l'hypothèse de faire comme si nous ne savions rien de l'usage de liquides frelatés du marché noir par les malades. "Alors, utilisons des principes d'épidémiologie simples pour comprendre l'épidémie récente", précise t-il avant de rappeler que, populaire depuis 2009, le vapotage est utilisé aux Etats-Unis par environ 10 millions de personnes, âgées en moyenne d'environ 40 ans, sans vague de problèmes sanitaires.

"Les autorités [américaines] ont précisé qu'il s'agit de cas aigus. Bien que divers médias aient présenté cette maladie comme une mystérieuse maladie pulmonaire, il s'agit en fait d'un empoisonnement des poumons qui se traduit cliniquement par une insuffisance respiratoire grave", explique t-il. "Ces cas ne sont pas liés à des produits de vapotage disponibles depuis des années aux États-Unis et sur le marché mondial. Cela n'a absolument aucun sens que les mêmes produits qui ont été utilisés pendant des années par des millions de personnes et qui n'ont jamais provoqué d'épidémie soient la cause aujourd'hui d'une maladie aiguë ", ajoute t-il, "ces cas ne sont pas liés à des produits qui sont généralement utilisés par le vapoteur lambda. Aux États-Unis, l'âge moyen des vapoteurs adultes est différent de celui des adultes ayant souffert de cette affection aiguë".

Enfin, la soudaineté de la vague de malades indique que "ces cas sont liés à la sortie récente de nouveaux produits (qui n'étaient pas disponibles sur le marché auparavant), à une modification récente de la composition de produits précédemment disponibles sur le marché, ou à un problème récent de processus de fabrication ou de matériaux de produits qui étaient auparavant disponibles sur le marché". Le Dr Farsalinos déplore que "ces conclusions, dérivées de l'application de principes d'épidémiologie simples, ont été largement ignorées par la plupart des autorités, des régulateurs et des scientifiques. Au lieu de cela, nous assistons à une campagne persistante, frénétique et sans précédent contre la vapotage classique, (...) si intense et si injustifiée du point de vue épidémiologique qu’elle dépasse la définition du biais de confirmation".

Se documenter ou hurler pour vendre de la peur? 

Mais le Dr Konstantinos Farsalinos n'est le seul, d'autres experts médicaux reconnus soulignent la source frelatée des produits en cause. Même des français. Le Dr Bertrand Dautzenberg, pneumologue un peu connu en France, a insisté à plusieurs reprises, notamment sur Europe 1 et lors d'un débat sur France 24 où il confirme l'information de Sébastien Beziau représentant de l'association Sovape. Mes lecteurs en ont déjà probablement pris connaissance, mais insistons pour le JIM au cas où le journal disposerait d'une connexion internet (?) : la Dre Marion Adler a également expliqué très clairement les choses sur France Culture, tout comme Jacques Le Houezec dans Ouest-France, et le Dr Gerard Mathern sur RTL. Ainsi que le Pr Antoine Flahault, de l'Institut de Santé Globale de l'université de Genève, dans les Echos où il rappelle l'histoire du concombre espagnol

Du côté britannique, les autorités de santé, qui cultivent un sens de la responsabilité un peu plus élevé que leurs homologues européennes, ont communiqué officiellement sur le sujet. "Notre conseil sur le vapotage reste inchangé: le vapotage n'est pas totalement sans risque mais il est beaucoup moins nocif que de fumer. Il n'y a aucune situation dans laquelle il serait mieux pour votre santé de continuer de fumer plutôt que de passer complètement au vapotage", précise le Public Health England. Certes, il faut lire l'anglais (peut-être le JIM pourrait-il se doter d'un outil de traduction online ?) :

Sur le site gouvernemental Science Media Centre, la Pr Linda Bauld, de l'Université d'Edimbourgh, et le Dr Lion Shahab, de l'University College London, reviennent sur le sujet. Soulignons l'avertissement de l'expérimentée Linda Bauld sur l'effet pervers que pourrait avoir une prohibition des arômes de vapotage. "Ce qui me préoccupe, c'est que si la plupart des produits de vapotage se retrouvent interdits aux États-Unis, alors les fumeurs retourneront au tabac et, pour ceux qui ne le feront pas, la demande pour des produits au marché noir va augmenter. Un marché illicite florissant est beaucoup plus susceptible de nuire à la santé que de rechercher une réglementation proportionnée du type que nous visons en Europe".

JIM, vous allez me donner combien pour faire votre taf ? 

En bref, à moins d'être dans une tour d'ivoire imperméable, il est difficile aujourd'hui de ne pas savoir que mes indications datant de deux semaines sur l'origine par des produits frelatés du marché noir des problèmes survenus aux Etats-Unis sont confirmées par les experts compétents sur le sujet.

Je me dois de préciser que ma première hypothèse, présentée comme telle, sur le rôle du fongicide Myclobutanil semble s'effacer pour une plus probable source lipidique, liée à un additif de vitamine E ajouté par les dealers pour tromper les clients sur la qualité en concentration de cannabis des produits. Leafly, site spécialisé sur le cannabis, fait un point éclairant et assez complet sur le problème.

Pour information, les forces de police du Wisconsin ont arrêté le 5 septembre deux suspects pour la vente des produits frelatés en cause.

Honnêtement, je devrais facturer ce blog au JIM pour faire le boulot de documentation qu'ils ne font pas eux-mêmes pour leurs lecteurs.

add 17h30 : Ce tweet du Pr Micheal Siegel confirme qu'aux Etats-Unis, les parties concernées du domaine du cannabis agissent plus promptement que les autorités préférant viser une prohibition du vapotage non cannabique
add 18h: j'ai oublié de mettre en lien cet article d'hier de la Royal Society of Chemistry britannique qui fait le point également sur le sujet: Deaths from vaping-linked lung disease in US connected to vitamin E additive

add 22h: puisque j'en suis à faire la documentation... le Gouverneur de l'Etat de New-York a délivré des mandat de comparution pour trois entreprises commercialisant les fameux additifs huileux à la vitamine E, selon le Washington Post du 9 septembre:
https://www.washingtonpost.com/health/2019/09/09/new-york-subpoena-firms-selling-substances-linked-illicit-vaping-products/?arc404=true



dimanche 1 septembre 2019

Décès et hospitalisations aux USA: l'AFP rétracte sa désinformation frelatée sans le dire

Après plus d'un mois à occulter cette information, l'AFP a publié une brève précisant que le décès d'un jeune homme du Wisconsin et les cas d'hospitalisations sont liés à des liquides de vape du marché noir, notamment vendus pour contenir du THC. Cet élément a été passé sous silence dans les médias francophones, à l'exception du Vaping Post, bien qu'il était connu depuis fin juillet. Notamment à travers le témoignage le 25 juillet sur Fox 6 du frère de la personne décédée le 23 août à Milwaukee - voir notre article précédent -. Le nouvel article de l'AFP ne prend pour autant pas la peine d'expliquer qu'il invalide le matraquage de l'agence durant le mois d'août, qui a mis en cause la vape sans distinction en dépit de cette information déjà connue.

[Le tweet de l'AFP donne en lien de sa nouvelle brève l'article publié par le Nouvel Obs]

Le nouvel article échoue aussi à présenter clairement que les quelques 200 cas évoqués par le Center of Disease Control (CDC) n'ont que des symptômes en commun et pourraient pour certains n'avoir rien à voir entre eux. Autrement dit, en l'état on ne peut parler que de syndrome de détresse respiratoire, et non, comme l'ont fait l'AFP et les médias francophones, d'une maladie qui serait clairement établie bien que "mystérieuse" (sic!). Mais user d'un abus de langage est plus inquiétant pour le lecteur évidemment.

Information frelatée et hystérie artificielle

Ces dernières semaines, dans une confusion sensationnaliste, les articles de l'AFP ont déclenché dans les médias français et suisses une vague d'hystérie délirante contre le vapotage sans jamais préciser que le problème concernait des produits frelatés du marché noir hors de tout contrôle de qualité. On peut douter que les médias ayant diffusé peur et doute corrigent à présent leur désinformation précédente.

L'AFP elle-même n'a pas l’honnêteté de le dire clairement dans son nouvel article. Le préjudice pour la réduction des risques, le public, notamment les fumeurs manipulés, et les entreprises de vapotage établies est pourtant indéniable et grave comme l'a souligné Vap'You.

A l'origine du problème: la prohibition qui fait les affaires du marché noir

Le problème sanitaire aux Etats-Unis a été déclenché sur le marché noir de produits de vape prétendument au THC hors de tout contrôle de qualité. Les usagers se retrouvent poussés à recourir au marché noir par les restrictions légales contre le cannabis, ou des taxations rendant hors de prix l'accès aux produits légaux. Depuis près d'un an, les entreprises de cannabis légales alertaient sur la dangerosité de produits frelatés du marché noir, sans que les autorités ne réagissent.

Malgré le refus des autorités de santé américaines de communiquer l'analyse des produits utilisés par les personnes tombées malades, un faisceau de présomption oriente le problème vers deux hypothèses, soit de pneumopathie chimique, soit de pneumopathie lipidique.

Rester calme et s'informer à des sources dignes de confiance

En l'état, les informations les plus précises sur ce dossier se trouvent sur les sites américains spécialisés sur le cannabis, tels que Leafly, ou sur le vapotage, tels que Vaping 360 avec un article très complet. Les associations de réduction des risques telles que NORML California et Tobacco Harm Reduction for Life, ainsi que des acteurs de santé publique honnêtes, à l'image du Pr Michael Siegel de l'Université de Boston, ont informé sur les problèmes spécifiquement liés aux produits du marché noir.

Du côté des médias maintstream francophones, le sensationnalisme, le calcul d'intérêt politicien* ou commercial, ont été privilégiés à la déontologie en occultant l'information connue depuis plusieurs semaines de l'origine illégale du produit frelaté utilisé par le jeune homme décédé au Wisconsin.

* Au moment où des médias et politiciens suisses, voire vaudois, font campagne pour une loi tabac (LPTab) visant avant tout à empêcher les fumeurs de pouvoir passer au vapotage et arrêter de fumer...

vendredi 19 juillet 2019

[Article censuré] La fraude de Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée

Version du 3 octobre 2019- Nous avons publié le 19 juillet 2019 un article relatant des lettres de deux chercheurs universitaires américains dont l'analyse des données montre que l'étude de Stanton Glantz et Dharma Bhatta parue dans le journal de l'American Heart Association (AHA) affirmant un risque accru du double de crise cardiaque lié au vapotage est frauduleuse. Ces chercheurs avaient écrit au journal pour demandé la rétraction de cette publication frauduleuse. Le Consortium inter-universitaire pour la recherche politique et sociale (ICPSR) a estimé que ces lettres des chercheurs contenaient des données de l'enquête de population sur le tabac et la santé (PATH) qui doivent être restreintes. L'ICPSR exige des auteurs qu'ils "détruisent de manière sécuritaire" tous les documents concernés qu'ils soient sur format papier ou électronique.

Nous avons le plus grand respect pour la vérité et l'information du public, et rien n'indique que la destruction des informations requise n'est justifiée par des erreurs. L'ICPSR utilise une clause de protection des données des personnes enquêtées pour faire censurer cette analyse de la fraude de Stanton Glantz, bien qu'aucun nom ni indice sur l'identité des personnes de l'enquête de population ne soient apparent dans les documents voués à destruction.

Cependant, nous avons également le respect des personnes et ne désirons pas attirer des ennuis à des chercheurs dont le seul "crime" est d'avoir révélé une fraude. Nous dépublions l'article du 19 juillet 2019 intitulé "La fraude Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée". Nous publions en revanche ce nouvel article titré "[Article censuré] La fraude Stanton Glantz sur le risque de crise cardiaque avec la vape démasquée", qui remplacera également dans l'archive du blog l'article dépublié, bien qu'il ne nous soit plus permis de sourcer les éléments de manière aussi précise et souhaitable qu'auparavant. En complément de cet article, nous conseillons de consulter le blog (en anglais) de Clive Bates, notamment la partie 6, sur les allégations infondées de Stanton Glantz.

La révélation de la fraude interdite de communication

On attendra encore longtemps un correctif de l'AFP... Le hoax sur l’accroissement des risques de crise cardiaque à cause du vapotage est démasqué. Mais sa révélation est interdite de communication. Largement relayé par la presse, l'ingénieur Stanton Glantz, de l'Université de San Francisco, a affirmé que la vape double le risque de crise cardiaque. Mais comme cela était soupçonné par de nombreux scientifiques, son étude co-signée avec Dharma Bhatta dans la revue de l'American Heart Association (AHA) est frauduleuse.

Deux chercheurs, à qui il a été interdit le 30 septembre 2019 de communiquer sur le sujet, ont épluché les données brutes de l'enquête Population Assessment of Tobacco and Health (PATH) sur laquelle Stanton Glantz s'est appuyé. Le résultat dont Vapolitique a eu connaissance est que sur les 38 cas de vapoteurs ayant eu des crises cardiaques recensés, 28 d'entre eux les ont eu avant de vapoter, en moyenne plus de dix ans avant. Restent 10 vapoteurs ayant eu des crises cardiaques sur les 25'0000 personnes que comporte l'enquête PATH. Rapporté à l'ensemble des vapoteurs de l'enquête, cette dizaine de cas donne un risque environ trois fois moindre que celui annoncé par l'étude de Stanton Glantz et Dharma Bhatta. Un risque proche des données concernant les ex-fumeurs sur le sujet en général.

Le 11 juillet 2019, une demande officielle de rétraction de l'article frauduleux a été adressée à l'AHA. Les auteurs de cette demande ont désormais l'interdiction par Consortium inter-universitaire pour la recherche politique et sociale (ICPSR) de rendre publique son contenu, au prétexte de la protection de données personnelles de l'enquête de population PATH. Cette lettre, portée à la connaissance du public par le journal USA Today dans son édition du 19 juillet, a été consultée par Vapolitique. Nous pouvons affirmé que Stanton Glantz et Dharma Bhatta n'ont pas pris en compte dans leur étude l'information détaillée de l'enquête PATH à la fois le moment où les participants ont été informés pour la première fois qu'ils ont eu une crise cardiaque, ainsi que le moment où ces participants ont commencé à utiliser le vapotage.
En résumé, les vapoteurs sont beaucoup moins enclins à avoir une crise cardiaque, et n'ont surement pas le double de risque
En tenant compte de cette chronologie des événements des personnes enquêtées, le calcul des risques de crise cardiaque chez les vapoteurs par rapport au reste de la population donne des chiffres tout à fait différents que ceux avancés par Stanton Glantz. Au lieu d'un risque doublé, on trouve une risque sensiblement réduit de crise cardiaque chez les vapoteurs par rapport à la population en général. Ce qui est concordant avec les données relevées chez les autres ex-fumeurs en général. Les chiffres du calcul ré-effectué par les chercheurs nous sont désormais interdits d'être publiés, bien qu'ils ne présentent aucun violation de données personnelles.

En juillet en réponse, Stanton Glantz a invoqué une analyse secondaire dans l'étude publiée par l'AMA. A la page 9 (tableau S6) de cette analyse secondaire, Stanton Glantz et Dharma Bhatta ont estimé que tout vapoteur ayant eu un infarctus du myocarde depuis 2007 était victime du vapotage. Sur les 16 personnes concernées dans l'enquête, 6 ont eu cette crise depuis 2007 mais plusieurs années avant de se mettre à vapoter. Cette analyse secondaire ne réduit pas les lacunes générales de l'étude, puisqu'elle comporte elle-même de graves erreurs de chronologie entre les événements corrélés.

Ce n'est pas une erreur, c'est un mensonge

Cette analyse secondaire montre que Bhatta et Glantz savaient que de nombreux vapoteurs actuels ont eu une crise cardiaque avant de commencer de vapoter. Leur affirmation publiée dans le journal de l'AHA et très médiatisée que la vape est un facteur de risque accru de crise cardiaque ne tient pas. La demande de rétraction de l'étude au journal de l'AHA avait donc été maintenue, mais cette demande est désormais interdite d'être communiquée au public par le Consortium inter-universitaire pour la recherche politique et sociale (ICPSR) au prétexte de la protection de données personnelles de l'enquête PATH.

Dans un article le 19 juillet du journal USA Today (*) à propos de cette plainte, le Pr Raymond Niaura, de l'Université de New-York, confirme l'absence de rigueur et de preuve des affirmations de Stanton Glantz. Ayant également réanalysé pour vérification des études sur les liens entre vapotage et crise cardiaque, le chercheur conclue: "nous n'avons trouvé aucune relation entre vapotage et crise cardiaque. Nous ne sommes tout simplement pas en mesure de répondre à la question fondamentale de ce qui est survenu en premier".

Le réel danger cardio-vasculaire est le monoxyde de carbone

Une fois dévoilée la fraude de Stanton Glantz et Bathra Bhatta pour gonfler le nombre de vapoteurs, il resterait une dizaine de cas de crises cardiaques de vapoteurs dans le suivi PATH (qui comprend plus de 25'000 américains). D'autres facteurs tout autre que leur vapotage peuvent être impliqués dans ces crises: à commencer évidemment par leur tabagisme passé, comme le soulignait le Pr Carl Philipps sur les recherches à ce propos. En l'état des connaissances, non seulement rien ne prouve un risque accru de crise cardiaque lié au vapotage, mais rien n'indique même qu'il y a une inquiétude à avoir sur cette question. 

Le monoxyde de carbone dégagé en masse par la fumée de cigarette reste le principal facteur de détérioration cardio-vasculaire lié au tabagisme. Il est totalement absent du vapotage. Le message salutaire essentiel à donner aux fumeurs cardiaques reste d'arrêter de fumer. Le vapotage peut aider certains d'entre eux pour quitter la cigarette. Affirmer le contraire est irresponsable et criminel. Les médias qui ont colporté les propos frauduleux de Stanton Glantz se doivent de corriger cette désinformation.

(*) Conflits d'intérêt croisés

USA Today a choisi de dramatiser la nouvelle sous forme d'opposition de personnes entre Stanton Glantz et Brad Rodu. Une large part de l'article concerne les potentiels conflits d'intérêt des deux protagonistes.

D'un côté Brad Rodu, à qui il a été refusé des crédits pour des recherches sur le snus qu'il voulait mener dans les années 1990', a accepté des aides financières de firmes cigarettières. Depuis, les données épidémiologiques en Suède ont confirmé le bien-fondé de ses travaux sur la forte réduction des risques du snus.

Happening contre l'impunité de Stanton Glantz
De l'autre, Stanton Glantz, ingénieur aéronautique, s'est reconverti dans la lutte anti-tabac durant les années 1990' à l'aide de financement des firmes pharmaceutiques telles que Johnson & Johnson. Actuellement, il bénéficie de deux crédits fédéraux de 20 millions $ chacun, l'un du NIH, l'autre pour des recherches anti-tabac et anti-vape de la FDA. Accusé d'harcèlement sexuel et de discrimination raciste par plusieurs de ses étudiantes, il a négocié un arrangement financier pour stopper les poursuites en justice de ses victimes.

mercredi 26 juin 2019

Pour plus d'un million de fumeurs sauvés par la vape, combien condamnés à mort par les médias?

Plus de 6 millions. Plus de la moitié des fumeurs en France sont persuadés à tort que vapoter est aussi ou plus nocif que de fumer. C'est un des résultats de l'enquête auprès de plus de 25'000 personnes en 2017 publiée ce matin par Santé Publique France (SPF). Encore plus effarant, seuls 29,7% des fumeurs quotidiens, ceux qui auraient le plus besoin d'aide pour se sortir du tabagisme, savent que le vapotage est moins nocif que leurs cigarettes. La désinformation sanitaire frappe particulièrement les défavorisés et les moins diplômés qui sont plus de 70% à ne pas avoir l'information correcte sur les risques relatifs entre fumer et vapoter.

Pourtant, l'enquête de SPF mesure que 2,6% de la population, soit 1,2 millions de personnes ont arrêté de fumer en utilisant la vape, dont 46% ont ensuite arrêté de vapoter (soit 1,2% de la population). Parmi ces ex-fumeurs ayant utilisé le vapotage, 870'000 (±10%) déclarent que la vape les a aidé, dont 700'000 d'ex-fumeurs quotidiens n'ayant plus fumé depuis plus de six mois. Près de 300'000 autres ex-fumeurs ont utilisé le vapotage mais déclarent que leur arrêt tabagique ne lui doit rien. Parmi les 2,3% de la population à utiliser le vapotage et continuer de fumer, 80,3% d'entre eux déclarent avoir réduit leur consommation, en moyenne de 10,4 cigarettes par jour (pour une consommation à l'origine de 19,7 cigarettes quotidiennes). 

Démission des autorités et stratégie du doute 

En somme, le vapotage est un facteur clef de la baisse de tabagisme en France ces dernières années. Mais alors pourquoi de plus en plus de fumeurs croient à tort que vapoter est aussi ou plus nocif que de continuer de fumer ? L'expérience réelle indique le contraire, mais les médias nous bombardent de fakenews sensationnalistes en permanence. Les autorités sanitaires démissionnent et fuient leur responsabilité laissant un boulevard à la dissémination de la confusion. Dans cette stratégie de diffusion du doute et de la peur, l'Agence France Presse joue un rôle central.

Voici quelques unes des plus grosses fakenews diffusées à grande échelle par l'AFP - liste tristement non-exhaustive:

  • 2015: Reprise mondiale des propos d'une simple lettre sans révision scientifique de chercheurs de Portland qui annoncent de manière insensée que le vapotage est de 5 à 15 fois plus cancérigène que la fumée de cigarette. La lecture critique de leur expérience montre rapidement - mais sa publication prendra trois ans (!) - qu'ils ont simplement fait brûler les vaporettes dont ils ont mesuré les émissions en les poussant à plus de 150% de la limite maximale de puissance.
  • 2015: un correspondant de l'AFP au Japon prétend qu'un scientifique local a mesuré des taux extravaguant de toxique dans l'aérosol de vapotage. En réalité, ce scientifique a cosigné une étude publiée à la même période qui indique l'inverse. La brève de l'AFP fait le tour du monde, tandis que l'étude est restée totalement confidentielle.
  • 2015: le délire du "poumon pop-corn", qui continue de circuler, est répandu en dépit de l'absence de quelconque malade et de toutes prise en compte des doses du diacéthyl qui ont généré des bronchiolites oblitérantes chez des travailleurs de l'industrie agro-alimentaire.
  • 2016: durant les fêtes, l'AFP lance un article ridicule sur une étude de toxicologie sur des cellules épithéliales (de la surface des poumons) prétendant l'extrême toxicité du vapotage. En réalité, les résultats montrent qu'un plus grand nombre de cellules ont survécu à 56 jours du traitement au vapotage que celles soumises à 24 heures de fumée de cigarettes.
  • 2018: un chercheur new-yorkais gazent des souris avec un aérosol surdosé en nicotine, équivalent à des années de consommation concentré en quelques heures, avec une vaporette marchant à sec sans contrôle et donc en situation de brûler. Les souris étaient génétiquement sélectionnées pour leur forte tendance à développer des cellules cancéreuses. Cette expérience digne de Mengele fait de nouveau le tour du monde sans que les réactions unanimes des scientifiques pour dénoncer sa vacuité ne soient mentionnées par l'AFP.
  • 2018: des crises cardiaques attribuées au vapotage même si elles ont eu lieu avant que les fumeurs ne passent à la vape. Cette crétinerie produite par le pervers raciste et gâteux Stanton Glantz a été divulguées à plusieurs reprises durant l'année.
  • 2019: une étude stupide sur des cellules des vaisseaux sanguins soumis à du liquide pur de vapotage est reprise sans la plus élémentaire distance critique.
Dans toutes ces cas, l'AFP a fait preuve de négligence, d'absence de professionnalisme et n'a pas respecter les devoirs de la charte de Munich des journalistes, ni sa prétention à vérifier et donner une information fiable et honnête au public. Les conséquences en sont sanguinaires.


samedi 3 mars 2018

AFP & UCSF bullshit: la vape provoque t-elle des crises cardiaques avant qu'on ne se mette à vapoter ?

Le professeur poursuivi pour harcèlement sexuel par plusieurs étudiantes est toujours bien entouré
La dernière imbécillité du Pr Stanton Glantz: transformer une corrélation en lien de causalité sans même connaitre la temporalité des deux événements liés. A savoir, un lien entre crise cardiaque et vapotage dans une étude transversale (!) où il n'était pas demandé la date de l'éventuelle crise cardiaque. Autrement dit, les données recueillies dans les National Health Interview Surveys de 2014 et 2016 permettent de savoir qui a eu une crise cardiaque et parmi ceux-ci qui fume et/ou qui vapote. Mais on ne sait pas quand ces personnes ont eu une crise cardiaque. Avant ou après s'être mis à vapoter ? On ne le sait pas. La seule chose montrée par ces données est "une association significative (odds ratio=1,79) entre l'utilisation quotidienne de vapotage et le fait d'avoir subi une crise cardiaque dans sa vie". Contrairement à ce qu'affirme la dépêche de l'AFP reprise sur une série de sites putaclicks, rien ne permet d'affirmer un quelconque lien causal entre les deux événements.

Honte académique

L'AFP s'est fait une spécialité de répandre les fausses infos contre le vapotage
On ne peut pas affirmer à partir de ces données que subir une crise cardiaque amène des fumeurs à essayer d'arrêter de fumer avec le vapotage. Même si cela parait de bon sens, on ne peut pas l'affirmer à partir de ces données parce qu'on ne connait pas la séquentialité entre les événements recensés. Mais évidemment, on ne peut pas non plus dire à partir de ces données que vapoter provoque des crises cardiaques, dont il est possible qu'une partie (voire une très grande partie) se sont déroulées avant que les personnes ne commencent à vapoter. C'est pourtant ce qu'a fait Stanton Glantz, de l'Université Californienne de San Francisco. Bien que l'étude ne soit pas encore publiée, l'ultra anti-vape l'a présenté au congrès de la Société de Recherche sur la  Nicotine et le Tabac (SRNT) la semaine dernière à Baltimore. 

Le plus plausible: le vapotage pour arrêter de fumer après une crise cardiaque

Pour le Pr Mickael Siegel, de l'Université de Boston, il est "peu plausible que le vapotage puisse augmenter le risque de maladie cardiovasculaire au-delà du tabagisme" contrairement à ce que prétend Stanton Glantz. "Pourquoi? Parce que les effets cardiovasculaires de la fumée sature à un niveau très bas d'exposition. Cela signifie qu'il suffit de fumer déjà un peu pour fortement augmenter le risque. Mais au-delà, le risque augmente peu", explique le professeur de santé publique. Une raison pour tenter autant que possible de ne pas/plus fumer, même peu. Evidemment, l'hypothèse la plus plausible, mais ce ne peut être qu'une hypothèse, est que les fumeurs de l'enquête ayant subi une crise cardiaque ont été motivés ensuite à arrêter de fumer. "Ces dernières années, de nombreuses tentatives d'arrêt se font à l'aide du vapotage", souligne le Pr Michael Siegel. 

Stanton Glantz a raison sur un point

Célèbre pour prétendre devant ses étudiantes "pouvoir violer même la fille du gouverneur sans risquer aucun problème", le Pr Stanton Glantz semble avoir raison au moins sur ce point. Malgré les plaintes à son encontre pour harcèlements, discriminations racistes et enrichissement personnel, l'Université de Californie de San Francisco continue de le protéger et de lui assurer l'impunité.


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