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vendredi 8 juin 2018

En Italie, l'association des vapoteurs ANPVU demande une entrevue à la Ministre de la santé

Italie, les vapoteurs veulent en finir avec les taxes prohibitives
Taxes prohibitives anti-vape, interdiction de vente par internet, mise sous tutelle du Monopole d'Etat de distribution du tabac. Les mesures contre le vapotage du précédent gouvernement Matteo Renzi ont produit leur effet en Italie. Le vapotage est en baisse tandis que le tabagisme augmente, selon les dernières données officielles de l'Institut Supérieur de la Santé (ISS). Des données publiées le 31 mai, la veille de la formation du nouveau gouvernement dirigé par Giuseppe Conte. Le moment a été jugé opportun par l'Association Nationale Pour les Vapoteurs Unis (ANPVU) de demander une entrevue à la nouvelle Ministre de la santé Giulia Grillo. "Dans la situation [de l'augmentation du tabagisme et de la baisse du vapotage], nous pensons que les Institutions peuvent et doivent profondément repenser le rôle qu'ils attribuent au vapotage", explique Carmine Canino, le président de l'association.  

Taxe anti-vape et pro-tabac

La réglementation "punitive" du vapotage trahit une conception l'assimilant totalement et de manière "injustifiée aux cigarettes "analogiques"", souligne le représentant des usagers en Italie. En premier lieu, il dénonce évidemment la taxe "exorbitante" contre les vapoteurs, "déterminée de manière illogique et irrationnelle selon un critère "d'équivalence" avec les cigarettes". Un mode de calcul qui assomme la fiole de 10 mL de liquide de plus de 4€ de taxe anti-vape en plus de la TVA. Quand l'administration fixe la taxe à 1,27 € pour un paquet de 20 cigarettes Iqos, 0,77 € pour celles de Glo. Un paquet de cigarettes classiques se vend entre 4,50 € à 5, 40 € dans les tabaccherie de la péninsule.

Une réglementation nocive

Données de l'Istituto Superiore de la Sanitã
"L'impôt actuel porte atteinte à la santé de l'ensemble des consommateurs qui tentent d'arrêter de fumer, par un double mécanisme qui d'une part, crée une barrière d'entrée les décourageant d'utiliser les dispositifs d'inhalation, et d'autre part, incite les achats par les canaux locaux ou étrangers non autorisés, avec des répercussions évidentes en termes de sûreté concernant la salubrité des produits", explique la lettre de l'ANPVU à la Ministre datée du 6 juin. "L'interdiction générale de vente à distance", introduite en début d'année, "n'a rien fait d'autre que d'aiguiser l'effet de distorsion concurrentielle découlant de la prolifération d'un milieu qui oeuvre hors des règles", déplore Carmine Canino. Les producteurs italiens, réputés pour leur qualité, en pâtissent ajoute le vapoteur.

Réunir les parties prenantes pour réformer la réglementation

La Ministre l'aura compris en lisant cette lettre de l'ANPVU, la situation du vapotage en Italie est absurde et contre-productive. "En résumé, nous ne pouvons que regretter la réglementation actuelle en soulignant qu'elle ne respecte pas suffisamment le droit à la santé des consommateurs, ni les droits des opérateurs d'évoluer dans un marché concurrentiel loyal et correct, par des règles sûres et justes valant pour tous", insiste Carmine Canino (photo). Pour toutes ces raisons, l'association demande une entrevue avec la Ministre "avec tous les représentants du secteur, les référents et les experts scientifiques". Une rencontre qui permettrait, propose l'ANPVU, la création d'un groupe technique pour remanier la réglementation.


mardi 6 février 2018

Naissance de l'association des vapoteurs ANPVU en Italie

"Ce 18 janvier est née l'Association Nationale Pour les Vapoteurs Unis (ANPVU)". L'éclosion de l'organisation de défense des intérêts des usagers arrive dans un contexte très hostile au vapotage en Italie. Ces derniers mois ont vue les autorités coordonner une offensive conjuguant taxes prohibitives, restriction des lieux de ventes physiques et interdiction de vente à distance de liquides, désormais soumis au Monopole des douanes. Une guerre au vapotage qui fait le jeu des cigarettiers et du tabagisme. A l'opposé de cette politique morbide, la nouvelle association oriente sa démarche sur le terrain d'une approche de réduction des méfaits. "Nous voulons simplement être une association composée uniquement de vapoteurs: des gens qui partagent le même intérêt et la même passion. Son objectif principal est d'aider les fumeurs à cesser de fumer en entrant dans le monde des vaporisateurs personnels", explique le communiqué de l'association, repris notamment par le site SigMagazine.

Engagement social : la réduction des méfaits par l'exemple

La nouvelle organisation des vapoteurs en Italie insiste sur l'alternative au tabagisme que constitue le vapotage mais également sur son contenu social et communautaire porteur d'entraides et d'auto-soutien. "En Italie, sur les 11 millions de fumeurs estimés, plus de 7 millions ont essayé au moins une fois d'arrêter sans succès. Les nouvelles technologies du vapotage sont une opportunité de changer ces statistiques de santé en offrant une alternative beaucoup moins nocive que les cigarettes", souligne Carmine Canino, le Président nouvellement élu de l'ANPVU. L'association se réfère aux travaux scientifiques, dont les rapports britanniques du Public Health England et du Royal College of Physicians, mais aussi aux scientifiques italiens tels que les Prs Polosa, Beatrice, Tirelli et le regretté Veronesi, membres de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF), pour appuyer le bien fondé de la minimisation des méfaits du vapotage contre le tabagisme.

Défense politique

"L'intention et l'espoir de l'ANPVU est de voir enfin l'Etat italien approuver et partager les politiques du Royaume-Uni où le vapotage est promu et encouragé par le Ministère de la Santé", soulignent les sept membres du comité de l'association. Dans cette perspective, l'ANPVU entend tisser "des échanges et un dialogue constructif"  avec les institutions et les différentes parties impliquées, notamment en respectant pleinement les objectifs des autres associations. Dans son manifeste, l'association précise un de ses objectifs à court terme: "la rectification ou l'abolition de la taxation actuelle".

L'avis de naissance de l'organisation de défense spécifiquement de vapoteurs en Italie était fortement espéré, après la première tentative avortée de l'association Vapit. Alors que l'Italie faisait partie en 2013 des pays d'avant-garde de la réduction des méfaits contre le tabagisme avec le vapotage, les attaques particulièrement violentes du Gouvernement ont poussé les 3/4 des commerces de vape à fermer, passant de plus de 4'000 à un millier aujourd'hui. L'absence d'une entité spécifique de défense  des intérêts des usagers a fait défaut ces derniers mois face au nouveau durcissement législatif. Les autorités ont eu beau jeu d'ignorer les organisations de professionnels en les réduisant à des réflexes corporatistes. 

Résultat, les liquides de vapotage, y compris sans nicotine, sont taxés désormais à hauteur de 4.50€ par fiole de 10 ml, portant leur prix au dessus de 10€. D'autre part, les lieux de vente sont soumis au réseau de distribution du Monopole administré par les douanes (AAMS). La vente de liquide à distance, notamment par internet, est interdite depuis le 1er janvier, laissant orphelins les vapoteurs à l'écart des grands centres urbains. 

Information sur le vapotage

Le combat politique, à côté de recours juridiques des professionnels, sera probablement intense dans les mois à venir en Italie. Mais c'est évidemment sur la base d'un travail de fond pour construire une culture de réduction des méfaits contre le tabagisme que le mouvement des vapoteurs peut espérer s'appuyer à long terme. En ce sens, l'association met à disposition un numéro vert pour répondre aux personnes intéressées par ses activités. L'adhésion pour les membres individuels est fixée à 5€ minimum. L'ANPVU a mis en place son site internet, ainsi qu'une page Facebook. Entrée de plein pied dans la lutte pour le droit à la réduction des méfaits, elle a déjà eu à réagir au "buzz qui tue" la semaine dernière pour corriger les fausses informations diffusées aussi par les médias italiens. La Dr Francia Fortunato, du comité scientifique de l'ANPVU, a ainsi expliqué les limites de l'étude et l'absurdité des surinterprétations médiatiques qui en ont été faites. Et ce n'est qu'un début...