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samedi 4 août 2018

Consultation publique inaccessible ? La Commission Européenne nous répond ne rien savoir

Pourquoi la consultation publique ouverte par la Commission européenne (EC) était inaccessible? Dans sa réponse que nous publions, Annerie Bouw, Conseillère juridique de la Commission, n'a pas été en mesure de donner de réponse. Pourtant, au moins les 6, 7 et 8 juillet, il était difficile, si ce n'est impossible, de répondre au questionnaire sur les accises tabac. Cette consultation publique propose de surtaxer le vapotage dans tous les pays de l'Union Européenne (UE). Seize associations de vapoteurs et de réduction des risques appellent à se mobiliser contre ce projet en y répondant et en signant une pétition à part. La pétition a rassemblé plus de 30'000 paraphes à ce jour. A l'opposé, le lobby anti-vape s'organise dans son réseau.

Une autre spams attack anti-vape ?

L’indisponibilité de la Consultation a de quoi éveiller les soupçons. Début juin, la même situation de déni de service du serveur d'une consultation publique de la Food and Drug Administration (FDA) américaine a été provoquée par une attaque massive de spams revendiquant la prohibition des arômes de vapotage. La ressemblance mériterait attention. Tout comme le problème de biais de confirmation par les filtres a priori des outils informatiques que la Commission utilise.

De manière 'surprenante', on apprend que la Commission n'a pas tenu compte de sa précédente consultation publique de 2016, où 89,88% des répondants s'opposaient à toute taxe punitive contre les vapoteurs. Pourtant le rapport conclusif de la Commission avait alors annoncé vouloir remettre la question sur le tapis. Pour faciliter la lisibilité, nous avons mis en page nos questions, envoyées le 12 juillet avec une relance le 27, et les réponses, reçues le 3 août, de la porte-parole de la Commission Européenne.

Bonjour, en vue d'un article sur le blog indépendant Vapolitique, qui traite de la réduction des risques grâce au vapotage. Plusieurs citoyens européens ont constaté que la Consultation publique de la Commission européenne sur les taxes du tabac et le projet de taxe sur le vapotage était indisponible, ou difficile d'accès et d'usage (ralentie) durant plusieurs jours. Au moins les 7 et 8 juillet.

Parallèlement, le média indépendant  Reg Watch a révélé que le lobby anti-vape a attaqué la consultation publique américaine de la FDA par un spamming massif déclenché par des bots ayant inondé la consultation de faux avis en faveur de la prohibition des arômes du vapotage début juin (du 8 au 11 juin inclus). De nombreux citoyens nous signalent leur inquiétude qu'une opération de fraude similaire ne soit en cours concernant la consultation européenne. C'est pourquoi, je sollicite des éclaircissements sur les questions suivantes en vue d'un article :

1) Y a t-il une enquête concernant les indisponibilités et ses causes du site de la consultation publique?

Monsieur Poirson, 
J’ai le plaisir d’accuser la réception de vos emails des 12 et 27 juillet. Je vous remercie de votre intérêt pour la Consultation publique sur les accises applicables aux tabacs manufacturés et la taxation éventuelle des nouveaux types de produits. 
Nous avons vérifié la disponibilité du site de la consultation publique et n’avons pas remarqué de problème particulier pour y accéder. Vous êtes la première personne à nous en avertir et vous en remercions. N’hésitez pas à nous contacter si un nouveau problème survenait.

2) Y a t-il de premiers éléments ?

3) En cas de tentative de fraude visant à pervertir la démarche consultative, quelles mesures la Commission a t-elle pour protéger la démarche ?
Concernant votre question de possibles tentatives de fraude, je peux vous informer de ce qui suit : après la consultation, toutes les contributions seront soigneusement analysées à l'aide d'outils informatiques afin de filtrer les contributions identiques ou les doublons. Ces outils utilisent des techniques avancées qui permettent également l'agrégation des contributions, fondée sur les commentaires reçus.
4) Lors de la consultation précédente similaire, 89,88% des avis exprimés s'opposaient à toute surtaxe punitive du vapotage. Pourtant la nouvelle consultation n'a pas intégré d'option en ce sens ; telle qu'une exemption de taxe pour les produits à risque réduit, ou une taxe négative incitative pour les consommateurs, ou une rétribution légitime d'une part des taxes tabac aux organisations de réduction des risques d'usagers, etc. 
La mise à l'écart de telles options est-elle la conséquence du triage informatique, excluant les avis disruptifs par rapport à la matrice de la Commission Européenne, ou est-ce un choix délibérée de la Commission d'exclure toute politique favorable à la réduction des risques dans ce domaine ?
Pour ce qui concerne votre question de la consultation précédente en 2016, la Commission Européenne considère la possibilité de taxer de nouveaux produits (cigarettes électroniques et produits à base de tabac chauffé) suite à l’introduction d’une taxe nationale dans plusieurs Etats membres. C'est après ces actions nationales que la question s'est posée de savoir s'il fallait introduire une taxe harmonisée pour garantir le fonctionnement du marché intérieur.   
5) Etant donné l'indisponibilité de la consultation durant plusieurs jours, alors que celle-ci a été agendée en plein été, période de vacances pour de nombreux citoyens européens, une prolongation d'accès à la consultation est-elle envisagée par la Commission ?

Généralement, les consultations publiques seront ouvertes durant 12 semaines. Toutefois, en raison de la période des vacances, notre consultation est ouverte pendant 15 semaines. Il reste dont encore un mois (jusqu'à 3 septembre) pour contribuer à la consultation.

Nous espérons avoir répondu à vos préoccupations et vous saurions gré de continuer à partager l’information selon laquelle notre consultation publique est ouverte et d’inviter toutes les personnes intéressées à soumettre leurs contributions via notre site.  

Bien cordialement,
Annerie Bouw





jeudi 2 août 2018

[Bref] Matteo Salvini promet une réforme du vapotage dés septembre en Italie, au site SigMagazine

Dans un entretien exclusif hier au site SigMagazine, Matteo Salvini, vice-Premier Ministre du gouvernement, promet préparer une loi de réforme du vapotage en Italie. "Nous travaillons déjà à un texte blindé pour le terminer d'ici la fin de l'été. Nous n'allons pas l'insérer dans la loi de finance mais il sera écrit ad hoc spécifiquement pour le secteur du vapotage. Ce sera la première mesure après les vacances d'été, car techniquement et politiquement, c'est très simple", assure le Ministre. L'objectif est de sortir la vape de la tutelle de l'Administration des douanes et du Monopole du tabac (AAMS) pour rendre son autonomie au secteur et abolir la mega surtaxe anti-vape. "Cette disposition ne va rien enlever à qui que ce soit. Au contraire, un marché va être libéralisé et normalisé, donnant aux entreprises un coup de pouce et de la vitalité", explique Matteo Salvini.

La première mesure en septembre

Au niveau de la santé publique aussi, la réforme peut être bénéfique. Le tabagisme en Italie augmente ces dernières années au fur et à mesure que le vapotage recule. "Il est incroyable que la question de la santé n'ait jamais été prise en compte. D'autres pays aident ceux qui veulent arrêter de fumer et recommandent le vapotage", souligne le Ministre. Cette réforme était déjà l'objectif de l'amendement 'Salva Vaping' qui a échoué en Commission parlementaire la semaine dernière. "Je comprends et je partage l'énervement des milliers de travailleurs du secteur du vapotage en difficulté: être coincé pour une chicane bureaucratique est indigne d'un pays civilisé", regrette Matteo Salvini.

Après l'Italie, l'Europe ?

Le temps presse alors que l'écroulement des ventes sous le coup de la surtaxe pousse une majeure partie du secteur dans une situation très précaire. Plusieurs organisations professionnelles de la vape craignent des faillites dés la rentrée. Du côté des vapoteurs, l'association ANPVU demande aussi l'abolition de la taxe anti-vape qui en restreint l'accès aux fumeurs et repousse des utilisateurs vers le tabagisme et d'autres vers le marché noir. A l'heure où la Commission Européenne étudie l'option d'imposer une taxe anti-vape à toute l'Union Européenne, le cas italien constitue un triste exemple du désastre sanitaire, social et économique d'une telle mesure.

lundi 30 juillet 2018

Italie: la vape au bord de l'asphyxie appelle à l'aide

Après l'échec de l'amendement "Salva Vaping", sous les manœuvres du Parti Démocratique et de Forza Italia, les différents acteurs de la vape en Italie tirent la sonnette d'alarme. Dés la rentrée, les entreprises du secteur courent un fort risque de faillite selon les associations professionnelles. Indice de la régression depuis le début de l'année, les boutiques spécialisées ont vue leurs chiffres d'affaires s'écrouler de 30% à 60%, selon leur association Uniecig. "Les détaillants ont connu, dans toute l'Italie, une baisse des ventes depuis l'entrée en vigueur du fameux décret Aams que nous combattons", explique Antonella Panuzzo, présidente d'Uniecig, au site SigMagazine

Toute la filière vape menacée de disparition dés septembre

Au-delà des boutiques, toute la filière est menacée par effet domino. Les deux organisations interprofessionnelles du secteur, l'Anafe-Confindustria, association nationale des entreprises de vape, et la Coalition des opérateurs italiens de la vape (COIV) appellent à des mesures urgentes. "Dés septembre, nos entreprises (production, marketing et industries connexes) seront sans doute obligées de lancer des processus de liquidation et de licencier la plupart des travailleurs - jetant dans la pauvreté et le désespoir environ 30.000 familles - et de cesser définitivement l'activité de l'entreprise, avec toutes les conséquences qui en résulteraient, également au détriment du Trésor", alarme l'Anafe-Confindustria dans une lettre ouverte au Gouvernement italien. 

Même constat de la Coalition des opérateurs italiens de la vape (COIV): "le secteur de la cigarette électronique s'effondre, il y a urgemment besoin de réponses concrètes". La COIV espère que la volonté du gouvernement de mettre fin à la taxe scélérate contre le vapotage et de libérer le secteur du Monopole va se concrétiser "dans un délai très court". L'Anafe-Confindustria souligne que l'amendement pour sauver le vapotage a été "déclaré irrecevable uniquement pour des raisons liées à la pertinence du décret et sans aucun rapport avec les questions de son mérite et d'ordre économique". Avant d'insister: "Nous demandons une intervention réglementaire opportune afin que nous puissions sauver un secteur qui est aujourd'hui au bord du gouffre".

Le tabagisme bénéficie des mesures anti-vape

Le démantèlement du secteur risque de favoriser d'une part le tabagisme et d'autre part l'essor de pratiques de contournement hors contrôle de sécurité pour les consommateurs. "Il convient de souligner la négativité absolue de la surtaxe au détriment de la santé de tous les consommateurs qui souhaitent arrêter de fumer, à double titre (1) en créant une impressionnante barrière à l'entrée, puis en les dissuadant de continuer d'utiliser le vapotage ; et (2) en incitant l'achat par des canaux nationaux et étrangers non autorisés, avec des conséquences évidentes en termes de doute quant à la salubrité des produits achetés", analyse Carmine Canino, président de l'Association nationale pour les vapoteurs unis (ANPVU), dans une lettre ouverte au Gouvernement

Des éléments qui pourraient constituer une base pour un recours collectif des consommateurs, notamment sous l'angle du droit à l'accès à des outils de réduction des risques et de la préservation de sa santé. Alors que, selon les statistiques de l'Istituto Superiore de la Sanità (ISS), le nombre de fumeurs augmente tandis que celui des vapoteurs baisse en Italie. Un exemple qui devrait être pris en considération par les gouvernements et la Commission Européenne dans leurs projets néfastes de taxe anti-vape.

dimanche 1 juillet 2018

Malgré l'été, les associations européennes sonnent la révolte contre les taxes punitives anti-vapoteurs

La Commission européenne aurait voulu éviter une participation trop importante, qu'elle aurait placé la consultation publique sur le projet de taxe tabac anti-vape en plein été. C'est ce qu'elle a fait. Les défenseurs d'approches de réduction des risques face au tabagisme se laisseront t-ils griller par l'astuce estivale ?

Ils ont jusqu'au 3 septembre pour donner leur réponse à la consultation. En français, l'association Sovape diffuse une aide en ce sens. Avec 15 autres organisations européennes*, elle lance également une pétition en ligne pour dire stop au projet de taxe anti-vape, qui pourrait en augmenter de 20%, 50% ou 100% le prix de vente. Ce même projet à l'échelle européenne avait déjà essuyé un refus clair et net de 89,9% des participants en 2017. Cette fois, les organisations se sont associées, première petite victoire, et elles ne se limitent pas à rejeter une taxe plancher minimale. Les défenseurs des droits des usagers de produits nicotinés à risque réduit suggèrent "de bannir toute accise sur le vapotage dans l’Union Européenne".

Bannir toute surtaxe de la vape en Europe

"La vape ne contient pas de tabac et surtout ne se consume pas. Le vapotage ne produit pas de fumée, pas de monoxyde de carbone, pas de goudrons ; vapoter réduit d’au moins 95 % les dommages à la santé par rapport à fumer des cigarettes. Les produits de vapotage ne sont pas des produits du tabac, ses usagers ne doivent pas subir de taxe punitive injustifiée", argumente le texte de la pétition lancée en plusieurs langues (anglais, estonien, français, italien pour le moment...). Au lieu de rester défensives et d'abandonner la population des pays hostiles au "droit à l’accès aux outils de réduction des risques, y compris pour les plus défavorisés", les groupes de défense des usagers ont choisi de contre-attaquer.

"La fiscalité anti-vape protège in fine le tabagisme, comme le montrent les effets sur la population des pays ayant déjà mis en place une telle taxe : Italie, Portugal, Grèce, Hongrie", énumèrent les associations. Pays précurseurs de fiscalité anti-vapoteurs en Europe, l'Italie a relancé son tabagisme, avec une nette baisse du vapotage à coup de 4€ de surtaxe par fiole, tandis que le Portugal conserve un taux de 26% de fumeurs depuis une décennie, avec une vape d'abord surtaxée de 6 € pour 10 mL, révisée à 3 € depuis 2017. Le constat des effets favorisant le tabagisme de ces politiques de taxation punitive contre les vapoteurs est affligeant. Ayant aussi suivi cette voie de répression taxative contre les vapoteurs, la Grèce et ses 37% de fumeurs ou la Hongrie et son explosion de vente de tabac à rouler le confirment.

Épidémie européenne de taxes contre la sortie du tabagisme

Ces exemples cancérigènes n'ont pas empêché une épidémie de taxation ces derniers mois, touchant désormais quatorze pays de l'Union Européenne. Pour la plupart, trop récents pour avoir des retours statistiques sur leurs effets. Pourtant, à l'opposé et de manière exemplaire, les britanniques et, depuis 2016, les français réussissent à faire reculer leur tabagisme sous l'impact du vapotage, bien que freiné par certaines limitations européennes. Ajouter un frein financier supplémentaire signifierait le sabotage de ce mouvement de réduction du tabagisme pour se calquer sur les fumeux modèles italiens et grecs.

Dans ces conditions, l'enjeu politique de la consultation devient clair: la Commission va t-elle niveler par le bas l'Europe vers une politique régressive, au mépris de la santé publique en privilégiant une taxation inique et favoriser le maintien du tabagisme? Ou veut-elle porter un projet progressiste tirant les pays les plus rétrogrades vers une politique de réduction des risques et de recul du tabagisme ? Taxe anti-vape ou politique de réduction des risques cohérente ?
Les citoyens vont-ils réagir aux projets de taxe de la Commission Européenne
contre ceux qui évitent de fumer avec la vape ?


Santé publique ou fric ?

Une des options à la question 29 de la consultation illustre une orientation envisagée par la Commission: "Les cigarettes électroniques sont essentiellement des produits de substitution aux cigarettes traditionnelles et devraient donc être traitées de la même manière afin de garantir une concurrence loyale". En clair, protéger le tabagisme et ses faramineux gains financiers pour les Etats, les cigarettiers et les pharmaceutiques, de la concurrence du moyen d'en sortir. Les Etats doivent-ils capitaliser sur les cadavres des 700'000 décès annuels liés au tabagisme estimés en Europe ou donner leur chance aux fumeurs avec un accès le plus libre possible à un moyen à risque réduit? Une question sur laquelle les citoyens vont devoir se mobiliser cet été s'ils ne veulent pas être condamnés à l'empire du cancer européen.

En plus de la relance du tabagisme à court terme, un autre effet, constaté dans les pays ayant adopté une taxe anti-vape, est la destruction de la filière spécialisée indépendante. Les sites et boutiques dédiées en premier lieu, les PME de vape dans la foulée. Adopter un tel régime permet non seulement de maintenir à bout de bras encore quelques années le tabagisme, mais prépare aussi le terrain à une reprise en main du marché de la vape par des multinationales. On laissera le lecteur imaginer qui sont les candidats susceptibles. Cela donne peut-être une idée pour qui roulent réellement les pro-taxes anti-vape, y compris lorsqu'ils habillent leurs discours de pseudo arguments sanitaires. 

Répression taxative, régression sociale

Les taxes sur le tabac sont connues pour être régressives. Autrement dit, elles frappent plus durement les pauvres que les classes aisées. Et ceci de manière redoublée. D'une part, la taxe perçue n'est pas proportionnelle aux revenus mais se fixe sur une consommation captive. D'autre part, le tabagisme est une pratique devenue au fil des années, un marqueur social des groupes défavorisés. Les ouvriers et employés ont des proportions de fumeurs deux fois plus importantes que les cadres supérieurs. Le taux de fumeurs chez les chômeurs est encore plus élevé, ainsi que les personnes souffrant de troubles psychiques. Les groupes stigmatisés, par exemple pour leur orientation sexuelle, ont également des parts significativement plus importantes que la moyenne.

Les effets de régulation de l'humeur de la nicotine expliquent, au moins en partie, cette tendance des groupes sociaux soumis à des stress liés à leurs condition de vie. Sans outil efficace de réduction des risques à disposition, la part de fumeurs des groupes défavorisés économiquement est aussi nombreuse à tenter d'arrêter que celle des classes favorisées, mais échouent deux fois plus souvent. Le suivi du Smoking Toolkit Survey (STS) montre que l'essor du vapotage, utilisé désormais par environ 35% des fumeurs qui tentent d'arrêter de fumer en Angleterre, a augmenté globalement les réussites de ces tentatives, passées en moyenne de 13,4% en 2010 à 19,8% en 2017. Cette augmentation concerne en priorité les personnes avec un statut socio-économique plus bas, dont le taux de succès à été multiplié par 1,66, selon le calcul des Prs Robert West et Jamie Brown.

Environ 35% des tentatives d'arrêts tabagiques anglaises se font avec la vape et 27% en France, impulsant dans les deux pays des chutes du tabagisme. La moyenne globale des tentatives à l'aide de la vape est passée de 3,7% à 9,7% dans l'Union Européenne entre 2012 et 2017. Ceci montre à la fois une marge de progression importante pour aider les fumeurs européens qui désirent arrêter, mais aussi que le mouvement prend de l'ampleur inexorablement. D'où probablement la réaction d'une série de gouvernements pour le freiner et compenser les baisses de revenu des taxes tabac. La démonstration de l'avidité des bureaucraties européennes, qui n'envisagent que de taxer sans même songer à des options de soutien, risque de nourrir la méfiance et le décrédibilisation de ses instances sur le dossier du tabagisme.

* Les seize organisations signataires de l'appel à la mobilisation contre le projet de taxe européen: Acvoda (Netherlands), Aiduce (France), Anesvape (Spain), ANPVU (Italy), Cyprus Vaping Association (Cyprus), DADAFO (Denmark), IG-ED (Germany), Initiativ Fräien Damp Lëtzebuerg (Luxembourg), La vape du Cœur (France), NNA Suitsuvaba Eesti (Estonia), NNA Sweden (Sweden), NNA UK (United Kingdom), ÖDC (Austria), Sovape (France), UBV-BDB (Belgium), Villanypára Egyesület (Hungary)


16 organisations européennes appellent à se mobiliser contre le projet de taxe anti-vapoteurs, notamment par une pétition

vendredi 22 juin 2018

En Italie, les usagers s'unissent en une seule association, l'ANPVU

Les associations de vapoteurs s'unissent en Italie. L'association Vapit a décidé hier de se dissoudre pour que sa quarantaine de membres rejoignent les quelques sept cents de l'Association Nationale Pour les Vapoteurs Unis (ANPVU). Lydia Ojeil, jusque-là trésorière de Vapit, intègre le comité de l'ANPVU présidé par Carmine Canino. Longtemps sans organisation représentative, les usagers de vapotage en avaient deux ces derniers mois en Italie. Ce regroupement des forces augure d'une nouvelle dimension pour une organisation unitaire des usagers dans la botte. Un peu plus tôt ce mois, l'adhésion de l'ANPVU à l'INNCO, le réseau international des organisations de consommateurs de nicotine à risque réduit, marque également une étape. "A partir de maintenant, l'Italie aussi tourne la page et avec l'admission à l'INNCO, nous voulons participer de l'avant-garde d'une révolution mondiale de réduction des risques", explique Carmine Canino, le président de l'ANPVU, dans une tribune pour le site ESigMagazine.

La situation en Italie est particulièrement difficile pour les vapoteurs frappés par une méga taxe punitive de plus de 4€ par fiole de 10 mL et l'interdiction d'achat sur internet de liquides nicotinés, imposée par le Monopole du tabac. Alors que l'Italie était un pays phare du vapotage il y a quelques années, ces mesures anti-vape ont fait chuté le nombre de vapoteurs ces deux dernières années. Tandis que le tabagisme a augmenté, repassant au dessus de la barre des 12 millions de fumeurs selon l'évaluation de l'Institut Supérieur de la Santé (ISS). "Dans ce contexte, nous pensons que les institutions italiennes doivent et peuvent profondément repenser le rôle attribué au vapotage, qui est réglementé de manière «punitive», trahit actuellement par une assimilation totale et injustifiée à la «cigarette analogique», en premier lieu à travers la taxe de consommation exorbitante", explique Carmine Canino.

La nouvelle de la "fusion" des deux associations d'usagers dans l'ANPVU semble perçue positivement par la scène italienne. "Ces dernières années, les tentatives d'organisation des consommateurs n'ont pas eu le succès escompté. Mais il semble que les récentes décisions réglementaires, qui limitent sévèrement la liberté des vapoteurs, ont également choqué les usagers, les encourageant à s'unir. Sur ce front aussi, il y a beaucoup de batailles à livrer et parler d'une seule voix, espérons-le, rendra le message plus clair et plus efficace", commente Barbara Mennitti, journaliste spécialisé au site ESigMagazine.


vendredi 8 juin 2018

En Italie, l'association des vapoteurs ANPVU demande une entrevue à la Ministre de la santé

Italie, les vapoteurs veulent en finir avec les taxes prohibitives
Taxes prohibitives anti-vape, interdiction de vente par internet, mise sous tutelle du Monopole d'Etat de distribution du tabac. Les mesures contre le vapotage du précédent gouvernement Matteo Renzi ont produit leur effet en Italie. Le vapotage est en baisse tandis que le tabagisme augmente, selon les dernières données officielles de l'Institut Supérieur de la Santé (ISS). Des données publiées le 31 mai, la veille de la formation du nouveau gouvernement dirigé par Giuseppe Conte. Le moment a été jugé opportun par l'Association Nationale Pour les Vapoteurs Unis (ANPVU) de demander une entrevue à la nouvelle Ministre de la santé Giulia Grillo. "Dans la situation [de l'augmentation du tabagisme et de la baisse du vapotage], nous pensons que les Institutions peuvent et doivent profondément repenser le rôle qu'ils attribuent au vapotage", explique Carmine Canino, le président de l'association.  

Taxe anti-vape et pro-tabac

La réglementation "punitive" du vapotage trahit une conception l'assimilant totalement et de manière "injustifiée aux cigarettes "analogiques"", souligne le représentant des usagers en Italie. En premier lieu, il dénonce évidemment la taxe "exorbitante" contre les vapoteurs, "déterminée de manière illogique et irrationnelle selon un critère "d'équivalence" avec les cigarettes". Un mode de calcul qui assomme la fiole de 10 mL de liquide de plus de 4€ de taxe anti-vape en plus de la TVA. Quand l'administration fixe la taxe à 1,27 € pour un paquet de 20 cigarettes Iqos, 0,77 € pour celles de Glo. Un paquet de cigarettes classiques se vend entre 4,50 € à 5, 40 € dans les tabaccherie de la péninsule.

Une réglementation nocive

Données de l'Istituto Superiore de la Sanitã
"L'impôt actuel porte atteinte à la santé de l'ensemble des consommateurs qui tentent d'arrêter de fumer, par un double mécanisme qui d'une part, crée une barrière d'entrée les décourageant d'utiliser les dispositifs d'inhalation, et d'autre part, incite les achats par les canaux locaux ou étrangers non autorisés, avec des répercussions évidentes en termes de sûreté concernant la salubrité des produits", explique la lettre de l'ANPVU à la Ministre datée du 6 juin. "L'interdiction générale de vente à distance", introduite en début d'année, "n'a rien fait d'autre que d'aiguiser l'effet de distorsion concurrentielle découlant de la prolifération d'un milieu qui oeuvre hors des règles", déplore Carmine Canino. Les producteurs italiens, réputés pour leur qualité, en pâtissent ajoute le vapoteur.

Réunir les parties prenantes pour réformer la réglementation

La Ministre l'aura compris en lisant cette lettre de l'ANPVU, la situation du vapotage en Italie est absurde et contre-productive. "En résumé, nous ne pouvons que regretter la réglementation actuelle en soulignant qu'elle ne respecte pas suffisamment le droit à la santé des consommateurs, ni les droits des opérateurs d'évoluer dans un marché concurrentiel loyal et correct, par des règles sûres et justes valant pour tous", insiste Carmine Canino (photo). Pour toutes ces raisons, l'association demande une entrevue avec la Ministre "avec tous les représentants du secteur, les référents et les experts scientifiques". Une rencontre qui permettrait, propose l'ANPVU, la création d'un groupe technique pour remanier la réglementation.


mardi 6 février 2018

Naissance de l'association des vapoteurs ANPVU en Italie

"Ce 18 janvier est née l'Association Nationale Pour les Vapoteurs Unis (ANPVU)". L'éclosion de l'organisation de défense des intérêts des usagers arrive dans un contexte très hostile au vapotage en Italie. Ces derniers mois ont vue les autorités coordonner une offensive conjuguant taxes prohibitives, restriction des lieux de ventes physiques et interdiction de vente à distance de liquides, désormais soumis au Monopole des douanes. Une guerre au vapotage qui fait le jeu des cigarettiers et du tabagisme. A l'opposé de cette politique morbide, la nouvelle association oriente sa démarche sur le terrain d'une approche de réduction des méfaits. "Nous voulons simplement être une association composée uniquement de vapoteurs: des gens qui partagent le même intérêt et la même passion. Son objectif principal est d'aider les fumeurs à cesser de fumer en entrant dans le monde des vaporisateurs personnels", explique le communiqué de l'association, repris notamment par le site SigMagazine.

Engagement social : la réduction des méfaits par l'exemple

La nouvelle organisation des vapoteurs en Italie insiste sur l'alternative au tabagisme que constitue le vapotage mais également sur son contenu social et communautaire porteur d'entraides et d'auto-soutien. "En Italie, sur les 11 millions de fumeurs estimés, plus de 7 millions ont essayé au moins une fois d'arrêter sans succès. Les nouvelles technologies du vapotage sont une opportunité de changer ces statistiques de santé en offrant une alternative beaucoup moins nocive que les cigarettes", souligne Carmine Canino, le Président nouvellement élu de l'ANPVU. L'association se réfère aux travaux scientifiques, dont les rapports britanniques du Public Health England et du Royal College of Physicians, mais aussi aux scientifiques italiens tels que les Prs Polosa, Beatrice, Tirelli et le regretté Veronesi, membres de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF), pour appuyer le bien fondé de la minimisation des méfaits du vapotage contre le tabagisme.

Défense politique

"L'intention et l'espoir de l'ANPVU est de voir enfin l'Etat italien approuver et partager les politiques du Royaume-Uni où le vapotage est promu et encouragé par le Ministère de la Santé", soulignent les sept membres du comité de l'association. Dans cette perspective, l'ANPVU entend tisser "des échanges et un dialogue constructif"  avec les institutions et les différentes parties impliquées, notamment en respectant pleinement les objectifs des autres associations. Dans son manifeste, l'association précise un de ses objectifs à court terme: "la rectification ou l'abolition de la taxation actuelle".

L'avis de naissance de l'organisation de défense spécifiquement de vapoteurs en Italie était fortement espéré, après la première tentative avortée de l'association Vapit. Alors que l'Italie faisait partie en 2013 des pays d'avant-garde de la réduction des méfaits contre le tabagisme avec le vapotage, les attaques particulièrement violentes du Gouvernement ont poussé les 3/4 des commerces de vape à fermer, passant de plus de 4'000 à un millier aujourd'hui. L'absence d'une entité spécifique de défense  des intérêts des usagers a fait défaut ces derniers mois face au nouveau durcissement législatif. Les autorités ont eu beau jeu d'ignorer les organisations de professionnels en les réduisant à des réflexes corporatistes. 

Résultat, les liquides de vapotage, y compris sans nicotine, sont taxés désormais à hauteur de 4.50€ par fiole de 10 ml, portant leur prix au dessus de 10€. D'autre part, les lieux de vente sont soumis au réseau de distribution du Monopole administré par les douanes (AAMS). La vente de liquide à distance, notamment par internet, est interdite depuis le 1er janvier, laissant orphelins les vapoteurs à l'écart des grands centres urbains. 

Information sur le vapotage

Le combat politique, à côté de recours juridiques des professionnels, sera probablement intense dans les mois à venir en Italie. Mais c'est évidemment sur la base d'un travail de fond pour construire une culture de réduction des méfaits contre le tabagisme que le mouvement des vapoteurs peut espérer s'appuyer à long terme. En ce sens, l'association met à disposition un numéro vert pour répondre aux personnes intéressées par ses activités. L'adhésion pour les membres individuels est fixée à 5€ minimum. L'ANPVU a mis en place son site internet, ainsi qu'une page Facebook. Entrée de plein pied dans la lutte pour le droit à la réduction des méfaits, elle a déjà eu à réagir au "buzz qui tue" la semaine dernière pour corriger les fausses informations diffusées aussi par les médias italiens. La Dr Francia Fortunato, du comité scientifique de l'ANPVU, a ainsi expliqué les limites de l'étude et l'absurdité des surinterprétations médiatiques qui en ont été faites. Et ce n'est qu'un début...