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jeudi 5 juillet 2018

Consultation européenne sur le projet de taxe anti-vapoteurs: quelques infos [MàJ]

Lancée vendredi dernier, la mobilisation contre le projet de taxe anti-vapoteurs de la Commission Européenne prend de l'ampleur. Du côté italien, où une surtaxe de 4€ par fiole a déclenché une baisse du nombre de vapoteurs accompagnée d'une hausse des fumeurs, la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF) relaie l'appel des 16 associations d'utilisateurs. De même en France, la Fédération Addiction, des professionnels socio-sanitaires du domaine des addictions, soutient également le refus de taxation punitive contre les personnes évitant de fumer à l'aide du vapotage. L'appel des 16 associations européennes est désormais aussi traduit en hollandais, allemand et espagnol, s'ajoutant à l'anglais, l'estonien, le français et l'italien.
PS : Sovape a édité un flyer à télécharger, imprimer et diffuser pour ceux qui en ont la possibilité:
https://www.sovape.fr/wp-content/uploads/2018/06/NOTAX-Flyer-UE.pdf

Filtrage informatique des contributions

Une autre information nous vient d'une cadre de la Commission Européenne. "Après la consultation, toutes les contributions seront soigneusement analysées à l'aide d'outils informatiques afin de filtrer les contributions identiques ou les contributions en double. Ces outils utilisent des techniques avancées qui permettent également l’agrégation des contributions à partir des commentaires reçus", explique cette Conseillère juridique et fiscal de la Commission Européenne dans un courrier électronique à un citoyen. Ces précisions viennent en réponse à une remarque concernant la possibilité de soumettre plusieurs contributions, que la Commission n'encourage pas mais contre laquelle elle ne veut pas mettre en place de système qui risquerait de décourager d'autres participants, selon les explications de la bureaucrate européenne.

Une conséquence pratique à retenir de cette information est que l'envoi de commentaires 'copiés/collés' n'est pas très utile. Comme l'indique Sovape dans sa petite aide, mieux vaut expliquer son analyse dans ses propres termes. A noter que l'Aiduce a ouvert une discussion avec ses membres sur le sujet. Mais au-delà des réponses, leur traitement pose question. Quelle grille d'analyse sera utilisée par les logiciels informatiques de la Commission européenne pour faire ce tri "mécanique" préalable? A la lecture de la consultation apparaît clairement que l'option d'une politique de réduction des risques cohérente est totalement absente des postulats idéologiques de la sphère dirigeante européenne. Comment les outils informatiques pourraient découvrir les expressions de cette option si les programmeurs européens ne l'ont pas même prise en considération* ? 

Faire entendre la réduction des risques

Au vu de l'incompréhension par la Commission des résultats de la consultation précédente, où 89,88 % des contributions exprimaient le besoin d'une stratégie cohérente de réduction des risque sur le sujet, on peut s’inquiéter du mur de surdité qui entoure les bureaucrates européens. A ce titre, la pétition lancée par les associations d'utilisateurs prend tout son sens pour faire surgir publiquement cet angle mort de la consultation.

PS à 19h le 5-07-2018: le site pour la consultation de la Commission Européenne semble en rade actuellement...

*Pour les amateurs de philosophie, le problème est similaire à "la chambre chinoise" de John Searle. Un programme peut simuler la compréhension, mais il n'en comprend pas la signification. Corollaire, si un champ de sens n'a pas été implanté par le programmeur, il ne sera pas pris en considération par le logiciel.

dimanche 1 juillet 2018

Malgré l'été, les associations européennes sonnent la révolte contre les taxes punitives anti-vapoteurs

La Commission européenne aurait voulu éviter une participation trop importante, qu'elle aurait placé la consultation publique sur le projet de taxe tabac anti-vape en plein été. C'est ce qu'elle a fait. Les défenseurs d'approches de réduction des risques face au tabagisme se laisseront t-ils griller par l'astuce estivale ?

Ils ont jusqu'au 3 septembre pour donner leur réponse à la consultation. En français, l'association Sovape diffuse une aide en ce sens. Avec 15 autres organisations européennes*, elle lance également une pétition en ligne pour dire stop au projet de taxe anti-vape, qui pourrait en augmenter de 20%, 50% ou 100% le prix de vente. Ce même projet à l'échelle européenne avait déjà essuyé un refus clair et net de 89,9% des participants en 2017. Cette fois, les organisations se sont associées, première petite victoire, et elles ne se limitent pas à rejeter une taxe plancher minimale. Les défenseurs des droits des usagers de produits nicotinés à risque réduit suggèrent "de bannir toute accise sur le vapotage dans l’Union Européenne".

Bannir toute surtaxe de la vape en Europe

"La vape ne contient pas de tabac et surtout ne se consume pas. Le vapotage ne produit pas de fumée, pas de monoxyde de carbone, pas de goudrons ; vapoter réduit d’au moins 95 % les dommages à la santé par rapport à fumer des cigarettes. Les produits de vapotage ne sont pas des produits du tabac, ses usagers ne doivent pas subir de taxe punitive injustifiée", argumente le texte de la pétition lancée en plusieurs langues (anglais, estonien, français, italien pour le moment...). Au lieu de rester défensives et d'abandonner la population des pays hostiles au "droit à l’accès aux outils de réduction des risques, y compris pour les plus défavorisés", les groupes de défense des usagers ont choisi de contre-attaquer.

"La fiscalité anti-vape protège in fine le tabagisme, comme le montrent les effets sur la population des pays ayant déjà mis en place une telle taxe : Italie, Portugal, Grèce, Hongrie", énumèrent les associations. Pays précurseurs de fiscalité anti-vapoteurs en Europe, l'Italie a relancé son tabagisme, avec une nette baisse du vapotage à coup de 4€ de surtaxe par fiole, tandis que le Portugal conserve un taux de 26% de fumeurs depuis une décennie, avec une vape d'abord surtaxée de 6 € pour 10 mL, révisée à 3 € depuis 2017. Le constat des effets favorisant le tabagisme de ces politiques de taxation punitive contre les vapoteurs est affligeant. Ayant aussi suivi cette voie de répression taxative contre les vapoteurs, la Grèce et ses 37% de fumeurs ou la Hongrie et son explosion de vente de tabac à rouler le confirment.

Épidémie européenne de taxes contre la sortie du tabagisme

Ces exemples cancérigènes n'ont pas empêché une épidémie de taxation ces derniers mois, touchant désormais quatorze pays de l'Union Européenne. Pour la plupart, trop récents pour avoir des retours statistiques sur leurs effets. Pourtant, à l'opposé et de manière exemplaire, les britanniques et, depuis 2016, les français réussissent à faire reculer leur tabagisme sous l'impact du vapotage, bien que freiné par certaines limitations européennes. Ajouter un frein financier supplémentaire signifierait le sabotage de ce mouvement de réduction du tabagisme pour se calquer sur les fumeux modèles italiens et grecs.

Dans ces conditions, l'enjeu politique de la consultation devient clair: la Commission va t-elle niveler par le bas l'Europe vers une politique régressive, au mépris de la santé publique en privilégiant une taxation inique et favoriser le maintien du tabagisme? Ou veut-elle porter un projet progressiste tirant les pays les plus rétrogrades vers une politique de réduction des risques et de recul du tabagisme ? Taxe anti-vape ou politique de réduction des risques cohérente ?
Les citoyens vont-ils réagir aux projets de taxe de la Commission Européenne
contre ceux qui évitent de fumer avec la vape ?


Santé publique ou fric ?

Une des options à la question 29 de la consultation illustre une orientation envisagée par la Commission: "Les cigarettes électroniques sont essentiellement des produits de substitution aux cigarettes traditionnelles et devraient donc être traitées de la même manière afin de garantir une concurrence loyale". En clair, protéger le tabagisme et ses faramineux gains financiers pour les Etats, les cigarettiers et les pharmaceutiques, de la concurrence du moyen d'en sortir. Les Etats doivent-ils capitaliser sur les cadavres des 700'000 décès annuels liés au tabagisme estimés en Europe ou donner leur chance aux fumeurs avec un accès le plus libre possible à un moyen à risque réduit? Une question sur laquelle les citoyens vont devoir se mobiliser cet été s'ils ne veulent pas être condamnés à l'empire du cancer européen.

En plus de la relance du tabagisme à court terme, un autre effet, constaté dans les pays ayant adopté une taxe anti-vape, est la destruction de la filière spécialisée indépendante. Les sites et boutiques dédiées en premier lieu, les PME de vape dans la foulée. Adopter un tel régime permet non seulement de maintenir à bout de bras encore quelques années le tabagisme, mais prépare aussi le terrain à une reprise en main du marché de la vape par des multinationales. On laissera le lecteur imaginer qui sont les candidats susceptibles. Cela donne peut-être une idée pour qui roulent réellement les pro-taxes anti-vape, y compris lorsqu'ils habillent leurs discours de pseudo arguments sanitaires. 

Répression taxative, régression sociale

Les taxes sur le tabac sont connues pour être régressives. Autrement dit, elles frappent plus durement les pauvres que les classes aisées. Et ceci de manière redoublée. D'une part, la taxe perçue n'est pas proportionnelle aux revenus mais se fixe sur une consommation captive. D'autre part, le tabagisme est une pratique devenue au fil des années, un marqueur social des groupes défavorisés. Les ouvriers et employés ont des proportions de fumeurs deux fois plus importantes que les cadres supérieurs. Le taux de fumeurs chez les chômeurs est encore plus élevé, ainsi que les personnes souffrant de troubles psychiques. Les groupes stigmatisés, par exemple pour leur orientation sexuelle, ont également des parts significativement plus importantes que la moyenne.

Les effets de régulation de l'humeur de la nicotine expliquent, au moins en partie, cette tendance des groupes sociaux soumis à des stress liés à leurs condition de vie. Sans outil efficace de réduction des risques à disposition, la part de fumeurs des groupes défavorisés économiquement est aussi nombreuse à tenter d'arrêter que celle des classes favorisées, mais échouent deux fois plus souvent. Le suivi du Smoking Toolkit Survey (STS) montre que l'essor du vapotage, utilisé désormais par environ 35% des fumeurs qui tentent d'arrêter de fumer en Angleterre, a augmenté globalement les réussites de ces tentatives, passées en moyenne de 13,4% en 2010 à 19,8% en 2017. Cette augmentation concerne en priorité les personnes avec un statut socio-économique plus bas, dont le taux de succès à été multiplié par 1,66, selon le calcul des Prs Robert West et Jamie Brown.

Environ 35% des tentatives d'arrêts tabagiques anglaises se font avec la vape et 27% en France, impulsant dans les deux pays des chutes du tabagisme. La moyenne globale des tentatives à l'aide de la vape est passée de 3,7% à 9,7% dans l'Union Européenne entre 2012 et 2017. Ceci montre à la fois une marge de progression importante pour aider les fumeurs européens qui désirent arrêter, mais aussi que le mouvement prend de l'ampleur inexorablement. D'où probablement la réaction d'une série de gouvernements pour le freiner et compenser les baisses de revenu des taxes tabac. La démonstration de l'avidité des bureaucraties européennes, qui n'envisagent que de taxer sans même songer à des options de soutien, risque de nourrir la méfiance et le décrédibilisation de ses instances sur le dossier du tabagisme.

* Les seize organisations signataires de l'appel à la mobilisation contre le projet de taxe européen: Acvoda (Netherlands), Aiduce (France), Anesvape (Spain), ANPVU (Italy), Cyprus Vaping Association (Cyprus), DADAFO (Denmark), IG-ED (Germany), Initiativ Fräien Damp Lëtzebuerg (Luxembourg), La vape du Cœur (France), NNA Suitsuvaba Eesti (Estonia), NNA Sweden (Sweden), NNA UK (United Kingdom), ÖDC (Austria), Sovape (France), UBV-BDB (Belgium), Villanypára Egyesület (Hungary)


16 organisations européennes appellent à se mobiliser contre le projet de taxe anti-vapoteurs, notamment par une pétition

jeudi 28 juin 2018

INNCO autorisé par l'ONU à participer aux réunions de haut-niveau sur les maladies non transmissibles

INNCO fait partie de la liste des 181 organisations autorisées à assister et à participer aux auditions interactives de la société civile de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et à ses réunions de haut-niveau sur les maladies non transmissibles (MNT). La liste publiée le 1er juin par Miroslav Lajčák, président de l'Assemblée générale de l'ONU, anticipe la préparation de la troisième réunion de haut-niveau sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT) le 27 septembre prochain.

De Bloomberg à Helvetic Vape

Le choix des organisations autorisées par l'ONU est censé refléter la diversité des parties prenantes sur le sujet. On y trouve aussi bien l'organisation de lobbyisme de l'oligarque Michael Bloomberg que des organismes de santé comme le Cancer Research UK, ou des entreprises pharmaceutiques. On peut douter, pour le dire avec un euphémisme, de l'équilibre entre le poids des lobbys pharmaceutiques, de manière directe ou indirecte par financement, et celui des représentants d'usagers dans cette liste. Cependant, la validation de la participation d'INNCO est un premier pas pour une représentation d'utilisateurs de produits à risque réduit dans ce cadre.

INNCO, pour International Network of Nicotine Consumers Organisations, est le réseau international regroupant les organisations d'utilisateurs de produits nicotinés à risque réduit. Pour le moment, le réseau recueille au moins 34 associations de vapoteurs, de consommateurs de snus ou plus largement en faveur des produits de réduction des risques face aux produits fumés. Après son assemblée générale à Varsovie le 14 juin, quelques nouvelles adhésions sont en voie de finalisation. Des membres des cinq continents sont représentés en son sein. Au niveau francophone, les vapoteurs français par l'Aiduce, belges par l'UBV-BDB, tunisiens de l'ACEAF, suisses avec Helvetic Vape et luxembourgeois de l'IFDL participent, ainsi que la plateforme pour le dialogue et une culture de réduction des risques Sovape et les canadiens de la THRA.


mardi 5 juin 2018

Revue de pneumologie clinique: la vape expliquée aux professionnels de santé par les usagers

Comment fonctionnent les produits de vapotageL'Association indépendante des utilisateurs de cigarettes électroniques, plus souvent nommée par son acronyme Aiduce, explique en détail et avec pédagogie le vapotage aux professionnels de santé dans la dernière publication en date de la Revue de pneumologie clinique. "Pour maximiser les chances de remplacer le tabagisme par l’usage des produits du vapotage, il convient de connaître les différents types qui existent, leurs caractéristiques et réglages essentiels ainsi que leur influence sur le ressenti", invitent les auteurs Claude Bamberger, Véronique Deiss et Stéphane Gros. Un passage à la vape bénéfique aux fumeurs. "Un éclairage sur la composition des e-liquides et des émissions permet de comprendre la réduction d’au moins 95 % des risques par rapport au tabagisme tout en mesurant l’influence de ces composés sur l’expérience de l’utilisateur", soulignent les trois militants de l'Aiduce.

Processus collectif

Ils retracent rapidement l'évolution depuis la cigalike jusqu'à la troisième génération de matériel de vapotage depuis 2014. Le florilège de termes du monde de la vape tient à son modus vivendi. "Une des explications de ce riche vocabulaire est que la croissance du vapotage et les améliorations techniques ont résulté de la demande et de l’expérience de millions d’utilisateurs. Ceux-ci apprennent collectivement puis améliorent les techniques collaborativement au travers de forums, réseaux sociaux et chaînes vidéo, ce qui conduit à devoir créer et partager des termes pour décrire et désigner les produits et les usages", précisent les auteurs. Mais élément supplémentaire,  l'outil se prête à cette créativité collective par sa plasticité technique. "Le principe relativement simple d’une résistance vaporisant de façon thermiquement stable du liquide permet certaines variations au-delà de la forme".

Variation du volume de vapeur en ajustant la relation entre volume de liquide vaporisé et puissance de dissipation, ajustement par l'inspiration du volume et de densité de la vapeur, jeu entre le diamètre d'entrée d'air, de la position de la résistance par rapport à l'embout de sortie et la taille de celui-ci, font parties des paramètres de la combinaison adaptée à chaque usager. "Un point souvent peu connu est que la température de vaporisation (donc la température de la vapeur de liquide) est essentiellement liée à la composition du liquide, en particulier la proportion du propylène glycol et de la glycérine végétale qui représentent environ 90 à 95 % du volume de celui-ci. La température de la vapeur inhalée est la moyenne pondérée entre celle de la vapeur de liquide, créée dans le dispositif, et celle de l’air inhalé en même temps (celui-ci représentant la majorité du volume inhalé)", soulignent les usagers experts.

Eviter glouglou et dry puff

De manière pratique, à trop faible puissance, le liquide se vaporise mal et se transforme souvent en phénomène dit du "glougloutage". A trop forte puissance, la vaporisation n'absorbe pas l'excès d'énergie et la surchauffe du liquide dégage des substances détestables, dont notamment l'acroléine au goût âcre et insupportable. En terme de vapoteurs: un dry hit. Cela peut arriver en cas de manque de liquide dans le réservoir, de résistance neuve mal amorcée ne laissant pas circuler correctement le liquide ou de résistance usée ou encrassée, mais aussi de puissance inadaptée à la valeur (en ohm Ω) de la résistance. "Habituellement des valeurs de résistances de l’ordre de 1 à 2 Ω sont adaptées à des puissances de 8 à 15 W et donc à un vapotage dit « indirect » (...) Sans que cela soit une règle absolue (parce que les matériaux et donc la résistance par unité de surface peuvent varier), les résistances inférieures à 1 Ω sont plutôt utilisées à des puissances plus élevées avec des liquides moins concentrés en nicotine et des arrivées d’air plus ouvertes, soit plus de liquide vaporisé mais dans beaucoup plus d’air", distillent en points de repère les vapoteurs.

L'élément e-liquide est évidemment central. Composé pour l'essentiel de propylène glycol (PG) et de glycérine végétale (VG), il transporte de 0 à 2% de nicotine au maximum dans l'Union Européenne et environ 5% d'arômes alimentaires. La proportion entre PG et VG est une "information utile pour les consommateurs car le ressenti et l’adaptation à certains dispositifs diffèrent. Certains consommateurs ont par ailleurs des sensibilités différentes à l’un ou l’autre: le PG pouvant être desséchant et pour certains irritant, et la VG donnant pour sa part une sensation parfois trop dense et grasse altérant le goût de certains arômes"

Nicotine vaporisée contre tabac fumé

Substance du diable aux yeux de certains, la nicotine est recherchée par les ex-fumeurs pour tenir éloignée la cigarette. "Le taux de nicotine, couramment en France se situe à 0, 3, 6, 9, 12, 16, 18 ou 20 mg/mL, et dans le monde à 0, 6, 12, 18, 24 et 36 mg/mL. Il est important car il va déterminer, pour un régime de vapotage (durée des aspirations, puissance) donné, la quantité de nicotine absorbée. Dans les premiers mois après l’arrêt du tabac, le mécanisme de substitution est important car le vapotage délivre plus lentement la nicotine que le tabac fumé", expliquent les trois vapoteurs également ex-fumeurs. On pourrait ajouter que les récents liquides aux sels de nicotine permettent même des dosages à 50 mg voire 60 mg/mL très prometteurs pour aider certains fumeurs. Malheureusement, la directive européenne interdit les concentrations au delà de 2% (20mg/mL), sans raison de science.

"Par rapport au tabac fumé, il est important d’avoir en tête quelques équivalences: la consommation courante en volume se situait il y a quelques années vers 1 à 3 mL/jour de liquide dosé de 12 à 18 mg/mL de nicotine, puis on évoluait vers 4-6 mL à 6-12 mg/mL pour les vapoteurs plus expérimentés, mais aussi avec du matériel plus puissant. Cela représente 1 à 3 mg de nicotine vapotée par cigarette fumée sur une base moyenne d’un paquet par jour" expliquent-ils, avant de préciser, "la quantité de nicotine contenue dans la vapeur est linéairement proportionnelle à la puissance de vaporisation et à la durée tant que la vaporisation reste stable. Les dispositifs plus puissants sont difficiles à utiliser pour les débutants dans la mesure où ils ne reproduisent pas du tout le mode de consommation auquel ils étaient habitués avec la cigarette de tabac (et consomment aussi plus de liquide). Après quelques mois on constate empiriquement une baisse de la consommation et une stabilisation qui peuvent être expliquées par une meilleure maîtrise du vapotage et par le lien rétabli entre nicotine consommée et geste, mais aussi par une moindre dépendance".

Fais gaffe à ton accu

Dernier conseil, mais important, les précautions à prendre avec les batteries. "Comme pour tout appareil électronique, le risque d’utilisation n’est pas nul, mais est largement dépendant de l’utilisateur : les accus ne doivent jamais être déplacés sans protection de leurs bornes (des boîtes ou des tubes silicone sont généralement vendus en accessoires ou fournis avec) et ne doivent pas entrer en contact avec du métal sous peine de risquer un court-circuit pouvant entraîner un emballement thermique", insistent les représentants de l'Aiduce. Ils préviennent également de vérifier que les accus tiennent des capacités de décharge adéquate à l'usage prévu, notamment avec des résistance basses qui vont demander une forte puissance.

Les vertus sanitaires de la liberté d'expression

"Pour un nouvel utilisateur, les produits du vapotage peuvent nécessiter un temps d’adaptation et surtout des explications. D’où l’utilité, voire la nécessité, des boutiques spécialisées et des forums ou groupes soutien entre vapoteurs, deux sources d’accompagnement concernant les bonnes résistances/puissances pour éviter la surchauffe, les bonnes habitudes pour utiliser, transporter et recharger ses batteries, et les accus pour les modèles plus avancés. Evidemment une communication plus ouverte sera(it) utile pour un produit qui vise à faire disparaître une mauvaise habitude pour près de 20 millions de Français", expliquent les usagers actifs de l'Aiduce. L'interdiction de "publicité et de propagande" pour les produits de vapotage en France d'une part, et la frilosité des autorités de l'autre, rendent évidemment cette communication honnête rare et difficile à entendre pour le public. 

En ce sens, l'article des trois usagers tente d'apporter un éclairage dans une revue de professionnels de santé sur le vapotage comme aide à l'arrêt des cigarettes dans ce contexte difficile. Jetant un coup d’œil sur les dix années d'évolution des produits de vape, les membres de l'Aiduce concluent: "On peut aussi lire dans la montée de la puissance une solution à la limitation des dosages en nicotine par la directive européenne et à l’impression, renforcée par les avertissements sanitaires rendus obligatoires, que le dosage doit être réduit. Des débuts pleins de paradoxes pour qui essaie d’arrêter complètement de fumer, assez de nicotine pour «évacuer» l’envie de fumer mais en même temps la pression inutile pour en réduire le dosage".

Référence de l'article: Bamberger C, et al. Comment fonctionnent les produits du vapotage. Rev Pneumol Clin (2018), https://doi.org/10.1016/j.pneumo.2018.03.005

jeudi 12 octobre 2017

[Pouët] Au #ForumSanté Libération, Agnès Buzyn bloque les questions qui dérangent

Ce qui est bien dans l'entre-soi, c'est qu'on n'est jamais dérangé. Invitée hier soir au Forum Santé organisé par le quotidien Libération, Agnès Buzyn ne goûte pas les questions dérangeantes. Depuis sa prise de fonction, la Ministre de la santé négocie avec les buralistes et le Ministère du budget un agenda de hausses des cigarettes suffisamment progressif pour ne pas ébranler ce marché. Dans le même temps, elle snobe les associations sur le terrain de la réduction des méfaits à l'aide du vapotage. La Ministre a simplement méprisée une demande d'entrevue envoyée conjointement en juillet par l'Aiduce, association des usagers du vapotage, et Sovape, association favorisant le dialogue entre les différents acteurs sur cette question aux multiples aspects. 

Alors lorsque sur le fil de son compte twitter apparaît hier des questions sur le sujet, la Ministre, ou plus probablement son spin doctor, a simplement actionné la fonction blocage des importuns. Ainsi les tweets gênants ont disparu de son fil. Pourtant quelques minutes auparavant, la Ministre insiste sur l'importance d'être à l'écoute des usagers du système de santé.
Mais le ressenti d'usagers sur son étrange démarche de politique de santé concernant le tabagisme ne semble pas devoir être mieux intégré. Au moins lorsque celui-ci surgit à la manière d'un troll, cette attitude un peu désespérée face au mépris des tenants d'un débat pour tenter de faire valoir une thématique passée sous silence par l'élite communicante. Les penseurs de l'entre-soi détestent.
Les choses se précipitent et s'aggravent. Le premier troll hirsute (moi-même, si vous n'avez pas saisi ;) ) se voit relancé par une vapoteuse soulignant que la question concerne aussi des femmes.

Aux deux effrontés osant faire surgir une question concernant potentiellement 16 millions de français, dont la majorité de couches populaires, dans une discussion bornée aux mœurs de la caste mandarinale, la réponse est: rien. Le blocage. Pour l'une et l'autre (je ne sais pas dans quel ordre, mais à peu de temps près).



Levons le suspens éventé du "débat". La Ministre trouve évidemment qu'il faut faire des efforts mais que tout ne va pas si mal sur la question de la place des femmes dans les élites médicales.

Pour ce qui est du débat interdit concernant la place de la population dans la santé publique, son message implicite est plus claire. Les lobbys passent avant. Au moins en ce qui concerne le tabagisme et la pléthore de maladies engendrées pour le bonheur des vendeurs de médicaments.

A six mois de l'annonce d'un nouveau Plan national de réduction du tabagisme (PNRT), pour remplacer la fumisterie précédente de Marisol Touraine, on peut honnêtement douter que quoi que ce soit ne change au royaume de France. Les bleus n'ont pas décroché le titre de vice-champions d'Europe du tabagisme par hasard. C'est là, un art consommé et parfaitement maîtrisé de la caste dirigeante sur le sujet. Evidemment, il ne faudrait pas mettre "tout le monde dans le même sac". Mais Agnès Buzyn prend visiblement ses dispositions pour surtout ne pas en sortir de ce sac de l'entre-soi des mêmes.


lundi 2 octobre 2017

France: Le Dr Lowenstein abasourdi que la Ministre A. Buzyn n'ait pas encore reçu les associations de vapoteurs

"Je souhaite qu'Agnès Buzyn, notre Ministre de la santé, ne reçoive pas seulement les buralistes, mais aussi les différentes associations de vapoteurs. Actuellement, c'est la principale révolution dans le domaine. Plus de vies ont été sauvées par le vapotage que par toutes les méthodes qui ont existé jusque-là". C'était la seconde fois durant son entretien dans l'émission M comme Maïtena sur RMC. Cette après-midi, le Dr William Lowenstein a fortement insisté sur son incompréhension de l'attitude de la Ministre. Le Président de SOS Addiction, atterré du sinistre sanitaire à grande échelle du tabagisme, ne comprend pas le dédain de la Ministre à l'encontre des associations de vapoteurs. Les associations Aiduce et Sovape révélaient le mois dernier que leur demande d'entrevue n'avait pas reçu même une réponse polie. Depuis la Ministre n'a toujours pas réagi. Paralysée sur place. Alors qu'elle s'était empressée de rencontrer les vendeurs de cigarettes dés sa prise de pouvoir.

Choquant mépris ministériel

A l'opposé du mépris ministérielle, le Dr Lowenstein souligne l'importance des acteurs de la réduction des méfaits par la vape, participants en première ligne sur le terrain. "Promouvoir le levier incroyable de la sortie du tabac par le vapotage.(...) Je suis ravi que notre nouvelle Ministre, qui est un médecin remarquable, ait reçu les buralistes. Mais par contre qu'elle n'ait toujours pas reçu les associations de vapoteurs, qui sont en train de sauver des centaines de milliers de vies, me choque en tant que médecin", souligne t-il (à 14') .  Pourtant, arrêter de fumer, "c'est atrocement difficile", en convient Maïtena Biraben, la présentatrice et ancienne fumeuse.

Le désastre sanitaire du tabagisme et son cortège de malades et de cadavres doit enfin être pris au sérieux par les autorités. "Cela demande autre chose que des rendez-vous à six mois, une petite trousse dans le kit du Mois sans tabac avec trois dessins à colorier. Il faut que cela devienne vraiment une priorité sanitaire et plus seulement la priorité des caisses de Bercy [le Ministère du budget]", se lâche l'addictologue. Le Pr Bertrand Dautzenberg, arrivé en cours d'émission, adoube le vapotage pour arrêter de fumer. "Pour un fumeur qui passe à la vape et quitte la cigarette, c'est infiniment, infiniment, moins dangereux. Il faut encourager tous les fumeurs à quitter le tabac par la porte, par la fenêtre, avec les moyens officiels et avec le vapotage", insiste le Secrétaire général de l'Alliance contre le tabac.

De la nicotine dans les aubergines

Cependant, encore convalescent peut-être, le tabacologue de l'Hôpital de la Salpétrière bloque toujours sur le mythologique vapotage passif. "On peut retrouver de la nicotine dans les urines [dans l'entourage des vapoteurs]. Alors, pas beaucoup, pas à forte doses, de manière infiniment moins toxique que le tabagisme passif, mais il y a un petit quelque chose", souligne le Pr Dautzenberg. "La nicotine on s'en fout. La nicotine n'est pas le problème. Le problème ce sont les milliers de toxiques des cigarettes", le reprend un peu plus tard le Dr Lowenstein, ancien pneumologue. "Oui de la nicotine, il y en a même dans les aubergines", glisse Maïtena. "C'est pour cela qu'il faut sortir du déni hypocrite contre le vapotage et le soutenir à fond", insiste encore le Dr Lowenstein.

L'émission a laissé place à d'autres interventions, notamment sur le plateau de Jean-Luc Renaud, représentant de la Fédération des buralistes, ainsi que d'auditeurs. Certains témoignant de leur arrêt du tabagisme avec le vapotage, dont un intéressant exemple d'usage de la vape en "roue de secours" pour éviter la rechute. Vous pouvez retrouvez l'émission en intégralité en podcast à  http://podcast.rmc.fr/channel295/20171002_mcommemaitena_0.mp3


samedi 30 septembre 2017

[urologie passive] De quoi souffre le Professeur Dautzenberg ?

Urines vertes ou jaunes, présence de cotinine et angoisse persistante. Les symptômes affichés par le Pr. Bertrand Dautzenberg sur les plateaux de BFM puis de RMC (vidéos plus bas) ne manquent pas de surprendre. Qu'est-ce qui a pu provoquer de tels troubles chez le médiatique pneumologue français? Est-ce grave? Mais de quoi souffre vraiment le tabacologue officiant à l'hôpital de la Salpêtrière? 

Anamnèse

Lors de son échange avec Jean-Jacques Bourdin, le sympathique professeur raconte recevoir des vapoteurs qui parfois "tirent" quelques lattes sur leur appareil dans son bureau. Peut-être pris de fièvre, le tabacologue précise pourtant que la direction de l'Assistance Publique et Hôpitaux de Paris (AP-HP), où il officie, a interdit depuis le mois de mars le vapotage en son sein. Qui est le fautif dans cette situation? Du patient arrêtant de fumer, du docteur le laissant vapoter dans son cabinet, ou des autorités hospitalières n'ayant pas mis le holà à cette pratique délictueuse, son récit emmêlé ne le désigne pas. "L'AP-HP dans sa sagesse a inscrit dans son règlement intérieur que l'on ne peut pas vapoter dans les espaces collectifs, mais un soignant peut vapoter dans son bureau", tente d'expliquer le docteur sans faire la lumière de ce qu'il en adviendra finalement pour ses patients.

Asparagusite

Ce vapotage dans son cabinet, mais pas aux toilettes, est-il à l'origine du mal qui semble posséder le pneumologue? Très troublant, si ce n'est troublé, il énumère les couleurs de ses urines la veille sur BFM. "Moi, si le vapotage me donne des urines vertes ou jaunes, on peut me dire que ce n'est pas toxique, je ne suis pas content", s'offusque t-il (à 3'45''). Après recherches, si aucun cas de ce type n'est rapporté chez des vapoteurs ni dans leur entourage, des urines vertes ont été fréquemment constatées chez des sujets après ingestion en quantité d'asperges. La source du syndrome dautzenbergien pourrait bien être l'acide asparagusique, qui une fois digéré se dégrade en composés organiques souffrés.

Le Pr Andy Brunning, chimiste de l'Université de Cambridge, explique que le désagrément ne toucherait que 43% des amateurs d'asperge dans son oeuvre "Pourquoi l'asperge donne t-elle une odeur au pipi?". En ce qui concerne l'alternance flavescente du pipi du Pr Dautzenberg, de nombreux témoignages semblent corroborer que c'est là sa couleur normale. Peut-être un léger manque d'hydratation a t-il fait foncer le secrétât de l'urètre professoral? Boire un peu plus d'eau doit suffire à allonger le liquide doré.

Tomatage passif

Reste évidemment cette interrogation inquiète de la présence de cotinine dans la lansquine du docteur. Les doses relevées par plusieurs études sur des personnes en présence de vapoteurs, y compris leur compagnon ou compagne, montrent des taux similaires à ceux de personnes ayant mangé un des nombreux légumes naturellement nicotinés. Avaler quelques centaines de grammes de tomate, aubergine, patate, choux-fleur, carotte, poivron, etc délivre autant de nicotine que de respirer une demie-journée enfermé en compagnie d'un vapoteur. "Les partenaires de vapoteur.es ont en moyenne des concentrations de cotinine [ndr. métabolite de la nicotine] de 0.19ng/ml de salive et 1.75ng/ml dans l'urine, ce qui est environ 1'000 fois moins que les concentrations chez les fumeurs et se situe au niveau du taux de cotinine généré en mangeant une tomate", souligne à ce sujet le rapport du Public Health England en 2015.

Au vu de la brièveté des bouffées de ses patients vapoteurs, il semble plus probable que les métabolites de nicotine dans l'urine du Pr Dautzenberg proviennent de son alimentation. "La nicotine à ces doses là, mesurées chez l'entourage des vapoteurs, ne présente strictement aucun danger", tente de raisonner Claude Bamberger, de l'association Aiduce, sur le plateau de BFM. Le professeur n'a pas paru calmé par cette tentative de le faire revenir à une raison que le Conseil d'Etat français avait reconnu valide en 2013. C'est pourtant aussi la conclusion de trois rapports scientifiques du Public Health England en 2015, du Royal College of Physicians (UK) en 2016 et de l'Université de Victoria (Canada) en 2017. Depuis, deux enquêtes in vivo confirment. L'Université de San Diego dans 242 logements et le NIOSH du CDC américain dans un magasin de vapotage n'ont relevé aucune pollution intérieure inquiétante liée au vapotage.

Peut-être pour calmer le sujet pouvons-nous lui suggérer, sans donner crédit à son délire, d'éviter les plats comme les pizzas, la moussaka, le gratin dauphinois, etc., qui contiennent en masse des solanacées. Cela sera t-il suffisant? Difficile à dire, le propre de l'irrationalité étant de pouvoir se contredire sans sourciller. C'est ainsi que le professeur reconnait à un autre moment que "la nicotine est très très peu toxique". Le "danger est la fumée de cigarette", précise t-il. Le professeur convient d'ailleurs que la cohabitation entre vapoteurs et le reste de la population française "jusqu'ici se passait pas trop mal"

Subnormalisation

Ne dégageant pas de monoxyde de carbone, pas de particules fines solides, sans que l'on puisse distinguer si le compagnon ou la compagne d'un vapoteur a respiré la nicotine dégagée ou échangé ses fluides salivaires chargée de cotinine alimentaire dans des pratiques buccales très françaises, alors que visiblement les colories urinaires découlent plus probablement de l'alimentation, l'inquiétude sanitaire concernant le vapotage pour des tiers se trouve sans fondement. Le professeur a alors un soubresaut convoquant un risque comportemental. 

Trait identifié par de nombreux psychiatres, le délire rejette les faits de raison, notamment ici les comptes-rendus scientifiques, mais recèle souvent sa propre logique. "Le vapotage peut re-normaliser le tabagisme", assène ainsi le Pr Dautzenberg. Voilà Orwell revigoré. Arrêter de fumer, c'est fumer, a t-on envie de scander avec le docteur. En somme, un vapoteur re-normalise le tabagisme, Doit-on comprendre alors qu'un fumeur tend à montrer en acte que le tabagisme est anormal et dégouttant? Arrêter de fumer serait donc pire, aux yeux d'une certaine lutte anti-tabac, que de continuer de fumer, car cela peut re-normaliser ce qui serait (où?) dé-normalisé. On sait que d'aucun suggère de ne pas aider les fumeurs à arrêter pour que seuls les plus méritants se libèrent dans une souffrance rédemptrice et que les autres périssent le plus atrocement possible afin d'édifier les jeunes par leur agonie. Il y a peut-être un quelque chose de Chapman chez le Pr Dautzenberg, en dépit d'un fond humaniste clairement plus prononcé que chez l'ultra puritain.  

Le second assassinat de la loi Evin

Entre soutien à l'arrêt du tabagisme, mais volonté d'exclusion des parias ayant arrêté de fumer sans autre justification que de sombres hypothèses, il est passablement difficile de suivre la cohérence du propos. Comme le saisi spontanément la présentatrice de BFM-TV, le discours d'assimilation du vapotage au tabagisme finit par tuer la distinction fondatrice de la loi Evin qui interdit le tabagisme passif en raison de son impact sanitaire. Tout cela est réduit à un embrouillamini laissant à penser à un "simple problème de vivre ensemble", ou plutôt d'intolérance aux manies du prochain, pour fonder ce régime d'exclusion. Comment l'auditeur pourrait-il y voir autre chose qu'une volonté d'emmerder les fumeurs et désormais aussi les ex-fumeurs?  

Après cet incompréhensible amalgame, la dernière saillie sur le plateau de RMC du professeur alerte sur les nouvelles cigarettes de tabac chauffé des cigarettiers. "Il faut une ligne rouge entre les deux. Quand il y a du tabac, c'est un produit du tabac, quand il n'y en a pas, cela n'en est pas", conclue le professeur qui a miné auparavant la possibilité de cette distinction en excluant les vapoteurs du registre des non-fumeurs par le mythologique vapotage passif. Bien illuminé celui qui peut suivre ce chemin.

Une prescription compassionnelle

Mieux s'hydrater pour alléger les urines. Si les troubles anxiogènes liés à la couleur et au contenu en cotinine de celles-ci perdurent, bien que cela soit totalement bénin, le Pr Dautzenberg peut éviter les asperges et les plats contenant des solanacées. L'angoisse persistante d'un complot de re-normalisation du tabagisme mené par ceux qui ont arrêté de fumer doit cependant être traitée sérieusement. Même si le docteur semble jovial et empathique, il y a dans cette paranoïa un fond irrationnel et une opposition aux faits assez inquiétants. 

Concernant la loi Evin, déjà passablement éméchée sur son pan de l'alcool, sa spécificité sur le tabagisme vient de se faire étrangler par derrière. On peut douter qu'elle survive à un tel traitement par l'absurde aux yeux du public. Avec 36% de fumeurs, selon le dernier Eurobaromètre, on peut douter que cet amalgame fumeux soit une bonne idée pour la santé publique en France.

Sur le plateau de BFM-TV, le Pr Dautzenberg et Claude Falken de l'association Aiduce

Le Pr Dautzenberg, invité de Jean-Claude Bourdin vendredi matin

mardi 12 septembre 2017

En France, les associations de vapoteurs scandaleusement snobées par la Ministre A. Buzyn

Une honte. En pleine préparation d'un nouveau Plan Tabac, Agnès Buzyn, Ministre de la santé française, n'a toujours pas jugé utile de répondre aux associations d'usagers du vapotage. L'Aiduce, représentante des intérêts des trois millions de vapoteurs, et Sovape, groupe actif pour le dialogue entre usagers, scientifiques et politiques autour de l'outil de réduction des méfaits et de sortie du tabagisme, sont tout simplement snobées. Aucune réponse, même de simple politesse, à leur courrier commun du 20 juillet"Alors que le gouvernement annonce un nouveau plan anti-tabac pour fin septembre, et que les buralistes semblent avoir porte ouverte au ministère, l'absence d'audition des associations de la vape, consommateurs et réduction des risques, est pour le moins inquiétante, quant aux orientations à venir", rappellent aujourd'hui les deux associations.

La France vice-championne d'Europe du tabagisme

Dans leur lettre du 20 juillet dernier, l'Aiduce et Sovape espéraient attirer l'attention de la Ministre sur "les preuves concrètes de la performance du vapotage et les points d’urgence à modifier dans la législation pour faciliter l'arrêt aux fumeurs actuels qui le souhaitent et cesser ses effets délétères sur les ex-fumeurs que nous sommes". Depuis le dernier Eurobaromètre a consacré Agnès Buzyn du titre de Ministre vice-championne d'Europe du tabagisme, à égalité avec la Bulgarie, avec 36% de fumeurs, juste derrière la Grèce sinistrée.
En France 36% de fumeurs, au Royaume-Uni 17%, en Suède 7%

Préférant les approches aussi creuses qu'un paquet neutre en fin de journée, les dirigeants français continuent de mépriser les politiques efficaces. Quand le Snus permet aux Suédois de réduire leur tabagisme à 7%, et le vapotage à moins de 17% des britanniques, la bureaucratie française se bouche les oreilles. "La vape est une opportunité pour la santé publique. D’autres pays, comme le Royaume-Uni ont su la saisir en appliquant une politique incitative. Leur modèle fondé sur la bienveillance et le pragmatisme permet aujourd’hui d’afficher outre-manche la prévalence tabagique la plus basse d’Europe, hormis la Suède qui a refusé l’interdiction du SNUS depuis 1992 pour rejoindre l’Union Européenne", expliquent l'Aiduce et Sovape dans leur courrier de juillet, soutenu par le Dr Jean-Pierre Couteron, de la Fédération Addiction, et le Dr William Lowenstein, de SOS-Addiction.

Le silence pour toute réponse de la Ministre Agnès Buzyn est une honte. 

Avec des conséquences humaines catastrophiques alors que le vapotage est un moyen de réduire les méfaits de la principale cause de maladies évitables.


mercredi 12 octobre 2016

[Expresso] Swiss Vaping Days à Montreux (Suisse) les 22-23 octobre

"Vape on the water, a cloud in the sky". Ce sera le refrain modifié du week-end des 22 et 23 octobre au Casino de Montreux, sur les rives du lac de Genève, tel que le chante Deep Purple. Première rencontre sur le vapotage en sol helvétique, les Swiss Vaping Days accueillent des exposants de tout horizon, tandis que des débats animés par des scientifiques, médecins, usagers et professionnels se tiendront dans la salle de conférence du lieu. Quelques infos sur le salon à l'entrée gratuite mais pour lequel on peut se pré-inscrire. Histoire de se mettre l'eau à la bouche d'un événement auto-financé et basé sur la passion de ses initiateurs. Qui proclament que la "vape est plus qu’un outil de sevrage tabagique, c’est une vraie révolution sociétale, une alternative au joug de Big Tobacco et Big pharma!"

Des moddeurs à l'heure Suisse

Les stands des moddeurs artisanaux de Suisse, France et Italie seront probablement très courus par les vapoteurs les plus «geek». Créateurs de petites séries de matériel soigné et original, régal pour les yeux et trésor d'ingéniosité, les moddeurs constituent une sorte d'avant-garde technique du domaine. A leur côtés, des distributeurs présenteront les derniers modèles de marques plus courantes et probablement plus accessibles pour des non-initiés qui voudraient découvrir les plaisirs de la vape. Au hardware s'associe évidemment les liquides. Là aussi, marques de grande diffusion et producteurs d'arômes sortant des sentiers battus rivalisent de trouvailles gustatives. Vous pouvez voir la liste des exposants, communiquée par les Swiss Vaping Days sur leur Facebook, en fin d'article...

La vape: la science de l'usage

En bordure du salon, la salle de conférences accueille une série de présentations et débats. Une discussion ouverte entre usagers sur le principe de plaisir à la racine du vapotage ouvrira les débats le samedi à 11h. Le principe de réduction des risques sera ensuite présenté par Jean-Félix Savary, spécialiste romand au Groupe d'études sur les addictions (GREA), associé au Dr Jacques Le Houezec, figure française de la connaissance des usages du vapotage contre le tabagisme et membre de la plateforme Sovape.

Avant les présentations de trois figures incontournables de l'aide concrète aux fumeurs pour sortir du tabac en Suisse. L'inestimable Pr Jean-François Etter, de Stop-tabac.ch et de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève, discutera en français de la théorie de la passerelle. Une analyse des fondements méthodologiques de ces thèses au carrefour de la philosophie des sciences et de question de santé publique. Points de vue locaux de praticiens avec les présentations du Dr Jacques Cornuz, de la Polyclinique médicale de Lausanne, et du Pr Jean-Paul Humair, du Cipret de Genève. On notera que les barons suisses de l'anti-tabac abstrait ont préféré décliner l'invitation et se sevrer des discussions de ces rencontres. Ils ne pourront donc pas visionner sur grand écran l'excellent documentaire Beyond the Cloud à 18h.

Le dimanche débutera avec un point sur la situation Suisse avec Olivier Théraulaz, président de l'association d'usagers Helvetic Vape, Stefan Meile, dirigeant de l'association des professionnels suisse de la vape SVTA, et moi-même, pas président du tout de ce blog. Des invités internationaux, Claude Bamberger de l'Aiduce (France), Hanz Holy de l'IG-ED (Allemagne), nous éclaireront avec Olivier Théraulaz sur l'impact de la directive européenne (TPD) pour les vapoteurs. Avant une nouvelle projection de Beyond the Cloud en présence des réalisateurs du film Ghislain Armand, du Vaping Post, et son complice Sébastien Duijndam.
✩✩ Les SWISS VAPING DAYS annoncent la liste complète de leurs exposants participant à l'édition 2016!!! ✩✩
MODDEURS: - Titanide (FR) - Meka Mod (CH) - Swiss DIY (CH) - Sunbox (IT) - G-reverso (IT) - SEbox (IT) - Original Moddog (IT)
FABRICANTS E-LIQUIDES: - GaiaTrend/Alfaliquid (FR) - Excellium Juice (FR) - Fcuking Flava (MAL) - Officine Svapo (IT) - Masc (CH) - Foo (CH) - Tom's Liquid (CH) - Merlins (CH) 
FRANCHISES: - AlterSmoke (FR/CH) - FreeVape (FR/CH) - VapeShop (FR/CH) - High Creek (CH)
DISTRIBUTEURS: - US Vaping (US/FR)
✩ Marques présentes ✩ - StachSauce - The Originals - Cafe Racer - Bambam's Cannoli - Choops Liquids - SuperSoda - Verdict - OKVMI - Black Market - Ruthless - Naked - MVco - The Munchies - BoomBox - Banzai Vapors - Liquid Guys - Blend - Glas - The Fat Jewce - Craft Vapery - Elevate - Ethos - Vape7Daze - Bushido - Jazzy Boba - Kings Crest - One Hit Wonder - Samourai - Sacred - MFC Distribution - JD Tech  - Cotton Bacon - SVoëMesto - Paradigm - Vape Storm - Norbert - Atmomixani - Coil Master - Da Vinci Mods - Anonymous Mod- Sweetch Wholesale (CH) - Cloud Vapor - NicVape
AUTRES: - Paboo-Vap (Trailer Air Stream) - L'Atelier du cuir (Artisan étuis) - Joint the resistance (Coileur)
ASSOCIATIONS: - Helvetic Vape (Défense de la vape pour les usagers) - SVTA (Association des professionnels de la vape)
CLUBS DE VAPE: - Riviera Vape Club - "Le Club" Martigny - VapeClub Romand
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lundi 10 octobre 2016

[Expresso] INNCO, réseau mondial d'usagers de nicotine, s'attaque à la politique puritaine de l'OMS

Paris novembre 2015 (de G. Armand / Vaping Post)
L'OMS peut-elle continuer d'ignorer 20 millions d'ex-fumeurs? Une nouvelle organisation donne de la voix.  L'INNCO, réseau international des organisations de consommateurs de nicotine, regroupe des associations représentant près de 20 millions d'usagers de produits nicotinés plus sûrs. "L'objectif de l'INNCO est de rendre plus facile l’accès aux fumeurs d'alternatives plus saines que les cigarettes, causes principales des maladies et morts évitables dans le monde", explique le communiqué de presse de la nouvelle faîtière. Une question de droit à la santé et de droits de l'homme. Dans ce soucis, l'organisation revendique la fin des prohibitions, des réglementations disproportionnées et des taxations punitives des produits nicotinés tels que le vapotage et le snus. Le réseau recherche donc en premier lieu l'ouverture d'un dialogue avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dont les positions contre les moyens et les approches de réduction des risques et dommages intoxiquent médias et santé publique.

jeudi 26 novembre 2015

France: la loi Marisol Touraine étouffe la réduction des risques malgré des centaines de témoignages de vapoteurs


Le blog Vap'You lance un appel à témoigner 
La ministre française de la Santé ne pourra dire qu'elle ne savait pas. "Le vote sur la loi de santé ayant été à nouveau reporté, il nous reste jusqu’au 1er décembre pour tenter un dernier baroud d’honneur et exprimer avec notre cœur et notre esprit notre souhait que le gouvernement et le parlement suspendent immédiatement toutes les dispositions qui concernent la vape." A l'appel du blog Vap'You des centaines de vapoteurs apportent leurs témoignages sur le site de Marisol Touraine