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vendredi 6 décembre 2019

En Espagne, le spot TV amalgamant vape et tabac pousse des vapoteurs vers la cigarette

La campagne assimilant vapotage et tabac en Espagne a repoussé près de quatre vapoteurs sur dix vers le tabagisme, selon une enquête d'opinion publiée avant-hier. Depuis début septembre, un spot télévisé du Ministère de la santé espagnol assène que le vapotage est une forme de tabac mortelle. "Fumer t'accroche et te tue sous toutes ses formes", accompagne des images mêlant fumeurs et vapoteurs. "Seulement 34% des étudiants pensent que le vapotage peut causer de nombreux problèmes de santé", justifiait Azucena Martí, déléguée du Gouvernement, au lancement de la campagne le 4 septembre.

Ce spot coûte des vies

En réaction le 16 septembre, l'association des vapoteurs Anesvap et l'union des professionnels indépendants Upev avaient organisé une manifestation à Madrid. Plusieurs centaines de défenseurs de l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage protestent alors sous les fenêtres du Ministère de la santé: "Vos spots coûteront des vies". Un sondage du cabinet Deskmind Research publié avant-hier confirme la triste prédiction: l'opinion négative envers le vapotage a bondi tandis que celle envers le tabac a diminué chez les vapoteurs espagnols eux-mêmes.

L'enquête a interrogé en ligne 760 vapoteurs début novembre: 8% ont arrêté de vapoter et 29% ont réduit le vapotage mais augmenté dans le même temps leur consommation de cigarettes fumées. Ils sont passé en moyenne de 5,3 à 9,4 cigarettes par jour. 66% sont désormais convaincus qu'il ne sert à rien de remplacer la cigarette par le vapotage, et même une majorité pense qu'il vaut mieux fumer que vapoter. "L'assimilation du vapotage au tabac provoque le retour au tabac de vapoteurs", synthétise le cabinet Deskmind.

39% des vapoteurs ont une perception moins négative du tabac après le spot TV

Les deux-tiers des vapoteurs ou ex-vapoteurs interrogés ont vu le spot TV. "Près de 37% des vapoteurs ont arrêté de vapoter ou diminué après avoir vu la campagne du Ministère de la santé. Mais ils fument davantage", relève le site de santé Infosalus. L'effet pervers de l'amalgame frappe de plein fouet les vapoteurs: 39% perçoivent moins négativement le tabac après avoir vu la campagne du Ministère de la santé assimilant les deux produits.

Pourtant, le vapotage avait permis à près de 600'000 personnes d'arrêter de fumer avant la campagne du Ministère de la santé. En 2018, 70% des vapoteurs espagnols avaient quitté la cigarette au profit exclusif du vapotage selon une enquête de Sigma Dos. Mais cette dynamique positive est désormais en train de s'inverser. "Il y a des gens qui ont tout essayé: patchs, gommes, pilules et rien n'a marché. Alors, que faisons-nous pour les douze millions de fumeurs en Espagne? Qu'est-ce qui est proposé à ceux qui ne peuvent vraiment pas arrêter de fumer? Nous ne pouvons pas les abandonner dans l'oubli", se désespérait Angeles Muntadas-Prim, présidente d'Anesvap, durant la manifestation mi-septembre.

Manifestation devant le Ministère de la santé à Madrid le 16 septembre aux infos de la 6

Triple mensonges au Ministère de la santé

Inflexible, Maria Luisa Carcedo, la Ministre de la santé, a maintenu la diffusion du spot malgré les critiques. Face à la manifestation le 16 septembre, son Ministère a affirmé aux journalistes qu'aucune étude n'a montré que le vapotage aide à arrêter de fumer. Niant de fait l'essai clinique paru dans le New England Journal of Medicine en février dernier. "Nous sommes conscients que le vapotage n'est pas identique au tabac, mais la plupart contiennent de la nicotine et sont une passerelle facile vers le tabac", poursuit Pilar Campos, directrice adjointe de la promotion de la santé.

La porte-parole du Ministère de la santé y ajoute un dernier mensonge: le Ministère de la santé "est ouvert à une rencontre" avec les défenseurs des droits des usagers de moyens de réduction des risques. Mais en réalité, l'association Anesvap n'avait pas reçu de réponse à ses demandes. 

Recours en contentieux de Myblu contre le gouvernement

Si les associations indépendantes se sont heurtées au mur du silence et du mépris des autorités, les avocats de Myblu ont obtenu pour leur part une réponse négative à leur demande de retrait ou rectification du spot. Ce qui a permis à la filiale dédiée aux produits de vapotage du cigarettier Imperial Tobacco de déposer le 5 novembre un recours en contentieux devant le tribunal supérieur à Madrid contre le gouvernement. "Le rapport du Ministère de la santé, qui accompagne son rejet de corriger ou retirer ce spot, reconnaît lui-même que les cigarettes-électroniques ne contiennent pas de tabac et, par conséquent, que cette campagne est fausse", souligne le porte-parole de Myblu.

Le cas est encore pendant, et le spot toujours diffusé. Il n'est pas certain que la démarche initiée par Myblu lève l'état de confusion du public espagnol entre vapotage et cigarette. Un esprit suspicieux pourrait presque croire que le refus des autorités de tout dialogue avec les usagers avait pour but d'en arriver là. Ce qui ne fait aucun doute est l'identité des victimes du tabac et de la désinformation sanglante du Gouvernement. Douze millions de fumeurs, dont près de 50'000 meurent des maladies provoquées par le tabagisme chaque année en Espagne.


samedi 10 novembre 2018

En Allemagne, la Revue des médecins allume le dogmatisme stérile de l'OMS contre la réduction des risques

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) essuie une virulente charge dans le dernier numéro d'Äertze Zeitung, le journal des médecins allemands. L'approche de l'OMS contre les outils de réduction des risques, tels que le vapotage, ressemble à une doctrine idéologique conduite "d'une main de fer contre la société, au prix de dommages collatéraux", aux yeux de Matthias Wallenfels. Le rédacteur-en-chef de la rubrique économie d'Äertze Zeitung compare la politique de l'agence onusienne aux anciens "systèmes communistes". "Les mouvements sociaux et les aspirations à changer le système sont systématiquement poursuivis de manière répressive - jusqu'à ce que le système s'effondre à la fin. Cela pourrait également arriver à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans ses travaux en cours sur la Convention-cadre pour la lutte antitabac (FCTC)", estime t-il. 

Critiques étouffées

Le 8ème sommet anti-tabac (COP8) de l'OMS à Genève début octobre a accouché des habituelles recommandations de hausse des taxes et d'interdiction de publicité du tabac et, sans oublier, plus de fonds pour la prévention. "Parce que cela ne convient pas à leur idéologie, les représentants de la COP8 ont également tout mis en œuvre pour éviter de réagir aux nombreuses manifestations contradictoires de diverses organisations à Genève", rapporte Matthias Wallenfels. 

Cible de la contestation: la politique univoque de l'abstinence comme solution unique proposée aux fumeurs pour s'en sortir. Un dogme de l'OMS qui pourrait la conduire à nuire à la santé publique estime le Vaping Post cette semaine. Aux critiques à chaud du réseau INNCO, dont celle des représentants francophones (ACEAF, Aiduce, Helvetic Vape et Sovape), le témoignage de Claude Bamberger, s'ajoute cette semaine la voix espagnole de l'association Anesvap. Son analyse pointue sur "cette chaise cassée" qu'est l'OMS pointe le pilier brisé de la réduction des risques dans la politique tabac de l'agence onusienne. Mais ce sont aussi les disparitions du respect des droits humains et de la transparence qui inquiètent. Du côté de l'organisation Consumer Choice, Bill Wirtz s'agace dans Agora des orientations bureaucratiques de l'OMS.

Les médecins rejoignent le mouvement vers la réduction des risques

Au mouvement des usagers de moyens de consommer la nicotine à risque réduit s'ajoutent "de plus en plus de médecins du monde entier pour plaider contre la résistance des sociétés professionnelles à envisager des solutions de remplacement au tabagisme", se réjouit Äertze Zeitung. Même au risque d'être accusés d'être à la solde de l'industrie cigarettière, précise le rédacteur-en-chef. "Au lieu de soutenir activement les fumeurs concernés par ce changement, en Allemagne, on accuse le vapotage d'être un produit de l'industrie du tabac", déplore le Dr Knut Kröger, au journal des médecins.

Sortir de l'échec programmé

Le Dr Kröger est l'un des éminents spécialistes allemands avoir pris position en faveur de la réduction des risques au 34ème Congrès national d'angiologie la semaine dernière à Bonn. Avant eux, plus de 70 spécialistes mondiaux avaient également publié une supplique à l'OMS pour l'appeler à prendre en considération la réduction des risques avant son Sommet.

"Les méthodes d'abstinence conventionnelles, en partie fondées sur des preuves, sont en échec. De sorte qu'aujourd'hui, le vapotage est la méthode la plus fréquemment utilisée pour tenter d'arrêter de fumer aussi en Allemagne", appuie Matthias Wallenfels. "La population est de plus en plus disposée à adopter des solutions de remplacement"

jeudi 20 septembre 2018

Le THR Summit de Barcelone offre une tribune aux scientifiques sur la réduction des risques avec le vapotage

Hier, le premier Sommet espagnol sur la réduction des risques liés au tabac se tenait à Barcelone. Le Tobacco Harm Reduction Summit (THR) organisé par Anesvap, association des usagers de vape en Espagne, accueillait treize chercheurs de pointe internationaux, dont la Pr Linda Bauld, le Pr Riccardo Polosa, le Dr Konstantinos Farsalinos et le scientifique Jacques le Houezec. Le temps d'être traitées, les vidéos des présentations en bonne qualité devraient être prochainement mises en ligne.

Du côté des intervenants espagnols, Ángel González Ureña, directeur du département de recherche moléculaire de l’Université de Madrid, a créé la sensation en présentant les résultats de ses recherches sur les effets du vapotage pour l'entourage. Selon les mesures du chercheur, les personnes situées à proximité d'un vapoteur inhalent une dose de nicotine plus de cent fois moindre que celles à proximité d'un fumeur. "Ces taux sont insignifiants et écartent la thèse de l'existence d'un vapotage passif", explique Ángel González Ureña à la revue médicale Gaceta Médica.

La vape pour les fumeurs atteints de BPCO

Autre étude originale récente présentée à ce Sommet, celle du Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania. Il suit des fumeurs atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). On estime que 9 malades de BPCO sur dix en sont atteints à cause de leur tabagisme. Et, phénomène qui peut sembler paradoxal, ils ont encore plus de difficultés à arrêter la cigarette que les autres fumeurs. Explorer une voie de réduction des risques, comme celle du vapotage, apparaît donc potentiellement des plus intéressants. Et les résultats du suivi de 44 malades sur trois ans, publié fin août dans l'International Journal of Chronic Obstructive Pulmonary Disease, sont prometteurs. 

Après trois ans, les 22 patients atteints de BPCO ayant tenté d'utiliser le vapotage avaient réduit en moyenne par dix leur consommation de cigarettes, passant de 22 cigarettes à 2 par jour. Parmi les treize ayant cessé de fumer, un participant a rechuté momentanément durant les trois ans du suivi. Plus significatif encore, les tests d'évaluations de leur santé respiratoire montrent une amélioration des symptômes de la BPCO. En moyenne, les patients utilisant le vapotage avaient moins d'infections et moins de crises au niveau respiratoire. Ils relatent aussi une sensation d'amélioration de leur état, grâce à l'arrêt ou la très forte réduction de leur tabagisme à l'aide du vapotage.

L'exemple anglais de santé publique

Le Sommet a également été l'occasion de discuter de l'apport de l'approche de réduction des risques en terme de politique de santé publique. "Le vapotage réduit les taux de tabagisme dans de nombreux pays, en particulier ceux qui l’incluent dans leurs stratégies antitabac comme le Royaume-Uni", souligne la Dr Carmen Escrig, spécialiste de biologie moléculaire à l’Université Autonome de Madrid. Pourtant, aucune organisation traditionnelle locale de lutte contre le tabagisme n'a assisté aux conférences. "Nous avons une méthode qui fonctionne contre le tabagisme et l'Espagne regarde de l'autre côté", déplore la Dr Carmen Escrig, aussi coordinatrice de l'association médicale MOVE.

Louise Ross, ex-directrice du Stop Smoking Service de Leicester, témoigne de l'intérêt et de l'efficacité du vapotage intégré à l'aide à l'arrêt tabagique. Avec une moyenne de plus de 60% de réussites, le nombre de tentatives avec le vapotage n'a cessé d'augmenter en quatre ans au centre stop-tabac. La sortie massive du tabagisme de plus de 2,3 millions de fumeurs adultes britanniques à l'aide du vapotage n’entraîne pas d'effet pervers sur la jeunesse. La grande peur entretenue dans les médias n'a pas de réalité. L'exposé de la Pr Linda Bauld, de l'Université de Stirling, confirme l'absence "d'effet passerelle" du vapotage vers le tabagisme chez les jeunes britanniques.


Travail de terrain en climat hostile

Mais hors du Royaume-Uni, les autorités de santé restent rétives, si ce n'est hostiles au vapotage. En France, Jacques le Houezec a opté pour former les magasins de vape, devenus la première ligne de lutte anti-tabac. Plus d'un tiers des participants au Mois Sans Tabac recourt au vapotage pour tenter l'arrêt tabagique, expliquait François Bourdillon, directeur de Santé Publique France, devant la caméra de France 5 en mai dernier. Pour autant, aucune aide significative n'a été déployée par les services publiques pour les soutenir. Tentant de compenser les lacunes des services de santé, Jacques le Houezec parcourt le pays pour dispenser une formation aux vendeurs de vape visant spécifiquement l'aide à l'arrêt tabagique. 

En Espagne, le vapotage avait été foudroyé en 2014 en plein envol par une fake news alarmiste sur un cas de pneumonie lipidique qui lui a été attribué sans raison. Une information sans plausibilité médicale alors que les composants des liquides de vapotage ne sont pas des lipides mais des di-alcools, rappelle le Dr Konstantinos Farsalinos. Au-delà de cet exemple local, la désinformation est devenue un peu partout l'arme massivement utilisée pour créer le doute et maintenir les fumeurs dans le tabagisme face à l'apparition du vapotage. Au moment même où les opioïdes synthétiques ravagent les Etats-Unis, la responsabilité de la communauté scientifique est ici aussi flagrante dans cette nuisance de santé publique. 

Défendre des vies humaines 

A défaut du soutien des organisations anti-tabac en Espagne, les vapoteurs y ont cultivé une solide faculté de résilience. Près de 70% des vapoteurs espagnols ont arrêté de fumer. Rompu à un climat encore plus adverse dans la prohibitionniste Australie, le Dr Attila Danko, de l'association New Nicotine Alliance, reste résolument optimiste pour les défenseurs du droit à la réduction des risques, rapporte le site italien Sig Magazine. "Nous allons gagné parce que nous nous battons pour des vies humaines, et non pas pour protéger nos croyances idéologiques".

Plus sobre dans la forme, la Dr Carmen Escrig exprime aussi cet espoir malgré l'absence de curiosité des organisations anti-tabac locales. "Il est dommage que certaines des principales sociétés scientifiques soient aspirées par l'alarmisme au lieu de participer à un congrès qui a eu la volonté de débattre sous un angle éminemment scientifique et indépendant. Le vapotage est un phénomène qui peut sauver la vie de millions de fumeurs. La communauté médicale et scientifique ne peut plus leur tourner le dos".


samedi 4 août 2018

Consultation publique inaccessible ? La Commission Européenne nous répond ne rien savoir

Pourquoi la consultation publique ouverte par la Commission européenne (EC) était inaccessible? Dans sa réponse que nous publions, Annerie Bouw, Conseillère juridique de la Commission, n'a pas été en mesure de donner de réponse. Pourtant, au moins les 6, 7 et 8 juillet, il était difficile, si ce n'est impossible, de répondre au questionnaire sur les accises tabac. Cette consultation publique propose de surtaxer le vapotage dans tous les pays de l'Union Européenne (UE). Seize associations de vapoteurs et de réduction des risques appellent à se mobiliser contre ce projet en y répondant et en signant une pétition à part. La pétition a rassemblé plus de 30'000 paraphes à ce jour. A l'opposé, le lobby anti-vape s'organise dans son réseau.

Une autre spams attack anti-vape ?

L’indisponibilité de la Consultation a de quoi éveiller les soupçons. Début juin, la même situation de déni de service du serveur d'une consultation publique de la Food and Drug Administration (FDA) américaine a été provoquée par une attaque massive de spams revendiquant la prohibition des arômes de vapotage. La ressemblance mériterait attention. Tout comme le problème de biais de confirmation par les filtres a priori des outils informatiques que la Commission utilise.

De manière 'surprenante', on apprend que la Commission n'a pas tenu compte de sa précédente consultation publique de 2016, où 89,88% des répondants s'opposaient à toute taxe punitive contre les vapoteurs. Pourtant le rapport conclusif de la Commission avait alors annoncé vouloir remettre la question sur le tapis. Pour faciliter la lisibilité, nous avons mis en page nos questions, envoyées le 12 juillet avec une relance le 27, et les réponses, reçues le 3 août, de la porte-parole de la Commission Européenne.

Bonjour, en vue d'un article sur le blog indépendant Vapolitique, qui traite de la réduction des risques grâce au vapotage. Plusieurs citoyens européens ont constaté que la Consultation publique de la Commission européenne sur les taxes du tabac et le projet de taxe sur le vapotage était indisponible, ou difficile d'accès et d'usage (ralentie) durant plusieurs jours. Au moins les 7 et 8 juillet.

Parallèlement, le média indépendant  Reg Watch a révélé que le lobby anti-vape a attaqué la consultation publique américaine de la FDA par un spamming massif déclenché par des bots ayant inondé la consultation de faux avis en faveur de la prohibition des arômes du vapotage début juin (du 8 au 11 juin inclus). De nombreux citoyens nous signalent leur inquiétude qu'une opération de fraude similaire ne soit en cours concernant la consultation européenne. C'est pourquoi, je sollicite des éclaircissements sur les questions suivantes en vue d'un article :

1) Y a t-il une enquête concernant les indisponibilités et ses causes du site de la consultation publique?

Monsieur Poirson, 
J’ai le plaisir d’accuser la réception de vos emails des 12 et 27 juillet. Je vous remercie de votre intérêt pour la Consultation publique sur les accises applicables aux tabacs manufacturés et la taxation éventuelle des nouveaux types de produits. 
Nous avons vérifié la disponibilité du site de la consultation publique et n’avons pas remarqué de problème particulier pour y accéder. Vous êtes la première personne à nous en avertir et vous en remercions. N’hésitez pas à nous contacter si un nouveau problème survenait.

2) Y a t-il de premiers éléments ?

3) En cas de tentative de fraude visant à pervertir la démarche consultative, quelles mesures la Commission a t-elle pour protéger la démarche ?
Concernant votre question de possibles tentatives de fraude, je peux vous informer de ce qui suit : après la consultation, toutes les contributions seront soigneusement analysées à l'aide d'outils informatiques afin de filtrer les contributions identiques ou les doublons. Ces outils utilisent des techniques avancées qui permettent également l'agrégation des contributions, fondée sur les commentaires reçus.
4) Lors de la consultation précédente similaire, 89,88% des avis exprimés s'opposaient à toute surtaxe punitive du vapotage. Pourtant la nouvelle consultation n'a pas intégré d'option en ce sens ; telle qu'une exemption de taxe pour les produits à risque réduit, ou une taxe négative incitative pour les consommateurs, ou une rétribution légitime d'une part des taxes tabac aux organisations de réduction des risques d'usagers, etc. 
La mise à l'écart de telles options est-elle la conséquence du triage informatique, excluant les avis disruptifs par rapport à la matrice de la Commission Européenne, ou est-ce un choix délibérée de la Commission d'exclure toute politique favorable à la réduction des risques dans ce domaine ?
Pour ce qui concerne votre question de la consultation précédente en 2016, la Commission Européenne considère la possibilité de taxer de nouveaux produits (cigarettes électroniques et produits à base de tabac chauffé) suite à l’introduction d’une taxe nationale dans plusieurs Etats membres. C'est après ces actions nationales que la question s'est posée de savoir s'il fallait introduire une taxe harmonisée pour garantir le fonctionnement du marché intérieur.   
5) Etant donné l'indisponibilité de la consultation durant plusieurs jours, alors que celle-ci a été agendée en plein été, période de vacances pour de nombreux citoyens européens, une prolongation d'accès à la consultation est-elle envisagée par la Commission ?

Généralement, les consultations publiques seront ouvertes durant 12 semaines. Toutefois, en raison de la période des vacances, notre consultation est ouverte pendant 15 semaines. Il reste dont encore un mois (jusqu'à 3 septembre) pour contribuer à la consultation.

Nous espérons avoir répondu à vos préoccupations et vous saurions gré de continuer à partager l’information selon laquelle notre consultation publique est ouverte et d’inviter toutes les personnes intéressées à soumettre leurs contributions via notre site.  

Bien cordialement,
Annerie Bouw





jeudi 19 juillet 2018

[Bref] Près de 70% des vapoteurs ont arrêté de fumer en Espagne

En Espagne, 69,8% des vapoteurs ont arrêté de fumer, tandis que 26,5% ont réduit leur consommation de cigarettes.  La plus grande enquête à ce jour sur le profil des vapoteurs en Espagne, menée par le cabinet Sigma Dos, leader espagnol d'enquête de population, pour l'Union des Promoteurs et Entrepreneurs de Vape (UPEV), a été publiée hier dans divers médias de santé, tels que Acta Sanitarias et Info Salus. La moitié des vapoteurs interrogés ressentent des améliorations de respiration, tandis qu'un tiers a constaté la disparition de la toux du fumeur. 22% rapportent des améliorations de santé générale depuis qu'ils vapotent. Enthousiastes, ils sont 84,3% à penser que le vapotage est la méthode la plus efficace pour se substituer en nicotine. Près de la moitié se réjouit que le vapotage ne laisse pas d'odeur incrustée sur les vêtements ou dans les habitations et une part similaire déclare que leur entourage apprécie aussi la disparition de la fumée avec le vapotage. 

Concernant leur achats, 96,7% déclarent s'approvisionner principalement dans des boutiques spécialisées, suivi des magasins en ligne, dont les achats sont limités à des enseigne espagnoles. Dans un pays où le vapotage a pâti d'une énorme fakenews en 2014 brisant son essor, 54,2% des vapoteurs interrogés expliquent que la réaction qu'ils rencontrent en public est la curiosité, 22% l'indifférence et 5% ont ressenti des réactions hostiles. "Cette étude offre enfin une image fiable du comportement du vapoteur en Espagne. Elle balaie certains mythes, tels que l'exclusivité du double usage vape et cigarette, et elle montre que le vapotage est une alternative efficace aux cigarettes conventionnelles", se réjouit Arturo Ribes, président de l'UPEV. A deux mois du Sommet THR Spain 2018 organisé par Anesvap, l'association des vapoteurs, à Barcelone, il insiste: "Les autorités sanitaires doivent écouter les utilisateurs, reconnaître les preuves scientifiques et mettre en avant le vapotage afin que nous puissions travailler ensemble en faveur de la réduction des dommages liés au tabagisme".


lundi 2 juillet 2018

[Bref] Le 1er Sommet de la vape espagnol le 19 septembre à Barcelone

Elles en rêvaient depuis cinq ans. Anesvap, l'association espagnole des vapoteurs, et M.O.V.E., l'organisation médicale soutenant le vapotage, organisent le premier sommet de la vape hispanique le 19 septembre à Barcelone. "Pour la première fois dans notre pays, se réuniront les plus grands experts de la science mondiale sur la réduction des risques grâce au vapotage afin de présenter les faits à la société, aux autorités sanitaires,  politiciens et médecins, associations médicales et médias espagnols", annonce le site d'Anesvap. Au programme,  le Dr Konstantinos Farsalinos, le Pr Riccardo Polosa, le Pr Gerry Stimson, la Pr Linda Bauld, le Pr Bernd Mayer, le Dr Attila Danko, le Pr Miguel de la Guardia et le scientifique français Jacques Le Houezec ont déjà confirmé leur venue. "Très bientôt, le site officiel du congrès sera lancé, où vous trouverez toutes les informations à ce sujet", précise l'annonce. L'événement sera entièrement autofinancé par les associations. Elles lancent un appel aux dons, toute aide est bienvenue.


dimanche 1 juillet 2018

Malgré l'été, les associations européennes sonnent la révolte contre les taxes punitives anti-vapoteurs

La Commission européenne aurait voulu éviter une participation trop importante, qu'elle aurait placé la consultation publique sur le projet de taxe tabac anti-vape en plein été. C'est ce qu'elle a fait. Les défenseurs d'approches de réduction des risques face au tabagisme se laisseront t-ils griller par l'astuce estivale ?

Ils ont jusqu'au 3 septembre pour donner leur réponse à la consultation. En français, l'association Sovape diffuse une aide en ce sens. Avec 15 autres organisations européennes*, elle lance également une pétition en ligne pour dire stop au projet de taxe anti-vape, qui pourrait en augmenter de 20%, 50% ou 100% le prix de vente. Ce même projet à l'échelle européenne avait déjà essuyé un refus clair et net de 89,9% des participants en 2017. Cette fois, les organisations se sont associées, première petite victoire, et elles ne se limitent pas à rejeter une taxe plancher minimale. Les défenseurs des droits des usagers de produits nicotinés à risque réduit suggèrent "de bannir toute accise sur le vapotage dans l’Union Européenne".

Bannir toute surtaxe de la vape en Europe

"La vape ne contient pas de tabac et surtout ne se consume pas. Le vapotage ne produit pas de fumée, pas de monoxyde de carbone, pas de goudrons ; vapoter réduit d’au moins 95 % les dommages à la santé par rapport à fumer des cigarettes. Les produits de vapotage ne sont pas des produits du tabac, ses usagers ne doivent pas subir de taxe punitive injustifiée", argumente le texte de la pétition lancée en plusieurs langues (anglais, estonien, français, italien pour le moment...). Au lieu de rester défensives et d'abandonner la population des pays hostiles au "droit à l’accès aux outils de réduction des risques, y compris pour les plus défavorisés", les groupes de défense des usagers ont choisi de contre-attaquer.

"La fiscalité anti-vape protège in fine le tabagisme, comme le montrent les effets sur la population des pays ayant déjà mis en place une telle taxe : Italie, Portugal, Grèce, Hongrie", énumèrent les associations. Pays précurseurs de fiscalité anti-vapoteurs en Europe, l'Italie a relancé son tabagisme, avec une nette baisse du vapotage à coup de 4€ de surtaxe par fiole, tandis que le Portugal conserve un taux de 26% de fumeurs depuis une décennie, avec une vape d'abord surtaxée de 6 € pour 10 mL, révisée à 3 € depuis 2017. Le constat des effets favorisant le tabagisme de ces politiques de taxation punitive contre les vapoteurs est affligeant. Ayant aussi suivi cette voie de répression taxative contre les vapoteurs, la Grèce et ses 37% de fumeurs ou la Hongrie et son explosion de vente de tabac à rouler le confirment.

Épidémie européenne de taxes contre la sortie du tabagisme

Ces exemples cancérigènes n'ont pas empêché une épidémie de taxation ces derniers mois, touchant désormais quatorze pays de l'Union Européenne. Pour la plupart, trop récents pour avoir des retours statistiques sur leurs effets. Pourtant, à l'opposé et de manière exemplaire, les britanniques et, depuis 2016, les français réussissent à faire reculer leur tabagisme sous l'impact du vapotage, bien que freiné par certaines limitations européennes. Ajouter un frein financier supplémentaire signifierait le sabotage de ce mouvement de réduction du tabagisme pour se calquer sur les fumeux modèles italiens et grecs.

Dans ces conditions, l'enjeu politique de la consultation devient clair: la Commission va t-elle niveler par le bas l'Europe vers une politique régressive, au mépris de la santé publique en privilégiant une taxation inique et favoriser le maintien du tabagisme? Ou veut-elle porter un projet progressiste tirant les pays les plus rétrogrades vers une politique de réduction des risques et de recul du tabagisme ? Taxe anti-vape ou politique de réduction des risques cohérente ?
Les citoyens vont-ils réagir aux projets de taxe de la Commission Européenne
contre ceux qui évitent de fumer avec la vape ?


Santé publique ou fric ?

Une des options à la question 29 de la consultation illustre une orientation envisagée par la Commission: "Les cigarettes électroniques sont essentiellement des produits de substitution aux cigarettes traditionnelles et devraient donc être traitées de la même manière afin de garantir une concurrence loyale". En clair, protéger le tabagisme et ses faramineux gains financiers pour les Etats, les cigarettiers et les pharmaceutiques, de la concurrence du moyen d'en sortir. Les Etats doivent-ils capitaliser sur les cadavres des 700'000 décès annuels liés au tabagisme estimés en Europe ou donner leur chance aux fumeurs avec un accès le plus libre possible à un moyen à risque réduit? Une question sur laquelle les citoyens vont devoir se mobiliser cet été s'ils ne veulent pas être condamnés à l'empire du cancer européen.

En plus de la relance du tabagisme à court terme, un autre effet, constaté dans les pays ayant adopté une taxe anti-vape, est la destruction de la filière spécialisée indépendante. Les sites et boutiques dédiées en premier lieu, les PME de vape dans la foulée. Adopter un tel régime permet non seulement de maintenir à bout de bras encore quelques années le tabagisme, mais prépare aussi le terrain à une reprise en main du marché de la vape par des multinationales. On laissera le lecteur imaginer qui sont les candidats susceptibles. Cela donne peut-être une idée pour qui roulent réellement les pro-taxes anti-vape, y compris lorsqu'ils habillent leurs discours de pseudo arguments sanitaires. 

Répression taxative, régression sociale

Les taxes sur le tabac sont connues pour être régressives. Autrement dit, elles frappent plus durement les pauvres que les classes aisées. Et ceci de manière redoublée. D'une part, la taxe perçue n'est pas proportionnelle aux revenus mais se fixe sur une consommation captive. D'autre part, le tabagisme est une pratique devenue au fil des années, un marqueur social des groupes défavorisés. Les ouvriers et employés ont des proportions de fumeurs deux fois plus importantes que les cadres supérieurs. Le taux de fumeurs chez les chômeurs est encore plus élevé, ainsi que les personnes souffrant de troubles psychiques. Les groupes stigmatisés, par exemple pour leur orientation sexuelle, ont également des parts significativement plus importantes que la moyenne.

Les effets de régulation de l'humeur de la nicotine expliquent, au moins en partie, cette tendance des groupes sociaux soumis à des stress liés à leurs condition de vie. Sans outil efficace de réduction des risques à disposition, la part de fumeurs des groupes défavorisés économiquement est aussi nombreuse à tenter d'arrêter que celle des classes favorisées, mais échouent deux fois plus souvent. Le suivi du Smoking Toolkit Survey (STS) montre que l'essor du vapotage, utilisé désormais par environ 35% des fumeurs qui tentent d'arrêter de fumer en Angleterre, a augmenté globalement les réussites de ces tentatives, passées en moyenne de 13,4% en 2010 à 19,8% en 2017. Cette augmentation concerne en priorité les personnes avec un statut socio-économique plus bas, dont le taux de succès à été multiplié par 1,66, selon le calcul des Prs Robert West et Jamie Brown.

Environ 35% des tentatives d'arrêts tabagiques anglaises se font avec la vape et 27% en France, impulsant dans les deux pays des chutes du tabagisme. La moyenne globale des tentatives à l'aide de la vape est passée de 3,7% à 9,7% dans l'Union Européenne entre 2012 et 2017. Ceci montre à la fois une marge de progression importante pour aider les fumeurs européens qui désirent arrêter, mais aussi que le mouvement prend de l'ampleur inexorablement. D'où probablement la réaction d'une série de gouvernements pour le freiner et compenser les baisses de revenu des taxes tabac. La démonstration de l'avidité des bureaucraties européennes, qui n'envisagent que de taxer sans même songer à des options de soutien, risque de nourrir la méfiance et le décrédibilisation de ses instances sur le dossier du tabagisme.

* Les seize organisations signataires de l'appel à la mobilisation contre le projet de taxe européen: Acvoda (Netherlands), Aiduce (France), Anesvape (Spain), ANPVU (Italy), Cyprus Vaping Association (Cyprus), DADAFO (Denmark), IG-ED (Germany), Initiativ Fräien Damp Lëtzebuerg (Luxembourg), La vape du Cœur (France), NNA Suitsuvaba Eesti (Estonia), NNA Sweden (Sweden), NNA UK (United Kingdom), ÖDC (Austria), Sovape (France), UBV-BDB (Belgium), Villanypára Egyesület (Hungary)


16 organisations européennes appellent à se mobiliser contre le projet de taxe anti-vapoteurs, notamment par une pétition

dimanche 27 mai 2018

"Le tabac et la pharma m'ont déclaré la guerre", Herbert Gilbert inventeur d'une vaporette en 1963

"Tous les dispositifs de vapotage d'aujourd'hui appliquent simplement la technologie du 21ème siècle à mon invention du 20ème siècle. Les deux premiers paragraphes de mon brevet de 1963 vous surprendront". Herbert Gilbert, le résident en Floride âgé de 87 ans, répond à un interview du quotidien madrilène La Razón, repéré par SkyVape, le dynamique site italien

Le bricoleur ingénieux, revient sur son brevet déposé en 1963 d'un système de vaporisation de liquide nicotiné, pour remplacer les cigarettes en éliminant la fumée qu'il avait déjà conté en 2013 à Ashtray Blog. "Mon père venait d'une famille de boulangers, avant de se tourner vers la ferraille. J'allais souvent à la boulangerie et ça sentait très bon... Mais si un bâtiment brûle, la première chose que l'on crie est de se mettre à terre, car sinon la fumée vous tue. La logique m'a indiqué de me débarrasser du feu en remplaçant la fumée par de l'air chaud, humide et aromatisé", explique Herbert Gilbert à la Razón. 

Le tabac et la pharma font tout pour tuer son invention

Et il en dépose donc le brevet, que j'avais déjà évoqué début 2017 pour corriger une fake news de l'AT Suisse. Puis, que s'est-il passé? "J'en ai fait quelques unes et j'ai essayé de les vendre. Mais je n'étais pas de taille face aux grandes compagnies de tabac et aux compagnies pharmaceutiques qui m'ont déclaré la guerre", raconte l'américain. Son invention ne trouve pas de producteur. "Dès que le brevet a été délivré et publié, les fabricants de produits pharmaceutiques et de tabac ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher son succès et, dès son expiration, ils ont tous présenté de nouveaux brevets avec la même fonction opératoire que mon invention originale", dénonce l'octogénaire.

Mais Herbert Gilbert est heureux qu'aujourd'hui le vapotage puisse enfin se développer. Il estime que son invention a concouru à l'essor du moyen de réduction des dommages et contribue à la santé humaine. "Je n'ai pas reçu de récompense et je n'appliquerais pas mon brevet à ceux qui sauvent des vies. Faire partie du conseil d'administration de la société innovante de la famille Cameron est une reconnaissance suffisante", explique malicieusement Herbert Gilbert qui a rejoint l'Human Health Organisation dirigée par John David Cameron.

Vapoteur à 87 ans

Il profite aussi du produit, Herbert Gilbert vapote lui-même pour ne plus fumer. "La législation sera continuellement sous la pression du tabac tant qu'il y a des fumeurs. Ils ont créé un des lobbys les plus puissants. Enfin, nous sommes en train de sortir de cette fumée et nous rendre compte que près de six millions de personnes meurent chaque année inutilement dans le monde". Avant d'insister pour conclure: "Aux autorités espagnoles qui veulent éviter la vape, j'ai envie de demander: De quel côté de l' histoire voulez-vous être ? Du côté de ceux qui ont provoqué plus de 100 millions de morts au 20è siècle ? Le tabac est un incendie. Eteignez le feu et arrêtez les dommages. Le vapotage n'a pas de feu".

jeudi 30 novembre 2017

La vape espagnole échappe au pire

Ce jeudi, le Congrès a avalisé le décret-loi finalisant les derniers éléments de l'implémentation en droit espagnol de la Directive européenne sur les produits du tabac (TPD). Ce décret, déjà publié au journal officiel le 17 novembre, est effectif. La vape espagnole échappe à l'interdiction totale de vente à distance initialement prévue dans le décret. [add/] Ainsi qu'à une restriction similaire au tabagisme sur les lieux autorisant de vapoter.[/] Cependant, le texte final adopté interdit les ventes transfrontalières, à savoir les importations qu'elles proviennent de pays de l'UE ou extra-communautaires. 

Pour les usagers, notamment situés hors des centres urbains, la possibilité de se fournir en produits de vapotage persiste en étant limité aux sites espagnoles. AnesVap, l'association des usagers espagnols, a mené campagne cet été pour sauvegarder ce droit. "Il reste beaucoup de chemin à faire et beaucoup de travail pour que le vapotage ne soit plus diabolisé. Mais aujourd'hui est un beau jour", commente à chaud l'association sur sa page Facebook. [add/] Angeles Muntada-Prim Lafita, Présidente d'AnesVap, nous confie estimer avoir évité "la fin du marché indépendant du vapotage et la disparition de la variété des produits pour les usagers".[/]

Les autres restrictions de la TPD contre le vapotage sont évidemment aussi implantées en Espagne. Limites des fioles de liquides nicotinés à 10 ml et au taux maximum de 20 mg/ml, avertissement sanitaire obligatoire, interdiction de vente aux mineurs et système d'homologation pour les produits. L'Espagne a opté pour une interprétation dure de la directive en limitant les atomiseurs à 2 ml de contenance, contrairement à l'interprétation française. La Ministre de la santé Dolors Montserrat a aussi décidé de durcir les règles concernant les communications commerciales et la promotion des produits de vapotage.

Concernant les véritables produits de tabac, le décret interdit toute vente à distance, la vente de tabac aromatisé et de tabac à usage oral, avec une dérogation pour les îles Canaries. Le Gouvernement Rajoy suit la demande minimale de la directive européenne sur la taille des avertissements sanitaires sur les paquets de cigarettes et de tabac à 65% des surfaces sur les faces et 50% sur les côtés.

[Add]= ajouts le 30.11.2017 à 22H

samedi 15 juillet 2017

Les vapoteurs espagnols se mobilisent contre le projet d'interdiction de vente en ligne

Les vapoteurs espagnols se mobilisent, notamment par une pétition, contre un nouveau projet d'interdiction de vente online. Ceci après que les restrictions anti-vape de la directive européenne (TPD) aient déjà été transplantées en droit national. Le 9 juin dernier, le Conseil des Ministres approuvait le décret royal interdisant de vendre un atomiseur pouvant contenir plus de 2 ml et des fioles de liquide dépassant 10 ml et/ou d'une concentration de 20mg/ml de nicotine. Il impose aussi des avertissements sur 30% de la face externe du packaging, l'interdiction de vente aux mineurs, un système d'homologation a été mis en place... A peine l'encre sèche, que le Gouvernement de Mariano Rajoy prépare un nouveau décret au sujet de la loi 28/2005 du 28 décembre. La modification de l'article 10 bis §2 vise à prohiber la vente à distance des produits de vapotage. Les achats par internet deviendraient impossibles.

Au nom des 500'000 vapoteurs estimés en Espagne, l'Association des usagers de vaporisateurs personnels (AnesVap) s'oppose à ces restrictions dans ses observations envoyées au Ministère de la santé. "Cela créerait une forte discrimination contre les usagers éloignés des centres urbains", explique Angeles Muntadas-Prim Lafita, présidente d'AnesVap. Du coté médical, Carmen Escrig Llavata souligne l'absence totale "d'argument médical ou scientifique qui justifierait de telles restrictions, ou une telle égalisation" entre les produits de vapotage et le tabac. La coordinatrice du réseau international Move appuie la réduction des méfaits par le vapotage. "La transposition [de la TPD] doit se réaliser de manière à minimiser les dommages à la santé publique, en permettant à tous les fumeurs d'accéder sans entrave à la diversité des dispositifs véritablement efficaces, sûrs et de qualité pour abandonner le tabagisme", précise t-elle.

Les plus vulnérables pour cible

A côté d'une enquête auprès des vapoteurs espagnols initiée par AnesVap, des témoignages en vidéo illustrent les conséquences de telles restrictions d'accès aux produits de vapotage. Elles frapperaient de plein fouet les plus vulnérables qui ont arrêté de fumer, ou pourraient le faire à l'avenir,  à l'aide de la vape. Les personnes ayant des problèmes de mobilité, touchées par la maladie, habitants des régions excentrées et celles n'ayant pas les moyens de passer outre ces limites en se déplaçant ou via un marché noir qui fleurira probablement. "Un marché noir est la voie principale d'accès pour les jeunes et, en poussant à sa création, une mauvaise législation provoquerait ce qui devrait être évité", s'inquiète le collectif Alquimia para Vapers, une communauté hispanophone online de plus de 8'000 vapoteurs. 

La mesure pourrait aussi repousser des vapoteurs adultes dans le tabagisme et empêcher des fumeurs d'y accéder. "L'accès à la réduction des méfaits est un droit humain", ponctue Alberto Cabot, de la branche espagnole de l'European Free Vaping Initiative (EFVI). En soutien, le réseau International Network of Nicotine Consummers Organisations (INNCO), la New Nicotine Alliance (NNA), ainsi que la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF) ont aussi fait part de leurs observations au Ministère de la santé espagnol, dirigé par la Ministre Dolors Montserrat depuis novembre dernier.




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