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jeudi 18 octobre 2018

[Bref] En Thaïlande, les vapoteurs demandent à l'Ombudsman d'intervenir pour faire cesser la répression

Détenir une vaporette en Thaïlande peut vous faire condamner, pour importation d'un objet illicite, à dix ans de prison et une amende d'un million de baths (26'000€). Depuis le 12 décembre 2014, la junte militaire a interdit les produits de vapotage. Depuis des arrestations de vapoteurs bourgeonnent de manière aléatoire au gré des humeurs arbitraires des forces de l'ordre. La presse locale fait parfois l'écho de ses arrestations absurdes, de la vieille dame ayant arrêté de fumer avec le vapotage à la jeune starlette du web contrôlée avec une vaporette dans sa voiture, où même le touriste suisse mal-informé de la situation.

L'Ombudsman saisi de l'affaire

L'Ends Cigarette Smoke Thaïland (ECST), l'association des vapoteurs "pour en finir avec la cigarette fumée", s'est adressé au Directeur du département des droits de l'Ombudsman pour que cette interdiction soit reconsidérée. L'Ombudsman, qui a un rôle de médiateur lors de contentieux entre citoyens et pouvoirs publics, est officiellement entré en matière pour "enquêter sur la légalité de la prohibition du vapotage en Thaïlande".

L'ECST entendu au Ministère du commerce

Dans une situation réglementaire considérée comme la pire au monde par les spécialistes du domaine, l'association des vapoteurs de Thaïlande active les leviers à sa portée pour faire bouger les choses. Le 12 octobre, une délégation de l'ECST était reçu au Ministère du commerce, qui a ouvert un examen sur la question du vapotage depuis le 8 octobre. Les représentants des vapoteurs ont remis entre autres documents, une pétition de plus de 40'000 signatures pour légaliser le vapotage en Thaïlande.

Marit Karunyawat, représentant de l'ECST, fait valoir, dans le journal Asia Times, que régulariser le vapotage serait bénéfique à toutes les parties. Les usagers ne seraient plus en prise avec une répression absurde et arbitraire et ils trouveraient des produits avec plus de sécurité sur leur qualité. Surtout, les fumeurs auraient accès plus facilement à un moyen de réduction des risques reconnu, alors que le tabagisme touche une large part de la population. En régularisant les produits de vapotage, les pouvoirs publics pourraient les réglementer et en contrôler les conditions de vente.

De son côté, Roengrudee Patanavanich, responsable adjoint du Centre de recherche sur la lutte antitabac, reconnait qu'il y a de plus en plus de vapoteurs en Thaïlande et dans le monde. Cependant, selon lui "jusqu'à 30,5% des personnes qui vapotent pensent, à tort, que celles-ci ont un bon parfum, sont sûres et modernes et sans additifs". Seront-ils entendus dans un pays où l'Etat détient le Monopole du Tabac de Thaïlande ?

L'ECST a reçu une réponse d'entrée en matière de l'Ombudsman:

mardi 25 septembre 2018

#VaperBeHeard Les associations de vapoteurs d'Asie demandent à être prises en compte par l'OMS avant la #COP8FCTC

La Thaïlande, la Corée du Nord, Singapour et désormais l'Inde, font la chasse à la vape sur le continent asiatique. Ceci avec le soutien actif du secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), notamment par les harangues à la criminalisation des vapoteurs de sa représentante Jagdish Kaur. Face à cette répression contre l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage, qui peut coûter l'emprisonnement en Thaïlande notamment, les associations des utilisateurs de vapotage en Asie lancent un appel à l'OMS, notamment par une pétition. Une semaine à peine avant que ne débute le Sommet anti-tabac COP8 de l'OMS le 1er octobre à Genève.

En arriver à devoir rappeler que les vapoteurs aussi sont des humains

L'association des vapoteurs des Philippines, l'Ends Cigarette Smoke de Thaïlande (ECST), l'Organisation des vapoteurs de Malaisie (MOVE) et celle d'Indonésie (AVI) notamment se sont regroupées pour lancer la campagne #VapersBeHeard. Leur pétition revendique le simple droit d'avoir accès aux produits de réduction des risques et à l'information sur ceux-ci plutôt que de devoir continuer de fumer des cigarettes. "Les vapoteurs sont aussi des êtres humains - des mères, des pères, des fils ou des filles - et nous avons le droit d'avoir une chance de mener une meilleure vie à l'aide de ces produits alternatifs", explique le texte en ligne. 

En conférence de presse à Manille le 14 septembre, pour lancer la campagne, Asa Saligupta, de l'Ends Cigarette Smoke Thaïland, regrette l'attitude dogmatique et conservatrice du secrétariat anti-tabac de l'OMS, qui appelle à "interdire ou réglementer strictement le vapotage, alors qu'il existe des preuves scientifiques de sa nette réduction des risques par rapport au tabagisme". A ses côtés, le Pr Satriya Suhardjo, de la faculté de sciences politiques de l'Université de Padjadjaran (UNPAD) à Bandung, estime que "les produits à risque réduit nécessitent un cadre politique approprié et complet".

Prendre en considération les usagers

Il y aurait près d'un million de vapoteurs en Indonésie, "ce nombre est encore très faible par rapport au nombre de fumeurs", précise le Pr Satriya. "Pour être en mesure de cesser de fumer, les fumeurs ont besoin de temps et de soutien, cela ne peut pas être instantané", explique Jeremia Dimasz de l'association des vapoteurs d'Indonésie à la presse locale dubitative sur l'efficacité du vapotage pour l'arrêt tabagique. "En tant qu’utilisateurs, nous avons directement ressenti les avantages de ce produit. Nous espérons que les autorités prendront en compte le point de vue des utilisateurs", insiste le vapoteur indonésien, espérant être entendu de son gouvernement et des lointains bureaux genevois de l'OMS. 


vendredi 10 août 2018

[Bref] Le parlement Philippin demande l'intégration de la réduction des risques dans la politique anti-tabac

"La Chambre des Représentants a adopté à l'unanimité une résolution exhortant le Ministère de la Santé à promouvoir des mesures de réduction des risques, notamment l'utilisation du vapotage, dans le cadre de sa stratégie nationale de lutte antitabac". L'information du Manilla Standard est aussi réjouissante qu'inattendue. Jusque-là, Paulyn Ubial, Secrétaire d'Etat à la santé, surfait sur une des pires politiques anti réduction des risques au monde pour soutenir la répression du vapotage. Le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n'a d'ailleurs pas ménagé ses efforts pour faire pression sur elle en ce sens. Un des enjeux commerciaux de l'opération étant de faire des Philippines le pays test des détecteurs de nicotine de l'Université privée de Dartmouth. Un marché potentiel en milliards si le produit était imposé au monde entier.

Promouvoir la réduction des risques

La résolution des députés philippins tranche avec cette politique dogmatique de la Ministre de la santé. "Il est clair que le vapotage est beaucoup moins nocif que le tabagisme et qu'il aide beaucoup de personnes à cesser de fumer. Différentes approches peuvent être adaptées à différents contextes, mais il faut prendre en compte les données scientifiques et clairement distinguer vapoter de fumer", explique la résolution des députés Anthony Bravo, du Coop-Nattco Party, et Jose Tejada, du North Cotabato. Le texte s'appuie notamment sur les travaux du Public Health England dirigé par le Pr Kevin Fenton et le constat de la chute du tabagisme au Royaume-Uni grâce à cette stratégie. 

Autre référence citée par les parlementaires, le Dr Konstantinos Farsalinos qui avait fait le déplacement aux Philippines pour expliquer la problématique en 2017. "La résolution souligne le commentaire du Dr Farsalinos selon lequel un cadre réglementaire approprié pour le vapotage est important pour garantir la qualité des produits; promouvoir les produits de réduction des méfaits uniquement auprès des populations visées (c.-à-d. les fumeurs et les anciens fumeurs); maintenir un avantage concurrentiel pour les produits de réduction des risques par rapport au tabagisme (prix, disponibilité, accessibilité); et promouvoir la recherche pour surveiller l'utilisation de la population et développer de meilleurs produits (encore plus sûrs)", résume le Manilla Standard.

La résolution sera t-elle appliquée par le Ministère de la santé ?

La résolution sera t-elle suivie d'effet? Cela dépend du respect du message des députés par le Ministère de la santé. Celui-ci n'a pas encore réagit au vote, contrairement aux usagers. "Nous remercions nos législateurs d’avoir gardé l’esprit ouvert face au corpus croissant de preuves scientifiques en faveur de l’utilisation du vapotage comme alternative nettement moins nocive aux cigarettes classiques. Nous exhortons le Ministère de la santé (DoH) à faire de même et à sauver des vies", déclare Peter Paul Dator, président de l'association The Vapers Philippines, au quotidien philippin.

Du côté des professionnels de la branche, Joey Dulay, président de l'Association philippine de l'industrie indépendante de la cigarette électronique (PECIAI), espère aussi: "En adoptant à l'unanimité la résolution, la Chambre des représentants envoie un message fort au Ministère de la santé (DoH) pour abandonner sa croyance erronée dans le "quit or die" [arrête ou crève] comme seule alternative pour les fumeurs et, à la place, de suivre l'exemple du Royaume-Uni et d'autres pays qui ont adopté la réduction des risques dans le cadre de leurs stratégies de lutte antitabac".

samedi 23 juin 2018

[Bref] L'Indonésie taxe la vape à 114% pour protéger les ventes de cigarettes

Plus de 67% des hommes de plus de 15 ans fument en Indonésie. Pour pallier au risque de sortie de cette consommation de masse, le Gouvernement indonésien a décidé d'imposer une taxe qui va plus que doubler le prix des liquides de vapotage nicotinés dés ce 1er juillet. Selon Reuters, les autorités estiment à près de 4'000 magasins de vape pour plus de 900'000 vapoteurs dans l'archipel qui compte 260 millions d'habitants. "La cible de recettes d'accise de cette année est de 155,4 billions de roupies (Rp) [soit environ 11,20 milliards de dollars]. La nouvelle taxe d'accise devrait contribuer environ de 100 à 200 milliards Rp par an", se réjouit Sunaryo, Directeur adjoint de l'Office des douanes et accises au ministère des Finances. Ses espoirs de revenus s'appuient sur un système de taxation étagé dans la directive 146/PMK.010/2017 selon des catégories de produits de vape. "Sur la base du prix soumis par l'entrepreneur, le prix le plus bas est de 10 000 Rp pour le type 'non-premium', tandis que le prix le plus élevé pour le type premium est de 120 000 Rp", explique le média local Solopos.

Le Ministre du commerce avait annoncé son objectif en novembre dernier. "Nous allons les arrêter. De cette façon, les vapoteurs devront se mettre à fumer des cigarettes", expliquait Enggartiasto Lukita, Ministre du commerce indonésien, au journal local Kompas. La taxe, qui va représenter 57% du prix de vente TTC des produit de vapotage avec nicotine, vise à "limiter le recours au vapotage" comme l'a reconnu Heru Pambudi, directeur général des douanes et de l'accise, l'an passé au Jakarta Globe. Dans un pays où le lobby du tabac est omnipotent, le "prix du paquet de cigarette est d'environ 2$", rappelle Jim McDonald, journaliste spécialiste de la question de réduction des risques à Vaping 360.

jeudi 7 juin 2018

[Bref] Inde: l'association des vapoteurs décrochent un rendez-vous avec les autorités du Rajasthan

"Le gouvernement du Rajasthan a accepté de nous donner l'occasion de présenter notre dossier devant un groupe d'enquête le 12 Juin", annonce l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) sur sa page facebook. Deux représentants de l'association ont expliqué en conférence de presse hier à Jaipur que le Gouvernement de l'Etat de près de 70 millions d'habitants ne devait pas interdire le vapotage, mais au contraire le réguler pour accompagner les fumeurs vers ce mode de consommation à risque réduit. "Nous soumettons au gouvernement du Rajasthan 120 études sur le vapotage conduites par des instituts réputés, que les autorités de santé publique peuvent utiliser pour tirer leurs propres conclusions", explique Samrat Chowdhery, président de l'association. "Nous proposons aussi au gouvernement de rencontrer des ex-fumeurs qui ont arrêter de fumer à l'aide du vapotage et qui peuvent témoigner des améliorations formidables de leur qualité de vie", ajoute son compère Pratik Gupta. 

120 millions de fumeurs en Inde

Les médias locaux de l'Etat du nord-ouest de l'Inde ont largement relayé les propos des défenseurs de l'outil de réduction des risques à la télévision locale et dans plusieurs titres de presse en anglais et en hindie. Le vapotage en Inde est très menacé, alors que cinq Etats en ont interdit la vente et que l'Etat du Bihar en a même prohibé l'usage en janvier. Trois Etats étudient une éventuelle prohibition, dont le Rajasthan ainsi que le Maharashtra et Delhi. L'Etat fédéral a aussi évoqué cette option insensée. "Les défenseurs du vapotage ici ont le sentiment que malgré le nombre élevé de 120 millions de fumeurs en Inde, et malgré la nécessité urgente d'une approche de réduction des risques, le pays ignore largement les efforts ailleurs dans le monde pour atténuer les effets néfastes du tabac", a expliqué Samrat Chowderry dans un entretien passionnant avec Philippe Boucher en anglais le 3 juin. 

Lutte anti-tabac ou protectionnisme économique ?

L'AVI est engagé dans plusieurs recours en justice contre les interdictions locales. La situation est difficile même si le vapotage continue de se développer. Ce pays grand producteur de tabac voit d'un mauvaise œil la concurrence du vapotage, dont nombre de produits viennent du voisin et rival chinois. Avec 120 millions de fumeurs, le tribut sanitaire et social de l'Inde au tabagisme est immense. Mais 80% du marché est détenu par le cigarettier local. Il est parfois difficile de distinguer les actions de lutte anti-tabac de manœuvres protectionnistes pour les ventes des cigarettes indiennes. Le rôle joué par le bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est particulièrement trouble et étrange dans ce dossier, alors que l'article 1 d) de sa Convention intègre l'approche de réduction des risques et que qu'il est censé rester indépendant des intérêts des producteurs de tabac.