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lundi 13 juillet 2020

Malgré les réseaux malveillants, le Royaume-Uni poursuit sa sortie de la cigarette

Il y a désormais moins de 6,9 millions de fumeurs britanniques adultes, alors qu’ils étaient 9,9 millions en 2011. Les derniers chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) recensent 14,1 % de fumeurs britanniques en 2019, contre 20,2 % en 2011. La baisse du tabagisme se poursuit, même si le rythme ralentit avec une baisse de 0,6 % entre 2018 et 2019. L’infléchissement est corrélé à un moindre engouement pour le vapotage.

Les Britanniques étaient 6,3 % à vapoter en 2018, ils sont désormais 5,7 %, soit près de 3 millions à utiliser la vaporette. Signe probable que le nombre de personnes arrêtant de vapoter après avoir arrêté de fumer n’est pas totalement substitué par de nouvelles conversions de fumeurs au vapotage. Les campagnes de désinformations contre le vapotage sont une cause probable à ce tassement des fumeurs se convertissant à l'outil de réduction des risques, selon une étude récente détaillée ci-dessous.

Un des rares pays à respecter pleinement la Convention anti-tabac de l’OMS

Malgré le sabotage venimeux, le Royaume-Uni reste un modèle de politique sur le tabagisme de premier plan. Étant parmi les rares, avec les Néo-Zélandais, à respecter pleinement le principe de réduction des risques de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) de l’OMS, les Britanniques font la démonstration de l’efficacité d’une politique cohérente et complète sur le sujet. Les autorités ont eu l’intelligence d’associer aux mesures pour décourager de fumer, un accès facilité aux voies de sortie telles que le vapotage. 

La plupart des services de santé du pays sont formés à accompagner l’arrêt tabagique avec le vapotage, la publicité et l’information sur la réduction des risques est libre, tandis que des opérations comme Stoptober, l’équivalent du Mois sans tabac, mettent en avant le vapotage comme moyen de quitter la cigarette. 

Sabotage de la politique anti-tabac par des réseaux d’influence

Cependant, les principaux défenseurs de la santé publique s’inquiètent du bombardement incessant de propagande contre le vapotage, notamment les allégations sans fondement depuis des réseaux d’influence américains. « Il faut redoubler d’efforts pour informer le public des avantages du vapotage et de la manière dont il a déjà aidé des milliers de personnes à réduire leur consommation de tabac », a notamment réagi Steve Brine, ex-Secrétaire d’État à la santé publique de 2017 à 2019, dans une tribune
De son côté, l’association New Nicotine Alliance (NNA UK) appuie dans un communiqué : « Il est à noter que la baisse du tabagisme [britannique] fait face à des couvertures médiatiques atroces et à un financement important de fausses informations provenant de sources en conflit d’intérêts. On peut seulement conclure que si les marchands de peur cessaient de propager des mythes et de demi-vérités au public britannique, les baisses pourraient être encore plus impressionnantes qu’elles ne le sont déjà ».

Les fumeurs les plus âgés victimes des campagnes de désinformation

L’agacement face aux stratégies de sabotage de la politique de lutte contre le tabagisme britannique est fondé. Une étude de l’University College de Londres, portant sur plus de 16 000 Britanniques entre 2014 et 2019, montre que la méfiance envers le vapotage est corrélée à un moindre emploi de celui-ci par les fumeurs. Les fumeurs les plus âgés en particulier sont les plus touchés par les campagnes de peurs paniques, tandis que les plus jeunes y semblent peu sensibles. 

« Nos résultats mettent en évidence la nécessité de meilleures représentations médiatiques et des campagnes de santé publique axées sur la réduction des méfaits pour la santé en passant du tabac fumé au vapotage et d’une réduction du sensationnalisme trompeur des médias lors d’événements tels qu’EVALI [la vague de pneumopathies liées aux produits frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC américain] », concluent les chercheuses Olgas Perski, Emma Beard et Jamie Brown, dans la revue BMC de mai.


Un avenir peut-être libéré des absurdités de l’Union européenne

À l’avenir, la sortie de l’Union européenne pourrait offrir aux Britanniques des opportunités de réviser les législations sur les produits nicotinés à risque réduit. Le sujet de la légalisation du Snus, le tabac oral pasteurisé suédois à risque réduit, a été évoqué début juin par Jo Churchill, sous-secrétaire d’État du ministère de la Santé. Sur le sujet du vapotage, une révision des limites imposées par la directive européenne (TPD), notamment sur les contenances des fioles de liquide à 10 mL et des atomiseurs à 2 mL, ainsi que du taux de nicotine à 20 mg/mL est envisageable.

Photo de tête par Echo Grid on Unsplash

vendredi 21 septembre 2018

L'Angleterre entrevoit la disparition du tabagisme d'ici 2030

Toutes les 80 secondes, un anglais arrête la cigarette. Près de 400'000 anglais sont ainsi sortis du tabagisme en un an. Parmi eux, Jeremy Kyle. Après 35 ans de tabagisme, le présentateur vedette de Good Morning Britain a troqué son paquet journalier pour une vaporette depuis plus de quatre mois. "Ce qui m'aide vraiment à ne pas fumer, c'est le vapotage. Je suis actuellement au plus faible taux de nicotine, je quitterai la vape quand le moment sera venu pour moi", explique le présentateur de l'émission médicale Emergency Room. "Avec mon arrêt, j'ai compris à quel point il est important d'utiliser le soutien plutôt que de vouloir y aller seul à la volonté", conseille Jeremy Kyle sur le site de la BBC

63% d'arrêt avec la vape et du soutien

Les statistiques semblent lui donner raison. Plus de 63% des fumeurs ayant combiné le vapotage et le soutien des centres Stop-tabac anglais ont réussi leur arrêt de 2017 à 2018. Un chiffre supérieur à la moyenne générale tous moyens confondus déjà élevée de 51% des Stop Smoking Services. En comparaison, tenter d'arrêter de fumer sans aide ni soutien ne réussit que dans 4% des cas. Reste que la bonne manière d'arrêter est celle qui marche pour soi. "Cette année, Stoptober peut vous aider à trouver une combinaison qui pourrait vous convenir", explique la Dr Jenny Harries, directrice médicale de Public Health England. Pour cela, la campagne annuelle pour encourager les fumeurs à arrêter en octobre propose un nouvel outil en ligne personnalisé. [lien ajouté à 15h]

Un répertoire de vapeshops recommandés par le Public Health England

Autre nouveauté du Stoptober 2018, un répertoire en ligne des boutiques de vape indépendantes recommandées par le Public Health England en partenariat avec l'Independant British Vaping Trade Association (IBVTA). "Les magasins de vape spécialisés sont idéalement placés pour conseiller les personnes cherchant à utiliser le vapotage pour les aider à cesser de fumer. Les services spécialisés d'arrêt du tabac peuvent également fournir un soutien supplémentaire aux personnes qui cherchent à utiliser le vapotage, ce qui leur donnera les meilleures chances de cesser de fumer", précise la Dr Jenny Harries.

La fin du tabagisme d'ici 2030 ?

Une stratégie de réduction des risques payante, puisque en deux années l'Angleterre a vu plus d'un million de fumeurs arrêter. Le taux de tabagisme est passé sous la barre des 15% en 2017, alors qu'il était de près de 20% en 2010. "Des millions de personnes vivent mieux grâce à nos efforts pour réduire le tabagisme. La Grande-Bretagne est un chef de file mondial en matière de lutte antitabac et nos politiques robustes ont fait tomber le taux de tabagisme à un niveau record", explique Steve Brine, Ministre de la santé britannique. 

La plus forte baisse de tabagisme se situe chez les 18 à 24 ans, un groupe d'âge optant plus facilement pour le vapotage. En se basant sur ces tendances, les autorités de santé publique anglaises prévoient que le tabagisme se réduise entre 8,5% et 11,7% d'ici cinq ans, et sa chute en dessous de 5% d'ici 2030. Un optimisme que l'on peut cependant modérer devant le ralentissement de la sortie du tabagisme depuis l'entrée en vigueur des restrictions européennes (TPD) contre le vapotage. Des freins que le rapport publié mi-août par la Commission parlementaire des sciences propose de réviser pour favoriser la santé publique à l'occasion du Brexit.

[graphique ajouté à 16h]

vendredi 3 août 2018

Projet de taxe anti-vape au Royaume-Uni ? "Une stratégie très dangereuse" selon le Pr Robert West [MàJ]

Tandis que les vapoteurs se mobilisent peu en cette période estivale, les affidés de taxes anti-vape manœuvrent en coulisses. D'un côté, à peine plus de 30'000 signatures pour la pétition des associations contre les surtaxes anti-vape en Europe. De l'autre, un renfort de poids aux quatorze pays de l'Union Européenne (UE) ayant déjà implémenté une taxe contre les vapoteurs. Même si l'Italie semble toujours plus proche d'abolir cette mesure désastreuse, le gouvernement britannique projetterait de suivre le mouvement européen de taxe punitive. Révélé hier par la presse britannique, le projet de taxe anti-vape n'a pas été démenti par le Chancelier Philip Hammond. "Des sources de Whitehall [le siège du Gouvernement] ont déclaré qu'aucune décision n'avait été prise mais que rien n'était retiré de la table", rapporte aujourd'hui le Times

"Une stratégie à très haut risque du point de vue de la santé publique"

Une liste de possibles taxes "sur les pêchés", qu'en français ses partisans préfèrent nommer "taxes comportementales", est envisagée pour financer le service de santé national (NHS). La surtaxe sur la vape pourrait être de 5%. Le Trésor espère en retirer près de 40 millions £ par an. A condition que les 2,9 millions de vapoteurs britanniques continuent de vapoter et d'acheter légalement leurs produits. "C'est une stratégie à très haut risque du point de vue de la santé publique", réagit le Pr Robert West, directeur des recherches sur le tabac à l'University College de Londres, dans le Times

Moins de vapoteurs, plus de fumeurs

"Il est clair que le vapotage aide à arrêter de fumer les gens qui ne sont pas aidés par d'autres moyens. Si nous dissuadons les gens de l'utiliser en augmentant le prix, alors moins de gens vont les utiliser et il y aura plus de fumeurs", explique l'éminent spécialiste de santé publique. Les faits en Italie ou en Grèce, pays soumis à de telles taxes anti-vape, confirment le propos. Il y a près d'un million de fumeurs en plus depuis 2016 en Italie, tandis qu'il y a autant de vapoteurs en moins. Pour sa part, la Grèce détient le record de prévalence tabagique en Europe avec 36% de fumeurs. Depuis l'instauration de la taxe, un marché noir de vape prospère

Pas d'externalité de santé

"Il n'y aucune raison valable de taxer le vapotage: il n'y a pas de risque lié au vapotage passif, il n'y a aucun signe d'effet passerelle chez les adolescents. Au contraire, le tabagisme des adolescents chute à un niveau sans précédent aux Etats-Unis, car certains attirés autrement par les cigarettes ont opté pour la vape", souligne David Pryor, directeur de l'Institut Adam Smith, dans une tribune pour le Times ce matin. "Financer le NHS en taxant le vapotage, c'est comme financer le service d'incendie en taxant les détecteurs de fumée. Le gouvernement met des vies en danger pour une bouchée de pain", s'offusque t-il, "Une taxe sur le vapotage entraînerait plus de décès liés au tabagisme".

Faut-il taxer les vélos pour lutter contre l'obésité ?

Rédacteur du Nanny State Index on Nicotine, Chris Snowdown estime dans le Sun que taxer le vapotage pour financer le NHS serait comme "taxer les bicyclettes pour payer les coûts liés à l'obésité". Chez les professionnels anglais de la vape, on tombe des nues. "Le vapotage est une énorme opportunité de santé publique qui a déjà aidé trois millions de fumeurs à arrêter ou réduire leur tabagisme. Imposer une taxe supplémentaire sur le vapotage, non seulement n'aurait pas de sens, mais ce serait préjudiciable au NHS et à la santé publique", explique Dan Marchant, du comité de l'Association de l'Industrie de la vape britannique (UKVIA).

Appel à l'action européenne

Dans le camp des usagers, la New Nicotine Alliance (NNA) condamne fermement le projet de taxe dans un communiqué de presse. "Le vapotage a été le catalyseur d'une baisse spectaculaire du tabagisme ces dernières années. Il serait hautement contraire à l'éthique que le gouvernement sanctionne financièrement les vapoteurs", déclare Sarah Jakes, présidente de la NNA*. L'organisation britannique a cosigné fin juin l'appel de 16 associations contre les taxes anti-vape en Europe et propose une page d'aide pour remplir la consultation européenne d'ici le 3 septembre. Par ailleurs, Sarah Jakes a participé en juillet à une séance du groupe parlementaire sur le vapotage à propos des opportunités de réformes à l'occasion du Brexit. Gageons que les parlementaires auront saisi le danger qu'il y aurait à une taxe anti-vape, même si elle était imposée indépendamment de Bruxelles. 
* édité pour rendre compte du communiqué de la NNA à 17h50

lundi 3 octobre 2016

[Expresso] La NNA réclame l'abrogation des lois anti-Vape & Snus au Royaume-Uni

Image credit to: Shutterstock/ shockfactor.de
Le Brexit pourrait se révéler utile. La New Nicotine Alliance britannique demande d'abroger les restrictions contre le vapotage et l'interdiction du Snus au Secrétaire d'Etat à la santé, Jeremy Hunt. "L'objectif politique devrait être une réglementation spécifique et adéquate des produits de nicotine à risque réduit d'au moins 90% par rapport au tabagisme. Cela permettrait d'éliminer les aspects pervers, les conséquences inattendues et la protection des ventes de cigarette provoqués par la Directive sur les produits du tabac (TPD) de l'Union européenne", explique la lettre signée de Sarah Jakes et du Pr Clive Bates. Cette missive rebondit sur l'annonce hier matin par la Première ministre Theresa May du Great Repeal Bill, la procédure visant à mettre à jour le corpus législatif britannique avant le début de sa sortie de l'Union Européenne au printemps.

"Nous espérons que les ministres réfléchiront à abroger certains des pires exemples du droit européen, en particulier là où une approche nationale aurait de multiples avantages pour la santé, le bien-être, le commerce, la liberté personnelle et la compétitivité", précise l'organisation de défense des usagers de nicotine par les nouveaux systèmes techniques à risques réduits. Dans son collimateur, l'article 17 de la TPD qui interdit le Snus, un produit de tabac en sachet suédois, et les articles 19 et 20 concernant les restrictions contre le vapotage. Les auteurs joignent une analyse de fond, déjà adressée au Ministère de la santé en avril, des conséquences délétères pour la santé publique de ces mesures contre la réduction des méfaits du tabagisme à l'aide du vapotage ou d'autres produits à risques réduits. 

Seront-ils entendus? En mai, lors d'un débat nourri à la Chambre des LordsLord Prior de Brampton, alors sous-Secrétaire d'Etat à la santé, avait promis une application souple "à l'italienne" des mesures anti-vape de la TPD. Depuis, une large majorité des millions de vapoteurs britanniques ont voté le Brexit en raison des effluves tabagico-pharmaceutiques de la Directive des lobbys de Bruxelles. Les autorités britanniques saisiront-elles cette formidable opportunité de santé publique?

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