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lundi 13 juillet 2020

Malgré les réseaux malveillants, le Royaume-Uni poursuit sa sortie de la cigarette

Il y a désormais moins de 6,9 millions de fumeurs britanniques adultes, alors qu’ils étaient 9,9 millions en 2011. Les derniers chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) recensent 14,1 % de fumeurs britanniques en 2019, contre 20,2 % en 2011. La baisse du tabagisme se poursuit, même si le rythme ralentit avec une baisse de 0,6 % entre 2018 et 2019. L’infléchissement est corrélé à un moindre engouement pour le vapotage.

Les Britanniques étaient 6,3 % à vapoter en 2018, ils sont désormais 5,7 %, soit près de 3 millions à utiliser la vaporette. Signe probable que le nombre de personnes arrêtant de vapoter après avoir arrêté de fumer n’est pas totalement substitué par de nouvelles conversions de fumeurs au vapotage. Les campagnes de désinformations contre le vapotage sont une cause probable à ce tassement des fumeurs se convertissant à l'outil de réduction des risques, selon une étude récente détaillée ci-dessous.

Un des rares pays à respecter pleinement la Convention anti-tabac de l’OMS

Malgré le sabotage venimeux, le Royaume-Uni reste un modèle de politique sur le tabagisme de premier plan. Étant parmi les rares, avec les Néo-Zélandais, à respecter pleinement le principe de réduction des risques de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) de l’OMS, les Britanniques font la démonstration de l’efficacité d’une politique cohérente et complète sur le sujet. Les autorités ont eu l’intelligence d’associer aux mesures pour décourager de fumer, un accès facilité aux voies de sortie telles que le vapotage. 

La plupart des services de santé du pays sont formés à accompagner l’arrêt tabagique avec le vapotage, la publicité et l’information sur la réduction des risques est libre, tandis que des opérations comme Stoptober, l’équivalent du Mois sans tabac, mettent en avant le vapotage comme moyen de quitter la cigarette. 

Sabotage de la politique anti-tabac par des réseaux d’influence

Cependant, les principaux défenseurs de la santé publique s’inquiètent du bombardement incessant de propagande contre le vapotage, notamment les allégations sans fondement depuis des réseaux d’influence américains. « Il faut redoubler d’efforts pour informer le public des avantages du vapotage et de la manière dont il a déjà aidé des milliers de personnes à réduire leur consommation de tabac », a notamment réagi Steve Brine, ex-Secrétaire d’État à la santé publique de 2017 à 2019, dans une tribune
De son côté, l’association New Nicotine Alliance (NNA UK) appuie dans un communiqué : « Il est à noter que la baisse du tabagisme [britannique] fait face à des couvertures médiatiques atroces et à un financement important de fausses informations provenant de sources en conflit d’intérêts. On peut seulement conclure que si les marchands de peur cessaient de propager des mythes et de demi-vérités au public britannique, les baisses pourraient être encore plus impressionnantes qu’elles ne le sont déjà ».

Les fumeurs les plus âgés victimes des campagnes de désinformation

L’agacement face aux stratégies de sabotage de la politique de lutte contre le tabagisme britannique est fondé. Une étude de l’University College de Londres, portant sur plus de 16 000 Britanniques entre 2014 et 2019, montre que la méfiance envers le vapotage est corrélée à un moindre emploi de celui-ci par les fumeurs. Les fumeurs les plus âgés en particulier sont les plus touchés par les campagnes de peurs paniques, tandis que les plus jeunes y semblent peu sensibles. 

« Nos résultats mettent en évidence la nécessité de meilleures représentations médiatiques et des campagnes de santé publique axées sur la réduction des méfaits pour la santé en passant du tabac fumé au vapotage et d’une réduction du sensationnalisme trompeur des médias lors d’événements tels qu’EVALI [la vague de pneumopathies liées aux produits frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC américain] », concluent les chercheuses Olgas Perski, Emma Beard et Jamie Brown, dans la revue BMC de mai.


Un avenir peut-être libéré des absurdités de l’Union européenne

À l’avenir, la sortie de l’Union européenne pourrait offrir aux Britanniques des opportunités de réviser les législations sur les produits nicotinés à risque réduit. Le sujet de la légalisation du Snus, le tabac oral pasteurisé suédois à risque réduit, a été évoqué début juin par Jo Churchill, sous-secrétaire d’État du ministère de la Santé. Sur le sujet du vapotage, une révision des limites imposées par la directive européenne (TPD), notamment sur les contenances des fioles de liquide à 10 mL et des atomiseurs à 2 mL, ainsi que du taux de nicotine à 20 mg/mL est envisageable.

Photo de tête par Echo Grid on Unsplash

samedi 30 mai 2020

L'OMS Europe reconnait que passer au vapotage réduit les risques pour un fumeur

Publié avant-hier, le brief du bureau Europe de l’OMS sur le vapotage se distancie de la position fondamentaliste anti-vapoteurs du siège genevois de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). « Les fumeurs adultes, qui ne sont pas enceintes, qui passent complètement et rapidement des cigarettes de tabac combustibles à l’utilisation seule d’Electronique Nicotine & Non Nicotine Delivery System [le vapotage en langage courant] non altérée et correctement réglementée peuvent réduire leurs risques pour la santé », affirme le rapport de l’OMS Europe rédigé par Armando Peruga. Même si on ne comprend pas pourquoi déconseiller aux femmes enceintes d'arrêter de fumer avec un moyen efficace, ceci tranche avec l’affirmation « qu’aucun produit ne réduit les risques », encore répétée ce 29 mai par Krech Ruediger en conférence de presse pour l’OMS à Genève.

En résumé :
  • Le rapport de l'OMS Europe a été financé par le Gouvernement allemand, et non pas par des intérêts privés opaques et douteux comme de précédents documents de l'OMS sur le sujet.
  • Le rapport de l’OMS Europe rompt avec la ligne anti-réduction des risques de la direction de l’OMS et reconnait qu’un fumeur qui passe au vapotage réduit les méfaits pour sa santé.
  • Le rapport de l’OMS Europe reconnait qu’il n’y a aucun élément montrant un effet pour l’entourage d’un vapoteur. Avec un sophisme grossier, il recommande d’interdire le vapotage dans les lieux publics dans l’attente d’une preuve de cette absence.
  • Le rapport se distancie de la théorie de la passerelle en soulignant le niveau modéré de preuve et leur caractère de corrélation et non de lien causal entre vapotage et tabagisme des jeunes. Cependant, il passe sous silence de nombreuses études qui montrent la chute du tabagisme adolescent concomitante à l’essor du vapotage. Il ne traite pas non plus du facteur prépondérant du risque de tabagisme adolescent du tabagisme des proches, notamment des parents.
  • Sur le thème des arômes, le rapport ne semble pas avoir vraiment maîtrisé son sujet. Notamment que tous les liquides de vapotage sont de fait aromatisés. En conséquence, il fait une affirmation étrange sur l’attrait des arômes pour les jeunes contrairement aux « plus » vieux. Il mentionne cependant le rôle des arômes pour aider à l’arrêt tabagique avec le vapotage.
  • Le rapport de l’OMS Europe recommande des restrictions dures contre le vapotage, mais pas la prohibition chérie par la direction de l’OMS pour laisser le monopole aux cigarettes. Il alerte sur de possibles effets pervers des réglementations.
  • Comme la plupart des productions de l’OMS, ce rapport est plus un document politique utilisant la science qu’un document scientifique, même s’il est indéniablement de meilleure qualité à cet égard que les autres documents de l’OMS sur le sujet. Avec cette grille de lecture en tête, on peut noter la distanciation que l’OMS Europe prend vis-à-vis de la ligne fondamentaliste anti-vape soutenue par la direction genevoise de l’OMS.

Financement public contre financement privé occulte

Le rapport de l’OMS Europe a été financé par le Gouvernement allemand. C’est une première différence notable avec plusieurs productions de l’OMS sur le sujet, dont le rapport Mpower publié l’été passé où il était affirmé que la vape « est indubitablement nocive ». Préfacé par l’affairiste Michael Bloomberg, ce rapport avait été payé par Bloomberg Philanthropies Company (LLC), dont aucun compte n’est public. 

Contrairement aux fondations, les finances de Bloomberg Philanthropies Company (LLC) sont totalement opaques. Ce qui rend, entre autres, impossible d’affirmer que les organismes financés par cette entreprise sont libres de liens financiers avec l’industrie du tabac et respectent l’article 5.3 de la Convention anti-tabac contre l’ingérence de l’industrie du tabac. Par ailleurs, il est de notoriété publique que Michael Bloomberg est en affaires avec plusieurs grandes nations tabagiques, telles que l’Inde, la Thaïlande et la Chine.

Abandonner la cigarette grâce à la vape réduit les risques et les méfaits

Dégagée de l’influence de ce genre d’intérêts privés occultes, l’OMS Europe a-t-elle eu plus de latitude pour mener son analyse ? Plusieurs éléments du rapport vont partiellement dans ce sens. En premier lieu, le rapport rompt avec le principe anti-réduction des risques fondamentaliste. Il souligne que des « preuves scientifiques concluantes » établissent que « complètement substituer les EN&NNDS [le vapotage] à la place de cigarettes de tabac fumées réduit l’exposition de l’usager à de nombreux toxiques et carcinogènes présents dans la fumée des cigarettes de tabac »

L’auteur averti qu’il y a aussi des preuves concluantes que les vaporettes peuvent parfois exploser, « lorsque les batteries sont de mauvaise qualité, mal stockées ou modifiées par les usagers », et provoquer des blessures. Enfin, il existe des cas d’ingestion de liquides, volontaire ou accidentelle, qui peuvent avoir des conséquences néfastes, voire fatales.

Indices d’une moindre puissance dépendogène de la vape nicotinée par rapport aux cigarettes

D’autres éléments, soutenus par des preuves de niveau modéré, sont évoqués. Du côté des risques mal établis liés à l’usage de vape, le rapport mentionne notamment celui d’une dépendance à la nicotine, « mais le risque et la sévérité de la dépendance semblent plus faibles avec les ENDS [vapotage nicotiné] qu’avec les cigarettes de tabac fumées ». Il souligne aussi que les conséquences sanitaires d’un usage à long terme ne sont pas claires. Du côté des bénéfices mal établis, le rapport note une réduction à court terme des problèmes de santé des fumeurs étant passés au vapotage, 

Les différents cas de double-utilisateurs

Le brief souligne que les double-utilisateurs, qui vapotent et fument, semblent ne pas réduire leurs risques par rapport au tabagisme seul. « Une explication possible est que les doubles utilisateurs comprennent une grande variété de comportements de consommation de tabac et d’EN&NNDS, chacun avec des motivations différentes », avance le rapport. 

Les doubles-utilisateurs peuvent être des fumeurs dans « une phase transitoire pour réduire ou arrêter le tabagisme », mais dont certains « dépendent encore du tabagisme pour gérer leurs insatisfactions par rapport à l’expérience de l’EN&NNDS ». Le rapport ne pose cependant pas ouvertement la question du poids des restrictions contre le vapotage au détriment de cette catégorie de personnes, notamment les interdictions d’arômes autres que le goût tabac de plusieurs pays, et la limite trop basse du taux de nicotine imposée dans l’Union européenne. 

D’autre part, le rapport mentionne aussi que certains doubles utilisateurs peuvent chercher à « contourner les politiques antitabac ou simplement pour se conformer aux normes des groupes sociaux et de gérer la stigmatisation associée au tabagisme ». Ces points ne sont pas non plus développés.

Rien ne montre d’effet sanitaire pour l’entourage des vapoteurs

« Aucune étude disponible n’a montré d’effets sanitaires de l’exposition passive aux EN&NNDS [vapotage], donc les risques de santé d’être exposé à l’aérosol exhalé restent inconnus ». Le brief insiste que des études ont mesuré des émanations de particules, mais sans préciser que celles-ci sont essentiellement liquides et non solides. En général, les journalistes, au moins ceux de l’AFP, ne semblent pas connaitre la différence (ce qui est une étrange lacune d’éducation primaire). 

« L’exposition secondaire à la nicotine et aux particules de l’aérosol des EN&NNDS [vapotage] est inférieure à celle des cigarettes de tabac fumées
 », affirme le rapport, mais sans donner d’ordre de grandeur de cette différence (plusieurs milliers de fois). Pour résumer ce passage, l’OMS Europe n’a rien trouvé de consistant contre un pseudo « vapotage passif », mais elle tient à soutenir par principe l’interdiction de vapoter dans les lieux publics fermés.

Dans les conclusions, inversant la charge de la preuve pour limiter les libertés individuelles, l’auteur recommande d’interdire le vapotage dans les lieux publics fermés jusqu’à la preuve de son innocuité pour l’entourage. Prouver définitivement une absence d’effet étant impossible par définition, l’argument est un sophisme plutôt grossier.

Faux suspense sur l’arrêt tabagique à l’aide du vapotage

Armando Peruga note que le rapport de la National Academy of Science Engeneering and Medicine (NASEM) américaine avait conclue en 2018 à une insuffisance d’essai clinique pour soutenir l’efficacité du vapotage pour l’arrêt tabagique. Cependant, il souligne que depuis, l’importante étude clinique menée par Peter Hajek a montré une efficacité du vapotage pour l’arrêt tabagique. 

On peut ajouter que d’autres études en cours vont dans le même sens, comme celle menée par le Dr Mark Eisenberg au Canada. En réalité, il n’y a plus de suspense sur le fait que le vapotage augmente très nettement l’arrêt tabagique par rapport aux tentatives sans aide et même par rapport aux produits pharmaceutiques. Actuellement, le doute que les études cliniques vont confirmer ce qui est constaté depuis une décennie par les acteurs de terrain est seulement entretenu par des lobbyistes de la pharmaceutique.

Légère distanciation sociale avec la « théorie » de la passerelle

Tandis que les bureaucrates du siège central de l’OMS à Genève affirment pour principale raison de leur appel à la prohibition, que le vapotage provoque le tabagisme chez les jeunes, ce rapport de l’OMS Europe se montre plus raisonnable sur la qualité médiocre et de l’ordre de corrélations des éléments utilisés en ce sens. 
« Il existe des preuves modérées que les jeunes non-fumeurs qui expérimentent les EN&NNDS ont au moins deux fois plus de chances d’expérimenter le tabagisme plus tard. Les données disponibles jusqu’à présent ne prouvent toutefois pas que cette association est causale. Alors que certains auteurs pensent que l’utilisation des ENDS et le tabagisme sont initiés indépendamment les uns des autres, en raison de propension commune aux comportements à risque, d’autres pensent que la similitude entre les ENDS et le fait de fumer facilite la trajectoire d’un produit à l’autre au sein d’un cadre d’apprentissage social », résume l’OMS Europe (notre emphase).
Cependant, ce rapport ne va pas jusqu’à rendre compte que l’essor du vapotage aux États-Unis, en France et en Angleterre s’est accompagné de chutes sans précédent du tabagisme adolescent. Il ne mentionne pas non plus les études montrant au contraire que le vapotage des adolescents réduit leur entrée en tabagisme, notamment l’analyse de l’Observatoire français des Drogues et Toxicomanies (OFDT), ou en aide à réduire ou sortir du tabagisme

Les arômes, outil pour favoriser les effets de report de consommation?

Cible des prohibitionnistes, le thème des arômes est traité avec moins de qualité que d’autres sujets du rapport. Il affirme de manière plutôt absurde que « l’usage des liquides aromatisés est généralement plus élevé chez les jeunes et les jeunes adultes que parmi les adultes plus vieux ». Tous les liquides étant aromatisés, cette phrase n’a aucun sens. 

L’auteur note tout de même que les arômes jouent un rôle dans la transition des cigarettes vers le vapotage, effet qui peut s’inverser en cas de prohibition. « Lorsque le goût souhaité n’est pas disponible dans le produit nicotinique souhaité, une partie des utilisateurs peut le rechercher dans un autre produit de nicotine de second choix ».

Attention aux effets pervers des réglementations

Le rapport d’Armando Peruga conclue avec des recommandations dont : prévenir l’initiation des non-fumeurs et des jeunes aux EN&NNDS, réduire les risques de l’usage des produits, interdire les affirmations de santé, protéger les anti-tabac des intérêts liés au vapotage, y compris de l’industrie du tabac. Mais il ajoute que les autorités régulatrices devraient prendre garde à « avoir à l’esprit les conséquences inattendues de toute mesure régulatrice ». Il semble assez évident que plusieurs de ses recommandations de restriction contre le vapotage auraient de telles conséquences perverses, en faveur du maintien du tabagisme.

Ce rapport marque un écart significatif sur plusieurs points et interprétations par rapport à la ligne fondamentaliste anti-vape prédominant à la direction de l’OMS. Il reste cependant très loin de saisir de manière cohérente l’approche de réduction des risques. Dans le contexte actuel, il me semble tenter de concilier des points de l’approche britannique à des éléments de la ligne officielle fondamentaliste. Le déni de l’efficacité de la politique anti-tabac britannique par les tenants anti-vape de l’OMS tel que Vinayak Prasad étant ridiculement intenable devant toute personne qui connait le sujet.

A noter : l'OMS Europe a aussi publié le même jour deux autres briefs. Une description comparant les réglementations sur le vapotage entre quatre pays: le Royaume-Uni, le Canada, le Brésil et la Corée du Sud. Ainsi qu'un brief sur les cigarettes de tabac chauffées.

dimanche 24 mai 2020

#TobaccoExposed : l'OMS viole la Convention-cadre anti-tabac

Entrée en vigueur en 2005 et signée par 167 pays et l’Union européenne, la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) intègre, dans la définition de ses objectifs, l’approche de réduction des risques. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de lancer une nouvelle campagne contre le vapotage. Si outrancière qu’elle touche au ridicule en mettant en scène une enfant de huit ou neuf ans. En la signant de la CCLAT, l’OMS bafoue le texte fondateur de la Convention en stigmatisant l’approche de réduction des risques.

Mais l’OMS semble aussi prendre à la légère les décisions des membres de la Convention, qui lors de sa dernière assemblée en 2018 (COP8) ont refusé d’assimiler le vapotage au tabac. Contrairement aux cigarettes chauffées, qui elles ne sont « étonnamment » pas même mentionnées dans la campagne de l’OMS. Pourtant la responsabilité des pays membres de la CCLAT est pleinement engagée par la campagne de l’OMS faite en leur nom. Ce point est d’autant plus sensible que le dénigrement du vapotage mine les programmes de lutte anti-tabac de pays finançant la Convention-cadre. On peut penser notamment au Royaume-Uni et à la France (
~6 % chacun du financement de la CCLAT).


Le vapotage n’est pas un produit de tabac

Factuellement, le vapotage n’est pas un produit de tabac. Il ne contient pas de tabac et fonctionne sans combustion. Il ne dégage donc ni monoxyde de carbone ni goudron, les deux principaux serial-killers de la fumée. Le vapotage est utilisé par des dizaines de millions d’ex-fumeurs pour consommer de la nicotine en évitant les risques des cigarettes. Les méfaits sont ainsi réduits d’au moins 95 % selon les estimations scientifiques des organismes de santé publique indépendants britanniques. Dans les pays développant des politiques d’aide à l’arrêt tabagique, de nombreux professionnels socio-sanitaires de terrain l’utilisent pour aider des fumeurs à quitter le tabac fumé.

Ce sont des raisons pour ne pas amalgamer le vapotage au tabagisme malgré les fortes pressions des compagnies pharmaceutiques, mais aussi celles des grandes nations tabagiques lors de la COP 8. Illustrant la dissonance, la nouvelle campagne de dénigrement lancée par la direction de l’OMS survient au moment où une étude anglaise montre que la méfiance du public envers le vapotage, répandue par ce type de propagande, favorise le maintien dans le tabagisme.
« Nos résultats mettent en évidence la nécessité d’une augmentation de couvertures médiatiques et de campagnes de santé publique axées sur la réduction des méfaits pour la santé lorsque l’on passe du tabac fumé au vapotage et la nécessité d’une réduction de la couverture médiatique alarmiste », soulignent Olga Perski, Emma Beard et Jamie Brown, de l’University College London, dans leur étude publiée dans la revue BMC Medicine.

Prise en otage émotionnelle perverse

Dans la veine sensationnaliste, la nouvelle charge anti-vape de la direction de l’OMS prend en otage émotionnel par des photos-montages de jeunes enfants, pour prétendre que le vapotage conduit à fumer. C’est tout simplement mensonger.

Les analyses rigoureuses, notamment en France par l’OFDT et l’École des mines de Saint-Étienne, au Royaume-Uni par l’Action on Smoking and Health, les statistiques sur vingt ans du tabagisme adolescent aux États-Unis, ainsi que d’autres études (liste non exhaustive), montrent que le tabagisme adolescent recule sous l’impact du vapotage.

Des papiers ne tenant pas compte du tabagisme des proches, le principal facteur de risque de tabagisme des adolescents, ont abouti à des résultats biaisés pour affirmer que le vapotage pouvait avoir un « effet passerelle ». Mais la chute accélérée du tabagisme adolescent dans les pays où le vapotage s’est répandu depuis dix ans suffit à invalider cette théorie fumeuse.

Dans le monde réel, malgré son interdiction de vente aux mineurs, le vapotage détourne une partie de ceux-ci d’essayer la cigarette, qui dans sept cas sur dix aboutit à un tabagisme à long terme. Une large partie des ados ne font qu’expérimenter ponctuellement le vapotage et souvent sans nicotine (p.ex. récent les données allemandes de Debra). Chez ceux qui l’utilisent de manière régulière, la vaste majorité est déjà dans une démarche pour sortir ou réduire un tabagisme précoce.

Campagne programmée pour provoquer ce qu’elle prétend éviter?

La campagne de l’OMS a toutes les caractéristiques de communications contre-productives déjà vues dans le passé. Que ce soit celle de Nancy Reagan contre les drogues, ou les tournées des cigarettiers dans les écoles des années 1980', elles ont toutes abouti à faire augmenter la consommation qu’elles prétendaient faire reculer.

Ce type de communication provoque ce qu’elle prétend faire éviter chez les jeunes. Mais elle incite les parents à adopter une attitude de crainte et court-circuiter toute réflexion rationnelle. Des effets qui permettent d’obtenir des crédits dans une fuite en avant pour mener la « guerre » à un problème initialement inexistant.
« Les perceptions négatives et les craintes du grand public, renforcées par l’image négative que véhiculent les médias, ont fait des drogues et de ceux qui en consomment des “cibles faciles” pour les politiciens et d’autres élus en quête de voix. L’exemple le plus frappant est ce que les sociologues ont qualifié de “panique morale”, qui consiste à attribuer de façon exagérée ou mensongère un comportement dangereux à un groupe particulier, tel qu’une minorité ou une sous-culture (souvent en exposant des cas extrêmes comme s’ils étaient ordinaires) », rapport 2017 (p. 28) de la Commission globale de politique en matière de drogues (GCDP).
Dans un article sur cette nouvelle campagne de l’OMS, le Dr Philippe Arvers, médecin des armées et administrateur de la Société francophone de tabacologie (SFT), s’interroge sur cette attaque ciblée.
« Cette année, au lieu de se focaliser sur le tabac chauffé, l’OMS veut diaboliser la nicotine en utilisant des enfants. Les affiches proposées sont plus que tendancieuses et ne reposent sur aucun fondement scientifique. Au contraire, elles peuvent être incitatives à expérimenter les produits du tabac », Dr Philippe Arvers, article sur son compte Linkedin.

Incompétence abyssale des cadres de l’OMS sur le sujet

Il est difficile de déterminer, sans enquête indépendante ayant accès à des documents et à la nature des sources de financement de ce programme de l’OMS, si la campagne est motivée pour servir des intérêts financiers ou si elle n’est que le fruit d’une incompétence larvée dans une vision étriquée.

Au crédit de la lecture d’un moteur idéologique arriéré, il est clair que l’expertise des cadres de l’OMS sur la réduction des risques face au tabagisme est affligeante de nullité. La présentation de Ranti Fayokun au Conseil exécutif en février dernier à Genève sur le sujet — disponible en replay sur le site de l’OMS — est symptomatique à ce sujet : ignorance de notion basique de chimie, contresens sur des données scientifiques, malhonnêteté intellectuelle, absence de toute réflexion de gestion des risques et mépris du public concerné.

De son côté, Vinayak Prasad, directeur du programme Initiative pour un monde sans tabac (TFI) de l’OMS financé par la Bloomberg Philanthropies Company, a mené la campagne médiatique anti-vape autour du rapport Mpower à l’été 2019. Auparavant, il a été haut fonctionnaire de l’État indien durant 18 ans, notamment au ministère des Finances. Son interview avec David Nazar, enregistré fin février 2020, parle de lui-même sur l’absence de prise en compte des réalités humaines et des données scientifiques qui ne souscrivent pas à son a priori.
Les contenus du briefing de Ranti Fayokun et de l’interview de Vinayak Prasad sont dans la ligne idéologique de la scandaleuse page sur le vapotage, même après modification, que l’OMS avait publié en janvier. Pourtant à plusieurs reprises, des scientifiques et experts, des organismes de santé, des médecins, en Allemagne aussi, des tribunes dans des revues spécialisées, et même la santé publique britannique ont tenté de faire revenir l’OMS à la raison. Comme le déclare Vinayak Prasad dans son interview (ci-dessus), les cadres de l’OMS refusent de prendre en compte ces expertises et études.

Qui a intérêt à empêcher les fumeurs de sortir de la cigarette?

Mais si l’OMS viole aussi brutalement ses principes de fonctionnement, à la fois d’honnêteté scientifique et de respect des votes de la Convention, ainsi que les principes mêmes de la Convention, on peut se demander si ce n’est peut-être pas par un effet d’une troisième violation de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac : celle stipulée à son article 5.3, d’élaborer les programmes anti-tabac à l’abri de l’influence de l’industrie du tabac. 

Or, le cas indien est, au minimum, troublant. Troisième producteur mondial de tabac et actionnaire d’ITC — le Big Tobacco indien —, l’influence de l’Inde sur la Convention anti-tabac de l’OMS s’est accrue de manière prépondérante ces dernières années. D’une part de manière officielle, à travers l’organisation de la COP 7 à Delhi en 2016 et la présidence par Preeti Sudan de la COP 8 à Genève en 2018 notamment.
« En jouant le jeu d’ITC, le gouvernement protège et promeut la part de marché monopolistique de 80 % dont jouit ITC. Cela va à l’encontre du principe de concurrence dans l’intérêt du consommateur. ITC a réussi à invoquer des raisons de santé comme si les cigarettes fabriquées par ITC protégeaient la santé du fumeur et celles fabriquées uniquement par des étrangers provoquaient le cancer », soulignait déjà en 2012 l’analyste financier Janardan Kothari sur MoneyLife India.
D’autre part, l'Inde a accrue son influence au sein des organes de direction à l’OMS par la nomination en son sein d’ex-haut-fonctionnaires indiens. C'est un secret de pacotille, l’Inde milite pour la prohibition du vapotage qui fait concurrence à son tabac et ses cigarettes. Depuis la prohibition de la vape en Inde, ITC a d’ailleurs lancé en début d’année ses nouvelles cigarettes « fruitées » (voir photo) pour essayer de récupérer des clients.
« Dans un sens faible, le décret de prohibition du vapotage ne fait que susciter l’inquiétude que le gouvernement [Indien] utilise la santé des individus comme un écran de fumée pour une augmentation de ses revenus. Le fait d’être le plus grand actionnaire de la plus grande entreprise de tabac donne au gouvernement une incitation directe à ne pas faire progresser la santé publique », Nihal Sahu et Vedantha Sai, dans l’International Journal of Constitutional Law du 29 février 2020.

Financements opaques par un oligarque à la morale douteuse

De même, les financements de l’OMS par la Bloomberg Philanthropies Company, qui n’étant pas une fondation ne présente aucune transparence de ses comptes, sont aussi extrêmement problématiques puisque personne ne peut savoir quels intérêts financiers sont ainsi défendus et représentés. Aucun élément financier n’est accessible de manière transparente. D’une part, Michael Bloomberg refuse de publier sa propre déclaration d’impôt, et surtout, d’autre part, il a enregistré sa compagnie « philanthropique » sous le régime de Liability Limited Company (LLC) permettant l’opacité totale sur les comptes.
« Une “LLC philanthropique” peut contourner les règles habituelles en toute légalité. Elle n’est soumise à aucune obligation annuelle de distribution minimum de fonds à des causes caritatives, ni à aucune restriction concernant les délits d’initiés (lorsqu’un donateur doit s’interdire de faire un don qui lui profite directement) », précisent les sociologues Linsey McGoey, Darren Thiel et Robin West de l’Université d’Essex (UK), dans leur article de 2018, Le philanthrocapitalisme et les « crimes des dominants ».
Dans son ouvrage Follow the money, Sarah Reckhow, politologue de l’Université du Michigan, estime que ces nouvelles LLC constituent une évolution antidémocratique de la « philanthropie » en rendant toute recherche indépendante impossible à leur propos. Rien ne permet au public de connaitre les liens financiers, ou leurs absences, de Bloomberg et de ses entreprises avec les différents intérêts économiques sur le sujet. Il est incompréhensible qu’une telle opacité soit acceptée en regard de l’article 5.3 de la CCLAT.

Des financements par une structure économique à but lucratif et totalement opaque financièrement sont incompatibles avec l’exigence de garantir l’indépendance des activités de l’OMS de l’influence d’intérêts nocifs. Par exemple, comment savoir si les choix stratégiques ne visent pas à pervertir un programme en le détournant vers la lutte contre un moyen d’arrêt tabagique pour protéger des intérêts en place ?

Or Bloomberg a déjà privilégié l’intérêt de ses affaires à l’honnêteté et à la vérité par le passé. Bloomberg News a notamment étouffé la révélation d’un scandale de corruption dans l’élite chinoise pour arranger un futur partenariat économique, comme le montre l’affaire révélée en avril par la National Public Radio (NPR).

La poursuite d’affaires de Bloomberg avec des États tabagiques tels que l’Inde, la Thaïlande ou la Chine sont évidentes, bien qu’aucun détail n’est accessible en raison de l’opacité totale de Bloomberg. Le régime de LLC fait que la Bloomberg Philanthropies Company, n’est pas philanthropique. C’est une compagnie qui vend de la philanthropie. Et nul ne peut juger de la qualité du produit en raison de l’opacité totale sur son fonctionnement et son économie.

Au vu des attitudes incohérentes des organisations que Bloomberg finance dans le domaine « anti-tabac », on ne peut pas écarter que l’affairiste les utilise en monnaie d’échange pour arranger ses partenaires économiques, comme cela a été le cas avec la Chine dans le dossier étouffé par son journal du scandale de corruption.

Les violations des droits humains sont-elles bonnes pour la santé ?

Dans sa haine des vapoteurs, les félicitations récurrentes de l’OMS aux violations de droits humains sont ahurissantes. Une publication de Sovape a listé en janvier certaines des mal-conduites de l’OMS sur le sujet. Exactions de la junte militaire en Thaïlande où sévit le Monopole du tabac thaïlandais, menaces du dictateur cinglé Rodrigo Duterte aux Philippines, répression en Inde où 275 millions de consommateurs de nicotine sont forcés à utiliser les produits les plus nocifs, et modèle totalitaire Nord-Coréen bénéficient du soutien de l’OMS.

Une enquête indépendante est nécessaire

Dans ces conditions, une enquête sur les activités et les procédures de décision de l’OMS sur ce dossier est absolument nécessaire pour lever les doutes sur une éventuelle stratégie de manipulation ou d'instrumentalisation, clarifier le niveau de compétences des responsables, et éventuellement donner des balises d’un fonctionnement efficace et honnête à l’institution sur le sujet.

Des chercheurs de l’Université d’Édimbourg ont déjà alerté en 2018 sur le risque de stratégie de « cheval de Troie » au sein d’accord multilatéral concernant la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac. Le dernier épisode de cette nouvelle campagne de l'OMS concrétise cette crainte.
« Les deux organisations [l’OMS et la Banque mondiale] sont financées par une poignée de philanthropies privées et font face à des risques similaires pour une lutte antitabac efficace : réduction de la responsabilisation et de la mobilisation des ressources, mauvaise autorité décisionnelle en raison de l’influence spécifique des donateurs et difficulté de suivi et d’évaluation », souligne l’étude dirigée par le Dr Mitsuru Mukaigawara, publiée par Wellcome Open Research
Une enquête indépendante devrait chercher à déterminer si la direction de l’OMS :
  • viole le principe de réduction des risques de la définition (1.d) de la lutte anti-tabac du texte fondateur de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac
  • a violé la décision de la dernière assemblée (COP8) de la Convention-cadre avec cette campagne assimilant le vapotage au tabac
  • respecte ou au contraire nuit aux politiques anti-tabac de pays membres, notamment du Royaume-Uni ou de la France
  • respecte dans l’élaboration de ses programmes le principe d’indépendance envers les intérêts de l’industrie du tabac, notamment de l’Inde actionnaire des cigarettiers ITC et VST
  • s’assure de l’indépendance et de la probité de ses sources financières, notamment celle de Bloomberg qui est totalement opaque au public
  • examine et analyse avec rigueur et sérieux les études et données scientifiques à disposition, ce qui semble improbable à la lecture des publications de l’OMS sur le sujet
D’autres sujets connexes devraient aussi être éclairés par un tel audit. L’OMS respecte-t-elle le principe médical de ne pas nuire — « primum non nocere » —, en incitant des fumeurs à ne pas arrêter de fumer à l’aide du vapotage ? Le droit à la santé comprend la réduction des risques, ce qui dans la tradition humaniste s’enracine dans le droit individuel à la sauvegarde de sa propre intégrité physique. En incitant à la prohibition ou au maximum d’entraves à l’accès légal du moyen de réduire les risques pour les fumeurs, l’OMS respecte-t-elle encore ce droit humain ? Le soutien à des exactions et répressions violentes de régimes autoritaires contre les usagers de vapotage, en Thaïlande, Inde et Philippines notamment, devrait aussi être examiné.

Il est urgent que les pays démocratiques, soucieux des droits humains et d’approches de santé publique efficaces face au tabagisme, réagissent face à la dérive toxique de l’OMS contre les vapoteurs, et qui, de fait, favorise le tabagisme et les industries bénéficiant de ce fléau sanitaire. La crédibilité des autorités de santé des pays démocratiques est aussi en jeu. Ne pas dénoncer cette campagne outrancière et nocive de l’OMS serait de facto s’en faire complices aux yeux du public concerné. Et la période n'est pas à la confiance aveugle...


mercredi 5 février 2020

Vape: la direction de l'OMS pousse pour la défense du tabac indien et l'agenda électoral de Bloomberg contre la science

Affligeant briefing d'information sur le vapotage hier à la 146e session du Conseil exécutif (EB146) de l'OMS à Genève. Mis à l'agenda par l'Irak, autrement dit par un lobby qui a fait pression sur cette nation convalescente dont le vapotage n'est pas une priorité, le sujet a été introduit par le Dr Tedros, directeur général de l'OMS lui-même. Même si la session n'avait qu'un statut informatif et non décisionnaire, l'orientation voulue par la direction de l'OMS ne laisse pas place au doute. Tedros a repris à son compte les éléments de langage du milliardaire candidat à la Maison Blanche Michael Bloomberg. Le vapotage est toxique et constitue une menace pour les jeunes. "Nous en savons suffisamment pour devoir protéger nos enfants de leurs effets nocifs", résume le Dr Tedros comme ligne politique pour l'OMS. Sans discuter ni de réduction des risques face au tabagisme, ni des travaux scientifiques des organismes indépendants, notamment britanniques.

Ranti Fayokun, l'experte en photomontage

Pour appuyer la ligne anti-vape choisie, le briefing d'information a convoqué Ranti Fayokun comme experte scientifique. Pendant une demi-heure, elle a multiplié les affirmations erronées sur le vapotage, dans un exposé déniant tous les éléments scientifiques sérieux. Après avoir confondu particules fines solides et gouttelettes liquides, elle a assuré que le vapotage dégage plus de formaldéhyde que les cigarettes, sans expliquer que cela est dans des conditions irréalistes qui en rendraient l'usage impossible. Reprenant les études bidonnées comptabilisant les personnes ayant fait des crises cardiaques ou AVC avant de vapoter, elle a affirmé que le vapotage augmente les crises cardiaques, les AVC et "peut aller jusqu'au décès" (!). En illustration pour les délégués, mais non visible sur la diffusion publique de l'OMS, de cette affirmation infondée un montage photo digne du Sun.

Dans une explication passablement obscure, la cadre de l'OMS juge inquiétant que des appareils sont réglables. Je cherche encore la justification sanitaire à cette inquiétude et je n'arrive pas à diagnostiquer autre chose qu'une allergie à la liberté chez l'experte de l'OMS. Cette fois, Ranti Fayokun n'a pas affirmé, comme elle l'avait fait au Sénat des Philippines l'existence de produit de vape pour bébés sur la base de montages photographiques. Mais selon elle, les arômes des liquides sont avant tout destinés à attirer "les enfants". Elle a distribué aux délégués des fioles de 50 mL de liquides de vape achetées à Genève, sans préciser que dans ce format, ils sont forcément vendus sans nicotine.

Dénialisme scientifique

Concernant les personnes qui arrêtent de fumer avec le vapotage, "quel est le préjudice pour ces personnes [ex-fumeurs] d'utiliser le vapotage? (...) Que dira t-on à la famille de leur fils ou fille décédé de l'EVALI?", se demande Ranti Fayokun, alors qu'elle sait que ces pneumopathies sont liées aux produits frelatés à la vitamine E du marché noir du THC. Multipliant les sauts logiques dans sa présentation, elle revient quelques minutes plus tard sur le sujet de l'arrêt tabagique pour affirmer qu'il n'y a pas de preuve que le vapotage aide à arrêter de fumer. L'existence des études britanniques et les millions de témoignages sont simplement niés. On a envie de parler de négationnisme pour qualifier l'exposé de Ranti Fayokun, mais le terme de dénialisme évite une éventuelle polémique inconvenante et hors propos sur la Shoah.


Reprenant les données NYTS sur l'utilisation au moins une fois dans le mois précédent l'enquête du vapotage chez les jeunes, elle ne relève pas que ce ne sont pas des données sur un usage fréquent, qui pourrait être signe de dépendance, et ne précise pas, alors qu'elle a mentionné le savoir auparavant, qu'une large partie n'est pas du vapotage de nicotine. Mais elle affirme qu'ils vont devenir dépendants à la nicotine "et cela aura des conséquences sur leur santé". Sans tenir compte de l'écroulement du tabagisme adolescent corrélé au vapotage.

Ré-écriture de l'histoire?

Elle conclut en reprenant la ligne anti-vape du rapport Mpower de l'OMS, financé par Michael Bloomberg et publié l'été dernier. Présent à la session, Vinayak Prasad, coauteur du rapport et ancien haut-fonctionnaire de l'État indien, a sans surprise appuyé l'appel à la répression du vapotage. Tout comme Tibor Szylagi, coordinateur du Secrétariat de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT).

Celui-ci a fait une sortie troublante selon laquelle la COP7, en 2016 à New Delhi, aurait voté pour recommander aux pays membres "d'interdire ou restreindre le vapotage". C'est la première fois que je vois cette formulation. Jusque-là, les documents de la CCLAT évoquaient la recommandation de "réglementer ou interdire" le vapotage. Étant donné la totale opacité de la CCLAT et de son secrétariat, il est impossible de vérifier cette affirmation.

Les Anglais et les Français doivent-ils continuer de financer cette propagande?

La volonté de l'OMS de placer ce sujet à cette session du Conseil exécutif renvoie évidemment à l'agenda électoral du parrain financier de l'organisme Michael Bloomberg. De son côté, le tabac indien a déjà fait prévaloir ses intérêts en s'appuyant sur le rapport Mpower cosigné par Vinayak Prasad, pour prohiber le vapotage en Inde. Les problèmes profonds de l'OMS sur le sujet, mis en lumière par Sovape, deviennent très préoccupants. Notamment, le hacking des activités anti-tabac de l'OMS par le milliardaire américain et le tabac indien.

Ceci devrait poser la question du positionnement de deux pays grands donateurs à ce domaine de l'OMS (à hauteur de 6% du budget chacun): la France et le Royaume-Uni. Autrement formulé, les contribuables de ces deux pays doivent-ils continuer de subventionner et se faire complices du marketing politique de l'oligarque américain et des intérêts de l'Indian Tobacco Company (ITC Ltd) au détriment de la lutte anti-tabac, du principe de réduction des risques de la CCLAT et des Droits humains?

mercredi 11 septembre 2019

Le Lancet publie une réfutation de la position anti-vape de l'OMS

"La nicotine sans la fumée: combattre l'épidémie tabagique avec la réduction des risques". C'est l'intitulé d'un article de quatre spécialistes de la lutte anti-tabac publié en open-access le 31 août dans le Lancet, revue scientifique pourtant connue pour ses positions conservatrices sur le sujet. Ils contestent avec force argumentation la ligne anti-réduction des risques pour laquelle l'Organisation Mondiale de la santé a opté dans son dernier rapport sponsorisé par le milliardaire Michael Bloomberg. "Le potentiel du vapotage est qu’il combine une efficacité élevée avec une large adoption par le public. Le dernier rapport de l'OMS est une occasion manquée d'adopter l'innovation et d'exploiter le potentiel des solutions de remplacement du tabac à faible risque", déplorent les auteurs.

Chut!

Les médias maintreams, qui avaient pourtant largement diffusé cet été la position anti-vape du rapport Bloomberg de l'OMS, ont black-outé l'argumentaire signé de Robert Beaglehole, professeur émérite de l'Université d'Auckland spécialiste des maladies non-transmissibles, Ben Youdan, de l'organisation anti-tabac Action on Smoking and Health New Zealand (ASH-NZ), Ruth Bonita, professeure d'épidémiologie à l'Université d'Auckland et Clive Bates, ex-directeur de l'Action on Smoking and Heath britannique (ASH-UK).

L'approche Bloomberg de l'OMS est un échec annoncé

"Le dernier rapport de l’OMS sur l’épidémie mondiale de tabagisme souligne l’importance des meilleures aides de sevrage tabagique fondées sur un modèle de traitement médical. Malheureusement, cette approche a eu un impact limité au niveau de la population en raison de sa faible adoption, et contraste avec l'approche beaucoup plus prometteuse du sevrage tabagique dirigée par le consommateur et basée sur des alternatives plus sûres au tabac fumé", soulignent les spécialistes, notant qu'à peine 4 à 5% des tentatives de sevrage brut à la nicotine réussissent. Le produits pharmaceutiques ne font guère mieux et se sont révélées sans impact significatif après plusieurs décennies sur le marché.

"Il est difficile de défendre que le modèle pharmaceutique est la meilleure pratique alors qu'il y a de plus en plus de preuves que les personnes qui utilisent le vapotage pour cesser de fumer ont de meilleurs taux d'arrêt qu'avec les phamacothérapies", arguent les militants anti-tabac, avant de souligner la clef d'une nouvelle approche contre le tabagisme. "L’impact du vapotage sur la santé publique dépendra principalement de la volonté de plus en plus de fumeurs de changer de mode de consommation de nicotine plutôt que d’arrêter complètement de fumer. Le vapotage répond aux besoins de certains anciens fumeurs en substituant des aspects physiques, psychologiques, sociaux, culturels et à l'identité liés à la dépendance au tabac"

Opter pour une politique intelligente avec la réduction des risques

Outil efficace de substitution à la cigarette, l'adoption du vapotage par les fumeurs va dépendre de son accès et de l'information sur la réduction des risques. Les produits de vape réglementés de manière intelligente réduisent d'au moins 95% les risques par rapport à fumer. Des réglementations excessivement strictes, et a fortiori des prohibitions, telles que le recommande le rapport Bloomberg de l'OMS, poussent les usagers vers les cigarettes ou un marché noir de produits de vape hors contrôle. D'où des accidents liés à des produits de vapotage de THC du marché noir survenus aux Etats-Unis après la rédaction de l'article publié dans le Lancet.

"Invoquer le principe de précaution pour empêcher l'utilisation de produits sans fumée est injustifié face au fardeau énorme des produits du tabac fumé, qui sont disponibles de manière omniprésente", préviennent les auteurs, "la réponse politique aux produits sans fumée doit être différente des stratégies de lutte antitabac existantes, qui incluent des augmentations de taxes, des interdictions de la publicité pour les cigarettes et des restrictions en amont de l'offre"

Assimiler la vape au tabac, c'est protéger le bizness des cigarettes

"Au contraire, les priorités politiques pour les produits sans fumée devraient les exempter des taxes d'accise afin de maintenir une incitation fiscale à la permutation; les réguler plutôt que d'en interdire la commercialisation afin de permettre aux produits sans fumée de contester la domination de la cigarette; organiser des campagnes d'éducation du public sur la minimisation des méfaits; ne pas forcer les vapoteurs à partager des zones fumeurs; et encourager l'utilisation de produits sans fumée comme aide à la cessation tabagique", proposent les auteurs en opposition complète avec la ligne pharmaceutique du rapport Bloomberg de l'OMS.

Avant de déplorer en conclusion: "Il est décevant que dans son dernier rapport sur le tabac, l'OMS s'en tient à une orthodoxie dépassée lorsqu'elle pourrait adopter l'innovation. En assimilant les produits sans fumée à la cigarette, elle ne fait que protéger la mainmise du commerce de la cigarette sur les consommateurs mondiaux de nicotine et va annuler le potentiel de stratégies modernes de réduction des méfaits du tabac"

Depuis, le milliardaire Michael Bloomberg vient d'annoncer investir de nouveau 160 millions de dollars pour viser à faire interdire le vapotage, tandis que les cigarettes continueront de répandre goudrons, monoxyde de carbone et les maladies liées dans la population. Et des documents internes du Secrétariat anti-tabac de l'OMS révèlent la préparation d'une grande offensive anti-réduction des risques au niveau mondial à l'occasion de son prochain Sommet anti-tabac en Hollande en 2020.


mardi 25 juin 2019

La Convention-cadre anti-tabac de l'OMS n'a pas eu d'impact sur la consommation mondiale de cigarettes

En 2003, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) édictait la Convention-cadre de lutte anti-tabac (CCLAT ou FCTC en anglais). Des chercheurs canadiens ont analysé, à travers deux types de modélisation, l'impact de cet accord, ratifié par 181 pays, sur ses dix premières années d'existence en relation avec les tendances de consommation de tabac des décennies précédentes. "Aucun changement significatif n'a été constaté dans le taux de diminution de la consommation mondiale de cigarettes après l'adoption de la CCLAT en 2003", conclue l'étude parue en accès libre dans le British Medical Journal (BMJ).

Impact global nul, mais variations entre des régions

Globalement, la tendance d'une lente baisse du nombre de cigarettes consommées par personne s'est maintenue après l'entrée en vigueur de la CCLAT. "Néanmoins, cette conclusion générale nulle masque un écart important entre les tendances observées après 2003 entre les pays à revenu élevé et les pays à revenu faible et intermédiaire, ainsi qu’entre les pays d’Europe et d’Asie", soulignent les chercheurs.

Après une décennie de baisse, la consommation moyenne de cigarettes par les européens était repartie à la hausse sur la deuxième moitié des années 1990'. La signature de la CCLAT en 2003 est concomitante d'un second renversement de tendance. A partir de cette date, l'Europe voit de nouveau le nombre de cigarettes consommées par habitant diminuer. A l'inverse les pays à revenu par habitant faible ou intermédiaire ont connu une augmentation du nombre de cigarettes per capita, notamment en Asie.

Une hypothèse complotiste douteuse

Cette analyse statistique ne permet pas d'établir de rapport de causalité. Pourtant, les chercheurs proposent en conclusion une hypothèse explicative, à vrai dire étrange. La mise en œuvre des politiques de lutte antitabac aurait pu inciter l'industrie du tabac à délaisser son lobbying dans les pays à revenu élevé pour se concentrer sur les pays asiatiques.

Sauf que les Big Tobacco occidentaux - Philip Morris, BAT, Japan Tobacco et Imperial - sont marginaux sur la plupart des grands marchés asiatiques. China Tobacco détient le monopole en Chine, deux firmes locales vendent plus de 80% des cigarettes en Inde (l'Etat détient 36% du capital de la principale ITC), le monopole du tabac sévit en Thaïlande...

L'hypothèse que les auteurs jugent auto-complaisamment "convaincante" ne me parait pas tenir la route. Elle semble pourtant couramment reprise dans le milieu anti-tabac traditionaliste. Une manière de pouvoir continuer de fermer les yeux sur l'instrumentalisation de la lutte anti-tabac d'Etats asiatiques pour protéger leurs industries du tabac face à la concurrence des marques occidentales et par ailleurs du vapotage ?



lundi 20 mai 2019

Le Secrétariat anti-tabac va t-il imposer une déclaration de guerre à la réduction des risques à l'assemblée générale de l'OMS?

Ce matin s'ouvre la 72ème World Health Assembly (WHA) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève. Cette rencontre annuelle est l’organe décisionnel de l’OMS, auquel participent des délégations de tous les États membres pour déterminer les politiques de l'Organisation. On comprend l'importance des enjeux qui peuvent se jouer là pour les grandes orientations de l'OMS. Cela éclaire la tentative lancée par le Secrétariat de la Convention cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT ou FCTC en anglais). Celui-ci propose de faire passer un texte qui déclare la guerre à la réduction des risques, pourtant présent dans son texte fondateur et principe fondamental des organisations de l'ONU. INNCO, le réseau international des organisation de consommateurs de produits nicotinés à risque réduit, alerte ce matin sur cette tentative de coup de force du Secrétariat de la CCLAT.

Dernier coup de force

Alors qu'elle va devoir prochainement céder sa place, Vera da Costa, la Secrétaire générale brésilienne de la CCLAT, veut imposer de mettre en "priorité" la lutte contre les nouveaux produits de réduction des risques tabagiques. Cette déclaration de guerre à la réduction des risques se trouve au point 7 du texte de la CCLAT soumis à l'approbation de la World Health Assembly. Il vise les produits de tabac chauffé. Mais, bien que le dernier sommet de la CCLAT, à Genève en octobre 2018, a clairement rejeté l'assimilation du vapotage aux produits du tabac, le Secrétariat use de formules assez alambiquées pour laisser planer le doute sur le sort du vapotage dans la suite de cette nouvelle guerre aux produits à risque réduit qu'elle veut déclarer.  

Ce qui ne laisse pas de place aux doutes, c'est la volonté du Secrétariat de la CCLAT de violer ouvertement son propre principe d'incorporer "des stratégies de réduction des risques" défini dans son texte fondateur à l'article 1 d). En somme, la poignée de bureaucrates détenant le pouvoir exécutif de la CCLAT veut abandonner la lutte contre les méfaits du tabagisme pour déclarer une guerre aux fumeurs, y compris contre ceux qui arrêtent de fumer avec des produits à risque réduit. 


La lucrative guerre à la réduction des risques

L'absurdité parait totale, si on ne tient pas compte de leur lucratif cheval de bataille des taxes sur le tabac et du manque à gagner résultant de l'effondrement du tabagisme enclenchée par l'essor du vapotage dans certains pays ces dernières années. Partout où les appels à la guerre aux vapoteurs du Secrétariat anti-tabac de l'OMS ont été suivi, le tabagisme s'est maintenu. De la Thaïlande, où la junte militaire détient le monopole du tabac, à la Corée du Nord, en passant par les Etats indiens producteurs de tabac comme le Karnataka, ou encore dans le régime despotique de Turquie

A l'opposé, la Suède connait le taux de fumeurs et les taux de cancer liés au tabagisme les plus bas d'Europe, grâce à l'adoption par les 3/4 des consommateurs du produit de tabac à risque réduit qu'est le Snus. L'Angleterre a vu son taux de fumeurs dégringoler de plus de 20% à moins de 15% depuis l'essor du vapotage en 2011. L'Islande a réduit de moitié son tabagisme depuis 2014 avec l'essor du vapotage. Les ventes de cigarettes aux Etats-Unis chutent si vite, que les actions des cigarettiers ont dévissé de 30 à 50% en 2018...

La résistance des usagers et des défenseurs de la santé publique

Avant le dernier sommet de la CCLAT l'an passé à Genève, 72 experts de santé publique avaient pris leur plume pour tenter de ramener à la raison le Secrétariat de l'organe anti-tabac de l'OMS. Une partie des demandes des experts ont été entendu par les parties membres, qui ont rejeté la tentative d'assimiler le vapotage au tabac. Mais force est de constater que la direction exécutive entend toujours déclarer la guerre au public concerné, synonyme de budgets de lutte, plutôt que de chercher des solutions efficaces, synonyme de perte de rentrées fiscales.

Dans cette dérive à la fois malsaine et autoritaire, la voix des usagers est violemment exclue par la poignée de bureaucrates régnant sur le Secrétariat anti-tabac de l'OMS. Lors du sommet à Genève l'an passé, il était allé jusqu'à censurer les images censées être diffusées publiquement lors de l'exclusion des représentants d'INNCO. Un nombre effrayant de violations de droits fondamentaux avaient été constatées par des observateurs, dont des représentants des associations francophones d'usagers (dont moi-même), sans que les grands médias ne s'en fassent l'écho. 

Le silence des médias de l'empire Bloomberg

Ceux-ci tenus à l'écart des débats semblent résignés à la communication soviétique des organes dirigeants de la CCLAT. Cela va t-il se reproduire cette semaine durant la World Health Assembly ? La présence d'autres organes de l'OMS cultivant des approches plus respectueuses des populations laissent un maigre espoir d'une communication plus ouverte et de défense des principes des droits fondamentaux, dont celui de préserver sa santé avec les moyens de réduction des risques. Mais sans réaction, le Secrétariat de la CCLAT risque bien de faire passer sa déclaration scellant la guerre contre les usagers de produits à risque réduit...

édité à 14h20: petites modifications concernant le focus sur les produits de tabac chauffé du texte du Secrétariat de la CCLAT (et quelques fautes de français corrigées). Merci à Claude ;)

vendredi 24 novembre 2017

"Les vapoteurs devront se mettre à fumer": le Gouvernement Indonésien suit la logique de l'OMS


Cette fois, c'est l'Indonésie. Les pays asiatiques criminalisent les uns après les autres le vapotage. Depuis l'appel publié mi-septembre de Jagdish Kaur, cadre de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), à appliquer les modèles Nord-Coréen et Thaïlandais contre l'usage du vapotage, les gouvernements autoritaires s'y engouffrent les uns après les autres. "Nous allons les arrêter. De cette façon, les vapoteurs devront se mettre à fumer des cigarettes", explique Enggartiasto Lukita, Ministre du commerce indonésien, au journal local Kompas. Il a annoncé la semaine dernière avoir signé le nouveau règlement contre l'importation de liquides de vapotage en Indonésie.

Edition du titre et photo le 30.11.2017, en raison du fait que l'Indonésie n'a pas ratifié la Convention anti-tabac de l'OMS.

Prohibition de facto

Les autorisations administratives exigées désormais sont quasiment impossibles à obtenir, selon le Ministre lui-même. "Les produits de vapotage ne peuvent être distribués ou importés qu'avec des autorisations du Ministère de la santé, de l'Administration de l'alimentation et des médicaments (BPOM), du Ministère de l'industrie et du Conseil national des normes (SNI). C'est très long pour les obtenir, 20 à 30 ans ne suffisent pas toujours", déclare le Ministre à Kompas.

"Le gouvernement indonésien semble encore une fois mettre les intérêts économiques avant les intérêts de la santé en matière de tabac", déplore le site Coconuts basé à Jakarta. Près de 300'000 indonésiens meurent prématurément de maladies liées au tabagisme chaque année selon les estimations de santé publique. Le pays détient un des plus fort taux de tabagisme au monde avec plus de 60% de fumeurs chez les hommes. Pour sa part, le Ministre du commerce estime que le vapotage rapporte moins à l'économie que la vente de tabac, produit par des paysans locaux. 

La politique contre la santé de l'OMS

[édité] L'OMS appelle à criminaliser le vapotage et les vapoteurs selon les modèles Nord-Coréen et Thaïlandais, deux pays qui répriment le vapotage, notamment en incarcérant les usagers. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national", exige  Jagdish Kaur, cadre de l'OMS Asie, le 15 septembre dans Indian Journal of Public Health. Il devient très difficilement compréhensible comment des démocraties peuvent soutenir par leur silence et leur financement cette politique violant les droits humains, y compris celui de protéger sa santé avec des moyens de réduction des risques.


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