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jeudi 20 septembre 2018

Le THR Summit de Barcelone offre une tribune aux scientifiques sur la réduction des risques avec le vapotage

Hier, le premier Sommet espagnol sur la réduction des risques liés au tabac se tenait à Barcelone. Le Tobacco Harm Reduction Summit (THR) organisé par Anesvap, association des usagers de vape en Espagne, accueillait treize chercheurs de pointe internationaux, dont la Pr Linda Bauld, le Pr Riccardo Polosa, le Dr Konstantinos Farsalinos et le scientifique Jacques le Houezec. Le temps d'être traitées, les vidéos des présentations en bonne qualité devraient être prochainement mises en ligne.

Du côté des intervenants espagnols, Ángel González Ureña, directeur du département de recherche moléculaire de l’Université de Madrid, a créé la sensation en présentant les résultats de ses recherches sur les effets du vapotage pour l'entourage. Selon les mesures du chercheur, les personnes situées à proximité d'un vapoteur inhalent une dose de nicotine plus de cent fois moindre que celles à proximité d'un fumeur. "Ces taux sont insignifiants et écartent la thèse de l'existence d'un vapotage passif", explique Ángel González Ureña à la revue médicale Gaceta Médica.

La vape pour les fumeurs atteints de BPCO

Autre étude originale récente présentée à ce Sommet, celle du Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania. Il suit des fumeurs atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). On estime que 9 malades de BPCO sur dix en sont atteints à cause de leur tabagisme. Et, phénomène qui peut sembler paradoxal, ils ont encore plus de difficultés à arrêter la cigarette que les autres fumeurs. Explorer une voie de réduction des risques, comme celle du vapotage, apparaît donc potentiellement des plus intéressants. Et les résultats du suivi de 44 malades sur trois ans, publié fin août dans l'International Journal of Chronic Obstructive Pulmonary Disease, sont prometteurs. 

Après trois ans, les 22 patients atteints de BPCO ayant tenté d'utiliser le vapotage avaient réduit en moyenne par dix leur consommation de cigarettes, passant de 22 cigarettes à 2 par jour. Parmi les treize ayant cessé de fumer, un participant a rechuté momentanément durant les trois ans du suivi. Plus significatif encore, les tests d'évaluations de leur santé respiratoire montrent une amélioration des symptômes de la BPCO. En moyenne, les patients utilisant le vapotage avaient moins d'infections et moins de crises au niveau respiratoire. Ils relatent aussi une sensation d'amélioration de leur état, grâce à l'arrêt ou la très forte réduction de leur tabagisme à l'aide du vapotage.

L'exemple anglais de santé publique

Le Sommet a également été l'occasion de discuter de l'apport de l'approche de réduction des risques en terme de politique de santé publique. "Le vapotage réduit les taux de tabagisme dans de nombreux pays, en particulier ceux qui l’incluent dans leurs stratégies antitabac comme le Royaume-Uni", souligne la Dr Carmen Escrig, spécialiste de biologie moléculaire à l’Université Autonome de Madrid. Pourtant, aucune organisation traditionnelle locale de lutte contre le tabagisme n'a assisté aux conférences. "Nous avons une méthode qui fonctionne contre le tabagisme et l'Espagne regarde de l'autre côté", déplore la Dr Carmen Escrig, aussi coordinatrice de l'association médicale MOVE.

Louise Ross, ex-directrice du Stop Smoking Service de Leicester, témoigne de l'intérêt et de l'efficacité du vapotage intégré à l'aide à l'arrêt tabagique. Avec une moyenne de plus de 60% de réussites, le nombre de tentatives avec le vapotage n'a cessé d'augmenter en quatre ans au centre stop-tabac. La sortie massive du tabagisme de plus de 2,3 millions de fumeurs adultes britanniques à l'aide du vapotage n’entraîne pas d'effet pervers sur la jeunesse. La grande peur entretenue dans les médias n'a pas de réalité. L'exposé de la Pr Linda Bauld, de l'Université de Stirling, confirme l'absence "d'effet passerelle" du vapotage vers le tabagisme chez les jeunes britanniques.


Travail de terrain en climat hostile

Mais hors du Royaume-Uni, les autorités de santé restent rétives, si ce n'est hostiles au vapotage. En France, Jacques le Houezec a opté pour former les magasins de vape, devenus la première ligne de lutte anti-tabac. Plus d'un tiers des participants au Mois Sans Tabac recourt au vapotage pour tenter l'arrêt tabagique, expliquait François Bourdillon, directeur de Santé Publique France, devant la caméra de France 5 en mai dernier. Pour autant, aucune aide significative n'a été déployée par les services publiques pour les soutenir. Tentant de compenser les lacunes des services de santé, Jacques le Houezec parcourt le pays pour dispenser une formation aux vendeurs de vape visant spécifiquement l'aide à l'arrêt tabagique. 

En Espagne, le vapotage avait été foudroyé en 2014 en plein envol par une fake news alarmiste sur un cas de pneumonie lipidique qui lui a été attribué sans raison. Une information sans plausibilité médicale alors que les composants des liquides de vapotage ne sont pas des lipides mais des di-alcools, rappelle le Dr Konstantinos Farsalinos. Au-delà de cet exemple local, la désinformation est devenue un peu partout l'arme massivement utilisée pour créer le doute et maintenir les fumeurs dans le tabagisme face à l'apparition du vapotage. Au moment même où les opioïdes synthétiques ravagent les Etats-Unis, la responsabilité de la communauté scientifique est ici aussi flagrante dans cette nuisance de santé publique. 

Défendre des vies humaines 

A défaut du soutien des organisations anti-tabac en Espagne, les vapoteurs y ont cultivé une solide faculté de résilience. Près de 70% des vapoteurs espagnols ont arrêté de fumer. Rompu à un climat encore plus adverse dans la prohibitionniste Australie, le Dr Attila Danko, de l'association New Nicotine Alliance, reste résolument optimiste pour les défenseurs du droit à la réduction des risques, rapporte le site italien Sig Magazine. "Nous allons gagné parce que nous nous battons pour des vies humaines, et non pas pour protéger nos croyances idéologiques".

Plus sobre dans la forme, la Dr Carmen Escrig exprime aussi cet espoir malgré l'absence de curiosité des organisations anti-tabac locales. "Il est dommage que certaines des principales sociétés scientifiques soient aspirées par l'alarmisme au lieu de participer à un congrès qui a eu la volonté de débattre sous un angle éminemment scientifique et indépendant. Le vapotage est un phénomène qui peut sauver la vie de millions de fumeurs. La communauté médicale et scientifique ne peut plus leur tourner le dos".


vendredi 10 août 2018

[Bref] Le parlement Philippin demande l'intégration de la réduction des risques dans la politique anti-tabac

"La Chambre des Représentants a adopté à l'unanimité une résolution exhortant le Ministère de la Santé à promouvoir des mesures de réduction des risques, notamment l'utilisation du vapotage, dans le cadre de sa stratégie nationale de lutte antitabac". L'information du Manilla Standard est aussi réjouissante qu'inattendue. Jusque-là, Paulyn Ubial, Secrétaire d'Etat à la santé, surfait sur une des pires politiques anti réduction des risques au monde pour soutenir la répression du vapotage. Le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n'a d'ailleurs pas ménagé ses efforts pour faire pression sur elle en ce sens. Un des enjeux commerciaux de l'opération étant de faire des Philippines le pays test des détecteurs de nicotine de l'Université privée de Dartmouth. Un marché potentiel en milliards si le produit était imposé au monde entier.

Promouvoir la réduction des risques

La résolution des députés philippins tranche avec cette politique dogmatique de la Ministre de la santé. "Il est clair que le vapotage est beaucoup moins nocif que le tabagisme et qu'il aide beaucoup de personnes à cesser de fumer. Différentes approches peuvent être adaptées à différents contextes, mais il faut prendre en compte les données scientifiques et clairement distinguer vapoter de fumer", explique la résolution des députés Anthony Bravo, du Coop-Nattco Party, et Jose Tejada, du North Cotabato. Le texte s'appuie notamment sur les travaux du Public Health England dirigé par le Pr Kevin Fenton et le constat de la chute du tabagisme au Royaume-Uni grâce à cette stratégie. 

Autre référence citée par les parlementaires, le Dr Konstantinos Farsalinos qui avait fait le déplacement aux Philippines pour expliquer la problématique en 2017. "La résolution souligne le commentaire du Dr Farsalinos selon lequel un cadre réglementaire approprié pour le vapotage est important pour garantir la qualité des produits; promouvoir les produits de réduction des méfaits uniquement auprès des populations visées (c.-à-d. les fumeurs et les anciens fumeurs); maintenir un avantage concurrentiel pour les produits de réduction des risques par rapport au tabagisme (prix, disponibilité, accessibilité); et promouvoir la recherche pour surveiller l'utilisation de la population et développer de meilleurs produits (encore plus sûrs)", résume le Manilla Standard.

La résolution sera t-elle appliquée par le Ministère de la santé ?

La résolution sera t-elle suivie d'effet? Cela dépend du respect du message des députés par le Ministère de la santé. Celui-ci n'a pas encore réagit au vote, contrairement aux usagers. "Nous remercions nos législateurs d’avoir gardé l’esprit ouvert face au corpus croissant de preuves scientifiques en faveur de l’utilisation du vapotage comme alternative nettement moins nocive aux cigarettes classiques. Nous exhortons le Ministère de la santé (DoH) à faire de même et à sauver des vies", déclare Peter Paul Dator, président de l'association The Vapers Philippines, au quotidien philippin.

Du côté des professionnels de la branche, Joey Dulay, président de l'Association philippine de l'industrie indépendante de la cigarette électronique (PECIAI), espère aussi: "En adoptant à l'unanimité la résolution, la Chambre des représentants envoie un message fort au Ministère de la santé (DoH) pour abandonner sa croyance erronée dans le "quit or die" [arrête ou crève] comme seule alternative pour les fumeurs et, à la place, de suivre l'exemple du Royaume-Uni et d'autres pays qui ont adopté la réduction des risques dans le cadre de leurs stratégies de lutte antitabac".

lundi 2 juillet 2018

[Bref] Le 1er Sommet de la vape espagnol le 19 septembre à Barcelone

Elles en rêvaient depuis cinq ans. Anesvap, l'association espagnole des vapoteurs, et M.O.V.E., l'organisation médicale soutenant le vapotage, organisent le premier sommet de la vape hispanique le 19 septembre à Barcelone. "Pour la première fois dans notre pays, se réuniront les plus grands experts de la science mondiale sur la réduction des risques grâce au vapotage afin de présenter les faits à la société, aux autorités sanitaires,  politiciens et médecins, associations médicales et médias espagnols", annonce le site d'Anesvap. Au programme,  le Dr Konstantinos Farsalinos, le Pr Riccardo Polosa, le Pr Gerry Stimson, la Pr Linda Bauld, le Pr Bernd Mayer, le Dr Attila Danko, le Pr Miguel de la Guardia et le scientifique français Jacques Le Houezec ont déjà confirmé leur venue. "Très bientôt, le site officiel du congrès sera lancé, où vous trouverez toutes les informations à ce sujet", précise l'annonce. L'événement sera entièrement autofinancé par les associations. Elles lancent un appel aux dons, toute aide est bienvenue.


mardi 19 juin 2018

Repenser la nicotine: plus de 500 experts, usagers et professionnels dialoguent au Global Forum on Nicotine 2018

Après cinq éditions, le Global Forum on Nicotine (GFN) est devenu le rendez-vous incontournable sur la question de la réduction des risques liés au tabagisme. Plus de cinq cents experts scientifiques, professionnels de santé, usagers du vapotage et de snus, ainsi que des représentants de firmes d'une soixantaine de pays ont dialogué du 14 au 16 juin à Varsovie. Fil conducteur des interventions, dont les vidéos seront mises sur Youtube sous peu, de ces trois jours intenses: repenser la nicotine.

Repenser la manière de la consommer en premier lieu évidemment. "De toute évidence, l'usage du tabac est extrêmement dangereux pour la santé, et il devrait y avoir un soutien et une intervention disponibles pour aider les gens à adopter des moyens moins risqués d'utiliser de la nicotine", explique la Dr Caitlin Notley, de l'Université d'East Anglia. Mais aussi repenser la place et la considération sociales à propos de l'usage de nicotine, poursuit la maître de conférence en santé mentale. "Pour le bien de la santé publique, nous devons promouvoir des discours positifs sur l'usage récréatif de la nicotine afin de promouvoir des alternatives moins nocives au tabagisme".

Éliminer la fumée

L'enjeu de santé publique est énorme. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime à près de 7 millions de morts prématurés le bilan annuel des maladies provoquées par les cigarettes. "La réduction des méfaits du tabac est comparable à l'élimination de la variole en termes d'impact sur la santé publique. Tout dépend de savoir si les politiciens saisiront l'occasion", explique le Pr David Sweanor, de l'Université d’Ottawa.

Le Dr Colin Mendelsohn, de l'Université de New South Wales, fait face à l'incompréhension des autorités australiennes devant cette opportunité. "Ce que réalise le vapotage est qu'il supprime les dommages provoqués par le tabagisme. Vous enlevez le mal en enlevant la fumée. Ce qui tue les gens, c'est la fumée. La nicotine est relativement inoffensive. C'est ce à quoi les gens s'adonnent, mais les effets sur la santé sont relativement mineurs", insiste le membre de l'Association pour la réduction des risques tabagiques en Australie (ATHRA).

Repenser le plaisir

Sarah Jakes de la New Nicotine Alliance NNA UK
Mais promouvoir des modes de consommation à dommage minime ne fait-il pas courir le risque d'attirer de nouveaux consommateurs de nicotine ? "Souvent, les gens sont tellement obsédés par le concept que les fumeurs ne sont rien de plus que les pitoyables victimes d'une industrie maléfique [ndr. du tabac], qu'ils ne peuvent pas envisager que des gens peuvent profiter de l'utilisation de la nicotine", pointe Sarah Jakes, porte-parole de la New Nicotine Alliance (NNA UK) et vapoteuse elle-même. Alors que le vapotage et le snus permettent aux usagers de remettre la main sur leur consommation, le plaisir de la nicotine reste tabou pour une large partie du domaine de la santé. 

"Michael Russell pensait que de nouveaux produits à base de nicotine pouvaient se substituer à long terme au tabac fumé. Pour que cela se produise, ils devaient être «aussi savoureux et acceptables que possible». Un autre mot pour cela est "agréable". Mike a dit cela il y a 27 ans et pourtant les vapoteurs se retrouvent encore aujourd'hui face à une opposition moralisatrice à leur utilisation continue d'un produit légèrement addictif, inoffensif et finalement agréable. Un produit qui, pour beaucoup, sinon la plupart, a amélioré leur santé et prolongé leur vie", insiste Sarah Jakes.

Plaisir et vertu

Frances Thirlway - Claude Bamberger (Aiduce) et moiRepenser la nicotine semble donc impliquer aussi de repenser les rapports de pouvoir et de domination de certaines autorités à vouloir imposer et régir des habitudes de vies par rejet du plaisir. Un plaisir ressenti par les usagers dont on peut se demander s'il n'aurait pas pour origine des vertus de la nicotine. Le Pr Paul Newhouse a présenté une série de recherches extrêmement intéressantes sur les effets psychiques bénéfiques de la nicotine pour la mémoire, la concentration... Potentiellement, la molécule pourrait avoir un rôle thérapeutique pour certaines affections comme la dépression, les maladies d'Alzheimer et de Parkinson...

En éliminant l'essentiel des toxiques liés à la combustion des cigarettes, le vapotage offre un moyen non seulement de sortir du tabagisme, mais donc aussi de continuer de bénéficier de la consommation de nicotine. Un autre mode avait déjà émergé au début des années 1970', et mis sur le marché après une décennie de lutte contre ceux-ci par les tenants de l'abstinence totale: les gommes nicotinées. Mais cette opposition a inhibé le développement de l'efficacité par le plaisir du produit. "Les substituts nicotiniques pharmaceutiques ont, par exemple, environ 5% de taux de réussite, c'est-à-dire 95% d'échecs", déplore Gerry Stimson, Professeur honoraire à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, spécialiste des sciences sociales en santé publique et organisateur du GFN. 

Cigarettiers prêts à devenir non-fumeurs ?

Plus efficace et entraînant, le vapotage rogne des parts de marchés aux cigarettiers depuis 2010. Après l'avoir méprisé, ils s’intéressent désormais au secteur. En marge du GFN, quelques stands présentaient leurs produits à risque réduit. Présents également dans l'auditoire à l'écoute des recherches et des quelques interventions d'usagers. Sur scène aussi avec des présentations plus ou moins convaincantes sur leur démarche. Le dialogue est ouvert. Reste à voir si les cigarettiers ont la capacité de se tenir à leur déclaration de bonne intention et de se transformer en non-fumeurs. ...

Agir avant des millions de morts supplémentaires

Du coté du monde de la santé aussi, le vapotage bouscule le vieux modèle confortable pro-abstinence, qui avait l'habitude de reporter ses échecs de santé publique sur le dos des fumeurs et des cigarettiers. Dans son allocution d'ouverture, le Dr Joe Kosterich sonne le réveil. Les preuves de l'impact terrible du tabagisme sont là et les connaissances sur l'ampleur de la réduction des dommages par le vapotage sont suffisantes pour aller de l'avant. "Si nous attendons 20 ans pour découvrir et faire les études épidémiologiques, beaucoup de personnes seront mortes inutilement. Avons-nous besoin d'une preuve absolue pour quelque chose de vraiment évident maintenant ... Les gens vont perdre des années de leur vie, et les gens vont mourir pendant que nous attendons", presse le médecin généraliste australien.

"Il est contraire à l'éthique de priver les fumeurs d'une option supplémentaire pour arrêter leur habitude de fumer", renchérit le Dr Konstantinos Farsalinos, fameux cardiologue grec. Au travers des débats, un écart béant apparait entre les évidences de terrain et les connaissances d'une part, et de l'autre l'avis des autorités sanitaires déconnectées, dont notamment le bureau dirigeant anti-tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Tandis que les quelques représentants de cigarettiers semblent tenter avec hésitations de rattraper une machine à vapeur déjà bien lancée. 

# # # #

Hit-parade des politiques de réduction des risques avec le vapotage:

L'OMS et la junte militaire thaïlandaise, détentrice du Monopole du tabac, ont un partenariat
Un petit sondage parmi les participants a listé les pays les plus hostiles à une politique offrant la possibilité au public de sortir du tabagisme à l'aide du vapotage et, en contraste, ceux les plus amicaux à la réduction des risques pour la consommation de nicotine.

Junte militaire, monopole d'Etat de vente de tabac et partenaire privilégié du bureau anti-tabac de l'OMS : la Thaïlande a "gagné" le titre de pire pays du domaine, devant l'Australie et l'Inde.

Plus positivement, le Royaume-Uni a été salué du titre de pays le plus bienveillant pour les vapoteurs, devant l'Allemagne et la France. "Le gouvernement du Royaume-Uni a connu le changement de cœur le plus remarquable en matière de vapotage. Il y a quatre ans, il envisageait d'interdire le vapotage. Aujourd'hui, le Royaume-Uni compte trois millions de vapoteurs, ce qui accélère le déclin du tabagisme chez les Britanniques", commente Gerry Stimson.

Il est probable que le peu de relief médiatique de certaines situations a laissé de coté des pays. Du côté négatif, on peut penser à la situation en Tunisie, où le monopole du tabac sur la distribution du vapotage laisse les usagers démunit. A l'opposé, la fantastique chute en trois ans de près de 40% du tabagisme en Islande avec l'engouement pour le vapotage mérite les honneurs.

La vidéo en anglais d'un débat 'Repenser la nicotine':




lundi 11 juin 2018

USA: le tabagisme adolescent continue de s'écrouler en 2017, tandis que le vapotage fréquent est minime selon les données de 2015

National Youth Tobacco Survey 2005 - 2017
Depuis 2011, le tabagisme adolescent a chuté de plus de moitié aux Etats-Unis. En 2017, les lycéens sont 7,6% à avoir fumé, ne serait-ce qu'une bouffée, dans les trente jours précédents l'enquête National Youth Tobacco Survey (NYTS), contre 16% six ans auparavant. Dans la même période, le vapotage, selon un critère équivalent d'usage, a pris son envol passant de moins de 2% en 2011 à 11,7% l'an passé. Mais contrairement à ce que l'hystérie médiatique contre la vaporette Juul laissait croire, ce taux est stable par rapport à 2016 (11,4%) et même nettement inférieur aux 15,8% de 2015. "Mais où sont donc passé les ados 'juulers' ?", ironise le site Vaping 360 à la lecture du rapport du Center of Disease Control (CDC) sur l'enquête NYTS. Chez les collégiens aussi, le tabagisme continue de chuter avec seulement 2,1% qui déclarent avoir fumé dans les trente jours précédents l'enquête. Tandis que le vapotage dans les trente derniers jours diminue à 3,3% en 2017, contre 4,3% en 2016. 

Présentation étrangement anxiogène

Cependant, la manière de présenter les résultats du CDC étonne. Puisque l'organisme non seulement assimile le fait de vapoter, y compris sans nicotine, à du tabagisme. Mais il prend surtout pour critère de fumer et de vapoter "couramment", la prise ne serait-ce qu'une bouffée dans les trente jours précédents l'enquête devenant ainsi, l'une ou l'autre, du tabagisme caractérisé. De plus, le CDC présente ses résultats en extrapolant les pourcentages de déclarations de son échantillon en nombres de jeunes à l'échelle nationale. Or, contrairement à ce qui est écrit dans son communiqué, le CDC n'a pas interrogé les "3,6 millions d'élève des collèges (middle school) et lycées (high school) qui déclarent être usagers courants de produits du tabac, y compris de produits de vapotage". En réalité, l'enquête porte sur un échantillon de 17'872 élèves en 2017. La sociologue canadienne Amelia Howard, de l'Université de Waterloo, a relevé cette incongruité dans une série de tweets.

1,7% de vapotage fréquent en 2015

Une présentation plus claire et honnête serait probablement moins anxiogène pour le public. Notamment sur le chapitre du vapotage, où des usages très différents sont masqués derrière le chiffre présenté de vapotage dans les trente derniers jours. Pourtant. ces données sont collectées par l'enquête NYTS. Sur celle de 2015, au moment du pic de consommation de vape annoncé par le CDC, une analyse plus détaillée des données, menée par le Dr Konstantinos Farsalinos, les Prs Riccardo Polosa et Venera Tomaselli, montre que seuls 1,1% des adolescents vapotaient au quotidien, 0,6% fréquemment (entre 20 et 30 fois dans le mois) et encore 1,1% entre 10 et 19 fois dans le mois. L'étude, en voie de publication dans l'American Journal of Preventive Medicine (AJPM), met aussi en relief que ce vapotage fréquent est très largement le fait de fumeurs ou ex-fumeurs.

K. Farsalinos, R. Polosa, V. Tomaselli dans American Journal of Preventive Medicine juin 2018

"Un non-fumeur qui essaie une seule bouffée de vape est massivement différent d'un vapotage quotidien. L'utilisation chaque jour, peut être potentiellement un problème, une seule bouffée est probablement juste de la curiosité et mérite à peine d'être mentionnée", souligne Lee Johnson, journaliste spécialisé du domaine, dans son compte-rendu de l'analyse. Parmi les lycéens n'ayant jamais fumé, seuls 0,3% vapotaient fréquemment. "Bien que l'augmentation récente de l'utilisation du vapotage à 30 jours chez les jeunes américains suscite des préoccupations raisonnables, les données présentées ici montrent que la majorité de cette consommation de vapotage est expérimentale ou peu fréquente, alors que l'utilisation régulière est minime chez les non-fumeurs", conclue l'étude publiée dans l'AJPM.

American Journal of Prventive Medicine juin 2018

Une vérité dérangeante pour le CDC

Lee Johnson pointe le problème de catégorisation des autorités américaines. "Le choix du CDC de définir "l'utilisation courante" comme tout vapotage au cours du mois passé, en ignorant complètement la fréquence d'utilisation, a contribué à beaucoup de confusion autour du sujet. Le vapotage est souvent dépeint comme une épidémie de toxicomanie et de comportements compulsifs, mais les données montrent qu'il s'agit principalement d'une épidémie d'expérimentation - mis à part dans le groupe à qui il bénéficie: les fumeurs réguliers", avant d'insister: "La vérité dérangeante pour le CDC est que si la plupart des vapoteurs réguliers sont des fumeurs et des ex-fumeurs - et c'est le cas - la hausse du vapotage peut être une bonne chose pour les adolescents de la même manière que cela l'est pour les adultes. Le vapotage est un allié de la santé publique, que la santé publique choisisse de l'accepter ou non".

lundi 21 mai 2018

Vapecon 2018: brefs retours sur les débats et des infos suisses sorties à l'occasion

Le Dr Reto Auer et le Pr Riccardo Polosa
Ce week-end s'est tenue la Vapecon au Palais des Congrès de Bienne. Le salon, plus petit que ses grands frères Vapexpo français ou Vapitaly, accueillait des conférenciers scientifiques de premier plan le samedi, tandis que le dimanche était réservé à une discussion sur la nouvelle situation post-prohibition en Suisse. Brefs retours malgré que j'y ai égaré mon bloc notes...

Le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania et membre de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF), a présenté un ensemble de recherches sur les effets du vapotage. Les arrêts de la cigarette suivi d'une amélioration des problèmes respiratoires, y compris pour des personnes souffrant d'asthme, font partie des effets les plus saillants. Le Pr Konstantinos Farsalinos, de l'Université de Patras, a pour sa part décrypté les biais ou erreurs manifestes d'une série d'études alarmistes sur le vapotage. Erreur méthodologiques, dont celle des vaporettes poussées bien au-delà de la puissance d'utilisation prévue et courant pour le modèle de l'étude, ou énigmes sur la manière dont les résultats irréalistes ont été obtenus, étaient au menu d'un échantillon d'études erronées assez inquiétant concernant la qualité des publications scientifiques.

Une étude sur le sevrage à l'aide de la vape en Suisse

Pour sa part, le Pr Reto Auer, de l'Université de Berne, a présenté le projet d'étude clinique ESTxENDS (Efficacy, Safety and Toxicology on Electronic Nicotine Delivery Systems) qui va débuter dans les semaines à venir en Suisse. Plus de 1'200 fumeurs désirant arrêter de fumer vont être suivis, les uns utilisant des vaporettes et des liquides nicotinés en plus de conseils d'arrêt tabagique, les autres avec les seuls conseils, sur six mois. Des mesures toxicologiques évalueront l'évolution des niveaux de toxines présentes chez les participants au long de l'étude. [édité 24.05.2018] En teasing, on peut annoncer que plus de détails seront présentés dans un article pour le très prochain numéro du Bulletin de Sovape, auquel vous pouvez vous abonner gratuitement.

Sur nos monts

Le dimanche était consacré à la situation Suisse avec les représentants romands et suisse-allemands de la SVTA, l'organisation des professionnels de la vape, et de Helvetic Vape, l'association des usagers, modéré par Phil Scheck, le fameux revieweur Youtube. De part et d'autre, on se réjouit de l'abolition de la prohibition illégale de vente des liquides nicotinés après neuf ans de régime sec en Suisse. Pour autant, les contours de cette légalisation forcée par la justice ne sont pas encore clairs, l'administration n'ayant visiblement pas compris, ou n'ayant pas envie de comprendre, les termes même du jugement. 

Jugement avec effet immédiat pas encore appliqué !

Phil Scheck, Marc Szeemann, Olivier Théraulaz, Stefan Meile, Nicolas Michel
Bien que le verdict rendu le 24 avril s'applique avec effet immédiat, aucune directive ne semble encore avoir été donnée aux douanes qui ont bloqué certains colis de liquides nicotinés pour des professionnels, d'après des témoignages recueillis par la SVTA. Olivier Théraulaz, le président d'Helvetic Vape, a annoncé l'envoi imminent d'une lettre à l'administration pour avoir des précisions explicites concernant les dispositions prises pour respecter le rendu de justice. Les galimatias publiés sur le site de l'OSAV étant au mieux n'importe quoi, tant au niveau légal que sur les explications techniques qui frisent le ridicule [message aux débutants: ATTENTION, pour éviter un accident, ne suivez surtout pas les indications techniques des sites de l'OSAV et de l'OFSP !].

Une opportunité et un défi

Même si les détails adminsitratifs ne sont pas éclaircis, Nicolas Michel de la SVTA voit dans la légalité de vente des liquides nicotinés une opportunité de développement pour la vape mais aussi un défi pour les boutiques spécialisées dans le nouvel environnement qui va se mettre en place. Pour le vendeur lausannois, se reposer sur la niche commerciale des vapoteurs déjà convertis ne sera pas pérenne et impose aux boutiques d’affûter leurs conseils aux fumeurs pour sortir du tabagisme à l'aide du vapotage afin d'attirer et étendre la clientèle. Développer une culture de réduction des risques pour les boutiques en première ligne de l'aide à l'arrêt du tabagisme avec le vapotage, d'ors et déjà moyen le plus populaire utilisé pour cela par les fumeurs suisses, est la clef de développement de la branche.

Les risques du vapotage

Articuler des formations spécifiques, peut-être même avec les milieux de la santé, pourrait être un apport de premier choix dans cette perspective. Mais l'ombre d'une assimilation du vapotage au tabagisme dans la future Loi Tabac (LPTab), sur laquelle Helvetic Vape a fait une prise de position argumentée lors de la consultation publique, pourrait évidemment freiner un tel développement en restreignant massivement les possibilités de communiquer pour les professionnels de santé, de vape évidemment, mais aussi les usagers, notamment sur les réseaux sociaux. Cette assimilation interdirait aussi de fait de pouvoir tester, goûter et recevoir des instructions pratiques en boutiques par l'interdiction de vapoter dans les lieux publics, au même titre que le tabagisme. 

Une assimilation d'un produit sans combustion ni tabac au tabagisme dont la seule logique semble la défense du tabagisme, ou de ceux qui en vivent indirectement. Les opposants aux vapotage pourraient d'ailleurs prendre des initiatives au niveau des cantons pour restreindre le droit d'arrêter de fumer à son aide. Une première motion inquiétante en ce sens a été déposée au Grand Conseil vaudois en mars, sans avoir consulté les usagers ni les professionnels.

La salle a eu l'occasion de poser des questions aux intervenants dans des échanges stimulants. Il serait long de tout détailler ici. Surveillez la chaîne de Phil Scheck, si la prise de son le permet, il mettra des vidéos des conférences et débats. L'ambiance générale du salon était très sympa avec un bon panel de stands, de matériel et de liquides, notamment des découvertes locales. Mais des commentateurs plus calés que moi feront probablement des retours plus précis sur ce volet... 

Bonus track [Parental advisory explicit lyrics]

Un sujet du journal de la Télé locale Bielingue avec une brève apparition de votre dévoué ...


mardi 8 mai 2018

Conférences de K. Farsalinos, R. Polosa et R. Auer le 19 mai à la VapeCon de Bienne

Les professeurs Konstantinos Farsalinos et Riccardo Polosa, deux des scientifiques spécialistes du vapotage les plus renommés mondialement seront à Bienne le samedi 19 mai après-midi à la VapeCon. Dans la salle de conférence du Palais des congrès de Bienne, le Dr Reto Auer, chercheur à l'Université de Lausanne et de Berne, les accompagnera pour présenter sa prochaine étude de cohorte qui doit se dérouler en Suisse à partir de juin. Agendée à 13 h, les conférences seront en anglais avec une traduction simultanée en français et allemand, suivi d'un débat entre les trois scientifiques animé par Olivier Théraulaz, président de l'association Helvetic Vape.

Le Pr Konstantinos Farsalinos est chercheur au Centre de chirurgie cardiaque Onassis à Athènes et au département de pharmacologie de l'Université de Patras, en Grèce. Il a mené des dizaines d'études au sujet du vapotage, notamment sur sa cytotoxicité, les protocoles corrects d'évaluation des émanations de vapotage et des enquêtes sur les usages des vapoteurs. Il poste régulièrement des synthèses de ses recherches ou des réactions à des études sur son blog E-cigarette Research

Le Pr Riccardo Polosa dirige l'Institut de médecine interne et d'urgence et le Centre de recherche sur le tabac (CPCT) de l'Université de Catane en Italie. Auteur de plus de 250 articles et livres scientifiques sur la médecine respiratoire, l'immunologie clinique et la dépendance au tabac, le Pr Polosa et son équipe de recherche ont mené plusieurs essais cliniques sur le vapotage. Il est également du comité scientifique de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF).

Le dimanche sur la Suisse

Comme précédemment annoncé, la conférence du dimanche après-midi de la VapeCon sera consacrée à exposer la situation pour le vapotage en Suisse avec Olivier Théraulaz, Marc Szeemann, respectivement président et secrétaire général de l'association Helvetic Vape, accompagnés de 'PhilGood' Scheck, célèbre reviewer en terre helvète.

VapeCon - samedi 19 et dimanche 20 mai 2018
au Palais des congrès CTS Biel, Rue centrale 60, 2501 Biel / Bienne

CONFÉRENCES:

Samedi: de 13h00 à 14h00 - Présentations des Prs K. Farsalinos, R. Polosa et R. Auer
En anglais avec interprétation simultanée français/allemand
de 15h30 à 16h30 - Débat entre les Prs K. Farsalinos, R. Polosa et R. Auer, animé par Olivier Théraulaz, président d'Helvetic Vape, avec questions du public.
En anglais avec interprétation simultanée français/allemand

Dimanche: de 14h00 à 15h00 Débat avec Philgood Scheck, Marc Szeemann et Olivier Théraulaz avec le public, en allemand et français sans interprétation.


mercredi 2 mai 2018

Convention de la vape Suisse les 19 et 20 mai au palais des congrès de Bienne

Les organisateurs ne l'avaient pas anticipé. La Vapecon des 19 et 20 mai au palais des congrès de Bienne sera le premier salon Suisse de la vape libérée de la prohibition fédérale contre les liquides nicotinés. De quoi booster l'intérêt des visiteurs devant la quarantaine de stands déjà réservés par des professionnels de tous horizons. On pense évidemment aux marques locales de liquides jusqu'ici bridées par les directives annulées depuis le verdict du 24 avril du Tribunal Administratif Fédéral (TAF). Les marques étrangères pourront également proposer des versions nicotinées de leurs créations, tout comme les stands des magasins. Aux côtés des liquides, une ribambelle de marques d'hardware exposeront leurs produits: de la vapoteuse passe-partout jusqu'aux mods artisanaux à tomber en pâmoison.

Conférences

Les deux jours seront aussi l'occasion de conférences sur le sujet. Le samedi après-midi sera réservé à des exposés de pointures scientifiques. Si l'identités des intervenants ne sont pas encore communiquées officiellement (Sic!), on murmure avec insistance la très probable présence d'un chercheur grec de renommée mondiale... Le dimanche sera consacré à la situation locale avec un exposé des enjeux autour du projet de loi sur le tabac (LPTab), dans lequel l'administration tente d'assimiler le vapotage. Suite à l'invalidation de la prohibition des liquides nicotinés par le TAF, pour laquelle le mouvement des usagers a poussé de longue date, une nouvelle donne se pose sur la table. Olivier Théraulaz et Marc Szeeman, respectivement président et secrétaire général de l'association d'usagers Helvetic Vape, en compagnie de Phil Scheck, vloggueur émérite de la vaposphère Suisse, exposeront les faits, les évolutions et les opportunités pour la défense du vapotage helvétique.

Infos:

Les exposants annoncés (à ce jour)



samedi 17 juin 2017

[Expresso] Une étude indépendante compare la délivrance de nicotine entre vape, Iqos et Marlboro

Avec des bouffées de "vapoteurs", le vapotage se rapproche sensiblement plus de la délivrance de nicotine d'une cigarette conventionnelle que l'Iqos. Une équipe de scientifiques grecs, menée par le renommé Dr Konstantinos Farsalinos, a mesuré les taux de délivrance de nicotine de l'Iqos, de trois vapoteuses et d'une cigarette Marlboro Regular. "La délivrance de nicotine au fumeur est un élément clef pour la capacité de tout produit de réduction des risques à se substituer efficacement à la fumée", explique l'article accepté pour publication dans Nicotine & Tobacco Research. Le volume de nicotine délivré par l'Iqos, que ce soit avec sa cigarette goût classique ou celui mentholé, est sensiblement inférieur à celui de la Marlboro. Limité par la durée de décharge de son système électrique à 12 bouffées - et automatiquement bloqué après 14 -, l'Iqos délivre environ 30% de nicotine en moins que la cigarette phare de Philip Morris. L'augmentation de la durée de la bouffée ne change pas la délivrance de nicotine du système prétendu de "tabac chauffé-non-brûlé", contrairement aux systèmes de vapotage.  

Les résultats, présentés hier au Global Forum on Nicotine à Varsovie, montrent que si la vieille ciga-like ne permet pas d'atteindre un taux similaire de délivrance de nicotine, les modèles de vapoteuses de 2ème génération, dite eGo, et de 3ème génération - un Nautilus mini monté sur Evic VTC mini -, avec un liquide à 20 mg/ml de nicotine (et moitié moitié de PG/VG) dépassent nettement le niveau de l'Iqos et s'approchent de ceux de la Marlboro lorsque les bouffées sont prises en mode "vapoteurs". Point connu pour initier les fumeurs voulant passer au vapotage, et éviter la toux réflexe liée au "crapotage", mieux vaut prendre une bouffée "apaisée" de vape d'au moins trois secondes. 

"Le produit HnB [Iqos] délivre la nicotine à l'aérosol à des niveaux plus élevés que les produits de vapotage mais moins élevés que la cigarette classique lorsqu'elle est testée avec le régime intense de bouffées du Health Canada. Aucun changement n'est observé dans la délivrance de nicotine du HnB avec des durées de bouffée allongées [à 4 secondes] mais de même volume, au contraire des produits de vapotage qui délivrent plus de nicotine avec des bouffées plus longues", résument les chercheurs indépendants.

En somme, le vapotage offre une maîtrise de l'absorption de nicotine et du rythme désiré aux vapoteurs ayant appris à en jouer, alors que l'Iqos impose à la fois une dose et un timing formatés par le système de Philip Morris. Un aspect intéressant, d'un point de vue de l'efficacité pour des conversions réussies des fumeurs à des modes de consommation plus propre de nicotine, qui souligne la plus grande souveraineté des vapoteurs sur les modalités de leur usage. A noter que l'étude s'est limitée à mesurer les taux de nicotine dans les aérosols et fumées, mais n'a pas investigué la cinétique de la nicotine chez les usagers selon les différents modes de consommation.

dimanche 9 avril 2017

[Expresso] Le Dr Farsalinos plaide pour le vapotage contre le tabac à Manille

"Je suis moi-même un ancien fumeur. J'ai essayé toutes les méthodes de sevrage tabagique. J'ai essayé les gommes, les médicaments et même une thérapie psychologique. Avec ces méthodes, je suis resté sans fumer au maximum durant cinq mois". A Manille le 5 avril dernier, le Dr Konstantinos Farsalinos explique ce que peut apporter le vapotage à la lutte contre le tabagisme aux Philippines en partant de sa propre histoire. "Lors de ma première étude sur le vapotage, j'étais encore fumeur. Devant les résultats, j'ai décidé d'essayer. J'ai arrêté de fumer dés le premier jour. J'ai gardé un paquet de cigarette chez moi. A la fin de la semaine, je l'ai jeté avec le briquet. Cela fait maintenant cinq ans et un mois que je n'ai plus fumé. Je ne ressens jamais le besoin d'une cigarette. Cela me fait penser que le risque de rechute est beaucoup plus faible avec le vapotage par rapport aux autres méthodes de sevrage tabagique", raconte le Docteur grec à la conférence de presse relatée notamment par le Manila Standard.

Urgence sanitaire

Le chercheur du Centre Onassis de cardiologie d'Athènes invite les autorités philippines à soutenir ce moyen de sortir du tabagisme. Il plaide pour une réglementation rationnelle, proportionnée et réaliste propre au vapotage. "Des approches de réduction des risques doivent être rendues disponibles aux fumeurs philippins à travers la création d'une réglementation locale appropriée spécifique au vapotage" soutient le Dr Farsalinos. Alors que des rumeurs d'une menace d'interdiction du vapotage plane sur l'archipel, Heneage Mitchell, responsable de FactAsia, appuie les propos du docteur grec.

"C'est la voie à suivre par respect pour les millions de philippins dont la vie est touchée par le tabac. Nous avons une chance de sauver des millions de vies. Si le Gouvernement n'agit pas pour réglementer et rendre disponibles les produits de vapotage, je suis désolé de devoir dire qu'il sera alors responsable de la mort de millions de philippins. Les fumeurs philippins et leurs proches méritent d'avoir accès à ces produits salvateurs qui changent la donne", renchérit le représentant de l'organisation asiatique de défense des usagers de modes de consommation de nicotine à risques réduits.

L'urgence sanitaire est bien là. Selon l'OMS, au moins 20 millions de philippins fument, sur une population totale d'un peu plus de 100 millions. "Dix millions d'entre eux vont mourir prématurément de maladies liées au tabagisme. L'espérance de vie d'un fumeur est réduite d'au moins dix ans par rapport à un non-fumeur. Cela a un coût énorme en vies et pour l'économie", explique le Dr Farsalinos.

Réduction des méfaits

Or si les gens fument pour la nicotine, ce sont les toxiques générés par la combustion qui tuent les fumeurs. "Toutes les maladies causées par le tabagisme ne sont pas dues à la nicotine présente dans la fumée, mais aux produits de la combustion. La braise d'une cigarette dépasse les 800° C. Sa combustion crée des milliers de toxiques inhalés par le fumeur", précise le Dr Farsalinos. 

En contraste, le vapotage permet d'inhaler un aérosol produit, sans combustion, en chauffant entre 180 et 250° C un liquide constitué de propylène glycol, glycérol avec des arômes et une dose choisie de nicotine. Le vapotage réduit drastiquement, d'au moins 95% selon des études britanniques, les risques pour consommer la nicotine par rapport au tabagisme. "Il existe plus de 1000 études sur le vapotage. J'ai moi-même participé à une cinquantaine d'entre elles", souligne le chercheur.

Maximisation des opportunités

C'est aussi un moyen de maximiser les opportunités de sortie du tabagisme. Selon les données de l'Union Européenne (UE) en 2014, plus de 6 millions de résidents avaient cessé de fumer avec la vape et plus de 9 millions ont réduit leur consommation de cigarettes à son aide. "Le vapotage aide les fumeurs à cesser de fumer", insiste le Dr Farsalinos. 

En Asie, les Philippines et la Malaisie sont les deux pays connaissant une large communauté d'utilisateurs de vape. Selon une enquête de l'institut Ipsos en 2016, 4 millions de philippins vapent plus ou moins régulièrement. Et 70% des fumeurs locaux se disaient prêt à passer au vapotage s'il était légal, avec des standards de qualité et facilement disponible. La récente loi philippine interdisant de fumer dans les lieux publics, qui n'inclut pas le vapotage, pourrait encourager le mouvement.

Box artisanale philippine DJK, crédit Bluetouff de Vaping.fr 
Au pays des moddeurs artisanaux, le scientifique grec défend la production locale et indépendante. "Ici, ce sont les usagers locaux eux-mêmes qui ont créé l'industrie. Il n'y a pas de produits importés, c'est fabriqué localement. De nombreux entrepreneurs se sont engagés dans cette voie et c'est la manière par laquelle la vape s'est développée ici. Une réglementation devrait être faite de manière à ce que le vapotage soit promu pour les fumeurs comme outil de réduction des méfaits du tabagisme", précise le Dr Farsalinos. 

Un marché concurrentiel pour assurer développement et qualité

Pour cela, le chercheur plaide pour une réglementation équilibrée entre la nécessité d'assurer la qualité et la sécurité des appareils et liquides de vapotage, et le soucis de ne pas tuer l'industrie indépendante et locale. "Si vous créez une réglementation très restrictive et coûteuse, qui va pouvoir y souscrire? Seulement les multinationales du tabac. Une réglementation très stricte livre le marché aux mains de Big Tobacco. Ce n'est pas désirable. Nous voulons de la concurrence et de l'innovation. Nous devons avoir des petites et moyennes entreprises indépendantes pour obtenir un environnement concurrentiel, créatif et innovateur qui développera des produits de meilleures qualité", argumente t-il.

Aux Philippines, Big Tobacco mise sur les cigarettes 

A l'opposé de leurs discours tenus en Europe, un dirigeant local d'une compagnie de tabac assure ne pas craindre la concurrence de cette alternative à ses cigarettes. Contacté par Roderick T. dela Cruz, journaliste du Manilla Standard,  il se montre optimiste pour son bizness. "Le vapotage ne donne pas les mêmes satisfactions que les cigarettes", estime le responsable qui garde l'anonymat. Avant de prédire que le tabagisme va continuer de croître aux Philippines les années à venir. Un scénario que le Dr Konstantinos Farsalinos et Heneage Mitchell espèrent déjouer si les autorités philippines les entendent.