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mardi 16 octobre 2018

[Bref] En Allemagne, la désinformation sur la vape maintient-elle les plus défavorisés dans le tabagisme?

Moins de 2% de la population des plus de 15 ans utilisent le vapotage régulièrement en Allemagne, selon le monitorage Allemand Debra mené entre juin 2016 et novembre 2017. Parmi le panel interrogé, seul le quart des vapoteurs ne fumaient pas. "En Allemagne, le vapotage est principalement consommé en "double-usage" avec une consommation de tabac", concluent les chercheurs Daniel Kotz et Sabrina Kastaun dans Bundesgesundheitsblatt. Mais cette tendance générale est très contrastée en fonction des classes sociales. 84,5% des vapoteurs avec un revenu inférieur à 2'000€ mensuels fument encore, tandis que les utilisateurs de vapotage gagnant plus de 5'000€ par mois sont 50% à ne pas fumer. 

La perception du risque est corrélée à la probabilité d'utiliser la vape pour arrêter de fumer

Plusieurs hypothèses se disputent l'explication du phénomène. L'une d'elle est nourrit par une autre étude publiée également la semaine dernière dans le Bundesgesundheitsblatt. Une équipe de l'Institut für Therapieforschung de Munich a analysé l'enquête sur l'usage de substance (ESA) menée auprès de  9'204 personnes en 2015. "Seulement un tiers de la population sait que le vapotage est moins nocif que les cigarettes conventionnelles. La perception du risque est corrélée à l'usage du vapotage pour arrêter de fumer", soulignent les chercheurs menés par la Dr Josefine Atzendorf. 

L'étude confirme en chiffre que la probabilité d'utiliser le vapotage pour cesser de fumer est plus élevée chez les personnes qui savent le vapotage moins nocif que les cigarettes. Mais les personnes avec un niveau scolaire moins élevé sont une nette majorité à ne pas savoir le vapotage moins nocif que le tabac. Encore plus inquiétant, les fumeurs eux-mêmes sont plus nombreux à penser le vapotage plus ou aussi risqué que de continuer de fumer (voir tableau plus bas).

La responsabilité des désinformateurs

Ces données posent la question de la responsabilité des acteurs sanitaires et des médias dans la diffusion d'une culture du doute bénéficiant au maintien du tabagisme. Le remplacement de Martina Pötschke-Langer, après des années de fausses déclarations, par la Dr Ute Mons à la tête de l'influent Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) en 2017 était une première nouvelle appréciable. Mais le climat médiatique reste délétère contre la vape en Allemagne. Les chercheurs Heino Stöver et Dietmar Jazbinsek ont disséqué ce printemps dans Zeit les enjeux qui poussent les lobbys a organisé la désinformation. Même si le marché progresse sensiblement, l'impact du vapotage contre le tabagisme reste nettement en deçà de son potentiel, notamment dans les classes populaires.


samedi 13 octobre 2018

Helvetic Vape, cinq ans de lutte et des succès (1): la bataille pour la libération des liquides nicotinés

Bien que la nicotine améliore sensiblement la mémoire, au moins à court terme, le monde de la vape subi aussi ses oublis sous la patine du temps. Pour raviver les couleurs des actions de l'association des vapoteurs en Suisse, nous allons retracer en quelques articles les grands traits de ses cinq ans d'histoire. Helvetic Vape est née en novembre 2013, inspirée de l'exemple d'Aiduce créée quelques mois plus tôt de l'autre côté du Jura. Même objectif de défense des intérêts des usagers des produits de vape, mais dans une situation résolument différente. 

Notamment parce qu'en Suisse, l'administration avait décrété dés 2009 la prohibition de vente des liquides nicotinés. Premier objectif désigné d'évidence pour l'association des vapoteurs: faire tomber cette interdiction. Voici comment Helvetic Vape a gagné la bataille des liquides nicotinés après plus de quatre ans de péripéties.

La libération des liquides nicotinés en Suisse en quelques dates-clefs:
  • 2009: l'administration (OFSP) publie une simple lettre (n°146) interdisant la vente de vape nicotinée en Suisse et limite son importation à titre personnel (révisée en 2010)
  • 8 novembre 2013: fondation de l'association Helvetic Vape
  • 2014: la prohibition règne sans discussion possible en Suisse
  • 24 avril 2015: Helvetic Vape publie un avis de droit du cabinet d'avocats BRS
  • 30 mai 2015: Helvetic Vape distribue des liquides nicotinés à Berne lors de la Vape Mob'. Durant l'été, Insmoke suit son exemple et met en vente des liquides nicotinés
  • 12 novembre 2015: l'administration (OSAV) est forcée de publier une décision administrative concernant son interdiction de vente de liquides nicotinés
  • Décembre 2015: trois recours sont déposés devant le Tribunal administratif fédéral. Celui d'Helvetic Vape est rejeté en raison de son statut d'association de consommateurs
  • 24 avril 2018: le Tribunal administratif fédéral abroge la prohibition en révoquant la décision administrative, jugée gravement défectueuse

Boardwalk empire sur Léman

Début 2014, la vape se popularise aussi en Suisse. Mais la presse raconte alors comment les vapoteurs doivent recourir au marché noir et aux astuces pour passer des liquides nicotinés aux douanes. "Certains en vendent sous le manteau, d’autres font des achats groupés. Dans mon cas, j’avais passé une commande qui faisait 180 ml. Je m’étais trompé, c’est vrai, et la douane a détruit mon paquet", explique Alain Vaucher, premier président d'Helvetic Vape, au journal le Matin en février 2014

Le quotidien vaudois promet que la prohibition va durer encore longtemps. "La législation ne va pas changer de sitôt. Le Conseil fédéral a promis une nouvelle loi sur les produits du tabac, qui sera mise en consultation cet été. Mais déjà, la très influente Commission fédérale pour la prévention du tabagisme veut maintenir l’interdiction de la vente de nicotine en Suisse pour les cigarettes électroniques", assure le même article du Matin en 2014. 

Lutter pour une réduction des risques sans entrave

A Helvetic Vape, on ne l'entend pas de cette oreille. "Je veux me battre pour faciliter au maximum l’accès à la vape. Pour que vaper soit plus facile que fumer. Pour que cela soit diffusé au maximum, sans entraves, sans taxes. Pour que la vape soit reconnue comme une chance formidable d’arrêter l’hécatombe", annonce Alain Vaucher en guise de programme pour l'association. Le premier obstacle à l'accès à l'outil de réduction des risques en Suisse est d'évidence la prohibition. 

De premières tentatives conciliantes de l'association tentent de nouer le dialogue avec les autorités et des organisations du domaine. Réponses paternalistes et condescendantes de la part des autorités sanitaires fédérales. Tandis que des organisations "de santé" se montrent à la limite de l'insulte en refusant de s'abaisser à discuter avec des junkies à la nicotine (sic!). 

L'absence de loi, c'est pas la loi

Du côté des professionnels de la vape, on se montre persuadés des affirmations des journalistes: rien ne peut changer, la loi c'est la loi. Mais les militants de Helvetic Vape ont beau tourner et retourner dans tous les sens les textes de loi, ils ne trouvent pas trace d'une base à cette prohibition décrétée depuis 2009 par une simple lettre n°146 sans valeur juridique de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). 

Pour en avoir le cœur net, l'association mandate le cabinet d'avocat genevois BRS pour un avis de droit sur le sujet. Le détail de l'avis juridique de Maître Jacques Roulet est évidemment complexe, mais la conclusion en est assez simple: cette prohibition n'a pas de base légale. Armée de cet avis de droit, qu'elle a financé seule, et de centaines de fioles de liquide nicotiné confectionnées pour l'occasion, Helvetic Vape provoque les autorités en place publique à Berne en distribuant ouvertement ces fioles lors de la Vape Mob' le 30 mai 2015. 

Des liquides nicotinés à la Vape Mob' 2015

"Selon cet avis de droit, les liquides à vaper contenant de la nicotine peuvent donc être librement importés et distribués en Suisse contrairement à ce que prétend l’OFSP depuis des années. C’est pourquoi Helvetic Vape a décidé de mettre ouvertement en vente, le 30 mai 2015, le premier liquide suisse contenant de la nicotine", déclare Olivier Théraulaz, second président d'Helvetic Vape, sur la Kornhausplatz. La presse en parle, mais les autorités font semblant de rien. L'association n'ayant évidemment pas vocation a devenir une entreprise de vente de liquides de vapotage, le coup semble un one-shot sans lendemain. 

C'est là où il faut saluer l'intelligence et le courage de Stefan Meile, président de la Swiss Vape Trade Association (SVTA) et patron d'InSmoke. Il comprend l'argumentation de l'association des usagers et va s'engouffrer dans la brèche. Il met ouvertement en vente sur son site des liquides nicotinés, forçant ainsi les autorités à réagir. Le chimiste cantonal procède à une vérification et demande une décision en bonne et due forme à l'administration.

Quand il y a une décision administrative, on peut faire recours

L'Office de la sécurité alimentaire et vétérinaire (OSAV) est forcé de publier une décision administrative le 12 novembre 2015. Ouvrant ainsi la possibilité de recourir, dans le délai d'un mois après sa publication. Trois recours sont déposés. Deux par des professionnels, Stefan Meile évidemment et aussi Daniel Rico, de l'entreprise Zodiak. Helvetic Vape en dépose un également

Celui-ci est rejeté par le Tribunal administratif fédéral pour absence d'intérêt digne, tout en précisant l'avoir lu avec attention. Autrement dit, les usagers ne subissant pas d'interdiction de consommer, seuls les vendeurs ont un intérêt à défendre. J'avais trouvé cela contestable, mais l'association a préféré ne pas se lancer dans une bataille juridique coûteuse à l'issue incertaine.

Avril 2018: le Tribunal administratif fédéral abroge la prohibition

Deux ans et demi après le dépôt de ces recours, le Tribunal administratif fédéral (TAF) rend son jugement C-76347/2015 le 24 avril 2018. Il abroge la prohibition de vente des liquides nicotinés, jugée être une "erreur grave" de l'administration. Le TAF n'a pas tenu compte de la défense des deux recourants professionnels, qui s'appuyaient sur le principe du Cassis de Dijon pour demander la légalisation des liquides nicotinés. La raison de l'abrogation de la prohibition est un vice de forme dans la définition du terme de "cigarette-électronique" donnée par l'administration. 

C'est exactement l'argument principal que donnait Helvetic Vape lors de sa conférence de presse du 30 mai 2015. "L’OFSP se fourvoie en considérant que les vaporisateurs personnels et les liquides à vaper constituent une « unité fonctionnelle ». Sur la base de cette considération erronée, cette administration outrepasse ses compétences en créant des règles de droit primaires qui, d’une part interdisent l’importation à titre professionnel et la vente des liquides contenant de la nicotine et, d’autre part limitent les droits des consommateurs à importer ces liquides à titre personnel", détaillait alors Olivier Théraulaz. Trois ans plus tard, le verdict du TAF confirme ce que clamait l'association des usagers.

Un succès pour le droit à la réduction des risques contre le système tabagique

Helvetic Vape n'a pas seulement été initiatrice et moteur de la lutte contre la prohibition des liquides nicotinés en Suisse, elle a également porté l'argument décisif pour son abrogation. Il est regrettable que les autorités se soient montrées incapables d'entendre, de tenir compte et d'avoir simplement l'humanité de prendre en considération la demande de l'association des usagers avant d'être poussées à respecter la loi par le Tribunal administratif fédéral. Mais Helvetic Vape a démontré que la résignation n'est pas la seule option possible face au système tabagique, même en Suisse.


vendredi 12 octobre 2018

En Italie, la majorité essaie t-elle de trahir sa promesse d'abolir la taxe anti-vape ?

"En lisant le premier projet de décret fiscal, nous ne pouvons manquer de constater, avec un regret extrême, l’absence de toute référence à la modification de la taxe actuelle sur les vaporisateurs personnels". Les mots de Carmine Canino, le président de l'Association des vapoteurs en Italie (ANPVU), sentent la colère contenue. Cet été, Matteo Salvini a promis l'abolition de la surtaxe de 4 € par fiole de 10 ml et du régime de distribution par l'Agence des Douanes et des Monopoles (AAMS). Mais aucune trace de réforme ne se trouve dans le texte du Gouvernement déposé au Sénat et sensé la contenir, comme l'a révélé hier le site SigMagazine. Pourtant, un moratoire sur le versement des taxes jusqu'au 19 décembre a été décrété fin septembre, laissant présager de l'arrivée rapide de cette réforme promise. 

Annonce d'une simple baisse de la surtaxe

Mais peut-être que les membres de la majorité ne sont pas tous sur la même longueur d'onde à ce sujet ? La sénatrice Silvana Comaroli annonçait la semaine dernière non plus l'abolition mais une simple baisse de la surtaxe anti-vape. Baisse substantielle tout de même, puisqu'elle réduirait celle-ci de dix fois. "Dans la loi de finances, nous allons changer la taxation du vapotage. L’hypothèse est de le maintenir entre 5 et 10% du montant de la taxe sur le tabac. Ce sera probablement 5%", explique l'élue de la Lega sur la radio Città Aperta. Réaction immédiate de la Coalition des entrepreneurs italiens de vapotage (COIV).
" La promesse était l'abolition de la taxe et la fin du joug de l'AAMS ", Dario Colaianni
"La promesse était l'abolition de la surtaxe et la fin du joug de l'AAMS", rappelle Dario Colaianni, président de la COIV, avant de griffer la sénatrice Comaroli: "Elle déclare pour la première fois que le vapotage est nettement moins nocif que la cigarette, mais elle se contredit dans la foulée pour défendre son asservissement à une surtaxe". D'autres voix du monde du vapotage se sont montrées plus conciliante à l'annonce de la sénatrice. L'assouplissement du taux de surtaxe leur apparaît comme un "moindre mal"

Plus de 12 millions de fumeurs en Italie

Reste que le maintien du principe de taxe punitive et du régime de l'AAMS entravent de facto l'accès au vapotage à de nombreux fumeurs et vapoteurs. L'interdiction de vente sur internet prive d'accès aux produits de vape les personnes hors des centres urbains. Le maintien d'une surtaxe même réduite reste un principe de punition contre les personnes qui évitent de fumer avec le vapotage. Difficile à justifier éthiquement et surtout une publicité négative pour les fumeurs s'interrogeant sur l'arrêt des cigarettes à l'aide du vapotage. 

Tractations en coulisses?

Depuis l'introduction de la surtaxe, le nombre de fumeurs en Italie est reparti à la hausse, dépassant les 12 millions cette année. Tandis que le nombre de vapoteurs s'est écroulé, illustrant le principe de vases communicants. Face à ce désastre économique et sanitaire, une réforme de la réglementation du vapotage est urgente. L'absence de celle-ci dans le texte du décret fiscal est peut-être le signe de tractations en coulisses. Un atermoiement des élus qui réside peut-être dans ce hiatus entre la promesse de libérer la vape de Matteo Salvini, et la volonté de certains élus, comme la sénatrice Comaroli, de la maintenir de manière adoucie dans le carcan tabagique.  


vendredi 28 septembre 2018

[Bref] Italie: moratoire du paiement des taxes anti-vape jusqu'au 18 décembre

Le paiement des surtaxes anti-vape par les dépositaires fiscaux est suspendu jusqu'au 18 décembre en Italie. Le Sénat a approuvé le décret 'milleproroghe' contenant cette clause de suspension ce 20 septembre. Dans une interview au site SigMagazine début août, Matteo Salvini, vice-président du gouvernement, avait promis une suspension du paiement des taxes en attendant une réforme de la loi. Le premier pas est fait et le décret a été publié au journal officiel le 24 septembre, explique le site spécialisé SigMagazine. Les entreprises indépendantes de vape, au bord de l’asphyxie économique, avaient lancé des appels à l'aide cet été pour lever cette taxe étouffante. Le vapotage italien espère à présent la deuxième partie de la promesse du Gouvernement et une réforme structurelle du secteur avant le 18 décembre. 

Si rien ne se passait d'ici là, les entreprises de vape devraient payer la taxe sur leurs ventes dans cette période en un seul versement fin décembre. Du côté des usagers, l'association ANPVU salue cette suspension et le geste commercial, plein de confiance, des professionnels qui ont immédiatement réduit leurs prix de vente. Suite à l'introduction de la surtaxe du vapotage en Italie, le nombre de fumeurs y a augmenté de près d'un million concomitamment à une baisse similaire du nombre de vapoteurs depuis 2016.




jeudi 27 septembre 2018

Faut-il couper le financement de l'OMS pour sauver la réduction des risques ? La presse anglaise ouvre le débat avant la #COP8FCTC

Une situation paradoxale. Le Royaume-Uni est le pays le plus engagé pour soutenir le vapotage comme alternative à risque réduit contre le tabagisme. Avec un grand succès. Mais c'est également le pays qui finance le plus le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), devenu le fer de lance de la guerre au vapotage dans le monde. Avant même de tenir son 8ème sommet à Genève à partir du 1er octobre, ce secrétariat a publié un rapport encourageant les interdictions et restrictions contre le moyen de réduction des risques. La presse anglaise se fait l'écho de cette situation étrange. "Les contribuables britanniques ne devraient plus subventionner les lois anti-vapoteurs", titre le Daily Express du mardi 18 septembre.

Retirer le financement à l'OMS tant qu'elle soutient la répression du vapotage?

Dans ses colonnes, Christopher Snowdon, de l'Institute of Economic Affairs, exprime l'exaspération des britanniques qui "paient un saladier pour soutenir cette organisation prohibitionniste". "La position effrayante de l'OMS sur le vapotage est en contradiction avec celle du gouvernement britannique qui est fondée sur des preuves scientifiques. À moins que l'OMS ne retire son soutien à l'interdiction du vapotage, le gouvernement devrait lui retirer son financement", explique l'auteur du Nanny State Index spécial nicotine.

L'OMS revendique la Corée du Nord et la Thaïlande comme modèles

Totalement à l'opposé de la politique britannique d'intégration de la de réduction des risques, le secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS mène une campagne féroce contre le vapotage. Sa cadre indienne Jagdish Kaur prône même en Asie de prendre modèle sur la junte militaire thaïlandaise, qui arrête et emprisonne régulièrement des vapoteurs, et la Corée du Nord, dont on ne sait pas si les menaces de déportation des déviants qui vapoteraient sont ou non effectives. Deux pays où le tabagisme est roi et la respect des droits humains absent. L'Inde, autre grande nation du tabac avec le Brésil, vient de rejoindre le cercle des pays prohibitionnistes.

Porte-battante au secrétariat anti-tabac de l'OMS

Ce sabotage du droit des population d'accéder aux moyens de réduction des risques contre le tabagisme se fait grâce à l'argent britannique. En plus du financement de 164 millions $ annuel régulier à l'OMS, seconde contribution derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni a accordé un financement supplémentaire spécifique au secrétariat anti-tabac (FCTC) de 3,7 millions $ par an de 2016 à 2021. Andrew Black, le responsable qui a décidé de cette enveloppe, a depuis obtenu un poste de cadre à ce même secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Heureuse coïncidence de carrière bien rémunérée pour Andrew Black", ironise Christopher Snowdon dans un billet sur son blog.


Le budget du secrétariat anti-tabac (FCTC) approche 6 millions $ dans les années sans sommet. En 2016, celui tenu à New Delhi avait poussé les dépenses à près de 11 millions de $. Soit 5 millions $ de plus pour la semaine de réunion dans le palais des congrès de Noida et les frais des délégués. Le sommet genevois de la semaine prochaine devrait faire exploser la facture. 

Le risque de précipiter l'OMS dans les bras de Bloomberg

Faut-il couper les fonds à cette organisation en dérive autoritaire pour que la réduction des risques soit prise en considération? La proposition de Christopher Snowdon pourrait avoir un effet pervers. Celui d'augmenter encore plus la prise de contrôle de l'OMS par l'affairiste milliardaire Michael Bloomberg. Celui-ci a déjà largement annexé les activités de l'organisme à son profit sous couvert de "philanthropie". 


mercredi 26 septembre 2018

Consultation européenne: 89% estiment que la vape n'est pas un produit du tabac et ne doit pas être surtaxée comme tel

La Commission Européenne a reçu 11'410 réponses cet été à sa consultation publique sur les taxes tabac, où elle propose d'inclure les produits de vapotage. Selon son analyse statistique, la réponse est claire: 88,9% des répondants estiment que la vape n'est pas un produit de tabac et n'a donc pas à être soumise à une surtaxation comme tel. L'analyse qualitative des contributions reste à faire, alors que celles autorisées par leurs auteurs à être partagées en public sont publiées au fur et à mesure sur le site européen. La précédente consultation en 2016 sur l'idée de surtaxe contre la vape avait déjà indiqué que près de 90% des 7'686 répondants s'opposaient à une telle mesure. Malgré cela, la Commission des taxes avait estimé ne pas avoir assez de données pour se déterminer.

Pour 89% des répondants, la vape n'a rien à faire dans la catégorie des produits du tabac

Cette fois, 54,1% des participants contredisent cette opinion de la Commission et évaluent suffisantes les données sur le vapotage pour décider. Alors que la participation a sensiblement augmenté malgré l'été, la Commission suivra t-elle cet écrasant plébiscite en faveur d'une libération de la vape de la catégorie des produits du tabac et de toute surtaxe punitive en conséquence? Lors de la précédente consultation, la Commission avait mis dix mois pour rendre un avis repoussant une prise de décision à 2019. 

Depuis, le virus de la taxe s'est répandu sur le continent avec pas moins de 14 pays ayant introduit ou décidé d'introduire une surtaxe sur le vapotage. Cependant, l'Italie, pays pionnier en Europe en surtaxation du vapotage, subi depuis une hausse du tabagisme concomitante à la chute du nombre de vapoteurs. Le Gouvernement italien a promis son abolition. Une analyse de ce cas d'école laisse peu de doute à ce qui constituerait une décision rationnelle pour la santé publique et en phase avec la tendance massive exprimée dans cette consultation.

Près de 91% savent que la vape réduit les risques

La nouvelle consultation européenne confirme que 90,9% des répondants savent que le vapotage est un produit de réduction des risques par rapport aux cigarettes et 89,5% le considèrent comme une aide possible à l'arrêt tabagique. 81,5% rejettent l'idée d'égaliser les taxations entre cigarettes et vape, pour éviter une "concurrence déloyale" selon l'expression de la Commission. 

68,6% veulent limiter les taxes sur la vape à la TVA de chaque pays, tandis que 5% sont d'avis de la surtaxer à moins de 10%. Cette option de surtaxe a été étrangement défendue par des faiseurs d'opinion dans le milieu de la vape, notamment allemande, sur la base d'une argumentation un peu surréaliste, démontée par Guillaume Bailly sur le Vaping Post.

Quand est-ce que le tabac est chauffé ou fumé?

En contraste, la même question sur le tabac chauffé ne recueille que 22,1% en faveur de la seule TVA tandis que 15% se disent pour le surtaxer de 30% à 49% du prix de vente. Mais l'absence de définition claire dans la législation européenne pour distinguer entre cigarettes fumées et tabac chauffé rend absconses les questions sur cette catégorie de produit. Ce qui a pu amener près de 38% des participants à ne pas savoir ou vouloir se prononcer. Dans l'ensemble, le large consensus sur le vapotage ne se retrouve pas à propos des cigarettes "heat-not-burn".

Sur la plupart des questions spécifiques aux produits du tabac "classiques", environ un tiers des participants ont indiqué ne pas vouloir fournir de réponse. Cette part importante "d'abstention" peut s'expliquer par l'impossibilité de se déterminer sur ces questions et leurs conséquences hors d'une stratégie claire, notamment sur la place de la réduction des risques. Elle s'accompagne d'une part variable mais parfois assez importante de réponses déclarant "ne pas savoir".

Forte participation allemande

Près de 98% des répondants n'ont pas indiqué utiliser un produit de tabac ni de vapotage. Les 4'883 résidents en Allemagne représentent 42,8% des réponses, loin devant les 1'576 habitants en Espagne (13,8%) et les 1'107 de France (9,7%). Une pétition en ligne lancée par 16 associations européennes d'usagers a recueilli près de 50'000 signatures, dont 22'000 de France, contre les surtaxes sur la vape. 

Des problèmes pour atteindre la consultation européenne avaient été signalés à plusieurs reprises par des signataires. Ces blocages avaient fait craindre une nouvelle opération de spams du lobby anti-vape, telle que celle déclenchée en juin par des bots contre la consultation de la FDA américaine sur les arômes pour le vapotage. Les résultats statistiques de la consultation européenne écartent cette raison à l'inaccessibilité du serveur de la Commission par périodes cet été.

Copie du pdf de l'analyse statistique de la consultation 2018 par Commission Européenne (la plupart des questions ciblées sur le vapotage à partir de la p. 26):


vendredi 21 septembre 2018

L'Angleterre entrevoit la disparition du tabagisme d'ici 2030

Toutes les 80 secondes, un anglais arrête la cigarette. Près de 400'000 anglais sont ainsi sortis du tabagisme en un an. Parmi eux, Jeremy Kyle. Après 35 ans de tabagisme, le présentateur vedette de Good Morning Britain a troqué son paquet journalier pour une vaporette depuis plus de quatre mois. "Ce qui m'aide vraiment à ne pas fumer, c'est le vapotage. Je suis actuellement au plus faible taux de nicotine, je quitterai la vape quand le moment sera venu pour moi", explique le présentateur de l'émission médicale Emergency Room. "Avec mon arrêt, j'ai compris à quel point il est important d'utiliser le soutien plutôt que de vouloir y aller seul à la volonté", conseille Jeremy Kyle sur le site de la BBC

63% d'arrêt avec la vape et du soutien

Les statistiques semblent lui donner raison. Plus de 63% des fumeurs ayant combiné le vapotage et le soutien des centres Stop-tabac anglais ont réussi leur arrêt de 2017 à 2018. Un chiffre supérieur à la moyenne générale tous moyens confondus déjà élevée de 51% des Stop Smoking Services. En comparaison, tenter d'arrêter de fumer sans aide ni soutien ne réussit que dans 4% des cas. Reste que la bonne manière d'arrêter est celle qui marche pour soi. "Cette année, Stoptober peut vous aider à trouver une combinaison qui pourrait vous convenir", explique la Dr Jenny Harries, directrice médicale de Public Health England. Pour cela, la campagne annuelle pour encourager les fumeurs à arrêter en octobre propose un nouvel outil en ligne personnalisé. [lien ajouté à 15h]

Un répertoire de vapeshops recommandés par le Public Health England

Autre nouveauté du Stoptober 2018, un répertoire en ligne des boutiques de vape indépendantes recommandées par le Public Health England en partenariat avec l'Independant British Vaping Trade Association (IBVTA). "Les magasins de vape spécialisés sont idéalement placés pour conseiller les personnes cherchant à utiliser le vapotage pour les aider à cesser de fumer. Les services spécialisés d'arrêt du tabac peuvent également fournir un soutien supplémentaire aux personnes qui cherchent à utiliser le vapotage, ce qui leur donnera les meilleures chances de cesser de fumer", précise la Dr Jenny Harries.

La fin du tabagisme d'ici 2030 ?

Une stratégie de réduction des risques payante, puisque en deux années l'Angleterre a vu plus d'un million de fumeurs arrêter. Le taux de tabagisme est passé sous la barre des 15% en 2017, alors qu'il était de près de 20% en 2010. "Des millions de personnes vivent mieux grâce à nos efforts pour réduire le tabagisme. La Grande-Bretagne est un chef de file mondial en matière de lutte antitabac et nos politiques robustes ont fait tomber le taux de tabagisme à un niveau record", explique Steve Brine, Ministre de la santé britannique. 

La plus forte baisse de tabagisme se situe chez les 18 à 24 ans, un groupe d'âge optant plus facilement pour le vapotage. En se basant sur ces tendances, les autorités de santé publique anglaises prévoient que le tabagisme se réduise entre 8,5% et 11,7% d'ici cinq ans, et sa chute en dessous de 5% d'ici 2030. Un optimisme que l'on peut cependant modérer devant le ralentissement de la sortie du tabagisme depuis l'entrée en vigueur des restrictions européennes (TPD) contre le vapotage. Des freins que le rapport publié mi-août par la Commission parlementaire des sciences propose de réviser pour favoriser la santé publique à l'occasion du Brexit.

[graphique ajouté à 16h]

jeudi 20 septembre 2018

Le THR Summit de Barcelone offre une tribune aux scientifiques sur la réduction des risques avec le vapotage

Hier, le premier Sommet espagnol sur la réduction des risques liés au tabac se tenait à Barcelone. Le Tobacco Harm Reduction Summit (THR) organisé par Anesvap, association des usagers de vape en Espagne, accueillait treize chercheurs de pointe internationaux, dont la Pr Linda Bauld, le Pr Riccardo Polosa, le Dr Konstantinos Farsalinos et le scientifique Jacques le Houezec. Le temps d'être traitées, les vidéos des présentations en bonne qualité devraient être prochainement mises en ligne.

Du côté des intervenants espagnols, Ángel González Ureña, directeur du département de recherche moléculaire de l’Université de Madrid, a créé la sensation en présentant les résultats de ses recherches sur les effets du vapotage pour l'entourage. Selon les mesures du chercheur, les personnes situées à proximité d'un vapoteur inhalent une dose de nicotine plus de cent fois moindre que celles à proximité d'un fumeur. "Ces taux sont insignifiants et écartent la thèse de l'existence d'un vapotage passif", explique Ángel González Ureña à la revue médicale Gaceta Médica.

La vape pour les fumeurs atteints de BPCO

Autre étude originale récente présentée à ce Sommet, celle du Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania. Il suit des fumeurs atteints de broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO). On estime que 9 malades de BPCO sur dix en sont atteints à cause de leur tabagisme. Et, phénomène qui peut sembler paradoxal, ils ont encore plus de difficultés à arrêter la cigarette que les autres fumeurs. Explorer une voie de réduction des risques, comme celle du vapotage, apparaît donc potentiellement des plus intéressants. Et les résultats du suivi de 44 malades sur trois ans, publié fin août dans l'International Journal of Chronic Obstructive Pulmonary Disease, sont prometteurs. 

Après trois ans, les 22 patients atteints de BPCO ayant tenté d'utiliser le vapotage avaient réduit en moyenne par dix leur consommation de cigarettes, passant de 22 cigarettes à 2 par jour. Parmi les treize ayant cessé de fumer, un participant a rechuté momentanément durant les trois ans du suivi. Plus significatif encore, les tests d'évaluations de leur santé respiratoire montrent une amélioration des symptômes de la BPCO. En moyenne, les patients utilisant le vapotage avaient moins d'infections et moins de crises au niveau respiratoire. Ils relatent aussi une sensation d'amélioration de leur état, grâce à l'arrêt ou la très forte réduction de leur tabagisme à l'aide du vapotage.

L'exemple anglais de santé publique

Le Sommet a également été l'occasion de discuter de l'apport de l'approche de réduction des risques en terme de politique de santé publique. "Le vapotage réduit les taux de tabagisme dans de nombreux pays, en particulier ceux qui l’incluent dans leurs stratégies antitabac comme le Royaume-Uni", souligne la Dr Carmen Escrig, spécialiste de biologie moléculaire à l’Université Autonome de Madrid. Pourtant, aucune organisation traditionnelle locale de lutte contre le tabagisme n'a assisté aux conférences. "Nous avons une méthode qui fonctionne contre le tabagisme et l'Espagne regarde de l'autre côté", déplore la Dr Carmen Escrig, aussi coordinatrice de l'association médicale MOVE.

Louise Ross, ex-directrice du Stop Smoking Service de Leicester, témoigne de l'intérêt et de l'efficacité du vapotage intégré à l'aide à l'arrêt tabagique. Avec une moyenne de plus de 60% de réussites, le nombre de tentatives avec le vapotage n'a cessé d'augmenter en quatre ans au centre stop-tabac. La sortie massive du tabagisme de plus de 2,3 millions de fumeurs adultes britanniques à l'aide du vapotage n’entraîne pas d'effet pervers sur la jeunesse. La grande peur entretenue dans les médias n'a pas de réalité. L'exposé de la Pr Linda Bauld, de l'Université de Stirling, confirme l'absence "d'effet passerelle" du vapotage vers le tabagisme chez les jeunes britanniques.


Travail de terrain en climat hostile

Mais hors du Royaume-Uni, les autorités de santé restent rétives, si ce n'est hostiles au vapotage. En France, Jacques le Houezec a opté pour former les magasins de vape, devenus la première ligne de lutte anti-tabac. Plus d'un tiers des participants au Mois Sans Tabac recourt au vapotage pour tenter l'arrêt tabagique, expliquait François Bourdillon, directeur de Santé Publique France, devant la caméra de France 5 en mai dernier. Pour autant, aucune aide significative n'a été déployée par les services publiques pour les soutenir. Tentant de compenser les lacunes des services de santé, Jacques le Houezec parcourt le pays pour dispenser une formation aux vendeurs de vape visant spécifiquement l'aide à l'arrêt tabagique. 

En Espagne, le vapotage avait été foudroyé en 2014 en plein envol par une fake news alarmiste sur un cas de pneumonie lipidique qui lui a été attribué sans raison. Une information sans plausibilité médicale alors que les composants des liquides de vapotage ne sont pas des lipides mais des di-alcools, rappelle le Dr Konstantinos Farsalinos. Au-delà de cet exemple local, la désinformation est devenue un peu partout l'arme massivement utilisée pour créer le doute et maintenir les fumeurs dans le tabagisme face à l'apparition du vapotage. Au moment même où les opioïdes synthétiques ravagent les Etats-Unis, la responsabilité de la communauté scientifique est ici aussi flagrante dans cette nuisance de santé publique. 

Défendre des vies humaines 

A défaut du soutien des organisations anti-tabac en Espagne, les vapoteurs y ont cultivé une solide faculté de résilience. Près de 70% des vapoteurs espagnols ont arrêté de fumer. Rompu à un climat encore plus adverse dans la prohibitionniste Australie, le Dr Attila Danko, de l'association New Nicotine Alliance, reste résolument optimiste pour les défenseurs du droit à la réduction des risques, rapporte le site italien Sig Magazine. "Nous allons gagné parce que nous nous battons pour des vies humaines, et non pas pour protéger nos croyances idéologiques".

Plus sobre dans la forme, la Dr Carmen Escrig exprime aussi cet espoir malgré l'absence de curiosité des organisations anti-tabac locales. "Il est dommage que certaines des principales sociétés scientifiques soient aspirées par l'alarmisme au lieu de participer à un congrès qui a eu la volonté de débattre sous un angle éminemment scientifique et indépendant. Le vapotage est un phénomène qui peut sauver la vie de millions de fumeurs. La communauté médicale et scientifique ne peut plus leur tourner le dos".


mardi 11 septembre 2018

Suisse: les autorités et les cigarettiers veulent interdire la vape aux fumeurs mineurs pour continuer de leur vendre des cigarettes

Interdire la vape aux mineurs pour mieux continuer de leur vendre des cigarettes. L'accord de dupes de la table-ronde des autorités et des cigarettiers a été rejeté par l'Association Suisse des professionnels indépendants de la vape (SVTA). Elle annonce réviser son code de conduite pour autoriser la vente aux fumeurs de plus de 16 ans de produits de vapotage sans nicotine afin de leur donner une chance de quitter les cigarettes.

Edit 14H pour préciser: Visiblement beaucoup de lecteurs suisses ne savent pas qu'aucune législation fédérale n'interdit la vente de cigarettes aux mineurs. Certains cantons fixé un âge limite de vente à 16 ans, d'autres à 18 ans et certains aucune. Genève est dans ce dernier cas, le Conseiller d'Etat Mauro Poggia a annoncé préparer une loi cantonale pour cela, non pas contre le tabagisme adolescent galopant, mais en raison de l'arrivée du vapotage et de la vente légale de cdb. Sic ! 

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a pris grand soin d'exclure les usagers de sa table-ronde sur le vapotage en juin. Organisée sous la pression conjointe du lobby cigarettier et de l'anti-tabac Joachim Eder,  l'administration avait convié cigarettiers, grande distribution et aussi des professionnels de la vape indépendants. Rien n'avait filtré jusque-là de cette rencontre dont le but avoué était d'imposer un âge limite de vente des produits de vapotage.

La table-ronde est un échec

Suite à l'abrogation de sa prohibition illégale par le Tribunal administratif fédéral (TAF) fin avril, l'administration est dépassée par une situation qu'elle a pourtant provoqué par dix ans d'incompétence sur le sujet. Son unique obsession est d'assimiler le vapotage au tabac dans sa future loi LPTab. Mais trois mois après la table-ronde, son échec est consumé. "Aucun accord n'a pu être trouvé avec l’industrie du tabac", révèle le communiqué de la Swiss Vape Trade Association (SVTA).

Interdire la vape pour mieux vendre des cigarettes

"Afin de renforcer et d’étendre la protection des mineurs, la SVTA a demandé à la table ronde de l’OSAV qu’une limite d’âge de 18 ans soit également introduite pour les produits du tabac (cigarettes, cigares, etc …). Malheureusement, nous nous sommes trouvés en opposition avec l’industrie du tabac sur le sujet", explique l’association des professionnels de la vape. En dehors de la vape indépendante, seule la chaîne de détaillants Coop a appuyé la proposition. En version décryptée: les cigarettiers et leurs alliés veulent interdire la vente des produits de vapotage pour mieux continuer de vendre des cigarettes aux ados.

Ou donner une chance aux fumeurs

"Par conséquent, un consensus à la table ronde n’est pas possible", déclare Rachel Jossen, membre du comité de la SVTA. L'association annonce donc réviser son code de conduite de manière unilatérale. Elle engage ses membres à ne pas vendre de produits de vapotage nicotinés aux moins de 18 ans, mais autorise la remise "de liquides exempts de nicotine aux fumeurs de plus de 16 ans dans un but de réduction des risques", explique Rachel Jossen. 

Objectif clair de la filière du vapotage, donner une chance aux mineurs, à qui les cigarettiers vendent des cigarettes, de pouvoir sortir du tabagisme"L’objectif est de donner aux adolescents le choix entre consommer des cigarettes mortelles et le vapotage au moins 95% moins nocif".

Génération sacrifiée

En Suisse, 14,3% des adolescents de 16 ans sont déjà fumeurs, dont la moitié au quotidien, selon le monitorage officiel de 2016. Un taux qui explose à près de 40% pour la génération des jeunes adultes de 18-25 ans actuels ayant grandi dans les années de prohibition du vapotage nicotiné. Tandis que le tabagisme des jeunes adultes a chuté à 10% aux Etats-Unis, invalidant sans discussion possible la réalité de la théorie de la passerelle. Les exemples britannique et parisien confirment que le vapotage provoque plutôt une chute accélérée du tabagisme des jeunes. Ce qui n'empêche pas les médias de vendre du sensationnalisme bidonné sur la question.


dimanche 2 septembre 2018

Fin de la consultation européenne le 3 septembre: ma contribution pour l'abolition des taxes anti-vape


La consultation publique ouverte par la Commission Européenne sur le projet de surtaxe des produits de vapotage, ainsi que des taxes d'accise sur le tabac, se clôt demain le 3 septembre. Leur questionnaire prend quelques minutes à répondre. Il m'a semblé nécessaire de préciser certaines choses impossible à exprimer dans le cadre des questions de la Commission Européenne. Voici le texte que j'ai joint en complément à titre personnel.


Les taxes anti-vape sont sanitairement, socialement et économiquement des monstres : il est urgent d’y mettre fin dans l’Union Européenne.

Depuis l’introduction de la taxe anti-vape en Italie, le nombre de fumeurs a augmenté de plus d’un million, passant au dessus des 12 millions, tandis que le nombre de vapoteurs s’est écroulé à peu près d’autant, selon les données de l’Istituto Superiore de la Sanità. Cette catastrophe de santé publique s’accompagne d’un écroulement d’un secteur qui employait des dizaines de milliers d’employés, la perte de revenu de la TVA sur les produits de vapotage pour l’Etat et à terme une augmentation des coûts sociaux liés aux maladies du tabagisme est inéluctable. Le bilan de cette taxe est indubitablement une catastrophe pour la population et pour le tissus économique local. Le principal bénéficiaire en est le lobby pharmaceutique qui pérennise son marché des maladies liées au tabagisme.

Les autres pays de l’Union Européenne ayant introduit une taxe anti-vape depuis suffisamment de temps pour avoir du recul, illustrent les mêmes tendances. Au Portugal, la taxe anti-vape a tué dans l’œuf le développement du vapotage tandis que la prévalence tabagique n’a pas évolué depuis près de dix ans. En Grèce, la taxe anti-vape a soutenu un taux de tabagisme record et impulsé un vaste marché noir des produits de vapotage

Le vapotage est une solution de sortie du tabagisme

Le marché noir n’est pas une solution optimale pour les consommateurs en faisant perdre du contrôle sur la qualité des produits. Mais face à des mesures prohibitives, il reste une solution de sauvegarde d’un moyen de réduction des risques face aux cigarettes. Cependant, il augmente les risques de ventes sans contrôle d’âge. En l’état actuel au niveau européen les études britanniques, ainsi qu’à plus petite échelle celle menée par le Pr Bertrand Dautzenberg dans la population parisienne, montre que le vapotage accélère la chute du tabagisme des adolescents et ne constitue aucunement une passerelle vers celui-ci. Le discours du lobbyiste anonyme M. McK., lié au conglomérat de l’affairiste Michael Bloomberg, utilise des données du contexte américain, traitées de manière douteuse, qui ne sont ni pertinentes ni fiables pour la situation européenne.

Bien que le lobby de la maladie inonde les médias de fake news et de junk science afin de produire le doute dans la population, la réduction des risques du vapotage par rapport aux cigarettes est claire. Sans monoxyde de carbone ni goudrons générés, la consommation de vapotage induit pour ses usagers des niveaux de toxiques équivalents à ceux des substituts nicotiniques sur lesquels nous avons 40 ans de recul. Plus de 7,5 millions d’européens ont déjà choisi d’arrêter de fumer et 9 millions ont réduit leur consommation de cigarettes à l’aide du vapotage, selon les données de l’Eurobaromètre 2017


Le vapotage n’est pas un produit du tabac, il est un mode de consommation sans combustion. Il pourrait s’appliquer à de multiples substances à l’avenir. Le pousser de force dans la case des produits tabagiques est une manière de livrer le produit et ses consommateurs aux lobbys en place. Ce conservatisme d’économie-politique est voué à passer aux poubelles de l’histoire par l’évolution sociale initiée par ce mode de consommation et ses usagers. Il est inquiétant que la consultation conçue par la Commission Européenne soit incapable d’anticiper ce mouvement et apparaisse comme un questionnaire conçu au siècle passé par rapport aux réalités des pratiques de la population.

S’attaquer au vapotage est une mesure anti-sociale

Outre la réduction des risques sanitaires, le vapotage permet aux fumeurs s’y convertissant d’alléger la part de leur budget consacrée aux taxations régressives socialement des produits du tabac. L’augmentation de ces taxes a accru les inégalités sociales de santé alors que les classes défavorisées et vulnérables ont une prévalence tabagique nettement supérieure à la moyenne, tout en étant aussi nombreux à essayer de s’en sortir mais avec un taux d’échec beaucoup plus important. Les mesures de réduction des risques apparaissent comme des solutions alternatives bien plus bénéfiques que les politiques de stigmatisation contre-productives sur ces groupes sociaux. 

Le vapotage se présente comme un des moyens privilégiés pour soutenir une politique de santé publique responsable à l’opposé de l’orientation autoritaire et anti-sociale promue par les groupes néo-puritains, les lobbys pharmaceutiques et cigarettiers (Arte, Vox Pop, 14 mars 2016). Cette question de vie quotidienne préoccupe une part importante de la population, d’autant plus qu’elle concerne aussi les proches des fumeurs. La posture archaïque hostile à l’encontre d’une approche de réduction des risques sur la question du tabagisme, qui prévaut en soubassement des questions posées par cette consultation, mine de manière latente la cohésion sociale et la crédibilité des institutions.

Le rejet de la réduction des risques par les élites nourrit le rejet des élites par la population

Il est très inquiétant à ce sujet que la Commission Européenne refuse de s’intéresser objectivement au sujet, notamment par les multiples blocages du Commissaire lituanien Andriukaitis. Son mépris affiché envers les études scientifiques indépendantes et sérieuses, notamment du Public Health England et du Royal College of Physicians, ainsi qu’envers le public dans les médias et sur les réseaux sociaux est inacceptable. Certes, son pays a une lourde dette historique et des intérêts encore actuels à maintenir le tabagisme. Mais la politique de santé publique européenne ne peut être réduite aux vieilles méthodes de Komintern. 

Si la politique européenne sur le vapotage n’a pas été le sujet prédominant du débat sur le Brexit, elle était tout de même mentionnée comme un sujet influençant leur vote sur le sujet par un tiers des vapoteurs, qui étaient près de 2,5 millions au Royaume-Uni à ce moment-là. En Italie, la décision en décembre 2017 de renforcer les mesures anti-vape, accompagnées de taxes allégées pour les produits des cigarettiers, n’a probablement pas adouci la cuisante défaite du Parti Démocratique aux élections suivantes.

Comme vous le savez, 16 organisations européennes de défense des usagers de moyens de consommation de nicotine à risque réduit ont appelé à participer à cette consultation. Une réaction prédominante des usagers de vapotage, exprimée notamment sur les réseaux sociaux, a été le refus de participer à cette consultation jugeant inutile de perdre du temps, estimant que leurs avis ne seraient pas pris en compte, que la bureaucratie européenne ne s’intéresse qu’aux gains financiers à court terme et qu’elle défend avant tout les intérêts des grands lobbys. 

Le fait que cette consultation n’ait pas intégré d’option pour éliminer toute surtaxe contre le vapotage alors que 89,88 % des répondants à la consultation de 2016 s’opposaient à toute surtaxe nourrit cette perte de confiance à l’égard de la Commission Européenne. Un grand nombre pense que le marché noir sera un recours face à des taxations exagérées. 

Surtaxer un produit de réduction des risques permettant à des millions de fumeurs d’arrêter de fumer ou de réduire leur consommation de cigarettes n’a pas de fondement éthique. Justifier cette surtaxe au titre des taxes comportementales contre les « pêchés » mine la crédibilité des motivations de celles-ci et des défenseurs de ces taxes. Punir financièrement l’arrêt du tabagisme est un message insensé du point de vue de la santé publique. 

Choisir le progrès plutôt que l’obscurantisme

Pour ma part, j’ose encore espérer que la politique européenne devienne mature et responsable sur le sujet, en privilégiant d’accompagner un mouvement technique et social pour le meilleur plutôt que de tenter de protéger le statu-quo d’un monde tabagique en voie d’obsolescence. Le vapotage est un moyen de consommation à risque réduit qui va éliminer la fumée, réduisant ainsi drastiquement les maladies liées à ce mode de consommation que ce soit pour la nicotine ou d’autres substances, telles que les cannabinoïdes. La consommation de nicotine, tout comme des cannabinoïdes, ne disparaîtra pas. Le croire est de l’ordre d’un mauvais fantasme dystopique. Freiner cette mutation techno-sociale par des taxes injustifiées fait apparaître les instances européennes pour des organisations arriérées et insensibles aux besoins actuels de la population.

Anticiper et accompagner le développement des entreprises de vapotage enracinées dans le tissu économique local devrait être l’axe de réflexion des instances économiques européennes. Les surtaxes du vapotage s’opposent à une telle politique de développement en favorisant le maintien du tabagisme, le développement du marché noir et des achats hors de l’Europe. Soutenir le report modal des fumeurs vers le vapotage serait bénéfique pour la santé publique et les budgets liées à ces dépenses, favoriserait un ré-équilibrage du poids des taxes régressives et des inégalités de santé pour les classes défavorisées et les groupes sociaux vulnérables, et donnerait un signal positif à la population sur l’attention à son propos de la Commission Européenne. 

Il n’y a qu’une décision viable dans ce dossier: mettre fin aux surtaxes contre le vapotage dans l’Union Européenne.

Avec mes salutations cordiales.

Genève, le 31 août 2018
Poirson Philippe

Membre du comité des associations Helvetic Vape et Sovape. Sans lien d’intérêt financier avec les industries déontologiquement douteuses de la pharmaceutique et du tabac, ni pour raison d’indépendance dans mon domaine d’action avec quelconque entreprise de vapotage.


samedi 1 septembre 2018

[Bref] Près de 40% de croissance de la vape indépendante en Allemagne cette année

Près de 40% de croissance en 2018. Le marché de la vape indépendante en Allemagne devrait atteindre 400 millions € de chiffre d'affaires, selon la Bündnis für Tabakfreien Genuss (BfTG). Créée en 2015, l'Alliance pour le plaisir sans tabac est l'association des professionnels du vapotage indépendants en Allemagne. L'estimation s'appuie sur une enquête auprès de plus de 100 entreprises de vape indépendantes. La BfTG prévoit que le secteur devrait continuer de progresser en 2019 de 25% pour atteindre 500 millions €.

Cet optimisme s'appuie notamment sur le niveau élevé de fumeurs se convertissant rapidement au vapotage. L'association souligne que l'Allemagne compte près de deux millions de vapoteurs, selon les statistiques officielles. "Le vapotage est un marché en forte croissance en Allemagne. De plus en plus de fumeurs réalisent le potentiel de la vape", s'enthousiasme Dustin Dahlmann, président de la BfTG. Réduction des risques par rapport aux cigarettes et amélioration de la santé pour les fumeurs, diversité des produits, notamment des goûts, et économie du coût par rapport au tabac sont les motivations du passage à la vape des fumeurs. 

Ne pas nuire

Les ventes progressent au détriment du tabac mais les autorités allemandes pourraient mieux soutenir ce changement, estime le responsable de l'association des entreprises de vape indépendantes. "Il y a encore un grand besoin d'action de la part des politiciens. La réglementation politique ne doit pas limiter la disponibilité du produit. Parce que cela empêcherait qu'encore plus de fumeurs arrêtent leur consommation de tabac en passant au vapotage", explique Dustin Dahlmann, inquiet des projets de taxe anti-vape, notamment de la Commission Européenne, et d'une possible interdiction de la publicité en Allemagne.

Les entreprises du secteur emploient en moyenne huit personnes selon les données de l'enquête de la BfTG. La part de la distribution chez les détaillants physiques a fortement progressé pour atteindre 42%, tandis que 37% des vendeurs combinent magasins physiques et ventes par internet. La vente exclusive par internet s'est réduite à 21% des vendeurs. En contraste du chiffre d'affaires de 400 millions € annoncé par le secteur indépendant, l'institut Nielsen évaluait les ventes de produits de vape en magasins non spécialisés (kiosques notamment) à 33 millions € en 2017 en Allemagne. 


jeudi 23 août 2018

Le Trésor britannique enterre le projet de surtaxe anti-vape au Royaume-Uni

Le Trésor britannique a déjà enterré le projet d'une surtaxe anti-vape, qui se serait ajoutée à l'actuelle TVA à 20%. "Je suis d'accord que les produits de vapotage ont un rôle à jouer dans la réduction du tabagisme", annonce Robert Jenrick, secrétaire du Trésor. Dans sa lettre à l'association professionnelle UKVIA, le porte-parole du Trésor écarte le projet d’introduire une surtaxe sur les produits de vapotage, tout en reconnaissant qu'elle a été à l'agenda des mesures évaluées par les Ministres. Tandis que les médias francophones passent sous silence le projet de la Commission Européenne de taxe contre la vape visant à protéger les ventes de cigarettes de cette "concurrence déloyale", l'idée du Trésor britannique d'imiter ses homologues de Bruxelles a soulevé un tollé ces dernières semaines au Royaume-Uni. 

Aussi bien les libéraux, "par nature" anti-taxe, que les partisans de taxes comportementales se sont opposés à ce projet saugrenu. "Le vapotage est un des moyens les plus efficaces pour arrêter de fumer. Le gouvernement doit financer plus de recherche et éventuellement en distribuer gratuitement dans les Services de santé (NHS). Cela peut permettre d'économiser de l'argent sur le traitement du cancer, etc. Je ne pense donc pas que le surtaxer soit une bonne idée", déclare Vicky Foxcroft, députée travailliste de Lewisham Deptford. Tandis que Chris Snowdon, du libéral Institute of  Economic Affairs, estimait qu'une taxe sur le vapotage reviendrait à vouloir taxer les vélos pour prévenir l'obésité.

"Une taxe sur le vapotage tuerait des gens"

"En tant que législateurs, nous utilisons souvent le système de taxation pour inciter le public à adopter des modes de vie plus sains, d’où les «taxes sur le péché» [comportementales] sur les cigarettes, l’alcool et le sucre. Que vous soyez ou non d'accord avec le principe que le gouvernement s'engage dans une économie comportementale, une "taxe sur la vape" aurait un impact régressif sur la santé publique", explique Mary Glindon, députée travailliste dans le journal City AM du 8 août"Il est important que nous poursuivions des politiques efficaces de réduction des risques. Une taxe sur le vapotage irait à l'encontre de cet objectif"

Même du côté du parti du gouvernement, des conservateurs se sont distingués du projet. "Une taxe sur le vapotage tuerait des gens", s'est offusqué Mark Wallace dans le Conservative Home, avant d'insister: "elle pénaliserait les personnes qui arrêtent de fumer et aurait probablement pour effet de dissuader certaines personnes de le faire. Des gens en mourraient et la santé publique - cette cause pour laquelle le même Trésor dépense beaucoup d'argent - en souffrirait".

Dans la sphère de la santé publique, le Pr Robert West, directeur des recherches sur le tabac à l'University College de Londres (UCL), avait dénoncé dans le Times "une stratégie à très haut risque du point de vue de la santé publique". Mené avant l'annonce de projet de taxe mais publié la semaine dernière, le rapport de l'enquête parlementaire sur les opportunités offertes par le Brexit concernant le vapotage a nourri le rejet d'une taxe punitive contre l'outil de réduction des risques.

La New Nicotine Alliance, l'association des usagers de produits nicotinés à risque réduit, s'est réjouit de l'abandon du projet de sanction financière contre les vapoteurs "contraire à l'éthique". Le projet européen reste de son côté d'actualité...