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samedi 22 septembre 2018

#COP8FCTC Le Réseau des usagers INNCO demande à l'OMS de respecter les droits de l'homme et sa charte anti-tabac en incluant la réduction des risques

Le 8ème Sommet anti-tabac #COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se tiendra à huis-clos à Genève du 1er au 6 octobre. INNCO, le Réseau international regroupant plus de 30 organisations d'usagers de produits nicotinés à risque réduit, a vu sa demande d'accréditation comme observateur rejetée sans explication par le bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. A défaut d'être considérés partie prenante du sujet les concernant au premier chef du vapotage, qui sera au cœur de cette COP8, les usagers ont écrit une lettre ouverte avant son ouverture. "L'OMS devrait rejeter la prohibition et reconnaître l'approche de réduction des risques, par une réglementation proportionnée au risque des produits nicotinés sans combustion dans le cadre d'une stratégie efficace de réduction des risques, requise et définie par l'article 1.d de sa Convention-cadre de lutte antitabac", appelle la lettre d'INNCO, signée de sa présidente Nancy Sutthoff. 

Fin juin, le bureau anti-tabac de l'OMS a publié son rapport préliminaire sur le vapotage pour préparer ce sommet. Son soutien est clair aux pays prohibitionnistes qui ont criminalisé le vapotage, et parfois même les vapoteurs, tels que les nations du tabac de Thaïlande, du Brésil et les régimes totalitaires comme la Corée du Nord ou le Turkménistan. Depuis, l'Inde, autre grande nation productrice de tabac, s'est appuyée notamment sur ce rapport préliminaire pour justifier une interdiction de vente du vapotage, alors que plus de 125 millions d'indiens fument.

Une violation des droits humains préjudiciable à la santé publique

Pourtant, "c'est la fumée de la combustion qui cause le fardeau des maladies liées au tabagisme. Il ne fait aucun doute que les produits non combustibles sont beaucoup moins nocifs que les cigarettes", explique l'INNCO. "Nous considérons que l'interdiction de ces produits est contraire à l'éthique, non scientifique, préjudiciable à la santé publique et constitue une protection irrationnelle du commerce des cigarettes", poursuit l'organisation avant de préciser, "une réglementation excessive ou une taxation [des moyens de réduction des risques] est contre-productive et négligente, car la réduction des risques est un droit de l'homme"

INNCO considère que le vapotage n'étant pas un produit de tabac, il ne devrait pas être concerné par les restrictions sur ces produits prônées par l'OMS. Au contraire, l'INNCO pense qu'il devrait être intégré dans une approche de réduction des risques, telle que le prévoit la Convention-cadre élaborée en 2003 sous la direction de Derek Yach. Mais ce point n'a jamais été mis en oeuvre depuis. INNCO exhorte les participants au Sommet COP8FCTC de suivre cette exigence de la charte qu'ils ont signé. Et en conséquence de réviser l'appel à l'interdiction ou la restriction des droits de vente, fabrication ou d'usage du vapotage que propage le bureau anti-tabac de l'OMS. 

Sans témoin

Les délégués des 180 pays membres et de la Commission Européenne entendront-ils cet appel à respecter les droits humains et prendre en considération l'approche de réduction des risques de la part des usagers? On peut en douter. L'exclusion par le bureau anti-tabac de l'OMS de la participation du réseau INNCO à son Sommet foule aux pieds les principes de la charte d'Ottawa de 1986 de l'OMS sur la participation du public aux questions de santé le concernant. La COP8FCTC se déroulera à huis-clos avec près de 2'000 lobbyistes choisis par le bureau anti-tabac de l'OMS. Pour une grande part, des organisations liées à l'industrie pharmaceutique ou au milliardaire affairiste Michael Bloomberg. 

Le public et les journalistes aussi seront interdits de suivre les séances et les débats, à l'exception du traditionnel et ligneux speech d'inauguration. Une stratégie d'opacité propice au noyautage comme l'a montré la dernière édition du Sommet de 2016 dans le smog de New Delhi. Mais une opacité qui confère surtout une extension sans contrôle du pouvoir du bureau anti-tabac de l'OMS, qui dépasse désormais largement les prérogatives prévues initialement de son rôle de secrétariat. 

Il n'y aura donc aucun témoin dans le Centre international de conférences de Genève (CICG) de la manière dont les délégués des pays membres prennent leurs décisions sous la pression des lobbyistes. La sélection des délégués des pays membres est elle-même assez obscure. En l'absence d'information transparente, la rumeur qui circule sur le nom de la déléguée française a d'ailleurs de quoi interloquer...


mercredi 29 août 2018

L'Inde, grande nation du tabac, annonce la prohibition du vapotage

"L'Inde a choisi de criminaliser le vapotage. Une mesure régressive basée sur une mésinformation, de la peur et le refus de prendre en considération la science. Elle va coûter des millions de vies au pays". Le tweet de l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) semble désabusé après des mois de lutte pour faire reconnaître le droit à l'accès au moyen de réduction des risques en Inde. En pièce jointe, l'avis du Ministère de la santé sur les produits de vapotage et les cigarettes chauffées, que les autorités indiennes ne différencient pas.  Le document officiel publié hier demande aux Etats indiens "d'empêcher la vente (y compris en ligne), la production, la distribution, la vente, l'importation et la publicité" des produits de vapotage et assimilés. L'avis du Ministère reproche au vapotage de délivrer de la nicotine. Bien que les produits nicotinés, dont les cigarettes, les bidies et le tabac oral local extrêmement nocifs, sont en vente libre et massivement produits en Inde.

L'Inde rejoint la Corée du Nord, la Thaïlande et le Brésil

Le Ministère de la santé appuie aussi son avis de prohibition sur le fait que les six Etats indiens, producteurs de tabac, ainsi que trente pays récemment mis en avant par le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS ont déjà interdit le vapotage. L'Inde rejoint ainsi les autres grandes nations productrices de tabac comme le Brésil, la Thaïlande et l'Indonésie, ainsi que les dictatures totalitaires comme la Corée du Nord et une série de régime religieux du moyen-orient dans le camp des pays prohibitionnistes du vapotage. L'Inde est parmi les grand producteurs mondiaux de tabac et instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production locale. L'Indian Tobacco Company détient 80% du marché intérieur des cigarettes. Près de 270 millions d'indiens consomment un des produits de tabac, dont près de 120 millions de fumeurs. Il y aurait près d'un million de décès liés à une maladie provoquée par le tabagisme par an en Inde [édité].

Combien de morts au crédit de la FCTC de l'OMS ?

Le rôle du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS, dont le sommet bisannuel COP 8 se tiendra la première semaine d'octobre à Genève, dans cette décision violant le devoir de réduction des risques de sa convention (art. 1.d) est affligeant. La complicité silencieuse des délégations des pays démocratiques, notamment celles européennes et britanniques, sur les agissements contraires aux droits humains et en violation de la convention qu'il est sensée défendre du secrétariat de la FCTC n'est plus acceptable. Cette décision catastrophique pour la santé publique en est un nouvel épisode.

L'avis du Ministère de santé d'Inde publié hier:


jeudi 9 août 2018

Avant son Sommet anti-tabac COP8: l'OMS fière d'avoir poussé 30 pays à interdire le vapotage

Le secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prépare son grand sommet de Genève du 1er au 6 octobre. L'oligarque Michael Bloomberg a déjà fait passer ses mots d'ordre au bureau anti-tabac de l'OMS lors du sommet au Cap qu'il a organisé en mars. On trouve donc au menu de cette huitième convention des parties (COP8), la guerre au vapotage. Le secrétariat dirigé par la brésilienne Vera da Costa vient de publier un rapport préliminaire à la COP8 sur l'évolution des réglementations et du marché de la vape

Le révisionnisme des résolutions de la COP7

Singulièrement, ce rapport révise l'histoire des prises de position des conventions en affirmant que la précédente édition, à New Delhi en 2016, aurait adopté l'appel à "la prohibition ou de restriction de la vente, production et usage" du vapotage, avec ou sans nicotine. En réalité, la proposition de résolution du secrétariat avait été rejetée par l'opposition de trois délégations.

Le Canada, l'Union Européenne et le Royaume-Uni avaient estimé le controversé rapport scientifique de l'OMS insuffisant pour soutenir une telle décision. Ce rapport, non signé, qui s'appuyait sur des études dépassées, des opinions idéologiques et de soi-disant recherches non-publiées, avait été laminé par un contre-rapport du Centre britannique d'études sur le tabac et l'alcool (UKCTAS).

Les violations du bureau de l'OMS de sa propre charte

Il est vrai que le secrétariat n'en a pas tenu compte. Il a multiplié les appels à la criminalisation des vapoteurs. Modèles à suivre: la Corée du Nord et la junte militaire thaïlandaise, comme l'espère Jagdish Kaur, cadre du bureau anti-tabac pour l'Asie du Sud-Est de l'OMS, dans un article d'une revue indienne de santé publique en septembre 2017. Un appel suivi par les autorités de Singapour.

Le bureau anti-tabac de l'OMS a aussi passé un accord de partenariat financier avec la junte en Thaïlande qui détient également le Monopole du Tabac national. Arrestations, incarcérations, saisies d'argent ou de biens et brimades de vapoteurs en Thaïlande sont régulièrement rapportés. En Corée du Nord, la chape de plomb sur le régime du fumeur intempestif Kim Jong-un ne permet pas de savoir si des déportations de vapoteurs ont effectivement eu lieu.
Financement par l'industrie du tabac thaïlandaise, encouragement à des violations des droits humains et rejet du principe de réduction des risques, la dérive du bureau anti-tabac de l'OMS par rapport à la charte qu'elle est censé faire appliquer ne sont évidemment pas évoqués dans son rapport. Mais on peut donc ajouter à cette liste, le mépris et le révisionnisme des décisions de la convention elle-même.

30 pays prohibitionnistes selon l'OMS

Le rapport souligne la grande hétérogénéité de l'usage de la vape dans le monde. Il avance des chiffres disparates, qui donnent plus l'impression d'un article de tabloïd rédigé à la va-vite que d'un rapport sérieux. Le secrétariat rapporte les réponses des pays membres sur leur réglementation concernant le vapotage. D'après ces informations, sur les 181 pays membres, 102 rapportent que le vapotage y est disponible, dont 39 sans réglementation. 

En sens contraire, le bureau de l'OMS met en avant 30 pays se déclarant prohibitionnistes, sans spécifier si l'interdiction porte sur la vente et/ou l'usage. Ce qui rend cette liste imprécise et floue, à l'image de la qualité générale du rapport. On y trouve des pays comme l'Iran, le Koweit, Singapour, l'Australie et, évidemment, le Brésil, principal bénéficiaire en balance commerciale des échanges de tabac brut au monde.

Placé en Europe par l'OMS, le Turkmenistan, dictature néo-stalinienne, interdit le vapotage, avec la particularité d'interdire également le tabagisme. Une certaine forme de cohérence. A ma connaissance, non partagée par la plupart des autres pays mentionnés qui n'interdisent pas les cigarettes. Quand ce n'est pas l'inverse, à l'image des deux modèles "à suivre" selon l'OMS de la Corée du Nord et de la Thaïlande.

On peut douter de l'exactitude de l'information de l'OMS pour certains pays listés comme prohibitionnistes. Le Mexique, mentionné comme tel, est en réalité dans une situation de vide légal sur le sujet. L'île Maurice a le projet de rendre illégal le vapotage, mais selon mes informations, la décision n'a pas encore été validée. Au Bahrein, le vapotage est depuis peu surtaxé, mais n'est donc pas illégal. Bref, un rapport à la hauteur de la qualité du travail de ce secrétariat d'illuminés incapables de s'appuyer sur des données et des analyses sérieuses. 

La poursuite de la répression de l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage

Le rapport préliminaire, qui généralement constitue la décision finale de la convention prise par avance, et visiblement même lorsque celle-ci n'est pas avalisée par les membres, appelle à réglementer le vapotage contre les "conséquences potentielles" de son essor. Sans données probantes, le bureau anti-tabac pointe "l’augmentation de l’adoption par les jeunes, l'impact sur les mesures de lutte antitabac existantes [sic!], les allégations de santé trompeuses et les stratégies de marketing trompeur et finalement le manque d'informations appropriées aux consommateurs [re Sic!]".

Il est plus que probable que les organisations d'usagers de vapotage ou d'autres moyens de réduction des risques soient de nouveau exclues du sommet. Il accueillera à huis-clos les délégués des Etats sous la pression de quelques milliers de lobbyistes de la pharmaceutique sélectionnés par le secrétariat de la FCTC. Une nouvelle absence de réaction des pays démocratiques, durant la COP8, face à l'état de dérive totale du secrétariat anti-tabac de l'OMS serait incompréhensible et très inquiétant.

mercredi 30 mai 2018

Maladies Non-Transmissibles: l'OMS refuse le dialogue avec l'association indépendante d'usagers NNA

Le projet de rapport sur les maladies non-transmissibles (MNT) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) continue de soulever la polémique. Outre l'association des usagers du vapotage en Allemagne IG-ED, une autre association d'usagers de produits nicotinés à risque réduit a proposé une contribution à la consultation publique ouverte par l'OMS: la New Nicotine Alliance britannique (NNA). Organisme de bienfaisance, la NNA publie ses comptes à la Charity Commission, fonctionne sur le bénévolat et stipule dans ses statuts n'accepter aucun financement de l'industrie du tabac ni même des dons de personnes liées d'intérêt avec le commerce de produits nicotinés. Et pourtant, l'OMS a rejeté sa contribution dans la catégorie "Commentaires reçus des entités avec lesquelles l'OMS ne s'engage pas". Sans autre explication. Le courrier de la NNA du 22 mai en demandant n'a pas reçu de réponse à ce jour de l'organisation onusienne.

Abus d'autorité injustifié

"Il est honteux que l'OMS ait décidé d'ignorer la voix de consommateurs tels que nous, et nous allons soulever cette question avec la communauté de santé publique au Royaume-Uni et les législateurs chargés d'approuver le financement de l'OMS. Nous estimons qu'il s'agit d'un abus d'autorité flagrant de la part de l'OMS et qu'ils devraient rapidement revenir sur ce point", dénonce un communiqué de la NNA ce matin. L'organisation rappelle que l'OMS adhère en principe à ses propres chartes d'Ottawa de 1986 et de Jakarta de 1997, qui prévoient d'inclure les usagers dans l'élaboration des décisions les concernant. 

Violations de la Convention-cadre anti-tabac par l'OMS

Mais le point sensible semble surtout que la NNA insiste sur le respect de l'approche de réduction des dommages stipulé à l'Article 1 d. de la Convention cadre de lutte anti-tabac de l'OMS, que le bureau anti-tabac de l'OMS censé administrer cette convention, viole et ignore totalement. "Les stratégies de réduction des risques doivent se concentrer sur l'élimination ou la réduction de l'exposition au tabac fumé en substituant le fumer par d'autres forme non-brûlée de nicotine, quelle que soit la source de la nicotine "propre"", propose la contribution de la NNA au projet de rapport de l'OMS sur les maladies non-transmissibles. L'organisation s'appuie pour défendre l'intégration de moyens de réductions des dommages à la politique anti-tabac sur un corpus scientifique allant des rapports du Royal College of Physicians (UK), du Public Health England, des statistiques européennes et même des rapports de l'OMS. On est assez loin de documents de l'industrie cigarettière. 

Mais le propos ne sied pas au bureau anti-tabac de l'OMS. Ce n'est pas vraiment un secret, celui-ci privilégie la guerre au vapotage et appelle à la criminalisation des vapoteurs sur le modèle Nord-Coréen et de la junte militaire Thaïlandaise, détentrice elle-même du Monopole du tabac dans son pays, et avec qui le bureau dirigé par Vera Da Costa a passé un partenariat financier. A strictement parler, le bureau censé faire appliquer la Convention cadre anti-tabac viole ainsi un autre de ses articles: celui de l'indépendance envers les intérêts financier de l'industrie du tabac.