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jeudi 30 juillet 2020

L'Institut Pasteur compare les toxiques entre cigarette, tabac chauffé et vape

Quel niveau de réduction des risques avec la vape ou une cigarette chauffée par rapport aux cigarettes classiques ? L’Institut Pasteur de Lille apporte sa contribution au sujet avec une étude approfondie. L’équipe menée par Romain Dusautoir a analysé les taux de carbonyles et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans les émissions d’une cigarette standard (3R4F), de la fumée de la cigarette chauffée Iqos, et de trois dispositifs de vapotage. Les chercheurs, financés par l’Institut national du cancer (INCa), ont ensuite procédé à des tests in vitro de viabilité de cellules épithéliales bronchiques humaines (BEAS-2B) exposées aux différents aérosols. 
« Dans le cadre de la réduction des méfaits du tabac, dans laquelle les fumeurs devraient idéalement pouvoir choisir librement parmi une variété de solutions de rechange au tabagisme, les produits du tabac émergents (comme le tabac chauffé [HTP]) et le vapotage semblent avoir le potentiel d’une nouvelle offre prometteuse. Toutefois, il est fondamental pour les fumeurs de connaître et de comparer les risques pour la santé de ces différents dispositifs émergents afin de déterminer quel produit devrait être préféré pour le sevrage tabagique », soulignent les onze coauteurs de l’étude financée par l’INCa et l’IResP.
Globalement, les résultats sont sans appel. "Conformément aux niveaux de composés toxiques mesurés dans chaque aérosol, l’aérosol de cigarette chauffée (HTP) présente une cytotoxicité réduite par rapport à la fumée de cigarette, mais plus élevée que les émissions de vapotage", conclut la publication en open-access dans le Journal of hazardous materials.

Les niveaux de carbonyles et de HAP mesurés

La fumée de cigarette contient près de 7000 composés toxiques, dont l’extrême majorité est absente du vapotage. Notamment, le vapotage ne contient ni monoxyde de carbone ni goudrons contrairement à la cigarette. L’étude menée à l’Institut Pasteur de Lille s’est concentrée sur le niveau de deux classes de toxiques dont certains sont encore présents dans le vapotage, en comparant les niveaux à ceux dégagés par du tabac chauffé et une cigarette. 

Ainsi, les niveaux de 19 carbonyles et de 23 hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ont été mesurés dans la fumée d’une cigarette, celle d’une Iqos (indiquée par HTP), du vapotage d’un modèle vieillissant d’Ego avec une résistance de 2,8 ohms alimentée à 4,6 Watts (nommée Lounge), et d’un Mod box plus récent avec une résistance en 0,5 ohms en deux configurations, l’une à 18 Watts et l’autre à 30 Watts. Les trois vapoteuses ont été testées avec un liquide à 16 mg/mL de nicotine, goût classique (en 70 % PG et 30 % VG). Les tests ont suivi le régime intensif de Santé Canada tout en veillant à ne pas créer artificiellement de dry-hit, en respectant notamment les recommandations de l’AFNOR.
« Pour assurer des conditions expérimentales réalistes, deux vapoteurs réguliers ont testé les e-cigs utilisés dans notre étude pour éviter la génération de bouffées sèches, en utilisant la durée de bouffée et les réglages de puissance tels qu’ils ont été testés avec la machine à fumer. Les utilisateurs ont confirmé l’absence de sensation de bouffée sèche et la production de vapeur suffisante. En outre, la température de l’aérosol généré a également été considérée comme un indicateur de pertinence expérimentale et de réalisme », stipulent les chercheurs, qui ont évité les erreurs méthodologiques « à l’américaine ».

Réduction de 99,8 % des carbonyles pour la Modbox

Les chercheurs ont analysé la présence des toxiques par bouffée et de manière pertinente par µg de nicotine délivré. Les résultats, détaillés pour chaque substance dans le papier, indiquent à délivrance égale de nicotine, une réduction de 77 % des émissions de carbonyles pour l’Iqos, et à plus de 99,5 % pour les différents modèles de vape, par rapport à la cigarette. Grossièrement, on peut dire que l’Iqos réduit par quatre fois la dose de carbonyles pour l’utilisateur à délivrance de nicotine similaire par rapport à la cigarette, tandis que les vapoteuses la réduisent de l’ordre de 200 à 500 fois. 
« Dans l’ensemble, nos données démontrent donc qu’à des températures normales, la teneur en carbonyles dans les émissions de vapotage ne représente qu’une petite fraction des niveaux inhalés par les utilisateurs de produits du tabac », précise l’étude.
Clique dessus pour la voir plus grande :
Dans le détail, les auteurs soulignent la nette réduction d’émission de carbonyles de l’Iqos en regard de la cigarette standard. Mais ils notent que la « présence de niveaux élevés d’acétaldéhyde est la marque de la pyrolyse et de dégradation thermogénique du tabac ». « En revanche, la principale source de carbonyles dans les émissions de vapotage est la dégradation thermique du glycérol et du propylène glycol contenue dans l’e-liquide. Certains carbonyles étaient quantifiables dans les différentes vapeurs d’e-cig testées, mais de plusieurs fois plus faibles que dans les émissions des deux produits du tabac testés ».

HAP réduits de 98,5 % avec la Modbox

Concernant les HAP, l’Ego se montre moins performante et ne réduit « que » de 92,5 % les taux de cette classe de toxiques par rapport à la cigarette. L’Iqos se montre un peu plus sûre avec une réduction de 94,3 %. Tandis que le modbox plus récent atteint 98,5 % et 99,2 % dans les deux configurations de puissance, en profitant d’une meilleure vaporisation de la nicotine. Les dispositifs de vapotage plus modernes en améliorant leur efficacité à la vaporisation de nicotine ont réduit les émissions d’HAP par dose de nicotine délivrée.

Tests de cytotoxicité in vitro

En plus de ces mesures, l’équipe de recherche a évalué l’impact toxicologique des aérosols produits. Ils ont exposé des cellules de la paroi (épithéliales) de bronches humaines à la fumée de la cigarette, de l’Iqos et aux aérosols des trois dispositifs de vapotage. Ils ont relevé la viabilité des cellules exposées, ainsi que des marqueurs de stress oxydatifs et de réponses inflammatoires.
« La réduction apparente de certains constituants nocifs dans les émissions de HTP et de vape par rapport à la cigarette de tabac ne peut pas être directement extrapolée à une réduction proportionnelle des méfaits pour les fumeurs »
Pour évaluer la viabilité cellulaire, les chercheurs ont déterminé la dose effective (ED50) qui élimine la moitié des cellules exposées. Les résultats sont éloquents. Deux bouffées de cigarettes suffisent à atteindre ce seuil tandis qu’il faut 45 bouffées d’Iqos. Les « vapeurs d’e-cig n’ont pas induit une mortalité cellulaire suffisante pour calculer une ED50 (quelle que soit la puissance ou le modèle e-cig testé) » après 120 bouffées. Dans une étude précédente, un des chercheurs avait été jusqu’à 576 bouffées avec différents e-liquides sans montrer de cytotoxicité.
« Nous avons également évalué la viabilité cellulaire en fonction de la nicotine émise. Les résultats étaient équivalents avec ou sans normalisation de la nicotine : une cytotoxicité plus élevée pour la cigarette de tabac (ED50 = 0,2 mg de nicotine) que pour HTP (ED50 = 2,8 mg de nicotine) et une faible cytotoxicité pour le vapotage »


Le stress oxydatif des cellules a été mesuré par le rapport entre les niveaux de glutathion oxydé (GSSG) et celui réduit (GSH). La cigarette a induit une augmentation de 2,7 du ratio GSSG/GSH dés la première bouffée. La cigarette chauffée a produit la même augmentation, mais après 12 bouffées. Tandis que du côté du vapotage, seule la Modbox à 30 watts à produit un changement similaire (2,9) après 120 bouffées. Sur cette base de 120 bouffées de vape, 12 bouffées d’Iqos et une seule bouffée de cigarette, les chercheurs ont vérifié une réaction de défense immunitaire des cellules. 
Enfin, ils ont relevé la sécrétion de cytokines en réponse à des processus inflammatoires. L’interprétation des résultats, plus prononcés avec moins de bouffées, reste à déterminer. « Ces différentes modulations dans les médiateurs inflammatoires peuvent s’expliquer en partie par les niveaux de carbonyle et d’HAP mesurés dans les différentes émissions », avancent les chercheurs.
« Cette étude contribue à une meilleure compréhension des propriétés des émissions de tabac chauffé (HTP) et de vapotage et de leurs impacts toxicologiques connexes. Elle fournit des données importantes nécessaires à l’évaluation des risques, en démontrant que le HTP pourrait être moins nocif que la cigarette de tabac, mais beaucoup plus nocif que le vapotage », concluent les chercheurs de l'Institut Pasteur de Lille.

mercredi 1 avril 2020

Covid-19 & Fake News: des scientifiques recadrent la FDA après un article vaseux de Bloomberg.com

Treize experts anti-tabac ont répliqué par lettre à une sortie vaseuse sur le vapotage et le Covid-19 d’un chargé de comm' de la Food and Drug Administration (FDA) dans Bloomberg.com. 

À sa lecture attentive, l’accroche tapageuse ne reflète pas vraiment le contenu vaseux de l’article. « Selon la FDA, vapoter pourrait aggraver les risques liés au virus », titre le site Blomberg.com le 27 mars. S’ensuivent des suppositions sur des possibilités alambiquées dont on cherche en vain les fondements. 

Dans un premier temps, les deux auteures avaient laissé dans le flou, avant d’éditer l’article pour préciser que ce sont elles qui ont sollicité la FDA. Puis elles ont encore modifié leur article pour y ajouter une déclaration complémentaire de l’intervenant de l’agence pour évoquer de potentiels risques pour les personnes ayant déjà des problèmes de santé, y incluant de manière énigmatique les vapoteurs visés initialement par la publication. 

Pourrait peut-être potentiellement

Le passage remanié en question de l’article de Bloomberg.com : « “Les personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents, tels que des problèmes cardiaques ou pulmonaires, pourraient avoir un risque accru de complications graves de Covid-19”, a déclaré Michael Felberbaum, un porte-parole de la FDA dans un courriel vendredi en réponse aux questions de Bloomberg. “Cela inclut les personnes qui fument et/ou vaporisent du tabac ou des produits contenant de la nicotine” ».

Michael Felberbaum, le chargé de communication de la FDA, se présente lui-même comme « un communicant, ex-journaliste à Associated Press, amateur de bières artisanales et joueur de hockey ». Cela situe son niveau d’expertise sur le Covid-19 et le vapotage, sujet sur lequel il n’y a aucune étude ni d’indice d’un quelconque lien positif ou négatif. L'article de Bloomberg.com évoque aussi un bout de phrase sortie d'un blog très spéculatif de Nora Volkow, directrice du National Institute on Drug Abuse (NIDA), l'institut qui a financé la mise au point des cigarettes OGM à très faible taux de nicotine.

Réagissant à cet article « regrettable », par un courrier envoyé hier à la FDA, treize experts chevronnés de la lutte contre le tabagisme déplorent le manque de sérieux de ce coup de comm' et ses conséquences négatives pour les personnes ayant arrêté de fumer avec le vapotage. 

Le public mérite une information honnête, même les vapoteurs

« Il y a environ 12 millions de vapoteurs et 34 millions de fumeurs aux États-Unis. S’ils doivent recevoir des informations sur des questions vitales, surtout en cette période anxiogène, ils méritent mieux qu’un courriel ad hoc d’un porte-parole de la FDA envoyé à un seul service d’information en ligne », pique le courrier signé notamment par le Procureur général de l’Iowa Thomas Miller, le Pr David Abrams de l’Université de New York et Clive Bates, expert renommé et ancien directeur de l’organisation anti-tabac Action on Smoking and Health (UK) (les autres signataires en note de fin d’article *). 

Plus précisément, ils regrettent l’effet de peur contre les vapoteurs recherché par la publication de Bloomberg à laquelle s’est prêté le chargé de comm' de la FDA. « Il est probable que de nombreux vapoteurs présentent des problèmes sous-jacents qui augmentent la vulnérabilité et la susceptibilité de symptômes graves ou mortels du Covid-19. Cela s’explique par le fait que beaucoup d’entre eux sont d’anciens ou encore fumeurs et qu’ils ont accumulé des dommages à leurs systèmes cardiovasculaire et respiratoire à travers de nombreuses années de tabagisme », expliquent les experts.

Propagande nuisible

Avant de poursuivre en pointant le caractère délétère de l’article. « Beaucoup vapotent dans le but de réduire leurs risques liés au tabagisme et, ou de soulager ces symptômes. Il est donc particulièrement important qu’une grande attention soit portée aux conseils donnés à ce groupe. Sur quelle base la FDA croit-elle pertinent en ce moment de décourager les personnes souffrant de troubles sous-jacents liés au tabagisme de vapoter, alors que l’alternative probable pour beaucoup serait un retour au tabagisme ? »

La question est surtout rhétorique, car il n’existe actuellement aucune donnée sur un quelconque risque, ni une diminution de risque, du vapotage en regard du Covid-19. Reste le conseil de santé, valable hors du contexte du Covid-19, d’arrêter de fumer. « Sur ce point, nous pensons donc que les conseils aux fumeurs devraient être conformes à l’impératif de santé publique d’arrêter de fumer par n’importe quelle méthode efficace, et cela inclut de passer au vapotage ou d’autres produits nicotinés non combustibles à faible risque ».

Ce qu’on ne sait pas dire clairement, mieux vaut le taire

« Si la FDA est en mesure de fournir des conseils francs et clairs qui mettent la santé de millions d’Américains au premier plan, et ce sur la base de connaissances comportementales et biomédicales solides, alors elle devrait le faire et nous serions heureux de la contribution de l’agence. Toutefois, si ses communications sont arbitraires et mal conçues, répandent la peur et la confusion avec peu de bases scientifiques et avec des conséquences imprévisibles, alors il serait préférable que la FDA et ses porte-paroles dans les médias s’abstiennent d’autres commentaires pour le moment », concluent les treize experts.

Bloomberg business

La lettre adressée à la FDA se concentre sur les manquements évidents de la communication de l’agence à cette occasion, en laissant de côté le média propagateur. Mais que Bloomberg.com publie un article pour répandre la peur chez les vapoteurs en sollicitant un communicant un peu bêta de la FDA n’est pas tout à fait innocent. Bloomberg.com est un site d’information dédié aux spéculateurs financiers, à l’image de son fondateur Michael Bloomberg. Celui-ci est également engagé en politique où il vient d’échouer aux primaires démocrates

Au début du mois, ces deux camarades de parti au pouvoir à New York avaient aussi joué la carte de la peur du vapotage pour ne pas faire face à l’épidémie de coronavirus. Au 8 mars, lorsque Bill de Blasio accusait le vapotage, il y avait 20 cas de covid-19 à New York. Selon la page du Gisand Data, il y a au moment où j’écris plus de 76 000 cas confirmés et 1714 décès du Covid-19 à New York.

Michael Bloomberg s’est aussi lancé depuis quelques années dans le business de la philanthropie avec plusieurs entreprises, dont la Bloomberg Philanthropies Company (LLC). Il a investi plusieurs centaines de millions dans des campagnes de lutte contre l’approche de réduction des risques face au tabagisme, en particulier contre le vapotage. Parmi ces derniers investissements, 160 millions $ sont attribués à une campagne pour faire interdire le vapotage « aromatisé » aux États-Unis.

Opacité totale sur les intérêts financiers de Bloomberg

Le milliardaire, dans le top 10 des fortunes mondiales, a refusé de présenter sa déclaration d’impôt durant les primaires démocrates. La plupart de ses entreprises « philanthropiques » sont des Limited Liability Company (LLC), qui n’ont pas à répondre des exigences habituelles des fondations philanthropiques. Aucun compte n’est publié, aucune obligation de financer des causes caritatives, aucune restriction sur des délits d’initiés, notamment sur le fait de financer une action qui va profiter à une entreprise du donateur. 

L’opacité totale de cette forme juridique pour des entreprises prétendant être philanthropiques est dénoncée par de nombreux chercheurs, sans avoir d’écho dans les médias. Aucun contrôle du public ne peut s’exercer sur les réelles motivations et les éventuelles tactiques financières de ces soi-disant initiatives philanthropiques. Les liens d’intérêts du milliardaire avec les entreprises pharmaceutiques, mais aussi avec des États tabagiques, notamment l'Inde et la Thaïlande, posent questions

Aucune réponse fiable ne peut être apportée en raison de l’opacité de son empire financier, y compris de la plupart de ses compagnies « philanthropiques ». L'orientation hostile à la réduction des risques et contre les droits des usagers des organismes financés par l'empire Bloomberg ne lève pas les doutes sur une instrumentalisation "troyenne" de la lutte anti-tabac pour les intérêts du milliardaire.

La désinformation contamine les autres continents

Dans son autobiographie et maints discours, où il aime parler de lui-même, Michael Bloomberg insiste sur son exigence d’obéissance et d’allégeance de ses employés. La mention des noms des deux auteures de l’article dans Bloomberg.com, Anna Edney et Angelica LaVito, est pour ainsi dire anecdotique.

La Fake News de Bloomberg.com sur un risque accru de Covid-19 par le vapotage a été diffusée et reprise par des organismes de la sphère d’influence du milliardaire et par des médias. Dans l’aire francophone, c’est le Comité national contre le tabagisme (CNCT) français qui a lancé le 27 mars le mauvais canular. L’association Sovape a répliqué, mais les médias proches des intérêts cigarettiers, comme le 20 Minutes suisse, ont repris l’enfumage du CNCT sans tenir compte de la communication de Sovape, ni de la lettre des treize experts anti-tabac. 

Le doute profitant au maintien dans le tabagisme, l’opération est bonne pour les défenseurs du statu quo tabagique. Par contre, on peut douter que cela n'accroisse la confiance du public envers les instances de santé. Aux Etats-Unis, plus de 40% de la population n'accordait déjà plus sa confiance aux messages des autorités sanitaires, selon une enquête en 2018 du Wellcome Trust.

* Les treize signataires de la lettre à la Food and Drug Administration (FDA):
Thomas J. Miller, Attorney General of Iowa (United States)
David B. Abrams, PhD, Professor, Social and Behavioral Sciences, College of Global Public Health, New York University (NYU) (United States)
Scott D. Ballin, JD, Health Policy Consultant, Former Vice President and Legislative Counsel American Heart Association, Washington DC (United States)
Clive Bates, MA, MSc, Director Counterfactual Consulting, Former Director, Action on Smoking
and Health UK, London (United Kingdom)
K. Michael Cummings, PhD, MPH, Professor, Department of Psychiatry & Behavioral Sciences, Co-leader, Hollings Cancer Center Tobacco Research Program, Medical University of South Carolina, Charleston (United States)
Konstantinos Farsalinos, MD, MPH King Abdulaziz University (Saudi Arabia), University of Patras (Greece) School of Public Health, University of West Attica (Greece)
Thomas J. Glynn, PhD Adjunct Lecturer School of Medicine Stanford University Palo Alto, California (United States) 
Ethan Nadelmann Founder Former Executive Director (2000-2017) Drug Policy Alliance New York (United States) 
Raymond Niaura, PhD Professor, Social and Behavioral Sciences College of Global Public Health New York University (United States) 
Steven A. Schroeder, MD Distinguished Professor of Health and Healthcare Department of Medicine, University of California, San Francisco (United States) 
David Sweanor, JD Chair of Advisory Board of the Center for Health Law, Policy and Ethics University of Ottawa (Canada) 
Kenneth Warner, PhD Avedis Donabedian Distinguished University Professor Emeritus of Public Health and Dean Emeritus, University of Michigan School of Public Health (United States) 
Daniel Wikler, PhD Mary B. Saltonstall Professor of Ethics and Population Health Department of Global Health and Population Harvard T.H. Chan School of Public Health Boston, Massachusetts (United States)

jeudi 19 mars 2020

Suisse, France et Italie: l'ouverture des vapeshops répond d'une double réduction des risques

Dans le contexte de restrictions liées à l'épidémie de Covid-19, l’Italie, la France et les cantons suisses de Neuchâtel, Vaud et Valais ont autorisé l’ouverture de magasins de vapotage. Au niveau fédéral, l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) ne s’est pas encore prononcé sur le sujet. En Espagne, l’Union des professionnels de vape UPEV) demande un traitement similaire. En Belgique, l’interdiction de vente à distance met en péril les vapoteurs, qui vont devoir passer par des circuits parallèles pour ne pas retomber dans le tabagisme.

Double réduction des risques : individuelle et collective

Les décisions des gouvernements italiens, français et des trois cantons romands répondent de deux formes de réduction des risques. La première au niveau individuel est de maintenir un accès aux produits de vapotage pour les ex-fumeurs qui n’ont pas la possibilité de passer par des achats à distance. La seconde collective permet d’éviter l’engorgement des bureaux de tabac et des effets de promiscuité en additionnant les vapoteurs aux fumeurs. 

Pour un succès de cette approche, les conditions d’hygiène sont cruciales. En ce sens, les organisations professionnelles de vape indépendantes françaises et romande ont annoncé des recommandations sanitaires strictes pour éviter au maximum le risque de propager le virus Covid-19. Cette situation inédite met au défi la communauté de la vape, à la fois les professionnels mais aussi les usagers, pour développer la culture de terrain de la réduction des risques.

Les personnes les plus fragiles

L’ouverture des magasins de vape concerne en premier lieu les catégories de personnes en difficulté sociale et souvent de santé fragile, qui n’ont pas, ou difficilement, la possibilité de passer par des achats à distance. Les largués d’internet, les personnes âgées, les exclus de moyens de paiements, les précaires de domicile, etc. Il y a des recouvrements importants entre tabagisme, niveaux socio-économiques, maladies et risques de complication avec le virus Covid-19.

Donner la possibilité à ces personnes de continuer d’accéder à des produits de vapotage réduit les risques liés à une rechute dans le tabagisme. C’est en soi, une réduction des méfaits sanitaires. Dans le contexte du coronavirus, qui attaque le système respiratoire, il est vraisemblable que fumer augmente les risques de cas graves.

Éviter les goulots d’étranglement

Il y a aussi une réduction des risques au niveau collectif. D’une part, un risque systémique inquiétant dans la situation d’épidémie est l’engorgement des hôpitaux. Ajouter aux cas de coronavirus, des personnes souffrant de problèmes respiratoires parce qu’elles ont rechuté dans le tabagisme serait négatif.

D’autre part, l’ouverture de vapeshops permet de réduire les interactions sociales en évitant aux vapoteurs n’ayant pas la possibilité d’achat à distance de s’additionner aux fumeurs dans les mêmes bureaux de tabac. Cela permet de réduire les effets de promiscuité et facilite la distance sociale, qui est pour le moment le moyen de prévention le plus efficace contre la propagation du virus.

Les consignes des organisations professionnelles

En France, la Fivape, fédération indépendante des professionnels de vape, et le SIIV, syndicat des vapoteries, ont tous deux publié des recommandations hier sur les règles à suivre: la page détaillée des protocoles recommandés de la Fivape concernant les différents secteurs de la filière du vapotage, et le document de recommandations du SIIV.

Côté Suisse, l’Association romande des professionnels de vape (ARPV) a communiqué cet après-midi ses consignes, suite aux autorisations des cantons de Neuchâtel, Vaud et du Valais. Une distance de deux mètres entre chaque personne, le lavage des mains systématique avec un produit hydroalcoolique entre chaque client et le passage de désinfectant sur les comptoirs, les poignées et le matériel manipulé entre chaque client sont notamment exigés par l’ARPV, en plus des consignes sanitaires générales à la population de l’OFSP.

Aucune donnée sur un effet antiviral du propylène glycol (PG) sur le Covid-19

Les trois organisations professionnelles exigent l’absence de vapotage à l’intérieur des magasins « afin de respecter les gestes barrières élémentaires », explique la Fivape. Bien qu’il existe plusieurs études sur les propriétés antivirales du propylène glycol sous forme d’aérosol, aucune n’a été menée spécifiquement sur le virus Covid-19. 

Insistons : rien ne permet d’affirmer que le propylène glycol a un pouvoir antiviral sur le Covid-19. Étant donnée, la brutalité de la contagion, la précaution impose de partir du principe qu’il n’élimine pas le virus jusqu’à une preuve solide.

Les tests ajournés

Le monde de la vape fait face à un défi difficile et inédit. L’étape charnière du testing de liquides, aidant à déterminer taux de nicotine et goût adaptés, pour amorcer le sevrage tabagique avec la vape est mise entre parenthèses de force. Selon la durée de l’épidémie, c’est un élément essentiel du rôle en première ligne pour l’arrêt tabagique des vapeshops qui devra peut-être être « réinventé » à terme.

L’importance de la dimension communautaire

Depuis dix ans sur le terrain de la réduction des risques face au tabagisme, le vapotage a les ressorts pour répondre à cette crise. Les associations, les groupes d’entraide, les forums, les médias audiovisuels et écrits constituent une armature communautaire. – Voir la page des liens utiles (liste non exhaustive) –. La crise du Covid-19 souligne l’importance cruciale de ces relais complémentaires au secteur commercial. 

A un moment où l’anxiété face à un péril invisible et inconnu peut amener à des comportements régressifs [qui a parlé de PQ?], la dimension collective d’une culture de réduction des risques n’est pas qu’une option. Elle est la voie pour gérer et apprendre collectivement à gérer les risques.

En complément, repères pour les usagers : vapoter à distance et aérer

Que l’on soit vapoteur ou non, il est avéré que les gouttelettes de sécrétions respiratoires peuvent transmettre le virus Covid-19. À titre de repères sur les distances de sécurité, un éternuement projette vite (jusqu’à 100 km/h) l’aérosol expiré avec des gouttelettes à 2,50 m en moyenne, selon des mesures du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Tandis qu’une toux non bloquée par le coude, irait jusqu’à environ 1,80 m. Tout vapoteur expérimenté sait qu’il peut fortement moduler son expiration de vapotage, du grand nuage jusqu’à la vape discrète à très faible portée. 

À côté des gouttelettes, la transmission du virus en aérosol ou par dépôt sur les surfaces inertes n’est pas clarifiée. Une étude publiée hier dans le New England Journal of Medicine (NEJM) a mesuré la viabilité du virus en suspension dans l’air et sur différentes surfaces inertes. « Nos résultats indiquent que la transmission du SARS-CoV-2 par aérosols et les surfaces est plausible, car le virus peut rester viable et infectieux dans les aérosols pendant des heures et sur des surfaces jusqu’à plusieurs jours (selon le dépôt d’inoculum [quantité de germes]) », concluent les chercheurs de Princeton. Ce résultat, qui ne présente qu'une plausibilité et non pas une certitude, invite à aérer les locaux et nettoyer les surfaces.

dimanche 15 mars 2020

Covid-19 "Une opportunité de fermer les tabacs et ouvrir les vapeshops" pour le Pr Polosa

« C’est le bon moment de fermer les tabacs et de pousser des milliers de fumeurs à dire au revoir à la cigarette, et pour promouvoir la possibilité de passer aux produits à risques réduits ». Le 12 mars, le Pr Riccardo Polosa, fondateur du Centre d’excellence sur la réduction des risques (CoEHAR) de Catania, prenait le contre-pied de l’avis de l’Administration des douanes et du monopole du tabac (AAMS) de fermer les vapeshops et laisser ouverts les bureaux de tabac en Italie. « Je ne suis pas d’accord avec ce choix alors que des millions de fumeurs sont forcés de rester chez eux avec leurs proches, forcément exposés à la fumée secondaire », explique le chercheur italien.  

Le droit à la réduction des risques plutôt qu'aux cigarettes

« Au lieu de cela, nous aurons plus de fumeurs qui fument pour surmonter l’anxiété et la peur générées par la propagation du coronavirus et des milliers d’utilisateurs de vapotage qui risquent de retomber dans leurs anciennes mauvaises habitudes. Je pense qu’il est injuste de priver les fumeurs de la possibilité de passer à des produits moins nocifs, et encore plus injuste de laisser des milliers de vapoteurs recommencer à fumer. Une règle générale de santé publique devrait être de garantir l’accès aux outils alternatifs pour arrêter définitivement de fumer », poursuit le professeur de médecine à l’Université de Catania.

Ne pas engorger artificiellement les hôpitaux

« Il y a des personnes atteintes de maladies respiratoires qui ont connu une amélioration significative de leur état de santé, passant du tabagisme au vapotage. Les faire recommencer à fumer pourrait entraîner une détérioration rapide de leurs symptômes respiratoires avec pour conséquence de surcharger le système de santé national, qui est déjà à la limite », argumente le Pr Riccardo Polosa qui a mené nombre de recherches sur le sujet depuis une décennie. Le CoEHAR reçoit une aide financière de la Fondation pour un monde sans fumée (FSFW) de Dereck Yach, très critiquée par les lobbys financés par Michael Bloomberg comme le site TobaccoTactics

Le Gouvernement italien laisse les vapeshops ouverts

Contre la circulaire de jeudi de l’administration fiscale, le Gouvernement italien a finalement donné en partie raison à l’approche de réduction des risques en ne forçant pas la fermeture des magasins de vape, mais en laissant tout de même ouverts les tabacs. « La revente de cigarettes électroniques et de produits d’inhalation liquides relève des catégories d’entreprises exclues de l’obligation de suspendre et/ou de clôturer et relève de la définition de vente de produits pour fumeurs. La vente est autorisée à la fois si elle est effectuée dans des bureaux de tabac ordinaires et si elle est effectuée dans des commerces de quartier autres que des bureaux de tabac, à condition qu’il s’agisse de magasins spécialisés dans la vente exclusive de cigarettes électroniques et de produits d’inhalation liquides »

En France, décision de fermeture sous réserve...

Ce matin, le Gouvernement français a décrété qu’en raison de l’épidémie, « il y a lieu de fermer les lieux accueillant du public non indispensables à la vie de la Nation tels que les cinémas, bars ou discothèques ; qu’il en va de même des commerces à l’exception de ceux présentant un caractère indispensable comme les commerces alimentaires, pharmacies, banques, stations-service ou de distribution de la presse »

Les deux associations de professionnels de vape indépendants, la fédération Fivape et le syndicat SIIV, ont pris contact avec les pouvoirs publics pour obtenir des clarifications, et le cas échéant une éventuelle dérogation favorable à la réduction des risques comme en Italie. Les services du Ministère de la santé ont promis une réponse d'ici la fin de la journée... A suivre donc...

Les professionnels rappellent la nécessité de consignes sanitaires. Le Vaping Post en a listées plusieurs avant que la phase 3 ne soit prononcée. Des systèmes de vente de type « drive-in », pour éviter au maximum les contacts, sont envisagés, tandis que les ventes par internet devraient pouvoir se poursuivre, sauf annonce d’un confinement général. Anecdote peu glorieuse, les Buralistes en colère se réjouissent de pouvoir ramener dans leur giron les vapoteurs. Une péroraison passablement inappropriée.

[MàJ] Lundi 16-03-2020 à 12h: En France, le texte du Journal Officiel de ce matin précise que les commerces, n'ayant pas caractère indispensables, doivent fermer jusqu'au 15 avril "sauf pour leurs activités de livraison et de retraits de commandes". Plusieurs magasins de vapotage mettent en place des systèmes à la "drive-in", avec commandes par téléphone ou mail. Puis expédier ou remettre avec les mesures recommandées, mais sans accueil des clients. Ceci peut dépanner les personnes en urgence, en particulier les gens qui viennent d'arrêter de fumer. [/]

En Suisse et en Belgique, pas d'info...

En Suisse pour le moment, aucune information n’a été dispensée sur le sujet. En Belgique, où les ventes à distance de produits de vapotage sont interdites, une mesure de fermeture des commerces poserait de graves complications aux vapoteurs. ...




samedi 25 janvier 2020

[note] Jean-Jacques Bourdin est-il le symptôme de la soviétisation du journalisme ?

"L'OMS dit que... l'OMS dit que...", répète en boucle Jean-Jacques Bourdin, aux alentours de 6H50 du matin dans son émission du 24 janvier sur RMC. Face à lui, le Pr Daniel Thomas, de l'Alliance contre le tabac, joue à l'équilibriste pour ne pas valider les grossières inepties que le présentateur annone, sans violer le tabou de l'interdiction de toute critique contre l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Jean-Jacques Bourdin a t-il vérifié la validité scientifique de ce qu'il répète sans distance? Sait-il, qui réellement émet cette communication derrière le sigle OMS?

Il n'a fait aucune recherche, aucune vérification, aucun travail, avant de s'emparer et diffuser ce message. Il y a 50 ans, le présentateur de Radio Moscou annonçait "le Comité Central du Parti dit que...". Aujourd'hui Jean-Jacques Bourdin répète "l'OMS dit que...". Même logique de conformisme bêlant à des bureaucraties si opaques qu'elles sont le nid à toutes les dérives. Mais structurellement, l'une a échoué à se maintenir par la force, tandis que l'autre prospère en servant le pouvoir financier. 

Obéissance à la force hier, conformisme agnotologiste à présent

A l'antenne, les effets de manches masquent l'absence d'information réelle. Il faut lui concéder, Jean-Jacques Bourdin est vraiment bon pour ces effets. Mais ce n'est que le maquillage d'un corps vide. Ce n'est pas seulement par obéissance que Jean-Jacques Bourdin répète les âneries de l'OMS. Ce n'est même pas seulement par fainéantise qu'il fait ce journalisme de salon-fumoir nourrit de dépêches de l'AFP, enfumages à peine paraphrasés des communiqués de chargés de comm'.

C'est avant tout parce qu'il manque de ressources pour faire preuve d'intelligence et de distance critique. Les éléments scientifiques pour invalider les inepties de l'OMS existent. Mais il est nécessaire de prendre le temps d'aller chercher les informations, par exemple la réaction des experts britanniques sur le Science Media Centre, voire si on est très sérieux, de lire les rapports scientifiques sérieux d'instances indépendantes publiés et mis à jour. Accéder, lire et comprendre ces informations prend du temps.

L'opacité pour garder le secret

De même, les réels commanditaires de la communication anonyme de l'OMS peuvent être cernés. Mais cela demande d'enquêter sur une OMS qui interdit la présence de journalistes à sa Convention anti-tabac (CCLAT). Or Jean-Jacques Bourdin n'a simplement pas les moyens d'offrir une information fiable à ses auditeurs. Il est condamné à n'être qu'un bruit pour les distraire. Il n'est même pas sûr qu'il sache que l'OMS impose le huis-clos pour faire l'opacité totale sur les manigances des négociations entre archi-milliardaires, grandes nations du tabac et lobbyistes de l'industrie de la pharmaceutique lors des COP anti-tabac.

Pourtant le sujet est chaud. Les affaires de corruption de l'OMS émergent, bien que celle sur le sanglant scandale de l'Oxycontin soit passée sous silence dans les médias dominants. Plus précisément sur le sujet des violations des droits humains et de l'absurdité sanitaire de l'orientation prohibitionniste et répressive du vapotage de l'OMS, deux associations viennent, coup sur coup, de publier des documents. Ils sont d'une lecture complémentaire l'un à l'autre, bien que les deux associations ne se sont pas concertées entre elles.

S'emparer de l'information en direct

Jeudi, l'association britannique Knowledge Action Change (KAC) a édité la mise à jour 2020 de son rapport sur l'état global de la réduction des risques face au tabagisme en mettant l'accent sur la question des droits humains. De son côté, l'association Sovape a publié vendredi un document listant plusieurs problèmes de violations des principes de l'OMS, ainsi que des principes de la CCLAT et des mise en danger inquiétantes des droits humains par les agissements de l'OMS sur le sujet. J'ai participé à la rédaction de ce travail de Sovape. A vous de les lire, de les discuter et de les diffuser directement.

Selon les enquêtes de Reuters et du journal la Croix, la perte de confiance dans les médias en France atteint un record. Signe que le public perçoit de manière générale, et peut-être floue, le problème de fond. Sur ce sujet précis, les informations sur l'OMS et la réduction des risques ne passeront pas sur RMC. L'auditeur de Jean-Jacques Bourdin n'en saura rien. Il n'aura eu le droit qu'à être conforté dans son tabagisme en étant apeuré du vapotage. Et l'émission matinale de continuer d'imiter le perroquet soviétique du 21e siècle. "L'OMS dit que..."

mardi 14 janvier 2020

Les ados français qui vapotent ont près de 40% de risques en moins de devenir fumeurs quotidiens

L'étude est extrait du suivi Escapad réalisé en 2017 par l'Observatoire Français sur les drogues et toxicomanies (OFDT) sur près de 39'000 adolescents de 17 ans. Le suivi recense 34,1% de 17 ans ayant fumé au moins une cigarette le mois précédent et 25,1% à fumer chaque jours. En regard, 16,8% ont vapoté au moins une fois dans le mois, mais seuls 1,9% vapotent quotidiennement. A l'origine de l'étude, l'interrogation inquiète sur le soi-disant "effet passerelle" du vapotage vers le tabagisme chez les jeunes. "À l'aide d'une approche de traitement pondéré de probabilité inverse (IPTW) et de données de cohortes rétrospectives, nous avons analysé si un usage quelconque d'e-cigarette a eu un impact sur la transition vers le tabagisme quotidien chez les Français de 17 ans ayant déjà fumé, en utilisant une grande enquête nationale représentative", explique le papier publié dans la revue Drug and Acohol Dependence

Le vapotage corrélé à un risque fortement réduit de devenir fumeur quotidien

Les résultats montrent que non seulement "aucune preuve d'un risque accru de transition vers le tabagisme quotidien", mais même que ce risque est significativement réduit. Parmi les plus de 23'000 qui ont déjà fumé au moins une cigarette dans leur vie, les adolescents qui ont utilisé le vapotage étaient moins susceptibles de 38% que ceux qui n'ont jamais vapoté de devenir fumeur quotidien à 17 ans (Risk Ratio=0,62 - IC à 95 %). Des résultats similaires concernent les jeunes qui ont essayé le vapotage avant toute cigarette (RR=0,76 IC à 95 %). Les chercheurs se sont concentrés sur la recherche d'un éventuel rôle passerelle du vapotage vers le tabagisme. Pour conclure à son absence en France.

Les chercheurs évoquent des pistes de différences entre la France et les Etats-Unis pour expliquer la différence de résultats entre leur étude et celles prises en compte par la méta-analyse de Soneji et coll. Une considération sur les biais méthodologiques des études américaines, qui corrigent leurs données par des facteurs sans prendre en compte le principal, à savoir le tabagisme des proches, aurait probablement permis d'économiser cette partie du texte. 

Concurrence, évitement, substitution

Parmi les plus de 7'000 jeunes fumeurs quotidiens qui ont essayé le vapotage, "40,2 % (n=2'870) l'ont essayé après la transition au tabagisme quotidien", tandis que "27,2 % (n=1'882) avant et 32,7 % (n=2'302) la même année", précisent les chercheurs, dont Stanislas Spilka de l'OFDT qui avait évoqué en primeur, mais sans rentrer dans les détails, cette étude lors de sa présentation au Sommet de la vape le 14 octobre à Paris. Des proportions qui laissent ouverte la possibilité de rôles distincts entre évitement avant ou en même temps que le passage à la cigarette, mais aussi des tentatives de substitution, comme il est connu et fréquent chez les fumeurs adultes.

Même si les chercheurs contournent le sujet, les résultats de cette étude financée par la Ligue contre le cancer française nourrissent l'hypothèse d'un effet de "concurrence", si ce n'est de rempart, du vapotage contre le tabagisme adolescent. L'hypothèse a déjà été évoquée par le Pr Bertrand Dautzenberg sur la base du suivi Paris Sans Tabac. Cet effet pourrait expliquer la chute sans précédent du tabagisme adolescent dans les pays où le vapotage s'est développé. Notamment aux Etats-Unis, comme l'a présenté, aussi au Sommet de la vape, le Pr David Levy de l'Université de Georgetown (Washington, USA). Ces résultats correspondent également aux constats britanniques, notamment ceux issus du suivi le plus important de jeunes au monde, qui montrent une baisse accélérée du tabagisme des jeunes sous l'impact du vapotage.

A Genève, le principe de précaution en faveur du tabagisme

Malgré ma tentative d'explication en Commission (voir p.11 à 20 + annexes 2 et 3 du mémorandum), à la fin de la semaine le Grand Conseil genevois va, selon toute probabilité, promulguer au nom de la protection des jeunes, l'interdiction du vapotage dans tout lieu public, y compris les magasins, et de la vente de tout produit de vapotage, y compris sans nicotine, aux mineurs. De quoi prolonger d'au moins quelques années le tabagisme, actuellement à un niveau similaire à la France avec un quart des adolescents qui fument, dans la population genevoise. Par "principe de précaution" et pour le plaisir des cigarettiers et de l'industrie pharmaceutique. Mais au nom de la protection des jeunes, évidemment...


samedi 7 décembre 2019

France: la municipalité de Ligueil impose des panneaux illégaux et pervers [MàJ]

[MàJ (16h12): le titre a été édité suite à la réaction d'Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer (voir plus bas). Le terme "impose" à été remplacé par "inaugure"- Le texte et le titre (une seconde fois) ont été édités suite à la clarification apportée par Axel Kahn sur l'absence de lien de la Ligue avec les panneaux d'interdiction municipaux]
Des enfants de l'école primaire de Ligueil, en Indre-et-Loire, ne verront plus leurs parents les attendre à la sortie de la classe. Ce sont les enfants des fumeurs et des ex-fumeurs utilisant le vapotage qui devront se tenir hors d'un périmètre de 15 mètres autour de l'école. "Le conseil municipal a transformé volontiers cette décision en arrêté municipal", explique le journal local la Nouvelle République. "Nous avons fait passer le message à la police municipale, pour qu’elle veille à ce que ce soit respecté", précise le maire Michel Guignaudeau. 

La signalétique mise en place à Ligueil, a été fournie par la Ligue contre le cancer, selon la Nouvelle République. Dont le président Axel Kahn était présent à l'inauguration.
[Edit 16h30] Selon Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer, la Ligue n'a fourni que les panneaux verts et blancs "Espace sans tabac", qui ne font aucun amalgame avec d'autres produits que le tabac. En conséquence, les panneaux aux signalisations violant les dispositions de la loi santé seraient de la seule responsabilité des autorités locales. [/]

Les panneaux apposés violent la loi française en assimilant un produit à risque réduit sans tabac ni fumée à l'interdiction de fumer. Pourtant, dans le but d'éviter ce type de perversion, l'arrêté sur la signalétique concernant les interdictions de fumer dans des lieux publics fixe des dispositions graphiques qui "ne doivent ni ne peuvent en aucun cas être modifiés". Le graphique est présenté en annexe de l'arrêté du 1er décembre 2010 fixant les modèles de signalisation prévus par l’article R. 3511-6 du code de la santé publique:

Mise à jour (16h12): réaction d'Axel Kahn sur twitter:

[/]

Assimiler le tabac à des produits à risque réduit perverti le message sanitaire sur les risques du tabagisme

La mesure pour protéger la signalétique a évidemment pour but d'éviter de pervertir le message sanitaire sur les risques du tabagisme. Par exemple en les assimilant à des produits beaucoup moins risqués et amenuiser la perception du risque particulier du tabagisme. On se rappelle du temps où des cigarettes en chocolat servaient le même message d'assimilation du tabac à des produits à risque réduit. C'est parce que le législateur avait en tête ce possible sabotage du message qu'il a fixé ce point.

Cela fait de nombreux mois que les défenseurs de l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage alertent sur des signalétiques perverses diffusées initialement par des entreprises privées, sans que l'on sache précisément leurs liens d'intérêt.
[édité- Axel Kahn, de la Ligue explique ne pas être responsable de la signalétique des panneaux qui seraient donc de la responsabilité des autorités municipales. Je lui présente mes excuses pour avoir suivi l'information de la Nouvelle République sur la responsabilité de la Ligue des panneaux d'interdiction. Il reste que ces panneaux sont illégaux et pervers.]

Cancer, tabagisme et réduction des risques: le besoin de messages clairs

Au Sommet de la vape, organisé par Sovape le 14 octobre dernier à Paris, Antoine Deutsch de  l'Institut National du Cancer (INCa) a rappelé les énormes biais de perception de la population sur les cancers et les risques, notamment du tabagisme. La présentation d'Antoine Deutsch est disponible en ligne:
Sur cette question, l'INCa diffuse d'ailleurs ce spot d'information très clair:


samedi 26 octobre 2019

Lu dans le Figaro: Big Tobacco fixe ses objectifs pour tuer la liberté de choix des vapoteurs

Dans le Figaro daté du 23 octobre, des représentants des cigarettiers expliquent leur stratégie pour étouffer la liberté de choix des vapoteurs. Evidemment, ils ne communiquent pas ce projet dans ces termes, mais cela reste assez transparent en filigrane. En premier lieu, ils entendent profiter de la vague de désinformation sur les décès et les malades liés à l'inhalation de produits illicites au Etats-Unis. Ce coup de surf sur l'épidémie de peur contre le vapotage pour pousser à des restrictions contre les produits libres est l'objet principal de l'article, alors que les produits des cigarettiers n'atteignent pas 5% du marché français. "Les géants du tabac présents en France préfèrent voir dans cette crise une opportunité. Ils sont convaincus que leur modèle basé sur des systèmes fermés, avec des capsules préremplies, sortira gagnant", pronostique Keren Lentschner, journaliste du Figaro. 

La liberté du vapoteur s'arrête t-elle où commence celle du cartel du tabac?

L'enjeu économique réel, non formulé par le quotidien français, est de rendre l'ensemble des consommateurs captifs. Avec les systèmes fermés, l'usager est condamné à acheter les capsules de la marque du système fermé, avec un choix d'arômes déterminé par cette marque et au prix fixé par cette marque. Ce type de produits favorise un capitalisme de cartel. A fortiori si cela s'accompagne de taxes éliminant les concurrents de taille plus modeste. L'oligopole est déjà la structure de l'actuel marché des cigarettes que se partagent quatre Big Tobacco en Europe. A l'opposé, les systèmes ouverts, rechargeables, permettent aux usagers de passer d'un liquide à l'autre au gré des envies, des évolutions de goût ou d'usage, et favorisent le jeu de la concurrence.

Pour promouvoir leur objectif d'interdiction des systèmes ouverts et des fioles de recharge, les Big Tobacco entendent donc s'appuyer sur la frayeur. Et le Figaro de l'abreuver. "Les victimes américaines utilisaient, elles, des systèmes ouverts qui leur permettaient de consommer un mélange de liquides de leur choix", ment grossièrement Keren Lentschner du Figaro. En réalité, l'extrême majorité des victimes américaines ont reconnu avoir utilisé des cartouches pré-remplies de liquides prétendument au THC achetées au marché noir. Et quelques unes ont mis en cause des capsule pré-remplies de marques liées aux cigarettiers. Mais il s'est avéré qu'elles avaient aussi consommé des cartouches pré-remplies du marché noir vendues pour être au THC.

[Add. 27-10-2019 à 13h20]: Un lecteur me fait remarquer que Philip Morris a communiqué plus clairement sur le problème aux Etats-Unis: "(...) à mesure que l'enquête de la FDA et du CDC se poursuit, nous constatons qu'elles sont beaucoup plus liées à l'utilisation des huiles de THC", souligne André Calantzolpoulos, CEO de PMI, le 22 octobre. Bien que ce soit plutôt des produits frelatés du marché noir, vendus pour être au THC. "M. Calantzopoulos a clairement déclaré que des produits de vapotage correctement fabriqués ne devraient pas être une cause d'inquiétude", précise le site de PMI. Philip Morris est mentionné dans le Figaro comme un des grands cigarettiers, mais il est à noter qu'il n'y a aucune citation récente particulière sur le sujet d'un représentant de l'entreprise. [/add]

Quel type de promotion veut faire Japan Tobacco?

Pour sa part, Japan Tobacco (JTI) espère aller plus loin qu'un simple mensonge dans le Figaro. Le cigarettier genevois voudrait pouvoir faire campagne. "Aujourd'hui, la communication n'est pas assez forte pour informer les consommateurs sur les produits et leur utilisation, et sur les différences entre systèmes ouverts et systèmes fermés, ces derniers offrant plus de sécurité", avance Nathalie Eyrolles, directrice marketing de JTI France. Quant une telle information vient du producteur des Camel, Winston et des cigarettes American Spirit, on ne peut qu'être convaincu. Ou pas. L'usage actuel que fait JTI de la liberté de publicité en Allemagne et en Suisse sur le sujet nous laisse coi.

Révision de la directive européenne TPD à l'horizon

En arrière-fond, l'article du Figaro nous rappelle que les Big Tobacco préparent activement la révision de la directive européenne TPD concernant le vapotage. On l'aura compris, leur objectif est de faire interdire les systèmes ouverts, et probablement restreindre le choix d'arômes dans la foulée. Ceci ajouté au projet de taxation anti-vapoteurs que les bureaucrates européens tentent d'introduire, élimineraient les plus "petits joueurs" du marché. Ces projets d'entraves sont simplement totalement incompatibles avec les intérêts et les droits des usagers de produits de réduction des risques. 

En complément, on peut regarder le débat au Vapexpo 2019 où intervenait notamment Dimitris Agrafiotis, de la Tennessee Smoke Free Association, et durant lequel a pris la parole un lobbyiste de British American Tobacco, qui ne répond désormais plus à son numéro professionnel (?)... 



vendredi 11 octobre 2019

Vu à FranceTV: Jérôme Salomon de la DGS sait-il lire une statistique sur les jeunes et la vape?

Hier, dans l'émission Allô Docteur sur France TV, un sujet sur le vapotage où intervient Jérôme Salomon, directeur de la Direction Générale à la Santé (DGS). Passons les multiples imprécisions et flous peu artistiques du traitement du sujet...* Après 1mn 06 sec, Jérôme Salomon sort une énormité en insistant: "On a un lycéen sur deux qui a testé, et on a un lycéen sur six, en France ça explose, qui vapote tous les jours". Sauf, qu'aucune donnée ne permet d'affirmer qu'il y a 15% de lycéens vapoteurs au quotidien en France. 

Les données 2018, publiées en juin dernier, par l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) ont mesuré que 16,6% des lycéens déclarent avoir vapoté une fois ou plus dans le mois précédent l'enquête. Ce n'est pas du tout synonyme d'usage au quotidien. L'enquête Enclass de l'OFDT ne s'est malheureusement pas intéressé à l'usage au quotidien des lycéens. Jérôme Salomon ne peut donc pas sur la base de ces données affirmer que le vapotage au quotidien "explose" chez les lycéens français.

50% > 23% > 3,6%

Contrairement à l'OFDT, l'étude, que nous avions chroniqué en détail, sur 1'435 élèves de seconde à Saint-Etienne, publiée en mars 2019 dans la Revue des maladies respiratoires, montre le décalage entre ces niveaux d'usages différents:
  • 50,3% ont expérimenté le vapotage ; 
  • 23,6% l'ont utilisé dans le mois précédent l'enquête;
  • 3,6% vapotent au quotidien
Les données stéphanoises sur l'expérimentation et l'usage dans le mois précédent sont légèrement supérieures à celles nationales de l'OFDT. De quoi plutôt supposer que si les services du ministère de la santé prenaient la peine de mesurer l'usage au quotidien au niveau national, il pourrait être aussi légèrement inférieur aux 3,6% des lycéens de seconde de Saint-Etienne. Les études dans d'autres pays, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis par exemple, montrent aussi un grand écart entre l'usage déclaré dans le mois précédent et l'usage fréquent de vapotage chez les jeunes.

Où est la nicotine?

Le commentaire de France TV affirme que "beaucoup de lycéens  tombent dans la dépendance à la nicotine" par le vapotage. Or c'est une autre lacune du suivi national. L'usage ou non de nicotine dans les liquides vapotés par les jeunes n'y est pas mesuré. Là aussi, l'enquête stéphanoise est plus sérieuse:  parmi les 6,3% d'adolescents vapoteurs non-fumeurs actuels, 13,4% d'entre eux déclarent utiliser des liquides nicotinés, soit 0,8% de l'ensemble des adolescents de l'étude. Même si ce résultat reste opaque en raison d'une majorité (56,4%) de jeunes déclarant ne pas savoir.

Enfin, pour affirmer la création d'une dépendance à la nicotine par le vapotage, il faut s'assurer que cette dépendance n'est pas installée auparavant par le tabagisme. L'enquête de Saint-Etienne confirme aussi que très peu des ados ne sont devenus fumeurs après avoir d'abord essayé le vapotage. "A l'inverse, les élèves qui avaient une consommation de tabac préexistante à leur initiation au vapotage déclaraient pour les deux-tiers d'entre eux qu'ils avaient réduit, voire arrêté, leur consommation de tabac depuis qu'ils vapotaient", précisent les chercheurs, dont le référent est Jérémie Pourchez, de l'école des Mines de Saint-Etienne.

Il est regrettable que Jérôme Salomon, directeur de la DGS ne prenne pas le temps de s'informer sérieusement sur le sujet, en particulier avant de s'exprimer sur un média national. Il aurait probablement gagné à venir au Sommet de la Vape qui abordera entre autre ces sujets lundi prochain à Paris

* Pas le courage de reprendre toutes les bêtises du  sujet...

mercredi 26 juin 2019

Pour plus d'un million de fumeurs sauvés par la vape, combien condamnés à mort par les médias?

Plus de 6 millions. Plus de la moitié des fumeurs en France sont persuadés à tort que vapoter est aussi ou plus nocif que de fumer. C'est un des résultats de l'enquête auprès de plus de 25'000 personnes en 2017 publiée ce matin par Santé Publique France (SPF). Encore plus effarant, seuls 29,7% des fumeurs quotidiens, ceux qui auraient le plus besoin d'aide pour se sortir du tabagisme, savent que le vapotage est moins nocif que leurs cigarettes. La désinformation sanitaire frappe particulièrement les défavorisés et les moins diplômés qui sont plus de 70% à ne pas avoir l'information correcte sur les risques relatifs entre fumer et vapoter.

Pourtant, l'enquête de SPF mesure que 2,6% de la population, soit 1,2 millions de personnes ont arrêté de fumer en utilisant la vape, dont 46% ont ensuite arrêté de vapoter (soit 1,2% de la population). Parmi ces ex-fumeurs ayant utilisé le vapotage, 870'000 (±10%) déclarent que la vape les a aidé, dont 700'000 d'ex-fumeurs quotidiens n'ayant plus fumé depuis plus de six mois. Près de 300'000 autres ex-fumeurs ont utilisé le vapotage mais déclarent que leur arrêt tabagique ne lui doit rien. Parmi les 2,3% de la population à utiliser le vapotage et continuer de fumer, 80,3% d'entre eux déclarent avoir réduit leur consommation, en moyenne de 10,4 cigarettes par jour (pour une consommation à l'origine de 19,7 cigarettes quotidiennes). 

Démission des autorités et stratégie du doute 

En somme, le vapotage est un facteur clef de la baisse de tabagisme en France ces dernières années. Mais alors pourquoi de plus en plus de fumeurs croient à tort que vapoter est aussi ou plus nocif que de continuer de fumer ? L'expérience réelle indique le contraire, mais les médias nous bombardent de fakenews sensationnalistes en permanence. Les autorités sanitaires démissionnent et fuient leur responsabilité laissant un boulevard à la dissémination de la confusion. Dans cette stratégie de diffusion du doute et de la peur, l'Agence France Presse joue un rôle central.

Voici quelques unes des plus grosses fakenews diffusées à grande échelle par l'AFP - liste tristement non-exhaustive:

  • 2015: Reprise mondiale des propos d'une simple lettre sans révision scientifique de chercheurs de Portland qui annoncent de manière insensée que le vapotage est de 5 à 15 fois plus cancérigène que la fumée de cigarette. La lecture critique de leur expérience montre rapidement - mais sa publication prendra trois ans (!) - qu'ils ont simplement fait brûler les vaporettes dont ils ont mesuré les émissions en les poussant à plus de 150% de la limite maximale de puissance.
  • 2015: un correspondant de l'AFP au Japon prétend qu'un scientifique local a mesuré des taux extravaguant de toxique dans l'aérosol de vapotage. En réalité, ce scientifique a cosigné une étude publiée à la même période qui indique l'inverse. La brève de l'AFP fait le tour du monde, tandis que l'étude est restée totalement confidentielle.
  • 2015: le délire du "poumon pop-corn", qui continue de circuler, est répandu en dépit de l'absence de quelconque malade et de toutes prise en compte des doses du diacéthyl qui ont généré des bronchiolites oblitérantes chez des travailleurs de l'industrie agro-alimentaire.
  • 2016: durant les fêtes, l'AFP lance un article ridicule sur une étude de toxicologie sur des cellules épithéliales (de la surface des poumons) prétendant l'extrême toxicité du vapotage. En réalité, les résultats montrent qu'un plus grand nombre de cellules ont survécu à 56 jours du traitement au vapotage que celles soumises à 24 heures de fumée de cigarettes.
  • 2018: un chercheur new-yorkais gazent des souris avec un aérosol surdosé en nicotine, équivalent à des années de consommation concentré en quelques heures, avec une vaporette marchant à sec sans contrôle et donc en situation de brûler. Les souris étaient génétiquement sélectionnées pour leur forte tendance à développer des cellules cancéreuses. Cette expérience digne de Mengele fait de nouveau le tour du monde sans que les réactions unanimes des scientifiques pour dénoncer sa vacuité ne soient mentionnées par l'AFP.
  • 2018: des crises cardiaques attribuées au vapotage même si elles ont eu lieu avant que les fumeurs ne passent à la vape. Cette crétinerie produite par le pervers raciste et gâteux Stanton Glantz a été divulguées à plusieurs reprises durant l'année.
  • 2019: une étude stupide sur des cellules des vaisseaux sanguins soumis à du liquide pur de vapotage est reprise sans la plus élémentaire distance critique.
Dans toutes ces cas, l'AFP a fait preuve de négligence, d'absence de professionnalisme et n'a pas respecter les devoirs de la charte de Munich des journalistes, ni sa prétention à vérifier et donner une information fiable et honnête au public. Les conséquences en sont sanguinaires.


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