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mardi 16 octobre 2018

[Bref] Suisse: Les HUG recherchent des fumeurs motivés à arrêter pour l'étude sur le vapotage

"Nous recherchons des personnes âgées de 18 ans ou plus qui fument 5 cigarettes ou plus par jour dans les 12 derniers mois, qui sont motivé(e)s à arrêter de fumer et qui résident en Suisse". Dans le cadre de l'étude clinique ESTxENDS, qui va mesurer l'efficacité, la sécurité et la toxicologie du vapotage pour faciliter l'arrêt du tabac, les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) lance cet appel à participants (voir plus bas). 

L'étude se déroule sur six mois, avec deux visites cliniques d'environ une heure, et des entretiens téléphoniques réguliers pour soutenir et conseiller les participants. Par tirage au sort, la moitié recevra une vaporette avec des liquides nicotinés (choix parmi quelques goût et taux de nicotine proposés), tandis que l'autre moitié ne recevra que les conseils et soutiens à l'aide à l'arrêt. Ce groupe aura une petite compensation financière pour son suivi à la fin des six mois de 30 Fs, à défaut d'avoir eu une vaporette.

L'équipe de l'étude menée sur Genève par le Dr Jean-Paul Humair, du Service de Médecine de Premier Recours des HUG, peut être contactée par mail à  etudetabac@hcuge.ch ou au : +41(0) 79 553 09 44. Si vous connaissez des fumeurs susceptibles d'être intéressés et motivés dans la région, faites leur passer le mot...

lundi 1 octobre 2018

#COP8FCTC Premier jour, première boulette: Anne Bucher, nouvelle DG santé Européenne, croit que la vape est du tabac

"Mais... même si le vapotage ne contient pas de tabac?", insiste le journaliste incrédule. "Oui!", tonne péremptoire Anne Bucher à la conférence de presse de la COP8 anti-tabac de l'OMS. La nouvelle Directrice générale à la santé de la Commission Européenne en est persuadée: la vape, c'est du tabac. Même s'il n'y a pas de tabac. Même s'il n'y a pas non plus de combustion, de dégagement de monoxyde de carbone ni de goudron. C'est du tabac, comme une cigarette. Pour son premier jour en fonction, Anne Bucher nie la distinction faite dans la directive européenne. La française nie aussi allègrement la science, l'évidence et le bon sens des 89% de citoyens ayant participé à la récente consultation de la Commission Européenne. Incompétence obtuse de la nouvelle DG ? Ou peut-être une histoire de climat ?

Climat médiéval 

Du climat, il en a beaucoup été question à l'ouverture ce matin du 8ème sommet mondial anti-tabac COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) durant laquelle Anne Bucher s'est exprimée. Les liens imaginés par les orateurs entre dérèglement climatique et tabagisme étaient pour le moins ésotériques. Mais peut-être faut-il prendre cela au sérieux? Car la COP8FCTC se tient à Genève. Or le climat du jour rappelle furieusement le temps où un autre français, du nom de Jean Calvin, faisait brûler à la même saison Michel Servet pour avoir eu des pensées un peu trop librement exprimées.

Certes, même s'ils ne se cachent pas de détester plus que tout les vapoteurs, les dirigeants de la Convention anti-tabac de l'OMS n'ont pas été jusqu'à user de combustion contre leur liberté. Ils ont simplement accepté la proposition de la déléguée de la Thaïlande d'expulser le public et les médias. La junte militaire thaïlandaise, qui détient le monopole du tabac national, a ses habitudes. A vrai dire, un bon nombre d'autres pays totalitaires ou producteurs de tabac ont trouvé l'idée à leur goût. Seul le Canada a émis le souhait de plus de transparence à l'égard des citoyens. Résultat ? Le public et les médias ont été exclus. Mais un streaming vidéo des séances plénières* est désormais diffusé, en différé de quelques minutes pour censurer en cas de besoin. [*edit: oubli important de ma part, ne sont diffusées que les séances plénières ]
Vera da Costa (Secr, Gale de la FCTC - Brésil), Preeti Sudan (Pres. de la COP8 - Inde) 
et Anne Bucher (DG santé de la Comm. Européenne)

Les marchandages en coulisses entre les délégués des 180 pays membres, plus l'Union Européenne, et les quelques 1'500 lobbyistes autorisés dans le Centre des congrès genevois se feront à l'abri de toute oreille indiscrète. Mais Vera da Costa, la Secrétaire générale du secrétariat anti-tabac, a tenu à préciser en conférence de presse - voir vidéo plus bas - qu'il ne fallait pas penser à un "manque de transparence". Ah ? "C'est pour se protéger des mauvaise influences des cigarettiers", explique la brésilienne. Ce n'est pas ce qui va nous rassurer sur notre impression d'un retour au moyen-âge. Justifier l'opacité pour éviter le magouillage en coulisse... ou comment faire du Machiavel de supermarché. Rideau pour la transparence.

Un peu d'air frais tout de même

Plus tôt dans la journée, 72 courageux experts du domaine ont dit ouvertement, ce que nombre pensent mais n'osent pas déclarer pour ne pas flinguer leur carrière. A savoir que le dogme anti-vape du secrétariat anti-tabac de l'OMS est insensé et contre-productif. Si l'OMS pousse à des réglementations qui entravent la réduction des risques comme le vapotage, "alors ces réglementations peuvent nuire en perpétuant le tabagisme", expliquent t-ils, en anglais ou ma traduction en français.

Plus ironiques, les activistes d'INNCO, le réseau des organisations d'usagers de produits à risque réduit, ont envoyé une lettre de félicitation aux participants de la COP8FCTC pour les excellents résultats financiers des grandes firmes cigarettières, en pleine croissance au fil du déploiement de leurs préconisations. Un troll que le Vaping Post détaille avec le sourire.

Egalement présents sur place, les défenseurs des droits des usagers ont distribué un tract à l'entrée de la Convention anti-tabac dés 7 heures ce matin, puis sur la place des Nations devant le siège des Nations Unies. Il reprend en condensé les éléments de la lettre ouverte envoyée la semaine dernière par INNCO à l'OMS.

Demain en fin de matinée, Harry Shapiro présente son rapport sur l'état de la réduction des risques face au tabagisme, publié par Knowledge Action Change (KAC). Le soir, le Pr Bernd Mayer, toxicologue de l'Université de Graz, fera une conférence au restaurant la Potinière au Jardin anglais (il faut réserver)...

La conférence de presse s'est faite sans streaming qui n'était pas prévu initialement. Mais Frederic Cyrus Roede, de l'organisation Consumer Choice, l'a filmé et partagé en direct sur son compte twitter, où elle est visible en replay.



#COP8FCTC 72 experts internationaux appellent l'OMS à soutenir la réduction des risques

Ce lundi, la 8ème sommet mondial des parties (COP8FCTC) de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT ou FCTC en anglais) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s'ouvre à Genève pour la semaine. Au menu, des discussions à huis-clos entre les délégués des 181 pays, entourés de milliers de lobbyistes choisis par le secrétariat de la convention sur la manière de faire évoluer le traité.

72 experts de renommées mondiale impliqués dans la lutte anti-tabac de longue date ont pris leur plume pour appeler l'OMS et les participants à infléchir la direction prise et s'ouvrir à la réduction des risques. Jusqu'ici sous la direction du secrétariat, qui outrepasse son rôle, la Convention a orienté ses recommandations contre le vapotage, allant jusqu'à prôner la criminalisation des vapoteurs en Asie. A l'opposé, cette lettre au Dr Tedros, directeur de l'OMS, milite pour l'intégration de la réduction des risques dans l'approche de la Convention. Elle est signée d'experts britanniques, américains, français, italiens, grecs, malaysiens, néo-zélandais, mexicains, belges, australiens, suisses, japonais, venezueliens, canadiens, indiens, norvégiens, autrichiens, suédois, tunisiens. 

Ma traduction de la lettre ouverte des 72 experts ci-dessous:

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus 
Directeur général 
Organisation mondiale de la santé 
Avenue Appia 20 
1202 Genève 
Suisse

1er octobre 2018
Cher Dr. Adhanom Ghebreyesus
Innover dans la lutte antitabac: développer la CCLAT pour qu'elle englobe la réduction des risques et des dommages face au tabac
Nous écrivons pour exprimer notre espoir que l'OMS assumera un rôle de premier plan dans la promotion de politiques efficaces et rapides pour la réglementation du tabac et de la nicotine. Dans cette lettre, nous proposons que l’OMS et les parties prenantes adoptent une approche plus positive des nouvelles technologies et des innovations susceptibles d'en finir plus rapidement avec l’épidémie de maladie causée par le tabagisme.
Dans le domaine de la lutte antitabac et de la santé publique, le monde a considérablement évolué depuis la signature de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) en 2003. Il est impossible d’ignorer ou de rejeter l’essor des systèmes alternatifs de délivrance de la nicotine (ANDS). Ceux-ci sont établis et de nouvelles technologies fournissent de la nicotine à l'utilisateur sans combustion de feuilles de tabac ni inhalation de fumée de tabacCes technologies offrent la perspective de gains importants et rapides en matière de santé publique grâce à la 'réduction des risques liés au tabac'. Les utilisateurs qui ne peuvent ou ne veulent pas cesser de consommer de la nicotine ont la possibilité de passer des produits les plus risqués (principalement les cigarettes) à des produits présentant un risque bien moindre que les produits à fumer (p.ex. produits de nicotine propre, tabac sans fumée, vapotage ou tabac vaporisé). Nous croyons que cette stratégie pourrait apporter une contribution substantielle à l'objectif de développement durable (SDG) visant à réduire les décès prématurés dus aux maladies non transmissibles (objectif 3.4 de la SDG).
Le concept de réduction des risques du tabac est consigné dans la définition même de 'lutte antitabac' figurant dans la CCLAT (article 1.d) et nous pensons qu'il doit maintenant être pleinement exprimé dans la CCLAT et par les parties dans leur approche de la mise en œuvre. . À cette fin, nous proposons des principes directeurs pour l’élaboration de la prochaine phase de la lutte mondiale contre le tabagisme, à commencer lors la prochaine Conférence des Parties (COP8, 1-6 octobre, Genève).
  • La réduction des risques du tabac fait partie intégrante de la lutte antitabac . La réduction des risques est une stratégie largement répandue en matière de santé publique (p.ex. VIH, consommation de drogues, santé sexuelle) et elle devrait faire partie intégrante de la lutte antitabac en aidant les fumeurs à cesser de fumer ou leur éviter de commencer, et, en tout cas réduire grandement leur risque.
  • Du point de vue de la santé, la principale distinction entre les produits contenant de la nicotine est de savoir s’ils sont combustibles ou non. Il ne s'agit pas de savoir si ce sont des produits du tabac ou des produits autres que le tabac ou s'ils sont établis ou nouveaux. Le principal objectif de la CCLAT étant la gestion des risques pour la santé, cette distinction devrait faire partie intégrante de la conception et de la mise en œuvre de la CCLAT [1] .
  • La réduction des risques du tabac est favorable et synergique avec les politiques «MPOWER» qui sous-tendent la CCLAT. En offrant aux utilisateurs des options plus diverses pour répondre aux taxes ou à d'autres mesures, la réduction des risques peut améliorer l'efficacité des mesures conventionnelles et atténuer les conséquences préjudiciables involontaires de ces politiques pour les utilisateurs persistants, par exemple l'impact des taxes du tabac sur les personnes qui continuent malgré tout à fumer.
  • Les parties prenantes devraient accorder un poids approprié aux avantages et aux opportunités de la réduction des risques liés au tabacIls ne devraient pas se concentrer exclusivement sur les risques inconnus pour la santé, en particulier lorsque ceux-ci sont des risques mineurs ou improbables. Une occasion perdue d'un gain de santé publique représente un préjudice réel pour la santé publique et devrait être reconnue comme tel.
  • L'adoption par les jeunes de tout produit à base de tabac ou de nicotine exige une stratégie cohérente et adaptable axée sur la réduction des risques actuels et futurs pour les jeunes. Les politiques visant à lutter contre la consommation de nicotine chez les jeunes devraient être fondées sur une compréhension des comportements à risque chez les jeunes, des interactions entre les différents produits (par exemple, pour de jeunes fumeurs le report potentiel vers les produits à faible risque peut être bénéfique), et tenir compte de la balance globale des risques et des avantages pour les adultes et les jeunes découlant des interventions.
  • L'incertitude quant aux effets à long terme ne devrait pas être une raison de paralysieIl est vrai que nous n’aurons pas d’information complète sur l’impact des nouveaux produits jusqu’à ce qu’ils aient été utilisés exclusivement pendant plusieurs décennies - et compte tenu des schémas d’utilisation complexes, peut-être même jamais. Mais nous avons déjà des connaissances suffisantes basées sur les processus physiques et chimiques impliqués, la toxicologie des émissions et les biomarqueurs d'exposition pour être sûr que ces produits sans combustion seront beaucoup moins nocifs que le tabagisme. Nous savons également avec certitude que le produit en place (la cigarette) est extrêmement nocif.
  • La CCLAT et sa mise en œuvre devraient englober une "réglementation proportionnée au risque". Cela signifie que la rigueur de la réglementation ou de la taxation appliquée aux catégories de produits devrait refléter les risques pour la santé. Par exemple, il devrait y avoir des taxes élevées sur les cigarettes, mais des taxes faibles ou nulles sur les produits de vapotage. Il est raisonnable d'interdire toute publicité pour des produits combustibles, mais de placer des contrôles sur la publicité pour les produits non combustibles (pour protéger les jeunes non-fumeurs en particulier) et ainsi de permettre une promotion suffisante pour que les fumeurs puissent encore prendre connaissance des alternatives et soient encourager à commuter vers celles-ci. Cette approche à risque-proportionnée devrait être adoptée de manière transversale à la CCLAT.
  • L'OMS et les Parties de la CCLAT devraient être conscientes et veiller à éviter les conséquences inattendues préjudiciables des interdictions ou d'une réglementation excessiveSi les politiques approuvées par l’OMS rendent les alternatives non-combustibles au tabagisme moins facilement accessibles, moins agréables ou moins acceptables, plus chères, moins conviviales ou pharmacologiquement moins efficaces, ou empêchent l’innovation et le développement de produits nouveaux et améliorés, alors ces réglementations peuvent nuire en perpétuant le tabagisme.
  • Les négociations de la CCLAT devraient être ouvertes à davantage de parties prenantesDe nombreuses parties prenantes, y compris les consommateurs, les médias et les experts en santé publique ayant des opinions favorables à la réduction des risques, devraient faire partie du processus. Nous sommes préoccupés par le fait que la CCLAT ait exclu des points de vue divergents appropriés. Ses délibérations et ses décisions pourraient être plus solides et plus crédibles si ses travaux étaient plus ouverts.
Nous sommes préoccupés par le fait que l’OMS et le Secrétariat de la Convention n’adoptent pas ces principes et, dans de nombreux cas, font le contraire. Nous avons vu la lettre ouverte détaillée qui vous a été envoyée le 3 septembre par le Dr Abrams et al. concernant les risques d'interdiction et de réglementation excessives [2] . Nous recommandons sa lecture à toute personne intéressée par l'avenir de la lutte antitabac.
Nous croyons qu'il est temps que la lutte antitabac adopte la réduction des risques du tabac. Nous espérons que l’OMS et les Parties à la CCLAT feront progresser ce programme lors de cette huitième Conférence des Parties de la CCLAT, à compter d’aujourd’hui. Nous partagerons cette lettre avec les parties prenantes concernées.
Les auteurs de cette lettre confirment n'avoir aucun conflit d’intérêts concernant l’industrie du tabac et aucun problème ne se pose en ce qui concerne l’article 5.3 de la CCLAT.
Cordialement,
David B. Abrams, PhD; Marion Adler, PhD; Jasjit S Ahluwalia, MD, MPH, MS; Sanjay Agrawal, MD, MBChB; Philippe Arvers, MD, PhD; Frank Baeyens, PhD; Shamsul Bahri Mohd Tamrin; Scott D. Ballin, JD; Clive Bates, MA, MSc; Robert Beaglehole, MD, DSc, FRSNZ; Mihi Blair (Ngāti Whātua); Anne Borgne, MD Ron Borland, PhD; Thomas H. Brandon, PhD; John Britton, MD; Dr Jamie Brown, PhD CPsychol; Jean-Pierre Couteron; Sharon Cox, PhD; Kenneth Michael Cummings, PhD; Lynne Dawkins, PhD; Jean-Michel Delile, MD; Allan C. Erickson; Jean-François Etter, PhD; Konstantinos Farsalinos, MD, MPH; Antoine Flahault, MD, PhD; Jonathan Foulds, PhD; Thomas J. Glynn, PhD; Peter Hajek, PhD; Wayne Hall, PhD; Natasha A. Herrera; Martin J Jarvis, DSc OBE; Martin Juneau, députés, MD, FRCPC; Dr.Aparajeet Kar, MD; Leon Kosmider, PhD, PharmD; Lynn T. Kozlowski, PhD; Hiroya Kumamaru, MD, PhD; Christopher E. Lalonde, PhD; Murray Laugesen QSO; Jacques Le Houezec, PhD; William Lowenstein, MD; Karl E Lund, PhD; Bernhard-Michael Mayer, PhD; Olivia Maynard, PhD; Andy McEwen, PhD; Ann McNeill PhD; Klim McPherson, PhD, FMedSci, Hon FRCP; Colin Mendelsohn; Robin Mermelstein, PhD; Faares Mili, MD; Thomas J. Miller; Marcus Munafò, PhD; Raymond Niaura, PhD; Caitlin Notley, PhD; David Nutt, DM, FRCP, FRCPsych, FMedSci, DLaws; Konstantinos Poulas, PhD; Philippe Presles, MD; Lars M. Ramström, PhD; Vaughan Rees, PhD; Steven A. Schroeder, MD; John R. Seffrin, PhD; Lion Shahab, PhD; Rajesh N. Sharan, Ph. D .; Michael Siegel, MD, MPH; Roberto A Sussman, PhD; David Sweanor, JD; Professeur Umberto Tirelli MD; Natalie Walker, PhD; Kenneth Warner, PhD; Alex Wodak; Naohito Yamaguchi, MD; Ben Youdan; 
[pour les titres complets et les affiliations voir le PDF original]
[1]     Nous reconnaissons que des normes de production médiocres et l'inclusion de chaux éteinte (hydroxyde de calcium), noix d'arec et autres ingrédients dangereux dans certains produits traditionnels contenant du tabac tels que le gutka et le paan peuvent rendre ces produits beaucoup plus dangereux que d'autres produits du tabac sans fumée.
[2]     Abrams DB, CD Bates, Niaura RS, Sweanor DT. Lettre au Directeur général de l'OMS, 3 septembre 2018. ( lien vers la lettre )

samedi 29 septembre 2018

#COP8FCTC La NNA appelle le gouvernement britannique à sauver la vape de la menace de l'OMS

Le Royaume-Uni va t-il sauver la vape durant le sommet mondial COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève la semaine à venir ? Le réseau international des associations d'usagers INNCO va tenir des piquets pour rencontrer le public à la place des Nations durant la semaine. De son côté, l'association New Nicotine Alliance, qui en est membre, prie le gouvernement britannique de faire barrage aux projets d'interdictions et de restrictions contre le vapotage du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS.  

Un succès britannique

"Le vapotage est une alternative plus sûre que fumer du tabac. Le Royaume-Uni compte plus de 1,7 million d'anciens fumeurs passés des cigarettes au vapotage exclusif. Le gouvernement a judicieusement reconnu les avantages significatifs que les stratégies de réduction des risques du tabac peuvent apporter et, grâce à des campagnes positives telles que Stoptober, a vu le nombre de fumeurs chuter considérablement ces dernières années", déclare Sarah Jakes, présidente de l'association d'usagers de produits nicotinés à risque réduit.

Les pauvres ont-ils droit à la réduction des risques ?

Or, le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS pousse à interdire ou restreindre le vapotage, n'hésitant pas à donner en modèles la Corée du Nord et la junte militaire thaïlandaise, détentrice du Monopole du tabac de Thaïlande. Après la prohibition prononcée en Inde, le sujet sera au cœur de ce Sommet COP8FCTC. "Les pays développés tirent de grands bénéfices des outils de réduction des risques du tabac. Les fumeurs des pays moins nantis ont le droit de bénéficier des mêmes opportunités. La NNA encourage la délégation britannique à résister à l'interdiction des produits à risque réduit de délivrance de nicotine", explique le communiqué de la NNA.

La Commission Européenne contre le droit d'information ?!

"Nous avons aussi entendu des informations inquiétantes selon lesquelles la délégation de l'Union Européenne envisage de demander au sommet anti-tabac de l'OMS de lancer un appel pour une interdiction mondiale de publication sur le vapotage. Il serait scandaleux que la délégation britannique soit complice d’une telle initiative qui s’oppose à l’engagement du gouvernement d’améliorer la disponibilité des produits innovants à risque réduit", précise Sarah Jakes, comme l'avait révélé le Vaping Post il y a deux semaines

Les britanniques vont-ils financer une politique opposée à la leur ?

Avant de rappeler que le Royaume-Uni fournit une contribution financière "très généreuse", à vrai dire la plus importante de tous les pays, au secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Nous exhortons donc le gouvernement à utiliser l’influence de notre contribution financière et de bien agir. C'est-à-dire de rejeter la prohibition des moyens de réduction des risques que les pays moins nantis se sentent obligés d'appliquer en raison de la désinformation de l'OMS, et d'exhorter le secrétariat anti-tabac (FCTC) à respecter sa propre convention (art.1 d.) en faveur de la réduction des risques, et enfin à résister aux restrictions de promotion des alternatives à risque réduit au tabagisme".

Opacité totale

Au Sénat italien, une question parlementaire a été posée à la Ministre de la santé Giulia Grillo pour savoir la position défendue sur le sujet par sa délégation. Sans réponse pour le moment, selon le site spécialisé SigMagazine. En France, des défenseurs de la lutte anti-tabac, de la réduction des risques et du vapotage sont inquiets et sans nouvelle ni du mandat ni de l'identité de la déléguée envoyée par le Ministère de la Santé à ce sommet. Celui-ci va se dérouler à huis-clos, probablement sans observateur des associations d'usagers, suite au pré-avis négatif du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS à la demande d'accréditation d'INNCO.


jeudi 27 septembre 2018

Faut-il couper le financement de l'OMS pour sauver la réduction des risques ? La presse anglaise ouvre le débat avant la #COP8FCTC

Une situation paradoxale. Le Royaume-Uni est le pays le plus engagé pour soutenir le vapotage comme alternative à risque réduit contre le tabagisme. Avec un grand succès. Mais c'est également le pays qui finance le plus le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), devenu le fer de lance de la guerre au vapotage dans le monde. Avant même de tenir son 8ème sommet à Genève à partir du 1er octobre, ce secrétariat a publié un rapport encourageant les interdictions et restrictions contre le moyen de réduction des risques. La presse anglaise se fait l'écho de cette situation étrange. "Les contribuables britanniques ne devraient plus subventionner les lois anti-vapoteurs", titre le Daily Express du mardi 18 septembre.

Retirer le financement à l'OMS tant qu'elle soutient la répression du vapotage?

Dans ses colonnes, Christopher Snowdon, de l'Institute of Economic Affairs, exprime l'exaspération des britanniques qui "paient un saladier pour soutenir cette organisation prohibitionniste". "La position effrayante de l'OMS sur le vapotage est en contradiction avec celle du gouvernement britannique qui est fondée sur des preuves scientifiques. À moins que l'OMS ne retire son soutien à l'interdiction du vapotage, le gouvernement devrait lui retirer son financement", explique l'auteur du Nanny State Index spécial nicotine.

L'OMS revendique la Corée du Nord et la Thaïlande comme modèles

Totalement à l'opposé de la politique britannique d'intégration de la de réduction des risques, le secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS mène une campagne féroce contre le vapotage. Sa cadre indienne Jagdish Kaur prône même en Asie de prendre modèle sur la junte militaire thaïlandaise, qui arrête et emprisonne régulièrement des vapoteurs, et la Corée du Nord, dont on ne sait pas si les menaces de déportation des déviants qui vapoteraient sont ou non effectives. Deux pays où le tabagisme est roi et la respect des droits humains absent. L'Inde, autre grande nation du tabac avec le Brésil, vient de rejoindre le cercle des pays prohibitionnistes.

Porte-battante au secrétariat anti-tabac de l'OMS

Ce sabotage du droit des population d'accéder aux moyens de réduction des risques contre le tabagisme se fait grâce à l'argent britannique. En plus du financement de 164 millions $ annuel régulier à l'OMS, seconde contribution derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni a accordé un financement supplémentaire spécifique au secrétariat anti-tabac (FCTC) de 3,7 millions $ par an de 2016 à 2021. Andrew Black, le responsable qui a décidé de cette enveloppe, a depuis obtenu un poste de cadre à ce même secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Heureuse coïncidence de carrière bien rémunérée pour Andrew Black", ironise Christopher Snowdon dans un billet sur son blog.


Le budget du secrétariat anti-tabac (FCTC) approche 6 millions $ dans les années sans sommet. En 2016, celui tenu à New Delhi avait poussé les dépenses à près de 11 millions de $. Soit 5 millions $ de plus pour la semaine de réunion dans le palais des congrès de Noida et les frais des délégués. Le sommet genevois de la semaine prochaine devrait faire exploser la facture. 

Le risque de précipiter l'OMS dans les bras de Bloomberg

Faut-il couper les fonds à cette organisation en dérive autoritaire pour que la réduction des risques soit prise en considération? La proposition de Christopher Snowdon pourrait avoir un effet pervers. Celui d'augmenter encore plus la prise de contrôle de l'OMS par l'affairiste milliardaire Michael Bloomberg. Celui-ci a déjà largement annexé les activités de l'organisme à son profit sous couvert de "philanthropie". 


samedi 22 septembre 2018

#COP8FCTC Le Réseau des usagers INNCO demande à l'OMS de respecter les droits de l'homme et sa charte anti-tabac en incluant la réduction des risques

Le 8ème Sommet anti-tabac #COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se tiendra à huis-clos à Genève du 1er au 6 octobre. INNCO, le Réseau international regroupant plus de 30 organisations d'usagers de produits nicotinés à risque réduit, a vu sa demande d'accréditation comme observateur rejetée sans explication par le bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. A défaut d'être considérés partie prenante du sujet les concernant au premier chef du vapotage, qui sera au cœur de cette COP8, les usagers ont écrit une lettre ouverte avant son ouverture. "L'OMS devrait rejeter la prohibition et reconnaître l'approche de réduction des risques, par une réglementation proportionnée au risque des produits nicotinés sans combustion dans le cadre d'une stratégie efficace de réduction des risques, requise et définie par l'article 1.d de sa Convention-cadre de lutte antitabac", appelle la lettre d'INNCO, signée de sa présidente Nancy Sutthoff. 

Fin juin, le bureau anti-tabac de l'OMS a publié son rapport préliminaire sur le vapotage pour préparer ce sommet. Son soutien est clair aux pays prohibitionnistes qui ont criminalisé le vapotage, et parfois même les vapoteurs, tels que les nations du tabac de Thaïlande, du Brésil et les régimes totalitaires comme la Corée du Nord ou le Turkménistan. Depuis, l'Inde, autre grande nation productrice de tabac, s'est appuyée notamment sur ce rapport préliminaire pour justifier une interdiction de vente du vapotage, alors que plus de 125 millions d'indiens fument.

Une violation des droits humains préjudiciable à la santé publique

Pourtant, "c'est la fumée de la combustion qui cause le fardeau des maladies liées au tabagisme. Il ne fait aucun doute que les produits non combustibles sont beaucoup moins nocifs que les cigarettes", explique l'INNCO. "Nous considérons que l'interdiction de ces produits est contraire à l'éthique, non scientifique, préjudiciable à la santé publique et constitue une protection irrationnelle du commerce des cigarettes", poursuit l'organisation avant de préciser, "une réglementation excessive ou une taxation [des moyens de réduction des risques] est contre-productive et négligente, car la réduction des risques est un droit de l'homme"

INNCO considère que le vapotage n'étant pas un produit de tabac, il ne devrait pas être concerné par les restrictions sur ces produits prônées par l'OMS. Au contraire, l'INNCO pense qu'il devrait être intégré dans une approche de réduction des risques, telle que le prévoit la Convention-cadre élaborée en 2003 sous la direction de Derek Yach. Mais ce point n'a jamais été mis en oeuvre depuis. INNCO exhorte les participants au Sommet COP8FCTC de suivre cette exigence de la charte qu'ils ont signé. Et en conséquence de réviser l'appel à l'interdiction ou la restriction des droits de vente, fabrication ou d'usage du vapotage que propage le bureau anti-tabac de l'OMS. 

Sans témoin

Les délégués des 180 pays membres et de la Commission Européenne entendront-ils cet appel à respecter les droits humains et prendre en considération l'approche de réduction des risques de la part des usagers? On peut en douter. L'exclusion par le bureau anti-tabac de l'OMS de la participation du réseau INNCO à son Sommet foule aux pieds les principes de la charte d'Ottawa de 1986 de l'OMS sur la participation du public aux questions de santé le concernant. La COP8FCTC se déroulera à huis-clos avec près de 2'000 lobbyistes choisis par le bureau anti-tabac de l'OMS. Pour une grande part, des organisations liées à l'industrie pharmaceutique ou au milliardaire affairiste Michael Bloomberg. 

Le public et les journalistes aussi seront interdits de suivre les séances et les débats, à l'exception du traditionnel et ligneux speech d'inauguration. Une stratégie d'opacité propice au noyautage comme l'a montré la dernière édition du Sommet de 2016 dans le smog de New Delhi. Mais une opacité qui confère surtout une extension sans contrôle du pouvoir du bureau anti-tabac de l'OMS, qui dépasse désormais largement les prérogatives prévues initialement de son rôle de secrétariat. 

Il n'y aura donc aucun témoin dans le Centre international de conférences de Genève (CICG) de la manière dont les délégués des pays membres prennent leurs décisions sous la pression des lobbyistes. La sélection des délégués des pays membres est elle-même assez obscure. En l'absence d'information transparente, la rumeur qui circule sur le nom de la déléguée française a d'ailleurs de quoi interloquer...


jeudi 9 août 2018

Avant son Sommet anti-tabac COP8: l'OMS fière d'avoir poussé 30 pays à interdire le vapotage

Le secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prépare son grand sommet de Genève du 1er au 6 octobre. L'oligarque Michael Bloomberg a déjà fait passer ses mots d'ordre au bureau anti-tabac de l'OMS lors du sommet au Cap qu'il a organisé en mars. On trouve donc au menu de cette huitième convention des parties (COP8), la guerre au vapotage. Le secrétariat dirigé par la brésilienne Vera da Costa vient de publier un rapport préliminaire à la COP8 sur l'évolution des réglementations et du marché de la vape

Le révisionnisme des résolutions de la COP7

Singulièrement, ce rapport révise l'histoire des prises de position des conventions en affirmant que la précédente édition, à New Delhi en 2016, aurait adopté l'appel à "la prohibition ou de restriction de la vente, production et usage" du vapotage, avec ou sans nicotine. En réalité, la proposition de résolution du secrétariat avait été rejetée par l'opposition de trois délégations.

Le Canada, l'Union Européenne et le Royaume-Uni avaient estimé le controversé rapport scientifique de l'OMS insuffisant pour soutenir une telle décision. Ce rapport, non signé, qui s'appuyait sur des études dépassées, des opinions idéologiques et de soi-disant recherches non-publiées, avait été laminé par un contre-rapport du Centre britannique d'études sur le tabac et l'alcool (UKCTAS).

Les violations du bureau de l'OMS de sa propre charte

Il est vrai que le secrétariat n'en a pas tenu compte. Il a multiplié les appels à la criminalisation des vapoteurs. Modèles à suivre: la Corée du Nord et la junte militaire thaïlandaise, comme l'espère Jagdish Kaur, cadre du bureau anti-tabac pour l'Asie du Sud-Est de l'OMS, dans un article d'une revue indienne de santé publique en septembre 2017. Un appel suivi par les autorités de Singapour.

Le bureau anti-tabac de l'OMS a aussi passé un accord de partenariat financier avec la junte en Thaïlande qui détient également le Monopole du Tabac national. Arrestations, incarcérations, saisies d'argent ou de biens et brimades de vapoteurs en Thaïlande sont régulièrement rapportés. En Corée du Nord, la chape de plomb sur le régime du fumeur intempestif Kim Jong-un ne permet pas de savoir si des déportations de vapoteurs ont effectivement eu lieu.
Financement par l'industrie du tabac thaïlandaise, encouragement à des violations des droits humains et rejet du principe de réduction des risques, la dérive du bureau anti-tabac de l'OMS par rapport à la charte qu'elle est censé faire appliquer ne sont évidemment pas évoqués dans son rapport. Mais on peut donc ajouter à cette liste, le mépris et le révisionnisme des décisions de la convention elle-même.

30 pays prohibitionnistes selon l'OMS

Le rapport souligne la grande hétérogénéité de l'usage de la vape dans le monde. Il avance des chiffres disparates, qui donnent plus l'impression d'un article de tabloïd rédigé à la va-vite que d'un rapport sérieux. Le secrétariat rapporte les réponses des pays membres sur leur réglementation concernant le vapotage. D'après ces informations, sur les 181 pays membres, 102 rapportent que le vapotage y est disponible, dont 39 sans réglementation. 

En sens contraire, le bureau de l'OMS met en avant 30 pays se déclarant prohibitionnistes, sans spécifier si l'interdiction porte sur la vente et/ou l'usage. Ce qui rend cette liste imprécise et floue, à l'image de la qualité générale du rapport. On y trouve des pays comme l'Iran, le Koweit, Singapour, l'Australie et, évidemment, le Brésil, principal bénéficiaire en balance commerciale des échanges de tabac brut au monde.

Placé en Europe par l'OMS, le Turkmenistan, dictature néo-stalinienne, interdit le vapotage, avec la particularité d'interdire également le tabagisme. Une certaine forme de cohérence. A ma connaissance, non partagée par la plupart des autres pays mentionnés qui n'interdisent pas les cigarettes. Quand ce n'est pas l'inverse, à l'image des deux modèles "à suivre" selon l'OMS de la Corée du Nord et de la Thaïlande.

On peut douter de l'exactitude de l'information de l'OMS pour certains pays listés comme prohibitionnistes. Le Mexique, mentionné comme tel, est en réalité dans une situation de vide légal sur le sujet. L'île Maurice a le projet de rendre illégal le vapotage, mais selon mes informations, la décision n'a pas encore été validée. Au Bahrein, le vapotage est depuis peu surtaxé, mais n'est donc pas illégal. Bref, un rapport à la hauteur de la qualité du travail de ce secrétariat d'illuminés incapables de s'appuyer sur des données et des analyses sérieuses. 

La poursuite de la répression de l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage

Le rapport préliminaire, qui généralement constitue la décision finale de la convention prise par avance, et visiblement même lorsque celle-ci n'est pas avalisée par les membres, appelle à réglementer le vapotage contre les "conséquences potentielles" de son essor. Sans données probantes, le bureau anti-tabac pointe "l’augmentation de l’adoption par les jeunes, l'impact sur les mesures de lutte antitabac existantes [sic!], les allégations de santé trompeuses et les stratégies de marketing trompeur et finalement le manque d'informations appropriées aux consommateurs [re Sic!]".

Il est plus que probable que les organisations d'usagers de vapotage ou d'autres moyens de réduction des risques soient de nouveau exclues du sommet. Il accueillera à huis-clos les délégués des Etats sous la pression de quelques milliers de lobbyistes de la pharmaceutique sélectionnés par le secrétariat de la FCTC. Une nouvelle absence de réaction des pays démocratiques, durant la COP8, face à l'état de dérive totale du secrétariat anti-tabac de l'OMS serait incompréhensible et très inquiétant.

mercredi 14 juin 2017

[Expresso] Genève veut interdire la vente de tabac et cannabis light aux mineurs mais toujours rien pour aider les adultes

La vente de tabac et de cannabis light pourrait être bientôt interdite aux mineurs à Genève. Mauro Poggia, Conseiller d'Etat genevois, veut déposer un projet de loi cantonale pour limiter leurs ventes aux plus de 18 ans. L'information est révélée par le Matin. Actuellement, la loi fédérale ne posant aucune restriction à la vente des produits de tabac et succédanés, statut attribué au cannabis à moins de 1% de THC, les mineurs peuvent acheter sans autre cigarettes et, depuis quelques mois, l'herbe riche en CBD vendue en kiosque. "L'article 5 de la loi [genevoise] envisagée prévoit que tout contrevenant sera passible d'une amende pouvant aller de 100 à 1000 Fs.", précise l'article de Valérie Duby dans le quotidien vaudois.

Mauro Poggia estime qu'il s'agit d'agir en faisant entrer en vigueur cette loi cantonale d'ici la fin de l'année. Alors que le projet de loi Tabac fédérale d'Alain Berset a pris du retard suite au renvoi de son premier brouillon incohérent"Cette loi [au niveau fédéral] ne devrait pas entrer en vigueur avant le milieu de 2022, alors Genève doit agir. Sans compter que nous ne pouvions laisser subsister ce vide juridique avec le cannabis légal. (...) C'est un signal clair des autorités à donner", explique le magistrat genevois. Si l'interdiction de vente de cigarette pourrait un peu prévenir le tabagisme adolescent, on peut s'interroger sur le fait de pousser les jeunes vers le marché noir du cannabis plutôt que de leur offrir une alternative non-psychotrope et légale. Avant l'apparition du cannabis light, au moins de 30 à 50% des jeunes suisses de 15 ans déclaraient avoir essayer le cannabis.

Hypocrisie et aveuglement

Si les autorités genevoises semblent soudain se soucier de l'accès aux produits du tabac des mineurs, par contre elles gardent un silence pesant sur l'accès pour les fumeurs adultes aux produits de vapotage nicotiné. "En autorisant le cannabis light et le tabac, tout en maintenant l'interdiction des liquides nicotinés, nos élus envoient donc un message clair: la santé publique peut être reléguée au second plan", déplore l'éditorial de l'hebdo gratuit genevois GHI paru jeudi dernier. "La nicotine reste interdite aux vapoteurs. Comment supporter cette hypocrisie?", s'y demande Fabio Bonavita.

Visiblement, en réponse, les autorités ne semblent avoir que la part répressive à proposer. Sans considération pour des aides à sortir du tabagisme par la voie de la réduction des méfaits et la consommation de nicotine propre. Ni grande réflexion sur les conséquences potentielles sur la consommation de cannabis illégal chez les ados induites par leur réflexe autoritaire. A l'heure où l'échec des politiques du bâton est manifeste, et le succès des approches dites de réduction des risques, telles que les pratiquent la Suède et le Royaume-Uni sur le tabagisme, est de plus en plus convaincant, l'anachronisme risque de perdurer sous une forme renouvelée dans la cité de Calvin.

mercredi 25 janvier 2017

[Expresso] La primaire de l'OMS se déroule au secret - MàJ

En ce moment même, les 34 représentants des Etats membres du Conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pré-sélectionnent à huis clos trois candidats pour l'élection finale en mai prochain au poste de Directeur général. Cinq postulants sont encore en lice pour prendre la succession en juillet de Margaret Chan, qui dirige l'OMS depuis 2007. Le site de l'organisation onusienne précise que cette élection ainsi que les entretiens et les débats ne seront pas retransmis. "Le processus de désignation du prochain directeur général de l'OMS est très politique", explique le journaliste Alain Jourdan dans la Tribune de Genève d'hier.

Au 1er tour lundi, le hongrois
M Szocska a été éliminé
Les cinq candidats à la candidature sont le français Philippe Douste-Blazy, l'italienne Flavia Bustreo, le britannique David Nabarro, l'éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus et la pakistanaise Sania Nishtar. Toujours selon Alain Jourdan, les cinq candidats ont leur chance et il est "impossible de faire des pronostics". Il est également impossible de suivre le processus. Pourtant, la nomination à ce rôle aura des conséquences importantes pour les orientations de santé publique. Notamment, sur la question du respect au droit de protéger sa propre santé pour les fumeurs à l'aide du vapotage. 

A New Delhi en novembre dernier, ce droit humain a été largement bafoué par la dernière CoP7 de l'OMS sur le tabac à l'initiative du Brésil et de l'Inde. Soutenus par la Thaïlande, le Kenya et le Nigeria, les deux pays principaux fournisseurs de tabac au reste du monde hors-Chine - qui a un marché du tabac fermé - ont fait le forcing pour promulguer une interdiction totale mondiale de la vape. Malgré les pressions à huis clos, les délégations du Royaume-Uni, de l'Union Européenne et du Canada ont refusé, devant le manque flagrant de données scientifiques, de souscrire à cette nouvelle guerre aux vapoteurs.

Mise à jour 25-01-2017 à 18h50 : Les trois élus sont Tedros Adhanom Ghebreyesus, Sania Nishtar et David Nabarro.
Philippe Douste-Blasy et Flavia Bustreo sont éliminés.

mardi 15 novembre 2016

La vape, une aide bien accueillie par les patients à l’hôpital de Genève (HUG)


«Cette petite étude suggère que la E-cigarette pourrait être efficace à court terme pour aider les patients à réduire ou arrêter leur tabagisme dans la pratique médicale». Présentés aux Swiss Vaping Days le 22 octobre dernier, les résultats d'une étude observationnelle de 54 patients, par le Dr Jean-Paul Humair en consultation de tabacologie aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG), sont réjouissants. Des médecins de premier recours ont accompagné en moyenne durant cinq mois, des fumeurs essayant le vapotage, proposé en seconde intention, pour arrêter de fumer ou réduire leur consommation tabagique. Des cas plutôt difficiles qui avaient échoué auparavant avec les aides classiques, comprenant conseils et traitements pharmaceutiques proposés par la consultation de tabacologie. 

96% d'usage au quotidien

Les 54 patients fumaient en moyenne 25 cigarettes par jour et la première moins d'un quart d'heure après leur réveil. Quinze d'entre eux (soit 29%) sont atteints d'une maladie chronique liée à leur tabagisme et 23 (44%) ont un trouble psychique, le plus souvent une dépression. La quasi totalité des patients ont accroché au vapotage, 51 (96%) d'entre eux l'utilisant au quotidien. Avant ou pendant leur essai de la vape, 36 (67%) ont pris un traitement par substitut nicotinique ou Champix (varenicline). «Il y a une bonne acceptabilité du vapotage par les patients», souligne le Dr Humair, également directeur du CIPRET Genève. Les patients ont acheté par eux-mêmes matériel de vape et liquides, dont on sait que ceux avec nicotine sont interdits de vente mais pas d'usage en Suisse.

En plus d'être bien accueillie, la vape apparaît efficace. Sur les 54 patients, 28 avaient pour objectif le sevrage total et 26 visaient une réduction de leur consommation. Au terme du suivi, 22 patients (47,9%) ne fumaient plus, dont trois n’espéraient initialement que réduire leur tabagisme. Dix-huit fumeurs (37,5%) ont réduit leur consommation de tabac, en moyenne de 40%. Sept patients (14,5%) n'ont connu aucun changement dans leur tabagisme et six ont été perdus de vue et n’ont pas été comptabilisés pour l’effet sur leur tabagisme. 

Un moyen de sevrage à proposer aux fumeurs

Malgré les quelques échecs, le tabacologue est confiant. «Des études cliniques devraient tester l'efficacité du vapotage à long terme pour avoir des preuves plus solides. Mais les cliniciens pourraient déjà le proposer à certains fumeurs pour élargir les choix de traitement du sevrage tabagique, notamment si les autres approchent ne marchent pas», conclut-il son exposé, également présenté au Congrès Suisse de Médecine interne générale en mai 2016. 

Une étude clinique du sevrage tabagique à l'aide du vapotage est en projet en Suisse, au stade d'élaboration du protocole. Question sensible pour une telle recherche: l'adhésion des patients au vapotage peut-elle être aussi bonne sans une implication de leur part dans le choix et le processus d'appropriation de l'outil engendrés en situation réelle?