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samedi 13 octobre 2018

#MeToo Pour 150'000 $, Stanton Glantz achète le silence d'une de ses victimes [MàJ]

Très discrètement, sans annonce, l'Université Californienne de San-Francisco (UCSF) a publié le règlement à l'amiable signé début septembre. L'accord entre l'UCSF et Stanton Glantz d'une part, et la victime, ex-doctorante du Pr Stanton Glantz, d'autre part, s'est soldé pour 150'000 $. La jeune femme s'engage à retirer sa plainte, déposée le 6 décembre dernier, pour harcèlement sexuel, discrimination raciste et violation de la propriété intellectuelle contre le Directeur du Centre de recherche anti-tabac de l'UCSF. L'accord stipule également qu'elle s'engage à ne pas intenter d'autres poursuites pour les faits reprochés dans celle-ci. 

Des décennies de harcèlements

Par contre, l'accord publié ne comporte pas de clause de confidentialité. La victime, qui semble mal vivre cet accord conclu par son avocat, s'est épanchée sur tweeter pour déclarer "son inquiétude pour les autres jeunes femmes qui travaillent avec Stanton Glantz". Elle a évoqué l'existence d'un rapport d'enquête interne de l'UCSF qui confirmerait ses allégations, sans présenter ce rapport. Puis son compte a disparu. Personne ne sait si cela est de sa propre volonté ou contrainte. 

Avant cela, elle avait spécifié dans des échanges sur le réseau social être fermement opposée aux défenseurs de la réduction des risques et du vapotage, comme le rapporte Carl Phillips qui a suivi l'affaire
" Pour tous les vapoteurs et les compagnies de tabac, je suis fermement anti-tabac et anti-vapotage. Je ne me plains de @ProfGlantz seulement à cause de ses décennies de harcèlement sexuel. Donc, si vous êtes pro-nicotine, ne me suivez pas ", un tweet du compte, fermé depuis, de la victime.

Stanton Glantz restitue l'article à son auteure

Concernant la fraude académique, Stanton Glantz s'engage dans l'accord passé à transférer la propriété intellectuelle de l'article nommé TES à sa véritable auteure. "La décision de lui [la victime] permettre de continuer la publication de l'article TES par elle-même n'est en aucune façon une reconnaissance qu'il [Stanton Glantz] a "volé" cet article", précise l'accord au point VI.

Le traitement de la plainte pour des faits comparables d'une autre post-doctorante victime de Stanton Glantz n'est pas connu pour le moment. Au vue du black-out du milieu académique et des médias américains sur cette affaire, l'ingénieur en aéronautique devenu égérie des anti-vapes aux Etats-Unis semble pouvoir garder toute confiance en son impunité.

Mise à Jour 16-10-2018 : Stat et Retraction Watch publient un article confirmant l'existence d'un rapport interne de l'Université de Californie San Francisco (UCSF) sur l'affaire. Ce rapport transmis à la direction de l'UCSF en décembre affirme que Stanton Glantz a créé "un environnement de travail hostile avec du harcèlement sexuel", également contre une autre victime (anonyme dans le rapport). Le rapport demandait à la direction de l'UCSF des mesures pour remédier à ce comportement. Stanton Glantz va devoir suivre des "cours sur le harcèlement sexuel", indique aussi l'article de Stat et Retraction Watch. Il présente également des détails sur le périple de le travail que Stanton Glantz a tenté de s'attribuer alors qu'il a été rédigé par sa victime...


jeudi 30 août 2018

Vape et crise cardiaque: une nouvelle Glantzerie reprise par les médias de caniveau

"Avez-vous déjà eu les cheveux mouillés? Avez-vous déjà utilisé, ne serait-ce qu'une fois dans votre vie, un sèche-cheveux?" Si vous répondez oui à ces deux questions, faut-il en déduire que les sèche-cheveux provoquent les cheveux mouillés? A juste titre, cela parait absurde. C'est pourtant une inférence similaire entre vapotage et infarctus que fait le "professeur" Stanton Glantz, ingénieur en aviation reconverti dans la lutte anti-tabac à l'Université de San-Francisco (UCSF). Publiée dans l'American Journal of Preventive Medicine (AJPM) et reprise un peu partout par les médias mainstreams, son "étude" affirme que vapoter augmente par deux le risque d'avoir eu un infarctus. 

Vapoter peut-il causer un infarctus survenu dix ans avant ?

Pourtant, l'infarctus des personnes enquêtées peut avoir eu lieu avant tout vapotage de leur part. Les données de l'enquête nationale de santé américaine (NHIS) des années 2014 et 2016 ont été traitées en suivant une erreur entre corrélation et causalité du niveau qu'un étudiant de première année apprend à éviter. L'équipe de Stanton Glantz a simplement croisé les réponses de l'enquête NHIS aux questions: "Un médecin vous a t-il déjà dit que vous avez eu un infarctus?", "Avez-vous déjà utilisé ne serait-ce qu'une fois, une e-cigarette?" et si oui "l'utilisez-vous quotidiennement, parfois ou plus du tout?"

Si le questionnaire permet de recouper les utilisateurs actuels et les anciens vapoteurs, il ne permet absolument pas de savoir quand le problème cardiaque est survenu dans la vie des enquêtés. Avant ou après qu'ils soient passé au vapotage, on n'en sait rien. Même s'il est survenu après leur passage à la vape, rien ne permet de dire que ce ne serait pas une conséquence de leur tabagisme précédent, dont l'impact sur les problèmes cardiaques est établi. 

"Il est difficile de savoir comment l’utilisation de cigarettes électroniques à court terme pourrait avoir les mêmes effets sur la santé que le fait de fumer des cigarettes pendant dix ans. Une manière plus efficace et plus appropriée de déterminer si le vapotage augmente le risque de crise cardiaque serait de suivre des utilisateurs n’ayant jamais fumé à long terme pour établir la séquence des événements et déterminer s’il existe un risque indépendant du tabagisme actuel ou passé. Malheureusement, cela n’a pas été fait ici", commente le Pr Lion Shahab, de l'University College de Londres sur le Science Media Centre et repris en français par le fil d'actu de la Fivape.

Y a t-il un risque d'épidémie de Glantzing chez les jeunes?

Pourtant, sans aucune précaution, Stanton Glantz affirme à la presse que l'étude prouve que le vapotage augmente le risque cardiaque. Aucun média n'a tenu compte des critiques des scientifiques, déjà faites en mars et renouvelée à présent, à ce torchon. C'est ce qu'on appelle dans le domaine une "glantzerie", ou chez les anglophones du "glantzing", action de manipuler des chiffres pour servir un discours prédéterminé. Que Stanton Glantz, poursuivi par ailleurs pour discriminations racistes, harcèlements sexuels et fraudes académiques par des étudiantes d'une quarantaine d'années ses cadettes, soit un faussaire n'est plus une surprise. Qu'une revue publie un papier aussi grossièrement ridicule et que les journalistes reprennent comme des poules sans tête cette énormité est toujours aussi affligeant. 

dimanche 8 avril 2018

UCSF: nouvelle plainte contre le Pr Stanton Glantz pour harcèlement sexuel et discrimination raciste

Lundi 26 mars, une nouvelle plainte a été déposée devant la Cour Supérieure du Comté d'Alameda pour harcèlement sexuel, discrimination raciste et des fraudes académiques attenantes contre le Pr. Stanton Glantz, de l'Université de Californie San Francisco (UCSF). Cette fois-ci, la plaignante est une jeune femme d'origine amérindienne révèle le San Francisco Examiner. Après près de trois ans à travailler sous les ordres de Stanton Glantz au Center for Tobacco Control Research and Education (CTCRE) de l'UCSF, son contrat n'a pas été renouvellé en septembre. Tout comme dans une précédente affaire le concernant, le septuagénaire est accusé d'avoir multiplié les gestes et remarques déplacées, les violences verbales et traité de manière discriminatoire la chercheuse d'une quarantaine d'année sa cadette. 

Racisme opportuniste

Une enquête interne de l'Université, bouclée en décembre, confirme le harcèlement sexuel dont la chercheuse a été victime, mais sans examiner le sujet des discriminations racistes à son encontre. Pourtant, un collaborateur du CTCRE témoigne avoir entendu Stanton Glantz hurler à la chercheuse qu'il l'aurait "embauché uniquement parce [qu'elle est] amérindienne". Bien que la jeune femme détienne une expérience préalable de juriste pour un cabinet d'avocat, notamment dans un litige contre l'industrie du tabac. 

Selon la plaignante, Stanton Glantz a utilisé ses origines ethniques pour décrocher des budgets du National Institute of Health (NIH) réservés aux recherches impliquant les minorités amérindiennes. Après que le NIH ait accordé la subvention spéciale, la chercheuse a été "réaffectée à une autre tâche sans pouvoir participer aux projets de recherche prévus sur les politiques concernant les amérindiens", précise le journal californien.

Plagiat et inexactitudes dans les études

Lorsque la plaignante et une autre chercheuse, qui a aussi entamé des poursuites, ont signalé "des inexactitudes et du plagiat dans un article signé d'un autre chercheur sur le sujet des amérindiens, Stanton Glantz aurait été violent verbalement envers les deux femmes selon la plainte déposée", explique le San Francisco Examiner.

L'Université de Californie San Francisco (UCSF) se refuse à tout commentaire sur l'affaire. De son coté, le Pr Stanton Glantz renvoie à ses propres explications sur son blog datant de la précédente plainte en décembre. Il précise au San Francisco Examiner être la victime des deux femmes qui "se sont liguées depuis plus d'un an" contre lui.

Omerta

Le milieu académique, et en particulier le domaine du "tobacco control" - la lutte anti-tabac -, garde le silence sur cette affaire. Pour Carl Phillips, ancien professeur de santé publique écarté pour son soutien à la réduction des risques, cette omerta est un calcul politico-pécunier. Le budget annuel de la team de Stanton Glantz pèse plus de 20 millions $ et ses travaux ont permis de justifier de multiples hausses de taxes contre les fumeurs. Difficile d'imaginer le camp Démocrate torpiller un tel allié à travers les campagnes #MeToo dénonçant le harcèlement des femmes.

Une autre lecture des événements est livré par Dow Patten, l'avocat de la plaignante. Pour le juriste, ces poursuites découlent "d'une culture systémique tolérant le harcèlement sexuel et la discrimination à l'UCSF". L'avocat défend notamment une autre femme, infirmière au Centre de santé des femmes de l'Université, qui se dit victime de harcèlement sexuel, discrimination et de mesures de représailles de son supérieur et de ses collègues.

Le racisme BCBG des universités californiennes 

Ces déclarations font échos, sous l'angle du harcèlement raciste, à l'affaire du Dr Christian Head qui a défrayé la chronique californienne en 2012. Ce chirurgien, seul afro-américain engagé au département médical de l'Université de Californie de Los Angeles (UCLA), avait subi des humiliations à caractère raciste de sa hiérarchie, puis un harcèlement suite à ses plaintes. Une série de photomontages, dont l'un le montrant être sodomisé par un gorille, avait été projeté lors d'une soirée du département. Après qu'il se soit plaint, le photomontage avait été envoyé par mail à l'ensemble de ses collaborateurs. Réaffecté à un autre service, il a alors subit les représailles de sa supérieure Jessica Wang-Rodriguez. 

A bout, il a mis un terme à sa carrière universitaire. On peut voir la vidéo de son témoignage devant un comité du Congrès en 2014. Jessica Wang-Rodriguez a pu sans problème poursuivre sa carrière. Le monde académique californien étant petit, si ce n'est étriqué, on la retrouve à l'origine de la falsification de communication des résultats d'une recherche sur la viabilité de cellules épithéliales avec le vapotage. Ses mensonges avaient généré un buzz mondial alarmiste contre le vapotage durant les fêtes de fin d'année 2015, alors que l'étude montre une énorme réduction des dommages pour les cellules soumises au vapotage par rapport à la fumée de cigarette.

Sujet TV en 2012 sur l'affaire des harcèlements contre le Dr Christian Head à l'UCLA:


samedi 3 mars 2018

AFP & UCSF bullshit: la vape provoque t-elle des crises cardiaques avant qu'on ne se mette à vapoter ?

Le professeur poursuivi pour harcèlement sexuel par plusieurs étudiantes est toujours bien entouré
La dernière imbécillité du Pr Stanton Glantz: transformer une corrélation en lien de causalité sans même connaitre la temporalité des deux événements liés. A savoir, un lien entre crise cardiaque et vapotage dans une étude transversale (!) où il n'était pas demandé la date de l'éventuelle crise cardiaque. Autrement dit, les données recueillies dans les National Health Interview Surveys de 2014 et 2016 permettent de savoir qui a eu une crise cardiaque et parmi ceux-ci qui fume et/ou qui vapote. Mais on ne sait pas quand ces personnes ont eu une crise cardiaque. Avant ou après s'être mis à vapoter ? On ne le sait pas. La seule chose montrée par ces données est "une association significative (odds ratio=1,79) entre l'utilisation quotidienne de vapotage et le fait d'avoir subi une crise cardiaque dans sa vie". Contrairement à ce qu'affirme la dépêche de l'AFP reprise sur une série de sites putaclicks, rien ne permet d'affirmer un quelconque lien causal entre les deux événements.

Honte académique

L'AFP s'est fait une spécialité de répandre les fausses infos contre le vapotage
On ne peut pas affirmer à partir de ces données que subir une crise cardiaque amène des fumeurs à essayer d'arrêter de fumer avec le vapotage. Même si cela parait de bon sens, on ne peut pas l'affirmer à partir de ces données parce qu'on ne connait pas la séquentialité entre les événements recensés. Mais évidemment, on ne peut pas non plus dire à partir de ces données que vapoter provoque des crises cardiaques, dont il est possible qu'une partie (voire une très grande partie) se sont déroulées avant que les personnes ne commencent à vapoter. C'est pourtant ce qu'a fait Stanton Glantz, de l'Université Californienne de San Francisco. Bien que l'étude ne soit pas encore publiée, l'ultra anti-vape l'a présenté au congrès de la Société de Recherche sur la  Nicotine et le Tabac (SRNT) la semaine dernière à Baltimore. 

Le plus plausible: le vapotage pour arrêter de fumer après une crise cardiaque

Pour le Pr Mickael Siegel, de l'Université de Boston, il est "peu plausible que le vapotage puisse augmenter le risque de maladie cardiovasculaire au-delà du tabagisme" contrairement à ce que prétend Stanton Glantz. "Pourquoi? Parce que les effets cardiovasculaires de la fumée sature à un niveau très bas d'exposition. Cela signifie qu'il suffit de fumer déjà un peu pour fortement augmenter le risque. Mais au-delà, le risque augmente peu", explique le professeur de santé publique. Une raison pour tenter autant que possible de ne pas/plus fumer, même peu. Evidemment, l'hypothèse la plus plausible, mais ce ne peut être qu'une hypothèse, est que les fumeurs de l'enquête ayant subi une crise cardiaque ont été motivés ensuite à arrêter de fumer. "Ces dernières années, de nombreuses tentatives d'arrêt se font à l'aide du vapotage", souligne le Pr Michael Siegel. 

Stanton Glantz a raison sur un point

Célèbre pour prétendre devant ses étudiantes "pouvoir violer même la fille du gouverneur sans risquer aucun problème", le Pr Stanton Glantz semble avoir raison au moins sur ce point. Malgré les plaintes à son encontre pour harcèlements, discriminations racistes et enrichissement personnel, l'Université de Californie de San Francisco continue de le protéger et de lui assurer l'impunité.


mercredi 17 janvier 2018

La RTS communique l'unique véritable Vérité sur la vape et les enfants à Fribourg

Ne vous laissez pas abuser, toute ironie dans les propos suivants serait purement fortuite. Après son illuminant reportage sur le vapotage et les enfants à Fribourg, la Radio Télévision Suisse (RTS) communique l'officielle, unique et éternelle véritable vérité sur le vapotage. "Le grand problème c’est que pour l’heure les liquides tombent sous le coup de la loi sur les produits usuels et non pas sous le coup de la loi des produits pharmaceutiques", explique avec une précision chirurgicale Alain Hertig. L'éclairé Rédacteur-en-chef adjoint de la section Actualité de la RTS répond ainsi par mail à quelques brebis égarées du public romand prises de doutes devant le sujet de la RTS. 

Mais point de doute à avoir. L'absence de fait d'actualité ne peut faire vaciller la flamme du téléjournal pour offrir dans sa bienveillance la pure objectivité transcendante. "Dans le 19.30, nous avons diffusé un reportage sur le vapotage, précisant que pour l’instant l’e-cigarette sans nicotine pouvait être vendue à des mineurs", assure courageusement le Rédacteur-en-chef Alain Hertig à ses auditeurs ébaudis de tant de justesse et de précision dans la révélation de la pure vérité.

A raison nos vaillants soldats de la liberté d'expression fédérale ont bravé les frimas de l'époque pour interroger le vénérable Dr Chung-Yol Lee, détenteur des éclairs de la pensée de la doctrine de Stanton Glantz. Alain Hertig, soucieux de faire saisir la didactique profonde du médecin cantonal fribourgeois à sa population, reprend le propos dialectique. "Il y a aussi la «renormalisation» de la fumée car éventuellement des jeunes qui n’auraient jamais fumé en commençant par les cigarettes électroniques reprennent les cigarettes traditionnelles", révèle le Rédacteur-en-chef adjoint. Des enfant qui n'ont jamais fumé pourraient reprendre la cigarette. Et des vapopervers ne voudraient rien faire face à cette diablerie ! Heureusement, la RTS veille à la pluralité intégrale de l'information unique et lumineuse.

Fausse nouvelle même pas vraie

Et cette oeuvre éclairante s'exerce malgré des tentatives malveillantes et retorses de déstabilisation de la Radio Télévision Suisse. En effet, selon une autre source, une fakenews circulerait sur les réseaux sociaux. Là aussi, Fribourg, enfants et vapotage sont au cœur du sujet. "Une horde de vapoteurs dévorent en ce moment même des enfants en ville de Fribourg. Déchaînés, ils attaquent sauvagement bébés, chiots et chatons, semant la terreur", répand sur internet cette fausse nouvelle surmontant une photo d'un acte barbare semblant avoir été prise dans les rues fribourgeoises.

Pour l'honneur et la sauvegarde de la sécurité et de l'intégrité de la population, la RTS mène discrètement l'enquête sur les réseaux sociaux. Connaissant bien son public, les journalistes s'inquiètent que cette fausse nouvelle pas vraie ne soit prise au sérieux par mégarde. D'autant plus qu'elle intervient après une autre affaire concernant les enfants et le vapotage à Fribourg. Heureusement d'après un résident sur place, la cité au bord de la Sarine n'a pour l'heure pas été prise de mouvement de panique.

P.S. Je compatis avec mes amis qui essaient d'argumenter contre No Billag que la RTS est garante de la pluralité d'opinions et de qualité d'information. Vous n'êtes pas aidés. Bisous. 


vendredi 5 janvier 2018

11 ados ayant fumé après avoir vapoté sur 9'909 jeunes américains font le "lit du tabagisme" selon le Figaro

Sur 9'909 adolescents américains non-fumeurs à l'origine, suivis sur une année, ils sont onze (11) à s'être mis à fumer après avoir expérimenté le vapotage. Ce chiffre brut n’apparaît pas dans le papier du Figaro, sous forme d'alerte à l'épidémie tabagique causée par la vape. "Les jeunes usagers de la vapoteuse sont deux à trois plus enclins à consommer du tabac un an plus tard", affirme la journaliste Anne-Laure Lebrun. Précisément, le calcul de la publication du JAMA Pediatrics annonce un ratio de risque (OR) de fumer de 2.12 pour les jeunes n'ayant que vapoté préalablement par rapport aux ex-abstinents. Les auteurs de l'Université de San Francisco (UCSF) ne sont pas moins alarmistes dans la conclusion de leur travail à partir des données du Population Assessment of Tobacco and Health (PATH) 2013-2015. "Tout usage de vapotage, hookah, noncigarette combustible de tabac ou de tabac sans fumée est associé de manière indépendante au tabagisme un an plus tard", affirme l'étude des Prs Shanon Watkins, Stanton Glantz* et Benjamin Chaffee

Cachotterie 

De son côté le Pr Brad Rodu, de l'Université de Louisville, estime que les auteurs "ont omis une information essentielle pour mettre leur résultats en perspective". Sur les 9'909 ados suivis, 219 ont fumé dans le mois précédent le contrôle à un an. Malgré l'occultation, le Pr Brad Rodu a calculé à partir des données partagées le nombre réel de chaque catégorie. Sur les 219 néo-fumeurs, seuls 11 avaient eu pour seule expérience préalable d'avoir vapoté. 79,9% des néo-fumeurs, soit 175 ados, n'avaient eu aucune expérience antérieure avec les différents produits alternatifs assimilés à des produits du tabac par les auteurs californiens. "Même si le risque de fumer est plus élevé chez les jeunes qui ont essayé d'autres produits, la contribution en nombre de fumeurs par chacun de ces groupes est minuscule", souligne le Pr Brad Rodu. 

* On peut s'étonner que ce personnage mis en examen par la justice d'Etat californienne pour harcèlement sexuel, discrimination raciste, fraude académique et plagiat, soit publié par JAMA Pediatrics et mis en avant par le Figaro.


dimanche 16 avril 2017

[Expresso] Des espoirs de sauver la vape indépendante aux Etats-Unis?

Les américains vont-ils échapper au 'vapocalypse' ? Gregory Conley, porte-parole de l'American Vaping Association (AVA), veut encore croire au sauvetage de la vape indépendante locale. Dans un interview pour le San-Diego Tribune, il souligne des signes favorables émanant de l'administration Trump. Notamment la nomination, pas encore entérinée, de Scott Gottlieb à la tête de la Food and drug administration (FDA). "M. Gottlieb soutient certaines approches sur les questions de drogues qui font un parallèle intéressant pour le monde du vapotage. C'est une raison d'être optimiste, surtout en regard de ce que nous avons vécu ces 7 ou 8 dernières années avec la FDA", pointe Greg Conley. 

Si sa nomination vient à être confirmée, Scott Gottlieb pourrait imprimer une direction plus ouverte à la réduction des risques et à l'auto-support des usagers de la part de la FDA. Son ancienne appartenance à l'American Enterprise Institute (AEI) laisse aussi supposer une plus grande considération pour les entreprises locales indépendantes. Tandis que la FDA, sous la précédente administration Obama, a privilégié les intérêts des grandes multinationales de la pharmaceutique et du tabac. La réglementation assimilant les produits de vapotage, sans tabac ni combustion, à la législation sur le tabac est exemplaire à ce titre. Entrée en vigueur en août 2016, ses exigences s'échelonnent jusqu'en 2018. Notamment, l'obligation de suivre une procédure ardue d'homologation des produits de vape, y compris rétroactivement pour ceux sortis depuis 2007.

La réglementation de la FDA protège les intérêts de Big Tobacco

Ces coûts d'homologation pour la mise sur le marché d'un produit de vape se chiffrent en millions de dollars. "Les coûts associés à cette application vont probablement entraîner la fermeture de nombreux producteurs indépendants de la branche du vapotage dans les années qui viennent, favorisant à long terme le partage de ce marché entre Altria, Reynolds et les autres grandes multinationales qui ont à la fois la surface financière et l'expérience en matière de réglementation pour évoluer dans ce processus", estimait au printemps 2016 Adam Fleck, analyste financier au MorningStar.

Cet avis partagé par la plupart des observateurs commence déjà à se vérifier. Bien que l'échéancier de la FDA coure jusqu'à l'an prochain, des entreprises de vape ont déjà cessé leurs activités devant le fardeau administratif. "Il y a une entreprise historique, Provape, qui produisait des appareils dans l'Etat de Washington. Ils ont arrêtés. Ils ont vu le mur à surmonter pour continuer de fabriquer américain et n'ont pas eu assez confiance pour poursuivre", explique Greg Conley. Devant l'incertitude, certains doivent abandonner leurs activités. 

Incertitudes et résilience

"Ce secteur peut disparaître dans 16 mois, si la réglementation reste telle qu'elle est. Alors si un propriétaire demande à un magasin de s'engager sur un bail de trois ans... Des commerçants se demandent si c'est le moment de prendre cet engagement ou de changer d'activité. Cela se passe un peu partout dans le pays", explique le représentant de l'association de défense du vapotage. Mais la plupart des entreprises de la vape s'accrochent, habitués aux entraves contre ce moyen populaire de sortir du tabagisme, poursuit Greg Conley.

Les effets négatifs de santé publique commencent aussi à se ressentir. Publié la semaine dernière, un rapport pour le National bureau of economic research détaille la hausse du tabagisme adolescent entraîné par les restrictions d'accès aux produits de vape aux Etats-Unis. "Les résultats de l'étude montrent que la part d'adolescents fumeurs a augmenté de 0,7 à 1,3 points sur le pourcentage global de cette tranche de population suite aux lois d'âge minimal de vente  sur le vapotage. Environ la moitié de cette hausse est attribuable à l'initiation au tabagisme, l'autre moitié aux fumeurs qui ont continué de fumer plutôt que de passer au vapotage en raison des restrictions", peut-on lire sur un article du Washington Examiner traduit en français par Vap-Actus.

Intégrisme puritain et science

Si ce sont les multinationales cigarettières qui bénéficient de la réglementation actuelle de la FDA, en éliminant la vape indépendante et en freinant le passage des fumeurs au vapotage, ce sont paradoxalement les tenants puritains soi-disant anti-tabac qui l'ont influencé. Encore récemment, Stanton Glantz, leader des anti-tabac californiens, affirmait sur la chaîne cablée HBO que "le vapotage est aussi dangereux que les cigarettes au niveau cardio-vasculaire". Sans apporter d'éléments concrets en soutien à cette opinion.

Pourtant, les propos de l'ingénieur aéronautique sont contredits par un rapport du Pr Neal Benowitz, son éminent collègue à l'Université de San Francisco (UCSF). "Le risque [de vapoter] est considéré être moindre que de fumer des cigarette sur la base des comparaisons à la fois qualitative et quantitative de l'aérosol du vapotage face aux constituants de la fumée de cigarette. L'adoption du vapotage à la place du tabagisme pourrait, alors, conduire à un bénéfice global pour la santé publique", conclue le document publié dans Nature en mars dernier. 

Mouvement de libération de la santé publique

Ce rapport s'ajoute aux nombreuses évaluations de la réduction des risques de passer au vapotage pour un fumeur et la maximisation des opportunités de réduire le tabagisme pour la santé publique qui en découlent. Suite aux rapports du Public Health England, du Royal College of Physicians britannique, de l'Université de Victoria au Canada et de l'organisation anti-tabac américaine Truth Initiative, ce sont, plus récemment, 120 experts américains de santé à lancer un appel pour intégrer le vapotage dans une nouvelle stratégie contre le tabagisme (brève du GREA en français). De quoi nourrir l'optimisme des défenseurs du vapotage comme outil de sauvetage pour les fumeurs, à l'image de Greg Conley. En espérant que cela ne tarde pas trop.


jeudi 26 janvier 2017

Etrange promotion de Philip Morris par AT-Suisse

AT Suisse réécrit l'histoire au profit de Philip Morris
Cela ressemble à un de ces publi-reportages dont l'industrie cigarettière raffole. "Philip Morris a développé des précurseurs de la cigarette électronique dès les années 90", titre le dernier bulletin de l'Association suisse pour la prévention du tabagisme (AT-Suisse). La publication bernoise avance que la firme lausannoise voulait promouvoir "une alternative aux thérapies par substituts nicotiniques aux fumeurs soucieux de leur santé". Jouant sur le champ lexical de l'innovation technologique, l'encart surplombe deux articles consacrés aux adolescents. Selon AT-Suisse, cette information aurait été "découverte" dans les documents de Philip Morris par des chercheurs de l'Université de Californie menés par Stanton Glantz. Sauf que cette information est au minimum trompeuse, si ce n'est complètement faisandée.

L'histoire réelle

Dans l'histoire réelle, un brevet d'e-cig a été déposé dès 1963 aux Etats-Unis par Gilbert A. Herbert. Soit plus de trente ans avant ces soi-disant "précurseurs" de Philip Morris. "Je l'ai montré à des entreprises dans la chimie, des sociétés pharmaceutiques et des compagnies du tabac. Ils ont fait ce qu'il avaient à faire pour protéger leurs marchés", explique G. Herbert en 2013 à Ashtray Blog. Son invention ne sera jamais produite. De nombreuses autres tentatives ont suivie comme le montre la liste impressionnante de brevets déposés. On note par exemple la première utilisation du terme vapotage par le Dr Norman Jacobson en 1980. La Favor sera même lancée sur le marché aux Etats-Unis avant d'être retirée sur injonction de la Food and drug administration (FDA).

Trente ans plus tard

En 1994, Philip Morris arrive bien tard avec ses projets qui n'ont plus rien de précurseurs. Pour ne pas dévaloriser son cœur de métier, le cigarettier laisse son prototype dans un tiroir durant 20 ans. C'est seulement devant l'essor fulgurant de la vape, relancée à l'initiative du pharmacien chinois Hon Lik, que Philip Morris ressort ses vieux plans et commercialise une vapoteuse en 2013. Son produit vieillot n'a pas grand succès et convainc la firme de se concentrer sur le tabac chauffé qu'elle avait aussi dans ses tiroirs depuis les années 1990.

La Post-Science produit aussi ses "faits alternatifs"

Mais alors, pourquoi le chercheur Stanton Glantz prend t-il pour argent comptant ce qui a tout l'air d'une auto-complaisante propagande du cigarettier? La question s'est posée à des observateurs, comme le spécialiste Jerôme Harlay, choqués de "ce coup de pub gratuit à Philip Morris" par l'article publié dans Tobacco Control mi-novembre. 

Le dépôt du dossier - pesant 15 tonnes - d'homologation de la cigarette de tabac chauffé Iqos par Philip Morris à la FDA, trois semaines après l'article de Stanton Glantz, est peut-être un début de réponse. Le chercheur californien est un des artisans de la réglementation de la FDA qui impose une procédure ultra-dispendieuse. Vanter les mérites technologiques de Philip Morris apparaît une justification avant l'heure du monopole dont vont bénéficier les cigarettiers grâce à ce règlement. Le mur financier qu'il érige, va bannir du marché les producteurs de vape indépendante sans les fonds en millions de dollars des multinationales.

Promo de cigarette sur RTS la 1ère

Dans le contexte Suisse, l'étrange promotion de la technologie du cigarettier vaudois n'est pas une première. Début septembre 2015, pour la sortie de la cigarette Iqos, Grégoire Vittoz avait lancé en direct sur l'antenne radio de la RTS la 1ère un tonitruant: "C'est très sophistiqué, c'est joliment fait. Pour l'avoir testé, c'est assez bluffant aussi en terme de goût". Le porte-parole de la Ligue pulmonaire suisse a t-il violé l'interdiction de promotion du tabac de la Loi sur la radio et télévision (LRTV) ? Personne ne s'est plaint... Possible que personne ne l'ait cru non plus.

Deux poids, deux mesures

Autre épisode à la fin de l'an passé, la Commission fédérale pour le prévention du tabagisme (CFPT) reprend à son compte la revendication de taxe anti-vape de Philip Morris. Chacun de ces faits peut être une maladresse sur fond de dogmatisme étriqué et de haine avérée contre les usagers. Mais ils s'ajoutent à l'absence totale de curiosité de ces organisations sur les raisons de l'administration fédérale à n'appliquer l'article 37 de l'ODAIOUs qu'à l'encontre du vapotage nicotiné et non pas aux produits des cigarettiers. Même l'Iqos a été autorisée sans problème en 2015 alors que les liquides de vapotage avec nicotine sont toujours interdits de vente. Pourtant, dans "l'élaboration hâtive de l'ODAIOUs, les produits du tabac sont soumis à l'article 37 de l'ordonnance", souligne l'association Helvetic Vape dans son plaidoyer concernant le vapotage

La multiplication de ces éléments troublants ne constitue pas une preuve. Mais il devient de plus en plus difficile de ne pas être pris de doutes sur l'étrange jeu de ces organisations soi-disant anti-tabac en guerre contre les vapoteurs et, de facto, en faveur du cigarettier Philip Morris.


mercredi 5 octobre 2016

[Expresso] Incitative, la vape à long terme multiplie par quatre les chances de lâcher le tabac, selon une étude longitudinale californienne

Utiliser le vapotage sur long-terme incite à tenter d'arrêter de fumer et donne beaucoup plus de chance de réussir. Une étude longitudinale, menée entre 2012 et 2014 par le Dr Shu-Hong Zhu du Moore Cancer Center de l'Université de San Diego, a comparé des fumeurs utilisant la vape à long terme, à court terme ou ne l'utilisant pas. Résultats sans appel publiés avant-hier dans Tobacco Control du British Medical Journal: 42,4% des vapoteurs à long terme ont quitté le tabagisme, alors qu'ils ne sont que 14,2% chez les vapoteurs épisodiques et 15,6% chez les non-vapoteurs. Après ajustement statistique, le coefficient de réussite donne 4,1 plus de chances avec un usage à long-terme que sans vapotage. La vape à court terme n'a d'influence ni positive ni négative sur les arrêts par rapport à l'absence d'utilisation. Contrairement aux récentes affirmations sur Regulator Watch du Pr Stanton Glantz, le vapotage pousse aussi à tenter d'arrêter de fumer: 72,6% des fumeurs utilisant la vape à long terme ont essayé de lâcher leur clope contre 45,5% des fumeurs dédaignant l'aide du vapotage.

vendredi 30 septembre 2016

[Expresso] Quel conseil à un fumeur qui veut arrêter? Etude de cas des Dr Polosa & Caponnetto

Quel conseil un médecin devrait donner à un jeune fumeur hypertendu et en surpoids pour lâcher la clope? Une question abordée dans un article qui vient d'être publié dans Internal and Emergency Medecine en libre accès. Les Dr Riccardo Polosa et P Caponnetto animent le Centre de prévention et soin du tabagisme de la polyclinique universitaire de Catania, où ils intègrent le vapotage à leur arsenal d'aide. Deux papiers publiés en juin dernier dans le New England Jounal of Medecine (NEJM) avaient déjà discuté cette question. 

D'un côté, le Pr Christopher Bullen, de l'Université d'Auckland, préconise de considérer l'aide au sevrage par la vape. De l'autre, le Pr Stanton Glantz, de l'Université de Californie, estime que le vapotage n'aide pas à arrêter de fumer et recommande de décourager le patient d'essayer d'arrêter de fumer de cette manière. Le très médiatique californien s'appuie sur une meta-analyse largement critiquée pour sa faiblesse méthodologique, car elle exclut les succès à l'aide du vapotage (sic!) comme expliqué par les Pr Peter Hajek et Haiden MacRobbie dans le Lancet. La star américaine se réfère également à des études douteuses, comme celle publiée dans le Swiss Medical Weekly par le Pr G. Gmel d'Addiction Suisse.

En contraste de cette position contre l'arrêt du tabagisme à l'aide du vapotage, les deux tabacologues italiens présentent une étude de cas. Autrement dit, les raisons argumentées pour lesquelles ils conseillent le vapotage pour ce profil de fumeur.