Licence Creative Commons: Attribution (BY) + Non Modification des partages (ND)
Affichage des articles dont le libellé est Karl Snae. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Karl Snae. Afficher tous les articles

jeudi 21 juin 2018

L'Islande se dote de la première législation spécifique aux produits de vapotage au monde

Comme une évidence de bon sens. L'Islande est le premier pays au monde à se doter d'une législation spécifique aux produits de vapotage. Passée la semaine dernière au parlement après une rude bataille avec les lobbys anti- réduction des risques, la loi sur le vapotage entrera en vigueur le 1er février 2019. "La nouvelle réglementation est «aussi bonne que possible», ou plutôt, pas aussi mauvaise que le projet ne l'était au début", commente le Dr Karl Snæbjornsson, auditionné au cours des débats au parlement à propos de l'impact du vapotage sur le tabagisme. En l'absence de réglementation sur le vapotage,  l'Islande vit depuis 2014 une chute phénoménale de près de 40% du nombre de fumeurs en même temps que l'essor du vapotage. Des 35'000 fumeurs (14% de la population adulte) en 2014, l'île n'en compte plus que 22'000 (9%) en 2017. 20'000 personnes (8,2%) sont vapoteurs dont la moitié déclarent avoir arrêté de fumer, tandis que 10'000 autres fument encore. 

Le tabagisme en chute libre sous l'impact de la vape

Le tabagisme adolescent aussi régresse, avec moins de 2% de fumeurs, tandis que le vapotage a augmenté. Les détails sur leur usage ou non de nicotine et la fréquence d'utilisation (expérimentation, occasionnelle, régulière) ne semblent pas disponibles. Les résultats préliminaires d'une étude de l'institut Gallup, au début de cette année, montre que le vapotage a supplanté le tabagisme chez les jeunes adultes. Les 18 à 34 ans sont deux fois plus nombreux a utiliser le vapotage que la cigarette. Dans sa présentation au Global Forum on Nicotine (GFN) à Varsovie, le Dr Karl Snæbjornsson souligne que la plus grande part a quitté le tabagisme avec le vapotage puis arrêté de vapoter. Tandis que les double-usagers, à la fois de vape et de cigarettes, régressent en nombre.

Une loi spécifique aux produits de vapotage

Ces faits, ainsi que l'évidence de la différence entre vapotage et tabac, ont poussé les députés à adopter une législation propre au vapotage hors de la réglementation des produits du tabac. Un choix de bon sens aussi pour pouvoir la corriger, dans un sens ou l'autre, selon l'évolution de la situation. Point progressiste par rapport à la législation européenne, aucune  limite n'a été fixée sur la contenance des fioles de liquide et des atomiseurs. La publicité, à condition de ne pas être attirante pour les enfants, est autorisée. Le même garde-fou est imposé sur le packaging des liquides, dont les fioles doivent par ailleurs avoir des bouchons de sécurité. La loi interdit la vente aux mineurs. Des standards de qualité et de sécurité seront implantés pour les produits. 

A part la nicotine, les substances stimulantes, telles que la taurine, la caféine ou des vitamines, sont interdites comme additifs aux liquides. La nicotine elle même est limitée à une concentration de 2% (20 mg/mL) comme dans l'Union Européenne. C'est, à première vue, le point le plus négatif de la loi en regard des fumeurs nécessitant des dosages plus élevés pour sortir du tabagisme et pour une part de vapoteurs au long cours qui pourraient réduire leur consommation de liquide avec des concentrations plus fortes.  Concernant les lieux publics, l'Islande laisse le libre-choix aux propriétaires des lieux d'autoriser ou non le vapotage. Par contre, il sera interdit de vaper dans les bâtiments publics, les lieux destinés à l’accueil d'enfants, les hôpitaux et les transports en commun. 

120'000 années de vie gagnées depuis 2014

Enfin, une taxe de 0,9% du prix de vente sera prélevée et reversée au fond de prévention du tabagisme. Un prélèvement qui a sa part d'ironie cynique alors que le vapotage a réussi en trois ans à impulser une accélération de la chute du tabagisme. Depuis 2008, les ventes de cigarettes ont été divisées par moitié en Islande, tandis que celles du Snus, le tabac oral suédois à faible teneur en nitrosamines, ont considérablement augmenté mais régressent depuis 2016 (peut-être par la concurrence du vapotage?). Le Dr Karl Snæbjornsson évalue que la chute du tabagisme sous l'impact du vapotage depuis 2014 a déjà fait gagner 120'000 années de vie à la population. 

Global Forum on Nicotine 2018 Iceland



samedi 9 juin 2018

En Islande, une pétition est lancée contre un projet de loi pour réprimer la vape

Lancée mercredi dernier, la pétition a atteint près de 2'000 signatures en trois jours. Les islandais se mobilisent pour sauver leur droit à utiliser librement le vapotage, notamment pour sortir du tabagisme face à la menace d'un nouveau projet de loi. Celui-ci veut imposer des limites absurdes sur les produits - concentration de nicotine, taille des fioles, taille des atomiseurs, valeur des résistances -, l'interdiction de publicité sur internet, notamment sur les réseaux sociaux, imposer une taxe sur les produits reversée à la lutte anti-tabac  ainsi que l'interdiction d'usage dans les même lieux où le tabagisme est déjà interdit. Une majorité de la Commission santé du parlement appuie le projet de loi qu'elle a durci en proposant d'interdire les arômes autres que le tabac, avant sa présentation au parlement en août. Mais la Présidente de la Commission se distancie ouvertement de cette dérive et de la précipitation que tente d'imposer les opposants aux vapotage. 

Projet de loi anti-vape

"La majorité de la Commission va beaucoup plus loin que l'avant-projet de loi qui va au-delà de la directive européenne. La directive n'a pas été incorporée dans l'accord de l'espace économique européen (EEE), de sorte que nous ne sommes pas obligés d'y répondre maintenant", explique Halldóra Mogensen, présidente de la Commission. Si la députée prend en considération la voix des usagers du vapotage, il semble que nombre de ses collègues parlementaires ne veulent pas les entendre. La pétition lancée mercredi fait suite au blocage des messages adressés aux élus sur le sujet par les citoyens, selon le journal Vìsir. "L'envoi de courriels aux élus s'est terminé quand la plupart des parlementaires ont mis en place des filtres pour leurs boîtes aux lettres. Pensaient-ils que les avis concernant le projet de loi étaient devenus trop nombreux?", se demande le quotidien islandais.

La vape a participé à une chute de 38% des fumeurs en Islande depuis 2014

La pétition s'oppose aux restrictions contre le vapotage de ce projet de loi musclé. "L'accès aux produits de vapotage serait restreint avec ce projet de loi. Alors que le vapotage est le moyen le plus efficace pour arrêter de fumer à disposition", explique le texte. De fait, l'île connait une chute impressionnante de près de 38% du tabagisme depuis trois ans. "Un miracle de santé publique", selon l'expression du Dr Guðmundur Karl Snæbjornsson, où le vapotage semble avoir jouer un rôle de premier ordre. En nombre absolu, il y a 13'000 fumeurs de moins depuis 2014 et 10'000 vapoteurs au quotidien qui déclarent avoir arrêté de fumer selon les données de l'enquête officielle en 2017.

Rien sur nous sans nous

"Le gouvernement devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour encourager d'utiliser le vapotage comme outil pour abandonner le tabac, et non pas créer des conditions pour faire obstacles à ceux qui veulent arrêter de fumer à son aide", insistent les pétitionnaires. Dans le journal Vìsir, le collectif précise sa démarche: "La législation doit garantir que l'accès au vapotage ne soit pas excessivement restreint et que leurs prix ne les rendent pas inaccessibles. Si ce projet de loi devient loi, le tabagisme et la consommation de tabac augmenteront de nouveau, ainsi qu'un marché noir des liquides sans contrôle de qualité. Nous demandons que cette question soit reportée à la prochaine session, car elle pourra être retravaillée avec des consultations des utilisateurs, les personnes les plus concernées par le sujet". En mai 2017, une précédente tentative d'imposer une loi similaire à la directive européenne TPD avait été déjà rejetée par le parlement islandais. Ce "projet de loi V2", comme le surnomme l'association Veipum Lifum, n'a guère débuggué les problèmes et incohérences de sa première version...



samedi 3 mars 2018

[Bref] En Islande, la vape est "un miracle" de santé publique

En 3 ans, 10'000 islandais ont lâché les cigarettes pour la vape
Une impressionnante chute de 37% du tabagisme en trois ans. En 2014, 35'000 islandais, soit 14% de la population adulte, fumaient. En 2017, ils ne sont plus que 22'000 fumeurs, 9% des résidents de l'île, selon les dernières statistiques de la Direction de la santé islandaise«C'est miraculeux. Un tel phénomène ne peut pas être négligé», explique le Dr Guðmundur Karl Snæbjornsson à la presse locale (ici en anglais)"Le tabagisme est tombé comme un rocher. Nous n'avions jamais vu ça auparavant", déclare le docteur. Depuis 2008, les ventes de cigarettes se sont effondrées de 50% sur l'île, selon les chiffres officiels (de l'ÁTVR) que s'est procuré le Dr Guðmundur Karl Snæbjornsson. Même s'il est difficile d'établir formellement un lien de causalité, le spécialiste anti-tabac estime que la hausse de vente du snus et, surtout, l'essor du vapotage ces trois dernières années sont liés à la chute du tabagisme. "Les plus grands facteurs ont été le snus et le vapotage, qui ont clairement lessivé le tabagisme", se réjouit-il.

20'000 vapoteurs dont plus de 10'000 exclusifs

L'essor du vapotage a accéléré la tendance
Selon les chiffres de l'enquête de santé, 8% des islandais majeurs déclarent avoir utilisé au moins une fois dans leur vie le vapotage en 2017"Cela représente environ 20'000 vapoteurs au total, dont la moitié au quotidien. Une augmentation d'un tiers par rapport à 2016 où ils étaient 15'000", souligne le Dr Guðmundur Karl Snæbjornsson au journal Vízir (en islandais)Parmi ces 20'000 vapoteurs, 48% déclarent à l'enquête de l'institut national de santé avoir arrêté de fumer, tandis que 40% vapotent et fument encore. Difficile de ne pas donner crédit au phénomène de vase communiquant entre les 13'000 fumeurs en moins depuis 2014 et les 10'000 vapoteurs déclarant avoir arrêté de fumer. 

Pas de loi anti-vape

Actuellement, l'Islande n'a aucune restriction particulière contre le vapotage. Un projet de loi voulant imiter les restrictions anti-vape européennes de la TPD a échoué au parlement l'an passé. L'audition de spécialistes de santé publique, tels que la Pr Linda Bauld ou le Pr Peter Hajek, avait convaincu les élus de prendre en compte les éléments scientifiques et la parole des usagers contre les écueils du projet de législation. Les résultats de l'enquête de santé semblent confirmer que les députés ont été bien inspirés d'écouter les défenseurs d'une approche de réduction des méfaits.