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jeudi 21 juin 2018

L'Islande se dote de la première législation spécifique aux produits de vapotage au monde

Comme une évidence de bon sens. L'Islande est le premier pays au monde à se doter d'une législation spécifique aux produits de vapotage. Passée la semaine dernière au parlement après une rude bataille avec les lobbys anti- réduction des risques, la loi sur le vapotage entrera en vigueur le 1er février 2019. "La nouvelle réglementation est «aussi bonne que possible», ou plutôt, pas aussi mauvaise que le projet ne l'était au début", commente le Dr Karl Snæbjornsson, auditionné au cours des débats au parlement à propos de l'impact du vapotage sur le tabagisme. En l'absence de réglementation sur le vapotage,  l'Islande vit depuis 2014 une chute phénoménale de près de 40% du nombre de fumeurs en même temps que l'essor du vapotage. Des 35'000 fumeurs (14% de la population adulte) en 2014, l'île n'en compte plus que 22'000 (9%) en 2017. 20'000 personnes (8,2%) sont vapoteurs dont la moitié déclarent avoir arrêté de fumer, tandis que 10'000 autres fument encore. 

Le tabagisme en chute libre sous l'impact de la vape

Le tabagisme adolescent aussi régresse, avec moins de 2% de fumeurs, tandis que le vapotage a augmenté. Les détails sur leur usage ou non de nicotine et la fréquence d'utilisation (expérimentation, occasionnelle, régulière) ne semblent pas disponibles. Les résultats préliminaires d'une étude de l'institut Gallup, au début de cette année, montre que le vapotage a supplanté le tabagisme chez les jeunes adultes. Les 18 à 34 ans sont deux fois plus nombreux a utiliser le vapotage que la cigarette. Dans sa présentation au Global Forum on Nicotine (GFN) à Varsovie, le Dr Karl Snæbjornsson souligne que la plus grande part a quitté le tabagisme avec le vapotage puis arrêté de vapoter. Tandis que les double-usagers, à la fois de vape et de cigarettes, régressent en nombre.

Une loi spécifique aux produits de vapotage

Ces faits, ainsi que l'évidence de la différence entre vapotage et tabac, ont poussé les députés à adopter une législation propre au vapotage hors de la réglementation des produits du tabac. Un choix de bon sens aussi pour pouvoir la corriger, dans un sens ou l'autre, selon l'évolution de la situation. Point progressiste par rapport à la législation européenne, aucune  limite n'a été fixée sur la contenance des fioles de liquide et des atomiseurs. La publicité, à condition de ne pas être attirante pour les enfants, est autorisée. Le même garde-fou est imposé sur le packaging des liquides, dont les fioles doivent par ailleurs avoir des bouchons de sécurité. La loi interdit la vente aux mineurs. Des standards de qualité et de sécurité seront implantés pour les produits. 

A part la nicotine, les substances stimulantes, telles que la taurine, la caféine ou des vitamines, sont interdites comme additifs aux liquides. La nicotine elle même est limitée à une concentration de 2% (20 mg/mL) comme dans l'Union Européenne. C'est, à première vue, le point le plus négatif de la loi en regard des fumeurs nécessitant des dosages plus élevés pour sortir du tabagisme et pour une part de vapoteurs au long cours qui pourraient réduire leur consommation de liquide avec des concentrations plus fortes.  Concernant les lieux publics, l'Islande laisse le libre-choix aux propriétaires des lieux d'autoriser ou non le vapotage. Par contre, il sera interdit de vaper dans les bâtiments publics, les lieux destinés à l’accueil d'enfants, les hôpitaux et les transports en commun. 

120'000 années de vie gagnées depuis 2014

Enfin, une taxe de 0,9% du prix de vente sera prélevée et reversée au fond de prévention du tabagisme. Un prélèvement qui a sa part d'ironie cynique alors que le vapotage a réussi en trois ans à impulser une accélération de la chute du tabagisme. Depuis 2008, les ventes de cigarettes ont été divisées par moitié en Islande, tandis que celles du Snus, le tabac oral suédois à faible teneur en nitrosamines, ont considérablement augmenté mais régressent depuis 2016 (peut-être par la concurrence du vapotage?). Le Dr Karl Snæbjornsson évalue que la chute du tabagisme sous l'impact du vapotage depuis 2014 a déjà fait gagner 120'000 années de vie à la population. 

Global Forum on Nicotine 2018 Iceland



vendredi 2 mars 2018

Enquête parlementaire: le Brexit va t-il libérer les britanniques des restrictions toxiques anti-vape de la TPD européenne ?

Plus de succès d'arrêt tabagique et moins de consommation avec des liquides correctement dosés en nicotine
"La limite maximale de 20 mg/ml de nicotine est issue de la directive européenne (TPD). Quelle est la marge pour la changer après le Brexit ?" La question de Damien Moore, parlementaire conservateur, tranche dans la salle feutrée du Comité science et technologie de la Chambre des Commons lors de sa seconde séance consacrée au vapotage jeudi dernier. Face aux élus, la Dr Lynne Dawkins et le Pr David Harrison étouffent un petit rire surpris du ton si direct. "Il n'y a aucune justification à cette limite. Elle a été prise de manière arbitraire. Il n'y a pas de preuve d'augmentation des méfaits de la nicotine pour les niveaux supérieurs à 20 mg/ml. Or nous avons constaté que lorsque les usagers réduisent le taux de nicotine, ils compensent en consommant plus de liquide. C'est coûteux financièrement, et cela peut avoir un coût pour la santé en augmentant l'exposition", répond la Dr Dawkins, du Centre des sciences du comportements de l'Université de Londres. En synthèse, elle recommande de reconsidérer cette limite du taux de nicotine à la lumière des résultats des recherches auxquelles la chercheuse a collaboré.

Limiter le taux de nicotine pousse à la surconsommation

comme avec les cigarettes lights, la vape light pousse à compenser
L'effet compensatoire, Lynne Dawkins l'a constaté lors d'études en laboratoire et sur le terrain. La première, publiée dans Psychopharmacology en 2016,  observait les différences de comportement de 11 vapoteurs expérimentés avec des liquides faiblement (6 mg/ml) ou un peu plus fortement (24 mg/ml) dosés en nicotine. "Le nombre de bouffées [sur une heure] et la durée de chaque bouffée étaient significativement augmentés avec le taux de nicotine le plus faible, pour finir par doubler le volume de liquide consommé. Nos observations suggèrent que, tout comme les fumeurs, les vapoteurs compensent lorsqu'ils passent à un liquide moins nicotiné", explique la Dr Dawkins dans sa déposition écrite au Comité parlementaire.

la chercheuse du Cancer Research UKUne seconde étude, en phase de relecture avant publication*, confirme avec 20 vapoteurs dans le "monde réel" les grandes lignes de la première. "Nous avons vu qu'en moyenne, lorsque les gens utilisent une concentration plus faible de nicotine, ils compensent à la fois dans leur manière de prendre des bouffées [plus nombreuses et longues] et en augmentant la puissance de l'appareil. Cette combinaison semble être associée à une plus grande exposition aux carbonyles. Le message clé est de ne pas encourager les vapoteurs à utiliser des concentrations faibles en nicotine. En fait, - peut-être est-ce contre-intuitif - utiliser une concentration de nicotine plus élevée peut amener à prendre moins de bouffées. La délivrance de nicotine semble aussi plus efficace avec une concentration plus élevée de nicotine", résume la Dr Dawkins devant la commission.

* Mise à jour 10-01-2018 : l'étude vient d'être mise en ligne par Nicotine & Tobacco Research à https://academic.oup.com/ntr/advance-article-abstract/doi/10.1093/ntr/ntx162/4004823

Augmenter le taux de nicotine minimise les risques de méfaits 

Auparavant, les mesures salivaires d'un suivi sur huit mois de 98 vapoteurs mené entre 2013 et 2015 par le Pr Jean-François Etter, de l'Institut de santé globale de l'Université de Genève, allaient dans le même sens. Les vapoteurs réduisent le taux de nicotine de leur liquide, mais augmentent le volume de liquide consommé pour maintenir une nicotémie similaire. Le point est simple. "Le corpus scientifique montre que la nicotine elle-même n'est d'aucune façon la substance la plus dangereuse", explique le Pr David Harrison, du Comité sur la toxicité (COT) devant les parlementaires. Son risque réside dans l'éventualité que sa consommation amène à s'exposer à d'autres toxiques, précise le spécialiste.

Entendu que la nicotine ne présente que des risques sanitaires mineurs, en limiter la concentration de manière abusive dans le vapotage pousse à la consommation de liquide, dont la principale inconnue sanitaire reste les substances dégagées par la chauffe de certains arômes. Or même avec des risques réduits, surconsommer augmente évidemment ceux-ci par rapport à une consommation réduite. A fortiori concernant des substances, comme les aldéhydes, dont les risques sont doses-dépendants.

Une interdiction de facto d'arrêter de fumer

Un autre aspect de l'effet pervers de la limitation abusive du taux de nicotine s'exerce contre les fumeurs empêchés de pouvoir passer au vapotage par cette limite. Ce sont les fumeurs les plus accrochés qui subissent là une double peine. Cette limite pourrait aussi expliquer la persistance de consommation de cigarettes pour une part des "double usagers" - qui vapotent et fument encore. Aussi la force symbolique de fixer ce taux arbitraire comme maximum dans la loi, amène une grande part du public, et notamment des nouveaux usagers, à être persuadés que 20 mg/ml est un taux élevé. Or il est insuffisant pour une frange importante de fumeurs.
Sarah Jakes et David Dorn de la NNA (UK)

"Beaucoup de fumeurs sont dissuadés d'essayer de passer au vapotage par des restrictions arbitraires de la TPD, ainsi que les articles irresponsables et inexacts sur les risques pour la santé. Beaucoup d'entre eux risquent de continuer de fumer. Il semble que le nombre de fumeurs qui passent à la vape soit en train de plafonner au Royaume-Uni", alerte Sarah Jakes, présidente de la New Nicotine Alliance UK (NNA), au site Register qui couvre le travail du Comité parlementaire. 

L'inquiétude de Sarah Jakes est partagée dans le monde médical. "C'est une chose déprimante à entendre dans une clinique pour les bronchites chroniques (BPCO), mais malheureusement fréquente"désespère le Dr Nicholas Hopkinson, dans une tribune sur le British Medical Journal (BMJ). Ce qu'il a entendu, c'est ce que toute personne investie dans l'aide à l'arrêt tabagique entend régulièrement: "J'étais passé au vapotage mais quelqu'un m'a dit que c'est aussi mauvais que les cigarettes, alors je me suis remis à fumer". La conséquence malsaine concrète des mesures anti-vape des autorités et des campagnes de propagande propagées par des médias et des groupes d'intérêts.

La vidéo de la séance du Comité parlementaire 

A partir de 1h23mn56, l'audition de la Dr Lynne Dawkins et du Pr David Harrison. 
(Avant se trouve l'audition des quatre grands cigarettiers - Philip Morris, BAT, Japan Tobacco et Imperial Tobacco -).





mardi 27 février 2018

Russie: le Ministre de l'industrie annonce un projet de réglementation différenciée favorable au vapotage contre le tabagisme

La Russie s'apprête à réglementer le vapotage de manière distincte des produits du tabac. C'est ce qu'annonce Denis Manturov, Ministre de l'industrie et du commerce, dans un interview fleuve pour Vedomosti, le quotidien économique. Le Ministre révèle que le gouvernement russe a "pris l'initiative de séparer ces appareils en une catégorie distincte, car ils sont radicalement différents des cigarettes et du tabac traditionnels". L'absence de combustion du vapotage et la réduction massive des méfaits par rapport aux cigarettes justifie un traitement différencié aux yeux du gouvernement. "Les appareils électroniques sont plus sûrs. De nombreux experts, y compris occidentaux, articulent même un chiffre: les moyens électroniques de livraison de nicotine sont 95% moins nocifs que les cigarettes conventionnelles. Le chiffre même peut être discuté, mais le fait que les méfaits sont bien moindres est évident. Par conséquent, la réglementation des produits du tabac traditionnels et des moyens électroniques doit être sans ambiguïté", explique le Ministre Denis Manturov.

"Les fumeurs doivent passer au vapotage"

Une loi spéciale pour les produits électronique de délivrance de nicotine devrait fixer des restrictions basiques pour en interdire la vente aux mineurs et son utilisation dans les écoles et les jardins d'enfants explique le Ministre. En parallèle, Denis Manturov annonce dans son interview la future implantation d'un tracking strict des paquets de cigarettes. "Il a déjà été décidé que ce sera DataMatrix", explique le Ministre, avant de présenter une possibilité, "si nous parlons d'étiquetage à l'aide d'une puce RFID, cela coûte 3,5 roubles [par paquet], mais cela nous permet de développer notre microélectronique domestique". Une option qui ferait exploser le prix des cigarettes pour les russes. 

"Le Ministère de la santé s'en réjouit. (...) Les fumeurs doivent passer aux moyens électroniques de délivrance de nicotine", appuie Denis Manturov avant de préciser, "dans les appareils électroniques, il n'y a pas de combustion (...) or les produits de combustion sont les plus nocifs, je dirais même la composante létale du tabagisme traditionnel". Il conclut que les régimes de taxations doivent aussi être différenciées pour favoriser le passage des cigarettes vers le vapotage. 

Vaping grade 

L'annonce du Ministre de l'industrie peut surprendre. En 2014 au sommet anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Moscou, la Russie s'était faite porte-parole de la ligne prohibitionniste anti-vapotage. Quatre ans plus tard, les travaux scientifiques sérieux semblent avoir fait changer la position des dirigeants. Ce qui se passe concrètement peut-être aussi. L'interdiction de fumer dans les lieux publics depuis 2014 est concomitant à un impressionnant essor du vapotage dans le pays. Fin janvier, un autre article de Vedomosti estimait à près de 4 millions le nombre de vapoteurs russes en 2017. Tandis que le tabagisme a chuté de plus de 20% depuis 2009 selon l'OMS.

L'alliance professionnelle du vapotage en Russie estimait à plus de 2'000 boutiques spécialisées et des centaines de vape-bars, aux côté des près de 50'000 points de vente non spécialisés en 2016. Depuis, le marché du vapotage poursuit sa fulgurante expansion, dépassant 17 milliards de roubles (~285 Fs millions, ~245 € millions). Actuellement, il est aux mains de la vape indépendante qui se base sur une solide culture vape présentée par le site WM. Mais ce marché attire, évidemment, les cigarettiers. "De nombreuses cigarettes électroniques de fabricants inconnus et de qualité inconnue sont vendues sur des sites Web ou sur les réseaux sociaux", avance avec de gros sabots Karina Korotkina, la directrice commerciale de Japan Tobacco en Russie, le mois dernier à Vedomosti. Un refrain que l'on croit avoir déjà entendu plus à l'ouest pour justifier de restrictions contre la vape indépendante...

samedi 14 octobre 2017

Au Royaume-Uni, banaliser le tabagisme en y assimilant le vapotage ne passe pas

Au Royaume-Uni, on ne plaisante pas avec les messages de santé publique. Aldi, la chaîne allemande de supermarchés discount, vient de le vérifier. Ses magasins arboraient des panneaux erronés interdisant tabagisme et vapotage dans le même message. "Nous pouvons confirmer que toute la signalétique est en train d'être retirée et corrigée", informe Abigail Stefenson du Service consommateur d'Aldi, dans un mail ce vendredi. Cette décision vient en réponse à la protestation de citoyens contre cette signalétique trompeuse et légalement fausse. Les panneaux britanniques d'interdiction de fumer se doivent de comporter une référence à la loi, qui ne mentionne évidemment aucune interdiction de vapoter. Bien au contraire puisque la santé publique britannique invite la population à aider les fumeurs à arrêter de fumer, notamment à l'aide du vapotage.

L'assimilation des messages d'Aldi banalisait les cigarettes en les rapprochant d'un produit, sans tabac ni combustion, reconnu inoffensif envers autrui. Tromper le public en mêlant le tabagisme à son alternative de sortie n'est pas passé. L'initiative de contester ce panneautage erroné est venue de Brian Coe, avec un premier message sur twitter le 4 octobre, suivi d'échanges de mails entre divers personnes et la direction d'Aldi UK. Un dialogue fructueux puisque la chaîne a décidé de retirer et changer ses panneaux pour être en conformité avec les prescriptions britanniques. Qu'il n'y ait pas incompréhension sur le sujet: Aldi ne va pas autoriser de vapoter dans ses rayons et ce n'était pas la demande des citoyens. 

Nudging

Le mitage du message de prévention et la banalisation du tabagisme par l'effet d'assimilation du vapotage se voit heureusement éliminer par ce changement de signalétique. Comme le rappelle un article éclairant de Nathalie Dunant au Vaping Post, le Gouvernement britannique insiste sur la nécessité de "faire une distinction très claire entre fumer et vapoter". Avec moins de 16% de fumeurs suite à sa dégringolade suscitée par le vapotage depuis 2011, le Royaume-Uni fait figure de modèle sur cette question. Notamment grâce à une approche faisant place à l'incitation positive, inspirée de la théorie des Nudges de Richard Tahler,  et non uniquement répressive et haineuse.

Quelques-uns des tweets de cette petite histoire de santé publique citoyenne:

jeudi 31 août 2017

[Expresso] Canada: pétition parlementaire contre l'assimilation de la vape au tabac du projet de loi S-5


La déception est grande, mais la partie n'est pas encore perdue. Adopté par le Sénat le 1er juin dernier, le projet de loi S-5 vise à assimiler le vapotage au tabagisme au Canada. Avant son examen à la Chambre des communes, une consultation publique est ouverte jusque fin octobre. Ainsi qu'une pétition officielle à la Chambre des communes réclamant le rejet de l'intégration de la vape au tabagisme. Lancée par des usagers, la pétition, qui compte à ce jour près de 2000 signatures canadiennes, sera présentée aux députés. "Cette pétition est très importante (...). La proposition de loi S-5 est très mauvaise pour l'avenir de la vape", insiste Jean-Philippe Boutin, vapoteur canadien de longue date, dans une vidéo (plus bas). Du côté des défenseurs des approches de santé publique par la réduction des méfaits, on s'inquiète aussi.

Droit à l'information censuré

"Si le projet de loi S-5 passe, elle rendrait illégal à une entreprise de dire aux fumeurs que les produits à risque réduit sont, justement, bien moins néfastes. Lorsque les gouvernements pensent que la solution est d'être opposé de manière excessive et irrationnelle contre les alternatives viables et radicalement moins dangereuses pour les fumeurs, ces gouvernements échouent dans leur compréhension du problème", explique le Pr David Sweanor, spécialiste en santé publique à l'Université d'Ottawa, dans une tribune dans le journal The Province. - Edit 1-09-2017 à 20H: le site canadien La Presse a mis en ligne une version française de la tribune de David Sweanor -.


Si ce projet était adopté tel quel, présenter la réduction des méfaits par l'arrêt du tabagisme avec le vapotage deviendrait interdit. Ils sont pourtant attestés, y compris par des experts canadiens dans le très sérieux rapport scientifique de l'Université de Victoria. L'influence de la Sénatrice Chantal Petitclerc, marraine québécoise du projet de loi S-5, n'est probablement pas étrangère à cette mesure insensée tant d'un point de vue de santé publique que de droit à l'information. Cette censure se trouve déjà en place au Québec. Malgré son obstruction à l'avancée de l'affaire, l'Etat du Québec vient d'ailleurs d''être officiellement assigné en justice pour cette raison, comme le rapporte le média local TVA

Au cas où le projet de loi S-5 serait confirmé sans modification par les députés, les médias indépendants, tels que les blogs, les reviews en vidéo etc... seraient aussi probablement menacés. Des affaires en justice, similaire au cas québécois, ne seraient pas exclure le cas échéant pour défendre droits d'expression et d'information.

Tentation coupable

En plus d'une interdiction du droit d'être informés, les usagers du vapotage peuvent craindre de se voir privés d'une multitude d'arômes par le projet de loi S-5. Au nom de la protection des enfants, les dénominations jugées suspectes d'être attirantes seraient interdites. En plus des arômes confiseries et gourmands, on peut retrouver le goût cannabis sur la liste des interdits. Ceci au moment où le Canada est sur la voie de légaliser la weed...!? Comprendra qui peut. 

Le projet de loi prévoit aussi d'imposer des messages anxiogènes sur les produits de vape dans le même mode que l'Union Européenne. Des limitations des produits, des processus d'homologation peuvent faire craindre glaciation des innovations et régression de la diversité des produits existants. 

"Morts par tromperie sur mandat"

Alors le Gouvernement Trudeau semblait ouvert à des progrès en matière de réduction des méfaits et de l'abandon des logiques répressives et de leurs conséquences catastrophiques en matières sanitaires et sociales, le projet de loi S-5 marque une violente régression pour les droits à la santé de la population. Une loi qui pourrait au final se révéler plus nocive que bénéfique pour la santé publique. Avant son examen à la Chambre des communes, le Pr David Sweanor assigne les élus à leur responsabilité. "Les législateurs canadiens ont abandonné, à contre-cœur parait-il, d'interdire totalement le vapotage pour s'orienter vers une loi entravant marketing et accès aux produits à méfait réduit, de manière à ce qu'un minimum de fumeurs de cigarettes arrête de fumer à leur aide. On pourra nommer ces victimes des "morts par tromperie sur mandat"."



dimanche 6 août 2017

Inde: les vapoteurs demandent au Ministre de la santé de reconsidérer le projet de prohibition

"Une telle décision compromettrait le potentiel de réduction des méfaits des produits de vapotage. Ce serait un vol d'un droit pour des millions de fumeurs et de vapoteurs en Inde". L'Association des Vapoteurs Inde (AVI) demande au Gouvernement de reconsidérer son projet de prohibition du vapotage. Annoncé par la presse suite à un rapport d'un comité technique, l'éventuelle interdiction totale du vapotage en Inde priverait les plus de cent millions de fumeurs locaux d'accès légal à cette alternative de consommation de nicotine à risque fortement réduit. "Récemment le Collège Royal des Médecins britannique a publié un rapport scientifique analysant des dizaines d'études et conclue que le danger pour la santé à long terme de l'inhalation de vapotage est susceptible d'être en dessous de 5% des risques de fumer des cigarettes", rappelle l'organisation des usagers dans sa lettre du 1er août à Jaggat Prakash Nadda, le Ministre de la santé. 

L'Inde à contre-courant

L'outil est déjà utilisé par de nombreux organismes d'aide à la sortie du tabagisme et des millions d'utilisateurs de vapotage se sont libérés de la cigarette à travers le monde. Un phénomène qui amène des pays à l'intégrer à leur politique de santé. L'AVI cite le très récent plan "pour une génération sans fumée" du Gouvernement britannique: "Aider les gens à quitter le tabagisme en autorisant les technologies innovantes qui minimisent le risque de méfait et maximiser la disponibilité des alternatives plus sûres". L'Etat fédéral américain, par l'entremise de la Food and Drug Administration (FDA), prend aussi le chemin d'utiliser le vapotage contre les cigarettes dans son nouveau plan anti-tabac. "Scott Gottlieb, le Commissaire de la FDA, reconnait l'importance des mécanismes de délivrance de la nicotine et il annonce un changement de réglementation pour pousser les fumeurs à passer au vapotage", souligne l'Association indienne.

Consulter les usagers

Les représentants des vapoteurs déplorent que l'Inde semble prendre le chemin inverse. Dans un pays frappé par le tabagisme, où plus de 900'000 personnes en meurent chaque année selon les estimations officielles, ils regrettent l'orientation anti-vape prise sur la base d'une évaluation unilatérale. "Nous demandons aussi au Ministère de la Santé de prendre une approche plus consultative (...). Nous serions heureux d'avoir l'opportunité d'expliquer plus en détails notre position et présenter au Ministre des personnes pour qui le vapotage a fait la différence entre une mort certaine et la vie."


jeudi 6 avril 2017

Etude internationale: Fort impact des réglementations sur les arrêts du tabac à l'aide de la vape

publiée dans Nicotine & Tobacco Research
Les réglementations influent-elles sur les chances de réussir son sevrage tabagique ? Cela paraît couler de source, mais aucune étude n'avait encore mesuré le poids de l'environnement législatif sur les arrêts avec la vape. Une comparaison de données recueillies entre 2010 et 2014 de deux paires de pays, la première américano-britannique alors peu restrictive, la seconde australo-canadienne avec de fortes restrictions à l'accès et l'usage des produits de vapotage, montre clairement l'impact. Tandis que 73,2% des fumeurs britanniques et américains sondés ayant tenté d'arrêter de fumer à l'aide du vapotage ont réussi au moins durant un mois, seuls 31,5% de leurs homologues australiens et canadiens ont connu la même réussite. L'étude, publiée par la revue d'Oxford Nicotine & Tobacco Research, s'appuie sur les enquêtes de l'International Tobacco Control four country (ITC).

Elle montre que, dans l'environnement plus propice, les fumeurs optant pour l'aide du vapotage augmentent leur chance de sevrage à un mois par 1,95 fois [OR = odd ratio] par rapport à aucune aide. Soit un peu plus qu'avec les substituts nicotiniques (OR 1,64) et à peine moins qu'avec les drogues pharmaceutiques (OR 2,07). Mais dans les pays hostiles, utiliser le vapotage donne près de trois fois moins de chance de réussir (OR 0,36) que de se lancer sans aide. «Les raisons de l'effet de facilitation du vapotage pour cesser de fumer se trouvent uniquement dans les pays ayant un environnement moins restrictif à la vape», souligne l'étude signée de chercheurs américains, australiens, britanniques et canadiens. 

Matérialisme

USA, Royaume-Uni, Australie, Canada
Première raison invoquée par les chercheurs à cet effet bénéfique à l'arrêt du tabagisme par les réglementations les moins agressives contre la vape: la facilité d'accès aux produits. A fortiori, en offrant une palette diversifiée des appareils les plus efficaces, c'est-à-dire les systèmes à réservoir (à l'opposé des «cigalikes»), et évidemment aux liquides nicotinés qui doublent les chances d'arrêt par rapport à la vape sans nicotine selon le rapport Cochrane de 2016. Cette étude confirme d'ailleurs ces deux aspects dans les pays tolérants. Les utilisateurs de mods à réservoir ont 2,57 fois plus de chances de sevrage que les utilisateurs de cigalikes et 3,11 fois plus de réussite que les fumeurs se lançant sans aide. Tandis que les britanniques vapotant avec nicotine ont eu 3,07 fois plus de succès que ceux s'aidant de vapotage sans nicotine.

Dans la même veine, l'accès plus simple à des produits encouragent non seulement les tentatives avec l'aide de ces produits, mais aussi la prolongation de l'arrêt en facilitant l'accès à de nouvelles fournitures (liquides ou matériel) durant le sevrage. «Ceci peut contribuer à leur offrir de plus grandes opportunités d'expérimenter différents appareils et liquides jusqu'à ce qu'ils trouvent la bonne combinaison», explique l'article. 

Et mentalités

La seconde série de motifs met en relief l'aide que procure un climat social plus tolérant et serein à l'égard du vapotage aux fumeurs pour sortir du tabagisme par son aide. Plus confiants, ils seraient plus susceptibles de détermination et de persévérance dans leurs tentatives. Dans les pays restrictifs, «le faible accès au produit et peut-être la réticence à vapoter en public au milieu de personnes potentiellement hostiles sont des raisons plausibles pour penser que sa dénormalisation puisse être un facteur important du haut taux d'échecs», suggèrent les chercheurs. 

Ils soulignent aussi un possible biais d'auto-sélection: la mauvaise image de la vape cultivée par les pouvoirs publics hostiles limite son recours à certains fumeurs. «Il est également possible que, dans les pays à faible disponibilité, ceux qui ont choisi d'utiliser le vapotage pour cesser de fumer étaient les plus désespérés, ceux n'ayant pas réussi auparavant en utilisant les méthodes approuvées», émettent en hypothèse les chercheurs pour expliquer le plus faible taux de réussite à l'aide du vapotage que sans aucune aide en Australie. 

Soutien ou abandon de la part des soignants?

L'étude n'a pas pu prendre en compte l'aide comportementale apportée ou non aux fumeurs. «Parce que ce que constitue le soutien comportemental était trop hétérogène entre les différents pays, nous avons décidé de ne pas le retenir comme critère», expliquent les chercheurs. Reste qu'évidemment, entre les Stop Smoking Services britanniques en dialogue constructif avec les vapoteurs et le dogme australien de leur diabolisation, les compétences des professionnels de santé sur le sujet et l'aide apportée en conséquence aux fumeurs sur cette voie ne peuvent pas être de même qualité. D'autres facteurs, comme notamment le climat de peur entretenu par les médias sensationnalistes et/ou liés d'intérêt aux lobbys du tabac et de la pharma, n'a pas été pris en compte dans la comparaison. 

Et la Suisse?

La Suisse ne fait pas partie de l'étude. Mais les principaux enseignements de cette étude donnent de l'eau au moulin de mes analyses de 2015 sur le déficit d'arrêts tabagiques à l'aide du vapotage en raison des entraves fédérales. Mon analyse s'appuyait sur la comparaison des statistiques de prévalence de la population, ce qui est sensiblement différent des groupes de fumeurs tentant un sevrage suivis dans cette étude. Reste que le ratio de chances de réussir son sevrage entre pays restrictifs et pays permissifs (OR 0,36 versus OR 1,95) mis en évidence résonne avec les ratio d'adoption, c'est-à-dire de l'expérimentation à l'usage régulier, du vapotage que j'avais tiré de la comparaison des statistiques helvétiques et britanniques de 2014. 

«L'interdiction de la vente de liquide nicotiné concoure ainsi à six fois plus d'échecs des tentatives de passer à la vape des fumeurs en Suisse par rapport aux britanniques», avais-je alors souligné. Le parallèle se poursuit d'ailleurs sur la faible part de vapoteurs utilisant de la nicotine en Suisse et en Australie. Selon l'enquête d'Addiction Suisse, moins de 40% des vapoteurs helvètes utilisent de la nicotine, chiffre proche des 41% relevés dans cette étude pour les australiens, contre plus des trois quarts des britanniques. 

Guerre au vapotage, guerre aux pauvres

Les inégalités sociales de santé cultivées par les réglementations de santé publique
Autre point commun, les restrictions légales semblent entraver plus fortement l'accès au vapotage aux fumeurs défavorisés socialement. «Comparés aux répondants des pays avec une réglementation plus restrictive, une plus grande proportion de ceux de pays moins restrictifs sont plus âgés, avec des revenus plus faibles, (...)», note la recherche internationale. En proportion, il y a deux fois plus de faibles revenus à essayer d'arrêter de fumer avec le vapotage lorsque l'environnement législatif est permissif que répressif. Les données suisses ne tiennent pas compte des niveaux de revenus, mais du niveau de formation. Les auteurs soulignaient dans le dernier rapport en commentaire que «la part d’usagers [du vapotage] au cours des 30 derniers jours augmente régulièrement avec l’augmentation du niveau de formation»

Les entraves législatives en augmentant le coût financier du vapotage, en compliquant son accès et le limitant aux personnes détenant des outils informatiques et de paiement électroniques ou aux personnes détenant un capital social leur permettant de passer par le marché gris/noir, empêchent selon toute vraisemblance des fumeurs de couches sociales défavorisées d'utiliser ce moyen d'arrêt tabagique. La stigmatisation des vapoteurs renforce cette dynamique vicieuse contre les personnes les moins outillées en terme de capital culturel pour résister aux campagnes de désinformation. Le gâchis sanitaire de la guerre au vapotage profite non seulement au tabagisme en général, mais accentue plus particulièrement les inégalités sociales de santé au profit des classes aisées. 

Autre leçon que l'on peut tirer de cette étude, aucune recherche sur le sevrage tabagique à l'aide du vapotage ne peut faire sérieusement l'impasse sur l'environnement législatif dans lequel la population étudiée évolue. Un point que, comme je l'avais entre autres souligné, G. Gmel et al. n'avaient pas tenu compte dans leur analyse publiée dans le Swiss Medical Weekly.


mercredi 29 mars 2017

[Heure d'été] La Nouvelle-Zélande légalise le vapotage nicotiné pour en finir avec le tabagisme d'ici 2025

La Nouvelle Zélande a décidé de saisir l'opportunité du vapotage pour abaisser le taux de tabagisme, réduire ses méfaits et sauver des vies. Nicky Wagner, Ministre-adjoint à la santé, a annoncé ce matin la prochaine légalisation de la vente de liquide nicotiné de vapotage. "Aussi vite que possible" et au plus tard l'an prochain assure t-elle. Jusque-là les liquides avec nicotine étaient interdits de vente, engendrant du marché noir et des rechutes dans le tabagisme de vapoteurs privés de liquide nicotiné. "Il y a un consensus général sur le fait que vapoter est beaucoup moins nocif que fumer", explique la représentante du Gouvernement néo-zélandais, avant d'encourager. "Je suggère à toutes les personnes ici qui fument de passer au vapotage".

Cette annonce surgit après une consultation publique close en septembre dernier. "Les preuves que l'usage du vapotage peut réduire considérablement le poids des maladies causées par le tabagisme sont de plus en plus nombreuses", conclue le Ministère de la santé. Le Gouvernement prend cette décision alors que plus d'un demi-million de néo-zélandais fument et 5'000 en meurent chaque année. L'objectif est de ramener de 15% actuellement à moins de 5% d'ici 2025 le taux de tabagisme. Le tabagisme frappe particulièrement les groupes sociaux défavorisés, notamment les femmes maoris fumeuses pour 42% d'entre elles. 

"New Zealand smokefree" pour 2025

Pour dépasser l'impasse de "l'abstinence ou la mort", laissant de côté les groupes doublement stigmatisés par leur identité sociale et par leur tabagisme, de nombreuses voix soutiennent une approche de réduction des risques plus compassionnelle et efficace. C'est dans ce but de santé publique et d'équité sociale que le Gouvernement va légaliser les ventes de liquides avec nicotine en tant que produits de consommation. "Cela garantit aux fumeurs d'avoir accès à une alternative à plus faible risque, un outil de réduction des méfaits. Mais nous continuerons à dissuader les non-fumeurs de commencer de fumer ou de vapoter", précise Nicky Wagner.

Les grands traits de la réglementation, mais pas encore les détails

Si les détails de la réglementation de la vape ne sont pas arrêtés, un document du Ministère de la santé annonce l'interdiction de vente aux mineurs, sauf si les parents (whãnau) leur autorise. Des restrictions de l'usage dans les lieux collectifs pourraient être similaires à celles pour les cigarettes, bien que ce point soit contesté. La publicité devrait être encadrée afin de ne pas attirer les non-fumeurs au produit. Les produits devront être homologués, mais le Gouvernement assure "vouloir tenir au plus bas les coûts pour les entreprises". Standards de produits de consommation, composition des liquides, bouchon de sécurité et avertissement sanitaire seront exigés.

Le think-tank NZ Initiative salue cette "approche très pragmatique", qu'il appelait de ses vœux lors de la consultation. Mais il rappelle aussi que "le diable peut se nicher dans les détails, et il est toujours possible que sur-réglementer le produit puisse annihiler le bon travail fait par sa légalisation".

Une décision historique

Les défenseurs d'une approche de réduction des risques se félicitent de l'annonce. "Légaliser la nicotine pour le vapotage est l'action la plus efficace que le Gouvernement a pris pour aider les fumeurs depuis les subsides pour les produits de substitutions nicotiniques il y a dix ans", se réjouit la Dr Marewa Glover. Le groupe Maori de lutte contre le tabagisme Hãpai Te Hauora applaudit à ce progrès législatif pour la disponibilité du vapotage. 

"Aujourd'hui, la Nouvelle-Zélande a fait un grand pas en avant et devient leader en reconnaissant la réduction des risques et en dépassant l'esprit étriqué de ceux qui espéraient bannir le vapotage", exulte QJ Satchell, président de la New Zealand Vaping Alliance. La Nouvelle Zélande vient de prendre l'option de la réduction des risques pour lutter contre le tabagisme, à l'opposée totale de la décision il y a quelques jours de son voisin australien...


samedi 14 mai 2016

[Traduction] Les Lords Anglais au secours de la vape contre la scélérate directive Européenne

Ce 20 mai doit s’abattre sur l'Europe la nouvelle directive contre les produits du tabac, incluant la cigarette électronique. Le Grand Comité de la Chambre des Lords s'est emparé du sujet, à l'initiative de Matthew Ridley ce mardi 10 mai, pour se concentrer sur la meilleure manière de l’implémenter au Royaume Uni. Nous vous proposons la traduction de cette audition de 75 minutes réalisé par Florence THEIL, leurs arguments sont plein de bon sens et se veulent même prédicateurs des risques contre le tabagisme. Alors que les organismes de santé anglais et les vapoteurs s'inquiètent des effets négatifs de cette directive restreignant la taille des réservoirs à 2 ml maximum, le volume des recharges à 10ml et leur taux de nicotine au maximum à 20mg/ml (2%). Lors du débat, Lord Prior de Brampton, sous-Secrétaire d'Etat à la santé, a précisé la position du gouvernement face à chacun de ces points, en rétablissant parfois ce que dit le texte, dans une interprétation laissant la porte ouverte à l'information du grand public.

jeudi 21 avril 2016

Pr J. Nitzkin : Quelles sont les croyances contre la réduction des risques des projets de lois sur le tabac ?

Le Pr Joel L. Nitzkin est spécialiste des questions de santé publique concernant le tabagisme. Il a dirigé différents organismes de santé publique depuis les années 1970 (Rochester, New-York, Louisiana...). Il est président de la Task force sur le tabagisme de l'American Association of Public Health Physicians (AAPHP).

Notre traduction, non révisée par l'auteur et qui ne l'engage pas en cas d'erreur de notre part, du manuscrit accepté le 19 avril 2016 par la revue Nicotine & Tobacco Research d'Oxford, et en ligne en version originale.

Cette intervention répond à la présentation du Dr David Ashley du Centre sur les Produits du Tabac (CTP) de la Food and Drug Administration (FDA) lors de la réunion en Mars 2016 de la Société de Recherche sur la Nicotine et le Tabac (SRNT). Le Dct Ashley a partagé des doutes sérieux quant à savoir si huit produits de Snus de la marque Swedish Match devraient avoir un statut de Produit de Tabac à Risques Modifiés (MRTP) (1). Tel que publié dans la revue Nicotine and Tobacco Research (NTR) (2), et de nouveau souligné à cette réunion de la SRNT, la FDA affirme être engagée dans un programme de réglementation fondé sur la science, plutôt que sur des préoccupations politiques ou d'intérêt particulier. Certains doutent sérieusement de cette affirmation de la FDA.