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lundi 11 décembre 2017

Le Conseil fédéral estime que l'Iqos n'est pas un produit sans fumée

Fin septembre, la Conseillère nationale Ruth Humbel interpellait le Conseil Fédéral pour savoir "pourquoi les produits de tabac chauffé sans combustion ne sont-ils pas taxés pour ce qu'ils sont, à savoir des cigarettes?". La réponse apportée par Alain Berset, Conseiller Fédéral de l'intérieur, le 1er décembre à la députée démocrate-chrétienne justifie le niveau de taxe adoucie pour l'Iqos, la Glo et la Ploom, présentes sur le marché Suisse. "Les produits heat-not-burn, à l'instar du tabac à pipe, relèvent de la catégorie fiscale "autres tabacs manufacturés" et sont soumis à une imposition de 12% du prix de vente au détail. Cette taxation s'explique par le fait que les capsules et les sticks de tabac diffèrent grandement des cigarettes ordinaires dans leur fabrication et leur utilisation et que le tabac qu'ils contiennent est chauffé et non brûlé", explique le Conseil Fédéral.

La fumée de l'Iqos contient moins de substances nocives que celle des Marlboro

Pourtant, l'exécutif convient auparavant que les cigarettes chauffées peuvent ne pas dégager que de la vapeur. "Pour les produits complexes contenant du tabac, la différence entre la production de vapeur et celle de fumée n'est pas toujours claire car il s'agit la plupart du temps d'un mélange de vapeur et de fumée, en proportions variables", souligne les autorités se référant à l'étude menée par le Pr Reto Auer, de l'Université de Lausanne. Il s'avère que le produit Iqos "a) contient des substances nocives identiques à celles de la fumée de cigarette et b) présente de manière générale des quantités de substances nocives nettement inférieures à celles de la fumée de cigarette".

Philip Morris pas d'accord dans la NZZ

Dans la Neuer Zurcher Zeitung (NZZ), Philip Morris réagit à la déclaration du Conseil Fédéral:"Nous ne sommes pas d'accord avec la déclaration selon laquelle la vapeur d'IQOS ne peut pas être considérée comme totalement sans fumée". L'argument de Philip Morris est que son produit ne générerait pas de combustion. Pour le cigarettier, le fait que l'Iqos fonctionne si on le place dans un environnement sans oxygène prouve l'absence de combustion. Pourtant la fumée de cigarette est aussi composée en partie de pyrolyse, phénomène se déroulant sans oxygène, qui semble clairement à l’œuvre dans l'Iqos et sa chauffe à 350°C. 

Les dégagements de la Glo, qui chauffe à 250°C d'après British American Tobacco, et la Ploom, qui serait chauffée à une énigmatique température de 30°C selon Japan Tobacco, n'ont pas été étudiés par des recherches indépendantes à ma connaissance (mais des études sont en cours). Il est possible que ces produits chauffés ne produisent pas les même toxiques que les cigarettes et l'Iqos. Il est possible que le phénomène de pyrolyse soit évité par leurs températures sensiblement plus basses que l'Iqos. Une réflexion sensée pour établir une réglementation ne devrait pas se baser sur le cas d'un produit raté pour légiférer l'ensemble d'un domaine. En l'état des connaissances, l'Iqos échoue à être sans fumée, mais cela ne signifie pas que toute l'approche du tabac chauffé soit à bannir.

Amalgame du vapotage aux cigarettes chauffées

Sans surprise au vu de sa ligne éditoriale sur le sujet, la NZZ profite évidemment de l'occasion pour brouiller les pistes et amalgamer tabac chauffé et vapotage. Bien que la réponse du Conseil Fédéral distingue clairement les deux types de produits. Contrairement aux cigarettes chauffées, les produits de vapotage, qui fonctionnent par le chauffage d'un liquide sans tabac, ne dégagent ni monoxyde de carbone ni goudron. L'avant-projet de Loi sur les produits du tabac (LPTab) présenté vendredi dernier par le Conseil Fédéral amalgame tout de même aussi les deux produits, vapotage et cigarette chauffée, pour en interdire l'usage dans les lieux publics. Il est pourtant largement démontré que le «vapotage passif», au sens sanitaire, n'existe pas. Un fait qui a amené notamment les autorités anglaises et françaises à autoriser le vapotage dans certains lieux publics, notamment les bars et les magasins de vapotage, etc. 

Argent à l'odeur d'ammoniac

En coulisse de l'interpellation de Ruth Humbel, la puissante Association pour la prévention du Tabagisme (AT-Suisse) milite pour une taxation des produits de tabac chauffés à l'égal des cigarettes conventionnelles. Soit un peu plus de la moitié du prix de vente, dont une part (0,3%) revient au Fonds pour la Prévention du Tabagisme (FPT). Détail piquant, mais révélateur sur l'état du milieu anti-tabac Suisse, l'étude menée par le Pr Reto Auer, utilisée pour justifier cette taxation par AT-Suisse, n'avait reçu aucune aide financière de ce Fonds. Celui-ci, doté d'environ 14 millions de Fs en 2016, refuse par principe toute aide aux recherches dans le domaine de la réduction des méfaits.






lundi 20 novembre 2017

[Ristrett'] Pour un soutien à l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage, mieux vaut être à Lausanne ou Genève qu'à Zurich

"Aux consultations sur le tabagisme des hôpitaux universitaires de Genève et de Lausanne, l'option du vapotage pour cesser de fumer est présentée. Contrairement à l'hôpital universitaire de Zurich (USZ)", explique la Neue Zurcher Zeitung dans son édition de samedi. Isabella Sudano, responsable de la consultation de tabacologie à l'USZ, refuse de parler du vapotage aux fumeurs. "Bien que les risques pour la santé soient plus faibles, il y a encore trop peu d'études montrant les avantages de l'e-cigarette dans le sevrage tabagique", estime t-elle. Directeur de Stop-Tabac.ch, le Pr Jean-François Etter conteste cette résignation médicale condamnant les fumeurs au tabagisme. "Le vapotage fait la même chose que les substituts nicotiniques. Et le fumeur n'a pas à se passer du rituel du geste", souligne le professeur de santé globale de l'Université de Genève.

Étonnamment le quotidien zurichois n'évoque pas les résultats encourageants obtenus en consultation de tabacologie aux Hôpitaux de Genève (HUG) par le Dr Jean-Paul Humair, que nous avions présenté. La NZZ cite tout de même la revue Cochrane. Celle-ci montre que des études, de faibles échantillons, présentent déjà l'efficacité des vapoteuses de 1ère génération. Elles sont depuis dépassées techniquement par de nouvelles générations (trois ou quatre selon comment on les considère...).

"Une autre raison pour laquelle Isabella Sudano ne recommande pas le vapotage à ses patients est que les adolescents pourraient être tentés en les utilisant", affirme énigmatiquement la NZZ. D'un point de vue éthique, on peut s'interroger sur la démarche d'Isabella Sudano de nuire potentiellement à ses patients adultes en leur cachant un moyen de sortir de leur tabagisme. Elle ne semble pas touchée par la question. "Nous pensions la cigarette devenue inacceptable, maintenant elle entre par la porte arrière", estime t-elle. Avec au moins 25%, et probablement plutôt 30%, de fumeurs sans aucune baisse significative depuis 2009, la fin de la cigarette en Suisse n'a pourtant rien d'une évidence. 

"Au lieu de voir les bienfaits du vapotage pour la santé des fumeurs [qui y passent], beaucoup ont tendance à diaboliser la vape. Cela ne sert pas la protection des personnes à risque", déplore le Pr Etter. Alors que le vapotage est utilisé quasi exclusivement par des fumeurs ou ex-fumeurs en Suisse, selon les données du monitorage des addictions. De plus, là où il est répandu chez les jeunes, il a accompagné une chute massive du tabagisme adolescent. Comme le rappelle un article dans la revue JAMA sur la situation américaine ou une étude étendue au Royaume-Uni, que ne citent pas la NZZ. 

Une fois encore le journal zurichois n'arrive pas à s'empêcher de prétendre contre toute évidence que le vapotage est un produit des grands cigarettiers. Mais reconnaissons qu'en offrant la parole à deux visions contrastées, la NZZ fait-là son premier article un peu plus équilibré sur le sujet depuis l'apparition du vapotage... Auparavant, une longue suite de papiers d’extrêmement mauvaise qualité confinait au ridicule, à l'appel haineux et à la tromperie. Au point où News Buzzters en était arrivé à supposer que le journal zurichois servait les intérêts d'un cigarettier lausannois.
A Zurich apparemment le danger, ce ne sont pas les concours de fumeurs existants,
mais la possibilité qu'ils réussissent à arrêter de fumer à l'aide du vapotage


mardi 12 septembre 2017

Les fumeuses vérités alternatives de la NZZ pour inventer le 'vapotage passif'

Le quotidien zurichois n'en est pas à son coup d'essai. En matière d'articles pour répandre la peur du vapotage, la Neue Zurcher Zeitung (NZZ) a une longue collection. Cette fois-ci, la NZZ exhume le spectre fantasmatique du 'vapotage passif' affirmant en titre qu'il est "nocif". L'objectif de l'article publié ce week-end s'éclaire dans ses conclusions: justifier de réprimer les vapoteurs. Avec la conséquence de pousser les fumeurs suisses à rester aux cigarettes. La NZZ, qui fût jadis un quotidien de référence, sombre avec cet article de Frederik Jötten dans une affligeante suite d'enfumage de ses lecteurs. Confus et manipulateur, il se base sur une unique étude vieille de cinq ans, dont la critique à l'époque pour sa mal conception et ses résultats incohérents est ici passée sous silence. Pour masquer son enfumage, le journaliste allemand omet les dizaines d'études existantes et les rapports scientifiques pertinents sur le sujet. Non content de cet indigeste hirsebrei, Frederik Jötten le parsème d'erreurs factuelles grossières sur la situation légale en Suisse pour conclure dans un rapprochement incongru avec les cigarettes chauffées, finalisant son fantasme de repousser les vapoteurs au tabagisme. 

Passif NZZ sur le vapotage

La NZZ assume avec ce nouveau torchon sa vieille ligne contre l'outil de sortie du tabagisme. Ses colonnes ont ainsi accumulé accusation "d'effet passerelle" en 2015, où la vape ferait exploser le nombre de jeunes fumeurs ce qui ne s'est vérifié ni en Suisse ni ailleurs, puis diffusion en avril 2016 d'un hoax particulièrement grossier sur la présence de drogue dans les liquides de vapotage, avant un appel à "durcir" la répression contre les vapoteurs récemment. En contraste de ces diatribes anti-vapoteurs, le traitement par le journal proche des milieux financiers zurichois des nouveaux produits des cigarettiers est beaucoup plus pondéré et sérieux. NewsBuzzters s'étonnait en juin 2016 de cet écart produisant pour ainsi dire un effet de publicité comparative. Ce nouvel épisode de la campagne de la NZZ contre la menace du vapotage, qui a fait dégringoler les ventes de tabac où il s'est développé, reprend la vieille méthode du cherry-picking pour inventer un "vapotage passif" nocif selon le journal.

Une seule étude citée de 2013

Comme le premier site conspi' venu, la NZZ va chercher une étude et occulte l'existence de dizaines d'autres. "L'une des rares études dans lesquelles les effets du tabagisme électronique passif ont été examinés vient des autorités de santé publique de Bavière", nous révèle d'emblée Frederik Jötten (mon emphase). Mazette! Les scientifiques du Public Health England (2015), du Royal College des médecins britanniques (2016), de Truth Initiative (2016) et de l'Université de Victoria (Canada, 2017) auraient donc halluciné en analysant des centaines d'études dans leurs rapports respectifs. "Le vapotage relâche des niveaux négligeable de nicotine dans l'air ambiant et ne présente aucun risque sanitaire identifié pour l'entourage", conclut pour sa part le rapport du Public Health England.

Mais la NZZ détient visiblement la "rare" vérité alternative. Le journal ne se donne même pas la peine de livrer sa référence précisément. En fait, il s'agit d'une vieille étude publiée en 2013 dans l'International Journal of Hygiene and Environmental Health. Les faiblesses méthodologiques avaient été critiquées dans une réponse publiée dans la même revue. La NZZ n'en souffle pas un mot à ses lecteurs. Le travail signé du Pr Wolfgang Schober est résumé par la NZZ: "après deux heures à fumer des e-cigarettes, du formaldéhyde cancérigène, de l'alcool benzylique allergène et de la nicotine ont été détectés dans l'air". A quel taux et selon quelle méthodologie, les lecteurs de la NZZ n'ont pas le droit de l'apprendre.

Des mesures effectuées différents jours

A l'époque, la critique des Dr Farsalinos et Voudris remarque que les mesures comparatives de l'étude n'ont pas été effectuées le même jour ni dans les mêmes conditions. "Ce sont des limites importantes [à la valeur de l'étude]. Des études ont montré qu'il y a des variation significative d'un jour à l'autre des niveaux environnementaux des hydrocarbones aromatiques polycycliques (PAH)", expliquent les chercheurs du Centre de cardiologie Onassis d'Athènes. S'ensuit la liste d'une série d'incohérences dans les données rapportées par l'étude allemande. Autrement dit, on peut douter que l'étude allemande ait maîtrisé un sujet nouveau à l'époque et ce soit donné des conditions suffisantes pour être fiable. 

Dans une réponse à la réponse, les chercheurs allemands reconnaissent avoir fait des mesures comparatives différents jours, mais estiment la pollution munichoise trop faible (sic!) pour expliquer les différences. Ils concèdent que 
"les particules liées au vapotage ne sont pas générées par un processus de combustion, mais par évaporation directe. En raison de cette différence de principe opératoire, les particules de vapotage diffèrent bien sûr dans leur composition chimique et dans la distribution de taille de celles des cigarettes de tabac", sans que cela ne lève leurs doutes.

De son côté, le Royal College des médecins britanniques note en 2016 que l'étude bavaroise, présentée comme unique pièce scientifique par la NZZ, est la seule à avoir alerté sur des émissions néfastes d'hydrocarbones aromatiques polycycliques (HAP), des substances produites en pyrolyse, par le vapotage. "Il n'y a, jusque-là, aucune preuve scientifique que l'exposition passive au vapotage ne puisse causer des dommages sanitaires significatifs. Seule une étude [l'étude munichoise de Schober et al.] a rapporté des niveaux d'hydrocarbones aromatiques polycycliques qui seraient au-dessus des limites d'exposition de sécurité", précise le rapport (p. 84) de l'institution britannique de premier plan dans l'histoire de la santé publique.

26 études analysées par l'Université de Victoria

Depuis cette étude munichoise, les recherches se sont multipliées. Le rapport scientifique de l'Université de Victoria (Canada), publié en janvier 2017, a trouvé et analysé 26 travaux sérieux concernant spécifiquement le vapotage secondaire. Il conclut qu' "aucune exposition significative à des cancérogènes tels que ceux trouvés dans la fumée du tabac" n'est relevée pour l'entourage des vapoteurs. Concernant la nicotine, le rapport canadien stipule "une exposition mesurable mais faible" sans que l'on sache si "l'exposition à un si faible niveau pose un risque pour la santé"

Plus tranchant, le rapport du Public Health England précise que "les partenaires de vapoteur.es ont en moyenne des concentrations de cotinine [ndr. métabolite de la nicotine] de 0.19ng/ml de salive et 1.75ng/ml dans l'urine, ce qui est environ 1'000 fois moins que les concentrations chez les fumeurs et se situe au niveau du taux de cotinine généré en mangeant une tomate". Profitons-en pour rappeler que tomates, aubergines, carottes, patates, choux-fleurs, poivrons, etc. contiennent de la nicotine. En manger semble donc sous cet aspect (étroit) aussi dangereux, ou bénéfique, que côtoyer un vapoteur.

Post-vérité versus réalité

Mais les rapports scientifiques ne pèsent pas lourds pour le quotidien zurichois face à une autre mystérieuse mesure que le journal brandit sans donner quelconque référence. Là, je suppose, sans certitude, que Frederik Jötten se réfère à la ridicule mesure prise dans le hall d'un restaurant à l'insu des participants à un congrès sur le vapotage à l'été 2015. En plus de la perversité du procédé, le fait de mesurer la pollution particulaire dans un restaurant préparant le repas de centaines de convives avec les dégagements que l'on connait à cette activité est simplement honteusement malhonnête intellectuellement. Mais peut-être que la NZZ, tournée résolument vers l'ère de la post-vérité, parle d'autre chose, son absence de source à ses affirmations les rend difficiles à retracer.

Plus solide et dans le monde réel, une étude de l'Université d'Etat de San Diego - dont nous avions parlé - a mesuré durant une semaine la pollution intérieure de 256 logements. Chez les fumeurs de cigarettes et de joints, la pollution intérieure explose lorsqu'ils fument. Les niveaux de pollution particulaires chez les vapoteurs ne sont pas discernables de ceux des logements de non-fumeurs. "Nous n'avons observé aucune différence apparente dans la moyenne hebdomadaire de la distribution de particules entre les 43 logements reportant un usage [en intérieur] de vapotage et ceux ne déclarant aucun usage", soulignent les auteurs de l'étude publiée en mai dernier dans PlosOne. Par contre, cuisiner, surtout la friture, faire le ménage, ce qui soulève de la poussière, allumer une bougie ou faire brûler un encens produisent une pollution mesurée au contraire de vapoter selon ces résultats.

Où sont les atteintes sanitaires?

Après avoir enfumé ses lecteurs, le journaliste de la NZZ se croit autoriser à assimiler le vapotage au tabagisme, et de là à exiger des interdictions similaires dans la prochaine loi sur les produits du tabac LPTab. Sauf que même avec ces références occultes ou périmées, Frederik Jötten ne montre a aucun moment que des atteintes à la santé justifient son désir répressif des vapoteurs. Passé son titre et son jeu d'impressions effrayantes, son papier est passablement vide pour soutenir quoi que ce soit.

Or non seulement le vapotage réduit massivement les toxiques pour l'usager par rapport au fait de fumer. Mais la réduction des dégagements secondaires est encore bien plus importante par la forme d'usage: une cigarette se consume entre deux bouffées, pas le vapotage. Or, autour de 85% des toxiques relâchées lors de la consommation d'une cigarette le sont par le "sidestream". En contraste, les nuages des vapoteurs paraissent impressionnants. La capacité des médiums du vapotage, à savoir le propylène glycol et le glycerol, à capter jusqu'à 2000 fois leur volume en humidité fait que pour pour plus de 75% ce nuage est un brouillard d'eau (avec des variations selon les conditions hygrométriques de l'environnement), et plus de 24% de glycérine (PG et/ou VG).

En outre, la nature de l'aérosol de vape fait qu'il se dissipe de moitié (demi-vie) en moins de 30 secondes, contre environ 20 minutes pour la fumée de cigarette. Concernant la nicotine, celle exhalée par un vapoteur, ayant atteint un niveau de nicotémie similaire au fumeur d'une cigarette, est en deçà de 1% de celle rejetée par la cigarette. A ces doses, aucun effet négatif n'a été constaté sur des adultes. Le monoxyde de carbone est absent, tout comme l'énorme majorité des plus de 7'000 substances produites par la combustion d'une cigarette. 

Mesures de l'étude par l'Institut biomédical de Barcelone
A noter qu'elles ne distinguent pas particules solides et liquides

Le mauvais exemple d'arrêter de fumer

Peut-être par conscience d'avoir un bien maigre dossier sur l'aspect sanitaire direct, Frederik Jötten nous sort du chapeau le mauvais exemple que donneraient les personnes ayant arrêté de fumer avec la vape. "Même les ex-fumeurs pourraient être encouragés à fumer", affirme le journaliste. La semaine prochaine, la NZZ appellera peut-être à interdire le jus de pomme et le Rivella dans les lieux publics pour éviter d'inciter des ex-alcooliques à boire. Ce fantasme récurrent d'une vape pervertissant les pauvres fumeurs a été démoli de longue date par des chercheurs en sciences sociales. Plutôt que, par on ne sait quel étrange phénomène, d'inciter les fumeurs à fumer, l'exemple du vapotage en amène certains à tenter de sortir du tabagisme.

"Même les ciga-likes de première génération [aujourd'hui disparues] étaient visuellement différentes des cigarettes, et leur vapeur exhalée facilement discernables de la fumée de cigarettes en termes d'apparence, d'odeur et d'irritation, rendant la confusion peu probable entre vapotage et tabagisme dans les lieux couverts par la législation sans fumée", expliquent les auteurs du rapport (p.128) du Royal College of Physicians britanniques, qui ont visiblement plus de contact avec le réel que le journaliste de la NZZ et ses interlocuteurs.

La chasse aux mauvais ex-fumeurs

En France, le Pr Bertrand Dautzenberg, réticent dans un premier temps, a constaté que "le vapotage ringardise le tabagisme". Désormais, le pneumologue espère même "aider les fumeurs à goûter au plaisir de vapoter, au plaisir de s'éloigner de la tueuse qu'est la cigarette"déclare t-il au Monde. Mais peut-être est-ce justement ce mauvais exemple de la sortie du tabagisme qui dérange tant la NZZ? Principales victimes de ce mouvement de santé publique autogérée, les ventes de cigarettes et de médicaments ont souffert de l'engouement des usagers vers le vapotage dans plusieurs pays.

Resterait donc la question de la bienséance. Les démocratie libérales optent généralement de laisser à la population le soin de réguler par elle-même, dans les relations inter-individuelles, ce type de problèmes. Les sociologues appellent cela les normes, en contraste des règles ou des lois. Quelqu'un qui se parfume exagérément n'est pas interdit de lieux publics, mais il peut encourir quelques remarques. Sans autre justification sérieuse, on voit difficilement comment accepter que la loi instaure une restriction de libertés aussi manifestement discriminatoire pour une catégorie de la population, dont visiblement le seul défaut est d'avoir stopper la consommation de cigarettes et de médicaments qui est liée. Le point est particulièrement sensible pour favoriser la sortie du tabagisme des fumeurs en passant au vapotage. Leur mettre des entraves artificielles concourt à les condamner aux cigarettes.

La NZZ fait sa loi

Après les mensonges sur l'état de la science, des délires sur le rôle de la vape face au tabagisme, le journaliste de la NZZ, que rien ne retient visiblement, prétend que le vapotage n'est pas taxé comme le tabac "parce que les liquides avec nicotine ne peuvent pas être vendus en Suisse". La NZZ refait donc aussi ses propre lois et décide d'abroger la motion Zanetti qui en 2011 a exonéré le vapotage d'impôt punitif "pour aider les fumeurs à abandonner la cigarette". Allez soyons charitables, on a bien compris que c'est le désir de la NZZ, tout comme de Philip Morris et de la Commission fédérale de prévention du tabagisme (CFPT), que de punir au porte-monnaie les vapoteurs d'avoir arrêter de fumer. Mais en dépit des fantasmes de la NZZ, la loi protège ce moyen de sortie du tabagisme pour le moment.



Le journaliste termine évidemment en faisant l'amalgame entre les cigarettes chauffées et le vapotage, histoire de justifier tout son laïus inconsistant à faire prendre la vapeur pour de la fumée. Citant la recherche dirigée le Dr Reto Auer à l'Université de Lausanne à propos de l'Iqos, mais sans en avoir compris le contenu. Selon cette étude, dans l'Iqos se produit de la pyrolyse, autrement dit de la combustion imparfaite, ce qui dégage de la fumée et non pas seulement de la vapeur comme avec le vapotage. Un point essentiel pour distinguer le vapotage du tabagisme.

Die NZZ krieg

Comme le note DampfFreiheit, la NZZ a déclenché une blitzkrieg contre le vapotage ce mois. Peu probable que son feu nourri ne s'arrête là contre la vaporisation, alors que les autorités élaborent le nouveau projet de loi sur le tabac (LPTab) visant toujours à assimiler le vapotage au tabagisme. Les milliards du tabagisme, y compris ceux des très lucratives maladies évitable qui lui sont liées, sont en jeu face à l'outil de réduction des méfaits et le mouvement de santé spontanée de la population.