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dimanche 27 mai 2018

"Le tabac et la pharma m'ont déclaré la guerre", Herbert Gilbert inventeur d'une vaporette en 1963

"Tous les dispositifs de vapotage d'aujourd'hui appliquent simplement la technologie du 21ème siècle à mon invention du 20ème siècle. Les deux premiers paragraphes de mon brevet de 1963 vous surprendront". Herbert Gilbert, le résident en Floride âgé de 87 ans, répond à un interview du quotidien madrilène La Razón, repéré par SkyVape, le dynamique site italien

Le bricoleur ingénieux, revient sur son brevet déposé en 1963 d'un système de vaporisation de liquide nicotiné, pour remplacer les cigarettes en éliminant la fumée qu'il avait déjà conté en 2013 à Ashtray Blog. "Mon père venait d'une famille de boulangers, avant de se tourner vers la ferraille. J'allais souvent à la boulangerie et ça sentait très bon... Mais si un bâtiment brûle, la première chose que l'on crie est de se mettre à terre, car sinon la fumée vous tue. La logique m'a indiqué de me débarrasser du feu en remplaçant la fumée par de l'air chaud, humide et aromatisé", explique Herbert Gilbert à la Razón. 

Le tabac et la pharma font tout pour tuer son invention

Et il en dépose donc le brevet, que j'avais déjà évoqué début 2017 pour corriger une fake news de l'AT Suisse. Puis, que s'est-il passé? "J'en ai fait quelques unes et j'ai essayé de les vendre. Mais je n'étais pas de taille face aux grandes compagnies de tabac et aux compagnies pharmaceutiques qui m'ont déclaré la guerre", raconte l'américain. Son invention ne trouve pas de producteur. "Dès que le brevet a été délivré et publié, les fabricants de produits pharmaceutiques et de tabac ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher son succès et, dès son expiration, ils ont tous présenté de nouveaux brevets avec la même fonction opératoire que mon invention originale", dénonce l'octogénaire.

Mais Herbert Gilbert est heureux qu'aujourd'hui le vapotage puisse enfin se développer. Il estime que son invention a concouru à l'essor du moyen de réduction des dommages et contribue à la santé humaine. "Je n'ai pas reçu de récompense et je n'appliquerais pas mon brevet à ceux qui sauvent des vies. Faire partie du conseil d'administration de la société innovante de la famille Cameron est une reconnaissance suffisante", explique malicieusement Herbert Gilbert qui a rejoint l'Human Health Organisation dirigée par John David Cameron.

Vapoteur à 87 ans

Il profite aussi du produit, Herbert Gilbert vapote lui-même pour ne plus fumer. "La législation sera continuellement sous la pression du tabac tant qu'il y a des fumeurs. Ils ont créé un des lobbys les plus puissants. Enfin, nous sommes en train de sortir de cette fumée et nous rendre compte que près de six millions de personnes meurent chaque année inutilement dans le monde". Avant d'insister pour conclure: "Aux autorités espagnoles qui veulent éviter la vape, j'ai envie de demander: De quel côté de l' histoire voulez-vous être ? Du côté de ceux qui ont provoqué plus de 100 millions de morts au 20è siècle ? Le tabac est un incendie. Eteignez le feu et arrêtez les dommages. Le vapotage n'a pas de feu".

jeudi 26 janvier 2017

Etrange promotion de Philip Morris par AT-Suisse

AT Suisse réécrit l'histoire au profit de Philip Morris
Cela ressemble à un de ces publi-reportages dont l'industrie cigarettière raffole. "Philip Morris a développé des précurseurs de la cigarette électronique dès les années 90", titre le dernier bulletin de l'Association suisse pour la prévention du tabagisme (AT-Suisse). La publication bernoise avance que la firme lausannoise voulait promouvoir "une alternative aux thérapies par substituts nicotiniques aux fumeurs soucieux de leur santé". Jouant sur le champ lexical de l'innovation technologique, l'encart surplombe deux articles consacrés aux adolescents. Selon AT-Suisse, cette information aurait été "découverte" dans les documents de Philip Morris par des chercheurs de l'Université de Californie menés par Stanton Glantz. Sauf que cette information est au minimum trompeuse, si ce n'est complètement faisandée.

L'histoire réelle

Dans l'histoire réelle, un brevet d'e-cig a été déposé dès 1963 aux Etats-Unis par Gilbert A. Herbert. Soit plus de trente ans avant ces soi-disant "précurseurs" de Philip Morris. "Je l'ai montré à des entreprises dans la chimie, des sociétés pharmaceutiques et des compagnies du tabac. Ils ont fait ce qu'il avaient à faire pour protéger leurs marchés", explique G. Herbert en 2013 à Ashtray Blog. Son invention ne sera jamais produite. De nombreuses autres tentatives ont suivie comme le montre la liste impressionnante de brevets déposés. On note par exemple la première utilisation du terme vapotage par le Dr Norman Jacobson en 1980. La Favor sera même lancée sur le marché aux Etats-Unis avant d'être retirée sur injonction de la Food and drug administration (FDA).

Trente ans plus tard

En 1994, Philip Morris arrive bien tard avec ses projets qui n'ont plus rien de précurseurs. Pour ne pas dévaloriser son cœur de métier, le cigarettier laisse son prototype dans un tiroir durant 20 ans. C'est seulement devant l'essor fulgurant de la vape, relancée à l'initiative du pharmacien chinois Hon Lik, que Philip Morris ressort ses vieux plans et commercialise une vapoteuse en 2013. Son produit vieillot n'a pas grand succès et convainc la firme de se concentrer sur le tabac chauffé qu'elle avait aussi dans ses tiroirs depuis les années 1990.

La Post-Science produit aussi ses "faits alternatifs"

Mais alors, pourquoi le chercheur Stanton Glantz prend t-il pour argent comptant ce qui a tout l'air d'une auto-complaisante propagande du cigarettier? La question s'est posée à des observateurs, comme le spécialiste Jerôme Harlay, choqués de "ce coup de pub gratuit à Philip Morris" par l'article publié dans Tobacco Control mi-novembre. 

Le dépôt du dossier - pesant 15 tonnes - d'homologation de la cigarette de tabac chauffé Iqos par Philip Morris à la FDA, trois semaines après l'article de Stanton Glantz, est peut-être un début de réponse. Le chercheur californien est un des artisans de la réglementation de la FDA qui impose une procédure ultra-dispendieuse. Vanter les mérites technologiques de Philip Morris apparaît une justification avant l'heure du monopole dont vont bénéficier les cigarettiers grâce à ce règlement. Le mur financier qu'il érige, va bannir du marché les producteurs de vape indépendante sans les fonds en millions de dollars des multinationales.

Promo de cigarette sur RTS la 1ère

Dans le contexte Suisse, l'étrange promotion de la technologie du cigarettier vaudois n'est pas une première. Début septembre 2015, pour la sortie de la cigarette Iqos, Grégoire Vittoz avait lancé en direct sur l'antenne radio de la RTS la 1ère un tonitruant: "C'est très sophistiqué, c'est joliment fait. Pour l'avoir testé, c'est assez bluffant aussi en terme de goût". Le porte-parole de la Ligue pulmonaire suisse a t-il violé l'interdiction de promotion du tabac de la Loi sur la radio et télévision (LRTV) ? Personne ne s'est plaint... Possible que personne ne l'ait cru non plus.

Deux poids, deux mesures

Autre épisode à la fin de l'an passé, la Commission fédérale pour le prévention du tabagisme (CFPT) reprend à son compte la revendication de taxe anti-vape de Philip Morris. Chacun de ces faits peut être une maladresse sur fond de dogmatisme étriqué et de haine avérée contre les usagers. Mais ils s'ajoutent à l'absence totale de curiosité de ces organisations sur les raisons de l'administration fédérale à n'appliquer l'article 37 de l'ODAIOUs qu'à l'encontre du vapotage nicotiné et non pas aux produits des cigarettiers. Même l'Iqos a été autorisée sans problème en 2015 alors que les liquides de vapotage avec nicotine sont toujours interdits de vente. Pourtant, dans "l'élaboration hâtive de l'ODAIOUs, les produits du tabac sont soumis à l'article 37 de l'ordonnance", souligne l'association Helvetic Vape dans son plaidoyer concernant le vapotage

La multiplication de ces éléments troublants ne constitue pas une preuve. Mais il devient de plus en plus difficile de ne pas être pris de doutes sur l'étrange jeu de ces organisations soi-disant anti-tabac en guerre contre les vapoteurs et, de facto, en faveur du cigarettier Philip Morris.


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