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mardi 28 juillet 2020

Prohibition des arômes : les vapoteurs se mobilisent contre le coup bas du Ministre des Pays-Bas

SmaakNoodZaak : nous avons besoin des saveurs. Le site pour mobiliser les vapoteurs aux Pays-Bas est lancé. Le 23 juin, Paul Blokhuis a annoncé par lettre au Parlement néerlandais sa décision d’interdire tous les liquides de vape, sauf ceux « goût tabac ». Sans consultation publique, ni débat parlementaire, le secrétaire d’État à la santé vise une entrée en vigueur dés 2021. 400 000 vapoteurs néerlandais qui ont arrêté de fumer seraient immédiatement impactés par l’interdiction. 

Paul Blokhuis invoque les adolescents pour justifier la prohibition. Pourtant, le tabagisme adolescent régresse ces dernières années, étant passé de 2,1 % en 2017 à 1,8 % en 2019 chez les lycéens hollandais. Tandis que la vente de produits de vapotage est déjà interdite aux mineurs. En cas de prohibition des arômes, l’essor de sources parallèles pourrait faire perdre tout contrôle aux autorités.

Se mobiliser avant l’interdiction

Aujourd’hui l’association de défense des vapoteurs ACVODA et l’ESIGBOND, le regroupement des professionnels indépendants de la vape, appellent à la mobilisation. Ensemble, ils lancent le site SmaakNoodZaak, littéralement « besoin de saveur », avec trois actions proposées aux participants. « Plus nous serons à faire entendre notre voix, plus il y a de chance que cette interdiction ne soit pas implantée. Ensemble nous sommes forts ! », encourage Sander Aspers, président d’Acvoda.

« De nombreux vapoteurs sont fiers d’avoir cessé de fumer. Pour ces gens, c’est une gifle d’être marginalisés de cette façon pour donner le sentiment qu’ils font quelque chose de mal. Cela explique leur colère », rapporte Eveline Hondius, de l’association des vapoteurs. L’interdiction suscite également l’inquiétude des professionnels du vapotage. « Beaucoup d’entrepreneurs craignent pour leur survie si l’interdiction des arômes devient effective. Cela va provoquer des centaines de licenciements », alerte Emil ’T Hart, président d’Esigbond.

Détérioration de la santé publique

L’interdiction des arômes rendrait la vape beaucoup moins attractive pour les fumeurs et bénéficierait évidemment au tabagisme. De plus, « de nombreux vapoteurs qui ont déjà changé risquent de retourner à la cigarette ou se mettre à mélanger eux-mêmes des liquides et des saveurs, qui peuvent ne pas être adaptés au vapotage. Cela pose de graves risques pour la santé », souligne Esigbond dans son communiqué.

« L’interdiction des arômes serait désastreuse pour le grand nombre de fumeurs qui désirent arrêter de fumer, et les vapoteurs qui ont arrêté de fumer grâce au vapotage. L’intention d’interdire les saveurs semble provenir d’un besoin de contrôle, mais en fait, le secrétaire d’État perdrait de son emprise si les arômes disparaissaient du marché légal vers le circuit illégal », souligne Eveline Hondius de l’Acvoda. « Le secrétaire d’État prend une décision sans aucune justification scientifique. Cela ne serait pas utile à la santé publique », appuie Emil ’T Hart, d’Esigbond.

Appel à trois actions

Le site invite les vapoteurs à témoigner auprès des partis politiques néerlandais. « Les politiques à La Haye doivent entendre les réussites que le vapotage permet, précisément grâce à la diversité des saveurs. Alors faites savoir aux élus ce que le vapotage signifie pour vous et pourquoi vous refusez que les arômes soient interdits », motive Sander Aspers de l’Acvoda. Une manière de tenter de réveiller les partis face à Paul Blokhuis, issu de la minuscule Union Chrétienne, représentant 3,4 % des votes aux dernières législatives et qui défend des valeurs rétrogrades telles que l’interdiction de l’avortement.


Seconde proposition d’action, la pétition en ligne lancée par un citoyen néerlandais et adressée au Parlement peut être signée par tous citoyens européens pour refuser la prohibition des arômes. Elle atteint à présent près de 15 000 signatures, un nombre encore insuffisant pour faire le poids. Troisième sollicitation, une enquête en ligne préparée par l’Acvoda sur les usages des vapoteurs et les conséquences que pourrait avoir une interdiction des arômes aux Pays-Bas.

Un enjeu européen

L’European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA) a déjà écrit le 14 juillet à Paul Blokhuis et au secrétariat du Parlement néerlandais pour s’opposer à cette interdiction insensée. La lettre a reçu l’appui des scientifiques partenaires du regroupement européen des défenseurs des approches de réduction des risques face au tabagisme. Pour le moment, aucune réponse n’est parvenue en retour.

Alors que se profile une possible révision de la directive TPD d’ici mai prochain et un projet de révision des taxes du tabac, Paul Blokhuis a lui-même précisé l’enjeu d’ampleur européenne dans son communiqué du 23 juin. « Dans le cadre de l’examen européen en cours des taxes sur le tabac, les Pays-Bas se sont engagés à introduire des droits d’accise sur les nouveaux produits du tabac tels que les cigarettes électroniques ».

Le flyer SmaakNoodZaak est en ligne sur le site

dimanche 19 juillet 2020

Plan anti-vape du Danemark : ma contribution envoyée à la Commission européenne

Le gouvernement du Danemark a déposé à la Commission européenne la notification des projets de modification de lois de son "plan tabac", dont sa loi sur le vapotage. Des observations peuvent être soumises à la Commission européenne. Le délai indique deux dates, celle du 20 juillet et celle du 19 octobre, de manière peu claire. Plusieurs contributions, dont certaines en français de militants de l’Aiduce, sont accessibles sur le site de la Commission. La mienne, soumise jeudi, n’apparaît pas. Peut-être me suis-je trompé sur l’option de publication..? [Edit 22-07-20] Elle a été publiée sur le site TRIS de la Commission (lien ci-dessus) [/]
La voici ci-dessous pour qu’elle soit accessible publiquement.

Le plan du gouvernement danois ainsi que des rapports explicatifs se trouvent sur le site de la Commission. Notamment, il prévoit d’interdire tous les liquides aromatisés, sauf « goût tabac et menthol », avec ou sans nicotine. Il veut imposer des emballages neutres aux produits de vape. Il interdirait toute visibilité des produits, sauf à l’intérieur des magasins spécialisés ne vendant pas de tabac.

DADAFO, l’association des vapoteurs danois, avait appelé au soutien à travers un article sur le site de l’ETHRA fin avril. Une traduction en anglais de la position de DADAFO se trouve aussi sur le site de ETHRA.

Voici ma contribution:

Concerne : Notification Number 2020/0228/DK - S00S

Soumission de Poirson Philippe, de l’association Sovape.

Je déclare n’avoir aucun liens d’intérêt avec quelconque industrie, en particulier l’industrie du tabac, de la pharmaceutique ni avec aucune entreprise de vapotage.

Mon lien d’intérêt intellectuel sur le sujet est né de mon arrêt tabagique en 2014 grâce au vapotage.

Je suis membre du comité de l’association Sovape à titre bénévole depuis 2018.

SOVAPE – 88 avenue des Ternes – 75017 PARIS - https://www.sovape.fr/

Le 15 juillet 2020.

La notification du projet de loi du Danemark soulève plusieurs problèmes concernant sa validité. De graves défaillances dans l’analyse d’impact de plusieurs mesures contre le vapotage ne sont pas conformes au niveau d’exigence nécessaire pour de telles restrictions de libertés individuelles. Les conséquences indésirables sont hautement probables et font que les mesures contre le vapotage auront très probablement un effet inverse à l’objectif annoncé par les autorités danoises. Plusieurs mesures ne respectent pas les textes européens, notamment la directive sur les produits du tabac (TPD - directive 2014/40/UE). Les conséquences pourraient créer une zone de non-droit débordant des frontières danoises pour contaminer les autres pays européens et sont potentiellement dangereuses pour les citoyens européens.

Nous avons relevé notamment ces problèmes :

- Étude d’impact défaillante sur les effets de l’interdiction d’arômes concernant les jeunes, concernant l’art . 25 a du projet de la loi sur les cigarettes électroniques présenté.

L’étude d’impact concernant les effets de l’interdiction des arômes de vapotage sur les jeunes est défaillante à plusieurs titres.

Elle affirme que cette mesure est nécessaire car l’usage du vapotage chez les jeunes serait causalement lié à un tabagisme ultérieur. Or aucun élément sérieux scientifique n’a démontré ce point.

Le rapport de l’OMS Europe tout comme le rapport de la NASEM évoque des corrélations entre vapotage et tabagisme ultérieur chez les jeunes. « Les données disponibles jusqu’à présent ne prouvent toutefois pas que cette association est causale », souligne le rapport de l’OMS Europe (p. 8)[1]. En l’absence de preuve d’un tel lien, il y a un fort risque que les mesures prises produisent des effets inattendus et potentiellement contre-productifs en n’agissant pas sur les facteurs déterminants.

Les recherches de Public Health England et de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) ne montrent aucun effet passerelle de nature causale du vapotage vers le tabagisme des jeunes. Ces analyses, peu ou pas du tout considérées dans l’étude d’impact danoise, sont pourtant dans des environnements législatifs, cadrés par la directive européenne TPD, beaucoup plus proches du Danemark que l’exemple des Etats-Unis.

En France, l’examen précis des données de près de 39000 adolescents de l’OFDT conclut à une probabilité réduite de 38% de tabagisme chez les jeunes à 17 ans qui ont expérimenté le vapotage par rapport à ceux qui ne l’ont pas expérimenté[2].

A notre connaissance, les études américaines - notamment celle référencée de Soneji et al., 2017 - évoquées par les autorités danoises n’ont pas pris en compte le facteur essentiel du tabagisme de l’entourage des jeunes. Le risque de tabagisme adolescent peut pourtant être multiplié jusqu’à neuf fois lorsque le jeune a des parents et des proches fumeurs par rapport à un jeune n’ayant aucun proche fumeur. Ce point incite à considérer qu’une action permettant aux fumeurs adultes de sortir du tabagisme pourrait fortement bénéficier aux adolescents.

Le modèle de prohibition des arômes envisagée par le gouvernement danois est déjà en place à San Francisco en Californie depuis le 1er janvier 2019. Les conséquences indésirables ont surgi rapidement avec une hausse vertigineuse du tabagisme des 18 à 24 ans. De 27 % de fumeurs avant l’interdiction, ils sont passés à 37 % de fumeurs 11 mois après[3].

La prohibition des arômes en Estonie en 2018 a engendré le développement incontrôlé d’un marché noir. Il est estimé que près de 80% des liquides de vapotage consommés proviennent de sources parallèles. Le phénomène semble avoir acquis une dimension de trafic organisé atteignant aussi les adolescents[4].

L’inspiration américaine de l’argumentaire des autorités danoises nous semble sujet à caution devant les récentes crises sanitaires aux Etats-Unis[5]. Ces crises illustrent que la démission des autorités à réguler et contrôler un marché en le rendant illégal est une politique inefficace et dangereuse. L’histoire du 20e siècle est parsemée de catastrophes de Santé publique découlant directement de politiques prohibitionnistes. Les danois et les européens méritent mieux que le bégaiement politique de tels désastres.

Les statistiques danoises imprécises mélangent dans la même catégorie les adolescents de 15 à 18 ans et les jeunes adultes jusqu’à 24 ans. Il est étrange que les autorités danoises s’appuient sur des données aussi mal conçues pour élaborer leur politique. « J’ai l’impression que la consommation de vapotage des adolescents s’est tassée depuis l’implémentation de la directive européenne. Mais nos dernières données remontent à 2016 alors ce n’est pas très clair », déclare Niels Them Kjaer, directeur de la prévention du tabac à la Danish Cancer Society[6].

Chez les jeunes adolescents de 11 à 15 ans, l’expérimentation de vapotage s’est écroulée d’environ la moitié entre 2014 et 2018, selon l’enquête auprès des collégiens de Copenhague[7].

Ces indications contredisent l’affirmation des autorités danoises selon qui leur « objectif ne peut être atteint par d’autres mesures alternatives et moins intrusives pouvant produire un résultat analogue », puisque de facto une baisse du tabagisme et du vapotage des jeunes danois sont déjà en cours.

En l’absence d’une analyse d’impact sérieuse, ce point du projet de loi semble invalide et devoir être très sérieusement reconsidérer par le gouvernement danois.

- Aucune étude d’impact concernant les effets pour la population en général (!), concernant l’art. 25 a du projet de la loi sur les cigarettes électroniques présentée.

Les mesures envisagées sur le vapotage auront des conséquences sur la population adulte qui ne sont pas du tout prises en compte dans l’étude d’impact. Cette lacune discrédite ce travail, et suffit à rejeter la validité de l’étude d’impact, et ce faisant des mesures qu’elle supporte.

La tradition démocratique garantit le droit à l’intégrité personnelle. En entravant l’accès à un produit de réduction des risques de manière disproportionnée et sans fondement par rapport aux buts annoncés, le gouvernement danois restreint exagérément le droit à prendre soin de sa propre santé aux vapoteurs et aux fumeurs susceptibles d’arrêter de fumer avec le vapotage. L’Union Européenne ne devrait pas accepter la violation d’un droit humain fondamental de la part d’un de ses États membres.

Dans le cas d’une mise en œuvre de ces mesures, les citoyens danois seraient légitimes pour entamer des recours en justice afin de défendre leur droit à l’intégrité personnelle.

En l’absence d’une analyse d’impact sérieuse, ce point du projet de loi semble invalide et devoir être très sérieusement reconsidérer par le gouvernement danois.

- Aucun étude d’impact concernant les emballages neutres des produits de vapotage n’est présentée. Cette mesure semble totalement disproportionnée et inadéquate à son objet, concernant l’art. 9 a du projet de la loi sur les cigarettes électroniques présenté.

L’intérêt d’imposer un emballage neutre aux produits de vapotage ne repose sur aucune étude. Elle contrevient à la directive TFUE sans présenter le moindre argument en sa faveur. Elle est disproportionnée et inadéquate.

Imposer à un moyen à risque réduit, utilisé principalement pour arrêter de fumer, est une perversion des restrictions profilées contre le produit le plus nocif. Par ailleurs, la mesure pourrait se révéler discriminatoire contre les entreprises indépendantes face aux multinationales du tabac.

En l’absence d’une analyse d’impact sérieuse, ce point du projet de loi semble invalide et devoir être très sérieusement reconsidérer par le gouvernement danois.

- Violation du principe de réduction des risques précisé dans la définition de la lutte anti-tabac de la convention cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT art. 1 d)

Il est de notoriété publique que le traitement du vapotage par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est actuellement entachée de conflits d’intérêt. Des leaders mondiaux de la production de tabac, telles que l’Inde ou la Thaïlande, ont acquis une influence notoire sur les contenus produits par l’OMS au sujet du vapotage. Dans un tel contexte, les pays européens doivent élever le niveau d’exigence scientifique et éthique.

Dans cette perspective, revenir au respect des principes fondateurs et fondamentaux de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac de 2005 serait salutaire. Son article 1er lettre d, intègre dans la définition de la lutte anti-tabac l’ensemble des mesures permettant de réduire les dommages du tabagisme.

Les mesures anti-vapotage envisagées par le gouvernement danois contreviennent à ce principe en rendant inaccessible légalement l’extrême majorité des produits de vapotage[8], dont la réduction des risques est au moins de 95% pour les fumeurs qui s’y convertissent[9].

Par ailleurs, le gouvernement danois n’a pas respecté la charte d’Ottawa sur l’implication des communautés dans les mesures les concernant[10]. Aucune écoute ni prise en compte des associations de défense des droits des utilisateurs n’a eu lieu. L’attitude particulièrement méprisante du Ministre de la Santé Magnus Heunicke face aux utilisateurs nous a choqué. Le processus d’élaboration des mesures contre les vapoteurs a manqué de respect de démocratie sanitaire. Les décisions imposées sans implications des usagers sont rarement efficaces, a fortiori lorsqu’elles sont inadéquates, par absence d’adhésion ou réactance du public.

- Non conformité avec le droit européen de la plupart des articles concernant le vapotage. Le gouvernement du Danemark se réfère abusivement à la directive des produits du tabac (TPD) pour justifier l’interdiction des liquides aromatisés sans nicotine. La Cour administrative Suprême de Finlande a déjà rejeté une tentative similaire de l’administration finlandaise.

Contrairement à ce qu’affirme le gouvernement danois dans l’ensemble de son argumentaire, la directive TPD ne concerne pas les produits de vapotage sans nicotine. Elle ne peut pas constituer une base aux mesures concernant ceux-ci. Une tentative de mesure abusive similaire de l’administration finlandaise a déjà été rejetée par la Cour Suprême de Finlande[11].

La non-conformité avec la directive TPD (2014/40/UE ) des références aux liquides de vapotage sans nicotine dans l’ensemble des modifications de lois concernant le vapotage du projet impose une révision complète de ces articles invalides.

- L’impact sur les autres pays européens n’a pas été évalué

Les restrictions abusives - telles que l’interdiction d’arômes, des taxes prohibitives, etc. - provoquent l’émergence de marché noir. Deux scenarios peuvent être envisagés. Dans le premier cas, un marché noir d’entraide, sous forme de réseau de résistance de vapoteurs ne voulant pas rechuter dans le tabagisme, se met en place. Les effets indésirables se portent sur les fumeurs qui sont tenus à l’écart d’un accès à bas seuil du moyen à risque réduit pour sortir du tabagisme. Dans ce scenario la conséquence principale est de favoriser le tabagisme.

Dans un second scenario plus inquiétant, le marché noir peut être pris en main par des réseaux criminels organisés. La situation géographique du Danemark, proche de l’Estonie où un marché noir est déjà enkysté, et de la Finlande qui approche la question de manière répressive également, rend ce scenario possible. La probabilité de son émergence serait renforcée si les Pays-Bas adoptaient également une approche prohibitionniste contre les arômes.

Les conséquences seraient une facilité d’accès pour les jeunes sans contrôle ni des autorités, ni du milieu vapoteur citoyen. Les probabilités de produits frelatés et de diffusion par effet d’aubaine de substances psychotropes, telles que les stupéfiants de synthèses, seront élevées. Le Danemark pourrait servir de tête de pont pour les réseaux organisés pour diffuser leurs produits vers l’Europe de l’ouest. A ce titre, les utilisateurs des autres pays européens sont potentiellement très concernés par les effets d’insécurité que peut générer le projet de loi danois.

En l’absence d’une analyse d’impact sérieuse, le projet de loi devrait être totalement repris et repensé.

En conclusion

Le projet de loi notifié par le gouvernement danois comporte plusieurs mesures disproportionnées, inadéquates avec l’objectif affiché, il viole le principe de réduction des risques et du droit à l’intégrité individuelle, il n’a pas pris en compte des données et études essentielles disponibles, le manque de rigueur de l’analyse conduit à une mésinterprétation des données. Enfin, il comporte des abus envers les directives européennes.

Les mesures anti-vape qu’il comprend auraient des effets indésirables pouvant mettre en danger, non seulement la population danoise, mais aussi les populations des autres pays européens en cas d’extension du marché noir qu’elles vont générer.

Le principe de précaution n’est pas respecté en l’absence d’une évaluation scientifique rigoureuse et précise des données existantes et en ne tenant pas compte de conséquences potentielles notamment sur la majeure partie de la population[12]. Face au danger avéré des cigarettes, offrir l’accès aux moyens d’éviter de fumer et ainsi réduire fortement les risques est une mesure de précaution.

Dans l’ensemble, le travail peu sérieux du plan présenté n’honore pas ses rédacteurs. La démarche est symptomatique d’attitudes qui concourent à la perte de confiance des populations dans leurs institutions.

Dans ces conditions, l’Union Européenne n’a pas d’autre choix que de refuser la validation de la notification du projet de loi du gouvernement danois. Celui-ci devrait reprendre tout le projet concernant le vapotage dans une approche plus rationnelle, mieux étudiée et respectant le principe de réduction des risques.

Références en notes:

[2] Sandra Chyderiotis, Tarik Benmarhnia, François Beck, Stanislas Spilka, Stéphane Legleye ; Does e-cigarette experimentation increase the transition to daily smoking among young ever-smokers in France? ; Drug and Alcohol Dependence, Volume 208, 2020, https://doi.org/10.1016/j.drugalcdep.2020.107853

[3] Yang, Yong et al. “The impact of a comprehensive tobacco product flavor ban in San Francisco among young adults.” Addictive behaviors reports vol. 11 100273. 1 Apr. 2020, doi:10.1016/j.abrep.2020.100273

[9] A. McNeill et al. Evidence review of e-cigarettes and heated tobacco products 2018. A report commissioned by Public Health England. London: Public Health England.


lundi 13 juillet 2020

Malgré les réseaux malveillants, le Royaume-Uni poursuit sa sortie de la cigarette

Il y a désormais moins de 6,9 millions de fumeurs britanniques adultes, alors qu’ils étaient 9,9 millions en 2011. Les derniers chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) recensent 14,1 % de fumeurs britanniques en 2019, contre 20,2 % en 2011. La baisse du tabagisme se poursuit, même si le rythme ralentit avec une baisse de 0,6 % entre 2018 et 2019. L’infléchissement est corrélé à un moindre engouement pour le vapotage.

Les Britanniques étaient 6,3 % à vapoter en 2018, ils sont désormais 5,7 %, soit près de 3 millions à utiliser la vaporette. Signe probable que le nombre de personnes arrêtant de vapoter après avoir arrêté de fumer n’est pas totalement substitué par de nouvelles conversions de fumeurs au vapotage. Les campagnes de désinformations contre le vapotage sont une cause probable à ce tassement des fumeurs se convertissant à l'outil de réduction des risques, selon une étude récente détaillée ci-dessous.

Un des rares pays à respecter pleinement la Convention anti-tabac de l’OMS

Malgré le sabotage venimeux, le Royaume-Uni reste un modèle de politique sur le tabagisme de premier plan. Étant parmi les rares, avec les Néo-Zélandais, à respecter pleinement le principe de réduction des risques de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) de l’OMS, les Britanniques font la démonstration de l’efficacité d’une politique cohérente et complète sur le sujet. Les autorités ont eu l’intelligence d’associer aux mesures pour décourager de fumer, un accès facilité aux voies de sortie telles que le vapotage. 

La plupart des services de santé du pays sont formés à accompagner l’arrêt tabagique avec le vapotage, la publicité et l’information sur la réduction des risques est libre, tandis que des opérations comme Stoptober, l’équivalent du Mois sans tabac, mettent en avant le vapotage comme moyen de quitter la cigarette. 

Sabotage de la politique anti-tabac par des réseaux d’influence

Cependant, les principaux défenseurs de la santé publique s’inquiètent du bombardement incessant de propagande contre le vapotage, notamment les allégations sans fondement depuis des réseaux d’influence américains. « Il faut redoubler d’efforts pour informer le public des avantages du vapotage et de la manière dont il a déjà aidé des milliers de personnes à réduire leur consommation de tabac », a notamment réagi Steve Brine, ex-Secrétaire d’État à la santé publique de 2017 à 2019, dans une tribune
De son côté, l’association New Nicotine Alliance (NNA UK) appuie dans un communiqué : « Il est à noter que la baisse du tabagisme [britannique] fait face à des couvertures médiatiques atroces et à un financement important de fausses informations provenant de sources en conflit d’intérêts. On peut seulement conclure que si les marchands de peur cessaient de propager des mythes et de demi-vérités au public britannique, les baisses pourraient être encore plus impressionnantes qu’elles ne le sont déjà ».

Les fumeurs les plus âgés victimes des campagnes de désinformation

L’agacement face aux stratégies de sabotage de la politique de lutte contre le tabagisme britannique est fondé. Une étude de l’University College de Londres, portant sur plus de 16 000 Britanniques entre 2014 et 2019, montre que la méfiance envers le vapotage est corrélée à un moindre emploi de celui-ci par les fumeurs. Les fumeurs les plus âgés en particulier sont les plus touchés par les campagnes de peurs paniques, tandis que les plus jeunes y semblent peu sensibles. 

« Nos résultats mettent en évidence la nécessité de meilleures représentations médiatiques et des campagnes de santé publique axées sur la réduction des méfaits pour la santé en passant du tabac fumé au vapotage et d’une réduction du sensationnalisme trompeur des médias lors d’événements tels qu’EVALI [la vague de pneumopathies liées aux produits frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC américain] », concluent les chercheuses Olgas Perski, Emma Beard et Jamie Brown, dans la revue BMC de mai.


Un avenir peut-être libéré des absurdités de l’Union européenne

À l’avenir, la sortie de l’Union européenne pourrait offrir aux Britanniques des opportunités de réviser les législations sur les produits nicotinés à risque réduit. Le sujet de la légalisation du Snus, le tabac oral pasteurisé suédois à risque réduit, a été évoqué début juin par Jo Churchill, sous-secrétaire d’État du ministère de la Santé. Sur le sujet du vapotage, une révision des limites imposées par la directive européenne (TPD), notamment sur les contenances des fioles de liquide à 10 mL et des atomiseurs à 2 mL, ainsi que du taux de nicotine à 20 mg/mL est envisageable.

Photo de tête par Echo Grid on Unsplash

vendredi 3 juillet 2020

Confinement en Belgique : près de 55 000 vapoteurs auraient été repoussés dans le tabagisme

Près de 14 % des vapoteurs exclusifs belges interrogés déclarent être retombés dans le tabagisme durant le confinement lié à la Covid-19. C’est l’un des résultats de l’enquête dirigée par la Pr Karolien Adriaens, de l’Université de Louvain. Le preprint de l’étude intitulée Vaping during the Covid-19 lockdown period in Belgium vient d’être publié sur le réseau Qeios. Bien que l’enquête est d’ampleur restreinte, une extrapolation donne une idée du désastre. Selon les données d’Ipsos pour la Fondation contre le cancer, il y avait près de 389 500 vapoteurs exclusifs en 2019. En s'appuyant sur ces données et leur enquête, les chercheurs esquissent que près de 55 000 vapoteurs exclusifs avant confinement pourraient avoir rechuté dans la cigarette au terme de celui-ci. Ce qui fait écho à l'explosion de tabagisme en Belgique mesurée par l'institut Sciensano en mai.

Les mesures de confinement en Belgique se sont étendues du 18 mars au 10 mai, période durant laquelle les magasins de vape avaient l’interdiction d’ouvrir tandis que l'interdiction de vente à distance a été maintenue. En revanche, les cigarettes se trouvaient facilement dans les magasins d'alimentation et les kiosques à journaux. Parmi le panel de plus de 200 personnes interrogées, les « principales raisons de changement de comportement lié au vapotage ou au tabagisme ont été l’indisponibilité d’e-liquide avec nicotine, l’indisponibilité de matériel et le stress et les inquiétudes concernant l’épisode de COVID-19 », soulignent les chercheurs Karolien Adriaens, Dinska Van Gucht, Sven Van Lommel et Frank Baeyens. 

Une augmentation de 19,8 % à 21,9 % de fumeurs en Belgique

« Un septième des vapoteurs exclusifs ont recommencé de fumer à côté du vapotage (dont 60 % étaient en manque d’e-liquide, mais avec une vaporette en état de marche) ou sont repassés exclusivement à la cigarette (parmi eux, tous étaient à court d’e-liquide et 90 % manquaient d’une e-cigarette fonctionnant correctement) », détaille l’étude. Un seul vapoteur de l’enquête a arrêté la vape sans rechuter dans le tabagisme.

Ce résultat résonne avec l’enquête de santé (HIS) de l'institut Sciensano qui montre une forte augmentation du tabagisme. De 19,8 % en 2018, la part de fumeurs est passée à 21,9 % à la fin avril en Belgique. « Parmi ceux-ci 37 % disent avoir augmenté leur consommation de tabac alors que 16 % seulement l’ont diminuée », précise le rapport publié en mai. L’institut n’apporte cependant aucune donnée sur les vapoteurs ni d’éclairage précis aux raisons de ce bond de plus de 10 % du nombre de fumeurs. Cette hausse rompt une tendance à la baisse lente, mais régulière depuis 1997.

Près de 20 % des doubles utilisateurs sont devenus vapoteurs exclusifs

Dans l’enquête sur les vapoteurs, une majorité des doubles-utilisateurs, cigarettes et vape avant le confinement, a continué d’utiliser les deux produits « mais en fumant plus que d’habitude ». Cependant, près d’un cinquième de ces doubles usagers s’est converti au vapotage exclusif durant cette période. 

Certaines opinions en lien avec l'épidémie ont pu jouer un rôle. Ainsi 14 % des répondants indiquent penser que la nicotine offre une protection face à la Covid-19, en particulier le vapotage pour 10 %, tandis que 8 % pensent que le tabagisme aggrave l’infection par le virus.

L’autorisation temporaire de vente à distance annulée

L’enquête s’est penchée sur le sujet alors qu’en Belgique, les boutiques de vape ont eu l’interdiction d’ouvrir à partir du 18 mars. Tandis que depuis 2016, les ventes à distance sont interdites par un arrêté royal. Le Service public Santé avait pourtant prévu d’autoriser temporairement les ventes de vape par internet pendant le confinement. Le 24 mars, le site RTL Info l’a même annoncé avant qu’un contre-ordre n’annule l’autorisation dans la foulée. 

Des myriades de témoignages sur les réseaux sociaux ont fait état de la situation dramatique vécue par des vapoteurs belges. Mais RTL Info semble avoir été le seul média à en rendre compte en Belgique. 
 « Mon magasin habituel de vape est fermé. Je travaille à l’hôpital et quand je rentre chez moi, je ne peux plus acheter de liquide. Je ne veux pas refumer. Laissez, s’il vous plait, les magasins de vape vendre en ligne ou avec un client à la fois dans le magasin », implore Sylvie au Service public fédéral Santé le 24 mars, en pleine tempête de Covid-19. Demande restée sans réponse.

Plus d'un vapoteur sur cinq a connu la pénurie

Malgré les protestations, tous les magasins de vape sont restés fermés et les ventes à distance interdites. « Cependant, certains marchands de journaux et certains magasins d’alimentation ont offert une gamme limitée d’e-liquides et de vaporettes, ou ont temporairement élargi leur gamme, parfois en coopération avec des magasins de vape fermés », rapporte l’étude menée par la Dre Adriaens. 

Près de la moitié (45 %) des personnes interrogées avait anticipé avec un stock suffisant de liquide pour passer le confinement. Une part non négligeable d’entre eux déclarent qu’ils n’auraient pas pu s’en procurer si nécessaire. Parmi les 55 % de vapoteurs qui n’avaient pas un stock suffisant, 39 % d’entre eux ont fait face à une pénurie de liquide. 

Près de 22 % des vapoteurs ont été en rade. La plupart a du suppléer la situation avec des cigarettes beaucoup plus faciles à se procurer en Belgique. Près de 14% des vapoteurs exclusifs, qui avaient arrêté de fumer avant le confinement, ont été repoussés dans le tabagisme par les mesures d'interdictions de vente à distance et d'ouverture des magasins de vape. Sans effort ni ressource particulière, ce désastre était évitable avec un brin d'humanité et de bon sens. Le bilan est honteux pour les autorités belges.

Sauvés du tabagisme par des hors-la-loi

Ceux qui ont trouvé le moyen de se ravitailler en liquide ont dû passer par des achats en ligne hors Belgique (52 %), dans une boutique de vape locale sur rendez-vous (24 %) ou sur commande (15 %), ou par des amis (7 %). Moins d’un cinquième en ont trouvé par des voies légales, chez les marchands de journaux (14 %) ou les stations-service (5 %). Le panorama sur le matériel est approximativement similaire (voir graphique).

« La majorité des vapoteurs ont réussi à maintenir leur comportement de vapotage comme d’habitude, très probablement en raison de l’achat illégal de consommables en ligne », notent les chercheurs. « Des boutiques en ligne étrangères ont vendu illégalement à des vapoteurs belges tout en prenant le risque d’être punies pour cela ». Les services douaniers semblent avoir eu « une application minimale » de l’interdiction.

En Italie avec la vape accessible, le tabagisme a légèrement baissé 

« La possibilité d’acheter des consommables en ligne a, pour de nombreux vapoteurs, servi de facteur de protection pour rester abstinents, et donc ne pas recommencer de fumer. Néanmoins, pour les vapoteurs qui ne sont pas familiers avec l’achat en ligne ou ne prennent pas de tels risques d’achat à distance, la fermeture des boutiques de vape pendant le confinement a entraîné une diminution de la disponibilité de produits »
, constate l’équipe de recherche.

En comparaison des pays qui ont autorisé les commerces de vape a ouvrir et/ou vendre en ligne, les Belges paient cher la politique de leur ministre de la santé. Par exemple, une enquête en Italie, citée par les chercheurs, montre que le tabagisme y a légèrement baissé durant le confinement. « De manière significative, les fumeurs exclusifs étaient plus enclins à vouloir arrêter de fumer, alors que les vapoteurs exclusifs n’ont pas exprimé d’intérêt à arrêter », souligne l’étude italienne menée par Pasquale Caponetto, de l’Université de Catania.  

Intégrer la réduction des risques est un bien essentiel

L’étude dirigée par la Dre Adriaens conclut sur un appel à la raison. « Il est essentiel de repenser les effets secondaires potentiels de la fermeture des boutiques de vapotage alors qu’il existe également une interdiction de la vente en ligne. Les fumeurs et les vapoteurs devraient avoir la possibilité d’acheter des alternatives à risque réduit, même pendant un confinement. Bloquer cette opportunité peut entraîner une augmentation de la prévalence du tabagisme ».

Co-auteur de la recherche, le Pr Frank Baeyens avait d’ailleurs lancé un pavé dans la mare en Belgique sous la forme d’une tribune, à lire en français dans la DH, lors de la journée mondiale sans tabac. 
« Le gouvernement doit oser promouvoir activement des alternatives attrayantes, moins nocives pour la santé, voire même promouvoir la cigarette électronique. Maintenir un cordon sanitaire autour de la consommation de nicotine, quelle qu’en soit la forme, ne fera pas progresser la santé publique. En cette journée anti-tabac, concentrons-nous sur l’objectif principal de la mission, à savoir aider les gens à arrêter de fumer », Pr Frank Baeyens, 31 mai 2020 dans la DH.
Vidéo bonus: la Pr Karolien Adriaens explique en flamand les données sur les réussites pour l'arrêt tabagique avec le vapotage https://www.facebook.com/wu.sfo/videos/2309373492692044/ 

 

vendredi 19 juin 2020

L'Estonie suspend sa taxe anti-vape

Lundi, le parlement estonien a adopté l’amendement pour suspendre la surtaxe anti-vape pour au moins deux ans à partir du 1er décembre prochain. Au printemps 2018, l’Estonie avait introduit une surtaxe de 2 € par fiole de 10 mL, couplée à une interdiction des arômes autres que tabac. Le 4 mai dernier, le parlement a réautorisé les seuls liquides mentholés. Interdiction d’arômes et surtaxe ont créé une situation propice aux marchés parallèles hors contrôle depuis deux ans. « La suspension de la perception des droits d’accise sur les liquides de vapotage va permettre aux commerçants de réduire le prix des produits et ainsi d’endiguer les achats transfrontaliers et le marché de contrebande », explique Tarmo Kruusimäe, président du groupe vapotage du parlement estonien, au journal local Postimees

Une situation préoccupante

En effet, près de 85 % des e-liquides consommés proviennent de sources parallèles tandis qu’un dixième des vapoteurs est retourné aux cigarettes, selon l’évaluation de l’association New Nicotine Alliance Estonia (NNA-EE). Dans un pays, où selon les données de l'OCDE, le revenu moyen d'un foyer est aux alentours de 1400 € mensuel, la surtaxe de 2 € par fiole a motivé les consommateurs à trouver des voies parallèles d'approvisionnement. 

À peine deux ans après son introduction, l’Estonie fait donc machine arrière sur la surtaxe devant le marasme engendré. « L’évolution du marché noir est particulièrement préoccupante, car tant les acheteurs que les vendeurs sont souvent des mineurs qui ne devraient pas avoir accès à ces produits. En outre, il n’est pas possible d’être certain de l’origine des e-liquides vendus sur le marché noir et s’ils sont réellement adaptés au vapotage », déplore le député estonien.

... fruit d’une réglementation excessive

« Avant que l’Estonie n’ait une réglementation anti-réduction des risques aussi sévère, les magasins de vape, vendant des e-liquides de qualité testés en laboratoire, détenaient une grande partie du marché. Je pense que tous les pays doivent savoir à quelle vitesse et à quel point les choses peuvent mal tourner en cas de réglementation excessive », expliquait début mai Ingmar Kurg, de la NNA-Estonie, sur le site de l’ETHRA.

Grâce à l’amendement, la taxe est suspendue pour une durée de deux ans à partir de décembre. Mais cela sera-t-il suffisant ? « Nous ne voulons pas revenir à une situation où le marché noir et le commerce transfrontalier se remettent à prospérer dans deux ans », précise le député Tarmo Kruusimäe, « le traitement du projet se poursuivra à l’automne, il sera possible de faire des analyses supplémentaires afin de trouver une solution à long terme ».

Un signe pour l’Union Européenne ?

Après l’Italie, l’Estonie est donc le second pays de l’Union européenne (UE) a revenir en arrière après avoir introduit une surtaxe prohibitive contre le vapotage. Comme le rappelait il y a une dizaine de jours le site italien SigMagazine, qui avait la primeur de l’information. « Un événement similaire s’est également produit en Italie il y a un an et demi lorsque le premier gouvernement Conte a abaissé en moyenne la taxe à la consommation sur les liquides de vapotage de 80 %, la faisant passer de 3 €90 par 10 mL à 0 €40 sans nicotine et 0 €80 avec nicotine. Cependant, l’étape estonienne est encore plus importante, car elle annule toute imposition », souligne Stefano Caliciuri.

Le sujet est d’actualité alors que la Commission Européenne des taxes est chargée par le Conseil européen de préparer des propositions de révision du système d’accises du tabac en y intégrant le vapotage. Le camp hostile au vapotage s’active déjà, à l’image de Daniela Ludwig la commissaire fédérale allemande aux drogues, pour que l’UE impose une taxation du vapotage la plus élevée possible à ses États membres.

Photo by Viktor Jakovlev on Unsplash

mercredi 17 juin 2020

Taxe et interdiction d’arômes : l’Allemagne va-t-elle lancer une blitzkrieg contre les vapoteurs européens ?

L’Allemagne pourrait lancer une guerre éclair contre les vapoteurs à la faveur de sa présidence de l’Union Européenne (UE) ces prochains mois. Daniela Ludwig, commissaire fédérale aux drogues du gouvernement allemand, l’annonce dans une interview donnée cette semaine à Die Welt. Même si la politicienne de l’Union chrétienne sociale (CSU) entretient le flou sur les détails, son programme vise des taxes anti-vapoteurs et des restrictions d’arômes.

Résumé :

  • Daniela Ludwig, commissaire fédérale aux drogues du gouvernement allemand, annonce dans Die Welt vouloir taxer et interdire des arômes de vapotage, en profitant de la présidence allemande de l’Union Européenne ce prochain semestre. 
  • Le Conseil européen vient de donner le feu vert à la Commission européenne des taxes (Taxud) pour préparer une révision de la directive sur les taxes tabac intégrant le vapotage. Plusieurs options sont possibles.
  • La Commission européenne Santé prépare pour mai 2021 un rapport d’évaluation et de possibles révisions de la directive sur les produits du tabac (TPD), dont l’article 20 traite de manière connexe la vape. Des rumeurs de menaces d’interdiction ou de restriction contre les arômes circulent à Bruxelles.
  • L’ETHRA, qui regroupe les associations de défense des produits à risque réduits, s’inquiète et préconise aux citoyens de prendre contact et sensibiliser les députés européens afin d'éviter des mesures néfastes telles qu’une taxation du vapotage ou des interdictions d’arômes au niveau européen.
  • Un symposium scientifique à l'Université de Francfort vient de critiquer durement le manque de prise en considération du vapotage pour aider à sortir du tabagisme dans la politique de santé publique allemande.

Taxes et interdiction d’arômes

« À partir de cet été, l’Allemagne assumera la présidence pour six mois du Conseil de l’Union Européenne. “Nous aurons l’occasion de parler aux pays membres. J’aurais déjà préparé un catalogue de mesures sur l’e-cigarette”, précise Daniela Ludwig. Par exemple, les règles de taxation ou d’ingrédients devraient être harmonisées », lit-on dans le magazine allemand Die Welt de cette semaine.

Le premier objectif annoncé par la Commissaire fédérale allemande est de taxer le vapotage. Au même taux que les cigarettes, espère Daniela Ludwig. La menace a de la consistance. En effet, le 2 juin le Conseil européen, les représentants des gouvernements, a donné son feu vert pour que la Commission des taxes (Taxud) prépare une révision de la directive fiscale sur les produits du tabac en y intégrant le vapotage.

« Les conclusions soulignent en particulier que les règles applicables sont devenues moins efficaces, car elles ne sont plus suffisantes ou trop étroites pour relever les défis actuels et futurs liés à certains produits, tels que les liquides pour les cigarettes électroniques, les produits du tabac chauffés et d’autres types de produits de nouvelle génération qui arrivent sur le marché », précise le communiqué du Conseil européen le 2 juin 2020.

Le feu vert du Conseil européen pour intégrer le vapotage aux taxes tabac

Les propositions sur les taxes de la Commission seront ensuite soumises au Conseil européen. Sur ce type de sujet l’adoption des mesures doit se faire à l’unanimité des gouvernements. Autrement dit, chaque État membre a l’équivalent d’un droit de veto. Le Parlement européen pour sa part aura un vague droit de regard. 

Plusieurs propositions sont possibles. Une option pourrait être une taxe sur le vapotage similaire pour tous les pays. Une autre, à l'instar du tabac, donnerait une fourchette de taux minimum et maximum dans laquelle chaque pays pourrait fixer son propre taux d’imposition. Cette fourchette pourrait démarrer à taux 0 % pour préserver les politiques s’appuyant sur le vapotage pour abaisser le tabagisme, comme en France.

Éviter des recours en justice contre les taxes abusives ?

Une telle option permettrait aux pays ayant déjà instauré une taxe anti-vapoteur de ne plus être en porte-à-faux avec le droit européen. Actuellement, la base légale de ces taxes semble mince au niveau du droit européen, en plus de la réalité physique, qui distingue le vapotage des produits du tabac. Une taxe "pigouvienne" est censée se justifier en regard d'une externalisation de coûts, dont on cherchera en vain une trace actuelle dans le cas du vapotage.

Ou viser à endiguer la sortie du tabagisme à l’aide de la vape ?

Les plus pessimistes, qui se souviennent de la déloyauté de la Commission envers les vapoteurs, redoutent une taxation au profit du système tabagique. Les exemples montrent qu'une taxation freine globalement l'engouement des fumeurs vers le vapotage.  

Mais aussi plus spécifiquement, par différents mécanisme économiques, la taxation se révèle particulièrement défavorable aux petites et moyennes entreprises d'un secteur donné. « Des sources m’ont dit que les compagnies de tabac elles-mêmes font pression pour une taxe sur les produits de vape », susurre James Dunworth dans un billet sur le sujet sur Ashtray Blog

Le cas échéant, la manière de taxer les produits peut avoir des conséquences très différentes entre les différents types de produits. Par exemple, une taxe au volume défavorise les systèmes ouverts rechargeables, et avantage comparativement les produits de type Pod, préférés par les cigarettiers aussi pour leur capacité à rendre captifs les consommateurs.

Près de 90 % des Européens consultés sont opposés à la taxe anti-vapoteurs

Une option en faveur de la santé publique viserait à réduire le tabagisme, principal facteur de maladies évitables, en détaxant les produits à risques réduits de substitution tels que le vapotage et le Snus. Au moins jusqu’à la réduction du tabagisme à un niveau résiduel, généralement estimé à 5 % de la population. Mais il semble qu'aucun décideur n’envisage cette approche stratégique.

Pourtant, par deux fois les consultations publiques organisées par la Commission des taxes ont indiqué leur rejet clair d’une taxation du vapotage. En 2016, près de 90 % des répondants à une consultation de la Commission s'opposaient à ce que « le vapotage soit taxé comme produit de tabac ». Rebelote à la consultation de 2018, où plus de 89 % des répondants ont estimé que « le vapotage n’est pas un produit du tabac et ne devrait pas être sujet à une taxe tabac »

La Commission des taxes avait d’ailleurs décidé de ne pas soumettre de proposition pour intégrer le vapotage aux accises du tabac à la suite de celle-ci. Depuis elle a changé d'avis, sans faire de nouvelle consultation publique. C'est ce que le Conseil européen vient de valider.

Le gouvernement allemand contre les vapoteurs ?

Sans évoquer les différentes options ni les enjeux dans son interview pour Die Welt, Daniela Ludwig s’engage à faire pression pour que l’Allemagne force l’Europe à une taxe anti-vapoteurs élevée. Le magazine précise que les assises perçues par l’État allemand sur la vente de tabac dépassent les 14 milliards € par an, et devraient battre un record cette année. 

Ces taxes représentent environ les 2/3 du prix des cigarettes. Appliquer une taxation similaire au vapotage, tel que l'aimerait Daniela Ludwig, pourrait multiplier par trois les prix de vente des produits concernés en Allemagne. Alors que l’Allemagne détient le bonnet d’âne européen en matière de politique sur le tabagisme, mais se trouve aussi être le principal pays manufacturier de cigarettes du continent.

La chasse aux fraises

Info-Vape
Le second objectif de Daniela Ludwig est l’interdiction d’arômes et d’ingrédients, citant précisément les goûts fruités. « Les saveurs de fruits dans les liquides plaisent aux jeunes, elles ne sont pas du tout faites pour les fumeurs », assène la Commissaire fédérale. Au niveau européen, ce sujet serait du domaine de la directive sur les produits du tabac (TPD), dont l’article 20 traite de manière connexe du vapotage nicotiné. Un rapport d’évaluation, probablement accompagné de propositions de révision, doit être présenté par la Commission européenne Santé d’ici le 20 mai 2021. Le processus est déjà entamé.

Le prétexte de Daniela Ludwig pour vouloir interdire des arômes est la protection des jeunes. Bien que, « par rapport au vapotage des arômes au tabac, le vapotage des autres arômes n’est pas associé à une augmentation de l’initiation au tabagisme chez les jeunes, mais ce vapotage [d’arômes autres que tabac] est associé à une augmentation des chances de cesser de fumer chez les adultes », confirme de nouveau une récente étude sur un panel de près de 18 000 personnes par des chercheurs de Yale publiée en accès libre par JAMA.

Faut-il un âge minimum pour avoir le droit d’éviter de fumer ?

Les études sérieuses sur l’évolution du tabagisme adolescent et des jeunes adultes montrent qu’ils n’ont jamais été aussi peu à fumer dans les pays où le vapotage s’est diffusé. Aux États-Unis, une analyse sur les vingt dernières années révèle que sans le vapotage, 2,5 % des adolescents supplémentaires seraient devenus fumeurs réguliers. 

En conférence à Paris pour le Sommet de la vape en octobre dernier, le Pr David Levy déclare sur l’évolution du tabagisme des jeunes Américains depuis l’apparition du vapotage : « J’ai fait des analyses sur près d’une quarantaine de pays. Et je n’ai jamais vu une chute si rapide du tabagisme dans ce groupe clef  [des 18-24 ans]». (Vidéo de la conférence sur YouTube)

Le même phénomène est constaté au Royaume-Uni et en France. L’analyse de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) souligne même que les jeunes qui ont utilisé le vapotage ont près de 40 % de risques en moins de devenir fumeurs au quotidien d’ici leurs 17 ans. Une information cruciale alors que près de neuf fumeurs sur dix ont commencé de fumer avant leurs 18 ans.

Appel à alerter les députés européens

A la lecture de l’intervention de la Commissaire fédérale dans Die Welt, l’European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA) s’inquiète. Les mesures soutenues par Daniela Ludwig vont en sens opposé au manifeste pour la réduction des risques face au tabagisme récemment publié par l'ETHRA. « Il est décevant que Mme Ludwig souhaite que l’échec de la politique allemande soit généralisé à toute l’Union européenne », réagit Hendrik Broxtermann de l’association ExRaucher (IG), sur le site du rassemblement des défenseurs de la réduction des risques. 

« Nous devrions chercher à améliorer la réglementation que nous avons en l’assouplissant sur certains points, sans imposer davantage de restrictions qui ne peuvent que protéger le commerce des cigarettes », ajoute-t-il. L’ETHRA invite les citoyens à contacter les élus au Parlement européen pour les sensibiliser à la situation réelle des vapoteurs, de son potentiel pour arrêter de fumer, des entraves à celui-ci que représenteraient des mesures telles que les interdictions d’arômes et des taxes. Les coordonnées des élus européens, notamment des députés français, sont disponibles sur le site du parlement européen.

« La taxation des produits de vapotage dissuaderait des millions de fumeurs d’essayer des produits à risques réduits ; l’interdiction ou la restriction des saveurs enlèverait un facteur majeur dans l’attrait du vapotage comme substitut au tabagisme ; et l’interdiction de la publicité rendrait les produits beaucoup plus sûrs invisibles aux personnes mêmes qui ont besoin de les voir afin de faciliter leur adoption pour le bien de la santé en Europe », estime Hendrik Brotxermann de l’association ExRaucher (Ex-fumeur).

Les scientifiques critiquent la politique allemande

Outre les données internationales et les droits des utilisateurs, Daniela Ludwig semble ne pas tenir compte non plus des travaux des scientifiques allemands. Les objectifs annoncés par la Commissaire allemande sont d’autant plus surprenants que le rapport sur les drogues et toxicomanies 2019, qu’elle a elle-même présenté en novembre, souligne que le vapotage réduit les risques pour les fumeurs qui y passent et constitue déjà « en pratique la méthode la plus couramment utilisée pour soutenir le sevrage tabagique » en Allemagne.

Plus récemment encore, les scientifiques réunis en symposium sur le sujet par l’Université de Francfort fin mai ont déploré le manque de considération de l’opportunité de santé publique du vapotage face au tabagisme [vidéos du Symposium disponibles sur YouTube (en allemand)]. 

« La politique en Allemagne doit franchir une nouvelle étape et tenir compte du potentiel du vapotage pour l’arrêt du tabac », synthétise le Pr Heino Stöver, de l’Université de Francfort et président du Symposium, à la presse le 28 mai. Dans le même sens, la Dre Ute Mons, du Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ), regrette notamment que les fumeurs en Allemagne ne reçoivent pas de communication équilibrée sur la différence de risques entre vapoter et fumer, relate la revue médicale AerzteBlatt dans son compte-rendu de la journée.

Ce ne sont donc pas seulement les succès du vapotage face au tabagisme au Royaume-Uni et en France que la Commissaire fédérale aux drogues ignore. Daniela Ludwig fait fi également des scientifiques de son propre pays. À défaut d’être pris en compte par la Commissaire fédérale allemande, reste aux parties concernées, vapoteurs et défenseurs de la réduction des risques, de tenter de sensibiliser et se faire entendre des députés européens. 

Prendre contact avec les élus était un des principaux conseils de Clive Bates durant le webinaire sur la révision de la TPD organisé par la New Nicotine Alliance britannique (NNA-UK) : https://youtu.be/HON8zoEwW7w 

mercredi 25 mars 2020

Belgique: Maggie de Block profite du Covid-19 pour pousser les vapoteurs vers le tabac

« Ouvrez les vape shops, comme en France, en Italie ou en Suisse ! On ne veut pas recommencer à fumer ! ». En situation de confinement depuis le 18 mars, le cri de détresse des vapoteurs belges n’a presque que les réseaux sociaux pour trouver écho. Les diverses échoppes de tabac sont ouvertes sans restriction. Par contre, les magasins de vape sont fermés depuis le 18 mars, alors que tout achat à distance de produits de vapotage est interdit depuis un arrêté royal de 2016. « Pris de court, certains consommateurs se retrouvent démunis », constate RTL Info, seul média belge a avoir consacré un article au sujet hier

Interdiction de répondre aux demandes à l’aide

« On a un gros souci avec nos clients, s’ils n’ont pas leur liquide ou matériel pour faire fonctionner leur vaporette et bien ils vont droit vers la cigarette », témoigne le tenancier d’un magasin de vape de Bruxelles à RTL. Les vapeshops reçoivent des tas de demandes par mails de leurs clients. Mais ils n’ont pas le droit de leur fournir quoi que ce soit. 

Un professionnel qui a un magasin en France, à Longwy, et un autre en Belgique à Arlon, témoigne aujourd’hui dans le Républicain Lorrain. « Nos clients sont contents qu’on ait pu rouvrir. Ils commençaient à avoir peur de se tourner à nouveau vers la clope... », constate-t-il côté français, tandis que son magasin belge est fermé. « On a écrit à l’État pour en savoir plus, on attend la réponse ».

Le Pr Frank Baeyens, de l’Université de Louvain, interpelle les autorités depuis plusieurs jours. « Ne conduisez pas inutilement près de 10 000 vapoteurs à recommencer de fumer. Autorisez l’ouverture des magasins de vape ou la vente sur internet », interpelle le chercheur dans un tweet le 20 mars adressé à Maggie de Block, la ministre de la Santé et d’autres décideurs du Service public fédéral (SPF) 

Arrangement annulé depuis en haut

Des professionnels de vape aussi ont tenté de dialoguer avec l’administration de santé publique. Un arrangement semblait avoir été trouvé, comme le relate RTL Info : « “Les magasins de e-cigarette doivent fermer mais peuvent vendre en ligne et faire des livraisons”, nous a d’abord communiqué Vinciane Charlier, porte-parole du SPF Santé Publique. Un peu plus tard, une décision est prise dans le sens inverse. La vente en ligne de ces produits reste finalement interdite. »

De longue date, les autorités belges font la guerre aux vapoteurs. En 2016, le ministre des Finances espérait relancer les ventes de cigarettes pour remplir les caisses de l’État. Maggie de Block avait réagi en poussant à un arrêté royal particulièrement restrictif contre le vapotage. L’absence de compassion et d’intelligence actuelle de la ministre de la Santé n’est pas une découverte. Dans la situation de crise actuelle, ces restrictions abusives déploient tout leur potentiel délétère en termes de santé publique. 

Le droit à la santé mal en point en Belgique

« Le droit à la santé est complété par le droit de bénéficier des progrès scientifiques et de leurs applications », rappelle Eurotox en se référant à la Déclaration des droits humains (1948), dans une prise de position sur le droit à la santé publiée ce 19 mars. L’observatoire socio-épidémiologique alcool-drogues en Wallonie s’est avant tout concentré sur les conséquences des lacunes politiques pour les usagers de substances prohibées. Mais le parallèle avec le vapotage, entravé en temps normal et prohibé de fait avec le confinement, est saisissant. Tandis que les ventes de tabac sont pleinement diffusées, même en période de confinement. Près de 14 000 personnes meurent chaque année de maladies liées au tabagisme en Belgique.
Extrait de la prise de position ce 19 mars d'Eurotox sur le droit à la santé: « Le droit à la santé requiert des États qu’ils mettent en œuvre une véritable politique nationale de réduction des risques à destination des usager·es de drogues, sans discrimination aucune, et qui soit à même de délivrer l’ensemble des services et dispositifs essentiels à la possession du meilleur état de santé atteignable. (...) ceci doit exister dans un environnement où les usager·es de drogues ne risquent pas des problèmes avec la police ou la justice dans leurs démarches de soins et de réduction des risques. »

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