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vendredi 3 août 2018

Projet de taxe anti-vape au Royaume-Uni ? "Une stratégie très dangereuse" selon le Pr Robert West [MàJ]

Tandis que les vapoteurs se mobilisent peu en cette période estivale, les affidés de taxes anti-vape manœuvrent en coulisses. D'un côté, à peine plus de 30'000 signatures pour la pétition des associations contre les surtaxes anti-vape en Europe. De l'autre, un renfort de poids aux quatorze pays de l'Union Européenne (UE) ayant déjà implémenté une taxe contre les vapoteurs. Même si l'Italie semble toujours plus proche d'abolir cette mesure désastreuse, le gouvernement britannique projetterait de suivre le mouvement européen de taxe punitive. Révélé hier par la presse britannique, le projet de taxe anti-vape n'a pas été démenti par le Chancelier Philip Hammond. "Des sources de Whitehall [le siège du Gouvernement] ont déclaré qu'aucune décision n'avait été prise mais que rien n'était retiré de la table", rapporte aujourd'hui le Times

"Une stratégie à très haut risque du point de vue de la santé publique"

Une liste de possibles taxes "sur les pêchés", qu'en français ses partisans préfèrent nommer "taxes comportementales", est envisagée pour financer le service de santé national (NHS). La surtaxe sur la vape pourrait être de 5%. Le Trésor espère en retirer près de 40 millions £ par an. A condition que les 2,9 millions de vapoteurs britanniques continuent de vapoter et d'acheter légalement leurs produits. "C'est une stratégie à très haut risque du point de vue de la santé publique", réagit le Pr Robert West, directeur des recherches sur le tabac à l'University College de Londres, dans le Times

Moins de vapoteurs, plus de fumeurs

"Il est clair que le vapotage aide à arrêter de fumer les gens qui ne sont pas aidés par d'autres moyens. Si nous dissuadons les gens de l'utiliser en augmentant le prix, alors moins de gens vont les utiliser et il y aura plus de fumeurs", explique l'éminent spécialiste de santé publique. Les faits en Italie ou en Grèce, pays soumis à de telles taxes anti-vape, confirment le propos. Il y a près d'un million de fumeurs en plus depuis 2016 en Italie, tandis qu'il y a autant de vapoteurs en moins. Pour sa part, la Grèce détient le record de prévalence tabagique en Europe avec 36% de fumeurs. Depuis l'instauration de la taxe, un marché noir de vape prospère

Pas d'externalité de santé

"Il n'y aucune raison valable de taxer le vapotage: il n'y a pas de risque lié au vapotage passif, il n'y a aucun signe d'effet passerelle chez les adolescents. Au contraire, le tabagisme des adolescents chute à un niveau sans précédent aux Etats-Unis, car certains attirés autrement par les cigarettes ont opté pour la vape", souligne David Pryor, directeur de l'Institut Adam Smith, dans une tribune pour le Times ce matin. "Financer le NHS en taxant le vapotage, c'est comme financer le service d'incendie en taxant les détecteurs de fumée. Le gouvernement met des vies en danger pour une bouchée de pain", s'offusque t-il, "Une taxe sur le vapotage entraînerait plus de décès liés au tabagisme".

Faut-il taxer les vélos pour lutter contre l'obésité ?

Rédacteur du Nanny State Index on Nicotine, Chris Snowdown estime dans le Sun que taxer le vapotage pour financer le NHS serait comme "taxer les bicyclettes pour payer les coûts liés à l'obésité". Chez les professionnels anglais de la vape, on tombe des nues. "Le vapotage est une énorme opportunité de santé publique qui a déjà aidé trois millions de fumeurs à arrêter ou réduire leur tabagisme. Imposer une taxe supplémentaire sur le vapotage, non seulement n'aurait pas de sens, mais ce serait préjudiciable au NHS et à la santé publique", explique Dan Marchant, du comité de l'Association de l'Industrie de la vape britannique (UKVIA).

Appel à l'action européenne

Dans le camp des usagers, la New Nicotine Alliance (NNA) condamne fermement le projet de taxe dans un communiqué de presse. "Le vapotage a été le catalyseur d'une baisse spectaculaire du tabagisme ces dernières années. Il serait hautement contraire à l'éthique que le gouvernement sanctionne financièrement les vapoteurs", déclare Sarah Jakes, présidente de la NNA*. L'organisation britannique a cosigné fin juin l'appel de 16 associations contre les taxes anti-vape en Europe et propose une page d'aide pour remplir la consultation européenne d'ici le 3 septembre. Par ailleurs, Sarah Jakes a participé en juillet à une séance du groupe parlementaire sur le vapotage à propos des opportunités de réformes à l'occasion du Brexit. Gageons que les parlementaires auront saisi le danger qu'il y aurait à une taxe anti-vape, même si elle était imposée indépendamment de Bruxelles. 
* édité pour rendre compte du communiqué de la NNA à 17h50

vendredi 4 novembre 2016

[Expresso] Le Times retire ses mensonges à l'encontre de scientifiques anti-tabac


L'honneur des professeurs David Nutt, Karl Fagerstöm, Riccardo Polosa, David Sweanor et Clive Bates est enfin lavé des mensonges du Times. Les articles de Katie Gibbons, parus le 12 octobre dans le quotidien londonien, ont été retirés aujourd'hui. Sur le site du Times, on trouve à la place un correctif présentant les excuses du journal aux scientifiques injustement accusés d'avoir des liens financiers avec l'industrie du tabac. Les excuses ne sont pour autant pas accessibles en totalité sans abonnement (sic!). Les scientifiques avaient engagé le cabinet Lewis Silkin pour se défendre. Ces chercheurs engagés dans la lutte anti-tabac sont connus pour explorer et prendre en considération une approche de réduction des risques par le vapotage. Un moyen de consommation de nicotine sans tabac ni combustion qui a déjà permis à des millions de fumeurs de lâcher leurs clopes.

L'article publié dans le Times 

"Le Times devrait examiner attentivement les motifs de cette attaque calomnieuse. Réduire l'émergence des alternatives plus sûres au tabac, telles que le vapotage et le snus, se traduira inévitablement par plus de décès à cause des cigarettes fumées. C'est actuellement la principale cause de mortalité au monde. Est-ce vraiment ce qu'ils veulent?», demandait le Pr David Nutt de l'Imperial College de Londres, cité par la NNA le 24 octobre. La question peut aussi s'adresser aux organismes qui ont pris prétexte de rumeurs mensongères pour écarter les études et les rapports scientifiques de ces auteurs. Le point intéresse particulièrement la Suisse, puisque la Commission fédérale de prévention du tabagisme est aussi tombée dans le panneau dans son récent avis sur le vapotage... A l'origine de ces calomnies sans fondement, une figure anglaise connue dont l'activité de mobbing a été révélée il y a quelques mois. Des suites à cette honteuse histoire ne seraient pas surprenantes.

edit à 12h. ajout de la copie de l'article complet ;)

lundi 24 octobre 2016

[Expresso] Cinq scientifiques attaquent le Times pour diffamation (MàJ)

Cinq scientifiques de la lutte anti-tabac ne digèrent pas les accusations, qu'ils estiment calomnieuses, du Times du 12 octobre. La journaliste Katie Gibbons y prétendait que plusieurs d'entre eux sont à la solde des cigarettiers. Depuis le quotidien londonien a rétracté discrètement ses fausses accusations à l'encontre du Pr Clive Bates. Mais les autres chercheurs mis en cause dans l'article ne comptent pas passé l'éponge si facilement. "Toute ma vie, j'ai œuvré à aider à réduire le nombre de morts du tabagisme", explique le Pr Karl Fagerström au Guardian d'hier. "Le Times a choisi de nous calomnier et salir note réputation. A présent, le journal doit présenter clairement ses excuses ou alors il devra faire face à une bataille qu'il perdra", poursuit l'auteur du fameux test de dépendance tabagique mondialement utilisé. Le scientifique n'est pas le seul à être en colère contre les propos diffamatoires de Katie Gibbons, dont plusieurs se sont déjà révélés sans fondements. 

Le Pr David Nutt, ex-Conseiller du gouvernement britannique en matière de prévention sur les drogues, ainsi que plusieurs chercheurs ayant participé à son étude sur l'évaluation des risques de divers modes de consommation de nicotine s'estiment salis. Cette étude évaluait les cigarettes comme étant un mode particulièrement nocif, tandis que le vapotage en éliminant les goudrons, le monoxyde de carbone, les particules fines et la plupart des milliers de toxique du tabac fumé, était estimé à moins de 5% des risques et dommages de la cigarette. "Ma réputation a été saccagée par le Times. Malgré de nombreuses preuves de mon indépendance, il a prétendu que je suis lié aux Big Tobacco compagnies. C'est comme dire que Robin des Bois était à la solde du shérif de Nottingham. Je ne peux pas laisser dire ça", explique le Pr David Sweanor, éminent spécialiste canadien en Santé publique, au Guardian. Les cinq chercheurs ont mandaté le cabinet juridique Lewis Silkin pour défendre leurs intérêts et être blanchi des accusations de Katie Gibbons.

[Mise à jour à 11h45] La New Nicotine alliance, organisation de défense des usagers de produits nicotine à risques réduits, donne aussi la parole aux scientifiques attaqués par le Times. «Nous sommes des experts parmi les plus connus sur la question du tabac et de la réduction des méfaits. Nous cumulons à nous tous plus de 1000 articles académiques publiés. Pourtant, le Times nous a caricaturé de manière grotesque à partir des fantasmes de l'idéologue Martin McKee qui, lui, n'a jamais publié la moindre recherche sur le vapotage", déclare le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania et directeur scientifique de la Ligue italienne anti-fumée (LIAF). 

"Le Times devrait examiner attentivement les motifs de cette attaque calomnieuse. Réduire l'émergence des alternatives plus sûres au tabac, telles que le vapotage et le snus, se traduira inévitablement par plus de décès à cause des cigarettes fumées. C'est actuellement la principale cause de mortalité au monde. Est-ce vraiment ce qu'ils veulent?», demande le pr David Nutt de l'Imperial College de Londres. 

vendredi 21 octobre 2016

[Expresso] Le Times rétracte ses fausses allégations à l'encontre du Pr Clive Bates

Non, le Pr Clive Bates n'est pas financé par les cigarettiers. Le Times rétracte aujourd'hui les fausses accusations de sa journaliste Katie Gibbons dans deux articles publiés le 12 octobre. A propos de la conférence donnée par l'ex-directeur de l'Action on Smoking and Health à Bruxelles fin septembre dans le cadre du Global forum tobacco & nicotine, le Times rectifie. "Il était incorrectement suggéré que le Pr Bates avait "touché le gros lot" des compagnies du tabac. Nous reconnaissons que le Pr Bates a payé lui-même son voyage et les frais d'hôtel et qu'il n'a reçu aucun fond de la part de compagnies de tabac ou de nicotine", se corrige le quotidien londonien.

D'autres "erreurs" sont aussi rectifiées: le Pr Clive Bates n'a pas participé à l'étude menée par le Pr David Nutt sur l'évaluation comparée des risques entre différents produits de tabac et le vapotage. L'influent quotidien corrige aussi le travestissement de sens d'une déclaration du Pr Bates à propos du Maccarthysme se référant en fait à la campagne d'attaques menée contre les scientifiques sur la réduction des risques présents à la conférence de Bruxelles. Il est à noter que le Times ne présente pas clairement ses rétractations sur les articles originaux toujours en ligne. Les futurs lecteurs des articles de Katie Gibbons ne connaîtront donc pas forcément la tentative de diffamation de l'auteure. Les autres propos tendancieux de l'article ne se trouvent pas éclairés par la révélation sur l'intention orientée de la journaliste.