Licence Creative Commons: Attribution (BY) + Non Modification des partages (ND)
Affichage des articles dont le libellé est UBV-BDB. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est UBV-BDB. Afficher tous les articles

dimanche 1 juillet 2018

Malgré l'été, les associations européennes sonnent la révolte contre les taxes punitives anti-vapoteurs

La Commission européenne aurait voulu éviter une participation trop importante, qu'elle aurait placé la consultation publique sur le projet de taxe tabac anti-vape en plein été. C'est ce qu'elle a fait. Les défenseurs d'approches de réduction des risques face au tabagisme se laisseront t-ils griller par l'astuce estivale ?

Ils ont jusqu'au 3 septembre pour donner leur réponse à la consultation. En français, l'association Sovape diffuse une aide en ce sens. Avec 15 autres organisations européennes*, elle lance également une pétition en ligne pour dire stop au projet de taxe anti-vape, qui pourrait en augmenter de 20%, 50% ou 100% le prix de vente. Ce même projet à l'échelle européenne avait déjà essuyé un refus clair et net de 89,9% des participants en 2017. Cette fois, les organisations se sont associées, première petite victoire, et elles ne se limitent pas à rejeter une taxe plancher minimale. Les défenseurs des droits des usagers de produits nicotinés à risque réduit suggèrent "de bannir toute accise sur le vapotage dans l’Union Européenne".

Bannir toute surtaxe de la vape en Europe

"La vape ne contient pas de tabac et surtout ne se consume pas. Le vapotage ne produit pas de fumée, pas de monoxyde de carbone, pas de goudrons ; vapoter réduit d’au moins 95 % les dommages à la santé par rapport à fumer des cigarettes. Les produits de vapotage ne sont pas des produits du tabac, ses usagers ne doivent pas subir de taxe punitive injustifiée", argumente le texte de la pétition lancée en plusieurs langues (anglais, estonien, français, italien pour le moment...). Au lieu de rester défensives et d'abandonner la population des pays hostiles au "droit à l’accès aux outils de réduction des risques, y compris pour les plus défavorisés", les groupes de défense des usagers ont choisi de contre-attaquer.

"La fiscalité anti-vape protège in fine le tabagisme, comme le montrent les effets sur la population des pays ayant déjà mis en place une telle taxe : Italie, Portugal, Grèce, Hongrie", énumèrent les associations. Pays précurseurs de fiscalité anti-vapoteurs en Europe, l'Italie a relancé son tabagisme, avec une nette baisse du vapotage à coup de 4€ de surtaxe par fiole, tandis que le Portugal conserve un taux de 26% de fumeurs depuis une décennie, avec une vape d'abord surtaxée de 6 € pour 10 mL, révisée à 3 € depuis 2017. Le constat des effets favorisant le tabagisme de ces politiques de taxation punitive contre les vapoteurs est affligeant. Ayant aussi suivi cette voie de répression taxative contre les vapoteurs, la Grèce et ses 37% de fumeurs ou la Hongrie et son explosion de vente de tabac à rouler le confirment.

Épidémie européenne de taxes contre la sortie du tabagisme

Ces exemples cancérigènes n'ont pas empêché une épidémie de taxation ces derniers mois, touchant désormais quatorze pays de l'Union Européenne. Pour la plupart, trop récents pour avoir des retours statistiques sur leurs effets. Pourtant, à l'opposé et de manière exemplaire, les britanniques et, depuis 2016, les français réussissent à faire reculer leur tabagisme sous l'impact du vapotage, bien que freiné par certaines limitations européennes. Ajouter un frein financier supplémentaire signifierait le sabotage de ce mouvement de réduction du tabagisme pour se calquer sur les fumeux modèles italiens et grecs.

Dans ces conditions, l'enjeu politique de la consultation devient clair: la Commission va t-elle niveler par le bas l'Europe vers une politique régressive, au mépris de la santé publique en privilégiant une taxation inique et favoriser le maintien du tabagisme? Ou veut-elle porter un projet progressiste tirant les pays les plus rétrogrades vers une politique de réduction des risques et de recul du tabagisme ? Taxe anti-vape ou politique de réduction des risques cohérente ?
Les citoyens vont-ils réagir aux projets de taxe de la Commission Européenne
contre ceux qui évitent de fumer avec la vape ?


Santé publique ou fric ?

Une des options à la question 29 de la consultation illustre une orientation envisagée par la Commission: "Les cigarettes électroniques sont essentiellement des produits de substitution aux cigarettes traditionnelles et devraient donc être traitées de la même manière afin de garantir une concurrence loyale". En clair, protéger le tabagisme et ses faramineux gains financiers pour les Etats, les cigarettiers et les pharmaceutiques, de la concurrence du moyen d'en sortir. Les Etats doivent-ils capitaliser sur les cadavres des 700'000 décès annuels liés au tabagisme estimés en Europe ou donner leur chance aux fumeurs avec un accès le plus libre possible à un moyen à risque réduit? Une question sur laquelle les citoyens vont devoir se mobiliser cet été s'ils ne veulent pas être condamnés à l'empire du cancer européen.

En plus de la relance du tabagisme à court terme, un autre effet, constaté dans les pays ayant adopté une taxe anti-vape, est la destruction de la filière spécialisée indépendante. Les sites et boutiques dédiées en premier lieu, les PME de vape dans la foulée. Adopter un tel régime permet non seulement de maintenir à bout de bras encore quelques années le tabagisme, mais prépare aussi le terrain à une reprise en main du marché de la vape par des multinationales. On laissera le lecteur imaginer qui sont les candidats susceptibles. Cela donne peut-être une idée pour qui roulent réellement les pro-taxes anti-vape, y compris lorsqu'ils habillent leurs discours de pseudo arguments sanitaires. 

Répression taxative, régression sociale

Les taxes sur le tabac sont connues pour être régressives. Autrement dit, elles frappent plus durement les pauvres que les classes aisées. Et ceci de manière redoublée. D'une part, la taxe perçue n'est pas proportionnelle aux revenus mais se fixe sur une consommation captive. D'autre part, le tabagisme est une pratique devenue au fil des années, un marqueur social des groupes défavorisés. Les ouvriers et employés ont des proportions de fumeurs deux fois plus importantes que les cadres supérieurs. Le taux de fumeurs chez les chômeurs est encore plus élevé, ainsi que les personnes souffrant de troubles psychiques. Les groupes stigmatisés, par exemple pour leur orientation sexuelle, ont également des parts significativement plus importantes que la moyenne.

Les effets de régulation de l'humeur de la nicotine expliquent, au moins en partie, cette tendance des groupes sociaux soumis à des stress liés à leurs condition de vie. Sans outil efficace de réduction des risques à disposition, la part de fumeurs des groupes défavorisés économiquement est aussi nombreuse à tenter d'arrêter que celle des classes favorisées, mais échouent deux fois plus souvent. Le suivi du Smoking Toolkit Survey (STS) montre que l'essor du vapotage, utilisé désormais par environ 35% des fumeurs qui tentent d'arrêter de fumer en Angleterre, a augmenté globalement les réussites de ces tentatives, passées en moyenne de 13,4% en 2010 à 19,8% en 2017. Cette augmentation concerne en priorité les personnes avec un statut socio-économique plus bas, dont le taux de succès à été multiplié par 1,66, selon le calcul des Prs Robert West et Jamie Brown.

Environ 35% des tentatives d'arrêts tabagiques anglaises se font avec la vape et 27% en France, impulsant dans les deux pays des chutes du tabagisme. La moyenne globale des tentatives à l'aide de la vape est passée de 3,7% à 9,7% dans l'Union Européenne entre 2012 et 2017. Ceci montre à la fois une marge de progression importante pour aider les fumeurs européens qui désirent arrêter, mais aussi que le mouvement prend de l'ampleur inexorablement. D'où probablement la réaction d'une série de gouvernements pour le freiner et compenser les baisses de revenu des taxes tabac. La démonstration de l'avidité des bureaucraties européennes, qui n'envisagent que de taxer sans même songer à des options de soutien, risque de nourrir la méfiance et le décrédibilisation de ses instances sur le dossier du tabagisme.

* Les seize organisations signataires de l'appel à la mobilisation contre le projet de taxe européen: Acvoda (Netherlands), Aiduce (France), Anesvape (Spain), ANPVU (Italy), Cyprus Vaping Association (Cyprus), DADAFO (Denmark), IG-ED (Germany), Initiativ Fräien Damp Lëtzebuerg (Luxembourg), La vape du Cœur (France), NNA Suitsuvaba Eesti (Estonia), NNA Sweden (Sweden), NNA UK (United Kingdom), ÖDC (Austria), Sovape (France), UBV-BDB (Belgium), Villanypára Egyesület (Hungary)


16 organisations européennes appellent à se mobiliser contre le projet de taxe anti-vapoteurs, notamment par une pétition

jeudi 28 juin 2018

INNCO autorisé par l'ONU à participer aux réunions de haut-niveau sur les maladies non transmissibles

INNCO fait partie de la liste des 181 organisations autorisées à assister et à participer aux auditions interactives de la société civile de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et à ses réunions de haut-niveau sur les maladies non transmissibles (MNT). La liste publiée le 1er juin par Miroslav Lajčák, président de l'Assemblée générale de l'ONU, anticipe la préparation de la troisième réunion de haut-niveau sur la prévention et la maîtrise des maladies non transmissibles (MNT) le 27 septembre prochain.

De Bloomberg à Helvetic Vape

Le choix des organisations autorisées par l'ONU est censé refléter la diversité des parties prenantes sur le sujet. On y trouve aussi bien l'organisation de lobbyisme de l'oligarque Michael Bloomberg que des organismes de santé comme le Cancer Research UK, ou des entreprises pharmaceutiques. On peut douter, pour le dire avec un euphémisme, de l'équilibre entre le poids des lobbys pharmaceutiques, de manière directe ou indirecte par financement, et celui des représentants d'usagers dans cette liste. Cependant, la validation de la participation d'INNCO est un premier pas pour une représentation d'utilisateurs de produits à risque réduit dans ce cadre.

INNCO, pour International Network of Nicotine Consumers Organisations, est le réseau international regroupant les organisations d'utilisateurs de produits nicotinés à risque réduit. Pour le moment, le réseau recueille au moins 34 associations de vapoteurs, de consommateurs de snus ou plus largement en faveur des produits de réduction des risques face aux produits fumés. Après son assemblée générale à Varsovie le 14 juin, quelques nouvelles adhésions sont en voie de finalisation. Des membres des cinq continents sont représentés en son sein. Au niveau francophone, les vapoteurs français par l'Aiduce, belges par l'UBV-BDB, tunisiens de l'ACEAF, suisses avec Helvetic Vape et luxembourgeois de l'IFDL participent, ainsi que la plateforme pour le dialogue et une culture de réduction des risques Sovape et les canadiens de la THRA.


lundi 4 septembre 2017

[Expresso] Alors qu'il amende des vapoteurs sur internet, l'Etat belge vend de la vape en ligne

A 19€ le kit débutant Justfog Q16, le tarif est très concurrentiel. L’incongruité est que le vendeur en ligne est non seulement belge, mais que c'est l'Etat belge lui-même. Précisément, le site du ministère des finances Finshop.belgium.be qui violait ainsi l'Arrêté Royal entré en vigueur le 17 janvier dernier interdisant, entre autres restrictions, la vente de produits de vapotage à distance. Alerté par un de leur auditeur, la chaîne VTM-Nieuws s'est étonnée hier de cette étrange vente. Le ministère des finances a retiré l'article de sa page de vente et s'est excusé. "L'erreur est humaine", explique Francis Adyns, porte-parole du Ministère des finances, à la télé flamande (vidéo plus bas). Il annonce que les clients seront remboursés à défaut de pouvoir vapoter et arrêter de fumer avec ce kit pour débutant. 

Menaces et amende pour les vapoteurs sur internet

Cette anecdote intervient alors l'Etat a lancé ces dernières semaines une offensive très agressive contre la vape belge sur internet. Des groupes d'entraide et des chroniqueurs ont d'abord été menacés au cas où ils continueraient de publier sur le vapotage. Puis la semaine dernière, un compte facebook lié aux magasins e-life.be était amendé de 40'000 €. Le Ministère de la santé a refusé tout commentaire à la fois sur cette vague de répression et sur les ventes du Ministère des finances. Les services de Maggie de Block ont toutefois annoncé qu'ils allaient communiquer sur les règles belges de censure contre le vapotage sur internet cette semaine.

Une politique incompréhensible

Comme l'illustre cette mise en vente sur Finshop.belgium.be, même les fonctionnaires ne saisissent pas l'absurdité de la politique anti-vape en Belgique. Les services de Maggie de Block chassent avec plus d'ardeur les vapoteurs qu'ils n'agissent pour réduire le tabagisme. Ceci alors que son collègue Ministre des Finances, Johann Van Overtveltd, espère une relance des ventes de cigarettes pour remplir les caisses de l'Etat. Il estime à 151 € millions le manque à gagner en 2016 sur les taxes du tabac. Au moment où le vapotage, profitant de la légalisation par le Conseil d'Etat de la vente de liquides nicotinés en 2016, a permis à des centaines de milliers de belges de s'évader du tabagisme. 

Mais qui vise à relancer les ventes de cigarettes

Soutenu par une récente campagne passablement fumeuse du quotidien le Soir, le Ministre des finances planche sur l'instauration d'une taxe punitive contre les vapoteurs. Un débat sur la radio RTBF 1ère a donné à ce sujet la parole à Luk Joossens, sociologue anti-tabac, Tanguy Doucenet, de l'Union Belge pour la Vape (UBV-BDB) et du psychiatre Vincent Lustygier le 25 août. Les propos de ce dernier en direct sont sensiblement différents que ceux que lui avait attribué la veille le quotidien bruxellois, connu pour sa haine des vapoteurs. Du côté des défenseurs du vapotage, le recueil de fonds pour porter la contestation de l'Arrêté Royal en justice se poursuit sous la forme de ventes de T-shirts.

Bekijk meer video's van vtmnieuws op nieuws.vtm.be


mardi 22 août 2017

Belgique : 40'000 € d'amende pour la page facebook E-life

"Après 18 ans de tabagisme, j'ai arrêté depuis un mois grâce à la vape. J'aurais dû le faire bien plus tôt. Merci pour votre service et vos explications à chaque fois". Youri, à l'instar de dizaines d'autres vapoteurs flamands, témoigne de son soutien au facebook de E-life.be depuis cet après-midi. L'élan de sympathie pour le compte a été déclenché par une amende de 40'000€ infligée pour "publicité en ligne" par le Service Public Fédéral Santé (SPF). Un inspecteur a dressé un procès-verbal pour l'infraction sur la base de l'Arrêté Royal du 19 mai dernier, précise le courrier en recommandé du SPF. "Depuis 18 mois, nous faisons de notre mieux pour vous aider à arrêter de fumer et vous conseiller sur l'utilisation du vapotage. (...) Pour fêter cet anniversaire, le SPF nous a envoyé un cadeau. Il n'est pas très sympa. C'est une amende de 40'000€", explique le facebook d'E-life.be. 

La liberté d'information au tribunal ?

Le mois dernier les troupes de la Ministre Maggie de Block menaçaient déjà des groupes d'entraides de vapoteurs belges sur les réseaux sociaux. Cette fois-ci, le SPF frappe et E-Life.be se prépare à devoir aller en justice. "Nous espérons que nous pourrons non seulement gagner notre affaire, mais aussi permettre de clarifier la législation, dont les interprétations sont très troubles, afin que les consommateurs belges et les propriétaires de magasins ne soient plus victimes de discrimination par leur propre gouvernement", annoncent t-ils. 

Après l'interdiction de vente en ligne laissant les vapoteurs hors centres urbains démunis pour s'approvisionner, l'Etat fédéral belge accentue encore sa guerre au vapotage. En amendant le droit d'informer, il entrave en conséquence celui des usagers d'être informés et aidés. Partager un spot sur les dangers du tabagisme, donner des informations sur le matériel de vapotage ou des conseils et précautions pour leur usage, diffuser des articles, certes ni de la RTBF ni du Soir, sur les manœuvres de l'industrie du tabac et les politiques de lutte anti-tabac hors de l'Union Européenne... sont, semble t-il, des choses désormais délictueuses en Belgique.

Join the resistance

De son côté, l'Union Belge pour la Vape (UBV-BDB) s'apprête à lancer un recours contre l'Arrêté Royal, sur lequel se base le SPF pour interdire, entre autres limitations et interdits, l'information sur le vapotage. "Nous avons entamé un recours envers l'Arrêté Royal. Pour pouvoir payer les frais d'avocats, nous faisons une vente de T-shirt", annonce l'association d'usagers à la recherche de fonds

La relance fédérale du tabagisme

La chute du tabagisme corrélée à l'essor du vapotage au plat pays n'est pas du goût du Gouvernement qui enregistre un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d'euros en taxes sur les ventes de tabac. Le Ministre des finances Johan Van Overtveldt a fait de la relance du tabagisme une de ses propositions pour renflouer les caisses de l'Etat. Son parti, le N-VA milite pour aussi interdire les arômes et taxer les vapoteurs afin d'endiguer l'engouement pour le vapotage. La bataille du droit d'arrêter de fumer n'est pas terminée en Belgique...






















edit 23-08-2017 à 9h30: correction à propos du PV du SPF, qui s'appuie sur l'Arrêté Royal de mai 2016