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dimanche 8 juillet 2018

[Bref] USA: cyber-attaque massive contre la consultation de la FDA sur les arômes de vape

Plus de 250'000 faux commentaires postés par un bot
Au moins 255'000 faux commentaires ont été postés les 8, 9 et 10 juin par un script automatique sur la consultation publique ouverte par la Food and Drug Administration (FDA) à propos des arômes de vapotage. Le 11 juin, les serveurs de la consultation ont été assaillis au point de forcer les autorités américaines à mettre en veille l'accès à la plateforme. "Une source interne de la FDA estime que ce 'spamming' massif de plus d'un quart de millions de faux commentaires est "extraordinaire" et "sans précédent" ", révèle Regulator Watch. Selon un responsable de la procédure, contacté par la chaîne pure player, au moins 60% des plus de 425'000 contributions ont été postées par un logiciel 'bot' et contiennent des prises de position pour l'interdiction totale des arômes de vapotage. Le script modifie les textes soumis, mais la récurrence de phrases types provenant de la déclaration de l'organisation Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK) est manifeste, selon les informations de Reg Watch qui s'est procuré trois des quatre modèles types bombardés par le script. Au moment d'écrire ce billet, Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK) n'avait pas réagit à la nouvelle.

A noter que la Juul, un pod contenant des liquides à 50 mg/mL de sels de nicotine, est prise en bouc-émissaire par l'attaque organisée, bien que depuis sa mise sur le marché le tabagisme connait une chute sans précédent et le vapotage recule chez les adolescents américains. Ses ventes représentent environ 10% du marché du vapotage global aux Etats-Unis, avec une part de 60% du marché de détail (de type kiosques). Sa popularité croissante a entraîné une chute inattendue de près de 6% des ventes de cigarettes au premier trimestre 2018, faisant craindre au monde financier l'explosion de l'industrie cigarettière américaine.

La consultation publique invalidée à cause de l'attaque ?

Carl Phillips avait déjà tiré la sonnette d'alarme le 25 juin sur des anomalies de la consultation de la FDA. "Le nombre phénoménal de commentaires indique qu'il doit y avoir actuellement une campagne active", expliquait alors le chercheur dans le Daily Vaper, sans se douter de la nature de cyber-attaque révélée par Reg Watch. "L'opération a failli faire tomber les serveurs fédéraux et a inondé le réseau interne au point qu'il est devenu presque impossible à la FDA de traiter les soumissions. Cette attaque massive remet en cause la crédibilité du processus de consultation publique", explique Brent Stafford de Reg Watch. De leur côté, les autorités fédérales ont ouvert une enquête sur la validité des soumissions et de l'ensemble du processus de consultation. C'est peut-être là le véritable objectif de cette attaque grossière: faire annuler le processus de consultation publique et réduire au silence les témoignages du public.

La vidéo de l'émission de Reg Watch de ce 7 juillet:


lundi 2 juillet 2018

Depuis le 1er juillet, une taxe anti-vape en Suède basée sur une équivalence ridicule

C'est au tour des vapoteurs suédois de se prendre 1,90 € de surtaxe dans la fiole depuis ce 1er juillet. Deux couronnes (SEK) par mL de liquide, ainsi que sur la base nicotinée sans arôme au statut différent dans la réglementation suédoise, seront prélevés. Soit 1,90€ par fiole de 10 mL. Lors de l'élaboration de la loi, des parties prenantes ont tenté d'alerter de son absurdité. La New Nicotine Alliance, association des usagers de produits nicotinés à risque réduit, notamment a fait parvenir ses remarques. "La NNA (Suède) voit de graves lacunes dans l'analyse d'impact sous-jacente à la proposition du ministère des Finances", explique l'association à l'époque. "La protection de la santé publique est définie comme l'objectif principal de cette taxe. Néanmoins, l'enquête manque d'information sur la manière dont d'autres États utilisent le vapotage pour réduire les dommages du tabagisme. Ici, nous voulons accorder une attention particulière à la Grande-Bretagne, qui est particulièrement progressiste dans l'intégration du vapotage pour l'arrêt tabagique et la minimisation des dommages", souligne alors sur le fond l'association.

Parmi ses incohérences, cette taxe "nicotine" frappe indistinctement tout liquide nicotiné quel que soit son taux. Effet probable, elle va inciter les vapoteurs à acheter des liquides sans nicotine, pour les renicotiner ensuite. L'astuce a été largement utilisé par les citoyens suisses face à la prohibition et, d'après un témoignage, se généralise au Portugal pour lutter contre la taxe prohibitive anti-vape. La méthode permet de contourner les incitations d'Etat au maintien dans le tabagisme, mais évidemment elle n'est pas la plus confortable ni la plus sûre. En matière de protection de la santé, on a vu plus intelligent qu'une taxe incitant à fumer ou à bricoler soi-même ses produits.

10 mL = 100 cigarettes !?!

Mais le plus point le plus ridicule de l'élaboration de la taxe est l'équivalence aberrante qui a présidé à la fixation du montant de la taxe anti-vape. "Le bouquet", explique un magasin de vape de Malmö, "c'est que le projet de loi considère que 10 mL de liquide de vapotage correspond à 100 cigarettes". Une équivalence aussi ridicule et malveillante que celle en vigueur en Italie. "Cette affirmation manque à la fois de réalisme et de quelconque base scientifique. Nous n'avons rien compris, mais nous avons finalement réalisé que depuis que ce projet de loi a été produit par le ministère des finances, ils n'ont vu que des chiffres, et ont fait leur propre correspondance de nicotine: - 100 cigarettes à 1 mg de nicotine par cigarette = 100 mg de nicotine - 10ml de liquide à 10mg/mL = 100 mg de nicotine", décryptent les vapoteurs désabusés.

A savoir que ce chiffre de 1 mg de nicotine par cigarette, obtenu avec des 'machines à fumer', est un mensonge. En réalité, une cigarette contient de 8 à 20 mg de nicotine. Le fumeur en extrait plus ou moins selon sa manière de fumer ensuite. La taxe "nicotine" suédoise ne tenant pas compte du taux de nicotine des liquides taxés, la cohérence de cette justification par une équivalence est passablement abscons. Ou un prétexte grossier pour taxer sans aucune raison de santé publique. Malgré les remarques lors de la consultation publique, les autorités suédoises n'ont rien modifié. "Nous avons supposé que le Ministère des finances allait corriger son erreur. Que s'est-il passé ? Absolument rien...", déplore le message sur facebook du magasin suédois. 

Abolir les taxes qui punissent ceux qui évitent de fumer ?

Dés le 1er juillet, les vapoteurs suédois paieront donc 1,90 € de surtaxe sur leur fiole de liquide nicotiné. Un espoir leur reste lors de la révision de la loi prévue à la fin de l'année... A moins qu'une mobilisation force une exemption de taxe pour les produits de vapotage à l'échelle européenne. La question est pressante d'autant plus, qu'après la taxe anti-vapoteurs les ligues puritaines visent à présent aussi le Snus, un produit de tabac oral traditionnel local dont la préparation par étuvage inhibe le développement des nitrosamines spécifiques au tabac. Dans le quotidien suédois GP le 29 juin, Helen Stjerna, secrétaire générale de génération non-fumeur, exige l'interdiction des arômes pour la vape et le snus et l'augmentation des taxes contre les vapoteurs et les utilisateurs de snus, amalgamant ces produits à risque réduit aux cigarettes.

En réaction, Patrick Strömer, secrétaire général de l'Association professionnelle du snus suédois, s'interroge sur le sens des responsabilités d'Helen Stjerna. "La stratégie de répandre des mythes et d'ignorer les faits avérés renforce peut-être sa propre conviction, mais cela contribue peu à un débat constructif sur les alternatives aux cigarettes pour encourager les 800.000 Suédois qui fument encore à examiner leur choix", s'agace t-il en réponse dans GP. Les suédois ont réussi à baisser massivement leur tabagisme depuis les années 1990', pour atteindre 5% de fumeurs au quotidien en 2017 selon l'Eurobaromètre. Les courbes de maladies liées au tabagisme ont suivi la chute de la consommation de cigarettes, tandis que la part d'usagers de Snus atteint environ 15% de la population adulte actuelle. Le mouvement de la population suédoise est remarquable. Après cette taxe anti-vapoteurs, le Snus paiera t-il à son tour son efficacité à réduire le tabagisme?

(merci à Jennie pour ses conseils, les éventuelles erreurs m'incombent)

mercredi 19 juillet 2017

Etude en Allemagne: 98% des vapoteurs ex-fumeurs constatent une amélioration de santé

"Dans notre étude, les améliorations de santé rapportées sont considérables, spécialement pour ceux qui ont complètement remplacé leur tabagisme par le vapotage". Des chercheurs de l'Université d'Hambourg se sont penchés sur les "motifs d'usage et les améliorations de santé perçues" chez les vapoteurs allemands. Leur étude, publiée dans European Addiction Research mi juin, recense 98% de vapoteurs exclusifs à déclarer un meilleur état de santé que lorsqu'ils fumaient. Amélioration de santé de manière générale, meilleure endurance et baisse de la toux pour plus de 80% des plus de 3'000 participants vapoteurs ex-fumeurs. Tandis qu'environ la moitié évoque moins de décolorations dentaires, un aspect de la peau amélioré et une attention à l'hygiène de vie plus prononcée. L'enquête menée via internet entre août et octobre 2015 comprenait pas moins de 133 questions préparées par Kirsten Lehmann, Silke Kuhn et Jens Reimer du Centre interdisciplinaire de recherche sur les addictions de l'Université d'Hambourg. 

Plus de 91% de vapoteurs ex-fumeurs

Visant initialement un échantillon d'un millier de répondants, les chercheurs ont été submergés par la mobilisation de la communauté "dampfer". Sur plus de 3'300 réponses valides retenues, 91,5% de vapoteurs exclusifs sont ex-fumeurs, 7,5% de double-usagers (vape et cigarette) et moins de 1% de vapoteurs jamais fumeurs. Parmi les 33 vapoteurs n'ayant pas fumé auparavant, plus de la moitié n'utilise pas de nicotine, les autres le font à un taux significativement plus bas que les autres usagers. Plus des 9/10ème de ces vapoteurs atypiques jugent impossible qu'ils se mettent à fumer. Vapotant nettement moins et moins souvent que les deux autres catégories, "aucune dépendance physique n'a pu être mesurée au test de Fagerström", leur score se situant en dessous du minimum d'un point. Une exception est à noter d'une personne ayant commencé de vapoter pour évoluer vers le tabagisme.

A côté de cet épiphénomène de vapoteurs sans passé tabagique, la moitié, des 99% de vapoteurs ayant fumé ou encore fumeurs, a essayé auparavant sans succès au moins deux produits d'arrêt tabagique. En moyenne, les répondants ont fumé durant 22 ans à raison de 26 cigarettes par jour. Ce profil moyen de hard-core smoker tout juste quadra s'est mis à la vape deux ans avant l'enquête. Qu'il soit devenu vapoteur exclusif ou non, ces éléments changent peu.

Le jeu des différences

Les différences entre les vapoteurs ayant lâché les cigarettes et ceux combinant les deux produits apparaissent sur les usages. Les vapoteurs ex-fumeurs sont plus enclins à vaper quotidiennement et quittent la cigarette pour la plupart dans les cinq semaines après leur initiation au vapotage. "L'usage régulier du vapotage est important pour aider les utilisateurs à quitter le tabagisme", soulignent les chercheurs. Autre différence, 70% des ex-fumeurs vapotent des liquides à moins de 6mg/ml de nicotine mais en plus grande quantité. Les vapoteurs ne réussissant pas à stopper la cigarette sont 64% à utiliser des liquides entre 6 et 25 mg/ml de nicotine. "Il est possible que les ex-fumeurs compensent la réduction du taux de nicotine en augmentant leur vapotage", note l'article.

Si 93% des plus de 3'000 vapoteurs exclusifs jugent inconcevable qu'ils rechutent dans le tabagisme, 69% des double-usagers aimeraient arrêter de fumer et se convertir totalement au vapotage. Le test de dépendance pour l'ensemble des usagers de liquides nicotinés montre un niveau modéré, significativement moins élevé qu'avec les produits de tabac. 

"Les arômes fruités, menthol et gourmands sont les plus populaires des liquides de vapotage, alors que les arômes simili-tabac se classent quatrième. Il se peut que le passage des arômes tabac aux autres types de goûts ait un impact positif pour rester non-fumeur", remarque l'étude. Un point qui a son importance dans le contexte politique allemand, où des propositions pour interdire les arômes autres que tabac sont évoquées.

Le facteur communautaire

Une limite de l'étude se trouve dans la sur-représentation des vapoteurs provenant des forums d'usagers. Vapoteurs enthousiastes et passionnés, ils sont nettement plus d'hommes que de femmes. "Pour les hommes, le vapotage semble lié au plaisir tandis que les femmes semblent plus tournées vers un usage pour réduire le stress et moduler l'humeur", relèvent les universitaires allemands. Mais l'engouement de la communauté et le taux de 91% de vapoteurs ex-fumeurs semblent avoir impressionné les chercheurs. "Plus de recherche est nécessaire pour examiner si les usagers des forums sont non seulement plus enthousiastes mais aussi s'ils connaissent plus de réussite pour arrêter totalement de fumer. Considérant que la plupart des ex-fumeurs de notre étude sont passés du tabagisme au vapotage quelques jours après avoir commencé de vapoter, les motivations et les déclarations sur le vapotage ainsi que peut-être le soutien des autres usagers semblent des facteurs importants", concluent-ils.