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jeudi 8 octobre 2020

Près des deux tiers des vapoteurs réduisent fortement leur dépendance par rapport aux fumeurs


Deux chercheurs de Pittsburgh (USA) ont comparé les niveaux de dépendance entre les vapoteurs et les fumeurs aux Etats-Unis entre 2013 et 2016. « Parmi les utilisateurs actuels, la dépendance à l’égard du vapotage est nettement inférieure à la dépendance à l’égard des cigarettes », concluent le Pr Saul Shiffman, de l'Université de Pittsburgh, et Mark Sembower dans ce numéro d’octobre de la revue Addiction. Ils ont mesuré les scores à une série de 16 questions établies pour évaluer la dépendance à des produits nicotiniques. Les résultats, sur une échelle de 5 points, de plus de 13 000 répondants des trois enquêtes américaines Population Assessment on Tobacco and Health (PATH) de 2013 à 2016 ont été analysés selon les produits consommés.

8 % des vapoteurs sont très dépendants contre 48 % des fumeurs

Sur une échelle de 5 points, les vapoteurs exclusifs au quotidien présentent en moyenne des scores de 2,22 pts tandis que les fumeurs exclusifs au quotidien marquent 2,81 pts. Par contre, les vapoteurs exclusifs occasionnels, avec de 1,56 pts, ne présente pas d'écart significatif par rapport au score de 1,64 pts des fumeurs exclusifs occasionnels.

« Ces différences moyennes présentent de grandes différences dans la distribution des scores. Alors que 48 % des scores pour le tabagisme étaient supérieurs à 3 pts, le niveau médian de l’échelle, cela n’était vrai que pour 8 % des scores du vapotage. La majorité des scores de dépendance à l’e‐cigarette (64 %) étaient de 1,5 pts ou moins, ce qui suggère une absence de symptômes de dépendance, un niveau observé dans moins de 13 % des scores de dépendance à la cigarette », expliquent les auteurs. 

En résumé, la plupart des vapoteurs exclusifs sont nettement moins dépendants que les fumeurs, même si une minorité de vapoteurs (8 %) a des scores élevés. Entre deux, 28 % des vapoteurs présentent des signes de dépendance marquée. Les deux chercheurs soulignent que les vapoteurs, ayant arrêté de fumer depuis moins d’un an, ont montré une dépendance plus élevée à l’égard du vapotage.

Une comparaison entre vapoteurs ex-fumeurs et fumeurs

Il est à noter que l'étude ne rend pas compte de la dépendance générée par le vapotage ou la cigarette chez des personnes n’ayant pas eu de consommation préalable (chez des jeunes notamment). On sait, avec un recul de 40 ans, qu’une part des ex-fumeurs continuent d’utiliser les substituts nicotiniques, comme les gommes, à long terme et de présenter des signes de dépendance à ceux-ci. Mais le nombre de personnes sans passé tabagique devenues dépendantes aux substituts nicotiniques est quasiment nul. 

L’écart du niveau de dépendance des usagers entre les deux produits se confirme chez les « double-utilisateurs », qui fument et vapotent, dans l'étude américaine. Leurs signes de dépendance sont significativement plus marqués envers la cigarette qu’envers le vapotage. De même chez les anciens utilisateurs, qui ont arrêté de fumer et/ou de vapoter au cours de l’année précédente, la persistance de signaux de dépendance est plus forte chez les anciens fumeurs que les ex-vapoteurs.

L’addictivité du tabac ne s’explique pas seulement par la nicotine

En filigrane, ces résultats confirment ce que l’on constate depuis l’émergence des substituts nicotiniques il y a 40 ans. Tous les produits nicotinés n'ont pas la même puissance dépendogène. La nicotine est impliquée dans l’extrême addictivité du tabac, mais ne l’explique pas à elle seule. La fumée de cigarette est un cocktail de milliers de substances où la nicotine côtoie d’autres alcaloïdes, tels que l’anabasine, l'anatabine, la myosmine, la théobromine (provenant du cacao), etc. Ainsi que des furanes, ayant des effets anti-dépressseurs (par inhibition des monoamines oxydases (IMAO). 

" En dépit de l'évidence des propriétés dépendogènes du tabac, il n'existe pas d'abus de nicotine pure (West et al. 2000), les substituts nicotiniques ne sont que modérément efficaces (Hajek et al. 1999), et les cigarettes dénicotinisées sont plus satisfaisantes et gratifiantes que la nicotine reçue par voie intraveineuse (Rose, 2006; Rose et coll. 2000). Dans les études sur des humains et des rongeurs d’auto-administration en intraveineuse (i.v.), la nicotine présente un profil d’administration beaucoup moins robuste que d’autres drogues d’abus comme la cocaïne ou l’héroïne, et a donc été considérée comme un renforceur relativement faible (Manzardo et al. 2002; Stolerman & Jarvis, 1995). Ces résultats vont à l’encontre du taux élevé de consommation de tabac chez les humains et ont amené certains chercheurs à suggérer que d’autres facteurs autres que la nicotine facilitent la dépendance au tabac (Dar & Frenk, 2004; Rose, 2006) ". Extrait de l'article de Kelly J. Clemens, Stephanie Caillé, Luis Stinus, Martine Cador : The addition of five minor tobacco alkaloids increases nicotine-induced hyperactivity, sensitization and intravenous self-administration in rats ; International Journal of Neuropsychopharmacology (12:10), November 2009.  https://doi.org/10.1017/S1461145709000273.

À l’image des substituts nicotiniques pharmaceutiques, le vapotage contient de la nicotine, sans les autres substances du tabac. La nicotine, généralement extraite du tabac pour des raisons de coût, est purifiée. De la nicotine de synthèse existe aussi, mais elle est peu répandue sur le marché. Un des aspects où le vapotage se distingue des substituts nicotiniques pharmaceutiques est la vitesse d’absorption de la nicotine, plus rapide par la voie pulmonaire que par la peau ou les muqueuses buccales.  

Au-delà de la peur de la dépendance

C'est un constat fréquent: beaucoup de personnes s'apprêtant à arrêter de fumer s’inquiètent du risque de dépendance du vapotage. En soi la dépendance elle-même n’est pas un problème de santé. Ce sont les effets de la consommation de produits nocifs qui produisent des problèmes de santé. Or la nicotine en elle-même a un profil toxicologique similaire à la caféine. D’où l’importance cruciale du point de vue sanitaire de son mode de consommation, comme l'explique le Pr Karl Fagerström

Mais la peur de la nicotine d'une large partie du public existe. Le sondage SOVAPE-BVA publié récemment révèle la désinformation à ce propos chez les 3/4 des Français. Une peur probablement entretenue par les messages anxiogènes centrés sur « l’addictivité de la nicotine ». Ils sont trompeurs à plusieurs titres. En cachant les véritables risques liés au tabagisme : les toxiques produits par la combustion tels que le monoxyde de carbone et les goudrons notamment.

« Amener les gens à la nicotine à la place de consommer du tabac ferait une grande différence pour la santé publique. Il est clair qu’il y a des problèmes d'avoir des gens dépendants à la nicotine, mais cela nous ferait passer du problème de santé publique grave et coûteux des maladies liées au tabagisme, à celui de ne plus avoir à s'occuper que de la dépendance à une substance qui, en soi, n’est pas très différente de la dépendance à la caféine », Pr Shirley Cramer, directrice en 2015 de la Royal Society of Public Health (UK), lors du rapport Stopping smoking by using other sources of nicotine.

La perversion des intégristes

Enfin, les messages anti-nicotine tendent à faire passer la dépendance pour un problème de santé en soi. Ce qui est une manière d’habiller de sanitaire l'orientation morale et idéologique de l'abstinence. Nous sommes dépendants de beaucoup de choses sans que cela soit des problèmes sanitaires. 

La dérive actuelle de groupes de pression pour transformer la lutte anti-tabac en guerre contre tous les consommateurs de nicotine s’éloigne des motivations de santé publique : elle est une croisade moraliste, probablement non dénuée d’intérêts financiers pervers. Car la peur de la nicotine n’amène pas les fumeurs à renoncer à leur cigarette, elle les amène principalement à renoncer à essayer des alternatives nicotiniques, substituts ou vapotage, qui les aident à s’en sortir. Jusqu’ici le choix étroit de « l’abstinence ou la mort » s’accompagne chaque année de sept millions de morts de maladies liées au fait de fumer. Il est temps de s’y prendre autrement.


vendredi 18 septembre 2020

Réussite du projet pilote d'arrêt tabac avec la vape à Salford (UK)

En moyenne, près de quatre arrêts tabagiques par dizaine de petits kits de vape distribués gratuitement. L’expérience pilote menée début 2019 à Salford, dans le Nord-Ouest anglais, confirme l’intérêt de l’approche. Un rapport sur l’expérience pilote vient d’être publié par une équipe de l’Université locale dans la revue Perspectives in Public Health. « Le vapotage semble être un moyen efficace de substitution de nicotine », concluent les chercheurs.

Âgés en moyenne de 45 ans, 1022 fumeurs se sont inscrits et ont reçu un kit de vape, parmi trois au choix. Cinq fioles d’e-liquide étaient données au premier rendez-vous, puis cinq autres lors d’une seconde visite. Les liquides étaient proposés en 10 mg/ml ou 16 mg/ml de nicotine et en quatre arômes. Détail intéressant, le mix de fruits a été nettement plus populaire, avec 60 % des fioles distribuées dans cet arôme, que les goûts tabac, tabac à rouler et menthol.

Certains ont continué de vapoter sans revenir aux contrôles

Parmi les participants, 614 (60 %) sont revenus au troisième contrôle après quatre semaines. 383 participants ne fumaient plus et leur test de CO affichait moins de 10 ppm. 

« Cela fait 62 % des participants au suivi ou 37 % des inscrits au début du programme », souligne le rapport dirigé par la Pr Margaret Coffey, spécialiste en santé publique à l’Université de Salford. 

Pour éviter un biais d’attrition non aléatoire, les 408 absents au contrôle ont été considérés encore fumeurs, même si « on sait que certains participants étaient contents avec leurs e-cigarettes et ont continué sans soutien », précise l’étude. 

70 % des participants étaient à bas revenus

Au départ, 58 % des participants ont déclaré fumer plus d’un paquet de cigarettes par jour et 24 % entre 11 et 19 cigarettes. Parmi ceux qui n’avaient pas réussi à arrêter de fumer après quatre semaines, la moyenne est passée de 19,1 à 8,7 cigarettes fumées par jour.

La région compte un des taux de tabagisme les plus élevés d’Angleterre avec plus de 24 % de fumeurs. En particulier chez les plus défavorisés qui sont près de trois plus touchées. « Ce projet pilote a été réalisé dans une région défavorisée du nord-ouest de l’Angleterre », soulignent les chercheurs. 69 % des participants étaient dans le quintile (les 20 %) des revenus les plus bas. Un tiers étaient sans emploi et un quart dans le travail manuel ou de routine, 8 % étaient invalides et 10 % retraités. 

Environ les deux tiers des participants ont accédé à l’expérience par les Stop Smoking Services, tandis qu’un tiers est passé par des pharmaciens. L’opération a été menée en partenariat avec un magasin de vape local affilié à l’Independent British Vape Trade Association (IBVTA), association des professionnels de vape indépendante des cigarettiers. 

Le projet pilote de Salford rappelle celui mené par le Sucht Hilfe d'Olten, en Suisse, où des kits de vape et des liquides ont également été distribués gratuitement à des fumeurs désirant arrêter ou réduire leur consommation de cigarettes. L'expérience réussie a été passée sous silence par les médias helvétiques.

lundi 8 juin 2020

Succès de l'expérience d'arrêt tabagique avec le vapotage au Centre d'aide d'Olten

Lancé fin décembre 2018, le programme d’arrêt tabagique à l’aide du vapotage à Olten, dans le canton de Soleure, est une réussite. Malgré les attaques de la Ligue pulmonaire locale, les pressions en coulisses et les multiples campagnes de peur contre le vapotage dans les médias, le Centre d’aide pour les addictions a pu aider une centaine de participants de cette ville de 18 000 habitants. Ces personnes ont reçu des conseils avec des rendez-vous réguliers pour suivre l’évolution, ainsi que du matériel et des liquides de vapotage gratuitement. « Parmi ceux qui avaient l’objectif clair d’arrêter de fumer, 17,5 % ont réussi », relate Reno Sami, du SuchtHilfe Ost (SHO)
Résultats 2020 du programme d'aide à l'arrêt tabagique avec le vapotage du SuchtHilfe Ost : 17,5% de réussites
Même quelques-unes des personnes qui n’avaient pour objectif initial que de réduire le nombre de cigarettes fumées quotidiennement ont finalement arrêté totalement. Au total, 14,1 % des personnes engagées dans le programme d’aide ont cessé de fumer, et les deux tiers d’entre elles ont ensuite également arrêté le vapotage. « Le projet pilote montre donc un taux global de cessation du tabagisme de 14,1 %. Du point de vue du SuchtHilfe Ost, ce taux est un succès respectable. D’autant plus que des personnes qui essayaient simplement de réduire leur consommation de cigarettes ont également cessé de fumer », précise le communiqué du SHO.

Un budget loin des dizaines de millions des organisations traditionalistes

Environ la moitié des participants s’est inscrite spécialement à l’occasion de ce programme d’aide à l’accès facilité, tandis que les autres étaient déjà suivis par le Centre pour d’autres addictions. L'aide à ces personnes au profil plutôt difficile, qui se sont sauvées du tabagisme et de ses méfaits de santé, un succès valeureux et synonyme de renforcement de ces personnes, a coûté quelques milliers de francs. « Si nous ignorons les coûts de personnel, les coûts matériels purs (équipement et distribution de liquide) de l’essai pilote a coûté 4 600 fs », précise Reno Sami, « à mon avis, le rapport coûts/bénéfices est clairement positif »

Le tabagisme est estimé être la principale cause évitable de maladies et de mortalité prématurée en Suisse. L’évaluation officielle des coûts de santé en découlant sont de l’ordre de cinq milliards fs annuels, sous-estimant probablement les coûts médicamenteux. Le taux de tabagisme en Suisse n’a pas évolué depuis 2007, dépassant les 27 % de la population des plus de 15 ans. Signe de l’inefficiente politique poursuivie.

Une réussite malgré des attaques mesquines dans les médias

« Pour le SHO, ces résultats du projet et les preuves d’études scientifiques incitent et légitiment la poursuite du projet », conclut le communiqué du SuchtHilfe Ost. Pourtant, le projet pilote s’est déroulé dans un climat d’hostilité des organismes traditionalistes soi-disant « anti-tabac ». La Ligue pulmonaire, subventionnée par le Fonds fédéral de prévention tabac doté de 12 millions de Fs par an et sponsorisée par les laboratoires pharmaceutiques, s’est montrée particulièrement agressive dans les médias locaux. 

Entre autres attaques, la Ligue pulmonaire déplorait la gratuité du programme d’aide, alors qu’elle facture des cours pour l’arrêt tabagique à hauteur de 190 fs dans le canton de Soleure. « Ce qui me dérange le plus, c’est que l’aide et les appareils sont offerts gratuitement. Nous n’offrons pas de conseils gratuits pour arrêter de fumer », explique Christopher Gut, responsable de la Ligue pulmonaire de Soleure, dans le Solothurn Zeitung en juillet dernier.

Une aide à contre-courant de l’abandon des plus pauvres au tabagisme

En Suisse, les patchs nicotiniques coûtent environ 100 fs la boîte de 14, sachant que 2 ou 3 par jour sont nécessaires pour les grands fumeurs, sans être remboursés par l’assurance-maladie de base. Les personnes les moins dotées financièrement sont donc les moins aidées en Suisse pour l’arrêt tabagique. C’est pourtant le groupe social le plus touché par la cigarette. 

Le suivi Salpadia a mesuré l’évolution des inégalités de chances à l’arrêt tabagique selon le niveau d’études entre 1991 et 2011. Les plus démunis ont trois fois (OR 2,94) moins de chances de réussir leur arrêt tabagique que la classe favorisée, alors que cet écart n’était que de 1,3 vingt ans auparavant.

La compétence, clef de la réussite?

« Les personnes que nous aidons sont reconnaissantes. Parce qu’il est clair pour elles que nous n’avons aucun intérêt financier et parce que nous leur donnons des conseils sur la base de connaissances spécialisées », expliquait Reno Sami, en juillet dernier au Solothurn Zeitung. En effet, le Centre d’aide a notamment fait appel à l’association Helvetic Vape pour avoir une formation spécifique sur le vapotage. Phil Scheck, vapoteur et reviewer bien connu de la scène suisse alémanique, avait délivré une série de cours au personnel de soin du Centre pour préparer le programme.

Les résultats du projet pilote d’Olten confirment l’efficacité du vapotage pour l’arrêt tabagique lorsqu'il est accompagné de conseils éclairés, compétents et bienveillants. Approche particulièrement importante pour les groupes sociaux défavorisés, à l'opposé des dogmes particulièrement hostiles de la part des différentes parties liées au tabagisme en Suisse. Les résultats de l'expérience pilote contredisent par exemple les conclusions médiatisées de chercheurs d’Addiction Suisse que j’avais challengé à l’époque.

samedi 4 avril 2020

Malgré ses limites, une étude canadienne confirme que le vapotage augmente les chances d'arrêter de fumer

Un nouvel essai clinique canadien confirme l’efficacité du vapotage pour arrêter de fumer. Même lorsqu'il est restreint à un seul goût et un taux de nicotine unique. Les résultats de l'étude E3 ont été présentés lundi dernier au congrès scientifique, virtuel en raison de l’épidémie de Covid-19, de l’American College of Cardiology 2020. « Nos résultats montrent que le vapotage avec nicotine est efficace pour arrêter de fumer à court terme », déclare le Dr Mark Eisenberg, cardiologue à l’Hôpital général juif de Montreal et professeur de médecine à l’Université McGill. Le suivi des participants se poursuit sur une année. « Les données à plus long terme permettront de déterminer si les avantages persistent dans le temps », explique le Dr Eisenberg, auteur référent de l’essai clinique.

Les 376 participants ont reçu des conseils par téléphone et lors de visites en cliniques. L’essai a scindé les fumeurs en trois groupes randomisés. Dont deux groupes avec des vaporettes de marques Njoy à cartouches pré-remplies. Le premier avec des liquides goût tabac nicotinés à 15 mg/ml et le second avec le même liquide sans nicotine, tandis que le groupe témoin n’a reçu que les conseils. Les deux groupes vapoteurs, avec et sans nicotine, étaient en « double aveugle ». Les participants, pour 53 % des hommes, ont été recrutés sur le critère de vouloir arrêter de fumer. Ils avaient en moyenne 52 ans, dont 35 années de tabagisme, au rythme de 21 cigarettes par jours. 

Plus du double d’arrêts avec le vapotage

Après 12 semaines, le groupe vapotage nicotiné comptait 2,4 fois plus d’abstinents tabagiques depuis au moins une semaine que le groupe témoin. Tandis que ceux vapotant sans nicotine étaient presque le double (1,9 fois) a ne pas avoir fumé par rapport au groupe non-vapoteur. Les taux d’arrêts sont de 22 % parmi les 128 utilisateurs de vapotage nicotiné, 17 % des 127 vapoteurs sans nicotine et 9 % dans les 121 du groupe témoin.

L’abstinence en continu dès l’entame de l’essai a été réussie par six vapoteurs avec nicotine tandis qu’un seul participant sans vapotage a réussi ce challenge. Les vapoteurs sans nicotine se trouvent là aussi entre les deux groupes.

Une baisse de 60 % du nombre de cigarettes fumées

La moyenne de cigarettes fumées quotidiennement a également diminué plus sensiblement dans le groupe des vapoteurs avec nicotine, passant de 21 à 8 cigarettes, contre 10 chez les vapoteurs sans nicotine et 14 cigarettes par jour dans le groupe témoin.

En termes de survenue d’épisodes indésirables, sept participants ont eu des problèmes de santé sérieux durant les 12 semaines, dont un seul vapoteur avec nicotine, quatre vapoteurs sans nicotine et deux fumeurs du groupe témoin. « Aucun de ces événements n’a été considéré comme lié au traitement », précise le Dr Eisenberg. Des effets secondaires bénins connus dans le sevrage tabagique ont touché les trois groupes. Des pharyngites, des maux de tête et de la toux et des irritations de la bouche ont été un peu plus fréquents dans les groupes avec vapotage.

Entretien (7 min) entre le Dr Peter Block et le Dr mark Eisenberg à l’occasion du Congrès de l’American College of Cardiology le 31 mars 2020 https://youtu.be/CPacCpaaHkk 

Des retours lors de la conférence

Présente à la session présentant les résultats, qui devraient être publiés dans la revue JAMA, la Dre Nancy Rigotti, du Massachusetts General Hospital de Boston, a estimé que ce travail nourrit un domaine où il y a encore peu d’étude. Bien qu’une précédente étude plus conséquente, publiée dans le New England Journal of Medicine en janvier 2019, avec 886 Britanniques suivis sur un an a montré la nette supériorité du vapotage nicotiné sur les substituts nicotiniques pour l’arrêt tabagique.

La chercheuse, membre du comité de rédaction du rapport sur le vapotage en 2018 de la National Academies of Science, Engineering, and Medicine (NASEM), s’est demandé si des vaporettes plus récentes n’auraient pas un taux de réussite plus élevé. Elle a évoqué la Juul dont les liquides sont dosés à 59 mg/mL de nicotine aux États-Unis contre 15 mg/ml dans l’étude canadienne (et une limitation à 20 mg/ml au maximum dans l’Union européenne). 

Un essai soviétique à goût et taux de nicotine unique de 15 mg/ml

On peut aussi légitimement se demander si une autodétermination par l’utilisateur du taux de nicotine lui convenant, que ce soit plus ou moins concentré selon ses réactions de gorge et ses sensations de manque, ainsi que la possibilité de choisir un goût plaisant, n’aurait pas boosté les réussites et réduit les effets indésirables, notamment le manque, les maux de tête et la toux. Cela aurait été également plus réaliste par rapport aux conditions existantes dans le monde libre, où les débutants peuvent essayer les combinaisons qui leur conviennent, et les faire évoluer au fil de leur parcours de défume.

De son côté, le modérateur de la conférence, le Dr Eugene Yang, cardiologue à Seattle, a partagé les hésitations et les doutes de ses collègues devant les informations confuses et contradictoires sur le vapotage, notamment dans les médias. Il espère des données solides sur les effets pour les fumeurs à l’issue du suivi de cette étude, qui devrait se clore à la fin de l’année.


mercredi 4 mars 2020

Retournement à Genève: Mauro Poggia promet que les vapeshops pourront faire tester leurs produits

« Il faudrait être d’une totale mauvaise foi pour dire qu’il faut acheter les yeux fermés ». Promesse inattendue de Mauro Poggia. Hier soir à l’émission A bon entendeur de la RTS (accessible en replay, à partir de 22e mn), le Conseiller d’État s’est engagé à ce que les magasins de vape genevois puissent faire essayer leurs produits aux clients adultes. Sa loi prévoit pourtant l’interdiction du vapotage dans tout espace public. Face à lui, Isabelle Pasini, de l’Association romande des professionnels de vape, se réjouit. Puis, surprise, demande comment cela va se passer légalement. « Dans le règlement d’application, c’est possible? ». « On peut le prévoir, mais il me semble évident qu’on doit pouvoir tester un produit avant de l’acheter », répond le Conseiller d’État, sans préciser le point légal. 

« Nous sommes prêts à encourager les fumeurs à passer au vapotage »

Qu’est-ce qu’il en sera pour les groupes d’entraide autogérés? Personne ne le sait. Pourtant, Mauro Poggia s’est enthousiasmé. « Si vous voulez proposer des produits de vapotage à de grands fumeurs, et bien bravo! », adresse-t-il à Isabelle Pasini, qui le fait depuis plus de cinq ans dans ses magasins à Genève. « Nous sommes prêts à encourager qu’un grand fumeur passe à la cigarette électronique. Je pense qu’on doit applaudir. Je crois a priori que c’est une bonne chose et même les scientifiques le reconnaissent », renchérit le Conseiller d’État.

Il a pourtant rédigé un texte de loi qui nous avait semblé rendre presque impossible le développement de l’approche de réduction des risques. C’est ce qu’avait aussi compris Malik Melihi, le présentateur de l’émission. « L’idée générale c’est de considérer la cigarette électronique comme une cigarette classique, et on peut mettre tous ces produits dans la même loi et lui faire subir les mêmes rigueurs, c’est juste? » « Non, pas exactement », rétorque énigmatiquement Mauro Poggia. 

« La règle principale qui est le fondement de cette loi, c’est [l’interdiction de] la vente à des mineurs », insiste le Conseiller d’État. C’était l’antienne de toute l’émission: la peur du vapotage chez les jeunes. Bien que le seul témoignage déniché par A bon entendeur est celui d’un adolescent ayant arrêté de fumer avec le vapotage. Ce n’est pas tout à fait l’effet du hasard. Bien que passé sous silence dans l’émission, l’héritage tabagique de la politique romande actuelle a produit 25% des adolescents (15-18 ans), et 38% de jeunes adultes (18-24 ans) fumeurs. Rien ne leur est proposé d’autre que le discours de l’abstinence.

L’émission a rappelé les chiffres d’Addiction Suisse (ex-ligue de tempérance) sur l’essai du vapotage chez les adolescents annoncé à 50 % des garçons et 34 % des filles. Mais sans évoquer ceux de l’Office fédéral de la statistique (OFS). « Selon l’Enquête Suisse sur la Santé, réalisée par l’Office Fédéral de la Statistique, 1,5 % des jeunes de 15 ans utilisaient des e-cigarettes en Suisse en 2017 », rapporte le fil de news de Stop-Tabac.ch du 11 février rédigé par le Pr Jean-François Etter. Ce qui fait un très grand écart des mesures entre la fondation privée, qui s’est intéressée à l’expérimentation y compris sans nicotine pour la qualifier de « fléau », et l’OFS, dont la question implique l’idée d’utilisation...

Mystère politique

Qu’est-ce qui a fait prendre conscience à Mauro Poggia des conséquences absurdes de sa loi interdisant aux fumeurs adultes d’essayer le vapotage? Mystère des coulisses politiciennes. En Commission du Grand Conseil, où le Conseiller d’État n’avait pas jugé utile d’être présent, Isabelle Pasini avait insisté sur ce point, pour rien. Il semble que la menace du référendum déposé par l’Association romande des professionnels de vape a été plus efficace pour être entendu.

[Edit à 12h:] L'ARPV, qui ne m'envoie pas ses communiqués de presse (:/), annonce avoir recueilli les signatures suffisantes, au moins 5294 valides, pour présenter le référendum. L’ARPV «se félicite de ce premier succès, obtenu grâce à l’engagement de ses membres sur le terrain, dans les magasins spécialisés et dans la rue, mais aussi grâce au soutien de consommateurs convaincus du bien-fondé des produits de vapotage comme solution pour arrêter de fumer. Grâce à ce référendum, un vaste débat démocratique va pouvoir s’engager sur la cohérence des politiques de santé publique et de prévention du tabagisme», selon le site de la Tribune de Genève

On peut se réjouir de l'annonce du Conseiller d'Etat, sous réserve de voir les modalités concrètes. Et rester un peu interloqué du temps perdu. L'aboutissement de la récolte de signatures met évidemment l'association romande des professionnels de vape dans une situation plus confortable pour négocier les modalités avec l'Exécutif genevois. [/]

Jacques Cornuz explique le problème américain

En marge de cette annonce, on peut signaler deux séquences intéressantes dans l’émission. Le Pr Jacques Cornuz, du CHUV, explique à partir de la 2e minute clairement que la vague de pneumopathies aux États-Unis est liée à des produits de THC frelatés à l’acétate de vitamine E. (Même si cet ajout n’est pas « pour mieux vapoter », comme le dit le Pr Cornuz, mais pour tromper les clients sur le taux de THC des cartouches vendues. On excusera, le Pr Cornuz n’a pas forcément l’expérience du marché noir...).

Un autre moment sympathique est la présentation de la fabrication de nicotine vapologique par la marque française VDLV à Bordeaux à partir de la minute 18'10. Un développement économique de la filière de réduction des risques qui tente le pari de la relocalisation, avec des implications sociales et écologiques qui mériteraient développement en ces temps de pandémie, crise sociale et écologique.

Bullshit de Fribourg

Je ne vais pas prendre la peine de commenter en détail la séquence de la responsable du Cipret Fribourg à propos du snus. Simplement rappeler que la Food and Drug Administration (FDA) américaine a accordé, pour la première fois, le statut de produit à risque réduit aux produits de Snus de la marque Swedish Match en novembre. Ce label a été accordé après un examen scientifique de cinq ans. Le fabricant peut afficher cet avertissement:
« L’utilisation de General Snus au lieu de cigarettes vous expose à un risque plus faible de cancer de la bouche, de maladie cardiaque, de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral, d’emphysème et de bronchite chronique. »
La Suède où environ 17 % de la population adulte consomme du snus, mais avec seulement 5 % de fumeurs, détient les plus bas taux de cancers oraux-buccaux et des poumons, selon les données du Centre international de recherche sur le cancer (IARC). Les témoignages dans l’émission d’utilisateurs sur le fort potentiel dépendogène du snus sont justes.

Les photos d’atteintes à la bouche présentées dans l’émission me semblent typiques de l’usage des horribles produits de tabac oraux indiens (gupka, etc.) qui n’ont rien à voir avec le snus.

L'Inde où le vapotage est interdit depuis septembre, tandis que 120 millions d'indiens consomment des produits du tabac oraux ou fumés. Près d'un million en meurt chaque année. Le gouvernement, dont Vinayak Prasad, aujourd'hui à l'OMS était un haut-fonctionnaire, détient une part du capital des deux principaux cigarettiers du pays. Ceci et le fait que le rapport anti-vape de Vinayak Prasad a été financé par l'entreprise Bloomberg Philanthropies Limited, dont les comptes sont totalement opaques, aurait été des précisions utiles au téléspectateur pour situer la parole du responsable interviewé.


mardi 25 février 2020

Analyse des données britanniques: le vapotage réduit les inégalités sociales de l'arrêt tabagique

«Nos résultats suggèrent que le vapotage peut aider les fumeurs défavorisés à arrêter de fumer. Cela pourrait avoir un impact important sur les inégalités de santé, car arrêter de fumer est très bénéfique pour la santé des gens», explique le Dr Michael Green, sur le site de l'Université de Glasgow. Avec deux de ses collègues de la faculté de santé publique, il a mené une analyse des données de plus de 35'000 adultes et 3'000 jeunes britanniques entre 2015 et 2017 de la Household Longitudinal Study (UK).

"Les fumeurs adultes plus aisés ont plus de chances d'arrêter de fumer, mais cette inégalité se réduit parmi ceux qui utilisent le vapotage", précise l'auteur référent. Selon l'étude publiée dans le BMC Public Health en accès libre, le ratio de chance d'être ex-fumeur présente un handicap de 18% pour les plus pauvres sans s'aider du vapotage, et se réduit à 12% avec le vapotage, au Royaume-Uni.

Les conditions sociales et les mesures politiques jouent un rôle évidemment dans ces inégalités. Par exemple, l'inégalité à l'arrêt tabagique entre groupes sociaux en Suisse atteint en 2011 un handicap de 66% pour les moins diplômés, selon les données du suivi Sapaldia. Les élites de santé suisses entravent de longues dates autant se peut la voie de la réduction des risques face au tabagisme.

Les plus pauvres ont moins de chances de réussir leur arrêt

Principale cause évitable de maladies, le tabagisme est un facteur majeur d'inégalités sociales de santé. Les groupes sociaux défavorisés sont à la fois proportionnellement plus nombreux à fumer et moins à réussir leur arrêt, malgré des tentatives aussi nombreuses que les plus aisés. Dans le contexte de l’accroissement brutal des inégalités sociales de santé, le rôle du vapotage pour aider les fumeurs défavorisés à arrêter de fumer est une question primordiale de santé publique. Elle n'a pourtant reçu que peu d'attention jusqu'ici. 

"Historiquement, les individus plus favorisés ont mieux réussi à arrêter de fumer que ceux qui sont plus défavorisés, mais cette inégalité s'est réduite ces dernières années [au Royaume-Uni], et les cigarettes électroniques ont été suggérées comme une explication possible de cette tendance", souligne l'étude. Les chercheurs écossais ont évalué le rapport entre vapotage et arrêt tabagique en fonction des niveaux socio-économiques (SEP) construits à partir de trois mesures: le niveau d'éducation, la situation professionnelle et le revenu net. 

Ils ont distingué trois cas de recherche. Le lien entre vapotage et niveau socio-économique ainsi que le tabagisme chez les adolescents ; la relation entre le niveau socio-économique et le vapotage des adultes; et la relation entre l'arrêt tabagique avec le vapotage et le niveau socio-économique des ex-fumeurs. Pour évaluer l'impact du vapotage sur les inégalités sociales de santé liées au tabagisme dans le contexte britannique, les auteurs ont voulu évaluer son impact sur les fumeurs et l'arrêt tabagique, mais aussi sur les non-fumeurs, notamment les jeunes adolescents, et une éventuelle initiation à sa consommation. 

Chez les jeunes ados, une expérimentation du vapotage rare

Dans le groupe des adolescents de 10 à 15 ans, 7,5% déclarent avoir fumé et 3,4% avoir vapoté au moins une fois dans leur vie, "bien que cela puisse inclure aussi bien du vapotage régulier que peu fréquent" ou même un simple essai. Parmi ceux qui avaient vapoté, 62,5% avaient déjà fumé. "Nos résultats concordent avec les rapports sur la faible prévalence de vapotage chez les jeunes, en particulier chez les jeunes qui n'ont jamais fumé", précise l'étude. L'absence de question de l'enquête initiale sur la fréquence d'usage et la présence ou non de nicotine me semblent limiter l'analyse de ces chiffres.

Cependant, la dispersion socio-économique des utilisateurs indique clairement que les jeunes les plus défavorisés sont proportionnellement plus à avoir au moins essayé de vapoter: 5,5% des jeunes dont les parents sont dans le quartile le moins favorisés contre 1,9% des adolescents du milieu le plus aisé. «Les inégalités de vapotage chez les jeunes qui n'ont jamais fumé sont à surveiller, mais il y a de bonnes raisons de ne pas s'alarmer. Le vapotage régulier [au moins une fois par semaine] chez les jeunes au Royaume-Uni est très rare, donc tout impact serait limité. En outre, certains des adolescents utilisant des cigarettes électroniques peuvent les essayer à la place des cigarettes traditionnelles, qui seraient probablement beaucoup plus nocives pour eux», commente le Dr Michael Green sur le site de l'Université de Glasgow.

Le vapotage réduit les inégalités de chance d'arrêter de fumer entre classes

Chez les adultes, les résultats montrent que "le désavantage socio-économique augmente la probabilité de vapotage chez les ex-fumeurs, alors qu'il y avait peu ou pas d'effet du niveau socio-économique pour le vapotage des fumeurs actuels et des personnes n'ayant jamais fumé". Les chercheurs ont calculé un indice de l'effet direct du niveau socio-économique sur les chances d'avoir réussi à arrêter de fumer. 
Chez les ex-fumeurs qui ne vapotent pas, être d'un groupe socio-économique plus favorisé offre 18% de plus de chances d'avoir réussi à arrêter. Tandis que parmi les ex-fumeurs utilisant le vapotage, cet écart se réduit à 12%. "Nous constatons des inégalités plus faibles dans le sevrage tabagique chez les ex-fumeurs qui vapotent, ce qui pourrait avoir un effet conduisant à un rétrécissement des inégalités de santé", soulignent les chercheurs en conclusion. 

Un enjeu stratégique à explorer 

Des études explorant dans la durée les évolutions des personnes entre tabagisme, vapotage et cessation pourront mieux documenter la problématique. "Cela sera possible avec les futures vagues de l'étude. La clarification des inégalités dans les transitions entre des états particuliers de tabagisme et de vapotage sera un enjeu important pour de telles recherches longitudinales"

Ceci alors que "la compréhension des impacts du vapotage sur les inégalités socio-économiques liées au tabagisme est particulièrement importante étant donné que peu d'interventions de lutte contre le tabagisme au niveau de la population (à l'exception de la fiscalité) ont eu du succès à cet égard".





dimanche 8 décembre 2019

Phénomène: les 15'000 exemplaires de 'Bienvenue dans la vape' répondent à une soif d'information claire et honnête

Déjà un second tirage à peine quelques semaines après son lancement. Sans couverture média, autre que des sites spécialisés, le petit bouquin de Sébastien Béziau "Bienvenue dans la vape" dépasse les 15'000 exemplaires. Un phénomène rare pour un livre en auto-édition. Il se murmure que même Mélanie Gomez, la journaliste santé d'Europe 1, l'a dévoré le mois dernier durant son récent arrêt tabac réussi. L'opuscule de 80 pages se présente comme un message et un partage d'expérience. "'Bienvenue dans la vape' n'est pas une méthode ni un protocole", annonce le quatrième de couverture. Pourtant, emmenée par une écriture simple, directe et entraînante, il se révèle une aide redoutable d'efficacité pour guider le lecteur à travers les écueils possibles de l'arrêt tabac à l'aide du vapotage.

Un utilisateur éclairé

Sébastien Béziau a fumé près de trois décennies avant de tomber sur le vapotage en 2013. "Par hasard, simplement en voulant tester la "cigarette électronique" après avoir vu une émission à la télévision", explique t-il. Plus de cigarette depuis. Aspiré par le phénomène, il a ouvert le blog VapYou, puis créé sa célèbre déclinaison papier, co-fondé l'association Sovape [dont je fais partie, disclaimer] et participé au groupe facebook d'entraide dénommé à présent Vape Info Service

Il a également été moteur du livre 1000 messages pour la vape à Marisol Touraine en 2016 et il anime des débats au Vapexpo à l'occasion. Tout ceci, à côté d'un travail dans un tout autre domaine et une vie de famille. Son exemple à de quoi rassurer sur le risque de perte d'énergie en arrêtant de fumer avec le vapotage.

Connaissances vivantes

Surtout, ce simple vapoteur initial a emmagasiné une quantité impressionnante d'expérience et de connaissances en six années. Connaissances des études et des débats, mais aussi de l'accompagnement de terrain et de son propre vécu. Son ouvrage nous accueille par un exposé simple du principe de réduction des risques avant de nous confronter au dilemme de tout fumeur tenté d'arrêter: "J'y vais mais j'ai peur". La peur d'arrêter de fumer, mais aussi celle du vapotage dans le violent climat de vape-bashing des médias mainstreams. 

"Bien s'informer, c'est savoir où on va pour se rassurer et gagner en confiance", confie Bienvenue dans la vape, proposant au fil des pages une mise à jour concise mais précise des connaissances, avec une bibliographie pour les plus curieux. Les précédents livres grand public francophones sur le sujet dataient de 2014, avec les excellents ouvrages du Dr Philippe Presles, et du Pr Jean-François Etter. Avec un second tirage aussi rapide, le succès de Bienvenue dans la vape reflète le besoin du public pour une information claire, honnête et sereine face à l'épidémie de sensationnalisme malsain.

Motivés

Nécessaire mais pas suffisante, l'information doit se combiner à une approche. A l'exploit de la seule volonté, aboutissant à plus de 9 échecs sur 10 tentatives, l'auteur propose d'y substituer la motivation. "La motivation s'inscrit dans un parcours et avec des repères", souligne Sébastien Béziau. Ce parcours en 80 pages va donc passer par des repères sur la nicotine, le choix du rythme de sevrage du tabac, les effets inattendus de l'arrêt de la cigarette comme la toux, et les conseils de base pour passer au vapotage, comme penser à boire de l'eau.

Avant d'arriver au syndrome de l'imposteur spécifique à l'arrêt du tabac avec la vape: mais n'est-ce pas de la triche? Oui, la vape est un formidable outil pour réussir à arrêter de fumer: "remplacer la souffrance d'un arrêt difficile par une solution d'aide non-violente". De quoi s'aventurer pour découvrir les nouveaux plaisirs de la défume. Le plaisir, un fil conducteur de cette carte d'un utilisateur éclairé pour guider le lecteur sur "l'outil d'aide le plus populaire pour arrêter de fumer".

Où le trouver?

Le petit booster de motivation et de confiance pour le fumeur désirant se libérer de la cigarette avec l'aide du vapotage se trouve pour 6,90€ dans 360 boutiques physiques ou en ligne en France et en Suisse. Il est également déjà utilisé en France par des professionnels sociaux-sanitaires dans des centres de soin en addictologie (RESPADD, CSAPA, CAARUD) et des formations de professionnels de la Fédération Addiction.

Bienvenue dans la vape, l’outil d’aide le plus populaire pour arrêter de fumer - Sébastien BÉZIAU – Format A6 – 80 pages – Édité par ACID Création / VAPYOU – Prix public : 6,90€TTC

Bonus: Plaisir, vape et nicotine. 
Mélanie Gomez sur Europe 1: "J'ai tout misé sur le plaisir. Tout d'abord, je me suis équipé d'une cigarette-électronique, de gommes à mâcher très fortement dosées en nicotine et j'ai repris le sport à fond"...

samedi 16 novembre 2019

Etude: Une nette amélioration cardiovasculaire pour les fumeurs qui passent au vapotage dés le premier mois

"La fonction vasculaire s'est nettement améliorée moins d'un mois après être passée de la cigarette de tabac fumée au vapotage", souligne le Pr Jacob George, de l'Université de Dundee, qui a dirigé la recherche nommée VESUVIUS - pour Vascular Effects of Regular Cigarettes Versus Electronic Cigarette Use. Publiée hier dans le Journal de l'American College of Cardiology, c'est la plus grande étude sur les effets cardiovasculaires pour les fumeurs qui passent au vapotage effectuée à ce jour. 

L'équipe de l'Université de Dundee (Ecosse) a mesuré plusieurs indicateurs cardio-vasculaires clefs de 114 fumeurs - d'au moins 15 cigarettes par jour depuis au moins deux ans - durant un mois. Les deux groupes qui sont passés au vapotage, l'un avec des liquides nicotinés à 16 mg/ml (37 personnes), l'autre sans nicotine (37 personnes), ont vu la mesure de la capacité de dilatation des vaisseaux (flow mediated dilation - FMD), ou fonction vasculaire (ou endothéliale), significativement s'améliorer après un mois. Le troisième groupe témoin (40 personnes) qui a continué de fumer n'a sans surprise pas évolué.

Près de 20% de risques d'accidents cardio-vasculaires en moins après un mois

"Pour mettre en contexte, chaque point d'amélioration de la fonction vasculaire entraîne une réduction de 13% du taux d'événements cardiovasculaires tels que les crises cardiaques [selon une étude précédente]. Chez ceux passés de la cigarette de tabac fumée au vapotage, nous avons constaté une amélioration moyenne de 1,5 points en un mois seulement. Cela représente une amélioration significative de la santé vasculaire", précise le Pr Jacob George, dont l'étude a été financée par la British Heart Foundation.

Les résultats n'ont pas montré de différence notable entre le groupe de vapoteurs avec (1,44 points d'amélioration) et celui sans nicotine (1,52 points d'amélioration). Par contre, parmi les vapoteurs, ceux qui se sont le plus tenus à un usage exclusif du vapotage, mesuré par le taux de monoxyde de carbone (CO) expiré, "ont le plus bénéficié en termes d'amélioration de la fonction endothéliale", caftent les chercheurs dans leur papier.

Un non-fumeur en bonne santé peut s'attendre à un score FMD de 7,7%, explique le site New Scientist"Les fumeurs chroniques qui sont passés au vapotage avec nicotine ont vu leur FMD augmenter d'environ un cinquième, passant de 5,5% à 6,7% à la fin du mois. Cela signifie qu'en l'espace d'un mois, les nouveaux vapoteurs étaient à mi-chemin du niveau FMD d'un non-fumeur en bonne santé".

Des effets positifs plus nets chez les femmes et les fumeurs moins anciens

Le nombre d'années de tabagisme a un impact sur la régression des méfaits après l'arrêt avec le vapotage. Ceux ayant fumé durant moins de 20 ans ont eu une amélioration plus nette, avec des baisses de la rigidité vasculaire et du rythme cardiaque au repos, que les plus anciens fumeurs. "Cela suggère que la tendance à une baisse de la pression artérielle dans les groupes de vapoteurs pourrait être importante. Des études à plus long terme sont nécessaires pour déterminer s’il existe une réduction statistiquement et cliniquement significative de la pression artérielle lors du passage de la cigarette de tabac au vapotage en raison de l’amélioration de la rigidité vasculaire", précise l'étude.

"Les femmes aussi ont bénéficié significativement plus que les hommes d'opter pour le vapotage, et nous en cherchons toujours les raisons", ajoute le Pr Jacob George. Les auteurs insistent que leur étude montre une amélioration rapide de la fonction vasculaire pour les fumeurs chroniques passant au vapotage et "suggère donc que d'un point de vue vasculaire, le vapotage pourrait être une alternative moins nocive à la cigarette de tabac. Mais il n'y a aucune justification ni preuve dans nos travaux pour affirmer que le vapotage est sûr en soi et, par conséquent, les non-fumeurs ne devraient jamais les considérer comme des dispositifs inoffensifs à essayer".

Interview (2 mn) du Pr Jacob George qui a dirigé l'étude:

Une étude majeure

Le Pr Jeremy Pearson, directeur médical de la British Heart Foundation qui a commandité l'étude, rappelle que le tabagisme est un des risques majeurs cardiovasculaires. "Cette étude suggère que le vapotage peut être moins nocif pour les vaisseaux sanguins que de fumer des cigarettes. Un mois à peine après avoir abandonné le tabac pour les cigarettes électroniques, la santé des vaisseaux sanguins des gens avait commencé à se rétablir", note t-il à Eurekalert. 

"Enfin, voici une étude randomisée chez l'homme qui fournit des données pertinentes sur le sujet. Les fumeurs qui passent au vapotage bénéficient d'avantages cardiovasculaires importants - ou, pour être plus précis, évitent les risques cardiovasculaires du tabagisme. Fait important, les avantages sont les mêmes pour le vapotage avec ou sans nicotine", souligne le Pr Peter Hajek, de l'Université Queen Mary de Londres, sur le Science Media Center

"Bien que nous ayons récemment entendu beaucoup d'histoires sur la manière dont les cigarettes électroniques et la nicotine pourraient aggraver la santé cardiaque, ces études s'étaient concentrées sur des données à très court terme et nombre d'entre elles ne sont pas réalisées chez l'homme. Cette étude devrait rassurer, car elle a étudié plus de personnes et les a suivies plus longtemps que nombre d'études récemment publiées", appuie la Dre Jamie Hartmann-Boyce, de l'Université d'Oxford et rédactrice en chef du groupe tabac de l'institut Cochrane.

[add 12h] Le Pr Konstantinos Farsalinos, cardiologue au Centre Onassis d'Athènes, souligne sur son blog hier soir que "des améliorations de la fonction vasculaire ont été observées même chez ceux qui n'avaient pas complètement arrêté de fumer mais avaient considérablement réduit leur consommation de tabac. Il s'agit d'un autre élément d'information important, en particulier pour ceux qui insistent sur le fait que le double usage (qui inclut les vapoteurs qui fument encore une cigarette par jour ou pas tous les jours) n'a aucun avantage ou peut être associée à un risque plus élevé que de fumer uniquement".

A l'opposé, la Dr Rose Marie Robertson, responsable scientifique de l’American Heart Association (AHA), a déclaré à Fox News que "l'étude est bien faite, mais ses conclusions comportent d'importantes mises en garde. Par exemple, un certain nombre de facteurs sont restés inchangés chez les fumeurs qui ont changé de mode, notamment les marqueurs de l'inflammation et la réactivité plaquettaire". L'American Heart Association vient de lancer une grande campagne publicitaire contre l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage aux Etats-Unis, intitulée "Big Vape #QuitLying". L'organisation financée par le lobby pharmaceutique accuse notamment les vapoteurs de mentir lorsqu'ils disent avoir arrêté de fumer. [/]

Dans le Guardian, Deborah Arnott, directrice de l'Action on Smoking and Health (ASH), insiste que "les vapoteurs ne devraient pas être poussés par la peur à reprendre le tabac, cela leur coûterait la vie". Malgré l'importance de cette étude et du sujet en terme de santé publique, nous n'avons pas vu pour le moment de couverture à son propos dans la presse francophone...

Le Pr Konstantinos Farsalinos, du centre Onassis d'Athènes, a présenté vendredi (en 15 mn) l'état des connaissances - sans les résultats de cette dernière étude - sur la question des risques cardiovasculaires du vapotage au 7ème Ecig Summit à la Royal Society de Londres (en anglais avec la pointe d'accent grec):


samedi 19 octobre 2019

En Suisse, les produits de vapotage légaux sont "en principe sûrs" rassure l'OSAV

Face à la panique générée par les médias à propos des empoisonnements pulmonaires liées à l'inhalation de produits illicites aux Etats-Unis, les autorités sanitaires Suisses se montrent rassurantes. Dans le Temps hier, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), responsable de la surveillance des produits de consommation, précise que les liquides de vapotage légalement mis sur le marché en Suisse respectent les conditions de la directive européenne 2014/40/UE (TPD). "Si ces exigences sont respectées, les produits sont en principe sûrs", explique Nathalie Rochat, porte-parole de l’OSAV. Les chimistes cantonaux effectuent régulièrement des analyses sur les produits mis sur le marché. 

Roger Genet, directeur général de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) française, l'avait clairement détaillé sur France Info (voir vidéo plus bas). Les produits de vapotage nicotinés sont notifiés et contrôlés en Europe. La TPD interdit l'ajout de lipides et de vitamines, telle la vitamine E, soupçonnés dans la vague d'empoisonnements, dont 26 victimes sont décédées aux Etats-Unis.


Les empoisonnements sont liés à des produits frelatés du marché noir

La plupart des spécialistes du domaine s'accordent que les éléments de l'affaire américaine pointent clairement vers les produits illicites, notamment ceux vendus pour contenir supposément du THC au marché noir. "Nul ne connaît la composition réelle de ces liquides vendus sur le marché noir", expliquee le Dr Reto Auer, de l'Université de Berne. La "catastrophe" américaine "n’est pas due à la vapote, mais à un mésusage de la vapote", précise t-il au Temps. 

En contraste, son étude clinique sur 500 personnes, suivant des fumeurs utilisant régulièrement une vaporette pour arrêter de fumer, est positive. "Aucun d’entre eux ne présente d'effets secondaires indésirables, au contraire", insiste le médecin qui dirige l'étude ESTxENDS

Ne pas inhaler de lipides 

"Mais cela ne concerne évidemment pas les produits illégaux, contenant du THC ou pas, qui circulent en Suisse", précise la journaliste Marie Maurisse du Temps. L'ETHRA, le regroupement européen des défenseurs des moyens de réduction des risques face au tabagisme, a déjà alerté début octobre sur la vente en ligne à destination de l'Europe de cartouches pré-remplies d'huile (!), fortement susceptibles de provoquer des pneumonies lipidiques. L'association d'usagers Helvetic Vape avait également communiqué sur le sujet dés septembre.

Asthmatique malade médiatisée la veille du vote de la taxe anti-vapoteurs 

En Suisse, des militants anti-vapoteurs tentent de souffler sur les braises de la peur. Parmi eux, Macé Schuurmans, auteur d'un brûlot anti-réduction des risques cet été, affirme qu'une malade se serait déclarée à l'hôpital de Winthertour. Le zélote anti-vape avait communiqué ce sujet la veille du vote du projet de loi de taxe anti-vapoteurs passé au Conseil des Etats. Dans les faits, peu de ressemblance entre les victimes américaines et cette dame de 44 ans, asthmatique chronique de longue date ayant vécue en janvier dernier une crise de décompensation, avant de se rétablir. 

On ne peut pas exclure que le vapotage ait pu jouer un rôle dans sa crise. Mais affirmer qu'elle a subi la même maladie que les victimes américaines, avant même celles-ci, relève du ridicule. La demande des pneumologues Suisses d'un recueil des éventuels cas, pour le moment non ouvert par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), pourrait livrer ce dossier à des yeux experts tiers. 

Tabagisme de masse entretenu

De leur côté les acteurs de terrain, qui tentent réellement d'aider les fumeurs à sortir de la cigarette, craignent des mesures de restrictions et a fortiori d'un retour de la prohibition en Suisse. A l'image de ce que font d'autres grandes nations du tabac telles que l'Inde, le Brésil, la Turquie ou la Thaïlande. Aux Etats-Unis, les annonces de prohibition pleuvent, même si des recours en justice tentent de sauver le droit civique de l'accès à l'outil de réduction des risques.

En Suisse, depuis dix ans le tabagisme stagne à plus de 27% de la population, se positionnant comme la principale cause évitable de maladies. Les substituts nicotiniques ne sont pas remboursés, selon le vœu des firmes pharmaceutiques, dans le cadre de l'assurance-maladie de base (Lamal). Tandis que les services d'Alain Berset ont prohibé illégalement les liquides nicotinés pendant près de dix ans. Près de 9'500 victimes décèdent chaque année des suites de maladies dues au tabagisme en Suisse.

mercredi 10 juillet 2019

Berne: les citoyens ont jusqu'au 5 août pour critiquer une loi anti-vape

Bientôt la fin du droit d'essayer les produits de vapotage en magasin et dans les groupes d'aide à l'arrêt tabagique pour les fumeurs bernois? Ce serait une des conséquences du projet de modification de la loi sur le commerce et l'industrie (LCI) déposé par le Conseil exécutif du canton de Berne en mai dernier. Principales modifications concernant le vapotage: tous les produits de vape y compris sans nicotine seraient interdits de vente ou de remise gratuite aux mineurs, par qui que ce soit, y compris leurs parents ou des professionnels de santé, et quelle que soit leur situation tabagique ; et le vapotage serait assimilé au tabagisme dans la loi de protection contre le tabagisme passif. 

Autrement dit, il ne sera plus possible de vapoter dans les lieux publics clos, en attendant de probables futures restrictions contre le tabagisme auxquelles les vapoteurs seraient soumis automatiquement par ce nouveau texte de loi. Cependant, actuellement des fumoirs peuvent être créer dans des établissements d’hôtellerie ou restauration sous certaines conditions et avec autorisation. Aussi, les interdictions de publicité contre le tabac seraient étendues aux produits de vapotage. De facto, essayer et recevoir des instructions pratiques deviendraient interdits pour les fumeurs aspirant à passer au vapotage, que ce soit en magasin, en lieux de santé ou dans des groupes d'entraide autogérés.

Le projet est mis en consultation publique jusqu'au 5 août. Les documents relatifs à la consultation peuvent être téléchargés à l'adresse suivante : www.be.ch/consultations ou sur cette page avec la documentation en bas. Les prises de position doivent être envoyées d'ici le 5 août à la Direction de l'économie publique du canton de Berne, Service juridique, Münsterplatz 3a, case postale, 3000 Berne 8, ou par e-mail à: consultation@vol.be.ch Berne étant un canton bilingue, les contributions peuvent être rédigées en français ou en allemand.

Ce projet fait suite à la motion du Parti des évangélistes (PEV) contre le vapotage de novembre 2018"Le Conseil-exécutif a par conséquent été chargé de veiller à ce que les cigarettes électroniques (e-cigarettes) et les produits contenant de la nicotine, à l’exception des médicaments, soient soumis aussi rapidement que possible aux mêmes exigences légales que les cigarettes et les produits destinés à être fumés classiques, notamment concernant les restrictions de vente, la protection contre le tabagisme passif et la publicité", précise le rapport sur les modifications de loi de la Direction de l'économie publique de Berne.


lundi 3 juin 2019

Royaume-Uni: la vape va t-elle bénéficier d'une TVA réduite comme aide à l'arrêt tabagique?

MHA MTaxco est une entreprise originale: elle fournit des conseils spécifiquement sur la TVA. Jonathan Main se défini lui-même comme un "geek des questions de TVA". Avec Alison Care, il a créé MTaxco en 2017. "Durant l'été 2017, nous avons examiné la question en détails. Il nous semble que c'est une anomalie que les produits de vapotage soient traités différemment que les autres produits nicotiniques d'aide à l'arrêt tabagique, comme les patchs et les gommes", explique Jonathan Main dans une interview exclusive à l'excellent Ashtray Blog

Une baisse de TVA de 20% à 5% ?

Au Royaume-Uni, tandis que la vape est soumise à une TVA de 20%, les substituts nicotiniques bénéficient d'une réduction à seulement 5% de TVA. MTaxco estime que les produits de vapotage devraient aussi bénéficier de ce taux réduit comme aide à l'arrêt tabagique. Après avoir consulté un avocat spécialiste des taxes, qui a confirmé leur point de vue, ils ont commencé à monter un dossier de litige et chercher des entreprises intéressées à le mener. 

"Au printemps 2018, nous avons été ravis d'obtenir le soutien de l'un des plus grands revendeurs au Royaume-Uni. Une fois que nous avons sécurisé notre principal demandeur, la prochaine étape consistait à constituer un fonds de combat auprès d’autres détaillants afin de nous assurer que nous puissions financer les coûts de la contestation auprès du Her Majesty's Revenue and Customs (HMRC)", précise Jonathan Main. 

Mais le HMRC a pour le moment rejeté leur demande de révision de la TVA, argumentant que le vapotage n'est pas un produit ayant une licence pharmaceutique pour l'arrêt tabagique. "Mais ce n'est pas ce que dit la loi!", contre-attaque Jonathan Main, soulignant que le texte légal ne précise pas la nécessité d'une licence mais celui d'être une aide à l'arrêt tabagique. 

Ne pas confondre conception et présentation

"Alors que la loi parle de «conçu pour aider», le HMRC a réinterprété la législation du Trésor en utilisant l'expression «présenté à la vente» [held out for sale]. Cela fait référence à la manière dont un produit est vendu et aux allégations formulées pour ce produit", explique le conseiller, soulignant le glissement de sens entre la destination du produit et sa présentation à la vente.

En Angleterre, la publicité pour le vapotage est autorisée à condition justement de ne pas le présenter comme aide à l'arrêt tabagique. "Mais Public Health England et les organismes similaires crient sur tous les toits que le vapotage est un excellent produit pour arrêter de fumer".

Jonathan Main est optimiste sur la suite. "Le HMRC va t-il accepter l'abondance de preuves concernant la conception, l'efficacité et la popularité du vapotage en tant que produit pour arrêter de fumer? Nous espérons toujours que le cas pourra être réglé sans recourir à un litige formel, mais dans les deux cas de figure, nous sommes très confiants de notre succès"

Il ne cache pas qu'une victoire serait une bonne affaire commerciale pour son entreprise, avec la possibilité d'un remboursement rétroactif du trop payé des taxes pour les entreprises. "De plus, ce serait une baisse du prix qui peut aider les personnes défavorisées à cesser de fumer. C'est important, n'est-ce pas? Abaissons la TVA pour aider ces personnes".


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