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lundi 28 septembre 2020

Le gouvernement Danois ajourne la prohibition du vapotage aromatisé [MàJ] ou pas ?

EDIT 28-09-2020 16h25: Le journal Jyllands-Posten a publié un correctif sur son article: "La version originale de cet article indiquait que la Commission européenne considérait que l’interdiction prévue par le Danemark du vapotage aromatisé contrevient à la directive sur le tabac (TPD), c’est pourquoi le ministre de la Santé danois a décidé de la reporter indéfiniment. Le ministère de la Santé a par la suite indiqué qu’il considérait que les cigarettes électroniques ne sont pas incluses dans l’avis de la Commission. Le Ministère continue donc de travailler à l’interdiction du vapotage avec goût d’ici le 1er avril 2021. Dans le même temps, le Ministère estime que l’avis de la Commission inclut l’interdiction prévue du tabac à narguilé et du tabac à mâcher aromatisé, qui est donc reportée indéfiniment".

La réponse du Ministère danois est douteuse. Je remets l'extrait de la lettre de la Commission européenne envoyée au Danemark :

[article original]

Le projet du gouvernement Danois d’interdire le vapotage aromatisé, sauf « goûts tabac ou menthol », est reporté sine die. « La semaine dernière, le ministre de la Santé Magnus Heunicke a informé les partis que l’interdiction des arômes [de vapotage] serait désormais reportée indéfiniment jusqu’à ce qu’une base juridique de l’Union Européenne soit mise en place », révèle le quotidien danois Jyllands-Posten dans son édition de ce dimanche. [add] Ces informations semblent contestées par le Ministère de la santé danois selon le correctif du Journal Jyllands-Posten [/]

Comme nous l’avions relaté fin août, la Commission européenne a rappelé au Danemark que son projet d’interdiction du vapotage aromatisé viole l’article 7 §12 de la directive sur les produits du tabac (TPD). 

Refus de tout commentaire du Ministre de la santé danois

Celle-ci permet d’interdire des arômes dans les produits du tabac, mais pas ceux du vapotage. Sauf raison de santé publique sérieuse, ce que le Danemark n’a pas été en mesure de démontrer malgré le délai accordé jusqu’au 19 octobre par la Commission. En cas de violation de la directive, la Commission menaçait de poursuivre le Danemark à la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) en vertu de l'article 258 du Traité de fonctionnement de l'Union européenne (TFUE). Ayant abandonné avant l’expiration du délai, le Ministère de la santé danois s’est refusé à tout commentaire au journal Jyllands-Posten.

Une bataille gagnée pour les vapoteurs

Plusieurs associations de défense des utilisateurs de moyens de réduction des risques avaient déposé des contributions à la Commission européenne pour critiquer la notification du projet de prohibition danois. Notamment le regroupement de l’European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA) et l’association danoise Dadafo, qui n’avait pas été consultée durant l’élaboration du projet de loi.

« Le gouvernement et ses soutiens auraient dû écouter DADAFO et les nombreux ex-fumeurs qui ont arrêté de fumer grâce au vapotage. C’est dans des moments comme celui-ci, où nous ne regrettons pas tous nos efforts d'écrire au gouvernement et à la Commission européenne. C’est une victoire pour les vapoteurs au Danemark ! », réaction à chaud hier soir du compte Facebook de Dadafo, l’association de défense des vapoteurs au Danemark.

Emballage neutre et interdiction de visibilité des produits de vape contestés

D’autres mesures du plan contre le vapotage sont contestées. Notamment les obligations d’emballage neutre et l’interdiction de visibilité des produits pour le public et les clients, à l’exception de l’intérieur des vape-shops. La Grèce notamment a émis une critique sévère de la notification danoise. Soupçonnant une restriction contre le commerce entre États membres déguisée en mesure de santé, Athènes souligne l’absence d’éléments pour soutenir ces deux mesures dans le dossier danois. « Il n’y a aucune preuve pertinente », pique la Grèce.

Au contraire, l'avis de la Grèce note qu’entraver l’information et la prise de connaissance des produits à risques réduits pourrait être préjudiciable pour des fumeurs danois, « en les privant de leur droit à des informations sur la disponibilité de produits du tabac non combustibles qui peuvent être moins nocifs que les cigarettes ».

Le lobby pharmaceutique et l’Alliance contre le tabac française

À l’opposé, ces derniers jours une lettre d’organisations prétendues de santé, pour la plupart fortement liées au lobby pharmaceutique ainsi qu’étrangement l’Alliance contre le tabac Française, a tenté de faire pression sur la Commission en faveur du plan danois. Le plan protège l’utilisation d’arômes pour des produits de tabac, tels que le tabac à chicha, le tabac à pipe et les cigares, tout en voulant interdire les arômes à la vape, imposer l’emballage neutre et interdire la visibilité du produit de réduction des risques. Au prétexte de protéger les jeunes. Les protéger de vapoter au lieu de fumer la chicha et des cigarettes?

La lettre des organisations annonce clairement espérer étendre l’exemple danois à toute l’Union Européenne à la faveur de la révision de la directive européenne TPD en mai prochain. Plusieurs associations membres de l’Alliance contre le tabac nous ont assuré ne pas soutenir une prohibition du vapotage aromatisé, qu’elles utilisent au quotidien dans leur action d’aide à l’arrêt tabagique. Mais la direction de l’Alliance contre le tabac semble ignorer ce type de problématique et l’intérêt de ses membres en prise avec le terrain.

*Crédit photos Patrick Stael. Images de la manifestation de Dadafo en décembre 2019 à Copenhagen contre le plan anti-vape du gouvernement Danois.

mardi 8 septembre 2020

Nouveau coup politico-médiatique de l'ERS au mépris de la science et de la législation européenne

Faire un communiqué de presse sensationnaliste, annonçant des découvertes inquiétantes, sans étude publiée, et ainsi invérifiable et non révisée. L’European Respiratory Society (ERS) apprécie ce mode opératoire qu’elle utilise régulièrement dans sa guerre au vapotage, sans la moindre publication ensuite. Avec son budget de dizaines de millions € annuel alloués par les Big Pharma, l’organisation dont le siège est à Lausanne peut se permettre de « pousser » ses communications dans des médias complaisants. Son dernier coup, lancé le 2 septembre par communiqué de presse, a été présenté ce matin à son congrès virtuel. 

En Italie, l'attaque de l'ERS a eu du retentissement médiatique. De quoi inquiéter les usagers. L'Association de défense des vapoteurs en Italie, l'ANPVU, a été chercher des avis sérieux pour comprendre. L'ANPVU les a diffusé par communiqué notamment sur le site SigMagazine, ou en français au Vaping Post. Entre le contenu du communiqué de l'ERS et les avis de scientifiques et d'experts se trouve un gouffre. En arrière-fond du coup politico-médiatique de l'ERS, on devine la tentative du Danemark de passer outre la législation européenne sur le vapotage et les pressions du lobby anti-vape pour forcer une nouvelle directive TPD condamnant le vapotage au goût unique de tabac.

Une « découverte » connue depuis 1933

Un communiqué de presse de l’ERS le 2 septembre l’annonce en fanfare avant même la tenue de la conférence de ce matin dont elle parle au passé. Une équipe de l’Université de Duke, menée par le Pr Sven-Eric Jordt, affirme avoir découvert que les ingrédients des liquides de vapotage se combinent et créent d’autres substances chimiques. 

Une des premières réactions a été une pointe ironique du Dr Konstantinos Farsalinos, cardiologue grec, sur le fait que cette nouvelle découverte date de 1933.

Cependant, les chercheurs de l’Université de Duke affirment aussi avoir enrichi les connaissances scientifiques en étudiant in vitro la réaction de cellules épithéliales (parois des bronches) « exposées à des produits chimiques aromatisants, comme la vanilline et l’éthyle-vanilline (responsable de la vanille et d’autres saveurs sucrées), au benzaldéhyde (saveur de baies ou de fruits) et au cinnamaldéhyde (saveur de cannelle) », ainsi que les acétals issus de leur combinaison avec le propylène glycol (PG) et le glycérol (VG).

Brouillard méthodologique et enfumage médiatique

Problème pour qui veut comprendre la démarche : aucun détail méthodologique n’est donné ni dans le communiqué de presse ni sur le site du congrès de l’ERS. « Il n’y a aucune information présentée dans cette étude sur les concentrations relatives par rapport à celles observées dans la fumée de cigarette, il n’est pas clair quelle importance ont ces résultats, ou si même ils ont une quelconque signification », remarque le Dr Nicholas Hopkinson, de l’University College de Londres et notamment directeur médical de la British Lung Foundation, sur le Science Media Centre.

De son côté, le Pr Jacob George, de l’Université de Dundee, note que les études in vitro sur des cellules sont au mieux des indices. Privées de la capacité de régénération et de protection physiologique, le comportement des cellules peut être très différent qu’in vivo. « Les données présentées ici sont des travaux cellulaires in vitro et non des essais cliniques sur des humains. Par conséquent, toute extrapolation à la physiologie humaine du système entier est au mieux ténue », explique-t-il aussi sur le Science Media Centre, la plateforme d’information scientifique créée par le gouvernement britannique.

Effet secondaire tabagique

Malgré ces faiblesses et l’absence de révision de son travail, le Pr Sven-Eric Jordt insiste que l’activation des récepteurs irritants sensoriels (TRPV1 et TRPA1) « pourrait chez les personnes prédisposées entraîner un rythme cardiaque irrégulier et une pression artérielle plus élevée ». Les médias ayant relayé le communiqué de presse, sans accès à quelconque donnée de la recherche, ont évidemment simplifié en omettant que le risque putatif ne concernerait que des personnes prédisposées. 

« La conception de l’étude semble être faite de manière à exposer des ‘sujets prédisposés’ à des situations extrêmes pour soutenir une thèse. De telles études ont l’effet secondaire grave de faire retomber les consommateurs dans la dépendance à la cigarette traditionnelle », regrette le Pr Fabio Beatrice, de l’hôpital San Giovanni Bosco de Turin, qui a livré son avis à l’Association nationale pour l'unité des vapoteurs en Italie (ANPVU).

L’objectif politique du Danemark de violer la directive européenne

L’objectif politique de l’European Respiratory Society, en diffusant auprès des médias ce qui n’est pas même une étude révisée, est cousu de fil blanc. “Ces études montrent que le liquide pour les cigarettes électroniques a été mis à la disposition des consommateurs sans compréhension adéquate et des tests de sécurité », affirme sans vergogne Jørgen Vestbo, cadre danois de l'ERS, dans le communiqué de l’ERS. Sauf que cela est totalement faux en Europe, même au Danemark. 

La directive européenne TPD, que le gouvernement danois tente de ne pas respecter, impose aux producteurs des tests et évaluations. « Les producteurs d’e-liquides en Europe sont obligés avec la directive TPD de notifier les produits et de déclarer les émissions carbonyles dont parle cette étude », précise Sébastien Roux, ingénieur chimiste du Crivape, le centre de recherche et d’innovation sur le vapotage, dans un communiqué de l’Association de défense des vapoteurs en Italie ANPVU publié sur SigMagazine.

L’ERS ignore les normes européennes sur le sujet

« En Europe et particulièrement en France, les produits du vapotage sont contrôlés et notifiés. Le matériel et les e-liquides sont parfaitement maîtrisés et définis, connus en matière de composition. Nous savons ‘ce qui sort’ d’une vape : les données sur les émissions de l’aérosol doivent être notifiées sur une plateforme européenne. Elles sont normées au niveau français, commencent à être normées au niveau européen, et sont en cours de normalisation au niveau international”, explique un texte du Crivape publié en février dernier

Le règlement de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) exige analyse et contrôle des combinaisons chimiques en phase liquide et gazeuse. Une décision de 2015 de la Commission européenne a précisé et harmonisé les éléments de notification pour les produits de vapotage dans l’UE. Les produits ne répondant pas aux critères de sécurité et aux seuils de santé approuvés ne doivent être mis sur le marché. 

Malgré le financement de cigarettier, l’Université de Duke ne semble pas équipé pour ces analyses

Cadre de l’ERS et citoyen de l’Union européenne, il est surprenant que Jørgen Vestbo, de l’Université du Danemark Sud, ne soit pas au courant de la législation qu’il attaque. On s’attendrait à ce genre de propos vaseux sur un site complotiste, mais pas dans un communiqué de presse officiel d’une organisation sensée sérieuse. D’autant plus lorsque ceux-ci s’appuient sur une recherche non révisée, sans donnée claire et provenant des États-Unis. Or, les tests exigés pour les notifications européennes nécessitent des équipements particuliers pour être menés correctement. 

Il existe une quinzaine de laboratoires ayant développé les outils pour produire et capter efficacement les émissions pour les analyser. L’Université de Duke, malgré semble-t-il le soutien financier de l’industrie du tabac, ne disposerait pas de cette technologie. « À ce jour, nous n’avons vu aucun des auteurs et/ou organismes liés à ce groupe de chercheurs utiliser ces techniques », note le Dr Sébastien Roux du Crivape, selon le communiqué de l’ANPVU. L’absence de toute précision sur l’étude par l’ERS laisse donc libre cours à toute spéculation sur ses méthodes.

L’objectif danois d’imposer le goût unique du tabac à tous les vapoteurs

Ce qui est clair est l’objectif d’amalgamer le vapotage aux cigarettes de la part de l’ERS. « Ces résultats soulignent le fait que les cigarettes électroniques ne peuvent pas être considérées comme une alternative sûre aux cigarettes au tabac”, affirme le cadre de l'ERS danois Jørgen Vestbo. Alors que la Commission européenne prépare un bilan de la directive TPD actuelle, en vue de proposer des révisions en mai prochain, et que le Danemark tente d’imposer le tabac et le menthol comme seuls arômes autorisés, le coup médiatique est clair. 

L’ANPVU demande la rétraction de la conférence

De son côté, l’Association de défense des vapoteurs en Italie (ANPVU) réclame le retrait de la conférence du congrès de l’ERS en raison des conflits d’intérêts. La Duke University Medical Center a reçu une subvention de 15 millions $ de Philip Morris USA en 2004, selon la recherche du site SigMagazine. Pourtant, l’ERS se définit comme un organisme indépendant visant à sauvegarder la santé publique. « L’ANPVU demande donc que ces recherches soient retirées et non présentées au Congrès », déclare Carmine Canino, président de l’ANPVU.

Cette étrange politique de double standard concernant les conflits d’intérêts de la part de l’ERS n’est pas nouvelle. J’avais déjà découvert en 2018 que l’ERS est liée financièrement au cigarettier, au moins indirectement via le financement de son sponsor TEVA. Avec un budget de plusieurs dizaines de millions € annuels versés par les laboratoires pharmaceutiques, l’ERS tient plus d'une multinationale de lobbyisme que d'une organisation ayant le souci de la santé publique.

La chasse aux pneumologues qui aident leurs patients à sortir du tabagisme

L’an passé, l’ERS avait déjà menacé d’excommunier et traquer tout pneumologue ouvert à réduire les méfaits du tabagisme avec le vapotage chez les patients. La menace générale contre les pneumologues s’était accompagnée d’un manifeste contre la réduction des risques aux propos totalement ahurissants et pathétiques. Le travail de sape contre la réduction des risques de l’ERS pour maintenir le tabagisme et son cortège de méfaits se poursuit donc avec cette conférence aujourd’hui à quelques mois de la révision de la directive européenne et au mépris de son contenu actuel.

« Nous pensons que l’opposition totale au vapotage est malavisée et qu’elle conduira à un certain nombre de conséquences importantes néfastes pour la santé. Tout d’abord, les fumeurs qui auraient cessé de fumer en passant à un produit à moindre risque continueront à fumer, et mourront prématurément de cancers, maladies cardiovasculaires ou respiratoires. Deuxièmement, les personnes qui ont réussi à passer au vapotage peuvent retomber dans le tabagisme s’ils venaient à croire qu’il n’y a aucun avantage pour la santé, et augmenteraient ainsi leur risque de morbidité et de décès prématurés évitables. Troisièmement, la poursuite d’arguments selon lesquels le vapotage ne peut pas aider les gens à arrêter de fumer, alors qu’il est clairement prouvé que c’est le cas, risque de saper la confiance du public dans la science. Nous soutenons de tout cœur l’appel à des efforts accrus pour diffuser l’information sur ‘ce que nous savons fonctionner’ ». Extrait de la lettre à l’ERS le 4 mars 2020 cosignée par les Prs John Britton, Jacob George, Linda Bauld, Sanjay Agrawal, John Moxham, Deborah Arnott, Ann McNeill, Nicholas S. Hopkinson. 


mercredi 22 janvier 2020

Soutien au tabac, corruption ou crétinerie? L'OMS fait une compilation des pires fakenews sur la vape... mais au 1er degré!

Le pire du web réuni sur une page. C'est ce que propose depuis avant-hier l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à propos du vapotage. Soit le département de la communication de l'OMS cultive la parodie sordide, soit l'état de déréliction scientifique et morale de l'organisation onusienne a atteint un point de non retour. Cette nouvelle page de l'OMS fabrique du doute au mépris du principe fondamental d’Hippocrate: ne pas nuire. Le sujet  mis en question par l'OMS n'est pas l'estimation appropriée de la réduction des risques pour le fumeur qui passe au vapotage. Mais un affolant et insensé délire que le vapotage pourrait "être plus dangereux" que de fumer. "Cela dépend d'une série de facteurs", prétend l'OMS pour contourner toute explication rationnelle et scientifique. Pour paraphraser la réaction à chaud d'un chercheur: il y a plus de science sur un site anti-vaxx que dans cette communication de l'OMS.

Salir le vapotage pour condamner les fumeurs aux cigarettes et aux cancers

Et en effet, la page présentée sous forme d'un questions/réponses, sans aucun nom d'auteur référent, semble emprunter une stratégie de communication comparable aux sites anti-vaccin: amalgame fumeux, fausse information et éléments décontextualisés pour en biaiser le sens. Simplement de l'anti-science. Exemple révélateur de la stratégie de tromperie, la page sous-entend sans l'affirmer que la nicotine serait un risque particulier au vapotage. De quoi être rassuré en contraste sur les cigarettes.

Mentir...

Mais c'est presque un détail dans la déferlante de stupidités obscurantistes. On peut aussi lire, entre autres conneries, que le "liquide de vapotage peut brûler la peau". L'OMS affirme également qu'il n'y aurait "pas assez de preuve" que le vapotage permet d'arrêter de fumer. Pour arrêter de fumer, essayez plutôt le vapotage que "les preuves" inexistantes de l'OMS. Mais éventuellement vous pouvez lire les études scientifiques pour savoir que les preuves existent.

et encore mentir...

Bien que presque toutes les réponses présentées par l'OMS soient tournées spécifiquement contre le vapotage de nicotine, un paragraphe l'amalgame aux pneumopathies américaines, sans dire qu'elles sont liées aux liquides frelatés à la vitamine E du marché noir du THC. Tout en se référant au rapport du Center for Disease Control de décembre qui a clairement avoué ce point avec plusieurs mois de retard. C'est d'ailleurs le seul document référencé, mais en déformant gravement son contenu, par l'OMS. 

L'OMS préfère prohiber le moyen d'éviter 7 millions de morts par an

De mensonges en tromperies, l'OMS nous amène au point désiré par les promoteurs de la communication. Le vapotage doit-il être prohibé ? "Les pays peuvent choisir d'interdire le vapotage", puis, "lorsqu'il n'est pas interdit, il doit être réglementé". Le tabagisme tue, selon les estimations de l'OMS elle-même, près de 7 millions de personnes dans le monde chaque année. Et c'est donc pour interdire le moyen d'arrêter de fumer que l'organisation mobilise ses ressources et son énergie.

[Add 15h30] Les experts britanniques ont réagi à ce nouveau document de l'OMS sur le Science Media Center. "Ce texte de l'OMS est trompeur à plusieurs titres. Il prétend que le vapotage de nicotine est la cause de la vague de maladie pulmonaire aiguë aux États-Unis en 2019, alors qu'il s'agissait en fait du vapotage de produits au cannabis [frelatés]. Il indique qu'il n'y a aucune preuve solide que le vapotage soit un moyen efficace d'arrêter de fumer, alors qu'en fait, il existe des preuves d'essais cliniques du plus haut niveau démontrant que le vapotage est plus efficace que les thérapies de remplacement de la nicotine approuvées par l'OMS. Il répond à la question de savoir si les cigarettes électroniques sont plus dangereuses que les cigarettes de tabac en suggérant que nous ne savons pas, alors qu'en fait elles sont clairement moins nocives. De cette manière, l'OMS fausse les preuves scientifiques disponibles", déclare notamment le Pr John Britton, directeur du Centre d'études sur le tabac de l'Université de Nottingham. [/]

L'OMS, une institution éminemment pourrie

A qui profite cette communication criminelle ? Une annonce transparente des sponsors de l'OMS et de leurs intérêts financiers, ainsi que les conflits d'intérêts de ses membres et de ses employés, est urgente. En attendant, on ne peut que s'interroger sur l'opacité des intérêts de Michael Bloomberg, 6e fortune mondiale, candidat à la Maison blanche et parrain financier de l'OMS sur ce dossier. 

Pour ce qui est du financement par l'industrie pharmaceutique, on s'interroge moins. Les traitements des cancers sont voués à devenir l'eldorado de la pharma au 21e siècle. Quand aux intérêts tabagiques de l'Inde, du Brésil et de la Thaïlande, ils ne sont pas un grand mystère malgré le tabou dont ils jouissent. La violation du principe d'indépendance de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) de l'OMS des intérêts tabagiques (article 5.3) est aussi manifeste que passée sous silence.

A quelques mois de la COP9 anti-tabac de l'OMS aux Pays-Bas, dont le Secrétariat cache au public le lieu et les dates précises, cette nouvelle offensive contre la réduction des risques soulève la question des raisons du soutien financier des pays démocratiques à ces agissements, qui visiblement s'associent de facto à des intérêts sordides et délétères. Ceci intervient également après la scandaleuse conférence au nom de l'OMS de Ranti Fayokun devant le Congrès des Philippines en décembre, la confirmation de la corruption des experts de l'OMS sur l'opioïde de synthèse Oxycontin et les soupçons de détournements de fonds en profitant de la crise d'Ebola. Cette publication confirme en creux l'état de putréfaction avancée des cadres de l'organisation. L'OMS a ainsi franchi un nouveau pas: elle protège le tabac contre la menace salutaire du vapotage.


lundi 25 novembre 2019

Un vapoteur Suisse a été malade en 2018: le Blick Tobacco et les anti-vapes toujours plus ridicules

Ce dimanche, le Blick a refait son coup préféré de la panique à partir de rien. En l’occurrence, un vapoteur aurait eu des problèmes respiratoires en 2018, et il aurait consulté à l'hôpital de Schaffhouse. Voilà. C'est la totalité des informations contenu dans l'article du Blick sur cette histoire. Le directeur de la pneumologie de l'hôpital de Schaffhouse ajoute qu’il ne s’agit pas d’un cas suspect lié à la cigarette électronique mais que c'est "assez clair".

Qu'a eu précisément le vapoteur pour que les médias nous en parlent? Fabian Eberhard, le journaliste du Blick, n'en sait rien. L'hôpital de Schaffhouse protège le secret médical. Mais cela ne l'a pas empêché de titrer son article: "Un second fumeur d'e-cigarette Suisse était à l'hôpital avec une intoxication". Ah..! En somme, il a eu le tort d'arrêter de fumer des cigarettes des sponsors du Blick. Qui agrémente son article d'un sur-titre aguicheur sur les décès de pneumopathies aux Etats-Unis, mensongèrement attribués au vapotage.

Le seul lien avec la vape, c'est la putasserie des médias Suisses

Le Blick, et les médias romands comme le Matin qui reprennent l'enfumage, passent sous silence que ce sont des produits frelatés du marché noir, où ont été poussés des consommateurs de cannabis par la prohibition, qui est la cause des malades aux Etats-Unis. Bien que même le Center for Disease Control a reconnu avec quatre mois de retard le rôle d'adultérants, notamment de l'huileuse vitamine E, dans les pneumopathies américaines.

Rien n'indique qu'il y a la moindre ressemblance entre les cas américains et le premier soi-disant cas médiatisé par le gourou anti-vape Macé Schuurmanns, la veille du vote au Conseil des Etats d'une taxe anti-vapoteurs. Comme le relève Phil Scheck, dans un billet en réaction à l'article du Blick, "la Télévision suisse-allemande SRF a dû admettre dans une déclaration sur son programme "Puls", dans laquelle le Dr Schuurmanns avait rapporté ce cas, qu'il n'y avait aucune indication fiable d'un cas d'EVALI [acronyme des cas de pneumopathies aux Etats-Unis] ni même un lien avec le vapotage en général dans cette histoire". Ceci n'empêche pas le Blick et les autres médias pro-cigarette de faire de nouveau l'amalgame à l'occasion de ce papier complètement vide et stupide.

Chasse aux sorcière pour protéger le only-tobacco cigarette en Suisse

De son côté, Laurent Nicod, président de l'Association des pneumologues, demande un fichier des vapoteurs en Suisse. Nous aussi, on veut bien que ce dossier médical soit examiné par des tierces parties. Mais qui va faire ces analyses au moment où Macé Schuurmanns et ses amis lobbyistes font la chasse aux sorcières contre les scientifiques s'intéressant à la réduction des risques face au tabagisme en Suisse?  Coupes des financements et loi du silence imposée aux chercheurs intéressés à une approche de réduction des risques face au tabagisme sous peine de se faire calomnier et flinguer sa carrière en Suisse.

Cette chasse aux sorcières et l'alliance entre cigarettiers et puritains rappellent évidemment l'histoire du Snus en Suisse. En 1991, sous le slogan "la nouvelle drogue qui va tuer nos enfants", le Blick était déjà le journal qui avait lancé une grande campagne de panique contre le Snus pour soutenir son interdiction demandée, au nom de la lutte anti-tabac, par Peter Hess, député démocrate-chrétien. Dix ans plus tard, une enquête de journalistes britanniques révélait que Peter Hess était en secret un agent de British American Tobacco (BAT). 

Les assassins associés

Aujourd'hui, on sait aussi que la Suède a divisé par quatre le taux des cancers liés au tabagisme, grâce au report sur la consommation de Snus de plus de 3/4 des fumeurs durant cette période. En réalité, c'est donc sa prohibition, jusqu'à mai dernier, qui a probablement tuer une partie des fumeurs Suisses. 9'500 personnes meurent du tabagisme chaque année en Suisse. Le Blick et les puritains en ont leurs parts de responsabilité. Les cigarettiers, les pharmaceutiques et leurs lobbyistes, ainsi que le Département de l'Intérieur continuent d'encaisser l'argent sanglant, sans aide pour les fumeurs qui tentent de s'en sortir.


mardi 12 novembre 2019

Allergie d'un jeune à Nottingham: la vape ou l'incompétence du médecin en cause?

La nouvelle fait le buzz des médias en Angleterre, en dépit de l'extrême faiblesse du dossier médical présenté et de l'incrédulité des spécialistes. L'histoire est celle d'un jeune victime d'une alvéolite allergique extrinsèque (AAE) en 2017. Son cas est rapporté aujourd'hui dans une lettre aux Archives of Disease in Childhood (ADC), par le pédiatre Dr Jayesh Mahendra Bhatt, de l'hôpital de Nottingham. Le jeune Ewan avait alors déclaré vapoter depuis quelques mois, ne plus consommer de cannabis depuis un an et ne pas avoir côtoyé d'animaux de ferme ou d'oiseaux les temps précédents. 

Pas de prospection de possibles allergènes dans l'environnement du malade

Les pédiatres n'ont pas prospecté plus loin sur l'environnement du malade selon leur article. Pourtant cette allergie de type 4 est connue pour être liée à des allergènes environnementaux, typiquement des poussières ou des moisissures. Les désignations des cas les plus courants sont parlantes: maladie dite des éleveurs d'oiseaux, celle dite du poumon du fermier, maladie des fromagers, des utilisateurs de spa, des champignonistes, etc. 

Par contre, l'équipe menée par le Dr Jayesh Bhatt a effectué des tests de réaction allergique sur la peau du patient avec les deux liquides de vapotage utilisés par le malade. Les résultats ont été négatifs. "Cependant, ceci n'exclut par une réaction aversive aux e-cigarettes", soulignent les auteurs de la lettre aux ADC. Ils attribuent d'ailleurs une détérioration de l'état du patient environ huit heures après le test à une réaction aux liquides. Cet épisode fonde la conviction du Dr Bhatt que le vapotage est la source de l'allergie pulmonaire du jeune Ewan. L'article d'ADC fait aussi état de tests sérologiques aux résultats peu cohérents. 

Rechute inexpliquée après l'arrêt du vapotage

Cependant, après avoir été traité à l'hôpital, Ewan rentre chez lui, ne vapote plus, et subi pourtant une rechute. Le compte-rendu médical publié dans ADC se montre très imprécis sur la datation et les circonstances de cette rechute. Ceci est étrange. D'autant plus qu'une rechute de cette maladie est tout à fait inhabituelle lorsque l'allergène a véritablement été identifié et évité par le malade. Ce point n'est pas éclairci par l'équipe médicale. "L'aggravation clinique a été attribuée à une baisse trop rapide de la prise de stéroïdes", se borne à expliquer le papier dans ADC.

Ceci laisse les raisons de l'allergie du jeune Ewan dans le domaine de l'hypothétique. Mais le Dr Jayesh Bhatt déclare aux médias anglais ce matin "avoir prouvé que ce cas a été causé par le vapotage". Membre de l'ERS, l'organisation de pneumologues lourdement sponsorisée par l'industrie pharmaceutique et qui a lancé une fatwa contre le vapotage cet été, il avait lui même déjà rédigé une prise de position anti-vapotage, intitulée mal à propos"E-cigarette Tar Wars", la guerre du goudron du vapotage [note: il y a en anglais une tentative de jeux de mot avec star wars].

Conclusions infondées

Réactions plus tempérées et raisonnables du côté des spécialistes du Science Media Centre"Dans ce genre de situation, il peut souvent être difficile de poser un diagnostic précis ou de savoir avec certitude quelle est la cause. Ce type de maladie pulmonaire peut parfois survenir spontanément sans aucun déclencheur évident", déclare le Dr Nick Hopkinson, de la British Lung Foundation et enseignant la médecine respiratoire à l'Imperial College de Londres. "Ce qui s'est passé ici n'est pas tout à fait clair, mais cela ressemble à une allergie à une substance inhalée", acquiesce le Pr John Britton, directeur du Centre britannique d'études sur le tabac et l'alcool.

Contrairement à ses affirmations, les éléments apportés par le Dr Jawesh Bhatt ne sont pas concluants. Mais en sens inverse, peut-on exclure une réaction allergique à un composant des liquides de vapotage utilisé par le jeune Ewan? Bien que sa rechute peut laisser penser que la source de son allergie n'avait pas été enlevée de son environnement, on ne peut pas écarter la possibilité. "Il est possible que la maladie du patient soit due à une réaction allergique à un composant de la vapeur de la cigarette électronique", précise le Dr Nick Hopkinson. En cas de symptômes, il faut éviter la source d'allergène, dans la mesure où on arrive à l'identifier.

Incidence d'alvéolites allergiques extrinsèques de 1/30'000

"En Grande-Bretagne, 3,6 millions de personnes vapotent (...), s'il s'agissait d'un problème courant ou d'un risque important, nous nous attendrions à beaucoup plus de cas. (...) Ce cas semble plutôt concerner un individu allergique plutôt qu'un produit chimique particulièrement toxique dans le vapotage", précise le Dr Nick Hopkinson. Statistiquement, l'alvéolite allergique extrinsèque a une incidence d'environ une personne sur 30'000. Pour 3,6 millions de vapoteurs britanniques, le nombre de cas d'AAE doit dépasser le millier parmi eux sans que ce soit forcément lié à leur vapotage. De quoi faire encore beaucoup d'articles effrayants sans preuve.

"Croire que vapoter est plus sûr que fumer est à votre péril". Le mot d'ordre du Dr Jayesh Bhatt, que l'on pourrait croire tiré d'une publicité récente de Japan Tobacco, est contesté par les spécialistes. "Je suis fortement en désaccord. Fumer tue la moitié des fumeurs de longue date. Les cas rares comme celui-ci doivent être reconnues, mais il n'y a pas de comparaison possible: le vapotage est beaucoup moins risqué", rappelle le Pr John Britton. Selon les estimations, plus de 7 millions de personnes meurent de maladies liées au tabagisme chaque année dans le monde.


jeudi 2 mai 2019

Etude en Nouvelle-Zélande: Le vapotage devrait sauver 236'000 années de vie en bonne santé

Le vapotage va probablement permettre de sauver 236'000 années de vie de qualité (QALYs) en Nouvelle-Zélande. L'analyse, menée par le Programme d'épidémiologie, d'équité et d'efficience des coûts (BODE) de l'Université d'Otago, intègre 16 maladies liées au tabagisme dans son modèle. Les résultats, avec une marge d'incertitude prospective, viennent d'être publiés dans la revue Epidemiology. "Le résultat le plus probable est un avantage pour la santé publique équivalent à 19 jours supplémentaires de vie en bonne santé pour chaque Néo-Zélandais", explique la Pr Coral Gardner, de la chaire de santé publique de l'Université du Queensland. Evidemment, ce sont les personnes parmi les 15% de fumeurs actuels qui, en passant au vapotage, bénéficieront le plus d'années de vie en bonne santé supplémentaires.

Plus de 2 milliards € d'économie probable sur les coûts de santé

Mais l'ensemble de la population néo-zélandaise va profiter de la libéralisation du vapotage à travers la baisse des coûts de santé liés aux maladies provoquées par le tabagisme. Selon les scenarios, de pessimiste à optimiste, l'étude prospective évalue les économies de coûts de santé dans une fourchette de 370 millions à 7,1 milliards NZ$ . Le plus probable est une économie autour de 3,4 milliards NZ$, soit plus de 2 milliards €. Cette baisse des ventes de médicaments et la diminution des soins "résulteraient d'une diminution du nombre de personnes atteintes de maladies liées au tabac" grâce à l'impact du vapotage. 

Dans un pays de 4,9 millions d'habitants, cette baisse des coûts de santé impressionne. De quoi se demander combien perdrait l'industrie pharmaceutique si d'autres pays, comptant encore plus de fumeurs, se mettaient aussi à soutenir la fin du tabagisme à l'aide du vapotage. Serait-ce là un indice de la raison des centaines de millions déversés par les Big Pharma pour financer le lobbyisme et les fakenews contre le vapotage?


mardi 11 septembre 2018

Suisse: les autorités et les cigarettiers veulent interdire la vape aux fumeurs mineurs pour continuer de leur vendre des cigarettes

Interdire la vape aux mineurs pour mieux continuer de leur vendre des cigarettes. L'accord de dupes de la table-ronde des autorités et des cigarettiers a été rejeté par l'Association Suisse des professionnels indépendants de la vape (SVTA). Elle annonce réviser son code de conduite pour autoriser la vente aux fumeurs de plus de 16 ans de produits de vapotage sans nicotine afin de leur donner une chance de quitter les cigarettes.

Edit 14H pour préciser: Visiblement beaucoup de lecteurs suisses ne savent pas qu'aucune législation fédérale n'interdit la vente de cigarettes aux mineurs. Certains cantons fixé un âge limite de vente à 16 ans, d'autres à 18 ans et certains aucune. Genève est dans ce dernier cas, le Conseiller d'Etat Mauro Poggia a annoncé préparer une loi cantonale pour cela, non pas contre le tabagisme adolescent galopant, mais en raison de l'arrivée du vapotage et de la vente légale de cdb. Sic ! 

L'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) a pris grand soin d'exclure les usagers de sa table-ronde sur le vapotage en juin. Organisée sous la pression conjointe du lobby cigarettier et de l'anti-tabac Joachim Eder,  l'administration avait convié cigarettiers, grande distribution et aussi des professionnels de la vape indépendants. Rien n'avait filtré jusque-là de cette rencontre dont le but avoué était d'imposer un âge limite de vente des produits de vapotage.

La table-ronde est un échec

Suite à l'abrogation de sa prohibition illégale par le Tribunal administratif fédéral (TAF) fin avril, l'administration est dépassée par une situation qu'elle a pourtant provoqué par dix ans d'incompétence sur le sujet. Son unique obsession est d'assimiler le vapotage au tabac dans sa future loi LPTab. Mais trois mois après la table-ronde, son échec est consumé. "Aucun accord n'a pu être trouvé avec l’industrie du tabac", révèle le communiqué de la Swiss Vape Trade Association (SVTA).

Interdire la vape pour mieux vendre des cigarettes

"Afin de renforcer et d’étendre la protection des mineurs, la SVTA a demandé à la table ronde de l’OSAV qu’une limite d’âge de 18 ans soit également introduite pour les produits du tabac (cigarettes, cigares, etc …). Malheureusement, nous nous sommes trouvés en opposition avec l’industrie du tabac sur le sujet", explique l’association des professionnels de la vape. En dehors de la vape indépendante, seule la chaîne de détaillants Coop a appuyé la proposition. En version décryptée: les cigarettiers et leurs alliés veulent interdire la vente des produits de vapotage pour mieux continuer de vendre des cigarettes aux ados.

Ou donner une chance aux fumeurs

"Par conséquent, un consensus à la table ronde n’est pas possible", déclare Rachel Jossen, membre du comité de la SVTA. L'association annonce donc réviser son code de conduite de manière unilatérale. Elle engage ses membres à ne pas vendre de produits de vapotage nicotinés aux moins de 18 ans, mais autorise la remise "de liquides exempts de nicotine aux fumeurs de plus de 16 ans dans un but de réduction des risques", explique Rachel Jossen. 

Objectif clair de la filière du vapotage, donner une chance aux mineurs, à qui les cigarettiers vendent des cigarettes, de pouvoir sortir du tabagisme"L’objectif est de donner aux adolescents le choix entre consommer des cigarettes mortelles et le vapotage au moins 95% moins nocif".

Génération sacrifiée

En Suisse, 14,3% des adolescents de 16 ans sont déjà fumeurs, dont la moitié au quotidien, selon le monitorage officiel de 2016. Un taux qui explose à près de 40% pour la génération des jeunes adultes de 18-25 ans actuels ayant grandi dans les années de prohibition du vapotage nicotiné. Tandis que le tabagisme des jeunes adultes a chuté à 10% aux Etats-Unis, invalidant sans discussion possible la réalité de la théorie de la passerelle. Les exemples britannique et parisien confirment que le vapotage provoque plutôt une chute accélérée du tabagisme des jeunes. Ce qui n'empêche pas les médias de vendre du sensationnalisme bidonné sur la question.


mercredi 18 juillet 2018

[Bref] Pfizer offre 300'000 $ à qui veut faire de la propagande anti-réduction des risques

300'000$ pour des programmes d'éducation ciblés sur l'aide aux fumeurs. Fantastique! L'appel à candidatures pour une subvention de Pfizer, la grande firme pharmaceutique, parait formidable à prime abord. C'est en lisant les détails qu'on déchante et que son véritable objectif apparaît. "Nous avons l'intention de soutenir des programmes visant à accroître les connaissances des professionnels sur l'importance de l'abstinence tabagique complète à l'opposé des stratégies de réduction des risques pour les fumeurs motivés à arrêter", stipule l'appel d'offre de Pfizer ouvert aux Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Italie, Espagne et Japon. Toute l'annonce s'axe sur l'opposition aux approches de réduction des risques, c'est-à-dire "les mesures prises pour réduire les risques pour la santé associés à l'utilisation de tabac fumé" et tout particulièrement le vapotage et les cigarettes chauffées, précise Pfizer.

Les organismes intéressés à toucher leur part des 300'000$ pour faire de la propagande contre la réduction des risques et saboter l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage ont jusqu'au 28 août pour soumettre leur demande à Pfizer. La New Nicotine Alliance (NNA) britannique n'a pas déposé de dossier. Par contre, elle a envoyé un courrier pour dénoncer l'opposition stérile et infondée de Pfizer entre abstinence aux cigarettes et réduction des risques. "Malgré le fait que l'appel d'offre déclare que «Pfizer n'a aucune influence sur aucun aspect des projets», il est clair que Pfizer tente d'influencer les projets avant même qu'ils ne commencent en fournissant une description aussi trompeuse de l'objet à traiter", s'agace Sarah Jakes, présidente de l'association NNA. A priori, peu de chance que la NNA touche un chèque de Pfizer. Par contre, on sait quoi penser de l'éthique et du professionnalisme de ceux qui encaisseront.


vendredi 6 juillet 2018

24 Heures refait le coup du vendeur fantôme de vaporette à un enfant, pour servir le Sommet Etat & Tabac contre la vape

Le jour même où l'administration convie l'industrie cigarettière pour "réguler" le vapotage en Suisse, le quotidien lausannois 24 Heures nous refait le coup du vendeur fantôme de vaporette à un enfant. Six mois après le bidonnage de la Liberté, le quotidien de Tamedia annonce en titre de Une qu'un garçon de 10 ans a acheté "une vapoteuse en toute légalité". Le journaliste s'appuie sur le récit d'un papa anonyme sans jamais aller vérifier ses dires auprès du vendeur indélicat soi-disant de Morges. Pourtant le journaliste précise que l'enfant aurait indiquer l'endroit de l'achat. Je n'ai jamais vu un journaliste agir de cette manière: enregistrer un témoignage accusant une partie et ne pas essayer de contacter cette partie accusée. Or, comme lors de l'affaire de la pseudo-vente à Fribourg de la Liberté, aucune vérification n'est faite. Sic ! Pourtant, le code de déontologie du Conseil de la presse Suisse précise en directive (3.1) que "l‘acte premier de la diligence journalistique consiste à s‘assurer de l‘origine d‘une information et de son authenticité".

Lors du précédent buzz, la Liberté avait été incapable de me confirmer l'existence d'un vendeur et une équipe, dépêchée spécialement à Fribourg dans ce but et très motivée, de la RTS n'avait pas réussi à retrouver ce mystérieux vendeur fantôme. Cela n'avait pas empêché la chaîne nationale de diffuser un reportage à charge sur "cette histoire" sans sujet. D'autres opérations médiatiques similaires de "vente fantôme" laissent à penser à un nouvel épisode d'une technique de communication bien éprouvée. 24 Heures y ajoute le buzz de la pseudo étude mensongère sur les souris et quelques assertions sans fondement de lobbyistes pour livrer son article à sens unique.

24 Heures au service du Yalta Etat-Tabac

L'article du jour, à sens unique, prend une saveur particulière puisqu'il est publié le jour même que l'administration fédérale organise son Yalta de la vape, sous l'impulsion de lobbyistes de la pharmaceutique, de connivence avec les grands cigarettiers conviés et quelques représentants isolés de l'industrie indépendante du vapotage. Aucun représentant des usagers n'a été contacté. L'objectif de ce sommet de l'Etat et du tabac: restreindre les ventes de vapotage. Le prétexte: le risque de vente à des mineurs. alors que près de 16% sont fumeurs en Suisse. Un taux stable durant les années de prohibition du vapotage commencée en 2009 (et non 2015 comme l'invente le journal vaudois). 

Les comptes du tabagisme adolescent caché en Suisse

Dans la même période, les parts de fumeurs chez les adolescents américains et britanniques a été divisé de moitié sous l'impact du vapotage. En France, le suivi Paris Sans Tabac rapporte le même phénomène de ringardisation du tabagisme sous l'effet des vaporettes. Sur les données récoltés avant les législations en interdisant la vente aux mineurs, les trois quarts des quelques 20% d'adolescents expérimentant le vapotage le faisaient sans nicotine. Un moyen d'essayer, de "jouer à", pour les ados sans risque de dépendance. Le 1,7% des ados américains vapotant régulièrement avec nicotine étaient pour la quasi totalité (9/10) déjà fumeurs. En bref, là où le vapotage s'est développé, le tabagisme des jeunes a dégringolé. En Suisse, il s'est maintenu. 

Conserver la situation propice au tabagisme est bien l'objectif de la plupart des acteurs poussant à ce sommet anti-vape Suisse, alors même que la vente de cigarettes est autorisée aux mineurs au niveau fédéral. On y retrouve donc une administration encaissant plus de 2,2 milliards Fs par an en taxe tabac, et faisant l'économie de plus de 15% de retraites non versées aux morts prématurées du tabac, l'industrie cigarettière, et la pression des petits soldats du lobby du cancer qui veulent "soumettre la cigarette électronique au même cadre légal que les produits du tabac". Aujourd'hui les jeunes qui avaient 16 ans au moment de la prohibition du vapotage en Suisse en 2009, ont 25 ans. Ils sont 38% de fumeurs en suisse romande, selon les statistiques officielles. C'est la défense de ce statu-quo, favorable au tabac, à la pharma et à l'Etat, au détriment de la population qui se joue aujourd'hui et pour lequel le journal vaudois a déployé ce grossier enfumage émotionnel.


dimanche 10 juin 2018

[Bref] Deux experts allemands décortiquent les raisons de la haine des lobbyistes contre le vapotage dans Zeit

"Qu'est-ce que les lobbyistes ont contre le vapotage?". Heino Stöver, directeur de l'Institut de recherche sur les addictions de l'Université de Frankfort, et Dietmar Jazbinsek, journaliste spécialisé sur l'influence des lobbys dans la santé publique, ont écrit un article à quatre mains pour Die Zeit le 31 mai. Ils y décortiquent les raisons des deux grands lobbys manœuvrant en coulisse autour du vapotage dans l'hebdomadaire allemand. Cet article, placé dans sa série "Global drug survey" liée à l'enquête mondiale sur les usages de substances psychoactives, commence par pointer le problème. De 28,8% de fumeurs en 2013, l'Allemagne a réduit à 28,3% la part de fumeurs dans sa population en 2018. Une baisse insignifiante de 0,5% en cinq ans. "Le nombre de fumeurs de cigarettes a très peu changé, mais leur composition sociale a fortement évolué. Alors que la grande majorité des enseignants du secondaire ont arrêté de fumer, huit déménageurs sur dix se grillent une cigarette à la pause. Les chômeurs à faible revenu et de longue durée restent de fidèles clients de l'industrie du tabac jusqu'à la mort", soulignent les deux chercheurs en sciences sociales.

Le tournant du vapotage

Dans l'économie mondiale du tabagisme, "l'Allemagne est l'un des plus grands exportateurs de cigarettes au monde et gagne beaucoup dans la mondialisation de la mortalité par cancer", notent les auteurs, comme on pourrait le faire aussi pour la Suisse. Fumer provoque chaque année près de six millions de morts prématurés selon une estimation de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)"Ce n'est que dans ce contexte qu'il devient compréhensible à quel point 2003 marque un tournant", ciblent Heino Stöver et Dietmar Jazbinsek pour présenter le dépôt cette année-là du brevet d'une e-cigarette par Hon Lik, un pharmacien chinois. 

"Il est vite devenu évident que la nouvelle variante de consommation de nicotine pouvait devenir l'innovation chinoise la plus conséquente depuis l'invention de la porcelaine. Par l'échange d'expériences des utilisateurs, la scène du vapotage au niveau mondial a émergé, combinant les caractéristiques d'une communauté en ligne, d'une sous-culture et d'un groupe social. En bref, un mouvement de base", esquissent les auteurs.

Plus la vape progresse, plus l'hostilité devient féroce

L'implication des usagers a rapidement permis de développer des appareils plus efficaces et agréables. "Aucun expert sérieux, aucun chercheur du domaine de la lutte antitabac, ne nie que la vaporisation ait un risque sanitaire beaucoup plus faible que de fumer des cigarettes ordinaires. Cependant, de nombreux débats persistent sur la façon d'évaluer le risque résiduel du vapotage. Au fur et à mesure que le débat progresse, il devient évident que plus la technologie devient mature, plus l'hostilité à son encontre devient féroce", constatent les experts. 

Le tabac et la pharma lui ont fait la guerre, selon lui
A défaut de problèmes sanitaires réels à montrer, certains accusent la vape d'être le cheval de Troyes de l'industrie du tabac. Effectivement, les cigarettiers avaient des prototypes d'inhalateurs dans leur tiroirs depuis longtemps. Mais ils ne les avaient pas sortis pour ne pas dévaloriser et mettre en péril leur cœur de métier, les cigarettes de tabac. En français, le rideau de fumée de Gérard Dubois racontait en 2003 certains projets enterrés par les cigarettiers.

Les manœuvres cigarettières

"Ce n'est que lorsqu'il est devenu évident que les start-up de la scène de la vape devenaient une concurrence sérieuse que de grandes entreprises se sont mises sur le marché", rappellent les deux auteurs. Achat du brevet de Hon Lik par Imperial Tobacco en 2013 puis tentatives d'interdire des produits en faisant jouer les brevets par sa filiale Reemtsma en sont des épisodes. Philip Morris de son côté s'est tourné vers le tabac chauffé. Une récente étude de l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques estime que la teneur en toxiques de la fumée des cigarettes chauffées Iqos est au moins 80% moindre par rapport aux cigarettes conventionnelles. "Si cela s'avère être un coûteux flop, ce ne sera pas nécessairement mauvais pour Philip Morris, car les clients frustrés d'Iqos retournent aux Marlboro. Les dirigeants du leader du marché mondial sont fiers de la fable d'un «avenir sans fumée». À la fin, bien sûr, c'est la marge bénéficiaire d'aujourd'hui qui compte"

"Les compagnies pharmaceutiques n'aiment pas le sevrage tabagique électronique"

Plus discrètes que les coups à plusieurs bandes des cigarettiers, les manœuvres du lobby de la Pharma n'en sont pas moins intenses et puissantes. "Les compagnies pharmaceutiques n'aiment pas le sevrage tabagique électronique", titre le second volet de l'article. Concurrence aux substituts nicotiniques et au Champix, le vapotage ennuie des géants comme Glaxo Smith and Kline (GSK) et Pfizer. "Ces entreprises assoient leur lobbying avec leurs leaders d'opinion médicaux, dont elles subventionnent les recherches, des postes de consultant, les frais de cours et d'autres avantages", rappellent, en évidence généralement passée sous silence sur le sujet, les deux spécialistes.

Exemple de cette influence contre la santé publique, une déclaration signée de 50 sociétés médicales et organismes de santé allemands en mai 2015 annonçant que le vapotage a un "plus grand potentiel de dommages que de bénéfices parce qu'il met en péril les réalisations de la lutte anti-tabac". "Nous ne savons pas de quels succès dont ils parlent", rétorquent Heino Stöver et Dietmar Jazbinsek. Avant dernière au classement européen des mesures de lutte anti-tabac, l'Allemagne n'a pas interdit la publicité pour les cigarettes, ni le tabagisme dans les bars de manière stricte et les taxes sur le tabac n'ont évolué "qu'à doses homéopathiques" depuis 15 ans, rappellent-ils. Au-delà des mesures, le taux de fumeurs stagne. Les auteurs se demandent si la diabolisation délirante du vapotage n'est pas une manière de refouler l'échec allemand en matière de prévention sur le tabagisme.

La vape cannibalise les cigarettes

A l'opposé de la peur allemande, le pragmatisme britannique obtient des résultats par la réduction des risques avec le vapotage. "La politique de prévention britannique diffère de l'allemande à deux égards: d'une part, la réglementation des cigarettes est beaucoup plus stricte que la nôtre; d'autre part, les experts et les autorités britanniques de la santé se fient au vapotage depuis plusieurs années pour réduire la prévalence du tabagisme", résument les auteurs, avant de préciser que "le nombre d'arrêts du tabac réussis a augmenté de manière significative grâce au vapotage. La proportion de consommateurs de tabac dans la population britannique totale est passé de 27% en 2001 à 15,8% en 2016, selon l'Office for National Statistics (ONS)".

Aux Etats-Unis, le vapotage met en danger les grands cigarettiers, tandis qu'au Japon, le tabac chauffé a pris un sixième du marché des cigarettes. En Allemagne, "dans Tabak-Zeitung, le journal de l'industrie cigarettière allemande, du 18 mai, un directeur d'Imperial Brands avertit: les ventes de cigarettes traditionnelles s'écroulent". Les auteurs concluent: "Une politique de santé intelligente devrait soutenir et accélérer cette cannibalisation des ventes de cigarettes grâce à des alternatives à faible risque"


dimanche 27 mai 2018

"La vaporette Juul est en train d'écrouler l'industrie cigarettière US"- Le rapport qui annonce la fin de Big Tobacco


Le 19 avril dernier, la bourse de New-York s'affole. Le cours de Philip Morris chute en quelques heures de 15,58%, tandis que BAT et Altria perdent près de 6%. La veille à minuit, la publication d'un rapport de 76 pages a mis le feu aux poudres. "La vaporette JUUL a commencé d'ébranler [disrupt] l'industrie cigarettière américaine", titre le rapport dirigé par Adam Spielman de Citigroup. Sans état d'âme ni parti pris sur le champ de la réduction des risques, les analystes financiers expliquent. Jusque-là, les cigarettiers arrivaient à compenser la baisse du volume de ventes par une hausse des prix et des marges sur leurs produits. Mais l'essor de la vaporette Juul sur le marché des détaillants américains bouleverse la donne. Un phénomène inédit et inattendu analysé en détail par ce rapport de Citi. Il a  pourtant été passé sous silence par la quasi totalité des médias.

Effondrement des ventes de cigarettes en 2018 aux US

Sur le premier trimestre 2018, les ventes de cigarettes aux US ont chuté de 6% selon les données de l'institut Nielsen, estimées fiables, sur lesquelles s'appuient les analystes de Citigroup. "C'est de un à deux points pire que ce que les modèles historiques prévoyaient. Ceci est du à l'essor rapide de la JUUL", estiment les auteurs. Cette chute des vente des cigarettes dépasse le phénomène lié à l'élasticité historiquement enregistré qui indiquait une baisse de l'ordre de 4% à 4,5%. "Nous avons été très surpris par la détérioration des volumes de vente de cigarettes au premier trimestre 2018, parce que les tendances trimestrielles en 2017 étaient consistantes avec les modèles historiques", insiste le rapport (p. 10). Plus finement, l'analyse date de décembre 2017 le début de l'accélération de la chute des ventes de cigarettes. 


D'autres indicateurs montrent que le phénomène est inédit. Habituellement, les évolutions de ventes de cigarettes sont corrélées étroitement à celles des bières. En gros, les "blue collars", les ouvriers, qui arrêtent de fumer, boivent moins. Or, la chute actuelle de ventes de cigarettes aux Etats-Unis n'a pas son pendant en terme de ventes de bière. Alors qu'est-ce qui provoque cette chute impromptue du marché cigarettier américain ?

"Il est impossible de dire avec une totale certitude ce qui a causé le changement, mais le candidat le plus crédible est la vaporette JUUL. Dans le 'retail channel' [le secteur des détaillants - kiosques, supermarchés...] mesuré par Nielsen, les ventes de produits de vapotage ont plus ou moins doublé au premier trimestre 2018 par rapport au premier trimestre 2017. La JUUL représente près de 90% de cette croissance. Le vapotage représente à présent presque 4% des ventes totales des produits de tabac dans les données de Nielsen. En fait, nous croyons que les ventes de vapotage sont beaucoup plus importantes que cela, car la majorité des ventes de vaporettes ne sont pas capturées par l'institut Nielsen", expliquent l'équipe menée par Adam Spielman (p.13).

Nielsen spécifie d'ailleurs que le 'retail channel', sur lequel ils ont évalué les ventes des Juul, correspond à environ 20% du marché global du vapotage. Bien que 'l'hypothèse Juul' ne soit qu'une hypothèse, les auteurs de Citigroup n'en voient pas d'autre crédible.  
"Si ce n'est pas JUUL qui provoque la détérioration des ventes de cigarettes, alors nous avons du mal à expliquer ce déclin accéléré des cigarettes dans les données Nielsen. Nous ne connaissons rien d'autre qui pourrait l'expliquer".

L'effondrement de Big Tobacco a commencé

Le cours de la valeur boursière de Philip Morris à New-york ces derniers mois et son crash du 19 avril
A court terme, les cigarettiers, et Philip Morris en particulier, ont les reins assez solides pour encaisser le coup. "Mais à long terme, nous pensons que la réduction des volumes de cigarettes rendra difficile la poursuite de la croissance des bénéfices comme auparavant. Nous prévoyons qu'une partie de la perte du volume de ventes de cigarettes sera remplacée par des ventes de Produits de Nouvelle Génération (PNG). Le problème est que les PNG ont toujours été déficitaires pour les entreprises cigarettières. Cela signifie que même si les PNG pouvaient protéger les ventes, nous nous inquiétons des profits", expliquent les analystes.

Les vapoteurs le savent. Les produits de vape des cigarettiers sont de piètres qualité et systématiquement en retard sur les développements de la dynamique industrie, voire artisanat, indépendante. Mais jusque-là, ils occupaient le marché des détaillants grâce à leur prédominance sur le réseau de distribution. L'irruption de la Juul sur ce secteur les concurrence directement et les a défait en quelques mois. Au-delà de la conjoncture circonstancielle, le modèle structurel même semble explosé. L'oligopole puissant mais lourd des Big Tobacco parait incapable de s'adapter à la révolution des vapeurs impulsée sous forme de guérilla de l'industrie indépendante.

L'Iqos peut-elle sauver Philip Morris ?

Les vaporettes Mark Ten pour Altria - la branche américaine de Philip Morris - et la myBlu d'Imperial Tobacco, dont les français sont abreuvés de publicité déguisée via un site grimé en site de vapoteurs, tentent de sauver des parts de marché des cigarettiers face à la Juul en cassant les prix. "Cependant, nous ne nous attendons pas à ce qu'ils compensent la marge perdue - en fait, nous prévoyons que l'Elite [de Mark Ten] et myBlu seront déficitaires (...). Cela signifie que même si Altria et Imperial peuvent prendre une part du secteur du vapotage en pod, nous ne nous attendons pas à ce que cela soutienne leurs profits immédiatement", explique le groupe de recherche de Citi. Du coté de Philip Morris, et Altria son alter ego américain, ainsi que chez British American Tobacco (BAT), un autre type de produit essaie de colmater la brèche du vapotage: les cigarettes de tabac chauffé.

"Sur long terme, nous ne prévoyons pas que le tabac chauffé transforme le marché des cigarettes aux États-Unis, comme il l'a fait au Japon et en Corée", estiment les auteurs."L'Iqos est susceptible de produire des pertes pour Altria bien que le montant exact sera probablement caché dans les bilans financiers. Pour que l'Iqos soit performant, Altria doit investir pour le porter de l'avant. Le déploiement d'Iqos en Europe et en Asie de l'Est a montré que des investissements considérables au départ sont nécessaires pour convaincre les fumeurs de passer à ce produit non intuitif. Philip Morris (PMI) souligne les besoins en magasins Iqos, shop-in-shops et de coachs. En outre, PMI a investi considérablement dans une infrastructure numérique et des centres d'appels. En Europe, nous nous attendons à ce que les Iqos soient déficitaires en 2018, plus de 2 ans après son lancement initial, malgré un régime fiscal beaucoup plus favorable et notre prévision de ventes nettes de 1,3 milliard de dollars dans la région en 2018", argumente le rapport.

Mais pourquoi ce "pessimisme" ? Au Japon et en Corée du sud, l'Iqos fait un tabac en ayant pris plus de 12% du marché des cigarettes. Depuis, Japan Tobacco a même annoncé un écroulement de ses ventes de cigarettes de plus de 14% en mars 2018. Mais en Suisse par exemple, où le produit a été lancé en 2015 et dans le contexte favorisant le produit de Philip Morris de prohibition administrative - jugée illégale le 24 avril dernier par la justice Suisse - de vente du vapotage nicotiné, sa part de marché atteint fin 2017 péniblement 1,2% du marché des produits de tabac, selon les données de Citi. Les analystes pensent que les américains consomment plutôt à la manière des suisses, des allemands ou des canadiens qu'à l'image des japonais ou des coréens pour deux raisons.

"En Asie de l'Est, les cigarettes à faible ou très faible teneur en nicotine sont courantes (...), et les consommateurs [asiatiques] aiment l'innovation dans les cigarettes et la technologie. Les fumeurs américains ne sont généralement pas comme ça", soulignent les auteurs de Citi. Un récent article du Vaping Post développe une analyse similaire en insistant sur les différences civilisationnelles qui soutiennent l'actuel essor de l'Iqos et la baisse concomitante des ventes de cigarettes combustibles au pays du soleil levant. "C’est donc principalement un facteur d’acceptation sociale typiquement nippon qui prévaut, plutôt qu’un souci de santé individuel", pointe Guillaume Bailly du site spécialisé.
La première page du rapport de Citi 

Le silence made in Bloomberg sur ce rapport

"Pour 2018, nous pensons maintenant que la croissance est susceptible d'être pire en raison de la JUUL et peut-être de la MarkTen Elite et myBlu. Nous prévoyons environ -5%, constitués de -6% au premier trimestre et de -4% à -5,5% le reste de l'année. Pour les années à venir, nous craignons que le nouveau taux d'exécution sera d'environ -4,5% à -5,5%, ce qui est environ 1,5 point de pourcentage pire que nous avions avant", synthétise le rapport de Citi. Cette bombe lâchée le 18 avril à minuit a explosé à Wall Street le lendemain matin. Une chute des cours des actions boursières des cigarettiers qui a même impacté l'indice générale de la bourse new-yorkaise ce jour-là. Pourtant, les médias grand public n'ont soufflé mot sur ce rapport et ses conclusions incendiaires pour l'avenir des Big Tobacco.

Rares exceptions à ce silence, l'émission Mad Money de Jim Cramer sur CNBC relate le contenu du rapport le 23 avril. "Le vapotage décime l'industrie cigarettière et cela pourrait aller de pire en pire", clame le show-runner. Dans l'espace francophone, seul Alistair Servet du bien renseigné Vaping Post a parlé de ce rapport. Mais quel mécanisme fait qu'un rapport d'un prestigieux groupe financier, jugé suffisamment fiable pour être suivi dans l'heure par les traders professionnels, soit ignoré par les grands médias alors que les valeurs des cigarettiers se crashent? Deux hypothèses, pas forcément exclusives l'une de l'autre, se présentent spontanément. Laisser cette analyse dans l'ombre coupe l'extension de l'incendie qui aurait pu ravager au-delà de la chute sur 24 h des actions des cigarettiers. L'analyse du minage des fondamentaux des cigarettiers par le vapotage n'est pas parvenu au grand public à qui les mauvais résultats sont apparus conjoncturels, laissant les valeurs boursières se restabilisées après leur chutes. Autre possibilité, la main-mise du magnat de la presse, 8ème fortune mondiale et anti-vape forcené Michael Bloomberg.

Le Big data contre la liberté de réduction des dommages

Le multi-milliardaire, ex-maire de New-York, promeut le projet de Big Data, visant à la jonction entre les monstres du web & médias avec les Big Pharma. Pour cela, avec ses partenaires du couple Zuckerberg et les époux Gates, il doit convaincre que le danger qui guette l'humanité est l'absence de surveillance des données de santé et forcer une réorientation des objectifs de l'OMS vers les maladies non-transmissibles, problèmes de pays offrant des marchés solvables contrairement aux pays pauvres ravagés par des épidémies de maladies, transmissibles évidemment. Il a pesé autant qu'il peut en ce sens au Sommet de l'OMS à Genève la semaine dernière sur les maladies non-transmissibles (MNT). "Le défi de l'OMS est de présenter le paternalisme du mode de vie des nations riches comme une priorité pour les pays qui continuent d'être ravagés par les maladies contagieuses, la mortalité infantile et la violence", croque Christopher Snowdon dans Health Spectator à ce propos. 

La réduction des risques gérée par les usagers eux-mêmes s'oppose frontalement à ce projet de mise sous tutelle du citoyen voué à devenir un patient sous surveillance permanente par le Big Data en vue de le médicamenter préventivement. Le vapotage comme solution à la principale cause de morbidité évitable est un cauchemar pour le Citizen Kane du 21ème siècle. Expliquer que la vape décime le tabagisme alors que Michael Bloomberg prétend lutter contre le tabagisme en réprimant le mouvement des usagers vers les moyens de réduction des dommages tels que le vapotage n'est pas le bienvenu dans son plan de comm'. Les défenseurs de cette approche, interdits d'entrée ou tolérés mais mis à l'écart de certains meeting sensibles sur le sujet durant son sommet au Cap en mars, peuvent en attester. Tout comme les militants anti-tabac taïwanais, exfiltrés à la demande de l'OMS pendant que les délégués chinois discutaient affaire avec Michael Bloomberg à ce sommet soi-disant sur la santé.

Qui peut sauver le tabagisme à part Bloomberg & ses pseudos anti-tabac ?

Le rapport de Citi estime que le seul espoir des cigarettiers et, en extrapolant, du tabagisme aux Etats-Unis réside dans une intervention des autorités contre le vapotage et en particulier envers la Juul. "A moyen et à long terme, la Food and Drug Administration (FDA) pourrait imposer des réglementations pour fortement limiter les pods, ou même interdire la JUUL et des produits similaires. Mais nous ne sommes pas susceptible d'en savoir plus à ce sujet avant fin 2020 au plus tôt, et probablement pas avant 2022, ce qui est au-delà de l'horizon temporel de nombreux investisseurs", estiment les analystes de Citi (p. 58). 

Cependant, l'offensive anti-Juul combinée des médias sous l'influence du magnat Bloomberg, des groupes militant anti-réduction des risques et probablement en sous-main des cigarettiers a déchaîné depuis plusieurs mois une véritable hystérie contre le vapotage. Accusé d'atteindre à l'intégrité des adolescents, malgré la chute sans précédent du tabagisme de ceux-ci et de la baisse de consommation du vapotage, même sans nicotine qui correspond à l'usage des trois-quart des jeunes l'utilisant. Mais dans le style de peste émotionnelle typiquement américaine, l'affaire n'est plus une question de faits. Reste à savoir si la FDA réussira à imposer des mesures contre l'outil de réduction des risques en dépit du mouvement massif des usagers vers le vapotage. Les analystes de Citi sont plus optimistes et confiants dans le respect du droit des citoyens par la FDA que je ne le suis.

Bonus:

La petite histoire des deux créateurs de la Juul

Sortis de Stanford, James Monsees et Adam Bowen co-fondent Pax Labs, sous le nom de Ploom dans un premier temps, à San Francisco en 2007. Réfléchissant à des moyens de consommer du tabac à risque réduit depuis leur rencontre aux cours à Stanford, les deux créateurs lancent le vaporisateur Pax destiné au tabac, mais surtout utilisé pour l'herbe par le public. Ils assistent à l'émergence du vapotage en provenance de Chine, sans trop croire au produit. Cependant, la boîte s'aventure à créer un hybride entre vapote et tabac chauffé sous le nom de Ploom. Japan Tobacco, largué devant l'émergence des produits de vapotage, décide de rattraper le train de la réduction des risques en achetant les brevets et la marque Ploom en 2014, après une période de partenariat qui prend fin ainsi. Pax Labs continue indépendamment de commercialiser et développer son vaporisateur, aujourd'hui à sa 3ème version. 

Ayant selon toute vraisemblance, saisis l'intérêt des sels de nicotine lors de la conception de la Ploom, James Monsees et Adam Bowen créent, au sein de Pax Labs, la Juul en 2015 en brevetant la formule de leur liquide. En 2017, ils forcent une scission entre Juul et Pax et quittent Pax à l'été. Les relations sont tendues entre les deux fondateurs et les financiers qu'ils ont côtoyé chez Pax, sans que l'on sache si la cession de la Ploom à Japan Tobacco en est la cause. Les clauses de confidentialité scellent le secret de l'affaire pour le moment. Pendant un peu plus de deux ans, la Juul est restée relativement confidentielle sur le marché du vapotage jusqu'à trouver son public en étant distribuée chez les détaillants non spécialisés en vape et que les ventes explosent en 2018.

Rien n'assure que les deux designers ne récidivent pas en revendant la Juul à un des Big Tobacco. Même si on ne voit pas très bien ce qu'ils auraient à y gagner dans la situation. Surtout, au vu du flop que constitue la Ploom et de sa nouvelle version en forme d'anecdote vouée à l'oubli dans le fil du développement du vapotage, doit-on vraiment le craindre? La révolution du vapotage n'est pas que technique, sanitaire et sociale: elle est aussi la fin d'un modèle économique ultra concentré en dinosaures oligopolistiques. 

2013 Conférence TED de James Monsees, co-fondateur de Pax et Juul, à Bruxelles (en anglais): Smoking deconstructed



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