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mercredi 14 octobre 2020

Le monde selon FACEBOOK: censure de livre de science et promotion de jeu de meurtre

Ce n’est pas dans Fahrenheit 451, mais sur Facebook en 2020 que se déroule cette petite histoire en deux temps. En premier lieu, le Pr Bernd Mayer, toxicologue de l’Université de Graz (Autriche), vient de publier un livre sur le vapotage et la réduction des risques face au tabagisme. Son bouquin en allemand est sorti chez le petit éditeur autrichien Delta X. « Die E-Zigarette Fakten & Mythen » — La vape, faits et mythes — ne contient aucune publicité. Il est l’œuvre en toute indépendance d’un expert du domaine, dont le souci est avant tout d’informer correctement des fumeurs de l’opportunité d’opter pour le vapotage à la place de leur cigarette. 

Lire nuit gravement à votre naïveté

Cette semaine, Facebook a censuré un post publicitaire pour le livre. Une première fois en justifiant ne pas permettre la promotion de produits du tabac. Mais c’est un livre. D’un scientifique. La seconde fois, Facebook n’a pas même expliqué sa censure.

« Facebook a rejeté la publication, cette fois sans possibilité de recours. Plein d’entrain, j’ai créé un nouvel article légèrement modifié, sous le titre “Désirez-vous arrêter de fumer ?” pour préciser que je ne fais pas de publicité pour les produits du tabac », explique le Pr Bernd Mayer sur son Facebook le 12 octobre. Son nouveau post, pas plus que le précédent, n’apparait sur Facebook. 

Philanthropie du meurtre 

Toujours sur Facebook, une publicité, propulsée par les algorithmes du géant américain, aiguille vers un jeu hébergé dans les mailles du réseau social. Le clip de quelques secondes de Mafia City H5 présente un contrôle de police, où le chauffeur descend avant de saisir un calibre imposant. « Attendre ou le faire? », propose Facebook.

Le monde de Facebook nous cache l’information scientifique sur la réduction des risques, mais propose de fantasmer une carrière mafieuse ponctuée de meurtres. Une restriction de l’espace imaginatif assez cohérente en regard des investissements de son propriétaire Mark Zuckerberg et de ses amis. 

L’industrie du business soi-disant « philanthropique » dans laquelle est impliqué Mark Zuckerberg se démène ces derniers mois pour étendre la prohibition du vapotage. Une prohibition qui maintient des fumeurs dans la cigarette, elle-même de plus en plus l’objet de trafic, et engendre dans certains pays des marchés parallèles de produits de vape.

Prohibition et mafia : un secteur d’avenir

Prise de position appelant à l’interdiction de la réduction des risques, film de propagande contre l’arrêt tabagique à l’aide du vapotage, rumeurs mensongères répandues dans les médias ne se comptent plus. Les sources de cette guerre à la réduction des risques, elles, sont relativement faciles à recenser : à peu près tout passe par la filière de la Bloomberg limited company et ses filiales. L’affairiste milliardaire est un proche de Zuckerberg et de sa compagnie « philanthropique » Chan Zuckerberg Initiative.

De la prohibition et des jeux mafieux où l’on assassine, plutôt que des livres scientifiques. Facebook reflète le monde concocté par nos nouveaux seigneurs « philanthropes ». La réduction des risques et le livre du Pr Bernd Mayer ne semblent pas en faire partie. Une raison de le lire.

« Le pharmacologue et toxicologue Bernd Mayer de l’Université de Graz s’est penché sur ce sujet et explique dans son livre, sous une forme compréhensible, les faits et mythes qui entourent la cigarette-électronique. À cet égard, l’expert révèle les arguments contre le passage au vapotage en tant qu’affirmations non scientifiques de certains groupes d’intérêt, en particulier l’industrie pharmaceutique et la santé publique étroitement liée à l’industrie. C’est un livre recommandé pour tous ceux qui envisagent la cigarette électronique comme alternative au tabagisme et qui veulent s’y tenir », sur le site de l’éditeur Delta X.

samedi 21 mars 2020

Covid-19: la censure de Facebook connait un nouvel accès de fièvre, très orientée idéologiquement

Je ne pourrais peut-être pas diffuser ce billet sur Facebook. La plateforme commerciale m’a interdit temporairement de publication. Mon crime est d’avoir partagé, dans une conversation avec un ami, un article du journal 24 Heures sur les tests de la chloroquine contre le Covid-19 à l’hôpital de Lausanne. Facebook juge que ce contenu va à l’encontre de ses standards « en matière de violence organisée et apologie du crime ». Rien de moins. Je ne suis pas la première victime ces derniers jours des abus de la censure du réseau de Mark Zuckerberg. 

Critiques du CDC et de Stanton Glantz censurées

Par exemple, le partage d’un article du 16 mars de Reason, présentant une critique de la communication du Center of Disease Control (CDC) américain sur la notion d’épidémie, a été bloqué avec un prétexte du même ordre. Le Dr Philippe Arvers, médecin addictologue et tabacologue au Centre médical des armées (CMA) notamment, s’est vu interdire la diffusion d’un article de Vice sur les études douteuses de Stanton Glantz

Trois journalistes du site suisse Heidi.news ont vu leur posts censurés le 17 mars. Des articles concernant l’épidémie de Covid-19 sur BusinessInsider, BuzzFed, ainsi qu’un article à propos du film de témoignages italiens « 10 days » sur The Atlantic ont été empêchés de diffusion sur Facebook. « Le contenu de journaux établis et de sites tels que Politico, The Atlantic, USA Today, Vice, Business Insider, Axios et The Seattle Times. La plateforme de blogging Medium (qui gère une série de sous-sites dotés en personnel et édités) et le site de financement participatif GoFundMe sont également pris dans le filet », liste de manière non exhaustive un article d’Ars Technica

Juste un bug?

En guise d’excuse, Guy Rosen, vice-président de Facebook, regrette dans un tweet (!) un « problème avec un système automatisé qui retire des liens vers des sites abusifs, mais qui a retiré beaucoup d’autres posts aussi ». Il promet que tous les posts incorrectement censurés seront restaurés. Près de 500 tweets en réponses affirment que cela n’a pas été le cas. Et de toute évidence, cela continue comme mon propre exemple le montre. Guy Rosen n’a pas eu même la politesse de répondre à mon interpellation sur twitter.

Les « non-alignés »

L’excuse du bug de la part du responsable de la plateforme dévoile de fait un système de censure. Les cibles éveillent un doute. Bien que les sujets abordés soient différents — de la critique du CDC, dénonciation des fraudes de Stanton Glantz, témoignages directs de la population italienne, recherches sur la chloroquine face au Covid-19 —, il semble se dessiner un fil rouge entre les cibles de la censure de Facebook. 

Elles sont ce que les cadres de l’OMS appellent des propos « non-alignés ». L’expression vient de Vinayak Prasad, ex-haut fonctionnaire indien et directeur de l’Initiative pour un monde sans tabac de l’OMS financé par la Bloomberg Philanthropies Company LLC, qui l’a utilisé dans Politico le 6 février dernier. Il visait avec ce terme l’approche britannique de réduction des risques face au tabagisme, à laquelle l’OMS, Bloomberg et les intérêts du tabac indien s’opposent.

Une seule vérité : celle de l’OMS

Peu de temps avant cette nouvelle vague de censure, Facebook avait annoncé vouloir serrer la vis contre la liberté d’expression au nom de la lutte contre les fausses informations. Un communiqué le 19 mars a précisé le plan. « Nous commencerons également à supprimer le contenu contenant de fausses allégations ou des théories du complot qui ont été signalées par les principales organisations mondiales de santé et les autorités sanitaires locales et qui pourraient nuire aux personnes qui les croient », explique Kang-Xing Ji, responsable santé de Facebook.

La mesure de censure prétend viser les fakenews, mais y incorpore tout ce que les « principales organisations mondiales de santé » trouvent dérangeant. Il y a là plusieurs problèmes. Celui du droit à la pluralité de l’information, la nécessité d’une confrontation d’idées face à la crise, notamment avec des scientifiques hétérodoxes comme le Pr Didier Raoult, et moteur de la science. Mais également d’énormes problèmes de conflit d’intérêts financiers et de politiciens à quelques mois d’une échéance électorale aux États-Unis

Facebook se métamorphose-t-il en Wechat?

L’opportunité offerte par l’épidémie de coronavirus à Faceboook de se transformer en Wechat, le réseau social chinois censuré en temps réel, est inquiétante. « Afin d’échapper au système de cybercensure le plus sophistiqué au monde, les internautes chinois n’ont d’autre choix que d’inventer leur propre vocabulaire afin de débattre de “sujets sensibles”. Notamment la gestion de l’épidémie de coronavirus par le gouvernement », explique Amnesty International dans un article sur la Chine ce 16 mars.

De fait. il semble de plus en plus évident que les utilisateurs de Facebook devront trouver des astuces similaires pour pouvoir encore exprimer des informations « non-alignées » sur la doxa de l’OMS. Parler de vapotage, de réduction des risques, et visiblement de la chloroquine, etc. fait déjà courir le risque d’être censuré et banni de la plateforme. 

Les intérêts des compagnies « philanthropiques » et pharmaceutiques

L’intérêt commercial d’un vaccin, plutôt qu’une solution avec une molécule tombée dans le domaine public telle que la chloroquine, est assez évident. D’où émerge un soupçon sur les logiques de censure et les liens d’intérêts entre l’OMS, les compagnies pharmaceutiques et les firmes « philanthropiques » telles que la Chan Zuckerberg Initiative LLC ou la Bloomberg Philanthropies Company LLC. 

La proximité idéologique et d’affaires entre le propriétaire de Facebook et l’oligarque puritain Michael Bloomberg, parrain financier de l’OMS et lancé dans la bataille des élections américaines, multiplie et entrecroise les conflits d’intérêts de manière ahurissante. Or Mark Zuckerberg a déjà démontré, notamment à l’occasion de l’affaire Cambridge Analytica, son absence de loyauté envers le public.

La liberté d’informer : un bien non-essentiel?

Même le très conformiste journal le Monde s’inquiète du risque de dérive liberticide liée à la crise du coronavirus. « S’il est, en effet, une liberté publique essentielle pour lutter contre une épidémie de façon précoce, et donc efficace, c’est la liberté d’informer », souligne Catherine Vincent dans un article sur les libertés publiques à l’épreuve du Covid-19

On peut évidemment avoir en mémoire l’épidémie en 1918 de la « grippe espagnole » qui porte ce nom en raison de la censure militaire qui s’exerçait partout sauf en Espagne. Seuls les journaux espagnols avaient pu parler des ravages du virus, qui a tué probablement près de 100 millions de personnes dans le monde. 

Délayer la question, le temps de mettre en place le cadenas

Le retard de deux mois d’information fiable par les dirigeants chinois au début de l’épidémie de Covid-19, couvert et enrobé par la communication du Dr Tedros, directeur général de l’OMS, est un des facteurs, sans être le seul, de l’impréparation des pays européens à l’épidémie. « On aura tout le temps après cette crise pour revoir son historique », esquive Sylvie Briand, directrice de département à l’OMS, au journal le Monde

Mais pendant ce temps-là, Facebook et l’archipel d’influence de l’OMS et de ses parrains mettent en place le dispositif de verrouillage de communication, procédant à une quasi-réécriture de l’histoire en temps réel. Et de pousser aux mesures les plus autoritaires et liberticides dans la veine idéologique de son état-major.

Une élite sclérosée

Au-delà de l’information factuelle nécessaire à la protection, un autre ravage de la censure est la sclérose de la pensée unique. La crise du Covid-19 dévoile à ce titre un peu plus l’état d’une pensée atrophiée et monolithique à l’OMS, qui ne se sert du terme de science qu’à titre d’élément de langage marketing pour ses décisions

L’exclusion par l’OMS de Taiwan, pays démocratique au système de santé efficace et équitable, est révélatrice de cette sclérose. Le pays est celui qui a su le mieux juguler l’épidémie de Covid-19 avec une centaine de contaminés et deux décès. Parce qu’il ne s’est pas fait enfumer par l’OMS, selon les déclarations de ses responsables. Le pays a pris des mesures dès le 31 décembre. Cette semaine, le Financial Times a révélé que Taiwan avait prévenu l’OMS en décembre de l’essor d’une épidémie de coronavirus en Chine. Et l’OMS a enterré l’information, jusqu’à fin janvier.

Silence sur Taiwan

Taiwan a opéré des dépistages, confinements des personnes atteintes et une quarantaine pour les personnes arrivant de l’étranger, sans tenir compte des données biaisées diffusées par l’OMS. Au 20 mars, le bilan est de deux décès pour une centaine de personnes détectées avoir été infectées à Taiwan. Le contraste est saisissant avec la situation de pays comme l’Italie qui ont cru les informations délivrées par l’OMS.

Le résultat de cette crédulité est un état d'urgence moyenâgeux en dernier recours face à l'impréparation. « Confiner l’ensemble de la population sans dépister et sans traiter, c’est digne du traitement des épidémies des siècles passés », se désole Jean-Dominique Michel, anthropologue de santé, dans un blog essentiel à lire.

À suivre, mais ce sera ailleurs que sur Facebook...

Ces questions ne seront pas ouvertement débattues sur Facebook, sous peine d’être banni. Seule la version officielle de la vérité, selon l’église de l’OMS, y aura sa place. La chape de plomb qui se met en place à l’occasion de l’épidémie de Covid-19 risque de réduire à long terme la capacité de débat et de recherche hors des dogmes de la poignée de dirigeants de l’OMS.

À six mois de la COP9 anti-tabac de l’OMS, où l’alliance des intérêts économiques de l’oligarque Bloomberg et du tabac indien vont tenter de nouveau de faire interdire le vapotage, nous devrions nous en inquiéter.

samedi 1 février 2020

Affaire de la falsification du 19:30: la RTS veut m'imposer un accord de non-divulgation

Il y a des pays où les journalistes défendent la liberté d'expression. Et puis il y a la Suisse, où la Radio Télévision Suisse Romande (RTS) tente de bâillonner les rares voix qui la critiquent. En l’occurrence ma voix, en voulant m'imposer une clause de confidentialité à propos de l'affaire de l'interview falsifiée diffusée par le journal télévisé 19:30 le 5 septembre 2019. J'avais transmis mon article dévoilant la supercherie au service de médiation de la chaîne de service public romande. Le service d'information de la RTS a traîné autant que possible pour répondre, pour finir par demander mi-janvier à ce que les échanges soient soumis à une clause de non-divulgation. 

Si j'avais accepté cette fameuse NDA, cela m'aurait interdit de parler, évoquer, publier ou transmettre le contenu de ces échanges à qui que ce soit. Je n'aurais pas pu écrire ce billet par exemple. J'ai refusé cette clause, tout en acceptant la poursuite du dialogue. Le service de médiation de la RTS n'a plus répondu.

La falsification du 5 septembre

Pour rappel, la RTS a diffusé le 5 septembre dernier une interview initialement tournée par CBS News dont elle a coupé des passages, dénaturant ainsi le contenu pertinent pour les téléspectateurs. À savoir, un jeune, atteint de la vague de pneumopathies aux États-Unis cet été, reconnait avoir consommé des liquides frelatés achetés au marché noir du THC, et son médecin de confirmer la présence de vitamine E dans ceux-ci. 


La RTS n'a retenu que la part de l'interview où le jeune malade évoque son utilisation d'une vaporette d'une marque célèbre. Le commentaire du journaliste suisse incrimine uniquement le vapotage, compris dans le langage courant comme le vapotage de nicotine, et passe totalement sous silence la cause réelle des pneumopathies. La chaîne n'a apporté aucun correctif, malgré ma demande.

Ya du bon tabac à la RTS

Ce procédé viole de manière flagrante la déontologie journalistique. Il y a de multiples intérêts à maintenir le tabagisme. Notamment celui de l'industrie cigarettière, celui des laboratoires pharmaceutiques dont une large part du chiffre d'affaires profite des malades du tabagisme, et les milliards de taxes récoltés par le Département fédéral de l'Intérieur, dirigé par Alain Berset, l'idole socialiste et romande de la RTS. Mais il y a aussi l'intérêt direct de la chaîne à promouvoir le maintien dans le tabagisme, ainsi que l'interdiction de publicité par affichage et dans les journaux du tabac, car plusieurs de ses programmes profitent des financements de l'industrie cigarettière. 

Les grands prix de Formule 1, programme hautement 'bankable', voient ses deux principales écuries financées par Philip Morris et Britsh American Tobacco. La firme cigarettière vaudoise finance aussi une des écuries des courses de moto GP diffusées sur la RTS. À peu près tout le monde a compris que le nombre ahurissant de fumeurs dans les séries télévisées et pas mal de films dépasse le besoin scénaristique. Les restrictions de publicité se sont accompagnées d'une explosion de la présence de cigarettes sur les écrans. Il y a environ deux fois plus de fumeurs dans les séries actuelles qu'il y a 20 ans. Dans tous ces cas, la RTS ne reçoit pas directement d'argent des cigarettiers, mais profite de leur financement de la production de programmes qu'elle diffuse.

Soft power et encéphalogramme plat

Évidemment, la hiérarchie de la RTS ne procède plus à la "soviétique". Le new management a aussi converti ses salles de rédaction. Les consignes prennent les formes éthérées de conseils, remarques et petits commentaires. On ne licencie plus les journalistes qui n'ont pas suivi la ligne, on leur confie juste d'autres sujets. Et, évidemment le plus important, on emballe cette ligne éditoriale dans la bonne conscience politiquement correcte que le vapotage serait la nouvelle cigarette. Le journaliste romand ne pense pas mentir à ses concitoyens, ses voisins, ses proches ou ses enfants. Non, il croit les sauver d'un complot.

Comme un lapsus

L'imbrication de ses deux éléments était illustrée par le débat Infrarouge du 18 septembre, deux semaines après la diffusion de l'interview falsifiée au 19:30. En préambule du débat et non visible dans le replay, la publicité pour la prochaine diffusion sur la RTS du grand-prix de formule 1 avec l'écurie à la couleur Marlboro en gros plan. L'émission refoule, au sens pour ainsi dire psychanalytique du terme, cette publicité qui l'a introduit. Cette forclusion de la responsabilité de la RTS structure la discussion. Ainsi Infrarouge plante le cadre du débat contre le vapotage en réitérant la présentation mensongère de la crise américaine avec un sujet similaire à celui du 19:30 que je mets en cause. 

Parmi les multiples séquences confondantes du débat, dont les leçons joliment récitées par deux étudiants qui rappellent un peu le style révolution culturelle maoïste, la présentatrice Cynthia Gani se fend d'un très théâtralisé "Mais les enfants ! Mais les enfants !". Tuant d'office la possibilité d'un débat sur la réduction des risques pour les jeunes. Alors que, selon les chiffres d'Addiction Suisse à qui certains reprochent d'être sous-estimés, 25% des ados de 15 à 18 ans et 38% des jeunes adultes de 18 à 24 ans romands sont fumeurs. 

Les futurs malades du tabagisme programmés par la RTS

Combien de ceux-ci auraient pu éviter d'essayer la cigarette en essayant plutôt de vapoter, occasionnellement comme les 3/4 des jeunes qui vapotent? Combien parmi ceux déjà fumeurs réguliers auraient pu sortir du tabagisme avec la vape? On peut se faire une idée avec les exemples d'autres pays. Au Royaume-Uni, le taux de tabagisme des jeunes a décru des deux tiers depuis 2011, aux États-Unis de moitié. Ces chutes se sont accompagnées d'un taux élevé d'expérimentation du vapotage, mais d'un niveau faible de vapotage au quotidien. Ce qu'il se passe n'est pas très compliqué à comprendre. Mais c'est tabou et la RTS se tient ferme dans son déni. Non seulement dans cette émission, mais sur l'ensemble de son traitement du sujet depuis plusieurs années.

Le rejet de la réflexion par principe de protection de son déni

Cette forclusion abreuve la duplicité des journalistes de la RTS. Ils savent pertinemment qu'ils mentent. On ne coupe pas de la manière dont a été falsifiée l'interview du 5 septembre sans savoir ce qu'on fait. On ne prépare pas la réplique surdramatisée sur "les enfants" de Cynthia Gani sans savoir qu'on cherche à manipuler le public. Et il y aurait un triste tas d'autres exemples en provenance de la RTS télévision et radio. 

Mais, autant j'ai peu de doute sur le cynisme de la stratégie commerciale de la direction de la RTS sur ce dossier, autant je crois que les journalistes enrobent leurs mensonges et manipulations d'un voile de morale. Probablement ont-ils besoin de croire absolument à la notion de pureté des jeunes. Tous les programmes de prévention sont organisés autour de ce mythe romantique. En réalité, ils sont violemment inefficaces pour les jeunes. Mais ils confortent les a priori idéologiques et moraux des décideurs qui avalisent ces programmes. Ils sont conçus pour être efficaces à obtenir des budgets, pas à être efficaces sur les jeunes. 

C'est ainsi que se reproduit mécaniquement un taux de tabagisme où près de la moitié des jeunes adultes fument. Les journalistes, pour des raisons d'ordre psycho-sociologiques sur lesquelles je fais l'impasse ici, embrassent ce qu'ils croient être le point de vue des décideurs. Ce rôle hybride entre chien de garde et caniche était patent dans le débat d'Infrarouge. En dénigrant le vapotage et en soutenant des mesures qui en entravent l'accès, ce ne sont pas seulement les 'vieux' fumeurs que ce camp anti-vape condamne à mort. C'est en premier lieu une large partie des jeunes qu'il pousse à ne pas avoir d'alternative à risque réduit au tabagisme. Mais ceci est invisibilisé par ce refoulement derrière l'alibi moral.

Un certain dégoût de l'abject

Cette duplicité perverse conciliant bonne morale ainsi que protection et reproduction du tabagisme traverse de part en part le service d'information de la RTS sur le sujet depuis plusieurs années. Son rôle a été déterminant dans la mise en place d'un rapport de force politique qui est sur le point d'aboutir aux lois scélérates anti-vapoteurs aux niveaux fédéral avec le projet de LPTab, et cantonal, à Genève par exemple. Je pense qu'on peut déjà leur concéder la victoire. La partie est jouée, même s'il reste quelques formalités de procédure. Le tabagisme Suisse va se maintenir encore au moins dix ans dans la continuité des dix années précédentes. L'ordre tabagique est sauf, le pseudo "principe de précaution" pour maintenir ses 10'000 décès annuels a prévalu.

Dans ce contexte, accepter l'accord de non-divulgation que voulait m'imposer la RTS n'aurait pas seulement été problématique en regard de mes activités de blogueur et associatives. Cette acceptation de la loi du silence m'aurait été une forme de complicité moralement intenable. Le mauvais traitement infligé par la RTS à la réduction des risques pour les fumeurs a imprégné, malgré moi, mon regard de leurs programmes de la couleur de l'abject. Je ne sais pas si j'arriverais un jour à lever ce dégoût.

lundi 25 novembre 2019

Un vapoteur Suisse a été malade en 2018: le Blick Tobacco et les anti-vapes toujours plus ridicules

Ce dimanche, le Blick a refait son coup préféré de la panique à partir de rien. En l’occurrence, un vapoteur aurait eu des problèmes respiratoires en 2018, et il aurait consulté à l'hôpital de Schaffhouse. Voilà. C'est la totalité des informations contenu dans l'article du Blick sur cette histoire. Le directeur de la pneumologie de l'hôpital de Schaffhouse ajoute qu’il ne s’agit pas d’un cas suspect lié à la cigarette électronique mais que c'est "assez clair".

Qu'a eu précisément le vapoteur pour que les médias nous en parlent? Fabian Eberhard, le journaliste du Blick, n'en sait rien. L'hôpital de Schaffhouse protège le secret médical. Mais cela ne l'a pas empêché de titrer son article: "Un second fumeur d'e-cigarette Suisse était à l'hôpital avec une intoxication". Ah..! En somme, il a eu le tort d'arrêter de fumer des cigarettes des sponsors du Blick. Qui agrémente son article d'un sur-titre aguicheur sur les décès de pneumopathies aux Etats-Unis, mensongèrement attribués au vapotage.

Le seul lien avec la vape, c'est la putasserie des médias Suisses

Le Blick, et les médias romands comme le Matin qui reprennent l'enfumage, passent sous silence que ce sont des produits frelatés du marché noir, où ont été poussés des consommateurs de cannabis par la prohibition, qui est la cause des malades aux Etats-Unis. Bien que même le Center for Disease Control a reconnu avec quatre mois de retard le rôle d'adultérants, notamment de l'huileuse vitamine E, dans les pneumopathies américaines.

Rien n'indique qu'il y a la moindre ressemblance entre les cas américains et le premier soi-disant cas médiatisé par le gourou anti-vape Macé Schuurmanns, la veille du vote au Conseil des Etats d'une taxe anti-vapoteurs. Comme le relève Phil Scheck, dans un billet en réaction à l'article du Blick, "la Télévision suisse-allemande SRF a dû admettre dans une déclaration sur son programme "Puls", dans laquelle le Dr Schuurmanns avait rapporté ce cas, qu'il n'y avait aucune indication fiable d'un cas d'EVALI [acronyme des cas de pneumopathies aux Etats-Unis] ni même un lien avec le vapotage en général dans cette histoire". Ceci n'empêche pas le Blick et les autres médias pro-cigarette de faire de nouveau l'amalgame à l'occasion de ce papier complètement vide et stupide.

Chasse aux sorcière pour protéger le only-tobacco cigarette en Suisse

De son côté, Laurent Nicod, président de l'Association des pneumologues, demande un fichier des vapoteurs en Suisse. Nous aussi, on veut bien que ce dossier médical soit examiné par des tierces parties. Mais qui va faire ces analyses au moment où Macé Schuurmanns et ses amis lobbyistes font la chasse aux sorcières contre les scientifiques s'intéressant à la réduction des risques face au tabagisme en Suisse?  Coupes des financements et loi du silence imposée aux chercheurs intéressés à une approche de réduction des risques face au tabagisme sous peine de se faire calomnier et flinguer sa carrière en Suisse.

Cette chasse aux sorcières et l'alliance entre cigarettiers et puritains rappellent évidemment l'histoire du Snus en Suisse. En 1991, sous le slogan "la nouvelle drogue qui va tuer nos enfants", le Blick était déjà le journal qui avait lancé une grande campagne de panique contre le Snus pour soutenir son interdiction demandée, au nom de la lutte anti-tabac, par Peter Hess, député démocrate-chrétien. Dix ans plus tard, une enquête de journalistes britanniques révélait que Peter Hess était en secret un agent de British American Tobacco (BAT). 

Les assassins associés

Aujourd'hui, on sait aussi que la Suède a divisé par quatre le taux des cancers liés au tabagisme, grâce au report sur la consommation de Snus de plus de 3/4 des fumeurs durant cette période. En réalité, c'est donc sa prohibition, jusqu'à mai dernier, qui a probablement tuer une partie des fumeurs Suisses. 9'500 personnes meurent du tabagisme chaque année en Suisse. Le Blick et les puritains en ont leurs parts de responsabilité. Les cigarettiers, les pharmaceutiques et leurs lobbyistes, ainsi que le Département de l'Intérieur continuent d'encaisser l'argent sanglant, sans aide pour les fumeurs qui tentent de s'en sortir.


vendredi 2 août 2019

Dérive: Facebook bloque un utilisateur après son partage d'un article du Dr Nau sur le vapotage

"A peine j'avais j'avais partagé l'article que mon compte a été bloqué". Pedro [identité connue de la rédaction] n'en revient toujours pas. Cela se passe sur le réseau social Facebook et l'article en question provient du blog  'Journalisme et santé publique' du Docteur Jean-Yves Nau. "Contenu inapproprié et signalement", justifie sans plus la multinationale pour le blocage du compte de Pedro. Il a pu le récupérer après un long interrogatoire en ligne et avoir expurgé la publication. Le papier déclencheur de la censure parle de vapotage et de réduction des risques. 

L'article en question "Cigarette électronique? N'ayez pas peur c'est le préservatif du fumeur! (publicité)" revient sur la polémique OMS-AFP à travers une lecture commentée d'un article d'Anaïs Moine sur le site aufeminin.com donnant la parole à Jacques Le Houezec. "Concilier plaisir et réduction des risques, là est sans doute le hic – du moins dans une société pour une large part fondée sur le concept de péché et de rédemption. Où l'on en vient, esprit d’escalier, à cette proposition de slogan pour l’exécutif: «Cigarette-électronique? Ne pas en avoir peur, c’est le préservatif du fumeur!»", conclue le Dr Jean-Yves Nau.

Purges facebookiennes

Vapotage et plaisir contre le tabagisme donc. Des thèmes aussi peu appréciés que l'Origine du monde par la plateforme. Comme dans le cas du tableau de Courbet, il est à noter que d'autres personnes ou pages ayant partagé cet article du Dr JY Nau n'ont pas eu à subir les foudres de l'inquisition de Facebook. L'hypothèse que Pedro a été victime d'un excès de zèle arbitraire d'un commissaire au contrôle de Facebook semble probable. Mais le contexte actuel sur Facebook parait plus que favorable à ce type d'abus. 

Ces derniers jours, le réseau social se livre à une véritable chasse aux sorcières en clôturant d'innombrables groupes traitant du vapotage. La purge dépasse largement le prétexte annoncé de l'accès aux mineurs, bien qu'elle semble jusque-là ne viser que les groupes tolérant des ventes, des dons et du troc entre usagers. 

Cependant, la modification des règles du réseau social donne beaucoup de latitude à Facebook pour censurer les publications au sujet du vapotage. Facebook ne le distinguant pas des produits du tabac, le vapotage se trouve désormais simplement assimilé aux drogues.

Plainte pour défendre la liberté d'expression sur Facebook

Or, les associations sur les questions de réduction des risques pour les drogues sont déjà sujettes à des accès de censure arbitraire de la multinationale de Mark Zuckerberg. L'Initiative Sociale sur la Narcopolitique (Społeczna Inicjatywa Narkopolityki - SIN) a d'ailleurs déposé plainte en mai contre Facebook pour violation de la liberté d'expression suite à la suppression de contenus de l'association de réduction des risques polonaise par le réseau social. Le site The fix nous informe que SIN a remporté une première manche dans sa bataille juridique face à la multinationale en juin. 

Incitation à la haine diffusée, incitation à la réduction des risques censurée

Facebook a montré moins de scrupule pour collaborer à de vastes manipulations de masse lors de différentes élections, comme l'explique clairement le nouveau documentaire The Great Hack, sur Netflix. Étroitement associé par ailleurs au milliardaire puritain Michael Bloomberg, dans son projet très avancé de mettre la main sur l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l'orientation idéologique de Mark Zuckerberg parait de moins en moins mystérieuse. 

Contrôle des contenus, incitation à la délation, censure arbitraire sans recours ni explication, déni des droits humains, le monde angoissant de Facebook tend à déborder dans le réel. Pour éviter les limitations des algorithmes ou les possibles coupes de Facebook, nous vous rappelons que vous pouvez vous abonner pour recevoir sans pub directement en mail les articles de Vapolitique (n'oubliez pas de vérifier que le mail de confirmation n'a pas atterri dans les spams de votre mail ;) ).

vendredi 27 juillet 2018

Surveillance politique: une équipe sino-américaine fiche 332 activistes de la vape sur Tweeter [MàJ]

Fruit d'une collaboration entre le Laboratoire clef d'Etat sur les nouvelles technologies de l'Université de Nanjing en Chine et le NORC de l'Université de Chicago aux Etats-Unis, un programme de surveillance des opposants aux campagnes anti-vapotage a livré ses conclusions. Publié dans la revue privée de l'Institute of Electrical and Electronical Engineers (IEEE), organisation internationale de professionnels des nouvelles technologies, les auteurs dénoncent une "même communauté pro-vapotage" derrière les critiques sur Tweeter aux campagnes américaines contre la réduction des risques à l'aide du vapotage. 

"Bien qu'il existe des preuves que le vapotage peut réduire les dommages pour les utilisateurs adultes qui réduisent ou arrêtent de fumer la cigarette combustible, et peu de preuves que les e-cigarettes causent des dommages à long terme, les défenseurs pro-vape ont utilisé cette base de preuves équivoques [sic!] pour s'opposer aux messages des campagnes médiatiques anti-vapotage, générant un volume très élevé de messages d'opposition sur les médias sociaux", constatent les chercheurs Qianyi Zhan, Sherry Emery, Philip Yu, Chongjun Wang et Yuan Liu.

Le programme de surveillance SORENTO

"Lorsque nous analysons le retour d'expérience des campagnes anti-vapotage, il est crucial de classer le public en différents groupes en fonction de leurs attitudes et de leurs affiliations. Dans cette perspective, nous proposons dans cet article de poser le problème de la "Détection de la Communauté sur l'Audience des Campagnes Anti-vapotage" [“Community Detection on Anti-vaping Campaign Audience”] (CODEVAN), et pour le résoudre de concevoir l'algorithme  de "détection de communauté basée sur SOcial, REpost et RelatiOn de coNTenu [“community detection based on SOcial, REpost and coNTent RelatiOn”] (SORENTO)", exposent les spécialistes en ingénierie informatique. 

Leur article explique comment le programme de surveillance et d'analyse SORENTO calcule les "scores d'intimité" des utilisateurs en fonction de leurs relations sociales, des republications et des similitudes de contenu. Selon l'équipe sino-américaine, la détection par SORENTO démontre que "les messages critiques sont principalement postés par une même communauté provapotage".

332 activistes fichés

Les spécialistes de la surveillance précisent avoir identifié 332 activistes en faveur de la réduction des risques. Pour cela, ils ont fait éplucher les tweets autour de trois campagnes américaines anti-vapotage en 2015. Celle californienne de mars à juin "Still blowing smoke", celle de Chicago "Vaping truth" de décembre à février 2016, et celle nationale au long de l'année du Center Disease Control (CDC) "Tips for former smokers". Ils ne détaillent pas la liste des 332 opposants dans l'article, mais livrent tout de même les noms de quelques uns dans leurs graphiques. Clive Bates, spécialiste de santé publique de renommée mondiale, côtoie le compte d'A Billion Lives, du documentaire éponyme, l'actif VapingIT ou le compte de la regrettée Agent Ania (RIP)...

"Similaire à d'autres applications en réseau hétérogène, les algorithmes de détection de communauté prennent également d'autres caractéristiques en compte et utilisent la classification des sentiments pour améliorer la détection de la communauté et le classement de la communauté pour permettre une analyse approfondie des données des sentiments", expliquent les promoteurs de SORENTO. La logique de fichage de SORENTO n'est pas sans rappeler celle du vaste programme de surveillance comportementale expérimenté en grandeur nature en Chine sous le nom de "crédit social", auquel l'Obs du 12 juillet a consacré un dossier.

De SORENTO au "Crédit social"

"La Chine de Xi Jinping s’est engagée dans un ambitieux et inquiétant projet de contrôle social bâti sur les technologies de pointe. Objectif : surveiller et régir la vie de 1,4 milliard de Chinois pour instaurer un totalitarisme sophistiqué. Un “modèle” qui pourrait inspirer d’autres pays", explique Ursula Gauthier, journaliste en Chine durant six ans avant son expulsion. Par l'agrégation de données informatiques et du suivi par vidéo-surveillance, le programme du "crédit social" entend noter les individus selon leur degré de "fiabilité sociale".

Ursula Gautier, de l'Obs, sur BFM le 24 juillet à propos du programme crédit social en Chine

Fichage et soft-censure

Dans ce contexte, il est quelque peu inquiétant de voir une organisation comme l'IEEE publier un article d'une équipe chinoise et américaine ayant développé et utilisé un programme de fichage d'activistes pour leur seule opinion de politique de santé publique. Inquiétant d'une part sur les méthodes non seulement envisagées, mais visiblement déjà en pratique, par le réseau anti-réduction des risques autour de l'oligarque Michael Bloomberg et de l'establishment du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. A leur Sommet au Cap au printemps, plaçant le vapotage comme nouvelle cible prioritaire de la lutte anti-tabac, ils avaient fait expulser les délégués de Taïwan pour satisfaire la Chine.

Inquiétant également, les futures utilisations contre d'autres groupes sociaux de la technique de surveillance développée et mise au point contre les défenseurs du vapotage, sans réaction des groupes de défense des libertés civiques. Enfin, inquiétant dans les mesures à court terme prises par les propriétaires des réseaux sociaux, dont il est clair que les algorithmes peuvent restreindre de manière furtive la diffusion des messages de comptes black-listés, comme le reconnaissait Facebook cette semaine dans un article de Libération. L'opposition à la liberté des fumeurs de préférer le vapotage a décidément de plus en plus un sale goût de dystopie orwellienne.

Sur le financement du programme SORENTO - MàJ 28-07-2018

L'article publiée dans la revue de l'IEEE spécifie avoir reçu des financements du Fundamental Research Funds for the Central Universities de Chine, à travers deux subventions JUSRP11852 et NSFC 61672264. Ainsi que de la National Science Foundation américaine à travers quatre programmes de subventions référencés IIS-1526499, IIS-1763325, CNS-1626432 et NSFC 61672313. L'IIS-1526499 pour 499'999 $ et le CNS-1626432 pour 599'536 $ sont financés par l'Université de l'Illinois Chicago. Je n'ai pas réussi à retracer les deux autres, sans avoir pu y consacrer suffisamment de temps.... Enfin, les auteurs ont aussi bénéficié des bourses du National Key Research and Development Program of China, No. 2016YFB1001102 et NSFC 61502227. A creuser peut-être...



mercredi 25 juillet 2018

[couic] L'Etat italien bloque le forum de vapoteurs Svapo.it


Depuis aujourd'hui, Svapo.it n'est plus atteignable aux ordinateurs dont les adresses électroniques (ip) se situent en Italie. Le forum regroupant près de 45'000 vapoteurs est toujours en ligne, mais les services de l'Etat bloquent son accès. Le 4 juillet dernier, l'Agence des Douanes et du Monopole avait listé Svapo.it dans les sites en violation de son monopole de distribution de produits de vapotage. Bien que le forum ne vende rien, le Monopole l'accuse "d'offre interdite" mais sans autre précision. Aujourd'hui, sur son compte Facebook, Svapo.it rappelle "n'avoir aucune activité commerciale, mais seulement mettre en contact de nombreux passionnés"

L'usage de VPN permet de contourner un tel dispositif de blocage en offrant une adresse ip délocalisée à un ordinateur. Mais la mesure condamne le forum à se couper d'une importante catégorie de destinataires: les vapoteurs débutants cherchant des conseils techniques et pratiques. Avec ce blocage, le Monopole du tabac franchit une étape supplémentaire en s'attaquant directement à l'entraide entre utilisateurs. L'accès à de nombreux sites de ventes de produits de vapotage était déjà bloqué aux italiens par le Monopole. C'est la première fois qu'il bloque l'accès à un forum de discussion sur le sujet.

lundi 9 juillet 2018

[Bref] En Italie, le Monopole du tabac menace de bloquer un forum de vapoteurs

Depuis décembre dernier, l'Agence des Douanes et du Monopole du tabac (AAMS) bloquent des sites internet pour "violation constatée d'offre de tabac ou de produits liquides d'inhalation sans combustion". Autrement dit, des sites de vente de tabac ou de liquide de vape, y compris sans nicotine, en vertu du décret lui octroyant le monopole de distribution et en interdisant la vente à distance. Jusque-là, les listes publiées régulièrement visaient effectivement des boutiques de vapotage en ligne. Mais la dernière parue sur le site du Monopole le 4 juillet annonce le futur blocage de deux sites faisant office de blogs et forums de discussion dans les 15 jours "à partir de la publication de ce communiqué, si l'offre interdite n'est pas enlevée". 

Le premier consacré à des produits de tabac se nomme Rolling Tobacco, le second Svapo.it regroupe près de 45'000 vapoteurs. Sur celui-ci, dans la rubrique dédiée à des boutiques en ligne, nous n'avons constaté aucune offre de liquide. Le document du Monopole ne dit pas quelle "offre interdite" précise doit être enlevée pour chacun des sites visés. "À la suite de signalements reçus à ce bureau, il a été constaté la présence sur les sites web répertoriés d'offre interdite", se borne à expliquer le Monopole pour justifier ce qui s'apparente à une condamnation sans appel possible. Parmi les sites listés, la boutique en ligne Svapem.it est déjà offline.

Des descentes policières au même prétexte ont eu lieu, notamment en mars à la Vapor Expo de Forlì, alors que le vendeur faisait payé 5€ ses liquides pour couvrir les frais de taxes (taxe anti-vape et la TVA dessus) sans bénéfice pour lui. Opération commerciale qui n'a rien d'illégale mais dont le prix n'était pas assez élevé au goût des autorités italiennes.

Essor du tabagisme

Le contrôle de la distribution des liquides de vapotage a été remis à l'Administration des Douanes et du Monopole suite aux rentrées fiscales jugées décevantes les années précédentes. Des 115 millions € escomptés, la surtaxe de 4 € par fiole de 10 mL n'a rapporté à l'Etat que 4 millions € en 2016. Trop peu aux yeux des gouvernants qui ont imposé le régime du Monopole aux liquides de vapotage, en interdisant aussi la vente par internet. Depuis l'instauration des taxes, le secteur est en récession et les statistiques de l'Instituto Superiore di Sanità (ISS) montre un recul du nombre de vapoteurs accompagné d'une hausse des fumeurs, repassés au dessus de la barre des 12 millions cette année en Italie. 

Le modèle italien appliqué à l'Europe ?

Le Commissaire européen à la santé, le lituanien Vyrtenis Andriukaitis, avait évoqué en novembre au site Euractiv la possibilité d'un durcissement similaire au niveau de l'Union Européenne. Depuis, la Commission des taxes a lancé une consultation publique jusqu'au 3 septembre envisageant d'imposer une surtaxe minimale contre la vape à l'ensemble des pays. Une mobilisation lancée par 16 organisations d'usagers et de réduction des risques appellent à répondre à la consultation et signer une pétition en ligne s'opposant à une telle surtaxe. Pour le moment, en plein été, la mobilisation reste faible avec seulement un peu plus de 16'000 signatures collectées en dix jours.




jeudi 10 mai 2018

[Bref] Youtube élimine des vidéos de vape, après celles sur le CBD

Ce matin, Youtube a effacé sa revue sur la vapoteuse Juul puis bloqué toute nouvelle publication pour trois mois en punition de la chaîne Daily Vape TV. "Nous avons déterminer qu'elle violait notre charte", se borne à dire en guise d'explication Youtube dans son message au reviewer. Aucun avertissement préalable ne lui a été signifié avant cette décision. Depuis quelques mois, des rumeurs circulent sur la préparation d'une chasse contre les vidéos sur la vape de la part de la plateforme américaine de vidéo en ligne. L'offensive semble être déclenchée, sans que personne ne sache qu'elle va être sa portée ni ses critères pour laisser ou éliminer les vidéos et les chaînes. L'hystérie américaine contre la Juul qui a pris 55% du marché du vapotage en kiosque - qui ne représente cependant qu'environ 20% du marché global du vapotage aux USA -, aux produits des cigarettiers n'est probablement pas étrangère à ce blocage. Même si aucune explication claire de Youtube ne permet de savoir les raisons réelles du blocage de la vidéo de Daily Vape TV.

Cannabis et France Télévision auparavant

Ces dernières semaines, Youtube a déjà effacé un nombre considérable de vidéos informatives sur le CBD sans que personne ne sache les raisons de cette razzia, ni les critères de censure. "Les motifs de YouTube [pour fermer des comptes] ne sont pas non plus clairs pour les créateurs des chaînes. La communication est difficile, voire impossible", explique le site Leafly ce 24 avril. Un chroniqueur explique que la plateforme ne laisse que 500 caractères pour expliquer son opposition aux décisions de Youtube. "Il semble que  ce soit des bots qui examinent les appels, parce qu'ils sont renvoyés en quelques minutes", précise Kord Tagley, un autre reviewer victime de la censure sans avertissement de Youtube ces dernières semaines.

Du côté des créateurs de vidéos sur les questions liées au cannabis, plusieurs ont émigré vers des plateformes avec moins de censure arbitraire, telles que Rutube.ru, dailymotion.com, la chaîne réservée aux adultes pornhub.com ou spécialement dédiées au cannabis comme TheWeedTube.com.

Auparavant, Youtube avait déjà éliminé des reportages sur l'arrêt tabagique et la réduction des risques avec la vape à la demande de France Télévision, probablement en raison de la loi Touraine de censure contre le vapotage en France. 




lundi 4 septembre 2017

[Expresso] Alors qu'il amende des vapoteurs sur internet, l'Etat belge vend de la vape en ligne

A 19€ le kit débutant Justfog Q16, le tarif est très concurrentiel. L’incongruité est que le vendeur en ligne est non seulement belge, mais que c'est l'Etat belge lui-même. Précisément, le site du ministère des finances Finshop.belgium.be qui violait ainsi l'Arrêté Royal entré en vigueur le 17 janvier dernier interdisant, entre autres restrictions, la vente de produits de vapotage à distance. Alerté par un de leur auditeur, la chaîne VTM-Nieuws s'est étonnée hier de cette étrange vente. Le ministère des finances a retiré l'article de sa page de vente et s'est excusé. "L'erreur est humaine", explique Francis Adyns, porte-parole du Ministère des finances, à la télé flamande (vidéo plus bas). Il annonce que les clients seront remboursés à défaut de pouvoir vapoter et arrêter de fumer avec ce kit pour débutant. 

Menaces et amende pour les vapoteurs sur internet

Cette anecdote intervient alors l'Etat a lancé ces dernières semaines une offensive très agressive contre la vape belge sur internet. Des groupes d'entraide et des chroniqueurs ont d'abord été menacés au cas où ils continueraient de publier sur le vapotage. Puis la semaine dernière, un compte facebook lié aux magasins e-life.be était amendé de 40'000 €. Le Ministère de la santé a refusé tout commentaire à la fois sur cette vague de répression et sur les ventes du Ministère des finances. Les services de Maggie de Block ont toutefois annoncé qu'ils allaient communiquer sur les règles belges de censure contre le vapotage sur internet cette semaine.

Une politique incompréhensible

Comme l'illustre cette mise en vente sur Finshop.belgium.be, même les fonctionnaires ne saisissent pas l'absurdité de la politique anti-vape en Belgique. Les services de Maggie de Block chassent avec plus d'ardeur les vapoteurs qu'ils n'agissent pour réduire le tabagisme. Ceci alors que son collègue Ministre des Finances, Johann Van Overtveltd, espère une relance des ventes de cigarettes pour remplir les caisses de l'Etat. Il estime à 151 € millions le manque à gagner en 2016 sur les taxes du tabac. Au moment où le vapotage, profitant de la légalisation par le Conseil d'Etat de la vente de liquides nicotinés en 2016, a permis à des centaines de milliers de belges de s'évader du tabagisme. 

Mais qui vise à relancer les ventes de cigarettes

Soutenu par une récente campagne passablement fumeuse du quotidien le Soir, le Ministre des finances planche sur l'instauration d'une taxe punitive contre les vapoteurs. Un débat sur la radio RTBF 1ère a donné à ce sujet la parole à Luk Joossens, sociologue anti-tabac, Tanguy Doucenet, de l'Union Belge pour la Vape (UBV-BDB) et du psychiatre Vincent Lustygier le 25 août. Les propos de ce dernier en direct sont sensiblement différents que ceux que lui avait attribué la veille le quotidien bruxellois, connu pour sa haine des vapoteurs. Du côté des défenseurs du vapotage, le recueil de fonds pour porter la contestation de l'Arrêté Royal en justice se poursuit sous la forme de ventes de T-shirts.

Bekijk meer video's van vtmnieuws op nieuws.vtm.be


mardi 22 août 2017

Belgique : 40'000 € d'amende pour la page facebook E-life

"Après 18 ans de tabagisme, j'ai arrêté depuis un mois grâce à la vape. J'aurais dû le faire bien plus tôt. Merci pour votre service et vos explications à chaque fois". Youri, à l'instar de dizaines d'autres vapoteurs flamands, témoigne de son soutien au facebook de E-life.be depuis cet après-midi. L'élan de sympathie pour le compte a été déclenché par une amende de 40'000€ infligée pour "publicité en ligne" par le Service Public Fédéral Santé (SPF). Un inspecteur a dressé un procès-verbal pour l'infraction sur la base de l'Arrêté Royal du 19 mai dernier, précise le courrier en recommandé du SPF. "Depuis 18 mois, nous faisons de notre mieux pour vous aider à arrêter de fumer et vous conseiller sur l'utilisation du vapotage. (...) Pour fêter cet anniversaire, le SPF nous a envoyé un cadeau. Il n'est pas très sympa. C'est une amende de 40'000€", explique le facebook d'E-life.be. 

La liberté d'information au tribunal ?

Le mois dernier les troupes de la Ministre Maggie de Block menaçaient déjà des groupes d'entraides de vapoteurs belges sur les réseaux sociaux. Cette fois-ci, le SPF frappe et E-Life.be se prépare à devoir aller en justice. "Nous espérons que nous pourrons non seulement gagner notre affaire, mais aussi permettre de clarifier la législation, dont les interprétations sont très troubles, afin que les consommateurs belges et les propriétaires de magasins ne soient plus victimes de discrimination par leur propre gouvernement", annoncent t-ils. 

Après l'interdiction de vente en ligne laissant les vapoteurs hors centres urbains démunis pour s'approvisionner, l'Etat fédéral belge accentue encore sa guerre au vapotage. En amendant le droit d'informer, il entrave en conséquence celui des usagers d'être informés et aidés. Partager un spot sur les dangers du tabagisme, donner des informations sur le matériel de vapotage ou des conseils et précautions pour leur usage, diffuser des articles, certes ni de la RTBF ni du Soir, sur les manœuvres de l'industrie du tabac et les politiques de lutte anti-tabac hors de l'Union Européenne... sont, semble t-il, des choses désormais délictueuses en Belgique.

Join the resistance

De son côté, l'Union Belge pour la Vape (UBV-BDB) s'apprête à lancer un recours contre l'Arrêté Royal, sur lequel se base le SPF pour interdire, entre autres limitations et interdits, l'information sur le vapotage. "Nous avons entamé un recours envers l'Arrêté Royal. Pour pouvoir payer les frais d'avocats, nous faisons une vente de T-shirt", annonce l'association d'usagers à la recherche de fonds

La relance fédérale du tabagisme

La chute du tabagisme corrélée à l'essor du vapotage au plat pays n'est pas du goût du Gouvernement qui enregistre un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d'euros en taxes sur les ventes de tabac. Le Ministre des finances Johan Van Overtveldt a fait de la relance du tabagisme une de ses propositions pour renflouer les caisses de l'Etat. Son parti, le N-VA milite pour aussi interdire les arômes et taxer les vapoteurs afin d'endiguer l'engouement pour le vapotage. La bataille du droit d'arrêter de fumer n'est pas terminée en Belgique...






















edit 23-08-2017 à 9h30: correction à propos du PV du SPF, qui s'appuie sur l'Arrêté Royal de mai 2016

jeudi 10 août 2017

[Expresso] France: Philip Morris profite de la censure et du dénigrement contre la vape pour promouvoir sa cigarette Iqos

C'est une petite bombe que lâche ce matin le site Vaping.fr. L'enregistrement du recrutement téléphonique d'un "ambassadeur" par Philip Morris pour "faire la promotion" de sa nouvelle cigarette Iqos en France. La recruteuse du cigarettier est claire sur la tactique de contournement de la loi Evin. "Les restrictions législatives font qu'on ne peut pas faire de publicité pour du tabac, du coup il faut faire interagir votre réseau", explique t-elle dans une des conversions enregistrées. A l'image de sa stratégie de marketing testée en Suisse, le cigarettier prévoit des soirées "événements", des présentations en public, des groupes privés sur les réseaux sociaux et de la chasse directe. "Ce sera chaud pour vous et vous ne pouvez pas en faire la publicité vraiment", précise la recruteuse au postulant. Et de préciser que le futur chasseur de Philip Morris aura une enveloppe dédiée de plusieurs centaines d'euros, pour inviter des personnes à boire un verre ou autres, en vue de leur placer la cigarette Iqos. Le modèle semble proche de la campagne de chasse aux fumeurs d'Iqos mis en place par Philip Morris en Suisse.


Surfer sur la propagande des anti-vape

La stratégie de marketing du cigarettier vaudois entend bien profiter de la censure imposée aux produits de la vape par la loi Marisol Touraine, qui interdit "publicité et propagande" pour le produit sans tabac ni combustion en France. Tandis que sa cigarette de tabac Iqos produit de la pyrolyse comme nous l'avions expliqué sur la base des documents de Philip Morris et d'une étude indépendante lausannoise. Les campagnes de dénigrement du vapotage à répétitions par certaines organisations soi-disant anti-tabac, largement relayées par les médias à sensation, ont semé le doute dans la population des fumeurs contre la vape. Du pain béni pour Philip Morris qui va donc lancer une grande campagne de promotion de son nouveau produit pour récupérer sa clientèle perdue ces dernières années au profit de la vape. La mise en place d'une armée d'agents recruteurs en est un élément. 

La Ministre doute et donc n'existe pas

Pendant ce temps, la Ministre de la santé Agnès Buzyn préfère continuer de "douter" de l'intérêt de stratégie anti-tabac intégrant le vapotage, à l'image de celle britannique où le nombre de fumeurs s'est réduit de 20% depuis 2011. Le "doute", pour ainsi dire ce second produit de l'industrie cigarettière...





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