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lundi 20 juillet 2020

Consultation au plan anti-cancer de l'UE : la réduction des risques massivement soutenue

Près de 20 % des contributions sur le projet de plan anti-cancer de l’Union Européenne préconisent la réduction des risques. « Une contribution sur six recommande des politiques qui encouragent les fumeurs à l’usage de produits de nicotine à risque réduit, tels que le vapotage », précise I-Com, un think tank libéral italien qui a analysé les réponses à la consultation publique lancée en février. L’institut, basé à Rome et financé par des entreprises, dont des multinationales de la pharmaceutique, voit l’émergence d’un fait social. Son analyse fait ressortir quatre thématiques parmi les 384 contributions, « un nombre record de participations »

  • Les quatre thèmes articulés peuvent se résumer à encourager les options à risques réduits par une politique globale pragmatique et faisant preuve de compassion, mais s’appuyant sur les données scientifiques pour éclairer les choix individuels en collaboration avec la société civile.
Pour repères, l’organisme créé par l’économiste italien Stefano Da Empoli en 2005 rappelle que 40 % des résidents en Europe seront affectés d’un cancer durant leurs vies. « Le tabac est responsable d’approximativement 25 % des décès liés aux cancers ». L’alcool serait lié à 400 000 décès prématurés par an, tandis que la pollution de l’air contribuerait à près de 3,2 millions de morts prématurées.

Encourager des options à risques réduits

Un premier thème est l’incitation des citoyens à adopter des modes de vie plus sains. « Les autorités publiques et les gouvernements nationaux devraient intervenir afin de définir des stratégies intersectorielles respectant le cadre de “la santé dans toutes les politiques” et mettre en œuvre des politiques actives qui permettent aux gens de mieux choisir des options de modes de vie », rapporte le factsheet d’I-Com. 

Cette approche passe aussi par les parties prenantes sur le terrain, qui doivent reconnaître « la réduction des risques au sein des stratégies de santé pour lutter contre les inégalités en matière de santé et défendre la justice sociale. Les modes de vie sains ne sont pas seulement une question de volonté, mais aussi d’opportunité. La législation peut donc avoir un impact profond sur le comportement de la population ».

Plus de pragmatisme et de compassion

Un second thème mis en lumière est d’intégrer « des solutions pragmatiques et faisant preuve de compassion » dans les politiques de santé. « La réduction des dommages est pragmatique et se concentre sur les risques et les dommages plutôt que sur l’abstinence, en cherchant à maximiser les avantages pour la santé, réduire au minimum le coût pour la santé publique et fournir une solution face aux inégalités de santé dans le monde. Les stratégies de réduction des risques devraient être “personnalisées”, centrées sur le patient et incluses dans les programmes de prévention, d’assistance et de suivi », résume le think tank.

S’appuyer sur les données pour favoriser les choix éclairés

Une stratégie cohérente et efficace se doit d’être éclairée. « Des mesures doivent être prises non seulement pour monitorer le marché, mais aussi pour le modeler selon le développement des connaissances scientifiques. Les choix individuels faits sans une approche cohérente de réduction des risques pourraient aggraver les problèmes posés par le tabac, l’alcool et d’autres produits. Alors que l’effet global des choix éclairés pourrait apporter une contribution importante à la santé publique »

Enfin, le think tank souligne comme quatrième axe la coopération entre sphère publique et sphère privée. « Les députés du Parlement européen, la Commission européenne, les États membres et les organisations non gouvernementales (ONG) peuvent tous contribuer à élaborer un plan efficace pour vaincre le cancer », assure I-com, qui annonce organiser un événement sur le sujet fin septembre au Parlement européen. 


jeudi 14 septembre 2017

[Ristret'] La chasse aux sorcières pousse les vapoteurs à fuir les études

"J'ai eu le cœur brisé d'entendre cela de certains vapoteurs. La désinformation et la diffusion de la peur contre le vapotage ont atteint une telle intensité qu'ils fuient la recherche. Après leur avoir parlé, il est difficile de critiquer leur raisonnement". Suzi Gage, de l'Université de Liverpool, est dépitée et inquiète dans sa dernière chronique au Guardian. A la recherche de vapoteurs pour une étude sur la méthylation de l'ADN - un biomarqueur connu pour changer l'expression des gènes avec le tabagisme et qui peut être signe précoce de risques, notamment de cancer -, son équipe fait face à deux difficultés. Trouver des vapoteurs n'ayant jamais fumé pour analyser la méthylation de leur ADN hors d'une influence liée au tabagisme, et, d'autre part, la désaffection de la communauté envers les études scientifiques.

"Les vapoteurs réguliers sans passé tabagique sont extrêmement rares (...). En plus de cela, un problème inattendu est la réticence des membres actifs de la communauté du vapotage pour aider à recruter. Ils déclinent leur aide en raison de la peur que les résultats de l'étude servent de nouveau à répandre une image négative du vapotage et des vapoteurs par les tenants d'un agenda politique", explique Suzi Gage. Il y a pourtant un besoin de recherches sérieuses sur le vapotage, notamment sur la question d'éventuels risques à long terme de son usage. Mais la guerre anti-vapoteurs d'une partie des leaders d'opinion de la santé publique a brisé leur confiance. 

"Ce désaccord [entre anti-vapes et défenseurs d'une approche de réduction des méfaits] s'étale dans les médias, générant une image floue des connaissances (et des lacunes) sur le vapotage. Les vapoteurs se sentent persécutés et les fumeurs croient à tort qu'il est inutile d'essayer de passer au vapotage que les médias prétendent aussi dangereux que de fumer", constate la chercheuse en psychologie et épidémiologie. Illustration de ce retrait social des vapoteurs, cet été le site américain Vaping 360 n'hésitait plus à appeler au boycott de certaines recherches malintentionnées. 

"Le vapotage a besoin de science honnête. Mais nous n'en avons plus aux Etats-Unis", regrette Jim McDonald. Echo italophone, dans un article hier dans SigMagazine, Barbara Menitti souligne: "une chose doit être claire pour tout le monde, médias et communauté scientifiques en premier lieu: le climat de chasse aux sorcières ne fait de bien à personne".


mercredi 25 janvier 2017

[Expresso] La primaire de l'OMS se déroule au secret - MàJ

En ce moment même, les 34 représentants des Etats membres du Conseil exécutif de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pré-sélectionnent à huis clos trois candidats pour l'élection finale en mai prochain au poste de Directeur général. Cinq postulants sont encore en lice pour prendre la succession en juillet de Margaret Chan, qui dirige l'OMS depuis 2007. Le site de l'organisation onusienne précise que cette élection ainsi que les entretiens et les débats ne seront pas retransmis. "Le processus de désignation du prochain directeur général de l'OMS est très politique", explique le journaliste Alain Jourdan dans la Tribune de Genève d'hier.

Au 1er tour lundi, le hongrois
M Szocska a été éliminé
Les cinq candidats à la candidature sont le français Philippe Douste-Blazy, l'italienne Flavia Bustreo, le britannique David Nabarro, l'éthiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus et la pakistanaise Sania Nishtar. Toujours selon Alain Jourdan, les cinq candidats ont leur chance et il est "impossible de faire des pronostics". Il est également impossible de suivre le processus. Pourtant, la nomination à ce rôle aura des conséquences importantes pour les orientations de santé publique. Notamment, sur la question du respect au droit de protéger sa propre santé pour les fumeurs à l'aide du vapotage. 

A New Delhi en novembre dernier, ce droit humain a été largement bafoué par la dernière CoP7 de l'OMS sur le tabac à l'initiative du Brésil et de l'Inde. Soutenus par la Thaïlande, le Kenya et le Nigeria, les deux pays principaux fournisseurs de tabac au reste du monde hors-Chine - qui a un marché du tabac fermé - ont fait le forcing pour promulguer une interdiction totale mondiale de la vape. Malgré les pressions à huis clos, les délégations du Royaume-Uni, de l'Union Européenne et du Canada ont refusé, devant le manque flagrant de données scientifiques, de souscrire à cette nouvelle guerre aux vapoteurs.

Mise à jour 25-01-2017 à 18h50 : Les trois élus sont Tedros Adhanom Ghebreyesus, Sania Nishtar et David Nabarro.
Philippe Douste-Blasy et Flavia Bustreo sont éliminés.

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