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mardi 22 septembre 2020

Ma saisine au CSA concernant le film de propagande anti-vape d'ARTE

La semaine dernière, j’avais alerté sur l’imminence de la diffusion d’un film à charge contre la réduction des risques par la chaîne Arte. Il est en ligne depuis hier et il sera diffusé ce soir à l’antenne. Les critiques que j’avais formulées la semaine dernière se révèlent malheureusement justes, et d’autres séquences aggravent le caractère trompeur et la charge de désinformation du film. Voici ma saisine envoyée au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) concernant ce film. Les illustrations sont ajoutées.

Chacun peut déposer une saisine sur le site du CSA : https://www.csa.fr/Mes-services/Alertez-nous-sur-un-programme2

Le nom de la chaîne concernée : Arte VOD

Le nom du programme ou de la publicité :  « Cloper sans fumée, la nicotine revisitée »

Motifs :

Le film « Cloper sans fumée, la nicotine revisitée », présente plusieurs affirmations trompeuses pouvant porter préjudice au public, notamment les personnes qui fument, les personnes qui ont arrêté de fumer à l’aide du vapotage, les professionnels sociaux et sanitaires aidant à l’arrêt tabagique, les bénévoles pairs aidants œuvrant à l’arrêt tabagique, et au-delà à l’ensemble de la société en attentant à l’information de santé publique concernant la principale cause de maladies et de décès évitable. Son propos est violemment orienté, présente des propos erronés sans éclairage, présente des intervenants de manière trompeuse, ment par omission sur de nombreux points. Ce film aura pour conséquence des malades et des morts qui étaient évitables avec une information honnête et loyale sur la réduction des risques face au tabagisme.

Cette saisine concernant la diffusion online sur le site d’Arte du film, confirme les éléments précédemment communiqués au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) concernant sa bande-annonce diffusée la semaine précédente. De nouveaux éléments aggravants sont apparus lors de la diffusion du film complet.

1. Il est factuellement faux d’accuser le vapotage, entendu au sens courant en français et en allemand comme vapotage avec nicotine, pour la vague de pneumopathies, dites Evali, aux États-Unis dont il est établi qu’elles étaient liées à des produits frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC. Cette séquence, à partir de la minute 26, du film est gravement trompeuse. Le témoin Daniel Ament [edité, faute dans le nom] a dans la presse américaine reconnu avoir consommé des produits du marché noir du THC, qui n’ont rien à voir avec le vapotage, et qu’il n’a pas acheté dans un magasin de vape comme le film le fait croire aux téléspectateurs (propos de mn 31 à 32). 

Plusieurs analyses scientifiques ont conclu à la mise en cause de l’acétate de vitamine E dans ces pneumopathies. Il a été utilisé par les dealers du marché noir pour remplacer (en partie) l’extrait de cannabis dans les produits de THC. L’acétate de vitamine E, produit lipidique, n’est pas miscible avec la nicotine, de base aqueuse. Aucun produit de vapotage nicotiné du marché légal ne contient de l’acétate de vitamine E. Il est fort improbable que des e-liquides nicotinés même du marché noir, créés par des réglementations anti-vape dans certains pays, puissent en contenir (1).

Elle induit les téléspectateurs en erreur à double titre et avec des conséquences délétères possibles pour plusieurs groupes sociaux distincts : 

En cachant que les pneumopathies américaines étaient liées à des produits frelatés du marché noir du THC américain, des consommateurs de THC ne sont pas avertis des risques qu’ils encourent à l’image de ce qui est arrivé à Daniel, le témoin du film. Le film d’Arte augmente les risques d’intoxications similaires en trompant le public sur sa véritable cause. Cette désinformation est une mise en danger des consommateurs de THC.

Des consommateurs de vapotage qui croiraient cette séquence pourraient arrêter de vapoter au risque de retomber dans le tabagisme. Cette désinformation est une mise en danger de personnes ayant arrêté de fumer en risquant leur rechute par arrêt de la substitution nicotinique.

Des fumeurs seront convaincus de ne pas essayer d’arrêter de fumer avec le vapotage. Cette désinformation est une mise en danger des fumeurs trompés sur un moyen efficace de sortir du tabagisme.

Les professionnels socio-sanitaires et les pairs aidants œuvrant à l’arrêt tabagique voient leur travail saboté par cette désinformation.

Le devoir journalistique de délivrer une information rigoureuse est violé de manière flagrante sur cette séquence. Il est impératif que le CSA oblige Arte à rectifier avec la même publicité que le film lui-même cette fausse information. Le film en donnant une information fausse sur ce cas augmente les risques du public à suivre l’exemple de Daniel, son témoin, et ne pas se prémunir du réel danger de produits frelatés du marché noir du THC, tout en se méfiant à tort de produits de réduction des risques face au tabagisme. C’est une grave faute éthique qui risque de provoquer des morts, soit par utilisation de produits frelatés, soit par utilisation de cigarettes.

2. Il est factuellement faux d’accuser le vapotage d’être aux mains des cigarettiers. Cela semble diffamatoire pour les marques indépendantes qui représentent plus de 85 % du marché en France selon l’institut Xerfi.

3. Il est factuellement faux de dire que le but des vendeurs de vapotage est de pousser les jeunes au tabagisme. C’est à la fois un procès d’intention diffamatoire et dans la réalité, il se passe l’inverse. Le tabagisme juvénile recule y compris en France. Une étude de l’OFDT a montré que les jeunes ayant essayé le vapotage ont 38 % de risques en moins d’être fumeurs à 17 ans que les autres jeunes (2).

4. Il est factuellement faux et méprisant de dire que le vapotage empêche d’arrêter de fumer. Les données de l’Eurobaromètre 458 mené en mai 2017 montrent qu’il y a 7,5 millions d’Européens qui ont arrêté de fumer grâce au vapotage (3). Santé Publique France a évalué à 700 000 personnes en France ayant arrêté de fumer de manière consolidée et attribuant leur arrêt à leur recours au vapotage entre 2011 et 2017. Les données au Royaume-Uni, en Islande et dans d’autres pays, de manière moins spectaculaire avec des autorités créant un climat hostile à l’arrêt tabagique, vont dans le même sens. Nier l’existence de millions de vivants est une forme de négationnisme honteuse et sanglante dans ces conséquences pour les fumeurs de la part des auteurs de cette théorie aberrante.

5. Il est mensonger d’affirmer que la nicotine présente plus de dangers que l’héroïne. C’est un propos complètement insensé et délirant.

6. Il est mensonger d’affirmer qu’il est avéré que le vapotage est cancérigène. La séquence avec les chercheurs affirmant cette hypothèse basée sur des essais aux conditions contestées sur des souris transgéniques, connues pour développer des tumeurs spontanément, aurait dû être accompagnée d’un avis éclairé sur le sujet. Les publications des chercheurs interviewés sont de fait la risée du monde scientifique en raison des faiblesses de leur protocole (4). Attribuer le risque cancérigène aux traces de nitrosamines, que l’on trouve également dans les substituts nicotiniques pharmaceutiques alors que nous avons 40 ans de recul sur leur sureté, est de l’enfumage sensationnaliste de bas étage indigne. Ne pas modérer ces propos ridicules scientifiquement est une entorse déontologique au respect du droit à une information loyale pour le public.

La méta-analyse la plus sérieuse sur les risques cancérigènes comparés montre que vapoter représente un risque de 0,4 % par rapport à celui de fumer. Le propos du fil d’Arte est au moins à 99,6 % erroné.

7. Le témoignage de Stanton Glantz est mensonger à plusieurs reprises. À la mn 32, ses affirmations concernant un « risque de crise cardiaque » lié au vapotage ont été rétractées par le Journal of American Heart Association. S. Glantz avait comptabilisé pour incriminer le vapotage les infarctus de fumeurs des années avant qu’ils n’arrêtent de fumer à l’aide du vapotage (5).

Les statistiques sont têtues et l’Eurobaromètre 458 de l’Union Européenne en mai 2017 recensait l’équivalent de 7,5 millions de personnes ayant arrêté de fumer grâce au vapotage (6). En France, Santé Publique France a établi que 700 000 personnes ont arrêté de fumer grâce au vapotage entre 2011 et 2017. L’étude clinique menée par le Pr Peter Hajek a montré que le vapotage double les chances d’arrêt tabagique par rapport aux substituts nicotiniques pharmaceutiques, et il est établi que ceux-ci augmentent les chances d’arrêt par rapport à l’absence d’aide (7). Affirmer que le vapotage ne permet pas d’arrêter de fumer est mensonger (mn 89).

Outre ses fraudes scientifiques, Stanton Glantz est connu pour son harcèlement sexuel et ses injures racistes envers ses étudiantes depuis des années sur le campus de l’Université de San Francisco. Il est choquant qu’Arte se rende complice de tels actes en les passant sous silence et en donnant la parole à son auteur (8).

8. Une large partie du domaine de la santé publique n’adhère pas à la vision idéologique présentée dans ce film contrairement à ce qui est affirmé (9). L’absence durant l’ensemble du film de professionnels de la santé publique, de professionnels de santé de terrain, de tabacologues, d’addictologues favorables et utilisant l’approche de la réduction des risques, est un biais inacceptable pour un film prétendant présenter la problématique de la réduction des risques de la consommation de nicotine. La charte de Munich rappelle utilement que le travail de journaliste ne doit pas se confondre avec celui de propagandiste. Ce film échoue à honorer sa profession. L’orientation et les liens d’intérêts des intervenants font planer un sérieux doute sur l’indépendance de la réalisation du film.

Le Royal College of Physicans britannique en 2016, et le Public Health England dans ses rapports annuels sur le sujet depuis 2015, ont évalué une réduction de 95 % des risques sanitaires du vapotage par rapport aux cigarettes. Ces deux organismes sont indépendants et le Royal College of Physicians est exemplaire dans l’histoire de la lutte contre le tabagisme. Ignorer leur analyse est un mensonge par omission grave sur ce dossier. Ils sont loin d’être les seuls à prendre en considération l’approche de réduction des risques face au tabagisme. Une liste complète serait trop longue. En France, l’Académie nationale de médecine a aussi présenté une position claire et compétente. Il est incompréhensible que le film d’Arte occulte ces acteurs incontournables du domaine.

Par ailleurs, il est par exemple inexact de présenter Matthew Myers, président de la Coalition Tobacco-Free Kids, d’un simple « indépendant ». Matt Myers a négocié en secret des arrangements avec Philip Morris USA en 1997 et 2004 (10), dont il a ensuite bénéficié par les retombées financières. Il a reçu des millions $ de financement de géants pharmaceutiques, tels que Pfizer. Ceux-ci ont un intérêt direct à entretenir la source de maladies et de clients du tabagisme, et de promouvoir leurs produits d’arrêt tabagique, extrêmement peu efficace avec des taux de près de 90 % d’échecs. 

Matt Myers a aussi reçu des millions $ du milliardaire spéculateur financier Michael Bloomberg. Celui-ci entretient des affaires avec les États tabagiques de l’Inde et de la Thaïlande. Il est notoirement connu que les organisations qu’il finance protègent de toute critique ses partenaires économiques (10). On peut noter d’ailleurs que le film d’Arte ne présente ni la situation en Inde, ni en Thaïlande et ne parle pas des activités de lobbys du cigarettier Japan Tobacco.

Le même problème de conflit d’intérêts se présente avec les interventions dans le film du représentant de l’organisation STOP, financée par Michael Bloomberg.

Retrait et correctif nécessaires

Pour ces raisons, un retrait de « Cloper sans fumée, la nicotine revisitée » est nécessaire et urgent. Un documentaire sérieux sur ce sujet de première importance pour la santé publique pour corriger les mésinformations répandues par ce film est également nécessaire.

De nombreux professionnels sanitaires et des groupes d’entraide à l’arrêt du tabagisme voient leur travail saboté par le film diffusé par Arte. Il y a une mise en danger du public, et tromperie sur les enjeux de santé publique. Le CSA se doit d’intervenir pour faire cesser l’épidémie de désinformation sensationnaliste sur les sujets de santé publique et en particulier celui lié à la principale cause de maladies et de décès évitable qu’est le tabagisme. Il est estimé que près de 750 000 Français et 105 000 Allemands meurent prématurément de maladies liées au tabagisme chaque année. Il est inacceptable éthiquement et socialement qu’une chaîne de télévision accentue ce problème de santé publique par une désinformation du public. 

Par ailleurs, il serait pertinent que les financements de ce film soient rendus publics, en regard de son enjeu politique et commercial. Le choix des intervenants de santé publique et des organisations à sens unique est extrêmement troublant et douteux.

Étant investi dans l’aide à l’arrêt tabagique et pour l’information sur la réduction des risques, cette diffusion me porte directement préjudice.

Notes et références :

(1) Voir notamment :

– La présentation du Pr Harry Tattan-Birch, de l’University College of London, au Symposium de la Society for Research on Nicotine and Tobacco (SRNT) ce 17 septembre 2020, est un excellent résumé de la crise dite Evali. Accessible uniquement sur inscription au Symposium.

– Les méfaits de la désinformation à propos de cette crise ont été analysés dans cette étude : Association of the US Outbreak of Vaping-Associated Lung Injury With Perceived Harm of e-Cigarettes Compared With Cigarettes ; Harry Tattan-Birch, MSc1,2; Jamie Brown, PhD1,2; Lion Shahab, PhD1,2; et al Sarah E Jackson, PhD1,2; JAMA Netw Open. 2020; 3(6):e206981. doi:10.1001/jamanetworkopen.2020.6981 https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2767134

– Le 19 août, le laboratoire de toxicologie du Département de santé de l’État de New York avait déjà déterminé la responsabilité de l’acétate de vitamine E présent dans des produits du marché noir du THC. https://www.eurekalert.org/pub_releases/2020-01/mdpi-vea012220.php et leur conférence de presse le 5 septembre 2019 https://www.health.ny.gov/press/releases/2019/2019-09-05_vaping.htm

-Vitamin E Acetate in Bronchoalveolar-Lavage Fluid Associated with EVALI ; Benjamin C. Blount et al. ; N Engl J Med 2020; 382:697-705 ; DOI: 10.1056/NEJMoa1916433 https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1916433

-CDC Confirms Black Markets, not "Vaping," Caused Outbreak. https://cei.org/blog/cdc-confirms-black-markets-not-vaping-caused-outbreak

- Nyakutsikwa B, Britton J, Bogdanovica I, Langley T. Vitamin E acetate is not present in licit e-cigarette products available on the UK market. Addiction. January 2020:add.14920. doi : 10.1111/add.14920

– Les consommateurs de THC sont les premières victimes de la désinformation comme l’explique ce spécialiste du domaine du cannabis : https://www.leafly.com/news/politics/at-years-end-time-to-ask-why-did-the-cdc-ignore-vaping-evidence 

(2) Analyse de l’OFDT publiée : Does e-cigarette experimentation increase the transition to daily smoking among young ever-smokers in France? ; Sandra Chyderiotis et al. ; Drug and Alcohol Dependence, Vol. 208, 1 March 2020 ; https://doi.org/10.1016/j.drugalcdep.2020.107853

Analyse aux États-Unis : Electronic cigarettes, nicotine use trends and use initiation ages among US adolescents from 1999 to 2018 ; Floe Foxon, Arielle S. Selya ; Addiction, avril 2020 ; https://doi.org/10.1111/add.15099

(3) Eurobaromètre 458 https://data.europa.eu/euodp/fr/data/dataset/S2146_87_1_458_ENG

(4) Factchecking de Libération : https://www.liberation.fr/checknews/2018/02/01/est-ce-vrai-que-le-vapotage-augmente-les-risques-de-cancer-et-de-maladies-cardiaques_1626654

(5) La rétraction de l’article de Stanton Galntz par le Journal de l’American Heart Association : https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.119.014519

(6) Essai clinique mené par le Pr Peteer Hajek : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa1808779

(7) L’affaire Stanton Glantz : https://www.statnews.com/2018/10/16/stanton-glantz-ucsf-sexual-harrassment/

(8) Voir par exemple (liste non exhaustive) :

Royal College of Physicians 2016 https://www.rcplondon.ac.uk/projects/outputs/nicotine-without-smoke-tobacco-harm-reduction

Public Health England de 2015 à 2020, les rapports annuels sur le vapotage : https://www.gov.uk/government/publications/e-cigarettes-and-heated-tobacco-products-evidence-review

Académie Nationale de Médecine : http://www.academie-medecine.fr/lacademie-nationale-de-medecine-rappelle-les-avantages-prouves-et-les-inconvenients-indument-allegues-de-la-cigarette-electronique-vaporette/

(9) Article de 2004 sur les arrangements entre Matt Myers et Philip Morris USA : https://www.rollcall.com/2004/10/04/how-philip-morris-tobacco-foes-tied-the-knot/

(10) Une affaire illustrant les méthodes Bloomberg : https://www.npr.org/2020/04/14/828565428/bloomberg-news-killed-investigation-fired-reporter-then-sought-to-silence-his-wi?t=1600778619985

                                                                    Le 22 septembre 2020, Poirson Philippe


jeudi 17 septembre 2020

Publicité négative : ARTE veut convaincre les fumeurs de rester à la cigarette

Le film sera diffusé le mardi 22 septembre en prime time sur Arte et accessible en ligne dès la veille. « Cloper sans fumée, la nicotine revisitée » de Bärbel Merseburger-Sill s’annonce être un brulot à charge contre le vapotage. Dans la bande-annonce et le texte de présentation du site d’Arte, pas moins de six affirmations trompeuses ou erronées sont déjà diffusées. La plus grossière est la fausse attribution au vapotage des pneumopathies liées aux produits frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC aux États-Unis en 2019.

Théorie du complot et mensonges

Seconde affabulation : la théorie complotiste du film prend appui sur le mythe de la mainmise des cigarettiers sur le vapotage. Dans la réalité, le marché est loin d’un oligopole avec plus des 8/10 e des ventes pour des firmes indépendantes des cigarettiers. Dans la foulée, la chaîne franco-allemande reprend à son compte la théorie éculée de la passerelle : « l’industrie de la nicotine, d’un redoutable cynisme, cible dès à présent les très jeunes, dont elle s’emploie à faire les fumeurs de demain », dans le texte. 

Dans la réalité, le tabagisme des jeunes s’écroule où le vapotage s’est développé. A croire que les complots cigarettiers ne sont plus ce qu’ils étaient. D’autant plus qu’une étude sérieuse de l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) conclut à une réduction de 38 % du risque de devenir fumeur à 17 ans pour ceux qui ont essayé le vapotage par rapport aux jeunes qui n’y ont jamais touché. Mais Bärbel Merseburger-Sill s’est libérée des faits pour raconter son histoire.

Diffamation de scientifiques et pseudo-science

Ainsi le film dessine la figure du méchant en diffamant les organismes scientifiques de santé publique, le Royal College of Physicians (UK) et Public Health England, ayant évalué une réduction de 95 % des risques du vapotage par rapport à la cigarette, en prétendant qu’ils sont des « représentants de l’industrie »

La fiction ne s’arrête pas là, le film glisse même dans une sorte de science-fiction. La nicotine présenterait plus de danger que l’héroïne, selon les promoteurs du documentaire de Bärbel Merseburger-Sill. Le terme de danger implique d’avoir des preuves, mais un film autorise la fantaisie. On se doute de l’option prise par la réalisatrice. Avant de conclure que les dangers du vapotage sont avérés. Auxquelles s’ajoutera dans le film, de fausses affirmations sur le caractère cancérigène prétendument avéré (!) du vapotage, sur la base d’études biaisées sur des souris et aux résultats infirmés par les spécialistes.

Un succès commercial

Décrypter chacun de ces points est long (voir plus bas des suggestions de lecture). L’extrême majorité des personnes qui visionneront le film ne le feront pas. En ceci, on peut déjà féliciter Arte pour sa réussite commerciale : en lui faisant confiance, des centaines de milliers de ses téléspectateurs français et allemands seront un peu plus convaincus de ne pas essayer d’arrêter de fumer avec le vapotage. La méthode de la publicité négative est une technique de marketing très efficace. 

Les téléspectateurs d’Arte choqués de cette fumisterie pourraient saisir le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) en raison de l’évidente maltraitance des informations de santé. La bande-annonce ainsi que son texte d'accompagnement permettent déjà de faire une telle saisine en raison des multiples erreurs diffusées.

[Add 14h] A toute fin utile, le lien sur mon drive vers la copie de ma saisine au CSA:   https://drive.google.com/file/d/1W83pmn9omC1olx8b-OvuJNlpag8baZ4B/view?usp=sharing [/]

Le CSA défendra t-il le droit à une information de santé honnête ?

Le secteur public de l’audiovisuel est sensé, selon l’article 43-11 de la loi relative à la liberté de communication, assurer « une mission d’information sur la santé ». Arte ayant labellisé sur son site le film comme « Médecine et santé », la chaîne pourrait être tenue à l’objectivité de son contenu, en contraste d’une liberté créatrice d’une œuvre de fiction. 

À fortiori, en portant atteinte aux spectateurs qui fument par désinformation sur un sujet de santé, il constitue une mise en danger. Les chances sont faibles, mais le CSA pourrait se montrer sensible à ce nouvel exemple de dérive sensationnaliste, alors que le contexte de mésinformation sanitaire du public montre tout son potentiel délétère dans l'actualité. 

Une opération politique

Une autre raison possible de saisie du CSA est le caractère unilatéral du documentaire. Aucun représentant de l’approche de réduction des risques ni de défenseurs des utilisateurs de produits à risques réduits, n’a la parole dans le film. Il présente la vision unique du courant pro-abstinence, pourtant minoritaire chez les acteurs de terrain de santé et du social. « L’expression pluraliste des courants de pensée », défendue par l’article 13 de la loi sur la liberté de communication, sur les approches de santé publique concernant le tabagisme n’est pour le moins pas respectée. Ceci est d’autant plus pervers que le sujet sera en débat au niveau des instances européennes ces prochains mois.

À ce titre, on serait curieux de connaître de manière transparente les financements du film. On ne trouve aucune information sur le site du producteur Berlin Producers. Il est très probable que cet aspect restera secret. On peut imaginer qui nourrit l’intérêt, à quelques mois de la révision de la directive européenne TPD qui concerne le vapotage, de dénigrer l’aide la plus populaire pour arrêter de fumer dans la plupart des pays européens. 

Au moins 7,5 millions de citoyens de l’Union Européenne ont arrêté de fumer à son aide, et neuf autres millions ont réduit sensiblement leur consommation de cigarettes. Ce sont des pertes colossales pour les percepteurs de taxes du tabac, les vendeurs de cigarettes, mais aussi les vendeurs de médicaments aux millions de fumeurs rendus malades par leur tabagisme.

Un film gore

Arte semble s’être autorisée à prendre le risque de nuire à la santé de ses téléspectateurs qui fument en les induisant en erreur. Le nombre estimé de décès par an liés au tabagisme approche 75 000 en France et 105 000 en Allemagne. Des millions sont malades à cause de la nocivité des cigarettes. Mais Bärbel Merseburger-Sill a choisi de les conforter dans la peur de sortir de la cigarette. Cette mise en danger n’est pas gratuite.

Les échéances politiques avec des pressions pour faire interdire les arômes de vapotage et taxer la vape au niveau européen approchent. De probables tentatives de révisions de la directive TPD en mai prochain et, en parallèle, un projet d’intégrer le vapotage à la directive européenne des taxes du tabac. Le Bundestag allemand travaille déjà sur le sujet. L’enjeu de maintenir les centaines de milliards € de rentrées fiscales, de ventes de cigarettes et ventes de médicaments pour les fumeurs malades semble avoir pris le pas sur la déontologie et l’honnêteté sur la chaîne franco-allemande.

Graphique extrait de la présentation au Bundestag le 7 septembre 2020, du Dr Martin Storck, de la clinique de Karlsruhe, sur les risques cancérigènes comparés entre cigarette, tabac chauffé et vapotage. Sa présentation est en ligne à https://www.bundestag.de/resource/blob/711050/40b859307b0d526dbefa1b562b944f13/05-Storck-data.pdf

Aides au décryptage

Pour ceux qui auront le temps et le courage de vouloir vérifier les faits, on peut recommander ces lectures (liste non exhaustive) :


mardi 8 septembre 2020

Nouveau coup politico-médiatique de l'ERS au mépris de la science et de la législation européenne

Faire un communiqué de presse sensationnaliste, annonçant des découvertes inquiétantes, sans étude publiée, et ainsi invérifiable et non révisée. L’European Respiratory Society (ERS) apprécie ce mode opératoire qu’elle utilise régulièrement dans sa guerre au vapotage, sans la moindre publication ensuite. Avec son budget de dizaines de millions € annuel alloués par les Big Pharma, l’organisation dont le siège est à Lausanne peut se permettre de « pousser » ses communications dans des médias complaisants. Son dernier coup, lancé le 2 septembre par communiqué de presse, a été présenté ce matin à son congrès virtuel. 

En Italie, l'attaque de l'ERS a eu du retentissement médiatique. De quoi inquiéter les usagers. L'Association de défense des vapoteurs en Italie, l'ANPVU, a été chercher des avis sérieux pour comprendre. L'ANPVU les a diffusé par communiqué notamment sur le site SigMagazine, ou en français au Vaping Post. Entre le contenu du communiqué de l'ERS et les avis de scientifiques et d'experts se trouve un gouffre. En arrière-fond du coup politico-médiatique de l'ERS, on devine la tentative du Danemark de passer outre la législation européenne sur le vapotage et les pressions du lobby anti-vape pour forcer une nouvelle directive TPD condamnant le vapotage au goût unique de tabac.

Une « découverte » connue depuis 1933

Un communiqué de presse de l’ERS le 2 septembre l’annonce en fanfare avant même la tenue de la conférence de ce matin dont elle parle au passé. Une équipe de l’Université de Duke, menée par le Pr Sven-Eric Jordt, affirme avoir découvert que les ingrédients des liquides de vapotage se combinent et créent d’autres substances chimiques. 

Une des premières réactions a été une pointe ironique du Dr Konstantinos Farsalinos, cardiologue grec, sur le fait que cette nouvelle découverte date de 1933.

Cependant, les chercheurs de l’Université de Duke affirment aussi avoir enrichi les connaissances scientifiques en étudiant in vitro la réaction de cellules épithéliales (parois des bronches) « exposées à des produits chimiques aromatisants, comme la vanilline et l’éthyle-vanilline (responsable de la vanille et d’autres saveurs sucrées), au benzaldéhyde (saveur de baies ou de fruits) et au cinnamaldéhyde (saveur de cannelle) », ainsi que les acétals issus de leur combinaison avec le propylène glycol (PG) et le glycérol (VG).

Brouillard méthodologique et enfumage médiatique

Problème pour qui veut comprendre la démarche : aucun détail méthodologique n’est donné ni dans le communiqué de presse ni sur le site du congrès de l’ERS. « Il n’y a aucune information présentée dans cette étude sur les concentrations relatives par rapport à celles observées dans la fumée de cigarette, il n’est pas clair quelle importance ont ces résultats, ou si même ils ont une quelconque signification », remarque le Dr Nicholas Hopkinson, de l’University College de Londres et notamment directeur médical de la British Lung Foundation, sur le Science Media Centre.

De son côté, le Pr Jacob George, de l’Université de Dundee, note que les études in vitro sur des cellules sont au mieux des indices. Privées de la capacité de régénération et de protection physiologique, le comportement des cellules peut être très différent qu’in vivo. « Les données présentées ici sont des travaux cellulaires in vitro et non des essais cliniques sur des humains. Par conséquent, toute extrapolation à la physiologie humaine du système entier est au mieux ténue », explique-t-il aussi sur le Science Media Centre, la plateforme d’information scientifique créée par le gouvernement britannique.

Effet secondaire tabagique

Malgré ces faiblesses et l’absence de révision de son travail, le Pr Sven-Eric Jordt insiste que l’activation des récepteurs irritants sensoriels (TRPV1 et TRPA1) « pourrait chez les personnes prédisposées entraîner un rythme cardiaque irrégulier et une pression artérielle plus élevée ». Les médias ayant relayé le communiqué de presse, sans accès à quelconque donnée de la recherche, ont évidemment simplifié en omettant que le risque putatif ne concernerait que des personnes prédisposées. 

« La conception de l’étude semble être faite de manière à exposer des ‘sujets prédisposés’ à des situations extrêmes pour soutenir une thèse. De telles études ont l’effet secondaire grave de faire retomber les consommateurs dans la dépendance à la cigarette traditionnelle », regrette le Pr Fabio Beatrice, de l’hôpital San Giovanni Bosco de Turin, qui a livré son avis à l’Association nationale pour l'unité des vapoteurs en Italie (ANPVU).

L’objectif politique du Danemark de violer la directive européenne

L’objectif politique de l’European Respiratory Society, en diffusant auprès des médias ce qui n’est pas même une étude révisée, est cousu de fil blanc. “Ces études montrent que le liquide pour les cigarettes électroniques a été mis à la disposition des consommateurs sans compréhension adéquate et des tests de sécurité », affirme sans vergogne Jørgen Vestbo, cadre danois de l'ERS, dans le communiqué de l’ERS. Sauf que cela est totalement faux en Europe, même au Danemark. 

La directive européenne TPD, que le gouvernement danois tente de ne pas respecter, impose aux producteurs des tests et évaluations. « Les producteurs d’e-liquides en Europe sont obligés avec la directive TPD de notifier les produits et de déclarer les émissions carbonyles dont parle cette étude », précise Sébastien Roux, ingénieur chimiste du Crivape, le centre de recherche et d’innovation sur le vapotage, dans un communiqué de l’Association de défense des vapoteurs en Italie ANPVU publié sur SigMagazine.

L’ERS ignore les normes européennes sur le sujet

« En Europe et particulièrement en France, les produits du vapotage sont contrôlés et notifiés. Le matériel et les e-liquides sont parfaitement maîtrisés et définis, connus en matière de composition. Nous savons ‘ce qui sort’ d’une vape : les données sur les émissions de l’aérosol doivent être notifiées sur une plateforme européenne. Elles sont normées au niveau français, commencent à être normées au niveau européen, et sont en cours de normalisation au niveau international”, explique un texte du Crivape publié en février dernier

Le règlement de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) exige analyse et contrôle des combinaisons chimiques en phase liquide et gazeuse. Une décision de 2015 de la Commission européenne a précisé et harmonisé les éléments de notification pour les produits de vapotage dans l’UE. Les produits ne répondant pas aux critères de sécurité et aux seuils de santé approuvés ne doivent être mis sur le marché. 

Malgré le financement de cigarettier, l’Université de Duke ne semble pas équipé pour ces analyses

Cadre de l’ERS et citoyen de l’Union européenne, il est surprenant que Jørgen Vestbo, de l’Université du Danemark Sud, ne soit pas au courant de la législation qu’il attaque. On s’attendrait à ce genre de propos vaseux sur un site complotiste, mais pas dans un communiqué de presse officiel d’une organisation sensée sérieuse. D’autant plus lorsque ceux-ci s’appuient sur une recherche non révisée, sans donnée claire et provenant des États-Unis. Or, les tests exigés pour les notifications européennes nécessitent des équipements particuliers pour être menés correctement. 

Il existe une quinzaine de laboratoires ayant développé les outils pour produire et capter efficacement les émissions pour les analyser. L’Université de Duke, malgré semble-t-il le soutien financier de l’industrie du tabac, ne disposerait pas de cette technologie. « À ce jour, nous n’avons vu aucun des auteurs et/ou organismes liés à ce groupe de chercheurs utiliser ces techniques », note le Dr Sébastien Roux du Crivape, selon le communiqué de l’ANPVU. L’absence de toute précision sur l’étude par l’ERS laisse donc libre cours à toute spéculation sur ses méthodes.

L’objectif danois d’imposer le goût unique du tabac à tous les vapoteurs

Ce qui est clair est l’objectif d’amalgamer le vapotage aux cigarettes de la part de l’ERS. « Ces résultats soulignent le fait que les cigarettes électroniques ne peuvent pas être considérées comme une alternative sûre aux cigarettes au tabac”, affirme le cadre de l'ERS danois Jørgen Vestbo. Alors que la Commission européenne prépare un bilan de la directive TPD actuelle, en vue de proposer des révisions en mai prochain, et que le Danemark tente d’imposer le tabac et le menthol comme seuls arômes autorisés, le coup médiatique est clair. 

L’ANPVU demande la rétraction de la conférence

De son côté, l’Association de défense des vapoteurs en Italie (ANPVU) réclame le retrait de la conférence du congrès de l’ERS en raison des conflits d’intérêts. La Duke University Medical Center a reçu une subvention de 15 millions $ de Philip Morris USA en 2004, selon la recherche du site SigMagazine. Pourtant, l’ERS se définit comme un organisme indépendant visant à sauvegarder la santé publique. « L’ANPVU demande donc que ces recherches soient retirées et non présentées au Congrès », déclare Carmine Canino, président de l’ANPVU.

Cette étrange politique de double standard concernant les conflits d’intérêts de la part de l’ERS n’est pas nouvelle. J’avais déjà découvert en 2018 que l’ERS est liée financièrement au cigarettier, au moins indirectement via le financement de son sponsor TEVA. Avec un budget de plusieurs dizaines de millions € annuels versés par les laboratoires pharmaceutiques, l’ERS tient plus d'une multinationale de lobbyisme que d'une organisation ayant le souci de la santé publique.

La chasse aux pneumologues qui aident leurs patients à sortir du tabagisme

L’an passé, l’ERS avait déjà menacé d’excommunier et traquer tout pneumologue ouvert à réduire les méfaits du tabagisme avec le vapotage chez les patients. La menace générale contre les pneumologues s’était accompagnée d’un manifeste contre la réduction des risques aux propos totalement ahurissants et pathétiques. Le travail de sape contre la réduction des risques de l’ERS pour maintenir le tabagisme et son cortège de méfaits se poursuit donc avec cette conférence aujourd’hui à quelques mois de la révision de la directive européenne et au mépris de son contenu actuel.

« Nous pensons que l’opposition totale au vapotage est malavisée et qu’elle conduira à un certain nombre de conséquences importantes néfastes pour la santé. Tout d’abord, les fumeurs qui auraient cessé de fumer en passant à un produit à moindre risque continueront à fumer, et mourront prématurément de cancers, maladies cardiovasculaires ou respiratoires. Deuxièmement, les personnes qui ont réussi à passer au vapotage peuvent retomber dans le tabagisme s’ils venaient à croire qu’il n’y a aucun avantage pour la santé, et augmenteraient ainsi leur risque de morbidité et de décès prématurés évitables. Troisièmement, la poursuite d’arguments selon lesquels le vapotage ne peut pas aider les gens à arrêter de fumer, alors qu’il est clairement prouvé que c’est le cas, risque de saper la confiance du public dans la science. Nous soutenons de tout cœur l’appel à des efforts accrus pour diffuser l’information sur ‘ce que nous savons fonctionner’ ». Extrait de la lettre à l’ERS le 4 mars 2020 cosignée par les Prs John Britton, Jacob George, Linda Bauld, Sanjay Agrawal, John Moxham, Deborah Arnott, Ann McNeill, Nicholas S. Hopkinson. 


dimanche 6 septembre 2020

Plus de 80 % des médecins américains ont de fausses croyances sur la nicotine

Le nombre de médecins américains à avoir de fausses croyances concernant la nicotine est vertigineux. Première du genre aux États-Unis, une enquête menée par une équipe de l’Université de Rutgers a interrogé 1020 médecins entre septembre 2018 et février 2019. Les répondants sont 86,8 % à croire, pour la plupart fortement, que la nicotine « contribue directement » au cancer. 

Tandis que 86,1 % pensent qu’elle est cause de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). La méconnaissance atteint 91,7 % du corps médical américain imaginant que la nicotine provoque des maladies cardio-vasculaires, selon l’étude publiée dans le Journal of General Internal Medicine. Les médecins américains sont aussi 54,5 % à penser que la nicotine provoque des malformations aux nouveau-nés.

L'ignorance des médecins américains pire que celle de la population

« La nicotine est impliquée dans la nature hautement addictive des produits de tabac, mais la plupart des maladies causées par le tabac ne sont pas directement causées par la nicotine, mais plutôt par d’autres produits chimiques présents dans le tabac ou la fumée de tabac », expliquent les chercheurs du département de médecine et du centre d’études sur le tabac de l’Université de Rutgers. Avant de regretter que « malgré cela, nombreux sont ceux qui pensent que la nicotine est responsable des risques sanitaires liés au tabagisme, comme le cancer ».

Ces résultats concernant les médecins inquiètent. Une précédente enquête auprès d’adultes américains en 2016 avait montré que 49 % d’entre eux croient à tort la nicotine cancérigène et 24 % ne savent pas se prononcer. Les fausses croyances étaient plus marquées dans les groupes sociaux peu instruits et pauvres.

Urgence d'informer correctement les médecins

Il est inattendu que les médecins se retrouvent à un niveau de méconnaissance sur ce sujet pire que les groupes sociaux les moins bien informés. « Corriger les perceptions erronées devrait être une priorité », alertent les chercheurs de Rutgers. « De courtes interventions de communication peuvent efficacement corriger ces perceptions erronées sur la nicotine »

"Il est essentiel que les médecins comprennent le niveau de risque réel de la nicotine étant donné leurs rôle dans la prescription et la recommandation des substituts nicotiniques. Aussi, pour qu'ils puissent communiquer les risques dans un marché du tabac en évolution qui peut inclure des cigarettes à très faible teneur en nicotine, qui ne sont pas plus sûres que les cigarettes traditionnelles", concluent les chercheurs de Rutgers.

On peut douter que cet appel soit entendu dans le climat actuel d'obscurantisme hystérique sur le sujet aux Etats-Unis.

L'intervention d'Ethan Nadelmann, fondateur de la Drug Policy Alliance et New-yorkais, à la Royal Society de Londres en novembre dernier. https://vimeo.com/374470255 


dimanche 24 mai 2020

#TobaccoExposed : l'OMS viole la Convention-cadre anti-tabac

Entrée en vigueur en 2005 et signée par 167 pays et l’Union européenne, la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) intègre, dans la définition de ses objectifs, l’approche de réduction des risques. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de lancer une nouvelle campagne contre le vapotage. Si outrancière qu’elle touche au ridicule en mettant en scène une enfant de huit ou neuf ans. En la signant de la CCLAT, l’OMS bafoue le texte fondateur de la Convention en stigmatisant l’approche de réduction des risques.

Mais l’OMS semble aussi prendre à la légère les décisions des membres de la Convention, qui lors de sa dernière assemblée en 2018 (COP8) ont refusé d’assimiler le vapotage au tabac. Contrairement aux cigarettes chauffées, qui elles ne sont « étonnamment » pas même mentionnées dans la campagne de l’OMS. Pourtant la responsabilité des pays membres de la CCLAT est pleinement engagée par la campagne de l’OMS faite en leur nom. Ce point est d’autant plus sensible que le dénigrement du vapotage mine les programmes de lutte anti-tabac de pays finançant la Convention-cadre. On peut penser notamment au Royaume-Uni et à la France (
~6 % chacun du financement de la CCLAT).


Le vapotage n’est pas un produit de tabac

Factuellement, le vapotage n’est pas un produit de tabac. Il ne contient pas de tabac et fonctionne sans combustion. Il ne dégage donc ni monoxyde de carbone ni goudron, les deux principaux serial-killers de la fumée. Le vapotage est utilisé par des dizaines de millions d’ex-fumeurs pour consommer de la nicotine en évitant les risques des cigarettes. Les méfaits sont ainsi réduits d’au moins 95 % selon les estimations scientifiques des organismes de santé publique indépendants britanniques. Dans les pays développant des politiques d’aide à l’arrêt tabagique, de nombreux professionnels socio-sanitaires de terrain l’utilisent pour aider des fumeurs à quitter le tabac fumé.

Ce sont des raisons pour ne pas amalgamer le vapotage au tabagisme malgré les fortes pressions des compagnies pharmaceutiques, mais aussi celles des grandes nations tabagiques lors de la COP 8. Illustrant la dissonance, la nouvelle campagne de dénigrement lancée par la direction de l’OMS survient au moment où une étude anglaise montre que la méfiance du public envers le vapotage, répandue par ce type de propagande, favorise le maintien dans le tabagisme.
« Nos résultats mettent en évidence la nécessité d’une augmentation de couvertures médiatiques et de campagnes de santé publique axées sur la réduction des méfaits pour la santé lorsque l’on passe du tabac fumé au vapotage et la nécessité d’une réduction de la couverture médiatique alarmiste », soulignent Olga Perski, Emma Beard et Jamie Brown, de l’University College London, dans leur étude publiée dans la revue BMC Medicine.

Prise en otage émotionnelle perverse

Dans la veine sensationnaliste, la nouvelle charge anti-vape de la direction de l’OMS prend en otage émotionnel par des photos-montages de jeunes enfants, pour prétendre que le vapotage conduit à fumer. C’est tout simplement mensonger.

Les analyses rigoureuses, notamment en France par l’OFDT et l’École des mines de Saint-Étienne, au Royaume-Uni par l’Action on Smoking and Health, les statistiques sur vingt ans du tabagisme adolescent aux États-Unis, ainsi que d’autres études (liste non exhaustive), montrent que le tabagisme adolescent recule sous l’impact du vapotage.

Des papiers ne tenant pas compte du tabagisme des proches, le principal facteur de risque de tabagisme des adolescents, ont abouti à des résultats biaisés pour affirmer que le vapotage pouvait avoir un « effet passerelle ». Mais la chute accélérée du tabagisme adolescent dans les pays où le vapotage s’est répandu depuis dix ans suffit à invalider cette théorie fumeuse.

Dans le monde réel, malgré son interdiction de vente aux mineurs, le vapotage détourne une partie de ceux-ci d’essayer la cigarette, qui dans sept cas sur dix aboutit à un tabagisme à long terme. Une large partie des ados ne font qu’expérimenter ponctuellement le vapotage et souvent sans nicotine (p.ex. récent les données allemandes de Debra). Chez ceux qui l’utilisent de manière régulière, la vaste majorité est déjà dans une démarche pour sortir ou réduire un tabagisme précoce.

Campagne programmée pour provoquer ce qu’elle prétend éviter?

La campagne de l’OMS a toutes les caractéristiques de communications contre-productives déjà vues dans le passé. Que ce soit celle de Nancy Reagan contre les drogues, ou les tournées des cigarettiers dans les écoles des années 1980', elles ont toutes abouti à faire augmenter la consommation qu’elles prétendaient faire reculer.

Ce type de communication provoque ce qu’elle prétend faire éviter chez les jeunes. Mais elle incite les parents à adopter une attitude de crainte et court-circuiter toute réflexion rationnelle. Des effets qui permettent d’obtenir des crédits dans une fuite en avant pour mener la « guerre » à un problème initialement inexistant.
« Les perceptions négatives et les craintes du grand public, renforcées par l’image négative que véhiculent les médias, ont fait des drogues et de ceux qui en consomment des “cibles faciles” pour les politiciens et d’autres élus en quête de voix. L’exemple le plus frappant est ce que les sociologues ont qualifié de “panique morale”, qui consiste à attribuer de façon exagérée ou mensongère un comportement dangereux à un groupe particulier, tel qu’une minorité ou une sous-culture (souvent en exposant des cas extrêmes comme s’ils étaient ordinaires) », rapport 2017 (p. 28) de la Commission globale de politique en matière de drogues (GCDP).
Dans un article sur cette nouvelle campagne de l’OMS, le Dr Philippe Arvers, médecin des armées et administrateur de la Société francophone de tabacologie (SFT), s’interroge sur cette attaque ciblée.
« Cette année, au lieu de se focaliser sur le tabac chauffé, l’OMS veut diaboliser la nicotine en utilisant des enfants. Les affiches proposées sont plus que tendancieuses et ne reposent sur aucun fondement scientifique. Au contraire, elles peuvent être incitatives à expérimenter les produits du tabac », Dr Philippe Arvers, article sur son compte Linkedin.

Incompétence abyssale des cadres de l’OMS sur le sujet

Il est difficile de déterminer, sans enquête indépendante ayant accès à des documents et à la nature des sources de financement de ce programme de l’OMS, si la campagne est motivée pour servir des intérêts financiers ou si elle n’est que le fruit d’une incompétence larvée dans une vision étriquée.

Au crédit de la lecture d’un moteur idéologique arriéré, il est clair que l’expertise des cadres de l’OMS sur la réduction des risques face au tabagisme est affligeante de nullité. La présentation de Ranti Fayokun au Conseil exécutif en février dernier à Genève sur le sujet — disponible en replay sur le site de l’OMS — est symptomatique à ce sujet : ignorance de notion basique de chimie, contresens sur des données scientifiques, malhonnêteté intellectuelle, absence de toute réflexion de gestion des risques et mépris du public concerné.

De son côté, Vinayak Prasad, directeur du programme Initiative pour un monde sans tabac (TFI) de l’OMS financé par la Bloomberg Philanthropies Company, a mené la campagne médiatique anti-vape autour du rapport Mpower à l’été 2019. Auparavant, il a été haut fonctionnaire de l’État indien durant 18 ans, notamment au ministère des Finances. Son interview avec David Nazar, enregistré fin février 2020, parle de lui-même sur l’absence de prise en compte des réalités humaines et des données scientifiques qui ne souscrivent pas à son a priori.
Les contenus du briefing de Ranti Fayokun et de l’interview de Vinayak Prasad sont dans la ligne idéologique de la scandaleuse page sur le vapotage, même après modification, que l’OMS avait publié en janvier. Pourtant à plusieurs reprises, des scientifiques et experts, des organismes de santé, des médecins, en Allemagne aussi, des tribunes dans des revues spécialisées, et même la santé publique britannique ont tenté de faire revenir l’OMS à la raison. Comme le déclare Vinayak Prasad dans son interview (ci-dessus), les cadres de l’OMS refusent de prendre en compte ces expertises et études.

Qui a intérêt à empêcher les fumeurs de sortir de la cigarette?

Mais si l’OMS viole aussi brutalement ses principes de fonctionnement, à la fois d’honnêteté scientifique et de respect des votes de la Convention, ainsi que les principes mêmes de la Convention, on peut se demander si ce n’est peut-être pas par un effet d’une troisième violation de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac : celle stipulée à son article 5.3, d’élaborer les programmes anti-tabac à l’abri de l’influence de l’industrie du tabac. 

Or, le cas indien est, au minimum, troublant. Troisième producteur mondial de tabac et actionnaire d’ITC — le Big Tobacco indien —, l’influence de l’Inde sur la Convention anti-tabac de l’OMS s’est accrue de manière prépondérante ces dernières années. D’une part de manière officielle, à travers l’organisation de la COP 7 à Delhi en 2016 et la présidence par Preeti Sudan de la COP 8 à Genève en 2018 notamment.
« En jouant le jeu d’ITC, le gouvernement protège et promeut la part de marché monopolistique de 80 % dont jouit ITC. Cela va à l’encontre du principe de concurrence dans l’intérêt du consommateur. ITC a réussi à invoquer des raisons de santé comme si les cigarettes fabriquées par ITC protégeaient la santé du fumeur et celles fabriquées uniquement par des étrangers provoquaient le cancer », soulignait déjà en 2012 l’analyste financier Janardan Kothari sur MoneyLife India.
D’autre part, l'Inde a accrue son influence au sein des organes de direction à l’OMS par la nomination en son sein d’ex-haut-fonctionnaires indiens. C'est un secret de pacotille, l’Inde milite pour la prohibition du vapotage qui fait concurrence à son tabac et ses cigarettes. Depuis la prohibition de la vape en Inde, ITC a d’ailleurs lancé en début d’année ses nouvelles cigarettes « fruitées » (voir photo) pour essayer de récupérer des clients.
« Dans un sens faible, le décret de prohibition du vapotage ne fait que susciter l’inquiétude que le gouvernement [Indien] utilise la santé des individus comme un écran de fumée pour une augmentation de ses revenus. Le fait d’être le plus grand actionnaire de la plus grande entreprise de tabac donne au gouvernement une incitation directe à ne pas faire progresser la santé publique », Nihal Sahu et Vedantha Sai, dans l’International Journal of Constitutional Law du 29 février 2020.

Financements opaques par un oligarque à la morale douteuse

De même, les financements de l’OMS par la Bloomberg Philanthropies Company, qui n’étant pas une fondation ne présente aucune transparence de ses comptes, sont aussi extrêmement problématiques puisque personne ne peut savoir quels intérêts financiers sont ainsi défendus et représentés. Aucun élément financier n’est accessible de manière transparente. D’une part, Michael Bloomberg refuse de publier sa propre déclaration d’impôt, et surtout, d’autre part, il a enregistré sa compagnie « philanthropique » sous le régime de Liability Limited Company (LLC) permettant l’opacité totale sur les comptes.
« Une “LLC philanthropique” peut contourner les règles habituelles en toute légalité. Elle n’est soumise à aucune obligation annuelle de distribution minimum de fonds à des causes caritatives, ni à aucune restriction concernant les délits d’initiés (lorsqu’un donateur doit s’interdire de faire un don qui lui profite directement) », précisent les sociologues Linsey McGoey, Darren Thiel et Robin West de l’Université d’Essex (UK), dans leur article de 2018, Le philanthrocapitalisme et les « crimes des dominants ».
Dans son ouvrage Follow the money, Sarah Reckhow, politologue de l’Université du Michigan, estime que ces nouvelles LLC constituent une évolution antidémocratique de la « philanthropie » en rendant toute recherche indépendante impossible à leur propos. Rien ne permet au public de connaitre les liens financiers, ou leurs absences, de Bloomberg et de ses entreprises avec les différents intérêts économiques sur le sujet. Il est incompréhensible qu’une telle opacité soit acceptée en regard de l’article 5.3 de la CCLAT.

Des financements par une structure économique à but lucratif et totalement opaque financièrement sont incompatibles avec l’exigence de garantir l’indépendance des activités de l’OMS de l’influence d’intérêts nocifs. Par exemple, comment savoir si les choix stratégiques ne visent pas à pervertir un programme en le détournant vers la lutte contre un moyen d’arrêt tabagique pour protéger des intérêts en place ?

Or Bloomberg a déjà privilégié l’intérêt de ses affaires à l’honnêteté et à la vérité par le passé. Bloomberg News a notamment étouffé la révélation d’un scandale de corruption dans l’élite chinoise pour arranger un futur partenariat économique, comme le montre l’affaire révélée en avril par la National Public Radio (NPR).

La poursuite d’affaires de Bloomberg avec des États tabagiques tels que l’Inde, la Thaïlande ou la Chine sont évidentes, bien qu’aucun détail n’est accessible en raison de l’opacité totale de Bloomberg. Le régime de LLC fait que la Bloomberg Philanthropies Company, n’est pas philanthropique. C’est une compagnie qui vend de la philanthropie. Et nul ne peut juger de la qualité du produit en raison de l’opacité totale sur son fonctionnement et son économie.

Au vu des attitudes incohérentes des organisations que Bloomberg finance dans le domaine « anti-tabac », on ne peut pas écarter que l’affairiste les utilise en monnaie d’échange pour arranger ses partenaires économiques, comme cela a été le cas avec la Chine dans le dossier étouffé par son journal du scandale de corruption.

Les violations des droits humains sont-elles bonnes pour la santé ?

Dans sa haine des vapoteurs, les félicitations récurrentes de l’OMS aux violations de droits humains sont ahurissantes. Une publication de Sovape a listé en janvier certaines des mal-conduites de l’OMS sur le sujet. Exactions de la junte militaire en Thaïlande où sévit le Monopole du tabac thaïlandais, menaces du dictateur cinglé Rodrigo Duterte aux Philippines, répression en Inde où 275 millions de consommateurs de nicotine sont forcés à utiliser les produits les plus nocifs, et modèle totalitaire Nord-Coréen bénéficient du soutien de l’OMS.

Une enquête indépendante est nécessaire

Dans ces conditions, une enquête sur les activités et les procédures de décision de l’OMS sur ce dossier est absolument nécessaire pour lever les doutes sur une éventuelle stratégie de manipulation ou d'instrumentalisation, clarifier le niveau de compétences des responsables, et éventuellement donner des balises d’un fonctionnement efficace et honnête à l’institution sur le sujet.

Des chercheurs de l’Université d’Édimbourg ont déjà alerté en 2018 sur le risque de stratégie de « cheval de Troie » au sein d’accord multilatéral concernant la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac. Le dernier épisode de cette nouvelle campagne de l'OMS concrétise cette crainte.
« Les deux organisations [l’OMS et la Banque mondiale] sont financées par une poignée de philanthropies privées et font face à des risques similaires pour une lutte antitabac efficace : réduction de la responsabilisation et de la mobilisation des ressources, mauvaise autorité décisionnelle en raison de l’influence spécifique des donateurs et difficulté de suivi et d’évaluation », souligne l’étude dirigée par le Dr Mitsuru Mukaigawara, publiée par Wellcome Open Research
Une enquête indépendante devrait chercher à déterminer si la direction de l’OMS :
  • viole le principe de réduction des risques de la définition (1.d) de la lutte anti-tabac du texte fondateur de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac
  • a violé la décision de la dernière assemblée (COP8) de la Convention-cadre avec cette campagne assimilant le vapotage au tabac
  • respecte ou au contraire nuit aux politiques anti-tabac de pays membres, notamment du Royaume-Uni ou de la France
  • respecte dans l’élaboration de ses programmes le principe d’indépendance envers les intérêts de l’industrie du tabac, notamment de l’Inde actionnaire des cigarettiers ITC et VST
  • s’assure de l’indépendance et de la probité de ses sources financières, notamment celle de Bloomberg qui est totalement opaque au public
  • examine et analyse avec rigueur et sérieux les études et données scientifiques à disposition, ce qui semble improbable à la lecture des publications de l’OMS sur le sujet
D’autres sujets connexes devraient aussi être éclairés par un tel audit. L’OMS respecte-t-elle le principe médical de ne pas nuire — « primum non nocere » —, en incitant des fumeurs à ne pas arrêter de fumer à l’aide du vapotage ? Le droit à la santé comprend la réduction des risques, ce qui dans la tradition humaniste s’enracine dans le droit individuel à la sauvegarde de sa propre intégrité physique. En incitant à la prohibition ou au maximum d’entraves à l’accès légal du moyen de réduire les risques pour les fumeurs, l’OMS respecte-t-elle encore ce droit humain ? Le soutien à des exactions et répressions violentes de régimes autoritaires contre les usagers de vapotage, en Thaïlande, Inde et Philippines notamment, devrait aussi être examiné.

Il est urgent que les pays démocratiques, soucieux des droits humains et d’approches de santé publique efficaces face au tabagisme, réagissent face à la dérive toxique de l’OMS contre les vapoteurs, et qui, de fait, favorise le tabagisme et les industries bénéficiant de ce fléau sanitaire. La crédibilité des autorités de santé des pays démocratiques est aussi en jeu. Ne pas dénoncer cette campagne outrancière et nocive de l’OMS serait de facto s’en faire complices aux yeux du public concerné. Et la période n'est pas à la confiance aveugle...


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