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mardi 13 novembre 2018

[Bref] Australie: les 45% d'aborigènes qui fument sont abandonnés par les autorités

Le problème est connu. Régulièrement, les autorités australiennes annoncent de bonnes intentions sur le sujet. Mais concrètement depuis 20 ans, l'écart de 30 points de pourcentage entre les taux de tabagisme des autochtones et du reste de la population australienne ne s'est pas réduit. Actuellement, près de 45% des aborigènes adultes fument contre 16% de la population générale, selon les statistiques officielles. Dans les deux populations, la réduction du tabagisme a suivi une moyenne faible d'à peu près 1/2 point de pourcentage par an sur cette période. Y a t-il une option pour ne pas attendre un siècle afin de donner une chance aux aborigènes de s'en sortir? Ce 8 novembre, la 5ème Conférence nationale sur les drogues et l'alcool à l'intention des populations autochtones (NIDAC18) à Adélaïde a consacré un atelier à cette question avec la Pr Marewa Glover de Nouvelle-Zélande, le Pr Colin Mendelsohn et le Pr Scott Wilson.

Fossé social

En Australie, les inégalités sociales et de santé entre autochtones et le reste de la population sont telles que le Gouvernement a lancé le programme "closing the gap" visant à réduire ces écarts. "Le tabagisme est la principale cause de morbidité, d'incapacités, de traumatismes et de décès prématurés chez les peuples autochtones et représente 23% de l'écart de santé entre les Australiens autochtones et non autochtones", reconnaissait l'an passé Ken Wyatt, Ministre de la Santé des peuples autochtones. 

Mais la seule réponse uniforme des autorités australienne au tabagisme est une hausse des taxes des cigarettes, dont le prix a doublé depuis 2008 pour atteindre le record mondial en la matière à plus de 20 Fs le paquet. A ce tarif, fumer ruine les groupes sociaux à faible revenu. "Cela a créé un stress financier substantiel et des difficultés pour les fumeurs autochtones persistants. Ils doivent rogner sur leur budget en matière d'alimentation, de vêtements, de chauffage et d'autres éléments de base", constatent les participants à l'atelier de la Conférence.

Aucune aide

Malgré ce constat, rien n'a été pensé jusqu'ici pour appréhender cette question spécifique pour les autochtones. Comme les autres groupes sociaux soumis à un fort stress social, les aborigènes australiens fument plus et ont plus de difficulté à arrêter de fumer. "Bien que la motivation à cesser de fumer soit la même chez les fumeurs autochtones que chez les fumeurs non autochtones, il leur est plus difficile de cesser de fumer et les taux de renoncement au tabac sont faibles. Il est clair que la stratégie actuelle «cesser ou mourir» (Quit or Die) agit trop lentement. De nombreux fumeurs autochtones ne peuvent tout simplement pas ou ne veulent pas arrêter de fumer et restent à haut risque", résume le compte-rendu de l'atelier par l'Association Australienne pour la réduction des risques liés au tabac (ATHRA).

La prohibition du vapotage nuit aux fumeurs aborigènes

Le message principal des intervenants est clair: "Le tabagisme nuit de manière disproportionnée aux populations autochtones. L’Australie a l’obligation morale de donner la priorité à cette question chez les autochtones et d’envisager toutes les options. Le vapotage devrait faire partie d'une approche globale pour réussir à «combler le fossé»". L'accès à l'outil de réduction des risques est interdit avec nicotine en Australie sauf sur prescription médicale. 

La prohibition du vapotage nicotiné handicape les fumeurs pour quitter le tabagisme, a fortiori les fumeurs autochtones. "Une étude récente sur les fumeurs australiens autochtones a révélé que 21% ont déjà essayé le vapotage. Cependant, les auteurs ont constaté «qu'il y a beaucoup de malentendus concernant le risque relatif du vapotage par rapport aux cigarettes classiques, en partie à cause du cadre réglementaire strict en Australie»", rapportent les intervenants.

Respect des droits humains

Pourtant, chez le voisin néo-zélandais, l'approche de réduction des risques montre des résultats encourageant dans les populations maoris, également en proie à un fort tabagisme. Le groupe d'auto-support Vape2Save a ainsi aidé de nombreux maoris à cesser de fumer.  La Pr Marewa Glover, néo-zélandaise spécialiste de santé publique et d'origine Maori, conclue: "Empêcher les peuples autochtones de passer à ces alternatives à risque grandement réduit et sans fumée est une atteinte à leur droit humain et au droit à la santé des autochtones"


mardi 16 octobre 2018

[Bref] En Allemagne, la désinformation sur la vape maintient-elle les plus défavorisés dans le tabagisme?

Moins de 2% de la population des plus de 15 ans utilisent le vapotage régulièrement en Allemagne, selon le monitorage Allemand Debra mené entre juin 2016 et novembre 2017. Parmi le panel interrogé, seul le quart des vapoteurs ne fumaient pas. "En Allemagne, le vapotage est principalement consommé en "double-usage" avec une consommation de tabac", concluent les chercheurs Daniel Kotz et Sabrina Kastaun dans Bundesgesundheitsblatt. Mais cette tendance générale est très contrastée en fonction des classes sociales. 84,5% des vapoteurs avec un revenu inférieur à 2'000€ mensuels fument encore, tandis que les utilisateurs de vapotage gagnant plus de 5'000€ par mois sont 50% à ne pas fumer. 

La perception du risque est corrélée à la probabilité d'utiliser la vape pour arrêter de fumer

Plusieurs hypothèses se disputent l'explication du phénomène. L'une d'elle est nourrit par une autre étude publiée également la semaine dernière dans le Bundesgesundheitsblatt. Une équipe de l'Institut für Therapieforschung de Munich a analysé l'enquête sur l'usage de substance (ESA) menée auprès de  9'204 personnes en 2015. "Seulement un tiers de la population sait que le vapotage est moins nocif que les cigarettes conventionnelles. La perception du risque est corrélée à l'usage du vapotage pour arrêter de fumer", soulignent les chercheurs menés par la Dr Josefine Atzendorf. 

L'étude confirme en chiffre que la probabilité d'utiliser le vapotage pour cesser de fumer est plus élevée chez les personnes qui savent le vapotage moins nocif que les cigarettes. Mais les personnes avec un niveau scolaire moins élevé sont une nette majorité à ne pas savoir le vapotage moins nocif que le tabac. Encore plus inquiétant, les fumeurs eux-mêmes sont plus nombreux à penser le vapotage plus ou aussi risqué que de continuer de fumer (voir tableau plus bas).

La responsabilité des désinformateurs

Ces données posent la question de la responsabilité des acteurs sanitaires et des médias dans la diffusion d'une culture du doute bénéficiant au maintien du tabagisme. Le remplacement de Martina Pötschke-Langer, après des années de fausses déclarations, par la Dr Ute Mons à la tête de l'influent Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) en 2017 était une première nouvelle appréciable. Mais le climat médiatique reste délétère contre la vape en Allemagne. Les chercheurs Heino Stöver et Dietmar Jazbinsek ont disséqué ce printemps dans Zeit les enjeux qui poussent les lobbys a organisé la désinformation. Même si le marché progresse sensiblement, l'impact du vapotage contre le tabagisme reste nettement en deçà de son potentiel, notamment dans les classes populaires.


dimanche 2 septembre 2018

Fin de la consultation européenne le 3 septembre: ma contribution pour l'abolition des taxes anti-vape


La consultation publique ouverte par la Commission Européenne sur le projet de surtaxe des produits de vapotage, ainsi que des taxes d'accise sur le tabac, se clôt demain le 3 septembre. Leur questionnaire prend quelques minutes à répondre. Il m'a semblé nécessaire de préciser certaines choses impossible à exprimer dans le cadre des questions de la Commission Européenne. Voici le texte que j'ai joint en complément à titre personnel.


Les taxes anti-vape sont sanitairement, socialement et économiquement des monstres : il est urgent d’y mettre fin dans l’Union Européenne.

Depuis l’introduction de la taxe anti-vape en Italie, le nombre de fumeurs a augmenté de plus d’un million, passant au dessus des 12 millions, tandis que le nombre de vapoteurs s’est écroulé à peu près d’autant, selon les données de l’Istituto Superiore de la Sanità. Cette catastrophe de santé publique s’accompagne d’un écroulement d’un secteur qui employait des dizaines de milliers d’employés, la perte de revenu de la TVA sur les produits de vapotage pour l’Etat et à terme une augmentation des coûts sociaux liés aux maladies du tabagisme est inéluctable. Le bilan de cette taxe est indubitablement une catastrophe pour la population et pour le tissus économique local. Le principal bénéficiaire en est le lobby pharmaceutique qui pérennise son marché des maladies liées au tabagisme.

Les autres pays de l’Union Européenne ayant introduit une taxe anti-vape depuis suffisamment de temps pour avoir du recul, illustrent les mêmes tendances. Au Portugal, la taxe anti-vape a tué dans l’œuf le développement du vapotage tandis que la prévalence tabagique n’a pas évolué depuis près de dix ans. En Grèce, la taxe anti-vape a soutenu un taux de tabagisme record et impulsé un vaste marché noir des produits de vapotage

Le vapotage est une solution de sortie du tabagisme

Le marché noir n’est pas une solution optimale pour les consommateurs en faisant perdre du contrôle sur la qualité des produits. Mais face à des mesures prohibitives, il reste une solution de sauvegarde d’un moyen de réduction des risques face aux cigarettes. Cependant, il augmente les risques de ventes sans contrôle d’âge. En l’état actuel au niveau européen les études britanniques, ainsi qu’à plus petite échelle celle menée par le Pr Bertrand Dautzenberg dans la population parisienne, montre que le vapotage accélère la chute du tabagisme des adolescents et ne constitue aucunement une passerelle vers celui-ci. Le discours du lobbyiste anonyme M. McK., lié au conglomérat de l’affairiste Michael Bloomberg, utilise des données du contexte américain, traitées de manière douteuse, qui ne sont ni pertinentes ni fiables pour la situation européenne.

Bien que le lobby de la maladie inonde les médias de fake news et de junk science afin de produire le doute dans la population, la réduction des risques du vapotage par rapport aux cigarettes est claire. Sans monoxyde de carbone ni goudrons générés, la consommation de vapotage induit pour ses usagers des niveaux de toxiques équivalents à ceux des substituts nicotiniques sur lesquels nous avons 40 ans de recul. Plus de 7,5 millions d’européens ont déjà choisi d’arrêter de fumer et 9 millions ont réduit leur consommation de cigarettes à l’aide du vapotage, selon les données de l’Eurobaromètre 2017


Le vapotage n’est pas un produit du tabac, il est un mode de consommation sans combustion. Il pourrait s’appliquer à de multiples substances à l’avenir. Le pousser de force dans la case des produits tabagiques est une manière de livrer le produit et ses consommateurs aux lobbys en place. Ce conservatisme d’économie-politique est voué à passer aux poubelles de l’histoire par l’évolution sociale initiée par ce mode de consommation et ses usagers. Il est inquiétant que la consultation conçue par la Commission Européenne soit incapable d’anticiper ce mouvement et apparaisse comme un questionnaire conçu au siècle passé par rapport aux réalités des pratiques de la population.

S’attaquer au vapotage est une mesure anti-sociale

Outre la réduction des risques sanitaires, le vapotage permet aux fumeurs s’y convertissant d’alléger la part de leur budget consacrée aux taxations régressives socialement des produits du tabac. L’augmentation de ces taxes a accru les inégalités sociales de santé alors que les classes défavorisées et vulnérables ont une prévalence tabagique nettement supérieure à la moyenne, tout en étant aussi nombreux à essayer de s’en sortir mais avec un taux d’échec beaucoup plus important. Les mesures de réduction des risques apparaissent comme des solutions alternatives bien plus bénéfiques que les politiques de stigmatisation contre-productives sur ces groupes sociaux. 

Le vapotage se présente comme un des moyens privilégiés pour soutenir une politique de santé publique responsable à l’opposé de l’orientation autoritaire et anti-sociale promue par les groupes néo-puritains, les lobbys pharmaceutiques et cigarettiers (Arte, Vox Pop, 14 mars 2016). Cette question de vie quotidienne préoccupe une part importante de la population, d’autant plus qu’elle concerne aussi les proches des fumeurs. La posture archaïque hostile à l’encontre d’une approche de réduction des risques sur la question du tabagisme, qui prévaut en soubassement des questions posées par cette consultation, mine de manière latente la cohésion sociale et la crédibilité des institutions.

Le rejet de la réduction des risques par les élites nourrit le rejet des élites par la population

Il est très inquiétant à ce sujet que la Commission Européenne refuse de s’intéresser objectivement au sujet, notamment par les multiples blocages du Commissaire lituanien Andriukaitis. Son mépris affiché envers les études scientifiques indépendantes et sérieuses, notamment du Public Health England et du Royal College of Physicians, ainsi qu’envers le public dans les médias et sur les réseaux sociaux est inacceptable. Certes, son pays a une lourde dette historique et des intérêts encore actuels à maintenir le tabagisme. Mais la politique de santé publique européenne ne peut être réduite aux vieilles méthodes de Komintern. 

Si la politique européenne sur le vapotage n’a pas été le sujet prédominant du débat sur le Brexit, elle était tout de même mentionnée comme un sujet influençant leur vote sur le sujet par un tiers des vapoteurs, qui étaient près de 2,5 millions au Royaume-Uni à ce moment-là. En Italie, la décision en décembre 2017 de renforcer les mesures anti-vape, accompagnées de taxes allégées pour les produits des cigarettiers, n’a probablement pas adouci la cuisante défaite du Parti Démocratique aux élections suivantes.

Comme vous le savez, 16 organisations européennes de défense des usagers de moyens de consommation de nicotine à risque réduit ont appelé à participer à cette consultation. Une réaction prédominante des usagers de vapotage, exprimée notamment sur les réseaux sociaux, a été le refus de participer à cette consultation jugeant inutile de perdre du temps, estimant que leurs avis ne seraient pas pris en compte, que la bureaucratie européenne ne s’intéresse qu’aux gains financiers à court terme et qu’elle défend avant tout les intérêts des grands lobbys. 

Le fait que cette consultation n’ait pas intégré d’option pour éliminer toute surtaxe contre le vapotage alors que 89,88 % des répondants à la consultation de 2016 s’opposaient à toute surtaxe nourrit cette perte de confiance à l’égard de la Commission Européenne. Un grand nombre pense que le marché noir sera un recours face à des taxations exagérées. 

Surtaxer un produit de réduction des risques permettant à des millions de fumeurs d’arrêter de fumer ou de réduire leur consommation de cigarettes n’a pas de fondement éthique. Justifier cette surtaxe au titre des taxes comportementales contre les « pêchés » mine la crédibilité des motivations de celles-ci et des défenseurs de ces taxes. Punir financièrement l’arrêt du tabagisme est un message insensé du point de vue de la santé publique. 

Choisir le progrès plutôt que l’obscurantisme

Pour ma part, j’ose encore espérer que la politique européenne devienne mature et responsable sur le sujet, en privilégiant d’accompagner un mouvement technique et social pour le meilleur plutôt que de tenter de protéger le statu-quo d’un monde tabagique en voie d’obsolescence. Le vapotage est un moyen de consommation à risque réduit qui va éliminer la fumée, réduisant ainsi drastiquement les maladies liées à ce mode de consommation que ce soit pour la nicotine ou d’autres substances, telles que les cannabinoïdes. La consommation de nicotine, tout comme des cannabinoïdes, ne disparaîtra pas. Le croire est de l’ordre d’un mauvais fantasme dystopique. Freiner cette mutation techno-sociale par des taxes injustifiées fait apparaître les instances européennes pour des organisations arriérées et insensibles aux besoins actuels de la population.

Anticiper et accompagner le développement des entreprises de vapotage enracinées dans le tissu économique local devrait être l’axe de réflexion des instances économiques européennes. Les surtaxes du vapotage s’opposent à une telle politique de développement en favorisant le maintien du tabagisme, le développement du marché noir et des achats hors de l’Europe. Soutenir le report modal des fumeurs vers le vapotage serait bénéfique pour la santé publique et les budgets liées à ces dépenses, favoriserait un ré-équilibrage du poids des taxes régressives et des inégalités de santé pour les classes défavorisées et les groupes sociaux vulnérables, et donnerait un signal positif à la population sur l’attention à son propos de la Commission Européenne. 

Il n’y a qu’une décision viable dans ce dossier: mettre fin aux surtaxes contre le vapotage dans l’Union Européenne.

Avec mes salutations cordiales.

Genève, le 31 août 2018
Poirson Philippe

Membre du comité des associations Helvetic Vape et Sovape. Sans lien d’intérêt financier avec les industries déontologiquement douteuses de la pharmaceutique et du tabac, ni pour raison d’indépendance dans mon domaine d’action avec quelconque entreprise de vapotage.


mardi 31 juillet 2018

Etude: les 39% de fumeurs aborigènes victimes de la prohibition du vapotage en Australie

En Australie, 39% des aborigènes et indigènes du détroit de Torres adultes fument. Près de 2,8 fois la moyenne globale en Australie en 2014. Pourtant, près de 70% des fumeurs aborigènes veulent et ont déjà tenté d'arrêter, une volonté similaire à la moyenne générale des fumeurs de l'île. Une équipe de chercheurs s'est intéressé à évaluer les usages et la connaissance du vapotage à travers l'enquête Talking about smokes ayant interviewé près de 1'300 aborigènes entre 2013 et 2014. "Moins d'aborigènes et d'insulaires du détroit de Torres ont essayé le vapotage que la moyenne des fumeurs australiens (21% contre 30%). En partie parce que moins de fumeurs aborigènes ont entendu parler de vape. Ils sont aussi beaucoup moins à reconnaître que vapoter est moins nocif que fumer (22% contre 50%)", résume l'étude publiée dans Nicotine & Tobacco Research (NTR), la revue de l'Université d'Oxford. 

L'équipe menée par le Dr David Thomas, de la Menzies School Health Research, pointe la responsabilité de la prohibition de vente du vapotage nicotiné et de l'alarmisme entretenu par des leaders anti-tabac envers le vapotage en Australie. "Il y a une incompréhension considérable sur le risque relatif du vapotage par rapport à la cigarette conventionnelle, en partie à cause de l'environnement réglementaire très strict", soulignent les chercheurs. Ils évoquent une possible piste explicative complémentaire. "L'héritage du colonialisme et le racisme existant peuvent avoir alimenté une méfiance envers le vapotage, soupçonné d'être un autre produit introduit par les blancs pour rendre malades les aborigènes et générer des profits aux blancs", rapportent les chercheurs.

Donner un message plus clair sur la réduction des risques

L'enquête montre une corrélation entre l'expérience du vapotage chez les indigènes et le fait d'habiter dans une zone plus urbaine ou plus favorisée, pratiquant l'anglais à domicile et d'être plus jeune. Le fait de fumer au quotidien, d'avoir déjà essayé d'arrêter de fumer dans l'année écoulée, a fortiori par des tentatives avec substituts ou médicaments, et penser que la vape est moins nocive que la cigarette sont aussi associés positivement à l'expérimentation de vapotage. Autrement dit, le profil prédominant de l'aborigène expérimentateur de vape est celui d'un fumeur de moins de 35 ans disposé à quitter les cigarettes.

Cependant, l'enquête n'a demandé aux aborigènes que s'ils avaient déjà vapoté, mais pas s'ils vapotaient au moment de l'entretien. Il n'a pas été demandé non plus s'ils avaient utilisé de la nicotine dans leur liquide, signalent les chercheurs comme limites à leur recherche. Ils encouragent les dirigeants politiques, autorités sanitaires et professionnels de santé à "donner plus clairement le message que le vapotage est moins nocif que les cigarettes conventionnelles" et créer une réglementation en ce sens. Pour le moment, les élites font la sourde oreille aux appels à la réduction des risques. Au détriment des fumeurs, en particulier aborigènes.


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