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vendredi 18 septembre 2020

Réussite du projet pilote d'arrêt tabac avec la vape à Salford (UK)

En moyenne, près de quatre arrêts tabagiques par dizaine de petits kits de vape distribués gratuitement. L’expérience pilote menée début 2019 à Salford, dans le Nord-Ouest anglais, confirme l’intérêt de l’approche. Un rapport sur l’expérience pilote vient d’être publié par une équipe de l’Université locale dans la revue Perspectives in Public Health. « Le vapotage semble être un moyen efficace de substitution de nicotine », concluent les chercheurs.

Âgés en moyenne de 45 ans, 1022 fumeurs se sont inscrits et ont reçu un kit de vape, parmi trois au choix. Cinq fioles d’e-liquide étaient données au premier rendez-vous, puis cinq autres lors d’une seconde visite. Les liquides étaient proposés en 10 mg/ml ou 16 mg/ml de nicotine et en quatre arômes. Détail intéressant, le mix de fruits a été nettement plus populaire, avec 60 % des fioles distribuées dans cet arôme, que les goûts tabac, tabac à rouler et menthol.

Certains ont continué de vapoter sans revenir aux contrôles

Parmi les participants, 614 (60 %) sont revenus au troisième contrôle après quatre semaines. 383 participants ne fumaient plus et leur test de CO affichait moins de 10 ppm. 

« Cela fait 62 % des participants au suivi ou 37 % des inscrits au début du programme », souligne le rapport dirigé par la Pr Margaret Coffey, spécialiste en santé publique à l’Université de Salford. 

Pour éviter un biais d’attrition non aléatoire, les 408 absents au contrôle ont été considérés encore fumeurs, même si « on sait que certains participants étaient contents avec leurs e-cigarettes et ont continué sans soutien », précise l’étude. 

70 % des participants étaient à bas revenus

Au départ, 58 % des participants ont déclaré fumer plus d’un paquet de cigarettes par jour et 24 % entre 11 et 19 cigarettes. Parmi ceux qui n’avaient pas réussi à arrêter de fumer après quatre semaines, la moyenne est passée de 19,1 à 8,7 cigarettes fumées par jour.

La région compte un des taux de tabagisme les plus élevés d’Angleterre avec plus de 24 % de fumeurs. En particulier chez les plus défavorisés qui sont près de trois plus touchées. « Ce projet pilote a été réalisé dans une région défavorisée du nord-ouest de l’Angleterre », soulignent les chercheurs. 69 % des participants étaient dans le quintile (les 20 %) des revenus les plus bas. Un tiers étaient sans emploi et un quart dans le travail manuel ou de routine, 8 % étaient invalides et 10 % retraités. 

Environ les deux tiers des participants ont accédé à l’expérience par les Stop Smoking Services, tandis qu’un tiers est passé par des pharmaciens. L’opération a été menée en partenariat avec un magasin de vape local affilié à l’Independent British Vape Trade Association (IBVTA), association des professionnels de vape indépendante des cigarettiers. 

Le projet pilote de Salford rappelle celui mené par le Sucht Hilfe d'Olten, en Suisse, où des kits de vape et des liquides ont également été distribués gratuitement à des fumeurs désirant arrêter ou réduire leur consommation de cigarettes. L'expérience réussie a été passée sous silence par les médias helvétiques.

mardi 25 février 2020

Analyse des données britanniques: le vapotage réduit les inégalités sociales de l'arrêt tabagique

«Nos résultats suggèrent que le vapotage peut aider les fumeurs défavorisés à arrêter de fumer. Cela pourrait avoir un impact important sur les inégalités de santé, car arrêter de fumer est très bénéfique pour la santé des gens», explique le Dr Michael Green, sur le site de l'Université de Glasgow. Avec deux de ses collègues de la faculté de santé publique, il a mené une analyse des données de plus de 35'000 adultes et 3'000 jeunes britanniques entre 2015 et 2017 de la Household Longitudinal Study (UK).

"Les fumeurs adultes plus aisés ont plus de chances d'arrêter de fumer, mais cette inégalité se réduit parmi ceux qui utilisent le vapotage", précise l'auteur référent. Selon l'étude publiée dans le BMC Public Health en accès libre, le ratio de chance d'être ex-fumeur présente un handicap de 18% pour les plus pauvres sans s'aider du vapotage, et se réduit à 12% avec le vapotage, au Royaume-Uni.

Les conditions sociales et les mesures politiques jouent un rôle évidemment dans ces inégalités. Par exemple, l'inégalité à l'arrêt tabagique entre groupes sociaux en Suisse atteint en 2011 un handicap de 66% pour les moins diplômés, selon les données du suivi Sapaldia. Les élites de santé suisses entravent de longues dates autant se peut la voie de la réduction des risques face au tabagisme.

Les plus pauvres ont moins de chances de réussir leur arrêt

Principale cause évitable de maladies, le tabagisme est un facteur majeur d'inégalités sociales de santé. Les groupes sociaux défavorisés sont à la fois proportionnellement plus nombreux à fumer et moins à réussir leur arrêt, malgré des tentatives aussi nombreuses que les plus aisés. Dans le contexte de l’accroissement brutal des inégalités sociales de santé, le rôle du vapotage pour aider les fumeurs défavorisés à arrêter de fumer est une question primordiale de santé publique. Elle n'a pourtant reçu que peu d'attention jusqu'ici. 

"Historiquement, les individus plus favorisés ont mieux réussi à arrêter de fumer que ceux qui sont plus défavorisés, mais cette inégalité s'est réduite ces dernières années [au Royaume-Uni], et les cigarettes électroniques ont été suggérées comme une explication possible de cette tendance", souligne l'étude. Les chercheurs écossais ont évalué le rapport entre vapotage et arrêt tabagique en fonction des niveaux socio-économiques (SEP) construits à partir de trois mesures: le niveau d'éducation, la situation professionnelle et le revenu net. 

Ils ont distingué trois cas de recherche. Le lien entre vapotage et niveau socio-économique ainsi que le tabagisme chez les adolescents ; la relation entre le niveau socio-économique et le vapotage des adultes; et la relation entre l'arrêt tabagique avec le vapotage et le niveau socio-économique des ex-fumeurs. Pour évaluer l'impact du vapotage sur les inégalités sociales de santé liées au tabagisme dans le contexte britannique, les auteurs ont voulu évaluer son impact sur les fumeurs et l'arrêt tabagique, mais aussi sur les non-fumeurs, notamment les jeunes adolescents, et une éventuelle initiation à sa consommation. 

Chez les jeunes ados, une expérimentation du vapotage rare

Dans le groupe des adolescents de 10 à 15 ans, 7,5% déclarent avoir fumé et 3,4% avoir vapoté au moins une fois dans leur vie, "bien que cela puisse inclure aussi bien du vapotage régulier que peu fréquent" ou même un simple essai. Parmi ceux qui avaient vapoté, 62,5% avaient déjà fumé. "Nos résultats concordent avec les rapports sur la faible prévalence de vapotage chez les jeunes, en particulier chez les jeunes qui n'ont jamais fumé", précise l'étude. L'absence de question de l'enquête initiale sur la fréquence d'usage et la présence ou non de nicotine me semblent limiter l'analyse de ces chiffres.

Cependant, la dispersion socio-économique des utilisateurs indique clairement que les jeunes les plus défavorisés sont proportionnellement plus à avoir au moins essayé de vapoter: 5,5% des jeunes dont les parents sont dans le quartile le moins favorisés contre 1,9% des adolescents du milieu le plus aisé. «Les inégalités de vapotage chez les jeunes qui n'ont jamais fumé sont à surveiller, mais il y a de bonnes raisons de ne pas s'alarmer. Le vapotage régulier [au moins une fois par semaine] chez les jeunes au Royaume-Uni est très rare, donc tout impact serait limité. En outre, certains des adolescents utilisant des cigarettes électroniques peuvent les essayer à la place des cigarettes traditionnelles, qui seraient probablement beaucoup plus nocives pour eux», commente le Dr Michael Green sur le site de l'Université de Glasgow.

Le vapotage réduit les inégalités de chance d'arrêter de fumer entre classes

Chez les adultes, les résultats montrent que "le désavantage socio-économique augmente la probabilité de vapotage chez les ex-fumeurs, alors qu'il y avait peu ou pas d'effet du niveau socio-économique pour le vapotage des fumeurs actuels et des personnes n'ayant jamais fumé". Les chercheurs ont calculé un indice de l'effet direct du niveau socio-économique sur les chances d'avoir réussi à arrêter de fumer. 
Chez les ex-fumeurs qui ne vapotent pas, être d'un groupe socio-économique plus favorisé offre 18% de plus de chances d'avoir réussi à arrêter. Tandis que parmi les ex-fumeurs utilisant le vapotage, cet écart se réduit à 12%. "Nous constatons des inégalités plus faibles dans le sevrage tabagique chez les ex-fumeurs qui vapotent, ce qui pourrait avoir un effet conduisant à un rétrécissement des inégalités de santé", soulignent les chercheurs en conclusion. 

Un enjeu stratégique à explorer 

Des études explorant dans la durée les évolutions des personnes entre tabagisme, vapotage et cessation pourront mieux documenter la problématique. "Cela sera possible avec les futures vagues de l'étude. La clarification des inégalités dans les transitions entre des états particuliers de tabagisme et de vapotage sera un enjeu important pour de telles recherches longitudinales"

Ceci alors que "la compréhension des impacts du vapotage sur les inégalités socio-économiques liées au tabagisme est particulièrement importante étant donné que peu d'interventions de lutte contre le tabagisme au niveau de la population (à l'exception de la fiscalité) ont eu du succès à cet égard".





mardi 11 février 2020

Etude en Irlande: les bébés de mamans vapoteuses naissent au même poids que ceux des non-fumeuses

Selon l’analyse statistique des naissances à l’hôpital Coombes de Dublin en Irlande, les bébés des femmes vapoteuses exclusives ont à la naissance un poids similaire à ceux des non-fumeuses. Soit près de 300 grammes de plus que ceux des fumeuses, y compris les doubles-utilisatrices de vape et cigarettes. Les résultats viennent d’être publiés ce 9 février en accès libre dans le British Journal of Obstetrics and Gynaecology (BJOG).

C’est un constat connu, les mamans fumeuses donnent naissance à des bébés de plus faible poids que les non-fumeuses. La différence est en moyenne de près de 300 grammes. Mais jusqu’ici aucune étude n’avait observé ce qu’il en est des bébés de mères passées au vapotage. Une équipe a analysé les données issues des entretiens des femmes enceintes au second trimestre de leur grossesse à l’hôpital de Coombe en Irlande. L’hôpital situé à Dublin accueille la naissance de près de 8 500 nourrissons chaque année. L’équipe menée par le Dr Brendan McDonnell a identifié 218 femmes enceintes et vapoteuses exclusives et 195 doubles-utilisatrices de vape et de cigarettes. 

Près de 300 grammes de plus que les bébés de fumeuses

L’étude a pris en groupes témoins une centaine de fumeuses (fumant au moins une cigarette par jour) et une centaine de non-fumeuses (n’ayant jamais fumé). À la naissance le poids moyen des bébés de vapoteuses exclusives est à un gramme près le même que celui des bébés des femmes n’ayant jamais fumé: 3 kg 470 contre 3 kg 471. Par contre, les bébés des fumeuses exclusives et des doubles utilisatrices pesaient près de 300 grammes de moins avec respectivement 3 kg 166 et 3 kg 140. La part des cas d’insuffisance pondérale est aussi nettement moindre chez les bébés des femmes vapoteuses (11 %) ou non-fumeuses (12,8 %) que chez ceux des fumeuses (28 %). 

« Nous avons constaté que les utilisatrices exclusives de vapotage ont des bébés avec un poids à la naissance similaire à ceux des non-fumeuses. Par rapport aux fumeuses, les utilisatrices d’e-cig ont une incidence plus faible d’accouchement d’un nourrisson de faible poids à la naissance », soulignent les auteurs. « En revanche, les utilisatrices doubles ont eu des résultats similaires à ceux des fumeuses », précisent-ils. 

Une recherche à approfondir

Cependant, la recherche ne s’appuie que sur un entretien des femmes enceintes. Leur statut tabagique antérieur, une éventuelle évolution au cours de la grossesse, notamment pour les doubles-utilisatrices qui peuvent avoir réduit leur consommation de tabac, ne peuvent apparaitre dans ces données. « La participation des patientes à la conception de futures études sera essentielle », notent d’ailleurs les chercheurs.

Des différences socio-économiques apparaissent entre les femmes enceintes ayant opté pour le vapotage et celles continuant de fumer. « Dans cette étude, les utilisatrices de vapotage appartiennent à un groupe socio-économique plus élevé que les fumeuses de cigarettes conventionnelles, une tendance précédemment observée au Royaume-Uni, mais qui s’est atténuée ces dernières années. Elles ont un taux plus élevé de grossesses planifiées et elles sont plus susceptibles d’avoir pris de l’acide folique prénatal », observe l’étude.

Une alternative aux méthodes classiques

« Les interventions de sevrage tabagique pendant la grossesse ont une efficacité limitée et de nombreuses femmes qui luttent pour cesser de fumer se tournent vers le vapotage comme méthode de réduction des méfaits. Cette recherche suggère que les utilisatrices exclusives de vapotage livrent des nourrissons avec un poids à la naissance similaire à celui des non-fumeuses », concluent les docteurs de l’hôpital de Coombe. 


Crédit photo by Filip Mroz on Unsplash

dimanche 9 juin 2019

Vaping Facts: la Nouvelle-Zélande lance une grande campagne d'information de réduction des risques

"La nicotine manque à beaucoup de gens quand ils cessent de fumer. Le vapotage peut remplacer cette nicotine mais sans les toxines présentes dans la fumée de cigarette. Les produits chimiques de combustion présents dans la fumée de cigarette est ce qui cause presque tous les dommages provoqués par le tabac", explique Jenny Salesa, Ministre déléguée à la santé de Nouvelle-Zélande. Elle a inauguré ce matin le nouveau site web Vaping Facts, mis en place pour fournir "une source d’information centralisée et crédible, avec des faits et des conseils sur le vapotage"

Dans un pays qui compte près de 15% de fumeurs, ce site "est conçu pour les adultes qui fument et leur whānau, ainsi que pour les personnes ayant des questions sur ce qu'est le vapotage et en quoi il est différent du tabagisme", précise la Ministre déléguée dans son communiqué de presse. Le site Vaping Facts impressionne. A la fois très complet et précis, il garde un ton facile d'accès pour le public, avec de brefs interviews en vidéo. Les fumeurs kiwi peuvent y trouver des renseignements sur les types de produits de vape pour arrêter de fumer, des conseils et des repères sur les questions de santé et corrige certains mythes.

Réduire le "health gap" des inégalités sociales liées au tabagisme

La création du site s'inscrit dans une stratégie de lutte face au tabagisme ayant intégrée l'approche de réduction des risques. La Nouvelle-Zélande vise à avoir moins de 5% de fumeurs d'ici 2025. Or la stratégie conservatrice pro-abstinence, dite du quit or die, était dans une impasse: elle est inéfficace avec les groupes sociaux défavorisés. "Il existe des inégalités importantes des taux de tabagisme en Nouvelle-Zélande. Les femmes maories en particulier connaissent les taux de tabagisme les plus élevés", souligne Jenny Salesa. Après ce site, le Ministère de la santé lancera une campagne de spots TV en septembre "visant à sensibiliser le public au fait que le vapotage est un moyen d’arrêter de fumer".

mercredi 19 décembre 2018

Première en Suisse: le centre d'aide d'Olten offre des vaporettes pour arrêter de fumer

Une première en Suisse. L'organisme d'aide Sucht Hilfe Ost (SHO) d'Olten intègre une offre gratuite de vapotage, ainsi que des liquides nicotinés, à son programme d'arrêt tabagique à partir de ce mercredi 19 décembre. Tout fumeur de la région de Soleure désirant arrêter la cigarette peut participer à l'opération pilote prévue pour 18 mois. La marche à suivre est très simple, il suffit de s'inscrire et s'engager dans le programme. Une première consultation avec un professionnel du centre détermine le moyen le plus approprié pour le participant. Grande innovation: le vapotage fait désormais partie des options. "Nous facilitons la transition en conseillant et en accompagnant et nous fournissons les dispositifs de vapotage gratuitement", explique Reno Sami, co-directeur général du SHO. Aux côtés des quatre appareils possibles offerts, les liquides de vapotage sont vendus par le centre avec un choix de cinq arômes en trois taux de nicotine. 

Les professionnels formés par un expert de la vape

L'accompagnement des néophytes se veut éclairé. Helvetic Vape a formé spécifiquement les professionnels du centre à l'outil de réduction des risques sans combustion. En professeur à la pointe de la démarche, Phil Scheck, le vloggueur suisse-allemand aux 100'000 followers. Impliqué dans l'élaboration du projet, il assurera le soutien des professionnels au long cours. "Nous sommes particulièrement fiers de participer en apportant notre expertise spécifique à ce programme", précise l'association des vapoteurs dans un communiqué. Son Guide pour se convertir facilement est aussi distribué aux participants.

De son côté, le centre d'aide souligne l'importance de la démarche dans le sillage de l'appel de la Fédération des addictologues en Suisse l'an passé. "Nous voulons et nous devons protéger au mieux les habitants de nos régions contre le cancer du poumon et d’autres maladies pulmonaires évitables", explique Peter Hodel, président de SHO. L'expérience pilote sera examinée par un suivi scientifique pour mesurer le taux de succès et évaluer les points forts et faibles de la démarche novatrice. "Nous sommes dans une approche de réduction des risques. C’est l’une de nos tâches essentielles et nous la prenons très au sérieux", ajoute Peter Hodel.

La première offre d'arrêt tabagique à bas seuil

La gratuité et la facilité d'accès au programme est un élément clef du dispositif d'aide. "Les commentaires montrent qu'il y a un réel besoin. En outre, le coût du vapotage est de 4 à 8 fois inférieur à celui des cigarettes. C’est aussi un argument social fort pour notre tentative", souligne Reno Sami. Jusqu'ici dans le canton de Soleure, la seule offre d'organisme de santé pour arrêter de fumer proposée au public était des cours visant l'abstinence totale de consommation de nicotine de la Ligue Pulmonaire au prix de 190 Fs. Reprogrammation mentale et thérapie cognitivo-comportementale au menu de six séances avec une date d'arrêt fixée par avance. Seule l'appli de Stop-Tabac.ch était à disposition gratuitement des fumeurs soleurois. 

100 Fs la boite de patchs

Arrêter de fumer en Suisse, coûte très cherEn dehors de ces cours, les substituts nicotiniques, tels que patchs ou gommes, sont à prix exorbitants sans remboursement par l'assurance-maladie de base en Suisse. Le Champix est la seule aide couverte, suite à un jugement du Tribunal fédéral de 2011, avec la quote-part de 10% et la franchise à charge des assurés pour le traitement à près de 600 Fs. En bref, dans le canton de Soleure comme dans le reste de la Suisse, les autorités sanitaires bombardent les fumeurs de messages de prévention pour qu'ils arrêtent mais ne leur offrent à peu près rien pour les aider e uniquement sur la base de l'idéologie du 'Quit or die'. 

Le critère du niveau économique est pourtant déterminant dans le tabagisme helvétique. Alors que moins de 10% des membres de la classe privilégiée fument, ce sont près de 50% des chômeurs et plus de 60% des personnes subissant un état dépressif. Les défavorisés ont aussi près de trois fois moins de chance de réussir à arrêter de fumer, selon le suivi Salpadia de 2011. En 1991, cet écart n'était que de 1,3. En vingt ans, les inégalités sociales de santé liées au tabagisme ont explosé en Suisse.

La fin de l'abandon des défavorisés au tabagisme?

Pourtant 61% des fumeurs déclarent espérer arrêter, alors que leur nombre stagne à 27% de la population depuis dix ans, selon l'Enquête Suisse sur la santé. Malgré cela, ou à cause de cela, les autorités sanitaires et politiques n'ont pas esquissé le moindre geste de détente envers une approche plus efficace et souple. Au contraire, elles ont prohibé arbitrairement la vente de vapotage avec nicotine durant neuf ans. Le Tribunal administratif fédéral a mis fin à cette interdiction abusive dénuée de base légale en avril dernier.

C'est aussi une des choses qui rendent possible l'ouverture du programme intégrant le vapotage à l'aide à l'arrêt tabagique à Olten. Cette initiative du Sucht Hilfe Ost qui vient enfin briser ce macabre abandon et ouvre la voie à une sortie du tabagisme en Suisse.


mardi 20 novembre 2018

Opération pilote en Angleterre: 63% d'arrêts de fumer à l'aide de 1000 vaporettes gratuites à Salford

"Swap to stop". Passer au vapotage pour arrêter de fumer est le mot d'ordre de l'expérience pilote qui a distribué de janvier à mars plus de 1'000 vaporettes gratuitement à Salford. La ville du nord-ouest anglais, surnommée "the dirty old town", se donne les moyens de s'attaquer aux inégalités sociales de santé liées au tabagisme. Trois appareils différents et quatre arômes de liquides en deux taux de nicotine (10 mg/ ml et 16 mg/ml) étaient mis à disposition dans les centres stop-tabac et sept pharmacies de la ville. "Nous avons atteint  beaucoup de gens. Je pense que cela a été vraiment une très bonne expérience pilote", déclare Kuiama Thompson, du National Health Services du Grand Manchester, invitée à présenter l'initiative au 6ème Ecig-Summit de la Royal Society de Londres cette semaine. 

Machine à combler les inégalités sociales de santé

Cible au cœur de l'opération, les fumeurs à faible revenu qui ont plus de difficulté à arrêter de fumer et sont moins sensibles à l'habituel rhétorique anti-tabac. Et cela a plutôt bien marché avec 69% des participants appartenant à la tranche des 20% les plus démunis. Kuiama Thompson rapporte un témoignage: "Je me suis dit: 'ok, c'est gratuit, allons-y. Je peux juste essayer'. Et je l'ai fait'". Effet d'opportunité et approche incitative douce se sont alliés pour engendrer une moyenne de 63% d'arrêts à quatre semaines des personnes suivies.

Derrière la moyenne générale, l'approche a égalisé les taux de réussites entre classes sociales. Alors qu'elles sont habituellement sensiblement en faveur des classes plus aisées, les différences sont faibles sur cette opération. Comme le montre le graphique présenté par Kuiama Thompson entre les taux de réussites durant Swap to stop en bleu, et ceux habituels en orange.

Une démarche soutenue et assumée

La démarche n'est pas sans rappeler les initiatives de la Vape du Cœur en France, qui délivre appareils de vapotage et conseils pour arrêter de fumer aux plus démunis. Mais en Angleterre, cela se passe avec un véritable soutien assumé et public des autorités sanitaires et politiques. Une campagne de publicité a ainsi pu annoncer l'opération de distribution gratuite.
La vidéo (12 mn en anglais) de la présentation de Kuiama Thompson à la Royal Society de Londres
Kuiama Thompson from The E-Cigarette Summit on Vimeo.

vendredi 16 novembre 2018

[Op] Suisse: parlera t-on de réduction des risques aux manifs contre l'explosion des primes d'assurance-maladie?

Au lieu de leur donner accès aux soins, le système d'assurance-maladie est devenu une cause d'endettement pour des centaines de milliers de personnes en Suisse. "Désormais, certains Romands renoncent à se soigner, en raison de leur franchise élevée, tandis que plusieurs cantons ont introduit une liste noire des mauvais payeurs, qui n’ont désormais plus accès aux soins, sauf en urgence", expliquait l'émission Temps Présent de la RTS l'an passé. 

Manifs ce samedi à 14 h

Depuis, les primes ont poursuivi leur ascension, dépassant 500 Fs par mois pour l'assurance de base à Genève par exemple. Sans que cela n'amènent les autorités fédérales à prendre plus que quelques mesures cosmétiques. De quoi exaspérer la population, comme le montre le mouvement spontané de Lutte contre la hausse des primes d'assurance maladie (LCAPAM). A l'appel de ce groupe, né sur facebook et comptant près de 14'000 membres, des manifestations sont organisées ce samedi à 14 h dans sept villes.

Différentes causes sont à l'origine de ce marasme socio-sanitaire. En premier lieu, l'absence d'indexation des primes aux revenus. A laquelle s'ajoutent la gestion mercantile des caisses, des conflits d'intérêts croisés entre les lobbys, notamment des pharmaceutiques et des assurances, au parlement... et évidemment l'augmentation des coûts de santé. Ne soyons pas dupes, l'excuse est taillée sur mesure pour des dirigeants prompts à se défausser de leurs responsabilités et occulter les autres problèmes. Reste qu'ils augmentent.

Coûts inéluctables ou artificiellement entretenus?

Alain Berset, Conseiller fédéral en charge de la santé, prétend que la hausse des coûts de santé est "inéluctable". En réalité, sa responsabilité est violemment engagée sur la principale cause évitable de maladies: le tabagisme. Sa politique de prohibition du vapotage nicotiné a condamné les fumeurs à ne pas pouvoir arrêter avec l'aide la plus populaire et la plus efficace. Alors que le tabagisme coûterait près de 4,6 milliards de Fs annuels en coûts de santé en Suisse. 

L'interdiction des liquides nicotinés, finalement reconnue illégale et abrogée par le Tribunal administratif fédéral en avril, est directement responsable d'avoir nourri artificiellement les coûts de santé. Depuis 2011, l'Angleterre a réduit d'un quart son nombre de fumeurs, passant en dessous de 15% de la population à présent, avec une politique d'incitation positive au vapotage. Dans le même temps, le tabagisme de la Suisse d'Alain Berset a stagné à plus de 27%

Le fumeur est-il un salaud universel?

En contre-feu aux manifestations de samedi, une campagne se met en place ces derniers jours pour désigner des bouc-émissaires. Sondage orienté diffusé par le quotidien gratuit 20 Minutes à l'appui, se dessine la figure du salaud de fumeur responsable des primes élevées. Et qu'il faudrait punir de primes encore plus élevées, susurre la manipulation facile à l'oreille de la population. En réalité, les fumeurs sont les principales victimes, non seulement dans leur chair, mais aussi financièrement du tabagisme. Alors qu'ils sur-financent déjà proportionnellement les comptes de l'AVS, augmenter leurs primes d'assurances serait non seulement injustes mais surtout contre-productif. 

Le changement personnel se nourrit de confiance. La stigmatisation et l'accroissement des difficultés sociales et financières entravent la sortie du tabagisme. Le fossé grandissant en Suisse dans le succès à arrêter de fumer selon sa classe sociale est éloquent, bien que totalement passé sous silence en premier lieu par les "milieux de la santé". Etre aisé assure trois fois plus de chances de réussir sa tentative d'arrêter de fumer que d'être défavorisé, selon le suivi Salpadia en 2011. Pour ne plus fumer, il faut des moyens concrets d'aide, des encouragements et du soutien pour avoir la confiance de s'engager dans un changement parmi les plus difficiles qui existe. 

Mouvement publique de santé

La politique anglaise s'appuie sur ces deux éléments avec succès: l'accès à l'outil de réduction des risques qu'est le vapotage et des incitations positives au changement - ce que Richard Tahler appelle les nudges -. Une approche qui tend à réduire les inégalités de chances d'arrêt entre classes sociales. L'administration d'Alain Berset ayant fait plus que la démonstration de son incapacité à saisir et, a fortiori, à mettre en oeuvre ces éléments actuels, la question se pose de savoir si son successeur sera plus compétent et courageux pour initier une politique moderne et efficace en la matière

En attendant, espérons que la société civile Suisse s'empare à son tour de la question de la réduction des risques, en particulier face au tabagisme avec le vapotage. Un moyen de freiner les coûts de santé, à défaut de résoudre les problèmes de déloyauté des dirigeants mis en lumière aussi bien par la gestion des assurances-maladies que la politique tabac.


mardi 6 novembre 2018

La Commission Européenne analyse les réponses à son projet de taxes selon les liens d'intérêts sauf pour l'industrie du cancer

La Commission Européenne a fait son rapport sur les contributions à sa consultation publique estivale sur les taxes tabac et son projet d'imposer une taxe anti-vape. Elle avait déjà publié les résultats statistiques en septembre : près de 90% de participants s'opposent à l'assimilation de la vape aux produits du tabac et à ses taxes punitives. Au-delà des chiffres, la Commission propose une analyse d'opinions, dont le Vaping Post fait un compte-rendu en français. "Comme l’on pouvait s’y attendre avec ce genre de consultation publique, chacun a défendu ses intérêts et campé sur ses positions", résume Alistair Servet pour le site spécialisé. Mais les liens d'intérêt sont-ils vraiment analysés par le rapport de la Commission?

Pas de baisse du taux de sophisme en Europe cette année

Le rapport de la Commission a catégorisé les réponses par liens d'intérêt supputés des participants individuels (hors organisation). Bien que seuls 1,77% des participants ont déclaré être vapoteurs lors de l'enquête, la Commission a considéré comme parties prenantes liées d'intérêt pour la vape, tous les participants individuels donnant des réponses s'opposant aux mesures anti-vape. "Le taux de réponse élevé parmi les citoyens s'explique principalement par la pétition parallèle lancée par diverses organisations de consommateurs de vapotage. La pétition a attiré 50'000 supporters qui ont également été invités à participer à la consultation publique pour «défendre le droit d’accès au vapotage sans taxe dans toute l’Europe»", précise le rapport de la Commission. 

Justifiant à ses yeux que "les commentaires de plus de 10'000 citoyens européens ayant pris part à la consultation publique devraient être considérés représentant principalement les points de vue des communautés soutenant la vape". Voyons, comment ça marche? Vous déclarez être pour l'abolition des taxes sur les serviettes hygiéniques, donc vous êtes une femme féministe, donc c'est normal que vous soyez pour l'abolition des taxes sur les serviettes hygiéniques. Le jeu est facile, vous pouvez essayer avec d'autres choses, ça marche bien pour dénier a priori toute réflexion à quelconque prise de position en l'accusant de prendre cette position par intérêt. La preuve d'un lien d'intérêt? Tu as pris cette position.

Citoyens égaux mais un peu moins quand même

La Commission concède que "la nature et le but d’une consultation publique ouverte sont, non pas de fournir une statistique significative de la population de l’UE (...), mais de permettre à toutes les parties prenantes de donner leur point de vue sur la politique de l’UE". Mais en rappelant avec insistance qu'il "est essentiel de garder à l’esprit ce biais pour une analyse et une interprétation correctes des réponses". En somme, on l'aura compris, l'interprétation correcte est donc que seuls des vapoteurs peuvent se soucier de réduction des risques sur la question. Honnêtement, je ne sais pas comment doivent le prendre les non-vapoteurs?

D'accord, on ne va pas nier qu'il y a eu plus que probablement une forte participation de vapoteurs à la consultation. Même s'il est difficile de la comptabiliser précisément et qu'elle ne correspond pas au nombre de signatures de la pétition. Mais la catégorisation faite par la Commission pose tout de même deux questions de fond: les vapoteurs sont-ils des citoyens un peu moins égaux que les autres lorsqu'ils exercent leur droits civiques et expriment leur opinion, après y avoir été invités par la Commission, sur un sujet qu'ils connaissent d'expérience et pour lequel ils sont directement concernés? Les avertissements du rapport de la Commission laissent planer un doute sur le sujet. 

Pas vu, pas pris?

L'autre question concerne l'inégalité de traitement des répondants dans la manière de catégoriser. La Commission distingue les parties liées au vapotage, celles liées au tabac, puis une catégorie "santé publique". La réduction des risques est-elle d'office hors du champ de la santé publique pour discriminer l'une de l'autre? Cela ressemble plus à une pétition de principe de la Commission qu'à quelque chose de fondé en termes de santé publique. 

Les 50 organisations élues à la catégorie 'santé publique' sont-elles toutes sans lien d'intérêt avec quelconque entreprise pouvant bénéficier du tabagisme? Les organisations recluses dans le sac "autres" sont-elles dénuées d'intérêt pour la santé publique? Le rapport de la Commission ne permet pas de le savoir. L'absence de précision doit-elle laisser supposer qu'aucune organisation sponsorisée par des firmes d'anti-cancéreux, financée par l'affairiste Michael Bloomberg ou encore dépendante des subventions et des désirs de la Commission Européenne n'a été labellisée 'santé publique'? hum... On peut être pris de doutes. En gardant le silence sur ce chapitre, alors qu'il a pris pour angle les liens d'intérêt, le rapport ne lève pas les zones obscures des intérêts sur le dossier.

Quitte à prendre le parti d'analyser les réponses selon des liens d'intérêts supputés, il aurait été intéressant que la Commission aille au bout de cette logique. Elle aurait pu analyser le schisme qui traverse le camp des 50 organisations qu'elle a qualifié de "santé publique" concernant les produits de réduction des risques. Elle note pourtant en conclusion que "les positions des parties prenantes de la santé publique sur ce sujet ne sont toujours pas uniforme". Mais les intérêts qui président à ces différentes positions restent dans l'ombre dans ce rapport qui semble surtout tenter de justifier ses a priori sur les participants. 

jeudi 1 novembre 2018

Suisse: Dix ans d'incompétence politique maintiennent le tabagisme à plus de 27% de la population

Les responsables du tabagisme Suisse

Depuis dix ans, le tabagisme en Suisse stagne: 27,1% en 2017 selon les derniers chiffres de l'Enquête nationale de santé. Une méthode de recensement dont on sait qu'elle tend à sous-estimer les consommations stigmatisées, dont le tabagisme. Publiée hier par l'Office fédéral de la statistique, cette enquête effectuée tous les cinq ans recense près de 1,9 millions fumeurs chez les plus de 15 ans. Par rapport aux 28,2% de 2012, la légère baisse représente environ 80'000 personnes sorties du tabagisme.

A peu de chose près, c'est le nombre de vapoteurs au quotidien estimés à 70'000 en 2017 par le cabinet Ecig Intelligence. Bien que fortement entravé par la prohibition des liquides nicotinés jusqu'à l'été dernier, le vapotage est devenu tout de même l'aide la plus utilisée par les fumeurs helvètes pour arrêter lorsqu'ils en utilisent une. Mais la vape n'était employée que dans 6% des tentatives en 2015 car l'extrême majorité (70%) des fumeurs ont tenté l'arrêt franc sans aide, selon le monitorage d'Addiction Suisse

Quand elle peut, la vape fait dégringoler le tabagisme

Depuis 2011, les pays où le vapotage a pu se développer ont vu leur tabagisme baisser. Voire dégringoler lorsqu'il est soutenu par une politique incitative. Pendant que les autorités Suisses interdisaient les liquides à vapoter nicotinés, sans base légale comme l'a jugé le Tribunal administratif fédéral en avril dernier, les anglais ont fait chuter d'un quart la part de tabagisme sous l'essor de la vape. Près de 40% des tentatives s'appuient sur ce mode de consommation de nicotine à risque réduit: les  réussites ont bondi. Les centres stop-tabac locaux enregistrent 63% d'arrêts réussis avec le vapotage en moyenne. 

Les adolescents britanniques ont suivi le mouvement de leurs aînés à la baisse. L'Islande a vu près de 40% de ses fumeurs passer totalement au vapotage depuis 2014, tandis que le tabagisme des adolescents est en voie de disparition. Dans l'Union Européenne, ce sont près de 7,5 millions de personnes libérées de la cigarette à l'aide du vapotage. Aux Etats-Unis, le tabagisme s'écroule dans toutes les classes d'âge sous l'impact de la vape.

La prohibition a maintenu le tabagisme en Suisse

En contraste de ces multiples exemples, la prohibition du vapotage nicotiné a assuré le maintien du tabagisme en Suisse durant cette période. Principale action des autorités sur le sujet: un projet de loi tabac (LPTab) bancal, cherchant avant tout à condamner la réduction des risques en assimilant le vapotage au tabagisme. Présenté en 2016, il a réussi à rallier une majorité du parlement contre lui, à cause de son rejet de la réduction des risques pour une part, et pour d'autres en vue de défendre la publicité des produits du tabac. Depuis, le Conseiller fédéral Alain Berset et son administration de l'Office de la santé publique (OFSP), ont bachoté un nouvel avant-projet au moins aussi incohérent que le précédent. Ils espèrent le faire avaliser au parlement pour une entrée en vigueur d'ici 2023.

61% des fumeurs veulent arrêter, mais où est l'aide?

Qu'en est-il de l'aide? 61% des fumeurs en auraient besoin, selon la nouvelle enquête nationale de santé. C'est la part des fumeurs qui voudraient arrêter de fumer. Mais là non plus, rien, pas un geste des autorités politiques. Elles interdisaient le vapotage nicotiné jusqu'à ce que la Justice remette les choses à plat fin avril. Du côté des professionnels de santé, l'idée d'une nouvelle approche sortant de la stérilité du dogme actuel évolue vraiment très lentement. Le Pr Jean-François Etter, directeur de Stop-Tabac.ch, a longtemps été seul à défendre un aggiornamento. Cependant fin 2017, la Fédération des professionnels socio-sanitaires du domaine des addictions (GREA, Fachverband Sucht, Addiction Ticino) a pris ses responsabilités, laissant espérer du mouvement. 

Explosion des inégalités sociales de santé

En dehors de la vape, les substituts nicotiniques ne sont tout simplement pas remboursés par l'assurance-maladie de base. Bien que livrés au monopole des pharmaceutiques ce qui leur assure des marges bénéficiaires à faire pâlir de jalousie tout dealer de coke. Force est de constater que les élites de santé publique se soucient peu [euphémisme] de ses tracas de fumeurs. Une raison évidente, le problème concerne avant tout les classes populaires. En proportion, les chômeurs sont, par exemple, cinq fois plus nombreux à fumer que les plus aisés.

Les personnes souffrant de troubles psychiques, les groupes stigmatisés, les groupes sociaux soumis à d'important stress, y compris celui de l'échec scolaire, ont tous des taux de tabagisme nettement supérieur à la moyenne générale. Concernant les chances de réussir à arrêter aussi les inégalités sociales sont au rendez-vous. Une personne peu diplômée a trois moins de chances de réussite qu'un membre de l'élite Suisse, selon le suivi Salpadia en 2011. Alors que ce ratio n'était que de 1,3 en 1991. Une évolution qui n'a pas attiré l'attention même des auteurs de l'étude (sic!).

Ces groupes sociaux sont exclus méticuleusement des cercles consultés par la bureaucratie dirigeante qui n'a guère d'autre chose que son mépris à leur proposer. Les quelques campagnes "de sensibilisation" à sens unique s'appuient sur des injonctions paradoxales appelant à arrêter de fumer tout en privant les fumeurs des moyens concrets pour y arriver.

Qui gagne des milliards ?

La Confédération, et précisément le Département de l'Intérieur dont Alain Berset a la charge, encaisse près de 2,2 milliards Fs annuels de taxes tabac. Les organismes de prévention récoltent 0,3% du chiffre d'affaires des cigarettes, soit environ 14 millions Fs par an ces dernières années de tabagisme stable. De son côté, la société civile dans son ensemble, et parmi elle les fumeurs en particulier, supporte des coûts liés aux maladies provoquées par le tabagisme de l'ordre de 4,6 milliards Fs par an, selon l'estimation de l'Université de Zurich en 2014 sur les maladies non-transmissibles.

Des gains pour l'Etat, les cigarettiers et les firmes pharmaceutiques, des dépenses pour les fumeurs, leur entourage et des pertes de productivité pour leurs employeurs: les intérêts en jeu des divers groupes socio-économiques sur le tabagisme sont assez clairs. Bien que les médias préfèrent le réduire à la seule figure du méchant cigarettier pour occulter les autres groupes d'intérêt. En terme de classe aussi, le tabagisme finance les retraites des non-fumeurs tandis que les groupes sociaux victimes du tabagisme en sont pour une bonne part exclus par mort prématurée. 

Le retour de la vieille alliance des puritains et des cigarettiers

Quelque chose va t-il changer ? La levée de l'interdiction d'accès local aux liquides nicotinés, gagnée de haute lutte par les usagers et la vape indépendante pourrait donner un souffle nouveau à la sortie du tabagisme avec l'aide du vapotage. A la société civile de saisir l'opportunité offerte par cette victoire. Mais l'hostilité ou le faible soutien du milieu de la santé ces dernières années en Suisse a provoqué une forte tendance au désengagement social du milieu des vapoteurs. L'enthousiasme prévalant il y a 4 ou 5 ans à participer à des initiatives d'aide à la sortie du tabagisme a été froidement douché par l'attitude des organisations de santé.

Au niveau national, peu de choses sont susceptibles de bouger à court terme. Le parlement devra traiter le projet de loi tabac lorsqu'il lui sera soumis par Alain Berset, pour peut-être une loi tabac en vigueur d'ici 2023. En attendant, cigarettiers et organisations sponsorisées par la pharmaceutique s'entendent pour faire barrage à la vape. Dernier exemple en date, cet été où ils se sont arrangés pour continuer la vente de cigarettes et interdire aux mineurs l'opportunité de sortir ou d'éviter le tabagisme à l'aide du vapotage. Signe du bon état de santé de la vieille alliance entre puritains et cigarettiers

Combien de personnes condamnées à être malades par Alain Berset ?

Au niveau cantonal, les même lobbys essaient aussi de faire passer des restrictions anti-vapotage. C'est le cas notamment à Genève, où sous couvert de projet de loi (PL 12385) sur l'interdiction de vente de tabac aux mineurs, le Conseil d'Etat tente d'assimiler le vapotage au tabagisme et appliquer l'ensemble des interdictions en vigueur contre les fumeurs aux vapoteurs adultes. Les batailles les prochains mois pour le droit à éviter de fumer à l'aide de la vape seront probablement locales.

Le gâchis de santé publique de cette décennie est immense. En regard de ce qui s'est passé au Royaume-Uni ou en Islande, ce sont de 500'000 à 800'000 fumeurs empêchés d'en sortir à l'aide du vapotage par la politique menée par le Conseiller fédéral Alain Berset et le Directeur de l'OFSP Pascal Strupler. Au-delà de sa condamnation au tabagisme et ses conséquences, c'est la confiance du public dans la probité des institutions et du monde de la santé qui est minée en soubassement de ce scandale. Durant cette période, plus d'un million de fumeurs ont essayé le vapotage sans avoir accès aux liquides nicotinés. Combien d'entre eux peuvent-ils encore croire au discours hypocrite des organismes de santé au sujet du tabagisme?



jeudi 6 septembre 2018

[bref] En Australie, les autorités interdisent même une tombola de soutien pour l'Association de réduction des risques ATHRA

La loterie mettait en jeu 160 prix à gagner, mais elle a été interdite par les autorités australiennes du New South Wales. Pour soutenir l'Association de réduction des risques liés au tabac Australienne (ATHRA), 66 magasins de vape ont organisé une tombola dont la vente de billets devait être intégralement reversée à l'ATHRA. Les autorités du New South Wales n'ont pas apprécié cette manière de dénicher des fonds en soutien à l'association de charité sans financement de lobbys cigarettiers, pharmaceutiques ou d'affairistes milliardaires spéculant sur l'avenir du marché du cancer. 

L'ATHRA conteste notamment la politique de prohibition du vapotage nicotiné en Australie. "Le service Fair Trading du New South Wales déclare que les organisateurs - qui avaient ouvert le tirage au sort à tous les Australiens - ont enfreint la loi sur les loteries de l’Etat parce qu’ils n’avaient pas obtenu de permis, dépassé la limite de prix et offert des prix prohibés", rapporte le Sydney Morning Herald ce matin. Les "prix prohibés" concernent quelques lots à gagner de liquides avec nicotine, illégaux en Australie tandis que les cigarettes sont en vente libre bien qu'aux prix les plus élevés au monde.

Pas de tombola de soutien, mais des taxes sur les cigarettes

Craigh Jackman, du magasin Vape4Life, à l'origine de l'initiative de la tombola de soutien s'excuse auprès des participants qu'il est en train de contacter et de rembourser. "Les gens qui ont acheté des billets sont déçus de l'annulation de la tombola, mais beaucoup d’entre eux ont décidé de faire don de leurs billets à l’association, ce qui est formidable", précise t-il au quotidien de Sydney. 

L'association ATHRA, qui compte notamment le Pr Colin Mendelsohn, le Dr Joe Kostedrich ou le Dr Alex Wodak dans ses rangs, milite pour le droit à l'accès aux outils nicotinés de réduction des risques en Australie. La légalisation du vapotage nicotiné est une des principales revendications dans un contexte où le tabagisme stagne depuis 2013, malgré les hausses répétées du prix des cigarettes. Le 1er septembre, une nouvelle hausse de 12,5% a porté le prix du paquet de la marque la plus vendue autour de 27 $aus, soit environ 16,70 € ou 19 Fs. 

Depuis 2013, le tabagisme stagne autour de 15% en Australie

"L'augmentation des taxes sur le tabac est une stratégie éprouvée pour réduire les taux de tabagisme mais elle semble subir un effet décroissant à ces niveaux stratosphériques. Une population de fumeurs très dépendants continuent de fumer quel que soit le prix", explique le Pr Colin Mendelsohn, de l'ATHRA, dans un article pour News Australia

"En dépit des augmentations de prix annuelles, le tabagisme en Australie n’a pas baissé de manière significative de 2013 à 2016, selon les statistiques officielles. Le tabagisme adulte a même augmenté de 13,5% à 15,1% entre 2015 et 2016 en Nouvelle-Galles du Sud, et la consommation nationale de cigarettes a augmenté en 2017 pour la première fois en dix ans, selon les comptes nationaux", constate le professeur de santé publique favorable à intégrer une approche de réduction des risques dans le domaine pour sortir de cette politique de l'échec.

Violent accroissement des inégalités sociales de santé

Le tabagisme frappe particulièrement les groupes sociaux les plus démunis, qui sont en proportion plus du double à fumer et ont beaucoup plus de difficultés à arrêter bien qu'ils tentent tout autant que les fumeurs aisés. "Pour ceux qui ne peuvent pas arrêter, les impôts élevés sont régressifs, punitifs et augmentent les difficultés financières et les inégalités en matière de santé. Un fumeur quotidien à Newstart dépense 68% de son revenu annuel pour fumer, ce qui lui laisse très peu pour la nourriture, le logement et d’autres produits de première nécessité", souligne Colin Mendelsohn. Alors que 70% de ces fumeurs tentent d'arrêter mais échouent pour la plupart faute d'aides, l'ATHRA soutient de leur laisser l'opportunité de passer au vapotage, qui réduit d'au moins 95% les méfaits par rapport aux cigarettes.

"La hausse des prix des cigarettes d'aujourd'hui pourrait être bénéfique si elle déclenche un passage au vapotage. Outre les avantages pour la santé, les dispositifs de vapotage sont beaucoup moins chers que les produits du tabac et soulageront le stress financier et les privations engendrés par les prix exorbitants du tabac pour les fumeurs dépendants et à faible revenu", conclue le Dr Colin Mendelsohn. A défaut de pouvoir opter pour le vapotage nicotiné, la hausse de prix condamne les fumeurs pauvres ne réussissant pas à arrêter de fumer à la paupérisation et à se priver, y compris sur la qualité de son alimentation, et augmente ainsi les dommages pour la santé.


mardi 31 juillet 2018

Etude: les 39% de fumeurs aborigènes victimes de la prohibition du vapotage en Australie

En Australie, 39% des aborigènes et indigènes du détroit de Torres adultes fument. Près de 2,8 fois la moyenne globale en Australie en 2014. Pourtant, près de 70% des fumeurs aborigènes veulent et ont déjà tenté d'arrêter, une volonté similaire à la moyenne générale des fumeurs de l'île. Une équipe de chercheurs s'est intéressé à évaluer les usages et la connaissance du vapotage à travers l'enquête Talking about smokes ayant interviewé près de 1'300 aborigènes entre 2013 et 2014. "Moins d'aborigènes et d'insulaires du détroit de Torres ont essayé le vapotage que la moyenne des fumeurs australiens (21% contre 30%). En partie parce que moins de fumeurs aborigènes ont entendu parler de vape. Ils sont aussi beaucoup moins à reconnaître que vapoter est moins nocif que fumer (22% contre 50%)", résume l'étude publiée dans Nicotine & Tobacco Research (NTR), la revue de l'Université d'Oxford. 

L'équipe menée par le Dr David Thomas, de la Menzies School Health Research, pointe la responsabilité de la prohibition de vente du vapotage nicotiné et de l'alarmisme entretenu par des leaders anti-tabac envers le vapotage en Australie. "Il y a une incompréhension considérable sur le risque relatif du vapotage par rapport à la cigarette conventionnelle, en partie à cause de l'environnement réglementaire très strict", soulignent les chercheurs. Ils évoquent une possible piste explicative complémentaire. "L'héritage du colonialisme et le racisme existant peuvent avoir alimenté une méfiance envers le vapotage, soupçonné d'être un autre produit introduit par les blancs pour rendre malades les aborigènes et générer des profits aux blancs", rapportent les chercheurs.

Donner un message plus clair sur la réduction des risques

L'enquête montre une corrélation entre l'expérience du vapotage chez les indigènes et le fait d'habiter dans une zone plus urbaine ou plus favorisée, pratiquant l'anglais à domicile et d'être plus jeune. Le fait de fumer au quotidien, d'avoir déjà essayé d'arrêter de fumer dans l'année écoulée, a fortiori par des tentatives avec substituts ou médicaments, et penser que la vape est moins nocive que la cigarette sont aussi associés positivement à l'expérimentation de vapotage. Autrement dit, le profil prédominant de l'aborigène expérimentateur de vape est celui d'un fumeur de moins de 35 ans disposé à quitter les cigarettes.

Cependant, l'enquête n'a demandé aux aborigènes que s'ils avaient déjà vapoté, mais pas s'ils vapotaient au moment de l'entretien. Il n'a pas été demandé non plus s'ils avaient utilisé de la nicotine dans leur liquide, signalent les chercheurs comme limites à leur recherche. Ils encouragent les dirigeants politiques, autorités sanitaires et professionnels de santé à "donner plus clairement le message que le vapotage est moins nocif que les cigarettes conventionnelles" et créer une réglementation en ce sens. Pour le moment, les élites font la sourde oreille aux appels à la réduction des risques. Au détriment des fumeurs, en particulier aborigènes.


jeudi 5 juillet 2018

Plus de deux millions d'anglais ont arrêté de fumer à l'aide de la vape mais la TPD freine le mouvement

Plus de 2,3 millions des britanniques adultes, dont 2 millions d'anglais, ont quitté la cigarette à l'aide du vapotage. 900'000 d'entre eux, dont 770'000 anglais, ont arrêté de fumer puis aussi arrêté de vapoter. Tandis que 1,4 millions sont devenus vapoteurs exclusifs. Parmi les 7,4 millions de fumeurs britanniques, 1,4 millions vapotent aussi, dont la moitié dans le but d'arrêter de la cigarette. La part des adultes fumeurs au Royaume-Uni est passé de 20,2% en 2011 à 15,1% en 2017, selon les dernières données de l'Office National des Statistiques (ONS) publiées hier. Soit une chute de plus d'un quart de la part de fumeurs en six années.

  • 15,1% des adultes britanniques sont fumeurs, soit 7,4 millions de personnes, en 2017
  • 2,3 millions de britanniques ont arrêté de fumer à l'aide du vapotage, dont 900'000 ont ensuite arrêté de vapoter, depuis 2011
  • 5,5% de la population vapotent, soit 2,8 millions de vapoteurs dont 51% ont arrêté de fumer
  • Parmi les 1,4 millions 'double-usagers' de cigarette et vapotage, la moitié déclare utiliser le vapotage dans l'objectif d'arrêter de fumer
  • La hausse du vapotage et la chute du tabagisme se sont ralenti depuis l'entrée en vigueur des directives européennes au Royaume-Uni en 2016. Une Commission parlementaire étudie les modifications possibles de la réglementation à la faveur du Brexit

Frein européen à la sortie du tabagisme

Ces données confirme l'impact majeur du vapotage. Mais l'entrée en vigueur en 2016 de la transposition de la directive européenne (TPD), qui notamment limite le taux de nicotine à 20 mg/mL, la contenance des fioles à 10 mL et celle des atomiseurs à 2 mL, a fortement freiné l'élan de sortie du tabagisme britannique. Entre 2016 et 2017, la part de fumeurs âgés de plus de 16 ans a même augmenté de 16,1% à 16,8%, tandis que la part de vapoteurs a très légèrement régressé de 5,6% à 5,5%.

"Outre la mauvaise publicité que subit encore le vapotage, le règlement de la TPD en interdisant la vente d' e-liquides nicotiné à plus de de 20 mg/mL, rend difficile pour de nombreux fumeurs de passer au vapotage", explique Diane Caruana, journaliste spécialisée sur Vaping Post, précisant que " l'interdiction des doses de nicotine supérieures à 20 mg/ml met un obstacle à la première étape du voyage d'un fumeur vers une vie sans fumée". On estime que de 20% à 30% des fumeurs ont besoin de liquide plus concentré que 20 mg/mL de nicotine pour se passer définitivement de cigarette. Ces derniers mois, l'arrivée des liquides aux sels de nicotine offre une option supplémentaire intéressante pour cette catégorie de fumeurs, mais la limite trop basse de nicotine dans l'Union Européenne en réduit l'intérêt.

L'arbitraire des directives européennes

Les travaux de la Dr Lynne Dawkins, du Centre for Addictive Behaviours Research de l'Université de Londres Sud, mettent en lumière un autre effet négatif à cette limite, imposée sans fondement scientifique. "Il n'y a aucune justification à cette limite. Elle a été prise de manière arbitraire. Il n'y a pas de preuve d'augmentation des méfaits de la nicotine pour les niveaux supérieurs à 20 mg/ml. Or nous avons constaté que lorsque les usagers réduisent le taux de nicotine, ils compensent en consommant plus de liquide. C'est coûteux financièrement, et cela peut avoir un coût pour la santé en augmentant l'exposition", avait argumenté en février la chercheuse spécialiste de la nicotine devant la Commission parlementaire étudiant une réforme de la réglementation sur le vapotage à la faveur du Brexit.

"Beaucoup de fumeurs sont dissuadés d'essayer de passer au vapotage par des restrictions arbitraires de la TPD, ainsi que les articles irresponsables et inexacts sur les risques pour la santé. Beaucoup d'entre eux risquent de continuer de fumer. Il semble que le nombre de fumeurs qui passent à la vape soit en train de plafonner au Royaume-Uni", alertait aussi Sarah Jakes, présidente de la New Nicotine Alliance UK (NNA), au site Register fin février. Les statistiques publiées hier confirment cette inquiétude.

Le défi des inégalités sociales de santé 

Autre inquiétude, celle-ci exprimée par les autorités, le creusement des inégalités sociales de santé liées au tabagisme. "Pour évaluer l'ampleur de l'iniquité, nous avons calculé la probabilité d'être fumeur entre travailleurs routinier et manuel en comparaison de ceux qui occupent des postes de management et les emplois intermédiaires. Les résultats montrent que les travailleurs manuels et de routine en Angleterre étaient 2,27 fois plus susceptibles d'être fumeurs que les autres professions en 2012, mais que l'écart s'est considérablement creusé depuis avec un ratio de 2,44 en 2017", explique le compte-rendu de l'Office of National Statistics (ONS). Les raisons et les moyens de répondre à ce défi social sont encore à déterminer. 

Plusieurs présentations au dernier Global Forum on Nicotine, dont celle de la sociologue Frances Thirlway que nous avions interviewé sur ses travaux précédents en 2016, ont abordé le sujet. Cette question est probablement le défi le plus intéressant à relever aujourd'hui pour l'approche de réduction de risque. Tandis que le camp conservateur tabagique se cantonne a faire reposer la faute sur les usagers "pervertis" et vouloir leur rendre la tâche plus difficile par des taxes, des limitations matérielles et d'autres interdictions...


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