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Affichage des articles dont le libellé est lutte anti-tabagisme. Afficher tous les articles
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lundi 13 juillet 2020

Malgré les réseaux malveillants, le Royaume-Uni poursuit sa sortie de la cigarette

Il y a désormais moins de 6,9 millions de fumeurs britanniques adultes, alors qu’ils étaient 9,9 millions en 2011. Les derniers chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) recensent 14,1 % de fumeurs britanniques en 2019, contre 20,2 % en 2011. La baisse du tabagisme se poursuit, même si le rythme ralentit avec une baisse de 0,6 % entre 2018 et 2019. L’infléchissement est corrélé à un moindre engouement pour le vapotage.

Les Britanniques étaient 6,3 % à vapoter en 2018, ils sont désormais 5,7 %, soit près de 3 millions à utiliser la vaporette. Signe probable que le nombre de personnes arrêtant de vapoter après avoir arrêté de fumer n’est pas totalement substitué par de nouvelles conversions de fumeurs au vapotage. Les campagnes de désinformations contre le vapotage sont une cause probable à ce tassement des fumeurs se convertissant à l'outil de réduction des risques, selon une étude récente détaillée ci-dessous.

Un des rares pays à respecter pleinement la Convention anti-tabac de l’OMS

Malgré le sabotage venimeux, le Royaume-Uni reste un modèle de politique sur le tabagisme de premier plan. Étant parmi les rares, avec les Néo-Zélandais, à respecter pleinement le principe de réduction des risques de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) de l’OMS, les Britanniques font la démonstration de l’efficacité d’une politique cohérente et complète sur le sujet. Les autorités ont eu l’intelligence d’associer aux mesures pour décourager de fumer, un accès facilité aux voies de sortie telles que le vapotage. 

La plupart des services de santé du pays sont formés à accompagner l’arrêt tabagique avec le vapotage, la publicité et l’information sur la réduction des risques est libre, tandis que des opérations comme Stoptober, l’équivalent du Mois sans tabac, mettent en avant le vapotage comme moyen de quitter la cigarette. 

Sabotage de la politique anti-tabac par des réseaux d’influence

Cependant, les principaux défenseurs de la santé publique s’inquiètent du bombardement incessant de propagande contre le vapotage, notamment les allégations sans fondement depuis des réseaux d’influence américains. « Il faut redoubler d’efforts pour informer le public des avantages du vapotage et de la manière dont il a déjà aidé des milliers de personnes à réduire leur consommation de tabac », a notamment réagi Steve Brine, ex-Secrétaire d’État à la santé publique de 2017 à 2019, dans une tribune
De son côté, l’association New Nicotine Alliance (NNA UK) appuie dans un communiqué : « Il est à noter que la baisse du tabagisme [britannique] fait face à des couvertures médiatiques atroces et à un financement important de fausses informations provenant de sources en conflit d’intérêts. On peut seulement conclure que si les marchands de peur cessaient de propager des mythes et de demi-vérités au public britannique, les baisses pourraient être encore plus impressionnantes qu’elles ne le sont déjà ».

Les fumeurs les plus âgés victimes des campagnes de désinformation

L’agacement face aux stratégies de sabotage de la politique de lutte contre le tabagisme britannique est fondé. Une étude de l’University College de Londres, portant sur plus de 16 000 Britanniques entre 2014 et 2019, montre que la méfiance envers le vapotage est corrélée à un moindre emploi de celui-ci par les fumeurs. Les fumeurs les plus âgés en particulier sont les plus touchés par les campagnes de peurs paniques, tandis que les plus jeunes y semblent peu sensibles. 

« Nos résultats mettent en évidence la nécessité de meilleures représentations médiatiques et des campagnes de santé publique axées sur la réduction des méfaits pour la santé en passant du tabac fumé au vapotage et d’une réduction du sensationnalisme trompeur des médias lors d’événements tels qu’EVALI [la vague de pneumopathies liées aux produits frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC américain] », concluent les chercheuses Olgas Perski, Emma Beard et Jamie Brown, dans la revue BMC de mai.


Un avenir peut-être libéré des absurdités de l’Union européenne

À l’avenir, la sortie de l’Union européenne pourrait offrir aux Britanniques des opportunités de réviser les législations sur les produits nicotinés à risque réduit. Le sujet de la légalisation du Snus, le tabac oral pasteurisé suédois à risque réduit, a été évoqué début juin par Jo Churchill, sous-secrétaire d’État du ministère de la Santé. Sur le sujet du vapotage, une révision des limites imposées par la directive européenne (TPD), notamment sur les contenances des fioles de liquide à 10 mL et des atomiseurs à 2 mL, ainsi que du taux de nicotine à 20 mg/mL est envisageable.

Photo de tête par Echo Grid on Unsplash

mardi 25 juin 2019

La Convention-cadre anti-tabac de l'OMS n'a pas eu d'impact sur la consommation mondiale de cigarettes

En 2003, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) édictait la Convention-cadre de lutte anti-tabac (CCLAT ou FCTC en anglais). Des chercheurs canadiens ont analysé, à travers deux types de modélisation, l'impact de cet accord, ratifié par 181 pays, sur ses dix premières années d'existence en relation avec les tendances de consommation de tabac des décennies précédentes. "Aucun changement significatif n'a été constaté dans le taux de diminution de la consommation mondiale de cigarettes après l'adoption de la CCLAT en 2003", conclue l'étude parue en accès libre dans le British Medical Journal (BMJ).

Impact global nul, mais variations entre des régions

Globalement, la tendance d'une lente baisse du nombre de cigarettes consommées par personne s'est maintenue après l'entrée en vigueur de la CCLAT. "Néanmoins, cette conclusion générale nulle masque un écart important entre les tendances observées après 2003 entre les pays à revenu élevé et les pays à revenu faible et intermédiaire, ainsi qu’entre les pays d’Europe et d’Asie", soulignent les chercheurs.

Après une décennie de baisse, la consommation moyenne de cigarettes par les européens était repartie à la hausse sur la deuxième moitié des années 1990'. La signature de la CCLAT en 2003 est concomitante d'un second renversement de tendance. A partir de cette date, l'Europe voit de nouveau le nombre de cigarettes consommées par habitant diminuer. A l'inverse les pays à revenu par habitant faible ou intermédiaire ont connu une augmentation du nombre de cigarettes per capita, notamment en Asie.

Une hypothèse complotiste douteuse

Cette analyse statistique ne permet pas d'établir de rapport de causalité. Pourtant, les chercheurs proposent en conclusion une hypothèse explicative, à vrai dire étrange. La mise en œuvre des politiques de lutte antitabac aurait pu inciter l'industrie du tabac à délaisser son lobbying dans les pays à revenu élevé pour se concentrer sur les pays asiatiques.

Sauf que les Big Tobacco occidentaux - Philip Morris, BAT, Japan Tobacco et Imperial - sont marginaux sur la plupart des grands marchés asiatiques. China Tobacco détient le monopole en Chine, deux firmes locales vendent plus de 80% des cigarettes en Inde (l'Etat détient 36% du capital de la principale ITC), le monopole du tabac sévit en Thaïlande...

L'hypothèse que les auteurs jugent auto-complaisamment "convaincante" ne me parait pas tenir la route. Elle semble pourtant couramment reprise dans le milieu anti-tabac traditionaliste. Une manière de pouvoir continuer de fermer les yeux sur l'instrumentalisation de la lutte anti-tabac d'Etats asiatiques pour protéger leurs industries du tabac face à la concurrence des marques occidentales et par ailleurs du vapotage ?



jeudi 9 mai 2019

Jugement de la Cour Supérieure du Québec (2): il faut autoriser la promotion de la vape comme alternative au tabac qui tue

"Le problème avec les restrictions actuelles, c’est que le public, particulièrement les fumeurs, ne fait pas la différence entre fumer et vapoter. Il faut permettre de publier la différence. Plutôt que de la taire, il faut parfois éduquer et faire savoir que le vapotage existe avant tout pour les fumeurs". Le verdict de la Cour Supérieure du Québec, rendu le 3 mai, est un jugement majeur pour les droits à l'accès au vapotage en tant que moyen de réduction des risques face au tabagisme. Dans ce second billet, nous présentons un passage concernant la liberté d'expression, et donc aussi celui d'être informé, à propos de la réduction des risques face aux produits fumés grâce au vapotage.

La question est d'importance en premier lieu pour les québécois, privés d'information y compris scientifique, en raison de cette loi bâillon. Mais le sujet est aussi un enjeu en France, où la menace d'amende jusqu'à 100'000€ plane toujours sur toute publicité ou "propagande", à la définition extrêmement floue. En Suisse, les projets de loi au niveau fédéral (LPTab) et des cantons (notamment à Genève) pourraient créer une situation similaire aux problèmes rencontrés au Québec. Après l'introduction de la loi en novembre 2015, une large partie des commerces spécialisés de vapotage ont été contraints de fermer dans la province francophone.

Ce procès fait suite aux requêtes de l'Association québécoise des vapoteries (AQV) et de l'Association canadienne du vapotage (ACV). Dans son jugement, la Cour Supérieure demande à l'Etat du Québec de modifier dans les six mois sa loi de novembre 2015 pour autoriser aux fumeurs le désirant de pouvoir essayer le vapotage en boutique ou dans les lieux d'aide à l'arrêt tabagique, présenté précédemment. Ainsi que de modifier les interdictions de publicité de l'article 24 (les §4, §18 et §9), comme l'explique ce second extrait du jugement.

Est-ce que certaines dispositions de la loi Québécoise de novembre 2015 contreviennent au droit fondamental de la liberté d’expression ?
Extraits (nos emphases) du Jugement des requêtes n° 200-17-023732-167 et n° 500-17-093397-167, du 3 mai 2019 par la Cour Supérieure (Chambre civile) du Québec (Canada).

[348] Il est reconnu, en jurisprudence, que la liberté d’expression peut être brimée au niveau du contenu ou de la forme (incluant l’endroit) ou d’une combinaison des deux. Le contenu vise le message lui-même alors que la forme concerne plutôt la façon de le transmettre, son accès ou sa disponibilité auprès du public. [...] 
[357] Il en résulte [des §4, §8, §9 de l'article 24 de la loi] notamment que personne ne peut faire de publicité directe ou indirecte sur le vapotage, l’un de ses produits ou marque, sauf circonstances bien précises. On pense ici à l’exception du second aliéna. Les commerçants sont donc muselés en grande partie. 
[358] A ce stade de l’analyse, le Tribunal conclut qu’il y a violation de la liberté d’expression. Reste à voir si elle est justifiée. [...] 
[362] Qu’en est-il de la proportionnalité entre la mesure choisie et l’objectif recherché eu égard aux trois exigences du test ? 
[363] Essentiellement, le législateur vise à accroître la lutte au tabagisme, favoriser la cessation de l’usage du tabac par ses utilisateurs, prévenir les non-fumeurs (notamment les jeunes) d’y recourir et protéger la santé de tous, entre autres en ce qui concerne la fumée secondaire. Ces objectifs sont louables, compréhensibles, reconnus et acceptés. 
[364] Aux fins de soupeser objectifs et mesures, il convient rappeler, encore une fois, les constats qui se dégagent de la preuve attendue. La cigarette-électronique n’implique ni tabac, ni combustion. Sans en connaitre tous les risques, selon ce que l’on en sait à ce jour, elle s’avère moins nocive ou nuisible que la cigarette ordinaire. Elle peut aider à cesser de fumer. Elle contient généralement de la nicotine et ne règle pas le problème de dépendance s’y rattachant. 
[365] Autrement dit, il s’agit d’un moyen pouvant s’avérer positif et avantageux pour le fumeur d’habitude s’il arrive à cesser de fumer. A l’inverse, l’effet peut être négatif pour le non-fumeur qui s’y adonne dorénavant. 
[366] Or, les dispositions attaquées, en matière de publicité, tiennent compte du bien-être des non-fumeurs mais semblent délaisser un important segment de la population, c’est-à-dire les fumeurs réguliers. 
[367] Existe-t-il une solution moins drastique qui permette une conciliation des intérêts des deux groupes ? Aux yeux du juge soussigné, la réponse est affirmative et rien n’en établit l’inefficacité. Que la publicité interdite par les articles 24 (4), (8) et (9) soit autorisée en autant qu’elle cible, clairement et uniquement, les fumeurs et qu’on la présente comme moyen de cessation tabagique. Rien d’autre. 
[368] Autrement dit, qu’on la décrive et qu’on en fasse la promotion à une seule fin soit celle d’alternative à la cigarette ordinaire et au tabac qui tue. Bien évidemment, cette publicité pourra être lue et vue par des non-fumeurs, le tribunal en convient. Mais ceux-ci sauront que c’est une solution pour arrêter de fumer et pourront faire la part des choses. Des fumeurs pourront être informés qu’il existe une méthode de cessation tabagique qui mérite d’être mieux connue. Les non-fumeurs sauront que le produit est destiné aux fumeurs. Tous sauront à quoi s’en tenir. 
[369] Parallèlement à cela, les interdictions de publicité destinée aux mineurs, de type style de vie, etc. demeurent. On est loin d’une absence de limites où tout est permis. 
[370] La défenderesse [l’Etat du Québec] n’a aucunement abordé cette alternative, qui porte moins atteinte aux droits des fabricants, vendeurs et boutiques et à ceux qui pourraient bénéficier du résultat, c’est-à-dire ceux qui vont arrêter de fumer grâce à la cigarette-électronique. 
[371] Le problème avec les restrictions actuelles, c’est que le public, particulièrement les fumeurs, ne fait pas la différence entre fumer et vapoter. Il faut permettre de publier la différence. Plutôt que de la taire, il faut parfois éduquer et faire savoir que le vapotage existe avant tout pour les fumeurs. La législation fédérale est plus permissive à ce sujet et distingue les règles de publicité sur le tabac (plus sévères) de celles sur le vapotage. Au Québec, certaines limites ont une portée excessive.

mercredi 14 novembre 2018

Etude: côtoyer des vapoteurs encourage les fumeurs à essayer d'arrêter de fumer

Une étude anglaise passe à la trappe la légende de la "renormalisation" du tabagisme par les vapoteurs. La rumeur savamment entretenue contre les vapoteurs ne reposait sur à peu près aucune recherche le démontrant. "À notre connaissance, aucune étude n’a exploré l’impact de l’exposition au vapotage en contexte réel et n’a examiné les associations possibles avec la motivation d’arrêter de fumer ou d’essayer de cesser de fumer", explique la première étude sur le sujet publiée en open access ce matin dans BMC Medicine. L'équipe de l'University College of London, menée par la Dr Sarah Jackson, a épluché les données de 12'787 questionnaires du Smoking Toolkit Study à des fumeurs anglais entre novembre 2014 et mai 2018, dont 1'580 ont été suivi six mois plus tard. 

Côtoyer des vapoteurs est lié à plus de tentatives d'arrêter de fumer

Selon ces données, un quart des fumeurs anglais côtoient régulièrement des vapoteurs. L'analyse statistique montre qu'ils sont sensiblement plus enclins à avoir essayé d'arrêter de fumer: 32,3% d'entre eux contre 26,8% des autres fumeurs (RR 1,21). Leur motivation est aussi sensiblement plus forte (RR 1,17), tandis qu'à l'opposé les 66% de fumeurs côtoyant régulièrement d'autres fumeurs sont moins motivés à arrêter (RR 0,89). Par contre, les fumeurs fréquentant des vapoteurs ne sont que très légèrement plus susceptibles d'avoir tenté l'arrêt tabagique dans les six mois suivant (34,4% contre 31,3%; RR: 1,10). 

Contrairement à la petite étude expérimentale montrant que la présence de vapoteurs "pourraient évoquer l'envie de fumer" sur le moment à des fumeurs, cette analyse statistique montre l'évolution de mentalité à travers les fréquentations régulières en société. "Ainsi, même si le fait de voir une personne en train de vapoter peut momentanément augmenter l'envie de fumer, l'exposition répétée à cette utilisation peut attirer l'attention des non-utilisateurs sur l'utilité potentielle de ces dispositifs pour les aider à cesser de fumer, ce qui accroît leur motivation à faire une tentative d'arrêter", suggère le travail publié dans BMC Medicine.

Contagion de santé publique par l'exemple

En résumé, côtoyer des vapoteurs tendrait plutôt à inviter les fumeurs à abandonner la cigarette et non l'inverse. Mais un élément déclencheur pour passer à l'acte de l'arrêt tabagique semble le fait de posséder soi-même une vaporette. Les 20% de fumeurs ayant un appareil de vape sont le double proportionnellement à faire partie des 15% très motivés à arrêter et plus du double a déjà avoir tenté que les autres fumeurs. "Un facteur clé des différences réside peut-être dans le fait que les fumeurs régulièrement exposés au vapotage d'autres sont plus susceptibles de les utiliser eux-mêmes", suggère la Dr Sarah Jackson sur ITV News

Les liens entre la fréquentation de vapoteurs, l'envie d'arrêter de fumer et la possession de vaporette par les fumeurs semblent donner du crédit à la thèse de la contagion réticulaire du vapotage contre le tabagisme. "Le fait d'avoir un lien social étroit avec un utilisateur de vapotage pourrait augmenter les chances d'une personne de l'utiliser elle-même", discute l'étude. En somme, les vapoteurs font de la propagande par le fait.

Fin d'une légende urbaine à deux balles

"Jusqu'ici, il n'y avait pas vraiment de preuves permettant de déterminer si le vapotage pourrait renormaliser le tabagisme. Il est donc encourageant de voir avec cette étude que les fumeurs qui se mêlent aux vapoteurs sont de fait encouragés à cesser de fumer", commente Kruti Shrotri, experte en lutte antitabac du Cancer Research UK (CRUK) qui n'a pas participé directement à l'étude, à la presse

En soi, l'étude n'amène rien de très surprenant, mais elle a le mérite de tordre le cou à cette légende urbaine, prospérant sur un biais cognitif, de faire croire que des personnes évitant de fumer à l'aide du vapotage pourrait inciter à fumer. Une thèse aussi intelligente que d'accuser la consommation de jus de pomme en public d'augmenter l'alcoolisme, les pistes cyclables d'inciter à utiliser la voiture ou la vue de lecteurs dans les parcs de nourrir les usages problématiques aux écrans...

vendredi 5 octobre 2018

#COP8FCTC Le Secrétariat de l'OMS fait un coup de force pour violer le principe de réduction des risques de la Convention-cadre anti-tabac !

Entamées lundi, les discussions au Sommet mondial anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé sont dans une impasse au sujet de la réduction des risques face au tabagisme. D'un côté, les pays favorables à intégrer le vapotage, à l'image du Royaume-Uni qui a réduit d'un quart le nombre de fumeurs depuis 2011 grâce à cet outil. De l'autre les grandes nations productrices de tabac, l'Inde, le Brésil, la Thaïlande notamment, qui veulent prohiber ce moyen d'éviter de fumer. Ce matin, Vera Da Costa, la Secrétaire générale du Secrétariat de la Convention de l'OMS, tente un coup de force inouïe en annonçant à la presse allemande que "l'OMS demande l'interdiction du vapotage". Ceci sans décision de l'assemblée  et contre le principe inscrit dans le texte même de la Convention-cadre, dans son premier article, qui fonde cette réunion des 180 pays et l'Union Européenne. 

Hier, la Framework Convention Alliance, ONG pour ainsi dire "double jumelle" du Secrétariat, appelait les délégués à abandonner le sujet de la réduction des risques dans son bulletin. Un enfumage pour étourdir et endormir les potentiels défenseurs de la réduction de srisques. Ce matin, la brésilienne a eu le champ libre pour lancer son appel à la guerre aux vapoteurs dans la presse. Vera da Costa a donc décidé de son propre chef de remettre en cause le fondement même de cette Convention-cadre, et de déclarer la guerre aux vapoteurs sans accord de l'ensemble des pays membres. 

Vera da Costa abolit de facto l'article 1 de la Convention-cadre anti-tabac !

Dans toute autre organisation, un tel coup de force méprisant les membres de l'organisme se solderait par un scandale et l'exigence de la démission illico de la Secrétaire générale, qui outrepasse définitivement son rôle. Les heures qui viennent nous diront si les pays démocratiques, et notamment le Royaume-Uni qui finance très généreusement l'organisme, sauront mettre le holà à cette dérive ahurissante du Secrétariat de la Convention-cadre anti-tabac de l'OMS. Mais les violations répétées de transparence et des droits des usagers des moyens de réduction des risques du Sommet anti-tabac de l'OMS depuis le début de cette semaine à Genève n'inclinent pas à l'optimisme d'une réaction à la mesure de la dérive...

Voir la vidéo en 4 petites parties (à faire enchainer ;) ) d'une discussion hier de membres d'INNCO à Genève sur le déroulement de la COP8FCTC



jeudi 21 juin 2018

L'Islande se dote de la première législation spécifique aux produits de vapotage au monde

Comme une évidence de bon sens. L'Islande est le premier pays au monde à se doter d'une législation spécifique aux produits de vapotage. Passée la semaine dernière au parlement après une rude bataille avec les lobbys anti- réduction des risques, la loi sur le vapotage entrera en vigueur le 1er février 2019. "La nouvelle réglementation est «aussi bonne que possible», ou plutôt, pas aussi mauvaise que le projet ne l'était au début", commente le Dr Karl Snæbjornsson, auditionné au cours des débats au parlement à propos de l'impact du vapotage sur le tabagisme. En l'absence de réglementation sur le vapotage,  l'Islande vit depuis 2014 une chute phénoménale de près de 40% du nombre de fumeurs en même temps que l'essor du vapotage. Des 35'000 fumeurs (14% de la population adulte) en 2014, l'île n'en compte plus que 22'000 (9%) en 2017. 20'000 personnes (8,2%) sont vapoteurs dont la moitié déclarent avoir arrêté de fumer, tandis que 10'000 autres fument encore. 

Le tabagisme en chute libre sous l'impact de la vape

Le tabagisme adolescent aussi régresse, avec moins de 2% de fumeurs, tandis que le vapotage a augmenté. Les détails sur leur usage ou non de nicotine et la fréquence d'utilisation (expérimentation, occasionnelle, régulière) ne semblent pas disponibles. Les résultats préliminaires d'une étude de l'institut Gallup, au début de cette année, montre que le vapotage a supplanté le tabagisme chez les jeunes adultes. Les 18 à 34 ans sont deux fois plus nombreux a utiliser le vapotage que la cigarette. Dans sa présentation au Global Forum on Nicotine (GFN) à Varsovie, le Dr Karl Snæbjornsson souligne que la plus grande part a quitté le tabagisme avec le vapotage puis arrêté de vapoter. Tandis que les double-usagers, à la fois de vape et de cigarettes, régressent en nombre.

Une loi spécifique aux produits de vapotage

Ces faits, ainsi que l'évidence de la différence entre vapotage et tabac, ont poussé les députés à adopter une législation propre au vapotage hors de la réglementation des produits du tabac. Un choix de bon sens aussi pour pouvoir la corriger, dans un sens ou l'autre, selon l'évolution de la situation. Point progressiste par rapport à la législation européenne, aucune  limite n'a été fixée sur la contenance des fioles de liquide et des atomiseurs. La publicité, à condition de ne pas être attirante pour les enfants, est autorisée. Le même garde-fou est imposé sur le packaging des liquides, dont les fioles doivent par ailleurs avoir des bouchons de sécurité. La loi interdit la vente aux mineurs. Des standards de qualité et de sécurité seront implantés pour les produits. 

A part la nicotine, les substances stimulantes, telles que la taurine, la caféine ou des vitamines, sont interdites comme additifs aux liquides. La nicotine elle même est limitée à une concentration de 2% (20 mg/mL) comme dans l'Union Européenne. C'est, à première vue, le point le plus négatif de la loi en regard des fumeurs nécessitant des dosages plus élevés pour sortir du tabagisme et pour une part de vapoteurs au long cours qui pourraient réduire leur consommation de liquide avec des concentrations plus fortes.  Concernant les lieux publics, l'Islande laisse le libre-choix aux propriétaires des lieux d'autoriser ou non le vapotage. Par contre, il sera interdit de vaper dans les bâtiments publics, les lieux destinés à l’accueil d'enfants, les hôpitaux et les transports en commun. 

120'000 années de vie gagnées depuis 2014

Enfin, une taxe de 0,9% du prix de vente sera prélevée et reversée au fond de prévention du tabagisme. Un prélèvement qui a sa part d'ironie cynique alors que le vapotage a réussi en trois ans à impulser une accélération de la chute du tabagisme. Depuis 2008, les ventes de cigarettes ont été divisées par moitié en Islande, tandis que celles du Snus, le tabac oral suédois à faible teneur en nitrosamines, ont considérablement augmenté mais régressent depuis 2016 (peut-être par la concurrence du vapotage?). Le Dr Karl Snæbjornsson évalue que la chute du tabagisme sous l'impact du vapotage depuis 2014 a déjà fait gagner 120'000 années de vie à la population. 

Global Forum on Nicotine 2018 Iceland



lundi 18 juin 2018

[Bref] Sondage: 68% des australiens pour la légalisation du vapotage nicotiné

Depuis 2013, la part de fumeurs stagne à plus de 15% des adultes en Australie. Malgré la mise en oeuvre de hausses de prix impressionnantes, du paquet neutre et d'une politique de stigmatisation violente contre les fumeurs. C'est dans ce contexte que l'organisation des vendeurs au détail, l'Australian Retailers Association (ARA), a commandé un sondage au cabinet Crosby Textor (CT group) pour évaluer l'intérêt des aussies pour le vapotage, dont ils sont privés par une mesure de prohibition jusqu'ici. 68% se prononcent pour la légalisation du vapotage nicotiné. Une majorité (53%) apprennent avec surprise cette interdiction dont ils n'avaient pas conscience. 

"Près des deux tiers des citoyens sont d'avis que le gouvernement australien devrait réglementer et rendre disponibles des alternatives moins nocives aux cigarettes 'de manière à complètement éliminer la cigarette fumée dans ce pays' ", explique le communiqué de presse présentant les résultats de ce sondage sur un échantillon représentatif de 1'200 australiens adultes. Sur fond de panne de la politique sur le tabagisme en Australie, 93% des sondés expriment l'importance de la question de l'état du système de santé publique et 61% leur inquiétude du poids que le tabagisme fait porter sur celui-ci. 

En Australie : vapotage prohibé, cigarettes légales

Dans les faits, la prohibition du vapotage nicotiné n'offre pas un accès simple à l'échappatoire le plus évident aux fumeurs australiens. Une partie de ceux-ci contourne la prohibition pour passer au vapotage malgré la répression contre le mode de consommation à risques minimes. "De plus en plus d'australiens achètent des vaporettes avec de la nicotine en ligne à l'étranger, simplement parce qu'ils ne peuvent pas les acheter localement", explique Russell Zimmerman, directeur de l'ARA, avant de regretter que "l'absence de régulation ne fait qu'accroître les risques pour les consommateurs".

Pour aller plus loin sur la situation australienne : 


vendredi 1 juin 2018

Journée Mondiale Sans Tabac en Suisse: la Ligue pulmonaire déplore, les boutiques de vape agissent [MàJ]

Deux attitudes très contrastées durant la Journée mondiale sans tabac hier en Suisse romande. D'un côté, Virginie Bréhier, de la Ligue pulmonaire vaudoise dans les studio de la radio LFM, exprime sa déception du peu de mesures "structurelles, comme la possibilité de le consommer, le prix, les mesures autour de la publicité et à quel âge on peut s'en procurer" pour lutter contre le tabagisme en Suisse. De l'autre, serpentant en tricycles dans les rues genevoises et fribourgeoises ou postés sur des places populaires de Lausanne, Vevey et Yverdon, des employés d'une boutique romande historique proposent aux fumeurs d'essayer la vape. La fin de neuf ans de prohibition de vente des liquides nicotinés offre un souffle nouveau au vapotage pour s'attaquer au tabagisme. "J'arrête de fumer avec la cigarette-électronique" est le nom de cette opération de street marketing où se propose un kit pour débuter. 

Aide concrète dans la rue

Essai du matériel autour d'un guéridon et discussion en petit groupe sur le vapotage naissent le temps de cette journée qui se voudrait sans tabac. Une action pour aller chercher les fumeurs dans la rue qui deviendrait impossible si le vapotage était assimilé au tabagisme et l'interdiction totale de publicité des produits du tabac entérinée comme l'espère la porte-parole de la ligue pulmonaire en plateau radio. A ses côtés, Isabelle Jacot-Sadowski, tabacologue de la policlinique de Lausanne, non plus ne dit mot sur la possibilité d'arrêter de fumer à l'aide de la vape. Nous avons pourtant déjà eu l'occasion d'échanger sur le sujet. Bien qu'il soit déjà le moyen le plus utilisé par les fumeurs suisses pour s'en sortir, le sujet du vapotage est resté tabou en l'absence d'usager au micro de Morax sur LFM. Mais au même moment, l'aide concrète pour donner une opportunité de sortir du tabagisme aux fumeurs se déroulait dans les rues.

Add 17h20: La page Facebook de J'arrête de fumer avec la cigarette-électronique, où l'on trouve aussi d'autres photos, annonce quelques chiffres: "Hier, ce sont 2'400 contacts qui sont venus tester et essayer la vape lors de la journée mondiale sans tabac avec notre opération de Street Marketing. (...) 12 promoteurs pour 64 heures de présence dans 9 villes. Pour nous, c'est un succès complet !!! Bravo à chaque passant qui s'est arrêté quelques minutes auprès de nos promoteurs vapoteurs".


lundi 12 mars 2018

[Bref] Australie : hausse des ventes légales de tabac en 2017

Hausse de 2,6% des ventes de tabac en 2017 selon les données corrigées
Les ventes légales de cigarettes et de tabac n'ont cessé d'augmenter au cours des quatre trimestres de l'année 2017. De décembre 2016 à décembre 2017, la hausse est de 2,6% selon les données corrigées pour tenir compte des hausses de prix (voir explication) du Bureau Australien de Statistiques (ABS) [tableau 8]. "C'est un renversement inquiétant d'une tendance à long terme", commente le Pr Colin Mendelsohn, spécialiste en santé publique de l'Université de New South Wales, au quotidien the Australian (reproduit sur le blog du Pr Mendelsohn). Près de 16 milliards de dollars australiens (plus de 10 milliards €) de cigarettes et tabac ont été vendus légalement au cours de l'année écoulée en Australie. Le dernier trimestre frôle les 4 milliards de dollars. "Le mois de décembre a connu la plus forte hausse annuelle de ventes de cigarettes et de tabac des variations saisonnières depuis 2004", souligne Adam Creighton de l'Australian. 

Ces données ne concernent que les ventes légales, alors que la police des douanes australienne (ABF) estime à 15% la part de tabac illicite vendu sur l'île. Devant la Commission parlementaire sur le sujet, Rohan Pike, fondateur et ex-membre de la brigade spéciale tabac des douanes, évalue la part du marché noir à 30% du tabac consommé en Australie. La hausse des ventes légales en 2017 pourraient être liée à l'intensification de la lutte contre le trafic de tabac, en partie aux mains des réseaux mafieux. Mais les statistiques 2016 sur la part de fumeurs, ainsi que des relevés des métabolites de nicotine (cotinine) des eaux usées, laissaient déjà présager d'une reprise du tabagisme australien. 

Legalize nicotine for vaping"Nous devons accepter que nos méthodes punitives, taxes et contraintes contre les fumeurs, ne marchent plus. Nous avons besoin d'autres stratégies", estime le Pr Colin Mendelsohn. Alors que l'Australie détient le record mondial du prix du paquet de cigarettes le plus élevé et a imposé le paquet neutre en 2012, son tabagisme stagne depuis 2013. Malgré la panne de leur modèle 'pro-abstinence only', les autorités persistent dans le refus de toute politique de réduction des risques. "Le vapotage à la nicotine est interdit en Australie malgré les preuves accablantes de son succès à l'étranger. Les gens peuvent acheter des cigarettes mortelles à chaque coin de rue, mais ils sont interdits d'acheter légalement une alternative beaucoup plus sûre pour les aider à cesser de fumer", déplore le professeur Mendelsohn.


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Ce billet est un suivi du dossier sur la panne du modèle anti-tabac australien
et d'autres articles sur l'Australie


mercredi 17 janvier 2018

Etude américaine: La lutte anti-tabac a t-elle déniché son point S avec la vape ?

Le "sweet spot", cette zone optimale de confort, s'offre à la lutte anti-tabac. A condition que celle-ci s'ouvre à la minimisation des méfaits. Selon la thèse de six pointures américaines de santé publique, publiée en accès libre sur le site de l'Annual Review of Public Health, le vapotage constitue ce 'point S' entre la minimisation des méfaits, l'attraction du public concerné et la satisfaction, qui comprend sa part de risque dépendogène. "Les substituts nicotiniques (NRT) ne sont pas utilisés par grand monde. Ni attrayants ni satisfaisants, ils sont peu susceptibles de remplacer les cigarettes au niveau de la population. Minimiser les méfaits tout en ayant un impact net sur la santé de la population exige que les produits concurrencent efficacement le tabagisme pour le remplacer. Ainsi, le sweet spot, où se trouvent les produits alternatifs de délivrance de nicotine (ANDS), est constitué par une attraction et une satisfaction élevées mais de faible toxicité", expliquent les Prs David Abrams, Allison Glasser, Jennifer Pearson, Andrea Villanti, Lauren Collins et Raymond Niaura. La 'special guest star' au centre de ce sweet spot est, évidemment, la vape.

L'exigence de perfection absolue est contre-productive

L'opportunité de "briser 120 ans de prédominance de la cigarette" peut sauver des millions de vies selon les auteurs provenant de quatre universités américaines. Pour les seuls Etats-Unis, 6,6 millions de décès prématurés peuvent être évités et 86,7 millions d'années de vie gagnés grâce au vapotage dans les dix ans à venir selon une étude publiée en octobre dernier dans la revue Tobacco Control"La voie la plus sûre est d'arrêter de fumer ou, mieux, de ne jamais commencer. Mais une approche de minimisation des méfaits reconnaît que l’exigence de perfection absolue est souvent contre-productive. Lorsqu'un comportement nuisible ne peut être éliminé, nous pouvons tout de même réduire considérablement les conséquences néfastes pour la santé", pointent les experts de santé publique. 

L'argument de principe est simple: les méfaits sanitaires du tabagisme résident de façon majeure dans la fumée. Il s'agit d'éliminer monoxyde de carbone, goudrons et la majeure part des toxiques se dégageant de la combustion et pyrolyse du tabac. En contraste, la nicotine elle-même n'est pas nocive aux doses prises à travers ses différents modes de consommation. Avec l'apparition de nouveaux modes d'usage à méfaits réduits, la diabolisation de la nicotine est devenue nuisance de santé publique. 

Repenser les usages de la nicotine

La peur cultivée de manière absurde à son encontre pousse les fumeurs à des tentatives vaines de sevrage à la dure se soldant le plus fréquemment par la rechute dans la cigarette. Il s'agit de découpler consommation de nicotine et fumée pour éliminer le fléau de cette dernière. "Recadrer l'usage social de la nicotine vers l'objectif d'une minimisation des méfaits est une opportunité extraordinaire pour renforcer l'impact des efforts de lutte anti-tabac", expliquent les universitaires. Autrement dit, le public doit ne plus être condamné, par des réglementations défavorisant le vapotage face aux cigarettes et une mésinformation obscurantiste, à fumer pour consommer de la nicotine. 

En ce sens, l'étude menée par le Pr David Abrams, de l'Université de New-York, souligne l'importance non seulement d'une réduction des risques mais, plus radicalement, d'une minimisation des méfaits. "Quand un consommateur ne veut ou ne peut pas arrêter toute consommation de nicotine, alors la minimisation implique de viser l'élimination complète de l'exposition au tabac fumé en le remplaçant par l'utilisation de nicotine sous formes moins nocives sans combustion ", précisent-ils. Se plaçant dans la descendance du Pr Michael Russell - qui déclarait en 1976 "les gens fument pour la nicotine mais meurent des goudrons" -, les auteurs développent le lignes directrices d'une stratégie d'une telle minimisation des méfaits pour la consommation de nicotine.

Entrons dans la troisième dimension

Dans la perspective de mettre en jeu les modes de consommation, les auteurs proposent de s'appuyer sur ce point doux à l'intersection des trois dimensions pilotant la question. Si quelques débats d'arrière-garde se poursuivent sur la base d'études malmenées, la réduction massive des risques et dommages induit par la consommation de vapotage en place de cigarette ne fait plus de doute pour les chercheurs sérieux. Experte mondialement reconnue sur le sujet, la Pr Linda Bauld délivrait un message très clair en ce sens pour la nouvelle année.

La satisfaction en est la dimension rendue la plus complexe par l'entremêlement moral aux notions de santé. Le plaisir de la consommation de nicotine renvoie à la fois à ses vertus psychoactives améliorant l'attention, la concentration, la mémoire et l'humeur, mais induit également un risque dépendogène, lié à ce plaisir même. Ce risque pour la nicotine, hors du tabac qui lui est extrêmement addictif, est similaire à la caféine. Après 40 ans de vente, peu de consommateurs, sans passé tabagique, sont devenus accros aux gommes nicotinés. "Un certain degré de satisfaction, de bénéfices résultant de sa consommation, et même de dépendance aux systèmes alternatifs de délivrance de nicotine (ANDS) beaucoup moins nocifs peut être acceptable pour la société comme moyen d'accélérer la sortie du tabagisme et ses méfaits massifs attendus - in extenso, l'usage récréatif de nicotine propre est similaire à l'acceptation sociale de l'usage d'alcool ou de cannabis par les adultes, plutôt que la prohibition de toutes formes de nicotine en raison de son potentiel addictif -", argumentent les chercheurs.

Sweet Vape Sweet

Ce sweet spot est le mieux incarné aujourd'hui par le vapotage, notamment par l'adhésion et la satisfaction des usagers. Cette révolution douce, portée par des millions d'usagers, appelle une réorganisation sociale pour la soutenir et en favoriser l'impact positif de santé publique. Les auteurs conceptualisent un système intégré pour "optimiser les bénéfices pour la population sur les méfaits". En somme, il s'agit d'ouvrir au maximum la porte au passage des fumeurs vers le vapotage, ou d'éventuels autres moyens de consommation de nicotine à méfaits très réduits, tout en refermant celle vers les cigarettes.

Prise de risques et jeunes: l'utopie illusoire de la pureté

Les spécialistes de santé publique relèvent deux challenges particuliers qui se posent à cette politique de transfert modal de consommation de nicotine. La question des jeunes et du vapotage est le point sensible touchant la fibre morale et émotionnelle du public. Pourtant, là aussi la solution simpliste de l'interdit s'avère souvent contre-productive. "La prise de risque à l'adolescence est normative et résulte d'un effet de compétition dans le cerveau entre le réseau socio-émotionnel fort et le réseau cognitif de contrôle encore immature. Une prise de risque précoce avec un produit du tabac ou de nicotine, comme le vapotage, peut résulter de récompenses sociales ou émotives de l'essai d'un produit, comme l'approbation des pairs ou l'amélioration de l'humeur. Ainsi, éliminer toute expérimentation peut ne pas être un objectif réaliste, tout comme il ne l'a pas été pour les cigarettes", expliquent les scientifiques.

Les études existantes montrent que l'utilisation actuelle de la vape par les jeunes consiste pour une grande part d'entre eux à l'essayer sans l'adopter à long terme. Plus de 70% des jeunes vapoteurs américains vapotent sans nicotine, tandis que le tabagisme s'écroule chez ces adolescents. Or, si les anti-vape s'inquiètent du surnommé 'effet passerelle' du vapotage vers le tabagisme, peu ont porté leur attention sur la transition en sens inverse. Pourtant, 87% des adolescents américains usagers de vapotage avaient déjà consommé un produit du tabac auparavant. "Bien que la société doit rester vigilante et surveiller les tendances dans les usages des jeunes, les peurs des dommages dus à l'effet passerelle semblent exagérées et peu susceptibles de miner les avantages, potentiellement beaucoup plus importants, de décourager le comportement tabagique dans l'ensemble de la population", soulignent-ils.

L'objection ridicule du vapotage, frein à l'arrêt tabagique

Le second challenge à relever pour le vapotage est sa capacité à véritablement faire sortir les fumeurs de la cigarette. Certains théoriciens anti-vapotage prétendent qu'au contraire, la vape inhiberait l'arrêt tabagique. Les auteurs répondent à l'argument, avec plus de sérieux que je n'en suis capable, tant cela me parait être un délire de théoricien fumeux déconnecté de la vie concrète. Passant en revue les études sur le sujet, ils notent n'avoir "connaissance d'aucune preuve indiquant que le vapotage a contribué à réduire l'intérêt à cesser de fumer, ni ralenti le taux de cessation ou favorisé la rechute en grand nombre d'anciens fumeurs à long terme qui avaient cessé de fumer depuis cinq ans ou plus. Dans les enquêtes, les utilisateurs de vapotage indiquent de manière consistante que, pour la plupart fumeurs [au moment de leur adoption ou essai de la vape], l'abandon de la cigarette est la raison majeure de l'utilisation de la vape, et ceci même chez les jeunes".

Maximiser le flux du tabagisme vers le vapotage

Dans leur conclusion, les six chercheurs appellent à une refonte de la politique sur le tabagisme vers une politique favorisant les moyens de consommation de nicotine à méfaits réduits au détriment des cigarettes. "Le principal défi consiste à mettre en œuvre des politiques qui maximisent le flux du tabagisme vers l'utilisation de produits plus sûrs ou vers aucun usage. Un équilibre peut et doit être trouvé pour protéger les jeunes sans décourager les usages de nicotine par les fumeurs qui ne peuvent ou ne veulent pas arrêter leur consommation", mettent en exergue les auteurs. Ils avancent trois axes politiques: 1) élaborer un cadre réglementaire axé sur la réduction du tabagisme ; 2) permettre au public d'avoir des informations claires et inciter l'adoption des options à méfaits réduits de consommation de nicotine ; 3) permettre l'innovation et réglementer de manière différenciée les produits en fonction de leur niveau de risque.

Vue de Suisse, ces propositions rappellent celles de la prise de position de la Fédération des professionnels des addictions en novembre dernier. Les auteurs américains aussi insistent sur la nécessité d'un virage pragmatique en faveur de la santé publique. "La minimisation des méfaits est une approche pragmatique qui peut compléter la lutte antitabac actuelle aux efforts éprouvés de prévention et de cessation. Son objectif principal est de déplacer toute la population de fumeurs de produits du tabac toxiques brûlés vers l'usage exclusif de produits beaucoup plus sûrs rapidement et le plus tôt possible dans leur carrière individuelle de fumeur".

lundi 18 décembre 2017

La panne du modèle anti-tabac australien fait le bonheur de la mafia (1) [MàJ]

"Il faut avoir la loi la plus dure possible. Il faut faire que les fumeurs se sentent comme des lépreux. Il faut rendre leurs vies horribles". La déclaration du député Craig Kelly à l'hebdomadaire Saturday Paper en septembre ne parait même plus outrancière dans le contexte australien. Le Président de la Commission parlementaire sur le tabac illicite exprime l'idéologie prédominante des autorités aussies sur le tabagisme. Pionnière du paquet neutre depuis 2012, pratiquant les prix de cigarettes les plus élevés au monde en plus d'une propagande agressive contre les fumeurs, l'Australie ne réussit pourtant plus à faire baisser son tabagisme. Depuis 2013, la part de fumeurs est stable selon les statistiques officielles de l'Australian Institute of Health and Wellfare (AIHW)"Pour la première fois, il n'y a pas eu de réduction statistique significative du taux de tabagisme, et même une légère hausse du nombre de fumeurs", déclare le Pr Colin Mendelsohn, expert en santé publique à l'Université de New South Wales, au quotidien the Australian.

En 2016, l'Australie est repassée au dessus des 2,4 millions de fumeurs sur une population de 18,7 millions d'adultes. En parallèle, le marché noir de tabac explose et les affaires de corruption des forces de police des frontières se multiplient. Réflexe répressif, le budget dédié contre le trafic de tabac prend l'ascenseur. En dépit des signes de panne de leur modèle, dont nous dressons le constat à grand traits ici, les ultras de la la lutte anti-tabac australiens ne se départissent pas d'une ligne hostile à toute aide aux fumeurs à s'en sortir. Symptôme de ce dogmatisme, leur forcing pour maintenir l'interdiction de vente de liquides de vapotage nicotinés, jusqu'à faire des déclarations trompeuses au parlement. Nous essaierons d'écrire un second volet sur l'impasse dans laquelle se trouvent bloqués les australiens.

Tabagisme en stagnation depuis 2013

Publiées le 28 septembre, les dernières statistiques gouvernementales recensent 15,8% de fumeurs adultes au quotidien en 2016. Ce chiffre exclue les indigènes dont le taux de 44,4% de fumeurs adultes n'est mentionné que dans les données brutes de l'enquête. Laissant de côté les étranges pratiques statistiques australiennes - exclusion des indigènes mais aussi fixation d'un inhabituel âge de 14 ans pour le taux général de 12,2% mis en avant dans les médias -, le débat local se focalise sur la panne de la dynamique de réduction du tabagisme. "L'analyse révèle que le nombre de fumeurs a diminué entre 2010 et 2013 de 317'000 personnes, mais il a ensuite augmenté de 21'000 fumeurs supplémentaires entre 2013 et 2016", explique Adam Creighton, journaliste de l'Australian.


Baisse chez les ados, légère hausse chez les quadras

Bien que la stratégie actuelle combinant paquet neutre et hausses de prix semble avoir un effet positif de réduction du tabagisme chez les jeunes, elle se révèle inopérante pour les fumeurs établis, notamment d'âge moyen. Entre 2013 et 2016, la part de fumeurs non-indigènes des 12 à 17 ans aurait été divisée de moitié, portant l'âge moyen d'initiation tabagique à plus de 16 ans. Ce chiffre est cependant annoncé avec l'avertissement d'une importante marge d'erreur possible par l'AIHW. Tandis que les taux de fumeurs non-indigènes des 30 à 49 ans ont augmenté entre 3% et 4%.

Cette légère hausse du nombre de fumeurs australiens semble se confirmer avec les résultats du monitorage des eaux usées. Initié en 2016, les données n'ont pas assez de profondeur temporelle pour en tirer des conclusions solides. Mais entre août 2016 et février 2017, "dans le territoire de la capitale australienne et la plupart des Etats, les relevés sur les quatre périodes montrent une légère hausse de la consommation de tabac", explique le second rapport national de monitorage des eaux-usées australien publié en juillet dernier. Ce suivi mesure le taux de cotinine, la métabolite de la nicotine, dans les eaux-usés. En février dernier, il évaluait la consommation à environ 1'200 cigarettes quotidiennes pour 1'000 habitants en moyenne.

En plus du paquet neutre, l'Australie utilise lourdement l'arme des taxes contre le tabac. Depuis septembre, un paquet de cigarettes courant coûte 35 $aus (environ 22€ ou 25Fs). Les prix vont continuer de grimper, à raison de 12,5% par an, pour que le paquet le moins cher atteigne plus de 40 $aus (environ 27€ ou 30Fs) d'ici 2021. Les prix des cigarettes en Australie sont les plus élevés au monde, et le tabagisme stagne. Une opportunité saisie par les trafiquants d'offrir du tabac illicite qui, sans taxe, se négocie à environ moitié moins cher sur le marché noir. 

De 8% à 30% du tabac vendu au marché noir

Le trafic atteindrait l'équivalent d'un milliard $aus selon l'Australian Border Forces (ABF), la police des frontières australienne. Un chiffre contesté par Rohan Pike qui évalue la contrebande de tabac à quatre fois plus dans son rapport à la Commission parlementaire sur le tabac illicite, selon le Sydney Morning Herald"Le prix actuel du tabac, conjugué à la perception publique que les seules victimes du trafic illicite de tabac sont les gouvernements inefficaces et corrompus ainsi que les fabricants de cigarettes, a amené les fumeurs vers les produits de contrebande", explique Rohan Pike, fondateur du groupe spécial anti-tabac de l'ABF et désormais consultant sur le commerce illicite de tabac.

[MàJ- 19-12-2017] La nouvelle évaluation de l'ABF, annoncée fin octobre (mais que j'avais raté au moment de la rédaction), évoque une part de 15% de tabac illicite sur le total du tabac consommé sur l'île. Le rapport annuel des douanes fait état que les saisies de tabac ont doublé en 2016-207, par rapport aux années précédentes. Ceci peut être un indice d'une augmentation du volume du trafic.

De son côté, John Silvester, dans le Sydney Morning Herald du 16 décembre, explique que les hausses de prix des cigarettes ont fait exploser le trafic de tabac pour la raison assez simple du niveau de retour sur investissement. "En investissant 200'000 $ dans la cocaïne, on peut espérer un rendement de 1,6 million de dollars. Investir le même montant dans les cigarettes de contrebande en provenance de Chine et le retour serait de 10 millions de dollars", explique le journaliste spécialisé sur la criminalité. Il évoque également l'explosion de braquages visant les cigarettes pour les revendre au marché noir australien. [/]

Entre ces deux évaluations, le cabinet KPMG avance un taux de 14%, équivalent à 1,7 milliards $aus, de tabac illicite consommé sur l'ensemble du marché australien. Mandaté par les trois grands cigarettiers, les enquêteurs de KPMG ont le mérite de livrer leur méthodologie basée notamment sur le ramassage de paquets de cigarettes et de feuilles à rouler usités. Difficile de trancher entre ces évaluation allant de 8% à 30% du marché aux mains de la contrebande, estime le Dr Colin Mendelsohn sur les ondes de Tasmania Talks. Par définition, le marché souterrain échappe aux mesures précises.

Pas de marché noir ?

Artisan de la politique anti-tabac actuelle, le Pr Simon Chapman se mure dans le déni sur la question. "Il doit y avoir des centaines de milliers de touristes fumeurs qui viennent en Australie chaque année", évacue le titulaire d'un doctorat en communication en réaction au rapport de KPMG fin 2013. Fin 2015, plutôt que d'accuser les fumeurs étrangers, Simon Chapman nie cette fois l'existence d'un marché noir de tabac, du moins d'un volume conséquent. "Comment les fumeurs ordinaires pourraient trouver [du tabac illicite] avec cette soi-disant facilitée consommée, alors qu'avec toutes leurs ressources la police fédérale et les inspecteurs des impôts ne parviennent pas souvent à le faire?", questionne t-il de manière rhétorique dans the Conversation.

Le démantèlement d'un réseau de trafiquants début août parait infirmé les propos du Pr Chapman. Dans le sillage du coup de filet coordonné par Interpol, deux agents de l'ABF sont limogés. La police des frontières se retrouve sur le grill après la publication, par Fairfax Media, de documents confidentiels liés à l'affaire. D'une part, l'existence d'un réseau de plus de 350 points de vente de tabac illicite est mise à jour. Autre révélation, les forces de la police des frontières étaient infiltrées, au moins depuis 2008, par des agents du réseau démantelé. Au travers des affaires révélées, on comprend que le tabac est devenu un business intégré par les trafiquants.

"La réglementation a créé un environnement à faible risque et à grands bénéfices pour le crime organisé", insiste pour sa part Rohan Pike. Cigarettes de marques en contrebande, contrefaçons et marques "blanches" côtoient le tabac en vrac, surnommé chop chop par les Australiens, sous les comptoirs des épiciers ou sur des zones de marché noir.

225 tonnes de tabac illicite saisies en deux ans


Pourtant en juin 2015, la police des frontières se flattait d'une saisie record de 71 tonnes de tabac de contrebande. Mais aucune poursuite n'e s'en est suivie. Selon le Sydney Morning Herald, cette affaire, que le quotidien qualifie de "farce", illustre l'impuissance des forces de police débordées par le trafic malgré son budget augmenté de 7,7$aus millions par le Ministre Peter Dutton. Pour sa défense, l'ABF affirme ne pas chômer. Ces deux dernières années, 225 tonnes de tabac ont été saisies et une centaine de personnes impliquées dans le trafic de tabac poursuivies, selon les déclarations du porte-parole de l'ABF au Financial Review. Une saisie qui reste marginale en regard des estimations oscillant entre 1'300 et 5'000 tonnes de tabac illégal vendues par an en Australie.

Autre source de tabac illicite, des plantations locales ont émergées malgré l'interdiction d'en cultiver depuis 2006. En mars dernier, l'Australian Tax Office (ATO) mettait la main sur deux lieux de production dans les New South Wales et à Victoria. "Le marché noir est assez important. Il y a un véritable engouement dans la communauté avec les prix élevés actuels des cigarettes légales", déclare alors Peter Vujanic, Commissaire de l'ATO au journal ABC.

L'émeute des patchs nicotinés

Autre manière de contourner la prohibition du tabac en vigueur en prison depuis 2015, on y fume des cigarettes roulées de thé aspergé de nicotine dans des feuilles arrachées à la bible. Méthode catastrophique pour les poumons, selon un témoignage publié par Vice. Une émeute se déclenche à la prison de Risdon du 9 août"Le Service pénitentiaire de Tasmanie a décidé de reconsidérer son programme de thérapie de substituts de nicotine après une émeute des prisonniers durant huit heures à Risdon le mois dernier, apparemment en réaction à la fin progressive planifiée de l'accès aux patchs nicotinés", rapporte le Mercury début septembre.
L'alternative du vapotage interdite

L'Australie n'a jamais connu un tabagisme aussi omniprésent qu'en Europe, où les troupes américaines ont largement distribué des Lucky Strike au "goût de liberté" après la 2ème guerre mondiale. Selon les statistiques officielles, le tabagisme australien était de "seulement" 25% en 1990. Depuis, la politique anti-tabac a réussi à réduire de moitié le tabagisme. Une tendance générale aux pays occidentaux sur cette période. Les britanniques ont même réduit plutôt plus fortement leur tabagisme, en suivant certaines mesures communes avec les australiens.

Alors que les britanniques se sont ouverts à l'intégration de l'approche de la réduction des méfaits depuis cinq ans, l'Australie reste sur une ligne puritaine d'harcèlement des fumeurs. Cette approche unilatérale n'est-elle pas en train de devenir contre-productive? L'essor du marché noir semble en train de créer une offre de tabac hors de tout contrôle des autorités. Ouvrant une logique de gonflement à l'infini des budgets policiers que l'on connait déjà pour d'autres substances, telles que le cannabis.

Faire quelque chose pour aider les fumeurs?

Pointée comme une des causes de ce maintien du tabagisme établi, l'absence d'aide aux fumeurs, symbolisée par l'interdiction de vente des liquides de vapotage nicotinés. "Il est temps d'en finir avec cette interdiction ridicule du vapotage et de commencer de faire quelque chose pratique pour aider les fumeurs à sortir des cigarettes", tranche le Senateur David Leyonhjelm, leader du Parti libéral démocrate. L'Australie est le dernier pays occidental, avec la très tabaco-pharmaceutique Suisse, à maintenir la prohibition des liquides de vapotage nicotinés. Pour une dynamique similaire, même si les niveaux y sont sensiblement différents, de maintien du tabagisme. La Nouvelle-Zélande, jusque-là sur un modèle identique à ses voisins australiens, a perçu les limites de l'approche "abstinence only", notamment en matière d'inégalités sociales. Elle a opté pour une politique anti-combustion intégrant la réduction des méfaits avec le vapotage.

"L'Australie fait tout ce qu'elle peut en terme de lutte anti-tabac, mais la différence clef avec le Royaume-Uni et les Etats-Unis où les taux de fumeurs ont dégringolé ces dernières années, c'est la forte hostilité australienne au vapotage", explique Alex Wodak, Directeur de l'Australian Drug Law Reform Foundation. L'Australie va t-elle savoir réformer son modèle ? 
A suivre...

Mise à jour 12 mars 2018 : les ventes légales de tabac ont augmenté durant les quatre trimestres de 2017, pour la première fois depuis 2004. Elles atteignent près de 16 milliards de dollars australiens (plus de 10 milliards €) sur l'année. "Une inversion de tendance de fond inquiétante", selon le Pr Mendelsohn. Voir notre brève plus détaillée.

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