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mardi 28 juillet 2020

Prohibition des arômes : les vapoteurs se mobilisent contre le coup bas du Ministre des Pays-Bas

SmaakNoodZaak : nous avons besoin des saveurs. Le site pour mobiliser les vapoteurs aux Pays-Bas est lancé. Le 23 juin, Paul Blokhuis a annoncé par lettre au Parlement néerlandais sa décision d’interdire tous les liquides de vape, sauf ceux « goût tabac ». Sans consultation publique, ni débat parlementaire, le secrétaire d’État à la santé vise une entrée en vigueur dés 2021. 400 000 vapoteurs néerlandais qui ont arrêté de fumer seraient immédiatement impactés par l’interdiction. 

Paul Blokhuis invoque les adolescents pour justifier la prohibition. Pourtant, le tabagisme adolescent régresse ces dernières années, étant passé de 2,1 % en 2017 à 1,8 % en 2019 chez les lycéens hollandais. Tandis que la vente de produits de vapotage est déjà interdite aux mineurs. En cas de prohibition des arômes, l’essor de sources parallèles pourrait faire perdre tout contrôle aux autorités.

Se mobiliser avant l’interdiction

Aujourd’hui l’association de défense des vapoteurs ACVODA et l’ESIGBOND, le regroupement des professionnels indépendants de la vape, appellent à la mobilisation. Ensemble, ils lancent le site SmaakNoodZaak, littéralement « besoin de saveur », avec trois actions proposées aux participants. « Plus nous serons à faire entendre notre voix, plus il y a de chance que cette interdiction ne soit pas implantée. Ensemble nous sommes forts ! », encourage Sander Aspers, président d’Acvoda.

« De nombreux vapoteurs sont fiers d’avoir cessé de fumer. Pour ces gens, c’est une gifle d’être marginalisés de cette façon pour donner le sentiment qu’ils font quelque chose de mal. Cela explique leur colère », rapporte Eveline Hondius, de l’association des vapoteurs. L’interdiction suscite également l’inquiétude des professionnels du vapotage. « Beaucoup d’entrepreneurs craignent pour leur survie si l’interdiction des arômes devient effective. Cela va provoquer des centaines de licenciements », alerte Emil ’T Hart, président d’Esigbond.

Détérioration de la santé publique

L’interdiction des arômes rendrait la vape beaucoup moins attractive pour les fumeurs et bénéficierait évidemment au tabagisme. De plus, « de nombreux vapoteurs qui ont déjà changé risquent de retourner à la cigarette ou se mettre à mélanger eux-mêmes des liquides et des saveurs, qui peuvent ne pas être adaptés au vapotage. Cela pose de graves risques pour la santé », souligne Esigbond dans son communiqué.

« L’interdiction des arômes serait désastreuse pour le grand nombre de fumeurs qui désirent arrêter de fumer, et les vapoteurs qui ont arrêté de fumer grâce au vapotage. L’intention d’interdire les saveurs semble provenir d’un besoin de contrôle, mais en fait, le secrétaire d’État perdrait de son emprise si les arômes disparaissaient du marché légal vers le circuit illégal », souligne Eveline Hondius de l’Acvoda. « Le secrétaire d’État prend une décision sans aucune justification scientifique. Cela ne serait pas utile à la santé publique », appuie Emil ’T Hart, d’Esigbond.

Appel à trois actions

Le site invite les vapoteurs à témoigner auprès des partis politiques néerlandais. « Les politiques à La Haye doivent entendre les réussites que le vapotage permet, précisément grâce à la diversité des saveurs. Alors faites savoir aux élus ce que le vapotage signifie pour vous et pourquoi vous refusez que les arômes soient interdits », motive Sander Aspers de l’Acvoda. Une manière de tenter de réveiller les partis face à Paul Blokhuis, issu de la minuscule Union Chrétienne, représentant 3,4 % des votes aux dernières législatives et qui défend des valeurs rétrogrades telles que l’interdiction de l’avortement.


Seconde proposition d’action, la pétition en ligne lancée par un citoyen néerlandais et adressée au Parlement peut être signée par tous citoyens européens pour refuser la prohibition des arômes. Elle atteint à présent près de 15 000 signatures, un nombre encore insuffisant pour faire le poids. Troisième sollicitation, une enquête en ligne préparée par l’Acvoda sur les usages des vapoteurs et les conséquences que pourrait avoir une interdiction des arômes aux Pays-Bas.

Un enjeu européen

L’European Tobacco Harm Reduction Advocates (ETHRA) a déjà écrit le 14 juillet à Paul Blokhuis et au secrétariat du Parlement néerlandais pour s’opposer à cette interdiction insensée. La lettre a reçu l’appui des scientifiques partenaires du regroupement européen des défenseurs des approches de réduction des risques face au tabagisme. Pour le moment, aucune réponse n’est parvenue en retour.

Alors que se profile une possible révision de la directive TPD d’ici mai prochain et un projet de révision des taxes du tabac, Paul Blokhuis a lui-même précisé l’enjeu d’ampleur européenne dans son communiqué du 23 juin. « Dans le cadre de l’examen européen en cours des taxes sur le tabac, les Pays-Bas se sont engagés à introduire des droits d’accise sur les nouveaux produits du tabac tels que les cigarettes électroniques ».

Le flyer SmaakNoodZaak est en ligne sur le site

vendredi 27 mars 2020

Comment la désinformation tue: la tragique démonstration de New York avec le Covid-19

La désinformation tue. Encore plus en période de crise. Le 8 mars à son point presse hebdomadaire, Bill de Blasio, le maire de New York optait pour une communication opportuniste sur l’épidémie de Covid-19. « Les personnes qui contractent le covid-19 sont les personnes qui ont des problèmes de santé préexistants », insiste le maire de New York en détachant bien les syllabes de « pré-existants ». Parmi ces caractéristiques, il cible le vapotage, aux côtés du tabagisme, du diabète, des maladies cardio-vasculaires, de déficience immunitaire, du cancer, etc.. 

Il justifie le dénigrement ciblé sur le vapotage parce qu’il y a à ce moment-là un vapoteur malade à New York. Sur les 110 000 personnes détectées avec le virus dans le monde à ce moment-là. Les médias se ruent sur l’accroche : le vapotage rend les gens plus vulnérables au COVID-19. Message reçu par la population : le virus menace des personnes à risques uniquement, et en particulier les vapoteurs. « Oh, mais alors il suffit de ne pas vapoter pour éviter d’attraper le coronavirus ? ». 

Un message qui n’a pas prévenu le désastre

Le 8 mars, New York comptait 20 cas de personnes infectées par le coronavirus. Ce 27 mars, selon les données du New York Times : New York compte 39 000 personnes infectées, 432 décès. Les 54 000 lits des hôpitaux new-yorkais vont être à saturation d’ici le début de la semaine prochaine, les 1800 lits de réanimation sont probablement déjà tous occupés depuis ce vendredi. 

L’annonce de Bill de Blasio le 8 mars a réussi à faire arrêter le vapotage à quelques New-Yorkais. Dont certains ont recommencé de fumer illico, si l’on croit leur message sur les réseaux sociaux. Mais il a surtout trompé sa population en floutant l’information sur la propagation du virus. Le coronavirus peut toucher tout le monde, et il se diffuse ainsi. Il a trompé ses concitoyens sur la nature des risques et des précautions qu’ils devaient réellement prendre. 

La priorité des politiciens : faire passer la loi S7507-A pour interdire le vapotage

Cette stratégie de communication du maire de New York a reçu le soutien du Gouverneur Andrew Cuomo. Ce dénigrement opportuniste du vapotage répondait pour les deux hommes du souci de faire passer la loi interdisant les liquides de vapotage aromatisés à New York. Au lieu de préparer la ville à l’épidémie, les deux dirigeants ont mis leur énergie à imposer une prohibition de tout produit de vapotage aromatisé, sous le nom de loi S. 7507-A. Le gouverneur a finalement réussi a l’inclure dans le projet de budget de l’État de New York, qui devrait être voté d’ici le 1er avril. L’association des vapoteurs CASAA tente de s’y opposer.

Dénigrer le vapotage semble aussi avoir été une opportunité politicienne dans le rôle classique de bouc-émissaire facile. Évacuer le poids de ses propres responsabilités dans la catastrophe de santé publique en en rendant coupables les vapoteurs. Mais, de toute évidence, il y a aussi une grande incompétence et une forme de déni de la catastrophe des deux responsables. 

Deux responsables totalement à côté de la plaque

Cinq jours après avoir chargé le vapotage, le 13 mars, Bill de Blasio annonce enfin une recommandation de distance sociale aux habitants de New York. Deux semaines après, il y en a déjà 40 fois plus et le pic est loin d’être atteint. Le maire s’est montré totalement à côté de la plaque. 

Le Gouverneur Andrew Cuomo ne semble pas plus lucide. À l’annonce du confinement, décrété seulement le 17 mars, il s’engueule en direct sur CNN avec son frère pour savoir qui d’eux deux est le préféré de leur mère dans une séquence surréaliste. Le 24 mars, le Gouverneur ne semble toujours pas avoir récupéré ses esprits et invoque en conférence de presse les forces de l’amour pour sauver New York. 

Covidiot : le Surgeon General n’a « même pas peur »

À la décharge des deux responsables new-yorkais, Jérôme Adams, le Surgeon General qui est une figure sanitaire censée jouer un rôle de référence aux États-Unis, se montre totalement incapable de comprendre ce qu’il se passe. Le 6 mars, il poste sur les réseaux sociaux un selfie de lui en avion accompagné d’un commentaire sur le fait qu’« il ne craint pas le Covid-19 ». 

Depuis, il se montre toujours aussi incapable de saisir la situation et d’offrir une réflexion de stratégie de santé publique. Il a donc suivi l’exemple des deux dirigeants new-yorkais et opté pour le dénigrement du vapotage en guise de dérivatif et distraire le public de son incompétence. Ce 23 mars au show Today de CNN, il présente ainsi une théorie tombée de nulle part pour accuser le vapotage des Italiens et des Américains d’être une possible cause du Covid-19 chez les personnes de 18 à 49 ans. 

Comment peut-on croire que le vapotage est responsable du coronavirus ?

En l’état des connaissances sur l’épidémie du Covid-19, forcément non consolidées, rien n’indique une particularité d’âge des personnes contaminées en Italie et aux États-Unis par rapport aux autres pays. Et absolument rien n’indique un quelconque rôle, positif ou négatif, du vapotage dans les infections. Comme le montre l’analyse des chercheurs Konstantinos Farsalinos, Anastasia Barbouni et Raymond Niaura des données disponibles publiées sur Qeios. Seules des fakenews inspirées de théories du complot absurdes ont répandu ce message avant que des responsables américains ne le reprennent.

Pourtant, les médias américains ont martelé ces deux dernières semaines ce message de peur du vapotage en priorité. « D’après mon comptage, il y a eu plus de 30 articles dans les journaux et d’innombrables commentaires sur les émissions et journaux télévisés essayant de plaider d’un certain effet sur les infections à coronavirus ou COVID-19 de la part du vapotage », rapporte Jim McDonald, sur le site spécialisé Vaping360. L’alarme des médias évoque deux cas de vapoteurs infectés au total au début de cette semaine, alors que le nombre total de cas était estimé alors à 350 000 dans le monde. Depuis, on a dépassé les 500 000 dans le monde, dont plus de 80 000 aux États-Unis.

Bloody Bullshit

Les deux semaines qui auraient dû être consacrées à prévenir la propagation du virus ont été utilisées par les deux principaux dirigeants new-yorkais, et dans leur sillage les médias américains, à un pur bullshitage politicien pour détourner l’attention du public. Cette désinformation va participer à tuer énormément d’Américains, et en particulier de New-Yorkais, en les ayant distraits des précautions à prendre alors que le virus se répandait. Les options stratégiques prises depuis par le président Trump et son administration ne semblent pas en mesure d’inverser cette tragédie déclenchée à New York. 

C’est aussi ainsi que les autorités sanitaires perdent la confiance du public. Les États-Unis comptaient, avant cette crise, un des taux les plus faibles de confiance du public envers leurs autorités de santé. The Economist du 5 mars relate un sondage du Wellcome Trust, un organisme de bienfaisance : 59 % des américains font confiance aux messages des autorités de santé de leur pays, contre notamment 80 % au Royaume-Uni et en Allemagne, 86 % en Corée du Sud. Les Européens devraient vraiment arrêter de s’inspirer des États-Unis dans ce domaine.

mercredi 8 janvier 2020

Avertissement danger de la campagne Ditch Juul: Fort risque d'explosion des batteries en cas de plongée dans l'eau ou de chocs

Des influenceurs sur le réseau social TikTok, principalement utilisé par les adolescents et les jeunes, ont lancé une campagne pour inciter à noyer et casser des vaporettes, en particulier celles de la marque Juul. Selon le site de la revue People, ces influenceurs sont engagés pour créer cette "campagne virale" par l'organisation Truth Initiative.[édité, voir note de fin] Les clips vidéos montrent ces influenceurs noyant ou cassant des Juul. On peut noter que les montages vidéos, pour certains de manière assez grossière, laisse penser que les influenceurs ont évité de prendre eux-même réellement le risque de faire exploser leur Juul en la noyant ou la cassant ce qu'ils incitent pourtant leur jeune audience à faire. 

En effet, les vaporettes, la Juul y compris, fonctionnent avec une batterie au lithium, similaire à celles des téléphones portables. En cas de court-circuit provoqué par l'humidité, ou de chocs, la chimie interne de ces batteries peut engendrer des réactions instables. Cela peut aboutir à une surchauffe de la batterie dont jailli des éléments à très haute température, pouvant entraîner des brûlures graves pour les personnes à proximité. Nous recommandons vivement de ne pas suivre l'exemple abruti et irresponsable de cette campagne d'influencage qui risque fortement de provoquer des blessures. 

Rappelons par ailleurs qu'il faut toujours protéger les batteries non utilisées avec une étui ou une boite, pour éviter tout contact avec des pièces métallique pouvant entraîner un court-circuit.

Billet édité le 11-01-2020: Contrairement à ce que j'ai cru, Truth Initiative ne semble pas dans les bénéficiaires du nouveau plan anti-vape de 160 millions $ de Michael Bloomberg, qui finance la Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK), dirigée par Matt Myers, et la Fondation des Centers for Disease Control (CDC). Désolé.
https://www.bloomberg.org/press/releases/bloomberg-philanthropies-launches-new-160-million-program-end-youth-e-cigarette-epidemic/

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