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lundi 18 juin 2018

[Flou] Le Grand Conseil valaisan interdirait aux mineurs d'arrêter de fumer avec la vape, selon la RTS

On ne trouve rien de clair et précis concernant cette décision sur le site du parlement valaisan pour le moment. Mais d'après la télévision nationale RTS, le Grand Conseil valaisan a adopté jeudi dernier une interdiction de vapotage pour les mineurs. La "cigarette électronique", selon les termes de la télévision, est interdite de vente aux moins de 18 ans en Valais à partir du 1er janvier prochain. "En cas de non-respect, l'amende pourra atteindre jusqu'à 50'000 francs pour les vendeurs", prévient la RTS. Aucun détail sur la portée de cette prohibition n'est donné par l'organe de télévision. Par ailleurs, le Grand Conseil valaisan repousse l'âge légal de vente des cigarettes ainsi que de l'herbe faible en THC à 18 ans.

La notion de "cigarette électronique" n'étant qu'une appellation impropre, difficile de savoir ce que cette décision recouvre sur la base des propos de la télévision nationale. Le Tribunal Administratif Fédéral (TAF) a rappelé récemment sur le sujet que les autorités ont un devoir de clarté dans sa décision. Le flou volontairement entretenu par l'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) avec des termes approximatif et abstraits, tels que "cigarette-électronique", utilisés pour recouvrir un ensemble de produits distincts a été jugé un "vice de forme" et "une erreur grave" par le tribunal. Justifiant de casser la décision administrative de prohibition.

Le député PS Valentin Aymon ment et nuit

Le soucis de clarté et d'honnêteté ne semble pas animer particulièrement le socialiste Valentin Aymon, Face caméras, le parlementaire valaisan s'est permis de mentir, et de nuire potentiellement à la santé de ses concitoyens, en affirmant que le vapotage "n'est pas moins dangereux que de fumer". Valentin Aymon a ainsi implicitement encourager les 38% de jeunes romands de 15 à 24 ans fumeurs à continuer de fumer et de ne pas essayer de passer au vapotage pour éliminer le monoxyde de carbone et les goudrons. :Gerbe: 

Le niveau de tabagisme stagne chez les jeunes adultes en Suisse tandis qu'en comparaison, le tabagisme des jeunes adultes anglais a chuté de 16% à 19% depuis 2010 sous l'impact du vapotage. En France, les enquêtes de Paris Sans Tabac montrent une chute sans précédent du tabagisme des adolescents. "Le vapotage a rendu ringard la cigarette et amplifié les effets du PNRT. (...) L’évolution actuelle rend très optimiste sur l’extinction du tabagisme", estime le Pr Bertrand Dautzenberg, pneumologue et spécialiste de la question du tabagisme en France.

Dans la tranche d'âge de 15 à 17 ans, les jeunes suisses sont 15,8% à fumer selon les statistiques officielles. Un taux qui semble avoir sensiblement décroché depuis 2014 (20,7%). Le Valais serait le premier canton a interdire à ses mineurs l'accès au moyen de réduction des risques qu'est le vapotage. Affaire à suivre en espérant avoir des informations accessibles plus claires et précises que cette bouillie...



[Bref] Sondage: 68% des australiens pour la légalisation du vapotage nicotiné

Depuis 2013, la part de fumeurs stagne à plus de 15% des adultes en Australie. Malgré la mise en oeuvre de hausses de prix impressionnantes, du paquet neutre et d'une politique de stigmatisation violente contre les fumeurs. C'est dans ce contexte que l'organisation des vendeurs au détail, l'Australian Retailers Association (ARA), a commandé un sondage au cabinet Crosby Textor (CT group) pour évaluer l'intérêt des aussies pour le vapotage, dont ils sont privés par une mesure de prohibition jusqu'ici. 68% se prononcent pour la légalisation du vapotage nicotiné. Une majorité (53%) apprennent avec surprise cette interdiction dont ils n'avaient pas conscience. 

"Près des deux tiers des citoyens sont d'avis que le gouvernement australien devrait réglementer et rendre disponibles des alternatives moins nocives aux cigarettes 'de manière à complètement éliminer la cigarette fumée dans ce pays' ", explique le communiqué de presse présentant les résultats de ce sondage sur un échantillon représentatif de 1'200 australiens adultes. Sur fond de panne de la politique sur le tabagisme en Australie, 93% des sondés expriment l'importance de la question de l'état du système de santé publique et 61% leur inquiétude du poids que le tabagisme fait porter sur celui-ci. 

En Australie : vapotage prohibé, cigarettes légales

Dans les faits, la prohibition du vapotage nicotiné n'offre pas un accès simple à l'échappatoire le plus évident aux fumeurs australiens. Une partie de ceux-ci contourne la prohibition pour passer au vapotage malgré la répression contre le mode de consommation à risques minimes. "De plus en plus d'australiens achètent des vaporettes avec de la nicotine en ligne à l'étranger, simplement parce qu'ils ne peuvent pas les acheter localement", explique Russell Zimmerman, directeur de l'ARA, avant de regretter que "l'absence de régulation ne fait qu'accroître les risques pour les consommateurs".

Pour aller plus loin sur la situation australienne : 


dimanche 10 juin 2018

[Bref] Archéologie de la réduction des risques: une boite de snus vieille de 300 ans découverte en Suède

Archéologie de la réduction des risques liés au tabac
Quand l'archéologie découvre la réduction des risques. Les fouilles du port intérieur de Norrköping, en Suède, ont mises à jour une boite en laiton de snus vieille de 300 ans. "La boite de snus a été retrouvée enfouie dans le sol de ce qui formait autrefois le lit d'une rivière, et qui est probablement tombée dans l'eau au XVIIIe siècle", raconte Elisabeth Däljemar du quotidien local NorrkopingNews ce 5 juin. La ville de Norrköping, qui signifie "le marché du nord", est connue pour avoir développé la production du snus autour des années 1740'. Ce tabac à suçoter typiquement suédois est préparé par une phase de séchage lent au soleil, puis surtout une séance d'étuvage entre 24 et 36 heures, au lieu de la fermentation des tabac oraux d'autres contrées. Ce mode de préparation inhibe le taux de nitrosamines toxiques spécifiques au tabac, tout en conférant au snus un ph relativement alcalin facilitant l'assimilation salivaire de la nicotine. 

Un outil de réduction des risques traditionnel

"Parmi les tabacs en poudre humide à sucer, le snus suédois est très pauvre en nitrosamines. Beaucoup de scandinaves abandonnent la cigarette pour l'utiliser. On n'a pas démontré qu'il soit une porte d'entrée vers la fume, ni qu'il augmente la fréquence des cancers ou des complications cardiovasculaires habituellement liés au tabac. On estime que si les fumeurs passaient au snus, leur mortalité baisserait d'au moins 90%, et cette évolution commence à se manifester en Suède. Mais à l'exception de ce pays, sa commercialisation est interdite en Europe", expliquait en 2005 le Pr Robert Molimard,  fondateur notamment de la Société de tabacologie en France, dans le Courrier des addictions (archive hébergée sur Vaping Post).

La chute du tabagisme suédois

Depuis, la Suède a atteint le taux de 7% de fumeurs, selon les données de l'Eurobaromètre 458 au printemps 2017. Moitié moins qu'en Australie, quatre fois moins qu'en Suisse ou en France. Et les courbes de maladies liées au tabagisme suivent, avec un délai lié à la détection en ce qui concerne les cancers. Malgré cela, l'Union Européenne a interdit le produit, à l'exception de la Suède. Fait éclairant, la Suisse a aussi interdit le snus à l'initiative du Conseiller national Peter Hess en 1991. Le démocrate-chrétien se présentait alors ardent défenseur de la lutte anti-tabac. En 2001, la presse révélait son mandat secret au Conseil d'administration de la filiale BATI du cigarettier British American Tobacco (BAT). En dépit de ce conflit d'intérêt manifeste, personne n'a alors demandé la levée de l'interdiction du snus.

Des analyses pour éclairer le développement de la réduction des risques?

La découverte de cette boite de snus dans le port de Noorköping ne résoudra pas les questions de réseaux d'influence traversant la question tabagique européenne et helvétique. Mais elle pourrait amener des éclairages sur la tradition de la réduction des risques. "Il est probable que la boite appartenait à Pehr Gustaf Wadström. Les initiales de cet industriel, qui possédait alors le chantier naval de Skeppsholmen, sont gravées sur la boite. Elle est à moitié remplie de snus. J'ai cru à de l'argile, mais l'absence d'oxygène dans les dépôts de boue a probablement créer de bonnes conditions de conservation", explique Karin Lindeblad, une archéologue du site de Noorköping à la presse. Les chercheurs vont procéder à des recherches sur le contenu. 

"Nous allons analyser le snus pour voir quel genre de tabac et quelles épices étaient utilisées. Ensuite, la boite sera exposée au Musée de la ville de Norrköping le 26 août pendant la journée archéologique", précise Karin Lindeblad à l'Expressen. Les personnes intéressées à la réduction des risques espèrent que les chercheurs n'oublieront pas une analyse toxicologique du snus vieux de 300 ans pour, peut-être, éclairer le processus par lequel s'est développé ce produit de tabac original par son faible impact sanitaire négatif.


jeudi 7 juin 2018

[Bref] Inde: l'association des vapoteurs décrochent un rendez-vous avec les autorités du Rajasthan

"Le gouvernement du Rajasthan a accepté de nous donner l'occasion de présenter notre dossier devant un groupe d'enquête le 12 Juin", annonce l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) sur sa page facebook. Deux représentants de l'association ont expliqué en conférence de presse hier à Jaipur que le Gouvernement de l'Etat de près de 70 millions d'habitants ne devait pas interdire le vapotage, mais au contraire le réguler pour accompagner les fumeurs vers ce mode de consommation à risque réduit. "Nous soumettons au gouvernement du Rajasthan 120 études sur le vapotage conduites par des instituts réputés, que les autorités de santé publique peuvent utiliser pour tirer leurs propres conclusions", explique Samrat Chowdhery, président de l'association. "Nous proposons aussi au gouvernement de rencontrer des ex-fumeurs qui ont arrêter de fumer à l'aide du vapotage et qui peuvent témoigner des améliorations formidables de leur qualité de vie", ajoute son compère Pratik Gupta. 

120 millions de fumeurs en Inde

Les médias locaux de l'Etat du nord-ouest de l'Inde ont largement relayé les propos des défenseurs de l'outil de réduction des risques à la télévision locale et dans plusieurs titres de presse en anglais et en hindie. Le vapotage en Inde est très menacé, alors que cinq Etats en ont interdit la vente et que l'Etat du Bihar en a même prohibé l'usage en janvier. Trois Etats étudient une éventuelle prohibition, dont le Rajasthan ainsi que le Maharashtra et Delhi. L'Etat fédéral a aussi évoqué cette option insensée. "Les défenseurs du vapotage ici ont le sentiment que malgré le nombre élevé de 120 millions de fumeurs en Inde, et malgré la nécessité urgente d'une approche de réduction des risques, le pays ignore largement les efforts ailleurs dans le monde pour atténuer les effets néfastes du tabac", a expliqué Samrat Chowderry dans un entretien passionnant avec Philippe Boucher en anglais le 3 juin. 

Lutte anti-tabac ou protectionnisme économique ?

L'AVI est engagé dans plusieurs recours en justice contre les interdictions locales. La situation est difficile même si le vapotage continue de se développer. Ce pays grand producteur de tabac voit d'un mauvaise œil la concurrence du vapotage, dont nombre de produits viennent du voisin et rival chinois. Avec 120 millions de fumeurs, le tribut sanitaire et social de l'Inde au tabagisme est immense. Mais 80% du marché est détenu par le cigarettier local. Il est parfois difficile de distinguer les actions de lutte anti-tabac de manœuvres protectionnistes pour les ventes des cigarettes indiennes. Le rôle joué par le bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est particulièrement trouble et étrange dans ce dossier, alors que l'article 1 d) de sa Convention intègre l'approche de réduction des risques et que qu'il est censé rester indépendant des intérêts des producteurs de tabac.


dimanche 3 juin 2018

Australie: controverse entre médecins sur l'échec de la politique anti-tabac conservatrice

Islande - Norvège - USA - Angleterre - Canada - Nouvelle-Zélande - Australie
Depuis 2013, le tabagisme en Australie n'évolue plus. "Il n'y a eu presque aucun changement. Certains disent que le nombre de fumeurs pourrait même avoir augmenté très légèrement", déclare le Dr Joe Kosterich, directeur de la nouvelle Australian Tobacco Harm Reduction Association (ATHRA)*, au site news.com.au. L'association pour la réduction des risques liés au tabac a comparé l'évolution du taux de fumeurs adultes dans sept pays depuis 2013. Résultat, selon les données officielles de chaque ministère de la santé, l'Australie est le pays où le tabagisme évolue le moins. Une chute de 0.2% par an, quand l'Islande caracole en tête avec une chute de 12% annuelle. Autre pays du Nord de l'Europe où le snus connait du succès, la Norvège connait une baisse de 7% annuelle, comme les Etats-Unis. Les anglais avec 5% connaissent une baisse de leur tabagisme 25 fois plus rapide que l'Australie.

Sans outil de réduction des risques, le taux de tabagisme stagne

"Si nous examinons d'autres pays, ils ont fait à peu près les même choses que nous: augmenter la fiscalité, interdire de fumer dans les lieux publics, éduquer sur l'impact sanitaire de fumer. Toutes ces choses sont des évolutions vraiment importantes, mais à un moment on atteint un seuil où on stagne", explique le Dr Joe Kosterich. L'Australie, à l'opposé des autres pays mentionnés dans la comparaison, interdit toutes les alternatives nicotinées à risque réduit. Ni le vapotage nicotiné ni le snus n'y sont autorisés de vente. "Ces pays se sont orientés vers ces autres formes d'usages de nicotine qui n'impliquent pas de fumer des cigarettes et leurs taux de tabagisme sont en baisse. La différence entre eux et nous est qu'ils ont adopté ces nouvelles technologies et nous ne l'avons pas fait", insiste le représentant de l'ATHRA.

Fin septembre, l'Australian Institute of Health and Wellfare (AIHW) publiait les dernières statistiques officielles: 15,8% de fumeurs adultes au quotidien en 2016, ils étaient 16,4% en 2013. Pourtant, le paquet neutre depuis 2012 est combiné à des hausses de prix qui font des cigarettes australiennes les plus chères au monde. Compter environ 35$au, soit 22€, le paquet, avec des hausses de 12,5% prévues chaque année jusqu'en 2021. Les statistiques officielles du tabagisme n'intègrent pas les indigènes dont le taux de 44,4% de fumeurs adultes en 2016 illustre le peu de cas des autorités australiennes envers ses minorités ethniques. Pour la communication, le Ministère préfère la statistique intégrant les adolescents dès 14 ans, pratique inhabituelle au niveau international, pour mettre en avant un taux général de 12,2%.

Soutien de la politique en place et opposé à l'approche de réduction des risques, le Dr Tony Bartone, de l'Australian Medical Association (AMA), estime ne pas "savoir si les cigarettes électroniques aident vraiment les gens à cesser de fumer". Une méconnaissance qui tourne rapidement à la superstition dans sa bouche. "Nous ne nions pas que c'est moins dangereux que de fumer les véritables cigarettes, mais il s'agit de normaliser tout le comportement", affirme le Dr Tony Bartone sur les ondes de 3AW cette semaine.  Une affirmation qui a surpris le Dr Joe Kosterich: "Dire que le vapotage normalise le tabagisme équivaut à dire que donner un verre d'eau à un enfant normalise la vodka. Ça ne veut rien dire".

Le Dr Bartone ne sait pas

Mais le représentant de l'AMA n'en démord pas. "Nous ne savons pas quels sont les inconvénients d'inhaler de la vapeur. Nous ne savons pas si cela fonctionne comme aide à la cessation complète. Nous disons, voyons les preuves. Je sais qu'il y a eu des rapports scientifiques écrits pour dire que ça fonctionne. Mais c'est discutable", explique le Dr Tony Bartone au micro de Neil Mitchell. Pourtant, l'impact sanitaire de la fumée de cigarette est bien connu et le tabac se trouve en vente libre en Australie, à un prix très élevé certes. 

A l'opposé de cette frilosité conservatrice, le Dr Joe Kosterich propose d'être pragmatique. "Dans un monde idéal, les gens ne fumeraient pas ni ne vapoteraient. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal. Certains fumeurs iront de fumer à vapoter puis plus rien du tout, et d'autres vont passer de fumer à vapoter sans nicotine parce que certaines personnes aiment ou ont besoin du mouvement main / bouche et c'est OK. Nous n'avons pas à juger négativement ces personnes. Idéalement, personne ne ferait quoi que ce soit, mais nous pouvons faire davantage dans ce pays pour présenter aux fumeurs un moyen moins nocif. Au pire, vous n'arrêtez pas complètement de consommer de la nicotine, mais vous faites déjà quelque chose de moins nocif. Pourquoi nous considérons cela comme une mauvaise chose dans ce pays n'a pas beaucoup de sens"

* La nouvelle association ATHRA, en plus du Dr Joe Kosterich, regroupe des personnalités comme le Pr Colin Mendelsohn, spécialiste de la question tabagique et de santé publique à l'Université de South Wales, le Dr Alex Wodak, de l'association Harm Reduction Australia, et la Dr Catherine Silsbury, tous deux spécialistes des dépendances, et Stephen Elsom, représentant des usagers en son sein. Le site de l'ATHRA était en maintenance au moment de la rédaction de ce billet. 

vendredi 1 juin 2018

Défense du tabagisme: le gouvernement Grec interdit les liquides SANS nicotine ! [MàJ]

La Grèce a décidé d'interdire la vente de liquide de vapotage sans nicotine. Oui, sans nicotine. Cela ressemble à un canular douteux, dont je pourrais être l'auteur, mais non. Le gouvernement grec estime que la directive européenne (TPD) ne concerne que les liquides contenant de la nicotine, et que donc il peut interdire ceux n'en contenant pas. "L'interdiction de la cigarette électronique a été levée, avec la décision n° 4419/2016, uniquement à l'égard des produits de remplissage ou de tout autre article
contenant de la nicotine, selon les concepts que la loi elle-même décrit. Par conséquent, il n'est pas permis d'offrir des cigarettes électroniques autres que celles avec nicotine, car elles ne répondent pas aux exigences spécificiées de l'article 2 § 2 de la loi 3730/2008", explique le Ministère de la santé grec dans sa décision du 22 mai (en page 4 - notre traduction sous réserve). 

Les liquide de vapotage, en dehors de la nicotine, sont constitués de produits utilisés massivement dans l'alimentaire et la pharmaceutique: le propylène glycol, la glycérine végétale et les arômes. Cependant tous les arômes alimentaires ne sont pas viables à la vaporisation. Paradoxalement, le gouvernement prend prétexte d'une soi-disant nécessité de "s'opposer à la diffusion du "mix and vape" et du "do it yourself" " - c'est-à-dire les liquides concentrés à diluer soi-même -, pour cette prohibition anti-vape non-nicotinée. Sic! Add 22h: La circulaire stipule également que les fabricants et importateurs grecs de produits de vapotage ont jusqu'au 15 juin pour envoyer les données des volumes annuel de ventes par marque et produit notifié au portail de l'UE. / Rappelons que la Grèce détient le record d'Europe de tabagisme avec plus de 33% de fumeurs quotidiens dans sa population adulte, selon les chiffres de l'Eurobaromètre 456 en 2017. Une consommation lucrative pour les caisses d'un Etat passablement endetté.

Première mondiale

Cette première mondiale d'une interdiction du vapotage sans nicotine a fait réagir Konstantinos Farsalinos, du Centre Onassis de cardiologie d'Athènes. "Même dans les pays qui interdisent le vapotage, cela ne s'applique qu'aux produits nicotinés, alors que les sans nicotine circulent normalement, comme en Australie, à Singapour et à Hong Kong. Cela signifie que quelqu'un qui n'a plus besoin de nicotine et qui utilise des liquides à zéro devra recommencer à utiliser de la nicotine. Honnêtement, je ne sais pas si ceux qui ont pris la décision ont compris ce qu'ils ont décidé», déplore le spécialiste grec de renommée mondiale sur la question.



vendredi 25 mai 2018

Post-prohibition: Helvetic Vape demande à l'Administration de clarifier ses galimatias sur le vapotage

Le délai de recours est désormais passé. Le jugement du 24 avril du Tribunal Administratif Fédéral (TAF) invalidant la prohibition illégale des liquides nicotinés en Suisse ne sera pas contesté au niveau supérieur de justice par l'administration. La question à présent concerne ce qu'il va se passer en pratique. "Quelles sont les directives internes du Département fédéral de l’intérieur (DFI) en matière de respect par l’administration des décisions judiciaires et des orientations données par le Parlement ?", demande la lettre ouverte de l'association Helvetic Vape adressée ce jour à l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV). En effet, on se peut se le demander. Alors que le verdict du TAF du 24 avril est à effet immédiat, dans les faits, l'Administration des douanes (AFD) n'a reçu aucune directive claire sur ce dossier. 

Gabegie après neuf ans de prohibition

Ceci a déjà créé quelques problèmes de commandes de professionnels et maintient les usagers dans l'incertitude. Selon nos informations, les responsables des douanes renvoient aux services de l'OSAV, à défaut de pouvoir répondre eux-mêmes. Sur le site de l'OSAV, la page consacrée est étonnante de... n'importe quoi, malgré au moins trois versions différentes publiées depuis trois semaines. En bref, c'est la gabegie totale après neuf ans de prohibition dont la levée n'a jamais été anticipée par les services d'Alain Berset.

Olivier Théraulaz, président d'Helvetic Vape, a donc pris l'initiative de faire un courrier aux autorités pour leur demander des clarifications. Ceci est évidemment d'intérêt pour les vapoteurs et les fumeurs qui aimeraient passer au vapotage pour améliorer leur santé. Le Tribunal a explicitement demandé dans son rendu à l'administration de communiquer de manière claire et compréhensible sur le sujet. Cela a l'air difficile pour les bureaucrates bernois qui, d'après mes informations, évitent soigneusement tout courrier écrit sur le sujet. Leurs réponses à la lettre ouverte de l'association seront donc intéressantes.

La Suisse est-elle passée sous le joug de Bruxelles?

Question fondamentale posée en premier lieu par Helvetic Vape: sur quelle base légale s'appuie l'administration concernant la mise sur le marché suisse de bouteilles de liquide de vapotage contenant de la nicotine ? La lecture du billet de la page de l'OSAV est quelque peu ébouriffante à ce propos. Notamment, Helvetic Vape s'étonne que l'administration semble vouloir imposer de force les restrictions anti-vape de la directive pour les produits du tabac (TPD) de l'Union Européenne, alors qu'aucun accord bilatéral n'existe sur le sujet. Une directive par ailleurs largement critiquée pour l'absence d'évaluation scientifique de ses mesures et qui produit des effets néfastes contre la santé publique en favorisant le maintien du tabagisme et inhibant le passage des fumeurs au vapotage. Et évidemment, sur le principe même de livrer un produit sans tabac ni combustion au domaine des cigarettiers.



Ceci amène d'ailleurs les britanniques à en préparer sa réforme à l'occasion du Brexit. La limitation arbitraire de la concentration de nicotine à 2% max est trop basse pour permettre l'arrêt tabagique d'environ un tiers des fumeurs. Rien ne justifie de condamner cette catégorie de personnes au tabagisme, alors que des produits plus efficaces existent sans que cela ne pose quelconque problème de santé publique. Les limitations ridicules de la TPD européenne du volume des recharges de liquide et de contenances des atomiseurs sont même moquées par Michael Anderegg, préposé de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), dans le rapport explicatif du nouvel avant-projet de Loi sur les produits du tabac (LPTab), dans lequel il souhaite assimiler le vapotage, présenté au nom du Conseil Fédéral. 

Quid des importations à titre privé?

Helvetic Vape demande aussi une clarification pour les importations à titre privée de liquides nicotinés. Du temps de la prohibition, l'OFSP avait arbitrairement limité ces imports à 150 ml tous les deux mois. "La vieille lettre d’information n°146 de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui impose des limites de quantités importables, souffre des mêmes tares que la décision administrative cassée par le TAF en ce qu’elle généralise une décision à toute une catégorie de produits qui, par « cigarette électronique », représente une généralisation abstraite. De plus, l’OFSP n’étant plus en charge du dossier, c’est à votre office [ndr. l'OSAV] de prendre d’éventuelles décisions concernant l’importation privée de produits de vapotage pour usage personnel", argumente la lettre ouverte de l'association de défense des usagers.

Switcher des ténèbres à la science

Soucieux de promouvoir une approche de réduction des dommages pour la population, les responsables d'Helvetic Vape interrogent l'administration aussi sur les bases scientifiques qui prévalent à leur choix de politique. "Votre site internet actuel ne référence en lien qu’un vieux rapport de l’Institut allemand d’évaluation des risques (BfR) datant de 2012 et portant sur des produits obsolètes depuis longtemps. En 6 ans de nombreux rapports scientifiques, bien plus fournis et précis que celui du BfR, ont été produits dans plusieurs pays mais ne semblent pas être connus de votre office", s'étonne la lettre ouverte. On ne trouve effectivement pas trace sur le site gouvernemental des rapports scientifiques du Public Health England, du Royal College of Physicians, de l'Université de Victoria (Canada), du rapport dirigé par Heinrich Stover en Allemagne, de l'évaluation mandatée par l'organisme Truth Initiative aux Etats-Unis... 

On se rappelle que les deux auteurs, Lucrezia Meier-Schatz et Macé Schuurmanns, de la prise de position au nom de la Commission consultative de prévention du tabagisme avaient estimé inutile de lire ces rapports pour asseoir leur avis sur une base scientifique. Peut-être est-il temps pour les responsables suisses, après cette triste période de prohibition, de sortir de l'obscurantisme et de s'intéresser à une des révolutions majeures pour la santé publique de ce début de 21ème siècle ?



lundi 21 mai 2018

Vapecon 2018: brefs retours sur les débats et des infos suisses sorties à l'occasion

Le Dr Reto Auer et le Pr Riccardo Polosa
Ce week-end s'est tenue la Vapecon au Palais des Congrès de Bienne. Le salon, plus petit que ses grands frères Vapexpo français ou Vapitaly, accueillait des conférenciers scientifiques de premier plan le samedi, tandis que le dimanche était réservé à une discussion sur la nouvelle situation post-prohibition en Suisse. Brefs retours malgré que j'y ai égaré mon bloc notes...

Le Pr Riccardo Polosa, de l'Université de Catania et membre de la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF), a présenté un ensemble de recherches sur les effets du vapotage. Les arrêts de la cigarette suivi d'une amélioration des problèmes respiratoires, y compris pour des personnes souffrant d'asthme, font partie des effets les plus saillants. Le Pr Konstantinos Farsalinos, de l'Université de Patras, a pour sa part décrypté les biais ou erreurs manifestes d'une série d'études alarmistes sur le vapotage. Erreur méthodologiques, dont celle des vaporettes poussées bien au-delà de la puissance d'utilisation prévue et courant pour le modèle de l'étude, ou énigmes sur la manière dont les résultats irréalistes ont été obtenus, étaient au menu d'un échantillon d'études erronées assez inquiétant concernant la qualité des publications scientifiques.

Une étude sur le sevrage à l'aide de la vape en Suisse

Pour sa part, le Pr Reto Auer, de l'Université de Berne, a présenté le projet d'étude clinique ESTxENDS (Efficacy, Safety and Toxicology on Electronic Nicotine Delivery Systems) qui va débuter dans les semaines à venir en Suisse. Plus de 1'200 fumeurs désirant arrêter de fumer vont être suivis, les uns utilisant des vaporettes et des liquides nicotinés en plus de conseils d'arrêt tabagique, les autres avec les seuls conseils, sur six mois. Des mesures toxicologiques évalueront l'évolution des niveaux de toxines présentes chez les participants au long de l'étude. [édité 24.05.2018] En teasing, on peut annoncer que plus de détails seront présentés dans un article pour le très prochain numéro du Bulletin de Sovape, auquel vous pouvez vous abonner gratuitement.

Sur nos monts

Le dimanche était consacré à la situation Suisse avec les représentants romands et suisse-allemands de la SVTA, l'organisation des professionnels de la vape, et de Helvetic Vape, l'association des usagers, modéré par Phil Scheck, le fameux revieweur Youtube. De part et d'autre, on se réjouit de l'abolition de la prohibition illégale de vente des liquides nicotinés après neuf ans de régime sec en Suisse. Pour autant, les contours de cette légalisation forcée par la justice ne sont pas encore clairs, l'administration n'ayant visiblement pas compris, ou n'ayant pas envie de comprendre, les termes même du jugement. 

Jugement avec effet immédiat pas encore appliqué !

Phil Scheck, Marc Szeemann, Olivier Théraulaz, Stefan Meile, Nicolas Michel
Bien que le verdict rendu le 24 avril s'applique avec effet immédiat, aucune directive ne semble encore avoir été donnée aux douanes qui ont bloqué certains colis de liquides nicotinés pour des professionnels, d'après des témoignages recueillis par la SVTA. Olivier Théraulaz, le président d'Helvetic Vape, a annoncé l'envoi imminent d'une lettre à l'administration pour avoir des précisions explicites concernant les dispositions prises pour respecter le rendu de justice. Les galimatias publiés sur le site de l'OSAV étant au mieux n'importe quoi, tant au niveau légal que sur les explications techniques qui frisent le ridicule [message aux débutants: ATTENTION, pour éviter un accident, ne suivez surtout pas les indications techniques des sites de l'OSAV et de l'OFSP !].

Une opportunité et un défi

Même si les détails adminsitratifs ne sont pas éclaircis, Nicolas Michel de la SVTA voit dans la légalité de vente des liquides nicotinés une opportunité de développement pour la vape mais aussi un défi pour les boutiques spécialisées dans le nouvel environnement qui va se mettre en place. Pour le vendeur lausannois, se reposer sur la niche commerciale des vapoteurs déjà convertis ne sera pas pérenne et impose aux boutiques d’affûter leurs conseils aux fumeurs pour sortir du tabagisme à l'aide du vapotage afin d'attirer et étendre la clientèle. Développer une culture de réduction des risques pour les boutiques en première ligne de l'aide à l'arrêt du tabagisme avec le vapotage, d'ors et déjà moyen le plus populaire utilisé pour cela par les fumeurs suisses, est la clef de développement de la branche.

Les risques du vapotage

Articuler des formations spécifiques, peut-être même avec les milieux de la santé, pourrait être un apport de premier choix dans cette perspective. Mais l'ombre d'une assimilation du vapotage au tabagisme dans la future Loi Tabac (LPTab), sur laquelle Helvetic Vape a fait une prise de position argumentée lors de la consultation publique, pourrait évidemment freiner un tel développement en restreignant massivement les possibilités de communiquer pour les professionnels de santé, de vape évidemment, mais aussi les usagers, notamment sur les réseaux sociaux. Cette assimilation interdirait aussi de fait de pouvoir tester, goûter et recevoir des instructions pratiques en boutiques par l'interdiction de vapoter dans les lieux publics, au même titre que le tabagisme. 

Une assimilation d'un produit sans combustion ni tabac au tabagisme dont la seule logique semble la défense du tabagisme, ou de ceux qui en vivent indirectement. Les opposants aux vapotage pourraient d'ailleurs prendre des initiatives au niveau des cantons pour restreindre le droit d'arrêter de fumer à son aide. Une première motion inquiétante en ce sens a été déposée au Grand Conseil vaudois en mars, sans avoir consulté les usagers ni les professionnels.

La salle a eu l'occasion de poser des questions aux intervenants dans des échanges stimulants. Il serait long de tout détailler ici. Surveillez la chaîne de Phil Scheck, si la prise de son le permet, il mettra des vidéos des conférences et débats. L'ambiance générale du salon était très sympa avec un bon panel de stands, de matériel et de liquides, notamment des découvertes locales. Mais des commentateurs plus calés que moi feront probablement des retours plus précis sur ce volet... 

Bonus track [Parental advisory explicit lyrics]

Un sujet du journal de la Télé locale Bielingue avec une brève apparition de votre dévoué ...


dimanche 13 mai 2018

Inde: l'Etat du Jammu-Cachemire décrète l'interdiction de l'usage de vape

Jeudi 10 mai, l'Etat du Jammu & Cachemire a décrété l'interdiction totale du vapotage avec effet immédiat. Les produits de vapotage sont non seulement interdits à la vente, mais les usagers en possédant et a fortiori les utilisant sont passibles de poursuites en justice désormais dans l'Etat d'environ 12 millions d'habitants à l'extrême nord du pays. Ahmed Khan, le Commissaire du Cachemire qui a signé l'ordre de prohibition complète, justifie celui-ci par des hoax. "Le vapotage expose les poumons au dicethyl [faute dans l'original], qui peut causer la maladie du "pop-corn des poumons", une atteinte sévère et irréversible au poumon", précise l'ordre officiel de l'Etat du Cachemire qu'il signe en reprenant à son compte le hoax de la presse à scandale de bas étage. 

Des hoax en guise de justification

Le fonctionnaire évoque également les risques liés à la consommation de nicotine supposés pour les foetus, sans pour autant signer un ordre similaire contre les produits de tabac ou les autres (nombreux) produits contenant de la nicotine. Enfin, il invente que les adolescents européens seraient amenés à fumer à cause du vapotage, un effet "passerelle" que les monitorages sérieux écartent dans les faits. Le plus grand suivi jusqu'à maintenant concernant les adolescents, le vapotage et le tabagisme, sur plus de 60'000 jeunes britanniques, ne montre aucun effet passerelle. Au contraire, l'essor du vapotage a fait plongé dans son sillage le tabagisme des jeunes anglais (18-24 ans) de 7 points passant de 26% à 19% entre 2010 et 2016.

Autrement dit, le bureaucrate Ahmed Khan raconte n'importe quoi pour justifier son interdiction totale du vapotage. L'Association des Vapoteurs Indiens (AVI) a interpellé Mehbooba Mufti, Ministre en chef du Jammu & Cachemire, sur cette décision. Sans réponse semble t-il. L'association de défense des droits des usagers va probablement tenter d'intervenir au niveau légal pour s'opposer à cette criminalisation des personnes ayant arrêté de fumer en passant au vapotage, alors que le Cachemire compte 26,6% de consommateurs de tabac sous différentes formes selon la Global Adult Tobacco Survey (GATS) diffusée en 2016.

Violation des droits de l'homme encouragée par l'OMS

L'Inde est le troisième producteur mondial de tabac, derrière la Chine et le Zimbabwe. Cinq Etats indiens, principales zones de production de tabac, ont déjà interdit la vente de vape, un produit largement produit en Chine, grand voisin et rival de l'Inde. Jagdish Kaur, cadre indienne du bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avait lancé un appel à criminaliser les vapoteurs à l'exemple des juntes militaires Nord-Coréenne et Thaïlandaise en septembre 2017 dans l'Indian Journal of Public Health

A la lumière des ravages fait par cet appel en Asie (Singapour par exemple) en encourageant les politiques de répression contre les usagers de nicotine à risque réduit avec la vape, une absence de remise en cause par les délégations des pays démocratiques de la dérive contre les droits humain et son instrumentalisation par les intérêts tabagiques locaux du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS lors de son sommet du 1er au 6 octobre à Genève serait incompréhensible et inexcusable.


mercredi 9 mai 2018

Nanny State Index: la Suisse au palmarès des pays les plus liberticides contre la réduction des risques avec la vape

Publié ce 7 mai, le supplément nicotine du Nanny State Index 2018, le classement des "Etats nounous", classe la Suisse parmi les pires pays européens en matière du droit humain à préserver sa santé à l'aide de moyens de consommation de nicotine à risque réduit. Établi par Christopher Snowdon, de l'Institute of  Economic Affairs, le palmarès positionne la Suisse en quatrième place du pire, derrière la Finlande, la Hongrie et la Norvège. A l'opposé, la Suède et le Royaume-Uni en respectant mieux les droits à l'accès aux produits de réduction des dommages et à l'information préservent non seulement les libertés individuelles mais se montrent particulièrement efficaces pour réduire le tabagisme. 7% de fumeurs en Suède, 17% au Royaume-Uni contre plus de 25% en Suisse et 27% dans la Hongrie qui a soumis le vapotage au monopole d'Etat, selon les chiffres avancés par le rapport.

Liberté de choisir la réduction des risques en Suède

La bonne note, ainsi que son très faible taux de tabagisme, de la Suède proviennent notamment de son régime libéral sur le snus. Les suédois sont les seuls résidents des trente pays analysés à pouvoir acheter légalement ces petits sachets de poudre de tabac à suçoter. Produit traditionnel en Scandinavie, sa préparation par étuvage du tabac neutralise une large part des toxiques spécifiques du tabac, les nitrosamines. La Suède a non seulement le plus bas taux de fumeurs, elle détient aussi les plus bas taux de cancers liés au tabagisme: des poumons évidemment, mais aussi oraux-buccaux et du pancréas (contrairement à une légende urbaine). Le Royaume-Uni n'a pas pour le moment légalisé le snus. Mais sa politique en faveur de la liberté de choisir le vapotage pour sortir du tabagisme la place dans les pays les plus respectueux des libertés sur le sujet.

Le maintien du tabagisme de force en Suisse

Le respect des libertés n'est par contre pas une valeur cultivée par la politique menée sur ce sujet par le Conseiller fédéral Alain Berset en Suisse. Carambolage de l'actualité, le rapport a été rédigé avant la décision le 24 avril du Tribunal Administratif Fédéral d'invalider la prohibition illégale des liquides nicotinés imposée depuis 2009 par l'administration. Si les bureaucrates bernois respectaient la décision de justice, la situation et le classement au Nanny State Index changeraient pour les helvétes. Jusque-là, "la Suisse était le seul pays en Europe à maintenir une interdiction des produits de vapotage nicotinés", souligne le rapport. 

Sur la question de l'accès au snus, Christopher Snowdon s'étonne. "Bien que la Suisse ne soit pas membre de l'Union Européenne et donc pas astreinte à prohiber la vente de snus, elle ne s'est jamais décidé à l'autoriser", déplore le chercheur. Alors que des produits de tabac oraux reconnus plus nocifs sont en vente libre dans les kiosques suisses. 

En fait, petite histoire révélatrice, la prohibition du snus remonte à une motion déposée en 1991 par le Conseiller national Peter Hess, au nom de la lutte anti-tabac. Il s'est révélé en 2001 qu'il siégeait au Conseil d'administration de British American Tobacco International (BATI), filiale du cigarettier BAT. Personne parmi ses anciens amis anti-tabac n'a eu l'idée de remettre en cause sa prohibition du snus. Sa levée a cependant été exigée récemment par le parlement dans le cadre de l'élaboration de la future Loi sur les produits du tabac (LPTab), qui a encore un long chemin législatif à mener...


mardi 8 mai 2018

[Bref] A Taïwan: le vapotage augmente, le tabagisme adolescent chute au plus bas

Le tabagisme adolescent est au plus bas à Taïwan, tandis que le vapotage progresse légèrement. La part de fumeurs chez les lycéens (15-18 ans) a chuté de 11,51% à 8,26% entre 2014 et 2017. Chez les élèves des junior high school (12-15 ans), ils sont 2,66% à fumer en 2017 contre 5% trois ans plus tôt. "Ces deux groupes ont atteints les niveaux les plus bas historiquement", précise une étude publiée dans Asia Pacific Journal of Public Health. Dans le même temps, les adolescents qui déclarent avoir vapoté au moins une fois dans le mois précédent l'enquête sont passés de 2,01% à 3,54%, constatent les chercheurs de la Taipei Medical University qui se sont appuyés sur les données de la Global Youth Tobacco Survey (GYTS)

Liquides nicotinés prohibés à la vente

La législation locale actuelle soumet les liquides de vapotage avec nicotine à la réglementation des médicaments, mais aucun produit n'a été homologué. Le vapotage nicotiné est en conséquence de fait un produit illégal à Taïwan. L'étude ne précise pas quel type de vapotage, avec ou sans nicotine, est utilisé par les personnes, jeunes ou âgés, déclarant vapoter. 

"À Taiwan, les politiques restrictives actuelles et les campagnes contre le vapotage ont pu prévenir leur prolifération, en particulier chez les adultes. L'usage du vapotage y est beaucoup plus répandu chez les jeunes que chez les adultes, dont le taux de tabagisme conventionnel est 3 à 5 fois plus élevé que chez les jeunes. Bien que la consommation de vapotage ait augmenté plus significativement chez les jeunes que chez les adultes, les données actuelles montrent peu d'indice d'une contribution à une renormalisation du tabagisme plus importante chez les jeunes", expliquent les chercheurs dirigés par le Pr Wayne Gao. Malgré ces données, ils répètent leur peur de renormalisation du tabagisme par le vapotage chez les jeunes.

Projet d'interdiction totale de l'usage de la vape

Reprenant l'appel de Jagdish Kaur, cadre indienne du bureau anti-tabac de l'OMS, à suivre l'exemple des dictatures Nord-Coréenne et Thaïlandaise, une proposition d'interdiction totale de la production, de la distribution, de la vente et de l'usage du vapotage à Taïwan a été faite au Législatif Yuan en décembre dernier. 

Malgré cette orientation anti-vape, la délégation taïwanaise avait été exfiltrée discrêtement du Sommet 'Tabac ou santé' au Cap (Afrique du Sud) organisé par l'affairiste milliardaire anti-réduction des risques Michael Bloomberg pour ne pas gêner ses discussions business avec la Chine à cette occasion, les deux pays étant passablement brouillés.

Appel à la répression des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage par l'OMS


lundi 7 mai 2018

Récidive: l'administration Berset se moque ouvertement de la justice, de la santé publique et de la population Suisse

Permettre l'arrêt du tabac au mieux
Après sa défaite au Tribunal Administratif Fédéral (TAF), l'administration tente d'imposer des restrictions aux vapoteurs suisses à travers une interprétation absurde du jugement rendu. Ces restrictions, à la "bruxelloise", réduiraient la liberté de choix dans les produits de vapotage, outil de réduction des dommages, et favoriseraient le maintien du tabagisme, principale cause évitable de maladies en Suisse. Les intérêts des lobbys et des rentrées fiscales pour le Département de l'intérieur semblent prévaloir sur le respect de la justice et de la santé publique. Helvetic Vape, l'association Suisse des vapoteurs, s'inquiète de l'obstination de l'administration Berset.

Le verdict du TAF ne repose pas sur le principe de cassis de Dijon

Le verdict du Tribunal Administratif Fédéral (TAF) est des plus clairs: "Une décision de justice n'entraînera la nullité que dans des cas exceptionnels et s'ils sont graves[*]. En raison de sa défectuosité, la décision générale doit être révoquée". La décision administrative de la prohibition de vente en Suisse des liquides de vapotage nicotinés a donc été abrogée par le jugement C-76347/2015 du TAF ce 24 avril 2018. "Étant donné que la décision administrative de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) du 12 novembre 2015 doit être abrogée, il n'est pas nécessaire de poursuivre l'examen des objections du plaignant et de répondre à sa demande de jugement déclaratoire", précisent les juges de la cour de St.-Gall. 

Le TAF casse la prohibition du vapotage nicotiné en SuisseAutrement dit, l'argumentation autour du principe du cassis de Dijon invoquée par la défense des deux recourants - Stefan Meile d'Insmoke et Rico Daniel d'E-Smoking - n'a pas eut à être prise en compte pour rendre ce jugement. Le point est important puisque l'OSAV invente sa propre interprétation du jugement pour justifier de nouvelles restrictions à l'accès local aux produits de réduction des méfaits pour la population Suisse. "Avec la décision du Tribunal administratif fédéral du 24 avril 2018, les cigarettes électroniques contenant de la nicotine en provenance de l’UE, en se fondant sur le principe du Cassis de Dijon, peuvent désormais être commercialisées en Suisse", délire Judith Deflorin, responsable de la division ­Accès au marché à l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) dans un interview ce 4 mai au magazine de la Migros. A aucun moment, la cour du TAF ne se fonde sur le principe de Cassis de Dijon pour rendre son verdict et rien ne semble justifier d'imposer à la population Suisse les restrictions réglementaires dictées par les lobbys de Bruxelles. 

L'administration n'a pas compétence d'imposer n'importe quoi

Avec ces déclarations, l'administration se moque ouvertement de la justice en récidivant. Le TAF a abrogé la décision abusive de l'OSAV de prohiber la vente des liquides nicotinés de vape parce que, dans un régime démocratique tel que la Suisse, l'administration n'a pas compétence pour imposer n'importe quoi à la population au gré de ses lubies. Par une pirouette de langage, l'administration tente depuis 2009 de faire croire à une fantasmatique "unité fonctionnelle" pour amalgamer des produits aussi différents que les atomiseurs, les box, les batteries et les liquides de vapotage. "Le terme "e-cigarette" (cigarette électrique, cigarette électronique) n'est pas un groupe fonctionnel, puisqu'il ne s'agit pas d'un groupe d'articles formant une unité individuelle, mais un terme collectif couvrant tous les modèles d'e-cigarettes (cigarette électrique, cigarette électronique), y compris leurs cartouches et recharges (liquides) commercialisées séparément", relève le jugement du TAF. 

Avant de pointer l'abus de l'administration: "L'OSAV s'est abstrait de la catégorie de produit original "Liquides à 9 mg de nicotine" ou "Liquides pour e-cigarettes" et a choisi une formulation ouverte, élargissant ainsi de manière significative l'objet de la décision. L'objet de la décision "e-cigarette" (cigarette électrique, cigarette électronique) n'est pas déterminé individuellement et il n'est donc pas concret, mais abstrait". "Il résulte de ce qui précède", poursuit le verdict du TAF à son point 3.6, "que la décision de l'OSAV a un cercle de destinataires et un objet de décision abstrait, la décision est devenu générale-abstraite au lieu d'être générale-concrète, de sorte que son contenu est devenu un décret au lieu d'une décision de portée générale. Pour cette raison, la décision générale contestée s'avère être une décision erronée", explique la Cour aux bureaucrates visiblement peu soucieux des problèmes de vices de forme dans leurs appétit d'imposer leurs intérêts à la population.

Des vapoteurs romands sauvés du tabagisme grâce à le nicotine

Quels enjeux?

L'OSAV tente de profiter de ce jugement, qui désavoue sa politique d'obstruction anti-vapotage, pour imposer de facto la réglementation européenne (TPD), dictée à l'UE en 2014 par Vilnius et la Valette. Que ce soit la Lituanie ou Malte, les deux pays sont passablement aux ordres de lobbys intéressés à maintenir le tabagisme en place. Ces restrictions auraient notamment pour conséquence de limiter la vente de liquides de vape nicotinés en fioles de 10 ml au maximum avec une concentration maximale de nicotine à 20 mg/ml. 

Le Conseil fédéral lui-même a souligné l'absurdité de la limitation européenne de contenance des fioles dans le rapport explicatif à son avant-projet de loi sur les produits du tabac et des cigarettes-électroniques (LPTab), publié le 8 décembre dernier pour consultation publique (voir les 1287 avis publiés hier sur le page de l'OFSP). Rendant les fioles plus facilement préhensiles pour les petits enfants, cette taille réduite augmente les risques d'accidents, cependant très rares, par ingestion accidentelle. Elle pousse surtout à une surconsommation inutile et polluante de contenants et augmente mécaniquement les coûts. Bref, une décision ridicule de bureaucrates européens sous l'influence de lobbys intéressés à entraver l'essor du vapotage.

Une interdiction d'arrêter de fumer pour 30% des fumeurs

De même et de manière plus critique pour la santé publique, la limitation à 20 mg/ml de nicotine est absurde et délétère. Pour le lecteur peu au fait, le contenu réel en nicotine d'une cigarette selon les normes en vigueur en Suisse (et dans l'UE) est compris entre 10 et 20 mg de nicotine - à ne pas confondre avec la mesure de la fumée dégagée par un certain nombre de bouffées lors des tests avec des machines à fumer, mesure encore indiquée sur les paquets en Suisse -. Pour environ un tiers des fumeurs, cette limite est trop basse pour réussir à arrêter de fumer à l'aide du vapotage. 

Avant l'entrée en vigueur de la transposition de la directive européenne TPD, près des deux-tiers des gammes de liquides en boutiques britanniques offraient des concentrations supérieures à 20 mg/ml. Depuis l'entrée en vigueur de la transposition de la TPD, la chute du tabagisme grâce au vapotage subit un fléchissement en Angleterre. A présent, une commission parlementaire étudie les modifications à apporter à la réglementation à l'occasion du Brexit. La révision de cette limite contre-productive est une demande des milieux de santé et des usagers britanniques. Cette limite en vigueur en France depuis 2011, avant même l'instauration de la TPD, est probablement une des clefs d'explication de la plus faible efficacité du vapotage contre le tabagisme que de l'autre côté de la manche.

Incitation à surconsommer

Outre que cette limite interdit en acte aux fumeurs les plus nécessiteux une aide pour sortir du tabagisme, elle favorise une surconsommation de liquide chez les vapoteurs. Comme déjà évoqué sur ce blog, les travaux de la Dr Lynne Dawkins montrent que les utilisateurs sous-dosés en nicotine compensent en consommant plus de liquide et ont tendance à augmenter la puissance de leur appareil. Le développement des liquides aux sels de nicotine permet à des fumeurs dont l'appareil respiratoire est inflammé par le tabagisme, d'inhaler des liquides dosés à 40, 50 voire 70 mg/ml de nicotine. Ce nouvel outil constitue une avancée de premier choix pour aider certains types de fumeurs à sortir du tabagisme. En interdire la vente, c'est condamner ces personnes à ne pas avoir le droit de sortir du tabagisme et des maladies qui lui sont liées. Il n'y a aucune justification éthique, sanitaire ni sociale à une telle mesure contre le droit à la santé.

La politique d'obstruction fédérale

La cigarette à Berset
Alors quelle peut être la véritable raison des services du Conseiller fédéral Alain Berset pour imposer ces restrictions stupides et morbides? Selon toute vraisemblance, la même qui les a conduit à prohiber en toute illégalité le vapotage nicotiné durant neuf ans. Judith Deflorin l'avoue à demi-mot dans son interview au magazine de la Migros. "Ce recours accepté par le Tribunal administratif fédéral constitue-t-il une surprise?", lui demande le journaliste, "Non, pas vraiment. L’ensemble du processus a pris deux ans et nous attendions la réponse du tribunal", reconnait la porte-parole de l'OSAV, qui savait donc que sa décision administrative n'était pas valable et allait être annulée par le TAF. Autrement dit, l'administration joue la montre depuis toutes ces années: gagner du temps pour permettre aux cigarettiers d'imposer leurs nouveaux produits marquetés "à risques modifiés" comme les référents sur le marché et imposer les normes européennes en Suisse.

Plus de 2,2 milliards FS. de rentrées annuelles grâce aux ventes de tabac dans les comptes du Département de l'intérieur d'Alain Berset, l'importance des cigarettiers aux sièges lausannois ou genevois, dont les produits ont été homologués sans études indépendantes préalables, ajoutés aux intérêts des monstres bâlois de l'industrie du cancer, dont 40% est assuré par le tabagisme... L'OSAV ne se moque pas seulement de la justice et de la population en lui racontant des sornettes. L'administration d'Alain Berset se moque de la santé publique au profit de petits arrangements entre lobbys.

Que faire ?

Les indications du billet sur le site de l'OSAV ne sont que des indications sans statut juridique. Puisque ces indications n'ont pas de légalité, ne pas les respecter n'est pas un acte illégal en l'état. Le problème est évidemment que l'administration va tenter de "faire sa loi" pour créer une situation de fait avant même son projet d'assimilation du vapotage au tabagisme dans la loi Tabac (LPTab) - qui n'entrera pas en vigueur avant 2022 (voire plus tard...) -. Il semble impératif que les citoyens refusent une nouvelle période d'abus d'autorité illégal de l'administration après neuf ans d'obstruction contre le droit à la réduction des risques. Selon les données du monitorage officiel, plus d'un million de fumeurs suisses ont essayé le vapotage, mais sans pouvoir arrêter de fumer avec son aide faute de nicotine. 

Le bilan humain de l'administration est lourd, très lourd. La politique tabagique irresponsable et conservatrice du Conseiller fédéral Alain Berset en charge de ce département est inacceptable. Enfin, il serait bienvenu que le Tribunal Administratif Fédéral précise à l'administration la portée de son jugement pour couper court aux non-sens répandus par la porte-parole de l'OSAV à son propos. La bataille pour le droit à la réduction des risques avec le vapotage en Suisse n'est pas terminée...

[*] La décision du TAF mentionne la jurisprudence : cf. BGE 138 II 501 E. 3.1 ; BGE 137 I 273 E. 3.1 ; BGE 137 III 217 E. 2.4.3 ; BGE 136 II 489 E. 3.3 ; arrêts du BGer 9C_320/2014 du 29 janvier 2015 E. 4.1, 2C_596/2012 du 19 mars 2013 E. 2.1 et 2C_657/2014 du 12 novembre 2014 E. 2.2


vendredi 27 avril 2018

Suisse: le Tribunal Administratif Fédéral invalide la prohibition des liquides nicotinés [MàJ]

Les usagers et les professionnels du vapotage en Suisse le clamaient depuis de nombreuses années. Mardi, le Tribunal Administratif Fédéral (TAF) l'a confirmé dans son verdict: la prohibition de vente des liquides nicotinés n'est pas valide légalement. "Avec la décision du Tribunal Administratif Fédéral de mardi, les liquides de vapotage avec nicotine peuvent être vendus et importés en Suisse", explique Judith Deflorin, chef du département d'accès au marché de l'Office fédéral de la Sécurité Alimentaire et Vétérinaire (OSAV) à l'émission 10 vor 10 de la SRF, la télévision suisse-allemande. La décision d'interdire le vapotage nicotiné était contestée depuis novembre 2015 devant le TAF. 

En vente dés ce lundi

Trois parties avaient déposé recours, dont l'association d'usagers Helvetic Vape déboutée pour absence d'intérêt digne de défense. Les deux autres recourants, Stefan Meile de la société InSmoke et Ric Daniel d'E-Smoking, ont donc reçu justice après une procédure de près de deux ans et demi. Le premier, également président de l'association des professionnels de vape suisse (SVTA), annonce être prêt à livrer 10'000 fioles dés lundi. Le second a mis en ligne sur son site un premier article nicotiné, mais en rupture de stock, il n'est pas encore possible de l'acheter.

[add 28.04.2018] 
"Il est gratifiant que le Tribunal administratif fédéral ait annulé l'interdiction vicieuse. Les liquides contenant de la nicotine sont librement disponibles et réglementés dans tous les pays de l'UE. Dans l'intérêt de la minimisation des dégâts, il s'agit d'un signal important à Berne pour réduire la consommation de tabac et ses effets néfastes sur la santé publique", explique Stefan Meile sur le site d'Insmoke. "Le verdict permet de débuter immédiatement la vente de liquides contenant de la nicotine à condition que les exigences légales du principe du Cassis de Dijon soient respectées", précise le site. Le principe du Cassis de Dijon fait que tout produit déjà homologué dans un pays de l'Union Européenne peut être importé et mis en vente en Suisse. "Nous avons enregistré tous nos produits dans l'UE. La production est déjà lancé et lundi, un premier produit sera sur le marché Suisse", poursuit Stefan Meile. [/add]

Une honte de santé publique

La décision n'a pas encore été publiée par le TAF et les détails restent encore floues. Nous essaierons de préciser les choses dés que possible. Ce qui est sûr est que l'administration fédérale peut s'opposer à la décision du tribunal dans les 30 jours après le verdict. Une possibilité de porter l'affaire au cran supérieur du Tribunal Fédéral que l'administration d'Alain Berset étudie actuellement, selon le site de la télévision SRF. 

Depuis 2009, la prohibition des liquides nicotinés à fortement pénalisé les fumeurs suisses désirant arrêter à l'aide du vapotage. Alors que le Royaume-Uni a vu son tabagisme décroître de plus de 20% durant cette période, cette décision a maintenu à l'identique le taux de fumeurs en Suisse. Potentiellement, près de 400'000 personnes ont été empêchés d'arrêter de fumer par cette prohibition. Alors que nous avons répété, sans écho dans les médias, depuis plus de quatre ans qu'elle était sans fondement, inique et délétère. Il est heureux que le Tribunal Administratif Fédéral ait eu la clairvoyance de l'invalider. 

Add. Le sujet vidéo (3 mn) de 10 vor 10 (SRF) - en allemand -.