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dimanche 11 novembre 2018

[Bref] Le Département des accises de Thaïlande voudrait légaliser le vapotage avec une taxe

"Des changements majeurs sont en cours concernant le vapotage en Thaïlande", annonce le site d'information thaïlandais Sanook. Le Directeur général du Département des accises Anuntasilpa Patchara a annoncé à la presse ce 7 novembre étudier une légalisation du vapotage en le taxant. Mais le dossier est épineux. "Le Ministère des Accises est prêt à taxer le vapotage en tant que produit légitime. Parce que ce n'est pas une drogue. Mais le Ministère du Commerce en a interdit l'importation et le Ministère de la Santé s'oppose à sa consommation", explique le directeur du Département des accises au journal local Khaosod

L'association des vapoteurs reçue au Ministère du commerce

Ces dernières semaines, le Ministère du commerce a reçu l'association de défense des vapoteurs Ends Cigarette Smoke Thaïland (ECST). Le dernier rendez-vous le 31 octobre a débouché sur la constitution d'un comité pour reconsidérer le statut du vapotage. Autre motif de réformer la vape pour le Gouvernement: le tourisme. Les ambassades de huit pays ont demandé des clarifications sur le statut du vapotage suite aux arrestations de leurs ressortissants. "Au cours des seuls trois derniers mois, le Département des accises a saisi 80 produits de vapotage divers et infligé des amendes d’un montant total de 5 millions de bahts [≃152'000 Fs]", précise le Bangkok Post du 8 novembre

Les arrestations de touristes sont un "gros problème"

Depuis la prohibition décrétée en décembre 2014 par la junte militaire, détenir un produit de vapotage équivaut à du trafic illégal, punissable jusqu'à dix ans de prison et d'une amende. De manière aléatoire, des vapoteurs locaux et étrangers ont été arrêtés, parfois amendés, parfois incarcérés"L'impact sur les touristes entre en jeu sur le dossier du vapotage. C'est un gros problème chaque jour", reconnait le Directeur Anuntasilpa Patchara. Son département estime les cigarettes de tabac chauffé simples à réglementer, tandis que le cas des liquides de vapotage doit être évalué pour fixer "une fiscalité correcte"

Dans l'attente d'une réforme, la détention de produits de vapotage reste punissable d'amende et de prison en Thaïlande. Le Royaume compte officiellement 42% de fumeurs, qui consomment pour 80% des cigarettes du Monopole du Tabac de Thaïlande.

jeudi 1 novembre 2018

Suisse: Dix ans d'incompétence politique maintiennent le tabagisme à plus de 27% de la population

Les responsables du tabagisme Suisse

Depuis dix ans, le tabagisme en Suisse stagne: 27,1% en 2017 selon les derniers chiffres de l'Enquête nationale de santé. Une méthode de recensement dont on sait qu'elle tend à sous-estimer les consommations stigmatisées, dont le tabagisme. Publiée hier par l'Office fédéral de la statistique, cette enquête effectuée tous les cinq ans recense près de 1,9 millions fumeurs chez les plus de 15 ans. Par rapport aux 28,2% de 2012, la légère baisse représente environ 80'000 personnes sorties du tabagisme.

A peu de chose près, c'est le nombre de vapoteurs au quotidien estimés à 70'000 en 2017 par le cabinet Ecig Intelligence. Bien que fortement entravé par la prohibition des liquides nicotinés jusqu'à l'été dernier, le vapotage est devenu tout de même l'aide la plus utilisée par les fumeurs helvètes pour arrêter lorsqu'ils en utilisent une. Mais la vape n'était employée que dans 6% des tentatives en 2015 car l'extrême majorité (70%) des fumeurs ont tenté l'arrêt franc sans aide, selon le monitorage d'Addiction Suisse

Quand elle peut, la vape fait dégringoler le tabagisme

Depuis 2011, les pays où le vapotage a pu se développer ont vu leur tabagisme baisser. Voire dégringoler lorsqu'il est soutenu par une politique incitative. Pendant que les autorités Suisses interdisaient les liquides à vapoter nicotinés, sans base légale comme l'a jugé le Tribunal administratif fédéral en avril dernier, les anglais ont fait chuter d'un quart la part de tabagisme sous l'essor de la vape. Près de 40% des tentatives s'appuient sur ce mode de consommation de nicotine à risque réduit: les  réussites ont bondi. Les centres stop-tabac locaux enregistrent 63% d'arrêts réussis avec le vapotage en moyenne. 

Les adolescents britanniques ont suivi le mouvement de leurs aînés à la baisse. L'Islande a vu près de 40% de ses fumeurs passer totalement au vapotage depuis 2014, tandis que le tabagisme des adolescents est en voie de disparition. Dans l'Union Européenne, ce sont près de 7,5 millions de personnes libérées de la cigarette à l'aide du vapotage. Aux Etats-Unis, le tabagisme s'écroule dans toutes les classes d'âge sous l'impact de la vape.

La prohibition a maintenu le tabagisme en Suisse

En contraste de ces multiples exemples, la prohibition du vapotage nicotiné a assuré le maintien du tabagisme en Suisse durant cette période. Principale action des autorités sur le sujet: un projet de loi tabac (LPTab) bancal, cherchant avant tout à condamner la réduction des risques en assimilant le vapotage au tabagisme. Présenté en 2016, il a réussi à rallier une majorité du parlement contre lui, à cause de son rejet de la réduction des risques pour une part, et pour d'autres en vue de défendre la publicité des produits du tabac. Depuis, le Conseiller fédéral Alain Berset et son administration de l'Office de la santé publique (OFSP), ont bachoté un nouvel avant-projet au moins aussi incohérent que le précédent. Ils espèrent le faire avaliser au parlement pour une entrée en vigueur d'ici 2023.

61% des fumeurs veulent arrêter, mais où est l'aide?

Qu'en est-il de l'aide? 61% des fumeurs en auraient besoin, selon la nouvelle enquête nationale de santé. C'est la part des fumeurs qui voudraient arrêter de fumer. Mais là non plus, rien, pas un geste des autorités politiques. Elles interdisaient le vapotage nicotiné jusqu'à ce que la Justice remette les choses à plat fin avril. Du côté des professionnels de santé, l'idée d'une nouvelle approche sortant de la stérilité du dogme actuel évolue vraiment très lentement. Le Pr Jean-François Etter, directeur de Stop-Tabac.ch, a longtemps été seul à défendre un aggiornamento. Cependant fin 2017, la Fédération des professionnels socio-sanitaires du domaine des addictions (GREA, Fachverband Sucht, Addiction Ticino) a pris ses responsabilités, laissant espérer du mouvement. 

Explosion des inégalités sociales de santé

En dehors de la vape, les substituts nicotiniques ne sont tout simplement pas remboursés par l'assurance-maladie de base. Bien que livrés au monopole des pharmaceutiques ce qui leur assure des marges bénéficiaires à faire pâlir de jalousie tout dealer de coke. Force est de constater que les élites de santé publique se soucient peu [euphémisme] de ses tracas de fumeurs. Une raison évidente, le problème concerne avant tout les classes populaires. En proportion, les chômeurs sont, par exemple, cinq fois plus nombreux à fumer que les plus aisés.

Les personnes souffrant de troubles psychiques, les groupes stigmatisés, les groupes sociaux soumis à d'important stress, y compris celui de l'échec scolaire, ont tous des taux de tabagisme nettement supérieur à la moyenne générale. Concernant les chances de réussir à arrêter aussi les inégalités sociales sont au rendez-vous. Une personne peu diplômée a trois moins de chances de réussite qu'un membre de l'élite Suisse, selon le suivi Salpadia en 2011. Alors que ce ratio n'était que de 1,3 en 1991. Une évolution qui n'a pas attiré l'attention même des auteurs de l'étude (sic!).

Ces groupes sociaux sont exclus méticuleusement des cercles consultés par la bureaucratie dirigeante qui n'a guère d'autre chose que son mépris à leur proposer. Les quelques campagnes "de sensibilisation" à sens unique s'appuient sur des injonctions paradoxales appelant à arrêter de fumer tout en privant les fumeurs des moyens concrets pour y arriver.

Qui gagne des milliards ?

La Confédération, et précisément le Département de l'Intérieur dont Alain Berset a la charge, encaisse près de 2,2 milliards Fs annuels de taxes tabac. Les organismes de prévention récoltent 0,3% du chiffre d'affaires des cigarettes, soit environ 14 millions Fs par an ces dernières années de tabagisme stable. De son côté, la société civile dans son ensemble, et parmi elle les fumeurs en particulier, supporte des coûts liés aux maladies provoquées par le tabagisme de l'ordre de 4,6 milliards Fs par an, selon l'estimation de l'Université de Zurich en 2014 sur les maladies non-transmissibles.

Des gains pour l'Etat, les cigarettiers et les firmes pharmaceutiques, des dépenses pour les fumeurs, leur entourage et des pertes de productivité pour leurs employeurs: les intérêts en jeu des divers groupes socio-économiques sur le tabagisme sont assez clairs. Bien que les médias préfèrent le réduire à la seule figure du méchant cigarettier pour occulter les autres groupes d'intérêt. En terme de classe aussi, le tabagisme finance les retraites des non-fumeurs tandis que les groupes sociaux victimes du tabagisme en sont pour une bonne part exclus par mort prématurée. 

Le retour de la vieille alliance des puritains et des cigarettiers

Quelque chose va t-il changer ? La levée de l'interdiction d'accès local aux liquides nicotinés, gagnée de haute lutte par les usagers et la vape indépendante pourrait donner un souffle nouveau à la sortie du tabagisme avec l'aide du vapotage. A la société civile de saisir l'opportunité offerte par cette victoire. Mais l'hostilité ou le faible soutien du milieu de la santé ces dernières années en Suisse a provoqué une forte tendance au désengagement social du milieu des vapoteurs. L'enthousiasme prévalant il y a 4 ou 5 ans à participer à des initiatives d'aide à la sortie du tabagisme a été froidement douché par l'attitude des organisations de santé.

Au niveau national, peu de choses sont susceptibles de bouger à court terme. Le parlement devra traiter le projet de loi tabac lorsqu'il lui sera soumis par Alain Berset, pour peut-être une loi tabac en vigueur d'ici 2023. En attendant, cigarettiers et organisations sponsorisées par la pharmaceutique s'entendent pour faire barrage à la vape. Dernier exemple en date, cet été où ils se sont arrangés pour continuer la vente de cigarettes et interdire aux mineurs l'opportunité de sortir ou d'éviter le tabagisme à l'aide du vapotage. Signe du bon état de santé de la vieille alliance entre puritains et cigarettiers

Combien de personnes condamnées à être malades par Alain Berset ?

Au niveau cantonal, les même lobbys essaient aussi de faire passer des restrictions anti-vapotage. C'est le cas notamment à Genève, où sous couvert de projet de loi (PL 12385) sur l'interdiction de vente de tabac aux mineurs, le Conseil d'Etat tente d'assimiler le vapotage au tabagisme et appliquer l'ensemble des interdictions en vigueur contre les fumeurs aux vapoteurs adultes. Les batailles les prochains mois pour le droit à éviter de fumer à l'aide de la vape seront probablement locales.

Le gâchis de santé publique de cette décennie est immense. En regard de ce qui s'est passé au Royaume-Uni ou en Islande, ce sont de 500'000 à 800'000 fumeurs empêchés d'en sortir à l'aide du vapotage par la politique menée par le Conseiller fédéral Alain Berset et le Directeur de l'OFSP Pascal Strupler. Au-delà de sa condamnation au tabagisme et ses conséquences, c'est la confiance du public dans la probité des institutions et du monde de la santé qui est minée en soubassement de ce scandale. Durant cette période, plus d'un million de fumeurs ont essayé le vapotage sans avoir accès aux liquides nicotinés. Combien d'entre eux peuvent-ils encore croire au discours hypocrite des organismes de santé au sujet du tabagisme?



samedi 13 octobre 2018

Helvetic Vape, cinq ans de lutte et des succès (1): la bataille pour la libération des liquides nicotinés

Bien que la nicotine améliore sensiblement la mémoire, au moins à court terme, le monde de la vape subi aussi ses oublis sous la patine du temps. Pour raviver les couleurs des actions de l'association des vapoteurs en Suisse, nous allons retracer en quelques articles les grands traits de ses cinq ans d'histoire. Helvetic Vape est née en novembre 2013, inspirée de l'exemple d'Aiduce créée quelques mois plus tôt de l'autre côté du Jura. Même objectif de défense des intérêts des usagers des produits de vape, mais dans une situation résolument différente. 

Notamment parce qu'en Suisse, l'administration avait décrété dés 2009 la prohibition de vente des liquides nicotinés. Premier objectif désigné d'évidence pour l'association des vapoteurs: faire tomber cette interdiction. Voici comment Helvetic Vape a gagné la bataille des liquides nicotinés après plus de quatre ans de péripéties.

La libération des liquides nicotinés en Suisse en quelques dates-clefs:
  • 2009: l'administration (OFSP) publie une simple lettre (n°146) interdisant la vente de vape nicotinée en Suisse et limite son importation à titre personnel (révisée en 2010)
  • 8 novembre 2013: fondation de l'association Helvetic Vape
  • 2014: la prohibition règne sans discussion possible en Suisse
  • 24 avril 2015: Helvetic Vape publie un avis de droit du cabinet d'avocats BRS
  • 30 mai 2015: Helvetic Vape distribue des liquides nicotinés à Berne lors de la Vape Mob'. Durant l'été, Insmoke suit son exemple et met en vente des liquides nicotinés
  • 12 novembre 2015: l'administration (OSAV) est forcée de publier une décision administrative concernant son interdiction de vente de liquides nicotinés
  • Décembre 2015: trois recours sont déposés devant le Tribunal administratif fédéral. Celui d'Helvetic Vape est rejeté en raison de son statut d'association de consommateurs
  • 24 avril 2018: le Tribunal administratif fédéral abroge la prohibition en révoquant la décision administrative, jugée gravement défectueuse

Boardwalk empire sur Léman

Début 2014, la vape se popularise aussi en Suisse. Mais la presse raconte alors comment les vapoteurs doivent recourir au marché noir et aux astuces pour passer des liquides nicotinés aux douanes. "Certains en vendent sous le manteau, d’autres font des achats groupés. Dans mon cas, j’avais passé une commande qui faisait 180 ml. Je m’étais trompé, c’est vrai, et la douane a détruit mon paquet", explique Alain Vaucher, premier président d'Helvetic Vape, au journal le Matin en février 2014

Le quotidien vaudois promet que la prohibition va durer encore longtemps. "La législation ne va pas changer de sitôt. Le Conseil fédéral a promis une nouvelle loi sur les produits du tabac, qui sera mise en consultation cet été. Mais déjà, la très influente Commission fédérale pour la prévention du tabagisme veut maintenir l’interdiction de la vente de nicotine en Suisse pour les cigarettes électroniques", assure le même article du Matin en 2014. 

Lutter pour une réduction des risques sans entrave

A Helvetic Vape, on ne l'entend pas de cette oreille. "Je veux me battre pour faciliter au maximum l’accès à la vape. Pour que vaper soit plus facile que fumer. Pour que cela soit diffusé au maximum, sans entraves, sans taxes. Pour que la vape soit reconnue comme une chance formidable d’arrêter l’hécatombe", annonce Alain Vaucher en guise de programme pour l'association. Le premier obstacle à l'accès à l'outil de réduction des risques en Suisse est d'évidence la prohibition. 

De premières tentatives conciliantes de l'association tentent de nouer le dialogue avec les autorités et des organisations du domaine. Réponses paternalistes et condescendantes de la part des autorités sanitaires fédérales. Tandis que des organisations "de santé" se montrent à la limite de l'insulte en refusant de s'abaisser à discuter avec des junkies à la nicotine (sic!). 

L'absence de loi, c'est pas la loi

Du côté des professionnels de la vape, on se montre persuadés des affirmations des journalistes: rien ne peut changer, la loi c'est la loi. Mais les militants de Helvetic Vape ont beau tourner et retourner dans tous les sens les textes de loi, ils ne trouvent pas trace d'une base à cette prohibition décrétée depuis 2009 par une simple lettre n°146 sans valeur juridique de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). 

Pour en avoir le cœur net, l'association mandate le cabinet d'avocat genevois BRS pour un avis de droit sur le sujet. Le détail de l'avis juridique de Maître Jacques Roulet est évidemment complexe, mais la conclusion en est assez simple: cette prohibition n'a pas de base légale. Armée de cet avis de droit, qu'elle a financé seule, et de centaines de fioles de liquide nicotiné confectionnées pour l'occasion, Helvetic Vape provoque les autorités en place publique à Berne en distribuant ouvertement ces fioles lors de la Vape Mob' le 30 mai 2015. 

Des liquides nicotinés à la Vape Mob' 2015

"Selon cet avis de droit, les liquides à vaper contenant de la nicotine peuvent donc être librement importés et distribués en Suisse contrairement à ce que prétend l’OFSP depuis des années. C’est pourquoi Helvetic Vape a décidé de mettre ouvertement en vente, le 30 mai 2015, le premier liquide suisse contenant de la nicotine", déclare Olivier Théraulaz, second président d'Helvetic Vape, sur la Kornhausplatz. La presse en parle, mais les autorités font semblant de rien. L'association n'ayant évidemment pas vocation a devenir une entreprise de vente de liquides de vapotage, le coup semble un one-shot sans lendemain. 

C'est là où il faut saluer l'intelligence et le courage de Stefan Meile, président de la Swiss Vape Trade Association (SVTA) et patron d'InSmoke. Il comprend l'argumentation de l'association des usagers et va s'engouffrer dans la brèche. Il met ouvertement en vente sur son site des liquides nicotinés, forçant ainsi les autorités à réagir. Le chimiste cantonal procède à une vérification et demande une décision en bonne et due forme à l'administration.

Quand il y a une décision administrative, on peut faire recours

L'Office de la sécurité alimentaire et vétérinaire (OSAV) est forcé de publier une décision administrative le 12 novembre 2015. Ouvrant ainsi la possibilité de recourir, dans le délai d'un mois après sa publication. Trois recours sont déposés. Deux par des professionnels, Stefan Meile évidemment et aussi Daniel Rico, de l'entreprise Zodiak. Helvetic Vape en dépose un également

Celui-ci est rejeté par le Tribunal administratif fédéral pour absence d'intérêt digne, tout en précisant l'avoir lu avec attention. Autrement dit, les usagers ne subissant pas d'interdiction de consommer, seuls les vendeurs ont un intérêt à défendre. J'avais trouvé cela contestable, mais l'association a préféré ne pas se lancer dans une bataille juridique coûteuse à l'issue incertaine.

Avril 2018: le Tribunal administratif fédéral abroge la prohibition

Deux ans et demi après le dépôt de ces recours, le Tribunal administratif fédéral (TAF) rend son jugement C-76347/2015 le 24 avril 2018. Il abroge la prohibition de vente des liquides nicotinés, jugée être une "erreur grave" de l'administration. Le TAF n'a pas tenu compte de la défense des deux recourants professionnels, qui s'appuyaient sur le principe du Cassis de Dijon pour demander la légalisation des liquides nicotinés. La raison de l'abrogation de la prohibition est un vice de forme dans la définition du terme de "cigarette-électronique" donnée par l'administration. 

C'est exactement l'argument principal que donnait Helvetic Vape lors de sa conférence de presse du 30 mai 2015. "L’OFSP se fourvoie en considérant que les vaporisateurs personnels et les liquides à vaper constituent une « unité fonctionnelle ». Sur la base de cette considération erronée, cette administration outrepasse ses compétences en créant des règles de droit primaires qui, d’une part interdisent l’importation à titre professionnel et la vente des liquides contenant de la nicotine et, d’autre part limitent les droits des consommateurs à importer ces liquides à titre personnel", détaillait alors Olivier Théraulaz. Trois ans plus tard, le verdict du TAF confirme ce que clamait l'association des usagers.

Un succès pour le droit à la réduction des risques contre le système tabagique

Helvetic Vape n'a pas seulement été initiatrice et moteur de la lutte contre la prohibition des liquides nicotinés en Suisse, elle a également porté l'argument décisif pour son abrogation. Il est regrettable que les autorités se soient montrées incapables d'entendre, de tenir compte et d'avoir simplement l'humanité de prendre en considération la demande de l'association des usagers avant d'être poussées à respecter la loi par le Tribunal administratif fédéral. Mais Helvetic Vape a démontré que la résignation n'est pas la seule option possible face au système tabagique, même en Suisse.


jeudi 6 septembre 2018

[bref] En Australie, les autorités interdisent même une tombola de soutien pour l'Association de réduction des risques ATHRA

La loterie mettait en jeu 160 prix à gagner, mais elle a été interdite par les autorités australiennes du New South Wales. Pour soutenir l'Association de réduction des risques liés au tabac Australienne (ATHRA), 66 magasins de vape ont organisé une tombola dont la vente de billets devait être intégralement reversée à l'ATHRA. Les autorités du New South Wales n'ont pas apprécié cette manière de dénicher des fonds en soutien à l'association de charité sans financement de lobbys cigarettiers, pharmaceutiques ou d'affairistes milliardaires spéculant sur l'avenir du marché du cancer. 

L'ATHRA conteste notamment la politique de prohibition du vapotage nicotiné en Australie. "Le service Fair Trading du New South Wales déclare que les organisateurs - qui avaient ouvert le tirage au sort à tous les Australiens - ont enfreint la loi sur les loteries de l’Etat parce qu’ils n’avaient pas obtenu de permis, dépassé la limite de prix et offert des prix prohibés", rapporte le Sydney Morning Herald ce matin. Les "prix prohibés" concernent quelques lots à gagner de liquides avec nicotine, illégaux en Australie tandis que les cigarettes sont en vente libre bien qu'aux prix les plus élevés au monde.

Pas de tombola de soutien, mais des taxes sur les cigarettes

Craigh Jackman, du magasin Vape4Life, à l'origine de l'initiative de la tombola de soutien s'excuse auprès des participants qu'il est en train de contacter et de rembourser. "Les gens qui ont acheté des billets sont déçus de l'annulation de la tombola, mais beaucoup d’entre eux ont décidé de faire don de leurs billets à l’association, ce qui est formidable", précise t-il au quotidien de Sydney. 

L'association ATHRA, qui compte notamment le Pr Colin Mendelsohn, le Dr Joe Kostedrich ou le Dr Alex Wodak dans ses rangs, milite pour le droit à l'accès aux outils nicotinés de réduction des risques en Australie. La légalisation du vapotage nicotiné est une des principales revendications dans un contexte où le tabagisme stagne depuis 2013, malgré les hausses répétées du prix des cigarettes. Le 1er septembre, une nouvelle hausse de 12,5% a porté le prix du paquet de la marque la plus vendue autour de 27 $aus, soit environ 16,70 € ou 19 Fs. 

Depuis 2013, le tabagisme stagne autour de 15% en Australie

"L'augmentation des taxes sur le tabac est une stratégie éprouvée pour réduire les taux de tabagisme mais elle semble subir un effet décroissant à ces niveaux stratosphériques. Une population de fumeurs très dépendants continuent de fumer quel que soit le prix", explique le Pr Colin Mendelsohn, de l'ATHRA, dans un article pour News Australia

"En dépit des augmentations de prix annuelles, le tabagisme en Australie n’a pas baissé de manière significative de 2013 à 2016, selon les statistiques officielles. Le tabagisme adulte a même augmenté de 13,5% à 15,1% entre 2015 et 2016 en Nouvelle-Galles du Sud, et la consommation nationale de cigarettes a augmenté en 2017 pour la première fois en dix ans, selon les comptes nationaux", constate le professeur de santé publique favorable à intégrer une approche de réduction des risques dans le domaine pour sortir de cette politique de l'échec.

Violent accroissement des inégalités sociales de santé

Le tabagisme frappe particulièrement les groupes sociaux les plus démunis, qui sont en proportion plus du double à fumer et ont beaucoup plus de difficultés à arrêter bien qu'ils tentent tout autant que les fumeurs aisés. "Pour ceux qui ne peuvent pas arrêter, les impôts élevés sont régressifs, punitifs et augmentent les difficultés financières et les inégalités en matière de santé. Un fumeur quotidien à Newstart dépense 68% de son revenu annuel pour fumer, ce qui lui laisse très peu pour la nourriture, le logement et d’autres produits de première nécessité", souligne Colin Mendelsohn. Alors que 70% de ces fumeurs tentent d'arrêter mais échouent pour la plupart faute d'aides, l'ATHRA soutient de leur laisser l'opportunité de passer au vapotage, qui réduit d'au moins 95% les méfaits par rapport aux cigarettes.

"La hausse des prix des cigarettes d'aujourd'hui pourrait être bénéfique si elle déclenche un passage au vapotage. Outre les avantages pour la santé, les dispositifs de vapotage sont beaucoup moins chers que les produits du tabac et soulageront le stress financier et les privations engendrés par les prix exorbitants du tabac pour les fumeurs dépendants et à faible revenu", conclue le Dr Colin Mendelsohn. A défaut de pouvoir opter pour le vapotage nicotiné, la hausse de prix condamne les fumeurs pauvres ne réussissant pas à arrêter de fumer à la paupérisation et à se priver, y compris sur la qualité de son alimentation, et augmente ainsi les dommages pour la santé.


mercredi 29 août 2018

L'Inde, grande nation du tabac, annonce la prohibition du vapotage

"L'Inde a choisi de criminaliser le vapotage. Une mesure régressive basée sur une mésinformation, de la peur et le refus de prendre en considération la science. Elle va coûter des millions de vies au pays". Le tweet de l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) semble désabusé après des mois de lutte pour faire reconnaître le droit à l'accès au moyen de réduction des risques en Inde. En pièce jointe, l'avis du Ministère de la santé sur les produits de vapotage et les cigarettes chauffées, que les autorités indiennes ne différencient pas.  Le document officiel publié hier demande aux Etats indiens "d'empêcher la vente (y compris en ligne), la production, la distribution, la vente, l'importation et la publicité" des produits de vapotage et assimilés. L'avis du Ministère reproche au vapotage de délivrer de la nicotine. Bien que les produits nicotinés, dont les cigarettes, les bidies et le tabac oral local extrêmement nocifs, sont en vente libre et massivement produits en Inde.

L'Inde rejoint la Corée du Nord, la Thaïlande et le Brésil

Le Ministère de la santé appuie aussi son avis de prohibition sur le fait que les six Etats indiens, producteurs de tabac, ainsi que trente pays récemment mis en avant par le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS ont déjà interdit le vapotage. L'Inde rejoint ainsi les autres grandes nations productrices de tabac comme le Brésil, la Thaïlande et l'Indonésie, ainsi que les dictatures totalitaires comme la Corée du Nord et une série de régime religieux du moyen-orient dans le camp des pays prohibitionnistes du vapotage. L'Inde est parmi les grand producteurs mondiaux de tabac et instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production locale. L'Indian Tobacco Company détient 80% du marché intérieur des cigarettes. Près de 270 millions d'indiens consomment un des produits de tabac, dont près de 120 millions de fumeurs. Il y aurait près d'un million de décès liés à une maladie provoquée par le tabagisme par an en Inde [édité].

Combien de morts au crédit de la FCTC de l'OMS ?

Le rôle du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS, dont le sommet bisannuel COP 8 se tiendra la première semaine d'octobre à Genève, dans cette décision violant le devoir de réduction des risques de sa convention (art. 1.d) est affligeant. La complicité silencieuse des délégations des pays démocratiques, notamment celles européennes et britanniques, sur les agissements contraires aux droits humains et en violation de la convention qu'il est sensée défendre du secrétariat de la FCTC n'est plus acceptable. Cette décision catastrophique pour la santé publique en est un nouvel épisode.

L'avis du Ministère de santé d'Inde publié hier:


mercredi 15 août 2018

Non, il n'y a aucune décision administrative pour interdire les liquides non "TPD ready" en Suisse

Une étrange rumeur circule dans les réseaux de vapoteurs romands ces derniers jours. En dépit de l'absence de décision administrative valide sur le sujet, elle prétend que les liquides autres que ceux homologués par l'Union Européenne (UE) seraient illégaux à la vente en Suisse. Difficile de saisir la base légale qui pourrait prohiber les liquides à plus de 20mg/mL de nicotine et en fiole de plus de 10 ml. Selon une source, ce bruit aurait pour origine l'administration elle-même. Pourtant en avril dernier, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a invalidé la décision de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) de prohibition de vente des liquides nicotinés. "Une décision de justice n'entraînera la nullité que dans des cas exceptionnels et s'ils sont graves. En raison de sa défectuosité, la décision générale doit être révoquée", explique le TAF dans son jugement C-76347/2015 du 24 avril 2018.

Le verdict précise qu'étant donné que "la décision administrative de l'OSAV du 12 novembre 2015 doit être abrogée, il n'est pas nécessaire de poursuivre l'examen des objections du plaignant et de répondre à sa demande de jugement déclaratoire". Autrement dit, les arguments des recours des deux professionnels de vape, Insmoke et E-Smoking, s'appuyant sur le principe du cassis de Dijon n'ont pas été pris en compte. Précision peut-être utile pour dissiper le malentendu qui parcourt le milieu de la vape suisse.

Retour à l'absence de décision administrative valide

Helvetic Vape
En l'état, la situation est similaire à ce qu'elle était lors de la Vape Mob' de mai 2015, où Helvetic Vape avait présenté l'avis de droit de Me Denis Roulet et distribué des liquides nicotinés à Berne. Inspiré de l'action de l'association des usagers, Stefan Meile, d'Insmoke, avait mis en vente des liquides nicotinés durant l'été 2015. Il a été contrôlé par les services sanitaires de son canton. Mais il n'a pas subi de contravention car aucune base légale ne le permettait. Le chimiste cantonal a analysé les liquides et il a ensuite demandé à l'administration fédérale de prendre une décision officielle

Avant cette décision, il n'y avait aucune base légale à laquelle se conformer et il n'était pas illégal de vendre des liquides nicotinés. Même si l'administration faisait courir la rumeur inverse depuis 2009. A partir de cette décision en novembre 2015, il a été possible de déposer recours contre celle-ci. Recours qui a aboutit à l'invalidation pour vice de forme par le TAF en avril dernier.

Abrogée veut dire abrogée !

Nous somme revenu à la même situation depuis l'abrogation de cette décision administrative par le TAF. Il n'y a de fait aucune décision administrative sur le sujet. Les indications de l'administration ne sont que des indications de l'interprétation que voudraient imposer les fonctionnaires bernois. Mais sans décision administrative dûment déposée, elles n'ont pas de force contraignante à laquelle les professionnels doivent se conformer. Si les services fédéraux publient une décision administrative dans les formes, il sera alors possible de recourir à s'en encontre. Politiquement, que les citoyens puissent recourir en justice contre les décisions de l'administration est une des différences entre démocratie et régime totalitaire. Un recours pourrait demander un éventuel effet suspensif, sur lequel le TAF se prononcerait, puis la procédure judiciaire se déroulerait.

Aujourd'hui il n'y a rien de cela. Helvetic Vape, rompu aux astuces de la bureaucratie bernoise, a d'ailleurs demandé des précisions sur la question à l'OSAV. L'association signale que l'administration fédérale a proposé une rencontre en réponse. Pour sa part, le site de l'administration est, à moins qu'il n'ait été hacké par un humoriste, passablement surréaliste en dépit de multiples éditions pour en gommer les absurdités les plus grossières. En l'absence de décision administrative valide, on ne voit pas ce qui rendrait illégal de vendre des liquides à plus de 20 mg/mL de nicotine, ou en conditionnement de plus de 10 mL, dans la mesure où ces produits sont fiables. Ce à quoi les commerçants sont tenus en raison du principe d'auto-contrôle de la Loi sur le denrées alimentaires et produits usuels (LDAI).

En l'état, cela offre une meilleure protection aux consommateurs qu'une hypothétique assimilation des produits de vapotage au projet de future loi tabac (LPTab), les condamnant au même type de sécurité que les produits du tabac, dans laquelle les bureaucrates bernois veulent à tout prix les mettre. Raison pour laquelle, ils refusent depuis 2013 de faire une réglementation simple et intelligente sur le sujet malgré les demandes et propositions répétées de l'association d'usagers Helvetic Vape. Pour indication, l'administration juge inutile dans le projet de loi tabac (LPTab) une déclaration aux consommateurs des additifs des produits de tabac, estimant qu'ils sont si dangereux que cela importe peu. Voilà à quoi pourrait être assimilé le vapotage avec la LPTab et ce qu'il en est du soucis de sécurité et de santé publique à Berne.

Des limites néfastes

De manière plus immédiate que l'enjeu politique du projet d'amalgame du vapotage au tabagisme, l'enjeu pratique d'une limite exagérément basse du taux de nicotine concerne au premier chef les 30% des fumeurs exclus d'arrêter de fumer avec les liquides européens à cause de leur sous-dosage en nicotine. Une limite adoptée par l'UE sans base scientifique comme l'a rappelé la Dr Lynne Dawkins devant la Commission parlementaire britannique. Mais l'enjeu peut concerner également des vapoteurs au long cours qui, comme moi, utilisent des liquides plus concentrés pour réduire significativement leur consommation de liquide. Une étude, publiée dans la revue Addiction en juin, montre que des liquides sous-dosés en nicotine poussent les vapoteurs à une surconsommation évitable de liquide

Enfin, la directive européenne (TPD) impose une limite de contenance des fioles nicotinées de 10 mL et évoque, de manière floue, une limitation de contenance des atomiseurs à 2 mL (non appliquée en France). Deux mesures qualifiées de dépassées dans le rapport explicatif au projet de loi tabac (notamment p. 42-43) présenté en décembre par le Conseil fédéral. Il semblerait un comble que les usagers soient poussés de force à des astuces inconfortables et moins sûres à cause de limites européennes que tous les connaisseurs du domaine estiment absurdes, sans base scientifique et contre-productives.

VIDEO: le Pr Jean-François Etter, de l'Université de Genève, sur la directive européenne (TPD) à Paris en 2015



jeudi 9 août 2018

[Bref] Bataille serrée entre Philip Morris et l'Association de prévention du Tabagisme Suisse pour l'Hypocrisy Award de la décennie

L'Association de prévention du Tabagisme en Suisse (AT-Suisse) a publié un communiqué de presse dans la lignée des articles sponsorisés par l'oligarque Michael Bloomberg un peu partout dans le monde ces derniers jours. "Il y a un an, Philip Morris se déclarait en faveur de l'arrêt du tabagisme, une profession de foi aussi opportuniste qu'hypocrite", révèle l'organisation. Ah?!? AT-Suisse a soutenu durant ces dernières années la prohibition du vapotage nicotiné en Suisse. Un élément crucial pour faire place nette au lancement de la cigarette de tabac chauffé de Philip Morris. Jusque-là, l'organisme n'avait d'ailleurs jugé problématique que l'absence de sa prime sur les ventes d'Iqos.

"D'une manière générale, la cigarette a mauvaise réputation Pas besoin donc d'être devin pour prévoir qu'à long terme, la cigarette ne sera plus un produit très lucratif en Europe", explique AT-Suisse. Alors que le tabagisme helvétique se maintient depuis dix ans sans évolution à plus de 25% de la population adulte. Et plus du tiers des jeunes de 15 à 25 ans, une part en augmentation. En contraste, depuis 2011 et l'essor du vapotage, l'Angleterre a réduit d'un quart sa part de fumeurs adultes et adolescents. Qualifiant le discours de Philip Morris de "saugrenu", AT-Suisse semble avoir quelque chose dans l'oeil. De longue date, l'organisation méprise ouvertement les usagers et s'oppose à l'approche de réduction des risques. Enjeu manifeste, les dividendes perçues sur les ventes de cigarettes par les anti-tabac suisses, ainsi que le sponsoring pléthorique des vendeurs d'anti-cancéreux.

Deux faces de la même pièce

Pourtant, une politique de réduction des risques similaire à celle britannique aurait permis à un quart des fumeurs suisses, soit de 500'000 à 600'000 personnes de sortir du tabagisme depuis 2011. En Islande, ce sont 40% des fumeurs de 2014 qui, en 2017, avaient arrêté grâce au vapotage. A l'échelle Suisse, cela ferait environ un million de fumeurs sauvés du tabagisme. Qui professe un discours hypocrite en prétendant lutter contre le tabagisme? Vraiment, est-ce le cigarettier vaudois Philip Morris ou son alter ego AT-Suisse

Les victimes du duo peu comique, on les connait. Plus de deux millions de fumeurs en Suisse qui ont été privés illégalement d'accès local au vapotage nicotiné jusqu'à ce printemps et la décision d'invalider la prohibition administrative par le Tribunal administratif fédéral. Les bénéficiaires du fumeux business sont plus nombreux que les seuls cigarettiers. Des milliards de dépenses à cause des maladies liées au tabagisme engraissent l'industrie pharmaceutique. Tandis que le Département fédéral de l'intérieur encaisse près de 2,5 milliards Fs par an grâce aux ventes de tabac. Il est sensé s'occuper de la lutte anti-tabac aussi. Il n'a fait que lutter contre l'arrêt des cigarettes à l'aide du vapotage ces dernières années. 

Hypocrisy Award

Près des deux-tiers des fumeurs en Suisse, déclarent espérer arrêter de fumer. Mais aucune solution sérieuse ne leur est facilement accessible. Les substituts nicotiniques sont vendus à prix prohibitifs sous le monopole pharmaceutique. Jusqu'à ce printemps, les liquides nicotinés étaient illégaux. Aucune information n'est dispensée sur la réduction des risques par le vapotage. Seules véritables sources d'aide à l'arrêt efficace, les groupes d'entraide de vapoteurs et les boutiques spécialisées

Au contraire, les médias d'Etat, liés au tabac, à la pharma ou à la finance multiplient les fake news sur le sujet. Entre silence complice et désinformation active sur le sujet de la réduction des risques, les actions d'AT-Suisse ressemblent à s'y méprendre à une banale hypocrisie. A ce titre, il est vraiment difficile de départager Philip Morris de l'AT-Suisse en la matière. 

Accordons-leur l'Hypocrisy Award pour leur oeuvre conjointe en faveur du maintien du tabagisme en Suisse.


Avant son Sommet anti-tabac COP8: l'OMS fière d'avoir poussé 30 pays à interdire le vapotage

Le secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) prépare son grand sommet de Genève du 1er au 6 octobre. L'oligarque Michael Bloomberg a déjà fait passer ses mots d'ordre au bureau anti-tabac de l'OMS lors du sommet au Cap qu'il a organisé en mars. On trouve donc au menu de cette huitième convention des parties (COP8), la guerre au vapotage. Le secrétariat dirigé par la brésilienne Vera da Costa vient de publier un rapport préliminaire à la COP8 sur l'évolution des réglementations et du marché de la vape

Le révisionnisme des résolutions de la COP7

Singulièrement, ce rapport révise l'histoire des prises de position des conventions en affirmant que la précédente édition, à New Delhi en 2016, aurait adopté l'appel à "la prohibition ou de restriction de la vente, production et usage" du vapotage, avec ou sans nicotine. En réalité, la proposition de résolution du secrétariat avait été rejetée par l'opposition de trois délégations.

Le Canada, l'Union Européenne et le Royaume-Uni avaient estimé le controversé rapport scientifique de l'OMS insuffisant pour soutenir une telle décision. Ce rapport, non signé, qui s'appuyait sur des études dépassées, des opinions idéologiques et de soi-disant recherches non-publiées, avait été laminé par un contre-rapport du Centre britannique d'études sur le tabac et l'alcool (UKCTAS).

Les violations du bureau de l'OMS de sa propre charte

Il est vrai que le secrétariat n'en a pas tenu compte. Il a multiplié les appels à la criminalisation des vapoteurs. Modèles à suivre: la Corée du Nord et la junte militaire thaïlandaise, comme l'espère Jagdish Kaur, cadre du bureau anti-tabac pour l'Asie du Sud-Est de l'OMS, dans un article d'une revue indienne de santé publique en septembre 2017. Un appel suivi par les autorités de Singapour.

Le bureau anti-tabac de l'OMS a aussi passé un accord de partenariat financier avec la junte en Thaïlande qui détient également le Monopole du Tabac national. Arrestations, incarcérations, saisies d'argent ou de biens et brimades de vapoteurs en Thaïlande sont régulièrement rapportés. En Corée du Nord, la chape de plomb sur le régime du fumeur intempestif Kim Jong-un ne permet pas de savoir si des déportations de vapoteurs ont effectivement eu lieu.
Financement par l'industrie du tabac thaïlandaise, encouragement à des violations des droits humains et rejet du principe de réduction des risques, la dérive du bureau anti-tabac de l'OMS par rapport à la charte qu'elle est censé faire appliquer ne sont évidemment pas évoqués dans son rapport. Mais on peut donc ajouter à cette liste, le mépris et le révisionnisme des décisions de la convention elle-même.

30 pays prohibitionnistes selon l'OMS

Le rapport souligne la grande hétérogénéité de l'usage de la vape dans le monde. Il avance des chiffres disparates, qui donnent plus l'impression d'un article de tabloïd rédigé à la va-vite que d'un rapport sérieux. Le secrétariat rapporte les réponses des pays membres sur leur réglementation concernant le vapotage. D'après ces informations, sur les 181 pays membres, 102 rapportent que le vapotage y est disponible, dont 39 sans réglementation. 

En sens contraire, le bureau de l'OMS met en avant 30 pays se déclarant prohibitionnistes, sans spécifier si l'interdiction porte sur la vente et/ou l'usage. Ce qui rend cette liste imprécise et floue, à l'image de la qualité générale du rapport. On y trouve des pays comme l'Iran, le Koweit, Singapour, l'Australie et, évidemment, le Brésil, principal bénéficiaire en balance commerciale des échanges de tabac brut au monde.

Placé en Europe par l'OMS, le Turkmenistan, dictature néo-stalinienne, interdit le vapotage, avec la particularité d'interdire également le tabagisme. Une certaine forme de cohérence. A ma connaissance, non partagée par la plupart des autres pays mentionnés qui n'interdisent pas les cigarettes. Quand ce n'est pas l'inverse, à l'image des deux modèles "à suivre" selon l'OMS de la Corée du Nord et de la Thaïlande.

On peut douter de l'exactitude de l'information de l'OMS pour certains pays listés comme prohibitionnistes. Le Mexique, mentionné comme tel, est en réalité dans une situation de vide légal sur le sujet. L'île Maurice a le projet de rendre illégal le vapotage, mais selon mes informations, la décision n'a pas encore été validée. Au Bahrein, le vapotage est depuis peu surtaxé, mais n'est donc pas illégal. Bref, un rapport à la hauteur de la qualité du travail de ce secrétariat d'illuminés incapables de s'appuyer sur des données et des analyses sérieuses. 

La poursuite de la répression de l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage

Le rapport préliminaire, qui généralement constitue la décision finale de la convention prise par avance, et visiblement même lorsque celle-ci n'est pas avalisée par les membres, appelle à réglementer le vapotage contre les "conséquences potentielles" de son essor. Sans données probantes, le bureau anti-tabac pointe "l’augmentation de l’adoption par les jeunes, l'impact sur les mesures de lutte antitabac existantes [sic!], les allégations de santé trompeuses et les stratégies de marketing trompeur et finalement le manque d'informations appropriées aux consommateurs [re Sic!]".

Il est plus que probable que les organisations d'usagers de vapotage ou d'autres moyens de réduction des risques soient de nouveau exclues du sommet. Il accueillera à huis-clos les délégués des Etats sous la pression de quelques milliers de lobbyistes de la pharmaceutique sélectionnés par le secrétariat de la FCTC. Une nouvelle absence de réaction des pays démocratiques, durant la COP8, face à l'état de dérive totale du secrétariat anti-tabac de l'OMS serait incompréhensible et très inquiétant.

mardi 31 juillet 2018

Etude: les 39% de fumeurs aborigènes victimes de la prohibition du vapotage en Australie

En Australie, 39% des aborigènes et indigènes du détroit de Torres adultes fument. Près de 2,8 fois la moyenne globale en Australie en 2014. Pourtant, près de 70% des fumeurs aborigènes veulent et ont déjà tenté d'arrêter, une volonté similaire à la moyenne générale des fumeurs de l'île. Une équipe de chercheurs s'est intéressé à évaluer les usages et la connaissance du vapotage à travers l'enquête Talking about smokes ayant interviewé près de 1'300 aborigènes entre 2013 et 2014. "Moins d'aborigènes et d'insulaires du détroit de Torres ont essayé le vapotage que la moyenne des fumeurs australiens (21% contre 30%). En partie parce que moins de fumeurs aborigènes ont entendu parler de vape. Ils sont aussi beaucoup moins à reconnaître que vapoter est moins nocif que fumer (22% contre 50%)", résume l'étude publiée dans Nicotine & Tobacco Research (NTR), la revue de l'Université d'Oxford. 

L'équipe menée par le Dr David Thomas, de la Menzies School Health Research, pointe la responsabilité de la prohibition de vente du vapotage nicotiné et de l'alarmisme entretenu par des leaders anti-tabac envers le vapotage en Australie. "Il y a une incompréhension considérable sur le risque relatif du vapotage par rapport à la cigarette conventionnelle, en partie à cause de l'environnement réglementaire très strict", soulignent les chercheurs. Ils évoquent une possible piste explicative complémentaire. "L'héritage du colonialisme et le racisme existant peuvent avoir alimenté une méfiance envers le vapotage, soupçonné d'être un autre produit introduit par les blancs pour rendre malades les aborigènes et générer des profits aux blancs", rapportent les chercheurs.

Donner un message plus clair sur la réduction des risques

L'enquête montre une corrélation entre l'expérience du vapotage chez les indigènes et le fait d'habiter dans une zone plus urbaine ou plus favorisée, pratiquant l'anglais à domicile et d'être plus jeune. Le fait de fumer au quotidien, d'avoir déjà essayé d'arrêter de fumer dans l'année écoulée, a fortiori par des tentatives avec substituts ou médicaments, et penser que la vape est moins nocive que la cigarette sont aussi associés positivement à l'expérimentation de vapotage. Autrement dit, le profil prédominant de l'aborigène expérimentateur de vape est celui d'un fumeur de moins de 35 ans disposé à quitter les cigarettes.

Cependant, l'enquête n'a demandé aux aborigènes que s'ils avaient déjà vapoté, mais pas s'ils vapotaient au moment de l'entretien. Il n'a pas été demandé non plus s'ils avaient utilisé de la nicotine dans leur liquide, signalent les chercheurs comme limites à leur recherche. Ils encouragent les dirigeants politiques, autorités sanitaires et professionnels de santé à "donner plus clairement le message que le vapotage est moins nocif que les cigarettes conventionnelles" et créer une réglementation en ce sens. Pour le moment, les élites font la sourde oreille aux appels à la réduction des risques. Au détriment des fumeurs, en particulier aborigènes.


dimanche 15 juillet 2018

[Bref] Le Tages Anzeiger anticipe un développement du vapotage en Suisse

L'édition dominicale du Tages anzeiger consacre une page à la prochaine expansion du vapotage en Suisse. Fin avril, le Tribunal administratif fédéral (TAF) a cassé la prohibition illégale imposée par l'administration fédérale. "Jusqu'à présent, principalement les petits fournisseurs du secteur du vapotage étaient actifs. La nicotine pour les liquides était disponible dans les boutiques en ligne étrangères ou sous le comptoir de vente. Mais avec la nouvelle situation juridique, les gros commerçants flairent la bonne affaire", annonce Eric Bürgler du Tagi.  

"Nous prévoyons d'inclure des cigarettes-électroniques et des liquides contenant de la nicotine dans notre gamme", confirme un porte-parole de la chaîne de supermarchés Coop. Les concurrents de Denner observe la situation attentivement. Valora, qui déteint la chaîne de kiosques Naville, a déjà franchi le pas avec des produits de l'entreprise suisse Insmoke. En Allemagne, la chaîne offre des produits de vapotage depuis plusieurs années. Au hit-parade des liquides, ce sont les arômes After-eight et cheesecake les plus populaires. 

Près de deux millions de fumeurs à sortir du tabagisme

Le Tages Anzeiger anticipe une belle croissance du secteur. Avec plus de 25% de fumeurs, la Suisse a réussi à maintenir son taux de tabagisme avec la prohibition arbitraire du vapotage nicotiné depuis 2009. Tandis qu'au Royaume-Uni, près de 6% de la population est passé de la cigarette au vapotage observe le quotidien zurichois. "Le secteur bénéficie des recommandations du ministère de la Santé britannique. Celui-ci conseille fortement aux fumeurs de passer au vapotage car il est significativement moins nocif que les cigarettes traditionnelles", souligne le journal. 

Une situation qui contraste fortement avec la protection de la situation actuelle par les lobbys anti-vape en Suisse. "Selon Thomas Beutler de l'Association de prévention du tabagisme en Suisse (AT-Suisse), il n'existe pas d'étude significative à long terme sur les effets négatifs du vapotage sur la santé", mentionne la Tages Anzeiger.

Que va faire Big Tobacco ?

Du côté d'Insmoke, Stefan Meile se réjouit des perspectives de développement. Mais il reste sur ses gardes. "Les grandes compagnies de tabac vont bientôt apporter leurs e-cigarettes sur le marché suisse, avec un budget marketing élevé", prévient le président de l'Association indépendante des professionnels de la vape suisse (SVTA). Un porte-parole de Japan Tobacco confirme travailler sur le dossier. En Allemagne, le cigarettier genevois a opté pour une stratégie de dénigrement contre le vapotage, y compris par campagnes publicitaires.

Alors qu'aucune restriction sur l'âge de vente des cigarettes n'existe au niveau fédéral, l'administration a convoqué une table-ronde le 6 juillet dernier pour restreindre la vente des produits de vapotage. Les professionnels indépendants de la vape étaient bien isolés au milieu des lobbyistes des cigarettiers à ce meeting de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et vétérinaire (OSAV), qui a évité d'y convier les représentants des vapoteurs. Selon le Tages Anzeiger, aucun résultat n'est ressorti de la réunion. "Ils veulent se revoir en septembre".


jeudi 28 juin 2018

Interview: le SOS des vapoteurs face au blocus du Monopole du tabac en Tunisie

Entrevue, travaux et remise de cahiers des charges. Les premiers mois de l'année semblaient promettre une sortie de crise pour le vapotage en Tunisie. Puis le silence, la rupture de dialogue sans explication. Khaled Haddad, président de l'Association de la Cigarette Electronique pour Arrêter de Fumer (ACEAF) a remis le 8 février dernier un rapport pour sortir de l'impasse à M. Sami Ben Jannet, directeur général de la Régie Nationale du Tabac et des Allumettes (RNTA). Mais depuis la RNTA fait la sourde oreille.

Détentrice du monopole sur l'importation et la distribution du vapotage depuis un arrêté ministériel de 2014, la régie n'importe rien, ne distribue rien et ne met aucun produit de vapotage sur le marché en Tunisie. La vape est légale, mais aucun produit n'est à disposition légalement. Les boutiques de vape sont de facto dans l'illégalité. Les douanes ont fait une série de rafles avec saisies et fermetures en 2017 et en début d'année. "Il n'y a plus de produit disponible", nous rapportait en janvier Ryad, un vapoteur de Sousse. Certains vapoteurs se sont remis à fumer, déplorait l'automne passé le site tunisien Webdo. Mais le mouvement de sortie du tabagisme par le vapotage croît en dépit de la répression. L'association ACEAF estime qu'il y a à présent près de 80'000 vapoteurs tunisiens, avec des pages dédiées sur Facebook approchant les 100'000 membres.

Aujourd'hui, Khaled Haddad de l'ACEAF lance avec cet interview un appel à l'aide pour sortir de cette situation absurde. Nouveau membre d'INNCO, le réseau international des organisation d'usagers de produits nicotinés à risque réduit, qui vient d'être autorisé par l'ONU à participer aux rencontres de haut-niveau sur les maladies non transmissibles (MNT), l'ACEAF espère attirer l'attention au-delà des frontières tunisiennes pour que ses autorités nationales prennent enfin en considération le vapotage et ses utilisateurs.

Bonjour, pouvez-vous présenter en quelques phrases l'association ACEAF ?

Khaled Haddad: Notre association est jeune, nous l'avons créé en octobre 2016. Un de ses objectifs est d'inciter des fumeurs à arrêter le tabac conventionnel en recourant à la cigarette électronique, qui est considérée comme un moyen de sevrage tabagique efficace.

Notre premier soucis est de légitimer la vente de la cigarette électronique en Tunisie, étant donné que la régie nationale du tabac (RNTA) fait obstacle à sa mise à disposition du consommateur. La RNTA détient le monopole sur l'importation et la vente sans pour autant mettre de produits sur le marché. Notre cheval de bataille est la légalisation de la vente et l’organisation du secteur et son développement.

En Tunisie, les produits de vapotage sont légaux mais pourtant, j’ai vu de nombreux usagers se plaindre de ne pas avoir accès facilement à des produits. Quel est le problème à l’origine de ce mécontentement ?

K.H.: Oui effectivement, les produits de vapotage sont légaux en Tunisie. Mais leur importation ainsi que leur vente restent néanmoins interdites en Tunisie parce qu'ils sont sous le monopole de l’Etat. Or celui-ci n'en importe pas, ni n'en vend ! C’est pour cela que les consommateurs se plaignent de ne pas avoir accès aux produits. Chose qui a permis à un marché parallèle non contrôlé de fleurir. Il y a des risques de contrefaçons et de liquides non conformes aux normes, qui pourraient nuire à la santé du consommateur.

En janvier dernier, votre association a eu une entrevue avec M. Sami Ben Jannet, le directeur général de la Régie Nationale du Tabac et des Allumettes (RNTA). Sur quoi a débouché ce rendez-vous ?

K.H.: Cette rencontre tant attendue a débouché après de longs pourparlers sur une entente entre la RNTA et l’association ACEAF concernant l’établissement par nos soins d’un cahier de charge. Celui-ci devait permettre de définir les moyens de gestion de l’activité de ce secteur, tout en préservant la qualité tant au niveau des produits que de ses moyens afin de préserver la santé du consommateur. Sachant que l’ACEAF regroupe en son sein des compétences humaines de médecin, pharmacien, laborantin et professionnel de la vape, qui permettent d'envisager la gestion de ce secteur dans les meilleures conditions.

Vous avez donc remis au directeur de la RNTA un dossier pour sortir de l’impasse actuelle. Dans les grandes lignes quelle était votre proposition ?

K.H.: Nous avons proposé un cahier de charge pour régir l’importation, prenant en compte la quantité, la qualité, les questions d'hygiène, de conditions de stockage, d'homologation (CE), de contrôle et les compétences pour le domaine. Et nous avons aussi établi un cahier de charge concernant la distribution.

Depuis la remise de ces cahiers des charges le 8 février, quelle a été la réaction de la RNTA ?

K.H.: Une stagnation complète du projet ! Malgré des rappels incessants. Cette situation a des répercussions négatives sur les professionnels du secteur et les consommateurs. Il y a des descentes de police avec saisies et fermetures de magasins. Plusieurs familles se sont retrouvées à la rue. Ce blocage entraîne la destruction d’emplois créés et favorise l’émergence d’un secteur parallèle hors contrôle. Et pendant ce temps le tabagisme continue à faire ses ravages.

Vous n’avez plus aucun contact avec la RNTA !? Vous avez une idée des raisons de ce silence ?

K.H.: Non plus de contact depuis la remise du cahier de charge. Sans aucune raison. Mais probablement à cause de la pression du lobby du tabac ainsi que la mauvaise foi de l’Etat.

Quelles possibilités s’offrent à votre association pour débloquer cette situation décevante ?

K.H.: A part le soutien de gens comme vous dévoué à la cause, nous avons épuisé les solutions à l’échelle nationale. Maintenant, nous espérons médiatiser notre cause à l’échelle internationale afin de créer une pression suffisante pour faire plier les preneurs de décision en Tunisie.

Pour comprendre les enjeux humains, quelle est l’ampleur du tabagisme en Tunisie ?

K.H.: Le tabagisme en Tunisie tue, directement ou indirectement, 40 personnes par jour, selon le principal responsable du programme national anti-tabac. Le pourcentage des fumeurs en Tunisie est de 23.5% de la population actuelle, selon les statistiques officielles de 2016. Il est a signaler que 20 % des adolescents à partir de 11 ans sont fumeurs.

J’ai vu des images de rencontres sur le vapotage où il avait pas mal de gens. Le vapotage est une alternative qui intéresse les fumeurs tunisiens ?

K.H.: Oui bien sûr et ce grâce aux efforts fournis par l’association, ainsi que ses généreux donateurs (Zazo-Vape, Vape Store El Ghazela et Smooky), malgré les difficultés que ces derniers rencontrent, et qui ne sont malheureusement pas plus nombreux.

Voulez-vous ajouter quelque chose… ?

K.H.: Nous subissons en tant qu’association des pressions de plus en plus fortes de la part de la communauté tunisienne de la vape. Nous comptons sur votre soutien ainsi que la communauté internationale afin de débloquer cette situation décevante pour nous ainsi que pour tous les vapoteurs.