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mardi 22 septembre 2020

Ma saisine au CSA concernant le film de propagande anti-vape d'ARTE

La semaine dernière, j’avais alerté sur l’imminence de la diffusion d’un film à charge contre la réduction des risques par la chaîne Arte. Il est en ligne depuis hier et il sera diffusé ce soir à l’antenne. Les critiques que j’avais formulées la semaine dernière se révèlent malheureusement justes, et d’autres séquences aggravent le caractère trompeur et la charge de désinformation du film. Voici ma saisine envoyée au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) concernant ce film. Les illustrations sont ajoutées.

Chacun peut déposer une saisine sur le site du CSA : https://www.csa.fr/Mes-services/Alertez-nous-sur-un-programme2

Le nom de la chaîne concernée : Arte VOD

Le nom du programme ou de la publicité :  « Cloper sans fumée, la nicotine revisitée »

Motifs :

Le film « Cloper sans fumée, la nicotine revisitée », présente plusieurs affirmations trompeuses pouvant porter préjudice au public, notamment les personnes qui fument, les personnes qui ont arrêté de fumer à l’aide du vapotage, les professionnels sociaux et sanitaires aidant à l’arrêt tabagique, les bénévoles pairs aidants œuvrant à l’arrêt tabagique, et au-delà à l’ensemble de la société en attentant à l’information de santé publique concernant la principale cause de maladies et de décès évitable. Son propos est violemment orienté, présente des propos erronés sans éclairage, présente des intervenants de manière trompeuse, ment par omission sur de nombreux points. Ce film aura pour conséquence des malades et des morts qui étaient évitables avec une information honnête et loyale sur la réduction des risques face au tabagisme.

Cette saisine concernant la diffusion online sur le site d’Arte du film, confirme les éléments précédemment communiqués au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) concernant sa bande-annonce diffusée la semaine précédente. De nouveaux éléments aggravants sont apparus lors de la diffusion du film complet.

1. Il est factuellement faux d’accuser le vapotage, entendu au sens courant en français et en allemand comme vapotage avec nicotine, pour la vague de pneumopathies, dites Evali, aux États-Unis dont il est établi qu’elles étaient liées à des produits frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC. Cette séquence, à partir de la minute 26, du film est gravement trompeuse. Le témoin Daniel Ament [edité, faute dans le nom] a dans la presse américaine reconnu avoir consommé des produits du marché noir du THC, qui n’ont rien à voir avec le vapotage, et qu’il n’a pas acheté dans un magasin de vape comme le film le fait croire aux téléspectateurs (propos de mn 31 à 32). 

Plusieurs analyses scientifiques ont conclu à la mise en cause de l’acétate de vitamine E dans ces pneumopathies. Il a été utilisé par les dealers du marché noir pour remplacer (en partie) l’extrait de cannabis dans les produits de THC. L’acétate de vitamine E, produit lipidique, n’est pas miscible avec la nicotine, de base aqueuse. Aucun produit de vapotage nicotiné du marché légal ne contient de l’acétate de vitamine E. Il est fort improbable que des e-liquides nicotinés même du marché noir, créés par des réglementations anti-vape dans certains pays, puissent en contenir (1).

Elle induit les téléspectateurs en erreur à double titre et avec des conséquences délétères possibles pour plusieurs groupes sociaux distincts : 

En cachant que les pneumopathies américaines étaient liées à des produits frelatés du marché noir du THC américain, des consommateurs de THC ne sont pas avertis des risques qu’ils encourent à l’image de ce qui est arrivé à Daniel, le témoin du film. Le film d’Arte augmente les risques d’intoxications similaires en trompant le public sur sa véritable cause. Cette désinformation est une mise en danger des consommateurs de THC.

Des consommateurs de vapotage qui croiraient cette séquence pourraient arrêter de vapoter au risque de retomber dans le tabagisme. Cette désinformation est une mise en danger de personnes ayant arrêté de fumer en risquant leur rechute par arrêt de la substitution nicotinique.

Des fumeurs seront convaincus de ne pas essayer d’arrêter de fumer avec le vapotage. Cette désinformation est une mise en danger des fumeurs trompés sur un moyen efficace de sortir du tabagisme.

Les professionnels socio-sanitaires et les pairs aidants œuvrant à l’arrêt tabagique voient leur travail saboté par cette désinformation.

Le devoir journalistique de délivrer une information rigoureuse est violé de manière flagrante sur cette séquence. Il est impératif que le CSA oblige Arte à rectifier avec la même publicité que le film lui-même cette fausse information. Le film en donnant une information fausse sur ce cas augmente les risques du public à suivre l’exemple de Daniel, son témoin, et ne pas se prémunir du réel danger de produits frelatés du marché noir du THC, tout en se méfiant à tort de produits de réduction des risques face au tabagisme. C’est une grave faute éthique qui risque de provoquer des morts, soit par utilisation de produits frelatés, soit par utilisation de cigarettes.

2. Il est factuellement faux d’accuser le vapotage d’être aux mains des cigarettiers. Cela semble diffamatoire pour les marques indépendantes qui représentent plus de 85 % du marché en France selon l’institut Xerfi.

3. Il est factuellement faux de dire que le but des vendeurs de vapotage est de pousser les jeunes au tabagisme. C’est à la fois un procès d’intention diffamatoire et dans la réalité, il se passe l’inverse. Le tabagisme juvénile recule y compris en France. Une étude de l’OFDT a montré que les jeunes ayant essayé le vapotage ont 38 % de risques en moins d’être fumeurs à 17 ans que les autres jeunes (2).

4. Il est factuellement faux et méprisant de dire que le vapotage empêche d’arrêter de fumer. Les données de l’Eurobaromètre 458 mené en mai 2017 montrent qu’il y a 7,5 millions d’Européens qui ont arrêté de fumer grâce au vapotage (3). Santé Publique France a évalué à 700 000 personnes en France ayant arrêté de fumer de manière consolidée et attribuant leur arrêt à leur recours au vapotage entre 2011 et 2017. Les données au Royaume-Uni, en Islande et dans d’autres pays, de manière moins spectaculaire avec des autorités créant un climat hostile à l’arrêt tabagique, vont dans le même sens. Nier l’existence de millions de vivants est une forme de négationnisme honteuse et sanglante dans ces conséquences pour les fumeurs de la part des auteurs de cette théorie aberrante.

5. Il est mensonger d’affirmer que la nicotine présente plus de dangers que l’héroïne. C’est un propos complètement insensé et délirant.

6. Il est mensonger d’affirmer qu’il est avéré que le vapotage est cancérigène. La séquence avec les chercheurs affirmant cette hypothèse basée sur des essais aux conditions contestées sur des souris transgéniques, connues pour développer des tumeurs spontanément, aurait dû être accompagnée d’un avis éclairé sur le sujet. Les publications des chercheurs interviewés sont de fait la risée du monde scientifique en raison des faiblesses de leur protocole (4). Attribuer le risque cancérigène aux traces de nitrosamines, que l’on trouve également dans les substituts nicotiniques pharmaceutiques alors que nous avons 40 ans de recul sur leur sureté, est de l’enfumage sensationnaliste de bas étage indigne. Ne pas modérer ces propos ridicules scientifiquement est une entorse déontologique au respect du droit à une information loyale pour le public.

La méta-analyse la plus sérieuse sur les risques cancérigènes comparés montre que vapoter représente un risque de 0,4 % par rapport à celui de fumer. Le propos du fil d’Arte est au moins à 99,6 % erroné.

7. Le témoignage de Stanton Glantz est mensonger à plusieurs reprises. À la mn 32, ses affirmations concernant un « risque de crise cardiaque » lié au vapotage ont été rétractées par le Journal of American Heart Association. S. Glantz avait comptabilisé pour incriminer le vapotage les infarctus de fumeurs des années avant qu’ils n’arrêtent de fumer à l’aide du vapotage (5).

Les statistiques sont têtues et l’Eurobaromètre 458 de l’Union Européenne en mai 2017 recensait l’équivalent de 7,5 millions de personnes ayant arrêté de fumer grâce au vapotage (6). En France, Santé Publique France a établi que 700 000 personnes ont arrêté de fumer grâce au vapotage entre 2011 et 2017. L’étude clinique menée par le Pr Peter Hajek a montré que le vapotage double les chances d’arrêt tabagique par rapport aux substituts nicotiniques pharmaceutiques, et il est établi que ceux-ci augmentent les chances d’arrêt par rapport à l’absence d’aide (7). Affirmer que le vapotage ne permet pas d’arrêter de fumer est mensonger (mn 89).

Outre ses fraudes scientifiques, Stanton Glantz est connu pour son harcèlement sexuel et ses injures racistes envers ses étudiantes depuis des années sur le campus de l’Université de San Francisco. Il est choquant qu’Arte se rende complice de tels actes en les passant sous silence et en donnant la parole à son auteur (8).

8. Une large partie du domaine de la santé publique n’adhère pas à la vision idéologique présentée dans ce film contrairement à ce qui est affirmé (9). L’absence durant l’ensemble du film de professionnels de la santé publique, de professionnels de santé de terrain, de tabacologues, d’addictologues favorables et utilisant l’approche de la réduction des risques, est un biais inacceptable pour un film prétendant présenter la problématique de la réduction des risques de la consommation de nicotine. La charte de Munich rappelle utilement que le travail de journaliste ne doit pas se confondre avec celui de propagandiste. Ce film échoue à honorer sa profession. L’orientation et les liens d’intérêts des intervenants font planer un sérieux doute sur l’indépendance de la réalisation du film.

Le Royal College of Physicans britannique en 2016, et le Public Health England dans ses rapports annuels sur le sujet depuis 2015, ont évalué une réduction de 95 % des risques sanitaires du vapotage par rapport aux cigarettes. Ces deux organismes sont indépendants et le Royal College of Physicians est exemplaire dans l’histoire de la lutte contre le tabagisme. Ignorer leur analyse est un mensonge par omission grave sur ce dossier. Ils sont loin d’être les seuls à prendre en considération l’approche de réduction des risques face au tabagisme. Une liste complète serait trop longue. En France, l’Académie nationale de médecine a aussi présenté une position claire et compétente. Il est incompréhensible que le film d’Arte occulte ces acteurs incontournables du domaine.

Par ailleurs, il est par exemple inexact de présenter Matthew Myers, président de la Coalition Tobacco-Free Kids, d’un simple « indépendant ». Matt Myers a négocié en secret des arrangements avec Philip Morris USA en 1997 et 2004 (10), dont il a ensuite bénéficié par les retombées financières. Il a reçu des millions $ de financement de géants pharmaceutiques, tels que Pfizer. Ceux-ci ont un intérêt direct à entretenir la source de maladies et de clients du tabagisme, et de promouvoir leurs produits d’arrêt tabagique, extrêmement peu efficace avec des taux de près de 90 % d’échecs. 

Matt Myers a aussi reçu des millions $ du milliardaire spéculateur financier Michael Bloomberg. Celui-ci entretient des affaires avec les États tabagiques de l’Inde et de la Thaïlande. Il est notoirement connu que les organisations qu’il finance protègent de toute critique ses partenaires économiques (10). On peut noter d’ailleurs que le film d’Arte ne présente ni la situation en Inde, ni en Thaïlande et ne parle pas des activités de lobbys du cigarettier Japan Tobacco.

Le même problème de conflit d’intérêts se présente avec les interventions dans le film du représentant de l’organisation STOP, financée par Michael Bloomberg.

Retrait et correctif nécessaires

Pour ces raisons, un retrait de « Cloper sans fumée, la nicotine revisitée » est nécessaire et urgent. Un documentaire sérieux sur ce sujet de première importance pour la santé publique pour corriger les mésinformations répandues par ce film est également nécessaire.

De nombreux professionnels sanitaires et des groupes d’entraide à l’arrêt du tabagisme voient leur travail saboté par le film diffusé par Arte. Il y a une mise en danger du public, et tromperie sur les enjeux de santé publique. Le CSA se doit d’intervenir pour faire cesser l’épidémie de désinformation sensationnaliste sur les sujets de santé publique et en particulier celui lié à la principale cause de maladies et de décès évitable qu’est le tabagisme. Il est estimé que près de 750 000 Français et 105 000 Allemands meurent prématurément de maladies liées au tabagisme chaque année. Il est inacceptable éthiquement et socialement qu’une chaîne de télévision accentue ce problème de santé publique par une désinformation du public. 

Par ailleurs, il serait pertinent que les financements de ce film soient rendus publics, en regard de son enjeu politique et commercial. Le choix des intervenants de santé publique et des organisations à sens unique est extrêmement troublant et douteux.

Étant investi dans l’aide à l’arrêt tabagique et pour l’information sur la réduction des risques, cette diffusion me porte directement préjudice.

Notes et références :

(1) Voir notamment :

– La présentation du Pr Harry Tattan-Birch, de l’University College of London, au Symposium de la Society for Research on Nicotine and Tobacco (SRNT) ce 17 septembre 2020, est un excellent résumé de la crise dite Evali. Accessible uniquement sur inscription au Symposium.

– Les méfaits de la désinformation à propos de cette crise ont été analysés dans cette étude : Association of the US Outbreak of Vaping-Associated Lung Injury With Perceived Harm of e-Cigarettes Compared With Cigarettes ; Harry Tattan-Birch, MSc1,2; Jamie Brown, PhD1,2; Lion Shahab, PhD1,2; et al Sarah E Jackson, PhD1,2; JAMA Netw Open. 2020; 3(6):e206981. doi:10.1001/jamanetworkopen.2020.6981 https://jamanetwork.com/journals/jamanetworkopen/fullarticle/2767134

– Le 19 août, le laboratoire de toxicologie du Département de santé de l’État de New York avait déjà déterminé la responsabilité de l’acétate de vitamine E présent dans des produits du marché noir du THC. https://www.eurekalert.org/pub_releases/2020-01/mdpi-vea012220.php et leur conférence de presse le 5 septembre 2019 https://www.health.ny.gov/press/releases/2019/2019-09-05_vaping.htm

-Vitamin E Acetate in Bronchoalveolar-Lavage Fluid Associated with EVALI ; Benjamin C. Blount et al. ; N Engl J Med 2020; 382:697-705 ; DOI: 10.1056/NEJMoa1916433 https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa1916433

-CDC Confirms Black Markets, not "Vaping," Caused Outbreak. https://cei.org/blog/cdc-confirms-black-markets-not-vaping-caused-outbreak

- Nyakutsikwa B, Britton J, Bogdanovica I, Langley T. Vitamin E acetate is not present in licit e-cigarette products available on the UK market. Addiction. January 2020:add.14920. doi : 10.1111/add.14920

– Les consommateurs de THC sont les premières victimes de la désinformation comme l’explique ce spécialiste du domaine du cannabis : https://www.leafly.com/news/politics/at-years-end-time-to-ask-why-did-the-cdc-ignore-vaping-evidence 

(2) Analyse de l’OFDT publiée : Does e-cigarette experimentation increase the transition to daily smoking among young ever-smokers in France? ; Sandra Chyderiotis et al. ; Drug and Alcohol Dependence, Vol. 208, 1 March 2020 ; https://doi.org/10.1016/j.drugalcdep.2020.107853

Analyse aux États-Unis : Electronic cigarettes, nicotine use trends and use initiation ages among US adolescents from 1999 to 2018 ; Floe Foxon, Arielle S. Selya ; Addiction, avril 2020 ; https://doi.org/10.1111/add.15099

(3) Eurobaromètre 458 https://data.europa.eu/euodp/fr/data/dataset/S2146_87_1_458_ENG

(4) Factchecking de Libération : https://www.liberation.fr/checknews/2018/02/01/est-ce-vrai-que-le-vapotage-augmente-les-risques-de-cancer-et-de-maladies-cardiaques_1626654

(5) La rétraction de l’article de Stanton Galntz par le Journal de l’American Heart Association : https://www.ahajournals.org/doi/10.1161/JAHA.119.014519

(6) Essai clinique mené par le Pr Peteer Hajek : https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa1808779

(7) L’affaire Stanton Glantz : https://www.statnews.com/2018/10/16/stanton-glantz-ucsf-sexual-harrassment/

(8) Voir par exemple (liste non exhaustive) :

Royal College of Physicians 2016 https://www.rcplondon.ac.uk/projects/outputs/nicotine-without-smoke-tobacco-harm-reduction

Public Health England de 2015 à 2020, les rapports annuels sur le vapotage : https://www.gov.uk/government/publications/e-cigarettes-and-heated-tobacco-products-evidence-review

Académie Nationale de Médecine : http://www.academie-medecine.fr/lacademie-nationale-de-medecine-rappelle-les-avantages-prouves-et-les-inconvenients-indument-allegues-de-la-cigarette-electronique-vaporette/

(9) Article de 2004 sur les arrangements entre Matt Myers et Philip Morris USA : https://www.rollcall.com/2004/10/04/how-philip-morris-tobacco-foes-tied-the-knot/

(10) Une affaire illustrant les méthodes Bloomberg : https://www.npr.org/2020/04/14/828565428/bloomberg-news-killed-investigation-fired-reporter-then-sought-to-silence-his-wi?t=1600778619985

                                                                    Le 22 septembre 2020, Poirson Philippe


jeudi 17 septembre 2020

Publicité négative : ARTE veut convaincre les fumeurs de rester à la cigarette

Le film sera diffusé le mardi 22 septembre en prime time sur Arte et accessible en ligne dès la veille. « Cloper sans fumée, la nicotine revisitée » de Bärbel Merseburger-Sill s’annonce être un brulot à charge contre le vapotage. Dans la bande-annonce et le texte de présentation du site d’Arte, pas moins de six affirmations trompeuses ou erronées sont déjà diffusées. La plus grossière est la fausse attribution au vapotage des pneumopathies liées aux produits frelatés à l’acétate de vitamine E du marché noir du THC aux États-Unis en 2019.

Théorie du complot et mensonges

Seconde affabulation : la théorie complotiste du film prend appui sur le mythe de la mainmise des cigarettiers sur le vapotage. Dans la réalité, le marché est loin d’un oligopole avec plus des 8/10 e des ventes pour des firmes indépendantes des cigarettiers. Dans la foulée, la chaîne franco-allemande reprend à son compte la théorie éculée de la passerelle : « l’industrie de la nicotine, d’un redoutable cynisme, cible dès à présent les très jeunes, dont elle s’emploie à faire les fumeurs de demain », dans le texte. 

Dans la réalité, le tabagisme des jeunes s’écroule où le vapotage s’est développé. A croire que les complots cigarettiers ne sont plus ce qu’ils étaient. D’autant plus qu’une étude sérieuse de l’Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) conclut à une réduction de 38 % du risque de devenir fumeur à 17 ans pour ceux qui ont essayé le vapotage par rapport aux jeunes qui n’y ont jamais touché. Mais Bärbel Merseburger-Sill s’est libérée des faits pour raconter son histoire.

Diffamation de scientifiques et pseudo-science

Ainsi le film dessine la figure du méchant en diffamant les organismes scientifiques de santé publique, le Royal College of Physicians (UK) et Public Health England, ayant évalué une réduction de 95 % des risques du vapotage par rapport à la cigarette, en prétendant qu’ils sont des « représentants de l’industrie »

La fiction ne s’arrête pas là, le film glisse même dans une sorte de science-fiction. La nicotine présenterait plus de danger que l’héroïne, selon les promoteurs du documentaire de Bärbel Merseburger-Sill. Le terme de danger implique d’avoir des preuves, mais un film autorise la fantaisie. On se doute de l’option prise par la réalisatrice. Avant de conclure que les dangers du vapotage sont avérés. Auxquelles s’ajoutera dans le film, de fausses affirmations sur le caractère cancérigène prétendument avéré (!) du vapotage, sur la base d’études biaisées sur des souris et aux résultats infirmés par les spécialistes.

Un succès commercial

Décrypter chacun de ces points est long (voir plus bas des suggestions de lecture). L’extrême majorité des personnes qui visionneront le film ne le feront pas. En ceci, on peut déjà féliciter Arte pour sa réussite commerciale : en lui faisant confiance, des centaines de milliers de ses téléspectateurs français et allemands seront un peu plus convaincus de ne pas essayer d’arrêter de fumer avec le vapotage. La méthode de la publicité négative est une technique de marketing très efficace. 

Les téléspectateurs d’Arte choqués de cette fumisterie pourraient saisir le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) en raison de l’évidente maltraitance des informations de santé. La bande-annonce ainsi que son texte d'accompagnement permettent déjà de faire une telle saisine en raison des multiples erreurs diffusées.

[Add 14h] A toute fin utile, le lien sur mon drive vers la copie de ma saisine au CSA:   https://drive.google.com/file/d/1W83pmn9omC1olx8b-OvuJNlpag8baZ4B/view?usp=sharing [/]

Le CSA défendra t-il le droit à une information de santé honnête ?

Le secteur public de l’audiovisuel est sensé, selon l’article 43-11 de la loi relative à la liberté de communication, assurer « une mission d’information sur la santé ». Arte ayant labellisé sur son site le film comme « Médecine et santé », la chaîne pourrait être tenue à l’objectivité de son contenu, en contraste d’une liberté créatrice d’une œuvre de fiction. 

À fortiori, en portant atteinte aux spectateurs qui fument par désinformation sur un sujet de santé, il constitue une mise en danger. Les chances sont faibles, mais le CSA pourrait se montrer sensible à ce nouvel exemple de dérive sensationnaliste, alors que le contexte de mésinformation sanitaire du public montre tout son potentiel délétère dans l'actualité. 

Une opération politique

Une autre raison possible de saisie du CSA est le caractère unilatéral du documentaire. Aucun représentant de l’approche de réduction des risques ni de défenseurs des utilisateurs de produits à risques réduits, n’a la parole dans le film. Il présente la vision unique du courant pro-abstinence, pourtant minoritaire chez les acteurs de terrain de santé et du social. « L’expression pluraliste des courants de pensée », défendue par l’article 13 de la loi sur la liberté de communication, sur les approches de santé publique concernant le tabagisme n’est pour le moins pas respectée. Ceci est d’autant plus pervers que le sujet sera en débat au niveau des instances européennes ces prochains mois.

À ce titre, on serait curieux de connaître de manière transparente les financements du film. On ne trouve aucune information sur le site du producteur Berlin Producers. Il est très probable que cet aspect restera secret. On peut imaginer qui nourrit l’intérêt, à quelques mois de la révision de la directive européenne TPD qui concerne le vapotage, de dénigrer l’aide la plus populaire pour arrêter de fumer dans la plupart des pays européens. 

Au moins 7,5 millions de citoyens de l’Union Européenne ont arrêté de fumer à son aide, et neuf autres millions ont réduit sensiblement leur consommation de cigarettes. Ce sont des pertes colossales pour les percepteurs de taxes du tabac, les vendeurs de cigarettes, mais aussi les vendeurs de médicaments aux millions de fumeurs rendus malades par leur tabagisme.

Un film gore

Arte semble s’être autorisée à prendre le risque de nuire à la santé de ses téléspectateurs qui fument en les induisant en erreur. Le nombre estimé de décès par an liés au tabagisme approche 75 000 en France et 105 000 en Allemagne. Des millions sont malades à cause de la nocivité des cigarettes. Mais Bärbel Merseburger-Sill a choisi de les conforter dans la peur de sortir de la cigarette. Cette mise en danger n’est pas gratuite.

Les échéances politiques avec des pressions pour faire interdire les arômes de vapotage et taxer la vape au niveau européen approchent. De probables tentatives de révisions de la directive TPD en mai prochain et, en parallèle, un projet d’intégrer le vapotage à la directive européenne des taxes du tabac. Le Bundestag allemand travaille déjà sur le sujet. L’enjeu de maintenir les centaines de milliards € de rentrées fiscales, de ventes de cigarettes et ventes de médicaments pour les fumeurs malades semble avoir pris le pas sur la déontologie et l’honnêteté sur la chaîne franco-allemande.

Graphique extrait de la présentation au Bundestag le 7 septembre 2020, du Dr Martin Storck, de la clinique de Karlsruhe, sur les risques cancérigènes comparés entre cigarette, tabac chauffé et vapotage. Sa présentation est en ligne à https://www.bundestag.de/resource/blob/711050/40b859307b0d526dbefa1b562b944f13/05-Storck-data.pdf

Aides au décryptage

Pour ceux qui auront le temps et le courage de vouloir vérifier les faits, on peut recommander ces lectures (liste non exhaustive) :


dimanche 24 mai 2020

#TobaccoExposed : l'OMS viole la Convention-cadre anti-tabac

Entrée en vigueur en 2005 et signée par 167 pays et l’Union européenne, la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) intègre, dans la définition de ses objectifs, l’approche de réduction des risques. Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de lancer une nouvelle campagne contre le vapotage. Si outrancière qu’elle touche au ridicule en mettant en scène une enfant de huit ou neuf ans. En la signant de la CCLAT, l’OMS bafoue le texte fondateur de la Convention en stigmatisant l’approche de réduction des risques.

Mais l’OMS semble aussi prendre à la légère les décisions des membres de la Convention, qui lors de sa dernière assemblée en 2018 (COP8) ont refusé d’assimiler le vapotage au tabac. Contrairement aux cigarettes chauffées, qui elles ne sont « étonnamment » pas même mentionnées dans la campagne de l’OMS. Pourtant la responsabilité des pays membres de la CCLAT est pleinement engagée par la campagne de l’OMS faite en leur nom. Ce point est d’autant plus sensible que le dénigrement du vapotage mine les programmes de lutte anti-tabac de pays finançant la Convention-cadre. On peut penser notamment au Royaume-Uni et à la France (
~6 % chacun du financement de la CCLAT).


Le vapotage n’est pas un produit de tabac

Factuellement, le vapotage n’est pas un produit de tabac. Il ne contient pas de tabac et fonctionne sans combustion. Il ne dégage donc ni monoxyde de carbone ni goudron, les deux principaux serial-killers de la fumée. Le vapotage est utilisé par des dizaines de millions d’ex-fumeurs pour consommer de la nicotine en évitant les risques des cigarettes. Les méfaits sont ainsi réduits d’au moins 95 % selon les estimations scientifiques des organismes de santé publique indépendants britanniques. Dans les pays développant des politiques d’aide à l’arrêt tabagique, de nombreux professionnels socio-sanitaires de terrain l’utilisent pour aider des fumeurs à quitter le tabac fumé.

Ce sont des raisons pour ne pas amalgamer le vapotage au tabagisme malgré les fortes pressions des compagnies pharmaceutiques, mais aussi celles des grandes nations tabagiques lors de la COP 8. Illustrant la dissonance, la nouvelle campagne de dénigrement lancée par la direction de l’OMS survient au moment où une étude anglaise montre que la méfiance du public envers le vapotage, répandue par ce type de propagande, favorise le maintien dans le tabagisme.
« Nos résultats mettent en évidence la nécessité d’une augmentation de couvertures médiatiques et de campagnes de santé publique axées sur la réduction des méfaits pour la santé lorsque l’on passe du tabac fumé au vapotage et la nécessité d’une réduction de la couverture médiatique alarmiste », soulignent Olga Perski, Emma Beard et Jamie Brown, de l’University College London, dans leur étude publiée dans la revue BMC Medicine.

Prise en otage émotionnelle perverse

Dans la veine sensationnaliste, la nouvelle charge anti-vape de la direction de l’OMS prend en otage émotionnel par des photos-montages de jeunes enfants, pour prétendre que le vapotage conduit à fumer. C’est tout simplement mensonger.

Les analyses rigoureuses, notamment en France par l’OFDT et l’École des mines de Saint-Étienne, au Royaume-Uni par l’Action on Smoking and Health, les statistiques sur vingt ans du tabagisme adolescent aux États-Unis, ainsi que d’autres études (liste non exhaustive), montrent que le tabagisme adolescent recule sous l’impact du vapotage.

Des papiers ne tenant pas compte du tabagisme des proches, le principal facteur de risque de tabagisme des adolescents, ont abouti à des résultats biaisés pour affirmer que le vapotage pouvait avoir un « effet passerelle ». Mais la chute accélérée du tabagisme adolescent dans les pays où le vapotage s’est répandu depuis dix ans suffit à invalider cette théorie fumeuse.

Dans le monde réel, malgré son interdiction de vente aux mineurs, le vapotage détourne une partie de ceux-ci d’essayer la cigarette, qui dans sept cas sur dix aboutit à un tabagisme à long terme. Une large partie des ados ne font qu’expérimenter ponctuellement le vapotage et souvent sans nicotine (p.ex. récent les données allemandes de Debra). Chez ceux qui l’utilisent de manière régulière, la vaste majorité est déjà dans une démarche pour sortir ou réduire un tabagisme précoce.

Campagne programmée pour provoquer ce qu’elle prétend éviter?

La campagne de l’OMS a toutes les caractéristiques de communications contre-productives déjà vues dans le passé. Que ce soit celle de Nancy Reagan contre les drogues, ou les tournées des cigarettiers dans les écoles des années 1980', elles ont toutes abouti à faire augmenter la consommation qu’elles prétendaient faire reculer.

Ce type de communication provoque ce qu’elle prétend faire éviter chez les jeunes. Mais elle incite les parents à adopter une attitude de crainte et court-circuiter toute réflexion rationnelle. Des effets qui permettent d’obtenir des crédits dans une fuite en avant pour mener la « guerre » à un problème initialement inexistant.
« Les perceptions négatives et les craintes du grand public, renforcées par l’image négative que véhiculent les médias, ont fait des drogues et de ceux qui en consomment des “cibles faciles” pour les politiciens et d’autres élus en quête de voix. L’exemple le plus frappant est ce que les sociologues ont qualifié de “panique morale”, qui consiste à attribuer de façon exagérée ou mensongère un comportement dangereux à un groupe particulier, tel qu’une minorité ou une sous-culture (souvent en exposant des cas extrêmes comme s’ils étaient ordinaires) », rapport 2017 (p. 28) de la Commission globale de politique en matière de drogues (GCDP).
Dans un article sur cette nouvelle campagne de l’OMS, le Dr Philippe Arvers, médecin des armées et administrateur de la Société francophone de tabacologie (SFT), s’interroge sur cette attaque ciblée.
« Cette année, au lieu de se focaliser sur le tabac chauffé, l’OMS veut diaboliser la nicotine en utilisant des enfants. Les affiches proposées sont plus que tendancieuses et ne reposent sur aucun fondement scientifique. Au contraire, elles peuvent être incitatives à expérimenter les produits du tabac », Dr Philippe Arvers, article sur son compte Linkedin.

Incompétence abyssale des cadres de l’OMS sur le sujet

Il est difficile de déterminer, sans enquête indépendante ayant accès à des documents et à la nature des sources de financement de ce programme de l’OMS, si la campagne est motivée pour servir des intérêts financiers ou si elle n’est que le fruit d’une incompétence larvée dans une vision étriquée.

Au crédit de la lecture d’un moteur idéologique arriéré, il est clair que l’expertise des cadres de l’OMS sur la réduction des risques face au tabagisme est affligeante de nullité. La présentation de Ranti Fayokun au Conseil exécutif en février dernier à Genève sur le sujet — disponible en replay sur le site de l’OMS — est symptomatique à ce sujet : ignorance de notion basique de chimie, contresens sur des données scientifiques, malhonnêteté intellectuelle, absence de toute réflexion de gestion des risques et mépris du public concerné.

De son côté, Vinayak Prasad, directeur du programme Initiative pour un monde sans tabac (TFI) de l’OMS financé par la Bloomberg Philanthropies Company, a mené la campagne médiatique anti-vape autour du rapport Mpower à l’été 2019. Auparavant, il a été haut fonctionnaire de l’État indien durant 18 ans, notamment au ministère des Finances. Son interview avec David Nazar, enregistré fin février 2020, parle de lui-même sur l’absence de prise en compte des réalités humaines et des données scientifiques qui ne souscrivent pas à son a priori.
Les contenus du briefing de Ranti Fayokun et de l’interview de Vinayak Prasad sont dans la ligne idéologique de la scandaleuse page sur le vapotage, même après modification, que l’OMS avait publié en janvier. Pourtant à plusieurs reprises, des scientifiques et experts, des organismes de santé, des médecins, en Allemagne aussi, des tribunes dans des revues spécialisées, et même la santé publique britannique ont tenté de faire revenir l’OMS à la raison. Comme le déclare Vinayak Prasad dans son interview (ci-dessus), les cadres de l’OMS refusent de prendre en compte ces expertises et études.

Qui a intérêt à empêcher les fumeurs de sortir de la cigarette?

Mais si l’OMS viole aussi brutalement ses principes de fonctionnement, à la fois d’honnêteté scientifique et de respect des votes de la Convention, ainsi que les principes mêmes de la Convention, on peut se demander si ce n’est peut-être pas par un effet d’une troisième violation de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac : celle stipulée à son article 5.3, d’élaborer les programmes anti-tabac à l’abri de l’influence de l’industrie du tabac. 

Or, le cas indien est, au minimum, troublant. Troisième producteur mondial de tabac et actionnaire d’ITC — le Big Tobacco indien —, l’influence de l’Inde sur la Convention anti-tabac de l’OMS s’est accrue de manière prépondérante ces dernières années. D’une part de manière officielle, à travers l’organisation de la COP 7 à Delhi en 2016 et la présidence par Preeti Sudan de la COP 8 à Genève en 2018 notamment.
« En jouant le jeu d’ITC, le gouvernement protège et promeut la part de marché monopolistique de 80 % dont jouit ITC. Cela va à l’encontre du principe de concurrence dans l’intérêt du consommateur. ITC a réussi à invoquer des raisons de santé comme si les cigarettes fabriquées par ITC protégeaient la santé du fumeur et celles fabriquées uniquement par des étrangers provoquaient le cancer », soulignait déjà en 2012 l’analyste financier Janardan Kothari sur MoneyLife India.
D’autre part, l'Inde a accrue son influence au sein des organes de direction à l’OMS par la nomination en son sein d’ex-haut-fonctionnaires indiens. C'est un secret de pacotille, l’Inde milite pour la prohibition du vapotage qui fait concurrence à son tabac et ses cigarettes. Depuis la prohibition de la vape en Inde, ITC a d’ailleurs lancé en début d’année ses nouvelles cigarettes « fruitées » (voir photo) pour essayer de récupérer des clients.
« Dans un sens faible, le décret de prohibition du vapotage ne fait que susciter l’inquiétude que le gouvernement [Indien] utilise la santé des individus comme un écran de fumée pour une augmentation de ses revenus. Le fait d’être le plus grand actionnaire de la plus grande entreprise de tabac donne au gouvernement une incitation directe à ne pas faire progresser la santé publique », Nihal Sahu et Vedantha Sai, dans l’International Journal of Constitutional Law du 29 février 2020.

Financements opaques par un oligarque à la morale douteuse

De même, les financements de l’OMS par la Bloomberg Philanthropies Company, qui n’étant pas une fondation ne présente aucune transparence de ses comptes, sont aussi extrêmement problématiques puisque personne ne peut savoir quels intérêts financiers sont ainsi défendus et représentés. Aucun élément financier n’est accessible de manière transparente. D’une part, Michael Bloomberg refuse de publier sa propre déclaration d’impôt, et surtout, d’autre part, il a enregistré sa compagnie « philanthropique » sous le régime de Liability Limited Company (LLC) permettant l’opacité totale sur les comptes.
« Une “LLC philanthropique” peut contourner les règles habituelles en toute légalité. Elle n’est soumise à aucune obligation annuelle de distribution minimum de fonds à des causes caritatives, ni à aucune restriction concernant les délits d’initiés (lorsqu’un donateur doit s’interdire de faire un don qui lui profite directement) », précisent les sociologues Linsey McGoey, Darren Thiel et Robin West de l’Université d’Essex (UK), dans leur article de 2018, Le philanthrocapitalisme et les « crimes des dominants ».
Dans son ouvrage Follow the money, Sarah Reckhow, politologue de l’Université du Michigan, estime que ces nouvelles LLC constituent une évolution antidémocratique de la « philanthropie » en rendant toute recherche indépendante impossible à leur propos. Rien ne permet au public de connaitre les liens financiers, ou leurs absences, de Bloomberg et de ses entreprises avec les différents intérêts économiques sur le sujet. Il est incompréhensible qu’une telle opacité soit acceptée en regard de l’article 5.3 de la CCLAT.

Des financements par une structure économique à but lucratif et totalement opaque financièrement sont incompatibles avec l’exigence de garantir l’indépendance des activités de l’OMS de l’influence d’intérêts nocifs. Par exemple, comment savoir si les choix stratégiques ne visent pas à pervertir un programme en le détournant vers la lutte contre un moyen d’arrêt tabagique pour protéger des intérêts en place ?

Or Bloomberg a déjà privilégié l’intérêt de ses affaires à l’honnêteté et à la vérité par le passé. Bloomberg News a notamment étouffé la révélation d’un scandale de corruption dans l’élite chinoise pour arranger un futur partenariat économique, comme le montre l’affaire révélée en avril par la National Public Radio (NPR).

La poursuite d’affaires de Bloomberg avec des États tabagiques tels que l’Inde, la Thaïlande ou la Chine sont évidentes, bien qu’aucun détail n’est accessible en raison de l’opacité totale de Bloomberg. Le régime de LLC fait que la Bloomberg Philanthropies Company, n’est pas philanthropique. C’est une compagnie qui vend de la philanthropie. Et nul ne peut juger de la qualité du produit en raison de l’opacité totale sur son fonctionnement et son économie.

Au vu des attitudes incohérentes des organisations que Bloomberg finance dans le domaine « anti-tabac », on ne peut pas écarter que l’affairiste les utilise en monnaie d’échange pour arranger ses partenaires économiques, comme cela a été le cas avec la Chine dans le dossier étouffé par son journal du scandale de corruption.

Les violations des droits humains sont-elles bonnes pour la santé ?

Dans sa haine des vapoteurs, les félicitations récurrentes de l’OMS aux violations de droits humains sont ahurissantes. Une publication de Sovape a listé en janvier certaines des mal-conduites de l’OMS sur le sujet. Exactions de la junte militaire en Thaïlande où sévit le Monopole du tabac thaïlandais, menaces du dictateur cinglé Rodrigo Duterte aux Philippines, répression en Inde où 275 millions de consommateurs de nicotine sont forcés à utiliser les produits les plus nocifs, et modèle totalitaire Nord-Coréen bénéficient du soutien de l’OMS.

Une enquête indépendante est nécessaire

Dans ces conditions, une enquête sur les activités et les procédures de décision de l’OMS sur ce dossier est absolument nécessaire pour lever les doutes sur une éventuelle stratégie de manipulation ou d'instrumentalisation, clarifier le niveau de compétences des responsables, et éventuellement donner des balises d’un fonctionnement efficace et honnête à l’institution sur le sujet.

Des chercheurs de l’Université d’Édimbourg ont déjà alerté en 2018 sur le risque de stratégie de « cheval de Troie » au sein d’accord multilatéral concernant la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac. Le dernier épisode de cette nouvelle campagne de l'OMS concrétise cette crainte.
« Les deux organisations [l’OMS et la Banque mondiale] sont financées par une poignée de philanthropies privées et font face à des risques similaires pour une lutte antitabac efficace : réduction de la responsabilisation et de la mobilisation des ressources, mauvaise autorité décisionnelle en raison de l’influence spécifique des donateurs et difficulté de suivi et d’évaluation », souligne l’étude dirigée par le Dr Mitsuru Mukaigawara, publiée par Wellcome Open Research
Une enquête indépendante devrait chercher à déterminer si la direction de l’OMS :
  • viole le principe de réduction des risques de la définition (1.d) de la lutte anti-tabac du texte fondateur de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac
  • a violé la décision de la dernière assemblée (COP8) de la Convention-cadre avec cette campagne assimilant le vapotage au tabac
  • respecte ou au contraire nuit aux politiques anti-tabac de pays membres, notamment du Royaume-Uni ou de la France
  • respecte dans l’élaboration de ses programmes le principe d’indépendance envers les intérêts de l’industrie du tabac, notamment de l’Inde actionnaire des cigarettiers ITC et VST
  • s’assure de l’indépendance et de la probité de ses sources financières, notamment celle de Bloomberg qui est totalement opaque au public
  • examine et analyse avec rigueur et sérieux les études et données scientifiques à disposition, ce qui semble improbable à la lecture des publications de l’OMS sur le sujet
D’autres sujets connexes devraient aussi être éclairés par un tel audit. L’OMS respecte-t-elle le principe médical de ne pas nuire — « primum non nocere » —, en incitant des fumeurs à ne pas arrêter de fumer à l’aide du vapotage ? Le droit à la santé comprend la réduction des risques, ce qui dans la tradition humaniste s’enracine dans le droit individuel à la sauvegarde de sa propre intégrité physique. En incitant à la prohibition ou au maximum d’entraves à l’accès légal du moyen de réduire les risques pour les fumeurs, l’OMS respecte-t-elle encore ce droit humain ? Le soutien à des exactions et répressions violentes de régimes autoritaires contre les usagers de vapotage, en Thaïlande, Inde et Philippines notamment, devrait aussi être examiné.

Il est urgent que les pays démocratiques, soucieux des droits humains et d’approches de santé publique efficaces face au tabagisme, réagissent face à la dérive toxique de l’OMS contre les vapoteurs, et qui, de fait, favorise le tabagisme et les industries bénéficiant de ce fléau sanitaire. La crédibilité des autorités de santé des pays démocratiques est aussi en jeu. Ne pas dénoncer cette campagne outrancière et nocive de l’OMS serait de facto s’en faire complices aux yeux du public concerné. Et la période n'est pas à la confiance aveugle...


vendredi 27 mars 2020

Comment la désinformation tue: la tragique démonstration de New York avec le Covid-19

La désinformation tue. Encore plus en période de crise. Le 8 mars à son point presse hebdomadaire, Bill de Blasio, le maire de New York optait pour une communication opportuniste sur l’épidémie de Covid-19. « Les personnes qui contractent le covid-19 sont les personnes qui ont des problèmes de santé préexistants », insiste le maire de New York en détachant bien les syllabes de « pré-existants ». Parmi ces caractéristiques, il cible le vapotage, aux côtés du tabagisme, du diabète, des maladies cardio-vasculaires, de déficience immunitaire, du cancer, etc.. 

Il justifie le dénigrement ciblé sur le vapotage parce qu’il y a à ce moment-là un vapoteur malade à New York. Sur les 110 000 personnes détectées avec le virus dans le monde à ce moment-là. Les médias se ruent sur l’accroche : le vapotage rend les gens plus vulnérables au COVID-19. Message reçu par la population : le virus menace des personnes à risques uniquement, et en particulier les vapoteurs. « Oh, mais alors il suffit de ne pas vapoter pour éviter d’attraper le coronavirus ? ». 

Un message qui n’a pas prévenu le désastre

Le 8 mars, New York comptait 20 cas de personnes infectées par le coronavirus. Ce 27 mars, selon les données du New York Times : New York compte 39 000 personnes infectées, 432 décès. Les 54 000 lits des hôpitaux new-yorkais vont être à saturation d’ici le début de la semaine prochaine, les 1800 lits de réanimation sont probablement déjà tous occupés depuis ce vendredi. 

L’annonce de Bill de Blasio le 8 mars a réussi à faire arrêter le vapotage à quelques New-Yorkais. Dont certains ont recommencé de fumer illico, si l’on croit leur message sur les réseaux sociaux. Mais il a surtout trompé sa population en floutant l’information sur la propagation du virus. Le coronavirus peut toucher tout le monde, et il se diffuse ainsi. Il a trompé ses concitoyens sur la nature des risques et des précautions qu’ils devaient réellement prendre. 

La priorité des politiciens : faire passer la loi S7507-A pour interdire le vapotage

Cette stratégie de communication du maire de New York a reçu le soutien du Gouverneur Andrew Cuomo. Ce dénigrement opportuniste du vapotage répondait pour les deux hommes du souci de faire passer la loi interdisant les liquides de vapotage aromatisés à New York. Au lieu de préparer la ville à l’épidémie, les deux dirigeants ont mis leur énergie à imposer une prohibition de tout produit de vapotage aromatisé, sous le nom de loi S. 7507-A. Le gouverneur a finalement réussi a l’inclure dans le projet de budget de l’État de New York, qui devrait être voté d’ici le 1er avril. L’association des vapoteurs CASAA tente de s’y opposer.

Dénigrer le vapotage semble aussi avoir été une opportunité politicienne dans le rôle classique de bouc-émissaire facile. Évacuer le poids de ses propres responsabilités dans la catastrophe de santé publique en en rendant coupables les vapoteurs. Mais, de toute évidence, il y a aussi une grande incompétence et une forme de déni de la catastrophe des deux responsables. 

Deux responsables totalement à côté de la plaque

Cinq jours après avoir chargé le vapotage, le 13 mars, Bill de Blasio annonce enfin une recommandation de distance sociale aux habitants de New York. Deux semaines après, il y en a déjà 40 fois plus et le pic est loin d’être atteint. Le maire s’est montré totalement à côté de la plaque. 

Le Gouverneur Andrew Cuomo ne semble pas plus lucide. À l’annonce du confinement, décrété seulement le 17 mars, il s’engueule en direct sur CNN avec son frère pour savoir qui d’eux deux est le préféré de leur mère dans une séquence surréaliste. Le 24 mars, le Gouverneur ne semble toujours pas avoir récupéré ses esprits et invoque en conférence de presse les forces de l’amour pour sauver New York. 

Covidiot : le Surgeon General n’a « même pas peur »

À la décharge des deux responsables new-yorkais, Jérôme Adams, le Surgeon General qui est une figure sanitaire censée jouer un rôle de référence aux États-Unis, se montre totalement incapable de comprendre ce qu’il se passe. Le 6 mars, il poste sur les réseaux sociaux un selfie de lui en avion accompagné d’un commentaire sur le fait qu’« il ne craint pas le Covid-19 ». 

Depuis, il se montre toujours aussi incapable de saisir la situation et d’offrir une réflexion de stratégie de santé publique. Il a donc suivi l’exemple des deux dirigeants new-yorkais et opté pour le dénigrement du vapotage en guise de dérivatif et distraire le public de son incompétence. Ce 23 mars au show Today de CNN, il présente ainsi une théorie tombée de nulle part pour accuser le vapotage des Italiens et des Américains d’être une possible cause du Covid-19 chez les personnes de 18 à 49 ans. 

Comment peut-on croire que le vapotage est responsable du coronavirus ?

En l’état des connaissances sur l’épidémie du Covid-19, forcément non consolidées, rien n’indique une particularité d’âge des personnes contaminées en Italie et aux États-Unis par rapport aux autres pays. Et absolument rien n’indique un quelconque rôle, positif ou négatif, du vapotage dans les infections. Comme le montre l’analyse des chercheurs Konstantinos Farsalinos, Anastasia Barbouni et Raymond Niaura des données disponibles publiées sur Qeios. Seules des fakenews inspirées de théories du complot absurdes ont répandu ce message avant que des responsables américains ne le reprennent.

Pourtant, les médias américains ont martelé ces deux dernières semaines ce message de peur du vapotage en priorité. « D’après mon comptage, il y a eu plus de 30 articles dans les journaux et d’innombrables commentaires sur les émissions et journaux télévisés essayant de plaider d’un certain effet sur les infections à coronavirus ou COVID-19 de la part du vapotage », rapporte Jim McDonald, sur le site spécialisé Vaping360. L’alarme des médias évoque deux cas de vapoteurs infectés au total au début de cette semaine, alors que le nombre total de cas était estimé alors à 350 000 dans le monde. Depuis, on a dépassé les 500 000 dans le monde, dont plus de 80 000 aux États-Unis.

Bloody Bullshit

Les deux semaines qui auraient dû être consacrées à prévenir la propagation du virus ont été utilisées par les deux principaux dirigeants new-yorkais, et dans leur sillage les médias américains, à un pur bullshitage politicien pour détourner l’attention du public. Cette désinformation va participer à tuer énormément d’Américains, et en particulier de New-Yorkais, en les ayant distraits des précautions à prendre alors que le virus se répandait. Les options stratégiques prises depuis par le président Trump et son administration ne semblent pas en mesure d’inverser cette tragédie déclenchée à New York. 

C’est aussi ainsi que les autorités sanitaires perdent la confiance du public. Les États-Unis comptaient, avant cette crise, un des taux les plus faibles de confiance du public envers leurs autorités de santé. The Economist du 5 mars relate un sondage du Wellcome Trust, un organisme de bienfaisance : 59 % des américains font confiance aux messages des autorités de santé de leur pays, contre notamment 80 % au Royaume-Uni et en Allemagne, 86 % en Corée du Sud. Les Européens devraient vraiment arrêter de s’inspirer des États-Unis dans ce domaine.

mardi 17 mars 2020

Bloomberg enrôle des trolls à 250$ pour une campagne de parents anti-vape

En pleine crise du coronavirus, le philanthro-bizness suit son agenda politique. Une campagne en trois volets sera lancée ce mercredi 18 mars pour se poursuivre jusqu’au 30 avril sur les réseaux sociaux. En apparence, des parents américains inquiets alerteront des dangers du vapotage pour les adolescents et la nécessité d’interdire toute vape aromatisée et sa vente sur internet. En réalité, ces influenceurs ont été recrutés 250 $ pour poster trois messages sur les réseaux sociaux par l’entreprise de marketing WomenOnline. L’opération fait partie d’une campagne disposant d’un budget de 160 millions $ pour viser l’interdiction totale des liquides aromatisés de vapotage aux États-Unis.

Des parents trolls

» Nous créons des programmes marketing percutants (...). Nous aidons les clients à se connecter avec les influenceurs qui propulseront véritablement la marque ou le message du client », explique le site WomenOnline. Malgré des campagnes médiatiques intenses depuis trois ans, manipulant les chiffres entre expérimentations et usages fréquents du vapotage chez les adolescents, les parents sont rares à s’engager dans les campagnes anti-vape. La firme de marketing est donc partie à la chasse aux participants avec 250 $ de prime pour chacun. Parmi les conditions d’éligibilité : avoir au moins 4 000 abonnés sur un réseau social et n’avoir « jamais recommandé d’arrêter de fumer à l’aide du vapotage » (sic!).

Les influenceurs devront poster trois messages. Le premier s’attaquera à Big Tobacco, avant d’y amalgamer la vape aux deuxièmes et troisièmes vagues, au nom de la protection des adolescents avec le hashtag #ProtectKids. Aux États-Unis, la vente de produits de vapotage est interdite aux moins de 21 ans depuis février. Les pods ne sont plus disponibles que dans les goûts tabac et menthol. Seules les fioles de liquide aromatisé restent disponibles légalement.

Le tabagisme des lycéens américains divisé par trois depuis 2011

Cette campagne prend place alors que le tabagisme des lycéens américains s'est écroulé de 15,8 % en 2011 à 5,7 % en 2019. Une analyse en détail sur le vapotage, à partir des données 2018 de l’enquête NYTS, montre que 20,8 % des lycéens disent avoir vapoté au moins une fois au cours du dernier mois, mais près des trois quarts d’entre eux de manière occasionnelle. Parmi les 5,8 % de lycéens vapoteurs fréquents (usage au moins 20 jours dans le mois), l’extrême majorité avait précédemment déjà fumé. Reste que la part de vapoteurs chez les lycéens américains augmente sensiblement depuis 2017 selon ce suivi.

Campagnes perverses

Plusieurs études pointent des effets contre-productifs des campagnes anti-vape ciblant les ados depuis 2016. Des clips, dont celui de Darren Aronofsky en 2018, ont suscité des jeux d’attraction-répulsion, tandis que les mots d’ordre d’abstinence provoquent l'attendue réactance. Une analyse de leur impact sur les jeunes à travers Instagram, publiée dans Frontiers in communication en janvier, montre l’échec de ces campagnes.
« Je ne pense pas que ce message soit efficace. C’est une façon super sophistiquée de nous rappeler que la nicotine crée une dépendance. Je m’imagine en train de scroller sur mon téléphone cherchant à m’amuser, et là, le clip anti-vape de la FDA veut me dire ce que je dois faire », un adolescent américain à propos du clip d’Aronofsky dans l’étude de Frontiers in communication
De même, le matraquage médiatique du terme « épidémie » a généralisé l’idée d’une mode. « Si l’objectif est de décourager un comportement, le pire message qu’une annonce de service public puisse envoyer est que “tout le monde le fait” », souligne l’analyse de Michelle Minton, du Competitive Enterprise Institute.

Philanthro-bizness

Pour beaucoup, cet effet contre-productif chez les jeunes était prévisible. Mais la cible réelle des campagnes n’est-elle pas plutôt l’adhésion inquiète des parents? Le recrutement des parents trolls par WomenOnline semble donner corps à cette lecture. L'opération sur les réseaux sociaux est commanditée par l’organisation Campaign for tobacco-free kids (CTFK), qui dispose de 160 millions $ spécialement dédiés à l’interdiction des liquides aromatisés de vape. En cherchant le bailleur de fonds initial dans l’enchevêtrement de poupées russes financières, on aboutit à l’entreprise Bloomberg Philanthropies LLC, propriété du multimilliardaire Michael Bloomberg.


Bloomberg Philanthropies LLC a le statut de Limited Liability Company (LLC), société à responsabilité limitée américaine. La compagnie de « philanthropie » a bien un but lucratif. L’entreprise peut s’adonner au lobbying et à des actions politiques. Elle n’est pas soumise aux restrictions concernant les délits d’initiés ni à l’obligation d’un quota d’aide à des causes caritatives, contrairement aux fondations.

Opacité financière

« Une LLC ne nécessite pas non plus les mêmes types de divulgation de documents fiscaux publics, et le couple [Zuckerberg-Chan] peut choisir de débourser tout profit de la LLC comme bon lui semble. À tous ces égards, la LLC agit davantage comme un véhicule d’investissement privé », expliquait le New York Times à propos de la création de la Chan Zuckerberg Initiative LLC au Delaware en décembre 2015.

Sarah Reckhow, de l’Université du Michigan, estime dans son livre Follow the money que les LLC en « philanthropie » constituent une évolution antidémocratique rendant toute recherche indépendante impossible à leur propos. Par ailleurs, lors de sa très brève campagne aux primaires démocrates, Michael Bloomberg a refusé de présenter sa déclaration de revenus. Ne levant aucun des doutes que l’on peut légitimement nourrir  sur ses activités.

En lien avec les rumeurs conspis ?

On peut se demander les éventuels liens entre cette campagne, les rumeurs conspirationnistes liant coronavirus et vapotage, nées sur les sites chinois puis répandues aux Etats-Unis, et enfin l'intensification ces dernières heures de la diffusion de fausses informations sur le vapotage et les risques de contamination. Les diffuseurs semblent liés au cercle d'influence de Michael Bloomberg. Mais cela pourrait n'être qu'un effet de halo... (?)

Philanthropie Potemkine

Pour résumer, la campagne sur les réseaux sociaux à l’apparence de parents inquiets sera en réalité une opération de trolls recrutés par un cabinet de marketing. Le prétexte d’une épidémie de vapotage chez les ados ressemble plus à mouvement d’évitement du tabagisme qu’à un coronavirus. Des activités autoproclamées de philanthropies sont le fait d’entreprises à but lucratif aux finances opaques. Tout cela prenant pied dans un contexte d’élection, de jeux d’écritures comptables et d’effets contre-productifs établis chez les jeunes des campagnes menées par ces lobbys.

[Mise à Jour 18-03-2020 à 14h30] WomenOnline a annulé l'opération rémunérée en dernière minute, officiellement en raison de l'épidémie de Covid-19. "Comme nous l'avons mentionné dans nos e-mails de notification concernant la campagne suspendue, nous ne faisons rien officiellement en tant qu'agence aujourd'hui", explique un mail de l'agence de marketing. [/]

D’autres éléments de la nébuleuse toile d’entreprises « philanthropiques » de Michael Bloomberg sur le terrain du tabac me semblent étranges. Mais ce sera pour de prochains billets...

L’émission Spreaker du 10 février dernier sur Bloomberg :


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