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dimanche 10 juin 2018

[Bref] Archéologie de la réduction des risques: une boite de snus vieille de 300 ans découverte en Suède

Archéologie de la réduction des risques liés au tabac
Quand l'archéologie découvre la réduction des risques. Les fouilles du port intérieur de Norrköping, en Suède, ont mises à jour une boite en laiton de snus vieille de 300 ans. "La boite de snus a été retrouvée enfouie dans le sol de ce qui formait autrefois le lit d'une rivière, et qui est probablement tombée dans l'eau au XVIIIe siècle", raconte Elisabeth Däljemar du quotidien local NorrkopingNews ce 5 juin. La ville de Norrköping, qui signifie "le marché du nord", est connue pour avoir développé la production du snus autour des années 1740'. Ce tabac à suçoter typiquement suédois est préparé par une phase de séchage lent au soleil, puis surtout une séance d'étuvage entre 24 et 36 heures, au lieu de la fermentation des tabac oraux d'autres contrées. Ce mode de préparation inhibe le taux de nitrosamines toxiques spécifiques au tabac, tout en conférant au snus un ph relativement alcalin facilitant l'assimilation salivaire de la nicotine. 

Un outil de réduction des risques traditionnel

"Parmi les tabacs en poudre humide à sucer, le snus suédois est très pauvre en nitrosamines. Beaucoup de scandinaves abandonnent la cigarette pour l'utiliser. On n'a pas démontré qu'il soit une porte d'entrée vers la fume, ni qu'il augmente la fréquence des cancers ou des complications cardiovasculaires habituellement liés au tabac. On estime que si les fumeurs passaient au snus, leur mortalité baisserait d'au moins 90%, et cette évolution commence à se manifester en Suède. Mais à l'exception de ce pays, sa commercialisation est interdite en Europe", expliquait en 2005 le Pr Robert Molimard,  fondateur notamment de la Société de tabacologie en France, dans le Courrier des addictions (archive hébergée sur Vaping Post).

La chute du tabagisme suédois

Depuis, la Suède a atteint le taux de 7% de fumeurs, selon les données de l'Eurobaromètre 458 au printemps 2017. Moitié moins qu'en Australie, quatre fois moins qu'en Suisse ou en France. Et les courbes de maladies liées au tabagisme suivent, avec un délai lié à la détection en ce qui concerne les cancers. Malgré cela, l'Union Européenne a interdit le produit, à l'exception de la Suède. Fait éclairant, la Suisse a aussi interdit le snus à l'initiative du Conseiller national Peter Hess en 1991. Le démocrate-chrétien se présentait alors ardent défenseur de la lutte anti-tabac. En 2001, la presse révélait son mandat secret au Conseil d'administration de la filiale BATI du cigarettier British American Tobacco (BAT). En dépit de ce conflit d'intérêt manifeste, personne n'a alors demandé la levée de l'interdiction du snus.

Des analyses pour éclairer le développement de la réduction des risques?

La découverte de cette boite de snus dans le port de Noorköping ne résoudra pas les questions de réseaux d'influence traversant la question tabagique européenne et helvétique. Mais elle pourrait amener des éclairages sur la tradition de la réduction des risques. "Il est probable que la boite appartenait à Pehr Gustaf Wadström. Les initiales de cet industriel, qui possédait alors le chantier naval de Skeppsholmen, sont gravées sur la boite. Elle est à moitié remplie de snus. J'ai cru à de l'argile, mais l'absence d'oxygène dans les dépôts de boue a probablement créer de bonnes conditions de conservation", explique Karin Lindeblad, une archéologue du site de Noorköping à la presse. Les chercheurs vont procéder à des recherches sur le contenu. 

"Nous allons analyser le snus pour voir quel genre de tabac et quelles épices étaient utilisées. Ensuite, la boite sera exposée au Musée de la ville de Norrköping le 26 août pendant la journée archéologique", précise Karin Lindeblad à l'Expressen. Les personnes intéressées à la réduction des risques espèrent que les chercheurs n'oublieront pas une analyse toxicologique du snus vieux de 300 ans pour, peut-être, éclairer le processus par lequel s'est développé ce produit de tabac original par son faible impact sanitaire négatif.


dimanche 3 juin 2018

Australie: controverse entre médecins sur l'échec de la politique anti-tabac conservatrice

Islande - Norvège - USA - Angleterre - Canada - Nouvelle-Zélande - Australie
Depuis 2013, le tabagisme en Australie n'évolue plus. "Il n'y a eu presque aucun changement. Certains disent que le nombre de fumeurs pourrait même avoir augmenté très légèrement", déclare le Dr Joe Kosterich, directeur de la nouvelle Australian Tobacco Harm Reduction Association (ATHRA)*, au site news.com.au. L'association pour la réduction des risques liés au tabac a comparé l'évolution du taux de fumeurs adultes dans sept pays depuis 2013. Résultat, selon les données officielles de chaque ministère de la santé, l'Australie est le pays où le tabagisme évolue le moins. Une chute de 0.2% par an, quand l'Islande caracole en tête avec une chute de 12% annuelle. Autre pays du Nord de l'Europe où le snus connait du succès, la Norvège connait une baisse de 7% annuelle, comme les Etats-Unis. Les anglais avec 5% connaissent une baisse de leur tabagisme 25 fois plus rapide que l'Australie.

Sans outil de réduction des risques, le taux de tabagisme stagne

"Si nous examinons d'autres pays, ils ont fait à peu près les même choses que nous: augmenter la fiscalité, interdire de fumer dans les lieux publics, éduquer sur l'impact sanitaire de fumer. Toutes ces choses sont des évolutions vraiment importantes, mais à un moment on atteint un seuil où on stagne", explique le Dr Joe Kosterich. L'Australie, à l'opposé des autres pays mentionnés dans la comparaison, interdit toutes les alternatives nicotinées à risque réduit. Ni le vapotage nicotiné ni le snus n'y sont autorisés de vente. "Ces pays se sont orientés vers ces autres formes d'usages de nicotine qui n'impliquent pas de fumer des cigarettes et leurs taux de tabagisme sont en baisse. La différence entre eux et nous est qu'ils ont adopté ces nouvelles technologies et nous ne l'avons pas fait", insiste le représentant de l'ATHRA.

Fin septembre, l'Australian Institute of Health and Wellfare (AIHW) publiait les dernières statistiques officielles: 15,8% de fumeurs adultes au quotidien en 2016, ils étaient 16,4% en 2013. Pourtant, le paquet neutre depuis 2012 est combiné à des hausses de prix qui font des cigarettes australiennes les plus chères au monde. Compter environ 35$au, soit 22€, le paquet, avec des hausses de 12,5% prévues chaque année jusqu'en 2021. Les statistiques officielles du tabagisme n'intègrent pas les indigènes dont le taux de 44,4% de fumeurs adultes en 2016 illustre le peu de cas des autorités australiennes envers ses minorités ethniques. Pour la communication, le Ministère préfère la statistique intégrant les adolescents dès 14 ans, pratique inhabituelle au niveau international, pour mettre en avant un taux général de 12,2%.

Soutien de la politique en place et opposé à l'approche de réduction des risques, le Dr Tony Bartone, de l'Australian Medical Association (AMA), estime ne pas "savoir si les cigarettes électroniques aident vraiment les gens à cesser de fumer". Une méconnaissance qui tourne rapidement à la superstition dans sa bouche. "Nous ne nions pas que c'est moins dangereux que de fumer les véritables cigarettes, mais il s'agit de normaliser tout le comportement", affirme le Dr Tony Bartone sur les ondes de 3AW cette semaine.  Une affirmation qui a surpris le Dr Joe Kosterich: "Dire que le vapotage normalise le tabagisme équivaut à dire que donner un verre d'eau à un enfant normalise la vodka. Ça ne veut rien dire".

Le Dr Bartone ne sait pas

Mais le représentant de l'AMA n'en démord pas. "Nous ne savons pas quels sont les inconvénients d'inhaler de la vapeur. Nous ne savons pas si cela fonctionne comme aide à la cessation complète. Nous disons, voyons les preuves. Je sais qu'il y a eu des rapports scientifiques écrits pour dire que ça fonctionne. Mais c'est discutable", explique le Dr Tony Bartone au micro de Neil Mitchell. Pourtant, l'impact sanitaire de la fumée de cigarette est bien connu et le tabac se trouve en vente libre en Australie, à un prix très élevé certes. 

A l'opposé de cette frilosité conservatrice, le Dr Joe Kosterich propose d'être pragmatique. "Dans un monde idéal, les gens ne fumeraient pas ni ne vapoteraient. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal. Certains fumeurs iront de fumer à vapoter puis plus rien du tout, et d'autres vont passer de fumer à vapoter sans nicotine parce que certaines personnes aiment ou ont besoin du mouvement main / bouche et c'est OK. Nous n'avons pas à juger négativement ces personnes. Idéalement, personne ne ferait quoi que ce soit, mais nous pouvons faire davantage dans ce pays pour présenter aux fumeurs un moyen moins nocif. Au pire, vous n'arrêtez pas complètement de consommer de la nicotine, mais vous faites déjà quelque chose de moins nocif. Pourquoi nous considérons cela comme une mauvaise chose dans ce pays n'a pas beaucoup de sens"

* La nouvelle association ATHRA, en plus du Dr Joe Kosterich, regroupe des personnalités comme le Pr Colin Mendelsohn, spécialiste de la question tabagique et de santé publique à l'Université de South Wales, le Dr Alex Wodak, de l'association Harm Reduction Australia, et la Dr Catherine Silsbury, tous deux spécialistes des dépendances, et Stephen Elsom, représentant des usagers en son sein. Le site de l'ATHRA était en maintenance au moment de la rédaction de ce billet. 

mercredi 9 mai 2018

Nanny State Index: la Suisse au palmarès des pays les plus liberticides contre la réduction des risques avec la vape

Publié ce 7 mai, le supplément nicotine du Nanny State Index 2018, le classement des "Etats nounous", classe la Suisse parmi les pires pays européens en matière du droit humain à préserver sa santé à l'aide de moyens de consommation de nicotine à risque réduit. Établi par Christopher Snowdon, de l'Institute of  Economic Affairs, le palmarès positionne la Suisse en quatrième place du pire, derrière la Finlande, la Hongrie et la Norvège. A l'opposé, la Suède et le Royaume-Uni en respectant mieux les droits à l'accès aux produits de réduction des dommages et à l'information préservent non seulement les libertés individuelles mais se montrent particulièrement efficaces pour réduire le tabagisme. 7% de fumeurs en Suède, 17% au Royaume-Uni contre plus de 25% en Suisse et 27% dans la Hongrie qui a soumis le vapotage au monopole d'Etat, selon les chiffres avancés par le rapport.

Liberté de choisir la réduction des risques en Suède

La bonne note, ainsi que son très faible taux de tabagisme, de la Suède proviennent notamment de son régime libéral sur le snus. Les suédois sont les seuls résidents des trente pays analysés à pouvoir acheter légalement ces petits sachets de poudre de tabac à suçoter. Produit traditionnel en Scandinavie, sa préparation par étuvage du tabac neutralise une large part des toxiques spécifiques du tabac, les nitrosamines. La Suède a non seulement le plus bas taux de fumeurs, elle détient aussi les plus bas taux de cancers liés au tabagisme: des poumons évidemment, mais aussi oraux-buccaux et du pancréas (contrairement à une légende urbaine). Le Royaume-Uni n'a pas pour le moment légalisé le snus. Mais sa politique en faveur de la liberté de choisir le vapotage pour sortir du tabagisme la place dans les pays les plus respectueux des libertés sur le sujet.

Le maintien du tabagisme de force en Suisse

Le respect des libertés n'est par contre pas une valeur cultivée par la politique menée sur ce sujet par le Conseiller fédéral Alain Berset en Suisse. Carambolage de l'actualité, le rapport a été rédigé avant la décision le 24 avril du Tribunal Administratif Fédéral d'invalider la prohibition illégale des liquides nicotinés imposée depuis 2009 par l'administration. Si les bureaucrates bernois respectaient la décision de justice, la situation et le classement au Nanny State Index changeraient pour les helvétes. Jusque-là, "la Suisse était le seul pays en Europe à maintenir une interdiction des produits de vapotage nicotinés", souligne le rapport. 

Sur la question de l'accès au snus, Christopher Snowdon s'étonne. "Bien que la Suisse ne soit pas membre de l'Union Européenne et donc pas astreinte à prohiber la vente de snus, elle ne s'est jamais décidé à l'autoriser", déplore le chercheur. Alors que des produits de tabac oraux reconnus plus nocifs sont en vente libre dans les kiosques suisses. 

En fait, petite histoire révélatrice, la prohibition du snus remonte à une motion déposée en 1991 par le Conseiller national Peter Hess, au nom de la lutte anti-tabac. Il s'est révélé en 2001 qu'il siégeait au Conseil d'administration de British American Tobacco International (BATI), filiale du cigarettier BAT. Personne parmi ses anciens amis anti-tabac n'a eu l'idée de remettre en cause sa prohibition du snus. Sa levée a cependant été exigée récemment par le parlement dans le cadre de l'élaboration de la future Loi sur les produits du tabac (LPTab), qui a encore un long chemin législatif à mener...


vendredi 8 décembre 2017

Alain Berset assimile encore la vape au tabagisme dans son nouvel avant-projet de loi

Aujourd'hui, le Conseil fédéral a dévoilé son nouvel avant-projet de Loi sur les produits du tabac (LPTab) sans modification majeure de fond sur le chapitre du vapotage. Malgré le mandat du parlement stipulant la nécessité de "réglementer séparément les produits alternatifs" dont le vapotage, Alain Berset présente quasiment la même copie sur ce sujet un an après le rejet du premier texte en décembre 2016. "Les cigarettes électroniques seront soumises aux mêmes restrictions que les cigarettes traditionnelles en matière de publicité et de vente aux mineurs. Toutes les cigarettes électroniques, qu’elles contiennent de la nicotine ou non, seront soumises à la loi sur la protection contre le tabagisme passif et seront bannies des lieux où il est déjà interdit de fumer", explique le communiqué de presse du Conseil Fédéral. Bien que les autorités soulignent que "selon les connaissances actuelles, les cigarettes électroniques sont nettement moins nocives pour la santé que les cigarettes traditionnelles et peuvent constituer une alternative permettant de réduire les risques pour la santé".

Ce texte d'avant-projet - add 18h : texte disponible - va être désormais soumis à consultation publique pour recueillir avis, critiques et propositions de la société civile d'ici le 23 mars prochain. Les services de l'Office fédéral de la Santé Publique (OFSP), chargés de rédiger le texte, ont précisé un certains nombre de dispositions techniques, absentes dans la première version. Notamment, les flacons de recharges seraient limités à 100 ml et les réservoirs de tanks et les cartouches pré-remplies pour cigalikes à 10 ml. Une mention obligatoire couvrant 35% de l'emballage des flacons devrait annoncé que "la nicotine contenue dans ce produit crée une forte dépendance". Une nicotine que la notice explicative (p.21) accompagnant l'avant projet annonce vouloir limiter à 20mg/ml de concentration, comme dans l'Union Européenne. Les détails du texte seront probablement analysés plus finement dans les semaines qui viennent.

L'administration a pris en compte les demandes du parlement pour la légalisation du snus, qui "fera l’objet d'une mise en garde spécifique, qui attirera l’attention sur la dépendance et les risques pour la santé qu’entraîne sa consommation", et le refus de durcir les règles de publicité pour le tabac. "Les interdictions de publicité qui étaient prévues dans les cinémas, par voie d’affichage et dans la presse payante ont été biffées. Pour cette raison, la Suisse ne pourra pas ratifier la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac FCTC, qu’elle a signée en 2004 et qui à ce jour a été ratifiée par 180 Etats et l’Union européenne", précise le communiqué du Conseil Fédéral. Pour sa part, l'Association pour la prévention du tabagisme (AT-Suisse) estime que cet avant-projet est une "victoire de l'industrie du tabac" devant les caméras de la RTS.

Mises à jour à 23 h ;)


mercredi 5 juillet 2017

[Expresso] Les douanes suisses veulent taxer des produits de café comme le tabac !

Les Grinds, ces nouveaux petits pochons d'un mélange de café et guarana à glisser entre la gencive et la joue pour les suçoter, sont, selon les douanes Suisses, un produit du tabac. Bien qu'ils ne contiennent pas la moindre parcelle de tabac, ni même de nicotine. "Les produits succédanés sont, selon l'article 3 (1) de l'Ordonnance sur les taxes du tabac, des produits qui peuvent ou ne pas être, ou partiellement, faits de tabac mais qui sont utilisés comme du tabac ou des produits du tabac qu'ils remplacent, même s'ils ne doivent pas être forcément allumés et se consumer", explique sérieusement le chargé de communication de l'Administration fédérale des douanes (AFD) au journal 20 Minutes suisse-allemand. En l’occurrence, les gabelous helvètes soupçonnent les Grinds d'être un "substitut de Snus", le tabac étuvé suédois en sachet à suçoter réduisant drastiquement les méfaits par rapport aux cigarettes. 

Point interrogateur, le Snus est interdit de vente en Suisse par décision de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui n'a par ailleurs pas de problème particulier avec les produits de tabac à fumer ou oraux éminemment plus nocifs. Comment comprendre alors qu'un produit caféiné puisse être assimiler à un substitut d'un produit de tabac inexistant sur le marché Suisse ? Pour les douaniers, le cas du cannabis light riche en CBD, constitue un précédent justifiant cette taxation d'un produit sans tabac. La réponse convainc peut-être. Ou pas.

Les sodas ne sont pas encore du tabac

Les importateurs des Grinds en Suisse ne sont pas convaincus de l'argument. Alexander Lerch et Dirk Klietch ont pris la licence d'importation du produit pour proposer une alternative aux energydrinks, contenant des substances similaires de caféine, guarana, vitamines et taurine. "Un tas d'energydrinks ont exactement les mêmes ingrédients. Je ne crois pas qu'ils soient taxés comme du tabac ?!", s'agace le responsable de Grinds Suisse"Les energydrinks ne sont pas utilisés comme des produits du tabac et ils ne sont alors pas soumis à la taxation du tabac", répondent les douanes. Mais est-ce à dire que tout produit à suçoter sera taxé comme du tabac ?

"C'est un produit qui est une alternative plus saine au tabac et il est puni par la taxe tabac, alors que les grinds ont 0% de tabac. C'est simplement ridicule!", s'emporte l'importateur. L'ancien entraîneur de tennis Alexandar Cucuz estimait aussi, il y a quelques semaines dans le 20 Minutes, le produit intéressant. "Je suis moi-même un 'snusseur'. Et j'ai été surpris de voir à quel point le flash du Grinds est similaire. C'est vraiment une très bonne alternative aux produits de tabac. Même si vous n'aimez pas le goût du café ou du snus, vous pouvez surement trouver un goût qui vous convient parmi tout le choix". Mais au prix d'être surtaxé par les douanes suisses semble t-il...


jeudi 13 octobre 2016

[Expresso] Internet pour contourner la prohibition de vente de produits nicotinés à risques réduits

Les services d'Alain Berset interdisent de vente locale
les produits nicotinés à risques très réduits,
mais autorisent les plus nocifs
"Les ventes de liquide à vapoter avec nicotine et de snus sont interdites en Suisse. Mais les usagers peuvent toujours importer légalement ces produits en les commandant par internet", explique l'Aargauer Zeitung du jour. Le quotidien suisse-allemand présente l'exemple de Rico Daniel, vendeur de produits de vapotage à Kloten sur la Gerbegasse. S'il peut vendre matériel et liquide sans nicotine, il lui est interdit d'en vendre avec nicotine. Pour se fournir, les ex-fumeurs utilisant le vapotage peuvent avoir recours à internet, où le vendeur a lui-même une boutique online basée en Espagne. Cette pratique est "parfaitement légale", explique le journaliste Fabio Vonarburg, "la vente est interdite, mais l'importation à titre privé est autorisée". Bien que contestée au Tribunal Administratif Fédéral, la lettre n°146 de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) régie toujours à la fois la prohibition de vente et l'autorisation d'importation à titre personnel, jusqu'à 150 ml par commande quelque soit la concentration de nicotine du liquide à vapoter. Le changement de pratique douanière sur la taxation au 1er janvier 2017 fera exploser les frais pour les vapoteurs.

Le cas du snus est similaire. Alors que la vente des produits de tabac oraux les plus cancérigènes est autorisée par l'OFSP, celui-ci a renouvelé son interdiction du snus dans une directive fin août. Bien que la Suède connaisse une chute impressionnante des cancers de tous genres liés au tabagisme depuis la conversion de la moitié de ses fumeurs à ce tabac en sachet à suçoter. Même si ces méfaits pour les dents restent importants, la Food and Drug Administration américaine a autorisé sa vente. Mais pas la Suisse donc. Ses consommateurs, estimés à 0,7% de la population, doivent aussi passer par les achats en lignes. Snushof a créé son site de vente dans ce but explicitement. Une initiative saluée par l'association FreeSnus, qui préférerait cependant sa légalisation.