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mardi 7 août 2018

Karl Fagerström teste la dépendance à différents produits de nicotine et au café des suédois

En s'inspirant de son fameux test de dépendance à la cigarette - traduit en français par UnAirNeuf.org -, le Dr Karl Fagerström a tenté de comparer les niveaux de dépendance chez des utilisateurs de différents produits de nicotine et du café. Le vapotage devait faire partie de l'enquête, mais sa prévalence d'usage quotidien était si faible (0,6%) parmi les 3'001 suédois interrogés par le cabinet Ipsos que le scientifique a préféré écarter l'échantillon trop faible pour être statistiquement fiable et pertinent. Aucune question n'a été demandée sur les autres produits caféinés (sodas p.ex.) que la café.  Dans les réponses retenues, l'utilisation quotidienne est de 9,9% pour le Snus, 6,8% de fumeurs de cigarettes, 1,5% de consommateurs de produits de remplacement de nicotine (gommes nicotinées et/ou patchs) tandis que 71% du panel de suédois boivent chaque jour du café. 

La cigarette et le snus plus dépendogènes que le café et les nicorettes

"Les indicateurs de dépendance utilisés ont tous été tirés du test de Fagerstrom pour la dépendance à la cigarette, sauf en ce qui concerne la difficulté d’arrêter les habitudes liées au tabac et au café", précise l'article publié ce 30 juillet en accès libre dans l'International Journal of Environnemental Research on Public Health (IJERPH). Indice de tabagisme lourd (HSI), utilisation dans les 30 minutes après le réveil, estimer importante la première utilisation et affirmer qu'il serait très difficile d'arrêter complètement l'usage ont été les facteurs pris en compte.

Signe que le café est moins dépendogène que les produits nicotinés, "beaucoup moins de buveurs de café ont commencé à utiliser le produit dans les 30 mn suivant leur réveil que tous les autres produits", précise le scientifique, dont la recherche a reçu le soutien financier de la Commission Snus. Mais l'importance aux yeux des consommateurs de la première utilisation de la journée place le café (67%) et la cigarette (65%) au-dessus du snus (55%) et des produits nicotinés (46%). En terme de dépendance forte au tabac, l'indice HSI montre une dépendance similaire entre fumeurs de cigarettes et utilisateurs de Snus. Globalement, les sondés suédois montrent une dépendance plus faible au café qu'aux produits du tabac. L'auto-évaluation de la difficulté d'un sevrage du produit indique que 36% des fumeurs et 34% des usagers de snus pensent qu'il serait très difficile d'arrêter, contre 21% des consommateurs de produits nicotinés et 18% des buveurs de café.

En Suède, plus de caféïnomanes que de nicotinomanes

"De manière surprenante, il peut y avoir plus d’utilisateurs de café fortement dépendants que d'utilisateurs de produits de tabac ou nicotine dans la population générale, en raison du nombre beaucoup plus élevé d’utilisateurs de café (2139 buveurs de café contre 545 usagers de produits de tabac ou de nicotine sur les 3001 sondés)", souligne le chercheur. Les résultats soulèvent une question de fond sur les objectifs de santé publique, que le Dr Karl Fagerström avait déjà évoqué dans un article pour le bulletin de l'association Sovape en mai.

Problème de santé ou problème moral?

"Si une proportion significative de la population dépendante du café n'est pas considérée comme problématique, pourquoi notre vision est-elle si différente concernant la nicotine?", interroge ouvertement le Dr Fagerström. Avant de livrer: "Probablement parce que traditionnellement la consommation de nicotine a été faite avec du tabac fumé, avec les conséquences négatives sur la santé bien connues. Mais à quel point la dépendance au snus et aux produits de remplacement nicotinés, avec une fraction des dangers de la cigarette, est-elle problématique?"


jeudi 2 août 2018

Philip Morris renonce à son usine Iqos de Dresde: symptôme d'une erreur de stratégie ?

Philip Morris a confirmé l'information dénichée par Sächsische Zeitung (SZ). Il renonce, au moins pour le moment, à son projet de nouvelle usine à Dresde. L'inauguration était prévue au premier semestre 2019 à deux pas de l'aéroport. Elle devait produire 30 milliards de cigarettes pour Iqos par an avec 500 employés sur 80'000 m². L'investissement à terme devait être de 275 million €. Dirk Hilbert, maire de Dresde, a même inauguré en juin une nouvelle station électrique d'un coût de 11 millions € spécialement pour alimenter la zone industrielle de la future usine. Laconique, Iris Brand, porte-parole du cigarettier, indique que le groupe doit évaluer ses centres de production existants, à la radio locale MDR Sachsen. Des usines de cigarettes Iqos fonctionnent déjà notamment en Suisse, Grèce, Roumanie et en Italie, où sa capacité de production est le triple de celle envisagée à Dresde, précise le journal de Saxe SZ.

0,1% du marché allemand

En réaction, Reemtsma, la filiale allemande d'Imperial Tobacco, a ironisé sur l'explication "lapidaire" de Philip Morris. De son coté, Jan Mücke, directeur de l'association allemande des cigarettiers (DZV), dont Philip Morris ne fait plus partie depuis plus de dix ans, souligne "le succès assez limité" de l'Iqos. Dans son rapport 'New World of Tobacco – JUUL Starting to Disrupt U.S. Cigarette Industry' en avril dernier, Citigroup signale qu'en Allemagne "iQos atteint seulement 10 basics points (bps) [soit 0,1%] du marché national au quatrième trimestre 2017". En se limitant aux grandes villes allemandes, l'Iqos atteint 80 bps, soit 0,8%, du marché. Très faible en regard des campagnes de publicité du cigarettier vaudois et l'ouverture d'Iqos Stores en Allemagne. 

Erreur de stratégie ?

Il y a une année, Stacey Kennedy, directeur de Philip Morris Allemagne, annonçait la nouvelle usine de Dresde comme "un jalon important sur la voie d'un avenir sans fumée". Aujourd'hui, la bourse américaine a perdue confiance dans les valeurs cigarettières devant le succès du vapotage, et l'abandon de la nouvelle unité de production du cigarettier vaudois soumet à la question sa stratégie. Doute sur son choix de privilégier un produit phare de tabac chauffé, à contre-courant de l'engouement pour le vapotage et sa diversité. Depuis son lancement en 2015, l'Iqos n'a percé qu'au Japon, pays qui interdit la vente de vapotage nicotiné.

Doute aussi sur la conception médiocre du point de vue de la réduction des risques de l'Iqos avec une température trop élevée pour éviter toute combustion. Alors que la combustion de la cellulose s'initie à partir de 236°C, l'Iqos monte à près de 350°C, engendrant une pyrolyse qui produit tous les toxiques d'une cigarette conventionnelle. Cependant, les carbonylés et les composés organiques volatiles (COV) sont réduits d'au moins 80% par rapport à une cigarette fumée standard, selon les premiers résultats des études de l'Institut fédéral allemand sur les risques (BfR).

Batailles cigarettières

La nouvelle de l'ajournement de l'usine de Dresde tombe dans un contexte de vive bataille entre cigarettiers en Allemagne. Les ventes sont passées de 145 milliards de cigarettes en 2002 à près de 76 milliards en 2017. Philip Morris reste leader avec 37% du marché devant Reemtsma qui détient 24% du marché, BAT 19% et Japan Tobacco 6%. Ce dernier fait une campagne de publicité pour dénigrer les nouveaux produits électriques sous la bannière de sa marque de cigarettes American Spirit. Cette campagne tente aussi de freiner l'essor du vapotage, dont le marché est passé entre 2010 et 2016 de 5 millions à plus de 375 millions €, selon les données de la VDEH association professionnelle du vapotage. 

Poor lonesome cowboy ?

Dans ce contexte de restructuration, l'idée de créer une nouvelle organisation faîtière visant à regrouper tous les cigarettiers, y compris Philip Morris, mais aussi des producteurs de vapotage indépendants fait son chemin, nous apprend eGarage, site allemand spécialisé sur le vapotage et la réduction des risques. "Les fabricants de vapotage qui ne proviennent pas de l'industrie du tabac sont aussi très sollicités", précise le site bien informé. 

Bien que cowboy solitaire en Allemagne et malmené par la bourse américaine, Philip Morris reste une multinationale encore prospère. Ses comptes trimestriels, publiés le 19 juillet, affichent 7,72 milliards $ de revenus nets et 3,1 milliards $ de bénéfices nets sur le second trimestre 2018, une progression de l'ordre de 12 à 13% par rapport à la même période en 2017. 


dimanche 24 juin 2018

Taxes tabac contre la vape: le tour des pays de l'Union européenne [MàJ]


La Commission européenne DG Taxud étudie un projet de taxe anti vape harmonisée à un taux minimal. Les pays de l'Union européenne (UE) pourraient être obligés d'ajouter une surtaxe d'au moins 20%, 50% ou 100% du prix hors taxe. Cette surtaxe est distincte de la TVA à laquelle la vape est déjà assujettie. En 2017, 89,88% des participants à la consultation publique sur un projet similaire de la DG Taxud s'étaient déclarés opposés à une taxe anti-vape. Pourtant, nous avons recensé douze treize pays de l'UE a avoir déjà mis en place une taxe punitive sur ce produit de consommation courante sans tabac ni combustion. Un tour des taxes-tabac contre les vapoteurs dans l'UE, que nous espérons complet (sous réserve). En filigrane, apparaît la question oubliée de la nouvelle consultation publique: la nécessité d'une exemption de taxe punitive à l'échelle européenne pour l'outil actuellement le plus employé par les fumeurs pour sortir du tabagisme.

[Remerciements à Christopher Snowdon, auteur du rapport Nanny State 2018 on nicotine, et à l'équipe du site Vaping Post, qui m'ont permis de trouver pas mal des infos ;) J'ajoute un grand merci aux lecteurs qui me rapportent des infos - mise à jour de la carte concernant la Suède 24-06-2018 à 15h]

Italie: record de taxe anti-vape et augmentation du tabagisme

Sous la pression de la Fédération des buralistes (FIT), le gouvernement d'Enrico Letta a instauré une surtaxe de 4 € en Italie. Son application a été renforcée par la mise sous tutelle des liquides de vapotage au Monopole d'Etat de distribution du tabac. Le nombre de vapoteurs a chuté et celui des fumeurs augmenté dépassant les 12 millions de fumeurs en Italie, selon l'Institut Supérieur de la Santé (ISS). [edit de détails, merci à Stefano Caliciuri de SigMagazine]

Grèce: record européen de tabagisme

La Grèce taxe 0,10 € le mL de liquide de vape. Le Gouvernement a décidé le mois dernier de prohiber les liquides sans nicotine, prétextant que la directive européenne ne concerne que le vapotage avec nicotine. En situation financière critique, l'Etat grec a aussi interdit l'achat transfrontalier de produits de vapotage à ses résidents alors que le pays détient le record de tabagisme en Europe. 

Chypre: taxe de 0.12 € /mL même sans nicotine

Chypre a instauré une taxe de 0,12 € par mL de liquide y compris sans nicotine en septembre 2017. L'achat transfrontalier est interdit.

Portugal: taxe anti-vape revue à la baisse mais maintient du tabagisme

Au Portugal, une taxe sur les liquides nicotinés de 0,60 € par mL en 2016, passée à 0,30 € en 2017, a tué dans l’œuf le développement de l'outil de sortie du tabagisme dans un pays qui compte 26% de fumeurs, selon l'Eurobaromètre. Une prévalence tabagique qui stagne depuis 2004 selon les services de santé portugais.

Hongrie: politique autoritaire contre le vapotage

En Hongrie, une politique draconienne contre le vapotage est en place. Monopole d'Etat de vente et une taxe punitive de 70 Florint par mL, soit 2,20 € par fiole. Le Gouvernement aurait déjà mis à l'agenda l'interdiction des arômes menthol, fruité et tabac pour 2020. La Hongrie compte 27% de fumeurs.

Pologne: 1.20 € de surtaxe par fiole

En Pologne, une taxe de 0,5 zlotys par mL est entrée en vigueur depuis le début de l'année 2018. Cette taxe équivaut à 1,2 € par fiole de 10 mL. La Pologne dépasse les 30% de fumeurs selon l'Eurobaromètre.

Le tabagisme dans l'Union Européenne selon l'Eurobaromètre 2017

Estonie : protéger les cigarettes de la concurrence de la vape

En Estonie, les autorités ne s'embarrassent pas de langue de bois. En instaurant une surtaxe de 2 € par fiole de liquide vape début 2018, le Ministre de finances Sven Svester a annoncé son objectif d'empêcher la concurrence du vapotage contre les cigarettes. Le prix d'un paquet de cigarettes est autour de 3,50 €.

Lettonie: de 0,10 €, sans nicotine, jusqu'à 1,10 € avec nicotine par fiole

En Lettonie, la taxe anti-vape est de 0,10 € par fiole sans nicotine plus une taxe de 0,005 € par mg de nicotine, soit 1 € pour 10 mL à 20 mg/mL, 0,50 € pour 10 ml à 10 mg/mL, etc. Une fiole de 10 ml  est donc surtaxée entre 0,10 € sans nicotine, jusqu'à 1,10 € à 20 mg(mL de nicotine. Les achats trans-frontaliers sont interdits.
[MàJ edit le 27-06-2018, j'avais raté la taxe au mg de nicotine, merci à Jennie ;)]

Finlande: empêcher les fumeurs de passer à des produits à risque réduit

En Finlande, seul l'arôme tabac est autorisé à la vente et une surtaxe de 0,30 € par mL de liquide, y compris lorsqu'il est sans nicotine, est prélevée. La vente par internet est interdite. Avec 20% de fumeurs, les autorités sanitaires finnoises annoncent viser l'éradication de toute consommation de nicotine (bien qu'elles taxent le liquide sans nicotine aussi !). Pourtant, la baisse progressive du tabagisme s'accompagne d'une hausse de l'utilisation de Snus, le tabac oral suédois à faible taux de nitrosamine. "Il est important d'empêcher les fumeurs de passer du tabagisme au Snus ou aux autres nouveaux produits qui émergent sur le marché", vient de déclarer fin mai Ilkka Oksala, président du groupe de travail sur la réglementation du tabac créé par le Ministère de la santé.

Roumanie: 1 € par fiole

En Roumanie, une surtaxe anti vape prélève 1€ par fiole de liquide depuis 2016. Elle a été introduite à l'occasion de l'implémentation de la directive européenne TPD. Les achats transfrontaliers sont prohibés.

Slovénie: décourager le vapotage

La Slovénie a instauré en avril 2016 une taxe de 1,80€ par fiole de liquide afin de décourager l'usage de la vape, y compris par les 28% de fumeurs que compte le pays.

Croatie: en projet

La Croatie a annoncé un projet de taxe anti-vape, mais nous n'avons pas trouvé plus d'information précise...

Suède: 1,90 € par fiole dés le 1er juillet 2018

A partir du 1er juillet 2018, la Suède introduit une taxe sur le vapotage de 2 couronnes (SEK) par mL de liquide, ainsi que sur la base nicotinée sans arôme (qui a un statut différent dans la loi suédoise...). Cela équivaut à 1,90€ par fiole de 10 mL. [ajouté le 24-06-2018 11h - Merci à Jennie pour l'info ;)]

Lituanie: 0,12 €par mL à partir de mars 2019 [MàJ]

Le parlement Lituanien a voté le 15 juin l'entrée en vigueur d'une surtaxe de 0,12 € par mL d elqiuide de vapotage à partir de mars 2019. Soit 120 € par litre, tandis que le kilogramme de tabac pour cigarette chauffée ne sera surtaxé que de 68,60 €, selon la même modification des taxes d'accises demandée à l'initiative du Ministre des finances. 

Pas de taxe mais...

Luxembourg: des frais de notification assassins

Plaque tournante de vente de cigarettes peu taxées, le Luxembourg a profité de l'implémentation de la directive européenne pour fixer en 2017 un coût de notification prohibitif de 5'000 € pour chaque produit de vapotage déclaré (y compris chaque taux de nicotine d'un même liquide !).

Irlande: le Ministère des finances espèrait une taxe

En Irlande, le Ministère des finances aimerait instauré une taxe de 0,50€ par fiole, mais le reste du gouvernement ne semble pas prêt à le suivre.

Royaume-Uni: Philip Morris demandait une taxe contre la vape en 2015

Dans sa réponse à la consultation britannique sur les taxes tabac en 2015, le cigarettier Philip Morris recommandait de "considérer l'option d'une taxation sur le vapotage" plutôt que d'augmenter les taxes sur les cigarettes. 

Suisse: hors UE, une exemption de surtaxe adoptée par le parlement en 2011

En Suisse, le parlement, contre l'avis du Conseil fédéral, a adopté en 2011 la motion Zanetti "de manière à ce que les cigarettes électroniques et les autres moyens auxiliaires de désaccoutumance au tabac ne soient plus considérés comme produits de substitution au sens de la LTab et donc ne soient donc plus soumis à l'impôt sur le tabac". Depuis, les lobbys voulant protéger le tabagisme milite pour une taxation, pour le moment sans succès.


jeudi 7 juin 2018

[Bref] Inde: l'association des vapoteurs décrochent un rendez-vous avec les autorités du Rajasthan

"Le gouvernement du Rajasthan a accepté de nous donner l'occasion de présenter notre dossier devant un groupe d'enquête le 12 Juin", annonce l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) sur sa page facebook. Deux représentants de l'association ont expliqué en conférence de presse hier à Jaipur que le Gouvernement de l'Etat de près de 70 millions d'habitants ne devait pas interdire le vapotage, mais au contraire le réguler pour accompagner les fumeurs vers ce mode de consommation à risque réduit. "Nous soumettons au gouvernement du Rajasthan 120 études sur le vapotage conduites par des instituts réputés, que les autorités de santé publique peuvent utiliser pour tirer leurs propres conclusions", explique Samrat Chowdhery, président de l'association. "Nous proposons aussi au gouvernement de rencontrer des ex-fumeurs qui ont arrêter de fumer à l'aide du vapotage et qui peuvent témoigner des améliorations formidables de leur qualité de vie", ajoute son compère Pratik Gupta. 

120 millions de fumeurs en Inde

Les médias locaux de l'Etat du nord-ouest de l'Inde ont largement relayé les propos des défenseurs de l'outil de réduction des risques à la télévision locale et dans plusieurs titres de presse en anglais et en hindie. Le vapotage en Inde est très menacé, alors que cinq Etats en ont interdit la vente et que l'Etat du Bihar en a même prohibé l'usage en janvier. Trois Etats étudient une éventuelle prohibition, dont le Rajasthan ainsi que le Maharashtra et Delhi. L'Etat fédéral a aussi évoqué cette option insensée. "Les défenseurs du vapotage ici ont le sentiment que malgré le nombre élevé de 120 millions de fumeurs en Inde, et malgré la nécessité urgente d'une approche de réduction des risques, le pays ignore largement les efforts ailleurs dans le monde pour atténuer les effets néfastes du tabac", a expliqué Samrat Chowderry dans un entretien passionnant avec Philippe Boucher en anglais le 3 juin. 

Lutte anti-tabac ou protectionnisme économique ?

L'AVI est engagé dans plusieurs recours en justice contre les interdictions locales. La situation est difficile même si le vapotage continue de se développer. Ce pays grand producteur de tabac voit d'un mauvaise œil la concurrence du vapotage, dont nombre de produits viennent du voisin et rival chinois. Avec 120 millions de fumeurs, le tribut sanitaire et social de l'Inde au tabagisme est immense. Mais 80% du marché est détenu par le cigarettier local. Il est parfois difficile de distinguer les actions de lutte anti-tabac de manœuvres protectionnistes pour les ventes des cigarettes indiennes. Le rôle joué par le bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est particulièrement trouble et étrange dans ce dossier, alors que l'article 1 d) de sa Convention intègre l'approche de réduction des risques et que qu'il est censé rester indépendant des intérêts des producteurs de tabac.


dimanche 13 mai 2018

Inde: l'Etat du Jammu-Cachemire décrète l'interdiction de l'usage de vape

Jeudi 10 mai, l'Etat du Jammu & Cachemire a décrété l'interdiction totale du vapotage avec effet immédiat. Les produits de vapotage sont non seulement interdits à la vente, mais les usagers en possédant et a fortiori les utilisant sont passibles de poursuites en justice désormais dans l'Etat d'environ 12 millions d'habitants à l'extrême nord du pays. Ahmed Khan, le Commissaire du Cachemire qui a signé l'ordre de prohibition complète, justifie celui-ci par des hoax. "Le vapotage expose les poumons au dicethyl [faute dans l'original], qui peut causer la maladie du "pop-corn des poumons", une atteinte sévère et irréversible au poumon", précise l'ordre officiel de l'Etat du Cachemire qu'il signe en reprenant à son compte le hoax de la presse à scandale de bas étage. 

Des hoax en guise de justification

Le fonctionnaire évoque également les risques liés à la consommation de nicotine supposés pour les foetus, sans pour autant signer un ordre similaire contre les produits de tabac ou les autres (nombreux) produits contenant de la nicotine. Enfin, il invente que les adolescents européens seraient amenés à fumer à cause du vapotage, un effet "passerelle" que les monitorages sérieux écartent dans les faits. Le plus grand suivi jusqu'à maintenant concernant les adolescents, le vapotage et le tabagisme, sur plus de 60'000 jeunes britanniques, ne montre aucun effet passerelle. Au contraire, l'essor du vapotage a fait plongé dans son sillage le tabagisme des jeunes anglais (18-24 ans) de 7 points passant de 26% à 19% entre 2010 et 2016.

Autrement dit, le bureaucrate Ahmed Khan raconte n'importe quoi pour justifier son interdiction totale du vapotage. L'Association des Vapoteurs Indiens (AVI) a interpellé Mehbooba Mufti, Ministre en chef du Jammu & Cachemire, sur cette décision. Sans réponse semble t-il. L'association de défense des droits des usagers va probablement tenter d'intervenir au niveau légal pour s'opposer à cette criminalisation des personnes ayant arrêté de fumer en passant au vapotage, alors que le Cachemire compte 26,6% de consommateurs de tabac sous différentes formes selon la Global Adult Tobacco Survey (GATS) diffusée en 2016.

Violation des droits de l'homme encouragée par l'OMS

L'Inde est le troisième producteur mondial de tabac, derrière la Chine et le Zimbabwe. Cinq Etats indiens, principales zones de production de tabac, ont déjà interdit la vente de vape, un produit largement produit en Chine, grand voisin et rival de l'Inde. Jagdish Kaur, cadre indienne du bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avait lancé un appel à criminaliser les vapoteurs à l'exemple des juntes militaires Nord-Coréenne et Thaïlandaise en septembre 2017 dans l'Indian Journal of Public Health

A la lumière des ravages fait par cet appel en Asie (Singapour par exemple) en encourageant les politiques de répression contre les usagers de nicotine à risque réduit avec la vape, une absence de remise en cause par les délégations des pays démocratiques de la dérive contre les droits humain et son instrumentalisation par les intérêts tabagiques locaux du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS lors de son sommet du 1er au 6 octobre à Genève serait incompréhensible et inexcusable.


mercredi 9 mai 2018

Nanny State Index: la Suisse au palmarès des pays les plus liberticides contre la réduction des risques avec la vape

Publié ce 7 mai, le supplément nicotine du Nanny State Index 2018, le classement des "Etats nounous", classe la Suisse parmi les pires pays européens en matière du droit humain à préserver sa santé à l'aide de moyens de consommation de nicotine à risque réduit. Établi par Christopher Snowdon, de l'Institute of  Economic Affairs, le palmarès positionne la Suisse en quatrième place du pire, derrière la Finlande, la Hongrie et la Norvège. A l'opposé, la Suède et le Royaume-Uni en respectant mieux les droits à l'accès aux produits de réduction des dommages et à l'information préservent non seulement les libertés individuelles mais se montrent particulièrement efficaces pour réduire le tabagisme. 7% de fumeurs en Suède, 17% au Royaume-Uni contre plus de 25% en Suisse et 27% dans la Hongrie qui a soumis le vapotage au monopole d'Etat, selon les chiffres avancés par le rapport.

Liberté de choisir la réduction des risques en Suède

La bonne note, ainsi que son très faible taux de tabagisme, de la Suède proviennent notamment de son régime libéral sur le snus. Les suédois sont les seuls résidents des trente pays analysés à pouvoir acheter légalement ces petits sachets de poudre de tabac à suçoter. Produit traditionnel en Scandinavie, sa préparation par étuvage du tabac neutralise une large part des toxiques spécifiques du tabac, les nitrosamines. La Suède a non seulement le plus bas taux de fumeurs, elle détient aussi les plus bas taux de cancers liés au tabagisme: des poumons évidemment, mais aussi oraux-buccaux et du pancréas (contrairement à une légende urbaine). Le Royaume-Uni n'a pas pour le moment légalisé le snus. Mais sa politique en faveur de la liberté de choisir le vapotage pour sortir du tabagisme la place dans les pays les plus respectueux des libertés sur le sujet.

Le maintien du tabagisme de force en Suisse

Le respect des libertés n'est par contre pas une valeur cultivée par la politique menée sur ce sujet par le Conseiller fédéral Alain Berset en Suisse. Carambolage de l'actualité, le rapport a été rédigé avant la décision le 24 avril du Tribunal Administratif Fédéral d'invalider la prohibition illégale des liquides nicotinés imposée depuis 2009 par l'administration. Si les bureaucrates bernois respectaient la décision de justice, la situation et le classement au Nanny State Index changeraient pour les helvétes. Jusque-là, "la Suisse était le seul pays en Europe à maintenir une interdiction des produits de vapotage nicotinés", souligne le rapport. 

Sur la question de l'accès au snus, Christopher Snowdon s'étonne. "Bien que la Suisse ne soit pas membre de l'Union Européenne et donc pas astreinte à prohiber la vente de snus, elle ne s'est jamais décidé à l'autoriser", déplore le chercheur. Alors que des produits de tabac oraux reconnus plus nocifs sont en vente libre dans les kiosques suisses. 

En fait, petite histoire révélatrice, la prohibition du snus remonte à une motion déposée en 1991 par le Conseiller national Peter Hess, au nom de la lutte anti-tabac. Il s'est révélé en 2001 qu'il siégeait au Conseil d'administration de British American Tobacco International (BATI), filiale du cigarettier BAT. Personne parmi ses anciens amis anti-tabac n'a eu l'idée de remettre en cause sa prohibition du snus. Sa levée a cependant été exigée récemment par le parlement dans le cadre de l'élaboration de la future Loi sur les produits du tabac (LPTab), qui a encore un long chemin législatif à mener...


mardi 8 mai 2018

[Bref] Japan Tobacco appelle à durcir la réglementation anti-vape européenne

Dans une tribune au magazine Parliament, revue destinée aux bureaucrates et lobbyistes européens, Yasuhiro Nakajima appelle à durcir la réglementation anti-vape européenne dans la directive des produits du tabac (TPD). Le vice-président du département des produits à risque modifié de Japan Tobacco International (JTI) propose de profiter de la prochaine révision de la directive pour renforcer les mesures de répression contre les usagers indisciplinés des produits indépendants. Notamment, il dénonce leurs astuces de contournement de la limite de contenance à 10 ml. Cette limite a été imposée pour handicaper l'industrie indépendante du vapotage tandis que les cigarettiers préfèrent les produits non rechargeables, aux marges bénéficiaires plus larges. "Les consommateurs veulent des bouteilles de recharge plus grandes que celles autorisées par la TDP. Le résultat est qu'ils complètent les flacons non-réglementés sans nicotine avec des injections régulées de nicotine. Les responsables de la santé savent-ils ce qu'il y a dans ces liquides non nicotiniques? Non - et cela doit changer !", tempête le responsable de JTI.

En Suisse, le lobbyisme cigarettier a marché

La marque, qui commercialise notamment les cigarettes Winston et Camel depuis son rutilant siège genevois, a bénéficié en Suisse de l’accommodement de l'administration Berset. JTI a pu commercialiser sans étude indépendante préalable sa Ploom, un hybride très nicotiné et peu agréable entre cigarette et vapoteuse, alors que régnait encore la prohibition de vente des liquides nicotinés de vape. En septembre dernier, une plainte avait été déposée pour concurrence déloyale par Rico Daniel, un commerçant de produits de vapotage suisse-allemand.

Chambre d'écho lituanienne 

L'appel cousu de fil blanc du dirigeant du cigarettier japonais pour réduire l'attractivité du vapotage et la liberté de ses usagers en Europe fait écho aux propos du 3 mai appelant à ne pas arrêter de fumer [sic!] à l'aide du vapotage du Commissaire européen à la santé lituanien Vytenis Andriukaitis dans Euractiv, un autre média lié à la bureaucratie européenne. La Lituanie a été le premier pays ex-soviétique a privatiser une industrie d'Etat en vendant à Philip Morris la Klaipeda Toabacco en 1991. Depuis, la firme cigarettière lausannoise est devenue le second contributeur actuel en taxe du pays et figure dans son top 10 des investisseurs.

vendredi 13 octobre 2017

La Commission Européenne programme de soumettre les produits de vape au tracking le 20 mai 2024

La Commission Européenne (EC) veut tracer et traquer les produits du tabac. L'affaire est connue. Elle se négocie actuellement avant une adoption par l'Union Européenne (UE) que la Commission veut en décembre. L'avis de notification déposé par celle-ci, au nom de l'UE, à l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) détaille l'agenda. "Les dispositions devraient s'appliquer à partir du 20 mai 2019 pour les cigarettes et produits du tabac à rouler et à partir du 20 mai 2024 pour tous les autres produits du tabac", précise le document au point 9. Or, même si objectivement le vapotage n'est pas un produit du tabac, l'UE l'a soumis à sa directive les concernant (TPD) en 2014. Si les choses restent en l'état, les produits de vapotage devraient souscrire au système imposé de suivi et traçage. Le projet à peine voilé de l'EC est de livrer ce marché faramineux à la Sicpa, une entreprise lausannoise.

Conséquences de l'assimilation au tabac

La catégorisation abusive d'un produit sans tabac ni fumée dans les produits du tabac est évidement objet de controverse. Aux demandes répétées de parlementaires européens d'une ré-évaluation de la vape sur une base scientifique, le Commissaire Vytenis Andriukaitis a opposé un refus catégorique. Pour le lituanien, qui dans une interview à Euractiv disait se réjouir de mener la vie dure au vapotage, il est hors de question d'en discuter avant 2021. Cette assimilation du produit, désormais le plus utilisé pour arrêter de fumer dans la plupart des pays européens, au tabagisme permet à la bureaucratie européenne d'interdire la divulgation d'information sur la réduction des méfaits. Mais pas seulement. 

L'EC envisage une taxation contre les vapoteurs, dans la ligne de celle des cigarettes. La consultation à ce propos, malgré les freins à la participation mis en place par l'EC, a montré que 89,88% des participants étaient totalement opposés à une telle mesure punitive. Cependant, l'adoption d'un système de surveillance électronique des produits a entre autres objectifs de réprimer les infractions aux taxes du commerce illicite...

La traque

La proposition de la Commission, présentée le 15 mai dernier, sur le tracking indépendant des produits soumis à la TPD prévoit l'apposition d'un marquage fiscal inamovible comportant des éléments de sécurité visibles et invisibles. La firme vaudoise Sicpa maîtrise une solution offrant une combinaison matérielle et numérique délivrant un code d'identification unique. "Ce code est apposé, collecté et enregistré dans une base de données centrale et mis à disposition des autorités publiques, le tout sous contrôle de l'Etat et non des producteurs, incluant les informations de production", explique Christine Macqueen, directrice des affaires publiques du groupe Sicpa au journal l'Agefi en mai 2016.

"Selon la proposition [de l'EC], chaque opérateur de la chaîne d'approvisionnement doit obtenir des pré-autorisations pour chaque étape de la production et de la distribution."Une architecture aussi complexe n'a jamais été testée dans le monde réel", commentent les distributeurs, tout en ajoutant que les petits acteurs du secteur seront durement touchés", rapporte le site Euractiv dans un article du 20 juin. Pour un porte-parole de l'EC, les coûts de mise en place du système seront "largement compensés par les bénéfices en termes de réduction du commerce illicite".  

On a du mal à voir en quoi l'argument concerne les produits de vapotage s'ils venaient à être maintenus dans les produits du tabac à l'horizon 2024. Pourtant, "l'objectif de la directive [est] de créer un système indépendant de suivi pour tous les produits du tabac en tenant compte des obligations internationales, notamment de l'article 8 du protocole FCTC [acronyme de la Convention anti-tabac de l'OMS] sur le commerce illicite", poursuit le même responsable européen anonyme au site Euractiv. 

Efficace contre le marché noir de cigarettes ?

Actuellement, les négociations se déroulent à la fois en coulisses et de manière plus ouverte lors de la consultation close le 2 octobre. Outre l'accusation des acteurs de la distribution de générer une immense usine à gaz disproportionnée, son efficacité à enrayer le commerce illicite est mise en doute. Le système fermé d'identification des produits fermerait la porte à une interopérabilité avec les pays hors de l'UE. "C'est pourtant important puisque 86% des cigarettes illégales proviennent de pays tiers, comme la Biélorussie, l'Ukraine et la Turquie. Ces produits continueront d'entrer sur le marché européen malgré le radar du système de suivi", estime un représentant de l'industrie cigarettière à Euractiv.

Du coté des partisans du système Sicpa, on accuse les cigarettiers d'organiser le trafic actuel. "D'après l'OMS et les associations anti-tabac, les cigarettes qui alimentent ce commerce parallèle sont de vraies cigarettes [sic!], fabriquées et commercialisées par les cigarettiers eux-mêmes", insiste C. Macqueen de l'entreprise vaudoise. Françoise Grossetête, députée européenne de droite, pense qu'il faut se méfier des critiques. "Des preuves existent selon lesquelles des tierces parties, qui paraissaient à première vue 'indépendantes', étaient liées ou influencées à un certain niveau par l'industrie du tabac", déclare t-elle dans un autre article d'Euractiv sur le sujet. Sans préciser si cela inclue l'influence sur des Etats, comme la Lituanie, des investissements de cigarettiers dans leur économie, ou encore d'organisations dirigées par des ressortissants de nation productrice de tabac brut.

Lobbytomie générale

Le débat se trouve donc présenté comme emprisonné entre les intérêts des cigarettiers, dont la probité est passablement fumeuse, et ceux de la firme Sicpa. Une entreprise aux mœurs assez étranges, tant au niveau privé de ses propriétaires milliardaires comme le conte le Temps en février dernier, que sur le plan des affaires, tel que le rapporte Mediapart dans le cadre des Malta Files. Le dossier du tracking des produits soumis à la TPD pèse lourd pour la Sicpa, à la fois par le marché européen lui-même mais aussi par l'effet d'entrainement qu'il pourrait imposer aux autres pays. L'entreprise spécialiste des encres pour billets de banques a mis les moyens. 

Engagement de lobbyistes pointus en provenance des firmes cigarettières, comme Yves Trevilly ancien de BAT, approches de personnes influentes, comme Dominique Strauss-Kahn, mise en place d'association faux-nez par Pauline Delpech... Sicpa sort le grand jeu. Avant même les grandes manœuvres actuelles, 80 de ceux qui étaient alors députés français ont mené une guérilla pendant 4 ans pour la firme Suisse, selon Mathieu Pechberty sur BFM

Que fout la vape là-dedans?

Entre les deux armadas de lobbyistes, les intérêts et les spécificités du vapotage ont-ils été pris en compte, alors que la Commission Européenne a déjà programmé son assimilation au système de surveillance ? Comment ce marquage physique et numérique se concrétiserait-il de la box à la résistance, en passant par la fiole de liquide, la fibre ou le fil des coils reconstructibles, le drip-tip ou les accus, etc. ? Quelle justification aux surcoûts financiers et de temps pour les petites entreprises et artisans de la vape d'un système calibré pour le mode de production de Big Tabacco ? Des questions sans réponse pour le moment... à suivre.


vendredi 8 septembre 2017

[Expresso] D'anciens usagers de drogue témoignent de leur utilisation de la vape pour rester "clean"

"Des usagers de drogues se tournent vers la vape pour tenir en échec le manque". L'article de Richard Greenhill, assistant de recherche à l'Université d'East London (UK), dans Tonic, site affilié à Vice, présente des témoignages de consommateurs de cannabis, mais aussi de drogues dites dures comme l'héroïne et la méthamphétamine. "Il y a un potentiel évident de la vape comme outil de réduction des méfaits. Pas seulement pour les cloud-chasers barbus à casquette, mais aussi pour les anciens utilisateurs de drogues", explique le chercheur. Cet espoir se fonde sur des rencontres et la lecture de forum d'usagers où il a recueilli des témoignages.

Lucian, du mal de dos à la BPCO

La première histoire est celle d'un australien de 53 ans. Lucian, chauffeur de métier, fume son premier joint plutôt tardivement à 23 ans. Au milieu de la trentaine, les douleurs d'un disque lombaire pincé lui font la misère. Le médecin lui prescrit de l'oxycontin, le violent anti-douleur opioïde. Les nausées sévères qu'il subit en le prenant l'amènent à utiliser de plus en plus le cannabis, pour remplacer l'oxycontin ou en contrecarrer les effets secondaires."J'utilisais le bong tous les jours et je consommais aussi peu que possible d'oxycontin. Je n'en prenais que lorsque je ne pouvais plus bouger", explique Lucian.

Sa consommation, à hauteur de 4 grammes d'herbe par jour, le motive à faire sa propre culture indoor pour éviter le marché noir. En 2007, une maladie obstructive chronique des poumons est diagnostiqué chez Lucian. A 43 ans, il est prêt à essayer d'arrêter de fumer des cigarettes mais n'imagine pas pouvoir se passer de cannabis contre ses douleurs de dos. "Malheureusement pour Lucian, ses coups de bong habituels ont abouti à une infection récurrente des poumons et un emphysème a été diagnostiqué il y a deux ans", explique Richard Greenhill. 

La vape lui change la vie

Cette situation dramatique le pousse à essayer les deux modes de vape. "La découverte de la vape a été incroyable, ça a complètement changé ma situation. Depuis, je vapote pour la nicotine et, pour le cannabis, j'utilise un vaporisateur à herbes sèches", témoigne l'australien. Richard Greenhill cite les recherches du Pr Donald Tashkin, de l'Université de Californie à Los Angeles, pour expliquer cette amélioration. Non seulement la vaporisation de l'herbe réduit significativement les toxiques, les cancérigènes et le monoxyde de carbone inhalés avec la fumée, mais une étude du chercheur spécialiste du cannabis "suggère que vapoter de la weed aurait des bénéfices spécifiques pour ceux touchés par une bronchite chronique obstructive (BPCO)".



Sacha et la vape pour l'arrêt progressif

Sacha, un second témoin avec lequel s'est entretenu Richard Greenhill, est un enseignant anglais de 32 ans. Il se souvient encore avoir vu à 13 ans un documentaire effrayant sur la drogue. Un an après, il tire sur un joint. Constatant que son cerveau n'a pas frit comme un œuf au plat, qu'il ne ressent pas de manque et les autres conséquences traumatisantes prédites par le film, il se met à consommer régulièrement du cannabis. Sa conso monte jusqu'à 7 gr. par jour, avant qu'il ne se modère et se limite à 3 gr. quotidiens après la naissance de ses enfants. 

"Malheureusement, cela n'a pas suffit à prémunir Sacha de contracter une infection pulmonaire presque fatale quelques années plus tard", explique Richard Greenhill. Son médecin lui ordonne d'arrêter de fumer cigarettes et joints. Sacha commence la vape et vise à diminuer progressivement sa consommation. "A présent je vape exclusivement", explique Sacha qui a réduit sa conso à un gramme par jour, "j'espère arrêter totalement d'ici septembre".

La vape trompe-l’œil pour le sevrage du crystal meth

Les cas de Lucian et Sacha ne sont pas exceptionnels dans les régions où le cannabis est décriminalisé. "Moins couramment connu sont les usagers de crystal meth [methamphétamine] et d'héroïne qui vapotent pour réguler leur manque", poursuit Richard Greenhill. Le chercheur a écumé les réseaux sociaux dédiés, tel que Drugs-Forum, pour se renseigner. Un usager raconte comment sa vapoteuse le calme en lui rappelant les nuages qu'il faisait en consommant de la meth. "Aucune recherche scientifique n'a encore examiné l'efficacité du vapotage comme substitut à la méthamphétamine", précise l'universitaire.

Sortir du chain-smoking induit par l'arrêt de l'héro

Sur Reddit, un héroïnomane, dépendant depuis 2013 et allant d'échec de cure de désintox en expulsion de son école, se ruine pour l'achat de drogue entraîné dans une spirale négative. Ses parents le forcent à un sevrage brutal en l'enfermant. Après deux premiers jours terribles, le garçon fume pour compenser les crises de manque régulières. "Chaque fois que j'avais cette sensation, je fumais une cigarette. Autant dire que je fumais à la chaîne à peu près toute la journée. Lorsque j'essayais de moins fumer, c'était la catastrophe. J'étais sur le point d'abandonner lorsque j'ai essayé une vapoteuse", explique le jeune homme. 

Dés la première nuit où il vapote, cela réduit son anxiété. "Je me suis aperçu que je me sentais normal. Cela m'a procuré une vague d'euphorie et d'espoir dans tout mon corps. C'était la première fois que je me sentais sincèrement heureux sans héroïne depuis des années", témoigne le garçon qui n'a plus retouché d'héro depuis huit mois.

Réalité ou dogme

Une étude de l'Université du Queensland sur les discussions du forum Reddit à propos du sevrage d'héroïne rapporte que vapoter aiderait plus que fumer pour réduire les symptômes d'angoisse et de dépression liés au manque. Contre ces compte-rendus empiriques d'usagers, la vieille-garde médicale rappelle le dogme selon lequel la nicotine ne serait d'aucune aide contre le stress et l'anxiété. Dans cet article de Tonic, c'est le Pr John Turner, de l'Université d'East London, qui s'y colle. Pourtant, des dizaines d'études indiquent l'inverse. L'efficacité du vapotage, nicotiné ou non, pour soutenir les dépendants aux opioïdes ou d'autres substances reste encore à étudier sérieusement...


lundi 21 août 2017

[Ristret] Allemagne: le vapotage est utile selon Marlene Mortler la rapporteuse parlementaire sur les questions d'addiction

"La tendance du vapotage est utile". Pour aider les grands fumeurs à quitter totalement leur tabagisme précise Marlene Mortler en conférence de presse. La Commissaire fédérale sur les questions liées aux drogues présentait vendredi son rapport 2017. Près de 200 pages dont il ressort entre autres que le produit le plus problématique en Allemagne est le tabac. Près du quart des adultes sont fumeurs, soit environ 20 millions d'allemands. Sur la question du vapotage, la députée CDU a infléchi la position présentée les années précédentes du rapport parlementaire. "Le vapotage est beaucoup moins nocif que les cigarettes de tabac", y affirme Marlene Mortler sur la base d'études scientifiques. Le propos est encore loin de l'intégration du vapotage à une politique volontariste de réduction des méfaits pour les fumeurs, telle que celle britannique, mais "l'avancée est significative" note le site allemand EGARAGE

Nette réduction du tabagisme des jeunes


"Une utilisation régulière [du vapotage] est rare chez les jeunes, et ils l'utilisent pour une majorité sans nicotine", souligne le rapport. La chute très nette du tabagisme adolescent et des jeunes adultes montre que l'arrivée du vapotage n'a pas déclenché d'effet passerelle vers le tabagisme, tel que le prédisait la Ministre Manuelle Schwesig (SPD) il y a deux ans. Marlene Mortler rappelle néanmoins dans son rapport que la vente de produits de vapotage est désormais interdite aux mineurs depuis l'implémentation de la directive européenne TPD dans le droit allemand.


Campagne de peur controversée

Ce rapport parlementaire contraste avec la récente campagne du Ministère de la santé sur les réseaux sociaux conseillant aux fumeurs de ne pas arrêter de fumer avec le vapotage. De quoi passablement déboussoler les fumeurs, dont on sait qu'ils sont forcément ambivalents devant l'arrêt des cigarettes. Une campagne de peur gouvernementale qui a suscité de nombreuses réactions critiques du public. Tandis qu'une récente étude montre que 98% des vapoteurs allemands ayant arrêté de fumer constatent des améliorations de santé.

jeudi 17 août 2017

#FakeNews RTL enfume la France sur les chiffres de vente de tabac

Un chiffre a donné des sueurs froides en pleine canicule. Présenté sous forme de scoop exclusif, RTL annonçait hier un bond monumental des ventes de paquets de cigarettes en France de 9,2% provenant soi-disant de sources des douanes. En réalité, ce chiffre est totalement bidon et l'Administration des Douanes françaises l'a démenti. Avant même ce démenti officiel, les premiers à réagir pour dénoncer la Fake News ont été des buralistes sur twitter. Suivi par un communiqué de leurs "meilleurs ennemis" du Comité National Contre le Tabagisme (CNCT) qui s'insurgent de la désinformation. Les premiers soupçonnent un enfumage en vue de justifier la hausse du prix du paquet à 10 €, tandis que les seconds pensent qu'il s'agit d'une manœuvre pour discréditer le paquet neutre. Plusieurs médias reprenant l'info ont changé au petit bonheur la chance le chiffre annoncé. Pour certains c'est une hausse de 0,9% comme sur le Monde du tabac, pour d'autres de 0,5%, le CNCT affirme de son côté qu'il y a eut une baisse de 0,1%. RTL n'a pas (encore?) publié ni démenti, ni rectificatif de son énorme désinformation...

edit 18-08-2018 9h15: modif de l'expression ironique (peu claire) à propos du CNCT ;)

jeudi 10 août 2017

[Expresso] L'Allemagne lance une campagne de dénigrement contre la vape sur Facebook


"Ce n'est pas une alternative saine". Le Gouvernement allemand répand la peur contre la vape sur les réseaux sociaux. "Beaucoup de fumeurs utilisent le vapotage comme une alternative saine pour arrêter de fumer. Mais même si la vape est moins nocive que les cigarettes, elle pose notamment par sa teneur en nicotine des risques graves pour la santé", explique le Ministère de la santé (BMG) sur son compte Facebook. Des risques graves vraiment ? "Les trois affirmations du Ministère dans son infographie sont correctes. (1) Le vapotage n'est pas une "alternative saine", parce que rien n'est absolument 100% sain dans la vie. (2) La nicotine peut favoriser des maladies chroniques, mais elle protège aussi contre diverses autres maladies chroniques. D'ailleurs le Ministère recommande des médicament contenant de la nicotine pour l'arrêt du tabac", commente le Pr Bernd Mayer, de l'Université de Graz, sur son Facebook et poursuit, "(3) Le vapotage peut produire des substances cancérigènes, mais seulement dans des quantités minimes. Les usagers évitent la pyrolyse du liquide qui se produit en cas de "dry puff" car cela a un goût répugnant. Cela peut aussi arriver de carboniser un toast, mais on ne le mange pas généralement". Avant de souligner,"Le Ministère de la santé (BMG) dit la vérité mais pas toute la vérité".

Des centaines de commentaires s'indignent de la mésinformation répandu par les autorités allemandes. Les usagers y voit la rapacité fiscale du Gouvernement fédéral qui perçoit plus de 14 milliards d'euro par an grâce aux ventes de tabac. Il est à noter aussi que le pays est le plus grand exportateur de produits de tabac manufacturés au monde, selon les chiffres 2016 d'ITC. D'autres citoyens s’interrogent sur la bonne information des autorités sanitaires qui ont produit cette communication catastrophiste. "Quelqu'un m'a demandé d'informer le BMG de ces faits. Les employés du Ministère connaissent déjà très bien ceux-ci. Ils n'ont jamais essayé d'informer les fumeurs pour qu'ils passent au vapotage, alors que probablement pour un grand nombre cela sauverait leurs vies. L'argent et l'idéologie sont de toute évidence plus importants au Ministre que la santé de la population", déplore Bernd Mayer qui avait écrit un texte d'information médicale au sujet de la vape en mai



[Expresso] France: Philip Morris profite de la censure et du dénigrement contre la vape pour promouvoir sa cigarette Iqos

C'est une petite bombe que lâche ce matin le site Vaping.fr. L'enregistrement du recrutement téléphonique d'un "ambassadeur" par Philip Morris pour "faire la promotion" de sa nouvelle cigarette Iqos en France. La recruteuse du cigarettier est claire sur la tactique de contournement de la loi Evin. "Les restrictions législatives font qu'on ne peut pas faire de publicité pour du tabac, du coup il faut faire interagir votre réseau", explique t-elle dans une des conversions enregistrées. A l'image de sa stratégie de marketing testée en Suisse, le cigarettier prévoit des soirées "événements", des présentations en public, des groupes privés sur les réseaux sociaux et de la chasse directe. "Ce sera chaud pour vous et vous ne pouvez pas en faire la publicité vraiment", précise la recruteuse au postulant. Et de préciser que le futur chasseur de Philip Morris aura une enveloppe dédiée de plusieurs centaines d'euros, pour inviter des personnes à boire un verre ou autres, en vue de leur placer la cigarette Iqos. Le modèle semble proche de la campagne de chasse aux fumeurs d'Iqos mis en place par Philip Morris en Suisse.


Surfer sur la propagande des anti-vape

La stratégie de marketing du cigarettier vaudois entend bien profiter de la censure imposée aux produits de la vape par la loi Marisol Touraine, qui interdit "publicité et propagande" pour le produit sans tabac ni combustion en France. Tandis que sa cigarette de tabac Iqos produit de la pyrolyse comme nous l'avions expliqué sur la base des documents de Philip Morris et d'une étude indépendante lausannoise. Les campagnes de dénigrement du vapotage à répétitions par certaines organisations soi-disant anti-tabac, largement relayées par les médias à sensation, ont semé le doute dans la population des fumeurs contre la vape. Du pain béni pour Philip Morris qui va donc lancer une grande campagne de promotion de son nouveau produit pour récupérer sa clientèle perdue ces dernières années au profit de la vape. La mise en place d'une armée d'agents recruteurs en est un élément. 

La Ministre doute et donc n'existe pas

Pendant ce temps, la Ministre de la santé Agnès Buzyn préfère continuer de "douter" de l'intérêt de stratégie anti-tabac intégrant le vapotage, à l'image de celle britannique où le nombre de fumeurs s'est réduit de 20% depuis 2011. Le "doute", pour ainsi dire ce second produit de l'industrie cigarettière...





lundi 7 août 2017

Le risque cancérigène de la vape serait inférieur à 1% de celui des cigarettes selon une recherche


«La plupart des analyses de vapotage indiquent un potentiel cancérigène inférieur à 1% de celui de la fumée de cigarette». Publiée hier dans Tobacco Control du British Medical Journal (BMJ), un travail de recherche (research paper) a calculé les risques cancérigènes des cigarettes, dont une de tabac chauffé, du vapotage et d'inhalateur pharmaceutique de nicotine. Précisément, l'analyse modélisée pour comparer de multiples études aboutit à un risque cancérigène de 0,4% pour le vapotage par rapport aux cigarettes. Sur la durée d'une vie, «comparés aux cigarettes [risque = 1], les risques relatifs sont de 0.024 pour la cigarette de tabac chauffé, de 0.004 pour le vapotage et de 0.0004 pour l'inhalateur de nicotine». Autrement dit, vapoter entraînerait 250 fois moins de risque de cancer que fumer, selon les calculs du Dr William Stephens de l'Université de St. Andrews (Écosse).

Modélisation

Pour arriver à cette estimation, il a mis au point une série d'équation pour pouvoir comparer entre elles les études hétérogènes sur les substances dégagées par les cigarettes, le vapotage et les inhalateurs de nicotine. "Les potentiels cancérigènes des différents aérosols administrant de la nicotine ont été modélisés pour utiliser des analyses chimiques publiées sur les émissions et les risques associés à leur inhalation. Les potentiels ont été comparés à l'aide d'une procédure de conversion pour exprimer la fumée de cigarette et le vapotage dans des unités communes. Les risques de cancer sur la durée d'une vie ont été calculés à partir de ces potentiels sur la base d'estimations de consommation quotidienne", précise l'article de la revue anti-tabac. Sur la base des études, le Dr Stephens a estimé réaliste pour le risque de cancer sur la durée d'une vie de comparer une consommation quotidienne de 15 cigarettes à 30 litres d'aérosol de vapotage inhalé (NB: pas d'e-liquide de recharge, mais bien d'aérosol dégagé par la vapoteuse).



La nicotine elle-même n'étant pas cancérigène, ce sont les autres substances dégagées dans les aérosols qui sont facteurs de risque. Les concentrations de cancérigènes, reconnus (type 1) et possibles (type 2) par l'Agence Internationale de Recherches sur le Cancer (IARC) habituellement détectés dans la fumée de tabac, ont été pondérés selon l'évaluation du risque par dose établie par l'Office of Environmental Health Hazard Assessment database (OEHHA, California, USA). Le Dr Stephens a ensuite évalué les potentiels cancérigènes moyens de chaque mode de consommation de nicotine et calculé le risque sur une vie avec une consommation moyenne. Il est à noter que le calcul pour le tabac chauffé ne se base que sur une seule étude à partir d'un prototype d'appareil pour ce type de cigarettes.

Substances problématiques...

«Les cancérigènes les plus élevés des cigarettes sont le 1,3-butadiene et l'acrylonitrile, comptant pour plus des trois-quarts du potentiel cancérigène», souligne le Dr Stephens. Dans le vapotage ce sont le formaldéhyde et le cadmium qui constitueraient les principaux risques cancérigènes. «Même des taux minimes de cadmium peuvent avoir un effet majeur étant donné son niveau très élevé de risque, mais le cadmium n'a pas été détecté dans toutes les mesures et dans certaines autres il n'était présent qu'en concentration proche de l'indétectable», pondère le chercheur écossais. Concernant le formaldéhyde, les mesures rapportées par les différentes études sur le vapotage sont extrêmement disparates. Certaines mesures sont proches du niveau de l'inhalateur pharmaceutique, tandis que d'autres dépassent les taux dégagés par les cigarettes. 

Ou méthodes problématiques

Or, le Dr Stephens observe que les études rapportant de fort taux d'aldéhydes ont utilisé des voltages dépassant la plage d'utilisation normale des appareils de vapotage. Le problème est celui des surchauffes artificiellement produites par les machines à fumer ne détectant pas l'assèchement de la mèche. Au lieu de vaporiser le liquide, les chercheurs produisent alors un phénomène de pyrolyse. Autrement dit, ils crament la mèche et d'éventuels résidus au lieu de vapoter. «Ceci implique que c'est la manière dont l'appareil est utilisé qui peut être plus importante que l'appareil lui-même», éclaire le Dr Stephens. Pour éviter le problème, le chercheur insiste sur l'information de bonnes pratiques d'usage à délivrer aux utilisateurs. Et peut-être aux chercheurs...? Du moins, le Dr Stephen a jugé préférable d'écarter de son calcul les études ayant dépassé la puissance d'utilisation normale des vapoteuses pour produire les aérosols.

Un bon exercice mais prématuré ?

La grande disparité des mesures sur le formaldéhyde pose un problème de fond sur la qualité des études et les critères de publication des revues scientifiques sur le thème du vapotage. La très mauvaise qualité de certaines études sur le vapotage est vraiment inquiétante. Elle pose aussi un problème concernant la solidité de l'évaluation de cette méta-analyse sous un autre angle. Celui de l'absence de donnée pour le vapotage à propos de certains toxiques cancérigènes. «A mon avis, cette étude est un bon exercice mais elle est prématurée», commente le Dr Konstantinos Farsalinos, de l'Université de Patras, sur son blog. Pour autant le chercheur grec ne suit pas le Pr Stanton Glantz, de l'Université de Californie, qui s'est simplement gaussé sur son blog de l'étude. Le californien estime "mauvaise" la question de réduire les risques de cancer lié au tabagisme, n'apportant à son sens pas de réponse intéressante. Pourtant, les cancers représentent environ le tiers de la mortalité prématurée lié au tabagisme, que l'OMS quantifie à près de 7 millions de morts par an dans le monde.