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jeudi 30 juillet 2020

L'Institut Pasteur compare les toxiques entre cigarette, tabac chauffé et vape

Quel niveau de réduction des risques avec la vape ou une cigarette chauffée par rapport aux cigarettes classiques ? L’Institut Pasteur de Lille apporte sa contribution au sujet avec une étude approfondie. L’équipe menée par Romain Dusautoir a analysé les taux de carbonyles et d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dans les émissions d’une cigarette standard (3R4F), de la fumée de la cigarette chauffée Iqos, et de trois dispositifs de vapotage. Les chercheurs, financés par l’Institut national du cancer (INCa), ont ensuite procédé à des tests in vitro de viabilité de cellules épithéliales bronchiques humaines (BEAS-2B) exposées aux différents aérosols. 
« Dans le cadre de la réduction des méfaits du tabac, dans laquelle les fumeurs devraient idéalement pouvoir choisir librement parmi une variété de solutions de rechange au tabagisme, les produits du tabac émergents (comme le tabac chauffé [HTP]) et le vapotage semblent avoir le potentiel d’une nouvelle offre prometteuse. Toutefois, il est fondamental pour les fumeurs de connaître et de comparer les risques pour la santé de ces différents dispositifs émergents afin de déterminer quel produit devrait être préféré pour le sevrage tabagique », soulignent les onze coauteurs de l’étude financée par l’INCa et l’IResP.
Globalement, les résultats sont sans appel. "Conformément aux niveaux de composés toxiques mesurés dans chaque aérosol, l’aérosol de cigarette chauffée (HTP) présente une cytotoxicité réduite par rapport à la fumée de cigarette, mais plus élevée que les émissions de vapotage", conclut la publication en open-access dans le Journal of hazardous materials.

Les niveaux de carbonyles et de HAP mesurés

La fumée de cigarette contient près de 7000 composés toxiques, dont l’extrême majorité est absente du vapotage. Notamment, le vapotage ne contient ni monoxyde de carbone ni goudrons contrairement à la cigarette. L’étude menée à l’Institut Pasteur de Lille s’est concentrée sur le niveau de deux classes de toxiques dont certains sont encore présents dans le vapotage, en comparant les niveaux à ceux dégagés par du tabac chauffé et une cigarette. 

Ainsi, les niveaux de 19 carbonyles et de 23 hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ont été mesurés dans la fumée d’une cigarette, celle d’une Iqos (indiquée par HTP), du vapotage d’un modèle vieillissant d’Ego avec une résistance de 2,8 ohms alimentée à 4,6 Watts (nommée Lounge), et d’un Mod box plus récent avec une résistance en 0,5 ohms en deux configurations, l’une à 18 Watts et l’autre à 30 Watts. Les trois vapoteuses ont été testées avec un liquide à 16 mg/mL de nicotine, goût classique (en 70 % PG et 30 % VG). Les tests ont suivi le régime intensif de Santé Canada tout en veillant à ne pas créer artificiellement de dry-hit, en respectant notamment les recommandations de l’AFNOR.
« Pour assurer des conditions expérimentales réalistes, deux vapoteurs réguliers ont testé les e-cigs utilisés dans notre étude pour éviter la génération de bouffées sèches, en utilisant la durée de bouffée et les réglages de puissance tels qu’ils ont été testés avec la machine à fumer. Les utilisateurs ont confirmé l’absence de sensation de bouffée sèche et la production de vapeur suffisante. En outre, la température de l’aérosol généré a également été considérée comme un indicateur de pertinence expérimentale et de réalisme », stipulent les chercheurs, qui ont évité les erreurs méthodologiques « à l’américaine ».

Réduction de 99,8 % des carbonyles pour la Modbox

Les chercheurs ont analysé la présence des toxiques par bouffée et de manière pertinente par µg de nicotine délivré. Les résultats, détaillés pour chaque substance dans le papier, indiquent à délivrance égale de nicotine, une réduction de 77 % des émissions de carbonyles pour l’Iqos, et à plus de 99,5 % pour les différents modèles de vape, par rapport à la cigarette. Grossièrement, on peut dire que l’Iqos réduit par quatre fois la dose de carbonyles pour l’utilisateur à délivrance de nicotine similaire par rapport à la cigarette, tandis que les vapoteuses la réduisent de l’ordre de 200 à 500 fois. 
« Dans l’ensemble, nos données démontrent donc qu’à des températures normales, la teneur en carbonyles dans les émissions de vapotage ne représente qu’une petite fraction des niveaux inhalés par les utilisateurs de produits du tabac », précise l’étude.
Clique dessus pour la voir plus grande :
Dans le détail, les auteurs soulignent la nette réduction d’émission de carbonyles de l’Iqos en regard de la cigarette standard. Mais ils notent que la « présence de niveaux élevés d’acétaldéhyde est la marque de la pyrolyse et de dégradation thermogénique du tabac ». « En revanche, la principale source de carbonyles dans les émissions de vapotage est la dégradation thermique du glycérol et du propylène glycol contenue dans l’e-liquide. Certains carbonyles étaient quantifiables dans les différentes vapeurs d’e-cig testées, mais de plusieurs fois plus faibles que dans les émissions des deux produits du tabac testés ».

HAP réduits de 98,5 % avec la Modbox

Concernant les HAP, l’Ego se montre moins performante et ne réduit « que » de 92,5 % les taux de cette classe de toxiques par rapport à la cigarette. L’Iqos se montre un peu plus sûre avec une réduction de 94,3 %. Tandis que le modbox plus récent atteint 98,5 % et 99,2 % dans les deux configurations de puissance, en profitant d’une meilleure vaporisation de la nicotine. Les dispositifs de vapotage plus modernes en améliorant leur efficacité à la vaporisation de nicotine ont réduit les émissions d’HAP par dose de nicotine délivrée.

Tests de cytotoxicité in vitro

En plus de ces mesures, l’équipe de recherche a évalué l’impact toxicologique des aérosols produits. Ils ont exposé des cellules de la paroi (épithéliales) de bronches humaines à la fumée de la cigarette, de l’Iqos et aux aérosols des trois dispositifs de vapotage. Ils ont relevé la viabilité des cellules exposées, ainsi que des marqueurs de stress oxydatifs et de réponses inflammatoires.
« La réduction apparente de certains constituants nocifs dans les émissions de HTP et de vape par rapport à la cigarette de tabac ne peut pas être directement extrapolée à une réduction proportionnelle des méfaits pour les fumeurs »
Pour évaluer la viabilité cellulaire, les chercheurs ont déterminé la dose effective (ED50) qui élimine la moitié des cellules exposées. Les résultats sont éloquents. Deux bouffées de cigarettes suffisent à atteindre ce seuil tandis qu’il faut 45 bouffées d’Iqos. Les « vapeurs d’e-cig n’ont pas induit une mortalité cellulaire suffisante pour calculer une ED50 (quelle que soit la puissance ou le modèle e-cig testé) » après 120 bouffées. Dans une étude précédente, un des chercheurs avait été jusqu’à 576 bouffées avec différents e-liquides sans montrer de cytotoxicité.
« Nous avons également évalué la viabilité cellulaire en fonction de la nicotine émise. Les résultats étaient équivalents avec ou sans normalisation de la nicotine : une cytotoxicité plus élevée pour la cigarette de tabac (ED50 = 0,2 mg de nicotine) que pour HTP (ED50 = 2,8 mg de nicotine) et une faible cytotoxicité pour le vapotage »


Le stress oxydatif des cellules a été mesuré par le rapport entre les niveaux de glutathion oxydé (GSSG) et celui réduit (GSH). La cigarette a induit une augmentation de 2,7 du ratio GSSG/GSH dés la première bouffée. La cigarette chauffée a produit la même augmentation, mais après 12 bouffées. Tandis que du côté du vapotage, seule la Modbox à 30 watts à produit un changement similaire (2,9) après 120 bouffées. Sur cette base de 120 bouffées de vape, 12 bouffées d’Iqos et une seule bouffée de cigarette, les chercheurs ont vérifié une réaction de défense immunitaire des cellules. 
Enfin, ils ont relevé la sécrétion de cytokines en réponse à des processus inflammatoires. L’interprétation des résultats, plus prononcés avec moins de bouffées, reste à déterminer. « Ces différentes modulations dans les médiateurs inflammatoires peuvent s’expliquer en partie par les niveaux de carbonyle et d’HAP mesurés dans les différentes émissions », avancent les chercheurs.
« Cette étude contribue à une meilleure compréhension des propriétés des émissions de tabac chauffé (HTP) et de vapotage et de leurs impacts toxicologiques connexes. Elle fournit des données importantes nécessaires à l’évaluation des risques, en démontrant que le HTP pourrait être moins nocif que la cigarette de tabac, mais beaucoup plus nocif que le vapotage », concluent les chercheurs de l'Institut Pasteur de Lille.

lundi 17 décembre 2018

[Décrypt express] Aucune étude ne montre que la vapoteuse est plus dangereuse que le joint

Petit décryptage express après qu'un ami m'a demandé * mon avis sur un article de Destination Santé. Une étude publiée le mois dernier dans Jama Network Open a mesuré l'effet du Δ9-tetrahydrocannabinol (THC) sur 17 adultes consommateurs très occasionnels sous forme vaporisée ou fumée. Contrairement au compte-rendu du site Destination Santé, repris par le Midi Libre, il ne s'agit ni de vapotage ni de joint. Les participants ont inhalé soit l'aérosol produit par un vaporisateur d'herbe sèche, en l’occurrence le bien connu Volcano (de Storz & Bickel), soit la fumée d'une petite pipe à herbe. L'étude ne montre pas non plus une augmentation de danger puisqu'elle s'est concentrée sur le rendement mesuré dans le taux sanguin et les effets subjectifs ressentis, éventuellement adverses, par les participants. Le résultat est intéressant: la vaporisation est de 40% à 50% plus efficace que par combustion. 

La vaporisation plus efficace que de fumer

"Par conséquent, en maintenant la dose de THC constante, les vaporisateurs semblent être une méthode de libération du cannabis et du THC plus efficace, probablement parce qu'avec les préparations fumées traditionnelles, davantage de THC est perdu à cause de la pyrolyse (combustion) et /ou du sidestream", expliquent les chercheurs de la Johns Hopkins University School of Medicine de Baltimore. Le sidestream est la fumée qui se dégage dans l'environnement entre deux bouffées. Une perte de matière pour le consommateur qui ne se produit pas, ou de manière insignifiante, avec la vaporisation. D'autre part, la pyrolyse est fortement soupçonnée de détériorer les cannabinoïdes par température excessive.

Cannabis déséquilibré

Point important dans le protocole de l'étude, le cannabis utilisé pour les tests avec THC était titré à 13.4% de Δ9-THC, mais seulement 0.03% de cannabidiol (CBD) et 0.8% cannabinol. L'effet d'entourage étudié par le Dr Raphaël Mechoulam, a  montré que le CBD contrecarre certains effets du THC. Avec un ratio entre les cannabinoïdes aussi déséquilibré, l'impact du THC est excessivement fort, comme le montrent les réactions de plusieurs participants que ce soit sous forme vaporisée ou fumée.

Réduire d'un tiers la dose avec la vaporisation

Les mesures sanguines de l'étude montrent des dosages plus élevés de près de 50% avec la vaporisation qu'avec la fumée. Autrement dit, un consommateur peut réduire d'un tiers la dose d'herbe lorsqu'il la vaporise au lieu de la fumer. "Conformément aux résultats pharmacodynamiques, les concentrations quantitatives de THC dans le sang totales étaient plus élevées après l'administration de cannabis vaporisé que fumé et ont montré des différences d'ordre posologique", précise l'étude.

Evidemment, les effets ressentis ont aussi été plus forts. Le mauvais équilibre en cannabinoïdes de l'herbe choisie pour l'étude a provoqué quelques réactions adverses chez les sujets peu coutumiers de consommation forte. L'effet psychotrope du cannabis avec THC se déploie en une dizaine de minutes. En contraste de l'autotitration rapide des usagers de nicotine, les consommateurs de cannabis peuvent se retrouver à avoir pris une dose trop forte, que ce soit en fumant ou en vaporisant. L'expérience et la connaissance des ses réactions préviennent ce genre de problèmes généralement, d'autant plus lorsqu'on n'est pas astreint à consommer une dose prédéterminée pour une étude. 

Attention aux effets plus prononcés de la presse de caniveau

"Les vendeurs et les consommateurs des produits à base de cannabis doivent être conscients que l'inhalation de cannabis avec un vaporisateur pourrait produire des effets de la drogue et une altération des capacités plus prononcés que la méthode traditionnelle de le fumer", concluent les chercheurs. La recherche n'a pas mesuré les toxiques produits par les deux modes de consommation qui constituent dans le cas de la fumée le principal danger. Les risques de perte de capacité inhérente à l'état d'ivresse cannabique sont à apprécier en contexte.

Généralement, ils sont recherchés par les consommateurs mais il devrait être clair qu'ils sont à éviter dans des situations inappropriées. Pour les situations thérapeutiques, l’efficacité est aussi généralement souhaitée. L’équilibre entre les cannabinoïdes est un point clef sur ces questions d’effets.

Nous ajouterons que la lecture de la mauvaise presse, ne prenant pas la peine de lire et de comprendre une étude dont elle rend compte, peut avoir des effets débilitant très prononcés et indésirables dans quelque contexte que ce soit. Et on ne va même pas parler des charognards bénéficiant de subventions par millions € (ce n'est pas une faute de frappe) sautant sur l'article racoleur et stupide pour encourager les fumeurs à le rester.
"Comme pour le tabac, les goudrons issus de la combustion du chanvre sont riches en composés cancérogènes (...). Cependant, les cannabinoïdes eux-mêmes ne sont pas cancérogènes. Une manière évidente de protéger la santé des fumeurs est donc de réduire au minimum la teneur en substances toxiques relatives à la fumée, sans diminuer la teneur en cannabinoïdes", Dale Gieringer, coordinateur de l'association NORML California en 1996.
 *edit: correction de français, pris de doute j'ai lu : http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/expressions-francaises/2017/04/22/37003-20170422ARTFIG00003-apres-que-ne-faites-plus-la-faute.php 

mercredi 6 septembre 2017

[Oups] Les filtres des cigarettes Iqos fondent-ils sous la chaleur?

Selon la Croix-Bleue de Berne, des filtres des cigarettes Iqos fondent partiellement à l'usage. Le phénomène a été vérifié avec trois appareils distincts pour s'en assurer. A chaque fois, le filtre a fondu en son milieu. "Que des éléments du filtre fondent est inquiétant pour la sécurité des usagers, notamment sur les effets possibles pour leur santé", explique Markus Wildermuth, de l'organisation de prévention de santé. Dans une vidéo postée sur Youtube (plus bas), il appelle les utilisateurs ayant constaté des problèmes à prendre contact. Un laboratoire mandaté par l'organisation bernoise a mis en évidence la présence d'acide polylactique (PLA) dans la composition du filtre. 

"Dans l'industrie de l'emballage alimentaire, le PLA est connu pour être absolument sans problème. Mais cela peut être différent si le PLA est inhalé. Notamment parce qu'il pourrait relâcher des particules ultra-fines", précise Markus Wildermuth. Initiée après qu'un fumeur d'Iqos ait signalé le problème, la recherche menée n'a cependant pas prospecté les conséquences sanitaires pour des usagers ni mesuré précisément les taux émis du polymère lors de l'utilisation.

Philip Morris réfute

Du côté de Philip Morris, on nie en bloc le problème. "Contrairement aux affirmation de la Croix-Bleue, le film filtrant reste stable lorsque l'heatstick est consommé", déclare un chargé de communication du cigarettier au journal 20 Minuten. "Nos études n'ont pas identifié de substance problématique sur le plan toxicologique. En conséquence, le film filtrant ne modifie pas l'aérosol de tabac inhalé par le consommateur", précise t-il encore. Le quotidien alémanique indique toutefois que la fonction de ce filtre est d'abaisser la température de la fumée de l'Iqos afin qu'elle soit agréable au fumeur. 

En l'état, il est difficile de départager les deux avis sans étude indépendante plus poussée sur le sujet. La possibilité d'une mauvaise série à la production, soit des filtres soit de l'appareil chauffant, n'est peut-être pas à écarter... 

La vidéo de la Croix-Bleue de Berne (sous-titres dispo):


mercredi 2 septembre 2015

EXCLU: L'iQos plus nocive que prétendu?


Un document issu de Philip Morris (PMI), que nous nous sommes procurés, révèle des toxiques dans son nouvel iQos, commercialisé depuis août en Suisse. Il est autorisé à la vente avec un avertissement adouci par les autorités sanitaires, alors que celles-ci interdisent toujours les liquides à vaper nicotinés. Une situation qui offre le marché suisse des produits à risques réduits sur un plateau à cette Marlboro de tabac chauffé-non-brulé.

Les modèles présentés dans le graphique des tests de PMI
Les médias nous ont vendus l'iQos comme étant «d'une nocivité réduite à 90%». Vraiment? Un document que nous nous sommes procurés, montre des niveaux de toxiques plus inquiétants. Comparée à une cigarette type - codée sous le nom de 3R4F par l'industrie du tabac et dont les spécificités ne sont pas précisées dans le document -, l'iQos dégagerait 51% de l'ammoniac, 20% de l'acetyldehyde, 15% du formaldehyde, 10% du benzopyrene. Ainsi qu'entre 5% (NNK) et 8% (NNN) de nitrosamines et de quelques autres substances toxiques à moindre niveau de la cigarette.
Et même un taux de 4% du monoxyde de carbone, signe de combustion légère du système qui chaufferait à 350° selon PMI. Une température où aldéhydes et acroléine sont générées. Ces résultats signés de Manuel Peitsch, vice-président de la recherche biologique de PMI, ne mentionnent pas les taux de nombreux autres toxiques du tabac fumé. Aucune étude indépendante n'ayant été menée sur l'iQos, difficile d'en savoir plus. Ces données n'ont pas suinté dans les médias. Le Temps, en février 2014, avait d'ailleurs précisé s'être vu imposer «un filtrage sur certaines informations techniques, relatives notamment aux tests biologiques» par PMI.

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