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jeudi 2 août 2018

[Bref] Matteo Salvini promet une réforme du vapotage dés septembre en Italie, au site SigMagazine

Dans un entretien exclusif hier au site SigMagazine, Matteo Salvini, vice-Premier Ministre du gouvernement, promet préparer une loi de réforme du vapotage en Italie. "Nous travaillons déjà à un texte blindé pour le terminer d'ici la fin de l'été. Nous n'allons pas l'insérer dans la loi de finance mais il sera écrit ad hoc spécifiquement pour le secteur du vapotage. Ce sera la première mesure après les vacances d'été, car techniquement et politiquement, c'est très simple", assure le Ministre. L'objectif est de sortir la vape de la tutelle de l'Administration des douanes et du Monopole du tabac (AAMS) pour rendre son autonomie au secteur et abolir la mega surtaxe anti-vape. "Cette disposition ne va rien enlever à qui que ce soit. Au contraire, un marché va être libéralisé et normalisé, donnant aux entreprises un coup de pouce et de la vitalité", explique Matteo Salvini.

La première mesure en septembre

Au niveau de la santé publique aussi, la réforme peut être bénéfique. Le tabagisme en Italie augmente ces dernières années au fur et à mesure que le vapotage recule. "Il est incroyable que la question de la santé n'ait jamais été prise en compte. D'autres pays aident ceux qui veulent arrêter de fumer et recommandent le vapotage", souligne le Ministre. Cette réforme était déjà l'objectif de l'amendement 'Salva Vaping' qui a échoué en Commission parlementaire la semaine dernière. "Je comprends et je partage l'énervement des milliers de travailleurs du secteur du vapotage en difficulté: être coincé pour une chicane bureaucratique est indigne d'un pays civilisé", regrette Matteo Salvini.

Après l'Italie, l'Europe ?

Le temps presse alors que l'écroulement des ventes sous le coup de la surtaxe pousse une majeure partie du secteur dans une situation très précaire. Plusieurs organisations professionnelles de la vape craignent des faillites dés la rentrée. Du côté des vapoteurs, l'association ANPVU demande aussi l'abolition de la taxe anti-vape qui en restreint l'accès aux fumeurs et repousse des utilisateurs vers le tabagisme et d'autres vers le marché noir. A l'heure où la Commission Européenne étudie l'option d'imposer une taxe anti-vape à toute l'Union Européenne, le cas italien constitue un triste exemple du désastre sanitaire, social et économique d'une telle mesure.

lundi 9 juillet 2018

[Bref] En Italie, le Monopole du tabac menace de bloquer un forum de vapoteurs

Depuis décembre dernier, l'Agence des Douanes et du Monopole du tabac (AAMS) bloquent des sites internet pour "violation constatée d'offre de tabac ou de produits liquides d'inhalation sans combustion". Autrement dit, des sites de vente de tabac ou de liquide de vape, y compris sans nicotine, en vertu du décret lui octroyant le monopole de distribution et en interdisant la vente à distance. Jusque-là, les listes publiées régulièrement visaient effectivement des boutiques de vapotage en ligne. Mais la dernière parue sur le site du Monopole le 4 juillet annonce le futur blocage de deux sites faisant office de blogs et forums de discussion dans les 15 jours "à partir de la publication de ce communiqué, si l'offre interdite n'est pas enlevée". 

Le premier consacré à des produits de tabac se nomme Rolling Tobacco, le second Svapo.it regroupe près de 45'000 vapoteurs. Sur celui-ci, dans la rubrique dédiée à des boutiques en ligne, nous n'avons constaté aucune offre de liquide. Le document du Monopole ne dit pas quelle "offre interdite" précise doit être enlevée pour chacun des sites visés. "À la suite de signalements reçus à ce bureau, il a été constaté la présence sur les sites web répertoriés d'offre interdite", se borne à expliquer le Monopole pour justifier ce qui s'apparente à une condamnation sans appel possible. Parmi les sites listés, la boutique en ligne Svapem.it est déjà offline.

Des descentes policières au même prétexte ont eu lieu, notamment en mars à la Vapor Expo de Forlì, alors que le vendeur faisait payé 5€ ses liquides pour couvrir les frais de taxes (taxe anti-vape et la TVA dessus) sans bénéfice pour lui. Opération commerciale qui n'a rien d'illégale mais dont le prix n'était pas assez élevé au goût des autorités italiennes.

Essor du tabagisme

Le contrôle de la distribution des liquides de vapotage a été remis à l'Administration des Douanes et du Monopole suite aux rentrées fiscales jugées décevantes les années précédentes. Des 115 millions € escomptés, la surtaxe de 4 € par fiole de 10 mL n'a rapporté à l'Etat que 4 millions € en 2016. Trop peu aux yeux des gouvernants qui ont imposé le régime du Monopole aux liquides de vapotage, en interdisant aussi la vente par internet. Depuis l'instauration des taxes, le secteur est en récession et les statistiques de l'Instituto Superiore di Sanità (ISS) montre un recul du nombre de vapoteurs accompagné d'une hausse des fumeurs, repassés au dessus de la barre des 12 millions cette année en Italie. 

Le modèle italien appliqué à l'Europe ?

Le Commissaire européen à la santé, le lituanien Vyrtenis Andriukaitis, avait évoqué en novembre au site Euractiv la possibilité d'un durcissement similaire au niveau de l'Union Européenne. Depuis, la Commission des taxes a lancé une consultation publique jusqu'au 3 septembre envisageant d'imposer une surtaxe minimale contre la vape à l'ensemble des pays. Une mobilisation lancée par 16 organisations d'usagers et de réduction des risques appellent à répondre à la consultation et signer une pétition en ligne s'opposant à une telle surtaxe. Pour le moment, en plein été, la mobilisation reste faible avec seulement un peu plus de 16'000 signatures collectées en dix jours.




jeudi 5 juillet 2018

Consultation européenne sur le projet de taxe anti-vapoteurs: quelques infos [MàJ]

Lancée vendredi dernier, la mobilisation contre le projet de taxe anti-vapoteurs de la Commission Européenne prend de l'ampleur. Du côté italien, où une surtaxe de 4€ par fiole a déclenché une baisse du nombre de vapoteurs accompagnée d'une hausse des fumeurs, la Ligue Italienne Anti-Fumée (LIAF) relaie l'appel des 16 associations d'utilisateurs. De même en France, la Fédération Addiction, des professionnels socio-sanitaires du domaine des addictions, soutient également le refus de taxation punitive contre les personnes évitant de fumer à l'aide du vapotage. L'appel des 16 associations européennes est désormais aussi traduit en hollandais, allemand et espagnol, s'ajoutant à l'anglais, l'estonien, le français et l'italien.
PS : Sovape a édité un flyer à télécharger, imprimer et diffuser pour ceux qui en ont la possibilité:
https://www.sovape.fr/wp-content/uploads/2018/06/NOTAX-Flyer-UE.pdf

Filtrage informatique des contributions

Une autre information nous vient d'une cadre de la Commission Européenne. "Après la consultation, toutes les contributions seront soigneusement analysées à l'aide d'outils informatiques afin de filtrer les contributions identiques ou les contributions en double. Ces outils utilisent des techniques avancées qui permettent également l’agrégation des contributions à partir des commentaires reçus", explique cette Conseillère juridique et fiscal de la Commission Européenne dans un courrier électronique à un citoyen. Ces précisions viennent en réponse à une remarque concernant la possibilité de soumettre plusieurs contributions, que la Commission n'encourage pas mais contre laquelle elle ne veut pas mettre en place de système qui risquerait de décourager d'autres participants, selon les explications de la bureaucrate européenne.

Une conséquence pratique à retenir de cette information est que l'envoi de commentaires 'copiés/collés' n'est pas très utile. Comme l'indique Sovape dans sa petite aide, mieux vaut expliquer son analyse dans ses propres termes. A noter que l'Aiduce a ouvert une discussion avec ses membres sur le sujet. Mais au-delà des réponses, leur traitement pose question. Quelle grille d'analyse sera utilisée par les logiciels informatiques de la Commission européenne pour faire ce tri "mécanique" préalable? A la lecture de la consultation apparaît clairement que l'option d'une politique de réduction des risques cohérente est totalement absente des postulats idéologiques de la sphère dirigeante européenne. Comment les outils informatiques pourraient découvrir les expressions de cette option si les programmeurs européens ne l'ont pas même prise en considération* ? 

Faire entendre la réduction des risques

Au vu de l'incompréhension par la Commission des résultats de la consultation précédente, où 89,88 % des contributions exprimaient le besoin d'une stratégie cohérente de réduction des risque sur le sujet, on peut s’inquiéter du mur de surdité qui entoure les bureaucrates européens. A ce titre, la pétition lancée par les associations d'utilisateurs prend tout son sens pour faire surgir publiquement cet angle mort de la consultation.

PS à 19h le 5-07-2018: le site pour la consultation de la Commission Européenne semble en rade actuellement...

*Pour les amateurs de philosophie, le problème est similaire à "la chambre chinoise" de John Searle. Un programme peut simuler la compréhension, mais il n'en comprend pas la signification. Corollaire, si un champ de sens n'a pas été implanté par le programmeur, il ne sera pas pris en considération par le logiciel.

mardi 19 juin 2018

Repenser la nicotine: plus de 500 experts, usagers et professionnels dialoguent au Global Forum on Nicotine 2018

Après cinq éditions, le Global Forum on Nicotine (GFN) est devenu le rendez-vous incontournable sur la question de la réduction des risques liés au tabagisme. Plus de cinq cents experts scientifiques, professionnels de santé, usagers du vapotage et de snus, ainsi que des représentants de firmes d'une soixantaine de pays ont dialogué du 14 au 16 juin à Varsovie. Fil conducteur des interventions, dont les vidéos seront mises sur Youtube sous peu, de ces trois jours intenses: repenser la nicotine.

Repenser la manière de la consommer en premier lieu évidemment. "De toute évidence, l'usage du tabac est extrêmement dangereux pour la santé, et il devrait y avoir un soutien et une intervention disponibles pour aider les gens à adopter des moyens moins risqués d'utiliser de la nicotine", explique la Dr Caitlin Notley, de l'Université d'East Anglia. Mais aussi repenser la place et la considération sociales à propos de l'usage de nicotine, poursuit la maître de conférence en santé mentale. "Pour le bien de la santé publique, nous devons promouvoir des discours positifs sur l'usage récréatif de la nicotine afin de promouvoir des alternatives moins nocives au tabagisme".

Éliminer la fumée

L'enjeu de santé publique est énorme. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime à près de 7 millions de morts prématurés le bilan annuel des maladies provoquées par les cigarettes. "La réduction des méfaits du tabac est comparable à l'élimination de la variole en termes d'impact sur la santé publique. Tout dépend de savoir si les politiciens saisiront l'occasion", explique le Pr David Sweanor, de l'Université d’Ottawa.

Le Dr Colin Mendelsohn, de l'Université de New South Wales, fait face à l'incompréhension des autorités australiennes devant cette opportunité. "Ce que réalise le vapotage est qu'il supprime les dommages provoqués par le tabagisme. Vous enlevez le mal en enlevant la fumée. Ce qui tue les gens, c'est la fumée. La nicotine est relativement inoffensive. C'est ce à quoi les gens s'adonnent, mais les effets sur la santé sont relativement mineurs", insiste le membre de l'Association pour la réduction des risques tabagiques en Australie (ATHRA).

Repenser le plaisir

Sarah Jakes de la New Nicotine Alliance NNA UK
Mais promouvoir des modes de consommation à dommage minime ne fait-il pas courir le risque d'attirer de nouveaux consommateurs de nicotine ? "Souvent, les gens sont tellement obsédés par le concept que les fumeurs ne sont rien de plus que les pitoyables victimes d'une industrie maléfique [ndr. du tabac], qu'ils ne peuvent pas envisager que des gens peuvent profiter de l'utilisation de la nicotine", pointe Sarah Jakes, porte-parole de la New Nicotine Alliance (NNA UK) et vapoteuse elle-même. Alors que le vapotage et le snus permettent aux usagers de remettre la main sur leur consommation, le plaisir de la nicotine reste tabou pour une large partie du domaine de la santé. 

"Michael Russell pensait que de nouveaux produits à base de nicotine pouvaient se substituer à long terme au tabac fumé. Pour que cela se produise, ils devaient être «aussi savoureux et acceptables que possible». Un autre mot pour cela est "agréable". Mike a dit cela il y a 27 ans et pourtant les vapoteurs se retrouvent encore aujourd'hui face à une opposition moralisatrice à leur utilisation continue d'un produit légèrement addictif, inoffensif et finalement agréable. Un produit qui, pour beaucoup, sinon la plupart, a amélioré leur santé et prolongé leur vie", insiste Sarah Jakes.

Plaisir et vertu

Frances Thirlway - Claude Bamberger (Aiduce) et moiRepenser la nicotine semble donc impliquer aussi de repenser les rapports de pouvoir et de domination de certaines autorités à vouloir imposer et régir des habitudes de vies par rejet du plaisir. Un plaisir ressenti par les usagers dont on peut se demander s'il n'aurait pas pour origine des vertus de la nicotine. Le Pr Paul Newhouse a présenté une série de recherches extrêmement intéressantes sur les effets psychiques bénéfiques de la nicotine pour la mémoire, la concentration... Potentiellement, la molécule pourrait avoir un rôle thérapeutique pour certaines affections comme la dépression, les maladies d'Alzheimer et de Parkinson...

En éliminant l'essentiel des toxiques liés à la combustion des cigarettes, le vapotage offre un moyen non seulement de sortir du tabagisme, mais donc aussi de continuer de bénéficier de la consommation de nicotine. Un autre mode avait déjà émergé au début des années 1970', et mis sur le marché après une décennie de lutte contre ceux-ci par les tenants de l'abstinence totale: les gommes nicotinées. Mais cette opposition a inhibé le développement de l'efficacité par le plaisir du produit. "Les substituts nicotiniques pharmaceutiques ont, par exemple, environ 5% de taux de réussite, c'est-à-dire 95% d'échecs", déplore Gerry Stimson, Professeur honoraire à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, spécialiste des sciences sociales en santé publique et organisateur du GFN. 

Cigarettiers prêts à devenir non-fumeurs ?

Plus efficace et entraînant, le vapotage rogne des parts de marchés aux cigarettiers depuis 2010. Après l'avoir méprisé, ils s’intéressent désormais au secteur. En marge du GFN, quelques stands présentaient leurs produits à risque réduit. Présents également dans l'auditoire à l'écoute des recherches et des quelques interventions d'usagers. Sur scène aussi avec des présentations plus ou moins convaincantes sur leur démarche. Le dialogue est ouvert. Reste à voir si les cigarettiers ont la capacité de se tenir à leur déclaration de bonne intention et de se transformer en non-fumeurs. ...

Agir avant des millions de morts supplémentaires

Du coté du monde de la santé aussi, le vapotage bouscule le vieux modèle confortable pro-abstinence, qui avait l'habitude de reporter ses échecs de santé publique sur le dos des fumeurs et des cigarettiers. Dans son allocution d'ouverture, le Dr Joe Kosterich sonne le réveil. Les preuves de l'impact terrible du tabagisme sont là et les connaissances sur l'ampleur de la réduction des dommages par le vapotage sont suffisantes pour aller de l'avant. "Si nous attendons 20 ans pour découvrir et faire les études épidémiologiques, beaucoup de personnes seront mortes inutilement. Avons-nous besoin d'une preuve absolue pour quelque chose de vraiment évident maintenant ... Les gens vont perdre des années de leur vie, et les gens vont mourir pendant que nous attendons", presse le médecin généraliste australien.

"Il est contraire à l'éthique de priver les fumeurs d'une option supplémentaire pour arrêter leur habitude de fumer", renchérit le Dr Konstantinos Farsalinos, fameux cardiologue grec. Au travers des débats, un écart béant apparait entre les évidences de terrain et les connaissances d'une part, et de l'autre l'avis des autorités sanitaires déconnectées, dont notamment le bureau dirigeant anti-tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Tandis que les quelques représentants de cigarettiers semblent tenter avec hésitations de rattraper une machine à vapeur déjà bien lancée. 

# # # #

Hit-parade des politiques de réduction des risques avec le vapotage:

L'OMS et la junte militaire thaïlandaise, détentrice du Monopole du tabac, ont un partenariat
Un petit sondage parmi les participants a listé les pays les plus hostiles à une politique offrant la possibilité au public de sortir du tabagisme à l'aide du vapotage et, en contraste, ceux les plus amicaux à la réduction des risques pour la consommation de nicotine.

Junte militaire, monopole d'Etat de vente de tabac et partenaire privilégié du bureau anti-tabac de l'OMS : la Thaïlande a "gagné" le titre de pire pays du domaine, devant l'Australie et l'Inde.

Plus positivement, le Royaume-Uni a été salué du titre de pays le plus bienveillant pour les vapoteurs, devant l'Allemagne et la France. "Le gouvernement du Royaume-Uni a connu le changement de cœur le plus remarquable en matière de vapotage. Il y a quatre ans, il envisageait d'interdire le vapotage. Aujourd'hui, le Royaume-Uni compte trois millions de vapoteurs, ce qui accélère le déclin du tabagisme chez les Britanniques", commente Gerry Stimson.

Il est probable que le peu de relief médiatique de certaines situations a laissé de coté des pays. Du côté négatif, on peut penser à la situation en Tunisie, où le monopole du tabac sur la distribution du vapotage laisse les usagers démunit. A l'opposé, la fantastique chute en trois ans de près de 40% du tabagisme en Islande avec l'engouement pour le vapotage mérite les honneurs.

La vidéo en anglais d'un débat 'Repenser la nicotine':




samedi 9 juin 2018

En Islande, une pétition est lancée contre un projet de loi pour réprimer la vape

Lancée mercredi dernier, la pétition a atteint près de 2'000 signatures en trois jours. Les islandais se mobilisent pour sauver leur droit à utiliser librement le vapotage, notamment pour sortir du tabagisme face à la menace d'un nouveau projet de loi. Celui-ci veut imposer des limites absurdes sur les produits - concentration de nicotine, taille des fioles, taille des atomiseurs, valeur des résistances -, l'interdiction de publicité sur internet, notamment sur les réseaux sociaux, imposer une taxe sur les produits reversée à la lutte anti-tabac  ainsi que l'interdiction d'usage dans les même lieux où le tabagisme est déjà interdit. Une majorité de la Commission santé du parlement appuie le projet de loi qu'elle a durci en proposant d'interdire les arômes autres que le tabac, avant sa présentation au parlement en août. Mais la Présidente de la Commission se distancie ouvertement de cette dérive et de la précipitation que tente d'imposer les opposants aux vapotage. 

Projet de loi anti-vape

"La majorité de la Commission va beaucoup plus loin que l'avant-projet de loi qui va au-delà de la directive européenne. La directive n'a pas été incorporée dans l'accord de l'espace économique européen (EEE), de sorte que nous ne sommes pas obligés d'y répondre maintenant", explique Halldóra Mogensen, présidente de la Commission. Si la députée prend en considération la voix des usagers du vapotage, il semble que nombre de ses collègues parlementaires ne veulent pas les entendre. La pétition lancée mercredi fait suite au blocage des messages adressés aux élus sur le sujet par les citoyens, selon le journal Vìsir. "L'envoi de courriels aux élus s'est terminé quand la plupart des parlementaires ont mis en place des filtres pour leurs boîtes aux lettres. Pensaient-ils que les avis concernant le projet de loi étaient devenus trop nombreux?", se demande le quotidien islandais.

La vape a participé à une chute de 38% des fumeurs en Islande depuis 2014

La pétition s'oppose aux restrictions contre le vapotage de ce projet de loi musclé. "L'accès aux produits de vapotage serait restreint avec ce projet de loi. Alors que le vapotage est le moyen le plus efficace pour arrêter de fumer à disposition", explique le texte. De fait, l'île connait une chute impressionnante de près de 38% du tabagisme depuis trois ans. "Un miracle de santé publique", selon l'expression du Dr Guðmundur Karl Snæbjornsson, où le vapotage semble avoir jouer un rôle de premier ordre. En nombre absolu, il y a 13'000 fumeurs de moins depuis 2014 et 10'000 vapoteurs au quotidien qui déclarent avoir arrêté de fumer selon les données de l'enquête officielle en 2017.

Rien sur nous sans nous

"Le gouvernement devrait faire tout ce qui est en son pouvoir pour encourager d'utiliser le vapotage comme outil pour abandonner le tabac, et non pas créer des conditions pour faire obstacles à ceux qui veulent arrêter de fumer à son aide", insistent les pétitionnaires. Dans le journal Vìsir, le collectif précise sa démarche: "La législation doit garantir que l'accès au vapotage ne soit pas excessivement restreint et que leurs prix ne les rendent pas inaccessibles. Si ce projet de loi devient loi, le tabagisme et la consommation de tabac augmenteront de nouveau, ainsi qu'un marché noir des liquides sans contrôle de qualité. Nous demandons que cette question soit reportée à la prochaine session, car elle pourra être retravaillée avec des consultations des utilisateurs, les personnes les plus concernées par le sujet". En mai 2017, une précédente tentative d'imposer une loi similaire à la directive européenne TPD avait été déjà rejetée par le parlement islandais. Ce "projet de loi V2", comme le surnomme l'association Veipum Lifum, n'a guère débuggué les problèmes et incohérences de sa première version...



dimanche 19 novembre 2017

"L'engagement réciproque entre vapoteurs et santé publique est primordiale" insiste Sarah Jakes de la NNA à l'E-Cig Summit


Sarah Jakes est la Présidente de la New Nicotine Alliance (NNA) britannique. Hier, la défenseure des usagers de moyens de consommer de la nicotine à méfaits réduits intervenait au 6ème E-cig Summit. Le Sommet sur le vapotage organisé à la Royal Society de Londres. Scientifiques, tabacologues, organismes de santé publiques et défenseurs des usagers s'y rencontrent chaque année depuis 5 ans. Nous avons traduit, avec un énorme coup de main d'Olivier, les notes de l'intervention de Sarah Jakes, mises en ligne par la NNA sur leur site. En attendant la vidéo qui sera probablement mise en ligne d'ici quelques semaines. Les thèmes abordés par cette voix des usagers nous ont paru essentiels à partager.


«  Il y a quatre ans, presque jour pour jour, j'étais assise au fond de cette pièce. J'essayais autant que possible d'être invisible, en vapotant discrètement comme demandé. Je ne vapotais que depuis environ 6 mois, mais j'étais déjà une participante active au mouvement massif de consommateurs contre les règlements de l'Union Européenne, qui étaient à l'origine médicaux sous tous les aspects sauf le nom.



Un mois à peine avant ce premier sommet, les vapoteurs avaient réussi à renverser cette réglementation qui devait être imminente. Ils l'ont fait simplement avec leurs témoignages. Des milliers de personnes ont écrit à leurs représentants au Parlement européen pour leur parler de leur passage du tabagisme au vapotage et des améliorations apportées à leur santé et à leur vie.

À cette époque, nous avions l'impression d'avoir peu, si ce n'est pas, d'alliés. D'énormes industries multinationales ayant des intérêts directs dans le tabagisme ou la cessation tabagique exerçaient des pressions contre nous. Les membres de la communauté de santé publique, s'exprimant à haute voix, niaient la vérité de nos expériences et même notre existence, ainsi que les choses que nous avions vues de nos propres yeux jour après jour.


Et alors, j'étais là, assis dans une salle avec des centaines d'autres, à regarder des universitaires et d'autres experts venir sur cette scène et dire ce que nous, nous savions déjà. Le vapotage devrait être soutenu et non pas craint, il a le potentiel de changer la vie de millions de personnes.

Les vapoteurs passionnés constituent une foule très diverse, mais nous avons tous certaines choses en commun. Nous voulons partager nos expériences et protéger quelque chose que nous aimons. Nous voulons également veiller à ce que d'autres personnes aient l'occasion de faire les choix que nous avons faits, au moment qui leur convient.

Nous voulons que les législateurs comprennent pourquoi la réglementation qu'ils jugent si merveilleuse n'est vraiment pas une bonne idée. Nous le comprenons parce que nous avons créé le vapotage. Ce sont les vapoteurs qui ont pris la cigarette électronique originale, l'ont démontée et l'ont transformée en quelque chose qui fonctionne. Grâce à des milliers de canaux informels tels que les forums ou les revues sur YouTube, nous avons poussé l'industrie à améliorer la conception et les options. Et nous continuons à le faire aujourd'hui.

L'industrie indépendante du vapotage a toujours été très sensible aux besoins des consommateurs. Vous savez pourquoi ? Parce que la plupart d'entre eux sont issus de nos rangs. La seule différence avec nous, c'est que leur enthousiasme leur a fait franchir l'étape supplémentaire de la création d'une entreprise.

Donc, quand vous voyez notre révolution chaotique, rappelez-vous que ce que vous voyez, ce sont des gens qui essaient de vous empêcher de tout foutre en l'air. Pour ce faire, certains d'entre nous ont également dû franchir un pas supplémentaire - pour devenir des militants presque à temps plein.

Les défis pour les défenseurs des consommateurs dans ce domaine ont été énormes et souvent écrasants. Nous sommes tous d'anciens fumeurs et, permettez-moi de le préciser, nous sommes tous irrités par la façon dont les fumeurs sont traités. Nous nous opposons naturellement aux méthodes coercitives qui forcent les fumeurs à cesser de fumer et nous détestons la stigmatisation des fumeurs qui va toujours de pair avec ces méthodes.

Et pourtant, nous félicitons et soutenons ceux qui passent du tabagisme au vapotage, tout comme la santé publique pourrait bien le faire pour tous ceux qui réussissent à cesser de fumer. On pourrait dire que nos objectifs sont les mêmes - mais nos idées sur la façon d'y arriver sont souvent très différentes.

En raison de ces différences, il a souvent été difficile de s'asseoir à la table de discussion. Au Royaume-Uni, la New Nicotine Alliance a eu la chance d'avoir le soutien de Public Health England, qui nous a ouvert un grand nombre de portes, mais a également suscité des soupçons au sein de la communauté du vapotage. Depuis que je milite, on m'a traité de "troll", de complice de l'industrie du tabac, de toxicomane atteint de lésions cérébrales, et ça, ce n'est que par des gens de la santé publique. Dans le même temps, j'ai été accusée d'être vendue à la lutte antitabac par des gens de mon propre bord. Rien de tout cela n'est vrai, mais ça met du piquant dans la vie...

De nombreuses campagnes de consommateurs sont par nature libertaire et pro-choix. Le vapotage ne fait pas exception. La phrase "foutez-le camp et laissez-nous tranquilles" résonne souvent dans ma tête. La liberté de choisir ce que nous voulons faire de notre propre corps est vitale pour nous. Et cette liberté s'érode.

Mais le vapotage est plus qu'une campagne pro-choix. Alors que de nombreux fumeurs le considèrent simplement comme une alternative plus agréable au tabagisme, beaucoup d'autres accordent plus d'importance à la réduction des risques pour leur santé ou à la possibilité d'utiliser le vapotage pour arrêter de fumer. Il n'est pas facile de représenter tous ces points de vue sans s'attirer les critiques d'un côté ou de l'autre.

Mais ces éléments ne s'excluent pas mutuellement. Si le vapotage est une alternative agréable au tabagisme, les gens qui choisissent de changer ou d'adopter le vapotage au lieu de fumer minimisent le mal qu'ils se font à eux-mêmes, que ce soit ou non leur intention.

C'est pourquoi l'engagement entre les vapoteurs et la santé publique est important pour les deux parties. Pour la santé publique, le vapotage devrait être un outil important de réduction des méfaits. Mais comme tout outil, il ne fonctionnera pas si vous ne comprenez pas comment et quand l'utiliser. Et cela ne fonctionnera pas pour nous si la santé publique tente d'en faire quelque chose qu'il n'est pas. Alors qu'est-ce que ce n'est pas ?

Le mot "plaisir" semble être une sorte d'anathème pour certaines personnes dans la santé publique. L'un des plus grands défis pour les consommateurs est d'obtenir des organismes de réglementation, et de ceux qui les conseillent, qu'ils comprennent que pour un grand nombre de gens, le vapotage n'est pas un médicament ni simplement une intervention de désaccoutumance au tabac. Le vapotage fonctionne pour arrêter de fumer précisément parce que ce n'est pas ces choses-là. Ça marche parce qu'ils aiment ça.

Ils adorent la personnalisation rendue possible par la diversité du marché des appareils et les milliers de saveurs disponibles. Ils aiment l'identité de vapoteur et le sens de la communauté que cela implique. Ils aiment que le vapotage soit semblable au fait de fumer, mais en même temps à un million de kilomètres de la fumée.

Mais il est important aussi de se rappeler que pour beaucoup de gens le vapotage est purement fonctionnel. Ils ne peuvent pas ou ne veulent pas dépenser beaucoup d'argent dans les appareils, ils ne sont pas forcément intéressés par la personnalisation ou de faire partie d'une communauté. Ils veulent juste quelque chose qui fonctionne. Pour eux, trop de choix peut être une perspective décourageante, et ils peuvent trouver toute la culture du vapotage intimidante. Moi aussi, ça m'impressionne parfois.

Pour certaines de ces personnes, un bon magasin de produits de vapotage peut faire toute la différence. Parce qu'elles peuvent essayer des produits avec l'aide d'une expertise et d'un soutien dans le monde réel. Pour d'autres, la réponse peut être la confiance qu'un Service d'arrêt du tabac pro-vapotage peut leur offrir, où ils peuvent recevoir des conseils impartiaux et un soutien comportemental.

Si la santé publique veut vraiment maximiser les avantages du vapotage, elle doit reconnaître que toutes ces expériences sont toutes aussi valides et valables. Tout comme l'industrie. Les deux devraient se demander "que pouvons-nous ajouter", et non pas "qu'est-ce que nous pouvons restreindre". Poser les bonnes questions - non pas "est-ce que cela fonctionne?", mais "pourquoi est-ce que cela fonctionne?" et surtout "comment pouvons-nous aider encore plus de gens à faire en sorte que cela fonctionne pour eux?".

Parlez aux vapoteurs. Écoutez et apprenez de leurs expériences. Mieux comprendre ce qui motive les gens à fumer et à vapoter (un indice : ce n'est pas seulement, ou même la plupart du temps, une question d’addiction). Parlez aux fumeurs et renseignez-vous sur les obstacles à leur transition, et trouvez des moyens de les aider à les surmonter, si c'est ce qu'ils veulent faire.

Des chercheurs travaillent déjà dans ces domaines, mais leurs voix se perdent dans la cacophonie des communiqués de presse politisés qui font la une des journaux tous les jours.

L'un des domaines où la santé publique doit vraiment s'améliorer est celui de la perception du public. Et je ne parle pas seulement des risques relatifs. Les politiques de lutte contre le tabagisme ont conduit à la stigmatisation des fumeurs sur une échelle qui ne serait pas acceptée contre toute autre minorité.

Le public déteste les fumeurs, et maintenant il déteste les vapoteurs - non pas parce qu'ils croient que la vapeur est nocive, mais parce qu'à leurs yeux, les vapoteurs ne sont que d'horribles fumeurs qui contournent les règles. "Ils sont en train de vapoter là où ils ne devraient pas. En plus, ils n'ont même pas d'horribles maladies  pour les punir de leurs sales habitudes".

Ce genre de préjugé a entraîné des restrictions étendues sur le vapotage, malgré le fait qu'il n'y a pas d'interdiction légale dans ce pays. Beaucoup de vapoteurs ne veulent pas de la sympathie du public, au titre d'avoir arrêté de fumer ou qui essaient de le faire. Nous sommes habitués au fait que le public n'a aucune sympathie pour les fumeurs, ex- ou autres. Ce que les vapoteurs veulent, c'est beaucoup plus de tolérance à l'égard de quelque chose qui n'affecte presque pas autrui.

Les vapoteurs sont, dans l'ensemble, parfaitement capables de déterminer où le vapotage est ou n'est pas approprié, et aussi d'être attentionnés. Mais pourquoi devraient-ils avoir du respect pour des organisations comme les nombreuses organisations de santé qui, bien qu'elles aient apparemment soutenu la récente campagne Stoptober [équivalente au Mois sans tabac en Angleterre] qui incluait l'option du vapotage, interdisent de manière générale de vapoter même à l'extérieur ?

Ne me lancez même pas sur les autorités locales [anglaises], vous pouvez lire leurs efforts épouvantables dans un nouveau rapport publié il y a deux jours de la Freedom Association.

Quel message ces politiques transmettent-elles aux fumeurs ? Pourquoi ceux-ci devraient-ils croire que le vapotage est moins nocif que le tabagisme alors que le vapotage est traité de la même façon ? Pourquoi un fumeur envisagerait-il de passer d'une activité restreinte et méprisée à une autre tout autant ? Autant continuer à fumer...

L'une des plus grandes divisions entre les consommateurs et la santé publique, ainsi qu'au sein même de la santé publique, est le jeu entre la réduction des méfaits pour les fumeurs actuels et les anciens fumeurs et la prévention d'une nouvelle génération d'utilisateurs de nicotine.

Trop souvent, il est clair que les choix que les adultes peuvent faire, que ce soit pour des raisons de santé, de richesse ou de plaisir, sont considérés comme moins importants que les risques théoriques et très probablement minimes pour les futurs enfants théoriques qui, théoriquement, peuvent se mettre à vapoter.

De nombreux consommateurs se demandent pourquoi une nouvelle génération d'utilisateurs de nicotine est-elle même un problème. Etant donné qu'il n'existe aucune preuve crédible de l'existence d'un effet passerelle, et que le monde ne semble pas avoir de problème avec une nouvelle utilisation de stimulants semblables comme la caféine.

Bien sûr, en termes de santé absolue, il est préférable de ne rien inhaler d'autre qu'un bon air de montagne. Ou de rien boire d'autre que de l'eau de source. Ou de ne rien manger d'autre qu'un régime parfaitement équilibré qui implique probablement des smoothies de chou frisé. Mais dans le monde réel, beaucoup d'entre nous ne veulent pas vivre comme ça - nous voulons profiter du temps dont nous disposons.

Nous voulons profiter d'un bon verre bien frais de Sauvignon Blanc sans penser au cancer du sein. Nous voulons pouvoir emmener nos enfants voir le spectacle du gros camion rouge à Noël sans être qualifiés de parents irresponsables. Nous voulons être capables de faire nos propres choix à partir d'informations fiables et nous voulons que les messages de santé publique cessent de nous priver de tout ce qui, pour nous, rend la vie un peu moins ennuyeuse.

Mais il y a autre chose dans cette histoire. Dans tous les domaines que je viens de mentionner, il y a des gens dont le but ultime n'est pas d'informer ou d'éduquer le public, ni même de l'inciter à faire de meilleurs choix. Il y a des gens qui occupent des postes influents dans la lutte antitabac et qui sont tellement déterminés à détruire l'industrie du tabac plutôt que de la laisser évoluer ou s'adapter qu'ils le feront à n'importe quel prix. Y compris celui de la santé et du bien-être de ceux qui, autrement, pourraient se tourner vers des solutions alternatives plus sûres.

Il ne fait aucun doute que l'industrie du tabac mérite sa réputation, mais combattre ses mensonges avec vos propres mensonges fait des consommateurs des dommages collatéraux. Ne croyez pas une minute que vous faites des faveurs aux fumeurs si vous mentez au sujet des solutions de rechange plus sûres simplement parce que l'industrie du tabac les vend.

Toutes les grandes compagnies de tabac investissent maintenant dans des produits de réduction des méfaits. Oui, je sais, elles continuent de vendre des cigarettes et de combattre les efforts de la lutte anti-tabac partout dans le monde. Mais le changement, surtout dans des organisations aussi vastes et complexes que l'industrie du tabac, qui en répond devant ses actionnaires, prend du temps.

N'oubliez jamais que ce n'est pas seulement l'industrie qui devra faire la transition vers des produits plus sécuritaires, mais aussi et surtout les fumeurs. Et pour que la réduction des méfaits soit un succès à l'échelle que la santé publique aimerait voir, les fumeurs doivent le vouloir. Or, l'Amérique le découvrira si elle continue sur sa lancée actuelle, on ne peut pas les forcer. Vous ne devriez pas suivre ce chemin non plus.

Donc, si vous voulez combattre l'industrie du tabac, combattez-la avec la vérité. Assurez-vous que leurs clients savent qu'il existe une solution de rechange plus sûre et quand leurs clients partiront, ils devront les suivre.

Tenez-les responsables. S'ils disent qu'ils veulent que leur entreprise passe à des produits plus sûrs, assurez-vous qu'ils continuent dans cette direction. Mais soyez pragmatiques. Cela ne se produira pas pendant la nuit et cela n'arrivera pas du tout si vous les bloquez continuellement simplement à cause de qui ils sont.

Est-il donc possible de s'engager à tous les niveaux avec l'industrie du tabac et de rester crédible ? Trop souvent, nous voyons de bonnes personnes, avec des points de vue différents et valables, qui sont rejetés, non pas parce qu'il y a quelque chose de faux dans ce qu'elles disent, mais sur la base de calomnies et d'insinuations d'une influence de l'industrie du tabac.

Plus tôt cette année, Derek Yach a annoncé la création de la Smoke-free World Foundation. Une organisation qui, basiquement, prend un milliard de dollars de Philip Morris (PMI) et l'utilisera pour financer des recherches indépendantes sur les produits à risques réduits. Comme nous l'a dit plus tôt  [durant l'Ecig Summit] le professeur Etter, l'idée a été vilipendée par de nombreux intervenants de la lutte antitabac. De plus, l'idée d'un financement de PMI pour un "monde sans fumée" n'a pas été non plus bien accueillie par les groupes pro-fumeurs.

La suspicion et l'antipathie des deux côtés sont tout à fait compréhensibles et il est juste d'être prudent. Mais si cette fondation échoue, c'est encore une fois le consommateur qui perd. Il est essentiel de disposer d'études bien financées et d'une surveillance indépendante adéquate pour permettre aux consommateurs de prendre des décisions éclairées. Ils pourraient aussi attendre longtemps pour que soit contré le déluge de la science-poubelle qui fait constamment les gros titres.

Alors que des géants comme la Food and Drug Administration (FDA) américaine, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et même la Commission Européenne injectent d'énormes quantités de ressources dans le financement d'études afin de soutenir leurs politiques restrictives sur les produits de réduction des risques, d'autres bailleurs de fonds, comme Cancer Research UK, semblent poser les bonnes questions et dans les années à venir, nous devrions voir passer de très bonnes données scientifiques. Mais pour beaucoup de gens, ce sera trop peu, et trop tard. Les dommages en termes de politique et de perception du public auront déjà été causés.

Les consommateurs sont impatients d'avoir accès à des données scientifiques de bonne qualité et franchement, bon nombre d'entre nous se fichent de savoir qui paie pour cela -. Pour nous, la lutte antitabac ne s'est pas avérée plus fiable dans ce domaine que l'industrie du tabac. Songez-y une minute.

Et qu'en est-il du traitement schizophrène de la vape dans les médias - d'où vient-il ? Est-il surprenant que le public ne comprenne pas le risque que représentent le vapotage lorsque les infos alternent presque quotidiennement entre le remède miracle et l'œuvre du diable ?

Trop souvent, la raison de cette situation semble provenir de deux facteurs: l'établissement de données probantes fondées sur les politiques et les résultats de la recherche. Combinez ces deux choses avec le fait que les journalistes ont rarement le temps de regarder au-delà du communiqué de presse et que les mauvaises nouvelles vendent mieux les journaux que les bonnes nouvelles et vous avez tous les ingrédients pour bousiller la santé publique à une échelle monumentale.

Mais où est la responsabilité ? Quand quelqu'un va-t-il payer pour le mal causé par l'alarmisme qui prive les consommateurs d'une vision équilibrée et précise?

De nombreux pays, dont certains sont des chefs de file en matière de réduction des méfaits dans le domaine des drogues, semblent se débattre avec ce concept dans le domaine du tabac. De même, l'OMS, malgré le fait qu'elle s'intéresse soi-disant à la réduction des méfaits, n'accepte ni le vapotage ni quelque autre produit de réduction des méfaits du tabac que je connais.

Nous sommes stupéfaits de voir cette organisation saluer les actions des différents dictateurs mondiaux notoires tout en refusant de s'engager avec les seuls acteurs qui comptent: les consommateurs.

Pour nous, beaucoup de politiques à travers le monde sur le vapotage nous paraissent insensées. Et pour les vapoteurs des pays hors du Royaume-Uni, les vapoteurs britanniques doivent paraître très chanceux - et peut-être nous leurs semblons ingrats. Croyez-moi, nous ne le sommes pas - mais nous avons travaillé dur pour cela.

On voit bien ce qui aurait pu arriver. Nous voyons le choix retiré au public par les restrictions arbitraires et contre-productives imposées aux produits à risque réduit via la directive européenne TPD. Nous voyons nos amis fumeurs être dégoûtés par l'effroyable couverture médiatique. Et lorsque des politiques sont formulées pour punir les fumeurs étant passé au vapotage, nous voyons qu'ils deviennent rancuniers et profondément retranchés.

Le Royaume-Uni est sans aucun doute un leader mondial en matière de politique sur le vapotage, mais il n'a pas encore pris en main d'autres produits de réduction des risques. Le snus est encore interdit ici, et regarder les régulateurs tourner autour des produits du tabac chauffé (HnB), c'est comme regarder un chat très méfiant mesurer sa proie.

Il y a d'autres produits de nicotine pratiquement inoffensifs vendus ailleurs dans le monde qui ne sont pas vendus ici parce que les fabricants craignent que les organismes de réglementation soient hostiles. Le paysage de la nicotine récréative évolue en faveur d'une meilleure santé publique, mais les organismes de réglementation résistent toujours.

Quel que soit votre point de vue sur Brexit, il peut, selon l'accord que nous concluerons, offrir au Royaume-Uni la possibilité de revoir ces règlements et de les remplacer par quelque chose d'approprié. Des réglementations qui protègent réellement la sécurité des consommateurs tout en encourageant l'innovation vers des produits moins nocifs, qu'ils soient à base de tabac ou de nicotine pure, plus attractifs et de meilleure qualité.

Le Royaume-Uni pourrait montrer au monde comment une politique adoptant et soutenant l'innovation du secteur privé par le biais d'une réglementation appropriée peut améliorer la vie de millions de personnes. Mais en a-t-il le courage ? Le Plan de lutte contre le tabagisme et la récente campagne Stoptober sont un bon point de départ. Mais nous sommes toujours aux prises avec les politiques coercitives du passé et la résistance idéologique à la réduction des méfaits est encore endémique dans certaines régions.

C'est le cinquième E-cig Summit. Pour la sixième, j'espère que le vapotage ne sera qu'une des nombreuses alternatives plus sûres et facilement accessibles aux consommateurs. J'espère que beaucoup plus de consommateurs les trouveront attrayantes comme alternatives au tabagisme. Cependant pour y parvenir, il faut une plus grande acceptation de la vérité, désagréable à certains, selon laquelle ces produits sont d'abord et avant tout utilisés par un grand nombre de consommateurs dans un but de plaisir, et l'abandon du tabac est un sous-produit bienvenu.

Tous ces moyens récoltent des avantages vers l'objectif d'améliorer la santé publique. Mais ne vous attendez pas à une récolte abondante si vous ignorez le facteur incontournable dans le succès du vapotage pour créer des ex-fumeurs jusqu'à présent: le plaisir.  »