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dimanche 22 décembre 2019

LEAK - Le document intégral de l'OMS affirmant que des bébés vapotent présenté au Congrès Philippin

Le 10 décembre, la Commission de l'Economie du Congrès Philippin auditionnait des intervenants concernant un projet de loi de prohibition totale du vapotage. Parmi eux, Ranti Fayokun, cadre de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), intervient avec une présentation de près d'une heure avec 57 diapositives, que nous rendons accessible à la fin de cet article. L'audition publique a été filmée avec un smartphone. Cependant la qualité des images ne permet pas de distinguer nettement les éléments que Ranti Fayokun présente à partir de la 22ème minute de la vidéo.

Ranti Fayokun intervient à partir de la 22e minute - vidéo mise en ligne sur le Facebook de l'Association des professionnels de vape Philippins PECIA:

Le mythe de l’honnêteté de l'OMS

Nous estimons d'intérêt de donner accès à cette présentation en raison de l'enjeu de politique de santé publique, et des graves défaillances qu'elle illustre au sein de l'OMS sur ce sujet. A la lecture de ce document, il semble présomptueux de prétendre, comme l'a fait l'Alliance Contre le Tabac cette semaine, que "l’OMS est une institution éminemment respectable, qui mesure avec grand soin ses déclarations en s’assurant qu’elles sont fondées sur des preuves et un consensus scientifiques", concernant le dossier du vapotage. 

L'intervention de Ranti Fayokun prend place dans un contexte où le Président Rodrigo Duterte venait tout juste de  menacer publiquement "d'exécuter la salope de vapoteur" dans le Manila Standard le 23 novembre. Ceci après avoir ordonné oralement, lors d'une conférence de presse le 14 novembre, l'interdiction de vapoter dans les lieux publics. Les jours suivants, plusieurs centaines de vapoteurs ont été arrêtés en l'absence de base légale formelle. On ne sait pas s'ils sont retenus incarcérés actuellement dans l'attente d'un hypothétique jugement.

La cadre de l'OMS présente de faux documents pour la prohibition du vapotage

Dans ce climat inquiétant, l'intervention de Ranti Fayokun est totalement orientée vers une prohibition totale du vapotage, comme le montre sa diapositive 50 en conclusion. "L'interdiction est une forme de régulation", mis en relief. Cette recommandation a le goût du sang aux Philippines. Depuis 2016, près de 30'000 personnes, selon les estimations, ont été exécutées sommairement par les forces de l'ordre et des milices sur l'ordre de Rodrigo Duterte de tuer les "toxicomanes".

Pour justifier sa recommandation de prohibition, Ranti Fayokun affirme que des produits de vapotage sont destinés à des enfants en présentant de faux documents pour appuyer sa thèse. Notamment un montage d'Adam Padilla, diffusé sur les réseaux sociaux en août 2017, montrant un bébé en train de vapoter. Ranti Fayokun l'a présenté comme un produit véridique.

Sur la même diapositive 33,  elle présente aussi comme une image provenant réellement d'un dessin animé, une image trafiquée de Dora l'exploratrice où l'héroïne du dessin animé pour très jeune enfant vapote. Nous n'avons pas déterminé avec certitude l'origine du montage, bien qu'il a été diffusé par un groupe anti-vapoteurs américain.

Théorie d'un effet passerelle vers le cannabis et le tabagisme

Dans la même veine de criminalisation des vapoteurs, a fortiori dans le contexte Philippin, elle affirme que le vapotage est "cause d'usage de cannabis" avec les diapositives 28 et 29. Cet halo de "théorie" de la passerelle où le vapotage serait cause d'usage de drogue et/ou de tabagisme chez les jeunes est l'argument central de sa défense d'une prohibition. 

A l'opposé, Ranti Fayokun met en doute l'existence d'arrêts tabagiques à l'aide du vapotage. Elle estime (diapositive 25) que le sujet est controversé, entre preuves d'aides à l'arrêt tabagique et preuves d'effets négatifs sur les arrêts.

Fantasmes et fakenews

D'autres éléments troublant ou trompeurs parsèment sa présentation. Elle affirme, à la diapositive 26, que des pneumopathies similaires à la crise américaine de l'été passé seraient causées par le vapotage depuis 2012. Pourtant, même le Centre of Disease Control a formellement lié cette crise soudaine à l'été 2019 de pneumopathies aiguës aux produits frelatés à la vitamine E du marché noir du THC américain.

A la diapositive 14, on trouve la fakenews de la présence d'antigel dans les liquides de vapotage. Et une liste de métaux sans évaluation des niveaux, qui a pourtant été effectuée. Ce qui rend la mention non pas fausse en soi, mais vide d'intérêt. On appelle ça, du bullshitage. La diapositive 35 qui mentionne des "explosions" de vaporettes et des cas "d'injection d'e-liquides" participe à créer ce spectre d'un danger majeur du vapotage. Aucune évaluation de la réduction des risques pour un fumeur passant au vapotage n'est présenté rigoureusement par la déléguée de l'OMS.

Incompétence

Accessoirement, on peut voir à la diapositive 13 qu'elle n'a pas compris où se situent les fibres amenant le liquide à la résistance. Sa diapositive 16 évoque la capacité de vaporisation selon la puissance (watt), mais sans mettre ceci en relation avec la résistance (Ohm). Elle n'a visiblement pas connaissance de l'usage réel du vapotage, et de l'effet de "dry hit" bien connu des vapoteurs. Il est pourtant documenté au niveau scientifique. Pour avoir une idée plus claire que celle présentée par Ranti Fayokun du fonctionnement du vapotage, on peut se reporter en français aux explications précises de l'Aiduce dans la Revue de pneumologie clinique en 2018.

L'essentiel (tous?) des éléments présentés par Ranti Fayokun ne tiennent pas un examen scientifique sérieux. On peut se reporter au rapport scientifique du Public Health England pour avoir des éléments rigoureux sur la plupart des points abordés, bien que celui-ci n'a pas traité de la question des images photoshopées de bébé vapotant ou de dessin animé circulant sur internet. 





jeudi 12 décembre 2019

L'OMS tente t-elle de déclencher un nouveau massacre de masse aux Philippines? [MàJ]

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tente t-elle de manipuler un psychopathe sanguinaire pour déclencher une nouveau massacre de masse aux Philippines? Ce 10 décembre, une représentante anti-tabac de l'OMS a présenté au Congrès une fausse publicité comme si elle était véritable afin d'attiser la haine contre les vapoteurs et faire passer une prohibition totale du vapotage. Ceci dans un contexte déjà particulièrement inquiétant suite à l'annonce orale le 14 novembre de l'interdiction de vapoter en public par le Président Rodrigo Duterte.

Des centaines d'arrestations de vapoteurs ont suivi, sans plus de poursuite en l'absence de base légale. Le nombre de vapoteurs aux Philippines est estimé à près d'un million, tandis que 200'00 d'entre eux sont membres d'association de vapoteurs. "Le vapotage a aidé des millions de fumeurs pour arrêter la cigarette dans le monde. Imposer une prohibition ne ferait qu’aggraver le problème du tabagisme", regrette Clarisse Virgino, de la Coalition of Asia Pacific Tobacco Harm Reduction Advocates (CAPHRA) une des associations de défense, à la presse locale

'Kill that vaping bitch'

Lors d'une inauguration le 23 novembre, Rodrigo Duterte a renchérit en menaçant de "tuer, de manière extra-judiciaire, cette pute de vapoteur" évoquant l'inventeur du vapotage sans le nommer. Ceci vaut signe d'alerte rouge pour tout vapoteur aux Philippines. Le despote a déjà mis à exécution ce type de menace par le passé. Après son élection au printemps 2016, il a ordonné le massacre des "toxicomanes", provoquant des tueries de masse entremêlant exécutions sommaires et lynchages. Fin 2018, France Inter évaluait à au moins 30'000 les victimes de cette folie meurtrière. 

Les nouvelles menaces de Rodrigo Duterte, lui-même accro aux opioïdes de synthèse et ex-fumeur, sont donc très inquiétantes. En plein déclenchement des massacres en 2016, Vera da Costa, la Secrétaire générale anti-tabac de l'OMS, avait officiellement félicité Rodrigo Duterte, au prétexte d'une interdiction de fumer dans les lieux publics. Sans susciter de réaction dans le monde médical. Rien d'étonnant à ce qu'une membre du secrétariat anti-tabac de l'OMS poursuive actuellement dans cette veine pour attiser la haine contre les vapoteurs.

Add. 14/12/2019: Le slide 33 de la présentation de la représentante de l'OMS devant le Congrès des Philippines le 10 décembre avec la fausse pub d'Adam Padilla, mais aussi un montage détournant une image du dessin animé Dora l'exploratrice, qui ne vapote pas dans le dessin animé.

Fausse pub présentée par l'OMS comme une véritable

En audition publique le 10 décembre devant la Commission de l'économie du Congrès des Philippines, la représentante anti-tabac de l'OMS a présenté (à 1h02mn40sec de la vidéo) comme une véritable campagne publicitaire de l'industrie du vapotage la fausse publicité crétine  'my first vape' du bobo new-yorkais nombriliste Adam Padilla. En août 2017, il avait diffusé sur les réseaux sociaux un montage mettant en scène un bébé avec une vaporette sous forme de jouet à la Fisher Price.

La déléguée de l'OMS a également tenté de tromper les élus Philippins, en jouant sur la confusion dans les rapports de différentes dates du Center for Disease Control (CDC), en affirmant qu'une partie des victimes de pneumopathies par les liquides frelatés du marché noir du THC aux Etats-Unis, était liée au vapotage de nicotine conventionnel.

L'objectif d'une prohibition totale du vapotage

Plutôt qu'un rôle d'information, la représentante de l'OMS est ouvertement en mission pour faire passer le projet de loi 5099 de Sharon Garin, du parti AAMBIS-OWA, exigeant l'interdiction totale du vapotage aux Philippines. Début novembre, la députée avait expliqué aux médias locaux "que sa proposition vise aussi à protéger les petits producteurs de tabac susceptibles d'avoir subi des pertes suite à la demande croissante de cigarettes électroniques".

"I'm not concern about smokers"

Pour soutenir la cause d'une prohibition totale du vapotage aux Philippines, la représentante de l'OMS a également tenté de discréditer les rapports du Royal College of Physicians britannique et du Public Health England sur leur évaluation d'au moins 95% de réduction des risques de passer au vapotage pour les fumeurs. Un des élus du Congrès s'est agacé de s'apercevoir qu'elle avait aussi caché l'avis du Centre International de recherche sur le cancer (IARC), qui est rattaché à l'OMS, sur le potentiel de réduction des risques cancérigènes pour un fumeur passant au vapotage.

On peut voir sur une vidéo filmée depuis le public qu'en réponse, la déléguée a simplement asséné que "les fumeurs ne sont pas [s]on soucis". Le Congrès poursuivra les auditions sur ce projet de loi en janvier. En espérant que Rodrigo Duterte ne déclenche pas un bain de sang général sous la pression de l'OMS.

Bonus: english version


mercredi 13 septembre 2017

[Expresso] Adam Padilla, le faussaire de la vape pour bébé, choqué par ce qu'il a déclenché

Lancée le 26 août, l'image a fait le tour du monde virtuel. Un article de promotion de "My first vape", le faux produit de vapotage pour bébé, a même été repris un moment sur les agrégateurs d'information. Derrière l'image parodique, comme nous l'avions expliqué, se trouve Adam Padilla, un stratège en marketing et directeur de la boite de pub new-yorkaise Brand Fire. Le faux produit a abusé une partie de la population, tandis que d'autres en riaient. "La fausse image est devenue virale alors que des parents en colère ont réagi avec fureur", rapporte le Coventry Telegraph le 31 août, "naturellement des mamans et des papas sont en rage contre cette publicité, qu'ils ont pris pour argent comptant et croient être vraie"


L'indignation et les insultes contre les vapoteurs n'ont évidemment pas tardé sur les réseaux sociaux, et on peut l'imaginer dans la vie réelle. "C'est insensé qu'ils osent donner des vapoteuses à des bébés maintenant!", réagit une maman sur twitter selon le journal de Coventry. Plus violent, un autre anglophone écrit sur twitter: "A tous ces enculés de vapoteurs, donnez ça aux enfants pour qu'ils finissent comme des crêpes eux aussi #vape #vapers". Pour finir, Snopes, le site spécialisé anti-hoax, a publié un article pour désamorcer la rumeur: "Rien de tout ceci n'est vrai".


Dans un premier temps, Adam Padilla n'avait pas caché espérer ce type de réactions en lançant ce meme. Les informations de mon article, repris sans être cité par des sites américains [ouais, le respect du travail des autres tout ça, bref...], a changé son discours. Le publicitaire semble agacé que ses liens avec Pfizer ait été révélés. "Certaines personnes ont été jusqu'à vérifier le site web de ma société et ont vu Pfizer parmi ma liste de clients (...)Le logo de Pfizer dans notre liste de clients ne signifie pas qu'ils nous ont engagé actuellement pour quoi que ce soit. Cela signifie seulement que nous avons travaillé sur quelque chose à un certain niveau à un moment... et la plupart des adultes rationnels du monde des affaires comprennent cela", explique Adam Padilla dans un interview à Ecigclick.co.uk


"Les gens doivent se demander si une image virale d'un jouet pour bébé absurde inspiré d'une vapoteuse pourrait être déclenchée par une multinationale de la pharma? Croyez-moi, Big Pharma n'est pas aussi nerveux! Taco Bell ou Wendy peut-être... mais Pfizer?? Allons", plaide le publicitaire dans le même interview. "Je ne suis pas un activiste et je n'ai pas d'agenda anti-vapotage", assure t-il, "la pensée derrière tout mon travail est de chercher une prise humoristique sur un phénomène social ou une expérience représentée qui fasse rire et soit partagée par ses adeptes. J'ai deux enfants et cela m'amuse toujours de penser à des bébés qui feraient des choses d'adultes"


Adam Padilla se dit choqué des critiques, insultes et menaces qu'il a reçu suite à la diffusion de cette image. "Il est effrayant de voir à quel point les gens deviennent violents et font des menaces sur facebook. "Meurs petite merde!", "Tu es un idiot d'avoir fait cela, crétin" etc. Vraiment? Nous sommes des adultes en 2017?", s'offusque le publicitaire, sans évoquer ni se soucier du climat haineux qu'il a déclenché à l'encontre des vapoteurs. 


A titre personnel, j'ai pu constater que les fans d'Adam Padilla ne sont pas beaucoup plus marrants. Du "ferme ta gueule" à l'accusation de vouloir perpétrer un massacre à la Charlie Hebdo, j'ai aussi reçu mon lot de propos bas de plafond pour avoir informé (et rien d'autre) sur la nature et la provenance de cette image. Etant moins tendance à Manhattan qu'Adam Padilla, personne ne s'en est offusqué. Contrairement à la cause du publicitaire défendue par plusieurs sites de vape. Bref.

Adam Padilla invite les défenseurs du vapotage à évoluer dans leur communication. "Aucun militant n'a pensé à cloner mon image avec une autre d'un vapoteur adulte en légendant "ce que le gouvernement pense de la vape et ce que nous sommes réellement" ", propose le new-yorkais. "A présent, nous sommes dans la meme culture, en prenant une menace perçue pour utiliser sa popularité et exprimer son point de vue de façon créative", estime t-il de manière un peu paradoxale. Après avoir plaider l'humour sans arrière-pensée, il explique ici viser un message par sa création, qu'il estime même possible d'attribuer au gouvernement (sic!). D'autre part, son accueil à mon image n'avait pas l'air aussi enthousiaste pour l'usage de retournement qu'il ne le semble en interview. Du post-situationnisme à dimension variable...

On retiendra certaines de ses remarques sur les améliorations possibles de la communication des vapoteurs, mais le reste du discours égocentré d'Adam Padilla n'est pas très cohérent ni consistant. Dans une certaine mesure ce nombrilisme crédibilise son lancement de ce meme sans aucune réflexion préalable. Idiocracy n'est peut-être pas un film d'anticipation... Accordons-lui aussi qu'il est probablement sympa avec ses amis vapoteurs. "Et pour que ce soit dit. Je vape à l'occasion et j'espère que le vapotage se développe contre ceux qui veulent le tuer. Cela permet de sauver des vies et c'est une meilleure alternative aux cigarettes et autres produits de tabac. Je pense que les mods et les coils customisés sont joliment cools... La moitié de mes potes sont des clouds-chasers. Ils le font dans mon bureau en permanence, assis sur ma table. Avec des jus réguliers, ou avec d'autres choses encore... [Rire]"


dimanche 27 août 2017

Qui est derrière la nouvelle fausse pub virale de vape pour les enfants ?

Elle se propage comme un virus depuis hier. Cette publicité pour un produit de vapotage pour bébé est fausse. On peut le deviner, mais elle ne s'annonce pas comme telle. Au contraire, son créateur l'a lancé en la présentant comme un vrai produit s'attaquant aux enfants. "Damn, they got vapes for babies now", affirme "adam the creator" source de diffusion de la fausse pub en s'auto-citant pour vaguement brouiller les pistes. Derrière ce pseudo se trouve Adam Padilla. Le Directeur de l'agence publicitaire BrandFire se présente lui-même comme stratège de marketing et tout particulièrement de marketing viral. La firme pharmaceutique Pfizer figure parmi ses clients.

Spécialiste de pubs virales

Adam Padilla est un des chouchous des médias branchés de la côte Est américaine. Le publicitaire à la mode se félicite d'avoir touché plus d'un milliard de personnes avec un montage d'un faux jouet mettant en scène des enfants, cette fois-là autour d'un bar. Habile, la méthode est efficace en touchant l'émotionnel et par sa rupture avec les cadres habituels de diffusion publicitaire. Astuce évidemment possible parce qu'elle ne se présente pas comme une véritable publicité et échappe donc aux réglementations. Mais sa dernière pub contre la vape n'est-elle vraiment qu'un canular ? 

Dans le contexte politique actuel et les intérêts économiques autour du vapotage, il serait pour le moins naïf de s'en tenir à une simple blague du "stratège" de campagne médiatique de l'agence de New-York. En répandant l'idée que le vapotage vise les enfants plutôt qu'il n'est un outil pour les fumeurs de sortir du tabagisme, l'image diffuse un schème de pensée destinée à se graver dans l'opinion publique. Ceci au moment où la bataille entre conceptions de lutte anti-tabac est un sujet sensible depuis l'annonce de la nouvelle stratégie de Scott Gottlieb. Le nouveau directeur de la Food and Drug Administration (FDA) entend intégrer le vapotage et l'approche de réduction des méfaits à sa politique, en rupture du dogme unique pro-abstinence comme nous l'avons expliqué

Pour qui travaille Adam Padilla ?

Cette rupture, au moins partielle avec l'approche suivie jusque-là, froisse plusieurs groupes d'intérêts. Les grands cigarettiers évidemment. Mais aussi les élus Démocrates et les tenants du "Quit or die". L'approche pro-abstinence, farouchement opposée à la liberté de choix pour les usagers de nicotine, prédomine dans les organismes de santé publique aux Etats-Unis. A portée d'une porte battante de ceux-ci, les entreprises pharmaceutiques n'apprécient guère non plus ce qui pourrait concurrencer la vente de drogue labellisée pour le sevrage tabagique, telle que la varénicline, commercialisée sous le nom de Champix ou Chantix aux USA par Pfizer. Mais la réduction des méfaits par le vapotage pourrait aussi être un danger commercial pour toute la gamme de médicaments vendus aux personnes rendues malades par leur tabagisme. 

Trouver Pfizer parmi les clients de BrandFire, l'entreprise d'Adam Padilla, le diffuseur de cette fausse publicité, n'est peut-être pas anodin. Créer une pub qui n'existe pas en tant que telle, et produire l'illusion d'un danger pour justifier d'interdictions qui toucheront plus largement la possibilité d'informer les fumeurs, parait une stratégie de manipulation efficace. Difficile de croire qu'elle n'est pas réfléchie et au service d'intérêts commerciaux et politiques précis...

E. Bernays, le pape de la publicité moderne et auteur de Propaganda
edit 27-08-2017 à 21h30 : ajout de la capture du tweet d'Adam Padilla en illustration

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