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mercredi 19 février 2020

Avertissement: Saisies des produits de vapotage aux aéroports en Inde

Attention si vous voyagez en Inde. Les services de sécurité des aéroports saisissent les produits de vapotage. Harsh Vardan, le ministre de la Santé de l'Inde, avait promis au Parlement que la prohibition du vapotage ne prendrait pas les usagers pour cibles. Les promesses en politiques n'engagent que ceux qui les croient. Les deux chambres parlementaires ont cru le ministre et ont validé l'interdiction de la production, l'import-export, la vente et la distribution, ainsi que la publicité des produits de vapotage en décembre. Cependant, depuis le 10 janvier, les services de sécurité des aéroports saisissent les produits de vapotage des voyageurs qu'ils découvrent lors des contrôles.

[add 20-02-2020] Si vous faites partie des victimes de confiscations abusives aux aéroports indiens, merci de prendre 2 minutes pour remplir le formulaire de l'Association of Vapers India (AVI) sur le sujet https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSesFNB1eo_nIYSPcsFYrZGbxhXqmlwPoamulGXiPrURb1johw/viewform [/]

Saisies aux aéroports

"Le Bureau de sécurité de l'aviation civile (BCAS) n'a pas compris la nouvelle loi. Le ministre de la Santé, le Dr Harsh Vardhan, dans son discours à Lok Sabha [le parlement], a déclaré très clairement que l'utilisation personnelle est exclue de son champ d'application, car cela criminaliserait les utilisateurs et violerait les libertés personnelles. Mais le régulateur de l'aviation va à l'encontre de l'assurance publique du ministre. Nous exhortons le ministre de la Santé à intervenir dans cette affaire afin que les gens ne soient pas harcelés", explique Samrat Chowdhery, président de l'Association of Vapers India (AVI) dans un communiqué de presse de l'association des usagers.

Bientôt dans les rues?

Pour le moment, les témoignages ne concernent que des saisies dans les aéroports. Mais la répression pourrait s'intensifier. Le Millenium Post, journal local, annonce aujourd'hui un durcissement y compris dans les espaces publics. Les agents de police de New Delhi notamment ont reçu des consignes en ce sens.

Touristes dépouillés par les forces de sécurité

Dans les aéroports, de nombreux touristes ont été victimes des saisies abusives, y compris parfois en embarquant pour le vol retour. "Le gouvernement indien a adopté une loi interdisant le vapotage, mais pas la consommation personnelle. Le ministère indien de l'aviation civile a mal interprété la loi et il fait saisir et détruire la propriété de visiteurs britanniques sans méfiance", explique l'association britannique d'usagers New Nicotine Alliance (NNA) dans un communiqué de presse aujourd'hui

"La NNA a demandé au Foreign and Commonwealth Office de mettre à jour les conseils aux voyageurs". Plus d'un million de Britanniques voyagent chaque année en Inde, dont près de 50'000 vapoteurs selon l'estimation de la NNA. Mais les Britanniques ne sont pas les seuls touchés. Nous avons connaissance d'un touriste français qui s'est fait dépouiller de son matériel de vapotage à l'embarquement de son vol de retour. 

Un million de morts annuels pour Indian Tobacco

La prohibition touche évidemment aussi la population locale. Elle subit l'interdiction d'accès aux moyens de réduction des risques face au tabagisme. Plus de 120 millions d'Indiens consomment du tabac et près d'un million meurt des maladies liées chaque année. L'Inde est le second producteur de tabac au monde. Le Gouvernement détient directement une part du capital des deux principaux cigarettiers du pays, vendant près de 85% des cigarettes en Inde.


lundi 10 février 2020

Philippines: Duterte taxe la vape, interdit les arômes, sauf tabac et menthol, et la vente aux moins de 21 ans

Trois mesures contre le vapotage dans une nouvelle loi ont été promulguées aux Philippines. Le président Rodrigo Duterte a signé la loi RA 11467 le 22 janvier. Elle interdit la vente de produits de vapotage aux moins de 21 ans, sous peine de 10 000 pesos (180 €) d’amende et jusqu’à 30 jours d’emprisonnement. Des taxes sur les liquides sont instaurées à 45 pesos (0€81) pour 10 mL de liquide nicotiné basique et 37 pesos (0€66) par mL pour les pods aux sels de nicotine. La loi programme des hausses annuelles par la suite. Ces deux mesures sont entrées en vigueur sans délai. Enfin, les arômes autres que tabac et menthol sont bannis, avec un délai d’application de 18 mois.

Un certain flou entoure encore l’application des mesures, notamment de l’interdiction des arômes, qui sont désormais sous l'autorité de la Food and Drug Administration Philippines (FDA-Ph). Bien qu’elle déplore particulièrement l’interdiction des arômes, l’association Philippines E-Cigarette Industry Advocates (PECIA) continue de participer au groupe de travail du Sénat sur les réglementations en espérant limiter la casse. Onze autres mesures réglementaires sont encore en discussion, concernant notamment les conditions de vente, d’emballage, de distribution et sur la publicité. 

Hausses annuelles de taxes programmées

Déjà décrétées en juillet dernier, les surtaxes des liquides nicotinés basiques sont portées à 45 pesos (0€81) pour 10 mL dés à présent. La nouvelle loi prévoit qu’elles augmentent ensuite de 5 pesos (9 cts) par an, pour atteindre 60 pesos (1€08) en 2023, puis de 5 % chaque année par la suite. Les pods aux sels de nicotine sont désormais taxés à 37 pesos (0€66) par mL. Cette taxe augmentera ensuite aussi de 5 pesos par an jusqu’à 52 pesos (0€93) en 2023, puis de 5 % chaque année au-delà.
[add 17.02.2020] Les prix des cigarettes varient de 60 Pesos à 120 Pesos le paquet selon les marques. Pour sa part, le salaire moyen aux Philippines est aux alentours de 244 € par mois, selon la Banque mondiale. [/]

Selon la page dédiée aux Philippines du rapport sur l'état de la réduction des risques face au tabagisme dans le monde (GSTHR), les autorités sanitaires évaluaient en 2015 à près de 12,7 millions de fumeurs au quotidien, soit 18,7% de la population. Tandis que le vapotage était utilisé 'couramment' par 0,8% de la population.

Les Philippines ont frôlé encore pire

Les nouvelles mesures semblent mettre un terme au projet d’interdiction complète du vapotage, pour lequel Ranti Fayokun, cadre de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), était venu plaider le 10 décembre au Sénat. Elle avait notamment montré des photomontages d’un bébé et du dessin animé Dora l’exploratrice en train de vapoter pour affirmer que ces produits sont destinés aux enfants. La soi-disant experte de l'OMS avait également amalgamé le vapotage de nicotine à la soixantaine de décès aux Etats-Unis, en réalité liés à l'inhalation de produits frelatés à la vitamine E du marché noir du THC.

Son intervention prenait place dans un climat tendu. Trois semaines plus tôt, le 14 novembre, Rodrigo Duterte venait de décréter lors d’une conférence de presse l’interdiction de vapoter en public. Enchaînant quelques jours plus tard avec une sortie menaçant « d’exécuter cette pute de vapoteur ». En parallèle, le Département de la santé Philippin annonçait le 15 novembre la pneumopathie d'une adolescente de Visayas en l'attribuant au vapotage.

Un cas de pneumopathie mystérieuse

Bien que le médecin a d'abord suspecté une maladie infectieuse et que les cas aux Etats-Unis soient liés à l'inhalation de produits frelatés à l'acétate de vitamine E du marché noir du THC et non pas au vapotage de nicotine. A ma connaissance, le rapport médical sur le cas de pneumopathie de la jeune fille, qui s'est rétablie selon la presse locale, n'est pas l'objet d'une publication disponible.

De nombreuses arrestations pour saisir le matériel de vapoteurs avaient lieu immédiatement après l’annonce orale de Duterte de l’interdiction de vapoter en public. Finalement, le despote n’a pas déclenché de nouveau massacre de masse. Alors qu’en 2016, il avait ordonné l’exécution des "toxicomanes", entraînant près de 30 000 exécutions sommaires selon les observateurs. Pourtant, Rodrigo Duterte est lui-même dépendant, avec des effets visibles sur son comportement, à l'opioïde de synthèse Fentanyl.

jeudi 19 décembre 2019

Prohibition en Inde: les arrestations commencent tandis que l'association des vapoteurs récolte des fonds pour un recours

La prohibition du vapotage en Inde, imposée par ordonnance du gouvernement mi-septembre, a été confirmée au parlement au début du mois de décembre. Le 18 septembre, Nirmala Sitharaman, la Ministre des finances, avait justifié l'interdiction pour empêcher une épidémie de vapotage chez les jeunes et un effet passerelle vers le tabagisme, sur la base d'un rapport du 31 mai du Conseil indien de recherche médicale (ICMR). Ce rapport se réfère lui-même à des "informations" de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). "Globalement, ces produits ont un impact négatif net sur la santé publique", affirme ce rapport de l'ICMR, doté d'une bibliographie très pauvre. Le gouvernement et sa majorité se sont cramponnés à ces conclusions pour obtenir la prohibition.

Les deux chambres, le 28 novembre et le 2 décembre, ont voté la loi au terme de débats, qui m'ont paru ahurissants. Le texte final interdit la production, l'importation, la distribution et la publicité, avec des peines pouvant aller jusqu'à un an de prison et 100'000₹ (~1'300€) d'amende. Le transport et le stockage de produit de vapotage sont également prohibés. Bien que l'usage lui-même n'est pas interdit formellement, l'arrestation d'un vapoteur russe à Goa le 10 décembre illustre déjà la logique répressive.

Dernière chance de faire respecter leurs droits, l'Association des Vapoteurs en Inde (AVI) tente de récolter des fonds pour faire recours à la Cour Suprême. "L'Inde interdit le vapotage tout en autorisant la vente des cigarettes mortelles. La loi ne contient aucune clause pour protéger l'usage personnel", regrette Samrat Chowdhery, de l'AVI.

La méconnaissance comme argument de prohibition

Pourtant, une protection des usagers aurait pu être implémentée si certains des 60 amendements proposés au projet de loi étaient passés. Mais Harsh Vardan, le Ministre de la santé, a fait un blocus total avec sa majorité au parlement. "La plupart d'entre nous n'avons même jamais vu une e-cigarette, nous n'avons pas encore un concept de ce que cela peut être", a justifié Harsh Vardan devant la chambre basse le 27 novembre. Une méconnaissance qui l'a encouragé a exiger avec succès la prohibition.

Durant les débats, les députés des états du sud, producteurs de tabac, ont plaidé l'interdiction du vapotage en raison de la dépendance et de méfaits présumés de la nicotine. Tout en s'offusquant à l'idée d'interdire le tabac. "L'absence d'interdiction du tabac ne peut pas justifier de ne pas interdire d'introduire une nouvelle dépendance", a argumenté le Ministre de la santé. 

Aux contre-arguments de l'opposition, notamment une intervention remarquable du Pr Rajeev Gowda, soutenant la réduction des risques pour les fumeurs passant au vapotage, la majorité a brandi la carte nationaliste hindou pour rejeter la "science occidentale". Ils ont ainsi exclu les conclusions scientifiques du Collège Royal des médecins britannique et du Public Health England. "Aucune preuve de la moindre nocivité de vapoter par rapport à fumer n'a été établie", a asséné le Ministre de la santé dans son allocution finale avant le vote de la chambre Rajya Sabha [à 2mn35].

L'OMS pour justifier de protéger le tabac indien

Cette sentence obscurantiste de l'absence de preuve que le produit sans tabac, sans combustion, sans monoxyde de carbone et sans goudron notamment, serait moins nocif que la cigarette se réfère au rapport Bloomberg, présenté à l'OMS cet été. "Les études sur les risques sanitaires associés au vapotage (ENDS) sont non concluantes", prétend ce rapport feignant qui n'a pas pris la peine de lire sérieusement les études disponibles.

Mais il a permis de donner une couche de vernis supplémentaire de justification à l'exclusion des connaissances de science par les partisans indiens de la prohibition. Ceux-ci ont d'ailleurs rappelé la recommandation de l'OMS "d'interdire ou réglementer" le vapotage, en insistant sur le premier terme. Preeti Sudan, présidente de la 8e Conférence (CoP 8) anti-tabac de l'OMS à Genève en octobre 2018, n'est pas étrangère à la manière dont cette recommandation a été rédigée. L'économiste de formation est aussi secrétaire déléguée du Ministère indien de la santé.

"Pourquoi débattre de savoir si le vapotage est nocif ou non? C'est une dépendance", a-t-elle tranché, au nom du Ministère de la santé, face aux médias à la mi-septembre. Depuis la CoP7 anti-tabac de l'OMS à Delhi en 2016, l'Inde instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production de tabac et ses propres marques face à la concurrence des cigarettes occidentales et au vapotage.

India Tobacco Company

Notamment, le principal cigarettier du pays ITC Ltd (ex-India Tobacco Company) dont le gouvernement fédéral détient 28,5% du capital. Le cigarettier qui règne sur le marché indien va bénéficier de l'interdiction du meilleur moyen d'arrêter de fumer. ITC Ltd a vu son bénéfice bondir de 36,16% pour le trimestre de juillet à septembre, avec un chiffre d'affaires des activités cigarettières en hausse de 5,9%.

Approximatives, les estimations chiffrent à plus de 120 millions d'Indiens consommateurs de tabac, sous forme de cigarettes, de bidies fumées, ou de tabac oraux tels que le paan et le gutkha, souvent mélangés à de la noix d'arec ou de bétel favorisant les cancers des voies orales. Près d'un million d'Indiens meurent des maladies liées au tabagisme chaque année, selon les évaluations.

Une régression de santé publique

Du côté des médecins, plusieurs voix dissidentes se sont élevées pour dénoncer la prohibition absurde du moyen de réduction des risques sans tabac ni combustion face au tabagisme. "L'interdiction va donner lieu à un marché noir et le gouvernement n'aura aucun contrôle sur celui-ci. Il aurait été dans l'intérêt public supérieur que le gouvernement réglemente le vapotage et autorise davantage de recherches sur les outils de réduction des risques", explique le Dr Bharat Gopal, pneumologue et directeur du National Chest Center de Delhi, à l'Agence de presse indienne ANI

"Avec l'interdiction, les vapoteurs vont être poussés à recommencer de fumer. Il s'agit d'une mesure régressive prise par le gouvernement", se désole la Dre Sree Sucharitha, chercheuse au Tagore Medical College. "La prohibition du vapotage est une défaite pour la science", précise-t-elle. Pour le Dr Aparajeet Kar, pneumologue au BLK Super Specialty Hospital de New Delhi, c'est également un coup porté à la démocratie sanitaire, par l'absence de débat et la violation du droit à l'accès aux moyens de réduction des risques. 

Cagnotte pour faire recours à la Cour Suprême

Du côté des usagers, Jagannath Sarangapani, de l’Association of Vapers India (AVI), regrette aussi que le gouvernement indien ait décidé d'ignorer les droits des usagers, l'état des connaissances scientifiques et l'intérêt de la santé publique. L'association de défense des vapoteurs a lancé une cagnotte pour porter un recours devant la Cour Suprême, ce qui requiert des "fonds importants". "Les tribunaux ont jusqu'à présent rendu des jugements favorables, à Delhi, Mumbai et Kolkata, pour alléger les mesures contre le vapotage", se montre optimiste l'AVI, qui avait fait annuler une décision de prohibition par la Cour de Delhi. 

Arrestation de vapoteur à Goa

Dans l'attente d'un éventuel recours en justice, des arrestations ont commencé, notamment dans les Etats tabagiques du Sud. Non seulement de vendeurs de rue, mais aussi au moins un utilisateur. Un touriste russe de 45 ans a été arrêté à Anjuna dans l'Etat de Goa, selon la presse locale. "Un commando de la police d'Anjuna a mené un raid dans un appartement de la résidence Blue Lagoon. La police a arrêté l'accusé avec 4 vaporettes et 46 fioles de liquides de vapotage", rapporte l'Herald de Goa le 10 décembre.

Libéré depuis sous caution, le touriste russe est poursuivi des chefs d'inculpation des sections 5 et 8 de la loi de prohibition du vapotage. C'est à dire pour le stockage de produit de vape, punissable de 6 mois d'emprisonnement et 50'000₹ (~650€) d'amende. Pourtant, le Ministre de la santé avait promis, devant le parlement, que la loi ne s'attaquerait pas aux utilisateurs. "Nous ne voulons pas criminaliser les vapoteurs", avait prétendu alors le Ministre Harsh Vardan.


jeudi 12 décembre 2019

L'OMS tente t-elle de déclencher un nouveau massacre de masse aux Philippines? [MàJ]

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tente t-elle de manipuler un psychopathe sanguinaire pour déclencher une nouveau massacre de masse aux Philippines? Ce 10 décembre, une représentante anti-tabac de l'OMS a présenté au Congrès une fausse publicité comme si elle était véritable afin d'attiser la haine contre les vapoteurs et faire passer une prohibition totale du vapotage. Ceci dans un contexte déjà particulièrement inquiétant suite à l'annonce orale le 14 novembre de l'interdiction de vapoter en public par le Président Rodrigo Duterte.

Des centaines d'arrestations de vapoteurs ont suivi, sans plus de poursuite en l'absence de base légale. Le nombre de vapoteurs aux Philippines est estimé à près d'un million, tandis que 200'00 d'entre eux sont membres d'association de vapoteurs. "Le vapotage a aidé des millions de fumeurs pour arrêter la cigarette dans le monde. Imposer une prohibition ne ferait qu’aggraver le problème du tabagisme", regrette Clarisse Virgino, de la Coalition of Asia Pacific Tobacco Harm Reduction Advocates (CAPHRA) une des associations de défense, à la presse locale

'Kill that vaping bitch'

Lors d'une inauguration le 23 novembre, Rodrigo Duterte a renchérit en menaçant de "tuer, de manière extra-judiciaire, cette pute de vapoteur" évoquant l'inventeur du vapotage sans le nommer. Ceci vaut signe d'alerte rouge pour tout vapoteur aux Philippines. Le despote a déjà mis à exécution ce type de menace par le passé. Après son élection au printemps 2016, il a ordonné le massacre des "toxicomanes", provoquant des tueries de masse entremêlant exécutions sommaires et lynchages. Fin 2018, France Inter évaluait à au moins 30'000 les victimes de cette folie meurtrière. 

Les nouvelles menaces de Rodrigo Duterte, lui-même accro aux opioïdes de synthèse et ex-fumeur, sont donc très inquiétantes. En plein déclenchement des massacres en 2016, Vera da Costa, la Secrétaire générale anti-tabac de l'OMS, avait officiellement félicité Rodrigo Duterte, au prétexte d'une interdiction de fumer dans les lieux publics. Sans susciter de réaction dans le monde médical. Rien d'étonnant à ce qu'une membre du secrétariat anti-tabac de l'OMS poursuive actuellement dans cette veine pour attiser la haine contre les vapoteurs.

Add. 14/12/2019: Le slide 33 de la présentation de la représentante de l'OMS devant le Congrès des Philippines le 10 décembre avec la fausse pub d'Adam Padilla, mais aussi un montage détournant une image du dessin animé Dora l'exploratrice, qui ne vapote pas dans le dessin animé.

Fausse pub présentée par l'OMS comme une véritable

En audition publique le 10 décembre devant la Commission de l'économie du Congrès des Philippines, la représentante anti-tabac de l'OMS a présenté (à 1h02mn40sec de la vidéo) comme une véritable campagne publicitaire de l'industrie du vapotage la fausse publicité crétine  'my first vape' du bobo new-yorkais nombriliste Adam Padilla. En août 2017, il avait diffusé sur les réseaux sociaux un montage mettant en scène un bébé avec une vaporette sous forme de jouet à la Fisher Price.

La déléguée de l'OMS a également tenté de tromper les élus Philippins, en jouant sur la confusion dans les rapports de différentes dates du Center for Disease Control (CDC), en affirmant qu'une partie des victimes de pneumopathies par les liquides frelatés du marché noir du THC aux Etats-Unis, était liée au vapotage de nicotine conventionnel.

L'objectif d'une prohibition totale du vapotage

Plutôt qu'un rôle d'information, la représentante de l'OMS est ouvertement en mission pour faire passer le projet de loi 5099 de Sharon Garin, du parti AAMBIS-OWA, exigeant l'interdiction totale du vapotage aux Philippines. Début novembre, la députée avait expliqué aux médias locaux "que sa proposition vise aussi à protéger les petits producteurs de tabac susceptibles d'avoir subi des pertes suite à la demande croissante de cigarettes électroniques".

"I'm not concern about smokers"

Pour soutenir la cause d'une prohibition totale du vapotage aux Philippines, la représentante de l'OMS a également tenté de discréditer les rapports du Royal College of Physicians britannique et du Public Health England sur leur évaluation d'au moins 95% de réduction des risques de passer au vapotage pour les fumeurs. Un des élus du Congrès s'est agacé de s'apercevoir qu'elle avait aussi caché l'avis du Centre International de recherche sur le cancer (IARC), qui est rattaché à l'OMS, sur le potentiel de réduction des risques cancérigènes pour un fumeur passant au vapotage.

On peut voir sur une vidéo filmée depuis le public qu'en réponse, la déléguée a simplement asséné que "les fumeurs ne sont pas [s]on soucis". Le Congrès poursuivra les auditions sur ce projet de loi en janvier. En espérant que Rodrigo Duterte ne déclenche pas un bain de sang général sous la pression de l'OMS.

Bonus: english version


mercredi 20 novembre 2019

Duterte ordonne oralement l'interdiction totale du vapotage aux Philippines

Il aura fallu moins d'une semaine entre l'annonce du projet de loi et sa validation orale par Duterte. Jeudi dernier, la députée Sharon Garin, du parti AAMBIS-OWA, annonçait avoir déposé le projet de loi 5099 exigeant l'interdiction totale du vapotage aux Philippines. "Sharon Garin explique aussi que sa proposition vise à protéger les petits producteurs de tabac susceptibles d'avoir subi des pertes suite à la demande croissante de cigarettes électroniques, généralement considérées comme une alternative «plus sûre» et «moins nocive» aux produits du tabac conventionnels", relatait alors CNN Philippines le 14 novembre

"Juges, je ne vous obéirais pas", Duterte

Hier matin, le Président Rodrigo Duterte a validé oralement l'interdiction en conférence de presse (voir vidéo plus bas): "J'interdis le vapotage. Son importation et son utilisation". Le despote sanglant, dont l'addiction aux opioïdes de synthèse ne semble pas avoir disparu, a insisté sur le caractère "toxique" du vapotage, affirmant que cela "cause le cancer". "Ce vapotage, ils disent que c'est électronique. Ne me donnez pas cette connerie. Mieux vaut l'arrêter, je vais ordonner votre arrestation si vous le faites dans une pièce...", rapporte le journal Straits Times

Ce matin, à une commémoration du camp militaire Aguinaldo, le Président Duterte a ajouté qu'il n'obéirait pas à la Cour suprême si elle invalide la constitutionnalité de cette prohibition: "Juges, je vous préviens, ne donnez pas d'ordonnances restrictives aux Douanes, ou à la Garde côtière. Je n'obéirai pas à votre ordre"

Opération de police contre les vapoteurs

Dans la foulée, la police a lancé une opération "de répression à l'échelle nationale visant les équipements de vapotage à la suite de l'ordre verbal du président Rodrigo Duterte d'arrêter les personnes utilisant des cigarettes électroniques dans des lieux publics", rapport le même CNN Philippines ce matin

Les policiers peuvent appréhender tout vapoteur pris en flagrant délit de vapotage dans un lieu public, l'emmener au commissariat et lui saisir son matériel de vapotage. Le lieutenant-général Archie Gamboa, responsable de la Police Nationale ajoute "que les contrevenants ne seront ni détenus, ni tenus de payer des amendes jusqu'à ce qu'une ordonnance écrite soit émise". La base légale pour punir les contrevenants fait pour le moment encore défaut.

La conférence de presse de Duterte, mardi où il annonce la prohibition totale du vapotage aux Philippines:


samedi 17 novembre 2018

[Bref] Inde: la Haute Cour juge l'avis anti-vape du Ministère de la santé sans valeur contraignante pour les Etats

"Cet avis n'est pas contraignant et les Etats et les territoires respectifs ont tout loisir de prendre une décision éclairée à cet égard". Ce mercredi, le verdict du juge Vibhu Bakhru de la Haute Cour de Delhi a mis à mal le projet de prohibition nationale du vapotage en Inde. Les Etats sont donc libres de prendre les mesures appropriées et ne sont pas contraints de suivre la recommandation, publiée le 28 août dernier, du Ministère de la santé de prohiber vente, production, importation, distribution et publicité du vapotage. 

L'avis part en fumée

Le verdict de la Haute Cour fait suite à une plainte d'un vapoteur indien contre l'avis de prohibition. "Son avocat Adarsh ​​Ramanujan a soutenu que l'avis du Ministère violait ses droits fondamentaux puisque cela l'empêchait d'exercer son pouvoir discrétionnaire d'utiliser de tels produits. Il a utilisé le vapotage moins nocif et couramment utilisé par les fumeurs pour cesser de fumer", explique le quotidien Hindustan Times. Le juge a rejeté sa plainte en estimant que l'avis n'ayant aucune valeur contraignante légale, il ne peut pas interdire le droit de vapoter plutôt que de fumer.

"Fumer des cigarettes roulées est presque impossible à réduire ou à arrêter. En conséquence, après avoir appris l'existence du vapotage et avoir pris des renseignements sur Internet, le plaignant a tenté de passer au vapotage", a plaidé l'avocat du vapoteur de 48 ans, atteint dans sa santé à cause du tabagisme. S'appuyant sur le rapport scientifique du Public Health England, l'avocat a fait valoir la réduction des risques d'au moins 95% du vapotage par rapport aux cigarettes. 

Un parjure ?

Une évaluation scientifique anglaise qui a mis en fureur le Dr Pankaj Chaturvedi, de l'Hôpital Tata Memorial de Mumbai, défenseur de la position officielle. "La nicotine à l’état pur est potentiellement cancérigène. Les cigarettes électroniques ne se sont jamais révélées être un outil de renoncement au tabac sûr et efficace", a déclaré le médecin indien. Rappelons qu'il est démontré que la nicotine n'est pas cancérigène selon le Centre international de recherche sur le cancer (IARC).

Près de 300 millions d'indiens consomment du tabac. Environ les 3/4 des cigarettes vendues en Inde proviennent de l'Indian Tobacco Company, détenue en partie par l'Etat fédéral. Au moins six Etats, notamment les principaux producteurs de tabac, ont déjà interdit le vapotage. Ce verdict donne la liberté aux autres Etats de ne pas condamner le droit à la réduction des risques.


dimanche 11 novembre 2018

[Bref] Le Département des accises de Thaïlande voudrait légaliser le vapotage avec une taxe

"Des changements majeurs sont en cours concernant le vapotage en Thaïlande", annonce le site d'information thaïlandais Sanook. Le Directeur général du Département des accises Anuntasilpa Patchara a annoncé à la presse ce 7 novembre étudier une légalisation du vapotage en le taxant. Mais le dossier est épineux. "Le Ministère des Accises est prêt à taxer le vapotage en tant que produit légitime. Parce que ce n'est pas une drogue. Mais le Ministère du Commerce en a interdit l'importation et le Ministère de la Santé s'oppose à sa consommation", explique le directeur du Département des accises au journal local Khaosod

L'association des vapoteurs reçue au Ministère du commerce

Ces dernières semaines, le Ministère du commerce a reçu l'association de défense des vapoteurs Ends Cigarette Smoke Thaïland (ECST). Le dernier rendez-vous le 31 octobre a débouché sur la constitution d'un comité pour reconsidérer le statut du vapotage. Autre motif de réformer la vape pour le Gouvernement: le tourisme. Les ambassades de huit pays ont demandé des clarifications sur le statut du vapotage suite aux arrestations de leurs ressortissants. "Au cours des seuls trois derniers mois, le Département des accises a saisi 80 produits de vapotage divers et infligé des amendes d’un montant total de 5 millions de bahts [≃152'000 Fs]", précise le Bangkok Post du 8 novembre

Les arrestations de touristes sont un "gros problème"

Depuis la prohibition décrétée en décembre 2014 par la junte militaire, détenir un produit de vapotage équivaut à du trafic illégal, punissable jusqu'à dix ans de prison et d'une amende. De manière aléatoire, des vapoteurs locaux et étrangers ont été arrêtés, parfois amendés, parfois incarcérés"L'impact sur les touristes entre en jeu sur le dossier du vapotage. C'est un gros problème chaque jour", reconnait le Directeur Anuntasilpa Patchara. Son département estime les cigarettes de tabac chauffé simples à réglementer, tandis que le cas des liquides de vapotage doit être évalué pour fixer "une fiscalité correcte"

Dans l'attente d'une réforme, la détention de produits de vapotage reste punissable d'amende et de prison en Thaïlande. Le Royaume compte officiellement 42% de fumeurs, qui consomment pour 80% des cigarettes du Monopole du Tabac de Thaïlande.

jeudi 18 octobre 2018

[Bref] En Thaïlande, les vapoteurs demandent à l'Ombudsman d'intervenir pour faire cesser la répression

Détenir une vaporette en Thaïlande peut vous faire condamner, pour importation d'un objet illicite, à dix ans de prison et une amende d'un million de baths (26'000€). Depuis le 12 décembre 2014, la junte militaire a interdit les produits de vapotage. Depuis des arrestations de vapoteurs bourgeonnent de manière aléatoire au gré des humeurs arbitraires des forces de l'ordre. La presse locale fait parfois l'écho de ses arrestations absurdes, de la vieille dame ayant arrêté de fumer avec le vapotage à la jeune starlette du web contrôlée avec une vaporette dans sa voiture, où même le touriste suisse mal-informé de la situation.

L'Ombudsman saisi de l'affaire

L'Ends Cigarette Smoke Thaïland (ECST), l'association des vapoteurs "pour en finir avec la cigarette fumée", s'est adressé au Directeur du département des droits de l'Ombudsman pour que cette interdiction soit reconsidérée. L'Ombudsman, qui a un rôle de médiateur lors de contentieux entre citoyens et pouvoirs publics, est officiellement entré en matière pour "enquêter sur la légalité de la prohibition du vapotage en Thaïlande".

L'ECST entendu au Ministère du commerce

Dans une situation réglementaire considérée comme la pire au monde par les spécialistes du domaine, l'association des vapoteurs de Thaïlande active les leviers à sa portée pour faire bouger les choses. Le 12 octobre, une délégation de l'ECST était reçu au Ministère du commerce, qui a ouvert un examen sur la question du vapotage depuis le 8 octobre. Les représentants des vapoteurs ont remis entre autres documents, une pétition de plus de 40'000 signatures pour légaliser le vapotage en Thaïlande.

Marit Karunyawat, représentant de l'ECST, fait valoir, dans le journal Asia Times, que régulariser le vapotage serait bénéfique à toutes les parties. Les usagers ne seraient plus en prise avec une répression absurde et arbitraire et ils trouveraient des produits avec plus de sécurité sur leur qualité. Surtout, les fumeurs auraient accès plus facilement à un moyen de réduction des risques reconnu, alors que le tabagisme touche une large part de la population. En régularisant les produits de vapotage, les pouvoirs publics pourraient les réglementer et en contrôler les conditions de vente.

De son côté, Roengrudee Patanavanich, responsable adjoint du Centre de recherche sur la lutte antitabac, reconnait qu'il y a de plus en plus de vapoteurs en Thaïlande et dans le monde. Cependant, selon lui "jusqu'à 30,5% des personnes qui vapotent pensent, à tort, que celles-ci ont un bon parfum, sont sûres et modernes et sans additifs". Seront-ils entendus dans un pays où l'Etat détient le Monopole du Tabac de Thaïlande ?

L'ECST a reçu une réponse d'entrée en matière de l'Ombudsman:

mardi 25 septembre 2018

#VaperBeHeard Les associations de vapoteurs d'Asie demandent à être prises en compte par l'OMS avant la #COP8FCTC

La Thaïlande, la Corée du Nord, Singapour et désormais l'Inde, font la chasse à la vape sur le continent asiatique. Ceci avec le soutien actif du secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), notamment par les harangues à la criminalisation des vapoteurs de sa représentante Jagdish Kaur. Face à cette répression contre l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage, qui peut coûter l'emprisonnement en Thaïlande notamment, les associations des utilisateurs de vapotage en Asie lancent un appel à l'OMS, notamment par une pétition. Une semaine à peine avant que ne débute le Sommet anti-tabac COP8 de l'OMS le 1er octobre à Genève.

En arriver à devoir rappeler que les vapoteurs aussi sont des humains

L'association des vapoteurs des Philippines, l'Ends Cigarette Smoke de Thaïlande (ECST), l'Organisation des vapoteurs de Malaisie (MOVE) et celle d'Indonésie (AVI) notamment se sont regroupées pour lancer la campagne #VapersBeHeard. Leur pétition revendique le simple droit d'avoir accès aux produits de réduction des risques et à l'information sur ceux-ci plutôt que de devoir continuer de fumer des cigarettes. "Les vapoteurs sont aussi des êtres humains - des mères, des pères, des fils ou des filles - et nous avons le droit d'avoir une chance de mener une meilleure vie à l'aide de ces produits alternatifs", explique le texte en ligne. 

En conférence de presse à Manille le 14 septembre, pour lancer la campagne, Asa Saligupta, de l'Ends Cigarette Smoke Thaïland, regrette l'attitude dogmatique et conservatrice du secrétariat anti-tabac de l'OMS, qui appelle à "interdire ou réglementer strictement le vapotage, alors qu'il existe des preuves scientifiques de sa nette réduction des risques par rapport au tabagisme". A ses côtés, le Pr Satriya Suhardjo, de la faculté de sciences politiques de l'Université de Padjadjaran (UNPAD) à Bandung, estime que "les produits à risque réduit nécessitent un cadre politique approprié et complet".

Prendre en considération les usagers

Il y aurait près d'un million de vapoteurs en Indonésie, "ce nombre est encore très faible par rapport au nombre de fumeurs", précise le Pr Satriya. "Pour être en mesure de cesser de fumer, les fumeurs ont besoin de temps et de soutien, cela ne peut pas être instantané", explique Jeremia Dimasz de l'association des vapoteurs d'Indonésie à la presse locale dubitative sur l'efficacité du vapotage pour l'arrêt tabagique. "En tant qu’utilisateurs, nous avons directement ressenti les avantages de ce produit. Nous espérons que les autorités prendront en compte le point de vue des utilisateurs", insiste le vapoteur indonésien, espérant être entendu de son gouvernement et des lointains bureaux genevois de l'OMS. 


vendredi 10 août 2018

[Bref] Le parlement Philippin demande l'intégration de la réduction des risques dans la politique anti-tabac

"La Chambre des Représentants a adopté à l'unanimité une résolution exhortant le Ministère de la Santé à promouvoir des mesures de réduction des risques, notamment l'utilisation du vapotage, dans le cadre de sa stratégie nationale de lutte antitabac". L'information du Manilla Standard est aussi réjouissante qu'inattendue. Jusque-là, Paulyn Ubial, Secrétaire d'Etat à la santé, surfait sur une des pires politiques anti réduction des risques au monde pour soutenir la répression du vapotage. Le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n'a d'ailleurs pas ménagé ses efforts pour faire pression sur elle en ce sens. Un des enjeux commerciaux de l'opération étant de faire des Philippines le pays test des détecteurs de nicotine de l'Université privée de Dartmouth. Un marché potentiel en milliards si le produit était imposé au monde entier.

Promouvoir la réduction des risques

La résolution des députés philippins tranche avec cette politique dogmatique de la Ministre de la santé. "Il est clair que le vapotage est beaucoup moins nocif que le tabagisme et qu'il aide beaucoup de personnes à cesser de fumer. Différentes approches peuvent être adaptées à différents contextes, mais il faut prendre en compte les données scientifiques et clairement distinguer vapoter de fumer", explique la résolution des députés Anthony Bravo, du Coop-Nattco Party, et Jose Tejada, du North Cotabato. Le texte s'appuie notamment sur les travaux du Public Health England dirigé par le Pr Kevin Fenton et le constat de la chute du tabagisme au Royaume-Uni grâce à cette stratégie. 

Autre référence citée par les parlementaires, le Dr Konstantinos Farsalinos qui avait fait le déplacement aux Philippines pour expliquer la problématique en 2017. "La résolution souligne le commentaire du Dr Farsalinos selon lequel un cadre réglementaire approprié pour le vapotage est important pour garantir la qualité des produits; promouvoir les produits de réduction des méfaits uniquement auprès des populations visées (c.-à-d. les fumeurs et les anciens fumeurs); maintenir un avantage concurrentiel pour les produits de réduction des risques par rapport au tabagisme (prix, disponibilité, accessibilité); et promouvoir la recherche pour surveiller l'utilisation de la population et développer de meilleurs produits (encore plus sûrs)", résume le Manilla Standard.

La résolution sera t-elle appliquée par le Ministère de la santé ?

La résolution sera t-elle suivie d'effet? Cela dépend du respect du message des députés par le Ministère de la santé. Celui-ci n'a pas encore réagit au vote, contrairement aux usagers. "Nous remercions nos législateurs d’avoir gardé l’esprit ouvert face au corpus croissant de preuves scientifiques en faveur de l’utilisation du vapotage comme alternative nettement moins nocive aux cigarettes classiques. Nous exhortons le Ministère de la santé (DoH) à faire de même et à sauver des vies", déclare Peter Paul Dator, président de l'association The Vapers Philippines, au quotidien philippin.

Du côté des professionnels de la branche, Joey Dulay, président de l'Association philippine de l'industrie indépendante de la cigarette électronique (PECIAI), espère aussi: "En adoptant à l'unanimité la résolution, la Chambre des représentants envoie un message fort au Ministère de la santé (DoH) pour abandonner sa croyance erronée dans le "quit or die" [arrête ou crève] comme seule alternative pour les fumeurs et, à la place, de suivre l'exemple du Royaume-Uni et d'autres pays qui ont adopté la réduction des risques dans le cadre de leurs stratégies de lutte antitabac".

samedi 23 juin 2018

[Bref] L'Indonésie taxe la vape à 114% pour protéger les ventes de cigarettes

Plus de 67% des hommes de plus de 15 ans fument en Indonésie. Pour pallier au risque de sortie de cette consommation de masse, le Gouvernement indonésien a décidé d'imposer une taxe qui va plus que doubler le prix des liquides de vapotage nicotinés dés ce 1er juillet. Selon Reuters, les autorités estiment à près de 4'000 magasins de vape pour plus de 900'000 vapoteurs dans l'archipel qui compte 260 millions d'habitants. "La cible de recettes d'accise de cette année est de 155,4 billions de roupies (Rp) [soit environ 11,20 milliards de dollars]. La nouvelle taxe d'accise devrait contribuer environ de 100 à 200 milliards Rp par an", se réjouit Sunaryo, Directeur adjoint de l'Office des douanes et accises au ministère des Finances. Ses espoirs de revenus s'appuient sur un système de taxation étagé dans la directive 146/PMK.010/2017 selon des catégories de produits de vape. "Sur la base du prix soumis par l'entrepreneur, le prix le plus bas est de 10 000 Rp pour le type 'non-premium', tandis que le prix le plus élevé pour le type premium est de 120 000 Rp", explique le média local Solopos.

Le Ministre du commerce avait annoncé son objectif en novembre dernier. "Nous allons les arrêter. De cette façon, les vapoteurs devront se mettre à fumer des cigarettes", expliquait Enggartiasto Lukita, Ministre du commerce indonésien, au journal local Kompas. La taxe, qui va représenter 57% du prix de vente TTC des produit de vapotage avec nicotine, vise à "limiter le recours au vapotage" comme l'a reconnu Heru Pambudi, directeur général des douanes et de l'accise, l'an passé au Jakarta Globe. Dans un pays où le lobby du tabac est omnipotent, le "prix du paquet de cigarette est d'environ 2$", rappelle Jim McDonald, journaliste spécialiste de la question de réduction des risques à Vaping 360.

jeudi 7 juin 2018

[Bref] Inde: l'association des vapoteurs décrochent un rendez-vous avec les autorités du Rajasthan

"Le gouvernement du Rajasthan a accepté de nous donner l'occasion de présenter notre dossier devant un groupe d'enquête le 12 Juin", annonce l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) sur sa page facebook. Deux représentants de l'association ont expliqué en conférence de presse hier à Jaipur que le Gouvernement de l'Etat de près de 70 millions d'habitants ne devait pas interdire le vapotage, mais au contraire le réguler pour accompagner les fumeurs vers ce mode de consommation à risque réduit. "Nous soumettons au gouvernement du Rajasthan 120 études sur le vapotage conduites par des instituts réputés, que les autorités de santé publique peuvent utiliser pour tirer leurs propres conclusions", explique Samrat Chowdhery, président de l'association. "Nous proposons aussi au gouvernement de rencontrer des ex-fumeurs qui ont arrêter de fumer à l'aide du vapotage et qui peuvent témoigner des améliorations formidables de leur qualité de vie", ajoute son compère Pratik Gupta. 

120 millions de fumeurs en Inde

Les médias locaux de l'Etat du nord-ouest de l'Inde ont largement relayé les propos des défenseurs de l'outil de réduction des risques à la télévision locale et dans plusieurs titres de presse en anglais et en hindie. Le vapotage en Inde est très menacé, alors que cinq Etats en ont interdit la vente et que l'Etat du Bihar en a même prohibé l'usage en janvier. Trois Etats étudient une éventuelle prohibition, dont le Rajasthan ainsi que le Maharashtra et Delhi. L'Etat fédéral a aussi évoqué cette option insensée. "Les défenseurs du vapotage ici ont le sentiment que malgré le nombre élevé de 120 millions de fumeurs en Inde, et malgré la nécessité urgente d'une approche de réduction des risques, le pays ignore largement les efforts ailleurs dans le monde pour atténuer les effets néfastes du tabac", a expliqué Samrat Chowderry dans un entretien passionnant avec Philippe Boucher en anglais le 3 juin. 

Lutte anti-tabac ou protectionnisme économique ?

L'AVI est engagé dans plusieurs recours en justice contre les interdictions locales. La situation est difficile même si le vapotage continue de se développer. Ce pays grand producteur de tabac voit d'un mauvaise œil la concurrence du vapotage, dont nombre de produits viennent du voisin et rival chinois. Avec 120 millions de fumeurs, le tribut sanitaire et social de l'Inde au tabagisme est immense. Mais 80% du marché est détenu par le cigarettier local. Il est parfois difficile de distinguer les actions de lutte anti-tabac de manœuvres protectionnistes pour les ventes des cigarettes indiennes. Le rôle joué par le bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est particulièrement trouble et étrange dans ce dossier, alors que l'article 1 d) de sa Convention intègre l'approche de réduction des risques et que qu'il est censé rester indépendant des intérêts des producteurs de tabac.


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