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samedi 10 novembre 2018

[Bref] Le Royaume-Uni autorise les allégations de santé dans la publicité sur la vape

"Suite à une consultation étendue, les Comités des pratiques publicitaires (CAP et BCAP) ont modifié les règles relatives à la publicité afin que les allégations de santé ne soient plus interdites dans les publicités pour le vapotage". L'annonce officielle avant-hier de la modification des règles publicitaires britanniques est symboliquement un énorme pas pour extirper le vapotage du rideau de fumée tabagique. Principal changement, la mention interdisant les allégations de santé de l'article 22.5 du Code du CAP est éliminée.

Interdictions européennes

La réglementation révisée n'ouvre pas la porte à tout, loin s'en faut. En premier lieu, l'interdiction de publicité pour le vapotage dans les mass-média, provenant de l'implémentation de la directive européenne (TPD), règne encore au Royaume-Uni. "Sans licence [pharmaceutique], les produits de vapotage contenant de la nicotine ne peuvent faire objet d'annonces dans les médias audiovisuels ; le BCAP souligne donc que la proposition de lever l'interdiction des allégations de santé pour les produits de vapotage pourrait bien être très limitée dans son application, mais il a exprimé le souhait de procéder néanmoins au changement par cohérence du régime du CAP et afin de refléter l'état des meilleures connaissances scientifiques disponibles", explique le memo de l'Agence de normalisation de la publicité (ASA), chargée de l'application.

Flou sur ce qui est permis de dire

D'autre part, les allégations médicales restent interdites. Le vapotage n'étant pas un médicament, cela semble de bon sens. Mais la limite entre allégation de santé, désormais autorisée, et allégation médicale interdite est très floue. Si des termes comme "guérir" appartient assez clairement au registre médical, des mots comme "prévenir" ou "éviter" ne semblent pas être la propriété des seuls médecins. Le CAP n'ayant pas défini précisément les allégations possibles ou non, il y aura probablement des ajustements en pratique. D'autre part, l'ASA insiste sur le fait que les assertions se doivent d'être établies et générales à la classe des produits de vapotage: pas de publicité annonçant que tel modèle particulier a des vertus. 

Pouvoir combattre la désinformation

L'esprit de la modification s'éclaire par les justifications du CAP à celle-ci. Les principales autorités de santé publique britanniques, notamment l'organisation anti-tabac Action on Smoking and Health (ASH), le Cancer Research UK (CRUK), le Public Health England et le Royal College of Physicians, ont soutenu une révision du code publicitaire en faveur du vapotage. "La compréhension par le public du risque relatif plus faible [du vapotage par rapport au tabagisme] est limitée et semble être en déclin. Or les spécialistes du marketing sont actuellement dans l'impossibilité de corriger cette mécompréhension dans leur propre publicité", résume le mémo de l'ASA. 

Face aux campagnes de désinformations des lobbys anti réduction des risques, cette modification du code publicitaire donne un peu de liberté pour répliquer aux organisations de santé et aux professionnels du vapotage britanniques. "Une annonce majeure comme celle-ci envoie également un signal positif aux consommateurs: il est bien plus prudent de vapoter que de fumer. Cela n’est peut-être pas allé aussi loin que nous le souhaiterions, mais c’est un grand pas en avant dans la bonne direction", estime James Dunworth sur Ashtray Blog.

Lever le bâillon de la réduction des risques

Après le Canada, le Royaume-Uni donne ainsi un peu plus de marge de liberté d'expression au camp de la réduction des risques face aux divers lobbys affairistes s'y opposant. A contrario, la France reste toujours bloquée dans une position répressive où les défenseurs de l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage risquent à tout moment des poursuites pour "propagande"

Une situation paradoxale alors que la vape est de loin le moyen matériel le plus utilisé par les français qui tentent d'éviter de fumer, selon les données de Santé Publique France. La propagande pour ne pas arrêter de fumer à l'aide du vapotage, elle, est légale et largement répandue par les médias. En Suisse, aucune restriction n'existe pour le moment, ce qui permet à des magasins de vapotage a faire ouvertement campagne en faveur de l'arrêt tabagique.



mardi 6 novembre 2018

La Commission Européenne analyse les réponses à son projet de taxes selon les liens d'intérêts sauf pour l'industrie du cancer

La Commission Européenne a fait son rapport sur les contributions à sa consultation publique estivale sur les taxes tabac et son projet d'imposer une taxe anti-vape. Elle avait déjà publié les résultats statistiques en septembre : près de 90% de participants s'opposent à l'assimilation de la vape aux produits du tabac et à ses taxes punitives. Au-delà des chiffres, la Commission propose une analyse d'opinions, dont le Vaping Post fait un compte-rendu en français. "Comme l’on pouvait s’y attendre avec ce genre de consultation publique, chacun a défendu ses intérêts et campé sur ses positions", résume Alistair Servet pour le site spécialisé. Mais les liens d'intérêt sont-ils vraiment analysés par le rapport de la Commission?

Pas de baisse du taux de sophisme en Europe cette année

Le rapport de la Commission a catégorisé les réponses par liens d'intérêt supputés des participants individuels (hors organisation). Bien que seuls 1,77% des participants ont déclaré être vapoteurs lors de l'enquête, la Commission a considéré comme parties prenantes liées d'intérêt pour la vape, tous les participants individuels donnant des réponses s'opposant aux mesures anti-vape. "Le taux de réponse élevé parmi les citoyens s'explique principalement par la pétition parallèle lancée par diverses organisations de consommateurs de vapotage. La pétition a attiré 50'000 supporters qui ont également été invités à participer à la consultation publique pour «défendre le droit d’accès au vapotage sans taxe dans toute l’Europe»", précise le rapport de la Commission. 

Justifiant à ses yeux que "les commentaires de plus de 10'000 citoyens européens ayant pris part à la consultation publique devraient être considérés représentant principalement les points de vue des communautés soutenant la vape". Voyons, comment ça marche? Vous déclarez être pour l'abolition des taxes sur les serviettes hygiéniques, donc vous êtes une femme féministe, donc c'est normal que vous soyez pour l'abolition des taxes sur les serviettes hygiéniques. Le jeu est facile, vous pouvez essayer avec d'autres choses, ça marche bien pour dénier a priori toute réflexion à quelconque prise de position en l'accusant de prendre cette position par intérêt. La preuve d'un lien d'intérêt? Tu as pris cette position.

Citoyens égaux mais un peu moins quand même

La Commission concède que "la nature et le but d’une consultation publique ouverte sont, non pas de fournir une statistique significative de la population de l’UE (...), mais de permettre à toutes les parties prenantes de donner leur point de vue sur la politique de l’UE". Mais en rappelant avec insistance qu'il "est essentiel de garder à l’esprit ce biais pour une analyse et une interprétation correctes des réponses". En somme, on l'aura compris, l'interprétation correcte est donc que seuls des vapoteurs peuvent se soucier de réduction des risques sur la question. Honnêtement, je ne sais pas comment doivent le prendre les non-vapoteurs?

D'accord, on ne va pas nier qu'il y a eu plus que probablement une forte participation de vapoteurs à la consultation. Même s'il est difficile de la comptabiliser précisément et qu'elle ne correspond pas au nombre de signatures de la pétition. Mais la catégorisation faite par la Commission pose tout de même deux questions de fond: les vapoteurs sont-ils des citoyens un peu moins égaux que les autres lorsqu'ils exercent leur droits civiques et expriment leur opinion, après y avoir été invités par la Commission, sur un sujet qu'ils connaissent d'expérience et pour lequel ils sont directement concernés? Les avertissements du rapport de la Commission laissent planer un doute sur le sujet. 

Pas vu, pas pris?

L'autre question concerne l'inégalité de traitement des répondants dans la manière de catégoriser. La Commission distingue les parties liées au vapotage, celles liées au tabac, puis une catégorie "santé publique". La réduction des risques est-elle d'office hors du champ de la santé publique pour discriminer l'une de l'autre? Cela ressemble plus à une pétition de principe de la Commission qu'à quelque chose de fondé en termes de santé publique. 

Les 50 organisations élues à la catégorie 'santé publique' sont-elles toutes sans lien d'intérêt avec quelconque entreprise pouvant bénéficier du tabagisme? Les organisations recluses dans le sac "autres" sont-elles dénuées d'intérêt pour la santé publique? Le rapport de la Commission ne permet pas de le savoir. L'absence de précision doit-elle laisser supposer qu'aucune organisation sponsorisée par des firmes d'anti-cancéreux, financée par l'affairiste Michael Bloomberg ou encore dépendante des subventions et des désirs de la Commission Européenne n'a été labellisée 'santé publique'? hum... On peut être pris de doutes. En gardant le silence sur ce chapitre, alors qu'il a pris pour angle les liens d'intérêt, le rapport ne lève pas les zones obscures des intérêts sur le dossier.

Quitte à prendre le parti d'analyser les réponses selon des liens d'intérêts supputés, il aurait été intéressant que la Commission aille au bout de cette logique. Elle aurait pu analyser le schisme qui traverse le camp des 50 organisations qu'elle a qualifié de "santé publique" concernant les produits de réduction des risques. Elle note pourtant en conclusion que "les positions des parties prenantes de la santé publique sur ce sujet ne sont toujours pas uniforme". Mais les intérêts qui président à ces différentes positions restent dans l'ombre dans ce rapport qui semble surtout tenter de justifier ses a priori sur les participants. 

[Bref] La RTS effrayée à l'idée que la Juul puisse faire baisser le tabagisme en Suisse

Avant même qu'elle ne soit en vente en Suisse, la Juul est l'objet de l'attention de la radio nationale RTS. Un sujet sur la matinale d'hier la présente comme l'objet qui "fait fureur chez les jeunes américains". Rien de moins. C'est faux, mais c'est une super accroche marketing pour le lancement d'une mode chez les jeunes suisses. Pour donner l'impression de s'appuyer sur des faits, la RTS référence une tribune de Scott Gottlieb, le Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA), dans le Washington Post. 

Trumpetterie

Dans le style trumpien, il avance des chiffres non-publiés, invérifiables où le propos gonfle une grenouille à coup de pourcentages à défaut de faits tangibles. A une époque où les records de trumperies quotidiennes explosent, on aurait pu s'attendre à un peu plus de sérieux et de professionnalisme des journalistes de la RTS avant de reprendre pour argent comptant cette esbroufe. Mais sur le sujet, on a déjà pu le voir à plusieurs reprises, notamment lors de la publication du rapport scientifique du Royal College of Physicians, la RTS préfère les mensonges et la calomnie que d'informer.

En réalité, 1,6% des jeunes entre 15 et 34 ans déclarent utiliser une Juul au moins 10 fois dans le mois, selon les données de la dernière recherche de Truth Initiative, une organisation hostile au vapotage. Parler d'épidémie est risible avec un tel taux à une fréquence d'usage plus basse que celle prise en considération habituellement (20 fois par mois) pour le tabagisme. Selon cette recherche publiée dans la revue Tobacco Control, en tout 6% de cette classe d'âge dit avoir utiliser la Juul, mais dont près des trois quart ne l'utilisent pas fréquemment.

De manière plus globale, le vapotage a décimé le tabagisme des jeunes américains depuis son essor en 2011. Moins de 2% de lycéens vapotent régulièrement, pour les 9/10ème avec un passé tabagique. Environ 10% d'autres lycéens vapotent occasionnellement sans nicotine. Ce sont ceux qui en expérimentant le vapotage évitent d'expérimenter la cigarette. Les conséquences sont manifestes: le tabagisme des jeunes américains dégringole comme jamais auparavant. 

Chez les 18-24 ans, qui étaient adolescents durant l'essor du vapotage, ils ne sont plus que 10,4% à fumer. 5% sont ex-fumeur, pour une bonne partie en s'aidant du vapotage, et 13% ont vapoté momentanément dans leur vie et éviter de devenir fumeur. Si cette part d'adolescents avait essayé la cigarette à la place, ce qui 7 fois sur 10 fini par du tabagisme régulier à long terme, le taux de tabagisme serait à peu près similaire à ce qu'il était avant 2011 et la popularisation du vapotage.

En promotion cette semaine, la peur

Mais tout ceci n'intéresse pas la RTS. La peur est un meilleur produit médiatique. Et ce n'est pas totalement gratuit. L'élue 'verte libérale' Graziella Schaller en profite pour placer son slogan de marketing politique: "j'espère vraiment que ce [la vape] sera assimilé à des produits du tabac pour protéger les jeunes, qui actuellement peuvent avoir un accès extrêmement facile à ces produits". C'était également la demande des cigarettiers cet été lors de la table-ronde avec l'administration fédérale. Ce dernier épisode de la RTS a le mérite de lever l'ambiguïté sur les motivations de Graziella Schaller et dans quel camp elle se trouve. Livrer les vapoteurs et la vape aux cigarettiers pour programme.

Actuellement, 38% des jeunes romands de 18 à 24 ans fument, plus du quart des 15 à 18 ans suisses aussi. Mais selon la responsable politique, le problème est donc le vapotage, pas la situation tabagique que la politique actuelle a engendré. Du Orwell version 2018: "Fumer est nocif, donc empêchons les gens d'éviter de fumer avec le vapotage". 

La Juul en Suisse bientôt, mais laquelle ?

Concernant le monstre fantasmé que serait la Juul, un petit pod avec des recharges scellées, son arrivée sur le marché Suisse se précise depuis que la firme a déposé son nom au registre du commerce de Zoug cet été. Mais rien n'indique quelle version du produit sera commercialisée le cas échéant. Deux versions de la Juul existent en dosage de nicotine très différents, une américaine et une autre européenne. 

La Juul aux Etats-Unis contient 0,7 ml de liquide concentré à 50 mg/ml de sels de nicotine. Un bon équilibre entre tirage serré et dosage de nicotine en sels, qui a attiré une part conséquente de fumeurs américains. Le cabinet financier Citi estimait en avril que la Juul est la raison la plus probable à l'effondrement des ventes de cigarettes au 1er trimestre de cette année. D'où la réaction très agressive des défenseurs des cigarettiers contre la start-up qui menace leur profit.

Mais la Juul existe aussi désormais dans une version européenne de 1,2 ml à 17 mg/ml de sels de nicotine, commercialisée depuis peu dans certaines villes anglaises. Le produit dans cette version n'apporte rien de particulier qui ne soit déjà offert sur le marché. Laquelle des deux sera en Suisse, la chose n'est pas claire à ma connaissance... 


samedi 3 novembre 2018

[Bref] L'internationale des vapoteurs demande au Gouvernement italien de supprimer la surtaxe scélérate et le régime de monopole

Il faut en finir avec la situation absurde et délétère de la surtaxe anti-vape et du régime de monopole de l'Administration des Douanes et des Monopoles (ADM - ex-AAMS) en Italie. C'est en substance le message envoyé par INNCO, le réseau international des organisations de consommateurs de nicotine à risque réduit, au Premier ministre Conte et ses vices-Premiers ministres Salvini et Di Maio. Représentant 38 associations d'usagers, dont l'association des vapoteurs italiens ANPVU, INNCO demande "la supression de la taxe régressive sur le vapotage, le rétablissement des ventes en ligne et l'élimination du régime de l'ADM" dans la lettre également adressée au Ministre de l'économie Tria, la présidente de la Commision finance du Sénat Comaroli et les sous-Secrétaire au gouvernement Garavaglia et Castelli.

Le pire est pour les usagers et la santé publique

"Le régime de l'administration autonome des monopoles d'État limite la vente de vapotage aux buralistes, aux pharmacies et aux magasins agréés par la même administration, l'interdiction des ventes en ligne et transfrontalières, le niveau drastique de taxe sur les "consommables" imposée aux liquides et ses ingrédients et les normes floues ont décimé ce qui était autrefois le secteur à la plus forte croissance de l'Union Européenne (UE). Le résultat est une perte énorme pour l'économie italienne et le secteur italien du vapotage. Mais le pire préjudice est porté par les consommateurs de nicotine et la santé publique", explique la lettre d'INNCO publiée par le site italien spécialisé SigMagazine.

En 2014, le gouvernement d'alors avait créé une catégorie de "liquides d'inhalation contenant ou non de la nicotine", pour les taxer à hauteur de 4€ la fiole de 10 ml selon une règle d'équivalence ahurissante par rapport aux cigarettes de  tabac. "Le gouvernement italien précédent avait défendu cette politique en tant que réponse fiscale légitime nécessaire pour compenser la chute des revenus du tabac. La santé des ex-fumeurs qui sont passés à un produit nicotiné présentant un risque au moins inférieur de 95% était et continue d'être totalement ignorée", regrette l'organisation internationale.

Que deviennent les promesses de Matteo Salvini?

Bien que "la coalition au gouvernement se soit engagée à cet égard dans son "contrat" ​​de 57 pages. Et que l’honorable Matteo Salvini a promis personnellement à la filière et aux consommateurs de vapotage en janvier de supprimer la taxe", rien ne se trouve dans le budget du Gouvernement soumis ces derniers jours au Sénat. Au contraire, la hausse des taxes tabac envisagée se répercuterait automatiquement contre le vapotage en raison de la loi de 2014, accroissant l'inégalité de traitement en défaveur du produit à risque réduit sans tabac ni combustion.

Marché noir, discrimination et protection du tabagisme

Les conséquences de la situation actuelle pour les usagers sont pourtant manifestement néfastes. "Loin de "maintenir la qualité", les restrictions actuelles ont considérablement accru le potentiel de circulation d'ingrédients illégaux non testés de provenance inconnue: un risque potentiel pour la santé de l'utilisateur et une perte de revenus pour l'économie", témoigne la lettre du réseau d'usagers.

"L'interdiction des ventes intérieures en ligne a un impact direct sur les personnes vivant dans les zones rurales ayant peu ou pas d'accès aux magasins spécialisés. Le succès du vapotage en substitution du tabac dépend souvent de l'accès du consommateur à un large éventail de choix pour personnaliser à la fois le "vaporisateur" et le goût du liquide. Cela dépend aussi beaucoup de l'accès des nouveaux utilisateurs aux conseils et instructions personnalisées des spécialistes indépendants des produits de vapotage", dénonce INNCO. Le Gouvernement italien prendra t-il enfin en considération les demandes des usagers? 



[Bref] Les astuces pratiques pour passer au vapotage et arrêter de fumer des britanniques

"Staying switched". Les 'conseils pour les néo-vapoteurs de la part d'anciens' est le fruit d'une collaboration entre professionnels de santé et vapoteurs anglais. Le tract double-face (voir plus bas), publié par le Centre national de formation à l'abandon du tabagisme (NCSCT), est issu de l'expérience des usagers de la New Nicotine Alliance (NNA) ainsi que des études des chercheurs de l’Université d’East Anglia (IEA) et du Cancer Research UK (CRUK). "Rappelez-vous qu'en arrêtant de fumer, vous faites la meilleure chose possible pour votre santé. Vapoter n'est pas tricher. C'est une alternative beaucoup plus sûre que de fumer".

Nicotine & fun sans fumée

Le flyer couleur, qui sera distribué dans tout le Royaume-Uni, liste les conseils pour bien démarrer avec le vapotage et arrêter "pour de bon" de fumer:
  • Trouver le bon appareil
  • S'amuser à essayer des arômes de vape: "Ils aident à faire perdre le goût des cigarettes moins attrayant"
  • Face au manque, ne pas hésiter à utiliser un liquide plus concentré en nicotine
  • Ne pas s'inquiéter de vapoter fréquemment: "Les recherches montrent que les usagers auto-régulent leur niveau de nicotine sans devenir plus dépendant qu'en fumant"
  • Lors de sorties en soirée ou d'événements excitants, ne pas hésiter à utiliser un liquide plus dosé en nicotine pour éviter une envie de cigarette
  • Avoir un appareil de secours pour éviter de se retrouver en rade en cas de problème technique

Ne vous flagellez pas si vous trébuchez

Manquent peut-être le rappel de boire suffisamment d'eau pour éviter la sécheresse, et parfois un léger mal de tête, liée à la capture de l'humidité par le vapotage, ainsi que les plages de puissances correctes, entre 3,5 et 4,5 volts, pour éviter de surchauffer le liquide. Les conseils techniques sont laissés à l'initiation en magasin spécialisé.

Pour ceux qui trébuchent et fument quelques cigarettes, "ne vous flagellez pas". Les recherches montrent que cela ne se traduit pas systématiquement par une rechute. "Augmentez votre nicotine, essayez une nouvelle saveur ou offrez-vous un nouveau gadget", encouragent les auteurs.

Concernant la question d'arrêter le vapotage, "cela doit être votre décision - pas celle de quelqu'un d'autre". La fiche d'information de santé rappelle "qu'inhaler de la nicotine en vaporisant du e-liquide est beaucoup plus sûr que l'inhalation de fumée de tabac".

Qui va piano, va sano

Pour les vapoteurs voulant réduire leur consommation de nicotine, la devise "qui va piano, va sano" s'impose.  "Réduire trop rapidement votre taux de nicotine vous rend plus vulnérable aux envies de fumer". Au cas d'arrêt du vapotage, garder une vaporette de secours: "Il est préférable de recommencer de vapoter que de fumer".

Pour plus d'aide, le flyer invite à aller voir au magasin de vape spécialisé et de contacter le centre stop-tabac local. Enfin, "si vous n'êtes pas en mesure de vapoter, prenez en considération des alternatives nicotinées telles que les patchs, les gommes ou les sprays".


vendredi 2 novembre 2018

#MoisSansTabac: le vapotage et l'entraide combinés offriraient le double de chances de réussir que la moyenne générale

"En 2017, 380'000 fumeurs ont arrêté de fumer à l'occasion de la campagne Mois Sans Tabac, dont 20% durablement à 6 mois", annonce François Bourdillon, directeur de Santé Publique France (SPF), au Quotidien du Médecin. Durant le Mois Sans tabac 2017, l'association Sovape avait suivi le groupe d'entraide facebook des vapoteurs: 38% de participants déclaraient ne plus fumer après cinq mois. Cette enquête, indépendante et sans aide financière (voir en fin d'article), n'est probablement pas strictement similaire à celle de Santé Publique France. Mais en comparant de manière un peu cavalière ces deux résultats, l'écart est notable: les participants utilisant le vapotage et soutenus par des usagers expérimentés seraient le double à réussir que la moyenne générale du Mois Sans Tabac. 

Où sont les femmes ?

Autre fait notable, la participation féminine très élevée au groupe d'entraide, alors que Santé Publique France alerte ces jours sur le fort tabagisme des femmes. Près de 80% des participants sont des femmes, relève le rapport de Sovape (auquel j'ai contribué) publié fin mai. "Le caractère de groupe “fermé” pourrait être plus propice à l’engagement des femmes que les groupes ou forums ouverts", se demande Sovape, avant d'avancer une hypothèse plus spécifique à la démarche d’arrêt tabagique: "la difficulté pour les femmes de classe populaire de pouvoir consacrer temps, énergie et attention aux tentatives d’arrêts". Un aspect mis en relief dans les enquêtes de l’ethnologue anglaise France Thirlway, que nous avions interviewé.

52% de réussites supplémentaires pour les femmes anglaises depuis l'essor de la vape

"Les résultats de notre enquête suggèrent que le double soutien du vapotage et d’un groupe d’entraide pourraient constituer une opportunité particulièrement adaptée pour les femmes, souvent astreintes au double-emploi de leur travail salarié et du travail au foyer, avec la charge mentale afférente. Si nous n’avons pas trouvé d’études spécifiques sur la question en France, l’analyse des statistiques anglaises a montré l’augmentation importante (52% de réussites supplémentaires) du taux de réussite des sevrages tabagiques chez les femmes depuis l’essor du vapotage", souligne le rapport de l'association Sovape (p. 28).

Le point mérite attention a fortiori après la publication du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) sur l'évolution et les conséquences du tabagisme féminin en France. "Au début des années 1970, la prévalence du tabagisme féminin a augmenté. En 2017, elle se rapprochait de celle observée chez les hommes : 24% des femmes de 15 à 75 ans fumaient quotidiennement pour 30% des hommes", explique François Bourdillon, cette fois-ci en éditorial du BEH.

Augmentation du tabagisme des femmes de plus de 45 ans en France

Ce chiffre global du tabagisme féminin recouvre des évolutions contrastées selon les classes d’âges. Le tabagisme des femmes de 45 à 64 ans a augmenté de 21,5% en 2000 à 30,8% en 2017, selon les données de Santé Publique France. Cette hausse correspond "à l’arrivée dans ces tranches d’âge des femmes nées entre 1950 et 1960, premières générations parmi lesquelles le tabagisme s’est répandu dans les années 1970", détaille l'étude menée par Valérie Olié. Les maladies liées à la consommation tabagique ont pris l'ascenseur chez les femmes.

Et explosion du nombre de maladies liées

Elles sont 31% des 65'300 hospitalisés pour un infarctus du myocarde, avec un nombre de cas qui a augmenté de 50% entre 2002 et 2015. Le double de femmes sont hospitalisées pour une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) exacerbée en 2015 (plus de 29'000) qu'en 2002. Entre 2002 et 2012, le nombre de cancers du poumon chez les femmes a bondi de 72% pour dépasser 11'000 cas annuels. La dynamique est "inquiétante", alerte Santé Publique France. "Néanmoins, la diminution [du tabagisme] chez les femmes les plus jeunes (18-35 ans) constitue un signal positif. Si celle-ci perdurait, elle pourrait avoir un effet  bénéfique sur l’incidence de  l’infarctus du myocarde à relativement court terme et sur l’incidence du cancer du poumon et de la BPCO à long terme", souligne l'étude.

Il est à noter que Santé Publique France a accordé un soutien financier à Sovape pour organiser la formation des aidants du groupe facebook d'entraide Vape Info Service et le défraiement  du déplacement des bénévoles de l'association Aiduce sur les fanzones du Mois Sans Tabac 2018. Cependant, Tabac Info Service refuse de signaler l'existence au public concerné du groupe d'entraide sur facebook et lui interdit l'utilisation de la charte graphique du Mois Sans Tabac.



lundi 29 octobre 2018

[Bref] En Allemagne, les médecins demandent une formation sur l'arrêt tabagique à l'aide du vapotage

"Une formation spécifique des médecins sur les alternatives modernes telles que le vapotage est souhaitable". Le message délivré par le Dr Christoph Nielen et les Prs Martin Storck et Knut Kröger au Congrès de l'Association allemande d'angiologie (DGG) à Bonn le 20 octobre est clair. "Une nouvelle approche du sevrage tabagique chez les patients atteints de maladie vasculaire est nécessaire", titre le communiqué de presse de la DGG. Les médecins préconisent d'intégrer l'option d'une stratégie de réduction des risques face aux risques liés au tabagisme. 

"Une des principales mesures est la migration des patients à risque de la cigarette vers les vaporisateurs de nicotine modernes. Par exemple, le système de santé britannique les considère déjà comme une alternative au tabagisme", expliquent les trois spécialistes. En Allemagne, les fumeurs sont doublement laissés pour compte: les thérapies d'aide au sevrage ne sont pas remboursées et les alternatives à risque réduit, telles que la vape, ne sont pas recommandées par les organisations de santé. En somme, les autorités sanitaires allemandes exercent une injonction paradoxale aux fumeurs en leur disant d'arrêter mais sans leur donner la possibilité de le faire. 

Malgré ce frein, le vapotage est déjà l'outil le plus utilisé par les fumeurs allemands pour arrêter, dans 9,1% des tentatives selon le monitorage Debra. Bien moins que dans les pays où le vapotage a fait bondir la part d'arrêts réussis, comme l'Angleterre où la vape est employée dans près de 40% des tentatives. Après la présentation des trois experts, un débat a animé la quarantaine de médecins présents. Selon le journaliste Jan Timm, du Medical Data Institute, la discussion a mis en lumière que "les angiologues devraient à nouveau s'impliquer davantage dans l'abandon du tabac". D'où leur demande d'une formation spécifique sur l'arrêt tabagique et la réduction des risques à l'aide du vapotage.


dimanche 28 octobre 2018

Nouveau jeu #MoisSansTabac pour arrêter de fumer: découvre où se trouve le groupe facebook Vape Info Service !

Le groupe facebook Vape Info Service

Origami, jeu de la paille et design Castor & Pollux. Volontairement ou non, le ludique s'invite chaque année au Mois Sans Tabac français. Original, novembre 2018 se place sous le signe du jeu de piste. On sent déjà renaître le cœur d'adolescent des aspirants à se libérer de la clope. Leur première mission: découvrir où se trouve le groupe facebook d'entraide à l'arrêt du tabac VAPE INFO SERVICE. Le réseau compte plus de 2'000 inscrits, dont une équipe de modérateurs formés par le tabacologue Jacques Le Houezec. Le neuroscientifique s'est fait une spécialité d'instruire professionnels de santé et de vape à l'accompagnement au sevrage tabagique et spécifiquement l'art du bon usage de la nicotine. Une formation solide financée grâce à une subvention de Santé Publique France.

Le plagiat autorisé, l'information pas trop

Mais pour autant la quête des fumeurs espérant bénéficier de l'entraide de leurs pairs, des professionnels de santé soutenant le groupe et de l'équipe de vapoteurs expérimentés et formés sera moins simple qu'il n'y paraît. Les participants n'auront droit à aucune indication sur le site de Tabac Info Service à propos ni de l'emplacement ni même de l'existence du groupe. Pour corser l'affaire, Vape Info Service ne doit pas même se signaler avec la charte graphique du Mois Sans Tabac. Celle-la même qui a copié le logo de l'action Vapin'Liberty de 2013.

Alors comment les fumeurs espérant de l'aide peuvent-ils s'y retrouver ? Le bouche à oreille, quelques mots chuchotés au détour d'une rencontre fortuite, quelques flyers mauves déposés au coin d'un comptoir de vapeshop ou un post partagé sur les réseaux sociaux. Les indices seront à dénicher à la loupe. Pourtant le groupe Vape Info Service a déjà fait ses preuves. L'an passé, son ancêtre avait pris en charge plus de 4'000 fumeurs, dont la moitié ne fumaient plus à la fin novembre. Cinq mois plus tard ils étaient encore 38% a déclarer ne pas fumer au suivi organisé par l'association Sovape.

Des milliers de fumeurs libérés l'an passé, combien trouveront le chemin cette année ?

Le rapport de Sovape, auquel j'ai participé, insistait tout particulièrement sur la nécessité de "renforcer significativement la place du vapotage dans le Mois Sans Tabac". Une méthode embrassée par un tiers des participants selon François Bourdillon, directeur de Santé Publique France, qui avait été interrogé par France télévision. Six mois après, l'étrange jeu auquel se livrent les autorités françaises, donnant d'une main quelques billets pour former les cadres de l'opération et enlevant, de l'autre, la possibilité de faire connaitre son existence est déconcertant. Signe que le #MoisSansTabac n'est pas le #MoisSansKafka.




Belgique: le Conseil d'Etat rejette le recours des vapoteurs contre l'Arrêté Royal

L'Union Belge pour la Vape (UBV-BDB) a reçu hier l'arrêt du Conseil d'Etat rejetant son recours contre l'arrêté royal du 17 janvier 2017 sur le vapotage. Si le Conseil d'Etat a reconnu l'intérêt des vapoteurs a déposer recours, il n'a pas retenu les griefs des usagers à l'encontre de la loi. Le premier contestait la validité de l'assimilation du vapotage aux produits du tabac. Pour le Conseil d'Etat, l'arrêté royal légifère le vapotage non pas comme tabac mais comme "produit similaire". L'avocat des vapoteurs avait anticipé la réponse en faisant valoir un problème d'égalité de traitement et de discrimination d'un produit très différent du tabac. Le Conseil d'Etat estime que cette question devrait être tranchée par la Cour Constitutionnelle, mais il n'a pas jugé opportun de la saisir (sic!). 

Similaire mais pas identique

"Dans un raisonnement, que l’on peut regretter voire critiquer, le Conseil d’Etat juge, alors qu’en principe il a peu de marge pour se dispenser d’une telle demande, qu’il n’a pas à poser de question préjudicielle à la Cour Constitutionnelle au motif que nous n’exposerions pas en quoi le fait de donner une habilitation au Roi pour réglementer la fabrication et la mise dans le commerce de cigarettes électroniques impliquerait que celle-ci soit soumise à un régime identique à celui du tabac", explique Me Michel Kaiser à ses clients vapoteurs.

Pas de tort démontré

Le second grief des vapoteurs concernait les effets au détriment des consommateurs des entraves au commerce du vapotage, notamment l'interdiction de vente en ligne. Le Conseil d'Etat juge que les recourants n'ont pas apporté d'éléments factuels suffisants pour le démontrer. "Il est vrai que, dans les premiers mois d’application de cette nouvelle réglementation, il était fort difficile d’avoir du recul et de faire la preuve d’un tel élément", reconnait l'avocat. Pourtant l'actualité rattrape ce jugement.

Interdiction de commander au Petit Vapoteur

En effet, à peine le verdict rendu le 12 octobre dernier que la justice a mis en délibéré une plainte contre le magasin en ligne français Le Petit Vapoteur. La chaîne de magasins Alter Smoke lui reprochait ses ventes transfrontalières. "Un jugement du tribunal de commerce vient de nous condamner à ne plus envoyer de commandes aux vapoteurs résidant sur le territoire belge", annonce un communiqué du Petit Vapoteur vendredi dernier.


mardi 16 octobre 2018

[Bref] En Allemagne, la désinformation sur la vape maintient-elle les plus défavorisés dans le tabagisme?

Moins de 2% de la population des plus de 15 ans utilisent le vapotage régulièrement en Allemagne, selon le monitorage Allemand Debra mené entre juin 2016 et novembre 2017. Parmi le panel interrogé, seul le quart des vapoteurs ne fumaient pas. "En Allemagne, le vapotage est principalement consommé en "double-usage" avec une consommation de tabac", concluent les chercheurs Daniel Kotz et Sabrina Kastaun dans Bundesgesundheitsblatt. Mais cette tendance générale est très contrastée en fonction des classes sociales. 84,5% des vapoteurs avec un revenu inférieur à 2'000€ mensuels fument encore, tandis que les utilisateurs de vapotage gagnant plus de 5'000€ par mois sont 50% à ne pas fumer. 

La perception du risque est corrélée à la probabilité d'utiliser la vape pour arrêter de fumer

Plusieurs hypothèses se disputent l'explication du phénomène. L'une d'elle est nourrit par une autre étude publiée également la semaine dernière dans le Bundesgesundheitsblatt. Une équipe de l'Institut für Therapieforschung de Munich a analysé l'enquête sur l'usage de substance (ESA) menée auprès de  9'204 personnes en 2015. "Seulement un tiers de la population sait que le vapotage est moins nocif que les cigarettes conventionnelles. La perception du risque est corrélée à l'usage du vapotage pour arrêter de fumer", soulignent les chercheurs menés par la Dr Josefine Atzendorf. 

L'étude confirme en chiffre que la probabilité d'utiliser le vapotage pour cesser de fumer est plus élevée chez les personnes qui savent le vapotage moins nocif que les cigarettes. Mais les personnes avec un niveau scolaire moins élevé sont une nette majorité à ne pas savoir le vapotage moins nocif que le tabac. Encore plus inquiétant, les fumeurs eux-mêmes sont plus nombreux à penser le vapotage plus ou aussi risqué que de continuer de fumer (voir tableau plus bas).

La responsabilité des désinformateurs

Ces données posent la question de la responsabilité des acteurs sanitaires et des médias dans la diffusion d'une culture du doute bénéficiant au maintien du tabagisme. Le remplacement de Martina Pötschke-Langer, après des années de fausses déclarations, par la Dr Ute Mons à la tête de l'influent Centre allemand de recherche sur le cancer (DKFZ) en 2017 était une première nouvelle appréciable. Mais le climat médiatique reste délétère contre la vape en Allemagne. Les chercheurs Heino Stöver et Dietmar Jazbinsek ont disséqué ce printemps dans Zeit les enjeux qui poussent les lobbys a organisé la désinformation. Même si le marché progresse sensiblement, l'impact du vapotage contre le tabagisme reste nettement en deçà de son potentiel, notamment dans les classes populaires.


samedi 13 octobre 2018

Helvetic Vape, cinq ans de lutte et des succès (1): la bataille pour la libération des liquides nicotinés

Bien que la nicotine améliore sensiblement la mémoire, au moins à court terme, le monde de la vape subi aussi ses oublis sous la patine du temps. Pour raviver les couleurs des actions de l'association des vapoteurs en Suisse, nous allons retracer en quelques articles les grands traits de ses cinq ans d'histoire. Helvetic Vape est née en novembre 2013, inspirée de l'exemple d'Aiduce créée quelques mois plus tôt de l'autre côté du Jura. Même objectif de défense des intérêts des usagers des produits de vape, mais dans une situation résolument différente. 

Notamment parce qu'en Suisse, l'administration avait décrété dés 2009 la prohibition de vente des liquides nicotinés. Premier objectif désigné d'évidence pour l'association des vapoteurs: faire tomber cette interdiction. Voici comment Helvetic Vape a gagné la bataille des liquides nicotinés après plus de quatre ans de péripéties.

La libération des liquides nicotinés en Suisse en quelques dates-clefs:
  • 2009: l'administration (OFSP) publie une simple lettre (n°146) interdisant la vente de vape nicotinée en Suisse et limite son importation à titre personnel (révisée en 2010)
  • 8 novembre 2013: fondation de l'association Helvetic Vape
  • 2014: la prohibition règne sans discussion possible en Suisse
  • 24 avril 2015: Helvetic Vape publie un avis de droit du cabinet d'avocats BRS
  • 30 mai 2015: Helvetic Vape distribue des liquides nicotinés à Berne lors de la Vape Mob'. Durant l'été, Insmoke suit son exemple et met en vente des liquides nicotinés
  • 12 novembre 2015: l'administration (OSAV) est forcée de publier une décision administrative concernant son interdiction de vente de liquides nicotinés
  • Décembre 2015: trois recours sont déposés devant le Tribunal administratif fédéral. Celui d'Helvetic Vape est rejeté en raison de son statut d'association de consommateurs
  • 24 avril 2018: le Tribunal administratif fédéral abroge la prohibition en révoquant la décision administrative, jugée gravement défectueuse

Boardwalk empire sur Léman

Début 2014, la vape se popularise aussi en Suisse. Mais la presse raconte alors comment les vapoteurs doivent recourir au marché noir et aux astuces pour passer des liquides nicotinés aux douanes. "Certains en vendent sous le manteau, d’autres font des achats groupés. Dans mon cas, j’avais passé une commande qui faisait 180 ml. Je m’étais trompé, c’est vrai, et la douane a détruit mon paquet", explique Alain Vaucher, premier président d'Helvetic Vape, au journal le Matin en février 2014

Le quotidien vaudois promet que la prohibition va durer encore longtemps. "La législation ne va pas changer de sitôt. Le Conseil fédéral a promis une nouvelle loi sur les produits du tabac, qui sera mise en consultation cet été. Mais déjà, la très influente Commission fédérale pour la prévention du tabagisme veut maintenir l’interdiction de la vente de nicotine en Suisse pour les cigarettes électroniques", assure le même article du Matin en 2014. 

Lutter pour une réduction des risques sans entrave

A Helvetic Vape, on ne l'entend pas de cette oreille. "Je veux me battre pour faciliter au maximum l’accès à la vape. Pour que vaper soit plus facile que fumer. Pour que cela soit diffusé au maximum, sans entraves, sans taxes. Pour que la vape soit reconnue comme une chance formidable d’arrêter l’hécatombe", annonce Alain Vaucher en guise de programme pour l'association. Le premier obstacle à l'accès à l'outil de réduction des risques en Suisse est d'évidence la prohibition. 

De premières tentatives conciliantes de l'association tentent de nouer le dialogue avec les autorités et des organisations du domaine. Réponses paternalistes et condescendantes de la part des autorités sanitaires fédérales. Tandis que des organisations "de santé" se montrent à la limite de l'insulte en refusant de s'abaisser à discuter avec des junkies à la nicotine (sic!). 

L'absence de loi, c'est pas la loi

Du côté des professionnels de la vape, on se montre persuadés des affirmations des journalistes: rien ne peut changer, la loi c'est la loi. Mais les militants de Helvetic Vape ont beau tourner et retourner dans tous les sens les textes de loi, ils ne trouvent pas trace d'une base à cette prohibition décrétée depuis 2009 par une simple lettre n°146 sans valeur juridique de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). 

Pour en avoir le cœur net, l'association mandate le cabinet d'avocat genevois BRS pour un avis de droit sur le sujet. Le détail de l'avis juridique de Maître Jacques Roulet est évidemment complexe, mais la conclusion en est assez simple: cette prohibition n'a pas de base légale. Armée de cet avis de droit, qu'elle a financé seule, et de centaines de fioles de liquide nicotiné confectionnées pour l'occasion, Helvetic Vape provoque les autorités en place publique à Berne en distribuant ouvertement ces fioles lors de la Vape Mob' le 30 mai 2015. 

Des liquides nicotinés à la Vape Mob' 2015

"Selon cet avis de droit, les liquides à vaper contenant de la nicotine peuvent donc être librement importés et distribués en Suisse contrairement à ce que prétend l’OFSP depuis des années. C’est pourquoi Helvetic Vape a décidé de mettre ouvertement en vente, le 30 mai 2015, le premier liquide suisse contenant de la nicotine", déclare Olivier Théraulaz, second président d'Helvetic Vape, sur la Kornhausplatz. La presse en parle, mais les autorités font semblant de rien. L'association n'ayant évidemment pas vocation a devenir une entreprise de vente de liquides de vapotage, le coup semble un one-shot sans lendemain. 

C'est là où il faut saluer l'intelligence et le courage de Stefan Meile, président de la Swiss Vape Trade Association (SVTA) et patron d'InSmoke. Il comprend l'argumentation de l'association des usagers et va s'engouffrer dans la brèche. Il met ouvertement en vente sur son site des liquides nicotinés, forçant ainsi les autorités à réagir. Le chimiste cantonal procède à une vérification et demande une décision en bonne et due forme à l'administration.

Quand il y a une décision administrative, on peut faire recours

L'Office de la sécurité alimentaire et vétérinaire (OSAV) est forcé de publier une décision administrative le 12 novembre 2015. Ouvrant ainsi la possibilité de recourir, dans le délai d'un mois après sa publication. Trois recours sont déposés. Deux par des professionnels, Stefan Meile évidemment et aussi Daniel Rico, de l'entreprise Zodiak. Helvetic Vape en dépose un également

Celui-ci est rejeté par le Tribunal administratif fédéral pour absence d'intérêt digne, tout en précisant l'avoir lu avec attention. Autrement dit, les usagers ne subissant pas d'interdiction de consommer, seuls les vendeurs ont un intérêt à défendre. J'avais trouvé cela contestable, mais l'association a préféré ne pas se lancer dans une bataille juridique coûteuse à l'issue incertaine.

Avril 2018: le Tribunal administratif fédéral abroge la prohibition

Deux ans et demi après le dépôt de ces recours, le Tribunal administratif fédéral (TAF) rend son jugement C-76347/2015 le 24 avril 2018. Il abroge la prohibition de vente des liquides nicotinés, jugée être une "erreur grave" de l'administration. Le TAF n'a pas tenu compte de la défense des deux recourants professionnels, qui s'appuyaient sur le principe du Cassis de Dijon pour demander la légalisation des liquides nicotinés. La raison de l'abrogation de la prohibition est un vice de forme dans la définition du terme de "cigarette-électronique" donnée par l'administration. 

C'est exactement l'argument principal que donnait Helvetic Vape lors de sa conférence de presse du 30 mai 2015. "L’OFSP se fourvoie en considérant que les vaporisateurs personnels et les liquides à vaper constituent une « unité fonctionnelle ». Sur la base de cette considération erronée, cette administration outrepasse ses compétences en créant des règles de droit primaires qui, d’une part interdisent l’importation à titre professionnel et la vente des liquides contenant de la nicotine et, d’autre part limitent les droits des consommateurs à importer ces liquides à titre personnel", détaillait alors Olivier Théraulaz. Trois ans plus tard, le verdict du TAF confirme ce que clamait l'association des usagers.

Un succès pour le droit à la réduction des risques contre le système tabagique

Helvetic Vape n'a pas seulement été initiatrice et moteur de la lutte contre la prohibition des liquides nicotinés en Suisse, elle a également porté l'argument décisif pour son abrogation. Il est regrettable que les autorités se soient montrées incapables d'entendre, de tenir compte et d'avoir simplement l'humanité de prendre en considération la demande de l'association des usagers avant d'être poussées à respecter la loi par le Tribunal administratif fédéral. Mais Helvetic Vape a démontré que la résignation n'est pas la seule option possible face au système tabagique, même en Suisse.


vendredi 12 octobre 2018

En Italie, la majorité essaie t-elle de trahir sa promesse d'abolir la taxe anti-vape ?

"En lisant le premier projet de décret fiscal, nous ne pouvons manquer de constater, avec un regret extrême, l’absence de toute référence à la modification de la taxe actuelle sur les vaporisateurs personnels". Les mots de Carmine Canino, le président de l'Association des vapoteurs en Italie (ANPVU), sentent la colère contenue. Cet été, Matteo Salvini a promis l'abolition de la surtaxe de 4 € par fiole de 10 ml et du régime de distribution par l'Agence des Douanes et des Monopoles (AAMS). Mais aucune trace de réforme ne se trouve dans le texte du Gouvernement déposé au Sénat et sensé la contenir, comme l'a révélé hier le site SigMagazine. Pourtant, un moratoire sur le versement des taxes jusqu'au 19 décembre a été décrété fin septembre, laissant présager de l'arrivée rapide de cette réforme promise. 

Annonce d'une simple baisse de la surtaxe

Mais peut-être que les membres de la majorité ne sont pas tous sur la même longueur d'onde à ce sujet ? La sénatrice Silvana Comaroli annonçait la semaine dernière non plus l'abolition mais une simple baisse de la surtaxe anti-vape. Baisse substantielle tout de même, puisqu'elle réduirait celle-ci de dix fois. "Dans la loi de finances, nous allons changer la taxation du vapotage. L’hypothèse est de le maintenir entre 5 et 10% du montant de la taxe sur le tabac. Ce sera probablement 5%", explique l'élue de la Lega sur la radio Città Aperta. Réaction immédiate de la Coalition des entrepreneurs italiens de vapotage (COIV).
" La promesse était l'abolition de la taxe et la fin du joug de l'AAMS ", Dario Colaianni
"La promesse était l'abolition de la surtaxe et la fin du joug de l'AAMS", rappelle Dario Colaianni, président de la COIV, avant de griffer la sénatrice Comaroli: "Elle déclare pour la première fois que le vapotage est nettement moins nocif que la cigarette, mais elle se contredit dans la foulée pour défendre son asservissement à une surtaxe". D'autres voix du monde du vapotage se sont montrées plus conciliante à l'annonce de la sénatrice. L'assouplissement du taux de surtaxe leur apparaît comme un "moindre mal"

Plus de 12 millions de fumeurs en Italie

Reste que le maintien du principe de taxe punitive et du régime de l'AAMS entravent de facto l'accès au vapotage à de nombreux fumeurs et vapoteurs. L'interdiction de vente sur internet prive d'accès aux produits de vape les personnes hors des centres urbains. Le maintien d'une surtaxe même réduite reste un principe de punition contre les personnes qui évitent de fumer avec le vapotage. Difficile à justifier éthiquement et surtout une publicité négative pour les fumeurs s'interrogeant sur l'arrêt des cigarettes à l'aide du vapotage. 

Tractations en coulisses?

Depuis l'introduction de la surtaxe, le nombre de fumeurs en Italie est reparti à la hausse, dépassant les 12 millions cette année. Tandis que le nombre de vapoteurs s'est écroulé, illustrant le principe de vases communicants. Face à ce désastre économique et sanitaire, une réforme de la réglementation du vapotage est urgente. L'absence de celle-ci dans le texte du décret fiscal est peut-être le signe de tractations en coulisses. Un atermoiement des élus qui réside peut-être dans ce hiatus entre la promesse de libérer la vape de Matteo Salvini, et la volonté de certains élus, comme la sénatrice Comaroli, de la maintenir de manière adoucie dans le carcan tabagique.  


vendredi 28 septembre 2018

[Bref] Italie: moratoire du paiement des taxes anti-vape jusqu'au 18 décembre

Le paiement des surtaxes anti-vape par les dépositaires fiscaux est suspendu jusqu'au 18 décembre en Italie. Le Sénat a approuvé le décret 'milleproroghe' contenant cette clause de suspension ce 20 septembre. Dans une interview au site SigMagazine début août, Matteo Salvini, vice-président du gouvernement, avait promis une suspension du paiement des taxes en attendant une réforme de la loi. Le premier pas est fait et le décret a été publié au journal officiel le 24 septembre, explique le site spécialisé SigMagazine. Les entreprises indépendantes de vape, au bord de l’asphyxie économique, avaient lancé des appels à l'aide cet été pour lever cette taxe étouffante. Le vapotage italien espère à présent la deuxième partie de la promesse du Gouvernement et une réforme structurelle du secteur avant le 18 décembre. 

Si rien ne se passait d'ici là, les entreprises de vape devraient payer la taxe sur leurs ventes dans cette période en un seul versement fin décembre. Du côté des usagers, l'association ANPVU salue cette suspension et le geste commercial, plein de confiance, des professionnels qui ont immédiatement réduit leurs prix de vente. Suite à l'introduction de la surtaxe du vapotage en Italie, le nombre de fumeurs y a augmenté de près d'un million concomitamment à une baisse similaire du nombre de vapoteurs depuis 2016.




jeudi 27 septembre 2018

Faut-il couper le financement de l'OMS pour sauver la réduction des risques ? La presse anglaise ouvre le débat avant la #COP8FCTC

Une situation paradoxale. Le Royaume-Uni est le pays le plus engagé pour soutenir le vapotage comme alternative à risque réduit contre le tabagisme. Avec un grand succès. Mais c'est également le pays qui finance le plus le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), devenu le fer de lance de la guerre au vapotage dans le monde. Avant même de tenir son 8ème sommet à Genève à partir du 1er octobre, ce secrétariat a publié un rapport encourageant les interdictions et restrictions contre le moyen de réduction des risques. La presse anglaise se fait l'écho de cette situation étrange. "Les contribuables britanniques ne devraient plus subventionner les lois anti-vapoteurs", titre le Daily Express du mardi 18 septembre.

Retirer le financement à l'OMS tant qu'elle soutient la répression du vapotage?

Dans ses colonnes, Christopher Snowdon, de l'Institute of Economic Affairs, exprime l'exaspération des britanniques qui "paient un saladier pour soutenir cette organisation prohibitionniste". "La position effrayante de l'OMS sur le vapotage est en contradiction avec celle du gouvernement britannique qui est fondée sur des preuves scientifiques. À moins que l'OMS ne retire son soutien à l'interdiction du vapotage, le gouvernement devrait lui retirer son financement", explique l'auteur du Nanny State Index spécial nicotine.

L'OMS revendique la Corée du Nord et la Thaïlande comme modèles

Totalement à l'opposé de la politique britannique d'intégration de la de réduction des risques, le secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS mène une campagne féroce contre le vapotage. Sa cadre indienne Jagdish Kaur prône même en Asie de prendre modèle sur la junte militaire thaïlandaise, qui arrête et emprisonne régulièrement des vapoteurs, et la Corée du Nord, dont on ne sait pas si les menaces de déportation des déviants qui vapoteraient sont ou non effectives. Deux pays où le tabagisme est roi et la respect des droits humains absent. L'Inde, autre grande nation du tabac avec le Brésil, vient de rejoindre le cercle des pays prohibitionnistes.

Porte-battante au secrétariat anti-tabac de l'OMS

Ce sabotage du droit des population d'accéder aux moyens de réduction des risques contre le tabagisme se fait grâce à l'argent britannique. En plus du financement de 164 millions $ annuel régulier à l'OMS, seconde contribution derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni a accordé un financement supplémentaire spécifique au secrétariat anti-tabac (FCTC) de 3,7 millions $ par an de 2016 à 2021. Andrew Black, le responsable qui a décidé de cette enveloppe, a depuis obtenu un poste de cadre à ce même secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Heureuse coïncidence de carrière bien rémunérée pour Andrew Black", ironise Christopher Snowdon dans un billet sur son blog.


Le budget du secrétariat anti-tabac (FCTC) approche 6 millions $ dans les années sans sommet. En 2016, celui tenu à New Delhi avait poussé les dépenses à près de 11 millions de $. Soit 5 millions $ de plus pour la semaine de réunion dans le palais des congrès de Noida et les frais des délégués. Le sommet genevois de la semaine prochaine devrait faire exploser la facture. 

Le risque de précipiter l'OMS dans les bras de Bloomberg

Faut-il couper les fonds à cette organisation en dérive autoritaire pour que la réduction des risques soit prise en considération? La proposition de Christopher Snowdon pourrait avoir un effet pervers. Celui d'augmenter encore plus la prise de contrôle de l'OMS par l'affairiste milliardaire Michael Bloomberg. Celui-ci a déjà largement annexé les activités de l'organisme à son profit sous couvert de "philanthropie". 


mercredi 26 septembre 2018

Consultation européenne: 89% estiment que la vape n'est pas un produit du tabac et ne doit pas être surtaxée comme tel

La Commission Européenne a reçu 11'410 réponses cet été à sa consultation publique sur les taxes tabac, où elle propose d'inclure les produits de vapotage. Selon son analyse statistique, la réponse est claire: 88,9% des répondants estiment que la vape n'est pas un produit de tabac et n'a donc pas à être soumise à une surtaxation comme tel. L'analyse qualitative des contributions reste à faire, alors que celles autorisées par leurs auteurs à être partagées en public sont publiées au fur et à mesure sur le site européen. La précédente consultation en 2016 sur l'idée de surtaxe contre la vape avait déjà indiqué que près de 90% des 7'686 répondants s'opposaient à une telle mesure. Malgré cela, la Commission des taxes avait estimé ne pas avoir assez de données pour se déterminer.

Pour 89% des répondants, la vape n'a rien à faire dans la catégorie des produits du tabac

Cette fois, 54,1% des participants contredisent cette opinion de la Commission et évaluent suffisantes les données sur le vapotage pour décider. Alors que la participation a sensiblement augmenté malgré l'été, la Commission suivra t-elle cet écrasant plébiscite en faveur d'une libération de la vape de la catégorie des produits du tabac et de toute surtaxe punitive en conséquence? Lors de la précédente consultation, la Commission avait mis dix mois pour rendre un avis repoussant une prise de décision à 2019. 

Depuis, le virus de la taxe s'est répandu sur le continent avec pas moins de 14 pays ayant introduit ou décidé d'introduire une surtaxe sur le vapotage. Cependant, l'Italie, pays pionnier en Europe en surtaxation du vapotage, subi depuis une hausse du tabagisme concomitante à la chute du nombre de vapoteurs. Le Gouvernement italien a promis son abolition. Une analyse de ce cas d'école laisse peu de doute à ce qui constituerait une décision rationnelle pour la santé publique et en phase avec la tendance massive exprimée dans cette consultation.

Près de 91% savent que la vape réduit les risques

La nouvelle consultation européenne confirme que 90,9% des répondants savent que le vapotage est un produit de réduction des risques par rapport aux cigarettes et 89,5% le considèrent comme une aide possible à l'arrêt tabagique. 81,5% rejettent l'idée d'égaliser les taxations entre cigarettes et vape, pour éviter une "concurrence déloyale" selon l'expression de la Commission. 

68,6% veulent limiter les taxes sur la vape à la TVA de chaque pays, tandis que 5% sont d'avis de la surtaxer à moins de 10%. Cette option de surtaxe a été étrangement défendue par des faiseurs d'opinion dans le milieu de la vape, notamment allemande, sur la base d'une argumentation un peu surréaliste, démontée par Guillaume Bailly sur le Vaping Post.

Quand est-ce que le tabac est chauffé ou fumé?

En contraste, la même question sur le tabac chauffé ne recueille que 22,1% en faveur de la seule TVA tandis que 15% se disent pour le surtaxer de 30% à 49% du prix de vente. Mais l'absence de définition claire dans la législation européenne pour distinguer entre cigarettes fumées et tabac chauffé rend absconses les questions sur cette catégorie de produit. Ce qui a pu amener près de 38% des participants à ne pas savoir ou vouloir se prononcer. Dans l'ensemble, le large consensus sur le vapotage ne se retrouve pas à propos des cigarettes "heat-not-burn".

Sur la plupart des questions spécifiques aux produits du tabac "classiques", environ un tiers des participants ont indiqué ne pas vouloir fournir de réponse. Cette part importante "d'abstention" peut s'expliquer par l'impossibilité de se déterminer sur ces questions et leurs conséquences hors d'une stratégie claire, notamment sur la place de la réduction des risques. Elle s'accompagne d'une part variable mais parfois assez importante de réponses déclarant "ne pas savoir".

Forte participation allemande

Près de 98% des répondants n'ont pas indiqué utiliser un produit de tabac ni de vapotage. Les 4'883 résidents en Allemagne représentent 42,8% des réponses, loin devant les 1'576 habitants en Espagne (13,8%) et les 1'107 de France (9,7%). Une pétition en ligne lancée par 16 associations européennes d'usagers a recueilli près de 50'000 signatures, dont 22'000 de France, contre les surtaxes sur la vape. 

Des problèmes pour atteindre la consultation européenne avaient été signalés à plusieurs reprises par des signataires. Ces blocages avaient fait craindre une nouvelle opération de spams du lobby anti-vape, telle que celle déclenchée en juin par des bots contre la consultation de la FDA américaine sur les arômes pour le vapotage. Les résultats statistiques de la consultation européenne écartent cette raison à l'inaccessibilité du serveur de la Commission par périodes cet été.

Copie du pdf de l'analyse statistique de la consultation 2018 par Commission Européenne (la plupart des questions ciblées sur le vapotage à partir de la p. 26):