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mercredi 19 février 2020

Avertissement: Saisies des produits de vapotage aux aéroports en Inde

Attention si vous voyagez en Inde. Les services de sécurité des aéroports saisissent les produits de vapotage. Harsh Vardan, le ministre de la Santé de l'Inde, avait promis au Parlement que la prohibition du vapotage ne prendrait pas les usagers pour cibles. Les promesses en politiques n'engagent que ceux qui les croient. Les deux chambres parlementaires ont cru le ministre et ont validé l'interdiction de la production, l'import-export, la vente et la distribution, ainsi que la publicité des produits de vapotage en décembre. Cependant, depuis le 10 janvier, les services de sécurité des aéroports saisissent les produits de vapotage des voyageurs qu'ils découvrent lors des contrôles.

[add 20-02-2020] Si vous faites partie des victimes de confiscations abusives aux aéroports indiens, merci de prendre 2 minutes pour remplir le formulaire de l'Association of Vapers India (AVI) sur le sujet https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSesFNB1eo_nIYSPcsFYrZGbxhXqmlwPoamulGXiPrURb1johw/viewform [/]

Saisies aux aéroports

"Le Bureau de sécurité de l'aviation civile (BCAS) n'a pas compris la nouvelle loi. Le ministre de la Santé, le Dr Harsh Vardhan, dans son discours à Lok Sabha [le parlement], a déclaré très clairement que l'utilisation personnelle est exclue de son champ d'application, car cela criminaliserait les utilisateurs et violerait les libertés personnelles. Mais le régulateur de l'aviation va à l'encontre de l'assurance publique du ministre. Nous exhortons le ministre de la Santé à intervenir dans cette affaire afin que les gens ne soient pas harcelés", explique Samrat Chowdhery, président de l'Association of Vapers India (AVI) dans un communiqué de presse de l'association des usagers.

Bientôt dans les rues?

Pour le moment, les témoignages ne concernent que des saisies dans les aéroports. Mais la répression pourrait s'intensifier. Le Millenium Post, journal local, annonce aujourd'hui un durcissement y compris dans les espaces publics. Les agents de police de New Delhi notamment ont reçu des consignes en ce sens.

Touristes dépouillés par les forces de sécurité

Dans les aéroports, de nombreux touristes ont été victimes des saisies abusives, y compris parfois en embarquant pour le vol retour. "Le gouvernement indien a adopté une loi interdisant le vapotage, mais pas la consommation personnelle. Le ministère indien de l'aviation civile a mal interprété la loi et il fait saisir et détruire la propriété de visiteurs britanniques sans méfiance", explique l'association britannique d'usagers New Nicotine Alliance (NNA) dans un communiqué de presse aujourd'hui

"La NNA a demandé au Foreign and Commonwealth Office de mettre à jour les conseils aux voyageurs". Plus d'un million de Britanniques voyagent chaque année en Inde, dont près de 50'000 vapoteurs selon l'estimation de la NNA. Mais les Britanniques ne sont pas les seuls touchés. Nous avons connaissance d'un touriste français qui s'est fait dépouiller de son matériel de vapotage à l'embarquement de son vol de retour. 

Un million de morts annuels pour Indian Tobacco

La prohibition touche évidemment aussi la population locale. Elle subit l'interdiction d'accès aux moyens de réduction des risques face au tabagisme. Plus de 120 millions d'Indiens consomment du tabac et près d'un million meurt des maladies liées chaque année. L'Inde est le second producteur de tabac au monde. Le Gouvernement détient directement une part du capital des deux principaux cigarettiers du pays, vendant près de 85% des cigarettes en Inde.


mercredi 5 février 2020

Vape: la direction de l'OMS pousse pour la défense du tabac indien et l'agenda électoral de Bloomberg contre la science

Affligeant briefing d'information sur le vapotage hier à la 146e session du Conseil exécutif (EB146) de l'OMS à Genève. Mis à l'agenda par l'Irak, autrement dit par un lobby qui a fait pression sur cette nation convalescente dont le vapotage n'est pas une priorité, le sujet a été introduit par le Dr Tedros, directeur général de l'OMS lui-même. Même si la session n'avait qu'un statut informatif et non décisionnaire, l'orientation voulue par la direction de l'OMS ne laisse pas place au doute. Tedros a repris à son compte les éléments de langage du milliardaire candidat à la Maison Blanche Michael Bloomberg. Le vapotage est toxique et constitue une menace pour les jeunes. "Nous en savons suffisamment pour devoir protéger nos enfants de leurs effets nocifs", résume le Dr Tedros comme ligne politique pour l'OMS. Sans discuter ni de réduction des risques face au tabagisme, ni des travaux scientifiques des organismes indépendants, notamment britanniques.

Ranti Fayokun, l'experte en photomontage

Pour appuyer la ligne anti-vape choisie, le briefing d'information a convoqué Ranti Fayokun comme experte scientifique. Pendant une demi-heure, elle a multiplié les affirmations erronées sur le vapotage, dans un exposé déniant tous les éléments scientifiques sérieux. Après avoir confondu particules fines solides et gouttelettes liquides, elle a assuré que le vapotage dégage plus de formaldéhyde que les cigarettes, sans expliquer que cela est dans des conditions irréalistes qui en rendraient l'usage impossible. Reprenant les études bidonnées comptabilisant les personnes ayant fait des crises cardiaques ou AVC avant de vapoter, elle a affirmé que le vapotage augmente les crises cardiaques, les AVC et "peut aller jusqu'au décès" (!). En illustration pour les délégués, mais non visible sur la diffusion publique de l'OMS, de cette affirmation infondée un montage photo digne du Sun.

Dans une explication passablement obscure, la cadre de l'OMS juge inquiétant que des appareils sont réglables. Je cherche encore la justification sanitaire à cette inquiétude et je n'arrive pas à diagnostiquer autre chose qu'une allergie à la liberté chez l'experte de l'OMS. Cette fois, Ranti Fayokun n'a pas affirmé, comme elle l'avait fait au Sénat des Philippines l'existence de produit de vape pour bébés sur la base de montages photographiques. Mais selon elle, les arômes des liquides sont avant tout destinés à attirer "les enfants". Elle a distribué aux délégués des fioles de 50 mL de liquides de vape achetées à Genève, sans préciser que dans ce format, ils sont forcément vendus sans nicotine.

Dénialisme scientifique

Concernant les personnes qui arrêtent de fumer avec le vapotage, "quel est le préjudice pour ces personnes [ex-fumeurs] d'utiliser le vapotage? (...) Que dira t-on à la famille de leur fils ou fille décédé de l'EVALI?", se demande Ranti Fayokun, alors qu'elle sait que ces pneumopathies sont liées aux produits frelatés à la vitamine E du marché noir du THC. Multipliant les sauts logiques dans sa présentation, elle revient quelques minutes plus tard sur le sujet de l'arrêt tabagique pour affirmer qu'il n'y a pas de preuve que le vapotage aide à arrêter de fumer. L'existence des études britanniques et les millions de témoignages sont simplement niés. On a envie de parler de négationnisme pour qualifier l'exposé de Ranti Fayokun, mais le terme de dénialisme évite une éventuelle polémique inconvenante et hors propos sur la Shoah.


Reprenant les données NYTS sur l'utilisation au moins une fois dans le mois précédent l'enquête du vapotage chez les jeunes, elle ne relève pas que ce ne sont pas des données sur un usage fréquent, qui pourrait être signe de dépendance, et ne précise pas, alors qu'elle a mentionné le savoir auparavant, qu'une large partie n'est pas du vapotage de nicotine. Mais elle affirme qu'ils vont devenir dépendants à la nicotine "et cela aura des conséquences sur leur santé". Sans tenir compte de l'écroulement du tabagisme adolescent corrélé au vapotage.

Ré-écriture de l'histoire?

Elle conclut en reprenant la ligne anti-vape du rapport Mpower de l'OMS, financé par Michael Bloomberg et publié l'été dernier. Présent à la session, Vinayak Prasad, coauteur du rapport et ancien haut-fonctionnaire de l'État indien, a sans surprise appuyé l'appel à la répression du vapotage. Tout comme Tibor Szylagi, coordinateur du Secrétariat de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT).

Celui-ci a fait une sortie troublante selon laquelle la COP7, en 2016 à New Delhi, aurait voté pour recommander aux pays membres "d'interdire ou restreindre le vapotage". C'est la première fois que je vois cette formulation. Jusque-là, les documents de la CCLAT évoquaient la recommandation de "réglementer ou interdire" le vapotage. Étant donné la totale opacité de la CCLAT et de son secrétariat, il est impossible de vérifier cette affirmation.

Les Anglais et les Français doivent-ils continuer de financer cette propagande?

La volonté de l'OMS de placer ce sujet à cette session du Conseil exécutif renvoie évidemment à l'agenda électoral du parrain financier de l'organisme Michael Bloomberg. De son côté, le tabac indien a déjà fait prévaloir ses intérêts en s'appuyant sur le rapport Mpower cosigné par Vinayak Prasad, pour prohiber le vapotage en Inde. Les problèmes profonds de l'OMS sur le sujet, mis en lumière par Sovape, deviennent très préoccupants. Notamment, le hacking des activités anti-tabac de l'OMS par le milliardaire américain et le tabac indien.

Ceci devrait poser la question du positionnement de deux pays grands donateurs à ce domaine de l'OMS (à hauteur de 6% du budget chacun): la France et le Royaume-Uni. Autrement formulé, les contribuables de ces deux pays doivent-ils continuer de subventionner et se faire complices du marketing politique de l'oligarque américain et des intérêts de l'Indian Tobacco Company (ITC Ltd) au détriment de la lutte anti-tabac, du principe de réduction des risques de la CCLAT et des Droits humains?

samedi 25 janvier 2020

[note] Jean-Jacques Bourdin est-il le symptôme de la soviétisation du journalisme ?

"L'OMS dit que... l'OMS dit que...", répète en boucle Jean-Jacques Bourdin, aux alentours de 6H50 du matin dans son émission du 24 janvier sur RMC. Face à lui, le Pr Daniel Thomas, de l'Alliance contre le tabac, joue à l'équilibriste pour ne pas valider les grossières inepties que le présentateur annone, sans violer le tabou de l'interdiction de toute critique contre l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Jean-Jacques Bourdin a t-il vérifié la validité scientifique de ce qu'il répète sans distance? Sait-il, qui réellement émet cette communication derrière le sigle OMS?

Il n'a fait aucune recherche, aucune vérification, aucun travail, avant de s'emparer et diffuser ce message. Il y a 50 ans, le présentateur de Radio Moscou annonçait "le Comité Central du Parti dit que...". Aujourd'hui Jean-Jacques Bourdin répète "l'OMS dit que...". Même logique de conformisme bêlant à des bureaucraties si opaques qu'elles sont le nid à toutes les dérives. Mais structurellement, l'une a échoué à se maintenir par la force, tandis que l'autre prospère en servant le pouvoir financier. 

Obéissance à la force hier, conformisme agnotologiste à présent

A l'antenne, les effets de manches masquent l'absence d'information réelle. Il faut lui concéder, Jean-Jacques Bourdin est vraiment bon pour ces effets. Mais ce n'est que le maquillage d'un corps vide. Ce n'est pas seulement par obéissance que Jean-Jacques Bourdin répète les âneries de l'OMS. Ce n'est même pas seulement par fainéantise qu'il fait ce journalisme de salon-fumoir nourrit de dépêches de l'AFP, enfumages à peine paraphrasés des communiqués de chargés de comm'.

C'est avant tout parce qu'il manque de ressources pour faire preuve d'intelligence et de distance critique. Les éléments scientifiques pour invalider les inepties de l'OMS existent. Mais il est nécessaire de prendre le temps d'aller chercher les informations, par exemple la réaction des experts britanniques sur le Science Media Centre, voire si on est très sérieux, de lire les rapports scientifiques sérieux d'instances indépendantes publiés et mis à jour. Accéder, lire et comprendre ces informations prend du temps.

L'opacité pour garder le secret

De même, les réels commanditaires de la communication anonyme de l'OMS peuvent être cernés. Mais cela demande d'enquêter sur une OMS qui interdit la présence de journalistes à sa Convention anti-tabac (CCLAT). Or Jean-Jacques Bourdin n'a simplement pas les moyens d'offrir une information fiable à ses auditeurs. Il est condamné à n'être qu'un bruit pour les distraire. Il n'est même pas sûr qu'il sache que l'OMS impose le huis-clos pour faire l'opacité totale sur les manigances des négociations entre archi-milliardaires, grandes nations du tabac et lobbyistes de l'industrie de la pharmaceutique lors des COP anti-tabac.

Pourtant le sujet est chaud. Les affaires de corruption de l'OMS émergent, bien que celle sur le sanglant scandale de l'Oxycontin soit passée sous silence dans les médias dominants. Plus précisément sur le sujet des violations des droits humains et de l'absurdité sanitaire de l'orientation prohibitionniste et répressive du vapotage de l'OMS, deux associations viennent, coup sur coup, de publier des documents. Ils sont d'une lecture complémentaire l'un à l'autre, bien que les deux associations ne se sont pas concertées entre elles.

S'emparer de l'information en direct

Jeudi, l'association britannique Knowledge Action Change (KAC) a édité la mise à jour 2020 de son rapport sur l'état global de la réduction des risques face au tabagisme en mettant l'accent sur la question des droits humains. De son côté, l'association Sovape a publié vendredi un document listant plusieurs problèmes de violations des principes de l'OMS, ainsi que des principes de la CCLAT et des mise en danger inquiétantes des droits humains par les agissements de l'OMS sur le sujet. J'ai participé à la rédaction de ce travail de Sovape. A vous de les lire, de les discuter et de les diffuser directement.

Selon les enquêtes de Reuters et du journal la Croix, la perte de confiance dans les médias en France atteint un record. Signe que le public perçoit de manière générale, et peut-être floue, le problème de fond. Sur ce sujet précis, les informations sur l'OMS et la réduction des risques ne passeront pas sur RMC. L'auditeur de Jean-Jacques Bourdin n'en saura rien. Il n'aura eu le droit qu'à être conforté dans son tabagisme en étant apeuré du vapotage. Et l'émission matinale de continuer d'imiter le perroquet soviétique du 21e siècle. "L'OMS dit que..."

mercredi 22 janvier 2020

Soutien au tabac, corruption ou crétinerie? L'OMS fait une compilation des pires fakenews sur la vape... mais au 1er degré!

Le pire du web réuni sur une page. C'est ce que propose depuis avant-hier l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à propos du vapotage. Soit le département de la communication de l'OMS cultive la parodie sordide, soit l'état de déréliction scientifique et morale de l'organisation onusienne a atteint un point de non retour. Cette nouvelle page de l'OMS fabrique du doute au mépris du principe fondamental d’Hippocrate: ne pas nuire. Le sujet  mis en question par l'OMS n'est pas l'estimation appropriée de la réduction des risques pour le fumeur qui passe au vapotage. Mais un affolant et insensé délire que le vapotage pourrait "être plus dangereux" que de fumer. "Cela dépend d'une série de facteurs", prétend l'OMS pour contourner toute explication rationnelle et scientifique. Pour paraphraser la réaction à chaud d'un chercheur: il y a plus de science sur un site anti-vaxx que dans cette communication de l'OMS.

Salir le vapotage pour condamner les fumeurs aux cigarettes et aux cancers

Et en effet, la page présentée sous forme d'un questions/réponses, sans aucun nom d'auteur référent, semble emprunter une stratégie de communication comparable aux sites anti-vaccin: amalgame fumeux, fausse information et éléments décontextualisés pour en biaiser le sens. Simplement de l'anti-science. Exemple révélateur de la stratégie de tromperie, la page sous-entend sans l'affirmer que la nicotine serait un risque particulier au vapotage. De quoi être rassuré en contraste sur les cigarettes.

Mentir...

Mais c'est presque un détail dans la déferlante de stupidités obscurantistes. On peut aussi lire, entre autres conneries, que le "liquide de vapotage peut brûler la peau". L'OMS affirme également qu'il n'y aurait "pas assez de preuve" que le vapotage permet d'arrêter de fumer. Pour arrêter de fumer, essayez plutôt le vapotage que "les preuves" inexistantes de l'OMS. Mais éventuellement vous pouvez lire les études scientifiques pour savoir que les preuves existent.

et encore mentir...

Bien que presque toutes les réponses présentées par l'OMS soient tournées spécifiquement contre le vapotage de nicotine, un paragraphe l'amalgame aux pneumopathies américaines, sans dire qu'elles sont liées aux liquides frelatés à la vitamine E du marché noir du THC. Tout en se référant au rapport du Center for Disease Control de décembre qui a clairement avoué ce point avec plusieurs mois de retard. C'est d'ailleurs le seul document référencé, mais en déformant gravement son contenu, par l'OMS. 

L'OMS préfère prohiber le moyen d'éviter 7 millions de morts par an

De mensonges en tromperies, l'OMS nous amène au point désiré par les promoteurs de la communication. Le vapotage doit-il être prohibé ? "Les pays peuvent choisir d'interdire le vapotage", puis, "lorsqu'il n'est pas interdit, il doit être réglementé". Le tabagisme tue, selon les estimations de l'OMS elle-même, près de 7 millions de personnes dans le monde chaque année. Et c'est donc pour interdire le moyen d'arrêter de fumer que l'organisation mobilise ses ressources et son énergie.

[Add 15h30] Les experts britanniques ont réagi à ce nouveau document de l'OMS sur le Science Media Center. "Ce texte de l'OMS est trompeur à plusieurs titres. Il prétend que le vapotage de nicotine est la cause de la vague de maladie pulmonaire aiguë aux États-Unis en 2019, alors qu'il s'agissait en fait du vapotage de produits au cannabis [frelatés]. Il indique qu'il n'y a aucune preuve solide que le vapotage soit un moyen efficace d'arrêter de fumer, alors qu'en fait, il existe des preuves d'essais cliniques du plus haut niveau démontrant que le vapotage est plus efficace que les thérapies de remplacement de la nicotine approuvées par l'OMS. Il répond à la question de savoir si les cigarettes électroniques sont plus dangereuses que les cigarettes de tabac en suggérant que nous ne savons pas, alors qu'en fait elles sont clairement moins nocives. De cette manière, l'OMS fausse les preuves scientifiques disponibles", déclare notamment le Pr John Britton, directeur du Centre d'études sur le tabac de l'Université de Nottingham. [/]

L'OMS, une institution éminemment pourrie

A qui profite cette communication criminelle ? Une annonce transparente des sponsors de l'OMS et de leurs intérêts financiers, ainsi que les conflits d'intérêts de ses membres et de ses employés, est urgente. En attendant, on ne peut que s'interroger sur l'opacité des intérêts de Michael Bloomberg, 6e fortune mondiale, candidat à la Maison blanche et parrain financier de l'OMS sur ce dossier. 

Pour ce qui est du financement par l'industrie pharmaceutique, on s'interroge moins. Les traitements des cancers sont voués à devenir l'eldorado de la pharma au 21e siècle. Quand aux intérêts tabagiques de l'Inde, du Brésil et de la Thaïlande, ils ne sont pas un grand mystère malgré le tabou dont ils jouissent. La violation du principe d'indépendance de la Convention-cadre pour la lutte anti-tabac (CCLAT) de l'OMS des intérêts tabagiques (article 5.3) est aussi manifeste que passée sous silence.

A quelques mois de la COP9 anti-tabac de l'OMS aux Pays-Bas, dont le Secrétariat cache au public le lieu et les dates précises, cette nouvelle offensive contre la réduction des risques soulève la question des raisons du soutien financier des pays démocratiques à ces agissements, qui visiblement s'associent de facto à des intérêts sordides et délétères. Ceci intervient également après la scandaleuse conférence au nom de l'OMS de Ranti Fayokun devant le Congrès des Philippines en décembre, la confirmation de la corruption des experts de l'OMS sur l'opioïde de synthèse Oxycontin et les soupçons de détournements de fonds en profitant de la crise d'Ebola. Cette publication confirme en creux l'état de putréfaction avancée des cadres de l'organisation. L'OMS a ainsi franchi un nouveau pas: elle protège le tabac contre la menace salutaire du vapotage.


jeudi 19 décembre 2019

Prohibition en Inde: les arrestations commencent tandis que l'association des vapoteurs récolte des fonds pour un recours

La prohibition du vapotage en Inde, imposée par ordonnance du gouvernement mi-septembre, a été confirmée au parlement au début du mois de décembre. Le 18 septembre, Nirmala Sitharaman, la Ministre des finances, avait justifié l'interdiction pour empêcher une épidémie de vapotage chez les jeunes et un effet passerelle vers le tabagisme, sur la base d'un rapport du 31 mai du Conseil indien de recherche médicale (ICMR). Ce rapport se réfère lui-même à des "informations" de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). "Globalement, ces produits ont un impact négatif net sur la santé publique", affirme ce rapport de l'ICMR, doté d'une bibliographie très pauvre. Le gouvernement et sa majorité se sont cramponnés à ces conclusions pour obtenir la prohibition.

Les deux chambres, le 28 novembre et le 2 décembre, ont voté la loi au terme de débats, qui m'ont paru ahurissants. Le texte final interdit la production, l'importation, la distribution et la publicité, avec des peines pouvant aller jusqu'à un an de prison et 100'000₹ (~1'300€) d'amende. Le transport et le stockage de produit de vapotage sont également prohibés. Bien que l'usage lui-même n'est pas interdit formellement, l'arrestation d'un vapoteur russe à Goa le 10 décembre illustre déjà la logique répressive.

Dernière chance de faire respecter leurs droits, l'Association des Vapoteurs en Inde (AVI) tente de récolter des fonds pour faire recours à la Cour Suprême. "L'Inde interdit le vapotage tout en autorisant la vente des cigarettes mortelles. La loi ne contient aucune clause pour protéger l'usage personnel", regrette Samrat Chowdhery, de l'AVI.

La méconnaissance comme argument de prohibition

Pourtant, une protection des usagers aurait pu être implémentée si certains des 60 amendements proposés au projet de loi étaient passés. Mais Harsh Vardan, le Ministre de la santé, a fait un blocus total avec sa majorité au parlement. "La plupart d'entre nous n'avons même jamais vu une e-cigarette, nous n'avons pas encore un concept de ce que cela peut être", a justifié Harsh Vardan devant la chambre basse le 27 novembre. Une méconnaissance qui l'a encouragé a exiger avec succès la prohibition.

Durant les débats, les députés des états du sud, producteurs de tabac, ont plaidé l'interdiction du vapotage en raison de la dépendance et de méfaits présumés de la nicotine. Tout en s'offusquant à l'idée d'interdire le tabac. "L'absence d'interdiction du tabac ne peut pas justifier de ne pas interdire d'introduire une nouvelle dépendance", a argumenté le Ministre de la santé. 

Aux contre-arguments de l'opposition, notamment une intervention remarquable du Pr Rajeev Gowda, soutenant la réduction des risques pour les fumeurs passant au vapotage, la majorité a brandi la carte nationaliste hindou pour rejeter la "science occidentale". Ils ont ainsi exclu les conclusions scientifiques du Collège Royal des médecins britannique et du Public Health England. "Aucune preuve de la moindre nocivité de vapoter par rapport à fumer n'a été établie", a asséné le Ministre de la santé dans son allocution finale avant le vote de la chambre Rajya Sabha [à 2mn35].

L'OMS pour justifier de protéger le tabac indien

Cette sentence obscurantiste de l'absence de preuve que le produit sans tabac, sans combustion, sans monoxyde de carbone et sans goudron notamment, serait moins nocif que la cigarette se réfère au rapport Bloomberg, présenté à l'OMS cet été. "Les études sur les risques sanitaires associés au vapotage (ENDS) sont non concluantes", prétend ce rapport feignant qui n'a pas pris la peine de lire sérieusement les études disponibles.

Mais il a permis de donner une couche de vernis supplémentaire de justification à l'exclusion des connaissances de science par les partisans indiens de la prohibition. Ceux-ci ont d'ailleurs rappelé la recommandation de l'OMS "d'interdire ou réglementer" le vapotage, en insistant sur le premier terme. Preeti Sudan, présidente de la 8e Conférence (CoP 8) anti-tabac de l'OMS à Genève en octobre 2018, n'est pas étrangère à la manière dont cette recommandation a été rédigée. L'économiste de formation est aussi secrétaire déléguée du Ministère indien de la santé.

"Pourquoi débattre de savoir si le vapotage est nocif ou non? C'est une dépendance", a-t-elle tranché, au nom du Ministère de la santé, face aux médias à la mi-septembre. Depuis la CoP7 anti-tabac de l'OMS à Delhi en 2016, l'Inde instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production de tabac et ses propres marques face à la concurrence des cigarettes occidentales et au vapotage.

India Tobacco Company

Notamment, le principal cigarettier du pays ITC Ltd (ex-India Tobacco Company) dont le gouvernement fédéral détient 28,5% du capital. Le cigarettier qui règne sur le marché indien va bénéficier de l'interdiction du meilleur moyen d'arrêter de fumer. ITC Ltd a vu son bénéfice bondir de 36,16% pour le trimestre de juillet à septembre, avec un chiffre d'affaires des activités cigarettières en hausse de 5,9%.

Approximatives, les estimations chiffrent à plus de 120 millions d'Indiens consommateurs de tabac, sous forme de cigarettes, de bidies fumées, ou de tabac oraux tels que le paan et le gutkha, souvent mélangés à de la noix d'arec ou de bétel favorisant les cancers des voies orales. Près d'un million d'Indiens meurent des maladies liées au tabagisme chaque année, selon les évaluations.

Une régression de santé publique

Du côté des médecins, plusieurs voix dissidentes se sont élevées pour dénoncer la prohibition absurde du moyen de réduction des risques sans tabac ni combustion face au tabagisme. "L'interdiction va donner lieu à un marché noir et le gouvernement n'aura aucun contrôle sur celui-ci. Il aurait été dans l'intérêt public supérieur que le gouvernement réglemente le vapotage et autorise davantage de recherches sur les outils de réduction des risques", explique le Dr Bharat Gopal, pneumologue et directeur du National Chest Center de Delhi, à l'Agence de presse indienne ANI

"Avec l'interdiction, les vapoteurs vont être poussés à recommencer de fumer. Il s'agit d'une mesure régressive prise par le gouvernement", se désole la Dre Sree Sucharitha, chercheuse au Tagore Medical College. "La prohibition du vapotage est une défaite pour la science", précise-t-elle. Pour le Dr Aparajeet Kar, pneumologue au BLK Super Specialty Hospital de New Delhi, c'est également un coup porté à la démocratie sanitaire, par l'absence de débat et la violation du droit à l'accès aux moyens de réduction des risques. 

Cagnotte pour faire recours à la Cour Suprême

Du côté des usagers, Jagannath Sarangapani, de l’Association of Vapers India (AVI), regrette aussi que le gouvernement indien ait décidé d'ignorer les droits des usagers, l'état des connaissances scientifiques et l'intérêt de la santé publique. L'association de défense des vapoteurs a lancé une cagnotte pour porter un recours devant la Cour Suprême, ce qui requiert des "fonds importants". "Les tribunaux ont jusqu'à présent rendu des jugements favorables, à Delhi, Mumbai et Kolkata, pour alléger les mesures contre le vapotage", se montre optimiste l'AVI, qui avait fait annuler une décision de prohibition par la Cour de Delhi. 

Arrestation de vapoteur à Goa

Dans l'attente d'un éventuel recours en justice, des arrestations ont commencé, notamment dans les Etats tabagiques du Sud. Non seulement de vendeurs de rue, mais aussi au moins un utilisateur. Un touriste russe de 45 ans a été arrêté à Anjuna dans l'Etat de Goa, selon la presse locale. "Un commando de la police d'Anjuna a mené un raid dans un appartement de la résidence Blue Lagoon. La police a arrêté l'accusé avec 4 vaporettes et 46 fioles de liquides de vapotage", rapporte l'Herald de Goa le 10 décembre.

Libéré depuis sous caution, le touriste russe est poursuivi des chefs d'inculpation des sections 5 et 8 de la loi de prohibition du vapotage. C'est à dire pour le stockage de produit de vape, punissable de 6 mois d'emprisonnement et 50'000₹ (~650€) d'amende. Pourtant, le Ministre de la santé avait promis, devant le parlement, que la loi ne s'attaquerait pas aux utilisateurs. "Nous ne voulons pas criminaliser les vapoteurs", avait prétendu alors le Ministre Harsh Vardan.


lundi 10 décembre 2018

Mic-mac à New-Delhi entre "anti-tabac" indiens et une organisation en sous-marin de Bloomberg

Selon une information exclusive de Reuters, la Société de développement socio-économique et éducatif (SEEDS) s'est vu refuser de mener des activités de "conseils au gouvernement de la ville de Delhi sur les questions de politique anti-tabac". L'organisation SEEDS aurait dissimulé être financée par Bloomberg Philanthropies, le fonds créé par le spéculateur milliardaire Michael Bloomberg, explique Reuters qui s'est procurée une note confidentielle. L'Inde "renforce depuis 2014 la surveillance des organisations non gouvernementales (ONG) financées par des fonds étrangers, affirmant que nombre d'entre elles vont à l'encontre des intérêts nationaux", précise l'agence d'information.

SEEDS derrière l'interdiction du vapotage au Bihar

Deepak Mishra, directeur de SEEDS, affirme à Reuters que son organisation collabore déjà avec deux Etats indiens, sans préciser lesquels. Mais il refuse toute déclaration sur la provenance de ses financements. Selon Reuters, SEEDS aurait malgré tout déjà commencé son travail d'influençage à Delhi. Créée en 2013, SEEDS a un partenariat avec l'Etat indien du Bihar et l'a ouvertement poussé à interdire le vapotage en janvier 2018.

De son côté le responsable du programme de lutte anti-tabac de Delhi, SK Arora a confirmé à Reuters la décision de rejeter l'agrément de collaboration avec SEEDS, la justifiant par le refus de l'organisation de dévoiler ses sources de financement. Au nom de la lutte anti-tabac, SK Arora est connu pour mener une guerre à la fois contre le vapotage et contre les cigarettiers occidentaux. 

Lutte anti-tabac instrumentalisée à des fins de protectionnisme économique

Les cibles de SK Arora ne sont pas choisies au hasard. Le marché des cigarettes est détenu à plus de 80% par des entreprises de tabac indiennes, dont l'Indian Tobacco Company (ITC) appartenant partiellement à l'Etat indien. Près de 250 millions d'indiens consomment du tabac, dont la moitié sous forme de cigarettes. L'Inde est également une des grandes nations productrice de tabac au niveau mondial. En parallèle, le Département de la santé indien a aussi tenté en août d'imposer une prohibition nationale contre le vapotage qui a été invalidée par la Haute Cour de justice de Delhi en novembre dernier. 

Que cache la philanthropie de Bloomberg?

Pour sa part, l'oligarque Michael Bloomberg est aussi un opposant intégral à la réduction des risques et au vapotage face au tabagisme. Il a déclaré investir des centaines de millions $ pour lutter spécifiquement contre le vapotage. Du côté indien, on se méfie de ses activités, mais concernant le tabac. Daté du 3 juin 2016, un rapport classé secret du service de renseignement indien, qui a fuité en 2017, faisait craindre aux autorités locales que "la Fondation Bloomberg ne mène une campagne visant à «cibler» les entreprises de tabac indiennes et à faire pression de manière «agressive» contre le secteur"

La note des renseignements évalue que le tabac rapporte plus de 5 milliards $ de revenus annuels au Gouvernement et fait vivre près de 35 millions d'indiens. Rebecca Carriero, la chargée de comm' de Michael Bloomberg, avait refusé tout commentaire. 

Campaign for Tobacco-Free Kids, blanchisseuse de fonds?

Extrêmement influent auprès de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le milliardaire est soupçonné de défendre ses investissements financiers sous couvert d'actions "philanthropiques". Le rapport des renseignements indiens a mis à jour une partie des circuits financiers par lesquels Bloomberg finance illégalement des organisations, à travers la Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK), une organisation américaine aussi en première ligne pour attaquer et tenter de faire interdire le vapotage aux Etats-Unis.

"Dans l'affaire Bloomberg, la note du ministère de l'Intérieur incluait un graphique montrant comment les fonds transitaient de Bloomberg Philanthropies vers son partenaire, la Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK), qui finançait alors cinq ONG locales enregistrées auprès de la FCRA. Selon la note, ces ONG étaient utilisées par l'organisation caritative Bloomberg pour «des activités de lobbying anti-tabac»", relate Reuters.

Myers, Bloomberg, l'Inde et... l'OMS

Campaign for Tobacco-Free Kids (CTFK) est l'organisation créée et dirigée par Matt Myers, l'homme qui par deux fois a négocié secrètement avec le cigarettier Philip Morris des accords en 1998 et 2008 aux Etats-Unis. Ces arrangements ont assuré sa carrière et la richesse de son organisation. Bien que la Convention anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) interdise formellement de telles pratiques, Matt Myers était présent à sa dernière Convention en octobre dernier à Genève. 

Matt Myers s'est d'ailleurs vanté au New-York Times d'avoir influencer les décisions concernant le vapotage de l'assemblée réunie à huis-clos. Selon nos informations, il a également animé au sein même du Centre accueillant la Convention de l'OMS une after-work party sponsorisée par la firme pharmaceutique Johnson & Jonhson. Cette 8ème édition de la Convention anti-tabac de l'OMS était par ailleurs présidée par l'indienne Preeti Sudan.

Le monde des organismes politiques "anti-tabac" et leurs intérêts croisés est décidément petit. D'un côté le camp qui instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger le tabac local indien, brésilien ou thaïlandais notamment, de la concurrence des cigarettiers occidentaux. De l'autre, la coalition des Big Pharma et des Big Datas, regroupés derrière le milliardaire Bloomberg. Contre le vapotage, les deux camps s'unissent, notamment dans le cadre de la Convention anti-tabac de l'OMS. Mais comme le montre cette petite histoire de SEEDS, lorsqu'un camp tente de marcher sur le territoire de l'autre, l'union est tout de suite moins sacrée...
La brésilienne Vera da Costa, Secrétaire Générale de la FCTC de l'OMS, l'indienne Preeti Sudan, présidente de la COP8 de la FCTC, et la française Anne Bucher, au nom de la Commission Européenne, lors de la Convention anti-tabac (FCTC) de l'OMS à Genève le 1er octobre 2018.

samedi 17 novembre 2018

[Bref] Inde: la Haute Cour juge l'avis anti-vape du Ministère de la santé sans valeur contraignante pour les Etats

"Cet avis n'est pas contraignant et les Etats et les territoires respectifs ont tout loisir de prendre une décision éclairée à cet égard". Ce mercredi, le verdict du juge Vibhu Bakhru de la Haute Cour de Delhi a mis à mal le projet de prohibition nationale du vapotage en Inde. Les Etats sont donc libres de prendre les mesures appropriées et ne sont pas contraints de suivre la recommandation, publiée le 28 août dernier, du Ministère de la santé de prohiber vente, production, importation, distribution et publicité du vapotage. 

L'avis part en fumée

Le verdict de la Haute Cour fait suite à une plainte d'un vapoteur indien contre l'avis de prohibition. "Son avocat Adarsh ​​Ramanujan a soutenu que l'avis du Ministère violait ses droits fondamentaux puisque cela l'empêchait d'exercer son pouvoir discrétionnaire d'utiliser de tels produits. Il a utilisé le vapotage moins nocif et couramment utilisé par les fumeurs pour cesser de fumer", explique le quotidien Hindustan Times. Le juge a rejeté sa plainte en estimant que l'avis n'ayant aucune valeur contraignante légale, il ne peut pas interdire le droit de vapoter plutôt que de fumer.

"Fumer des cigarettes roulées est presque impossible à réduire ou à arrêter. En conséquence, après avoir appris l'existence du vapotage et avoir pris des renseignements sur Internet, le plaignant a tenté de passer au vapotage", a plaidé l'avocat du vapoteur de 48 ans, atteint dans sa santé à cause du tabagisme. S'appuyant sur le rapport scientifique du Public Health England, l'avocat a fait valoir la réduction des risques d'au moins 95% du vapotage par rapport aux cigarettes. 

Un parjure ?

Une évaluation scientifique anglaise qui a mis en fureur le Dr Pankaj Chaturvedi, de l'Hôpital Tata Memorial de Mumbai, défenseur de la position officielle. "La nicotine à l’état pur est potentiellement cancérigène. Les cigarettes électroniques ne se sont jamais révélées être un outil de renoncement au tabac sûr et efficace", a déclaré le médecin indien. Rappelons qu'il est démontré que la nicotine n'est pas cancérigène selon le Centre international de recherche sur le cancer (IARC).

Près de 300 millions d'indiens consomment du tabac. Environ les 3/4 des cigarettes vendues en Inde proviennent de l'Indian Tobacco Company, détenue en partie par l'Etat fédéral. Au moins six Etats, notamment les principaux producteurs de tabac, ont déjà interdit le vapotage. Ce verdict donne la liberté aux autres Etats de ne pas condamner le droit à la réduction des risques.


lundi 1 octobre 2018

#COP8FCTC Premier jour, première boulette: Anne Bucher, nouvelle DG santé Européenne, croit que la vape est du tabac

"Mais... même si le vapotage ne contient pas de tabac?", insiste le journaliste incrédule. "Oui!", tonne péremptoire Anne Bucher à la conférence de presse de la COP8 anti-tabac de l'OMS. La nouvelle Directrice générale à la santé de la Commission Européenne en est persuadée: la vape, c'est du tabac. Même s'il n'y a pas de tabac. Même s'il n'y a pas non plus de combustion, de dégagement de monoxyde de carbone ni de goudron. C'est du tabac, comme une cigarette. Pour son premier jour en fonction, Anne Bucher nie la distinction faite dans la directive européenne. La française nie aussi allègrement la science, l'évidence et le bon sens des 89% de citoyens ayant participé à la récente consultation de la Commission Européenne. Incompétence obtuse de la nouvelle DG ? Ou peut-être une histoire de climat ?

Climat médiéval 

Du climat, il en a beaucoup été question à l'ouverture ce matin du 8ème sommet mondial anti-tabac COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) durant laquelle Anne Bucher s'est exprimée. Les liens imaginés par les orateurs entre dérèglement climatique et tabagisme étaient pour le moins ésotériques. Mais peut-être faut-il prendre cela au sérieux? Car la COP8FCTC se tient à Genève. Or le climat du jour rappelle furieusement le temps où un autre français, du nom de Jean Calvin, faisait brûler à la même saison Michel Servet pour avoir eu des pensées un peu trop librement exprimées.

Certes, même s'ils ne se cachent pas de détester plus que tout les vapoteurs, les dirigeants de la Convention anti-tabac de l'OMS n'ont pas été jusqu'à user de combustion contre leur liberté. Ils ont simplement accepté la proposition de la déléguée de la Thaïlande d'expulser le public et les médias. La junte militaire thaïlandaise, qui détient le monopole du tabac national, a ses habitudes. A vrai dire, un bon nombre d'autres pays totalitaires ou producteurs de tabac ont trouvé l'idée à leur goût. Seul le Canada a émis le souhait de plus de transparence à l'égard des citoyens. Résultat ? Le public et les médias ont été exclus. Mais un streaming vidéo des séances plénières* est désormais diffusé, en différé de quelques minutes pour censurer en cas de besoin. [*edit: oubli important de ma part, ne sont diffusées que les séances plénières ]
Vera da Costa (Secr, Gale de la FCTC - Brésil), Preeti Sudan (Pres. de la COP8 - Inde) 
et Anne Bucher (DG santé de la Comm. Européenne)

Les marchandages en coulisses entre les délégués des 180 pays membres, plus l'Union Européenne, et les quelques 1'500 lobbyistes autorisés dans le Centre des congrès genevois se feront à l'abri de toute oreille indiscrète. Mais Vera da Costa, la Secrétaire générale du secrétariat anti-tabac, a tenu à préciser en conférence de presse - voir vidéo plus bas - qu'il ne fallait pas penser à un "manque de transparence". Ah ? "C'est pour se protéger des mauvaise influences des cigarettiers", explique la brésilienne. Ce n'est pas ce qui va nous rassurer sur notre impression d'un retour au moyen-âge. Justifier l'opacité pour éviter le magouillage en coulisse... ou comment faire du Machiavel de supermarché. Rideau pour la transparence.

Un peu d'air frais tout de même

Plus tôt dans la journée, 72 courageux experts du domaine ont dit ouvertement, ce que nombre pensent mais n'osent pas déclarer pour ne pas flinguer leur carrière. A savoir que le dogme anti-vape du secrétariat anti-tabac de l'OMS est insensé et contre-productif. Si l'OMS pousse à des réglementations qui entravent la réduction des risques comme le vapotage, "alors ces réglementations peuvent nuire en perpétuant le tabagisme", expliquent t-ils, en anglais ou ma traduction en français.

Plus ironiques, les activistes d'INNCO, le réseau des organisations d'usagers de produits à risque réduit, ont envoyé une lettre de félicitation aux participants de la COP8FCTC pour les excellents résultats financiers des grandes firmes cigarettières, en pleine croissance au fil du déploiement de leurs préconisations. Un troll que le Vaping Post détaille avec le sourire.

Egalement présents sur place, les défenseurs des droits des usagers ont distribué un tract à l'entrée de la Convention anti-tabac dés 7 heures ce matin, puis sur la place des Nations devant le siège des Nations Unies. Il reprend en condensé les éléments de la lettre ouverte envoyée la semaine dernière par INNCO à l'OMS.

Demain en fin de matinée, Harry Shapiro présente son rapport sur l'état de la réduction des risques face au tabagisme, publié par Knowledge Action Change (KAC). Le soir, le Pr Bernd Mayer, toxicologue de l'Université de Graz, fera une conférence au restaurant la Potinière au Jardin anglais (il faut réserver)...

La conférence de presse s'est faite sans streaming qui n'était pas prévu initialement. Mais Frederic Cyrus Roede, de l'organisation Consumer Choice, l'a filmé et partagé en direct sur son compte twitter, où elle est visible en replay.



samedi 29 septembre 2018

#COP8FCTC La NNA appelle le gouvernement britannique à sauver la vape de la menace de l'OMS

Le Royaume-Uni va t-il sauver la vape durant le sommet mondial COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève la semaine à venir ? Le réseau international des associations d'usagers INNCO va tenir des piquets pour rencontrer le public à la place des Nations durant la semaine. De son côté, l'association New Nicotine Alliance, qui en est membre, prie le gouvernement britannique de faire barrage aux projets d'interdictions et de restrictions contre le vapotage du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS.  

Un succès britannique

"Le vapotage est une alternative plus sûre que fumer du tabac. Le Royaume-Uni compte plus de 1,7 million d'anciens fumeurs passés des cigarettes au vapotage exclusif. Le gouvernement a judicieusement reconnu les avantages significatifs que les stratégies de réduction des risques du tabac peuvent apporter et, grâce à des campagnes positives telles que Stoptober, a vu le nombre de fumeurs chuter considérablement ces dernières années", déclare Sarah Jakes, présidente de l'association d'usagers de produits nicotinés à risque réduit.

Les pauvres ont-ils droit à la réduction des risques ?

Or, le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS pousse à interdire ou restreindre le vapotage, n'hésitant pas à donner en modèles la Corée du Nord et la junte militaire thaïlandaise, détentrice du Monopole du tabac de Thaïlande. Après la prohibition prononcée en Inde, le sujet sera au cœur de ce Sommet COP8FCTC. "Les pays développés tirent de grands bénéfices des outils de réduction des risques du tabac. Les fumeurs des pays moins nantis ont le droit de bénéficier des mêmes opportunités. La NNA encourage la délégation britannique à résister à l'interdiction des produits à risque réduit de délivrance de nicotine", explique le communiqué de la NNA.

La Commission Européenne contre le droit d'information ?!

"Nous avons aussi entendu des informations inquiétantes selon lesquelles la délégation de l'Union Européenne envisage de demander au sommet anti-tabac de l'OMS de lancer un appel pour une interdiction mondiale de publication sur le vapotage. Il serait scandaleux que la délégation britannique soit complice d’une telle initiative qui s’oppose à l’engagement du gouvernement d’améliorer la disponibilité des produits innovants à risque réduit", précise Sarah Jakes, comme l'avait révélé le Vaping Post il y a deux semaines

Les britanniques vont-ils financer une politique opposée à la leur ?

Avant de rappeler que le Royaume-Uni fournit une contribution financière "très généreuse", à vrai dire la plus importante de tous les pays, au secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Nous exhortons donc le gouvernement à utiliser l’influence de notre contribution financière et de bien agir. C'est-à-dire de rejeter la prohibition des moyens de réduction des risques que les pays moins nantis se sentent obligés d'appliquer en raison de la désinformation de l'OMS, et d'exhorter le secrétariat anti-tabac (FCTC) à respecter sa propre convention (art.1 d.) en faveur de la réduction des risques, et enfin à résister aux restrictions de promotion des alternatives à risque réduit au tabagisme".

Opacité totale

Au Sénat italien, une question parlementaire a été posée à la Ministre de la santé Giulia Grillo pour savoir la position défendue sur le sujet par sa délégation. Sans réponse pour le moment, selon le site spécialisé SigMagazine. En France, des défenseurs de la lutte anti-tabac, de la réduction des risques et du vapotage sont inquiets et sans nouvelle ni du mandat ni de l'identité de la déléguée envoyée par le Ministère de la Santé à ce sommet. Celui-ci va se dérouler à huis-clos, probablement sans observateur des associations d'usagers, suite au pré-avis négatif du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS à la demande d'accréditation d'INNCO.


mardi 25 septembre 2018

#VaperBeHeard Les associations de vapoteurs d'Asie demandent à être prises en compte par l'OMS avant la #COP8FCTC

La Thaïlande, la Corée du Nord, Singapour et désormais l'Inde, font la chasse à la vape sur le continent asiatique. Ceci avec le soutien actif du secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), notamment par les harangues à la criminalisation des vapoteurs de sa représentante Jagdish Kaur. Face à cette répression contre l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage, qui peut coûter l'emprisonnement en Thaïlande notamment, les associations des utilisateurs de vapotage en Asie lancent un appel à l'OMS, notamment par une pétition. Une semaine à peine avant que ne débute le Sommet anti-tabac COP8 de l'OMS le 1er octobre à Genève.

En arriver à devoir rappeler que les vapoteurs aussi sont des humains

L'association des vapoteurs des Philippines, l'Ends Cigarette Smoke de Thaïlande (ECST), l'Organisation des vapoteurs de Malaisie (MOVE) et celle d'Indonésie (AVI) notamment se sont regroupées pour lancer la campagne #VapersBeHeard. Leur pétition revendique le simple droit d'avoir accès aux produits de réduction des risques et à l'information sur ceux-ci plutôt que de devoir continuer de fumer des cigarettes. "Les vapoteurs sont aussi des êtres humains - des mères, des pères, des fils ou des filles - et nous avons le droit d'avoir une chance de mener une meilleure vie à l'aide de ces produits alternatifs", explique le texte en ligne. 

En conférence de presse à Manille le 14 septembre, pour lancer la campagne, Asa Saligupta, de l'Ends Cigarette Smoke Thaïland, regrette l'attitude dogmatique et conservatrice du secrétariat anti-tabac de l'OMS, qui appelle à "interdire ou réglementer strictement le vapotage, alors qu'il existe des preuves scientifiques de sa nette réduction des risques par rapport au tabagisme". A ses côtés, le Pr Satriya Suhardjo, de la faculté de sciences politiques de l'Université de Padjadjaran (UNPAD) à Bandung, estime que "les produits à risque réduit nécessitent un cadre politique approprié et complet".

Prendre en considération les usagers

Il y aurait près d'un million de vapoteurs en Indonésie, "ce nombre est encore très faible par rapport au nombre de fumeurs", précise le Pr Satriya. "Pour être en mesure de cesser de fumer, les fumeurs ont besoin de temps et de soutien, cela ne peut pas être instantané", explique Jeremia Dimasz de l'association des vapoteurs d'Indonésie à la presse locale dubitative sur l'efficacité du vapotage pour l'arrêt tabagique. "En tant qu’utilisateurs, nous avons directement ressenti les avantages de ce produit. Nous espérons que les autorités prendront en compte le point de vue des utilisateurs", insiste le vapoteur indonésien, espérant être entendu de son gouvernement et des lointains bureaux genevois de l'OMS. 


mercredi 29 août 2018

L'Inde, grande nation du tabac, annonce la prohibition du vapotage

"L'Inde a choisi de criminaliser le vapotage. Une mesure régressive basée sur une mésinformation, de la peur et le refus de prendre en considération la science. Elle va coûter des millions de vies au pays". Le tweet de l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) semble désabusé après des mois de lutte pour faire reconnaître le droit à l'accès au moyen de réduction des risques en Inde. En pièce jointe, l'avis du Ministère de la santé sur les produits de vapotage et les cigarettes chauffées, que les autorités indiennes ne différencient pas.  Le document officiel publié hier demande aux Etats indiens "d'empêcher la vente (y compris en ligne), la production, la distribution, la vente, l'importation et la publicité" des produits de vapotage et assimilés. L'avis du Ministère reproche au vapotage de délivrer de la nicotine. Bien que les produits nicotinés, dont les cigarettes, les bidies et le tabac oral local extrêmement nocifs, sont en vente libre et massivement produits en Inde.

L'Inde rejoint la Corée du Nord, la Thaïlande et le Brésil

Le Ministère de la santé appuie aussi son avis de prohibition sur le fait que les six Etats indiens, producteurs de tabac, ainsi que trente pays récemment mis en avant par le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS ont déjà interdit le vapotage. L'Inde rejoint ainsi les autres grandes nations productrices de tabac comme le Brésil, la Thaïlande et l'Indonésie, ainsi que les dictatures totalitaires comme la Corée du Nord et une série de régime religieux du moyen-orient dans le camp des pays prohibitionnistes du vapotage. L'Inde est parmi les grand producteurs mondiaux de tabac et instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production locale. L'Indian Tobacco Company détient 80% du marché intérieur des cigarettes. Près de 270 millions d'indiens consomment un des produits de tabac, dont près de 120 millions de fumeurs. Il y aurait près d'un million de décès liés à une maladie provoquée par le tabagisme par an en Inde [édité].

Combien de morts au crédit de la FCTC de l'OMS ?

Le rôle du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS, dont le sommet bisannuel COP 8 se tiendra la première semaine d'octobre à Genève, dans cette décision violant le devoir de réduction des risques de sa convention (art. 1.d) est affligeant. La complicité silencieuse des délégations des pays démocratiques, notamment celles européennes et britanniques, sur les agissements contraires aux droits humains et en violation de la convention qu'il est sensée défendre du secrétariat de la FCTC n'est plus acceptable. Cette décision catastrophique pour la santé publique en est un nouvel épisode.

L'avis du Ministère de santé d'Inde publié hier:


jeudi 7 juin 2018

[Bref] Inde: l'association des vapoteurs décrochent un rendez-vous avec les autorités du Rajasthan

"Le gouvernement du Rajasthan a accepté de nous donner l'occasion de présenter notre dossier devant un groupe d'enquête le 12 Juin", annonce l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) sur sa page facebook. Deux représentants de l'association ont expliqué en conférence de presse hier à Jaipur que le Gouvernement de l'Etat de près de 70 millions d'habitants ne devait pas interdire le vapotage, mais au contraire le réguler pour accompagner les fumeurs vers ce mode de consommation à risque réduit. "Nous soumettons au gouvernement du Rajasthan 120 études sur le vapotage conduites par des instituts réputés, que les autorités de santé publique peuvent utiliser pour tirer leurs propres conclusions", explique Samrat Chowdhery, président de l'association. "Nous proposons aussi au gouvernement de rencontrer des ex-fumeurs qui ont arrêter de fumer à l'aide du vapotage et qui peuvent témoigner des améliorations formidables de leur qualité de vie", ajoute son compère Pratik Gupta. 

120 millions de fumeurs en Inde

Les médias locaux de l'Etat du nord-ouest de l'Inde ont largement relayé les propos des défenseurs de l'outil de réduction des risques à la télévision locale et dans plusieurs titres de presse en anglais et en hindie. Le vapotage en Inde est très menacé, alors que cinq Etats en ont interdit la vente et que l'Etat du Bihar en a même prohibé l'usage en janvier. Trois Etats étudient une éventuelle prohibition, dont le Rajasthan ainsi que le Maharashtra et Delhi. L'Etat fédéral a aussi évoqué cette option insensée. "Les défenseurs du vapotage ici ont le sentiment que malgré le nombre élevé de 120 millions de fumeurs en Inde, et malgré la nécessité urgente d'une approche de réduction des risques, le pays ignore largement les efforts ailleurs dans le monde pour atténuer les effets néfastes du tabac", a expliqué Samrat Chowderry dans un entretien passionnant avec Philippe Boucher en anglais le 3 juin. 

Lutte anti-tabac ou protectionnisme économique ?

L'AVI est engagé dans plusieurs recours en justice contre les interdictions locales. La situation est difficile même si le vapotage continue de se développer. Ce pays grand producteur de tabac voit d'un mauvaise œil la concurrence du vapotage, dont nombre de produits viennent du voisin et rival chinois. Avec 120 millions de fumeurs, le tribut sanitaire et social de l'Inde au tabagisme est immense. Mais 80% du marché est détenu par le cigarettier local. Il est parfois difficile de distinguer les actions de lutte anti-tabac de manœuvres protectionnistes pour les ventes des cigarettes indiennes. Le rôle joué par le bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est particulièrement trouble et étrange dans ce dossier, alors que l'article 1 d) de sa Convention intègre l'approche de réduction des risques et que qu'il est censé rester indépendant des intérêts des producteurs de tabac.


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