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lundi 1 octobre 2018

#COP8FCTC Premier jour, première boulette: Anne Bucher, nouvelle DG santé Européenne, croit que la vape est du tabac

"Mais... même si le vapotage ne contient pas de tabac?", insiste le journaliste incrédule. "Oui!", tonne péremptoire Anne Bucher à la conférence de presse de la COP8 anti-tabac de l'OMS. La nouvelle Directrice générale à la santé de la Commission Européenne en est persuadée: la vape, c'est du tabac. Même s'il n'y a pas de tabac. Même s'il n'y a pas non plus de combustion, de dégagement de monoxyde de carbone ni de goudron. C'est du tabac, comme une cigarette. Pour son premier jour en fonction, Anne Bucher nie la distinction faite dans la directive européenne. La française nie aussi allègrement la science, l'évidence et le bon sens des 89% de citoyens ayant participé à la récente consultation de la Commission Européenne. Incompétence obtuse de la nouvelle DG ? Ou peut-être une histoire de climat ?

Climat médiéval 

Du climat, il en a beaucoup été question à l'ouverture ce matin du 8ème sommet mondial anti-tabac COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) durant laquelle Anne Bucher s'est exprimée. Les liens imaginés par les orateurs entre dérèglement climatique et tabagisme étaient pour le moins ésotériques. Mais peut-être faut-il prendre cela au sérieux? Car la COP8FCTC se tient à Genève. Or le climat du jour rappelle furieusement le temps où un autre français, du nom de Jean Calvin, faisait brûler à la même saison Michel Servet pour avoir eu des pensées un peu trop librement exprimées.

Certes, même s'ils ne se cachent pas de détester plus que tout les vapoteurs, les dirigeants de la Convention anti-tabac de l'OMS n'ont pas été jusqu'à user de combustion contre leur liberté. Ils ont simplement accepté la proposition de la déléguée de la Thaïlande d'expulser le public et les médias. La junte militaire thaïlandaise, qui détient le monopole du tabac national, a ses habitudes. A vrai dire, un bon nombre d'autres pays totalitaires ou producteurs de tabac ont trouvé l'idée à leur goût. Seul le Canada a émis le souhait de plus de transparence à l'égard des citoyens. Résultat ? Le public et les médias ont été exclus. Mais un streaming vidéo des séances plénières* est désormais diffusé, en différé de quelques minutes pour censurer en cas de besoin. [*edit: oubli important de ma part, ne sont diffusées que les séances plénières ]
Vera da Costa (Secr, Gale de la FCTC - Brésil), Preeti Sudan (Pres. de la COP8 - Inde) 
et Anne Bucher (DG santé de la Comm. Européenne)

Les marchandages en coulisses entre les délégués des 180 pays membres, plus l'Union Européenne, et les quelques 1'500 lobbyistes autorisés dans le Centre des congrès genevois se feront à l'abri de toute oreille indiscrète. Mais Vera da Costa, la Secrétaire générale du secrétariat anti-tabac, a tenu à préciser en conférence de presse - voir vidéo plus bas - qu'il ne fallait pas penser à un "manque de transparence". Ah ? "C'est pour se protéger des mauvaise influences des cigarettiers", explique la brésilienne. Ce n'est pas ce qui va nous rassurer sur notre impression d'un retour au moyen-âge. Justifier l'opacité pour éviter le magouillage en coulisse... ou comment faire du Machiavel de supermarché. Rideau pour la transparence.

Un peu d'air frais tout de même

Plus tôt dans la journée, 72 courageux experts du domaine ont dit ouvertement, ce que nombre pensent mais n'osent pas déclarer pour ne pas flinguer leur carrière. A savoir que le dogme anti-vape du secrétariat anti-tabac de l'OMS est insensé et contre-productif. Si l'OMS pousse à des réglementations qui entravent la réduction des risques comme le vapotage, "alors ces réglementations peuvent nuire en perpétuant le tabagisme", expliquent t-ils, en anglais ou ma traduction en français.

Plus ironiques, les activistes d'INNCO, le réseau des organisations d'usagers de produits à risque réduit, ont envoyé une lettre de félicitation aux participants de la COP8FCTC pour les excellents résultats financiers des grandes firmes cigarettières, en pleine croissance au fil du déploiement de leurs préconisations. Un troll que le Vaping Post détaille avec le sourire.

Egalement présents sur place, les défenseurs des droits des usagers ont distribué un tract à l'entrée de la Convention anti-tabac dés 7 heures ce matin, puis sur la place des Nations devant le siège des Nations Unies. Il reprend en condensé les éléments de la lettre ouverte envoyée la semaine dernière par INNCO à l'OMS.

Demain en fin de matinée, Harry Shapiro présente son rapport sur l'état de la réduction des risques face au tabagisme, publié par Knowledge Action Change (KAC). Le soir, le Pr Bernd Mayer, toxicologue de l'Université de Graz, fera une conférence au restaurant la Potinière au Jardin anglais (il faut réserver)...

La conférence de presse s'est faite sans streaming qui n'était pas prévu initialement. Mais Frederic Cyrus Roede, de l'organisation Consumer Choice, l'a filmé et partagé en direct sur son compte twitter, où elle est visible en replay.



samedi 29 septembre 2018

#COP8FCTC La NNA appelle le gouvernement britannique à sauver la vape de la menace de l'OMS

Le Royaume-Uni va t-il sauver la vape durant le sommet mondial COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève la semaine à venir ? Le réseau international des associations d'usagers INNCO va tenir des piquets pour rencontrer le public à la place des Nations durant la semaine. De son côté, l'association New Nicotine Alliance, qui en est membre, prie le gouvernement britannique de faire barrage aux projets d'interdictions et de restrictions contre le vapotage du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS.  

Un succès britannique

"Le vapotage est une alternative plus sûre que fumer du tabac. Le Royaume-Uni compte plus de 1,7 million d'anciens fumeurs passés des cigarettes au vapotage exclusif. Le gouvernement a judicieusement reconnu les avantages significatifs que les stratégies de réduction des risques du tabac peuvent apporter et, grâce à des campagnes positives telles que Stoptober, a vu le nombre de fumeurs chuter considérablement ces dernières années", déclare Sarah Jakes, présidente de l'association d'usagers de produits nicotinés à risque réduit.

Les pauvres ont-ils droit à la réduction des risques ?

Or, le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS pousse à interdire ou restreindre le vapotage, n'hésitant pas à donner en modèles la Corée du Nord et la junte militaire thaïlandaise, détentrice du Monopole du tabac de Thaïlande. Après la prohibition prononcée en Inde, le sujet sera au cœur de ce Sommet COP8FCTC. "Les pays développés tirent de grands bénéfices des outils de réduction des risques du tabac. Les fumeurs des pays moins nantis ont le droit de bénéficier des mêmes opportunités. La NNA encourage la délégation britannique à résister à l'interdiction des produits à risque réduit de délivrance de nicotine", explique le communiqué de la NNA.

La Commission Européenne contre le droit d'information ?!

"Nous avons aussi entendu des informations inquiétantes selon lesquelles la délégation de l'Union Européenne envisage de demander au sommet anti-tabac de l'OMS de lancer un appel pour une interdiction mondiale de publication sur le vapotage. Il serait scandaleux que la délégation britannique soit complice d’une telle initiative qui s’oppose à l’engagement du gouvernement d’améliorer la disponibilité des produits innovants à risque réduit", précise Sarah Jakes, comme l'avait révélé le Vaping Post il y a deux semaines

Les britanniques vont-ils financer une politique opposée à la leur ?

Avant de rappeler que le Royaume-Uni fournit une contribution financière "très généreuse", à vrai dire la plus importante de tous les pays, au secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Nous exhortons donc le gouvernement à utiliser l’influence de notre contribution financière et de bien agir. C'est-à-dire de rejeter la prohibition des moyens de réduction des risques que les pays moins nantis se sentent obligés d'appliquer en raison de la désinformation de l'OMS, et d'exhorter le secrétariat anti-tabac (FCTC) à respecter sa propre convention (art.1 d.) en faveur de la réduction des risques, et enfin à résister aux restrictions de promotion des alternatives à risque réduit au tabagisme".

Opacité totale

Au Sénat italien, une question parlementaire a été posée à la Ministre de la santé Giulia Grillo pour savoir la position défendue sur le sujet par sa délégation. Sans réponse pour le moment, selon le site spécialisé SigMagazine. En France, des défenseurs de la lutte anti-tabac, de la réduction des risques et du vapotage sont inquiets et sans nouvelle ni du mandat ni de l'identité de la déléguée envoyée par le Ministère de la Santé à ce sommet. Celui-ci va se dérouler à huis-clos, probablement sans observateur des associations d'usagers, suite au pré-avis négatif du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS à la demande d'accréditation d'INNCO.


mardi 25 septembre 2018

#VaperBeHeard Les associations de vapoteurs d'Asie demandent à être prises en compte par l'OMS avant la #COP8FCTC

La Thaïlande, la Corée du Nord, Singapour et désormais l'Inde, font la chasse à la vape sur le continent asiatique. Ceci avec le soutien actif du secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), notamment par les harangues à la criminalisation des vapoteurs de sa représentante Jagdish Kaur. Face à cette répression contre l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage, qui peut coûter l'emprisonnement en Thaïlande notamment, les associations des utilisateurs de vapotage en Asie lancent un appel à l'OMS, notamment par une pétition. Une semaine à peine avant que ne débute le Sommet anti-tabac COP8 de l'OMS le 1er octobre à Genève.

En arriver à devoir rappeler que les vapoteurs aussi sont des humains

L'association des vapoteurs des Philippines, l'Ends Cigarette Smoke de Thaïlande (ECST), l'Organisation des vapoteurs de Malaisie (MOVE) et celle d'Indonésie (AVI) notamment se sont regroupées pour lancer la campagne #VapersBeHeard. Leur pétition revendique le simple droit d'avoir accès aux produits de réduction des risques et à l'information sur ceux-ci plutôt que de devoir continuer de fumer des cigarettes. "Les vapoteurs sont aussi des êtres humains - des mères, des pères, des fils ou des filles - et nous avons le droit d'avoir une chance de mener une meilleure vie à l'aide de ces produits alternatifs", explique le texte en ligne. 

En conférence de presse à Manille le 14 septembre, pour lancer la campagne, Asa Saligupta, de l'Ends Cigarette Smoke Thaïland, regrette l'attitude dogmatique et conservatrice du secrétariat anti-tabac de l'OMS, qui appelle à "interdire ou réglementer strictement le vapotage, alors qu'il existe des preuves scientifiques de sa nette réduction des risques par rapport au tabagisme". A ses côtés, le Pr Satriya Suhardjo, de la faculté de sciences politiques de l'Université de Padjadjaran (UNPAD) à Bandung, estime que "les produits à risque réduit nécessitent un cadre politique approprié et complet".

Prendre en considération les usagers

Il y aurait près d'un million de vapoteurs en Indonésie, "ce nombre est encore très faible par rapport au nombre de fumeurs", précise le Pr Satriya. "Pour être en mesure de cesser de fumer, les fumeurs ont besoin de temps et de soutien, cela ne peut pas être instantané", explique Jeremia Dimasz de l'association des vapoteurs d'Indonésie à la presse locale dubitative sur l'efficacité du vapotage pour l'arrêt tabagique. "En tant qu’utilisateurs, nous avons directement ressenti les avantages de ce produit. Nous espérons que les autorités prendront en compte le point de vue des utilisateurs", insiste le vapoteur indonésien, espérant être entendu de son gouvernement et des lointains bureaux genevois de l'OMS. 


mercredi 29 août 2018

L'Inde, grande nation du tabac, annonce la prohibition du vapotage

"L'Inde a choisi de criminaliser le vapotage. Une mesure régressive basée sur une mésinformation, de la peur et le refus de prendre en considération la science. Elle va coûter des millions de vies au pays". Le tweet de l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) semble désabusé après des mois de lutte pour faire reconnaître le droit à l'accès au moyen de réduction des risques en Inde. En pièce jointe, l'avis du Ministère de la santé sur les produits de vapotage et les cigarettes chauffées, que les autorités indiennes ne différencient pas.  Le document officiel publié hier demande aux Etats indiens "d'empêcher la vente (y compris en ligne), la production, la distribution, la vente, l'importation et la publicité" des produits de vapotage et assimilés. L'avis du Ministère reproche au vapotage de délivrer de la nicotine. Bien que les produits nicotinés, dont les cigarettes, les bidies et le tabac oral local extrêmement nocifs, sont en vente libre et massivement produits en Inde.

L'Inde rejoint la Corée du Nord, la Thaïlande et le Brésil

Le Ministère de la santé appuie aussi son avis de prohibition sur le fait que les six Etats indiens, producteurs de tabac, ainsi que trente pays récemment mis en avant par le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS ont déjà interdit le vapotage. L'Inde rejoint ainsi les autres grandes nations productrices de tabac comme le Brésil, la Thaïlande et l'Indonésie, ainsi que les dictatures totalitaires comme la Corée du Nord et une série de régime religieux du moyen-orient dans le camp des pays prohibitionnistes du vapotage. L'Inde est parmi les grand producteurs mondiaux de tabac et instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production locale. L'Indian Tobacco Company détient 80% du marché intérieur des cigarettes. Près de 270 millions d'indiens consomment un des produits de tabac, dont près de 120 millions de fumeurs. Il y aurait près d'un million de décès liés à une maladie provoquée par le tabagisme par an en Inde [édité].

Combien de morts au crédit de la FCTC de l'OMS ?

Le rôle du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS, dont le sommet bisannuel COP 8 se tiendra la première semaine d'octobre à Genève, dans cette décision violant le devoir de réduction des risques de sa convention (art. 1.d) est affligeant. La complicité silencieuse des délégations des pays démocratiques, notamment celles européennes et britanniques, sur les agissements contraires aux droits humains et en violation de la convention qu'il est sensée défendre du secrétariat de la FCTC n'est plus acceptable. Cette décision catastrophique pour la santé publique en est un nouvel épisode.

L'avis du Ministère de santé d'Inde publié hier:


jeudi 7 juin 2018

[Bref] Inde: l'association des vapoteurs décrochent un rendez-vous avec les autorités du Rajasthan

"Le gouvernement du Rajasthan a accepté de nous donner l'occasion de présenter notre dossier devant un groupe d'enquête le 12 Juin", annonce l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) sur sa page facebook. Deux représentants de l'association ont expliqué en conférence de presse hier à Jaipur que le Gouvernement de l'Etat de près de 70 millions d'habitants ne devait pas interdire le vapotage, mais au contraire le réguler pour accompagner les fumeurs vers ce mode de consommation à risque réduit. "Nous soumettons au gouvernement du Rajasthan 120 études sur le vapotage conduites par des instituts réputés, que les autorités de santé publique peuvent utiliser pour tirer leurs propres conclusions", explique Samrat Chowdhery, président de l'association. "Nous proposons aussi au gouvernement de rencontrer des ex-fumeurs qui ont arrêter de fumer à l'aide du vapotage et qui peuvent témoigner des améliorations formidables de leur qualité de vie", ajoute son compère Pratik Gupta. 

120 millions de fumeurs en Inde

Les médias locaux de l'Etat du nord-ouest de l'Inde ont largement relayé les propos des défenseurs de l'outil de réduction des risques à la télévision locale et dans plusieurs titres de presse en anglais et en hindie. Le vapotage en Inde est très menacé, alors que cinq Etats en ont interdit la vente et que l'Etat du Bihar en a même prohibé l'usage en janvier. Trois Etats étudient une éventuelle prohibition, dont le Rajasthan ainsi que le Maharashtra et Delhi. L'Etat fédéral a aussi évoqué cette option insensée. "Les défenseurs du vapotage ici ont le sentiment que malgré le nombre élevé de 120 millions de fumeurs en Inde, et malgré la nécessité urgente d'une approche de réduction des risques, le pays ignore largement les efforts ailleurs dans le monde pour atténuer les effets néfastes du tabac", a expliqué Samrat Chowderry dans un entretien passionnant avec Philippe Boucher en anglais le 3 juin. 

Lutte anti-tabac ou protectionnisme économique ?

L'AVI est engagé dans plusieurs recours en justice contre les interdictions locales. La situation est difficile même si le vapotage continue de se développer. Ce pays grand producteur de tabac voit d'un mauvaise œil la concurrence du vapotage, dont nombre de produits viennent du voisin et rival chinois. Avec 120 millions de fumeurs, le tribut sanitaire et social de l'Inde au tabagisme est immense. Mais 80% du marché est détenu par le cigarettier local. Il est parfois difficile de distinguer les actions de lutte anti-tabac de manœuvres protectionnistes pour les ventes des cigarettes indiennes. Le rôle joué par le bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) est particulièrement trouble et étrange dans ce dossier, alors que l'article 1 d) de sa Convention intègre l'approche de réduction des risques et que qu'il est censé rester indépendant des intérêts des producteurs de tabac.


dimanche 13 mai 2018

Inde: l'Etat du Jammu-Cachemire décrète l'interdiction de l'usage de vape

Jeudi 10 mai, l'Etat du Jammu & Cachemire a décrété l'interdiction totale du vapotage avec effet immédiat. Les produits de vapotage sont non seulement interdits à la vente, mais les usagers en possédant et a fortiori les utilisant sont passibles de poursuites en justice désormais dans l'Etat d'environ 12 millions d'habitants à l'extrême nord du pays. Ahmed Khan, le Commissaire du Cachemire qui a signé l'ordre de prohibition complète, justifie celui-ci par des hoax. "Le vapotage expose les poumons au dicethyl [faute dans l'original], qui peut causer la maladie du "pop-corn des poumons", une atteinte sévère et irréversible au poumon", précise l'ordre officiel de l'Etat du Cachemire qu'il signe en reprenant à son compte le hoax de la presse à scandale de bas étage. 

Des hoax en guise de justification

Le fonctionnaire évoque également les risques liés à la consommation de nicotine supposés pour les foetus, sans pour autant signer un ordre similaire contre les produits de tabac ou les autres (nombreux) produits contenant de la nicotine. Enfin, il invente que les adolescents européens seraient amenés à fumer à cause du vapotage, un effet "passerelle" que les monitorages sérieux écartent dans les faits. Le plus grand suivi jusqu'à maintenant concernant les adolescents, le vapotage et le tabagisme, sur plus de 60'000 jeunes britanniques, ne montre aucun effet passerelle. Au contraire, l'essor du vapotage a fait plongé dans son sillage le tabagisme des jeunes anglais (18-24 ans) de 7 points passant de 26% à 19% entre 2010 et 2016.

Autrement dit, le bureaucrate Ahmed Khan raconte n'importe quoi pour justifier son interdiction totale du vapotage. L'Association des Vapoteurs Indiens (AVI) a interpellé Mehbooba Mufti, Ministre en chef du Jammu & Cachemire, sur cette décision. Sans réponse semble t-il. L'association de défense des droits des usagers va probablement tenter d'intervenir au niveau légal pour s'opposer à cette criminalisation des personnes ayant arrêté de fumer en passant au vapotage, alors que le Cachemire compte 26,6% de consommateurs de tabac sous différentes formes selon la Global Adult Tobacco Survey (GATS) diffusée en 2016.

Violation des droits de l'homme encouragée par l'OMS

L'Inde est le troisième producteur mondial de tabac, derrière la Chine et le Zimbabwe. Cinq Etats indiens, principales zones de production de tabac, ont déjà interdit la vente de vape, un produit largement produit en Chine, grand voisin et rival de l'Inde. Jagdish Kaur, cadre indienne du bureau anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), avait lancé un appel à criminaliser les vapoteurs à l'exemple des juntes militaires Nord-Coréenne et Thaïlandaise en septembre 2017 dans l'Indian Journal of Public Health

A la lumière des ravages fait par cet appel en Asie (Singapour par exemple) en encourageant les politiques de répression contre les usagers de nicotine à risque réduit avec la vape, une absence de remise en cause par les délégations des pays démocratiques de la dérive contre les droits humain et son instrumentalisation par les intérêts tabagiques locaux du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS lors de son sommet du 1er au 6 octobre à Genève serait incompréhensible et inexcusable.


vendredi 27 octobre 2017

[zgrub] Robert Mugabe, l'ex-futur Ambassadeur de l'OMS, défend la production de tabac du Zimbabwe

"Le Président Robert Mugabe ne croit pas que le Zimbabwe, dont le tabac est la principale exportation rapportant des devises, doit arrêter d'en cultiver tant qu'en premier lieu, il y a des gens qui fument et en demandent, et d'autre part, tant que des boissons pécheresses sont produites et vendues ailleurs dans le monde, des boissons telles que le whisky, des tas de différentes bières qui comptent bien plus de morts que de juste fumer". George Charamba, porte-parole du Président Mugabe, s'est livré à un numéro d'équilibriste assez surréaliste devant les médias du Zimbabwe. Après la nomination avortée de Mugabe comme Ambassadeur de bonne volonté de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Secrétaire à l'information du Gouvernement du Zimbabwe a expliqué que celui-ci n'était pas au courant et n'aurait de toute façon pas accepté cette nomination. 

La semaine dernière au Sommet sur les maladies non-transmissibles à Montevideo (Uruguay), le Dr Tedros, directeur général de l'OMS, annonçait cette nomination dans son discours d'ouverture. Depuis, le verbatim a été expurgé par les services de l'OMS et le Dr Tedros a annulé cette nomination suite au tollé des organisations de défense des droits humains et la réaction de plusieurs pays occidentaux, tels que le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis. Pour sauver la face, comme le souligne malicieusement le magazine Science, le dictateur de 93 ans a donc fait communiquer qu'il n'aurait pas accepté ce poste. "De peur que l'on oublie que le Zimbabwe est un producteur mondialement connu de tabac, et que son chef d'Etat soit considéré comme un Ambassadeur de bonne volonté d'une agence qui a une position bien définie sur la culture du tabac et la vente du tabac", déclare M. Charamba, le porte-parole du Président Mugabe.

George Charamba pense que cela aurait été "une contradiction" et "porté atteinte à l'intérêt national du Zimbabwe". Derrière la réaction vexée du dictateur, il semble pourtant que le Zimbabwe a raté là une opportunité de défendre ses intérêts commerciaux. Le pays au sud de l'Afrique est la seconde puissance mondiale exportatrice de tabac brut derrière le Brésil, qui a placé Vera daCosta au poste de Secrétaire générale du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. Autre grande nation de tabac très influente à l'OMS, l'Inde se place troisième en terme de gain de balance commerciale par la vente de tabac non manufacturé. 

Yagdish Kaur, sa représentante à l'antenne de l'OMS pour l'Asie du Sud-Est a appelé, dans la revue Indian Journal of Public Health le 15 septembre, à la persécution des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage en suivant le modèle de répression en vigueur "en Corée du Nord et en Thaïlande". Arrestation et emprisonnement de vapoteurs y sont courants. Les pratiques de mises à l'isolement, violences, tortures, viols, travaux forcés en détention de ces deux dictatures sont dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Suite à l'appel de Yagdish Kaur, des parlementaires de Singapour ont déposé un projet de loi visant aussi à criminaliser les vapoteurs.


jeudi 7 septembre 2017

[Ristret'] Vape Expo India interdit par les autorités

Le Vape Expo India a été interdit par les autorités. Les organisateurs du salon, qui devait se tenir ce week-end des 9-10 septembre, ont été contraints d'annuler. "Pour des raisons indépendantes de notre volonté, le Vape Expo India 2017 ne pourra pas se tenir", peut-on lire sur leur site. Comme nous l'avions annoncé Vape Expo India était menacé depuis le 31 août malgré les autorisations préalablement obtenues. "Cet événement veut promouvoir le vapotage et aussi attirer des jeunes", argumente la lettre exigeant l'interdiction de Padmakar Singh, directeur de la santé de l'Etat de l'Uttar Pradesh, citée par Times of India.

Les 200 exposants, les défenseurs des usagers et les conférenciers, tels que le Pr Rafesh N. Sharan de l'Université de North-Eastern Hill, se retrouvent interdits au dernier moment de pouvoir participer au salon. "La société organisatrice, Connextions Orbis, voudrait demander réparation en justice pour le préjudice", affirme le Times of India. L'absence de préavis de l'interdiction pour un événement commercial et culturel classique pourrait retenir l'attention de la Haute-Cour de Delhi, estime le site italien SigMagazine.

Alors que 120 millions d'indiens fument, le vapotage pourrait éliminer cette cause majeure de maladies et de morts prématurées en une vingtaine d'années, selon une analyse de l'Université de Bangalore. Mais l'Inde, grand producteur mondial de tabac, envisage sérieusement d'interdire totalement l'outil de réduction des méfaits. Ses représentants à l'OMS avaient fait le forcing pour qu'une prohibition mondiale du vapotage soit soutenue par l'organisation Onusienne. Sans succès devant les réticences du Royaume-Uni, du Canada et de l'Union Européenne face aux arguments peu scientifiques avancés par les prohibitionnistes.



samedi 2 septembre 2017

[Expresso] Vape Expo India menacée d'interdiction à une semaine de l'ouverture

"Nous avons fait les demandes d'autorisation en mars 2017 et la notification d'interdiction arrive à seulement une semaine de l'ouverture". La série de tweets du Vape Expo India expriment le désarroi de l'organisation du salon censé se tenir les 9 et 10 septembre à New Delhi.
De son côté, Rakesh Gupta, activiste anti-vape du Punjab, indique triomphant que la décision d''interdire la tenue du salon viendrait du haut de l'Etat.

Les voix de la réduction des méfaits étouffées ?

A quelques jours de l'événement, organisateurs, exposants et participants se retrouvent dans l'incertitude alors que certains sont déjà sur place pour préparer le salon. Pour le moment, difficile de savoir ce qu'il adviendra, même si les organisateurs travaillent à permettre sa tenue et appellent à rester calme..

La très attendue conférence du Pr Rafesh N. Sharan, de l'Université de North-Eastern Hill, pourra t-elle y avoir lieu? Le biochimiste a cosigné une lettre remarquée avec le Pr M Siddiqi, directeur de la Fondation contre le cancer indienne, début août pour appeler les autorités à ne pas priver les fumeurs indiens d'une alternative pour sortir des cigarettes.

Cette initiative s'oppose au projet de prohibition du vapotage qui pourrait être imposée en Inde au niveau fédéral. Cinq Etats ont déjà décrétée une telle interdiction. Mais un an après son entrée en vigueur au Karnataka, les vapoteurs indiens viennent de déposer un recours en justice contre celle-ci, ayant mis à jour que les soi-disant études la justifiant n'existent pas.

120 millions de fumeurs livrés au tabac

La situation est tendue pour la vape en Inde malgré le nombre croissant de vapoteurs réussissant ainsi à quitter le tabagisme. Parmi les grands producteurs mondiaux de tabac, l'Inde a fait le forcing lors du dernier sommet de l'OMS sur son sol pour faire interdire l'outil de réduction des méfaits sans tabac ni combustion. La bataille pour l'accès au vapotage est loin d'être finie dans un pays qui compte plus de 120 millions de fumeurs. Pourtant, une étude de l'Université de Bangalore estime que le vapotage pourrait éliminer le tabagisme indien dans les trente années à venir, si les autorités le soutiennent...


mardi 22 août 2017

Les vapoteurs indiens font recours contre l'interdiction du vapotage au Karnataka

Le recours des vapoteurs a été admis aujourd'hui par la Haute-Cour de justice du Karnataka. Le 15 juin 2016, cet Etat du sud-ouest de l'Inde interdisait le vapotage. UT Khader, son Ministre de la santé, justifiait alors la décision sur la base d'études menées par le Comité de prévention du cancer. Sauf que ces recherches censées démontrer les dangers du vapotage n'ont jamais existé. "Une requête sur la base du droit à l'information (RTI) a montré que ces études n'ont pas été menées, ce qui fonde le dépôt de ce litige d'intérêt public (PIL)", explique le communiqué du Conseil pour les alternatives à risque réduit.

Samrat Chowdhery, son porte-parole et également dirigeant de l'Association des vapoteurs d'Inde (AVI), demande d'abroger l'interdiction injustifiée et d'élaborer une réglementation sur la base des études scientifiques réellement existantes. "Non seulement le vapotage est au moins 95% plus sûr que de fumer, mais c'est aussi une méthode d'arrêt du tabagisme efficace", précise le communiqué. Le recours argumente le bénéfice de santé publique que peut apporter le vapotage. L'Etat du Karnataka a désormais six semaines pour envoyer sa défense à la Haute-Cour de Bangalore. Avant un verdict à une date encore indéterminée...

PS. La réponse à la requête en droit à l'information sur les prétendues études pour fonder l'interdiction du vapotage de l'Etat du Karnataka (source > annexes C):







vendredi 11 août 2017

[Expresso] En Inde, la vape se développe malgré les menaces

"La culture vape se développe en Inde". YourStory, le media en ligne sur les petites entreprises innovantes indiennes, consacre un article à l'essor du vapotage sur le sous-continent. En guest star, Vape Stop, un vendeur online de produits de vapotage a ouvert en début d'année. "En aidant les Indiens à lâcher la clope, Vape Stop veut libérer le pays du tabac d'ici 2030", titre le média indien. La startup se distingue par son offre de produits de vapotage avancés. Exit les ciga-likes et place aux combos mods et atomiseurs récents livrant plus d'autonomie, de volume de vapeur et de plaisir aux usagers. La firme basée à Delhi a déjà doublé son chiffre d'affaire en six mois. "En étant le pionnier dans le pays, nous avons peu de concurrence sur le secteur du vapotage avancé pour le moment", explique Anant Jangwal le fondateur de l'entreprise qui espère créer des boutiques physiques sous peu.

Vape Expo India les 9 et 10 septembre

Des concurrents pour Vape Stop, les vapoteurs indiens peuvent en espérer sous peu. Un premier salon Vape Expo India se tiendra les 9 et 10 septembre prochains à Delhi. L'occasion de faire connaitre les produits récents aux acteurs du marché et aux usagers. Anant Jangwal sera d'ailleurs un des intervenants aux conférences du salon. Mais plus que la future concurrence, ce que le patron de la startup redoute ce sont les menaces des projets législatifs. Comme nous l'avons déjà relaté, le Ministère de la santé envisage sérieusement d'interdire le vapotage en Inde. Actuellement cinq Etats l'ont déjà fait. "Anant espère que le Gouvernement indien inclut le vapotage dans sa stratégie de réduction du tabagisme et soutienne cette industrie indépendante à l'avenir", souligne YourStory. Une perspective partagée dans ses grandes lignes par l'association des usagers indiens dans sa lettre au Ministre de la santé au début du mois.

L'OMS connection

Avec notamment le poids massif de la production de tabac brut qui rapporte plus de 650 millions de dollars dans la balance commercial du pays, les intérêts économiques à court terme ne sont pas en faveur du mode de consommation de nicotine à méfaits extrêmement réduits. Pourtant, la santé publique gagnerait a offrir une sortie aux 120 millions de fumeurs indiens. Pour le moment, les autorités semblent pencher pour les intérêts économiques avant le bien-être de la population, jusque dans ses intrigues au sommet anti-tabac de l'OMS qui s'était tenu en novembre dernier dans le même centre d'exposition de Noida où se tiendra le Vape Expo India.


dimanche 6 août 2017

Inde: les vapoteurs demandent au Ministre de la santé de reconsidérer le projet de prohibition

"Une telle décision compromettrait le potentiel de réduction des méfaits des produits de vapotage. Ce serait un vol d'un droit pour des millions de fumeurs et de vapoteurs en Inde". L'Association des Vapoteurs Inde (AVI) demande au Gouvernement de reconsidérer son projet de prohibition du vapotage. Annoncé par la presse suite à un rapport d'un comité technique, l'éventuelle interdiction totale du vapotage en Inde priverait les plus de cent millions de fumeurs locaux d'accès légal à cette alternative de consommation de nicotine à risque fortement réduit. "Récemment le Collège Royal des Médecins britannique a publié un rapport scientifique analysant des dizaines d'études et conclue que le danger pour la santé à long terme de l'inhalation de vapotage est susceptible d'être en dessous de 5% des risques de fumer des cigarettes", rappelle l'organisation des usagers dans sa lettre du 1er août à Jaggat Prakash Nadda, le Ministre de la santé. 

L'Inde à contre-courant

L'outil est déjà utilisé par de nombreux organismes d'aide à la sortie du tabagisme et des millions d'utilisateurs de vapotage se sont libérés de la cigarette à travers le monde. Un phénomène qui amène des pays à l'intégrer à leur politique de santé. L'AVI cite le très récent plan "pour une génération sans fumée" du Gouvernement britannique: "Aider les gens à quitter le tabagisme en autorisant les technologies innovantes qui minimisent le risque de méfait et maximiser la disponibilité des alternatives plus sûres". L'Etat fédéral américain, par l'entremise de la Food and Drug Administration (FDA), prend aussi le chemin d'utiliser le vapotage contre les cigarettes dans son nouveau plan anti-tabac. "Scott Gottlieb, le Commissaire de la FDA, reconnait l'importance des mécanismes de délivrance de la nicotine et il annonce un changement de réglementation pour pousser les fumeurs à passer au vapotage", souligne l'Association indienne.

Consulter les usagers

Les représentants des vapoteurs déplorent que l'Inde semble prendre le chemin inverse. Dans un pays frappé par le tabagisme, où plus de 900'000 personnes en meurent chaque année selon les estimations officielles, ils regrettent l'orientation anti-vape prise sur la base d'une évaluation unilatérale. "Nous demandons aussi au Ministère de la Santé de prendre une approche plus consultative (...). Nous serions heureux d'avoir l'opportunité d'expliquer plus en détails notre position et présenter au Ministre des personnes pour qui le vapotage a fait la différence entre une mort certaine et la vie."


jeudi 3 août 2017

[Expresso] L'Inde fait un pas de plus vers la prohibition de la vape

L'Inde va t-elle interdire totalement le vapotage? "Le Ministère de la santé envisage une interdiction des systèmes électroniques de délivrance de nicotine (ENDS), dont le vapotage est le prototype, après qu'un rapport du comité technique a évalué que le vapotage est potentiellement mortel. Cette prohibition est aussi envisagée car le vapotage pourrait affaiblir la campagne publique pour mettre en lumière les dangers de santé du tabagisme", annonce le Times Of India du 1er août. Surprenante priorité fixée par le Ministère de la santé dans un pays où un tiers de la population adulte consomme des produits du tabac, dont 108 millions de fumeurs de cigarettes. Mais l'Inde engrange aussi plus de 650 millions $ d'excédents commerciaux annuels grâce à l'exportation de tabac brut, deuxième pays derrière le Brésil à bénéficier le plus de ce commerce. L'Inde est une des principales nations mondiales du tabac. 

C'est dans ce contexte que le Gouvernement espère interdire le vapotage au niveau fédéral. En novembre dernier, sa délégation avait fait le forcing pour un appel à la prohibition totale mondiale du vapotage à la dernière Convention anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Noida, dans la banlieue de Delhi. L'Inde fait un pas supplémentaire pour l'appliquer à domicile. Le comité, créé en mai dernier par le Ministère de la santé, justifie sa recommandation d'interdire le vapotage sur l'avis de l'OMS, que sa délégation avait soutenu. 

Prohibition voulue, mais pas encore actée...

Juridiquement, le Ministère de la santé reconnait encore buter sur un problème de droit. Pour des raisons évidentes de proportionnalité, la Loi indienne sur les cigarettes et autres produits du tabac (COTPA) ne permet pas d'interdire un produit à risque fortement réduit par rapport à ceux légaux. "La COTPA ne permet pas d'interdire le vapotage, et donc, nous sommes confrontés au défi de trouver une solide assise légale. Nous sommes persuadés qu'il faut interdire le vapotage, mais si nous ne nous assurons pas d'avoir un socle légal solide, cela tombera devant les tribunaux", explique un haut responsable du Ministère, resté anonyme, au Time of India. 

Le Ministère envisage donc de fonder l'interdiction sur d'autres lois, notamment celles concernant les médicaments et/ou celles sur la sécurité des aliments. A l'image des cinq Etats indiens - le Karnataka, le Kerala, le Punjab, le Maharashtra et récemment le Jammu & Cachmire -, qui ont déjà banni le vapotage. Un petit commerçant de produits de vapotage a d'ailleurs déjà été condamné à trois ans de prison dans l'Etat du Penjab.  

Le vapotage pourrait éliminer le tabagisme indien en trente ans

Samrat Chowderry, de l'Association des Vapers d'Inde (AVI), espère que cette annonce médiatique du Ministère laisse encore ouverte la porte à des initiatives. "Le fait que le Gouvernement lance cette information au lieu de promulguer l'interdiction directement implique qu'il y a un espace pour intervenir", déclare le directeur du groupe d'usagers au media spécialisé Vaping360. Une intervention qui serait salutaire non seulement pour les vapoteurs existants mais potentiellement aussi pour des millions de fumeurs indiens. "Environ sept fumeurs sur dix seraient susceptibles de remplacer la cigarette par le vaporisateur si celui-ci était autorisé à la vente, largement accessible et respectait des standards de sécurité et de qualité", concluait une enquête d'Ipsos en 2016.

Donner sa chance au vapotage pourrait réduire de moitié le tabagisme indien d'ici vingt ans, selon l'analyse menée par le Pr Amir Ulla Khan, de l'Université de Bangalore, relayée par le Vaping Post. Dans une perspective d'un environnement législatif favorable au moyen de réduction des méfaits, le chercheur renommé envisage même la disparition du tabac fumé d'ici trente ans. Pour le moment, les autorités ne semblent pas emprunter cette voie de salut...




dimanche 23 juillet 2017

Philip Morris Files (2) : Quel intérêt défend l'Inde à la Convention anti-tabac de l'OMS ?

Les gentils face aux méchants. Le héros au cœur pur face au diable. Les fils narratifs des articles sur le tabac sont souvent d'une simplicité enfantine. Malgré une réalité plus complexe. Dans le second volet de leur enquête sur les Philip Morris Files, les journalistes de Reuters reprennent la recette. Un officier anti-tabac de l'Etat de Delhi, S. K. Arora, traque de manière très musclée les publicités des cigarettiers dans les échoppes de tabac. Avec ses placards, Philip Morris essaie de piquer des parts de l'énorme marché indien de 275 millions de fumeurs à la marque locale ITC qui en détient 80%. L'officier Arora juge ces pubs illégales quand le cigarettier vaudois estime que la loi les autorise. La justice indienne saisie de l'affaire ne s'est pas encore prononcée. Au détour de ce chassé-croisé, où lutte anti-tabac et protectionnisme économique sont difficiles à distinguer, Reuters évoque un document très troublant de Philip Morris. Sans vraiment approfondir le sujet...

Cibler le Premier Ministre indien

"Dans les documents détaillant les plans de la société [Philip Morris] pour la Convention biennale du traité anti-tabac de l'OMS en Inde en novembre dernier, le Premier Ministre Narendra Modi est désigné comme une cible majeure. Un objectif clef: préempter Modi d'éviter de prendre "des mesures anti-tabac extrêmes" ", explique Reuters, citant la présentation power-point de Chris Koddermann en 2014. Le dirigeant canadien de la cellule de renseignement et de lobbyisme de Philip Morris a t-il réussi à démarcher le chef du Gouvernement indien? 

Reuters affirme que le cigarettier a listé trois proches du Premier Ministre indien dans l'optique de l'influencer. Le Ministre de la santé, Jagat Prakash Nadda, celui du commerce, Nirmala Sitharaman, et Amit Shah, Président du parti Bharatiya Janata. Reuters en reste là. Ni le Premier Ministre Modi et les autres personnalités politiques citées, ni le cigarettier n'ont voulu commenter. Les journalistes n'ont pas questionné l'OMS à ce sujet (Sic!).

Ils sont parmi nous

Pourtant, Jagat Prakash Nadda, le Ministre de la santé indien, a été une des têtes d'affiche de la Convention de New Delhi. A ses côtés durant l'ouverture, Maithripala Sirisena, Président du Sri Lanka, appelle à la guerre au vapotage, nouvelle "raison d'inquiétude pour les jeunes". Tandis que Vera da Costa, la Secrétaire Générale de la Convention anti-tabac de l'OMS, cadenasse toute velléités de débat: "Gardez toujours à l'esprit la présence malveillante de l'industrie du tabac parmi nous". La brésilienne est enthousiaste pour ce sommet. "Cette Conférence des Parties posera un jalon déterminant sur le chemin qui nous mènera à un monde sans tabac", prédit celle présentée comme HEAD, la tête de la Convention.

Le sommet égrène les topics habituels du traité au long de la semaine. Encouragements à augmenter les taxes sur le tabac, interdire la fumée dans les lieux publics, interdire la publicité... rien de neuf dans l'air conditionné et filtré du palais des congrès de Noida. Les 1'500 délégués et lobbyistes de diverses organisations, la plupart américaines et sponsorisées, rabâchent des propos attendus. Le sujet sensible du projet de cigarettes à très faible taux de nicotine, en vue d'interdire ou surtaxer celles en contenant plus, reste objet de débat en catimini.

Les indiens attaquent

Mais le véritable sujet sur lequel la Secrétaire Générale brésilienne fonde ses espoirs de tournant déterminant arrive le mercredi, à l'initiative du pays organisateur. Avec le soutien appuyé du Secrétariat Général, l'Inde dépose une proposition de résolution pour la prohibition totale du vapotage au niveau mondial. Co-signée par la Thaïlande, dont le tabac est monopole d'Etat, le Kenya et le Nigeria, dont la presse locale rapporte une tentative d'infiltration de la délégation par l'industrie cigarettière, l'initiative déclenche la polémique.

Les délégations du Canada, de l'Union Européenne et du Royaume-Uni résistent à cette condamnation du produit de réduction des méfaits. Le rapport produit par le Secrétariat de l'OMS pour soutenir l'interdiction comporte de graves lacunes scientifiques selon le contre-rapport du Centre de recherches sur l'alcool et le tabac britannique (UKCTAS). Le Secrétariat tente d'empêcher la diffusion du rapport britannique signé des Prs John Britton, Linda Bauld, Ann McNeill et Ilze Bogdanovica, quatre spécialistes de renommée mondiale sur le sujet. Malgré le brouillage du wifi et des ondes des téléphones portables sur ordre de l'OMS, les traductions mises en ligne par Clive Bates au second jour des débats sur le sujet seront consultées par une poignée de délégués depuis leurs chambres d'hôtel.

Jaime Arcila Sierra, au statut d'observateur à la Convention de New Delhi, est employé de l'organisation américaine Corporate Accountability International


A l'intérieur du bâtiment coupé de l'extérieur, les pressions s'intensifient sur les délégués récalcitrants et les observateurs ouverts au débat sur la réduction des méfaits. Après trois jours de palabre, la Convention prend fin et le Secrétariat Général se résout à ne pas prononcer l'appel à la prohibition mondiale des produits sans tabac ni combustion de vapotage. Agacée, Vera da Costa lâche sa "déception des résultats" de la Convention. Malgré le "fuitage" de la déclaration de la délégation européenne, le Secrétariat rédige deux jours après la Convention une déclaration finale à peine adoucie sur ce point en invitant les pays "qui n'ont pas encore interdit l'importation, la vente et la distribution de ces dispositifs à envisager de les interdire ou de les réglementer"

Pourquoi tant de haine?

Cette part cachée de la Convention de l'OMS, Reuters ne la raconte pas. C'est pourtant le seul média mainstream a avoir dépêché un journaliste au sommet de New Delhi. L'évocation du ciblage de personnalités politiques indiennes par Philip Morris reste en suspend dans son dernier article. Doit-on suspecter le forcing pour imposer la lutte contre le vapotage comme priorité de la Convention anti-tabac et les efforts de l'OMS pour pousser à sa répression, notamment aux Philippines, d'être le fruit du travail de noyautage de Philip Morris? Peut-être, ou pas... Le cigarettier a évidemment tout intérêt à maintenir la prédominance de la cigarette, son produit phare. Mais d'autres intérêts ont pu concourir à cette étrange obsession de l'OMS.



En focalisant l'attention sur l'industrie cigarettière, le discours de l'OMS laisse dans l'ombre les enjeux de balance commerciale des pays producteurs de tabac non-manufacturé. Pourtant selon les données de ITC, le Brésil avec plus de 2 milliards $ d'excédents commerciaux sur le tabac en 2016, le Zimbabwe avec 872 millions $ et l'Inde avec 651 millions $, ont un intérêt économique évident à maintenir la consommation de tabac face à son concurrent sans tabac du vapotage. Un aspect étrangement absent des débats et de la couverture médiatique. Alors que l'Inde a investi une somme importante, certains évoquent plusieurs millions de dollars, pour financer l'organisation du sommet de l'OMS. 

Le Secrétariat de l'OMS ne respecte pas le traité qu'il est censé faire appliquer

Le point est d'autant plus troublant que le Secrétariat Général bafoue ouvertement, avec sa guerre au vapotage, le principe de réduction des méfaits pourtant stipulé au premier article, point (d), définissant la lutte anti-tabac du Traité. Un principe cher aux défenseurs d'une approche intégrant les outils de consommation de nicotine à faible risque contre le tabagisme. Mais pour le moment exclu par l'OMS, au profit des vendeurs de cigarettes, des producteurs de tabac et de quelques autres bénéficiaires de l'industrie de la maladie. Et au détriment de la santé publique et des usagers de nicotine.







samedi 22 juillet 2017

PMI Files(1): La transparence victime de la guerre froide entre l'OMS et Philip Morris

Dans l'hôtel Hyatt Regency de New Delhi, la cellule bouillonne. A une heure de route de la Convention anti-tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des agents de Philip Morris (PMI) se préparent à y cueillir Nguyen Vinh Quoc, délégué du Vietnam. La scène est photographiée par un journaliste de Reuters. Le chauffeur de la camionnette blanche du cigarettier avouera avoir multiplié les allers-retours à l'hôtel de la délégation vietnamienne cette semaine du 7 au 12 novembre 2016. Quelques mois plus tard mis devant l'évidence, Andrew Cave, cadre de Philip Morris, reconnaît que ses collègues ont discuté «de questions politiques» avec les délégués de la nation d'Asie du Sud-Est. 

Cet épisode semble sortir d'un roman d’espionnage en pleine guerre froide. Mais ce n'est qu'une des histoires révélées par l'enquête de quatre journalistes de l'agence Reuters la semaine dernière. Ayant mis la main sur des «milliers de documents internes» datés de 2009 à 2016, l'agence de presse a commencé de publier une série d'articles sur les «Philip Morris Files». Elle n'a mis en partage public qu'une petite partie de ceux-ci. 

Noyautage à New Delhi

En novembre dernier dans la banlieue de New Delhi (Inde), des représentants de British American Tobacco (BAT) et Japan Tobacco (JTI) tentent vainement d'entrer à la 7ème Convention du traité anti-tabac en s'enregistrant pour y assister. Leurs concurrent vaudois optent pour des méthodes clandestines de noyautage. Ce choix de Philip Morris prend origine de la fermeture de plus en plus dure de la Convention de l'OMS aux cigarettiers. A la Convention précédente, à Moscou en 2014, un cap est passé avec l'expulsion et l'interdiction du public et des médias. 

Mais la firme lausannoise s'arrange pour ne pas être atteinte par ces restrictions. Au contraire, elle va les transformer en atout. Depuis 2010, Philip Morris a embauché Chris Koddermann, un juriste canadien, pour monter une cellule de renseignement et de lobbyisme. Les journalistes de Reuters évaluent ses effectifs à environ une quarantaine d'agents. En 2014, le responsable exécutif fixe la stratégie à l'aide d'un power-point de 125 pages leaké par Reuters. Retourner les nouvelles réglementations à son avantage, identifier et influencer les leaders clefs et les médias... les éléments de lobbyisme conventionnel sont énumérés.

Les accros aux taxes tabac

Plus précis sont les deux objectifs principaux assignés par Chris Koddermann à son équipe pour la Convention 2014 à Moscou. S'assurer que les règles de taxation restent dans le giron des Ministères des finances, alliés devenu naturels aux cigarettiers grâce aux hausses des taxes exigées par l'OMS. Et empêcher que le Traité ne sorte le tabac des marchandises régulées par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Au dernier jour de la convention moscovite, le responsable de PMI se félicite dans un mail interne du «résultat formidable» obtenu par sa cellule. La déclaration de l'OMS ne réclame pas l'exclusion du tabac des accords commerciaux de l'OMC.

Le projet de prohibition totale du vapotage anticipé

Outre ce travail d'influence, l'équipe de Philip Morris récolte des renseignements. Dés 2014, au sortir de la Convention de Moscou, les cadres du cigarettier évaluent la forte probabilité d'un appel à une interdiction mondiale du vapotage par l'OMS à sa Convention de 2016. Philip Morris a t-il tenu compte de cette information de première qualité pour miser sur le tabac chauffé en place du vapotage ? Difficile à juger à partir du peu de documents mis en partage par Reuters.

Guerre win-win ?

Ce qui apparaît clair à la lecture des documents du cigarettier est qu'il a pleinement profité du blocus de l'information par l'OMS pour prendre l'avantage sur ses concurrents en noyautant les Conventions. Et a fortiori, au détriment de la société civile et des associations des droits des usagers de moyens de réduction des méfaits exclus des débats par l'OMS. Du côté de l'organisation onusienne, cette guerre froide a justifié l'extension des pouvoirs du Secrétariat Général. Vera da Costa continue d'ailleurs de jouer cette partition militaire en évoquant à Reuters, «la guerre» qu'elle doit mener face aux cigarettiers.

Business and politics as usual

Première conséquence de ces révélations de l'agence de presse, les traders ont vu confirmé la réputation positive du cigarettier lausannois à manipuler les législations à son avantage, cette "recette du succès" de Philip Morris. Dans Forbes, John Brinkley, observateur du Big Business relève que "en dépit des similarités avec le syndicat du crime organisé, ou peut-être pour cette raison, l'industrie du tabac va remarquablement bien financièrement. La côte de l'action de Philip Morris (à la bourse de New-York) a progressé de 49$ à 118$ ces dix dernières années"