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dimanche 11 novembre 2018

[Bref] Le Département des accises de Thaïlande voudrait légaliser le vapotage avec une taxe

"Des changements majeurs sont en cours concernant le vapotage en Thaïlande", annonce le site d'information thaïlandais Sanook. Le Directeur général du Département des accises Anuntasilpa Patchara a annoncé à la presse ce 7 novembre étudier une légalisation du vapotage en le taxant. Mais le dossier est épineux. "Le Ministère des Accises est prêt à taxer le vapotage en tant que produit légitime. Parce que ce n'est pas une drogue. Mais le Ministère du Commerce en a interdit l'importation et le Ministère de la Santé s'oppose à sa consommation", explique le directeur du Département des accises au journal local Khaosod

L'association des vapoteurs reçue au Ministère du commerce

Ces dernières semaines, le Ministère du commerce a reçu l'association de défense des vapoteurs Ends Cigarette Smoke Thaïland (ECST). Le dernier rendez-vous le 31 octobre a débouché sur la constitution d'un comité pour reconsidérer le statut du vapotage. Autre motif de réformer la vape pour le Gouvernement: le tourisme. Les ambassades de huit pays ont demandé des clarifications sur le statut du vapotage suite aux arrestations de leurs ressortissants. "Au cours des seuls trois derniers mois, le Département des accises a saisi 80 produits de vapotage divers et infligé des amendes d’un montant total de 5 millions de bahts [≃152'000 Fs]", précise le Bangkok Post du 8 novembre

Les arrestations de touristes sont un "gros problème"

Depuis la prohibition décrétée en décembre 2014 par la junte militaire, détenir un produit de vapotage équivaut à du trafic illégal, punissable jusqu'à dix ans de prison et d'une amende. De manière aléatoire, des vapoteurs locaux et étrangers ont été arrêtés, parfois amendés, parfois incarcérés"L'impact sur les touristes entre en jeu sur le dossier du vapotage. C'est un gros problème chaque jour", reconnait le Directeur Anuntasilpa Patchara. Son département estime les cigarettes de tabac chauffé simples à réglementer, tandis que le cas des liquides de vapotage doit être évalué pour fixer "une fiscalité correcte"

Dans l'attente d'une réforme, la détention de produits de vapotage reste punissable d'amende et de prison en Thaïlande. Le Royaume compte officiellement 42% de fumeurs, qui consomment pour 80% des cigarettes du Monopole du Tabac de Thaïlande.

samedi 10 novembre 2018

En Allemagne, la Revue des médecins allume le dogmatisme stérile de l'OMS contre la réduction des risques

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) essuie une virulente charge dans le dernier numéro d'Äertze Zeitung, le journal des médecins allemands. L'approche de l'OMS contre les outils de réduction des risques, tels que le vapotage, ressemble à une doctrine idéologique conduite "d'une main de fer contre la société, au prix de dommages collatéraux", aux yeux de Matthias Wallenfels. Le rédacteur-en-chef de la rubrique économie d'Äertze Zeitung compare la politique de l'agence onusienne aux anciens "systèmes communistes". "Les mouvements sociaux et les aspirations à changer le système sont systématiquement poursuivis de manière répressive - jusqu'à ce que le système s'effondre à la fin. Cela pourrait également arriver à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans ses travaux en cours sur la Convention-cadre pour la lutte antitabac (FCTC)", estime t-il. 

Critiques étouffées

Le 8ème sommet anti-tabac (COP8) de l'OMS à Genève début octobre a accouché des habituelles recommandations de hausse des taxes et d'interdiction de publicité du tabac et, sans oublier, plus de fonds pour la prévention. "Parce que cela ne convient pas à leur idéologie, les représentants de la COP8 ont également tout mis en œuvre pour éviter de réagir aux nombreuses manifestations contradictoires de diverses organisations à Genève", rapporte Matthias Wallenfels. 

Cible de la contestation: la politique univoque de l'abstinence comme solution unique proposée aux fumeurs pour s'en sortir. Un dogme de l'OMS qui pourrait la conduire à nuire à la santé publique estime le Vaping Post cette semaine. Aux critiques à chaud du réseau INNCO, dont celle des représentants francophones (ACEAF, Aiduce, Helvetic Vape et Sovape), le témoignage de Claude Bamberger, s'ajoute cette semaine la voix espagnole de l'association Anesvap. Son analyse pointue sur "cette chaise cassée" qu'est l'OMS pointe le pilier brisé de la réduction des risques dans la politique tabac de l'agence onusienne. Mais ce sont aussi les disparitions du respect des droits humains et de la transparence qui inquiètent. Du côté de l'organisation Consumer Choice, Bill Wirtz s'agace dans Agora des orientations bureaucratiques de l'OMS.

Les médecins rejoignent le mouvement vers la réduction des risques

Au mouvement des usagers de moyens de consommer la nicotine à risque réduit s'ajoutent "de plus en plus de médecins du monde entier pour plaider contre la résistance des sociétés professionnelles à envisager des solutions de remplacement au tabagisme", se réjouit Äertze Zeitung. Même au risque d'être accusés d'être à la solde de l'industrie cigarettière, précise le rédacteur-en-chef. "Au lieu de soutenir activement les fumeurs concernés par ce changement, en Allemagne, on accuse le vapotage d'être un produit de l'industrie du tabac", déplore le Dr Knut Kröger, au journal des médecins.

Sortir de l'échec programmé

Le Dr Kröger est l'un des éminents spécialistes allemands avoir pris position en faveur de la réduction des risques au 34ème Congrès national d'angiologie la semaine dernière à Bonn. Avant eux, plus de 70 spécialistes mondiaux avaient également publié une supplique à l'OMS pour l'appeler à prendre en considération la réduction des risques avant son Sommet.

"Les méthodes d'abstinence conventionnelles, en partie fondées sur des preuves, sont en échec. De sorte qu'aujourd'hui, le vapotage est la méthode la plus fréquemment utilisée pour tenter d'arrêter de fumer aussi en Allemagne", appuie Matthias Wallenfels. "La population est de plus en plus disposée à adopter des solutions de remplacement"

jeudi 18 octobre 2018

[Bref] En Thaïlande, les vapoteurs demandent à l'Ombudsman d'intervenir pour faire cesser la répression

Détenir une vaporette en Thaïlande peut vous faire condamner, pour importation d'un objet illicite, à dix ans de prison et une amende d'un million de baths (26'000€). Depuis le 12 décembre 2014, la junte militaire a interdit les produits de vapotage. Depuis des arrestations de vapoteurs bourgeonnent de manière aléatoire au gré des humeurs arbitraires des forces de l'ordre. La presse locale fait parfois l'écho de ses arrestations absurdes, de la vieille dame ayant arrêté de fumer avec le vapotage à la jeune starlette du web contrôlée avec une vaporette dans sa voiture, où même le touriste suisse mal-informé de la situation.

L'Ombudsman saisi de l'affaire

L'Ends Cigarette Smoke Thaïland (ECST), l'association des vapoteurs "pour en finir avec la cigarette fumée", s'est adressé au Directeur du département des droits de l'Ombudsman pour que cette interdiction soit reconsidérée. L'Ombudsman, qui a un rôle de médiateur lors de contentieux entre citoyens et pouvoirs publics, est officiellement entré en matière pour "enquêter sur la légalité de la prohibition du vapotage en Thaïlande".

L'ECST entendu au Ministère du commerce

Dans une situation réglementaire considérée comme la pire au monde par les spécialistes du domaine, l'association des vapoteurs de Thaïlande active les leviers à sa portée pour faire bouger les choses. Le 12 octobre, une délégation de l'ECST était reçu au Ministère du commerce, qui a ouvert un examen sur la question du vapotage depuis le 8 octobre. Les représentants des vapoteurs ont remis entre autres documents, une pétition de plus de 40'000 signatures pour légaliser le vapotage en Thaïlande.

Marit Karunyawat, représentant de l'ECST, fait valoir, dans le journal Asia Times, que régulariser le vapotage serait bénéfique à toutes les parties. Les usagers ne seraient plus en prise avec une répression absurde et arbitraire et ils trouveraient des produits avec plus de sécurité sur leur qualité. Surtout, les fumeurs auraient accès plus facilement à un moyen de réduction des risques reconnu, alors que le tabagisme touche une large part de la population. En régularisant les produits de vapotage, les pouvoirs publics pourraient les réglementer et en contrôler les conditions de vente.

De son côté, Roengrudee Patanavanich, responsable adjoint du Centre de recherche sur la lutte antitabac, reconnait qu'il y a de plus en plus de vapoteurs en Thaïlande et dans le monde. Cependant, selon lui "jusqu'à 30,5% des personnes qui vapotent pensent, à tort, que celles-ci ont un bon parfum, sont sûres et modernes et sans additifs". Seront-ils entendus dans un pays où l'Etat détient le Monopole du Tabac de Thaïlande ?

L'ECST a reçu une réponse d'entrée en matière de l'Ombudsman:

vendredi 5 octobre 2018

#COP8FCTC Le Secrétariat de l'OMS fait un coup de force pour violer le principe de réduction des risques de la Convention-cadre anti-tabac !

Entamées lundi, les discussions au Sommet mondial anti-tabac de l'Organisation Mondiale de la Santé sont dans une impasse au sujet de la réduction des risques face au tabagisme. D'un côté, les pays favorables à intégrer le vapotage, à l'image du Royaume-Uni qui a réduit d'un quart le nombre de fumeurs depuis 2011 grâce à cet outil. De l'autre les grandes nations productrices de tabac, l'Inde, le Brésil, la Thaïlande notamment, qui veulent prohiber ce moyen d'éviter de fumer. Ce matin, Vera Da Costa, la Secrétaire générale du Secrétariat de la Convention de l'OMS, tente un coup de force inouïe en annonçant à la presse allemande que "l'OMS demande l'interdiction du vapotage". Ceci sans décision de l'assemblée  et contre le principe inscrit dans le texte même de la Convention-cadre, dans son premier article, qui fonde cette réunion des 180 pays et l'Union Européenne. 

Hier, la Framework Convention Alliance, ONG pour ainsi dire "double jumelle" du Secrétariat, appelait les délégués à abandonner le sujet de la réduction des risques dans son bulletin. Un enfumage pour étourdir et endormir les potentiels défenseurs de la réduction de srisques. Ce matin, la brésilienne a eu le champ libre pour lancer son appel à la guerre aux vapoteurs dans la presse. Vera da Costa a donc décidé de son propre chef de remettre en cause le fondement même de cette Convention-cadre, et de déclarer la guerre aux vapoteurs sans accord de l'ensemble des pays membres. 

Vera da Costa abolit de facto l'article 1 de la Convention-cadre anti-tabac !

Dans toute autre organisation, un tel coup de force méprisant les membres de l'organisme se solderait par un scandale et l'exigence de la démission illico de la Secrétaire générale, qui outrepasse définitivement son rôle. Les heures qui viennent nous diront si les pays démocratiques, et notamment le Royaume-Uni qui finance très généreusement l'organisme, sauront mettre le holà à cette dérive ahurissante du Secrétariat de la Convention-cadre anti-tabac de l'OMS. Mais les violations répétées de transparence et des droits des usagers des moyens de réduction des risques du Sommet anti-tabac de l'OMS depuis le début de cette semaine à Genève n'inclinent pas à l'optimisme d'une réaction à la mesure de la dérive...

Voir la vidéo en 4 petites parties (à faire enchainer ;) ) d'une discussion hier de membres d'INNCO à Genève sur le déroulement de la COP8FCTC



jeudi 4 octobre 2018

#COP8FCTC L'OMS a t-elle censuré les images du débat sur le statut d'observateur demandé par INNCO ?

Le bâillon sur la réduction des risques ne sera pas télévisé. Lundi après-midi, le flux du streaming s'est arrêté juste à ce moment-là. Durant les dix minutes du débat et du vote sur l'obtention du statut d'observateur à INNCO, le réseau des organisations de consommateurs de produits nicotinés à risque réduit. Verdict du procès sans témoin: les délégués au 8è sommet mondial "anti-tabac" de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont refusé le statut d'observateur à l'INNCO. "Non seulement la coupure de la vidéo est un exemple flagrant du manque de transparence. Mais c'est aussi la démonstration de la nécessité de la présence des parties concernées non partisanes au cours de la procédure pour garantir le processus démocratique et sa transparence", explique Kim Dabelstein Petersen, de l'association des vapoteurs danois DADAFO, dans le communiqué du jour d'INNCO.

OMS Zéro transparence

Les représentants des vapoteurs espèrent encore récupérer l'enregistrement de la séance dont la retransmission a été coupée. Un vote lors de la séance d'ouverture avait garanti l'accès public par vidéo-streaming des séances. Mais quatre jours après l'incident, le Secrétariat anti-tabac de l'OMS n'a toujours pas tenu cet engagement. "Nous pensons que c'était une ruse pour détourner l'attention du fait qu'interdire le public et l'organisation INNCO rendrait la transparence réelle pratiquement nulle. Le fait que les sessions plénières n’aient toujours pas été chargées sur le site à des fins de contrôle externe, comme convenu et promis, quelle que soit la raison, fait de la transparence un zéro absolu", s'agace l'organisation faîtière qui regroupe 36 associations.

"Nous sommes de vraies personnes"

Quelques représentants des associations de vapoteurs ont pu assister dans le public à la séance d'ouverture durant seulement 3 heures sur la semaine de réunions. "Mais avoir été dans la tribune du public ne suffit pas, INNCO aurait dû bénéficier du statut d'observateur", explique Tomas O'Gorman, de l'association ProVapeo Mexico. Le mexicain, en butte à l'interdiction du vapotage dans son pays, poursuit: "Nous avons besoin de partager nos expériences avec les délégués, de leur montrer que nous ne sommes pas juste un chiffre dans des statistiques ou des tableaux. Nous sommes de vraies personnes et qu'ils décident de notre vie". 

"Le Secrétariat de la Convention de l'OMS et la lutte anti-tabac n'acceptent aucun apport de la société civile et des 1,4 milliards de consommateurs dans le monde. Ceci est totalement inacceptable selon le droit des traités, selon le droit international et selon les principes de fonctionnement de l'ONU et de l'OMS", appuie le communiqué d'INNCO. Face à la tour d'ivoire dans laquelle le Secrétariat anti-tabac de l'OMS a enfermé les délégués avec quelques 1'500 lobbyistes triés, Tomas O'Gorman est dépité: "Les fumeurs méritent d’avoir des alternatives plus sûres, et la Convention anti-tabac de l'OMS veut leur refuser ce droit".

Quelques membres d'INNCO ce midi sur la place des Nations discutent à bâtons rompus du manque de transparence de l'OMS:


lundi 1 octobre 2018

#COP8FCTC Premier jour, première boulette: Anne Bucher, nouvelle DG santé Européenne, croit que la vape est du tabac

"Mais... même si le vapotage ne contient pas de tabac?", insiste le journaliste incrédule. "Oui!", tonne péremptoire Anne Bucher à la conférence de presse de la COP8 anti-tabac de l'OMS. La nouvelle Directrice générale à la santé de la Commission Européenne en est persuadée: la vape, c'est du tabac. Même s'il n'y a pas de tabac. Même s'il n'y a pas non plus de combustion, de dégagement de monoxyde de carbone ni de goudron. C'est du tabac, comme une cigarette. Pour son premier jour en fonction, Anne Bucher nie la distinction faite dans la directive européenne. La française nie aussi allègrement la science, l'évidence et le bon sens des 89% de citoyens ayant participé à la récente consultation de la Commission Européenne. Incompétence obtuse de la nouvelle DG ? Ou peut-être une histoire de climat ?

Climat médiéval 

Du climat, il en a beaucoup été question à l'ouverture ce matin du 8ème sommet mondial anti-tabac COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) durant laquelle Anne Bucher s'est exprimée. Les liens imaginés par les orateurs entre dérèglement climatique et tabagisme étaient pour le moins ésotériques. Mais peut-être faut-il prendre cela au sérieux? Car la COP8FCTC se tient à Genève. Or le climat du jour rappelle furieusement le temps où un autre français, du nom de Jean Calvin, faisait brûler à la même saison Michel Servet pour avoir eu des pensées un peu trop librement exprimées.

Certes, même s'ils ne se cachent pas de détester plus que tout les vapoteurs, les dirigeants de la Convention anti-tabac de l'OMS n'ont pas été jusqu'à user de combustion contre leur liberté. Ils ont simplement accepté la proposition de la déléguée de la Thaïlande d'expulser le public et les médias. La junte militaire thaïlandaise, qui détient le monopole du tabac national, a ses habitudes. A vrai dire, un bon nombre d'autres pays totalitaires ou producteurs de tabac ont trouvé l'idée à leur goût. Seul le Canada a émis le souhait de plus de transparence à l'égard des citoyens. Résultat ? Le public et les médias ont été exclus. Mais un streaming vidéo des séances plénières* est désormais diffusé, en différé de quelques minutes pour censurer en cas de besoin. [*edit: oubli important de ma part, ne sont diffusées que les séances plénières ]
Vera da Costa (Secr, Gale de la FCTC - Brésil), Preeti Sudan (Pres. de la COP8 - Inde) 
et Anne Bucher (DG santé de la Comm. Européenne)

Les marchandages en coulisses entre les délégués des 180 pays membres, plus l'Union Européenne, et les quelques 1'500 lobbyistes autorisés dans le Centre des congrès genevois se feront à l'abri de toute oreille indiscrète. Mais Vera da Costa, la Secrétaire générale du secrétariat anti-tabac, a tenu à préciser en conférence de presse - voir vidéo plus bas - qu'il ne fallait pas penser à un "manque de transparence". Ah ? "C'est pour se protéger des mauvaise influences des cigarettiers", explique la brésilienne. Ce n'est pas ce qui va nous rassurer sur notre impression d'un retour au moyen-âge. Justifier l'opacité pour éviter le magouillage en coulisse... ou comment faire du Machiavel de supermarché. Rideau pour la transparence.

Un peu d'air frais tout de même

Plus tôt dans la journée, 72 courageux experts du domaine ont dit ouvertement, ce que nombre pensent mais n'osent pas déclarer pour ne pas flinguer leur carrière. A savoir que le dogme anti-vape du secrétariat anti-tabac de l'OMS est insensé et contre-productif. Si l'OMS pousse à des réglementations qui entravent la réduction des risques comme le vapotage, "alors ces réglementations peuvent nuire en perpétuant le tabagisme", expliquent t-ils, en anglais ou ma traduction en français.

Plus ironiques, les activistes d'INNCO, le réseau des organisations d'usagers de produits à risque réduit, ont envoyé une lettre de félicitation aux participants de la COP8FCTC pour les excellents résultats financiers des grandes firmes cigarettières, en pleine croissance au fil du déploiement de leurs préconisations. Un troll que le Vaping Post détaille avec le sourire.

Egalement présents sur place, les défenseurs des droits des usagers ont distribué un tract à l'entrée de la Convention anti-tabac dés 7 heures ce matin, puis sur la place des Nations devant le siège des Nations Unies. Il reprend en condensé les éléments de la lettre ouverte envoyée la semaine dernière par INNCO à l'OMS.

Demain en fin de matinée, Harry Shapiro présente son rapport sur l'état de la réduction des risques face au tabagisme, publié par Knowledge Action Change (KAC). Le soir, le Pr Bernd Mayer, toxicologue de l'Université de Graz, fera une conférence au restaurant la Potinière au Jardin anglais (il faut réserver)...

La conférence de presse s'est faite sans streaming qui n'était pas prévu initialement. Mais Frederic Cyrus Roede, de l'organisation Consumer Choice, l'a filmé et partagé en direct sur son compte twitter, où elle est visible en replay.



#COP8FCTC 72 experts internationaux appellent l'OMS à soutenir la réduction des risques

Ce lundi, la 8ème sommet mondial des parties (COP8FCTC) de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT ou FCTC en anglais) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s'ouvre à Genève pour la semaine. Au menu, des discussions à huis-clos entre les délégués des 181 pays, entourés de milliers de lobbyistes choisis par le secrétariat de la convention sur la manière de faire évoluer le traité.

72 experts de renommées mondiale impliqués dans la lutte anti-tabac de longue date ont pris leur plume pour appeler l'OMS et les participants à infléchir la direction prise et s'ouvrir à la réduction des risques. Jusqu'ici sous la direction du secrétariat, qui outrepasse son rôle, la Convention a orienté ses recommandations contre le vapotage, allant jusqu'à prôner la criminalisation des vapoteurs en Asie. A l'opposé, cette lettre au Dr Tedros, directeur de l'OMS, milite pour l'intégration de la réduction des risques dans l'approche de la Convention. Elle est signée d'experts britanniques, américains, français, italiens, grecs, malaysiens, néo-zélandais, mexicains, belges, australiens, suisses, japonais, venezueliens, canadiens, indiens, norvégiens, autrichiens, suédois, tunisiens. 

Ma traduction de la lettre ouverte des 72 experts ci-dessous:

Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus 
Directeur général 
Organisation mondiale de la santé 
Avenue Appia 20 
1202 Genève 
Suisse

1er octobre 2018
Cher Dr. Adhanom Ghebreyesus
Innover dans la lutte antitabac: développer la CCLAT pour qu'elle englobe la réduction des risques et des dommages face au tabac
Nous écrivons pour exprimer notre espoir que l'OMS assumera un rôle de premier plan dans la promotion de politiques efficaces et rapides pour la réglementation du tabac et de la nicotine. Dans cette lettre, nous proposons que l’OMS et les parties prenantes adoptent une approche plus positive des nouvelles technologies et des innovations susceptibles d'en finir plus rapidement avec l’épidémie de maladie causée par le tabagisme.
Dans le domaine de la lutte antitabac et de la santé publique, le monde a considérablement évolué depuis la signature de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) en 2003. Il est impossible d’ignorer ou de rejeter l’essor des systèmes alternatifs de délivrance de la nicotine (ANDS). Ceux-ci sont établis et de nouvelles technologies fournissent de la nicotine à l'utilisateur sans combustion de feuilles de tabac ni inhalation de fumée de tabacCes technologies offrent la perspective de gains importants et rapides en matière de santé publique grâce à la 'réduction des risques liés au tabac'. Les utilisateurs qui ne peuvent ou ne veulent pas cesser de consommer de la nicotine ont la possibilité de passer des produits les plus risqués (principalement les cigarettes) à des produits présentant un risque bien moindre que les produits à fumer (p.ex. produits de nicotine propre, tabac sans fumée, vapotage ou tabac vaporisé). Nous croyons que cette stratégie pourrait apporter une contribution substantielle à l'objectif de développement durable (SDG) visant à réduire les décès prématurés dus aux maladies non transmissibles (objectif 3.4 de la SDG).
Le concept de réduction des risques du tabac est consigné dans la définition même de 'lutte antitabac' figurant dans la CCLAT (article 1.d) et nous pensons qu'il doit maintenant être pleinement exprimé dans la CCLAT et par les parties dans leur approche de la mise en œuvre. . À cette fin, nous proposons des principes directeurs pour l’élaboration de la prochaine phase de la lutte mondiale contre le tabagisme, à commencer lors la prochaine Conférence des Parties (COP8, 1-6 octobre, Genève).
  • La réduction des risques du tabac fait partie intégrante de la lutte antitabac . La réduction des risques est une stratégie largement répandue en matière de santé publique (p.ex. VIH, consommation de drogues, santé sexuelle) et elle devrait faire partie intégrante de la lutte antitabac en aidant les fumeurs à cesser de fumer ou leur éviter de commencer, et, en tout cas réduire grandement leur risque.
  • Du point de vue de la santé, la principale distinction entre les produits contenant de la nicotine est de savoir s’ils sont combustibles ou non. Il ne s'agit pas de savoir si ce sont des produits du tabac ou des produits autres que le tabac ou s'ils sont établis ou nouveaux. Le principal objectif de la CCLAT étant la gestion des risques pour la santé, cette distinction devrait faire partie intégrante de la conception et de la mise en œuvre de la CCLAT [1] .
  • La réduction des risques du tabac est favorable et synergique avec les politiques «MPOWER» qui sous-tendent la CCLAT. En offrant aux utilisateurs des options plus diverses pour répondre aux taxes ou à d'autres mesures, la réduction des risques peut améliorer l'efficacité des mesures conventionnelles et atténuer les conséquences préjudiciables involontaires de ces politiques pour les utilisateurs persistants, par exemple l'impact des taxes du tabac sur les personnes qui continuent malgré tout à fumer.
  • Les parties prenantes devraient accorder un poids approprié aux avantages et aux opportunités de la réduction des risques liés au tabacIls ne devraient pas se concentrer exclusivement sur les risques inconnus pour la santé, en particulier lorsque ceux-ci sont des risques mineurs ou improbables. Une occasion perdue d'un gain de santé publique représente un préjudice réel pour la santé publique et devrait être reconnue comme tel.
  • L'adoption par les jeunes de tout produit à base de tabac ou de nicotine exige une stratégie cohérente et adaptable axée sur la réduction des risques actuels et futurs pour les jeunes. Les politiques visant à lutter contre la consommation de nicotine chez les jeunes devraient être fondées sur une compréhension des comportements à risque chez les jeunes, des interactions entre les différents produits (par exemple, pour de jeunes fumeurs le report potentiel vers les produits à faible risque peut être bénéfique), et tenir compte de la balance globale des risques et des avantages pour les adultes et les jeunes découlant des interventions.
  • L'incertitude quant aux effets à long terme ne devrait pas être une raison de paralysieIl est vrai que nous n’aurons pas d’information complète sur l’impact des nouveaux produits jusqu’à ce qu’ils aient été utilisés exclusivement pendant plusieurs décennies - et compte tenu des schémas d’utilisation complexes, peut-être même jamais. Mais nous avons déjà des connaissances suffisantes basées sur les processus physiques et chimiques impliqués, la toxicologie des émissions et les biomarqueurs d'exposition pour être sûr que ces produits sans combustion seront beaucoup moins nocifs que le tabagisme. Nous savons également avec certitude que le produit en place (la cigarette) est extrêmement nocif.
  • La CCLAT et sa mise en œuvre devraient englober une "réglementation proportionnée au risque". Cela signifie que la rigueur de la réglementation ou de la taxation appliquée aux catégories de produits devrait refléter les risques pour la santé. Par exemple, il devrait y avoir des taxes élevées sur les cigarettes, mais des taxes faibles ou nulles sur les produits de vapotage. Il est raisonnable d'interdire toute publicité pour des produits combustibles, mais de placer des contrôles sur la publicité pour les produits non combustibles (pour protéger les jeunes non-fumeurs en particulier) et ainsi de permettre une promotion suffisante pour que les fumeurs puissent encore prendre connaissance des alternatives et soient encourager à commuter vers celles-ci. Cette approche à risque-proportionnée devrait être adoptée de manière transversale à la CCLAT.
  • L'OMS et les Parties de la CCLAT devraient être conscientes et veiller à éviter les conséquences inattendues préjudiciables des interdictions ou d'une réglementation excessiveSi les politiques approuvées par l’OMS rendent les alternatives non-combustibles au tabagisme moins facilement accessibles, moins agréables ou moins acceptables, plus chères, moins conviviales ou pharmacologiquement moins efficaces, ou empêchent l’innovation et le développement de produits nouveaux et améliorés, alors ces réglementations peuvent nuire en perpétuant le tabagisme.
  • Les négociations de la CCLAT devraient être ouvertes à davantage de parties prenantesDe nombreuses parties prenantes, y compris les consommateurs, les médias et les experts en santé publique ayant des opinions favorables à la réduction des risques, devraient faire partie du processus. Nous sommes préoccupés par le fait que la CCLAT ait exclu des points de vue divergents appropriés. Ses délibérations et ses décisions pourraient être plus solides et plus crédibles si ses travaux étaient plus ouverts.
Nous sommes préoccupés par le fait que l’OMS et le Secrétariat de la Convention n’adoptent pas ces principes et, dans de nombreux cas, font le contraire. Nous avons vu la lettre ouverte détaillée qui vous a été envoyée le 3 septembre par le Dr Abrams et al. concernant les risques d'interdiction et de réglementation excessives [2] . Nous recommandons sa lecture à toute personne intéressée par l'avenir de la lutte antitabac.
Nous croyons qu'il est temps que la lutte antitabac adopte la réduction des risques du tabac. Nous espérons que l’OMS et les Parties à la CCLAT feront progresser ce programme lors de cette huitième Conférence des Parties de la CCLAT, à compter d’aujourd’hui. Nous partagerons cette lettre avec les parties prenantes concernées.
Les auteurs de cette lettre confirment n'avoir aucun conflit d’intérêts concernant l’industrie du tabac et aucun problème ne se pose en ce qui concerne l’article 5.3 de la CCLAT.
Cordialement,
David B. Abrams, PhD; Marion Adler, PhD; Jasjit S Ahluwalia, MD, MPH, MS; Sanjay Agrawal, MD, MBChB; Philippe Arvers, MD, PhD; Frank Baeyens, PhD; Shamsul Bahri Mohd Tamrin; Scott D. Ballin, JD; Clive Bates, MA, MSc; Robert Beaglehole, MD, DSc, FRSNZ; Mihi Blair (Ngāti Whātua); Anne Borgne, MD Ron Borland, PhD; Thomas H. Brandon, PhD; John Britton, MD; Dr Jamie Brown, PhD CPsychol; Jean-Pierre Couteron; Sharon Cox, PhD; Kenneth Michael Cummings, PhD; Lynne Dawkins, PhD; Jean-Michel Delile, MD; Allan C. Erickson; Jean-François Etter, PhD; Konstantinos Farsalinos, MD, MPH; Antoine Flahault, MD, PhD; Jonathan Foulds, PhD; Thomas J. Glynn, PhD; Peter Hajek, PhD; Wayne Hall, PhD; Natasha A. Herrera; Martin J Jarvis, DSc OBE; Martin Juneau, députés, MD, FRCPC; Dr.Aparajeet Kar, MD; Leon Kosmider, PhD, PharmD; Lynn T. Kozlowski, PhD; Hiroya Kumamaru, MD, PhD; Christopher E. Lalonde, PhD; Murray Laugesen QSO; Jacques Le Houezec, PhD; William Lowenstein, MD; Karl E Lund, PhD; Bernhard-Michael Mayer, PhD; Olivia Maynard, PhD; Andy McEwen, PhD; Ann McNeill PhD; Klim McPherson, PhD, FMedSci, Hon FRCP; Colin Mendelsohn; Robin Mermelstein, PhD; Faares Mili, MD; Thomas J. Miller; Marcus Munafò, PhD; Raymond Niaura, PhD; Caitlin Notley, PhD; David Nutt, DM, FRCP, FRCPsych, FMedSci, DLaws; Konstantinos Poulas, PhD; Philippe Presles, MD; Lars M. Ramström, PhD; Vaughan Rees, PhD; Steven A. Schroeder, MD; John R. Seffrin, PhD; Lion Shahab, PhD; Rajesh N. Sharan, Ph. D .; Michael Siegel, MD, MPH; Roberto A Sussman, PhD; David Sweanor, JD; Professeur Umberto Tirelli MD; Natalie Walker, PhD; Kenneth Warner, PhD; Alex Wodak; Naohito Yamaguchi, MD; Ben Youdan; 
[pour les titres complets et les affiliations voir le PDF original]
[1]     Nous reconnaissons que des normes de production médiocres et l'inclusion de chaux éteinte (hydroxyde de calcium), noix d'arec et autres ingrédients dangereux dans certains produits traditionnels contenant du tabac tels que le gutka et le paan peuvent rendre ces produits beaucoup plus dangereux que d'autres produits du tabac sans fumée.
[2]     Abrams DB, CD Bates, Niaura RS, Sweanor DT. Lettre au Directeur général de l'OMS, 3 septembre 2018. ( lien vers la lettre )

samedi 29 septembre 2018

#COP8FCTC La NNA appelle le gouvernement britannique à sauver la vape de la menace de l'OMS

Le Royaume-Uni va t-il sauver la vape durant le sommet mondial COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à Genève la semaine à venir ? Le réseau international des associations d'usagers INNCO va tenir des piquets pour rencontrer le public à la place des Nations durant la semaine. De son côté, l'association New Nicotine Alliance, qui en est membre, prie le gouvernement britannique de faire barrage aux projets d'interdictions et de restrictions contre le vapotage du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS.  

Un succès britannique

"Le vapotage est une alternative plus sûre que fumer du tabac. Le Royaume-Uni compte plus de 1,7 million d'anciens fumeurs passés des cigarettes au vapotage exclusif. Le gouvernement a judicieusement reconnu les avantages significatifs que les stratégies de réduction des risques du tabac peuvent apporter et, grâce à des campagnes positives telles que Stoptober, a vu le nombre de fumeurs chuter considérablement ces dernières années", déclare Sarah Jakes, présidente de l'association d'usagers de produits nicotinés à risque réduit.

Les pauvres ont-ils droit à la réduction des risques ?

Or, le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS pousse à interdire ou restreindre le vapotage, n'hésitant pas à donner en modèles la Corée du Nord et la junte militaire thaïlandaise, détentrice du Monopole du tabac de Thaïlande. Après la prohibition prononcée en Inde, le sujet sera au cœur de ce Sommet COP8FCTC. "Les pays développés tirent de grands bénéfices des outils de réduction des risques du tabac. Les fumeurs des pays moins nantis ont le droit de bénéficier des mêmes opportunités. La NNA encourage la délégation britannique à résister à l'interdiction des produits à risque réduit de délivrance de nicotine", explique le communiqué de la NNA.

La Commission Européenne contre le droit d'information ?!

"Nous avons aussi entendu des informations inquiétantes selon lesquelles la délégation de l'Union Européenne envisage de demander au sommet anti-tabac de l'OMS de lancer un appel pour une interdiction mondiale de publication sur le vapotage. Il serait scandaleux que la délégation britannique soit complice d’une telle initiative qui s’oppose à l’engagement du gouvernement d’améliorer la disponibilité des produits innovants à risque réduit", précise Sarah Jakes, comme l'avait révélé le Vaping Post il y a deux semaines

Les britanniques vont-ils financer une politique opposée à la leur ?

Avant de rappeler que le Royaume-Uni fournit une contribution financière "très généreuse", à vrai dire la plus importante de tous les pays, au secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Nous exhortons donc le gouvernement à utiliser l’influence de notre contribution financière et de bien agir. C'est-à-dire de rejeter la prohibition des moyens de réduction des risques que les pays moins nantis se sentent obligés d'appliquer en raison de la désinformation de l'OMS, et d'exhorter le secrétariat anti-tabac (FCTC) à respecter sa propre convention (art.1 d.) en faveur de la réduction des risques, et enfin à résister aux restrictions de promotion des alternatives à risque réduit au tabagisme".

Opacité totale

Au Sénat italien, une question parlementaire a été posée à la Ministre de la santé Giulia Grillo pour savoir la position défendue sur le sujet par sa délégation. Sans réponse pour le moment, selon le site spécialisé SigMagazine. En France, des défenseurs de la lutte anti-tabac, de la réduction des risques et du vapotage sont inquiets et sans nouvelle ni du mandat ni de l'identité de la déléguée envoyée par le Ministère de la Santé à ce sommet. Celui-ci va se dérouler à huis-clos, probablement sans observateur des associations d'usagers, suite au pré-avis négatif du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS à la demande d'accréditation d'INNCO.


jeudi 27 septembre 2018

Faut-il couper le financement de l'OMS pour sauver la réduction des risques ? La presse anglaise ouvre le débat avant la #COP8FCTC

Une situation paradoxale. Le Royaume-Uni est le pays le plus engagé pour soutenir le vapotage comme alternative à risque réduit contre le tabagisme. Avec un grand succès. Mais c'est également le pays qui finance le plus le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), devenu le fer de lance de la guerre au vapotage dans le monde. Avant même de tenir son 8ème sommet à Genève à partir du 1er octobre, ce secrétariat a publié un rapport encourageant les interdictions et restrictions contre le moyen de réduction des risques. La presse anglaise se fait l'écho de cette situation étrange. "Les contribuables britanniques ne devraient plus subventionner les lois anti-vapoteurs", titre le Daily Express du mardi 18 septembre.

Retirer le financement à l'OMS tant qu'elle soutient la répression du vapotage?

Dans ses colonnes, Christopher Snowdon, de l'Institute of Economic Affairs, exprime l'exaspération des britanniques qui "paient un saladier pour soutenir cette organisation prohibitionniste". "La position effrayante de l'OMS sur le vapotage est en contradiction avec celle du gouvernement britannique qui est fondée sur des preuves scientifiques. À moins que l'OMS ne retire son soutien à l'interdiction du vapotage, le gouvernement devrait lui retirer son financement", explique l'auteur du Nanny State Index spécial nicotine.

L'OMS revendique la Corée du Nord et la Thaïlande comme modèles

Totalement à l'opposé de la politique britannique d'intégration de la de réduction des risques, le secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS mène une campagne féroce contre le vapotage. Sa cadre indienne Jagdish Kaur prône même en Asie de prendre modèle sur la junte militaire thaïlandaise, qui arrête et emprisonne régulièrement des vapoteurs, et la Corée du Nord, dont on ne sait pas si les menaces de déportation des déviants qui vapoteraient sont ou non effectives. Deux pays où le tabagisme est roi et la respect des droits humains absent. L'Inde, autre grande nation du tabac avec le Brésil, vient de rejoindre le cercle des pays prohibitionnistes.

Porte-battante au secrétariat anti-tabac de l'OMS

Ce sabotage du droit des population d'accéder aux moyens de réduction des risques contre le tabagisme se fait grâce à l'argent britannique. En plus du financement de 164 millions $ annuel régulier à l'OMS, seconde contribution derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni a accordé un financement supplémentaire spécifique au secrétariat anti-tabac (FCTC) de 3,7 millions $ par an de 2016 à 2021. Andrew Black, le responsable qui a décidé de cette enveloppe, a depuis obtenu un poste de cadre à ce même secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS. "Heureuse coïncidence de carrière bien rémunérée pour Andrew Black", ironise Christopher Snowdon dans un billet sur son blog.


Le budget du secrétariat anti-tabac (FCTC) approche 6 millions $ dans les années sans sommet. En 2016, celui tenu à New Delhi avait poussé les dépenses à près de 11 millions de $. Soit 5 millions $ de plus pour la semaine de réunion dans le palais des congrès de Noida et les frais des délégués. Le sommet genevois de la semaine prochaine devrait faire exploser la facture. 

Le risque de précipiter l'OMS dans les bras de Bloomberg

Faut-il couper les fonds à cette organisation en dérive autoritaire pour que la réduction des risques soit prise en considération? La proposition de Christopher Snowdon pourrait avoir un effet pervers. Celui d'augmenter encore plus la prise de contrôle de l'OMS par l'affairiste milliardaire Michael Bloomberg. Celui-ci a déjà largement annexé les activités de l'organisme à son profit sous couvert de "philanthropie". 


mardi 25 septembre 2018

#VaperBeHeard Les associations de vapoteurs d'Asie demandent à être prises en compte par l'OMS avant la #COP8FCTC

La Thaïlande, la Corée du Nord, Singapour et désormais l'Inde, font la chasse à la vape sur le continent asiatique. Ceci avec le soutien actif du secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), notamment par les harangues à la criminalisation des vapoteurs de sa représentante Jagdish Kaur. Face à cette répression contre l'arrêt du tabac à l'aide du vapotage, qui peut coûter l'emprisonnement en Thaïlande notamment, les associations des utilisateurs de vapotage en Asie lancent un appel à l'OMS, notamment par une pétition. Une semaine à peine avant que ne débute le Sommet anti-tabac COP8 de l'OMS le 1er octobre à Genève.

En arriver à devoir rappeler que les vapoteurs aussi sont des humains

L'association des vapoteurs des Philippines, l'Ends Cigarette Smoke de Thaïlande (ECST), l'Organisation des vapoteurs de Malaisie (MOVE) et celle d'Indonésie (AVI) notamment se sont regroupées pour lancer la campagne #VapersBeHeard. Leur pétition revendique le simple droit d'avoir accès aux produits de réduction des risques et à l'information sur ceux-ci plutôt que de devoir continuer de fumer des cigarettes. "Les vapoteurs sont aussi des êtres humains - des mères, des pères, des fils ou des filles - et nous avons le droit d'avoir une chance de mener une meilleure vie à l'aide de ces produits alternatifs", explique le texte en ligne. 

En conférence de presse à Manille le 14 septembre, pour lancer la campagne, Asa Saligupta, de l'Ends Cigarette Smoke Thaïland, regrette l'attitude dogmatique et conservatrice du secrétariat anti-tabac de l'OMS, qui appelle à "interdire ou réglementer strictement le vapotage, alors qu'il existe des preuves scientifiques de sa nette réduction des risques par rapport au tabagisme". A ses côtés, le Pr Satriya Suhardjo, de la faculté de sciences politiques de l'Université de Padjadjaran (UNPAD) à Bandung, estime que "les produits à risque réduit nécessitent un cadre politique approprié et complet".

Prendre en considération les usagers

Il y aurait près d'un million de vapoteurs en Indonésie, "ce nombre est encore très faible par rapport au nombre de fumeurs", précise le Pr Satriya. "Pour être en mesure de cesser de fumer, les fumeurs ont besoin de temps et de soutien, cela ne peut pas être instantané", explique Jeremia Dimasz de l'association des vapoteurs d'Indonésie à la presse locale dubitative sur l'efficacité du vapotage pour l'arrêt tabagique. "En tant qu’utilisateurs, nous avons directement ressenti les avantages de ce produit. Nous espérons que les autorités prendront en compte le point de vue des utilisateurs", insiste le vapoteur indonésien, espérant être entendu de son gouvernement et des lointains bureaux genevois de l'OMS. 


samedi 22 septembre 2018

#COP8FCTC Le Réseau des usagers INNCO demande à l'OMS de respecter les droits de l'homme et sa charte anti-tabac en incluant la réduction des risques

Le 8ème Sommet anti-tabac #COP8FCTC de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) se tiendra à huis-clos à Genève du 1er au 6 octobre. INNCO, le Réseau international regroupant plus de 30 organisations d'usagers de produits nicotinés à risque réduit, a vu sa demande d'accréditation comme observateur rejetée sans explication par le bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. A défaut d'être considérés partie prenante du sujet les concernant au premier chef du vapotage, qui sera au cœur de cette COP8, les usagers ont écrit une lettre ouverte avant son ouverture. "L'OMS devrait rejeter la prohibition et reconnaître l'approche de réduction des risques, par une réglementation proportionnée au risque des produits nicotinés sans combustion dans le cadre d'une stratégie efficace de réduction des risques, requise et définie par l'article 1.d de sa Convention-cadre de lutte antitabac", appelle la lettre d'INNCO, signée de sa présidente Nancy Sutthoff. 

Fin juin, le bureau anti-tabac de l'OMS a publié son rapport préliminaire sur le vapotage pour préparer ce sommet. Son soutien est clair aux pays prohibitionnistes qui ont criminalisé le vapotage, et parfois même les vapoteurs, tels que les nations du tabac de Thaïlande, du Brésil et les régimes totalitaires comme la Corée du Nord ou le Turkménistan. Depuis, l'Inde, autre grande nation productrice de tabac, s'est appuyée notamment sur ce rapport préliminaire pour justifier une interdiction de vente du vapotage, alors que plus de 125 millions d'indiens fument.

Une violation des droits humains préjudiciable à la santé publique

Pourtant, "c'est la fumée de la combustion qui cause le fardeau des maladies liées au tabagisme. Il ne fait aucun doute que les produits non combustibles sont beaucoup moins nocifs que les cigarettes", explique l'INNCO. "Nous considérons que l'interdiction de ces produits est contraire à l'éthique, non scientifique, préjudiciable à la santé publique et constitue une protection irrationnelle du commerce des cigarettes", poursuit l'organisation avant de préciser, "une réglementation excessive ou une taxation [des moyens de réduction des risques] est contre-productive et négligente, car la réduction des risques est un droit de l'homme"

INNCO considère que le vapotage n'étant pas un produit de tabac, il ne devrait pas être concerné par les restrictions sur ces produits prônées par l'OMS. Au contraire, l'INNCO pense qu'il devrait être intégré dans une approche de réduction des risques, telle que le prévoit la Convention-cadre élaborée en 2003 sous la direction de Derek Yach. Mais ce point n'a jamais été mis en oeuvre depuis. INNCO exhorte les participants au Sommet COP8FCTC de suivre cette exigence de la charte qu'ils ont signé. Et en conséquence de réviser l'appel à l'interdiction ou la restriction des droits de vente, fabrication ou d'usage du vapotage que propage le bureau anti-tabac de l'OMS. 

Sans témoin

Les délégués des 180 pays membres et de la Commission Européenne entendront-ils cet appel à respecter les droits humains et prendre en considération l'approche de réduction des risques de la part des usagers? On peut en douter. L'exclusion par le bureau anti-tabac de l'OMS de la participation du réseau INNCO à son Sommet foule aux pieds les principes de la charte d'Ottawa de 1986 de l'OMS sur la participation du public aux questions de santé le concernant. La COP8FCTC se déroulera à huis-clos avec près de 2'000 lobbyistes choisis par le bureau anti-tabac de l'OMS. Pour une grande part, des organisations liées à l'industrie pharmaceutique ou au milliardaire affairiste Michael Bloomberg. 

Le public et les journalistes aussi seront interdits de suivre les séances et les débats, à l'exception du traditionnel et ligneux speech d'inauguration. Une stratégie d'opacité propice au noyautage comme l'a montré la dernière édition du Sommet de 2016 dans le smog de New Delhi. Mais une opacité qui confère surtout une extension sans contrôle du pouvoir du bureau anti-tabac de l'OMS, qui dépasse désormais largement les prérogatives prévues initialement de son rôle de secrétariat. 

Il n'y aura donc aucun témoin dans le Centre international de conférences de Genève (CICG) de la manière dont les délégués des pays membres prennent leurs décisions sous la pression des lobbyistes. La sélection des délégués des pays membres est elle-même assez obscure. En l'absence d'information transparente, la rumeur qui circule sur le nom de la déléguée française a d'ailleurs de quoi interloquer...


mercredi 29 août 2018

L'Inde, grande nation du tabac, annonce la prohibition du vapotage

"L'Inde a choisi de criminaliser le vapotage. Une mesure régressive basée sur une mésinformation, de la peur et le refus de prendre en considération la science. Elle va coûter des millions de vies au pays". Le tweet de l'Association des Vapoteurs d'Inde (AVI) semble désabusé après des mois de lutte pour faire reconnaître le droit à l'accès au moyen de réduction des risques en Inde. En pièce jointe, l'avis du Ministère de la santé sur les produits de vapotage et les cigarettes chauffées, que les autorités indiennes ne différencient pas.  Le document officiel publié hier demande aux Etats indiens "d'empêcher la vente (y compris en ligne), la production, la distribution, la vente, l'importation et la publicité" des produits de vapotage et assimilés. L'avis du Ministère reproche au vapotage de délivrer de la nicotine. Bien que les produits nicotinés, dont les cigarettes, les bidies et le tabac oral local extrêmement nocifs, sont en vente libre et massivement produits en Inde.

L'Inde rejoint la Corée du Nord, la Thaïlande et le Brésil

Le Ministère de la santé appuie aussi son avis de prohibition sur le fait que les six Etats indiens, producteurs de tabac, ainsi que trente pays récemment mis en avant par le Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS ont déjà interdit le vapotage. L'Inde rejoint ainsi les autres grandes nations productrices de tabac comme le Brésil, la Thaïlande et l'Indonésie, ainsi que les dictatures totalitaires comme la Corée du Nord et une série de régime religieux du moyen-orient dans le camp des pays prohibitionnistes du vapotage. L'Inde est parmi les grand producteurs mondiaux de tabac et instrumentalise la lutte anti-tabac pour protéger sa production locale. L'Indian Tobacco Company détient 80% du marché intérieur des cigarettes. Près de 270 millions d'indiens consomment un des produits de tabac, dont près de 120 millions de fumeurs. Il y aurait près d'un million de décès liés à une maladie provoquée par le tabagisme par an en Inde [édité].

Combien de morts au crédit de la FCTC de l'OMS ?

Le rôle du Secrétariat anti-tabac (FCTC) de l'OMS, dont le sommet bisannuel COP 8 se tiendra la première semaine d'octobre à Genève, dans cette décision violant le devoir de réduction des risques de sa convention (art. 1.d) est affligeant. La complicité silencieuse des délégations des pays démocratiques, notamment celles européennes et britanniques, sur les agissements contraires aux droits humains et en violation de la convention qu'il est sensée défendre du secrétariat de la FCTC n'est plus acceptable. Cette décision catastrophique pour la santé publique en est un nouvel épisode.

L'avis du Ministère de santé d'Inde publié hier:


vendredi 10 août 2018

[Bref] Le parlement Philippin demande l'intégration de la réduction des risques dans la politique anti-tabac

"La Chambre des Représentants a adopté à l'unanimité une résolution exhortant le Ministère de la Santé à promouvoir des mesures de réduction des risques, notamment l'utilisation du vapotage, dans le cadre de sa stratégie nationale de lutte antitabac". L'information du Manilla Standard est aussi réjouissante qu'inattendue. Jusque-là, Paulyn Ubial, Secrétaire d'Etat à la santé, surfait sur une des pires politiques anti réduction des risques au monde pour soutenir la répression du vapotage. Le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) n'a d'ailleurs pas ménagé ses efforts pour faire pression sur elle en ce sens. Un des enjeux commerciaux de l'opération étant de faire des Philippines le pays test des détecteurs de nicotine de l'Université privée de Dartmouth. Un marché potentiel en milliards si le produit était imposé au monde entier.

Promouvoir la réduction des risques

La résolution des députés philippins tranche avec cette politique dogmatique de la Ministre de la santé. "Il est clair que le vapotage est beaucoup moins nocif que le tabagisme et qu'il aide beaucoup de personnes à cesser de fumer. Différentes approches peuvent être adaptées à différents contextes, mais il faut prendre en compte les données scientifiques et clairement distinguer vapoter de fumer", explique la résolution des députés Anthony Bravo, du Coop-Nattco Party, et Jose Tejada, du North Cotabato. Le texte s'appuie notamment sur les travaux du Public Health England dirigé par le Pr Kevin Fenton et le constat de la chute du tabagisme au Royaume-Uni grâce à cette stratégie. 

Autre référence citée par les parlementaires, le Dr Konstantinos Farsalinos qui avait fait le déplacement aux Philippines pour expliquer la problématique en 2017. "La résolution souligne le commentaire du Dr Farsalinos selon lequel un cadre réglementaire approprié pour le vapotage est important pour garantir la qualité des produits; promouvoir les produits de réduction des méfaits uniquement auprès des populations visées (c.-à-d. les fumeurs et les anciens fumeurs); maintenir un avantage concurrentiel pour les produits de réduction des risques par rapport au tabagisme (prix, disponibilité, accessibilité); et promouvoir la recherche pour surveiller l'utilisation de la population et développer de meilleurs produits (encore plus sûrs)", résume le Manilla Standard.

La résolution sera t-elle appliquée par le Ministère de la santé ?

La résolution sera t-elle suivie d'effet? Cela dépend du respect du message des députés par le Ministère de la santé. Celui-ci n'a pas encore réagit au vote, contrairement aux usagers. "Nous remercions nos législateurs d’avoir gardé l’esprit ouvert face au corpus croissant de preuves scientifiques en faveur de l’utilisation du vapotage comme alternative nettement moins nocive aux cigarettes classiques. Nous exhortons le Ministère de la santé (DoH) à faire de même et à sauver des vies", déclare Peter Paul Dator, président de l'association The Vapers Philippines, au quotidien philippin.

Du côté des professionnels de la branche, Joey Dulay, président de l'Association philippine de l'industrie indépendante de la cigarette électronique (PECIAI), espère aussi: "En adoptant à l'unanimité la résolution, la Chambre des représentants envoie un message fort au Ministère de la santé (DoH) pour abandonner sa croyance erronée dans le "quit or die" [arrête ou crève] comme seule alternative pour les fumeurs et, à la place, de suivre l'exemple du Royaume-Uni et d'autres pays qui ont adopté la réduction des risques dans le cadre de leurs stratégies de lutte antitabac".