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samedi 19 octobre 2019

En Suisse, les produits de vapotage légaux sont "en principe sûrs" rassure l'OSAV

Face à la panique générée par les médias à propos des empoisonnements pulmonaires liées à l'inhalation de produits illicites aux Etats-Unis, les autorités sanitaires Suisses se montrent rassurantes. Dans le Temps hier, l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), responsable de la surveillance des produits de consommation, précise que les liquides de vapotage légalement mis sur le marché en Suisse respectent les conditions de la directive européenne 2014/40/UE (TPD). "Si ces exigences sont respectées, les produits sont en principe sûrs", explique Nathalie Rochat, porte-parole de l’OSAV. Les chimistes cantonaux effectuent régulièrement des analyses sur les produits mis sur le marché. 

Roger Genet, directeur général de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) française, l'avait clairement détaillé sur France Info (voir vidéo plus bas). Les produits de vapotage nicotinés sont notifiés et contrôlés en Europe. La TPD interdit l'ajout de lipides et de vitamines, telle la vitamine E, soupçonnés dans la vague d'empoisonnements, dont 26 victimes sont décédées aux Etats-Unis.


Les empoisonnements sont liés à des produits frelatés du marché noir

La plupart des spécialistes du domaine s'accordent que les éléments de l'affaire américaine pointent clairement vers les produits illicites, notamment ceux vendus pour contenir supposément du THC au marché noir. "Nul ne connaît la composition réelle de ces liquides vendus sur le marché noir", expliquee le Dr Reto Auer, de l'Université de Berne. La "catastrophe" américaine "n’est pas due à la vapote, mais à un mésusage de la vapote", précise t-il au Temps. 

En contraste, son étude clinique sur 500 personnes, suivant des fumeurs utilisant régulièrement une vaporette pour arrêter de fumer, est positive. "Aucun d’entre eux ne présente d'effets secondaires indésirables, au contraire", insiste le médecin qui dirige l'étude ESTxENDS

Ne pas inhaler de lipides 

"Mais cela ne concerne évidemment pas les produits illégaux, contenant du THC ou pas, qui circulent en Suisse", précise la journaliste Marie Maurisse du Temps. L'ETHRA, le regroupement européen des défenseurs des moyens de réduction des risques face au tabagisme, a déjà alerté début octobre sur la vente en ligne à destination de l'Europe de cartouches pré-remplies d'huile (!), fortement susceptibles de provoquer des pneumonies lipidiques. L'association d'usagers Helvetic Vape avait également communiqué sur le sujet dés septembre.

Asthmatique malade médiatisée la veille du vote de la taxe anti-vapoteurs 

En Suisse, des militants anti-vapoteurs tentent de souffler sur les braises de la peur. Parmi eux, Macé Schuurmans, auteur d'un brûlot anti-réduction des risques cet été, affirme qu'une malade se serait déclarée à l'hôpital de Winthertour. Le zélote anti-vape avait communiqué ce sujet la veille du vote du projet de loi de taxe anti-vapoteurs passé au Conseil des Etats. Dans les faits, peu de ressemblance entre les victimes américaines et cette dame de 44 ans, asthmatique chronique de longue date ayant vécue en janvier dernier une crise de décompensation, avant de se rétablir. 

On ne peut pas exclure que le vapotage ait pu jouer un rôle dans sa crise. Mais affirmer qu'elle a subi la même maladie que les victimes américaines, avant même celles-ci, relève du ridicule. La demande des pneumologues Suisses d'un recueil des éventuels cas, pour le moment non ouvert par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), pourrait livrer ce dossier à des yeux experts tiers. 

Tabagisme de masse entretenu

De leur côté les acteurs de terrain, qui tentent réellement d'aider les fumeurs à sortir de la cigarette, craignent des mesures de restrictions et a fortiori d'un retour de la prohibition en Suisse. A l'image de ce que font d'autres grandes nations du tabac telles que l'Inde, le Brésil, la Turquie ou la Thaïlande. Aux Etats-Unis, les annonces de prohibition pleuvent, même si des recours en justice tentent de sauver le droit civique de l'accès à l'outil de réduction des risques.

En Suisse, depuis dix ans le tabagisme stagne à plus de 27% de la population, se positionnant comme la principale cause évitable de maladies. Les substituts nicotiniques ne sont pas remboursés, selon le vœu des firmes pharmaceutiques, dans le cadre de l'assurance-maladie de base (Lamal). Tandis que les services d'Alain Berset ont prohibé illégalement les liquides nicotinés pendant près de dix ans. Près de 9'500 victimes décèdent chaque année des suites de maladies dues au tabagisme en Suisse.

mercredi 10 juillet 2019

Berne: les citoyens ont jusqu'au 5 août pour critiquer une loi anti-vape

Bientôt la fin du droit d'essayer les produits de vapotage en magasin et dans les groupes d'aide à l'arrêt tabagique pour les fumeurs bernois? Ce serait une des conséquences du projet de modification de la loi sur le commerce et l'industrie (LCI) déposé par le Conseil exécutif du canton de Berne en mai dernier. Principales modifications concernant le vapotage: tous les produits de vape y compris sans nicotine seraient interdits de vente ou de remise gratuite aux mineurs, par qui que ce soit, y compris leurs parents ou des professionnels de santé, et quelle que soit leur situation tabagique ; et le vapotage serait assimilé au tabagisme dans la loi de protection contre le tabagisme passif. 

Autrement dit, il ne sera plus possible de vapoter dans les lieux publics clos, en attendant de probables futures restrictions contre le tabagisme auxquelles les vapoteurs seraient soumis automatiquement par ce nouveau texte de loi. Cependant, actuellement des fumoirs peuvent être créer dans des établissements d’hôtellerie ou restauration sous certaines conditions et avec autorisation. Aussi, les interdictions de publicité contre le tabac seraient étendues aux produits de vapotage. De facto, essayer et recevoir des instructions pratiques deviendraient interdits pour les fumeurs aspirant à passer au vapotage, que ce soit en magasin, en lieux de santé ou dans des groupes d'entraide autogérés.

Le projet est mis en consultation publique jusqu'au 5 août. Les documents relatifs à la consultation peuvent être téléchargés à l'adresse suivante : www.be.ch/consultations ou sur cette page avec la documentation en bas. Les prises de position doivent être envoyées d'ici le 5 août à la Direction de l'économie publique du canton de Berne, Service juridique, Münsterplatz 3a, case postale, 3000 Berne 8, ou par e-mail à: consultation@vol.be.ch Berne étant un canton bilingue, les contributions peuvent être rédigées en français ou en allemand.

Ce projet fait suite à la motion du Parti des évangélistes (PEV) contre le vapotage de novembre 2018"Le Conseil-exécutif a par conséquent été chargé de veiller à ce que les cigarettes électroniques (e-cigarettes) et les produits contenant de la nicotine, à l’exception des médicaments, soient soumis aussi rapidement que possible aux mêmes exigences légales que les cigarettes et les produits destinés à être fumés classiques, notamment concernant les restrictions de vente, la protection contre le tabagisme passif et la publicité", précise le rapport sur les modifications de loi de la Direction de l'économie publique de Berne.


lundi 17 juin 2019

Les éditocrates romands jouent la carte de l'obscurantisme anti-science pour faire douter du vapotage



Étranges redondances. A quelques jours d'intervalle, deux éditorialistes romands ont utilisé quasiment le même élément de langage. "Le problème, c’est que personne n’est aujour­d’hui capable de le confirmer avec certitude", assénait Patrick Monay, chef de rubrique, dans 24 Heures le 3 juin. Ce samedi, c'est Stéphane Benoit-Godet, le rédac-chef du Temps qui fait écho: "Problème, cette affirmation n’est pas prouvée". Tous deux écartent ainsi le fait que vapoter réduit les risques par rapport à fumer. La répétition de cet énorme mensonge, de manière aussi similaire, est troublante. 

Un mensonge certain

Troublant parce qu'en premier lieu, la réduction des risques grâce au vapotage par rapport aux cigarettes est un fait de science. La nier est au mieux de l'obscurantisme. La marge d'incertitude actuelle est l'ordre de magnitude de cette réduction des risques. De manière précautionneuse, le Public Health England et le Royal College of Physicians (UK) ont donné une fourchette de réduction des risques d'au moins 95%. Pour rappel, le Royal College of Physicians (UK) est historiquement le premier organisme de santé au monde a avoir eu le courage et la rigueur de dénoncer l'impact sanitaire catastrophique du tabagisme en 1962. 

Mais même au pays de Trump et du cowboy Marlboro, l'Académie Nationale des Sciences et de Médecine (NASEM), qui s'est concentrée sur l'angle du risque du vapotage en écartant son potentiel bénéfice pour réduire le tabagisme, a reconnu la réduction manifeste des risques pour l'usager, dans un rapport l'an passé. Rapport cependant de médiocre qualité ressemblant plus à un brouillon mal dégrossi qu'à un rapport scientifique abouti.

Les éditocrates romands nient la science

Mieux maîtrisées, les évaluations britanniques d'une réduction d'au moins 95% du risque intègrent la part d'incertitude au niveau collectif de la diffusion du vapotage. Au niveau individuel, le fumeur qui lâche ses cigarettes pour le vapotage réduit de manière encore plus drastique les méfaits pour sa santé. L'absence dans le vapotage de monoxyde de carbone (CO) et de goudrons (TAR), deux serial-killers de la cigarette, et de milliers de toxiques produits par la fumée ne laisse aucun doute. Les toxiques restant dans le vapotage le sont à des doses beaucoup plus faibles que dans les cigarettes. (voir appendice en fin d'article)

Les fabricants de doute et de peur 

Bref, croire à l'absence de connaissance sur la réduction des risques du vapotage par rapport au tabagisme est aujourd'hui de l'ordre de la superstition. Produire du doute contre les études scientifiques pour maintenir les fumeurs dans le tabagisme est une vieille stratégie. On le sait, les 61% de fumeurs en Suisse qui déclarent vouloir arrêter de fumer sont pris d'ambivalence entre ce désir et leur dépendance. Instiller le doute est extrêmement efficace pour les repousser dans le tabagisme. 

Les mêmes campagnes de dénigrement et de peur avaient parcouru la presse à l'époque contre les gommes nicotinées: hoax sur des crises cardiaques provoquées par les Nicorettes, fantasmes d'épidémies de nicotimanie chez les enfants à cause de ces chewing-gums nicotinés, accusations contre son inventeur d'être corrompu par Big Tobacco, etc. Après une décennie de guerre des Big Pharma pour empêcher les Nicorettes d'être mises sur le marché comme produits de consommation courante, GSK (distribution aux Etats-Unis) et Pfizer ont pu mettre la main à bon prix sur l'entreprise suédoise et cantonner le produit aux pharmacies (en 2006, Johnson & Johnson a racheté les parts de Pfizer).

Un des enjeux: livrer les vapoteurs à l'oligopole et aux taxes

On a jamais vraiment su qui de Big Tobacco, Big Pharma ou des anti-tabac puritains lançaient ces fausses rumeurs sur les Nicorettes. On ne peut évidemment pas écarter que les trois groupes d'intérêts ont participé à l'enfumage du public, sans avoir besoin de se concerter pour nourrir la machine à peur. Les similitudes avec le scénario actuel dans lequel prennent place les apologies obscurantistes des journaux lausannois sont frappantes. Notamment, l'enjeu de la réglementation du produit. Actuellement, la Commission santé du Conseil des Etats (CSSS-E) table sur la prochaine loi sur les produits du tabac, du cannabis et du vapotage (LPTab). L'essentiel de ses discussions, qui se poursuivront en août, concernent le vapotage.

Comme pour les Nicorettes, le dossier du vapotage a un énorme enjeu financier. Alors que les multinationales pharmaceutiques ont réussi à étrangler Leo, la firme qui a créée Nicorette, au point de récupérer l'entreprise et d'assigner le produit au statut pharmaceutique, l'enjeu des restrictions contre les vapoteurs visent avant tout à les livrer à l'oligopole cigarettier en éliminant la diversité et la pluralité actuelles des produits par des restrictions sur les produits, sur les usages et des taxes. 

La coalition des dealers et des puritains

La bienveillance, si ce n'est plus, de longue date des deux journaux lausannois envers Philip Morris, et notamment de ses cigarettes chauffées Iqos, ne fait rien pour démentir l'interprétation instrumentale de leurs récents éditos. Les publications, notamment du lobbyiste Rainer Kaelin - qui a fait censurer sur le site Infosperber les demandes sur ses liens d'intérêt financiers - , et des campagnes anti-réduction des risques provenant d'organismes liés à la pharmaceutique ou d'obédience puritaine semblent illustrer le vieux mécanisme, concerté ou non, de coalition des "baptists and bootleggers", des évangélistes et des dealers.  

A ce titre, on peut remarquer l'ironie cynique et habile du Temps d'utiliser les fantasmes de l'administration Trump sur une pseudo-épidémie de Juul chez les jeunes américains pour créer un climat favorable à des restrictions contre les vapoteurs en Suisse. Mesures qui risquent de limiter l'offre à des produits, dont la Juul a toute les chances de faire partie. 

En réalité, le vapotage a accéléré par trois l'effondrement du tabagisme des adolescents américains, passé de 20% en 2011 à 7% en 2018. Tandis que 3,6% vapotent de manière fréquente (au moins 20 jours par mois) en 2018, dont une partie sont en fait des utilisateurs de vaporisateurs pour cannabis amalgamés dans la statistique. 

En Suisse, l'effondrement du tabagisme adolescent et la part de vapoteurs fréquents occultées!

En Suisse, nombreux sont les adolescents, près de 40%, à avoir testé le vapotage, selon Addiction Suisse. Mais ont-ils pris une taffe dans leur vie ou s'agit-il d'un usage plus sérieux? Ni le nombre d'utilisateurs fréquents, ni la part d'utilisateurs avec ou sans nicotine, ne sont communiqués par Addiction Suisse. Absence de données ou volonté de ne pas les rendre publiques? Seule la fondation privée le sait. Ce qu'on peut aussi noter est qu'Addiction Suisse a passé sous silence dans sa communication la chute de 15% du nombre de fumeurs adolescents relevée par son enquête. Un chiffre gênant pour son plan de comm'?

Plus rigoureuses, les statistiques du Département de santé du canton de Bâle-ville montrent un effondrement du tabagisme régulier des adolescents, passé de 11,5% à 3% entre 2010 et 2017. Tandis qu'est apparue une large expérimentation du vapotage par 31% des jeunes, mais accompagnée d'un usage fréquent tout à fait minime avec 0,1% des lycéens interrogés. En somme, ces indicateurs invitent à considérer sérieusement l'hypothèse qu'en essayant le vapotage, un bon nombre d'adolescents évitent les cigarettes

La vague de la sortie du tabagisme en Suisse sera t-elle endiguée?

Pour trouver inquiétant ce phénomène, il faut être du camp des bénéficiaires directs ou indirects des ventes de cigarettes. Et vouloir créer un climat anxiogène propice à une réglementation autoritaire et disproportionnée. Une lame de fond de sortie massive du tabagisme parcourt la Suisse depuis l'abrogation de la prohibition abusive des liquides nicotinés par le Tribunal administratif fédéral l'an passé. Cette levée de la prohibition était l'aboutissement d'une lutte de cinq ans initiée par l'association des vapoteurs Helvetic Vape

A présent, les lobbys s'agitent et font sonner la charge par leurs médias. Face à eux, le camp de la réduction des risques n'a ni les moyens financiers ni les accès pour faire entendre sa voix. De longue date, aucune aide sérieuse n'est proposée aux fumeurs pour arrêter en Suisse. Les substituts nicotiniques sont vendus à prix d'or sans être remboursés, les organisations para-pharmaceutiques n'hésitent pas à facturer leur aide aux fumeurs.

Dans ce contexte, le vapotage chamboule toute cette économie du tabagisme en offrant un moyen efficace de s'en sortir à bon marché. Mais il y a de bonnes raisons d'être inquiet que ce mouvement de libération soit entravé, au moment où la Commission santé du Conseil des Etats (CSS-E) a demandé un rapport à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) ajoutant à son agenda l'examen d'"une éventuelle imposition des cigarettes électroniques et des liquides de recharge".

Appendice: Vape et cancer

L'absence de monoxyde de carbone à elle-seule réduit drastiquement les risques cardio-vasculaires. Concernant le risque cancérigène, la méta-analyse de l'ensemble des études sur le sujet du Pr Ed Stephens conclut à un évaluation du risque cancérigène du vapotage de 0,4% par rapport aux cigarettes en l'état des connaissances en 2017. Plus récente, l'analyse du contenu résiduel de l'aérosol de vapotage après évaporation par l'équipe du Dr Scungio évalue à au moins 50'000 fois moindre le risque cancérigène du vapotage par rapport à la fumée de cigarette.

L'équipe du Dr Lion Shahab, de l'University College of London, a suivi six mois des fumeurs, des consommateurs de substituts nicotiniques et des vapoteurs: les examens sanguins et urinaires des vapoteurs présentent les plus bas taux de toxiques. Non seulement drastiquement plus faibles que ceux des fumeurs, mais même un peu moins que ceux qui utilisent des patchs ou des gommes nicotinés pharmaceutiques, pour lesquelles nous avons 40 ans de recul. Bref, les preuves scientifiques que vapoter réduit les risques par rapport à fumer sont indéniables.

mercredi 12 juin 2019

Le Tribunal Fédéral abroge la prohibition du Snus en Suisse

Le Tribunal Fédéral (TF) a abrogé la prohibition du snus en Suisse. Le produit de tabac, à faible taux de nitrosamines, en sachet à placer contre la gencive et suçoter, va donc être autorisé plus rapidement qu'attendu. Le verdict du 27 mai, publié hier matin, estime que la consommation de snus étant moins nocive que de fumer des cigarettes, il n'y a pas lieu d'en interdire la vente et l'importation. La prohibition du snus, en vigueur depuis 1995 en Suisse, agissait comme s'il y avait "un permis perpétuel pour les produits les plus dangereux, tandis que les moins dangereux sont absolument interdits. Il n'y a aucune raison objective pour une telle procédure", estime le jugement de la cour fédérale [notre traduction]. 

Une prohibition arbitraire

"Interdire un produit si, en outre, d'autres produits plus dangereux ne sont pas interdits sur la même base juridique est arbitraire et constitue une violation de l'article 9 de la Constitution fédérale [de protection contre l'arbitraire] à moins que cela ne soit justifié par des raisons objectives", précisent les juges. Or, la défense de l'Administration fédérale des douanes (AFD) s'appuyait sur deux arguments pour justifier sa saisie d'une cargaison de 245 kg de snus, contre laquelle a fait recours l'importateur. Le premier se résume à ce que le produit n'est pas autorisé à la vente en Suisse. Autrement dit, c'est interdit parce que c'est interdit. Le TF a jugé arbitraire cette justification.

Bruxelles ne fait pas sa loi en Suisse

La seconde ligne de défense présentée par les douanes à la justice fédérale est que les "autorités sanitaires européennes sont largement d'accord pour dire que l'interdiction du snus est une mesure appropriée pour protéger la santé de la population". Le snus est interdit dans l'Union Européenne (UE) à l'exception, très notable d'un point de vue de santé publique, de la Suède.

Or pour le Tribunal fédéral, rien n'oblige la Suisse a adopter la réglementation européenne en la matière. Le principe de non-entrave au commerce avec l'UE "n'exige pas que des produits soient interdits en Suisse simplement parce qu'ils sont interdits dans certains autres États". Le jugement ajoute un accent d'indépendance envers les bureaucrates bernois pro-européistes, au moment où l'accord cadre avec l'UE fait débat, à une dose bienvenue de respect du principe de réduction des risques en autorisant un produit de tabac extrêmement moins nocif que les cigarettes et pouvant s'y substituer.

Un produit de réduction des risques

A l'aide de ces sachets de tabac à faible taux de nitrosamines, utilisés par 19% de sa population, la Suède a abaissé sa part de fumeurs à moins de 7%. Le pays a les records des taux les plus bas de cancers liés au tabagisme d'Europe.

Pour la petite histoire, significative et que semble préférer oublier l'OFSP, l'interdiction du snus en Suisse était entrée en vigueur en 1995 suite à une motion de Peter Hess avec le soutien du mouvement anti-tabac. Peter Hess, alors Conseiller national démocrate-chrétien, siégeait au conseil d'administration de la filiale "internationale" de British American Tobacco (BAT) sans l'avoir déclaré publiquement. C'est une enquête du Consortium des journalistes européens (CJE) qui l'a révélé en 2001.


vendredi 7 juin 2019

Vapotage sur les quais de gare: les CFF promettent de ne pas mettre d'amende

Il ne devrait pas y avoir d'amende pour les vapoteurs préférant protéger leur santé en vapotant hors des zones fumeurs sur les quais de gare en Suisse. L'information vient de la conférence de presse donnée mardi par l'Union des transports publics (UTP) pour présenter les nouvelles interdictions de fumer sur les quais de la gare à Burgdorf, dans le canton de Berne. "Il n'y aura pas de mesures policières", a précisé Vincent Ducrot, vice-président de l'UTP. Cette annonce contraste avec les informations ces derniers mois dans la presse, qui envisageaient des amendes sans en avoir fixé le montant.

Faut-il y voir une inflexion des CFF suite à la communication de l'association Helvetic Vape? Celle-ci s'est inquiétée que la mesure, sans base légale ni de science, voulait forcer les vapoteurs, y compris ceux en période de sevrage tabagique, à subir la promiscuité des fumeurs. La question du vapotage n'a tout simplement pas été réfléchie, avoue Roger Baumann, porte-parole de l'UTP, à l'agence ATS (sda) version suisse-allemande"L'UTP a simplement suivi les recommandations de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP)", précise l'article.

L'OFSP veut condamner les vapoteurs au tabagisme passif

L'OFSP a pourtant reçu en 2016 mandat du parlement de "clairement différencier" vapotage et cigarette dans l'élaboration de la future loi sur les produits du tabac, du cannabis et du vapotage (LPTab). Mais doit-on être surpris? La prohibition illégale, cassée par le Tribunal administratif fédéral en avril 2018, de vente du vapotage nicotiné a déjà largement démontré le peu de cas que l'administration Berset fait de la loi, des connaissances scientifiques, des droits et des processus démocratiques. Et de la santé publique une fois de plus, en voulant condamner des ex-fumeurs à subir le tabagisme passif par l'astreinte aux zones fumeurs.

16 m² pour 27% de la population

Ces nouvelles zones de concentration pour fumeurs des quais de gare mesurent 16 m², s'étendant sur 2 mètres autour d'un cendrier surmonté d'un panneau signalétique. Les 27% de la population qui fument auront donc une mise en condition de l'espace attribué aux pendulaires aux heures de pointe avant même d'embarquer en train. "Le dispositif choisi est un compromis empreint de respect et de tolérance", estime de son côté Ueli Stückelberger, directeur de l'UTP. L'organisation des transports publics espère équiper l'ensemble des gares du pays de ces panneaux sur les cendriers et un gros pictogramme bleu au sol à l'entrée d'ici juin 2020 pour un coût devisé à 9 millions Fs (!).

Objectif et justification annoncées de l'UTP: réduire les coûts liés au ramassage de mégots. "On ignore encore combien d'économies pourront être réalisées dans le nettoyage", précise l'article de l'agence de presse ATS. Un déchet absent avec le vapotage, comme l'a précisé Helvetic Vape soulignant l’incongruité de l'assimiler à cette mesure. Autre raison invoquée, un air assaini... dans des gares où le freinage des trains disperse des tonnes de particules fines. Sur cet aspect aussi, l'association des vapoteurs souligne l'absence d'impact sanitaire du vapotage pour l'entourage, a fortiori en plein air.

Ne pas manquer de savoir-vivre en dépit des mesures injustes

L'abandon de l'UTP d'inclure des amendes pourrait être lié à la faiblesse légale de cette interdiction. Visiblement disproportionnée et inadéquate contre les vapoteurs en regard des justifications avancées, une contestation d'une amende en justice pourrait probablement casser cette décision de l'UTP. Subir une mesure injuste des autorités ne doit pas pour autant inciter à l'irrespect des autres voyageurs. En ce sens, Helvetic Vape invite "les vapoteurs à faire preuve de civilité et de savoir-vivre en vapotant de manière discrète et non invasive envers les autres usagers des quais de gare".


mercredi 22 mai 2019

Bâle: le tabagisme des adolescents s'écroule, effet protecteur du vapotage?

Les adolescents évitent-ils de se mettre à fumer en essayant le vapotage à la place? La grande question tabou paraît difficile à éviter à la lecture des dernières données sur les 15-16 ans bâlois. Alors qu'il avait progressé entre 2006 et 2010, le tabagisme des lycéens et apprentis s'est écroulé de 21,8% en 2010 à 9,6% en 2017. Effondrement encore plus net, si on prend le tabagisme régulier passé de 11,5% à 3% des adolescents bâlois en sept ans. Entre ces deux dates, le vapotage a fait son apparition. 31,1% des jeunes disent avoir essayé la vape, mais seul un élève sur les 1046 interrogés en 2017 l'utilisait quotidiennement. Et moins de 1% déclarent avoir vapoté au moins trois fois dans le mois écoulé.

Désormais, 88% des bâlois de 15-16 ans déclarent n'avoir jamais fumé. Peut-on faire un lien avec les 31% qui ont essayé le vapotage? De fait, il est remarquable qu'une part plus importante de jeunes ont essayé le vapotage que les cigarettes. Un glissement d'expérimentation qui s'est accompagné d'une chute concomitante très impressionnante du tabagisme. La corrélation entre expérimentation du vapotage et écroulement du tabagisme ne peut pas à elle seule constituer démonstration d'un lien causal. Mais le phénomène devrait interroger... Si les autorités étaient intéressés à comprendre l'évolution de ces consommations. Du côté du Département de santé de Bâle, on estime que cette chute du tabagisme pourrait être le fruit des campagnes de prévention, qui existaient déjà avant 2009. On peut vouloir le croire. Ou pas. 

"Trop stylé"

Les données bâloises publiées ne présentent pas de données sur les co-consommations, ni sur la chronologie d'expérimentation entre cigarette et vapotage. Mais discuter avec quelques adolescents peut aider à comprendre au moins une voie possible d'explication au phénomène. L'adolescence est un âge de curiosité et de construction d'identité. Dans ce contexte, le vapotage aromatisé à gros nuages, généralement synonyme d'absence de nicotine, fait "trop stylé", pour reprendre l'expression de ma filleule âgée de 16 ans. La machine peut s'oublier dans un tiroir quelques mois plus tard. Dans le cas de l'essai de la cigarette, ils sont 70% à finir fumeurs réguliers à long terme.

La ressemblance avec le phénomène de la chute du tabagisme des adolescents américains de 2011 jusqu'à l'interdiction de vente du vapotage aux mineurs en 2016 est saisissante. Sur cette génération, qui a entre 18 et 24 ans à présent, 13% ont vapoté momentanément durant leur adolescence sans devenir ni fumeur ni vapoteur. 10% des jeunes adultes américains sont fumeurs, alors que 37% des jeunes Suisses du même âge le sont devenus dans le contexte de prohibition du vapotage en Suisse.
Source: présentation du Dr Lion Shahab (University College of London)
à Washington du 29 avril 2019 visible sur Vimeo

Des données plus intelligentes permettraient des décisions plus intelligentes

Pour évaluer plus intelligemment les possibles effets de reports de consommation, des données plus précises que celles présentées par l'enquête bâloise seraient nécessaires. Outre l'absence déjà mentionnée de données croisées entre les consommations, le Département de la santé du canton de Bâle n'a pas répondu à ma demande de précision sur les données concernant le contenu des liquides utilisés, entre vapotage seulement aromatisé, avec nicotine ou avec CBD. [edit 15h15: Le Département de santé de Bâle vient de me répondre qu'ils n'ont pas de données sur les liquides utilisés ]. Au moment de l'enquête, la vente de liquides nicotinés était encore illégale en Suisse.

Le vapotage n'est un fléau que pour ceux qui vivent du tabagisme

Malgré ces lacunes, la communication de l'enquête de la ville de Bâle contraste singulièrement avec celle de la secte calviniste la fondation indépendante Addiction Suisse. Pourtant, les données d'Addiction Suisse montrent aussi une nette chute du tabagisme des adolescents suisses. Mais l'officine lausannoise l'a passé sous silence pour mieux sur-dramatiser l'expérimentation de vapotage, bien qu'un usage régulier soit extrêmement faible et que leur enquête ne présente aucune donnée sur la consommation de nicotine. Résultat: peur et doutes pour générer une absence totale de réflexion. On appelle ça une opération d'enfumage politique

Depuis, les grands journaux d'influence, le Temps côté romand et la NZZ outre-sarine, multiplient les tribunes à pensée unique appelant à durcir les restrictions contre les vapoteurs dans la prochaine loi Tabac (LPTab) en discussion actuellement en commission parlementaire. En somme, conserver un système ayant généré 37% de fumeurs chez les 18 à 24 ans qui au nom d'une soi-disant protection des jeunes programme leur mort prématurée. Un cynisme politicien au-delà du morbide. Les nouvelles données bâloises devraient nourrir un débat sur le rôle potentiellement préventif du vapotage face au tabagisme chez les adolescents. Mais ce débat nous est interdit par les élites.

Note complémentaire: Depuis quelques mois, je subis des pressions directes ou indirectes provenant d'intérêt économique pour fermer ce blog ou au minimum censurer les sujets concernant les jeunes. 


mardi 7 mai 2019

Jugement de la Cour Supérieure du Québec (1): Interdire d'essayer la vape brime le droit à l'intégrité des personnes

Vendredi 3 mai, la Cour Supérieure du Québec a rendu un jugement majeur concernant les droits à l'accès au vapotage en tant que moyen de réduction des risques face au tabagisme. Ce procès fait suite aux requêtes de l'Association québécoise des vapoteries (AQV) et de l'Association canadienne du vapotage (ACV). Dans son jugement, la Cour Supérieure demande à l'Etat du Québec de modifier dans les six mois sa loi de novembre 2015 sur deux aspects. 

D'une part, permettre aux fumeurs le désirant de pouvoir essayer le vapotage en boutique ou dans les lieux d'aide à l'arrêt tabagique. Ainsi que de lever les interdictions du droit d'expression des commerçants sur le vapotage comme moyen de cessation tabagique pour les fumeurs adultes, et dans le même sens le droit de présenter les produits au public concerné. Nous citons dans ce premier billet des morceaux choisis du verdict concernant le respect du droit à l'intégrité des personnes sur la question de pouvoir essayer les produits de vapotage en boutique ou dans des centres d'aide à l'arrêt tabagique.

Alors que des opposants aux droits des vapoteurs espèrent que le Gouvernement du Québec fasse appel à ce verdict, prendre connaissance du rendu de ce jugement est particulièrement intéressant. Evidemment pour les québécois privés de libertés et d'information sur le sujet par cette loi même, mais aussi pour éclairer des débats politiques dans d'autres pays.

En particulier je pense à la Suisse, où des dispositions avec des conséquences similaires à la loi québécoise pourraient être mises en place à travers le projet de loi fédérale sur les produits du tabac, du cannabis et du vapotage (LPTab) actuellement en Commission parlementaire. Le problème d'une interdiction d'essayer le vapotage en boutiques ou dans des lieux d'aide ou d'entraide à l'arrêt tabagique pourraient aussi se poser au niveau de cantons, tels que Genève, Vaud et Berne. L'argumentation du procès nous semble très instructive...

Concernant le droit fondamental de l’intégrité de la personne
Extraits (nos emphases) du Jugement des requêtes n° 200-17-023732-167 et n° 500-17-093397-167, du 3 mai 2019 par la Cour Supérieure (Chambre civile) du Québec (Canada).
[324] (…)  Une loi qui amène un individu à exercer une activité dans des conditions plus dangereuses brime un droit fondamental. 
[325] Le Tribunal est conscient qu’il ne s’agit pas de danger quand vient le temps d’essayer la cigarette-électronique. Toutefois, il y va des chances de réussir à arrêter de fumer et à ainsi battre le fléau du tabagisme. Personne ne soutient que l’essai en boutique n’a aucun impact ou effet positif. C’est le contraire. Il favorise le succès de la démarche pour celui qui tente d’arrêter de fumer.  
[326] En résumé, en privant les fumeurs de la possibilité d’un essai en boutique ou en clinique, on porte atteinte à leur intégrité car on leur nie, en partie, un meilleur accès à un mécanisme de réduction de risques leur permettant de mieux préserver leur santé et leur intégrité. Rappelons-nous combien de fumeurs cherchent à se défaire du mal du tabac sans y réussir. Ils s’y reprennent à maintes occasions. S’il ne garantit rien, l’essai en boutique ou en clinique peut jouer un rôle et faciliter l’abandon du tabac et de ses méfaits. L’interdire affecte l’intégrité de la personne. 
[…][330] Dans le présent dossier, l’objectif réel et urgent de la défenderesse [l’Etat du Québec] n’est pas contesté. Celle-ci agit de bonne foi, cherche à réduire le tabagisme, ne veut pas perdre ses acquis, s’inquiète de l’impact du vapotage chez les jeunes, craint le mimétisme et l’effet passerelle et se veut « précautionneuse » face à la nicotine et à ce que peut receler la face cachée de la cigarette-électronique. On peut comprendre ces préoccupations. 
[331] Cependant, il lui appartient de se justifier et de démontrer qu’elle est intervenue minimalement. Elle a l’obligation de porter atteinte le moins possible aux droits enfreints. Déclarer agir par précaution ne suffit pas surtout qu’on allègue des risques potentiels face à une entrave démontrée à l’égard des fumeurs. 
[332] Elle n’a pas rempli ce fardeau. Pourquoi ? 
[333] Mentionnons d’abord que la prohibition semble pénaliser plus les fumeurs aux prises avec les problèmes du tabac qu’elle ne permet de réduire ou contrôler le nombre de nouveaux vapoteurs non-fumeurs. 
[334] En effet, l’essai en clinique ou en boutique se fait privément, loin des regards. Les mineurs ne sont pas admis. (…) 
[338] Quant au mimétisme et à l’effet passerelle, sans les nier, ils ne sont pas prouvés de manière convaincante. (…) 
[339] De plus, il convient de regarder ce qui se fait ailleurs à ce sujet. Nul besoin d’aller bien loin. Deux provinces canadiennes, la Colombie-Britannique et l’Ontario encadrent l’essai en boutique et limitent à deux, le nombre de personnes pouvant vapoter en même temps à l’intérieur. Le Manitoba n’impose aucune limite. L’Alberta ne réglemente pas le cas. Dans les Maritimes, on se montre restrictif comme au Québec. 
[340] Cela démontre qu’il existe des solutions législatives moins radicales afin de permettre l’essai en boutique ou en clinique tout en conservant une limitation qui réponde aux craintes de la défenderesse [l’Etat du Québec]. 
(…)[342] Le Tribunal ne considère donc pas qu’il y a eu justification à l’atteinte en cause, la solution retenue n’étant ni minimale ni proportionnelle. Elle va trop loin.

lundi 29 avril 2019

Analyse: 7% des jeunes fumeurs américains auraient échappé à la cigarette sans l'interdiction de vente des produits de vape aux mineurs



Son impact est de 7% du nombre de jeunes fumeurs, soit 1,1% de l'ensemble des adolescents de 15 à 18 ans. L'interdiction fédérale de vente de vape aux mineurs entrée en vigueur en 2016 aux Etats-Unis a empêché des milliers de jeunes d'éviter d'entrer en tabagisme., selon l'analyse des statistiques publiée en janvier dernier dans la revue Health Economics. A partir des données récoltées par le Youth Risk Behavior Surveillance System (YRBS), l'analyse des chercheurs universitaires menée par le Pr Dhaval Dave, de l'Université du Massachusset, montre que "lorsqu'ils sont face aux interdiction de vente aux mineurs (MLSA) des produits de vapotage, les jeunes mineurs sont plus susceptibles de se tourner vers la cigarette (fumée), du moins jusqu'à leur majorité. Les résultats (tableau 2) suggèrent un effet d'augmentation d'environ 1,3 pp de tabagisme depuis l'adoption de l'interdiction"

"En particulier, les jeunes qui n'avaient encore jamais fumé, mais qui ont fumé leurs premières cigarettes en raison des restrictions de la MLSA sur les produits de vapotage pourraient avoir contribué à un peu plus de la moitié du surplus de tabagisme", poursuivent les auteurs Pr Dhaval Dave, Pr Bo Feng et Pr Michael Pesko. De fait, le phénomène d'un ralentissement de la chute du tabagisme adolescent en conséquence de l'interdiction d'accès aux produits de vapotage était prévisible et avait été annoncé par une étude de la Pr Abigail Friedmann, de Yale en 2015 que nous avions traité. Mais il est encore plus marqué que ce que la chercheuse en économie de la santé avait anticipé.

L'éléphant dans la chambres des régulateurs

Il est assez révélateur que l'effet concret de cette réglementation mise en oeuvre aux Etats-Unis en 2016 est l'éléphant dans la chambre des régulateurs. Le sujet est pourtant actuellement traité dans le cadre de la future loi Tabac en Suisse par les chambres parlementaires. Dans ses rapports en complément livrés à la Commission Santé du Conseils des Etats (CSSS-S) la semaine dernière, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) n'évoque à aucun moment d'évaluation de l'impact réel de cette interdiction, alors qu'il traite du vapotage des adolescents aux Etats.Unis et propose cette même mesure en Suisse. 

La ligne argumentative semble se résumer à alerter sur le soi-disant "fléau" du vapotage des jeunes aux Etats-Unis pour exiger de... faire comme les américains. Il y a là une absurdité d'argumentation tout à fait confondante. "C'est une catastrophe, ne réfléchissons pas, faisons donc pareil". Probablement sera t-il encore temps par la suite d'ajouter une erreur supplémentaire en la justifiant de l'échec des premières mesures. L'histoire des guerres aux drogues du 20ème siècle ont été une longue suite de "Big Plan" s'auto-justifiant de leur inefficacité sanguinaire pour se poursuivre... La matrice idéologique contre le vapotage se répète. A l'image de la pseudo-théorie de la passerelle, inventée par Denise Kandel en 1971 contre les consommateurs de cannabis et réinventée par la même Denise Kandel en 2014 contre les vapoteurs.

vendredi 29 mars 2019

Grégoire Vittoz d'Addiction Suisse est un menteur

Les crapules s'inquiètent et s'agitent. La chute des ventes de cigarettes en Suisse n'a pas encore été annoncée officiellement. Mais depuis la décision du Tribunal administratif Fédéral (TAF) de lever la prohibition des liquides nicotinés, la baisse des rentrées fiscales du tabac se fait sentir. Le Fonds de prévention tabac (FPT), financé à hauteur de 0,3% du prix de vente du tabac, a annoncé discrètement devoir couper dans les activités qu'il finance suite à la chute des ventes de cigarettes. Sans surprise, les bénéficiaires de ces rentrées d'argent s'agitent. Ainsi Addiction Suisse a orchestré hier une campagne de propagande pour vilipender les vapoteurs. Prétexte à l'opération à l'échelle nationale, l'organisme a présenté une enquête sur le vapotage chez les ados de 15 ans en Suisse.

Alors que cette enquête ne s'est pas intéressée à savoir si les jeunes qui vapotent le font avec ou sans nicotine, Grégoire Vittoz, directeur d'Addiction Suisse, affirme qu'ils consomment de la nicotine (un peu partout mais par exemple dans le clip de RTS Info). C'est tout simplement mensonger: son étude ne permet pas de savoir quoi que ce soit sur ce point. Et ceci est une lacune de recherche qui ridiculise et fait perdre toute crédibilité scientifique à cet institut.

Vape Tricks - Shark BendsDans le monde réel, les adolescents en Suisse qui vapotent le font pour l'extrême majorité de manière occasionnelle et sans nicotine. La raison en est simple, pour une bonne part ils s'amusent à faire des nuages et des figures, que l'usage de nicotine empêche en contractant le larynx. Soit Grégoire Vittoz ne le sait pas, et c'est un signe d'incompétence sur le sujet qui devrait l'amener à se taire, ou il le sait et il a volontairement désinformé le public.

Une chute de 15% des ados fumeurs passée sous silence

L'évidence de l'exploitation politicienne des enfants par Addiction Suisse est renforcée par le fait que l'organisme prétend dans son communiqué officiel que le tabagisme des jeunes de 15 ans n'a pas baissé. Alors que son enquête enregistre une chute de 15% des fumeurs de 15 ans (en passant de 12% à 10%). C'est de la manipulation crasse. *

Addiction Suisse s'est déjà fait retirer ces derniers temps plusieurs mandat de recherche à cause de la mauvaise qualité de son travail. J'espère que le mandat de recherche sur les jeunes sera rapidement confié à des personnes compétentes et honnêtes. Il n'est pas acceptable que la Suisse soit privée de données fiables au profit d'opération de propagande.

Un sabotage du lien de confiance

Ceci est d'autant plus désolant que les principaux concernés, les adolescents vont voir d'évidence à quel point cette opération médiatique est grossièrement mensongère. Des manipulations dont on sait qu'elles sabotent pour de nombreuses années la confiance des jeunes pour l'ensemble de la santé publique, comme le regrette Jean-Félix Savary, du GREA au journal le Temps.

Y compris des acteurs bien intentionnés qui pâtissent ainsi de ces exploitations politicardes irresponsables. A ce titre, le monde médical devrait se mobiliser pour rétablir de l’honnêteté et de la déontologie sur ces questions. La confiance est déjà largement entamée et mettra longtemps avant de pouvoir être rétablie.

* édité le 21.05.2019 sur la chute du tabagisme adolescent: elle était déjà perceptible dans les enquêtes précédentes, contrairement à ce que j'affirmais.

mercredi 19 décembre 2018

Première en Suisse: le centre d'aide d'Olten offre des vaporettes pour arrêter de fumer

Une première en Suisse. L'organisme d'aide Sucht Hilfe Ost (SHO) d'Olten intègre une offre gratuite de vapotage, ainsi que des liquides nicotinés, à son programme d'arrêt tabagique à partir de ce mercredi 19 décembre. Tout fumeur de la région de Soleure désirant arrêter la cigarette peut participer à l'opération pilote prévue pour 18 mois. La marche à suivre est très simple, il suffit de s'inscrire et s'engager dans le programme. Une première consultation avec un professionnel du centre détermine le moyen le plus approprié pour le participant. Grande innovation: le vapotage fait désormais partie des options. "Nous facilitons la transition en conseillant et en accompagnant et nous fournissons les dispositifs de vapotage gratuitement", explique Reno Sami, co-directeur général du SHO. Aux côtés des quatre appareils possibles offerts, les liquides de vapotage sont vendus par le centre avec un choix de cinq arômes en trois taux de nicotine. 

Les professionnels formés par un expert de la vape

L'accompagnement des néophytes se veut éclairé. Helvetic Vape a formé spécifiquement les professionnels du centre à l'outil de réduction des risques sans combustion. En professeur à la pointe de la démarche, Phil Scheck, le vloggueur suisse-allemand aux 100'000 followers. Impliqué dans l'élaboration du projet, il assurera le soutien des professionnels au long cours. "Nous sommes particulièrement fiers de participer en apportant notre expertise spécifique à ce programme", précise l'association des vapoteurs dans un communiqué. Son Guide pour se convertir facilement est aussi distribué aux participants.

De son côté, le centre d'aide souligne l'importance de la démarche dans le sillage de l'appel de la Fédération des addictologues en Suisse l'an passé. "Nous voulons et nous devons protéger au mieux les habitants de nos régions contre le cancer du poumon et d’autres maladies pulmonaires évitables", explique Peter Hodel, président de SHO. L'expérience pilote sera examinée par un suivi scientifique pour mesurer le taux de succès et évaluer les points forts et faibles de la démarche novatrice. "Nous sommes dans une approche de réduction des risques. C’est l’une de nos tâches essentielles et nous la prenons très au sérieux", ajoute Peter Hodel.

La première offre d'arrêt tabagique à bas seuil

La gratuité et la facilité d'accès au programme est un élément clef du dispositif d'aide. "Les commentaires montrent qu'il y a un réel besoin. En outre, le coût du vapotage est de 4 à 8 fois inférieur à celui des cigarettes. C’est aussi un argument social fort pour notre tentative", souligne Reno Sami. Jusqu'ici dans le canton de Soleure, la seule offre d'organisme de santé pour arrêter de fumer proposée au public était des cours visant l'abstinence totale de consommation de nicotine de la Ligue Pulmonaire au prix de 190 Fs. Reprogrammation mentale et thérapie cognitivo-comportementale au menu de six séances avec une date d'arrêt fixée par avance. Seule l'appli de Stop-Tabac.ch était à disposition gratuitement des fumeurs soleurois. 

100 Fs la boite de patchs

Arrêter de fumer en Suisse, coûte très cherEn dehors de ces cours, les substituts nicotiniques, tels que patchs ou gommes, sont à prix exorbitants sans remboursement par l'assurance-maladie de base en Suisse. Le Champix est la seule aide couverte, suite à un jugement du Tribunal fédéral de 2011, avec la quote-part de 10% et la franchise à charge des assurés pour le traitement à près de 600 Fs. En bref, dans le canton de Soleure comme dans le reste de la Suisse, les autorités sanitaires bombardent les fumeurs de messages de prévention pour qu'ils arrêtent mais ne leur offrent à peu près rien pour les aider e uniquement sur la base de l'idéologie du 'Quit or die'. 

Le critère du niveau économique est pourtant déterminant dans le tabagisme helvétique. Alors que moins de 10% des membres de la classe privilégiée fument, ce sont près de 50% des chômeurs et plus de 60% des personnes subissant un état dépressif. Les défavorisés ont aussi près de trois fois moins de chance de réussir à arrêter de fumer, selon le suivi Salpadia de 2011. En 1991, cet écart n'était que de 1,3. En vingt ans, les inégalités sociales de santé liées au tabagisme ont explosé en Suisse.

La fin de l'abandon des défavorisés au tabagisme?

Pourtant 61% des fumeurs déclarent espérer arrêter, alors que leur nombre stagne à 27% de la population depuis dix ans, selon l'Enquête Suisse sur la santé. Malgré cela, ou à cause de cela, les autorités sanitaires et politiques n'ont pas esquissé le moindre geste de détente envers une approche plus efficace et souple. Au contraire, elles ont prohibé arbitrairement la vente de vapotage avec nicotine durant neuf ans. Le Tribunal administratif fédéral a mis fin à cette interdiction abusive dénuée de base légale en avril dernier.

C'est aussi une des choses qui rendent possible l'ouverture du programme intégrant le vapotage à l'aide à l'arrêt tabagique à Olten. Cette initiative du Sucht Hilfe Ost qui vient enfin briser ce macabre abandon et ouvre la voie à une sortie du tabagisme en Suisse.


vendredi 7 décembre 2018

[Media] Quatre ans après, l'arrivée de la Juul ultra-light est-elle un événement ringard?

Depuis plusieurs semaines, les médias mainstreams bombardent la Suisse d'articles sensationnalistes sur l'arrivée de la Juul. Une "tornade" va s'abattre sur le pays selon de la Tribune de Genève, tandis que le gratuit 20 Minuten a publié pas moins de six articles ces 3 dernières semaines sur la vaporette en forme de stick. La RTS, un autre média gratuit mais d'Etat, parle de "fureur" et "des craintes" de l'arrivée de la vaporette californienne.

 3 fois moins dosée qu'aux Etats-Unis

Aucun n'a pris la peine de se renseigner auprès de vapoteurs pour avoir une idée un peu plus éclairée que les fantasmes de politiciens en mal de buzz. Deux articles ont tout de même donné la parole à Jonathan Green, directeur Juul suisse. La NZZ commente tant et si bien que l'on ne sait pas ce qui appartient au représentant de Juul ou à la plume du journaliste.

Le 20 Minuten est plus clair précisant que la version vendue en Suisse est dosée à 17 mg/gr de nicotine*. Très loin donc de la version originale américaine concentrée à 59mg/ml (5% du poids). L'une et l'autre en sels de nicotine, c'est à dire de la nicotine extraite à laquelle est ajoutée un acide organique, comme l'explique le site de Stop-Tabac.ch.

*note : 17 mg/gr de nicotine soit 20mg/ml, édité grâce à Claude ;)

Le light reste dans l'obscurité

Y a t-il un intérêt à un produit ultra light dosé au tiers de sa version US? Celle-ci s'est montrée efficace pour tirer hors du tabagisme des fumeurs parce qu'elle est équilibrée entre un volume faible de vapeur et une concentration suffisante en nicotine. En version édulcorée, les utilisateurs de Juul ne vont-ils pas surconsommer pour compenser cette légèreté en nicotine, comme cela avait été imposé par les cigarettiers et les autorités de santé aux fumeurs avec les cigarettes lights? Sur ce point aussi, beaucoup de bruit et de fureur pour aucune information éclairante dans les médias conventionnels.

Beaucoup de bruit pour peu de vapeur

Mais, surprise positive hier avec un article de Nau, média en ligne suisse-allemand. Alexandra Aregger a fait le boulot basique de journaliste: elle a interviewé quelqu'un qui connait la question. Phil Scheck, vloggueur depuis sept ans et approchant les 100'000 abonnés, est un vapoteur expérimenté. "L'expert en vapotage trouve le battage médiatique autour de Juul injustifié", résume la journaliste.

"Phil Scheck a testé la Juul devant notre caméra: "C'est une vaporette comme il en existe des milliers d'autres." Son enthousiasme est limité. Parce que: "C'est très limité, ce n'est pas puissant, mais c'est beaucoup de marketing exploité", poursuit l'article accompagné d'une vidéo aux intonations "Schwyzerdütsch". "Il existe de bien meilleurs appareils sur le marché en Suisse", précise 'PhilGood'.

Un vieux produit plutôt dépassé

Quatre ans après sa sortie aux Etats-Unis, pays où tout développement technologique du vapotage a été gelé par la Food and Drug Adminsitration (FDA) à la date d'août 2016, la Juul apporte t-elle quelque chose dans cette version ultra-light? En appareil d'appoint discret pour des vapoteurs déjà sevrés? Peut-être... Mais comme le fait remarquer le Vaping Post dans son interview des représentants de Juul, lancée en France avec quelques jours de retard sur la Suisse, l'offre est déjà pléthorique sur ce segment. 

Avec notamment des appareils plus intéressants en étant rechargeables, ce qui laisse plus de maîtrise à l'usager pour choisir ses liquides (en goût et en dosage nicotinique). Reste le design de l'appareil. Ou pas.
Quand la page facebook pour ados du CHUV fait la promo d'un produit, ça sent le hasbeen

L'effet médiatique et de distribution

Le point positif pourrait être le réseau de distribution des kiosques Valora où va se trouver la Juul. De quoi offrir à des fumeurs rétifs ou éloignés de vapeshops l'opportunité à portée de main d'essayer un produit très simple d'usage. Peut-être ce premier test les amènera à chercher un produit plus efficace en magasin spécialisé ensuite? Le fameux effet commercial "du missionnaire" amenant les fumeurs à découvrir le nouveau mode de consommation à risque réduit de la nicotine. 

Commerce ou réelle mission anti-tabac ?

Reste la question qui dérange. Pourquoi Juul a décidé de ne pas commercialiser en Suisse la version américaine dosée correctement de son produit? Rien de formel ne l'empêche. Aucune décision administrative n'a été déposée par les autorités et contrairement à ce que prétend l'administration, le jugement du Tribunal administratif fédéral a abrogé la prohibition pour "faute grave", sans se prononcer sur la question du principe du Cassis de Dijon. Autrement dit, il n'y a aucune raison d'imposer aux Suisses la directive TPD dictée par les lobbys à l'Union Européenne. 

En suivant les préférences europhiles de l'administration, en dépit de l'absence de décision administrative qui serait contestable en justice le cas échéant, la marque américaine a clairement choisi de ne pas entrer en conflit avec celle-ci. Conflit qu'elle a probablement estimé peu profitable pour son image de marque. Mais qui laisse les fumeurs suisses avec un ersatz de Juul. 

Un choix politico-commercial peu raccord avec la mission prétendue et répétée à chaque interview des représentants de Juul d'aider un maximum de fumeurs à sortir du tabagisme. "Pour conduire les fumeurs vers des alternatives, la solution paraît évidente: élaborer une vaporette générant autant de satisfaction qu’une cigarette", expliquait James Monsees, cofondateur de Juul, lors d'une conférence TedX à Bruxelles en 2013. Difficile de croire que cette Juul allégée puisse le faire.

dimanche 2 décembre 2018

[Rumeur] Malaise chez Juul après les rumeurs de négociations avec Altria (Philip Morris USA) ?

Le Wall Street Journal (WSJ) a lancé le pavé dans la mare ce mercredi. Altria (Philip Morris USA) négocierait une entrée dans le capital de Juul Labs. Officiellement, les deux entreprises ont refusé tout commentaire aux médias. Cependant Kevin Burns, le Directeur de Juul Labs, a jugé opportun d'envoyer un mail à ses employés confirmant "l'intérêt important" de possibles d'investisseurs tout en qualifiant l'information du WSJ de "spéculation médiatique". Au sein des employés de la start-up de vapotage, les réactions oscillent entre incrédulité et colère, selon les informations exclusives du média Axios qui s'est procuré des échanges de mails internes. 

Un "pacte avec le diable" ?

"Parmi les employés qui ont cru à l'information [du WSJ], l'inquiétude porte principalement sur la manière dont Juul ferait un "marché avec le diable". Ce serait contraire à sa mission d'aider les fumeurs à quitter les cigarettes combustibles, explique l'un d'eux, rendant ainsi difficile de continuer pour les employés actuels et le recrutement de nouveaux", révèle Dan Primack pour Axios. D'autres employés de Juul pensent que la rumeur lancée par le Wall Street Journal est une opération de comm' d'Altria pour faire remonter ses cours boursiers

Altria insisterait depuis le début de l'année

Du côté du cabinet de conseils financiers Wells Fargo, la spécialiste du domaine Bonnie Herzog estime la rumeur de l'intérêt d'Altria fondée. Avec précaution, elle suppose que le cigarettier pourrait investir de 4 à 7 milliards $ pour acquérir de 30 à 40% du capital de Juul Labs. Un bon choix stratégique pour Altria estime l'analyste, au vue de l'écroulement des ventes de cigarettes.

Pour Axios, qui évoque aussi une offre de l'ordre de 5 milliards $, les propositions d'Altria auraient commencé au début de l'année. "Juul a rejeté la proposition initiale, mais Altria a persisté, revenant régulièrement à la charge avec des offres plus élevées", précise le média qui se veut pointu. 

Campagnes fédérales anti-Juul

Entre temps, l'administration Trump a déclenché des campagnes très agressives contre la Juul, accusée de provoquer rien de moins qu'une "épidémie" et une "tragédie". Scott Gottlieb, le Commissaire de la Food and Drug Administration (FDA), a parachevé cette campagne en annonçant début novembre un plan de mesures contre la vente des arômes de vapotage autres que tabac et menthol dans les kiosques. 

Altria puis Juul avaient anticipé de quelques jours cette annonce en arrêtant d'eux-mêmes de fournir les commerces physiques en recharges de liquides autres que tabac et menthol. Ainsi qu'un système de contrôle serré de l'âge pour interdire les ventes en ligne de pods de Juul aux moins de 21 ans.

Arrivée de la Juul en Suisse

Ces événements influencent évidemment l'estimation de la valorisation de Juul Labs dans d'éventuelles négociations. Tout cela reste très opaque et sensible. D'autant plus que l'entreprise de vape californienne cherche à se développer en Europe. Après un lancement en Angleterre, la Juul va se trouver très prochainement dans les rayons de la chaîne de kiosques Valora, qui compte plus d'un millier de points de vente en Suisse. 

Dans la NZZ de dimanche dernier, Jonathan Green, directeur de Juul Suisse, précise avoir signé le 14 novembre le codex de la Swiss Vape Trade Association (SVTA), l'association des professionnels de vape. Il s'engage à ne pas vendre de Juul, y compris par internet, aux mineurs.

Bien qu'il ne soit pas très clair ce qui relève des commentaires du journaliste de la NZZ, dont on connait l'orientation, il semble confirmer que la Juul commercialisée en Suisse sera la version ultra-light européenne. Un produit qui dans cette configuration se distingue peu de ce qui existe déjà sur le marché. Où des produits similaires mais non propriétaires, pouvant être rechargés en liquide, évitent au consommateur d'être captif du système de capsules "à la Nespresso".

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