S'abonner via email :

Vous allez recevoir un mail pour confirmation. Il faut y répondre pour activer l'abonnement. Parfois il est considéré comme spam par des services de mail ;)

Affichage des articles dont le libellé est Suisse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Suisse. Afficher tous les articles

mercredi 1 avril 2020

Covid-19 & Fake News: des scientifiques recadrent la FDA après un article vaseux de Bloomberg.com

Treize experts anti-tabac ont répliqué par lettre à une sortie vaseuse sur le vapotage et le Covid-19 d’un chargé de comm' de la Food and Drug Administration (FDA) dans Bloomberg.com. 

À sa lecture attentive, l’accroche tapageuse ne reflète pas vraiment le contenu vaseux de l’article. « Selon la FDA, vapoter pourrait aggraver les risques liés au virus », titre le site Blomberg.com le 27 mars. S’ensuivent des suppositions sur des possibilités alambiquées dont on cherche en vain les fondements. 

Dans un premier temps, les deux auteures avaient laissé dans le flou, avant d’éditer l’article pour préciser que ce sont elles qui ont sollicité la FDA. Puis elles ont encore modifié leur article pour y ajouter une déclaration complémentaire de l’intervenant de l’agence pour évoquer de potentiels risques pour les personnes ayant déjà des problèmes de santé, y incluant de manière énigmatique les vapoteurs visés initialement par la publication. 

Pourrait peut-être potentiellement

Le passage remanié en question de l’article de Bloomberg.com : « “Les personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents, tels que des problèmes cardiaques ou pulmonaires, pourraient avoir un risque accru de complications graves de Covid-19”, a déclaré Michael Felberbaum, un porte-parole de la FDA dans un courriel vendredi en réponse aux questions de Bloomberg. “Cela inclut les personnes qui fument et/ou vaporisent du tabac ou des produits contenant de la nicotine” ».

Michael Felberbaum, le chargé de communication de la FDA, se présente lui-même comme « un communicant, ex-journaliste à Associated Press, amateur de bières artisanales et joueur de hockey ». Cela situe son niveau d’expertise sur le Covid-19 et le vapotage, sujet sur lequel il n’y a aucune étude ni d’indice d’un quelconque lien positif ou négatif. L'article de Bloomberg.com évoque aussi un bout de phrase sortie d'un blog très spéculatif de Nora Volkow, directrice du National Institute on Drug Abuse (NIDA), l'institut qui a financé la mise au point des cigarettes OGM à très faible taux de nicotine.

Réagissant à cet article « regrettable », par un courrier envoyé hier à la FDA, treize experts chevronnés de la lutte contre le tabagisme déplorent le manque de sérieux de ce coup de comm' et ses conséquences négatives pour les personnes ayant arrêté de fumer avec le vapotage. 

Le public mérite une information honnête, même les vapoteurs

« Il y a environ 12 millions de vapoteurs et 34 millions de fumeurs aux États-Unis. S’ils doivent recevoir des informations sur des questions vitales, surtout en cette période anxiogène, ils méritent mieux qu’un courriel ad hoc d’un porte-parole de la FDA envoyé à un seul service d’information en ligne », pique le courrier signé notamment par le Procureur général de l’Iowa Thomas Miller, le Pr David Abrams de l’Université de New York et Clive Bates, expert renommé et ancien directeur de l’organisation anti-tabac Action on Smoking and Health (UK) (les autres signataires en note de fin d’article *). 

Plus précisément, ils regrettent l’effet de peur contre les vapoteurs recherché par la publication de Bloomberg à laquelle s’est prêté le chargé de comm' de la FDA. « Il est probable que de nombreux vapoteurs présentent des problèmes sous-jacents qui augmentent la vulnérabilité et la susceptibilité de symptômes graves ou mortels du Covid-19. Cela s’explique par le fait que beaucoup d’entre eux sont d’anciens ou encore fumeurs et qu’ils ont accumulé des dommages à leurs systèmes cardiovasculaire et respiratoire à travers de nombreuses années de tabagisme », expliquent les experts.

Propagande nuisible

Avant de poursuivre en pointant le caractère délétère de l’article. « Beaucoup vapotent dans le but de réduire leurs risques liés au tabagisme et, ou de soulager ces symptômes. Il est donc particulièrement important qu’une grande attention soit portée aux conseils donnés à ce groupe. Sur quelle base la FDA croit-elle pertinent en ce moment de décourager les personnes souffrant de troubles sous-jacents liés au tabagisme de vapoter, alors que l’alternative probable pour beaucoup serait un retour au tabagisme ? »

La question est surtout rhétorique, car il n’existe actuellement aucune donnée sur un quelconque risque, ni une diminution de risque, du vapotage en regard du Covid-19. Reste le conseil de santé, valable hors du contexte du Covid-19, d’arrêter de fumer. « Sur ce point, nous pensons donc que les conseils aux fumeurs devraient être conformes à l’impératif de santé publique d’arrêter de fumer par n’importe quelle méthode efficace, et cela inclut de passer au vapotage ou d’autres produits nicotinés non combustibles à faible risque ».

Ce qu’on ne sait pas dire clairement, mieux vaut le taire

« Si la FDA est en mesure de fournir des conseils francs et clairs qui mettent la santé de millions d’Américains au premier plan, et ce sur la base de connaissances comportementales et biomédicales solides, alors elle devrait le faire et nous serions heureux de la contribution de l’agence. Toutefois, si ses communications sont arbitraires et mal conçues, répandent la peur et la confusion avec peu de bases scientifiques et avec des conséquences imprévisibles, alors il serait préférable que la FDA et ses porte-paroles dans les médias s’abstiennent d’autres commentaires pour le moment », concluent les treize experts.

Bloomberg business

La lettre adressée à la FDA se concentre sur les manquements évidents de la communication de l’agence à cette occasion, en laissant de côté le média propagateur. Mais que Bloomberg.com publie un article pour répandre la peur chez les vapoteurs en sollicitant un communicant un peu bêta de la FDA n’est pas tout à fait innocent. Bloomberg.com est un site d’information dédié aux spéculateurs financiers, à l’image de son fondateur Michael Bloomberg. Celui-ci est également engagé en politique où il vient d’échouer aux primaires démocrates

Au début du mois, ces deux camarades de parti au pouvoir à New York avaient aussi joué la carte de la peur du vapotage pour ne pas faire face à l’épidémie de coronavirus. Au 8 mars, lorsque Bill de Blasio accusait le vapotage, il y avait 20 cas de covid-19 à New York. Selon la page du Gisand Data, il y a au moment où j’écris plus de 76 000 cas confirmés et 1714 décès du Covid-19 à New York.

Michael Bloomberg s’est aussi lancé depuis quelques années dans le business de la philanthropie avec plusieurs entreprises, dont la Bloomberg Philanthropies Company (LLC). Il a investi plusieurs centaines de millions dans des campagnes de lutte contre l’approche de réduction des risques face au tabagisme, en particulier contre le vapotage. Parmi ces derniers investissements, 160 millions $ sont attribués à une campagne pour faire interdire le vapotage « aromatisé » aux États-Unis.

Opacité totale sur les intérêts financiers de Bloomberg

Le milliardaire, dans le top 10 des fortunes mondiales, a refusé de présenter sa déclaration d’impôt durant les primaires démocrates. La plupart de ses entreprises « philanthropiques » sont des Limited Liability Company (LLC), qui n’ont pas à répondre des exigences habituelles des fondations philanthropiques. Aucun compte n’est publié, aucune obligation de financer des causes caritatives, aucune restriction sur des délits d’initiés, notamment sur le fait de financer une action qui va profiter à une entreprise du donateur. 

L’opacité totale de cette forme juridique pour des entreprises prétendant être philanthropiques est dénoncée par de nombreux chercheurs, sans avoir d’écho dans les médias. Aucun contrôle du public ne peut s’exercer sur les réelles motivations et les éventuelles tactiques financières de ces soi-disant initiatives philanthropiques. Les liens d’intérêts du milliardaire avec les entreprises pharmaceutiques, mais aussi avec des États tabagiques, notamment l'Inde et la Thaïlande, posent questions

Aucune réponse fiable ne peut être apportée en raison de l’opacité de son empire financier, y compris de la plupart de ses compagnies « philanthropiques ». L'orientation hostile à la réduction des risques et contre les droits des usagers des organismes financés par l'empire Bloomberg ne lève pas les doutes sur une instrumentalisation "troyenne" de la lutte anti-tabac pour les intérêts du milliardaire.

La désinformation contamine les autres continents

Dans son autobiographie et maints discours, où il aime parler de lui-même, Michael Bloomberg insiste sur son exigence d’obéissance et d’allégeance de ses employés. La mention des noms des deux auteures de l’article dans Bloomberg.com, Anna Edney et Angelica LaVito, est pour ainsi dire anecdotique.

La Fake News de Bloomberg.com sur un risque accru de Covid-19 par le vapotage a été diffusée et reprise par des organismes de la sphère d’influence du milliardaire et par des médias. Dans l’aire francophone, c’est le Comité national contre le tabagisme (CNCT) français qui a lancé le 27 mars le mauvais canular. L’association Sovape a répliqué, mais les médias proches des intérêts cigarettiers, comme le 20 Minutes suisse, ont repris l’enfumage du CNCT sans tenir compte de la communication de Sovape, ni de la lettre des treize experts anti-tabac. 

Le doute profitant au maintien dans le tabagisme, l’opération est bonne pour les défenseurs du statu quo tabagique. Par contre, on peut douter que cela n'accroisse la confiance du public envers les instances de santé. Aux Etats-Unis, plus de 40% de la population n'accordait déjà plus sa confiance aux messages des autorités sanitaires, selon une enquête en 2018 du Wellcome Trust.

* Les treize signataires de la lettre à la Food and Drug Administration (FDA):
Thomas J. Miller, Attorney General of Iowa (United States)
David B. Abrams, PhD, Professor, Social and Behavioral Sciences, College of Global Public Health, New York University (NYU) (United States)
Scott D. Ballin, JD, Health Policy Consultant, Former Vice President and Legislative Counsel American Heart Association, Washington DC (United States)
Clive Bates, MA, MSc, Director Counterfactual Consulting, Former Director, Action on Smoking
and Health UK, London (United Kingdom)
K. Michael Cummings, PhD, MPH, Professor, Department of Psychiatry & Behavioral Sciences, Co-leader, Hollings Cancer Center Tobacco Research Program, Medical University of South Carolina, Charleston (United States)
Konstantinos Farsalinos, MD, MPH King Abdulaziz University (Saudi Arabia), University of Patras (Greece) School of Public Health, University of West Attica (Greece)
Thomas J. Glynn, PhD Adjunct Lecturer School of Medicine Stanford University Palo Alto, California (United States) 
Ethan Nadelmann Founder Former Executive Director (2000-2017) Drug Policy Alliance New York (United States) 
Raymond Niaura, PhD Professor, Social and Behavioral Sciences College of Global Public Health New York University (United States) 
Steven A. Schroeder, MD Distinguished Professor of Health and Healthcare Department of Medicine, University of California, San Francisco (United States) 
David Sweanor, JD Chair of Advisory Board of the Center for Health Law, Policy and Ethics University of Ottawa (Canada) 
Kenneth Warner, PhD Avedis Donabedian Distinguished University Professor Emeritus of Public Health and Dean Emeritus, University of Michigan School of Public Health (United States) 
Daniel Wikler, PhD Mary B. Saltonstall Professor of Ethics and Population Health Department of Global Health and Population Harvard T.H. Chan School of Public Health Boston, Massachusetts (United States)

jeudi 26 mars 2020

Suisse: infos pratiques et listes de sites de vente de vape durant le confinement Covid-19

Des professionnels de santé en Suisse m’ont alerté que certains de leurs patients, qui ont arrêté de fumer à l’aide du vapotage, se retrouvent démunis pour se fournir en résistances et liquides de vapotage dans la situation de confinement actuelle. Pour éviter la propagation du virus, il est préférable d'éviter les contacts. La liste de sites de vente par internet qui suit doit permettre de trouver la plupart des produits. Certains prennent des commandes par téléphone ou mail, et en cas d'urgence ou d'impossibilité de passer par un achat par internet, contactez votre magasin local pour savoir ce qu'il en est.

Ce billet joue le rôle d’une sorte d’annuaire internet temporaire des sites qui vendent des produits de vape en Suisse, quelques liens vers des groupes d’entraide francophones, et à la fin des conseils et infos spécifiques sur le vapotage et le coronavirus. Il est susceptible de mises à jour au fil de l’évolution et/ou de nouvelles infos dont je prends connaissance. [mis à jour au 30 mars]

Disclaimer: Aucun des magasins listés ne m’a demandé ou offert quoi que ce soit. Le listing n’est probablement pas exhaustif et les renseignements sur chaque lieu ne sont qu’à titre indicatif. La situation de chaque lieu peut évoluer. Je ne suis pas en mesure de donner des renseignements sur les magasins au-delà de ce qui est indiqué ici. Les circonstances très particulières liées à l’épidémie de coronavirus font que je déroge à mon principe de ne pas exposer de liens spécifiquement commerciaux sur ce blog.

Absence d’aide aux personnes vulnérables en Suisse

L’association Helvetic Vape, créée en 2013, défend les intérêts des vapoteurs en Suisse. Entre autres actions, elle a édité un petit guide pour les débutants, dans les trois langues nationales, que l’on trouve en pdf

Le harcèlement anti-vapoteurs de la part des médias liés au tabac et d’organismes soi-disant antitabac a précipité la disparition d’initiatives d’aide aux plus précaires, comme la Vape du Cœur Suisse. À ma connaissance, actuellement la seule aide pour l’arrêt tabagique accessible à bas seuil pour les plus démunis est le programme d’arrêt avec la vape du Sucht Hilfe d’Olten.
https://www.grea.ch/publications/protection-des-personnes-en-situation-de-precarite

Le Groupe romand d’Étude sur les Addictions (GREA) regroupe des informations et ressources concernant la situation d’épidémie du coronavirus et les diverses addictions.
https://www.grea.ch/publications/covid-19-affiches-recommandations-ressources

Liste de magasins basés en Suisse romande actifs durant le confinement :

Les conditions pour chaque magasin peuvent évoluer dans la situation actuelle, se renseigner sur leur site ou par téléphone... L'Association romande des professionnels de vape recommande des règles sanitaires strictes pour la vente en magasin de vapotage durant l'épidémie.
https://arprovape.ch/wp-content/uploads/2020/03/Communiqu%C3%A9-de-presse-ARPV-19-mars-2020.pdf

– Un portail de magasins romands avec leurs sites de vente par internet, habituels ou créés pour l’occasion. La plupart font des livraisons via la poste qui fonctionne avec un délai allongé (~48hrs) :
– https://purvapor.ch/ Genève, vente par internet, livraison gratuite à partir de 45 fs.
– https://high-creek.ch/ par internet, livraison gratuite à partir de 20 fs.

Les magasins High Creek de Lausanne est ouvert de 10 h à 17 h. Consignes strictes à respecter. Chaux-de-fonds et Sion ouverts, téléphoner. Yverdon fermé.
– https://www.facebook.com/Residence.Vapeshop/ Magasin de Payerne. Commande via Facebook ou par téléphone prise en considération dans la mesure du possible.
– Paboo-Vap à Yverdon. Ouvre avec commandes à l’avance par téléphone ou Facebook https://www.facebook.com/paboovap/
– https://www.sweetch.ch/fr/ Magasins fermés (Genève, Nyon, Lausanne, Neuchatel), vente par internet, livraison gratuite à partir de 25 fs.
– Vapothèque à Aigle — Commandes par mail ou téléphone https://vapotheque.ch/ [MàJ 30-03-2020] Ouverte les lundi, mercredi et vendredi de 10h à 15h, après un contrôle de sécurité des autorités 
– Fumerolles à Lausanne – Commandes par mail ou téléphone https://fumerolles.ch/
– https://vap-eshop.ch/ Vevey, vente par internet.
– La Fabrick à Montreux — Service minimum avec commande par Facebook https://www.facebook.com/lafabrickavape/
– https://www.vapeshop.ch/ Magasins Fribourg et Yverdon fermés, mais vente par internet ou téléphone avec livraison.
– https://chezsmoke.ch/ Boutiques Neuchâtel et Payerne fermées, vente par internet et livraison offerte durant le confinement
– https://green-cloud.shop/ Monthey et Vevey. Vente par internet, livraison gratuite à partir de 100 fs
– Millésime Vape à Sierre Commandes par Facebook ou téléphone https://www.facebook.com/millesimevape/
– Shiters à Bulle et Lausanne. Commande par mail ou téléphone Téléphone : 079 897 33 37 — Bulle : info [at] shifters.ch — Lausanne : shifterslausanne [at] shifters.ch
https://www.vapers-saloon.com/ Vapers Saloon. Vente par internet et frais de port offerts durant le confinement. 
– https://vipersmoke.ch/ Châtel Saint-Denis et Romont, vente par internet ou commande par téléphone, livraison gratuite à partir de 50 fs.
– https://www.wevappy.ch/ Site de vente par internet uniquement, frais de port offerts à partir de 29 fs.
– https://www.freevap.ch/fr/ Vente par internet, frais de port offerts à partir de 30 fs.
https://www.saintevape.ch/ à Lutry, livraison à domicile ou par la poste (téléphoner). Boutique certifiée Amzer Glas-Cimvape.
https://www.cigarette-electronique-shop.ch/fr/ Magasin de Meyrin ouvert 10-17h, magasin de Genève fermé, vente par internet.
- MyVap's à Fribourg est fermé. Commandes par mail myvaps[at]bluewin.ch ."Toute commande passée avant 17h30 est livrée le jour même"
- Le Savoie à Morges est ouvert avec des horaires allégés. Infos et contact à https://www.lesavoie.ch/
https://vapecloud.ch/ Site de vente par internet, frais de port offerts durant le confinement 

Côté suisse-allemand, liste de sites faisant de la vente à distance

https://www.dampfqueen.ch/ Magasins de Burgdorf, Berne, Thoune et Dietikon fermés, mais vente en ligne et envoie par la poste. Possibilité de conseils pratiques via skype (en allemand).
https://shop.squape.ch/ Le site de vente en ligne du moddeur squape et des liquides Crossbow vapor, made in swiss.
https://www.vapelounge.ch/ Vente en ligne
https://neu.ohm-vapers.ch/
https://www.dampfi.ch/e-liquids-e-zigarette.html Magasins de Zurich, Basel, Horgen fermés pour le moment (mais préparent une réouverture avec des protocoles de sécurité), vente par internet fonctionnelle.
https://www.ezy-e.ch/de/ vente par internet
https://www.dampf-haus.ch/ Magasin de Lachen fermé, vente par internet, possibilité de commande par téléphone et livraison dans la région (sur arrangement).
https://www.e-heaven.ch/ Magasin ouvert demande d'utiliser Internet ou le téléphone de préférence  pour ne se rendre au magasin qu'en cas de nécessité absolue, vente par internet. [édité 30-03-2020]
https://shop.swiss-vapors.ch/ Site de vente par internet
https://www.e-zigaretten-shop.ch/ Magasin de Winthertur - pas clair sur ouverture ou non actuellement - vente par internet
https://www.vapeheaven.ch/ magasin fermé à Dielsdorf, vente par internet
https://vape-cloud.ch/blogs/news/wir-machen-weiter-nur-anders  (livraison à proximité de  Belp)
https://smoke-shop.ch/ Magasin à Flums fermé, vente par internet
https://www.vs-gubrist.ch/
https://creative-coils.ch/
https://www.vapeoase.ch/ Vente par internet (pas clair si magasin ouvert ou non)
https://www.red-vape.ch/ Vente par internet, vérifier par téléphone si ouverture des magasins de Brig et Herisau

Pour le Tessin, pas d’info pour le moment, malheureusement...

Normalement les commandes sur des sites à l'étranger sont livrées, mais les délais sont sensiblement allongés...

Groupes Facebook de vapoteurs

Deux groupes de vapoteurs basés en Suisse, où vous pouvez y trouver des renseignements pratiques, demander de l’aide ou discuter...
– Les vapoteurs romands (francophone) https://www.facebook.com/groups/262163160651791/
- Swiss Vape (Schwizerdütsch) https://www.facebook.com/groups/164755573691976/

Des groupes Facebook d’entraide à l’arrêt tabac avec le vapotage, francophones pas forcément suisses. Aide, conseils et soutien dans la démarche d’arrêt tabac :
https://www.facebook.com/groups/vapeinfoservice/ Vape Info Service - Groupe Facebook d’entraide à l’arrêt du tabac à l’aide de la vape
https://www.facebook.com/groups/jenefumeplus/ Je Ne Fume Plus ! – Groupe Facebook d’entraide à l’arrêt du tabac avec plus de 10 000 membres
Stop-Tabac La tribu — forum d’entraide de Stop-tabac.ch
https://je-defume.info/ - site regroupant conseils, témoignages et infos sur la défume

D’autres liens vers forums, assos, lectures (si vous vous ennuyez en confinement ;)) sur la page de ressource utiles

Conseils et connaissances sur le Covid-19 et le vapotage

Carmen Escrig, spécialiste en biologie cellulaire à l’Université de Madrid (UAM), et Roberto Sussman, physicien à l’Université de Mexico (UNAM), ont rédigé un factsheet (en anglais) sur le vapotage et le virus Sars-Cov-2, responsable de l’épidémie de Covid-19.
Un résumé en français a été fait par l’association Aiduce.

Brefs extraits :
« Il n’y a aucune preuve que le vapotage (en lui-même) augmente les risques d’infection ou l’apparition de conditions graves de COVID-19 ». « Dans la mesure où passer au vapotage exclusif améliore les conditions cardiovasculaires et respiratoires, on peut espérer que les fumeurs qui passent complètement au vapotage aient un risque réduit s’ils sont touchés par ce virus. »

« Par sa nature hygroscopique, la vapeur de Propylène Glycol (pas les gouttelettes) peut agir comme désinfectant supprimant les pathogènes dans des conditions physiques précises. Cependant, il n’y a aucune preuve si cet effet fonctionne sur le SARS-Cov-2 ou dans le contexte du vapotage ».

« La vapeur émise par un vapoteur touché par ce virus ne diffusera probablement ni plus ni moins de virus qu’une respiration normale autour de la personne, bien moins et surtout moins loin qu’un éternuement ou une toux ». (voir le document en anglais pour plus les explications physiques)

« Les précautions pour prévenir la contagion par le virus transporté par la vapeur sont les mêmes que celles de “distance sociale” recommandées à toute la population vapoteurs ou non : éviter les contacts physiques et la proximité des autres. Pour les vapoteurs plus spécifiquement : vapotez plutôt à basse puissance, évitez de vapoter dans des espaces à moins de 2 mètres des autres. »

Attention à la désinformation malsaine et nuisible de lobbys américains qui entendent profiter du climat d’anxiété liée à l’épidémie. 
« Des acteurs américains et quelques employés d’un milliardaire semblent très actifs dans la presse anglo-saxonne et sur les réseaux sociaux pour exploiter cette pandémie à des fins de propagande, dont un faussaire notoire, au lieu d’aider leurs concitoyens. »

Ne paniquez pas, ce n’est pas une bonne conseillère. Des lobbys orchestrent de manière particulièrement cynique dans ces circonstances des campagnes anti-vapoteurs, en misant sur l’angoisse pour les faire retomber dans le tabagisme. Faites-vous confiance, le ressenti de vos améliorations par l’arrêt du tabac avec le vapotage est plus juste que ces enfumages.
----

La page d’informations de l’OFSP sur le coronavirus
Important pour tous, mais encore plus pour les vapoteurs qui portent leur vaporette à leur bouche, lavez-vous les mains après chaque contact avec quelqu’un ou une surface susceptible d’être touché par le virus. Nettoyez votre matériel, en particulier le drip-tip (embout buccal) avec du liquide hydroalcoolique ou de l’alcool.
Respectez la distanciation sociale, plutôt 2 mètres.


jeudi 19 mars 2020

Suisse, France et Italie: l'ouverture des vapeshops répond d'une double réduction des risques

Dans le contexte de restrictions liées à l'épidémie de Covid-19, l’Italie, la France et les cantons suisses de Neuchâtel, Vaud et Valais ont autorisé l’ouverture de magasins de vapotage. Au niveau fédéral, l’Office Fédéral de la Santé Publique (OFSP) ne s’est pas encore prononcé sur le sujet. En Espagne, l’Union des professionnels de vape UPEV) demande un traitement similaire. En Belgique, l’interdiction de vente à distance met en péril les vapoteurs, qui vont devoir passer par des circuits parallèles pour ne pas retomber dans le tabagisme.

Double réduction des risques : individuelle et collective

Les décisions des gouvernements italiens, français et des trois cantons romands répondent de deux formes de réduction des risques. La première au niveau individuel est de maintenir un accès aux produits de vapotage pour les ex-fumeurs qui n’ont pas la possibilité de passer par des achats à distance. La seconde collective permet d’éviter l’engorgement des bureaux de tabac et des effets de promiscuité en additionnant les vapoteurs aux fumeurs. 

Pour un succès de cette approche, les conditions d’hygiène sont cruciales. En ce sens, les organisations professionnelles de vape indépendantes françaises et romande ont annoncé des recommandations sanitaires strictes pour éviter au maximum le risque de propager le virus Covid-19. Cette situation inédite met au défi la communauté de la vape, à la fois les professionnels mais aussi les usagers, pour développer la culture de terrain de la réduction des risques.

Les personnes les plus fragiles

L’ouverture des magasins de vape concerne en premier lieu les catégories de personnes en difficulté sociale et souvent de santé fragile, qui n’ont pas, ou difficilement, la possibilité de passer par des achats à distance. Les largués d’internet, les personnes âgées, les exclus de moyens de paiements, les précaires de domicile, etc. Il y a des recouvrements importants entre tabagisme, niveaux socio-économiques, maladies et risques de complication avec le virus Covid-19.

Donner la possibilité à ces personnes de continuer d’accéder à des produits de vapotage réduit les risques liés à une rechute dans le tabagisme. C’est en soi, une réduction des méfaits sanitaires. Dans le contexte du coronavirus, qui attaque le système respiratoire, il est vraisemblable que fumer augmente les risques de cas graves.

Éviter les goulots d’étranglement

Il y a aussi une réduction des risques au niveau collectif. D’une part, un risque systémique inquiétant dans la situation d’épidémie est l’engorgement des hôpitaux. Ajouter aux cas de coronavirus, des personnes souffrant de problèmes respiratoires parce qu’elles ont rechuté dans le tabagisme serait négatif.

D’autre part, l’ouverture de vapeshops permet de réduire les interactions sociales en évitant aux vapoteurs n’ayant pas la possibilité d’achat à distance de s’additionner aux fumeurs dans les mêmes bureaux de tabac. Cela permet de réduire les effets de promiscuité et facilite la distance sociale, qui est pour le moment le moyen de prévention le plus efficace contre la propagation du virus.

Les consignes des organisations professionnelles

En France, la Fivape, fédération indépendante des professionnels de vape, et le SIIV, syndicat des vapoteries, ont tous deux publié des recommandations hier sur les règles à suivre: la page détaillée des protocoles recommandés de la Fivape concernant les différents secteurs de la filière du vapotage, et le document de recommandations du SIIV.

Côté Suisse, l’Association romande des professionnels de vape (ARPV) a communiqué cet après-midi ses consignes, suite aux autorisations des cantons de Neuchâtel, Vaud et du Valais. Une distance de deux mètres entre chaque personne, le lavage des mains systématique avec un produit hydroalcoolique entre chaque client et le passage de désinfectant sur les comptoirs, les poignées et le matériel manipulé entre chaque client sont notamment exigés par l’ARPV, en plus des consignes sanitaires générales à la population de l’OFSP.

Aucune donnée sur un effet antiviral du propylène glycol (PG) sur le Covid-19

Les trois organisations professionnelles exigent l’absence de vapotage à l’intérieur des magasins « afin de respecter les gestes barrières élémentaires », explique la Fivape. Bien qu’il existe plusieurs études sur les propriétés antivirales du propylène glycol sous forme d’aérosol, aucune n’a été menée spécifiquement sur le virus Covid-19. 

Insistons : rien ne permet d’affirmer que le propylène glycol a un pouvoir antiviral sur le Covid-19. Étant donnée, la brutalité de la contagion, la précaution impose de partir du principe qu’il n’élimine pas le virus jusqu’à une preuve solide.

Les tests ajournés

Le monde de la vape fait face à un défi difficile et inédit. L’étape charnière du testing de liquides, aidant à déterminer taux de nicotine et goût adaptés, pour amorcer le sevrage tabagique avec la vape est mise entre parenthèses de force. Selon la durée de l’épidémie, c’est un élément essentiel du rôle en première ligne pour l’arrêt tabagique des vapeshops qui devra peut-être être « réinventé » à terme.

L’importance de la dimension communautaire

Depuis dix ans sur le terrain de la réduction des risques face au tabagisme, le vapotage a les ressorts pour répondre à cette crise. Les associations, les groupes d’entraide, les forums, les médias audiovisuels et écrits constituent une armature communautaire. – Voir la page des liens utiles (liste non exhaustive) –. La crise du Covid-19 souligne l’importance cruciale de ces relais complémentaires au secteur commercial. 

A un moment où l’anxiété face à un péril invisible et inconnu peut amener à des comportements régressifs [qui a parlé de PQ?], la dimension collective d’une culture de réduction des risques n’est pas qu’une option. Elle est la voie pour gérer et apprendre collectivement à gérer les risques.

En complément, repères pour les usagers : vapoter à distance et aérer

Que l’on soit vapoteur ou non, il est avéré que les gouttelettes de sécrétions respiratoires peuvent transmettre le virus Covid-19. À titre de repères sur les distances de sécurité, un éternuement projette vite (jusqu’à 100 km/h) l’aérosol expiré avec des gouttelettes à 2,50 m en moyenne, selon des mesures du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Tandis qu’une toux non bloquée par le coude, irait jusqu’à environ 1,80 m. Tout vapoteur expérimenté sait qu’il peut fortement moduler son expiration de vapotage, du grand nuage jusqu’à la vape discrète à très faible portée. 

À côté des gouttelettes, la transmission du virus en aérosol ou par dépôt sur les surfaces inertes n’est pas clarifiée. Une étude publiée hier dans le New England Journal of Medicine (NEJM) a mesuré la viabilité du virus en suspension dans l’air et sur différentes surfaces inertes. « Nos résultats indiquent que la transmission du SARS-CoV-2 par aérosols et les surfaces est plausible, car le virus peut rester viable et infectieux dans les aérosols pendant des heures et sur des surfaces jusqu’à plusieurs jours (selon le dépôt d’inoculum [quantité de germes]) », concluent les chercheurs de Princeton. Ce résultat, qui ne présente qu'une plausibilité et non pas une certitude, invite à aérer les locaux et nettoyer les surfaces.

mercredi 4 mars 2020

Retournement à Genève: Mauro Poggia promet que les vapeshops pourront faire tester leurs produits

« Il faudrait être d’une totale mauvaise foi pour dire qu’il faut acheter les yeux fermés ». Promesse inattendue de Mauro Poggia. Hier soir à l’émission A bon entendeur de la RTS (accessible en replay, à partir de 22e mn), le Conseiller d’État s’est engagé à ce que les magasins de vape genevois puissent faire essayer leurs produits aux clients adultes. Sa loi prévoit pourtant l’interdiction du vapotage dans tout espace public. Face à lui, Isabelle Pasini, de l’Association romande des professionnels de vape, se réjouit. Puis, surprise, demande comment cela va se passer légalement. « Dans le règlement d’application, c’est possible? ». « On peut le prévoir, mais il me semble évident qu’on doit pouvoir tester un produit avant de l’acheter », répond le Conseiller d’État, sans préciser le point légal. 

« Nous sommes prêts à encourager les fumeurs à passer au vapotage »

Qu’est-ce qu’il en sera pour les groupes d’entraide autogérés? Personne ne le sait. Pourtant, Mauro Poggia s’est enthousiasmé. « Si vous voulez proposer des produits de vapotage à de grands fumeurs, et bien bravo! », adresse-t-il à Isabelle Pasini, qui le fait depuis plus de cinq ans dans ses magasins à Genève. « Nous sommes prêts à encourager qu’un grand fumeur passe à la cigarette électronique. Je pense qu’on doit applaudir. Je crois a priori que c’est une bonne chose et même les scientifiques le reconnaissent », renchérit le Conseiller d’État.

Il a pourtant rédigé un texte de loi qui nous avait semblé rendre presque impossible le développement de l’approche de réduction des risques. C’est ce qu’avait aussi compris Malik Melihi, le présentateur de l’émission. « L’idée générale c’est de considérer la cigarette électronique comme une cigarette classique, et on peut mettre tous ces produits dans la même loi et lui faire subir les mêmes rigueurs, c’est juste? » « Non, pas exactement », rétorque énigmatiquement Mauro Poggia. 

« La règle principale qui est le fondement de cette loi, c’est [l’interdiction de] la vente à des mineurs », insiste le Conseiller d’État. C’était l’antienne de toute l’émission: la peur du vapotage chez les jeunes. Bien que le seul témoignage déniché par A bon entendeur est celui d’un adolescent ayant arrêté de fumer avec le vapotage. Ce n’est pas tout à fait l’effet du hasard. Bien que passé sous silence dans l’émission, l’héritage tabagique de la politique romande actuelle a produit 25% des adolescents (15-18 ans), et 38% de jeunes adultes (18-24 ans) fumeurs. Rien ne leur est proposé d’autre que le discours de l’abstinence.

L’émission a rappelé les chiffres d’Addiction Suisse (ex-ligue de tempérance) sur l’essai du vapotage chez les adolescents annoncé à 50 % des garçons et 34 % des filles. Mais sans évoquer ceux de l’Office fédéral de la statistique (OFS). « Selon l’Enquête Suisse sur la Santé, réalisée par l’Office Fédéral de la Statistique, 1,5 % des jeunes de 15 ans utilisaient des e-cigarettes en Suisse en 2017 », rapporte le fil de news de Stop-Tabac.ch du 11 février rédigé par le Pr Jean-François Etter. Ce qui fait un très grand écart des mesures entre la fondation privée, qui s’est intéressée à l’expérimentation y compris sans nicotine pour la qualifier de « fléau », et l’OFS, dont la question implique l’idée d’utilisation...

Mystère politique

Qu’est-ce qui a fait prendre conscience à Mauro Poggia des conséquences absurdes de sa loi interdisant aux fumeurs adultes d’essayer le vapotage? Mystère des coulisses politiciennes. En Commission du Grand Conseil, où le Conseiller d’État n’avait pas jugé utile d’être présent, Isabelle Pasini avait insisté sur ce point, pour rien. Il semble que la menace du référendum déposé par l’Association romande des professionnels de vape a été plus efficace pour être entendu.

[Edit à 12h:] L'ARPV, qui ne m'envoie pas ses communiqués de presse (:/), annonce avoir recueilli les signatures suffisantes, au moins 5294 valides, pour présenter le référendum. L’ARPV «se félicite de ce premier succès, obtenu grâce à l’engagement de ses membres sur le terrain, dans les magasins spécialisés et dans la rue, mais aussi grâce au soutien de consommateurs convaincus du bien-fondé des produits de vapotage comme solution pour arrêter de fumer. Grâce à ce référendum, un vaste débat démocratique va pouvoir s’engager sur la cohérence des politiques de santé publique et de prévention du tabagisme», selon le site de la Tribune de Genève

On peut se réjouir de l'annonce du Conseiller d'Etat, sous réserve de voir les modalités concrètes. Et rester un peu interloqué du temps perdu. L'aboutissement de la récolte de signatures met évidemment l'association romande des professionnels de vape dans une situation plus confortable pour négocier les modalités avec l'Exécutif genevois. [/]

Jacques Cornuz explique le problème américain

En marge de cette annonce, on peut signaler deux séquences intéressantes dans l’émission. Le Pr Jacques Cornuz, du CHUV, explique à partir de la 2e minute clairement que la vague de pneumopathies aux États-Unis est liée à des produits de THC frelatés à l’acétate de vitamine E. (Même si cet ajout n’est pas « pour mieux vapoter », comme le dit le Pr Cornuz, mais pour tromper les clients sur le taux de THC des cartouches vendues. On excusera, le Pr Cornuz n’a pas forcément l’expérience du marché noir...).

Un autre moment sympathique est la présentation de la fabrication de nicotine vapologique par la marque française VDLV à Bordeaux à partir de la minute 18'10. Un développement économique de la filière de réduction des risques qui tente le pari de la relocalisation, avec des implications sociales et écologiques qui mériteraient développement en ces temps de pandémie, crise sociale et écologique.

Bullshit de Fribourg

Je ne vais pas prendre la peine de commenter en détail la séquence de la responsable du Cipret Fribourg à propos du snus. Simplement rappeler que la Food and Drug Administration (FDA) américaine a accordé, pour la première fois, le statut de produit à risque réduit aux produits de Snus de la marque Swedish Match en novembre. Ce label a été accordé après un examen scientifique de cinq ans. Le fabricant peut afficher cet avertissement:
« L’utilisation de General Snus au lieu de cigarettes vous expose à un risque plus faible de cancer de la bouche, de maladie cardiaque, de cancer du poumon, d’accident vasculaire cérébral, d’emphysème et de bronchite chronique. »
La Suède où environ 17 % de la population adulte consomme du snus, mais avec seulement 5 % de fumeurs, détient les plus bas taux de cancers oraux-buccaux et des poumons, selon les données du Centre international de recherche sur le cancer (IARC). Les témoignages dans l’émission d’utilisateurs sur le fort potentiel dépendogène du snus sont justes.

Les photos d’atteintes à la bouche présentées dans l’émission me semblent typiques de l’usage des horribles produits de tabac oraux indiens (gupka, etc.) qui n’ont rien à voir avec le snus.

L'Inde où le vapotage est interdit depuis septembre, tandis que 120 millions d'indiens consomment des produits du tabac oraux ou fumés. Près d'un million en meurt chaque année. Le gouvernement, dont Vinayak Prasad, aujourd'hui à l'OMS était un haut-fonctionnaire, détient une part du capital des deux principaux cigarettiers du pays. Ceci et le fait que le rapport anti-vape de Vinayak Prasad a été financé par l'entreprise Bloomberg Philanthropies Limited, dont les comptes sont totalement opaques, aurait été des précisions utiles au téléspectateur pour situer la parole du responsable interviewé.


mardi 18 février 2020

Suisse: le Tribunal Fédéral casse la taxe tabac sur le cannabis légal

"Du point de vue du consommateur, les fleurs de cannabis [légal] ne remplacent pas les produits de tabac conventionnels, mais elles satisfont d'autres besoins"*. Le jugement du 29 janvier du Tribunal fédéral donne raison au recours contre la surtaxe tabac sur le cannabis légal d'un vendeur de ces produits. La taxation à environ 25% du prix de vente de l'herbe à moins de 1% de THC, et généralement riche en CBD, n'est pas justifiée légalement, car la taxe ne doit viser que les produits qui remplacent le tabac. Le jugement abroge cette surtaxe sans base légale. Les produits  légaux de cannabis restent assujettis à la TVA évidemment.

Fin de la surtaxe de 25% du prix de vente sur le cannabis

"Les fleurs de cannabis sont, même lorsqu'elles sont fumées, un produit aux propriétés spéciales qui ne sont pas des produits de substitution au tabac"*, explique la Cour. La notion de substitut est centrale, car c'est à ce titre que les douanes suisses justifiaient d'assimiler le cannabis légal aux produits du tabac en matière de taxation. Cette taxe contre les consommateurs de cannabis à faible taux de THC devait rapporter 30 millions de fs par an à l'administration fédérale selon la RTS.

Les douanes n'ont pas encore pris en compte le jugement

Ce 18 février, le site de l'Administration fédérale des douanes n'a pas encore été mis à jour pour respecter le jugement du 19 janvier du Tribunal fédéral. Selon la notice de l'AFD rédigée en novembre 2019, la taxe sur le cannabis s’appuyait sur l'article 4 de la loi fédérale sur l'imposition du tabac (LTab; RS 641.31) qui précise que "les produits de substitution" sont soumis à l'impôt sur le tabac. "Sont réputés produits de substitution au sens de l'art. 3, al. 1, de l'ordonnance sur l'imposition du tabac (OITab; RS 641.311) les produits qui ne sont pas ou ne sont que partiellement composés de tabac, mais qui sont utilisés de la même manière que le tabac ou comme tabacs manufacturés, même s'ils ne doivent pas être allumés pour être consommés. Ils sont imposés comme les produits qu'ils remplacent".

Le cannabis n'est pas un substitut au tabac

Le Tribunal fédéral estime, avec bon sens, que le cannabis légal ne remplace pas les cigarettes et ne remplit donc pas la justification à cette surtaxe punitive anti-fumeurs. "Le terme "produits de substitution" se base sur une interprétation sémantique d'un but similaire et non d'un type d'utilisation similaire", précise le jugement de la Cour fédérale. Elle a donc validé la plainte du recourant contre cette taxe "arbitraire", qui pouvait entraver l'accès au cannabis à faible taux de THC pour les consommateurs en raison d'un prix artificiellement élevé.

Le cannabis illégal n'est pas taxé

Rappelons que le cannabis à plus de 1% de THC n'est pas taxé puisqu'il est illégal, sauf cas thérapeutiques particuliers. Ce jugement du Tribunal fédéral est un troisième arrêt en faveur de la réduction des risques contre les politiques fédérales de protection des produits les plus néfastes, après les abrogations des prohibitions des liquides nicotinés de vapotage en mai 2018 et du snus en mai 2019.

* Les citations sont ma traduction, avec les réserves qui s'imposent, du jugement C2_348/2019 du 29 janvier 2020 du Tribunal Fédéral qui est rédigé à l'origine en allemand.
Le jugement mis en ligne par le recourant:

samedi 8 février 2020

Genève: les vapeshops lancent la récolte de signatures contre l'interdiction d'essayer les produits en magasin

Recueillir 5'294 signatures de citoyens du canton de Genève d'ici au 4 mars. Les boutiques de vape genevoises relèvent le challenge du référendum pour soumettre au vote la nouvelle loi sur le commerce. Sans remettre en cause la limitation d'âge de vente des produits, les vapeshops contestent notamment deux interdictions. L'obligation de rendre invisibles leurs produits depuis l'espace public, ce qui les forcerait à masquer leurs vitrines. Et, encore plus directement préjudiciable pour le public, l'interdiction de vapoter en magasin, qui de facto leur interdirait de faire essayer et expliquer en pratique les produits aux clients.

"Non à une loi qui entrave la cessation tabagique"

Cette interdiction porterait particulièrement atteinte aux fumeurs tentés d'essayer le vapotage. Pouvoir essayer pour déterminer le taux de nicotine et le matériel adéquat est une étape primordiale dans la démarche d'arrêt tabagique à l'aide du vapotage. L'entrave est particulièrement incompréhensible alors que, selon les chiffres officiels (sous-estimés selon des analyses), le tabagisme stagne depuis plus de dix ans à plus de 27% en Suisse.

Le bilan de la politique actuelle pointe même à un honteux 38% de fumeurs chez les jeunes adultes romands de 18 à 24 ans. Dans un pays où la boîte de 14 patchs non remboursés coûte près de 100 fs, le vapotage est devenu l'aide la plus utilisée pour arrêter de fumer en Suisse, avec près de 6% des tentatives avec son aide. Mais longtemps inhibé par la prohibition illégale de vente des liquides nicotinés, l'impact du vapotage sur la baisse du tabagisme y reste largement en deçà de pays comme le Royaume-Uni ou même la France, moins inféodés aux intérêts cigarettiers que la Suisse.

Élus sourds aux demandes des vapoteurs et des vapeshops

Devant la Commission du Grand Conseil genevois, Isabelle Pasini, représentante des professionnels de vape, avait demandé fin octobre une exemption pour les magasins spécialisés du projet d'interdiction de vapoter dans les lieux publics. Les élus n'en ont pas plus tenu compte que des observations et la documentation que j'avais présentées sous l'angle de l'intérêt des usagers et des droits à la réduction des risques pour les fumeurs. Pourtant, ne pas recevoir d'instruction pratique sur des produits dont l'usage est encore mal connu du public, augmente les risques de mésusages.

Aucune justification sanitaire

D'autre part, une interdiction de vapoter dans les espaces publics n'est soutenue par aucun élément d'ordre sanitaire. Les études ayant mesuré la qualité de l'air ambiant n'ont pas relevé de différence significative en termes de toxiques dans l'air de lieux confinés avec ou sans vapoteurs, y compris dans un vapeshop. Il n'y a aucun élément scientifique montrant un impact sanitaire pour l'entourage des vapoteurs. Les autorités genevoises se réfugient derrière un principe de précaution perverti pour l'occasion. En France, le Conseil d'État avait pour sa part rendu un avis défavorable à une telle mesure contre les libertés individuelles sans justification sanitaire.

On peut ajouter que la situation actuelle en Suisse, où les tenanciers sont libres de tolérer ou interdire le vapotage dans leurs lieux, n'engendre pas de problème particulier. Les autorités genevoises sont en train d'en inventer un. Il parait que c'est une partie du secret de la recette des fameuses Genferei.

À fortiori, viser spécifiquement les magasins spécialisés de vape apparaît comme un harcèlement injustifié de la part des autorités genevoises. L'interdiction de pouvoir essayer les produits de vapotage impacterait de manière négative spécifiquement les vapeshops, en première ligne pour l'aide à l'arrêt tabagique. Elle interdirait aussi les groupes autogérés d'aide à la défume avec la vape. L'énorme déception immanente à cette loi genevoise est la mise à mort de toute alliance possible entre milieu de la vape et monde de la santé pour lutter efficacement face au tabagisme. Alors que des initiatives intéressantes et heureuses se déroulent dans d'autres cantons, notamment à Olten.

Le mépris de l'élite genevoise 

À l'opposé de la posture étroite et méprisante des autorités genevoises, la démarche des addictologues d'Olten est de tendre la main vers les fumeurs des groupes sociaux les plus défavorisés. En Suisse, ils sont les plus touchés par le tabagisme, avec des proportions de 4 à 5 fois plus élevées dans les groupes sociaux défavorisés par rapport aux plus privilégiés. Ces personnes ont aussi, notamment en raison du stress, près de trois fois moins de chance de réussir leur arrêt tabagique que les fumeurs de l'upper class en Suisse. Une inégalité de chance à l'arrêt tabagique qui a explosé en 20 ans, selon le suivi Sapaldia.

Cette question est centrale pour contrecarrer l'accroissement des inégalités sociales de santé, et l'exemple anglais montre que l'essor du vapotage a accompagné une réduction très nette de cet écart entre groupes sociaux. Mais les élus genevois ont décidé d'ignorer les questions sociales et les éléments scientifiques concernant l'approche de réduction des risques pour embrasser le totem des interdictions. Une politique affirmant en filigrane que seuls les forts méritent de survivre, tandis que ceux qui ont eu la faiblesse de devenir fumeurs et n'ont pas les ressources de s'en sortir n'ont qu'à crever. "Quit or die", résume la pensée puritaine. 

Éliminer l'entraide pour cacher leur incompétence

Dans 96% des cas sans aide, les fumeurs échouent leur tentative d'arrêt. Les substituts nicotiniques en pharmacies sont hors de prix et non remboursés par l'assurance-maladie de base suisse. À l'opposé, lorsqu'elles sont bien conseillées et accompagnées, près des deux tiers des personnes qui tentent d'arrêter de fumer avec la vape réussissent. Dans la Genève pilotée par les élites calvinistoïdes, cet accompagnement bienveillant et compétent ne peut se trouver que dans les vapeshops et les groupes d'entraide autogérés. La disposition contre le droit d'essayer les produits de vapotage les éliminerait.

Ce n'est pas seulement que les autorités genevoises ne font rien depuis des années. Elles veulent avec ces mesures empêcher la population de se prendre en charge elle-même. Mon soupçon est que cette réaction est avant tout motivée par la peur que leur incompétence ne soit mise en lumière par l'action efficace de la population. Précisons que l'assimilation du vapotage à la loi sur la fumée passive est une modification connexe hors du champ de la loi sur le commerce initiale. C'est si abusif qu'une députée était tombée des nues lorsque j'avais mis le doigt sur ce problème en Commission (voir le mémorandum p.17).

Les arguments anti-science des autorités

Dans différents débats dans les médias locaux* ces derniers jours, les arguments présentés par les défenseurs de l'interdiction de pouvoir essayer le vapotage en magasins spécialisés se concentrent autour d'une position de principe anti-science, une haine de la réduction des risques et le mythe de l'effet passerelle.

Le rejet des évaluations scientifiques indépendantes du Public Health England et du Royal College of Physicians est implicitement basé sur l'idée que la science est incapable d'évaluer et d'analyser une fenêtre de risques de produits. Il s'agirait d'attendre d'avoir "assez de recul". C'est évidemment un obscurantisme arriéré et infondé, comme le montre l'explication du Dr Lion Shahab à Paris en octobre dernier. Il est un peu flippant de voir que les élus genevois n'ont rien à envier sur leur incompréhension de la science à d'autres régimes intégristes.

Leur second argument s'appuie sur la haine de la réduction des risques. Celle-ci s'habille en "principe de précaution" qui entend condamner les fumeurs à l'arrêt sans vape ou la cigarette et la mort. J'ai déjà expliqué en quoi l'instrumentalisation de ce principe en est une perversion dans ce contexte où la précaution est celle d'éviter le danger avéré, pas d'empêcher les fumeurs de prendre un moyen de se sauver.

Le 3e argument est celui du mythe de l'effet passerelle. Ce point rejoint en large partie le premier, puisqu'il s'agit pour y croire de ne pas observer les données réelles de ce qui se passe pour mieux fantasmer cette peur. Y compris en Suisse, lorsque les données sont récoltées de manière plus pertinente comme à Bâle.

Et pas mal de mauvaise foi

Il reste toujours désarmant d'entendre des élus-autruches vouloir empêcher les jeunes d'éviter d'essayer la cigarette avec le vapotage, y compris sans nicotine. Il y a là un espèce de bug cognitif qui a probablement à voir avec un déni de réalité de leur responsabilité dans la situation actuelle. Mais même sans tenir compte des analyses sur l'écroulement du tabagisme adolescent corrélé à l'essor du vapotage, il reste tout à fait obscur en quoi interdire aux fumeurs adultes d'essayer des produits de vape en magasins spécialisés pourraient prévenir un quelconque usage des adolescents.

Tout cela n'est pas rassurant sur les compétences intellectuelles des dirigeants genevois. On peut même avoir des doutes sur leur éthique. Les citoyens suisses résidents dans le canton de Genève peuvent inverser cette décision, en commençant par signer le référendum dans une des boutiques spécialisées du canton d'ici le 3 mars.

* Notamment sur la télévision locale Léman Bleu, entre Isabelle Pasini, représentante des vapeshops, et Jean-Marc Guinchard, élu démocrate-chrétien; 
sur la radio RTS la 1ère dans Forum entre la même Isabelle Pasini et Jocelyne Haller, élue d'Ensemble à gauche. 
Il y a aussi une séquence sur Radio Cité que je n'ai pas réussi à écouter, peut-être aurez-vous plus de succès technique que moi... http://radiocite.ch/chart/le-grand-format/ 


samedi 1 février 2020

Affaire de la falsification du 19:30: la RTS veut m'imposer un accord de non-divulgation

Il y a des pays où les journalistes défendent la liberté d'expression. Et puis il y a la Suisse, où la Radio Télévision Suisse Romande (RTS) tente de bâillonner les rares voix qui la critiquent. En l’occurrence ma voix, en voulant m'imposer une clause de confidentialité à propos de l'affaire de l'interview falsifiée diffusée par le journal télévisé 19:30 le 5 septembre 2019. J'avais transmis mon article dévoilant la supercherie au service de médiation de la chaîne de service public romande. Le service d'information de la RTS a traîné autant que possible pour répondre, pour finir par demander mi-janvier à ce que les échanges soient soumis à une clause de non-divulgation. 

Si j'avais accepté cette fameuse NDA, cela m'aurait interdit de parler, évoquer, publier ou transmettre le contenu de ces échanges à qui que ce soit. Je n'aurais pas pu écrire ce billet par exemple. J'ai refusé cette clause, tout en acceptant la poursuite du dialogue. Le service de médiation de la RTS n'a plus répondu.

La falsification du 5 septembre

Pour rappel, la RTS a diffusé le 5 septembre dernier une interview initialement tournée par CBS News dont elle a coupé des passages, dénaturant ainsi le contenu pertinent pour les téléspectateurs. À savoir, un jeune, atteint de la vague de pneumopathies aux États-Unis cet été, reconnait avoir consommé des liquides frelatés achetés au marché noir du THC, et son médecin de confirmer la présence de vitamine E dans ceux-ci. 


La RTS n'a retenu que la part de l'interview où le jeune malade évoque son utilisation d'une vaporette d'une marque célèbre. Le commentaire du journaliste suisse incrimine uniquement le vapotage, compris dans le langage courant comme le vapotage de nicotine, et passe totalement sous silence la cause réelle des pneumopathies. La chaîne n'a apporté aucun correctif, malgré ma demande.

Ya du bon tabac à la RTS

Ce procédé viole de manière flagrante la déontologie journalistique. Il y a de multiples intérêts à maintenir le tabagisme. Notamment celui de l'industrie cigarettière, celui des laboratoires pharmaceutiques dont une large part du chiffre d'affaires profite des malades du tabagisme, et les milliards de taxes récoltés par le Département fédéral de l'Intérieur, dirigé par Alain Berset, l'idole socialiste et romande de la RTS. Mais il y a aussi l'intérêt direct de la chaîne à promouvoir le maintien dans le tabagisme, ainsi que l'interdiction de publicité par affichage et dans les journaux du tabac, car plusieurs de ses programmes profitent des financements de l'industrie cigarettière. 

Les grands prix de Formule 1, programme hautement 'bankable', voient ses deux principales écuries financées par Philip Morris et Britsh American Tobacco. La firme cigarettière vaudoise finance aussi une des écuries des courses de moto GP diffusées sur la RTS. À peu près tout le monde a compris que le nombre ahurissant de fumeurs dans les séries télévisées et pas mal de films dépasse le besoin scénaristique. Les restrictions de publicité se sont accompagnées d'une explosion de la présence de cigarettes sur les écrans. Il y a environ deux fois plus de fumeurs dans les séries actuelles qu'il y a 20 ans. Dans tous ces cas, la RTS ne reçoit pas directement d'argent des cigarettiers, mais profite de leur financement de la production de programmes qu'elle diffuse.

Soft power et encéphalogramme plat

Évidemment, la hiérarchie de la RTS ne procède plus à la "soviétique". Le new management a aussi converti ses salles de rédaction. Les consignes prennent les formes éthérées de conseils, remarques et petits commentaires. On ne licencie plus les journalistes qui n'ont pas suivi la ligne, on leur confie juste d'autres sujets. Et, évidemment le plus important, on emballe cette ligne éditoriale dans la bonne conscience politiquement correcte que le vapotage serait la nouvelle cigarette. Le journaliste romand ne pense pas mentir à ses concitoyens, ses voisins, ses proches ou ses enfants. Non, il croit les sauver d'un complot.

Comme un lapsus

L'imbrication de ses deux éléments était illustrée par le débat Infrarouge du 18 septembre, deux semaines après la diffusion de l'interview falsifiée au 19:30. En préambule du débat et non visible dans le replay, la publicité pour la prochaine diffusion sur la RTS du grand-prix de formule 1 avec l'écurie à la couleur Marlboro en gros plan. L'émission refoule, au sens pour ainsi dire psychanalytique du terme, cette publicité qui l'a introduit. Cette forclusion de la responsabilité de la RTS structure la discussion. Ainsi Infrarouge plante le cadre du débat contre le vapotage en réitérant la présentation mensongère de la crise américaine avec un sujet similaire à celui du 19:30 que je mets en cause. 

Parmi les multiples séquences confondantes du débat, dont les leçons joliment récitées par deux étudiants qui rappellent un peu le style révolution culturelle maoïste, la présentatrice Cynthia Gani se fend d'un très théâtralisé "Mais les enfants ! Mais les enfants !". Tuant d'office la possibilité d'un débat sur la réduction des risques pour les jeunes. Alors que, selon les chiffres d'Addiction Suisse à qui certains reprochent d'être sous-estimés, 25% des ados de 15 à 18 ans et 38% des jeunes adultes de 18 à 24 ans romands sont fumeurs. 

Les futurs malades du tabagisme programmés par la RTS

Combien de ceux-ci auraient pu éviter d'essayer la cigarette en essayant plutôt de vapoter, occasionnellement comme les 3/4 des jeunes qui vapotent? Combien parmi ceux déjà fumeurs réguliers auraient pu sortir du tabagisme avec la vape? On peut se faire une idée avec les exemples d'autres pays. Au Royaume-Uni, le taux de tabagisme des jeunes a décru des deux tiers depuis 2011, aux États-Unis de moitié. Ces chutes se sont accompagnées d'un taux élevé d'expérimentation du vapotage, mais d'un niveau faible de vapotage au quotidien. Ce qu'il se passe n'est pas très compliqué à comprendre. Mais c'est tabou et la RTS se tient ferme dans son déni. Non seulement dans cette émission, mais sur l'ensemble de son traitement du sujet depuis plusieurs années.

Le rejet de la réflexion par principe de protection de son déni

Cette forclusion abreuve la duplicité des journalistes de la RTS. Ils savent pertinemment qu'ils mentent. On ne coupe pas de la manière dont a été falsifiée l'interview du 5 septembre sans savoir ce qu'on fait. On ne prépare pas la réplique surdramatisée sur "les enfants" de Cynthia Gani sans savoir qu'on cherche à manipuler le public. Et il y aurait un triste tas d'autres exemples en provenance de la RTS télévision et radio. 

Mais, autant j'ai peu de doute sur le cynisme de la stratégie commerciale de la direction de la RTS sur ce dossier, autant je crois que les journalistes enrobent leurs mensonges et manipulations d'un voile de morale. Probablement ont-ils besoin de croire absolument à la notion de pureté des jeunes. Tous les programmes de prévention sont organisés autour de ce mythe romantique. En réalité, ils sont violemment inefficaces pour les jeunes. Mais ils confortent les a priori idéologiques et moraux des décideurs qui avalisent ces programmes. Ils sont conçus pour être efficaces à obtenir des budgets, pas à être efficaces sur les jeunes. 

C'est ainsi que se reproduit mécaniquement un taux de tabagisme où près de la moitié des jeunes adultes fument. Les journalistes, pour des raisons d'ordre psycho-sociologiques sur lesquelles je fais l'impasse ici, embrassent ce qu'ils croient être le point de vue des décideurs. Ce rôle hybride entre chien de garde et caniche était patent dans le débat d'Infrarouge. En dénigrant le vapotage et en soutenant des mesures qui en entravent l'accès, ce ne sont pas seulement les 'vieux' fumeurs que ce camp anti-vape condamne à mort. C'est en premier lieu une large partie des jeunes qu'il pousse à ne pas avoir d'alternative à risque réduit au tabagisme. Mais ceci est invisibilisé par ce refoulement derrière l'alibi moral.

Un certain dégoût de l'abject

Cette duplicité perverse conciliant bonne morale ainsi que protection et reproduction du tabagisme traverse de part en part le service d'information de la RTS sur le sujet depuis plusieurs années. Son rôle a été déterminant dans la mise en place d'un rapport de force politique qui est sur le point d'aboutir aux lois scélérates anti-vapoteurs aux niveaux fédéral avec le projet de LPTab, et cantonal, à Genève par exemple. Je pense qu'on peut déjà leur concéder la victoire. La partie est jouée, même s'il reste quelques formalités de procédure. Le tabagisme Suisse va se maintenir encore au moins dix ans dans la continuité des dix années précédentes. L'ordre tabagique est sauf, le pseudo "principe de précaution" pour maintenir ses 10'000 décès annuels a prévalu.

Dans ce contexte, accepter l'accord de non-divulgation que voulait m'imposer la RTS n'aurait pas seulement été problématique en regard de mes activités de blogueur et associatives. Cette acceptation de la loi du silence m'aurait été une forme de complicité moralement intenable. Le mauvais traitement infligé par la RTS à la réduction des risques pour les fumeurs a imprégné, malgré moi, mon regard de leurs programmes de la couleur de l'abject. Je ne sais pas si j'arriverais un jour à lever ce dégoût.

Printfriendly

Licence Creative Commons: Attribution (BY) + Non Modification des partages (ND)

 
Real Time Analytics