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jeudi 21 juin 2018

L'Islande se dote de la première législation spécifique aux produits de vapotage au monde

Comme une évidence de bon sens. L'Islande est le premier pays au monde à se doter d'une législation spécifique aux produits de vapotage. Passée la semaine dernière au parlement après une rude bataille avec les lobbys anti- réduction des risques, la loi sur le vapotage entrera en vigueur le 1er février 2019. "La nouvelle réglementation est «aussi bonne que possible», ou plutôt, pas aussi mauvaise que le projet ne l'était au début", commente le Dr Karl Snæbjornsson, auditionné au cours des débats au parlement à propos de l'impact du vapotage sur le tabagisme. En l'absence de réglementation sur le vapotage,  l'Islande vit depuis 2014 une chute phénoménale de près de 40% du nombre de fumeurs en même temps que l'essor du vapotage. Des 35'000 fumeurs (14% de la population adulte) en 2014, l'île n'en compte plus que 22'000 (9%) en 2017. 20'000 personnes (8,2%) sont vapoteurs dont la moitié déclarent avoir arrêté de fumer, tandis que 10'000 autres fument encore. 

Le tabagisme en chute libre sous l'impact de la vape

Le tabagisme adolescent aussi régresse, avec moins de 2% de fumeurs, tandis que le vapotage a augmenté. Les détails sur leur usage ou non de nicotine et la fréquence d'utilisation (expérimentation, occasionnelle, régulière) ne semblent pas disponibles. Les résultats préliminaires d'une étude de l'institut Gallup, au début de cette année, montre que le vapotage a supplanté le tabagisme chez les jeunes adultes. Les 18 à 34 ans sont deux fois plus nombreux a utiliser le vapotage que la cigarette. Dans sa présentation au Global Forum on Nicotine (GFN) à Varsovie, le Dr Karl Snæbjornsson souligne que la plus grande part a quitté le tabagisme avec le vapotage puis arrêté de vapoter. Tandis que les double-usagers, à la fois de vape et de cigarettes, régressent en nombre.

Une loi spécifique aux produits de vapotage

Ces faits, ainsi que l'évidence de la différence entre vapotage et tabac, ont poussé les députés à adopter une législation propre au vapotage hors de la réglementation des produits du tabac. Un choix de bon sens aussi pour pouvoir la corriger, dans un sens ou l'autre, selon l'évolution de la situation. Point progressiste par rapport à la législation européenne, aucune  limite n'a été fixée sur la contenance des fioles de liquide et des atomiseurs. La publicité, à condition de ne pas être attirante pour les enfants, est autorisée. Le même garde-fou est imposé sur le packaging des liquides, dont les fioles doivent par ailleurs avoir des bouchons de sécurité. La loi interdit la vente aux mineurs. Des standards de qualité et de sécurité seront implantés pour les produits. 

A part la nicotine, les substances stimulantes, telles que la taurine, la caféine ou des vitamines, sont interdites comme additifs aux liquides. La nicotine elle même est limitée à une concentration de 2% (20 mg/mL) comme dans l'Union Européenne. C'est, à première vue, le point le plus négatif de la loi en regard des fumeurs nécessitant des dosages plus élevés pour sortir du tabagisme et pour une part de vapoteurs au long cours qui pourraient réduire leur consommation de liquide avec des concentrations plus fortes.  Concernant les lieux publics, l'Islande laisse le libre-choix aux propriétaires des lieux d'autoriser ou non le vapotage. Par contre, il sera interdit de vaper dans les bâtiments publics, les lieux destinés à l’accueil d'enfants, les hôpitaux et les transports en commun. 

120'000 années de vie gagnées depuis 2014

Enfin, une taxe de 0,9% du prix de vente sera prélevée et reversée au fond de prévention du tabagisme. Un prélèvement qui a sa part d'ironie cynique alors que le vapotage a réussi en trois ans à impulser une accélération de la chute du tabagisme. Depuis 2008, les ventes de cigarettes ont été divisées par moitié en Islande, tandis que celles du Snus, le tabac oral suédois à faible teneur en nitrosamines, ont considérablement augmenté mais régressent depuis 2016 (peut-être par la concurrence du vapotage?). Le Dr Karl Snæbjornsson évalue que la chute du tabagisme sous l'impact du vapotage depuis 2014 a déjà fait gagner 120'000 années de vie à la population. 

Global Forum on Nicotine 2018 Iceland



jeudi 31 mai 2018

[Bref] Le crépuscule du tabagisme: plus de 40 millions de vapoteurs dans le monde selon la BBC

Après le Royaume-Uni, les récents chiffres officiels en France le confirment: le vapotage est l'outil de sortie du tabagisme de masse dont s'emparent les fumeurs pour ne plus l'être. Sa répression permet encore aux ventes de tabac, et des médicaments liés aux maladies déclenchées par le tabagisme, de prospérer dans certains pays, tel que la Suisse. En cette Journée mondiale sans tabac, la BBC a mis en avant un récapitulatif chiffré de l'essor du vapotage. Le cabinet Euromonitor estime qu'on a dépassé le seuil de 40 millions de vapoteurs dans le monde. De 7 millions en 2011, le vapotage a été embrassé par 35 millions d'usagers en 2016, Euromonitor prévoit que plus de 55 millions d'utilisateurs en 2021. Edit 21h: Comme l'a fait remarqué Jacques Le Houezec, l'estimation d'Euromonitor agrège aussi les usagers de tabac chauffé... /

Extrait de C dans l'air (France 5) hier, avec François Bourdillon, directeur de Santé Publique France:


Systèmes ouverts majoritaires

BBC selon Euromonitor
Les vapoteurs sont avant tout tournés vers les systèmes dits ouverts, permettant de conjuguer atomiseurs et box selon les besoins et de choisir les liquides de remplissages dans l'énorme variété du marché. Cette orientation s'oppose aux systèmes fermés propriétaires, imposant de racheter des capsules de liquides scellées à la marque du modèle, rendant captif le consommateur. Néanmoins, l'essor fulgurant de la Juul aux Etats-Unis ces derniers mois, qui avale à grande vitesse des parts de marché des cigarettes (de tabac), incite à ne pas condamner la possibilité d'un développement de ce type de produit.

Les vapeshops en première ligne

Les boutiques spécialisées sont en première ligne de cet exil des fumeurs à l'aide de l'outil de réduction des dommages. Elles offrent les conseils techniques nécessaires, du choix et bien souvent un soutien humain dans la démarche d'arrêt tabagique, comme le relate les témoignages de terrain dans le dernier Bulletin de Sovape. Une enquête d'Ernst & Young, menée en 2015 au Royaume-Uni, France, Allemagne, Pologne, Italie, Russie et Corée du Sud, montre clairement le recours privilégié à ce canal par les usagers. Leurs motifs de se convertir au vapotage n'y sont probablement pas étrangers. 

Mouvement publique de santé

Arrêter ou moins fumer pour arrêter l'impact néfaste sur sa santé des cigarettes, tout en conservant le plaisir de la nicotine, d'un geste et de nouvelles sensations olfactives expliquent l'engouement massif. Un soutien des autorités permettrait sans aucun doute d'accélérer cette révolution technique et sanitaire. Mais à part les britanniques, les autres pays semblent plus intéressés à endiguer la perte de revenu fiscaux liées à la sortie du tabagisme des plus de quarante millions de vapoteurs. A défaut des usagers diffusent conseils et soutiens aux fumeurs cherchant à se libérer des cigarettes, comme par exemple l'excellente brochure de l'association Helvetic Vape sur le sujet en Suisse, ou des groupes d'entraide à l'arrêt des cigarette avec le vapotage dont nous avons, avec l'association Sovape, fait une analyse publiée cette semaine.

Sur RTL, le Dr William Lowenstein, de SOS Addiction, et Dominique Laverge, de la Société française de pneumologie, au micro d'Yves Calvi:



samedi 18 novembre 2017

[Ristrett'] La vape appartient-elle à Big Tobacco ?

L'accusation est récurrente de la part des anti-vapes. Le vapotage serait aux mains des grandes compagnies cigarettières. Quand est-il dans les faits? Les produits de vapotage appartiennent-ils vraiment tous aux Big Tobacco? Go Smoke Free, site de vente de produits de vapotage anglais, s'est posé la question. "Nous voulions savoir si la majorité des marques de vapotage sont indépendants ou détenus par une compagnie, et plus important encore, si cette compagnie est une compagnie de tabac", explique Go Smoke Free. Résultats de leurs recherches, une infographie vient d'être publiée. Des marques de produits de vapotage appartenant à des cigarettiers existent. Go Smoke Free en recense neuf en Angleterre. Cinq marques sont au sein de firmes totalement dédiées au vapotage. Enfin, plus de 80% des marques dénichées sont des indépendants. Il est possible que des produits aient échappé à la recherche. Mais il est très peu probable que ce soit des produits de grands cigarettiers. Ils sont compétents en matière de marketing. 

jeudi 9 novembre 2017

Vape contre cigarette: l'Allemagne se dote d'un système de monitorage sérieux inspiré des britanniques

"Un suivi national des comportements tabagiques et des données sur l'efficacité dans le monde réel des méthodes de sevrage sont nécessaires pour éclairer les politiques et développer des campagnes visant à réduire les méfaits liés au tabac". Avec DEBRA - pour “Deutsche Befragung zum Rauchverhalten” -, l'Allemagne se donne les moyens de pouvoir penser une politique de santé sur le tabac à partir d'informations objectives fiables et récentes. La source d'inspiration du projet se trouve au Royaume-Uni. "En Angleterre, le Smoking Toolkit Study (STS) suit ces indicateurs depuis 2006, ce qui a conduit à adapter les politiques de lutte anti-tabac", précisent les chercheurs présentant le projet dans la revue BMC Public Health en avril dernier

Avec une prévalence tabagique de 30,4% en septembre, l'Allemagne connait l'effet de seuil constaté dans nombre de pays européens depuis quelques années. "Comme dans d'autres pays, la prévalence du tabagisme est considérablement plus élevée chez les fumeurs à faible revenu, ce qui entraîne des inégalités de santé substantielles entre les groupes à revenu élevé et à faible revenu", soulignent les auteurs dans le BioMedCentral.

The English lesson

Outre l'adoption d'un suivi plus précis au fil du temps, avec des sondages téléphoniques tous les deux mois, une particularité de DEBRA est d'intégrer sérieusement le suivi du vapotage. Là aussi, l'inspiration vient du côté britannique. Les rares essais cliniques existants sur le sevrage tabagique à l'aide du vapotage sont encourageants mais de faible portée, estime Jamie Brown, du Cancer Research UK (CRUK). Au Symposium organisé par DEBRA en juin dernier à Dusseldorf, elle argumente de l'utilité du suivi du vapotage et du tabagisme en parallèle par le STS anglais. "Les changements de la part d'usage du vapotage en Angleterre se sont montrés positivement associés avec une augmentation du taux de sevrages tabagiques réussis", souligne la chercheuse de l'University College de Londres. 

Autrement dit, le suivi a permis de mettre en lumière que l'essor du vapotage a non seulement accompagné une nette réduction du tabagisme mais qu'il est associé à une forte augmentation des chances de succès des sevrages. Cette augmentation du taux de réussite semble s'être accompagnée d'une meilleure égalité sociale de santé, puisque le dernier pointage du STS montre que les bas revenu ont désormais autant de chances de succès que les plus favorisés.  
Evolution du taux de succès d'arrêt du tabagisme en Angleterre selon le STS
L'exemple illustre le fossé entre les politiques décidées sur la base de peurs et de préjugés et celles disposant d'outils les informant des effets réels. Là où, les décideurs politiques étrangers sont condamnés à suivre des slogans de marketing idéologiques provoquant souvent l'inverse de ce qui est annoncé, les britanniques se sont dotés de moyens d'éclairer leur stratégie à partir de données du monde réel. C'est probablement un des éléments expliquant que, depuis 2011, le Royaume-Uni connait une des chutes les plus rapides du taux de tabagisme au monde. En suivant son exemple, avec dix ans de retard, l'Allemagne se donne à son tour les bases pour une politique éclairée. Mais il faudra encore du temps pour que le suivi puisse enrichir la politique allemande en la matière. 

La vape moyen le plus populaire d'arrêt du tabagisme aussi en Allemagne

Cependant, la première synthèse du suivi DEBRA, de juin 2016 à mars 2017, montre déjà que 1,9% de la population allemande vapote courament. Avec une tendance à la hausse, puisque l'usage régulier aurait doublé sur cette période, en dépit d'une stagnation de l'expérimentation du vapotage dans la population. Le vapotage est devenu l'aide à l'arrêt tabagique la plus utilisée aussi en Allemagne. Loin des 35% des tentatives anglaises s'en aidant, il y a tout de même en cumulé 11,2% des allemands tentant d'arrêter de fumer avec le vapotage, nicotiné ou non. Les approches de soutien par les pairs, pratiques courantes dans d'autres domaines en Allemagne, et une promotion active du vapotage n'ont pas été envisagées dans ce travail. Peut-être à l'avenir ?




lundi 2 octobre 2017

France: Le Dr Lowenstein abasourdi que la Ministre A. Buzyn n'ait pas encore reçu les associations de vapoteurs

"Je souhaite qu'Agnès Buzyn, notre Ministre de la santé, ne reçoive pas seulement les buralistes, mais aussi les différentes associations de vapoteurs. Actuellement, c'est la principale révolution dans le domaine. Plus de vies ont été sauvées par le vapotage que par toutes les méthodes qui ont existé jusque-là". C'était la seconde fois durant son entretien dans l'émission M comme Maïtena sur RMC. Cette après-midi, le Dr William Lowenstein a fortement insisté sur son incompréhension de l'attitude de la Ministre. Le Président de SOS Addiction, atterré du sinistre sanitaire à grande échelle du tabagisme, ne comprend pas le dédain de la Ministre à l'encontre des associations de vapoteurs. Les associations Aiduce et Sovape révélaient le mois dernier que leur demande d'entrevue n'avait pas reçu même une réponse polie. Depuis la Ministre n'a toujours pas réagi. Paralysée sur place. Alors qu'elle s'était empressée de rencontrer les vendeurs de cigarettes dés sa prise de pouvoir.

Choquant mépris ministériel

A l'opposé du mépris ministérielle, le Dr Lowenstein souligne l'importance des acteurs de la réduction des méfaits par la vape, participants en première ligne sur le terrain. "Promouvoir le levier incroyable de la sortie du tabac par le vapotage.(...) Je suis ravi que notre nouvelle Ministre, qui est un médecin remarquable, ait reçu les buralistes. Mais par contre qu'elle n'ait toujours pas reçu les associations de vapoteurs, qui sont en train de sauver des centaines de milliers de vies, me choque en tant que médecin", souligne t-il (à 14') .  Pourtant, arrêter de fumer, "c'est atrocement difficile", en convient Maïtena Biraben, la présentatrice et ancienne fumeuse.

Le désastre sanitaire du tabagisme et son cortège de malades et de cadavres doit enfin être pris au sérieux par les autorités. "Cela demande autre chose que des rendez-vous à six mois, une petite trousse dans le kit du Mois sans tabac avec trois dessins à colorier. Il faut que cela devienne vraiment une priorité sanitaire et plus seulement la priorité des caisses de Bercy [le Ministère du budget]", se lâche l'addictologue. Le Pr Bertrand Dautzenberg, arrivé en cours d'émission, adoube le vapotage pour arrêter de fumer. "Pour un fumeur qui passe à la vape et quitte la cigarette, c'est infiniment, infiniment, moins dangereux. Il faut encourager tous les fumeurs à quitter le tabac par la porte, par la fenêtre, avec les moyens officiels et avec le vapotage", insiste le Secrétaire général de l'Alliance contre le tabac.

De la nicotine dans les aubergines

Cependant, encore convalescent peut-être, le tabacologue de l'Hôpital de la Salpétrière bloque toujours sur le mythologique vapotage passif. "On peut retrouver de la nicotine dans les urines [dans l'entourage des vapoteurs]. Alors, pas beaucoup, pas à forte doses, de manière infiniment moins toxique que le tabagisme passif, mais il y a un petit quelque chose", souligne le Pr Dautzenberg. "La nicotine on s'en fout. La nicotine n'est pas le problème. Le problème ce sont les milliers de toxiques des cigarettes", le reprend un peu plus tard le Dr Lowenstein, ancien pneumologue. "Oui de la nicotine, il y en a même dans les aubergines", glisse Maïtena. "C'est pour cela qu'il faut sortir du déni hypocrite contre le vapotage et le soutenir à fond", insiste encore le Dr Lowenstein.

L'émission a laissé place à d'autres interventions, notamment sur le plateau de Jean-Luc Renaud, représentant de la Fédération des buralistes, ainsi que d'auditeurs. Certains témoignant de leur arrêt du tabagisme avec le vapotage, dont un intéressant exemple d'usage de la vape en "roue de secours" pour éviter la rechute. Vous pouvez retrouvez l'émission en intégralité en podcast à  http://podcast.rmc.fr/channel295/20171002_mcommemaitena_0.mp3


[Ristrett'] Un artisan de cannabis à risque réduit arrêté en Italie

Trahis par la grande qualité de son produit. Le cannabis produit dans la région d'Ancona (Italie) par un espagnol de 55 ans avait gagnée une solide réputation dans les alentours. Les plants de ce cultivateur permettaient de ne pas y adjoindre de tabac, mais également d'en extraire un concentré pour en faire des liquides de vapotage. "Il a réussi a sélectionner une variété très particulière de marijuana biologique de haute qualité et de la mettre sur le marché pour le vapotage", explique le site Sigmagazine. Alerté par la déposition d'un usager, la police locale a tracé l'artisan et saisi le 27 septembre ses 16 pieds d'herbe, une récolte d'une centaine de kilos et des concentrés à vapoter. Selon un journal local, un usager témoigne que "l'herbe de la "plantation" était vraiment un super produit".

Le cultivateur, retenu en détention préventive, aurait déclaré aux policiers mener des recherches afin de pouvoir consommer le cannabis sans tabac, selon Ancona Today. De plus en plus utilisé pour ses différentes vertus thérapeutiques, comme le détaille un documentaire d'Arte en replay actuellement, le cannabis (avec THC) reste un produit illégal dans un grand nombre de pays. Une situation qui pousse des patients, dont certains atteints d'affections graves, et des usagers à la recherche de moyens de décompresser à s'approvisionner sur le marché noir. Des produits de qualité très différentes s'y côtoient. Outre la perte de contrôle de la qualité des produits, la répression inhibe chez les usagers le recours aux modes de consommation à méfaits réduits, tels que la vaporisation ou le vapotage. 


Avec des ustensiles plus simples à dissimuler, fumer est le mode le plus employé, par environ 90% des usagers, en Suisse et en France. Ceci en dépit de l'inhalation de monoxyde carbone (CO), de goudrons et de toxiques produits par la combustion du végétal. "Fumer n'importe quoi est nocif pour vos poumons. La combustion change les propriétés d'une substance et forme généralement des composés toxiques et cancérigènes", expliquent Ian Hamilton, de l'Université de York (UK), et le Dr Adam Winstock, directeur du Global Drug Survey, dans The Conversation. Des problèmes pulmonaires notamment peuvent survenir en cas de forte consommation sur longue durée. 

Le vapotage ou la vaporisation, que ce soit pour du cannabis light en THC * ou non, peuvent grandement les éviter, comme le préconise le Global Drug Survey. Des produits de vapotage au CBD et avec THC  sont déjà commercialisés dans les Etats libéraux aux Etats-Unis. En Europe, et même en Suisse malgré un certain trouble des autorités sur la question, des produits de vapotage au CBD, avec une très faible présence de THC se trouvent dans les commerces éclairés.

* Le THC est le cannabinoïde psychotrope, qui donne un effet d'ivresse, du cannabis. Les nombreux autres cannabinoïdes, dont le CBD, sont psychoactifs (comme le café ou la nicotine par exemple), mais non-psychotropes. Voir les Factsheets du Groupe Romand d'Etudes sur les Addictions (GREA) pour un résumé calme et posé des connaissances sur le sujet.

vendredi 22 septembre 2017

[Ristrett'] La vape peut-elle aider le nouveau Conseiller fédéral Ignazio Cassis ?

La Ligue pulmonaire Suisse lance ce matin une campagne médiatique contre Ignazio Cassis. L'organisation para-pharmaceutique dénonce le tout nouveau Conseiller fédéral pour son tabagisme dans la presse alémanique. "Si Cassis décide d'arrêter de fumer, cela serait bienvenu. Même pour sa propre santé", précise Claudia Künzli, cheffe de la section politique et prévention de la Ligue pulmonaire Suisse, dans le 20 Minuten. Nommé ce matin même à la tête du Département des affaires étrangères (DFAE), le tessinois avoue "fumer cinq cigarettes par jour"

Moulinets ou tolérance ?

La spécialiste de la Ligue pulmonaire lui conseille exercices de relaxation et mouvements en extérieur pour quitter ses cigarettes. De son côté, Gregor Rutz, Conseiller national UDC, "préfère un Conseiller fédéral qui aime une cigarette ou un brandy qu'un professionnel de santé dysfonctionnel". Au mot d'ordre de devoir suivre l'exemple de l'ex-fumeur Barack Obama, Seibel Arslan, Conseillère national verte, trouve qu'il n'y a pas besoin "d'imiter tout ce que font les présidents américains"

Une aide concrète

Mais y a t-il quelqu'un pour suggérer à Ignazio Cassis d'essayer le vapotage? Un moyen pour bénéficier de l'effet de régulation de l'humeur, notamment contre le stress, de la nicotine, tout en éliminant les méfaits liés aux substances produites par la combustion. Il peut trouver un guide pour s'orienter bien conçu par l'association des usagers Helvetic Vape, y compris en italien. Le problème évidemment est que son collègue de l'intérieur, Alain Berset, maintient toujours l'interdiction de la vente de liquides nicotinés afin de protéger les ventes de cigarettes. Dilemne. Le nouveau Conseiller fédéral va t-il continuer de fumer ou passera t-il par le marché noir pour préserver sa santé ?


jeudi 21 septembre 2017

Le CDC a contrôlé l'air d'un magasin de Vape. Ce qu'ils ont trouvé est inimaginable...

"Diacetyl, 2,3 pentanedione, 2,3 hexanedione et acétoïne n'ont pas été détectés dans la partie salon du magasin. Dans les échantillons d'air de la zone principale prise derrière le bar à jus à l'aide de tubes de gel silica, nous avons constaté des concentrations détectables mais non quantifiables de 2,3 pentanedione seulement le premier jour. Nous n'avons trouvé aucune concentration détectable d'aucune des substances aromatiques dans les autres échantillons". Difficile à imaginer dans le climat de peur actuel, mais rien. Le Center of Disease control (CDC), l'organisme américain de surveillance de santé, n'a rien trouvé de préoccupant dans l'air du magasin de vapotage que sa section dédiée du NIOSH a contrôlé en janvier 2016. "Les concentrations de formaldéhyde dans l'air au bar à jus et au salon étaient très basses et similaires à celles trouvées sur les échantillons d'air du personnel", indique le rapport, récemment publié en catimini, avant de préciser "de faibles concentrations de formaldéhyde existent dans la plupart des intérieurs en raison d'émanations de l'ameublement, des habits et d'autres matériaux".



[les tableaux sont à cliquer pour les agrandir ;) ]







A la recherche du vapotage passif perdu

Outre la présence de chimiques aromatisants associés à des problèmes respiratoires, à savoir le diacétyl, l'acétyl propionyl (2,3 pentadione), l'acétyl butyryle (2,3 hexadione), ainsi que les concentrations d'acétaldéhyde, de formaldéhyde et d'acétoïne, les inspecteurs ont également mesuré les taux de nicotine, de propylène glycol et d'autres composés organiques volatils (COV). Ils ont également ramassé les poussières de surfaces pour vérifier leurs concentrations de métaux et de nicotine. Enfin, ils ont observé les usages de travail de la dizaine d'employés du magasin d'un peu moins de 100m² (1000 feet²).

Concernant la nicotine, les concentrations se trouvent sous le seuil minimum quantifiable. Autrement dit, la quantité est si faible que le NIOSH n'est pas capable d'en fournir une mesure mais seulement une estimation. Sur le propylène glycol, un des principaux ingrédients des liquides de vapotage, le rapport estime que "les taux sont faibles". Pour les composés organiques volatils (COV) "les expositions des employés à tous les COV quantifiés étaient bien inférieures aux limites d'expositions professionnelles (OEL)", explique le rapport.








Les vapoteurs suent-ils? 

Les échantillons de poussières ont montré des niveaux quantifiables de calcium (de 15 à 94 μg/100 cm²), de cuivre (de Non détecté (ND) à 0,49 μg/100 cm²), de fer (de ND à 1,8 μg/100 cm²) et potassium (de ND à 17 μg/100 cm²). Ainsi que des taux non quantifiables de chrome, plomb, magnésium, nickel, phosphore, strontium et tellure. Le calcium, potassium, phosphore et magnésium sont exécrés naturellement par la sueur humaine. "On ne sait pas si leur présence sur les surfaces provient des produits de vapotage, des personnes ayant touché les surfaces ou des deux", précisent les inspecteurs.

C'est mal

Principal forfait des employés, le rangement de liquide nicotiné à 10% (100 mg/ml) dans le bac à légume du frigo, où se trouvaient aussi leurs en-cas. Les inspecteurs recommandent un frigo réservé aux produits nicotinés et un autre pour les aliments, afin d'éviter l'ingestion malencontreuse de nicotine. Autre négligence des employés, l'oubli fréquent de porter des gants en nitrile lors de manipulation de liquides nicotinés. Le rapport du NIOSH conseille en cas de contact de liquide nicotiné sur la peau de la laver avec de l'eau et du savon dans les cinq minutes. Enfin, les inspecteurs ont aussi noté que les employés vapotent durant leur travail. 

Jim McDonald, du site Vaping 360, remarque que le CDC n'a fait aucune communication, ni tenu compte de ces résultats confirmant de multiples études antérieures sur l'absence de risque à respirer l'air en compagnie de vapoteurs. "Mais il est agréable de voir une confirmation signée du CDC, un organisme réputé pour sa grande hostilité à la vape", pique le chroniqueur. En mai dernier, une étude de l'Université de San Diego montrait déjà l'absence de pollution intérieure décelable spécifique au vapotage dans des logements.

Royaume-Uni: La vape nouvel élément clef de la campagne Stoptober pour arrêter de fumer

La vape à l'honneur au Royaume-Uni. En Angleterre, la campagne Stoptober va s'appuyer sur le vapotage qui devient ainsi "un élément clef pour aider les fumeurs à arrêter la cigarette", selon la BBC. Le spot télé de la campagne met en avant divers moyens d'aide à l'arrêt dont le vapotage. Désormais, la vape est un outil pleinement considéré et intégré aux conseils délivrés par les tabacologues. "Le vapotage est particulièrement efficace lorsqu'il est combiné au soutien d'un centre stop-tabac local. Les gens qui choisissent ce moyen ont un des taux de réussite à l'arrêt les plus élevés", précise le site de la campagne du National Health Service (NHS).  Les Centres stop-tabac anglais suivent ainsi l'exemple précurseur du Stop-Smoking Service de Leicester.


Plus de succès d'arrêt depuis l'essor de la vape

En dehors des centres d'aide spécialisés aussi, le vapotage a boosté les succès à se libérer des cigarettes. Une étude de l'University College de Londres (UCL) montre que le taux de réussite a bondi depuis l'essor du vapotage. "Début 2017, plus de 20% des tentatives ont réussi à arrêter de fumer [pendant au moins un an], indique un rapport de l'UCL. Tandis qu'au cours de la décennie précédente, la moyenne de succès était de 15,7%", explique le Guardian du jour. Ce nouvel outil pour se libérer du tabac fumé semble bénéficier particulièrement aux bas revenus, habituellement défavorisés par les campagnes anti-tabac. "Le taux de réussite chez les personnes les plus pauvres était historiquement faible. Mais pour la première fois, les fumeurs ayant un emploi manuel ont presque autant de chance de succès que les cols blancs", souligne le Guardian.

La chute de la cigarette

Méthode désormais la plus populaire au Royaume-Uni pour arrêter de fumer, le vapotage avait déjà été utilisé par 53% des participants à Stoptober l'an passé. Depuis son essor en 2011, plus d'un cinquième des fumeurs anglais sont devenus ex-fumeurs, le taux de tabagisme chutant à 15,5% des adultes en 2016. Un résultat enthousiasmant qui contraste avec le pitoyable maintien du tabagisme dans les pays répressifs comme la Suisse (25% officiellement, mais plus de 30% réellement) ou la junte militaire de Thaïlande (42%). A raison, l'exemple du voisin anglais inspire les écossais. 

Les écossais inspirés

Ce matin, le National Health Service (NHS) d'Ecosse, regroupant plus de vingt organismes de santé, a officiellement déclaré le vapotage un outil de réduction des méfaits "définitivement beaucoup plus sûr" que les cigarettes, rapporte un autre article de la BBC. "Si nous essayons d'aider les gens à se décisder à arrêter de fumer alors le vapotage est une bonne option à prendre en considération", explique le Dr Andrew Fraser, directeur scientifique du NHS Ecosse. Sheila Duffy, directrice de l'Action on Smoking and Health (ASH) locale, abonde: "Le tabac est mortel et j'encourage toute personne qui fume à trouver un moyen d'arrêter qui marche pour elle. Cela peut inclure l'utilisation du vapotage et le recours au soutien gratuit à l'arrêt du NHS".


vendredi 8 septembre 2017

[Expresso] D'anciens usagers de drogue témoignent de leur utilisation de la vape pour rester "clean"

"Des usagers de drogues se tournent vers la vape pour tenir en échec le manque". L'article de Richard Greenhill, assistant de recherche à l'Université d'East London (UK), dans Tonic, site affilié à Vice, présente des témoignages de consommateurs de cannabis, mais aussi de drogues dites dures comme l'héroïne et la méthamphétamine. "Il y a un potentiel évident de la vape comme outil de réduction des méfaits. Pas seulement pour les cloud-chasers barbus à casquette, mais aussi pour les anciens utilisateurs de drogues", explique le chercheur. Cet espoir se fonde sur des rencontres et la lecture de forum d'usagers où il a recueilli des témoignages.

Lucian, du mal de dos à la BPCO

La première histoire est celle d'un australien de 53 ans. Lucian, chauffeur de métier, fume son premier joint plutôt tardivement à 23 ans. Au milieu de la trentaine, les douleurs d'un disque lombaire pincé lui font la misère. Le médecin lui prescrit de l'oxycontin, le violent anti-douleur opioïde. Les nausées sévères qu'il subit en le prenant l'amènent à utiliser de plus en plus le cannabis, pour remplacer l'oxycontin ou en contrecarrer les effets secondaires."J'utilisais le bong tous les jours et je consommais aussi peu que possible d'oxycontin. Je n'en prenais que lorsque je ne pouvais plus bouger", explique Lucian.

Sa consommation, à hauteur de 4 grammes d'herbe par jour, le motive à faire sa propre culture indoor pour éviter le marché noir. En 2007, une maladie obstructive chronique des poumons est diagnostiqué chez Lucian. A 43 ans, il est prêt à essayer d'arrêter de fumer des cigarettes mais n'imagine pas pouvoir se passer de cannabis contre ses douleurs de dos. "Malheureusement pour Lucian, ses coups de bong habituels ont abouti à une infection récurrente des poumons et un emphysème a été diagnostiqué il y a deux ans", explique Richard Greenhill. 

La vape lui change la vie

Cette situation dramatique le pousse à essayer les deux modes de vape. "La découverte de la vape a été incroyable, ça a complètement changé ma situation. Depuis, je vapote pour la nicotine et, pour le cannabis, j'utilise un vaporisateur à herbes sèches", témoigne l'australien. Richard Greenhill cite les recherches du Pr Donald Tashkin, de l'Université de Californie à Los Angeles, pour expliquer cette amélioration. Non seulement la vaporisation de l'herbe réduit significativement les toxiques, les cancérigènes et le monoxyde de carbone inhalés avec la fumée, mais une étude du chercheur spécialiste du cannabis "suggère que vapoter de la weed aurait des bénéfices spécifiques pour ceux touchés par une bronchite chronique obstructive (BPCO)".



Sacha et la vape pour l'arrêt progressif

Sacha, un second témoin avec lequel s'est entretenu Richard Greenhill, est un enseignant anglais de 32 ans. Il se souvient encore avoir vu à 13 ans un documentaire effrayant sur la drogue. Un an après, il tire sur un joint. Constatant que son cerveau n'a pas frit comme un œuf au plat, qu'il ne ressent pas de manque et les autres conséquences traumatisantes prédites par le film, il se met à consommer régulièrement du cannabis. Sa conso monte jusqu'à 7 gr. par jour, avant qu'il ne se modère et se limite à 3 gr. quotidiens après la naissance de ses enfants. 

"Malheureusement, cela n'a pas suffit à prémunir Sacha de contracter une infection pulmonaire presque fatale quelques années plus tard", explique Richard Greenhill. Son médecin lui ordonne d'arrêter de fumer cigarettes et joints. Sacha commence la vape et vise à diminuer progressivement sa consommation. "A présent je vape exclusivement", explique Sacha qui a réduit sa conso à un gramme par jour, "j'espère arrêter totalement d'ici septembre".

La vape trompe-l’œil pour le sevrage du crystal meth

Les cas de Lucian et Sacha ne sont pas exceptionnels dans les régions où le cannabis est décriminalisé. "Moins couramment connu sont les usagers de crystal meth [methamphétamine] et d'héroïne qui vapotent pour réguler leur manque", poursuit Richard Greenhill. Le chercheur a écumé les réseaux sociaux dédiés, tel que Drugs-Forum, pour se renseigner. Un usager raconte comment sa vapoteuse le calme en lui rappelant les nuages qu'il faisait en consommant de la meth. "Aucune recherche scientifique n'a encore examiné l'efficacité du vapotage comme substitut à la méthamphétamine", précise l'universitaire.

Sortir du chain-smoking induit par l'arrêt de l'héro

Sur Reddit, un héroïnomane, dépendant depuis 2013 et allant d'échec de cure de désintox en expulsion de son école, se ruine pour l'achat de drogue entraîné dans une spirale négative. Ses parents le forcent à un sevrage brutal en l'enfermant. Après deux premiers jours terribles, le garçon fume pour compenser les crises de manque régulières. "Chaque fois que j'avais cette sensation, je fumais une cigarette. Autant dire que je fumais à la chaîne à peu près toute la journée. Lorsque j'essayais de moins fumer, c'était la catastrophe. J'étais sur le point d'abandonner lorsque j'ai essayé une vapoteuse", explique le jeune homme. 

Dés la première nuit où il vapote, cela réduit son anxiété. "Je me suis aperçu que je me sentais normal. Cela m'a procuré une vague d'euphorie et d'espoir dans tout mon corps. C'était la première fois que je me sentais sincèrement heureux sans héroïne depuis des années", témoigne le garçon qui n'a plus retouché d'héro depuis huit mois.

Réalité ou dogme

Une étude de l'Université du Queensland sur les discussions du forum Reddit à propos du sevrage d'héroïne rapporte que vapoter aiderait plus que fumer pour réduire les symptômes d'angoisse et de dépression liés au manque. Contre ces compte-rendus empiriques d'usagers, la vieille-garde médicale rappelle le dogme selon lequel la nicotine ne serait d'aucune aide contre le stress et l'anxiété. Dans cet article de Tonic, c'est le Pr John Turner, de l'Université d'East London, qui s'y colle. Pourtant, des dizaines d'études indiquent l'inverse. L'efficacité du vapotage, nicotiné ou non, pour soutenir les dépendants aux opioïdes ou d'autres substances reste encore à étudier sérieusement...


samedi 2 septembre 2017

[Bump!] Le danger du vapotage est qu'il est trop bon pour arrêter de fumer, selon le Dr Louis de Palo

"Le Dr Louis de Palo, pneumologue, déclare qu'il s'inquiète que le vapotage est trop bon pour son travail de remplacement des cigarettes traditionnelles de tabac. "Les gens ne deviennent pas accros aux autre formes de substituts nicotiniques parce qu'elles ne sont pas amusantes", nous a t-il déclaré". C'est ce que l'on peut lire dans l'Inquirer, le quotidien de Philadelphie (Pennsylvanie, USA). "Les gommes ont mauvais goût. Le spray nasal brûle un peu . Les patchs sont irritants. Et aucun ne vous donne la satisfaction psychologique d'avoir quelque chose dans la main et l'impression de "fumer"", se délecte l'enseignant de la Icahn School of Medicine at Mont Sinai de New-York. 

En énumérant les qualités des substituts nicotiniques réussissant à faire échouer plus de 9 fumeurs sur 10 les utilisant pour arrêter de fumer, le Dr de Palo réagit à l'étude de l'Université de Georgetown tout juste publiée montrant que le vapotage constitue une aide efficace à l'arrêt des cigarettes. Trop efficace et avec trop de plaisir pour l'utilisateur à son goût donc.

La vape peut sauver la vie des fumeurs

L'étude en question, publiée dans Nicotine and Tobacco Research revue de l'Université d'Oxford, montre que le vapotage aide de manière effective les fumeurs à quitter les cigarettes à la condition de l'utiliser de manière consistante. "Ces résultats confirment que l'utilisation régulière du vapotage est efficace pour arrêter de fumer. La vape étant généralement considérée d'un risque extrêmement inférieur aux cigarettes, elle représente par conséquent une solution pour sauver des vies que les médecins peuvent recommander lorsque d'autres formes d'aide ont échoué", commente le Dr David Levy, du Centre sur le cancer de l'Université de Georgetown et auteur référent de l'étude, à l'AFP.

Plus on vape, moins on fume

L'analyse des données TUS-CPS 2014-2015 sur près de 24'000 fumeurs américains, dont quasiment la moitié ont tenté au moins une fois d'arrêter de fumer, a scruté l'emploi du vapotage dans les tentatives d'arrêt. Ceux qui utilisent le vapotage de manière occasionnelle ont moins de succès que ceux qui l'utilisent plus fréquemment. Vapoter au moins 20 jours dans le mois a plus que doublé les chances d'arrêter les cigarettes pendant au moins trois mois. 

"Le vapotage est un moyen qui marche pour arrêter de fumer, mais pour cela vous devez vraiment l'utiliser. Vapoter deux jours dans le mois ne va pas être aussi efficace que si vous vapotez plus souvent, voire tous les jours", précise le Dr Levy à Forbes. Il souligne aussi que ces conclusions confirment celles de l'étude publiée le mois passé dans Addictive Behaviors. Comme nous l'avions relaté, ce travail montre que "plus de la moitié des usagers au quotidien de vapotage (52,2%) ont arrêté de fumer" depuis 2010 aux Etats-Unis.



mardi 29 août 2017

[Express] Une étude sur plus de 60'000 ados britanniques montre que la vape n'encourage pas le tabagisme

"En résumé, les enquêtes au Royaume-Uni montrent de manière consistante que la plupart des expérimentations de vapotage ne deviennent pas des usages réguliers et que le taux d'usage régulier par des jeunes n'ayant jamais fumé reste très faible". C'est la conclusion d'une étude à partir des données croisées de cinq enquêtes britanniques (*) sur plus de 60'000 jeunes de 11 à 16 ans entre 2015 et 2017. Publiée en open-access dans l'International Journal of environmental research and public health, la recherche délivre de nouveau le verdict d'une absence d'effet passerelle du vapotage vers le tabagisme pour les ados. A l'opposé des fréquents gros titres de presse alarmistes, la Pr Linda Bauld, de l'Université de Stirling, souligne que l'analyse des dernières enquêtes britanniques "montre clairement que pour les adolescents non-fumeurs l'expérimentation du vapotage ne se traduit pas par une utilisation régulière". "Notre recherche montre aussi que le tabagisme des jeunes continue de diminuer", précise la chercheuse référente de l'étude au Guardian

Les ados chiffrés

"Parmi la totalité des répondants des enquêtes, la prévalence d'expérimentation varie de 7% à 18% chez les 11 à 16 ans", mais seulement de 1% à 3% les utilisent régulièrement. Ces usagers réguliers sont quasiment tous déjà des fumeurs. Chez les jeunes n'ayant jamais fumé, le vapotage régulier se situe entre 0,1% et 0,5% des enquêtés. Le graphique suivant présente les taux d'expérimentation ("ever use") et régulier au moins une fois par semaine ("at least weekly") pour la totalité des enquêtés puis séparément pour les jeunes non fumeurs ("never smokers") et les fumeurs ("regular smokers"). 

Une peur injustifiée

"Nos analyses indiquent qu'il n'y a aucune preuve que le vapotage amène à une hausse de la prévalence tabagique. Ceci est important et suggère que la peur du vapotage comme passerelle vers une augmentation du tabagisme des jeunes n'est actuellement pas justifiée, au moins au Royaume-Uni", affirme l'étude. Tandis qu'environ un cinquième des ados ont essayé de fumer, le tabagisme régulier se situe entre 1% et 4% chez les 11 à 16 ans des différentes enquêtes, souligne la publication. Egalement impliqué dans la recherche, Graham Moore, directeur du Centre Deciph de l'Université de Cardiff, renchérit: "les inquiétudes que le vapotage puisse amener un grand nombre de jeunes à la dépendance et à l'usage de tabac semblent de plus en plus improbables".

(*) Les noms des cinq enquêtes des organismes de santé britanniques sont : Youth Tobacco Policy Survey (YTPS) ; la Schools Health Research Network (SHRN) Wales survey; de l'Action on Smoking and Health (ASH) Smokefree GB - Youth Surveys ; et deux enquêtes de la Scottish Schools Adolescent Lifestyle and Substance Use Survey (SALSUS).


lundi 21 août 2017

[Ristret] Allemagne: le vapotage est utile selon Marlene Mortler la rapporteuse parlementaire sur les questions d'addiction

"La tendance du vapotage est utile". Pour aider les grands fumeurs à quitter totalement leur tabagisme précise Marlene Mortler en conférence de presse. La Commissaire fédérale sur les questions liées aux drogues présentait vendredi son rapport 2017. Près de 200 pages dont il ressort entre autres que le produit le plus problématique en Allemagne est le tabac. Près du quart des adultes sont fumeurs, soit environ 20 millions d'allemands. Sur la question du vapotage, la députée CDU a infléchi la position présentée les années précédentes du rapport parlementaire. "Le vapotage est beaucoup moins nocif que les cigarettes de tabac", y affirme Marlene Mortler sur la base d'études scientifiques. Le propos est encore loin de l'intégration du vapotage à une politique volontariste de réduction des méfaits pour les fumeurs, telle que celle britannique, mais "l'avancée est significative" note le site allemand EGARAGE

Nette réduction du tabagisme des jeunes


"Une utilisation régulière [du vapotage] est rare chez les jeunes, et ils l'utilisent pour une majorité sans nicotine", souligne le rapport. La chute très nette du tabagisme adolescent et des jeunes adultes montre que l'arrivée du vapotage n'a pas déclenché d'effet passerelle vers le tabagisme, tel que le prédisait la Ministre Manuelle Schwesig (SPD) il y a deux ans. Marlene Mortler rappelle néanmoins dans son rapport que la vente de produits de vapotage est désormais interdite aux mineurs depuis l'implémentation de la directive européenne TPD dans le droit allemand.


Campagne de peur controversée

Ce rapport parlementaire contraste avec la récente campagne du Ministère de la santé sur les réseaux sociaux conseillant aux fumeurs de ne pas arrêter de fumer avec le vapotage. De quoi passablement déboussoler les fumeurs, dont on sait qu'ils sont forcément ambivalents devant l'arrêt des cigarettes. Une campagne de peur gouvernementale qui a suscité de nombreuses réactions critiques du public. Tandis qu'une récente étude montre que 98% des vapoteurs allemands ayant arrêté de fumer constatent des améliorations de santé.

vendredi 11 août 2017

[Expresso] 75% d'arrêt de la cigarette avec la vape selon une thèse de l'Université de Louvain

Au terme de trois mois de suivi, 75% des personnes ayant opté pour le vapotage avaient réussi à ne plus fumer. La presse belge, avec quelques petits contresens en français et plus précisément en flamand, relate les résultats de la soutenance de thèse de Brent Boermans en faculté de psychologie comportementale à l'Université de Louvain.  Il a observé le sevrage et son évolution sur quatre mois de 53 fumeurs désirant arrêter avec différents moyens d'aide et soutenus par un tabacologue. Si sur un mois, les drogues pharmaceutiques (comme le Champix) sont les plus efficaces avec 100% de réussite, leur taux de rechute est de plus de la moitié après 3 mois. Contrairement au vapotage qui s'avère au final l'aide la plus efficace multipliant les chances d'arrêt du tabac par 1,69 fois par rapport à l'ensemble des autres options, et fait plus que doubler les chances par rapport aux substituts nicotiniques. 

La vape plus efficace dans la durée

On attendra la publication de la thèse elle-même pour avoir les détails, mais il est remarquable que les échecs avec la vape arrivent dans les toutes premières semaines, tandis que les autres moyens d'arrêts échouent à maintenir le taux de réussite de sevrage sur la durée. Ceci pourrait souligner l'importance des premiers conseils aux fumeurs essayant le vapotage. Cela confirmerait aussi le bien fondé du peu de confiance qu'une large partie des fumeurs accordent aux aides pharmaceutiques à long terme. Même si l'échantillon est réduit, il est à noter que ses résultats d'arrêts tabagiques à l'aide du vapotage sont cohérents avec ceux rapportés par le Dr Jean-Paul Humair de l'Hôpital Universitaire de Genève (HUG) dont nous avions fait état (ce qui est un quasi scoop tant les médias suisses boycottent les informations positives sur le vapotage!).

Sevrage tabagique maintenu après trois mois / un mois (n=53), thèse de Brent Boersman (Université de Louvain):

  •  50,9% de tous les participants restaient sevrés / après un mois ils étaient 75% 
  • Avec vapotage: 75% /déjà 75% après un mois
  • Avec vape + substituts nicotiniques combinés: 66% / déjà 66% après un mois
  • Drogue pharmaceutique: 42,8% /alors qu'ils étaient 100% après un mois
  • Substituts nicotiniques seuls: 30% au final / contre 70% après un mois


lundi 7 août 2017

Le risque cancérigène de la vape serait inférieur à 1% de celui des cigarettes selon une recherche


«La plupart des analyses de vapotage indiquent un potentiel cancérigène inférieur à 1% de celui de la fumée de cigarette». Publiée hier dans Tobacco Control du British Medical Journal (BMJ), un travail de recherche (research paper) a calculé les risques cancérigènes des cigarettes, dont une de tabac chauffé, du vapotage et d'inhalateur pharmaceutique de nicotine. Précisément, l'analyse modélisée pour comparer de multiples études aboutit à un risque cancérigène de 0,4% pour le vapotage par rapport aux cigarettes. Sur la durée d'une vie, «comparés aux cigarettes [risque = 1], les risques relatifs sont de 0.024 pour la cigarette de tabac chauffé, de 0.004 pour le vapotage et de 0.0004 pour l'inhalateur de nicotine». Autrement dit, vapoter entraînerait 250 fois moins de risque de cancer que fumer, selon les calculs du Dr William Stephens de l'Université de St. Andrews (Écosse).

Modélisation

Pour arriver à cette estimation, il a mis au point une série d'équation pour pouvoir comparer entre elles les études hétérogènes sur les substances dégagées par les cigarettes, le vapotage et les inhalateurs de nicotine. "Les potentiels cancérigènes des différents aérosols administrant de la nicotine ont été modélisés pour utiliser des analyses chimiques publiées sur les émissions et les risques associés à leur inhalation. Les potentiels ont été comparés à l'aide d'une procédure de conversion pour exprimer la fumée de cigarette et le vapotage dans des unités communes. Les risques de cancer sur la durée d'une vie ont été calculés à partir de ces potentiels sur la base d'estimations de consommation quotidienne", précise l'article de la revue anti-tabac. Sur la base des études, le Dr Stephens a estimé réaliste pour le risque de cancer sur la durée d'une vie de comparer une consommation quotidienne de 15 cigarettes à 30 litres d'aérosol de vapotage inhalé (NB: pas d'e-liquide de recharge, mais bien d'aérosol dégagé par la vapoteuse).



La nicotine elle-même n'étant pas cancérigène, ce sont les autres substances dégagées dans les aérosols qui sont facteurs de risque. Les concentrations de cancérigènes, reconnus (type 1) et possibles (type 2) par l'Agence Internationale de Recherches sur le Cancer (IARC) habituellement détectés dans la fumée de tabac, ont été pondérés selon l'évaluation du risque par dose établie par l'Office of Environmental Health Hazard Assessment database (OEHHA, California, USA). Le Dr Stephens a ensuite évalué les potentiels cancérigènes moyens de chaque mode de consommation de nicotine et calculé le risque sur une vie avec une consommation moyenne. Il est à noter que le calcul pour le tabac chauffé ne se base que sur une seule étude à partir d'un prototype d'appareil pour ce type de cigarettes.

Substances problématiques...

«Les cancérigènes les plus élevés des cigarettes sont le 1,3-butadiene et l'acrylonitrile, comptant pour plus des trois-quarts du potentiel cancérigène», souligne le Dr Stephens. Dans le vapotage ce sont le formaldéhyde et le cadmium qui constitueraient les principaux risques cancérigènes. «Même des taux minimes de cadmium peuvent avoir un effet majeur étant donné son niveau très élevé de risque, mais le cadmium n'a pas été détecté dans toutes les mesures et dans certaines autres il n'était présent qu'en concentration proche de l'indétectable», pondère le chercheur écossais. Concernant le formaldéhyde, les mesures rapportées par les différentes études sur le vapotage sont extrêmement disparates. Certaines mesures sont proches du niveau de l'inhalateur pharmaceutique, tandis que d'autres dépassent les taux dégagés par les cigarettes. 

Ou méthodes problématiques

Or, le Dr Stephens observe que les études rapportant de fort taux d'aldéhydes ont utilisé des voltages dépassant la plage d'utilisation normale des appareils de vapotage. Le problème est celui des surchauffes artificiellement produites par les machines à fumer ne détectant pas l'assèchement de la mèche. Au lieu de vaporiser le liquide, les chercheurs produisent alors un phénomène de pyrolyse. Autrement dit, ils crament la mèche et d'éventuels résidus au lieu de vapoter. «Ceci implique que c'est la manière dont l'appareil est utilisé qui peut être plus importante que l'appareil lui-même», éclaire le Dr Stephens. Pour éviter le problème, le chercheur insiste sur l'information de bonnes pratiques d'usage à délivrer aux utilisateurs. Et peut-être aux chercheurs...? Du moins, le Dr Stephen a jugé préférable d'écarter de son calcul les études ayant dépassé la puissance d'utilisation normale des vapoteuses pour produire les aérosols.

Un bon exercice mais prématuré ?

La grande disparité des mesures sur le formaldéhyde pose un problème de fond sur la qualité des études et les critères de publication des revues scientifiques sur le thème du vapotage. La très mauvaise qualité de certaines études sur le vapotage est vraiment inquiétante. Elle pose aussi un problème concernant la solidité de l'évaluation de cette méta-analyse sous un autre angle. Celui de l'absence de donnée pour le vapotage à propos de certains toxiques cancérigènes. «A mon avis, cette étude est un bon exercice mais elle est prématurée», commente le Dr Konstantinos Farsalinos, de l'Université de Patras, sur son blog. Pour autant le chercheur grec ne suit pas le Pr Stanton Glantz, de l'Université de Californie, qui s'est simplement gaussé sur son blog de l'étude. Le californien estime "mauvaise" la question de réduire les risques de cancer lié au tabagisme, n'apportant à son sens pas de réponse intéressante. Pourtant, les cancers représentent environ le tiers de la mortalité prématurée lié au tabagisme, que l'OMS quantifie à près de 7 millions de morts par an dans le monde.