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mercredi 30 mai 2018

Maladies Non-Transmissibles: l'OMS refuse le dialogue avec l'association indépendante d'usagers NNA

Le projet de rapport sur les maladies non-transmissibles (MNT) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) continue de soulever la polémique. Outre l'association des usagers du vapotage en Allemagne IG-ED, une autre association d'usagers de produits nicotinés à risque réduit a proposé une contribution à la consultation publique ouverte par l'OMS: la New Nicotine Alliance britannique (NNA). Organisme de bienfaisance, la NNA publie ses comptes à la Charity Commission, fonctionne sur le bénévolat et stipule dans ses statuts n'accepter aucun financement de l'industrie du tabac ni même des dons de personnes liées d'intérêt avec le commerce de produits nicotinés. Et pourtant, l'OMS a rejeté sa contribution dans la catégorie "Commentaires reçus des entités avec lesquelles l'OMS ne s'engage pas". Sans autre explication. Le courrier de la NNA du 22 mai en demandant n'a pas reçu de réponse à ce jour de l'organisation onusienne.

Abus d'autorité injustifié

"Il est honteux que l'OMS ait décidé d'ignorer la voix de consommateurs tels que nous, et nous allons soulever cette question avec la communauté de santé publique au Royaume-Uni et les législateurs chargés d'approuver le financement de l'OMS. Nous estimons qu'il s'agit d'un abus d'autorité flagrant de la part de l'OMS et qu'ils devraient rapidement revenir sur ce point", dénonce un communiqué de la NNA ce matin. L'organisation rappelle que l'OMS adhère en principe à ses propres chartes d'Ottawa de 1986 et de Jakarta de 1997, qui prévoient d'inclure les usagers dans l'élaboration des décisions les concernant. 

Violations de la Convention-cadre anti-tabac par l'OMS

Mais le point sensible semble surtout que la NNA insiste sur le respect de l'approche de réduction des dommages stipulé à l'Article 1 d. de la Convention cadre de lutte anti-tabac de l'OMS, que le bureau anti-tabac de l'OMS censé administrer cette convention, viole et ignore totalement. "Les stratégies de réduction des risques doivent se concentrer sur l'élimination ou la réduction de l'exposition au tabac fumé en substituant le fumer par d'autres forme non-brûlée de nicotine, quelle que soit la source de la nicotine "propre"", propose la contribution de la NNA au projet de rapport de l'OMS sur les maladies non-transmissibles. L'organisation s'appuie pour défendre l'intégration de moyens de réductions des dommages à la politique anti-tabac sur un corpus scientifique allant des rapports du Royal College of Physicians (UK), du Public Health England, des statistiques européennes et même des rapports de l'OMS. On est assez loin de documents de l'industrie cigarettière. 

Mais le propos ne sied pas au bureau anti-tabac de l'OMS. Ce n'est pas vraiment un secret, celui-ci privilégie la guerre au vapotage et appelle à la criminalisation des vapoteurs sur le modèle Nord-Coréen et de la junte militaire Thaïlandaise, détentrice elle-même du Monopole du tabac dans son pays, et avec qui le bureau dirigé par Vera Da Costa a passé un partenariat financier. A strictement parler, le bureau censé faire appliquer la Convention cadre anti-tabac viole ainsi un autre de ses articles: celui de l'indépendance envers les intérêts financier de l'industrie du tabac.


vendredi 25 mai 2018

Maladies Non-Transmissibles: l'IG-ED s'inquiète que l'OMS ne soit atteinte du syndrome du joueur compulsif

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis entre le 10 et le 16 mai en consultation publique son projet de rapport sur les maladies non-transmissibles (MNT). Nous sommes probablement nombreux à avoir raté la proposition de la Commission sur les MNT de l'OMS à lui faire parvenir des observations avant qu'elle ne publie son rapport le 1er juin. Mais l'IG-ED, l'association des vapoteurs en Allemagne, a pris la peine de répondre. "Les responsables de la mise en œuvre de la Convention-cadre de lutte anti-tabac (CCLAT) semblent avoir perdu de vue le louable objectif initial énoncé à son Article 1.d", qu'elle cite: "on entend par "lutte antitabac", toute une gamme de stratégies d'offre, de demande et de réduction des risques visant à améliorer la santé d'une population en éliminant ou en réduisant sa consommation de produits du tabac et son exposition à la fumée du tabac".

Lutter contre les fumeurs ou contre les maladies ?

Or, la Commission de l'OMS n'intègre pas, ni même ne mentionne la notion de réduction des risques et dommages dans les stratégies proposées dans son rapport. "Aucune des stratégies présentées ne mentionne même la «réduction des risques». Il n'y a pas non plus d'évaluation du succès des mesures actuellement mises en œuvre concernant la «santé d'une population»", relève Norbert Schmidt pour l'IG-ED. Il souligne que le principal facteur à prendre en compte sur long terme devrait être la prévalence des maladies liées au tabagisme de la population. La prévalence tabagique devrait être le second facteur mesuré à court terme. "Au lieu de cela, toutes les parties de la CCLAT ne présentent que la soi-disant «échelle de contrôle du tabac» comme mesure supposée du succès. Mais cette «échelle» ne prend en compte aucune mesure de «la santé d'une population». Cet objectif important est-il vraiment hors de propos?", s'étonne l'association de usagers de l'outil de réduction des risques.

Le vapotage et la réduction des risques méprisés par l'OMS

Le ton dogmatique du document de l'OMS surprend aussi les vapoteurs allemands. "Aucune considération n'est accordée aux faits scientifiques selon lesquels il existe des alternatives au tabagisme beaucoup moins nocives. Par exemple, le vapotage (appelé par l’acronyme ENDS) et le tabac sans fumée préparé comme le snus suédois. En fait, ils sont écartés sommairement et destinés à être arbitrairement interdits", regrette le texte soumis en réponse à la consultation.

Aucune évaluation de l'action du bureau anti-tabac de l'OMS

L'OMS disserte sans évaluer l'impact de son action dans son rapport. "Les stratégies n'ont pas été modifiées ni évaluées depuis des années. Tout ce qui est demandé, es l'augmentation des taxes et autant d'interdiction que possible de produits nicotinés, à l'exception des substituts pharmaceutiques", s'agace le courrier de l'IG-ED. Avant d'ironiser. "Ce sont les symptômes d'une autre maladie non-transmissible: le jeu compulsif!". Pour Norbert Schmidt, l'OMS agit comme un joueur accro à sa stratégie préconçue, incapable de changer même si les résultats sont désastreux. La prise de position de l'association conclue sur un appel à la raison: "Il est urgent que les participants de la CCLAT se retirent de cet état d'esprit obsessionnel malsain et reconsidèrent l'intention originale de la CCLAT qu'ils ont signé".

L'appel de Jagdish Kaur, cadre de l'OMS, à criminaliser les personnes ayant arrêté de fumer avec le vapotage:
Appel à criminaliser les vapoteurs par l'OMS


dimanche 4 mars 2018

Sommet mondial 'tabac ou santé' à Cape Town: les pays du Sud méritent-ils l'accès à la réduction des méfaits ?

La semaine prochaine, la 17ème World Conference on Tobacco Or Health (WCTOH), conférence mondiale Tabac Ou Santé, se tiendra à Cape Town en Afrique du Sud. Le sommet, organisé avec l'appui financier du milliardaire américain Michael Bloomberg, accueillera cadres d'ONG, scientifiques, bureaucrates de la santé publique, journalistes et les leaders de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Tedros Adhanom, le nouveau directeur général éthiopien de l'OMS, sera la guest-star de l'événement mercredi, aux côté de l'incontournable Vera daCosta, la toute-puissante directrice brésilienne du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. Mais en dehors de narcissiques auto-célébrations, que peut amener ce sommet pour réduire le fardeau sanitaire du tabagisme? La question se pose mondialement évidemment. 

Le monde en une seule dimension

Et donc aussi pour les pays du sud - ou en développement ou émergents selon les fluctuations de vocabulaire ou, de manière plus réaliste, à faible PIB -. Le programme montre que l'organisation y a pensé: un atelier de "training" dédié aux journalistes africains est agendé en pré-ouverture du sommet. Des conférences sont axées sur les situations en Afrique ou en Asie... Mais globalement, l'approche de la question est unidimensionelle. "La plupart du temps à cette conférence sera consacré à des politiques conçues uniquement pour cibler l'industrie du tabac plutôt qu'à des stratégies de santé publique innovantes pour s'attaquer au problème de santé publique du tabagisme", observe Gregory Conley, Président de l'American Vaping Association (AVA), dans une tribune sur City-Press

12 minutes

On ne peut pas contredire Greg Conley au regard du programme. J'ai cherché les interventions susceptibles d'être ouvertes à la question d'approches de réduction des méfaits. J'en ai trouvé une. Douze minutes accordées à Shannon Gravely, de l'Université de Waterloo (Canada), pour présenter son étude sur les différents impacts sur le tabagisme selon les législations sur le vapotage entre 13 pays. Le communiqué de presse de l'organisation dédié à attirer l'attention sur l'atelier où se déroulera cette présentation, n'a pas même jugé utile de la mentionner (sic!). Seules les autres études présentées à cette session pour affirmer la peur du fantasme d'un effet passerelle du vapotage vers le tabagisme chez les jeunes y sont mises en avant.

Il va sans dire que ces 12 minutes seront de peu de poids fasse au bombardement préalable contre le vapotage des cadres du bureau anti-tabac de l'OMS. Leur session réservée comporte notamment une intervention de l'indienne Jagdish Kaur. La responsable Asie du bureau anti-tabac de l'OMS milite officiellement depuis plusieurs mois pour que les pays asiatiques suivent les exemples Nord-Coréen et Thaïlandais de criminalisation des usagers de vapotage.


Good at home, bad for others?

La politique de haine et de répression contre les usagers de nicotine, y compris à méfaits réduits, est un des axes privilégiés à la fois par le milliardaire Bloomberg et par l'OMS, qui est d'ailleurs substantiellement financée par celui-ci. Autre financier important pour le bureau anti-tabac de l'OMS, le Royaume-Uni a pourtant opté pour une politique sensiblement différente à domicile. C'est troublant. Les dirigeants britanniques estiment-ils que la réduction des méfaits est bonne en Grande-Bretagne mais que les populations du sud ne la méritent pas ? J'ai le sentiment de voir le vieux schéma colonialiste où les prêtres intégristes sont envoyés prêcher le puritanisme aux populations indigènes.

"Trop de dirigeants de santé publique semblent être embourbés dans une pensée de groupe dépassée qui ignore les sciences émergentes. Si la conférence sur 'tabac ou santé' traite de la mort et des maladies causées par le tabagisme, les participants devraient souligner comment les fumeurs au Royaume-Uni, au Japon et en Suède exploitent la science et la technologie pour abandonner la cigarette", alerte Greg Conley dans son appel à prendre en considération la réduction des méfaits et ses usagers. 

Le culte de l'abstinence pour les autres

Malheureusement, la tribune du défenseur du vapotage a peu de chance d'être entendue par la nomenclatura anti-tabac à Cape Town. Pourtant, "ce n'est pas la nicotine ou même le tabac qui tue les fumeurs. C'est l'inhalation de monoxyde de carbone et de goudrons provenant de la combustion de cigarettes qui causent les maladies pulmonaires et cardiaques qui tuent les fumeurs. L'application d'interdictions, de réglementations et de taxes aux produits non combustibles à base de nicotine signifie simplement que davantage d'Africains continueront de fumer - et malheureusement, que davantage mourront". Mais le message de la réduction des méfaits est visiblement non grata à ce sommet anti-tabac en Afrique du Sud.


mercredi 8 novembre 2017

Impayable: le bureau anti-tabac de l'OMS fait son Sommet de bonne gouvernance en Thaïlande

Junte militaire et propriétaire du Thaïland Tobacco Monopoly, la Thaïlande a accueilli, les 2 et 3 novembre à Bangkok, le Sommet de bonne gouvernance du bureau anti-tabac asiatique (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). L'OMS insiste dans son compte-rendu sur l'importance d'appliquer l'article 5.3 de la Convention anti-tabac, qui spécifie le devoir d'indépendance envers toute influence de l'industrie du tabac. Cette petite sauterie bureaucratique s'est donc déroulée dans une dictature thaïlandaise qui détient la principale firme de cigarettes locale. Un régime militaire qui réprime les usagers arrêtant de fumer à l'aide du vapotage, y compris par des incarcérations aux conditions connues sous le régime dictatorial. 

Gerry Stimson, militant de longue date des mouvements pour la réduction des méfaits et notamment organisateur du Global Forum on Nicotine (GFN), s'est étonné avec insistance du conflit d'intérêt évident de la Thaïlande et de la violation manifeste de ce Sommet avec la propre Convention anti-tabac adoptée par l'OMS en 2003.

Ses interpellations sont restées lettre mortes jusque-là. Pour l'OMS, la bonne gouvernance semble donc rimer avec junte militaire et l'indépendance aux intérêts tabagiques se conjugue en firme d'Etat détenant 80% du marché local de cigarettes. Tout un programme. Pour le coup, la forte influence locale de l'Inde, grande nation exportatrice de tabac, et la direction opaque de Vera daCosta passent presque inaperçues. Ce sommet réunissait 17 nations asiatiques ainsi que 33 organismes dont les noms n'ont pas été communiqués par l'OMS. La transparence, les principes démocratiques et le soucis de la santé publique, en particulier du public lui-même, ne semblent pas avoir été à l'ordre du jour. Une nouvelle fois est-on tenté de dire.


vendredi 27 octobre 2017

[zgrub] Robert Mugabe, l'ex-futur Ambassadeur de l'OMS, défend la production de tabac du Zimbabwe

"Le Président Robert Mugabe ne croit pas que le Zimbabwe, dont le tabac est la principale exportation rapportant des devises, doit arrêter d'en cultiver tant qu'en premier lieu, il y a des gens qui fument et en demandent, et d'autre part, tant que des boissons pécheresses sont produites et vendues ailleurs dans le monde, des boissons telles que le whisky, des tas de différentes bières qui comptent bien plus de morts que de juste fumer". George Charamba, porte-parole du Président Mugabe, s'est livré à un numéro d'équilibriste assez surréaliste devant les médias du Zimbabwe. Après la nomination avortée de Mugabe comme Ambassadeur de bonne volonté de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Secrétaire à l'information du Gouvernement du Zimbabwe a expliqué que celui-ci n'était pas au courant et n'aurait de toute façon pas accepté cette nomination. 

La semaine dernière au Sommet sur les maladies non-transmissibles à Montevideo (Uruguay), le Dr Tedros, directeur général de l'OMS, annonçait cette nomination dans son discours d'ouverture. Depuis, le verbatim a été expurgé par les services de l'OMS et le Dr Tedros a annulé cette nomination suite au tollé des organisations de défense des droits humains et la réaction de plusieurs pays occidentaux, tels que le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis. Pour sauver la face, comme le souligne malicieusement le magazine Science, le dictateur de 93 ans a donc fait communiquer qu'il n'aurait pas accepté ce poste. "De peur que l'on oublie que le Zimbabwe est un producteur mondialement connu de tabac, et que son chef d'Etat soit considéré comme un Ambassadeur de bonne volonté d'une agence qui a une position bien définie sur la culture du tabac et la vente du tabac", déclare M. Charamba, le porte-parole du Président Mugabe.

George Charamba pense que cela aurait été "une contradiction" et "porté atteinte à l'intérêt national du Zimbabwe". Derrière la réaction vexée du dictateur, il semble pourtant que le Zimbabwe a raté là une opportunité de défendre ses intérêts commerciaux. Le pays au sud de l'Afrique est la seconde puissance mondiale exportatrice de tabac brut derrière le Brésil, qui a placé Vera daCosta au poste de Secrétaire générale du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS. Autre grande nation de tabac très influente à l'OMS, l'Inde se place troisième en terme de gain de balance commerciale par la vente de tabac non manufacturé. 

Yagdish Kaur, sa représentante à l'antenne de l'OMS pour l'Asie du Sud-Est a appelé, dans la revue Indian Journal of Public Health le 15 septembre, à la persécution des personnes arrêtant de fumer à l'aide du vapotage en suivant le modèle de répression en vigueur "en Corée du Nord et en Thaïlande". Arrestation et emprisonnement de vapoteurs y sont courants. Les pratiques de mises à l'isolement, violences, tortures, viols, travaux forcés en détention de ces deux dictatures sont dénoncées par les organisations de défense des droits humains. Suite à l'appel de Yagdish Kaur, des parlementaires de Singapour ont déposé un projet de loi visant aussi à criminaliser les vapoteurs.


lundi 23 octobre 2017

Tabac & dictature: Nouveau dérapage totalitaire de l'OMS


"Aujourd'hui, je suis honoré d'annoncer que le Président Mugabe, du Zimbabwe, a accepté de servir d'ambassadeur de bonne volonté sur les maladies non transmissibles". L'annonce du Dr Tedros, directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), était ahurissante. Jeudi à sa Conférence mondiale sur les maladies non transmissibles (NCD) de Montevideo (Uruguay), l'OMS a franchi un nouveau pallier dans le cynisme en promouvant le sanguinaire dictateur Robert Mugabe "ambassadeur de bonne volonté". Face au tollé, le Dr Tedros a officiellement annulé cette nomination ce dimanche. Dans la foulée, le verbatim du discours à Montevideo du Dr Tedros a été expurgé du passage compromettant (cité avant). Cette nomination avortée est le dernier épisode d'une suite de soutien, prise de position et appel à la répression de la population allant crescendo de la part de l'OMS. Jusque-là, dans un silence complice des organisations non gouvernementales et des dirigeants des pays démocratiques.

Précédemment...

Il y a un an, Vera daCosta, secrétaire générale du bureau anti-tabac (FCTC) de l'OMS, adresse ses "félicitations" au Président Rodrigo Duterte en plein massacre de sa population aux Philippines. A l'époque, la presse évalue à près de 4'000 exécutions sommaires la grande chasse aux drogués lancée par Rodrigo Duterte, lui-même accro à divers stupéfiants. Depuis les tueries par les milices et la police n'ont pas faibli, et le bilan dépasse les dizaines de milliers de meurtres. Sous la pression de l'OMS, la Ministre de la santé philippine tente d'assimiler le vapotage au tabagisme à l'aide d'une nouvelle technologie de senseurs de nicotine.

En janvier 2015, la même Vera daCosta avait déjà félicité et exprimé "toute sa gratitude" à la nouvelle junte militaire en Thaïlande. Profitant de la loi martiale depuis leur coup d'état au mois de mai précédent, les militaires viennent alors de décréter l'interdiction d'utiliser le vapotage, au prétexte de fraude d'importation pouvant valoir des peines jusqu'à dix ans de prison. Les arrestations sont relatées régulièrement dans les médias locaux, y compris de touristes vapoteurs depuis quelques mois. Dans un pays où le tabagisme touche officiellement 42% de la population, la priorité est étrange.

L'OMS appelle à la criminalisation des vapoteurs

C'est pourtant l'un des modèles donnés en exemple à suivre, avec le régime totalitaire de la Corée du Nord, par les cadres asiatiques de l'OMS dans une revue scientifique indienne le mois passé. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national", ordonne la Dr Jagdish Kaur, cadre de l'OMS FCTC Asie, dans l'Indian Journal of Public Health. L'OMS a sans sourciller franchi le rubicon passant de recommandations de santé à celles de réprimer les populations qui optent pour un outil de réduction des méfaits au tabagisme. Des parlementaires de Singapour ont entendu l'appel à la guerre au vapotage de l'OMS et ont déposé un projet de loi pour criminaliser les usagers. 

L'organisation en avril 2016 d'un Sommet de l'OMS au Turkménistan, à l'ombre de la statue équestre en or du dictateur "stalinien" local Gurbanguly Berdymukhamedov en serait presque anecdotique. Depuis, celui qui se fait nommé "le protecteur" utilise les lois anti-tabac pour censurer la presse selon l'ONG Open Democracy. La presse, l'OMS préfère aussi ne pas la voir. A la grande conférence anti-tabac à New Delhi en novembre 2016 (CoP7 FCTC), journalistes et public ont été évacués et les ONG non affiliées à des intérêts industriels, notamment pharmaceutiques, se sont vu refuser toute accréditation. Un climat d'opacité entretenu par le secrétariat du bureau anti-tabac de l'OMS qui a profité aux intrigues de palais et aux noyautages par les lobbyistes, notamment de Philip Morris, comme le relate une enquête de Reuters.

La dictature durable préserve t-elle la santé?

Cette dérive totalitaire n'avait provoqué jusque-là aucune protestation de VIP. Quelques défenseurs des droits humains, dont ceux pour le droit à la réduction des méfaits, ont crié dans le vide. C'est dans ce contexte de silence complice qu'intervient le dernier épisode de la fin de la semaine dernière. Le Dr Tedros a cru de bon ton de nommer le dictateur Robert Mugabe au titre d'ambassadeur de l'OMS pour les maladies non transmissibles, dont le tabagisme est une des principales causes. Régnant sur le Zimbabwe dont son régime a dévasté le système de santé, le dictateur incontinent est contraint d'aller à Singapour pour être soigné.

Au pouvoir depuis 1980 au Zimbabwe, Robert Mugabe use de tous les moyens pour s'y maintenir. Fraudes électorales, tortures d'opposants, contrôle serré des organisations non gouvernementales (ONG) et répression de la presse, famines organisées et déportations forcées des populations contestatrices, le régime sanguinaire du dictateur de 93 ans tient sous son joug la population de ce pays au sud de l'Afrique. Depuis 37 ans, cette "dictature durable" a mis un point une structure pour perdurer. "Le Zimbabwe actuel représente l'archétype de la dictature durable: réélu par une combinaison de violence et de fraude en 2008, un autocrate vieillissant maintient un régime oppressif, antidémocratique et kleptocratique aux dépens d'une population à bout de souffle", analysent Marc-André Lagrange, spécialiste de l'urgence humanitaire, et Thierry Vircoulon, expert en gouvernance, dans un article (dont je recommande fortement la lecture) pour la revue Politique étrangère en 2008. 

Torture et tabac garants de bonne volonté pour l'OMS

"Trois dirigeants africains, à la tête de leurs Etats depuis plus de trente ans, ont amendé la constitution nationale pour rester au pouvoir: Teodoro Obiang Ngema Mbasogo en Guinée équatoriale, Yoweri Museveni en Ouganda et Robert Mugabe au Zimbabwe", précise le rapport Mondial 2017 de Human Rights Watch. L'organisation tire la sonnette d'alarme de longue date concernant les violations incessantes des droits humains au Zimbabwe. En 2008, son rapport attirait l'attention sur l'explosion de "violences parrainées par l'Etat" au Zimbabwe. En 2009, Human Rights Watch braquait son projecteur sur la situation des centaines de milliers de réfugiés fuyant le Zimbabwe dans un rapport intitulé Neighbors in need - Voisins dans le besoin. 


La situation politique et sociale ne s'est pas amélioré ces dix dernières années. Au contraire, la situation économique désastreuse ravage le pays avec neuf personnes sur dix au chômage. Une hyperinflation galopante au début des années 2000' a laissé l'économie du pays en état de coma. Pour survivre, plus de 80'000 familles paysannes se tournent vers la culture du tabac. Le Zimbabwe est ainsi devenu une des grandes nations exportatrices de tabac brut, derrière le Brésil et devant l'Inde en terme de bénéfice dans la balance commerciale. Plus de 150'000 tonnes de tabac exportées lui ont rapporté, selon l'International Trade Center, plus de 870 millions de $ en 2016.



L'OMS et la haine de la protection de la santé du public

Difficile de croire que le Dr Tedros n'était pas au courant du profil de celui qui a été ambassadeur de "bonne volonté" de l'OMS quelques jours. En plus de l'autoritarisme violent, être lié d'intérêt avec la production de tabac brut semble presque devenu un critère pour influer sur les recommandations de l'OMS. Vera daCosta, brésilienne à la tête du bureau anti-tabac, l'influence de l'Inde lors de la dernière convention sur son territoire, la Thaïlande prise en exemple à suivre... L'arrivée du Zimbabwe dans le domaine lié des maladies non-transmissibles pourrait presque passer pour logique dans ce monde orwellien qu'est devenu l'OMS. Les violations brutales des droits humains écrasés au nom d'un culte d'une bonne santé réduite à l'abstinence et l'obéissance à l'ordre paraissent acquises dans la matrice de l'organisme onusien.

Harry Shapiro rappelle cette semaine que, dans les années 1990', l'OMS interdisait déjà à ces collaborateurs de participer à un sommet sur la réduction des méfaits face à l'épidémie de Sida. L'International Harm Reduction Association proposait alors l'accès facilité aux seringues propres et aux préservatifs pour endiguer la diffusion du virus. Une position alors inacceptable pour l'OMS dans le culte d'un "monde sans drogue". Un quart de siècle plus tard, le slogan d'un "monde sans tabac" est repris par l'OMS avec la même stupidité aveugle et abjecte que les grenouilleries puritaines d'il y a trente ans. 

Les réactions à la nomination sans nom de Mugabe laissent-elles l'espoir d'une remise en question plus profonde de la tentation totalitaire et des dérives sanglantes de l'Organisation Mondiale de la Santé ? L'OMS est-elle capable d'accepter de collaborer avec les principaux concernés de ces actions, à savoir le public dont les usagers de moyens de réduction des méfaits, plutôt que de chercher à leur nuire? A un an de la Conférence COP8 à Genève, la demande devient incontournable.


lundi 16 octobre 2017

Singapour: Devant son succès, les autorités veulent criminaliser l'usage de la vape

Les fumeurs singapouriens sont de plus en plus nombreux à arrêter de fumer avec le vapotage. Et ceci malgré que son importation, sa vente et sa distribution sont interdits dans le pays. Le Health Science Authority a recensé 15'000 infractions depuis 2014, contre 9'000 les trois ans précédents. Une augmentation de 70% soulignent les autorités rappelant aussi que ces délits peuvent entraîner une amende de 10'000$ (7'200 FS/6250€) et une peine jusqu'à six mois de prison. "Bien que la loi de Singapore interdit strictement la vente et le trafic de produits de vapotage, leur popularité grandit de jour en jour, et c'est la principale raison derrière l'augmentation du nombre de cas de trafic", explique le quotidien International Business Times (IBT). 

"Beaucoup de gens à Singapour pense que le vapotage est moins nocif que les cigarettes et ils considèrent ces vaporisateurs électroniques comme le meilleur moyen d'arrêter de fumer", poursuit l'International Business Times. En réponse à cette sortie croissante du tabagisme à l'aide du vapotage, un projet de loi visant à criminaliser directement les vapoteurs a été présenté au début du mois au parlement de Singapour. Elle prévoit de rendre illégal l'usage, l'achat et la possession des produits de vapotage, qui seraient punissables d'une amende de 2'000$ (1'440 FS /1'250€). "Cette loi protégerait les singapouriens des risques d'utiliser ces produits et va empêcher leur usage", explique un porte-parole de la Health Science Authority au journal local Straits Times

A l'appel de l'OMS

Ce projet de loi pour réprimer les fumeurs sortant du tabagisme à l'aide du vapotage semble directement s'inspirer de l'appel de la Dr Jagdish Kaur le mois dernier. La cadre du bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a exhorté les pays du sud-est asiatique à suivre l'exemple de la Corée du Nord et de la Thaïlande dans un article publié dans l'Indian Journal of Public Health: "Les pays de la région du Sud-Est asiatique doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire totalement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS) de manière approprié à leur droit national".


samedi 30 septembre 2017

La Thaïlande reconnait officiellement des arrestations de vapoteurs étrangers, l'OMS l'encourage

"Il y a eut des incidents récemment avec des voyageurs étrangers qui n'étaient pas au courant de l'interdiction [du vapotage] et qui ont du payer une amende sur place ou ont été arrêtés". L'Autorité du Tourisme en Thaïlande (TAT) ne donne pas plus de précision dans son communiqué, daté du 22 septembre dernier, sur ces "incidents" liés à la prohibition du vapotage mise en place depuis 2014 par la junte militaire. Fin juillet, le milieu des vapoteurs alertait sur l'arrestation le 26 juillet d'un touriste Suisse détenu durant six jours pour avoir vapoté en public. Relâché sous caution, il risque une peine de prison, qui selon les griefs retenus peut aller jusqu'à 10 ans. Information confirmée par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), mais dont la médiatisation a valu quelques enfumages. Malgré notre demande, l'Ambassade thaïlandaise de Berne ne nous a donné aucune précision ni sur l'affaire ni sur les indications à donner aux voyageurs. 

Arrestations et confiscations

Depuis, la presse britannique s'est fait l'écho d'autres cas de touristes pris à partie par les forces de l'ordre en Thaïlande. Certains ont dû donner des sommes de l'ordre de plus de 160 Fs sans savoir s'il s'agissait d'amendes légales ou de racket policier. Une ambiguïté fréquente en Thaïlande comme le confirme un français expatrié dans un interview à Vapoteurs.net. De son côté, le Foreign Office recommande explicitement à ses ressortissants de ne pas prendre de produits de vapotage en Thaïlande, alors que le DFAE reste silencieux sur le sujet. L'interdiction du vapotage ne concerne pas seulement les touristes, de nombreuses arrestations de thaïlandais sont rapportées régulièrement par la presse locale.

C'est dans ce contexte que, bien qu'elle ne donne aucune précision sur les suites judiciaires des différentes affaires, l'Autorité du Tourisme en Thaïlande a décidé d'informer les futurs voyageurs par ce communiqué, repris par de nombreux sites d'information en ligne notamment de langue allemande. "Alors que le vapotage (ou e-cigs) est utilisé un peu partout dans le monde comme aide pour arrêter de fumer, les voyageurs qui viennent en Thaïlande doivent savoir que cela est en fait illégal dans le Royaume", explique la TAT. "Beaucoup pourraient se demander pourquoi un appareil prévu pour aider les gens à arrêter de fumer est interdit. Un porte-parole du Gouvernement a déclaré que l'interdiction a été introduite pour des raisons de santé et qu'elle était suggérée à l'origine parce que le vapotage pourrait amener les jeunes au tabagisme", poursuit le communiqué.

La violation de l'article 1 (d) de la Convention anti-tabac

En parallèle, le bureau anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a franchi un pas supplémentaire dans son soutien à la prohibition thaïlandaise de l'outil de réduction des méfaits. La Dr Jagdish Kaur, cadre du bureau asiatique de la FCTC, appelle à suivre l'exemple de la Thaïlande, de la Corée du Nord et du Timor oriental, contre toute liberté donnée aux usagers de pouvoir utiliser des outils de réduction de risques comme le vapotage. "Les pays de la région du Sud-Est asiatique (SEAR) doivent prendre des mesures réglementaires pour interdire holistiquement la production, l'importation, la distribution, la présentation, la vente et l'usage des appareils électroniques de délivrance de nicotine (ENDS) ou sans nicotine (ENNDS), de manière appropriée à leur droit national. Sans égard à ce que ces produits contiennent ou non de la nicotine, ils imitent la fumée et doivent être considérer comme une promotion (directe ou indirecte) de l'usage de tabac", explique l'article de la cadre de l'OMS publié dans l'Indian Journal of Public Health le 15 septembre

Pourtant la Convention anti-tabac qui donne vie à ce bureau de l'OMS, stipule clairement la réduction des méfaits comme élément intrinsèque à sa démarche. "La "lutte anti-tabac" signifie une gamme de ressources, de demandes et de stratégies de réduction des méfaits visant à améliorer la santé de la population en éliminant ou réduisant la consommation de produits de tabac et l'exposition à la fumée de tabac"(*), précise dans sa version anglaise l'article 1 §d de la Convention cadre anti-tabac de l'OMS. La violation de cet article est activement soutenue par le Secrétariat Général actuel de la FCTC, qui s'est arrogé des pouvoirs de direction au-delà de son rôle de secrétariat au motif de lutter contre l'influence des firmes cigarettières. Bien que cette tactique d'opacité et d'exclusion de la société civile favorise un éco-système propice aux noyautages des grandes firmes tabagiques, notamment de Philip Morris comme l'a révélé une enquête de Reuters à propos du dernier sommet de la FCTC en Inde.

Sourires 1984

Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'OMS, avait déjà adressé officiellement ses "félicitations" et "toute [sa] gratitude" à la junte militaire thaïlandaise pour sa prohibition du vapotage quelques mois après le coup d'état en 2014. Le pays qui compte, selon ses statistiques officielles, 42% de fumeurs est considéré comme "une sucess-story" par la toute-puissante cheffe de la FCTC dans un article du Guardian à l'été 2016. Le marché légal des cigarettes y est tenu pour 80% par le Thaïland Tobacco Monopoly, entreprise d'Etat sous l'autorité du Ministère des finances mais qui ne détient plus le monopole en dépit de son nom. L'entreprise annonce rapporter plus de 7 milliards de baths (env. 200 millions FS, 180 millions €) par an au Royaume. Le Thaïland Tobacco Monopoly finance notamment clubs de football et actions culturelles... Au pays du sourire obligatoire, que les opposants démocrates comparent au roman 1984 de George Orwell, arrêter de fumer à l'aide de la vape, c'est pire que fumer des cigarettes. 

(*) "“tobacco control” means a range of supply, demand and harm reduction strategies that aim to improve the health of a population by eliminating or reducing their consumption of tobacco products and exposure to tobacco smoke", à noter que la traduction française officielle est peu claire sur le point de la réduction des méfaits.

mercredi 16 août 2017

Tourisme en Thaïlande : risque de 10 ans de prison pour vapotage prévient le Foreign Office UK

La plupart des touristes et des agents de voyage ne le savent pas. Pourtant depuis le 12 décembre 2014, la junte militaire a formellement prohibé l'introduction de produit de vapotage en Thaïlande. Le 26 juillet dernier, un vapoteur suisse a été arrêté et retenu en détention préventive durant six jours. Relâché sous caution, il attend son jugement, risquant une peine de cinq ans de prison et une amende pour avoir vapoté en public. Au cas où le tribunal retiendrait aussi une accusation d'importation de produit de vapotage, la peine pourrait même aller jusqu'à dix ans de prison. Bien que les services du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) soient au courant, rien n'indique clairement ces risques sur la page de son site concernant les voyages en Thailande. 

Le Foreign Office prévient 

Au Royaume-Uni, le Foreign Office est plus prévenant. "Les voyageurs ne doivent pas apporter de vaporisateurs (tels que les e-cigs) ni de liquides de recharge en Thailande. Ces produits sont susceptibles d'être confisqués et vous pouvez avoir une amende ou être emprisonné jusqu'à 10 ans en cas de condamnation. Plusieurs britanniques ont été arrêtés pour possession de produits de vapotage", précise le site du Gouvernement britannique. De son côté, le quotidien anglais the Independent relaie l'alerte lancée par Pat Waterton, directeur de Langley Travel. Après que son neveu ait dû payer 125 £ pour possession d'une vapoteuse à Bangkok, l'agent de voyage appelle ses collègues à informer les touristes. "Tous les agents de voyage devraient prévenir leurs clients. La Thaïlande est une destination très populaire alors nous devrions prévenir les gens de ce risque qui peut ruiner leurs vacances", explique t-il aussi à la revue Travel Weekly estimant que "dix ans de prison pour vapoter, ça semble très long"

Gratitude de l'OMS

Un porte-parole de l'Autorité du tourisme thaïlandais a confirmé à Travel Weekly le danger d'emprisonnement en cas de possession, d'usage et d'importation de produits de vapotage. Malgré ces avertissements, nombreux sont les agents de voyage francophones à ne pas communiquer l'information au public. Pourtant, la décision contre le vapotage a été prise par la junte militaire en décembre 2014, six mois après son coup d'Etat. Elle était accompagnée de mesures contre le tabagisme dans les lieux publics. Vera da Costa, Secrétaire Générale du bureau anti-tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), avait alors exprimé officiellement son "soutien" et sa "gratitude" à la junte militaire pour cette politique. Depuis une dizaine d'année, le tabagisme stagne à environ 42% de la population en Thaïlande, où les cigarettes sont taxées à 1000% (soit 90% du prix de vente en taxes) par l'Etat.

Ne rien signer

Depuis, les arrestations de vendeurs locaux pullulent. En 2015, les contrôles policiers semblaient encore relativement prévenants pour les touristes (voir la vidéo). Mais depuis quelques mois, les témoignages d'arrestation se multiplient. Bien qu'il semble que le ressortissant helvète soit le premier touriste à avoir subi une détention préventive pour ce motif. Sur les réseaux sociaux, les groupes d'entraide de vapoteurs thaïlandais conseillent de garder sur soi une preuve d'achat, datée d'avant la promulgation de l'interdiction d'importation de produits de vape le 12 décembre 2014, pour la montrer en cas de contrôle policier. A défaut, en cas d'arrestation, ils conseillent de ne rien signer et de contacter au plus vite un avocat. Ils estiment que le vide juridique sur les produits de vapotage n'équivaut pas à une interdiction valide de ces produits. Une cause qui pourrait se plaider en justice. 

Vidéo de touristes en novembre 2015 (en anglais) lors d'un contrôle policier en Thaïlande

dimanche 23 juillet 2017

Philip Morris Files (2) : Quel intérêt défend l'Inde à la Convention anti-tabac de l'OMS ?

Les gentils face aux méchants. Le héros au cœur pur face au diable. Les fils narratifs des articles sur le tabac sont souvent d'une simplicité enfantine. Malgré une réalité plus complexe. Dans le second volet de leur enquête sur les Philip Morris Files, les journalistes de Reuters reprennent la recette. Un officier anti-tabac de l'Etat de Delhi, S. K. Arora, traque de manière très musclée les publicités des cigarettiers dans les échoppes de tabac. Avec ses placards, Philip Morris essaie de piquer des parts de l'énorme marché indien de 275 millions de fumeurs à la marque locale ITC qui en détient 80%. L'officier Arora juge ces pubs illégales quand le cigarettier vaudois estime que la loi les autorise. La justice indienne saisie de l'affaire ne s'est pas encore prononcée. Au détour de ce chassé-croisé, où lutte anti-tabac et protectionnisme économique sont difficiles à distinguer, Reuters évoque un document très troublant de Philip Morris. Sans vraiment approfondir le sujet...

Cibler le Premier Ministre indien

"Dans les documents détaillant les plans de la société [Philip Morris] pour la Convention biennale du traité anti-tabac de l'OMS en Inde en novembre dernier, le Premier Ministre Narendra Modi est désigné comme une cible majeure. Un objectif clef: préempter Modi d'éviter de prendre "des mesures anti-tabac extrêmes" ", explique Reuters, citant la présentation power-point de Chris Koddermann en 2014. Le dirigeant canadien de la cellule de renseignement et de lobbyisme de Philip Morris a t-il réussi à démarcher le chef du Gouvernement indien? 

Reuters affirme que le cigarettier a listé trois proches du Premier Ministre indien dans l'optique de l'influencer. Le Ministre de la santé, Jagat Prakash Nadda, celui du commerce, Nirmala Sitharaman, et Amit Shah, Président du parti Bharatiya Janata. Reuters en reste là. Ni le Premier Ministre Modi et les autres personnalités politiques citées, ni le cigarettier n'ont voulu commenter. Les journalistes n'ont pas questionné l'OMS à ce sujet (Sic!).

Ils sont parmi nous

Pourtant, Jagat Prakash Nadda, le Ministre de la santé indien, a été une des têtes d'affiche de la Convention de New Delhi. A ses côtés durant l'ouverture, Maithripala Sirisena, Président du Sri Lanka, appelle à la guerre au vapotage, nouvelle "raison d'inquiétude pour les jeunes". Tandis que Vera da Costa, la Secrétaire Générale de la Convention anti-tabac de l'OMS, cadenasse toute velléités de débat: "Gardez toujours à l'esprit la présence malveillante de l'industrie du tabac parmi nous". La brésilienne est enthousiaste pour ce sommet. "Cette Conférence des Parties posera un jalon déterminant sur le chemin qui nous mènera à un monde sans tabac", prédit celle présentée comme HEAD, la tête de la Convention.

Le sommet égrène les topics habituels du traité au long de la semaine. Encouragements à augmenter les taxes sur le tabac, interdire la fumée dans les lieux publics, interdire la publicité... rien de neuf dans l'air conditionné et filtré du palais des congrès de Noida. Les 1'500 délégués et lobbyistes de diverses organisations, la plupart américaines et sponsorisées, rabâchent des propos attendus. Le sujet sensible du projet de cigarettes à très faible taux de nicotine, en vue d'interdire ou surtaxer celles en contenant plus, reste objet de débat en catimini.

Les indiens attaquent

Mais le véritable sujet sur lequel la Secrétaire Générale brésilienne fonde ses espoirs de tournant déterminant arrive le mercredi, à l'initiative du pays organisateur. Avec le soutien appuyé du Secrétariat Général, l'Inde dépose une proposition de résolution pour la prohibition totale du vapotage au niveau mondial. Co-signée par la Thaïlande, dont le tabac est monopole d'Etat, le Kenya et le Nigeria, dont la presse locale rapporte une tentative d'infiltration de la délégation par l'industrie cigarettière, l'initiative déclenche la polémique.

Les délégations du Canada, de l'Union Européenne et du Royaume-Uni résistent à cette condamnation du produit de réduction des méfaits. Le rapport produit par le Secrétariat de l'OMS pour soutenir l'interdiction comporte de graves lacunes scientifiques selon le contre-rapport du Centre de recherches sur l'alcool et le tabac britannique (UKCTAS). Le Secrétariat tente d'empêcher la diffusion du rapport britannique signé des Prs John Britton, Linda Bauld, Ann McNeill et Ilze Bogdanovica, quatre spécialistes de renommée mondiale sur le sujet. Malgré le brouillage du wifi et des ondes des téléphones portables sur ordre de l'OMS, les traductions mises en ligne par Clive Bates au second jour des débats sur le sujet seront consultées par une poignée de délégués depuis leurs chambres d'hôtel.

Jaime Arcila Sierra, au statut d'observateur à la Convention de New Delhi, est employé de l'organisation américaine Corporate Accountability International


A l'intérieur du bâtiment coupé de l'extérieur, les pressions s'intensifient sur les délégués récalcitrants et les observateurs ouverts au débat sur la réduction des méfaits. Après trois jours de palabre, la Convention prend fin et le Secrétariat Général se résout à ne pas prononcer l'appel à la prohibition mondiale des produits sans tabac ni combustion de vapotage. Agacée, Vera da Costa lâche sa "déception des résultats" de la Convention. Malgré le "fuitage" de la déclaration de la délégation européenne, le Secrétariat rédige deux jours après la Convention une déclaration finale à peine adoucie sur ce point en invitant les pays "qui n'ont pas encore interdit l'importation, la vente et la distribution de ces dispositifs à envisager de les interdire ou de les réglementer"

Pourquoi tant de haine?

Cette part cachée de la Convention de l'OMS, Reuters ne la raconte pas. C'est pourtant le seul média mainstream a avoir dépêché un journaliste au sommet de New Delhi. L'évocation du ciblage de personnalités politiques indiennes par Philip Morris reste en suspend dans son dernier article. Doit-on suspecter le forcing pour imposer la lutte contre le vapotage comme priorité de la Convention anti-tabac et les efforts de l'OMS pour pousser à sa répression, notamment aux Philippines, d'être le fruit du travail de noyautage de Philip Morris? Peut-être, ou pas... Le cigarettier a évidemment tout intérêt à maintenir la prédominance de la cigarette, son produit phare. Mais d'autres intérêts ont pu concourir à cette étrange obsession de l'OMS.



En focalisant l'attention sur l'industrie cigarettière, le discours de l'OMS laisse dans l'ombre les enjeux de balance commerciale des pays producteurs de tabac non-manufacturé. Pourtant selon les données de ITC, le Brésil avec plus de 2 milliards $ d'excédents commerciaux sur le tabac en 2016, le Zimbabwe avec 872 millions $ et l'Inde avec 651 millions $, ont un intérêt économique évident à maintenir la consommation de tabac face à son concurrent sans tabac du vapotage. Un aspect étrangement absent des débats et de la couverture médiatique. Alors que l'Inde a investi une somme importante, certains évoquent plusieurs millions de dollars, pour financer l'organisation du sommet de l'OMS. 

Le Secrétariat de l'OMS ne respecte pas le traité qu'il est censé faire appliquer

Le point est d'autant plus troublant que le Secrétariat Général bafoue ouvertement, avec sa guerre au vapotage, le principe de réduction des méfaits pourtant stipulé au premier article, point (d), définissant la lutte anti-tabac du Traité. Un principe cher aux défenseurs d'une approche intégrant les outils de consommation de nicotine à faible risque contre le tabagisme. Mais pour le moment exclu par l'OMS, au profit des vendeurs de cigarettes, des producteurs de tabac et de quelques autres bénéficiaires de l'industrie de la maladie. Et au détriment de la santé publique et des usagers de nicotine.







samedi 22 juillet 2017

PMI Files(1): La transparence victime de la guerre froide entre l'OMS et Philip Morris

Dans l'hôtel Hyatt Regency de New Delhi, la cellule bouillonne. A une heure de route de la Convention anti-tabac de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), des agents de Philip Morris (PMI) se préparent à y cueillir Nguyen Vinh Quoc, délégué du Vietnam. La scène est photographiée par un journaliste de Reuters. Le chauffeur de la camionnette blanche du cigarettier avouera avoir multiplié les allers-retours à l'hôtel de la délégation vietnamienne cette semaine du 7 au 12 novembre 2016. Quelques mois plus tard mis devant l'évidence, Andrew Cave, cadre de Philip Morris, reconnaît que ses collègues ont discuté «de questions politiques» avec les délégués de la nation d'Asie du Sud-Est. 

Cet épisode semble sortir d'un roman d’espionnage en pleine guerre froide. Mais ce n'est qu'une des histoires révélées par l'enquête de quatre journalistes de l'agence Reuters la semaine dernière. Ayant mis la main sur des «milliers de documents internes» datés de 2009 à 2016, l'agence de presse a commencé de publier une série d'articles sur les «Philip Morris Files». Elle n'a mis en partage public qu'une petite partie de ceux-ci. 

Noyautage à New Delhi

En novembre dernier dans la banlieue de New Delhi (Inde), des représentants de British American Tobacco (BAT) et Japan Tobacco (JTI) tentent vainement d'entrer à la 7ème Convention du traité anti-tabac en s'enregistrant pour y assister. Leurs concurrent vaudois optent pour des méthodes clandestines de noyautage. Ce choix de Philip Morris prend origine de la fermeture de plus en plus dure de la Convention de l'OMS aux cigarettiers. A la Convention précédente, à Moscou en 2014, un cap est passé avec l'expulsion et l'interdiction du public et des médias. 

Mais la firme lausannoise s'arrange pour ne pas être atteinte par ces restrictions. Au contraire, elle va les transformer en atout. Depuis 2010, Philip Morris a embauché Chris Koddermann, un juriste canadien, pour monter une cellule de renseignement et de lobbyisme. Les journalistes de Reuters évaluent ses effectifs à environ une quarantaine d'agents. En 2014, le responsable exécutif fixe la stratégie à l'aide d'un power-point de 125 pages leaké par Reuters. Retourner les nouvelles réglementations à son avantage, identifier et influencer les leaders clefs et les médias... les éléments de lobbyisme conventionnel sont énumérés.

Les accros aux taxes tabac

Plus précis sont les deux objectifs principaux assignés par Chris Koddermann à son équipe pour la Convention 2014 à Moscou. S'assurer que les règles de taxation restent dans le giron des Ministères des finances, alliés devenu naturels aux cigarettiers grâce aux hausses des taxes exigées par l'OMS. Et empêcher que le Traité ne sorte le tabac des marchandises régulées par l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Au dernier jour de la convention moscovite, le responsable de PMI se félicite dans un mail interne du «résultat formidable» obtenu par sa cellule. La déclaration de l'OMS ne réclame pas l'exclusion du tabac des accords commerciaux de l'OMC.

Le projet de prohibition totale du vapotage anticipé

Outre ce travail d'influence, l'équipe de Philip Morris récolte des renseignements. Dés 2014, au sortir de la Convention de Moscou, les cadres du cigarettier évaluent la forte probabilité d'un appel à une interdiction mondiale du vapotage par l'OMS à sa Convention de 2016. Philip Morris a t-il tenu compte de cette information de première qualité pour miser sur le tabac chauffé en place du vapotage ? Difficile à juger à partir du peu de documents mis en partage par Reuters.

Guerre win-win ?

Ce qui apparaît clair à la lecture des documents du cigarettier est qu'il a pleinement profité du blocus de l'information par l'OMS pour prendre l'avantage sur ses concurrents en noyautant les Conventions. Et a fortiori, au détriment de la société civile et des associations des droits des usagers de moyens de réduction des méfaits exclus des débats par l'OMS. Du côté de l'organisation onusienne, cette guerre froide a justifié l'extension des pouvoirs du Secrétariat Général. Vera da Costa continue d'ailleurs de jouer cette partition militaire en évoquant à Reuters, «la guerre» qu'elle doit mener face aux cigarettiers.

Business and politics as usual

Première conséquence de ces révélations de l'agence de presse, les traders ont vu confirmé la réputation positive du cigarettier lausannois à manipuler les législations à son avantage, cette "recette du succès" de Philip Morris. Dans Forbes, John Brinkley, observateur du Big Business relève que "en dépit des similarités avec le syndicat du crime organisé, ou peut-être pour cette raison, l'industrie du tabac va remarquablement bien financièrement. La côte de l'action de Philip Morris (à la bourse de New-York) a progressé de 49$ à 118$ ces dix dernières années"


samedi 24 juin 2017

Les Philippines vont-elles utiliser des détecteurs de nicotine pour traquer les vapoteurs?

Les Philippines envisagent de se doter de détecteurs de nicotine pour en traquer les consommateurs. "Même s'il n'y a eu que du vapotage, ce gadget permet de détecter des particules de nicotine, même simplement vaporisées. Ainsi il n'y a même plus à prouver la nocivité pour autrui. Dès que nous détectons des traces de nicotine, même si elle provient de vapotage, alors c'est une preuve suffisante pour estimer que le lieu n'est pas "100% smoke-free" et qu'il y a violation de la directive", annonce Paulyn Ubial, Secrétaire d'Etat à la santé, le 30 mai dernier au site d'information Rappler

La directive dont elle parle - l'Executive order 26 (EO26) - a été signée le 16 mai par Rodrigo Duterte, Président controversé des Philippines. L'EO 26 interdit de fumer dans les lieux publics et dans la rue à moins de 10 mètres des bâtiments. La vente et la promotion de produits de tabac dans un périmètre de 100 mètres autour des écoles et des crèches sont également prohibées. Enfreindre cette directive est considérer comme un délit pouvant entraîner une peine jusqu'à 4 mois de prison ferme.

Pressions de la CCLAT de l'OMS contre le vapotage

Mais telle que signée, sa définition ne couvre pas le vapotage. " "Fumer" signifie être en possession ou contrôler un produit de tabac allumé sans considération que la fumée soit inhalée ou exhalée activement", stipule la directive (Sec. 1 § i). Visiblement mise sous pression, la Secrétaire à la santé a, dans la foulée, promis d'essayer de corriger le tir dans les règles d'application. "Nous inclurons le vapotage lorsque nous aurons reçu les informations et les recommandations de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)", déclare Paulyn Ubial le 19 mai. Les 19, 20 et 21 octobre dernier, des cadres de la Convention cadre de lutte anti-tabac (CCLAT ou FCTC en anglais) de l'OMS avaient rencontré des représentants du gouvernement philippins pour préparer l'EO 26 dans un luxueux hôtel de Manille. 

Vera da Costa e Silva, Directrice de la CCLAT de l'OMS, s'était d'ailleurs fendue de félicitations à Rodrigo Duterte, alors que les Philippines connaissaient un véritable massacre à son initiative au nom de la lutte anti-drogue. Autant dire que "l'oubli" du vapotage dans l'EO 26 n'a pas été apprécié par la Directrice brésilienne à l'origine de la tentative, lors de la dernière conférence sur le tabac de l'OMS (COP7), d'une interdiction mondiale du vapotage avec la délégation de l'Inde, l'autre grand pays exportateur de tabac au niveau mondial avec le Brésil.

Surveiller et punir

Problème technique pour les tenants de la ligne anti-vape, dont on ne sait pas vraiment s'ils défendent la santé publique ou protègent les ventes de cigarettes, la vape ne contient pas de tabac et ne génère pas de fumée avec ces constituants toxiques spécifiques. D'où la nécessité pour eux de faire glisser l'interdiction de la fumée vers la présence de nicotine. Le "gadget" qui pourrait leur permettre de faire cela, auquel se réfère la Secrétaire à la santé philippines, est développé par des chercheurs américains.

Une équipe spéciale du Dartmouth College, université privée du New Hampshire (USA), planche sur ce système depuis le début de la décennie. Dirigées par  Joseph Belbruno, les recherches ont connu une avancée majeure relatée dans un article publié en septembre 2013 dans Nicotine & Tobacco Research. La mise au point d'un polymère avec des nanoparticules modulant leur résistance électrique selon la présence de nicotine a ouvert la porte au développement du senseur de nicotine. Bien que leurs tests montrent un problème de réactivité non linéaire à la présence de nicotine, les chercheurs enchaînent les dépôts de brevets. Après le polymère de nanotechnologie en 2012, la technologie de l'appareil même et son interface informatique en 2013, les inventeurs BelBruno et Tanski ont breveté le process de fabrication du produit en décembre 2016. Sa commercialisation est lancée exclusivement sur le site de Freshair. Il en coûte 122$ l'appareil et une maintenance de 4$ par mois. La firme annonce aussi le développement imminent d'une version anti-cannabis.

Pizza, bouillabaisse & moussaka connections 

La firme Freshair promet de pouvoir traquer les fumeurs dans les lieux interdits, telles les voitures de location, les chambres d'hôtel ou "même chez soi". Par une surveillance en temps réel, mais aussi en détectant des restes de nicotine après l'usage ("résidus tertiaires"). Une question n'est pas problématisée par les chercheurs, ni par leur site commercial qui reste extrêmement évasif sur les méthode de détection de leur appareil. Que se passera t-il en cas de présence de nicotine ne provenant pas de tabagisme? La question se pose non seulement pour le vapotage, mais évidemment aussi pour les activités de cuisine. Les cuisiniers philippins devront-ils renoncer à cuire tomates, patates, aubergines, carottes, poivrons, choux-fleurs etc... pour ne pas vaporiser la nicotine de ces solanacées dont le mouchard détecterait la trace? 

Les chercheurs américains semblent avoir fait l'impasse sur cette question de risque de "faux positifs" en postulant que toute présence de nicotine est synonyme de tabagisme. Un postulat dont l'impensé semble illustrer le glissement d'un certain courant de la lutte anti-tabac vers une croisade délirante contre la nicotine.