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jeudi 26 mars 2020

Suisse: infos pratiques et listes de sites de vente de vape durant le confinement Covid-19

Des professionnels de santé en Suisse m’ont alerté que certains de leurs patients, qui ont arrêté de fumer à l’aide du vapotage, se retrouvent démunis pour se fournir en résistances et liquides de vapotage dans la situation de confinement actuelle. Pour éviter la propagation du virus, il est préférable d'éviter les contacts. La liste de sites de vente par internet qui suit doit permettre de trouver la plupart des produits. Certains prennent des commandes par téléphone ou mail, et en cas d'urgence ou d'impossibilité de passer par un achat par internet, contactez votre magasin local pour savoir ce qu'il en est.

Ce billet joue le rôle d’une sorte d’annuaire internet temporaire des sites qui vendent des produits de vape en Suisse, quelques liens vers des groupes d’entraide francophones, et à la fin des conseils et infos spécifiques sur le vapotage et le coronavirus. Il est susceptible de mises à jour au fil de l’évolution et/ou de nouvelles infos dont je prends connaissance. [mis à jour au 30 mars]

Disclaimer: Aucun des magasins listés ne m’a demandé ou offert quoi que ce soit. Le listing n’est probablement pas exhaustif et les renseignements sur chaque lieu ne sont qu’à titre indicatif. La situation de chaque lieu peut évoluer. Je ne suis pas en mesure de donner des renseignements sur les magasins au-delà de ce qui est indiqué ici. Les circonstances très particulières liées à l’épidémie de coronavirus font que je déroge à mon principe de ne pas exposer de liens spécifiquement commerciaux sur ce blog.

Absence d’aide aux personnes vulnérables en Suisse

L’association Helvetic Vape, créée en 2013, défend les intérêts des vapoteurs en Suisse. Entre autres actions, elle a édité un petit guide pour les débutants, dans les trois langues nationales, que l’on trouve en pdf

Le harcèlement anti-vapoteurs de la part des médias liés au tabac et d’organismes soi-disant antitabac a précipité la disparition d’initiatives d’aide aux plus précaires, comme la Vape du Cœur Suisse. À ma connaissance, actuellement la seule aide pour l’arrêt tabagique accessible à bas seuil pour les plus démunis est le programme d’arrêt avec la vape du Sucht Hilfe d’Olten.
https://www.grea.ch/publications/protection-des-personnes-en-situation-de-precarite

Le Groupe romand d’Étude sur les Addictions (GREA) regroupe des informations et ressources concernant la situation d’épidémie du coronavirus et les diverses addictions.
https://www.grea.ch/publications/covid-19-affiches-recommandations-ressources

Liste de magasins basés en Suisse romande actifs durant le confinement :

Les conditions pour chaque magasin peuvent évoluer dans la situation actuelle, se renseigner sur leur site ou par téléphone... L'Association romande des professionnels de vape recommande des règles sanitaires strictes pour la vente en magasin de vapotage durant l'épidémie.
https://arprovape.ch/wp-content/uploads/2020/03/Communiqu%C3%A9-de-presse-ARPV-19-mars-2020.pdf

– Un portail de magasins romands avec leurs sites de vente par internet, habituels ou créés pour l’occasion. La plupart font des livraisons via la poste qui fonctionne avec un délai allongé (~48hrs) :
– https://purvapor.ch/ Genève, vente par internet, livraison gratuite à partir de 45 fs.
– https://high-creek.ch/ par internet, livraison gratuite à partir de 20 fs.

Les magasins High Creek de Lausanne est ouvert de 10 h à 17 h. Consignes strictes à respecter. Chaux-de-fonds et Sion ouverts, téléphoner. Yverdon fermé.
– https://www.facebook.com/Residence.Vapeshop/ Magasin de Payerne. Commande via Facebook ou par téléphone prise en considération dans la mesure du possible.
– Paboo-Vap à Yverdon. Ouvre avec commandes à l’avance par téléphone ou Facebook https://www.facebook.com/paboovap/
– https://www.sweetch.ch/fr/ Magasins fermés (Genève, Nyon, Lausanne, Neuchatel), vente par internet, livraison gratuite à partir de 25 fs.
– Vapothèque à Aigle — Commandes par mail ou téléphone https://vapotheque.ch/ [MàJ 30-03-2020] Ouverte les lundi, mercredi et vendredi de 10h à 15h, après un contrôle de sécurité des autorités 
– Fumerolles à Lausanne – Commandes par mail ou téléphone https://fumerolles.ch/
– https://vap-eshop.ch/ Vevey, vente par internet.
– La Fabrick à Montreux — Service minimum avec commande par Facebook https://www.facebook.com/lafabrickavape/
– https://www.vapeshop.ch/ Magasins Fribourg et Yverdon fermés, mais vente par internet ou téléphone avec livraison.
– https://chezsmoke.ch/ Boutiques Neuchâtel et Payerne fermées, vente par internet et livraison offerte durant le confinement
– https://green-cloud.shop/ Monthey et Vevey. Vente par internet, livraison gratuite à partir de 100 fs
– Millésime Vape à Sierre Commandes par Facebook ou téléphone https://www.facebook.com/millesimevape/
– Shiters à Bulle et Lausanne. Commande par mail ou téléphone Téléphone : 079 897 33 37 — Bulle : info [at] shifters.ch — Lausanne : shifterslausanne [at] shifters.ch
https://www.vapers-saloon.com/ Vapers Saloon. Vente par internet et frais de port offerts durant le confinement. 
– https://vipersmoke.ch/ Châtel Saint-Denis et Romont, vente par internet ou commande par téléphone, livraison gratuite à partir de 50 fs.
– https://www.wevappy.ch/ Site de vente par internet uniquement, frais de port offerts à partir de 29 fs.
– https://www.freevap.ch/fr/ Vente par internet, frais de port offerts à partir de 30 fs.
https://www.saintevape.ch/ à Lutry, livraison à domicile ou par la poste (téléphoner). Boutique certifiée Amzer Glas-Cimvape.
https://www.cigarette-electronique-shop.ch/fr/ Magasin de Meyrin ouvert 10-17h, magasin de Genève fermé, vente par internet.
- MyVap's à Fribourg est fermé. Commandes par mail myvaps[at]bluewin.ch ."Toute commande passée avant 17h30 est livrée le jour même"
- Le Savoie à Morges est ouvert avec des horaires allégés. Infos et contact à https://www.lesavoie.ch/
https://vapecloud.ch/ Site de vente par internet, frais de port offerts durant le confinement 

Côté suisse-allemand, liste de sites faisant de la vente à distance

https://www.dampfqueen.ch/ Magasins de Burgdorf, Berne, Thoune et Dietikon fermés, mais vente en ligne et envoie par la poste. Possibilité de conseils pratiques via skype (en allemand).
https://shop.squape.ch/ Le site de vente en ligne du moddeur squape et des liquides Crossbow vapor, made in swiss.
https://www.vapelounge.ch/ Vente en ligne
https://neu.ohm-vapers.ch/
https://www.dampfi.ch/e-liquids-e-zigarette.html Magasins de Zurich, Basel, Horgen fermés pour le moment (mais préparent une réouverture avec des protocoles de sécurité), vente par internet fonctionnelle.
https://www.ezy-e.ch/de/ vente par internet
https://www.dampf-haus.ch/ Magasin de Lachen fermé, vente par internet, possibilité de commande par téléphone et livraison dans la région (sur arrangement).
https://www.e-heaven.ch/ Magasin ouvert demande d'utiliser Internet ou le téléphone de préférence  pour ne se rendre au magasin qu'en cas de nécessité absolue, vente par internet. [édité 30-03-2020]
https://shop.swiss-vapors.ch/ Site de vente par internet
https://www.e-zigaretten-shop.ch/ Magasin de Winthertur - pas clair sur ouverture ou non actuellement - vente par internet
https://www.vapeheaven.ch/ magasin fermé à Dielsdorf, vente par internet
https://vape-cloud.ch/blogs/news/wir-machen-weiter-nur-anders  (livraison à proximité de  Belp)
https://smoke-shop.ch/ Magasin à Flums fermé, vente par internet
https://www.vs-gubrist.ch/
https://creative-coils.ch/
https://www.vapeoase.ch/ Vente par internet (pas clair si magasin ouvert ou non)
https://www.red-vape.ch/ Vente par internet, vérifier par téléphone si ouverture des magasins de Brig et Herisau

Pour le Tessin, pas d’info pour le moment, malheureusement...

Normalement les commandes sur des sites à l'étranger sont livrées, mais les délais sont sensiblement allongés...

Groupes Facebook de vapoteurs

Deux groupes de vapoteurs basés en Suisse, où vous pouvez y trouver des renseignements pratiques, demander de l’aide ou discuter...
– Les vapoteurs romands (francophone) https://www.facebook.com/groups/262163160651791/
- Swiss Vape (Schwizerdütsch) https://www.facebook.com/groups/164755573691976/

Des groupes Facebook d’entraide à l’arrêt tabac avec le vapotage, francophones pas forcément suisses. Aide, conseils et soutien dans la démarche d’arrêt tabac :
https://www.facebook.com/groups/vapeinfoservice/ Vape Info Service - Groupe Facebook d’entraide à l’arrêt du tabac à l’aide de la vape
https://www.facebook.com/groups/jenefumeplus/ Je Ne Fume Plus ! – Groupe Facebook d’entraide à l’arrêt du tabac avec plus de 10 000 membres
Stop-Tabac La tribu — forum d’entraide de Stop-tabac.ch
https://je-defume.info/ - site regroupant conseils, témoignages et infos sur la défume

D’autres liens vers forums, assos, lectures (si vous vous ennuyez en confinement ;)) sur la page de ressource utiles

Conseils et connaissances sur le Covid-19 et le vapotage

Carmen Escrig, spécialiste en biologie cellulaire à l’Université de Madrid (UAM), et Roberto Sussman, physicien à l’Université de Mexico (UNAM), ont rédigé un factsheet (en anglais) sur le vapotage et le virus Sars-Cov-2, responsable de l’épidémie de Covid-19.
Un résumé en français a été fait par l’association Aiduce.

Brefs extraits :
« Il n’y a aucune preuve que le vapotage (en lui-même) augmente les risques d’infection ou l’apparition de conditions graves de COVID-19 ». « Dans la mesure où passer au vapotage exclusif améliore les conditions cardiovasculaires et respiratoires, on peut espérer que les fumeurs qui passent complètement au vapotage aient un risque réduit s’ils sont touchés par ce virus. »

« Par sa nature hygroscopique, la vapeur de Propylène Glycol (pas les gouttelettes) peut agir comme désinfectant supprimant les pathogènes dans des conditions physiques précises. Cependant, il n’y a aucune preuve si cet effet fonctionne sur le SARS-Cov-2 ou dans le contexte du vapotage ».

« La vapeur émise par un vapoteur touché par ce virus ne diffusera probablement ni plus ni moins de virus qu’une respiration normale autour de la personne, bien moins et surtout moins loin qu’un éternuement ou une toux ». (voir le document en anglais pour plus les explications physiques)

« Les précautions pour prévenir la contagion par le virus transporté par la vapeur sont les mêmes que celles de “distance sociale” recommandées à toute la population vapoteurs ou non : éviter les contacts physiques et la proximité des autres. Pour les vapoteurs plus spécifiquement : vapotez plutôt à basse puissance, évitez de vapoter dans des espaces à moins de 2 mètres des autres. »

Attention à la désinformation malsaine et nuisible de lobbys américains qui entendent profiter du climat d’anxiété liée à l’épidémie. 
« Des acteurs américains et quelques employés d’un milliardaire semblent très actifs dans la presse anglo-saxonne et sur les réseaux sociaux pour exploiter cette pandémie à des fins de propagande, dont un faussaire notoire, au lieu d’aider leurs concitoyens. »

Ne paniquez pas, ce n’est pas une bonne conseillère. Des lobbys orchestrent de manière particulièrement cynique dans ces circonstances des campagnes anti-vapoteurs, en misant sur l’angoisse pour les faire retomber dans le tabagisme. Faites-vous confiance, le ressenti de vos améliorations par l’arrêt du tabac avec le vapotage est plus juste que ces enfumages.
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La page d’informations de l’OFSP sur le coronavirus
Important pour tous, mais encore plus pour les vapoteurs qui portent leur vaporette à leur bouche, lavez-vous les mains après chaque contact avec quelqu’un ou une surface susceptible d’être touché par le virus. Nettoyez votre matériel, en particulier le drip-tip (embout buccal) avec du liquide hydroalcoolique ou de l’alcool.
Respectez la distanciation sociale, plutôt 2 mètres.


dimanche 8 décembre 2019

Phénomène: les 15'000 exemplaires de 'Bienvenue dans la vape' répondent à une soif d'information claire et honnête

Déjà un second tirage à peine quelques semaines après son lancement. Sans couverture média, autre que des sites spécialisés, le petit bouquin de Sébastien Béziau "Bienvenue dans la vape" dépasse les 15'000 exemplaires. Un phénomène rare pour un livre en auto-édition. Il se murmure que même Mélanie Gomez, la journaliste santé d'Europe 1, l'a dévoré le mois dernier durant son récent arrêt tabac réussi. L'opuscule de 80 pages se présente comme un message et un partage d'expérience. "'Bienvenue dans la vape' n'est pas une méthode ni un protocole", annonce le quatrième de couverture. Pourtant, emmenée par une écriture simple, directe et entraînante, il se révèle une aide redoutable d'efficacité pour guider le lecteur à travers les écueils possibles de l'arrêt tabac à l'aide du vapotage.

Un utilisateur éclairé

Sébastien Béziau a fumé près de trois décennies avant de tomber sur le vapotage en 2013. "Par hasard, simplement en voulant tester la "cigarette électronique" après avoir vu une émission à la télévision", explique t-il. Plus de cigarette depuis. Aspiré par le phénomène, il a ouvert le blog VapYou, puis créé sa célèbre déclinaison papier, co-fondé l'association Sovape [dont je fais partie, disclaimer] et participé au groupe facebook d'entraide dénommé à présent Vape Info Service

Il a également été moteur du livre 1000 messages pour la vape à Marisol Touraine en 2016 et il anime des débats au Vapexpo à l'occasion. Tout ceci, à côté d'un travail dans un tout autre domaine et une vie de famille. Son exemple à de quoi rassurer sur le risque de perte d'énergie en arrêtant de fumer avec le vapotage.

Connaissances vivantes

Surtout, ce simple vapoteur initial a emmagasiné une quantité impressionnante d'expérience et de connaissances en six années. Connaissances des études et des débats, mais aussi de l'accompagnement de terrain et de son propre vécu. Son ouvrage nous accueille par un exposé simple du principe de réduction des risques avant de nous confronter au dilemme de tout fumeur tenté d'arrêter: "J'y vais mais j'ai peur". La peur d'arrêter de fumer, mais aussi celle du vapotage dans le violent climat de vape-bashing des médias mainstreams. 

"Bien s'informer, c'est savoir où on va pour se rassurer et gagner en confiance", confie Bienvenue dans la vape, proposant au fil des pages une mise à jour concise mais précise des connaissances, avec une bibliographie pour les plus curieux. Les précédents livres grand public francophones sur le sujet dataient de 2014, avec les excellents ouvrages du Dr Philippe Presles, et du Pr Jean-François Etter. Avec un second tirage aussi rapide, le succès de Bienvenue dans la vape reflète le besoin du public pour une information claire, honnête et sereine face à l'épidémie de sensationnalisme malsain.

Motivés

Nécessaire mais pas suffisante, l'information doit se combiner à une approche. A l'exploit de la seule volonté, aboutissant à plus de 9 échecs sur 10 tentatives, l'auteur propose d'y substituer la motivation. "La motivation s'inscrit dans un parcours et avec des repères", souligne Sébastien Béziau. Ce parcours en 80 pages va donc passer par des repères sur la nicotine, le choix du rythme de sevrage du tabac, les effets inattendus de l'arrêt de la cigarette comme la toux, et les conseils de base pour passer au vapotage, comme penser à boire de l'eau.

Avant d'arriver au syndrome de l'imposteur spécifique à l'arrêt du tabac avec la vape: mais n'est-ce pas de la triche? Oui, la vape est un formidable outil pour réussir à arrêter de fumer: "remplacer la souffrance d'un arrêt difficile par une solution d'aide non-violente". De quoi s'aventurer pour découvrir les nouveaux plaisirs de la défume. Le plaisir, un fil conducteur de cette carte d'un utilisateur éclairé pour guider le lecteur sur "l'outil d'aide le plus populaire pour arrêter de fumer".

Où le trouver?

Le petit booster de motivation et de confiance pour le fumeur désirant se libérer de la cigarette avec l'aide du vapotage se trouve pour 6,90€ dans 360 boutiques physiques ou en ligne en France et en Suisse. Il est également déjà utilisé en France par des professionnels sociaux-sanitaires dans des centres de soin en addictologie (RESPADD, CSAPA, CAARUD) et des formations de professionnels de la Fédération Addiction.

Bienvenue dans la vape, l’outil d’aide le plus populaire pour arrêter de fumer - Sébastien BÉZIAU – Format A6 – 80 pages – Édité par ACID Création / VAPYOU – Prix public : 6,90€TTC

Bonus: Plaisir, vape et nicotine. 
Mélanie Gomez sur Europe 1: "J'ai tout misé sur le plaisir. Tout d'abord, je me suis équipé d'une cigarette-électronique, de gommes à mâcher très fortement dosées en nicotine et j'ai repris le sport à fond"...

mercredi 19 décembre 2018

Première en Suisse: le centre d'aide d'Olten offre des vaporettes pour arrêter de fumer

Une première en Suisse. L'organisme d'aide Sucht Hilfe Ost (SHO) d'Olten intègre une offre gratuite de vapotage, ainsi que des liquides nicotinés, à son programme d'arrêt tabagique à partir de ce mercredi 19 décembre. Tout fumeur de la région de Soleure désirant arrêter la cigarette peut participer à l'opération pilote prévue pour 18 mois. La marche à suivre est très simple, il suffit de s'inscrire et s'engager dans le programme. Une première consultation avec un professionnel du centre détermine le moyen le plus approprié pour le participant. Grande innovation: le vapotage fait désormais partie des options. "Nous facilitons la transition en conseillant et en accompagnant et nous fournissons les dispositifs de vapotage gratuitement", explique Reno Sami, co-directeur général du SHO. Aux côtés des quatre appareils possibles offerts, les liquides de vapotage sont vendus par le centre avec un choix de cinq arômes en trois taux de nicotine. 

Les professionnels formés par un expert de la vape

L'accompagnement des néophytes se veut éclairé. Helvetic Vape a formé spécifiquement les professionnels du centre à l'outil de réduction des risques sans combustion. En professeur à la pointe de la démarche, Phil Scheck, le vloggueur suisse-allemand aux 100'000 followers. Impliqué dans l'élaboration du projet, il assurera le soutien des professionnels au long cours. "Nous sommes particulièrement fiers de participer en apportant notre expertise spécifique à ce programme", précise l'association des vapoteurs dans un communiqué. Son Guide pour se convertir facilement est aussi distribué aux participants.

De son côté, le centre d'aide souligne l'importance de la démarche dans le sillage de l'appel de la Fédération des addictologues en Suisse l'an passé. "Nous voulons et nous devons protéger au mieux les habitants de nos régions contre le cancer du poumon et d’autres maladies pulmonaires évitables", explique Peter Hodel, président de SHO. L'expérience pilote sera examinée par un suivi scientifique pour mesurer le taux de succès et évaluer les points forts et faibles de la démarche novatrice. "Nous sommes dans une approche de réduction des risques. C’est l’une de nos tâches essentielles et nous la prenons très au sérieux", ajoute Peter Hodel.

La première offre d'arrêt tabagique à bas seuil

La gratuité et la facilité d'accès au programme est un élément clef du dispositif d'aide. "Les commentaires montrent qu'il y a un réel besoin. En outre, le coût du vapotage est de 4 à 8 fois inférieur à celui des cigarettes. C’est aussi un argument social fort pour notre tentative", souligne Reno Sami. Jusqu'ici dans le canton de Soleure, la seule offre d'organisme de santé pour arrêter de fumer proposée au public était des cours visant l'abstinence totale de consommation de nicotine de la Ligue Pulmonaire au prix de 190 Fs. Reprogrammation mentale et thérapie cognitivo-comportementale au menu de six séances avec une date d'arrêt fixée par avance. Seule l'appli de Stop-Tabac.ch était à disposition gratuitement des fumeurs soleurois. 

100 Fs la boite de patchs

Arrêter de fumer en Suisse, coûte très cherEn dehors de ces cours, les substituts nicotiniques, tels que patchs ou gommes, sont à prix exorbitants sans remboursement par l'assurance-maladie de base en Suisse. Le Champix est la seule aide couverte, suite à un jugement du Tribunal fédéral de 2011, avec la quote-part de 10% et la franchise à charge des assurés pour le traitement à près de 600 Fs. En bref, dans le canton de Soleure comme dans le reste de la Suisse, les autorités sanitaires bombardent les fumeurs de messages de prévention pour qu'ils arrêtent mais ne leur offrent à peu près rien pour les aider e uniquement sur la base de l'idéologie du 'Quit or die'. 

Le critère du niveau économique est pourtant déterminant dans le tabagisme helvétique. Alors que moins de 10% des membres de la classe privilégiée fument, ce sont près de 50% des chômeurs et plus de 60% des personnes subissant un état dépressif. Les défavorisés ont aussi près de trois fois moins de chance de réussir à arrêter de fumer, selon le suivi Salpadia de 2011. En 1991, cet écart n'était que de 1,3. En vingt ans, les inégalités sociales de santé liées au tabagisme ont explosé en Suisse.

La fin de l'abandon des défavorisés au tabagisme?

Pourtant 61% des fumeurs déclarent espérer arrêter, alors que leur nombre stagne à 27% de la population depuis dix ans, selon l'Enquête Suisse sur la santé. Malgré cela, ou à cause de cela, les autorités sanitaires et politiques n'ont pas esquissé le moindre geste de détente envers une approche plus efficace et souple. Au contraire, elles ont prohibé arbitrairement la vente de vapotage avec nicotine durant neuf ans. Le Tribunal administratif fédéral a mis fin à cette interdiction abusive dénuée de base légale en avril dernier.

C'est aussi une des choses qui rendent possible l'ouverture du programme intégrant le vapotage à l'aide à l'arrêt tabagique à Olten. Cette initiative du Sucht Hilfe Ost qui vient enfin briser ce macabre abandon et ouvre la voie à une sortie du tabagisme en Suisse.


samedi 1 décembre 2018

Le vapotage invente l'arrêt bienveillant pour prévenir la rechute tabagique

avant la rechute, ça faisait mal...
"Avant, un petit écart entraînait presque toujours une rechute totale dans le tabagisme, et les gens se sentaient en échec d'avoir trébuché. Mais ça, c'était avant que les gens ne commencent à passer au vapotage", explique la Dr Caitlin Notley, de l'Université d'East Anglia, au site Eurekalert. Son enquête, menée avec Emma Ward, la Pr Lynne Dawkins, le Pr Richard Holland et Sarah Jakes, Présidente de la New Nicotine Alliance (NNA), ouvre le champ d'une approche compréhensive de l'arrêt tabagique.

Nourrie d'entretiens auprès de 40 vapoteurs, l'étude publiée dans la Drug and Alcohol Review en accès libre explore comment les vapoteurs vivent les moments de rechute après avoir arrêté de fumer. "L'analyse révèle que fumer est perçu de manière différente lors d'arrêt avec le vapotage que lors d'autres tentatives précédentes. Avoir l'option agréable de vapoter signifie qu'un retour complet au tabac n'est pas inévitable", soulignent les auteurs.

Quitter le carcan du dogme de l'aliénation

Pour approcher le thème, les chercheurs se sont penchés sur les significations de ce qu'est une rechute, selon l'approche orthodoxe et en contraste celle des protagonistes vapoteurs. Du côté des traités théoriques, "la rechute peut être définie comme un incident ponctuel (une seule «bouffée») ou un certain nombre de cigarettes fumées". Ces approches quantifient le tabagisme et énoncent un ensemble de facteurs de risques pour créer une armature médicale.

rechute tabagique médicalisée"Cette approche médicalisée suppose l'usage du tabac comme une déficience, positionnant l'individu comme être potentiellement vulnérable à la dépendance". En réponse à un échec ou une rechute, le patient se voit proposer "un «traitement» pour sa dépendance".

Ce paradigme conçoit le fumeur ou la personne en rechute comme un être perverti, possédé, rendu étranger à lui-même en proie à la compulsion. "La compréhension théorique de la rechute du tabagisme est sous-développée et bénéficierait d'une mise à jour", estime l'équipe britannique.

Ouvrir le champ des possibles

En contraste de l'orthodoxie médicalisée, l'étude menée à travers des entretiens ambitionne de renouveler la compréhension du phénomène en partant du vécu des personnes. "Une approche qualitative était particulièrement appropriée dans ce contexte, où la théorie existante est dépassée" devant l'essor du vapotage, précisent les chercheurs. Une bonne partie des vapoteurs déclarent ne pas se permettre de fumer la moindre cigarette.

Mais près de la moitié des personnes interrogées ont expliqué avoir eu au moins un épisode de rechute tabagique. Souvent en contexte de sociabilité. "Même maintenant, je sors encore et je fume au pub", témoigne un des participants. Les défaillances du matériel est une autre situation piégeuse. Justifiables par les circonstances, ces écarts peuvent être circonscrits à de simples erreurs ponctuelles par la personne afin de préserver l'estime de soi.

Les cas de défis d'ex-fumeurs

Une série de cas paraissent nouveaux aux chercheurs: ceux où les protagonistes ont volontairement fumer "pour voir ce qu'il en est". "J'étais très confiant, alors je ne me sentais pas du tout en danger de rechuter. Je pense que cela fait partie de ce qu’il en est vraiment, c’était une sorte de case à cocher pour dire 'oui, ce n’est pas un problème' ", explique un participant.

Malgré cette défiance à l'ancien tabagisme, plusieurs témoignages rapportent avoir senti un malaise moral, mais aussi un dégoût physique après avoir fumé. "J'ai parfois pris des cigarettes durant ces trois dernières années et ce sont les choses les plus dégoûtantes, absolument horribles. Tu sais, j'ai fumé parfois une cigarette juste par curiosité"

L'éclosion du plaisir

Ces sortes de tests de résolution s'appuient sur une balance des plaisirs épanouis au fil du temps. "Je fumais une cigarette avec un verre, la vape ne semblait pas suffire. Mais cela a changé progressivement. Maintenant je peux sortir et vapoter toute la nuit", rapporte un protagoniste. Tandis qu'un autre explique avoir compris toute la richesse de la palette des arômes après avoir été obsédé par la recherche du goût tabac à ses débuts.

L'arrêt par inadvertance

Cette conversion de mode de consommation se déroule, au moins parfois, en l'absence de pression disciplinaire. "C’est arrivé peu à peu, ce n’était pas un effort conscient, c’était par effet secondaire du vapotage que j'ai arrêté de fumer, car je n'avais pas prévu d'arrêter, c'est juste arrivé", déclare un vapoteur.

Dans ce contexte, les chercheurs suggèrent que l'utilisation conjointe de cigarette et de vapotage "peut être comprise moins comme un phénomène de dépendance physique que comme un changement d’identité sociale". Des situations de transition, estiment les chercheurs. "Nous avons définies ces personnes comme des 'sliders' vers l'abstinence du tabagisme plutôt que des 'switchers'. Cependant, d'autres membres de notre échantillon se sont considérés très fermement comme des 'vapoteurs' ".

Sortir de l'échec programmé: le droit de trébucher

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Au-delà des différents types, les chercheurs soulignent "les aspects spécifiques au vapotage, tels que l’odeur, le plaisir sensoriel d’inhaler des vapeurs et l’action du vapotage", agissant en protection contre les rechutes. "Dans les pays où les politiques l'autorisent, le vapotage est une alternative au tabagisme viable et même préférable pour beaucoup, ce qui permet de minimiser le sentiment d'échec lors de rechutes ponctuelles", appuient-ils pour inviter à sortir du cercle vicieux de l'échec induit.


"Le concept "d'erreur permise" [lapse permissive] implique une démarche "hors pression" pour pardonner "l'écart" occasionnel. Cela peut réduire la pression qui contraint progressivement les personnes à maintenir l’abstinence de fumer", oppose l'équipe de recherche à la classique rechute complète aspirée par le sentiment d'échec et la déchéance de l'estime de soi. "Une erreur permise permet de petits écarts, ce qui crée probablement moins de dissonance cognitive et signifie qu'une rechute totale n'est pas inévitable".

mercredi 28 novembre 2018

[Op] France: Est-il acceptable de "sanctuariser" un fonds tabac qui exclut la réduction des risques?



En 2018, est-il encore acceptable que des fonds de lutte contre le tabagisme excluent les approches de réduction des risques? Le sujet est tabou, pourtant un débat devrait s'imposer au moment où les organisations anti-tabac traditionnelles font le forcing pour maintenir la main mise sur le "Fonds national de lutte contre le tabac" en France. Un nouveau prélèvement sur le chiffre d’affaires des fournisseurs de tabac finance ce fonds depuis 2017. Près de 590 millions € devraient être distribués d'ici 2022, dont 100 millions ont déjà été mis en jeu au printemps dernier. 

Sainte homélie


Et pourtant ces dernières semaines, les organismes traditionnels anti-tabac montent au créneau. En cause, le projet du budget de la Sécurité sociale pour 2019 (PLFSS 2019) de fusionner les fonds concernant les conduites addictives, sans privilège pour la lutte anti-tabac. Un premier communiqué d'Alliance contre le tabac le 12 octobre dernier accusait le gouvernement de chercher à "dévier la lutte contre le tabagisme vers la lutte contre l’ensemble des addictions" et faire "le jeu des lobbys industriels" (sic!). Nouveau communiqué ce 27 novembre, cette fois de la Fédération française d'addictologie (FFA) réclamant la "sanctuarisation" du fonds tabac.

A la pêche aux spécificité universelles




"On observe une spécificité du comportement tabagique en France", explique le communiqué pour justifier de "sanctuariser" le Fonds tabac afin "de développer une recherche adaptée aux besoins du pays". Problème, l'attribution des aides provenant du Fonds impose de s'inscrire dans les "préconisations de la Convention-Cadre de lutte anti-tabac (FCTC) de l'Organisation Mondiale de la Santé", précise par exemple le cahier des charges de l'appel à projets à "la société civile" de mai dernier.


Un modèle dont un article d'Aurélie Lermenier-Jeannet pour l'Office français des drogues et toxicomanie (OFDT) a montré, sans tout à fait l'assumer, l'inefficacité en France. L'exclusion stricte dans les recommandations du Secrétariat de la FCTC du principe de réduction des risques, bien qu'il soit spécifié dans l'article 1 §d de sa Convention originale (en anglais), n'est pas étrangère à cet échec.

Reproduction sociale 2.0




Le hiatus de cohérence entre la justification pour maintenir l'exception tabac et les actes liés à ce financement se cristallise autour de cette exclusion de l'approche de réduction des risques. Le cadre étroit imposé au printemps au volet de la "mobilisation de la société civile" - avec des guillemets dans le texte original -, est la "dénormalisation" du tabagisme et l'abstinence.


Outre la cage idéologique, les barrières usuelles pour préserver l'entre-soi ont été utilisées: forme bureaucratique et vocabulaire à mots-clefs, délai raccourci combinée à une diffusion choisie ont assuré à un cercle restreint d'initiés de pouvoir postuler à une part du gâteau de 100 millions € en juin. La sélection fait le reste. Le cercle se félicite de cette imperméable distribution. Et on apprécie mieux le sens ironique des guillemets à "mobilisation de la société civile".

Faut-il quitter la lutte anti-tabac pour arrêter de fumer?


Pourtant une dizaine de jours avant la date limite des soumissions, l'enquête de Santé Publique France révélait que 27% des tentatives d'arrêt tabagique en France en 2017 se sont déroulées avec le vapotage. Premier recours, en dehors de leur propre motivation, utilisé par les fumeurs qui veulent s'en sortir. Autrement dit, une large part du public n'a pas attendu les millions du Fonds tabac pour choisir une approche efficace, bienveillante et non-abstinente en nicotine. Ils avaient probablement raison de ne plus attendre.

samedi 3 novembre 2018

[Bref] Les astuces pratiques pour passer au vapotage et arrêter de fumer des britanniques

"Staying switched". Les 'conseils pour les néo-vapoteurs de la part d'anciens' est le fruit d'une collaboration entre professionnels de santé et vapoteurs anglais. Le tract double-face (voir plus bas), publié par le Centre national de formation à l'abandon du tabagisme (NCSCT), est issu de l'expérience des usagers de la New Nicotine Alliance (NNA) ainsi que des études des chercheurs de l’Université d’East Anglia (IEA) et du Cancer Research UK (CRUK). "Rappelez-vous qu'en arrêtant de fumer, vous faites la meilleure chose possible pour votre santé. Vapoter n'est pas tricher. C'est une alternative beaucoup plus sûre que de fumer".

Nicotine & fun sans fumée

Le flyer couleur, qui sera distribué dans tout le Royaume-Uni, liste les conseils pour bien démarrer avec le vapotage et arrêter "pour de bon" de fumer:
  • Trouver le bon appareil
  • S'amuser à essayer des arômes de vape: "Ils aident à faire perdre le goût des cigarettes moins attrayant"
  • Face au manque, ne pas hésiter à utiliser un liquide plus concentré en nicotine
  • Ne pas s'inquiéter de vapoter fréquemment: "Les recherches montrent que les usagers auto-régulent leur niveau de nicotine sans devenir plus dépendant qu'en fumant"
  • Lors de sorties en soirée ou d'événements excitants, ne pas hésiter à utiliser un liquide plus dosé en nicotine pour éviter une envie de cigarette
  • Avoir un appareil de secours pour éviter de se retrouver en rade en cas de problème technique

Ne vous flagellez pas si vous trébuchez

Manquent peut-être le rappel de boire suffisamment d'eau pour éviter la sécheresse, et parfois un léger mal de tête, liée à la capture de l'humidité par le vapotage, ainsi que les plages de puissances correctes, entre 3,5 et 4,5 volts, pour éviter de surchauffer le liquide. Les conseils techniques sont laissés à l'initiation en magasin spécialisé.

Pour ceux qui trébuchent et fument quelques cigarettes, "ne vous flagellez pas". Les recherches montrent que cela ne se traduit pas systématiquement par une rechute. "Augmentez votre nicotine, essayez une nouvelle saveur ou offrez-vous un nouveau gadget", encouragent les auteurs.

Concernant la question d'arrêter le vapotage, "cela doit être votre décision - pas celle de quelqu'un d'autre". La fiche d'information de santé rappelle "qu'inhaler de la nicotine en vaporisant du e-liquide est beaucoup plus sûr que l'inhalation de fumée de tabac".

Qui va piano, va sano

Pour les vapoteurs voulant réduire leur consommation de nicotine, la devise "qui va piano, va sano" s'impose.  "Réduire trop rapidement votre taux de nicotine vous rend plus vulnérable aux envies de fumer". Au cas d'arrêt du vapotage, garder une vaporette de secours: "Il est préférable de recommencer de vapoter que de fumer".

Pour plus d'aide, le flyer invite à aller voir au magasin de vape spécialisé et de contacter le centre stop-tabac local. Enfin, "si vous n'êtes pas en mesure de vapoter, prenez en considération des alternatives nicotinées telles que les patchs, les gommes ou les sprays".


dimanche 22 avril 2018

Etude clinique à Milan: 2,5 fois plus d'arrêts tabagiques réussis avec une vape peu ou pas nicotiné que sans rien

"Le vapotage a augmenté le taux d'arrêt, ainsi que la réduction du nombre de cigarettes quotidiennes des participants qui ont continué de fumer". La principale conclusion d'une équipe de l'Institut Européen d'Oncologie (IEO) de l'Université de Milan confirme, dans les conditions d'une étude clinique, le potentiel du vapotage pour aider au sevrage tabagique. L'étude, publiée dans la revue d'Oxford Nicotine & Tobacco Research, a sélectionné 210 fumeurs sur 550 postulants provenant du suivi COSMOS II (Continuous Observation of SMOking Subjects). 

European Institute of Oncology MilanoEtre fumeur d'au moins 10 cigarettes quotidiennes depuis plus de dix ans et être motivé à arrêter étaient notamment des critères pour participer au suivi de trois mois fin 2015. L'âge des participants était assez élevé avec une moyenne de plus de 62 ans. Un premier groupe a reçu une vapoteuse de type ego CE4 avec une fiole de liquide goût tabac nicotiné à 8 mg/ml, un second groupe la même vapoteuse avec des liquides sans nicotine et le troisième groupe témoin ne recevait rien de particulier. Tous les participants avaient un appel téléphonique mensuel d'une dizaine de minutes, où ils ont été invités à arrêter de fumer après la première semaine du suivi.

Consommation limitée de vapotage

Les chercheurs ont demandé aux participants des deux groupes vapoteurs de ne pas consommer plus d'un millilitre de liquide par jour. Avec en moyenne un peu moins de onze fioles consommées en trois mois (soit 1,2 ml/jour), les participants se sont tenus à cette consigne. Cette consommation réduite de nicotine peut expliquer la faible différence de résultats entre les deux groupes de vapoteurs (avec/sans nicotine), selon les chercheurs. On peut se demander si la plutôt faible concentration de nicotine des liquides associée à cette consigne n'ont pas conduit certains participants à ne pas réussir leur arrêt tabagique.

Au terme du suivi:
    le modèle utilisé par l'étude
  • 25,4% des utilisateurs de vapoteuses (Ego) avec une consommation limitée de liquides nicotinés (à 8mg/ml) n'avaient plus fumé depuis trois mois,
  • 23,4% des vapoteurs sans nicotine ont fait de même, ainsi que
  • 10,3% des participants n'ayant pas reçu de vapoteuse (et s'étant engagé à ne pas en utiliser ni une autre aide de type patchs ou gommes nicotinés). 

Plus de réduction de cigarettes avec la vape nicotinée

Les vapoteurs avec nicotine qui n'ont pas réussi à stopper de fumer, ont par contre plus nettement réduit leur consommation de cigarettes que les vapoteurs sans nicotine et le groupe témoin. D'une consommation initiale de plus de 19 cigarettes par jour, les vapoteurs avec nicotine ont réduit à 7,67 cigarettes tandis que les vapoteurs sans nicotine passaient à 9 et les 'sans vape' à un peu plus de 10 cigarettes quotidiennes.

Améliorations de l'état de santé

En Angleterre, l'information sur le vapotage pour l'arrêt tabagique est déjà intégréeLes chercheurs ont aussi questionné les participants sur leurs symptômes respiratoires. "Une réduction significative de tous les symptômes a été reportée, probablement en raison de la réduction de cigarettes quotidiennes fumées par la plupart des participants, indépendamment du groupe de l'étude", précisent t-ils. Environ 21,5% des participants signalent une diminution de la toux, 18,5% moins d'inflammation pulmonaire (catarrhe) et 14,5% une amélioration de la respiration. Concernant le groupe vapoteurs avec nicotine, 23% rapportent un effet indésirable de gorge irritée lors du premier mois. Mais après trois mois, cet effet secondaire n'est plus signalé que par 5,7% de ce groupe. 

Intégrer le vapotage aux guides sur les arrêts tabagiques

En conclusion, les auteurs suggèrent d'intégrer le vapotage à l'aide à l'arrêt tabagique. "Il pourrait être utile d'associer cet appareil à de nouveaux guides d'auto-soutien afin de permettre aux gens de mieux gérer les changements de comportement et les effets secondaires. Ceci est vrai pour les fumeurs prêts à arrêter (comme nos participants) mais peut aussi être avantageux pour les fumeurs moins motivés se trouvant en milieu clinique".

edit à 16h30 du titre pour le rendre plus clair. Merci à Michel pour la remarque ;)

samedi 3 février 2018

7,5 millions d'européens se sont libérés de la cigarette grâce à la vape selon l'Eurobaromètre 2017

A partir des données de l'Eurobaromètre n°458 menée au printemps 2017, Frank Baeyens, chercheur à l'Université de Louvain, estime que près de 7,5 millions d'européens de plus de 15 ans ont arrêté de fumer à l'aide du vapotage. Cette enquête dans les pays de l'Union Européenne permet aussi de dénombrer 9 millions de fumeurs ayant réduit leur consommation de cigarettes en se mettant à vapoter. Frank Baeyens a calculé ces chiffres à partir des pourcentages présentés dans le document publié en mai 2017, comme il l'avait fait pour la précédente édition 2014. Son estimation d'alors de 6 millions d'européens ayant cessé de fumer à l'aide du vapotage en 2014 avait été confirmée ensuite par l'analyse détaillée menée par le Pr Konstantinos Farsalinos. En passant de 6 millions à 7,5 millions d'européens libérés de la cigarette en deux ans, le vapotage confirme son rôle disruptif, en dépit des entraves des fonctionnaires européens à l'image du Commissaire à la santé, le lituanien Andriukaitis, et des lobbys bénéficiant du tabagisme.


7,5 millions d'européens sevrés des cigarettes à l'aide de la vape

Selon les données de l'Eurobaromètre, 15% des répondants ont essayé, au moins une fois, de vapoter. Parmi eux, 14% déclarent avoir arrêté définitivement de fumer grâce au vapotage. Cela ferait 7,5 millions de résidents de l'Union Européenne à avoir stoppé les cigarettes grâce au vapotage. 17% déclarent avoir réduit leur consommation de cigarettes. Soit 9 millions de fumeurs à s'aider du vapotage pour moins fumer. Les données restreintes communiquées publiquement ne permettent pas de savoir dans quelle proportion se mesure cette réduction.

Mais l'analyse à partir des données brutes du précédent Eurobaromètre 2014, menée par K. Farsalinos, K. Poulas, V. Voudris et J. le Houezec et publiée dans la revue Addiction, avait montré une réduction en moyenne de 9 cigarettes évitées chaque jours par ces fumeurs. Lors de l'Eurobaromètre 2017, les fumeurs européens déclarent consommer en moyenne 13,7 cigarettes quotidiennement.

Aujourd'hui, l'Europe a peur

Selon la nouvelle enquête de 2017, un dixième de ceux qui ont utilisé le vapotage avaient réussi à arrêter de fumer mais ont rechuté dans la cigarette. Sans que les données publiées ne permettent de savoir si cette parenthèse vapoteuse leur a permis de réduire le nombre de cigarettes fumées entre les deux périodes tabagiques. En parallèle, on constate une inquiétante augmentation de la peur du vapotage dans la population européenne soumise aux multiples campagnes des médias contre cet outil d'arrêt du tabac.


Pourtant, 41% des européens utilisant ou ayant utilisé le vapotage déclarent que celui-ci les a aidé dans leur objectif d'arrêt ou de réduction tabagique. Ce sont désormais 10% de toutes les tentatives d'arrêt qui s'appuient sur la vape, tandis que l'ensemble des substituts nicotiniques (gommes, patchs, pastilles, inhalateurs...) sont utilisés dans 11% des cas. Le recours au vapotage dans les tentatives de quitter le tabagisme varie fortement selon les pays et l'environnement plus ou moins amical ou hostile à cet outil de minimisation des méfaits.

Variations entre aide et abandon des fumeurs par les pouvoirs publics

Dans les pays abandonnant les fumeurs à eux-mêmes, le taux de tentatives avec l'aide du vapotage oscille de 2% en Roumanie à 5% dans la Lituanie de Philip Morris. A l'opposé, au Royaume-Uni, 22% des fumeurs tentant d'arrêter bénéficient de l'assistance du vapotage, désormais intégré aux conseils des Services stop-tabac. Signe de l'efficacité de cette politique intelligente et respectueuse des droits des personnes, le tabagisme britannique a chuté à 16%, tandis que les suédois approchent de l'élimination de la fumée grâce au snus. La France fait un peu figure d'exception sur cette question. Une grande part des tentatives se font avec l'aide de substituts, pour 18% des cas, ou du vapotage dans 17% des essais d'arrêt du tabac, mais la France reste pourtant un des pays les plus fumeurs de l'Union Européenne.

Plus de 1,7 millions de français auraient arrêté de fumer grâce à la vape

[Edit 14H: en note, l'Eurobaromètre se réfère à une évaluation de la population en France de la Sofres excluant les étrangers et comptant 48 millions de plus de 15 ans, différente du chiffre de l'Insee que j'avais utilisé de 54 millions de résidents en France de plus de 15 ans, ce qui donnerait 1,7 millions de personnes ayant arrêté de fumer grâce au vapotage... j'ai refait les calculs à partir de ce chiffre, même si cela semble discutable d'exclure une partie des résidents]

Les données par pays indiquent que les français seraient un peu au dessus de la moyenne européenne sur la question du vapotage. Sur les 48 millions de français de plus de 15 ans, un quart a au moins essayé la vape.   Sur ces quelques 12 millions, 13% déclarent avoir réussi à arrêter de fumer à l'aide du vapotage. Plus de 1,5 millions de français auraient réussi à arrêter de fumer à l'aide du vapotage selon ces données datant de mars 2017.

Parmi eux, une partie a arrêté de vapoter après avoir arrêté de fumer. Ces ex-fumeurs et ex-vapoteurs sont environ un cinquième des 9% (4,3 millions) de français qui ont utilisé puis arrêté le vapotage, soit environ 800'000 français. Dans les 4% de vapoteurs actifs, soit 1,9 millions de français, près de 4/10 a arrêté de fumer. Par ailleurs 11% des français déclarent avoir essayé une ou deux fois seulement le vapotage, soit à peine moins de la moitié des français qui ont essayé la vape. En laissant de côté ces expérimentations de curiosité, les français ayant réussi à arrêté de fumer avec le vapotage représente 59% de ceux qui ont tenté sérieusement la démarche.

Combien la vape coûte aux cigarettiers ?

16% des 12 millions de français utilisant ou ayant utilisé le vapotage ont réduit grâce à cela leur consommation de cigarettes. Ce serait près de 2 millions de fumeurs français à moins fumer grâce au vapotage. En extrapolant à la hache, sans prétention de rigueur scientifique de ma part, cela représenterait une baisse des ventes d'un million de paquets quotidiennement. Ajouté aux 1,5 millions a avoir stoppé totalement de fumer à l'aide de la vape, ce sont probablement plus de 2,5 millions de paquets non vendus chaque jour en France sous l'impact de la vape.

A défaut d'une analyse plus poussée, en ayant accès aux données brutes non communiquées de l'Eurobaromètre, ce bref survol permet de saisir l'impact du vapotage contre le tabagisme. De quoi expliquer les manœuvres en cour des buralistes français pour rattraper le train à vapeur. La France ne s'étant jamais dotée d'un outil sérieux de monitorage, tel que les anglais avec le Smoking Toolkit Study depuis dix ans, ces données représentent un indice intéressant de la situation française.

En résumé:

  • en mars 2017, 7,5 millions d'européens avaient arrêté de fumer à l'aide du vapotage et 9 millions ont réduit leur consommation de cigarettes, selon le calcul de Frank Baeyens d'après les données de l'Eurobaromètre 458.
  • En s'inspirant de sa démarche, on peut estimer qu'en France, 1,5 millions ex-fumeurs ont arrêté grâce à la vape, dont environ 800'000 ne vapotent plus. Sur les 1,9 millions de vapoteurs actifs, plus de 700'000 seraient vapoteurs exclusifs. 
  • Si l'on met de côté les essais par curiosité, près de 60% des français utilisant ou ayant utilisé le vapotage déclarent avoir atteint leur objectif d'arrêt ou de réduction tabagique.

edit. le baromètre à été mené début mars 2017, et non en 2016 comme je l'avais écrit dans un premier temps. Désolé ;)

vendredi 10 novembre 2017

[Express'] Au Tennessee, les fumeurs utilisent le vapotage pour arrêter de fumer

"C'est la première fois que nous voyons cela". Ransom Wise, spécialiste de Santé publique de l'Etat du Tennessee, présentait en avant-première les résultats de son enquête au Congrès annuel 2017 de l'American Public Health Association (APHA). "Ce sont là des preuves que les fumeurs du Tennessee utilisent le vapotage comme aide pour arrêter de fumer", explique le chercheur de Nashville à la revue Medscape Medical News. "Les fumeurs qui utilisent le vapotage ont été 3,6 fois plus susceptibles que les fumeurs non-vapoteurs à déclarer avoir essayé d'arrêter de fumer au cours des 12 derniers mois", précise le résumé de la conférence sur le site de l'APHA. Ajusté aux covariables de revenu et de fréquence de tabagisme, le ratio reste de 3,5 fois plus de chances de tenter un sevrage tabagique pour les fumeurs aussi vapoteurs que pour les fumeurs exclusifs. 

Les preuves, présentées à la conférence à Atlanta ce 5 novembre, ont été dénichées dans les données 2016 du Tennessee Behavorial Risk Factor Surveillance System (TN BRFSS) - le système de suivi des facteurs de risques comportementaux au Tennessee -. Sur les 6167 répondants, 22,1% (1178 personnes) se déclarent fumeurs réguliers. 22,8% de ces fumeurs avouent également utiliser le vapotage.  Dans l'ensemble des fumeurs réguliers adultes, 60% ont tenté dans l'année précédente d'arrêter. Le suivi ne demandait pas directement aux utilisateurs de vapotage s'ils l'utilisaient pour arrêter de fumer. C'est en comparant les réponses sur les tentatives d'arrêt entre groupes que le chercheurs a mis en lumière cet usage. "Les futures enquêtes bénéficieraient d'une question spécifique qui demande pourquoi un fumeur actuel utilise des cigarettes électroniques pour vérifier si les comportements observés dans cette étude sont exacts", précise le résumé de la conférence.

Ransom Wise est resté prudent sur une généralisation de ce résultat à la population américaine, bien que les statistiques du Tennessee sont généralement congruentes aux résultats nationaux. Le chercheur espère un "message fort de santé publique" sur le sujet de la part de la Food and Drug Administration (FDA). "Si la FDA pense vraiment que c'est une alternative à moindre risque, il serait très efficace de dire d'utiliser le vapotage comme aide au sevrage tabagique", déclare t-il à Maureen Salamon, la journaliste de Medscape. 

Appelé à commenter ces résultats à la conférence de l'APHA, Tom Eckstein, de la firme Arundel Metrics, estime ces données comme un premier grand pas. "Ces données montrent, à mon sens, que nous commençons à percevoir les effets du vapotage sur le problème du tabagisme, en particulier au Tennessee. Et la manière dont il agit pour aider les gens à se débarrasser de cette addiction", explique l'épidémiologiste à Medscape. Egalement présente, Shirley Cramer, de la Royal Society for Public Health de Londres (RSPH), souligne que l'utilisation de la vape est déjà activement encouragée au Royaume-Uni pour l'arrêt des cigarettes. "Pour nous, il est très clair que le vapotage est un outil très utile pour arrêter de fumer".


mardi 7 novembre 2017

Comment l'étude de Santé Publique France a éliminé les arrêts à l'aide du vapotage de son étude?

"Parmi les personnes qui fument, celles qui utilisent aussi le vapotage régulièrement sont plus susceptibles d'essayer d'arrêter de fumer et réduisent leur consommation de cigarettes dans les six mois". Au terme d'un suivi sur six mois de 2057 fumeurs, dont 252 utilisant aussi le vapotage régulièrement au départ, une étude de Santé Publique France montre la multiplication par 2,6 fois des chances de réduire d'au moins de moitié la consommation de cigarettes pour les fumeurs utilisant aussi le vapotage. Par contre l'article, publié dans Addiction, reste évasif sur l'aide à l'arrêt du tabagisme que pourrait procurer le double usage. "Il reste pas clair si les usagers réguliers de vapotage sont aussi plus susceptibles d'arrêter de fumer", conclut l'étude dirigée par Anne Pasquereau. Mais à lire les données brutes de la recherche menée entre septembre 2014 et mars 2015, on peut s'interroger sur une autre interprétation que celle communiquée par Santé Publique France, sur son site en mai et de nouveau hier dans le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire (BEH) et les médias grand public, par exemple 20 Minutes. Seul contrepoint, l'interview sur France Info de Sébastien Béziaux, vice-président de l'association Sovape, par Bruce Toussaint. Add: Le Vaping Post a aussi publié un article critique (que je n'avais pas vu ;) )

Identifier ou liquider les interventions efficaces ?

"L'une des missions de Santé Publique France est de contribuer à identifier les interventions efficaces pour aider les fumeurs à arrêter de fumer", explique Anne Pasquereau, la chercheuse référente, sur le site de l'agence gouvernementale française le 30 mai dernier. Avant d'insister que cette étude "n'apporte pas de preuve quant à son efficacité en termes d'aide à l'arrêt du tabac". Mais l'étude se donne t-elle vraiment les moyens de juger de l'efficacité du vapotage face au tabagisme? Un premier écueil semble l'évident biais de sélection de l'étude qui exclut a priori les fumeurs qui se sont sevrés avec le vapotage, en jouant sur une double temporalité entre vapotage et tabagisme. Seuls les vapoteurs depuis au moins un mois, mais n'ayant pas arrêté de fumer depuis qu'ils ont essayé, sont retenus dans l'étude.


Des études, en plus de fréquents témoignages, ont pourtant montré qu'une large majorité des arrêts des cigarettes réussis à l'aide du vapotage interviennent dans les premières semaines (exemple récent). Le Pr Bertrand Dautzenberg avait d'ailleurs souligné ce biais de l'étude en juin sur son compte twitter. 

Perdus de vue

En plus de cette sélection qui limite fortement [euphémisme] la portée de l'étude, son traitement des résultats est troublant. En effet, les chercheurs ont décidé de comptabiliser comme fumeurs les personnes ayant été perdues de vues entre le début et le contrôle à six mois. Or ceux-ci représentent 31,4% de l'échantillon initial de 3'000 personnes, qui s'est réduit réellement à 2'057 personnes à la fin. Je ne sais pas quelle peut être la justification rationnelle à ce jeu d'écriture consistant à intégrer aux résultats finaux comme fumeurs les personnes sorties de l'étude sans que l'on sache ce qu'il est advenu de leur statut de fumeur et/ou de vapoteur. Sérieusement, comment peut-on faire ça...?!?

Trafic d'OR


En faisant ainsi, le ratio entre fumeurs exclusifs initiaux et vapofumeurs initiaux ayant arrêté de fumer au final est amoindri à 1,2 fois plus de chances pour les vapoteurs. Mais si l'on s'en tient aux chiffres des personnes réellement contrôlées, les doubles usagers initiaux ont été 14,5% à arrêter de fumer, depuis un mois au terme du suivi, contre 10,3% des fumeurs exclusifs initiaux. 20% de chances supplémentaires d'arrêt du tabac a pu être jugées non significatif par Santé Publique France. Avec 40% de chances supplémentaires, le jugement de valeur communiqué aurait peut-être dû être différent...

Un quart du total des sevrages liés au vapotage

Outre les vapofumeurs initiaux, on peut noter que 8,5% des fumeurs exclusifs initiaux se sont convertis au vapotage exclusif, arrêtant de fumer avec la vape mais sans être comptabilisés dans les groupe initial de double-usagers. Les double-usagers ayant tout arrêté (vape et cigarette), ceux ayant arrêté de fumer et les fumeurs exclusifs finalement convertis au vapotage exclusif, autrement dit l'ensemble des fumeurs sevrés dont on peut retracer un usage du vapotage représentent 23,3% de l'ensemble des fumeurs sevrés au terme des six mois de suivi. Augmenter d'un tiers la part de fumeurs réussissant a arrêter de fumer est-il vraiment non significatif ?

La recherche montre l'augmentation du nombre de tentatives d'arrêt des cigarettes chez les co-usagers de vapotage initiaux. "Parmi les fumeurs, ceux qui utilisaient régulièrement une e-cigarette ont plus souvent essayé d’arrêter de fumer et réduit leur consommation de cigarettes au suivi à 6 mois", concèdent les auteurs. Pour autant, ils concluent que "l’efficacité de l’e-cigarette pour arrêter de fumer reste en débat". En ayant donc: 1) éliminé les vapoteurs qui avaient réussi rapidement à arrêter de fumer par un jeu de questions déphasées sur leur temporalité 2) intégré des personnes perdues de vue aux échecs finaux afin d'amoindrir le ratio d’efficacité et 3) catégorisé des personnes ayant arrêté de fumer à l'aide du vapotage dans ceux qui s'étaient sevrés sans vapotage. 

Comment peut-on oser signer un truc comme celui-là? Comment peut-on oser le relancer dans les médias en plein 'Mois Sans Tabac' ? Difficile de saisir la republication de résultats aussi honteux pour leurs auteurs en ce moment sans tomber dans une interprétation tendant à la paranoïa...


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